Dante Alighieri

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Dante Alighieri
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Dante Alighieri
Le plus ancien portrait connu de Dante, détail d'une fresque de la chapelle Bargello attribuée à Giotto di Bondone.
Le plus ancien portrait connu de Dante, détail d'une fresque de la chapelle Bargello attribuée à Giotto di Bondone.

Activités poète
homme de lettres
homme politique
Naissance 29 mai 1265
Florence
D√©c√®s 14 septembre 1321 (√† 56 ans)
Ravenne
Langue d'écriture italien et latin
Ňíuvres principales

Dante Alighieri (Durante degli Alighieri) est un po√®te, un homme politique et un √©crivain italien n√© dans la deuxi√®me quinzaine de mai[1],[2] c. 29 mai 1265 √† Florence et mort le 14 septembre 1321 √† Ravenne, Italie.

Dante est le premier grand po√®te de langue italienne, et son livre Divine Com√©die est consid√©r√© comme l'un des chefs-d'Ňďuvre de la litt√©rature.

Sommaire

Le patronyme

Le nom de Alighieri s'√©crivait √† l'origine ¬ę Allighieri ¬Ľ avec deux ¬ę L ¬Ľ. Le second ¬ę L ¬Ľ a √©t√© perdu pour des raisons sans doute li√©es √† l'aisance typographique. L'orthographe ancienne de son nom a √©t√© respect√©e sur la sculpture du pi√©destal de sa statue au piazzale des Offices.

Jeunesse

Fresque sur bois de la galerie des Offices à Florence représentant Dante, peint par Andrea del Castagno en 1450.

Issu d'une famille florentine dont le nom ‚ÄĒ dans sa forme originale ‚ÄĒ est Alaghieri, celle-ci, favorable au parti guelfe (favorable au Pape), aurait jou√© un r√īle important dans la vie de la cit√©. Son p√®re, Alighiero di Bellincione, √©tait un Guelfe blanc, mais il ne souffrit pas de la vengeance des Gibelins, favorables √† l'Empereur, apr√®s leur victoire √† la bataille de Montaperti, et ce salut donna un certain prestige √† la famille. La m√®re de Dante √©tait Bella degli Abati ; Bella est un diminutif de Gabriella, mais signifie aussi ¬ę belle physiquement ¬Ľ. Elle mourut alors que Dante avait 13 ans, en 1278 (son p√®re d√©c√©da quatre ans plus tard, en 1282). Alighiero emm√©nagea peu de temps apr√®s avec sa nouvelle compagne Lapa di Chiarissimo Cialuffi ; il n'est d'ailleurs pas certain qu'ils se soient mari√©s, et eut avec elle deux enfants, le demi-fr√®re de Dante, Francesco, et sa demi-sŇďur, Tana (Gaetana).

Portrait de Dante par Sandro Botticelli.

Quand Dante eut 12 ans, en 1277, son mariage fut n√©goci√© avec Gemma, fille de Messer Manetto Donati, qu'il √©pousa ensuite. Les mariages n√©goci√©s √† des √Ęges pr√©coces √©taient alors fr√©quents et constituaient une c√©r√©monie importante, qui exigeait des actes officiels sign√©s devant notaire.

Peu de choses sont connues sur l'√©ducation de Dante ; on pr√©sume qu'il √©tudie √† domicile. Il s√©journe sans doute quelque temps √† Bologne et re√ßoit √† Florence les enseignements de l'√©cole franciscaine de Santa Croce, de R√©mi de Florence de l'√©cole dominicaine de Santa Maria Novella et de Brunetto Latini. Il rencontre des po√®tes et noue une solide amiti√© avec Guido Cavalcanti. Il est quasi certain qu'il √©tudie la po√©sie toscane, au moment o√Ļ l'√©cole po√©tique sicilienne, un groupe culturel originaire de Sicile, a commenc√© √† √™tre connue en Toscane. Ses centres d'int√©r√™ts le portent √† d√©couvrir les m√©nestrels, les po√®tes proven√ßaux et la culture latine. √Čvidente est sa d√©votion pour Virgile ¬ę Tu se' lo mio maestro e 'l mio autore; tu se' solo colui da cu' io tolsi lo bello stilo che m'ha fatto onore. ¬Ľ, √©crit-il dans La Divine com√©die[3].

Il faut souligner qu'au cours du Moyen √āge les r√©gions d'Italie unifi√©es sous l'Empire romain se s√©parent progressivement, laissant une douzaine de petits √©tats, de sorte que la Sicile est aussi √©loign√©e (culturellement et politiquement) de la Toscane que celle-ci l'est de la Provence : les r√©gions ne partagent ni la m√™me langue, ni la m√™me culture et les communications sont difficiles.

Dante a de nombreux enfants avec Gemma, il est probable que seuls Jacopo, Pietro et Antonia aient √©t√© ses enfants l√©gitimes. Antonia entre dans les ordres sous le nom de SŇďur B√©atrice. Un autre homme, Giovanni, se r√©clame de sa filiation et l'accompagne lors de son exil, mais aucune preuve n'existe que ses pr√©tentions soient justifi√©es.

Béatrice et la Vita Nuova

Dante et Béatrice au Paradis par Gustave Doré (1832-1883)

C'est en 1274 que Dante aurait rencontr√© pour la premi√®re fois B√©atrice. De son vrai nom Bice di Folco Portinari, elle √©pouse Simone de Bardi et meurt en 1290. On sait peu de chose d'un amour dont l'histoire est sublim√©e dans Vita Nuova (compos√© entre 1292 et 1294) dans laquelle il d√©crit sa premi√®re rencontre avec B√©atrice, √Ęg√©e seulement de neuf ans, puis la deuxi√®me, advenue neuf ann√©es plus tard (il expliquera plus tard le sens symbolique du neuf, chiffre de B√©atrice). Dans la Vita Nuova, Dante d√©crit sa passion et son d√©sespoir √† la mort de B√©atrice. Il raconte la crise profonde qui s'ensuit, son errance et son aventure avec une ¬ę noble dame ¬Ľ (sans doute une all√©gorie pour d√©signer la philosophie), et enfin son repentir. Bien que Vita Nuova soit probablement inspir√©e par la vie personnelle de Dante, de nombreux critiques mettent en doute l'existence r√©elle de B√©atrice, pr√©f√©rant voir en elle une figure all√©gorique (certains consid√®rent encore aujourd'hui que dans la Divine Com√©die, Virgile repr√©sente la raison naturelle, et B√©atrice la th√©ologie[r√©f. n√©cessaire]).

Un r√™ve fait par Dante, et qui accompagne le premier po√®me ins√©r√© dans le livre, nous √©claire : Dante voit appara√ģtre le dieu Amour dans une nu√©e de feu, portant B√©atrice nue dans un drap couleur de sang. Amour tient dans sa main le cŇďur enflamm√© de Dante et le donne √† manger √† B√©atrice, puis s'√©l√®ve vers le ciel avec elle. Ce r√™ve montre la richesse et la puissance √©vocatrice du po√®te dans la Vita Nuova, Ňďuvre difficile √† interpr√©ter : la tradition mystique (la nu√©e de feu par exemple) croise la tradition courtoise (l'histoire du cŇďur mang√©), les appels aux ¬ę fid√®les d'amour ¬Ľ et les rassemblements de dames invitent √† des lectures √©sot√©riques, tandis que les visions et les r√™ves √©nigmatiques placent l'Ňďuvre dans une dimension √† la fois eschatologique (la mort de B√©atrice comme horizon) et myst√©rieuse. En effet, si B√©atrice a √©t√© souvent compar√©e √† une sainte (par r√©f√©rence √† l'hagiographie franciscaine notamment), et si une des meilleures fa√ßons de s'approcher de cette figure de femme souveraine est d'√©tudier les analogies marqu√©es avec le Christ, la Vita Nuova, bien au-del√† de la simple description des vertus ou la narration des miracles qui ponctuent la vie des saintes, semble envelopper les myst√®res de B√©atrice. La dimension rituelle pr√©sente surtout dans la premi√®re partie du livre prend ici certainement tout son sens. Il est difficile de savoir si Dante envisageait v√©ritablement un culte de B√©atrice qui orienterait ainsi toute son Ňďuvre, mais il est certain que sa conception de la cit√© est tributaire de la vie et de la mort de B√©atrice: en effet, apr√®s la mort de la gentilissima (la tr√®s noble, la tr√®s courtoise), Florence est veuve et B√©atrice devient un nom commun (¬ę Florence a perdu sa B√©atrice ¬Ľ √©crit le po√®te).

La Vita Nuova, qui se distingue d√©j√† du courant stilnoviste, se compose d'une trentaine de po√®mes, des sonnets pour la plupart, qui br√Ľlent d'une ardeur amoureuse et mystique √† la fois. Quarante-deux chapitres en prose commentent les vers au fur et √† mesure. Dante ach√®ve son Ňďuvre par une annonce introduite apr√®s le dernier sonnet comme une vision paradisiaque. Il √©crira quelque chose que jamais personne n'a √©crit pour chanter la gloire de l'√™tre-aim√©.[r√©f. n√©cessaire] Peut-√™tre pensait-il d√©j√† √† son chef d'Ňďuvre, la Divine Com√©die.

Un Florentin engagé

Dante joue un r√īle tr√®s actif dans la vie politique de Florence. Dans les troubles qui agitent alors l'Italie, Dante est un guelfe ardent : il se signale dans plusieurs exp√©ditions contre les gibelins d'Arezzo, de Bologne et de Pise, et contribue beaucoup par sa valeur √† la victoire de Campaldino (1289), remport√©e sur ceux d'Arezzo, ainsi qu'√† la prise du ch√Ęteau de Caprona, enlev√© aux Pisans (1290).

Statue de Dante au piazzale des Offices, Florence
L'Enfer de Dante a donné lieu à de nombreuses illustrations (ici de Giovanni Stradano).
Carte de l'entrée et des neuf cercles de l'enfer. Illustration de Giovanni Stradano.

Il remplit avec succ√®s un grand nombre de missions politiques et est nomm√© prieur de Florence en 1300, c'est-√†-dire qu'il devient un des magistrats supr√™mes de l'ex√©cutif. Mais les guelfes, qui dominent √† Florence, se sont divis√©s en deux factions : les Noirs, favorables √† la politique papale de Boniface VIII, et les Blancs, partisans d'une plus grande autonomie de la ville. En 1300, le pape Boniface VIII revendique le vicariat imp√©rial sur les communes toscanes. √Ä partir de ce moment-l√†, Dante s'engage de plus en plus fermement du c√īt√© des guelfes blancs, c'est-√†-dire contre la politique d'ing√©rence du pape. En octobre 1301, membre du Conseil des cents, il se rend √† Rome pour tenter une ultime d√©marche de conciliation. Pendant ce temps, Charles de Valois, repr√©sentant du pape, se rend √† Florence et s'empare de la ville avec l'aide des guelfes noirs triomphants. Les proc√®s commencent. Dante apprend sur le chemin du retour qu'il est condamn√© pour concussion, gains illicites et insoumission au pape et √† Charles de Valois. Il refuse de se pr√©senter en accus√©[4]. Un deuxi√®me proc√®s, instruit le 10 mars 1302 par le podestat Cante Gabrielli de Gubbio, le condamne au b√Ľcher. Tous ses biens sont confisqu√©s, il est exil√© avec d'autres guelfes blancs et ne reviendra jamais √† Florence. Le d√©cret de bannissement de Dante de la ville de Florence ne sera d‚Äôailleurs r√©voqu√© qu‚Äôen 2008[5].

Un exil prolifique

Dans les premiers temps de l'exil, Dante songe √† assi√©ger la ville, aux c√īt√©s d'autres exil√©s guelfes blancs ou gibelins. Mais il y renonce bient√īt et se met √† errer de ville en ville, luttant contre la mis√®re, cherchant protection aupr√®s des cours de l'Italie du nord : Forli, V√©rone, Sienne, Mulazzo ou encore Arezzo. Il vient passer quelque temps √† Paris, o√Ļ il fr√©quente l'universit√© et s'arr√™te finalement √† Ravenne chez le podestat Guido Novello da Polenta, o√Ļ il meurt de la malaria dans la nuit du 13 au 14 septembre 1321, apr√®s avoir fait de vains efforts pour rentrer dans sa patrie.

Sa tombe actuelle qui date de 1780, commandée par le cardinal Gonzague, se trouve à Ravenne, place San Francesco, au centre historique de la ville. Encore aujourd'hui, les Florentins voudraient bien récupérer son corps pour le placer dans un sarcophage prévu dans son cénotaphe qu'on peut voir, élevé par Luigi de Cambray Digny avec les statues de Stefano Ricci, dans la nef de l'église Santa Croce de Florence, mais Ravenne refuse toujours de restituer à cette ville le corps d'un personnage qu'elle a banni.

Les traités

De vulgari eloquentia

Les ann√©es de l'exil sont pour Dante une p√©riode d'intense activit√© intellectuelle. En 1303, il se penche sur la question de la langue vulgaire et il en fait l'objet d'un trait√© en latin : De vulgari eloquentia. Le premier livre est consacr√© √† l'origine des langues, puis √† l'analyse des diff√©rents dialectes italiens. Dante arrive √† la conclusion qu'aucune langue vulgaire n'est sup√©rieure √† une autre et donc susceptible de s'imposer. Il met donc son espoir dans la constitution d'une langue vulgaire unitaire qui pourrait √™tre r√©pandue dans toute la p√©ninsule italienne. Dans le deuxi√®me livre, Dante montre qu'une langue vulgaire mais soign√©e peut √™tre utilis√©e pour les plus nobles sujets, et peut m√™me s'appliquer au style tragique.

Il Convivio

Il appara√ģt qu'en 1305 Dante cesse la r√©daction du De vulgari eloquentia sans l'avoir achev√©, puisqu'il n'a √©crit que deux livres sur les quatre initialement pr√©vus. Il semble qu'il mette alors en pratique ses id√©es puisqu'il se lance dans la r√©daction d'une Ňďuvre monumentale en toscan : le Convivio. Il y aborde les sujets habituellement trait√©s en latin tels que : les hi√©rarchies ang√©liques, l'√©loge de la philosophie et de la science comme voie de l'√©panouissement de l'homme, l'exaltation de la noblesse comme valeur intellectuelle et morale conquise par l'individu. Il semble que Dante se donne pour mission d'ouvrir les portes de la culture et de la science antique et contemporaine au plus grand nombre. Cela dit, certains passages du Convivio visent √† d√©fendre l'auteur des accusations port√©es contre lui. Il dit son amertume d'avoir √©t√© rejet√© par Florence, sa ville natale qui l'a √©lev√© en son sein . Le Convivio devait initialement comporter quinze trait√©s, mais seuls les quatre premiers seront achev√©s.

De Monarchia

Dante revient au latin pour exprimer ses opinions politiques dans son trait√© De Monarchia, r√©dig√© entre 1313 et 1318. C'est peut-√™tre le d√©c√®s d'Henri VII en 1313 qui lui donnera l'id√©e de ce nouveau trait√©. En effet, avec la mort du monarque disparaissent tous les espoirs de Dante de voir un jour l'autorit√© imp√©riale restaur√©e sur la p√©ninsule, au d√©triment de celle du pape. Dans le premier livre du trait√©, Dante fait l'√©loge de la monarchie universelle comme syst√®me politique id√©al pour garantir la justice et la paix et, par cons√©quent, le bonheur des hommes. Le deuxi√®me livre vise √† montrer que c'est le peuple romain qui doit poss√©der l'autorit√© supr√™me, car il est h√©ritier de l'Empire romain selon le droit, c'est-√†-dire selon la volont√© de Dieu, et non seulement selon la force. Enfin le troisi√®me et dernier livre traite des rapports entre l'empereur et le pape, tous les deux tirent leur autorit√© de Dieu, mais chacun doit l'exercer dans son propre champ de souverainet√© : le domaine spirituel pour le pape et le domaine temporel pour l'empereur. Le trait√© est jug√© h√©r√©tique et sera par la suite mis √† l'index jusqu'en 1881.

Dante est également l'auteur probable de Quaestio de aqua et terra, un court traité portant sur les positions respectives des sphères de l'eau et de la terre, qui vise à prouver que l'eau n'est nulle part plus haute que les terres émergées.

En dehors des trait√©s, il nous est parvenu de lui deux √©glogues en latin construites √† la mani√®re de Virgile dont il est, depuis sa jeunesse, un fervent admirateur. Ces textes sont des r√©ponses adress√©es √† Giovanni del Virgilio qui enseigne alors la rh√©torique √† l'universit√© de Bologne et qui reproche √† Dante d'avoir √©crit la Divine Com√©die en toscan plut√īt qu'en latin.

Une expérience poétique originale

Le recueil des Rimes qui r√©unit 54 pi√®ces est un v√©ritable lieu d'exp√©rimentation po√©tique. Bien que le rassemblement et l'organisation de ces textes soit post√©rieur √† Dante, il est probable qu'il soit l'auteur de la majeure partie des po√©sies. Parmi ces exp√©rimentations, on peut retenir rime petrose qui regroupe deux chansons qui font le portrait d'une femme au cŇďur de pierre et qui ne sont pas sans rappeler la po√©sie des troubadours proven√ßaux.

La Divine Comédie

Dante et Virgile visitent l'Enfer, peinture de William Bouguereau
Article d√©taill√© : Divine Com√©die.

Dante commence la r√©daction de la Divine Com√©die d√®s 1306 et la poursuivra vraisemblablement jusqu'√† sa mort. L'Ňďuvre initiale portait simplement le nom de ¬ę Comedia ¬Ľ, mais par la suite les principaux commentateurs et les √©ditions modernes du texte lui ont adjoint le qualificatif de ¬ę divina ¬Ľ. L'Ňďuvre raconte le voyage imaginaire du narrateur qui se retrouve brusquement plong√© dans une for√™t sombre. L√†, il rencontre Virgile qui l'invite √† p√©n√©trer dans le monde de l'au-del√†. Dante le suit et c'est par la visite de l'enfer que commence son p√©riple, suivra le purgatoire et enfin le paradis. Il faudra √† Dante toute la semaine sainte de l'ann√©e 1300 pour effectuer la totalit√© de ce voyage. Guid√© par Virgile, il descend d'abord √† travers les neuf cercles de l'enfer, gravit ensuite les sept gradins de la montagne du purgatoire jusqu'au paradis terrestre et enfin s'√©l√®ve dans les neuf sph√®res concentriques du paradis. Virgile lui servira de guide jusqu'√† la porte du paradis, mais il ne peut aller plus loin car √©tant n√© avant la venue du Christ, il n'a pas pu b√©n√©ficier du sacrifice du messie. C'est donc Beatrice Portinari, sa muse, qui prend le relais et qui va guider Dante dans l'Empyr√©e. Elle lui ouvrira la porte du salut, puis saint Bernard conduira le narrateur dans la Rose c√©leste jusqu'√† la vision supr√™me.

Le r√©cit, r√©dig√© √† la premi√®re personne, est un v√©ritable voyage initiatique. Au cours de son p√©riple, Dante va rencontrer une centaine de personnalit√©s, depuis les grandes figures mythiques de l'antiquit√© comme les philosophes, jusqu'aux personnalit√©s locales contemporaines de Dante. Cette Ňďuvre monumentale offre ainsi de nombreuses lectures diff√©rentes ; elle est √† la fois le r√©cit du parcours personnel de Dante, un manuel th√©ologique chr√©tien de description de l'au-del√†, un roman √† valeur √©thique et morale ou encore une r√©flexion sur la recherche du salut √©ternel. Une partie du g√©nie de Dante r√©side en ce savant m√©lange de lieux imaginaires et d'exp√©riences concr√®tes. Bien que l'action se situe dans un univers m√©taphysique en un sens, Dante sait d√©crire les lieux avec force d√©tails et leur donne beaucoup de r√©alisme en les peuplant de toutes ces figures c√©l√®bres ou anonymes.

Postérité

Monuments

La basilique Santa Croce de Florence abrite un cénotaphe, par Stefano Ricci, datant de 1830, qui devait accueillir le corps de Dante. Sa tombe actuelle, qui date de 1780, se trouve toujours à Ravenne, qui l'avait hébergé lors de son bannissement de Florence.

Il existe aussi un buste de Dante dans un parc de la petite Italie à Montréal, au Canada.

Peinture

  • Domenico di Michelino, Portrait de Dante Alighieri, la ville de Florence et l'all√©gorie de la Divine Com√©die (1465). Tempera sur toile, 232 cm √ó 290 cm au Duomo de Santa Maria del Fiore, Florence. Le po√®te, pr√©sentant son ouvrage ouvert, se tient devant le paysage symbolique de la Divine Com√©die : √† gauche, l'enfer ; au fond, le paradis, auquel m√®nent les sept cercles du purgatoire ; √† droite, la ville de Florence.
  • Eug√®ne Delacroix : Dante et Virgile aux Enfers, huile sur toile, 189 x 246 cm. Paris, mus√©e du Louvre.

Postérité littéraire

Dante a inspir√© de nombreux √©crivains, notamment Honor√© de Balzac, qui lui rend hommage et qui cite son Ňďuvre dans La Com√©die humaine dont le titre est une r√©f√©rence √† La Divine Com√©die. Il le cite aussi dans de nombreux romans : ¬ę Cette B√©atrix d√©j√† devenue dans sa pens√©e ce qu'√©tait B√©atrix pour Dante, une √©ternelle statue de marbre aux mains de laquelle il suspendrait ses fleurs et ses couronnes[6] ¬Ľ ou encore : ¬ę Le visage glac√© de madame d'Aiglemont √©tait une de ces po√©sies terribles, une de ces faces r√©pandues par milliers dans la Divine Com√©die de Dante Alighieri[7]. ¬Ľ L'√©tude des √©crits de Dante se nomme la Dantologie

Numismatique

C'est le portrait de Dante par Rapha√ęl qui a √©t√© retenu (apr√®s un vote populaire) pour figurer sur la face nationale italienne de la pi√®ce de deux euros.

Ňíuvres

Editions italiennes

  • Les oeuvres de Dante ont √©t√© r√©unies par Cristoforo Zapata de Cisneros, chez Antonio Zatta, Venise, 1757, 5 volumes in-4.

Traductions en français

  • De Monarchia, par S√©bastien Rh√©al 1855.
  • Ňíuvres compl√®tes, traduites et comment√©es par Andr√© P√©zard, Gallimard, Biblioth√®que de la Pl√©iade, Paris, 1965.
  • Vita Nova, traduction de Georges Nicole, postface et notes de Jo√ęl Gayraud, √©d. Mille et une nuits, Paris, 1995. Vie nouvelle, √©d. critique bilingue de Jean-Charles Vegliante, Garnier classiques, 2011

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Dante confirme lui-m√™me dans La Divine Com√©die, Par. XXII 112-117, √™tre n√© sous le signe des G√©meaux :
    P. Pecoraro : ¬ę Le date di nascita di Beatrice e Dante ¬Ľ, in Critica Letteraria, a. 13, vol. XLVI (1985), fasc. 1, pp. 3-18.
    Richard Kay : ¬ę Il giorno della nascita di Dante e la dipartita di Beatrice ¬Ľ, in Studi americani su Dante, Milano, Angeli, 1989, p. 243-265.
  2. ‚ÜĎ Pour cette m√™me raison, la ville de Florence f√™te la naissance de Dante le dernier samedi de mai.
  3. ‚ÜĎ La Divine Com√©die : L'Enfer ‚ÄĒ Chant I
  4. ‚ÜĎ C'est √† Castello della Pieve,que le 4  octobre 1301, comme le rappelle une plaque appos√©e sur la tour du bourg m√©di√©val que Charles de Valois, fr√®re du roi de France d√©cr√©ta avec Corso Donati, recteur de Massa Trabaria l'exil de Dante Alighieri de Florence
  5. ‚ÜĎ (en) Telegraph, 17 juin 2008
  6. ‚ÜĎ B√©atrix, √Čdition Furne, 1845, vol.III, p. 379
  7. ‚ÜĎ La Femme de trente ans, Furne, 1845, vol.VIII, p.157

Sources

Bibliographie

  • La Vie de Dante a √©t√© √©crite par Boccace, Giovanni Villani, L√©onard Ar√©tin, et par Alexis-Fran√ßois Artaud de Montor.
  • Eug√®ne Aroux, Dante h√©r√©tique, r√©volutionnaire et socialiste, r√©v√©lations d'un catholique sur le Moyen √āge (1854)
  • Etienne-Jean Del√©cluze, Dante et la po√©sie amoureuse, 1854.
  • Claude Fauriel, Dante et les origines de la langue et de la litt√©rature italiennes, cours fait √† la Facult√© des lettres de Paris, 1854.
  • Franco Ferrucci, Il poema del desiderio: Poetica e passione in Dante, 1990
  • √Čtienne Gilson, Dante et la philosophie, Vrin (1939, 4e √©d. 2002).
  • √Čtienne Gilson, Dante et B√©atrice, Vrin (1974).
  • Ren√© Gu√©non, L'√Čsot√©risme de Dante, Charles Bosse (1925), Gallimard (1957, r√©guli√®rement r√©√©dit√©).
  • Louis Lallement, Dante, ma√ģtre spirituel (3 tomes), Maisnie Tr√©daniel (1984, 1988, 1993).
  • Sophie Longuet, Couleurs, foudre et lumi√®re chez Dante. √Čditions Honor√© Champion, 2009. 1 vol., 504 p., reli√©, 15 x 22 cm (ISBN 978-2-7453-1771-1).
  • Alexandre Masseron √©tait un grand ¬ę dantologue ¬Ľ , ses travaux furent connus dans le monde entier. Il traduisit la Divine Com√©die (Albin Michel)
  • Dante Alighieri: le grand po√®te qui tant aima saint Fran√ßois, √Čditions Franciscaines, 1946.
  • A. Michel, La Divine Com√©die - avec une introduction √† la bibliographie dantesque, impr. de J. Dumoulin, 1949 Dante et saint Bernard.
  • Charles Maurras, Le Conseil de Dante, Nouvelle Librairie nationale, 1920 (disponible ici);
  • Didier Ottaviani, La philosophie de la lumi√®re chez Dante, Honor√© Champion, 2004.
  • Fr√©d√©ric Ozanam, Dante et la philosophie catholique au treizi√®me si√®cle, Paris , D√©b√©court, (1899). [lire en ligne] , Essai sur la philosophie de Dante ; il a aussi traduit et comment√© Dante : Le Purgatoire 
  • Bruno Pinchard, Pour Dante, Honor√© Champion, 2000.
  • Paul Renucci, Dante disciple et juge du monde gr√©co-latin, Clermont-Ferrand, √Čd. de Bussac, 1954.
  • Jacqueline Risset, Dante √©crivain, ou L'intelletto d'amore, Seuil, coll. Fiction & Cie, 1982.
  • ‚ÄĒ , Dante, une vie, Flammarion, 1999.

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  • Dante Alighieri ‚ÄĒ ‚ÄĘ An annotated (in linked hypertext) biography of the poet Catholic Encyclopedia. Kevin Knight. 2006. Dante Alighieri ¬†¬†¬†¬†Dante Alighieri ¬†¬†¬†¬† ‚Ķ   Catholic encyclopedia

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  • DANTE ALIGHIERI ‚ÄĒ Le septi√®me centenaire de la naissance de Dante a donn√© en 1965 la mesure de la diffusion de son Ňďuvre dans le monde. En France seulement, trente sept traductions totales ou partielles de La Divine Com√©die ont √©t√© √©dit√©es ou r√©√©dit√©es depuis 1921 ‚Ķ   Encyclop√©die Universelle

  • DANTE ALIGHIERI¬į ‚ÄĒ (1265‚Äď1321), Italy s greatest poet. Dante s Divina Commedia (c. 1307‚Äď21), generally regarded as the outstanding literary work of the Middle Ages, is in three parts: the Inferno, the Purgatorio, and the Paradiso. From biographical or… ‚Ķ   Encyclopedia of Judaism

  • Dante Alighieri ‚ÄĒ ¬† [ ali giŐĮ…õňźri], italienischer Dichter, * Florenz Mai 1265, ‚úĚ Ravenna 14. 9. 1321. Von Dantes Kindheit und Jugend ist wenig bekannt; er erwarb sich schon in jungen Jahren, verst√§ndnisvoll gef√∂rdert von seinem Lehrer B. Latini, eine gelehrte… ‚Ķ   Universal-Lexikon

  • Dante, Alighieri ‚ÄĒ Dante, Alighieri, eigentlich Durante, Alighieri, der Sch√∂pfer der neuern italienischen Poesie, ein leuchtender Stern aus einer Zeit, die, noch reich an barbarischen Ueberresten, von politischen Factionen zerrissen, nur sparsam die zarte Blume der ‚Ķ   Damen Conversations Lexikon

  • Dante (Alighieri) ‚ÄĒ [d√§n‚Ä≤tńĀ, dan‚Ä≤tńď] (born Durante Alighieri) 1265 1321; It. poet: wrote The Divine Comedy Dantean adj., n. Dantesque [d√§n‚Ä≤tesk‚Ä≤, dan‚Ä≤tesk‚Ä≤] adj. * * * born —Ā May 21‚ÄďJune 20, 1265, Florence died Sept. 13/14, 1321, Ravenna Italian poet. Dante was of… ‚Ķ   Universalium

  • Dante (Alighieri) ‚ÄĒ [d√§n‚Ä≤tńĀ, dan‚Ä≤tńď] (born Durante Alighieri) 1265 1321; It. poet: wrote The Divine Comedy Dantean adj., n. Dantesque [d√§n‚Ä≤tesk‚Ä≤, dan‚Ä≤tesk‚Ä≤] adj ‚Ķ   English World dictionary


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