Danse Basque

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Danse Basque

Danse basque

Dantzari.
Dantzari.
Dantzariak.
Dantzariak.

Les danses basques constituent une partie trĂšs importante de la culture basque et la base de son folklore. Chaque territoire historique, ou province, a ses particularitĂ©s. Chaque village possĂšde sa danse qu’il a coutume d’interprĂ©ter au cours de ses fĂȘtes principales. Quelques-unes d’entre elles sont trĂšs anciennes, leurs origines se perdant dans la nuit des temps, d’autres sont des arrangements plus ou moins modernes de danses traditionnelles, et certaines sont de nouvelles chorĂ©graphies sur des bases populaires.

L’élaboration des danses, qui essaient de rĂ©crĂ©er des situations ou des Ă©vĂ©nements, et qui s’interprĂštent lors de fĂȘtes de commĂ©moration ou dans des occasions particuliĂšres, rend difficile la classification, d’autant que les paramĂštres techniques nĂ©cessaires sont multiples, chaque auteur venant ajouter une classification diffĂ©rente. C’est le cas par exemple de Juan Antonio Urbeltz qui utilise des critĂšres morphologiques et chorĂ©graphiques dans l’élaboration d’un systĂšme de classification des danses basques, alors que le folkloriste basque JosĂ© Antonio Quijera emploie des critĂšres formels et chorĂ©graphiques, un parti pris qui diffĂšre de celui de Juan Antonio Urbeltz, ou de celui transitoire suivi entre autres par Julio Caro Baroja.

Si on considĂšre les diffĂ©rentes typologies de danse, il faut signaler trois types de figures :

  • les danses de procession ou de place, basĂ©es sur les fĂȘtes qui se cĂ©lĂ©braient dans les processions et auxquelles la participation Ă©tait populaire et spontanĂ©e, ont contribuĂ© Ă  dĂ©velopper le rĂ©pertoire des groupes de danses existants, tant il est vrai que l’on continue toujours Ă  organiser dans toutes ces processions, surtout dans les parties rurales du pays, ce type de bals populaires et spontanĂ©s qui invitent tous les processionnaires et les visiteurs Ă  participer
  • les danses des Ă©pĂ©es, qui possĂšdent un lien Ă©vident avec les variantes europĂ©ennes du mĂȘme type. Leur interprĂ©tation, toujours liĂ©e Ă  la commĂ©moration ou Ă  la mise Ă  l’honneur, rappelle la danse rituelle durant laquelle le peuple soutient avec respect chaque groupe de danseurs
  • les danses de fin de festivitĂ©s : ce type de danses est pratiquĂ© pour marquer la fin de festivitĂ©s ou d’évĂ©nements particuliers, comme le carnaval. Elles ont servi de couronnement symbolique Ă  la dissolution de la fĂȘte, reprĂ©sentant une bagarre, un chahut et la crĂ©mation de l’ivrogne. C’est la fin d’un cycle et le commencement d’un nouveau.

On observe Ă  la fois des cycles complets de danses rĂ©partis sur des zones spĂ©cifiques, et des danses particuliĂšres rĂ©pandues sur tout le territoire, ou au hasard dans certaines enclaves. L’analyse suivante expose, par territoire, quelques-unes des danses les plus reprĂ©sentatives en expliquant leurs origines et leurs particularitĂ©s.

Sommaire

Biscaye

Kaxarranka

Cette danse est interprĂ©tĂ©e dans la localitĂ© de Lekeitio, le jour de la Saint-Pierre, patron des pĂȘcheurs. Ce jour-lĂ , la confrĂ©rie se choisissait un secrĂ©taire ou un maĂźtre, lequel devait laisser de l'argent en dĂ©pĂŽt, montrant ainsi qu'il n'avait pas l'intention de s'enrichir avec les fonds de l'institution. Le maĂźtre sortant se voyait restituer son dĂ©pĂŽt, transportĂ© dans une caisse ou kutxa, avec les livres de comptes de l'annĂ©e.

La danse en question est rĂ©alisĂ©e sur la caisse. Le maĂźtre se juche sur le coffre et celui-ci est soulevĂ© par huit arrantzales (pĂȘcheurs). Le maĂźtre, qui porte une chemise et un pantalon blancs, une ceinture rouge et un mouchoir rouge autour du cou, tenant dans la main gauche une chistera noire et dans la droite un Ă©tendard sur lequel les clĂ©s de Saint-Pierre sont brodĂ©es, interprĂšte la danse Ă  diffĂ©rents endroits du village et devant le domicile du responsable sortant.

La danse se divise en quatre parties :

Dantzari dantza

La dantzari dantza qui est interprétée dans le comarque du duranguesado, ancienne merindad de Durango, est l'une des danses les plus représentatives du Pays basque, par son rythme, la force et la beauté de ses figures. L'instrument au son duquel elle a toujours été exécutée est le txistu, accompagné d'une percussion.

Les Anteiglesias (communes ou districts administrés par un conseil siégeant au-dehors ou sous le porche d'une église) dans lesquelles cette danse était interprétée sont Berriz, Garai, Iurreta, Abadiño, Izurtza et Mañaria. Pour participer à cette danse, il fallait participer à une sélection à laquelle assistaient les différentes confréries de chaque elizate, toujours nombreuses puisque participer à un groupe de dantzaris était considéré comme un honneur.

Cette danse est en rĂ©alitĂ© un ensemble de neuf danses, dont quatre d'entre elles sont des danses de rythme et de chorĂ©graphie individuelle similaires : Zortzinango, Banango, Binango et Launango. Les diffĂ©rences tiennent dans les chorĂ©graphies gĂ©nĂ©rales lesquelles, comme leur nom l'indique, se dansent l'un en face de l'autre, dos Ă  dos, par quatre ou par huit. Trois autres de ces danses s'interprĂštent avec des jeux de bĂątons ou d'Ă©pĂ©es : Ezpata joko txikia (bal de petites Ă©pĂ©es), Ezpata joko nagusia (jeu de grandes Ă©pĂ©es) et Makil jokoa (jeu de bĂątons). Il reste deux danses, la premiĂšre et la derniĂšre de l'ensemble. La premiĂšre reprend le mouvement ondulant de la banniĂšre qui flotte au-dessus des tĂȘtes des danseurs (ikurrin dantza, danse du drapeau). La seconde, connue sous le nom de Txontxongilo (marionnette), est celle qui ferme le cycle et sa figure principale consiste en l'Ă©lĂ©vation du chef du groupe au-dessus des autres danseurs.

Xemeingo dantza

Le 29 septembre, jour de la Saint-Michel, patron de l'Anteiglesia de Xemein, qui fait à présent partie de la commune de Markina-Xemein, cette danse est interprétée dans le quartier d'Arretxinaga. Pour cette raison elle est aussi connue sous le nom de danse de Saint-Michel d'Arretxinaga.

Pour cette danse, les interprĂštes revĂȘtent un costume dont la partie la plus importante est un scapulaire avec une reprĂ©sentation de Saint-Michel et l'Ă©cusson de la province de Biscaye. L'attention est dirigĂ©e sur la lutte entre deux membres du groupe, qui figure la lutte du bien contre le mal ou la lutte qui opposa Michel Ă  Lucifer, l'ange rebelle jetĂ© en Enfer. À la fin de la danse, le chef du groupe est soulevĂ© sur l'entrelacs formĂ© par les Ă©paules des danseurs, symbole d'une victoire Ă©clatante, bien que cette interprĂ©tation soit actuellement remise en cause.

GuipĂșzcoa

Erreberentzia (révérence) ou ezpatadantza (danse des épées)

Ezpatadantza.

Arku dantza (danse des cerceaux)

Zinta dantza (danse des rubans)

Kontrapas

Sorgin dantza (danse des sorciĂšres)

Navarre

Otsagiko dantzak (danses d'OchagavĂ­a)

Elles sont réalisées en l'honneur de la patronne d'Ochagavia (Otsagi en basque), village de la vallée de Salazar. Le groupe est constitué de neuf danseurs dont l'un est le capitaine, appelé bobo. Elle est pratiquée sur la place du village et le répertoire est le suivant:

  • Paseo (dĂ©filĂ©)
  • Enperadorea
  • Katxutxa dantza
  • Modorro
  • Painolo dantza (danse des mouchoirs)
  • Jota

La figure du bobo est le protagoniste principal. Il possÚde un masque à deux visages et porte dans une sorte de gibeciÚre le nécessaire pour arriver au bout des danses et participe principalement à la danses des mouchoirs et à la jota.

Cette danse originaire d'un village de Navarre nommĂ©e Eaurta a pour vĂ©ritable nom "Eaurtako Naska Dantza"(la danse des filles d'Eaurta). Cette danse a complĂštement disparu et a Ă©tĂ© reconstituĂ©e dans les annĂ©es 1960 par le celĂšbre folkloriste Juan Antonio Urbeltz. La reconstitution qu'il en a faite est dansĂ©e sur le chant "axuri beltza". Aujourd'hui elle est complĂštement intĂ©grĂ©e Ă  la tradition Ă  tel point que beaucoup de monde pense quelle a toujours Ă©tĂ© dansĂ©e de la sorte. On lui donne, a tort, le nom du chant qu'a utilisĂ© Urbeltz : Axuri BELTZA.

Luzaideko ihauteria (carnaval de Luzaide)

Ce carnaval originaire de Luzaide, compte plusieurs parties et de nombreux personnages parmi lesquels:

  • Zigantiak (les gĂ©ants): ce sont deux figures fĂ©minines, vĂȘtues de blanc et portant un beret rouge. Elles sont portĂ©es par deux personnes.
  • Zapurrak: vĂȘtus de tablier en cuir noir, lunettes, barbe et hache de bois sur le corps, ils portent sur leurs tĂȘtes un grand sombrero noir avec de petits miroirs. Ils reprĂ©sentent les sapeurs d'une armĂ©e.
  • Makilari (porteur de makila): en tenue de guerriers rouge avec des pantalons blancs galonĂ©s. Ils reprĂ©sentent le tambour-major. Avec son bĂąton, terminĂ© par un large pommeau, il rĂ©alise divers mouvements acrobatiques passant entre les doigts de sa main, le lançant en l'air.
  • Banderariak (porte-drapeau): en casaque et bĂ©ret rouge, ils ont des vĂȘtements Ă©galement parcourus de galons, ils portent le drapeau de Luzaide.
  • Bolantak: ce sont ceux qui ferment le cortĂšge. VĂȘtus de blanc, un plastron couvert de chaĂźnes d'or et bijoux, pantalon dĂ©corĂ© de rubans et clochettes, rubans dorsaux multicolores, ceinture brune nouĂ©es sur le cĂŽtĂ© et gants blancs. Un chapeau de carton couvert de fleurs multicolores et de brillants sur la tĂȘte.

Sagar dantza (danse de la pomme)

Originaire d'Arizkun, elle est dansĂ©e par quatre hommes (il existe des variantes) qui sont vĂȘtus d'une chemise et pantalon blancs ainsi qu'une longue ceinture rouge. Les classiques sandales (abarkak[1] basques) et d'un foulard aux couleurs vives. Chaque danseur porte une pomme dans chaque main qu'il jette Ă  la fin de la danse. Bien qu'Ă  l'origine cette danse Ă©tait exĂ©cutĂ©e par les hommes, comme quasiment toutes, elle est actuellement aussi dansĂ©e par les femmes.

Iribasko ingurutxoa

Sous le nom d'Ingurutxo on connait en Navarre quelques formes chorégraphiques et musicales aux caractéristiques spécifiques de groupes de danses d'hommes et de femmes. La principale étant l'utilisation de castagnettes. Les hommes portent un pantalon bleu marine, une chemise blanche, un gilet, un mouchoir sur les épaules et un béret. Les femmes auront une jupe noire, un corsage et un mouchoir. Tous avec des abarkak.

Larrain dantza

Le Larrain dantza est une danse mixte, sociale et de place, également connue comme le bal d'Era. Elle est trÚs enracinée en Navarre et c'est dans la ville d'Estella, dont il semblerait issue, bien qu'on ait cessé de l'interpréter durant une période.

MalgrĂ© les difficultĂ© d'avoir a reprendre une danse quasi perdue, le groupe de Larrain, Ă  l'Ă©poque municipale, rĂ©ussit a trouver les pas de l'ancienne. Aujourd'hui ce groupe n'est plus municipal et a changĂ© de nom (Larraitza) et a Ă©tĂ© le grand promoteur de cette danse dans toute la Navarre. De ce que nous savons, les costumes et certains pas ne reflĂštent pas la rĂ©alitĂ©. La raison est inconnue et certains pensent au dĂ©sir de l'actualiser afin d'obtenir qu'elle soit interprĂ©tĂ©e dans tout le pays pour ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme danse nationale d'Euskadi par l'organisme "Euskal Dantzarien Biltzarra".

Danzas de la Ribera Navarra (danses de la Ribéra Navarraise)

Cortes est une municipalitĂ© de la Ribera qui cĂ©lĂšbre ses fĂȘtes patronales le 24 juin et le 29 septembre (Saint Michel). En ces occasions ont lieu les cĂ©lĂšbres "paloteados" en hommage au Saint et pour la joie de la concurrence.

Le spectacle consiste en quatre danses que sont: paloteado, valse, trenzado et jota. Exécutées par les danseurs sur la place de la mairie, précédés et émaillés de plaisanteries. On va improvisant des versions humoristiques en espagnol dur de style "riberain" surtout à l'encontre du personnage nommé Rabadan.

Erronkariko Thun-Thun (thun-thun de Roncal)

Sous l'appellation d'Ingurutxo sont connues en Navarre quelques formes chorégraphiques et musicales aux caractéristiques spécifiques dont le "thun-thun de Roncal". Les couples entrent dans la place dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Dans la vallée de Roncal on donnait une grande importance aux costumes, ceux-ci étant différents pour les hommes et femmes mariées ou célibataires.

Burgete

Burguete est un village situé au bord du rio Urrobi, affluent de l'Iraty, dans un large plateau aux pieds des Pyrénées. Il a une grande importance touristique de par sa proximité avec Roncevaux et le col d'Ibañeta. La musique de cette danse a été reprise par le PÚre Donostia [2] et les danses totalement perdues, restructurées par le groupe Andra Mari de Galdåcano (Biscaye).

Les quatre premiÚres parties appartiennent au groupe des Ingurutxoak (pluriel de ingurutxo). C'est sous ce nom que dans la Navarre occidentale sont connues quelques formes chorégraphiques et musicales aux caractéristiques spéciales parmi les groupes de danses d'hommes et de femmes. Les costumes, comme dans beaucoup d'autres zones du pays, la danse du fandango et le "porrusalda" (autre type de danse du Pays basque).

Les deux parties suivantes sont des danses-jeux, la premiÚre d'entre elles, récupérée à la ferme Goikoa de Orbaizeta à Mr. Almirantearena, ùgé de 76 ans, en février 1977. De la seconde danse-jeu nous dirons que la musique a aussi été récupérée par le PÚre Donostia et qu'elle est semblable aux autres danses-jeux européennes.

ConcrĂštement, nous savons que le chef ou capitaine allait armĂ© d'un fouet pour punir ceux qui ne faisaient pas les mĂȘmes mouvements que ce dernier exĂ©cutait, qui Ă©taient difficiles.

Zubietako ihauteria (Carnaval de Zubieta)

Zubieta est un village proche de Santesteban (Donestebe en basque), dans la vallée de Malerreka sur la route de Leiza.

Zubieta possĂšde possĂ©dait une mĂ©tallurgie traditionnelle dĂ©diĂ©e Ă  la fabrication de sonnailles, qui serait, selon la croyance de certains, l'origine de cette fĂȘte, semblable Ă  celle d'Ituren.

La fĂȘte a lieu quasiment les derniers lundi et mardi de janvier. Les participants portent une chemise blanche, un pantalon bleu de chauffe, des chaussettes en laine blanches par dessus les pantalons et d'abarkak en caoutchouc. Par dessus ces pantalons est portĂ©e une jupe, fĂ©minine, brodĂ©e et blanche elle aussi. Par dessus, ils portent une peau de mouton qui amortit la pression exercĂ©e par le serrage des deux grosses sonnailles fixĂ©es trĂšs solidement au dos par une longue corde de chanvre. Ces grosses sonnailles doivent ĂȘtres parallĂšles au dos pour donner le meilleur son, uniquement par le pas cadencĂ© de ces porteurs. Une coiffe sur la tĂȘte, le thuntturoa, construit en carton et composĂ© de rubans multicolores et de plumes de coq sur la pointe. Enfin un large foulard est fixĂ© autour du cou. À la main ils tiennent l'izopua fait en crin de cheval et qu'ils laissent balancer au rythme des pas.

Le premier jour, les gens de Zubieta viennent Ă  Ituren. Ces derniers vont s'approcher du hameau d'Aurtiz, Ă  la rencontre de ceux de Zubieta, font un tour parmi eux puis se positionnent en tĂȘte pour pĂ©nĂ©trer dans Aurtiz. De lĂ , ils sortiront pour aller Ă  Ituren oĂč ils feront plusieurs tours sur le fronton. Ils iront ensuite manger tous ensemble.

Le jour suivant, ceux d'Ituren iront Ă  Zubieta vers midi, accompagnĂ©s de chars. Aux environs du moulin de Zubieta, la troupe d'Ituren sera reçue par leurs voisins. Ceux-ci se positionnent alors en tĂȘte de cortĂšge et iront jusqu'Ă  la place de Zubieta puis, aprĂšs quelques tours, iront manger. L'aprĂšs-midi la fĂȘte continuera avec des soka-dantzak et le bal.

Labourd

Kaskarotak

Il s'agit d'une danse fĂ©minine oĂč le groupe de danseuses porte un panier plat (otara) servant Ă  porter le poisson dĂ©chargĂ© Ă  l'arrivĂ©e des pĂȘcheurs au port. La danse est nĂ©e dans l'attente des bateaux, oĂč les femmes chantaient et dansaient avec des pas d'une grande vivacitĂ© ponctuĂ©s d'un claquement typique des pieds sur le sol.

Lapurdiko ihauteria

Le carnaval du Labourd s'illustre de deux façons différentes. Dans la premiÚre, qui correspond généralement à des représentations à périodicité réguliÚre, annuelles, restreintes au cadre local, et pour laquelle les participants recueillent des produits et de l'argent pour la réalisation d'un repas, les convives sont masqués et sont connus sous le nom de piltzar ou zirtzilak.

La seconde forme est obtenue lorsqu'il y a suffisamment de monde intéressé, ce qui occulte le caractÚre périodique. Il s'agit alors d'une compagnie composée de personnages variés et colorés.

Le carnaval s'achÚve par une représentation du jugement de Zanpatzar (qui a dû avoir d'autres noms plus personnels) à l'aide d'un bûcher comme l'atteste un texte de la ville de Guéthary.

« ...Dans la dite ville de GuĂ©thary il n'y a pas d'habitude de ce que les jeunes se rĂ©jouissent les jours de carnaval, mais arrivĂ© le jour des cendres, Ă  quatorze heures apparaissent des jeunes dĂ©guisĂ©s avec leurs charrettes ou mouchoirs transparents, avec un polichinelle ou pantin Ă  l'extrĂ©mitĂ© supĂ©rieur d'un gourdin, qu'ils portaient la majeure partie de l'aprĂšs-midi en le secouant, l'agitant avec beaucoup de vacarme Ă  travers tout le village et peu avant le crĂ©puscule le brĂ»laient en face de la maison du curĂ© ... Â»

« ...A ce pantin ou polichinelle on lui donnait le nom de Miquelua, mot vasconisĂ© sans aucun doutes, car le village oĂč ils le nomment est vascon et parce qu'on ne lui connait pas de dĂ©rivation de la langue française ni castillane, les seules desquelles elle pouvait dĂ©river si elles n'Ă©taient pas proprement vasconnes... Â»

La concordance de ce mot, Miquelua, avec celui de Miel Otxin, est un de plus, avec celui de Marquitos de Zalduondo (Álava) et celui de Juan Lobo de Torralba del Rio (Navarre), dans cette liste de personnages intéressants.

AprÚs la Chandeleur, les jeunes se réunissent pour se répartir les papiers qui vont devoir représenter. Ces papiers correspondent aux personnages suivants:

  • Bandelari: Il est vĂȘtu de deux maniĂšres. Soit en Kaskarot, ou bien avec d'autres vĂȘtements plus individualisĂ©s, guerrier et pantalons courts, galonĂ©s de dorures, bĂ©ret noir, chaussettes blanches et chaussures noires. C'est le directeur, le chef de troupe, et Ă©tait considĂ©rĂ© comme le meilleurs danseur du cortĂšge. De plus ils lui doivent le respect du Ă  son rang.
  • Kaskarotak: Ils sont de pairs, bien que le nombre varie de quatre Ă  douze. Ils sont vĂȘtus de chemises blanches Ă  la poitrine amidonnĂ©e, sur laquelle ils accrochaient des chaĂźnes et des broches dorĂ©es, pantalons blancs tenus par des bretelles de tapisserie, dĂ©corĂ©es de rubans et de clochettes. Espadrilles brodĂ©es et ornĂ©es de rubans et clochettes, ainsi que le bĂ©ret. Il a aussi utilisĂ© une sorte de casque, en forme de sombrero, couvert de fleurs.
  • Besta gorri: Ils sont les premiers masquĂ©s du cortĂšge. Une sorte de casque de couleur bleu ciel couvre leurs tĂȘtes duquel pend une toile jaune froncĂ©e. Sur le visage ils portent un masque de toile rouge dĂ©corĂ©e de paillettes dorĂ©es. Les pourtours des yeux et de la bouche sont entourĂ©s d'un galon, dorĂ© lui aussi. Une guerriĂšre militaire, aux galons dorĂ©s, pantalons et espadrilles dĂ©corĂ©es de rubans complĂšte le costume. À la main droite ils portent une Ă©pĂ©e et Ă  la gauche des boites pour amasser de l'argent.
  • Ponpierak: Ce sont deux personnages au costumes d'Arlequin, dĂ©corĂ©s d'une profusion de clochettes qu'ils fixent sur le bas des vestes et du pantalon. Un haut chapeau conique, ressemblant a un ttuntturo couvre leur tĂȘte. Sur leur visage ils portent un masque semblable aux Besta gorri.
  • Kotillun gorriak: C'est sous ce nom qu'on dĂ©signe les deux femmes du cortĂšge. Elles maintiennent l'ordre parmi les curieux qui veulent savoir qui ils sont. Elles ont pour cela un long bĂąton au bout duquel est fixĂ© une queue de vache.

Elles ressemblent aux autres personnages sauf qu'en plus, elles portent une jupe rouge par dessus les pantalons et espadrilles blancs. Elles ont une grosse veste blanche, en laine. Elles entourent la taille d'une large ceinture de cuir sur laquelle pendent des clochettes.

  • Jaun Anderia: Comme dans beaucoup d'autres mascarades de ce type, le principe d'autoritĂ©, a une personnification vide de toute abstraction. Deux jeunes gens, l'un vĂȘtu en femme et l'autre en cavalier, se chargent de fermer le cortĂšge.

Dans la semaine de carnaval, lundi et mardi, la troupe réalise des visites protocolaires aux villages et hameaux voisins. Le lundi, le cortÚge d'Herauritz visite Ustaritz, le mardi, ceux d'Ustaritz dansent à Herauritz ou à Arrauntz et ceux d'Arauntz à Ustaritz.

L'entrĂ©e dans le village se fait en dansant Maska Dantza. Une fois sur la place, ils effectuaient une danse chorale appelĂ©e Xinple (il n'y a pas de faute) (sur le mĂȘme air que celui du Godalet Dantza souletin, danse du verre). Le cortĂšge va parcourir les diverses maisons du village. Ils danseront le fandango, l'arin-arin (lĂ©ger-lĂ©ger) ou bien le makil Dantza (danse des bĂątons).

Soule

Xiberoko maskarada (mascarade souletine)

Notes

  1. ↑ L'abarka est la chaussure traditionnelle des bergers basques. Aujourd'hui, elle ne sont plus utilisĂ©es que par des groupes folkloriques.
  2. ↑ JosĂ© Gonzalo Zulaika ou Aita Donostia, (pĂšre Donostia en français), nĂ© Ă  Saint SĂ©bastien (Guipuscoa) le 10 janvier 1886, dĂ©cĂ©dĂ© le 30 aout 1956, Ă©galement musicologue et organiste est un des compositeurs basques le plus connu de tous les temps.

Bibliographie

Thierry Truffaut, Joaldun et Kaskarot. Des carnavals en Pays basque, Ă©ditions: Elkar, Donosti, 2005,366 pages, ISBN 2-913156-74-6 et ISBN 84-9783-303-1.

Beñat Zintzo Garmendia et Thierry Truffaut, " Carnavals Basques ", éditions: LoubatiÚres, Toulouse, 1988, 32 pages, ISSN 0298-0231 et ISBN 2-86266-085-X.

Liens internes

Liens externes et sources

Hors traduction

Accompagnement

Les instruments

Le chant

Origine

Influences espagnoles

Autres dérivations

Notes et références


Évolution

Liens internes

Liens externes

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