Culture

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Culture
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En philosophie, le mot culture désigne ce qui est différent de la nature, c'est-à-dire ce qui est de l'ordre de l'acquis et non de l'inné. La culture a longtemps été considérée comme un trait caractéristique de l'humanité, qui la distinguait des animaux. Mais des travaux récents en éthologie et en primatologie ont montré l'existence de cultures animales.

En sociologie, la culture est dĂ©finie comme "ce qui est commun Ă  un groupe d'individus et comme ce qui le "soude". Ainsi, pour une institution internationale comme l'UNESCO : « Dans son sens le plus large, la culture peut aujourd'hui ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matĂ©riels, intellectuels et affectifs, qui caractĂ©risent une sociĂ©tĂ© ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'ĂȘtre humain, les systĂšmes de valeurs, les traditions et les croyances. Â»[1] Ce "rĂ©servoir commun" Ă©volue dans le temps par et dans les formes des Ă©changes. Il se constitue en maniĂšres distinctes d'ĂȘtre, de penser, d'agir et de communiquer.

Par abus de langage, on utilise souvent le mot "culture" pour désigner presque exclusivement l'offre de pratiques et de services culturels dans les sociétés modernes, et en particulier dans le domaine des arts et des lettres.


Pétroglyphes de Gobustan, Azerbaïdjan datant de 10.000 avant JC indiquant une culture florissante. Ce site du patrimoine mondial est considéré comme étant de «valeur universelle exceptionnelle».

Sommaire

DĂ©finitions

La culture est, selon le sociologue québécois Guy Rocher, "un ensemble lié de maniÚres de penser, de sentir et d'agir plus ou moins formalisées qui, étant apprises et partagées par une pluralité de personnes, servent, d'une maniÚre à la fois objective et symbolique, à constituer ces personnes en une collectivité particuliÚre et distincte." (Guy Rocher, 1969, 88). Ensemble des productions matérielles ou immatérielles acquises en société.

Étymologie

L’étymologie du mot culture, du mot latin culter (« habiter Â», « cultiver Â», ou « honorer Â») suggĂšre que la culture se rĂ©fĂšre, en gĂ©nĂ©ral, Ă  l’activitĂ© humaine. Ce mot prend des significations notablement diffĂ©rentes, voire contradictoires, selon ses utilisations[2].

Le terme (latin cultura) suggĂšre l’action de cultiver, dans le domaine de l’agriculture en particulier : cultiver des fleurs
[2] Le terme de culture est Ă©galement employĂ© en Ă©thologie. CicĂ©ron fut le premier Ă  appliquer le mot cultura Ă  l'ĂȘtre humain : Un champ si fertile soit-il ne peut ĂȘtre productif sans culture, et c'est la mĂȘme chose pour l'humain sans enseignement. (Tusculanes, II, 13).

Dans l’Histoire, l’emploi du mot s’est progressivement Ă©largi aux ĂȘtres humains. Le terme culte, d'Ă©tymologie voisine (latin cultus), est employĂ© pour dĂ©signer l’hommage rendu Ă  une divinitĂ©.

Voir les mots avec le suffixe -culture sur Wiktionnaire.

Pluralité de définitions

DiffĂ©rentes dĂ©finitions du mot culture reflĂštent les thĂ©ories diverses pour comprendre ou Ă©valuer l’activitĂ© humaine. En 1952, Alfred Kroeber et Clyde Kluckhohn ont rĂ©digĂ© une liste de plus de 150 dĂ©finitions diffĂ©rentes du mot culture dans leur livre [3].

La dĂ©finition que peuvent en faire les gouvernements lorsqu’ils fixent sa mission au MinistĂšre de la Culture diffĂšre de celle que l’on en donne dans les sciences humaines ou de celle qui correspond Ă  la culture gĂ©nĂ©rale de chacun d’entre nous.

Il existe de puissants enjeux politiques et Ă©conomiques pour dĂ©finir et encadrer la culture. Lorsque les entrepreneurs tentent de faire valider la notion de "culture d'entreprise" ou les ingĂ©nieurs celle de "culture technique", ils contribuent Ă  Ă©tendre l'amplitude des significations mais au prix d'en diluer certaines caractĂ©ristiques spĂ©cifiques, comme l'opposition plus traditionnelle entre des styles plus spontanĂ©s, artistiques, religieux, fondĂ©s, comme le disait Hegel, sur le "sentiment" et des types d'actions davantage fondĂ©s sur le calcul, la cognition, la rĂšgle. Bien que frĂ©quemment les deux mondes s'entrecroisent, doit-on pour autant les confondre, contribuant alors a privilĂ©gier une conception totalisante de la culture ?

Le mot culture est parfois employé dans un sens restreint pour désigner l'industrie des "biens culturels", c'est-à-dire les entreprises et activités de production, de distribution et de gestion de droits d'exploitation de spectacles et de contenus audio-visuels reproductibles. Ce secteur, sous l'effet du développement des technologies de l'information et de la communication, est en pleine transformation et son avenir fait l'objet de controverses politiques tendues.

Selon Geert Hofstede : la culture est une programmation mentale collective propre Ă  un groupe d’individus.

De maniĂšre plus spĂ©cifique, en Ă©thologie, la culture animale dĂ©signe tout comportement, habitude, savoir, systĂšme de sens (en anthropologie) appris par un individu biologique, transmis socialement et non par hĂ©ritage gĂ©nĂ©tique de l’espĂšce Ă  laquelle appartient cet individu. La culture se dĂ©finit en ce sens comme un ensemble de connaissances transmis par des systĂšmes de croyance, par le raisonnement ou l’expĂ©rimentation, qui la dĂ©veloppent au sein du comportement humain en relation avec la nature et le monde environnant. Elle comprend ainsi tout ce qui est considĂ©rĂ© comme acquisition de l’espĂšce, indĂ©pendamment de son hĂ©ritage instinctif, considĂ©rĂ© comme naturel et innĂ©. Ce mot reçoit alors des dĂ©finitions diffĂ©rentes selon le contexte auquel on se rĂ©fĂšre.

Mais la culture n'est pas rĂ©ductible a son acception scientifique, car, comme l'indique la dĂ©finition de l'UNESCO, elle concerne les valeurs a travers lesquelles nous choisissons aussi notre rapport a la science. En ce sens, elle relĂšve davantage de la communautĂ© politique des ĂȘtres humains que de "l'espĂšce' comme objet de science.

Culture individuelle et culture collective

En langue française, le mot culture dĂ©signe tout d’abord l’ensemble des connaissances gĂ©nĂ©rales d’un individu. C’est la seule dĂ©finition qu’en donne en 1862 le Dictionnaire national de Bescherelle. Les connaissances scientifiques y sont prĂ©sentĂ©es comme Ă©lĂ©ment de premier plan. C’est ce que nous appelons aujourd’hui la "culture gĂ©nĂ©rale".

AprĂšs le milieu du XXe siĂšcle, le terme prend une seconde signification. Par exemple, le Petit Larousse de 1980 donne, en plus de la conception individuelle, une conception collective : ensemble des structures sociales, religieuses, etc., des manifestations intellectuelles, artistiques, etc., qui caractĂ©risent une sociĂ©tĂ©. Le terme peut alors revĂȘtir l’un ou l’autre sens, mais la proximitĂ© des domaines d’utilisation de chacun en fait une source d’ambiguĂŻtĂ©.

Il se trouve qu’en langue allemande, la dĂ©finition de la culture individuelle ou culture gĂ©nĂ©rale correspond au mot Bildung[4], et qu’il existe un autre mot, Kultur[5], qui correspond Ă  un patrimoine social, artistique, Ă©thique appartenant Ă  un ensemble d’individus disposant d’une identitĂ©. Ainsi, ce terme homophone, qui correspond plutĂŽt en français Ă  l’une des acceptions de civilisation, et par les Ă©changes d’idĂ©es entre la France et l’Allemagne, s’est petit Ă  petit amalgamĂ© avec le sens initial du mot culture en français. Cette seconde dĂ©finition est en train de supplanter l’ancienne, correspondant Ă  la culture individuelle. NĂ©anmoins, les dictionnaires actuels citent les deux dĂ©finitions, en plaçant le plus souvent la culture individuelle en premier.

Il y a donc actuellement en français deux acceptions diffĂ©rentes pour le mot culture :

  • la culture individuelle de chacun, construction personnelle de ses connaissances donnant la culture gĂ©nĂ©rale ;
  • la culture d'un peuple, l'identitĂ© culturelle de ce peuple, la culture collective Ă  laquelle on appartient.

Ces deux acceptions diffĂšrent en premier lieu par leur composante dynamique :

  • la culture individuelle comporte une dimension d’élaboration, de construction (le terme Bildung est gĂ©nĂ©ralement traduit en Ă©ducation), et donc par dĂ©finition Ă©volutive et individuelle ;
  • la culture collective correspond Ă  une unitĂ© fixatrice d’identitĂ©s, un repĂšre de valeurs reliĂ© Ă  une histoire, un art parfaitement insĂ©rĂ© dans la collectivitĂ© ; la culture collective n’évolue que trĂšs lentement, sa valeur est au contraire la stabilitĂ© figĂ© dans le passĂ©, le rappel Ă  l’Histoire.

C’est dans cette dichotomie que ces deux significations peuvent s’opposer :

La culture collective comporte une composante de rigiditĂ© pouvant s’opposer au dĂ©veloppement des cultures individuelles, ou pouvant conduire Ă  des contrecultures, concept qui est inimaginable avec le sens individuel, la connaissance ne pouvant ĂȘtre que positive.

La science, toujours en Ă©volution, n’est de ce fait pas raccrochĂ©e au concept de culture individuelle, dans les acceptions populaires, alors qu’elle en est une des composantes principales dans la teneur initiale du terme.

Mais c’est par l’art et l’histoire que les deux concepts se rejoignent. La culture individuelle inclut la connaissance des arts et des cultures, celle des diffĂ©rentes cultures humaines, mais bien Ă©videmment celle affiliĂ©e Ă  la culture (collective) Ă  laquelle l’individu s'apparente.

C’est lĂ  le point d’amalgame entre les deux acceptions : la culture (individuelle) est comprise comme connaissance de la culture (collective) dont on dĂ©pend. Fusionnant ainsi deux acceptions diffĂ©rentes, le terme culture tend actuellement, en France, vers un compromis dans son acception courante, oĂč il dĂ©signerait essentiellement des connaissances liĂ©es aux arts et Ă  l’Histoire, plus ou moins liĂ©es Ă  une identitĂ© ethnique.

Les deux sens doivent cependant ĂȘtre analysĂ©s distinctement : la culture collective et la culture individuelle se recoupent en rĂ©alitĂ©, non seulement par leur homonymie, mais aussi par la filiation de l'espĂšce et de l’individu Ă  une entitĂ© culturelle.

Langage courant

L’utilisation populaire du mot culture dans beaucoup de sociĂ©tĂ©s occidentales, permet de rĂ©aliser un classement de son caractĂšre en fonction de croyance, de la consommation de biens ou de l’exercice d’activitĂ©s considĂ©rĂ©es comme Ă©litistes : la cuisine, l’art, et la musique par exemple.

Types de composants

Une reprĂ©sentation de la culture consiste Ă  la regarder comme formĂ©e de quatre Ă©lĂ©ments qui sont « transmis de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration en apprenant Â» [6] :

Julian Huxley donne une division lĂ©gĂšrement diffĂ©rente, en mentifacts, socifacts et artifacts, pour des sous-systĂšmes idĂ©ologiques, sociologiques, et technologiques respectivement. La socialisation, du point de Huxley, dĂ©pend du sous-systĂšme de croyance. Le sous-systĂšme sociologique oriente l’interaction entre les gens. Les objets matĂ©riels et leur utilisation forment le sous-systĂšme technologique[7].

En gĂ©nĂ©ral, les archĂ©ologues se focalisent sur la culture matĂ©rielle, alors que l’anthropologie culturelle se focalise sur la culture symbolique, encore que in fine les deux groupes s’intĂ©ressent aux relations entre ces deux dimensions. De plus, les anthropologues conçoivent le mot "culture" pour se rĂ©fĂ©rer non seulement Ă  la consommation de biens, mais au processus gĂ©nĂ©ral qui produit de tels biens et leur donne une signification, et aux relations et pratiques sociales dans lesquelles de tels objets et processus sont imbriquĂ©s.

Les valeurs

Les systÚmes de valeurs comprennent des idées et des matériaux qui semble important dans la vie. Elles guident les croyances qui composent la culture en partie

Il est possible de reconnaĂźtre des systĂšmes de valeur associĂ©s de prĂ©fĂ©rence Ă  des civilisations. Ainsi, dans ce qu'on appelle encore l'Occident, il semble que la conversation culturelle se prĂ©occupe beaucoup de la question de la rĂšgle, de la mesure, de la loi physique ou sociale, alors qu'en ExtrĂȘme-Orient, l'affaire la plus importante concerne l'identitĂ© dans le monde. Les valeurs des sociĂ©tĂ©s villageoises (comme en Afrique ou en AmĂ©rique latine) portent davantage sur l'Ă©quilibre entre l'homme et la nature, garanti par l'intercession des hommes-mĂ©decine. Les valeurs des sociĂ©tĂ©s nomades sont plutĂŽt attachĂ©es Ă  rĂ©soudre les problĂšmes des antagonismes inĂ©vitables entre groupes sur le territoire commun. A l'intĂ©rieur de la sphĂšre occidentale, le point de vue anglo-saxon insiste encore davantage sur la loi (culture de la common law, et de la rule of law). Ceci correspond Ă  une religiositĂ© inspirĂ©e des protestantismes prĂ©occupĂ©s de l'usage rationnel du temps personnel (comme le montrait Max Weber), ce qui permet l'autodiscipline, libĂšre un certain libĂ©ralisme et fait l'Ă©conomie d'un contrĂŽle par l'autoritĂ© collective.

En France, le plus "laĂŻque" des pays occidentaux, - tradition que l’on pourrait faire remonter au gallicanisme de Philippe le Bel, Ă  la Pragmatique Sanction de Bourges, ou aux positions de Bossuet - on a plutĂŽt affaire Ă  une reprise administrative nationale de l'ancienne autoritĂ© catholique, oĂč se trouve prĂ©servĂ© un principe d'arbitrage divin et royal, dĂ©sormais dĂ©posĂ© dans l'État laĂŻque. La RĂ©volution française introduit un statut civil Ă©quivalent pour tous les citoyens, indĂ©pendamment des croyances ou appartenances religieuses, mais ne renie pas longtemps -avec NapolĂ©on - le principe du pouvoir transcendant et paternaliste. Celui-ci subsiste aujourd'hui dans la trame culturelle de ce pays qui demeure de ce point de vue de tradition catholique. NĂ©anmoins, comme partout ailleurs en Europe, on y rencontre le dĂ©bat avec les deux religions et cultures du "Livre" (la Bible), qui forment les deux autres variantes de la culture occidentale au sens large : la tradition judaĂŻque, qui insiste sur l'alliance entre Dieu et son peuple, au travers d'une loi interprĂ©table; et la tradition musulmane, qui veut rĂ©tablir le principe de la libertĂ© absolue de Dieu. On constate ici combien le monde des valeurs ne se dĂ©veloppe pas au hasard, mais bien comme systĂšme logique de diffĂ©rences assumĂ©es. On observe aussi que ce caractĂšre de conversation entre les valeurs demeure le plus souvent inconscient, cachĂ© par l'intransigeance de leurs partisans respectifs.

Les normes

Les normes sont constituĂ©es par les attentes sur la façon dont les personnes doivent se comporter dans diverses situations. Chaque culture a des mĂ©thodes, appelĂ©es sanctions, pour imposer ses normes. Les sanctions varient avec l’importance de la norme ; les normes qu’une sociĂ©tĂ© impose formellement ont le statut de lois.

On notera qu’en France, la langue française a le statut de langue officielle, et qu’à ce titre, elle est la langue de l’administration et du droit civil.

Aux États-Unis, il existe une tradition normative trĂšs importante en matiĂšre industrielle et financiĂšre. Les normes comptables en Europe sont actuellement assez largement inspirĂ©es des normes amĂ©ricaines.

Les institutions

Les institutions sont les structures de la société dans et par lesquelles les valeurs et les normes sont transmises.

On a vu que, dans le cas de la France, la dĂ©fense de la langue fut prise trĂšs tĂŽt en charge par le souverain, François Ier pour le statut de langue officielle du français par l'Ordonnance de Villers-CotterĂȘts (1539)[8], Richelieu pour l’AcadĂ©mie française. De lĂ  est nĂ©e, en France et dans la plus grande partie de l’Europe, une tradition qui lie la culture avec les institutions publiques.

Aux États-Unis, il n’existe pas une emprise aussi importante de la puissance publique sur la culture proprement dite. Ainsi, de nombreuses grandes entreprises ont des collections d’Ɠuvres d'art telles qu’elles ouvrent des musĂ©es privĂ©s. Des hommes d'affaires et milliardaires n'hĂ©sitent pas Ă  rĂ©aliser du mĂ©cĂ©nat et par leur philanthropie alimentent de grandes fondations (qui portent d'ailleurs souvent leur nom) et qui ont dĂ©veloppĂ© des actions dans le secteur de la culture, des arts et de l'enseignement artistique (des grands musĂ©es comme le Metropolitan ou Guggenheim Ă  New-York, les Fondations comme Ford, Carnegie, etc.)). Les industries culturelles, mettant en Ɠuvre les bases d'un vĂ©ritable management culturel, se sont dĂšs le dĂ©part dĂ©veloppĂ©es sur un modĂšle d'entreprises privĂ©es avec au fil des dĂ©cennies un mouvement de forte concentration financiĂšre faisant des grands groupes amĂ©ricains du secteur les principaux protagonistes d'un oligopole mondial des industries de l'entertainment et des mĂ©dias (Time Warner, Disney, Fox, ...). Ainsi, depuis les annĂ©es 1950, l’industrie amĂ©ricaine du cinĂ©ma, concentrĂ©e Ă  Hollywood, domine non seulement Ă©conomiquement mais aussi symboliquement, la distribution des films Ă  grand succĂšs et la consĂ©cration des grandes vedettes.

En France, la majoritĂ© des institutions culturelles sont des organisations en gestion publique ou des organisations de type associatif mais avec une forte dĂ©pendance Ă  des collectivitĂ©s publiques: acadĂ©mies, musĂ©es, bibliothĂšques, mĂ©diathĂšques, conservatoires, salles de concert et de thĂ©Ăątre, orchestres, opĂ©ras, Maisons des jeunes et de la culture. La France a Ă©tĂ© l'une des premiĂšres dĂ©mocraties modernes Ă  se doter dÂŽun ministĂšre de la Culture en 1959[9]. Elle fut suivie par de nombreux autres pays en Europe mais selon des formules adaptĂ©es Ă  leur contextes respectifs. Les "petits pays" (petits par leur taille) comme les Pays-Bas, la Finlande, lÂŽAutriche ou le Portugal, ont dans leurs organisations gouvernementales respectives un ministĂšre plus large (Éducation par exemple) auquel est rattachĂ© un secrĂ©tariat d®État chargĂ© de la Culture. Les pays Ă  structure fĂ©dĂ©rale ont des Ă©quivalents dans leurs rĂ©gions (en rĂ©alitĂ© des Ă©tats fĂ©dĂ©rĂ©s) qui exercent la compĂ©tence culturelle. Ainsi, en Allemagne, dans chaque Land on trouve dans le gouvernement une direction de la Culture et des Arts, le plus souvent rattachĂ©e Ă  lÂŽEnseignement, la Recherche et la Formation professionnelle (ce qui sÂŽexplique notamment par lÂŽimportance des institutions dÂŽenseignement artistique). LÂŽEspagne sÂŽest quant Ă  elle dotĂ©e dÂŽun ministĂšre de la Culture en 1978, dĂšs que la page du franquisme fut tournĂ©e. Le Royaume Uni constitue un exemple des plus intĂ©ressants dans la prise en compte de lÂŽaction Ă©tatique en faveur de la culture. Car il sÂŽagissait dÂŽabord pour le gouvernement dÂŽintervenir et de soutenir les institutions artistiques et en particulier celles du spectacle vivant (thĂ©Ăątre, danse, musique) telles que la Royal Shakespeare Company, le Royal Opera House Covent Garden, les grands orchestres londoniens, etc.

On trouve donc un schĂ©ma assez voisin dans les pays europĂ©ens. Dans le cas de la musique classique par exemple, onobserve que toutes les institutions musicales (hormis quelques notables exceptions) bĂ©nĂ©ficient du soutien de collectivitĂ©s publiques (État, rĂ©gions, villes). Le Royaume-Uni toutefois se distingue du reste de l'Europe car les institutions musicales y sont plus autonomes, assez rarement des Ă©tablissements publics. En revanche dans le domaine des musĂ©es, une forte proportion des institutions sont publiques. De ce point de vue, le Royaume-Uni se distingue des États-Unis, les traditions culturelles des deux pays Ă©tant assez distinctes.

Que ce soit en France ou en Europe, certains lieux privĂ©s peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme des institutions : des chĂąteaux privĂ©s comme Chenonceau, des abbayes comme Fontfroide Ă  Narbonne, l'Ă©comusĂ©e d'Alsace ou encore de grandes manifestations d'animation existant depuis longtemps comme le Puy du Fou) issus d’uune initiative locale, mĂȘme si le rayonnement est national. Depuis une trentaine d’annĂ©es les collectivitĂ©s locales (communes, dĂ©partements et rĂ©gions) se sont dotĂ©es de leur propre politique culturelle et jouent un rĂŽle essentiel dans l’animation et la rĂ©gulation de la vie culturelle locale. Ces politiques, souvent menĂ©es en partenariat avec les services de l’État, participent de plusieurs logiques : faciliter l’accĂšs Ă  la culture du plus grand nombre, soutenir la crĂ©ation et les artistes, contribuer au dĂ©veloppement Ă©conomique et renforcer l’image des collectivitĂ©s locales.

Depuis le TraitĂ© de Maastricht certains aspects de la culture font maintenant partie des responsabilitĂ©s de l’Union europĂ©enne, dans le cadre des principes de subsidiaritĂ©. En particulier, l’Union europĂ©enne doit veiller Ă  l’application de la politique linguistique europĂ©enne, qui pose certaines difficultĂ©s de mise en Ɠuvre.

On a ainsi deux modĂšles assez distincts : le modĂšle amĂ©ricain, caractĂ©risĂ© par une alliance forte entre public et privĂ© (oĂč le privĂ© joue un rĂŽle prĂ©pondĂ©rant en matiĂšre purement culturelle), et le modĂšle europĂ©en, essentiellement public.

Les artefacts

Les artefacts — choses ou aspects de la culture matĂ©rielle — dĂ©crivent des valeurs et des normes d’une culture.

Les grandes manifestations de la culture collective

Culture et art

La Grande MosquĂ©e de Kairouan est l'une des Ɠuvres architecturales majeures de la civilisation arabo-musulmane ayant servi de modĂšle Ă  de nombreuses mosquĂ©es de l'Occident musulman. L'Ă©difice est le principal monument de Kairouan classĂ©e au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1988, Tunisie.

La culture est aussi indissociable du patrimoine artistique, au sens oĂč elle est un rattachement Ă  des valeurs traditionnelles. Cet aspect de la culture est beaucoup plus marquĂ© en Europe et en Asie, qu’en AmĂ©rique et surtout aux États-Unis, pour des raisons historiques Ă©videntes.

NĂ©anmoins, les États-Unis admirent le patrimoine culturel europĂ©en, car il s’agit de leurs racines culturelles : on le constate dans les acquisitions des Ɠuvres d'art, dans leur prĂ©sence dans les lieux artistiques (Paris, Bruges, Venise, Égypte
), dans les mĂ©cĂ©nats amĂ©ricains pour la restauration de quelques Ă©lĂ©ments symboliques du patrimoine europĂ©en (chĂąteau de Versailles
), dans les Ă©changes musicaux (chefs d'orchestre
), etc. Le respect des AmĂ©ricains pour l’histoire monarchique de la France paraĂźt surprenant au premier abord, mais il rĂ©vĂšle cet attachement Ă  un patrimoine historique qu’ils n’ont pas, et une reconnaissance au rĂŽle jouĂ© par la France dans l’Histoire et dans la dĂ©fense des libertĂ©s aux États-Unis.

Lorsqu’on parle de patrimoine, on pense le plus souvent au patrimoine bĂąti et Ă  l’architecture, mais c’est aussi la sculpture, la peinture, le vitrail, la musique, la littĂ©rature, le folklore, la langue. Depuis plusieurs annĂ©es, l'UNESCO a dĂ©veloppĂ© un programme en direction du patrimoine immatĂ©riel (convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatĂ©riel avec 3 actions clĂ©s : 1) la liste du patrimoine immatĂ©riel nĂ©cessitant une sauvegarde urgente; 2) la Liste reprĂ©sentative du patrimoine culturel immatĂ©riel de l’humanitĂ© (GĂ©ants et dragons processionnels de France et de Belgique ou en Italie, le Canto a tenore qui est un chant pastoral sarde) ; 3) le Registre de bonnes pratiques de sauvegarde.

En Asie et en Afrique du Nord, on trouve un patrimoine extraordinairement riche, dans les civilisations chinoise, indienne, arabe et berbĂšre par exemple. Le patrimoine de l’Afrique noire est aussi redĂ©couvert (arts premiers).

Culture et langage

Voir aussi : CatĂ©gorie langue et culture

La langue est probablement, dans les sociĂ©tĂ©s humaines, ce qui permet le mieux de vĂ©hiculer une culture, tant orale qu’écrite. C’est ainsi que la culture française s’est dĂ©veloppĂ©e dans l’Europe des LumiĂšres, en fait essentiellement parce qu’elle Ă©tait parlĂ©e dans plusieurs cours princiĂšres. Cette prĂ©Ă©minence du français Ă©tait due au rayonnement culturel de la France au XVIIIe siĂšcle, et Ă  l’admiration que des souverains Ă©trangers (en Prusse, en Russie
) portaient, Ă  tort ou Ă  raison, aux souverains français.

Cette prĂ©Ă©minence avait en rĂ©alitĂ© Ă©tĂ© prĂ©parĂ©e par l’édit de Villers-CotterĂȘts, signĂ© par François Ier en 1539, qui Ă©tablissait le français comme langue officielle, c’est-Ă -dire comme langue de l’administration et du droit (Ă©crit). Puis, au XVIIe siĂšcle, de grands Ă©crivains donnĂšrent au français classique ses lettres de noblesse. La France est probablement[rĂ©f. souhaitĂ©e] l’un des seuls pays au monde oĂč la langue parlĂ©e (et officielle) est soutenue par un systĂšme d’acadĂ©mies, qui en contrĂŽlent le bon usage. L’AcadĂ©mie française fut fondĂ©e dans ce sens par Richelieu en 1635.

Aujourd’hui, la langue anglaise est devenue une langue vĂ©hiculaire, porteuse d’un grand nombre d’informations dans des domaines comme le militaire, la finance, la science, et aussi et surtout l’informatique, la plupart des langages informatiques Ă©tant historiquement formĂ©s sur des mots de la langue anglaise. Les normes, en particulier comptables (l’informatique Ă©tant issue Ă  l’origine de la comptabilitĂ© gĂ©nĂ©rale), tendent Ă  imposer un certain modĂšle culturel.

En France, aprĂšs la Seconde Guerre mondiale, on tendit Ă  rĂ©agir contre cette forme d’impĂ©rialisme linguistique en Ă©tablissant des liens culturels avec les pays de langue française dans le monde : la francophonie. La protection de la langue française est aujourd'hui intĂ©grĂ©e dans le droit français : article 2 de la Constitution de 1958, loi Toubon, etc.

On voit Ă©galement s’établir des liens culturels autour de l’espagnol, entre l’Espagne et l’AmĂ©rique du Sud par exemple.

L’arabe est Ă©galement un bon exemple des liens culturels Ă©tablis autour de cette langue parlĂ©e le plus souvent dans le monde musulman, et qui vĂ©hicula une brillante civilisation entre le VIIIe et le XVe siĂšcle.

Le multilinguisme est, au moins officiellement, reconnu dans la politique linguistique de l'Union européenne, comme portant une valeur de diversité culturelle[10].

Le langage Ă©tant l’un des modes de communication les plus importants (mais pas le seul), on voit apparaitre des modĂšles linguistiques de communication fondĂ©s sur les fonctions du langage. Dans le schĂ©ma de Jakobson, par exemple, on voit ces concepts culturels liĂ©s au message lui-mĂȘme, contenus notamment dans le code de communication.

Culture et technique

Sciences et techniques sont en interaction permanente, puisque les techniques sont les applications des sciences dans la société. Parler des manifestations techniques de la culture revient donc à aborder ses relations avec les sciences.

On constate, depuis plus de trois siÚcles, une incompréhension entre les sciences (plus précisément les sciences "exactes") et la culture, voire à des conflits.

Jacques Ellul a notamment développé la thÚse selon laquelle la technique s'auto-accroßt, imposant ses valeurs d'efficacité et de progrÚs technique, niant l'homme, ses besoins, et notamment sa culture.

Claude AllĂšgre note, dans Un peu de science pour tout le monde :

« Dans un monde que la rationalitĂ© façonne, l’irrationalitĂ© tend Ă  prendre le pouvoir, comme le montre l’essor sans prĂ©cĂ©dent des astrologues, cartomanciens, et sectes de tout poil. La raison principale de cette dĂ©rive est qu’au nom d’une spĂ©cialisation nĂ©cessaire et toujours exigeante, les scientifiques se sont isolĂ©s et ont laissĂ© la science s’abstraire de la culture gĂ©nĂ©rale. Or, il n’y a pas d’avenir pour un savoir humain, quel qu’il soit, en dehors de la culture, et il ne saurait ĂȘtre de culture dans le monde d’aujourd’hui qui tienne la science Ă  distance. Â»

Le philosophe Hans Jonas montre en effet, dans le Principe responsabilitĂ© (1979), que l’homme tend Ă  adopter, vis-Ă -vis de la science et surtout de ses applications technologiques, un comportement promĂ©thĂ©en. Il prĂŽne le principe de prĂ©caution et se trouve Ă  l’origine des principes philosophiques du dĂ©veloppement durable.

L’astrophysicien Jean Audouze, ancien directeur de l’Institut d’astrophysique de Paris, dresse le mĂȘme constat, et appelle de ses vƓux une rĂ©conciliation entre la science et la culture.

Importance et place de la culture collective

La diversité culturelle dans les communautés humaines

On distingue Ă  travers le monde, les cultures Ă©crites et les cultures orales.

La langue, Ă©crite ou orale, joue ainsi un rĂŽle essentiel dans l’élaboration d’une forme de connaissance sociale, qui est la pensĂ©e du sens commun, socialement Ă©laborĂ©e et partagĂ©e par les membres d’un mĂȘme ensemble social ou culturel. On appelle quelquefois cette connaissance commune une reprĂ©sentation sociale.

Dans le domaine de l’archĂ©ologie et de l’anthropologie, la culture se dĂ©finit comme Ă©tant l’ensemble des connaissances et des comportements qui caractĂ©risent une sociĂ©tĂ© humaine, ou plus gĂ©nĂ©ralement un groupe humain Ă  l’intĂ©rieur d’une sociĂ©tĂ©.

Seulement quelques cultures sont parvenues Ă  l’état de civilisation dans l’Histoire de l’humanitĂ©.

MĂȘme s’il existe une culture dominante dans une sociĂ©tĂ©, gĂ©nĂ©ralement formĂ©e autour de la culture de l’élite, il se forme toujours des groupes sociaux dont les intĂ©rĂȘts, les pratiques, sont particuliers par rapport Ă  la culture dominante. On trouve ainsi diverses formes de cultures, comme la culture populaire, la culture de masse, la culture de jeunesse, ou ce que l’on appelle la subculture (ou culture intime).

Dans la dĂ©finition que donne l'UNESCO du patrimoine culturel immatĂ©riel, la diversitĂ© culturelle apparait comme un Ă©lĂ©ment dĂ©terminant :

« Ce patrimoine culturel immatĂ©riel, transmis de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration, est recrĂ©Ă© en permanence par les communautĂ©s et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d'identitĂ© et de continuitĂ©, contribuant ainsi Ă  promouvoir le respect de la diversitĂ© culturelle et la crĂ©ativitĂ© humaine Â»[11].

La culture enfantine se distingue de celle des adultes, car les systĂšmes de reprĂ©sentation d’un enfant et d’un adulte sont nĂ©cessairement diffĂ©rents.

Faire dialoguer des personnes de cultures différentes peut nécessiter une médiation interculturelle. Des personnes se sont spécialisées dans la médiation culturelle.

La culture par rapport Ă  la nature

Beaucoup de personnes aujourd’hui identifient souvent la culture ou la « civilisation Â» Ă  un Ă©tat Ă©voluĂ© de l’humanitĂ©, qui s’opposerait, selon eux, Ă  l’état sauvage, la « nature Â» Ă©tant un Ă©tat sauvage selon eux. Beaucoup de projets rĂ©alisĂ©s du XVIIIe siĂšcle au dĂ©but du XXe siĂšcle, qui eurent lieu dans le cadre de la rĂ©volution industrielle, s'orientĂšrent dans le sens prĂ©cĂ©dent.

Tel n’était pourtant pas le cas de beaucoup de philosophes des LumiĂšres, comme John Locke qui fonda la philosophie politique sur la loi de la nature (law of nature), Robert Boyle, auteur d’ouvrages sur la mĂ©thode expĂ©rimentale (voir philosophie de la nature), Jean-Jacques Rousseau (rĂȘveries d’un promeneur solitaire), Samuel von Pufendorf (qui inspira la constitution des États-Unis), ou de nombreux courants de peinture au XIXe siĂšcle (Ă©cole de Barbizon, impressionnisme
).

Dans les derniÚres décennies, de nombreux philosophes se sont inquiétés des rapports avec la nature (René Dubos, Hans Jonas
).

Selon la philosophie moderne, et en particulier dans le sillage de Claude Lévi-Strauss, on considÚre que la culture est naturelle à l'homme, en tant que tous les hommes en ont une et qu'un quelconque "état de nature" (état pré-culturel) ne serait que pure fiction. Pour ce thÚme, voir l'article Jean-Jacques Rousseau.

Des dĂ©couvertes rĂ©centes tendent Ă  dĂ©montrer que la nature, le biologique, influence la culture. Par leurs recherches, Robert Stoller et ses collaborateurs ont montrĂ© que, dans des cas d'erreur sur la dĂ©termination du sexe Ă  la naissance rĂ©sultant d'une anomalie biologique non apparente, des forces de la nature agissent « sur les attitudes et comportements d'un enfant Ă  travers ses jeux, son habillement, ses choix de pertenaires de jeu, etc., autrement dit, que l'innĂ© peut influencer l'acquis. Â»[12]

Voir aussi : Ă©tat de nature, Philosophie de la nature, dĂ©veloppement durable

MĂȘme si la culture physique Ă©tait Ă  l’origine cantonnĂ©e aux gymnases, le dĂ©veloppement des activitĂ©s sportives modernes tend Ă  se rapprocher de la nature : alpinisme, ski (notamment le ski de fond), cyclisme, kayak, canyoning


Le facteur culturel dans la mondialisation

Sans doute la mondialisation fait intervenir des enjeux culturels considĂ©rables. AprĂšs la fin de la guerre froide, on assiste ainsi parfois Ă  ce que l’on appelle un choc des civilisations.

Depuis la chute du mur de Berlin (1989), on tend ainsi Ă  voir apparaĂźtre un modĂšle prĂ©dominant, le modĂšle anglo-saxon rĂ©putĂ© "libĂ©ral", mais oĂč, en fait, on trouve un engagement trĂšs fort de la puissance publique amĂ©ricaine dans l’industrie de l’armement et l’industrie informatique. L’emprise amĂ©ricaine est particuliĂšrement forte sur les aspects culturels, et joue sur les interactions multiples (entreprises, partenariats avec des ONG) Ă  partir des composants fondamentaux de la culture (valeurs, normes, institutions, artefacts). L'influence socioculturelle s'exerce par l'intermĂ©diaire du social learning, et de ses composantes que sont l'enseignement, la langue, et le cinĂ©ma[13].

Ce modĂšle anglo-saxon, appuyĂ© sur l’anglais comme langue vĂ©hiculaire, tend Ă  imposer certains modes de fonctionnement dans les institutions mondiales, notamment commerciales, qui, selon certains observateurs, peuvent traduire une forme d’impĂ©rialisme culturel et linguistique.

Le dĂ©veloppement de la culture de masse depuis les annĂ©es 1930, dans le sillage de l’amĂ©ricanisation, a favorisĂ© des modes de consommation et de production qui ne sont plus forcĂ©ment aujourd’hui compatibles avec les contraintes sociĂ©tales contemporaines.

Face Ă  cette forme de domination, certains pays rĂ©agissent en prĂŽnant la diversitĂ© culturelle, et s’organisent en consĂ©quence.

En France, l’expression exception culturelle tend Ă  prendre un sens pĂ©joratif, dans la mesure oĂč les solutions adoptĂ©es pour dĂ©fendre la diversitĂ© culturelle passent par des formes d’action concentrĂ©es autour de l’État (aides publiques et subventions aux diffĂ©rentes formes de mĂ©dias
), qui ne vont pas nĂ©cessairement dans le sens de la qualitĂ© de la crĂ©ation culturelle.

La culture par rapport au patrimoine

Article dĂ©taillĂ© : Patrimoine (culture).

SpontanĂ©ment, l'expression patrimoine culturel fait penser Ă  un patrimoine matĂ©riel (sites, monuments historiques, Ɠuvres d'art, ...). L'UNESCO a Ă©tabli en 1972 une liste du patrimoine mondial, composĂ©e de plusieurs centaines de sites dans le monde.

Cette conception du patrimoine a Ă©voluĂ© depuis une quinzaine d'annĂ©es. On lui a d'abord adjoint une liste MĂ©moire du monde (1992), qui recense les collections documentaires d'intĂ©rĂȘt universel (dĂ©claration des droits de l'homme et du citoyen, instauration du systĂšme mĂ©trique, mĂ©moire du canal de Suez, ...).

En 1997, la notion de patrimoine oral et immatériel de l'humanité a été définie par l'UNESCO.

On s'oriente donc progressivement vers une conception du patrimoine qui inclut à la fois un patrimoine matériel, mais aussi un patrimoine culturel immatériel (PCI).

Ce changement de conception du patrimoine n'est pas sans avoir de consĂ©quence sur les reprĂ©sentations sociales et la psychologie sociale des communautĂ©s, puisque les traditions vivantes (carnaval de Binche par exemple) et documentaires sont reconnues au mĂȘme titre que les monuments et Ɠuvres d'art du passĂ©.

Lorsque des effets similaires se produisent sur un ensemble d’individus appartenant Ă  une mĂȘme communautĂ©, on parlera plutĂŽt de biais culturel.

Les relations entre culture et entreprises privées

Article dĂ©taillĂ© : Culture d'entreprise.

L’objectif des entreprises n’est pas le plus souvent de produire de la culture. NĂ©anmoins, et mĂȘme dans les secteurs autres que la culture, d’une part, on trouve de plus en plus de liens avec les activitĂ©s culturelles, et d’autre part la notion de culture d'entreprise se dĂ©veloppe, avec l’apparition de chartes dĂ©finissant les valeurs partagĂ©es des personnes travaillant dans une mĂȘme entreprise.

Historiquement, ce fut la crĂ©ation des comitĂ©s d'entreprise qui permit d’abord aux employĂ©s de bĂ©nĂ©ficier d’activitĂ©s culturelles proches de leur lieu de travail (prĂȘt de livres, de disques
).

Plus rĂ©cemment, les activitĂ©s de mĂ©cĂ©nat se sont multipliĂ©es, afin de renforcer l’image des entreprises : par exemple le sport (voile, tennis, football, cyclisme
), pour donner une image d’esprit d'Ă©quipe.

Le mĂ©cĂ©nat tend Ă  s’ouvrir aujourd’hui Ă  des activitĂ©s plus artistiques. On peut voir par exemple des entreprises privĂ©es participer Ă  l’organisation d’expositions. Ainsi une entreprise du secteur pĂ©trolier peut trouver des intĂ©rĂȘts Ă  participer Ă  des expositions en relation avec la culture arabo-musulmane par exemple.

Dans le cadre de stratĂ©gies de dĂ©veloppement durable et de responsabilitĂ© sociĂ©tale, on trouve aujourd’hui une multiplication des messages des entreprises autour de chartes d’entreprise, et de mĂ©cĂ©nats culturels ou sociaux. Ces diffĂ©rents aspects ont pour objectif de renforcer l’image de l’entreprise.

Ce type d’activitĂ© est trĂšs naturel aux États-Unis, oĂč les relations entre entreprises et ONG s’établissent facilement. Ce mode de fonctionnement dĂ©centralisĂ© et privĂ© n’est pas encore totalement passĂ© dans les mƓurs dans beaucoup de pays europĂ©ens, particuliĂšrement en France, oĂč la puissance publique, on l’a vu, joue traditionnellement un rĂŽle important. Les ONG culturelles peuvent pourtant favoriser l’éducation dans les pays en dĂ©veloppement (en Afrique par exemple), et renforcer les liens.

NĂ©anmoins, si l’entreprise considĂšre le mĂ©cĂ©nat comme de la communication pure dans ses rapports d’activitĂ© annuels (voir responsabilitĂ© sociĂ©tale), cela peut cacher dans certains cas des insuffisances dans les stratĂ©gies.

La culture d'entreprise, impulsĂ©e par les dĂ©cideurs, et expliquĂ©e aux employĂ©s et aux parties prenantes de l’entreprise, devrait ainsi participer, d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, Ă  la construction d’une culture stratĂ©gique d’entreprise.

Évolution, diffusion et sĂ©lection culturelles

Principes gĂ©nĂ©raux de l’évolution culturelle

Les cultures concernant la seule espĂšce humaine, et que l'on peut repĂ©rer dans le vivant au lien Ă©troit qu'elles entretiennent avec le langage symbolique et avec les formes spĂ©cifiques d'organisation, les techniques et technologies qui en dĂ©coulent, se modifient sans cesse depuis leur Ă©mergence, il y a plusieurs centaines de milliers d'annĂ©es. Elles se situent dans le prolongement des cultures des primates qui furent nos ancĂȘtres, et qui ressemblaient plausiblement en partie Ă  celles qui sont encore celles de "nos cousins" les grands singes. Toutefois, entre l'utilisation de la voix (dans l'aria des gibbons) ou le recours Ă  l'instrumentation simple, voire jour de relations sociales trĂšs complexes (chez les chimpanzĂ©s), et le fonctionnement dĂ©coulant d'une interposition d'une grille de signifiants commune entre les individus d'une mĂȘme sociĂ©tĂ© et le monde, il existe une rupture. Celle-ci est difficilement niable, quels que soient les efforts -mĂ©ritoires et fort utiles - pour abolir la notion de "propre de l'homme", qui reste Ă  expliquer, notamment pour ce qu'il a entraĂźnĂ© une divergence assez extraordinaire entre le destin de notre espĂšce et ceux des autres, les plus proches.

Il se manifeste deux lignes d'analyse antagoniques sur ce problĂšme : l'une met en avant lĂ©gitimement l'appartenance de l'humanitĂ© Ă  la nature, et se dĂ©fie des prĂ©jugĂ©s religieux (prĂ©fĂ©rant situer l'origine de l'homme dans une dĂ©cision divine), ou de la rĂ©ticence largement partagĂ©e Ă  accepter que nous sommes aussi une espĂšce animale. La seconde, fondant les sciences humaines et sociales, tente de rĂ©sister Ă  un "naturalisme" rĂ©ducteur en dĂ©fendant leur domaine propre, irrĂ©ductible Ă  d'autres niveaux de rĂ©alitĂ© : le domaine d'une anthropologie qui trouve prĂ©cisĂ©ment son territoire dans l'Ă©tude de ce que l'homme ne partage pas avec les autres animaux. Il faut sans doute dĂ©passer les formes dogmatiques de cet antagonisme inĂ©vitable pour dĂ©finir plus finement le rapport entre "continuitĂ© naturelle" entre cultures des primates et cultures humaines, et l'apparition d'une divergence spĂ©cifique. Pour ce faire, on peut recourir jusqu'Ă  un certain point Ă  l'analogie entre la "longue Ă©volution" (du vivant) et la "trĂšs courte" (de la culture humaine) : des biologistes (comme Jean Claude Ameisen) ont Ă©tudiĂ© l'histoire des bactĂ©ries, afin de comprendre l'incroyable complexitĂ© des mĂ©canismes assurant vie et mort des cellules dans les organismes multicellulaires. Ils concluent Ă  la nĂ©cessitĂ© de reconstituer des "Ă©poques disparues", pour interprĂ©ter la situation prĂ©sente, et comprendre des phĂ©nomĂšnes cle cancer. D'autres biologistes se sont intĂ©ressĂ©s davantage Ă  l'histoire des espĂšces elles-mĂȘmes : dans tous les cas, l'analogie avec les histoires humaines se rĂ©vĂšle heuristique, quitte Ă  payer le prix de l'anthropomorphisme en dotant les gĂšnes ou les cellules de traits humains intentionnels comme des "intĂ©rĂȘts", ou des "stratĂ©gies". En revanche, les spĂ©cialistes des sciences humaines utilisent peu le recours aux savoirs biologiques. Ils ont sans doute tort en partie, mais leurs arguments n'ont rien Ă  voir avec une variante du "CrĂ©ationnisme" : ils tentent seulement de mettre au point des outils d'analyse qui ne soient pas d'abord importĂ©s d'autres disciplines, alors que dans leur propre domaine (notamment pour la pĂ©riode de moins de 30 000 ans pour laquelle ils disposent de traces incontestables de la culture symbolique : rites funĂ©raires, reprĂ©sentations, systĂšmes de signes), la diversitĂ© et la confluence, bref le mouvement des cultures, semble obĂ©ir en prioritĂ© Ă  des lois spĂ©ciales.

Analogies avec l'Ă©volution biologique

Tout comme il y a une Ă©volution biologique, certains Ă©thologues, ainsi que plusieurs gĂ©nĂ©ticiens, estiment qu’il y a une Ă©volution culturelle, et que cette Ă©volution se fait par mutation, puis est transmise par des "gĂšnes" de la culture, appelĂ©s mĂšmes, qui subissent une pression sociale et environnementale, aboutissant Ă  leur disparition ou au contraire Ă  leur expansion (propagation).

La spĂ©cificitĂ© durable des cultures humaines est qu’elles fonctionnent comme des "conversations politiques" entre positions diffĂ©rentes, des processus de propositions-objections, rĂ©organisant constamment les collectifs sociaux. La disparition d’une culture n’est donc pas nĂ©cessairement la "mort" d’un organisme, mais le passage Ă  une autre configuration conversationnelle ; l’abandon de certaines mĂ©taphores collectives pour d’autres. L'analogie avec l'Ă©volution des formes vivantes demeure intĂ©ressante et fructueuse car, comme les cultures langagiĂšres humaines, les espĂšces biologiques sont les produits d'une histoire : elles ne "meurent" pas comme les organismes, mais se transforment. Comme l’a montrĂ© l'anthropologue britannique Mary Douglas, aucune culture humaine n’est "homogĂšne" : elle rĂ©sulte toujours d’une diffĂ©renciation interne entre partisans (ou adeptes) de valeurs plus individualistes, de valeurs plus collectives, de solutions organisationnelles hiĂ©rarchiques et enfin de formes de rĂ©sistance passive ou active Ă  toutes les valeurs en vigueur. MĂȘme dans les sociĂ©tĂ©s dites — Ă  tort — "primitives" et supposĂ©es "sans histoire", il n’existe pas de stabilitĂ© culturelle, de consensus sans rĂ©sistance, d’unicitĂ© sans variations individuelles ou collectives. De la mĂȘme façon, il n'existe pas d'espĂšces "homogĂšnes" constituĂ©es d'individus tous identiques, toute espĂšce se caractĂ©rise en effet par un rĂ©pertoire de gĂšnes communs mais aussi une diversitĂ© gĂ©nĂ©tique entre les individus qui la composent. Dans une espĂšce donnĂ©e, l'apparition et la diffusion de nouveaux allĂšles rĂ©sultera d'une compĂ©tition au sein du pool gĂ©nĂ©tique, elle aussi marquĂ©e par une "rĂ©sistance" au changement quantifiable en termes de dĂ©rive et d'antidĂ©rive gĂ©nĂ©tique.

L'analogie entrĂ© Ă©volution biologique et Ă©volution culturelle doit toutefois ĂȘtre mesurĂ©e : il ne s'agit pas des mĂȘmes espaces de temps, l'Ă©volution du vivant courant sur des centaines de millions d'annĂ©es, alors que les cultures humaines se distinguent des cultures des autres primates par le fait qu'elles se dĂ©veloppent probablement seulement depuis quelques centaines de milliers d'annĂ©es, certains linguistes datant mĂȘme l'Ă©mergence du langage symbolique Ă  moins de 60 000 ans.

Une autre diffĂ©rence substantielle, entre Ă©volution des vivants et Ă©volution des cultures humaines, est leur tendance Ă  s'organiser sur certains plans en une "culture mondiale" unitaire : or si la vie ne se reproduit et n'Ă©volue que par la mise en compĂ©tition d'une multitude d'espĂšces et d'organismes, elle ne connaĂźt pas l'organisation unique. L'idĂ©e mĂȘme d'une unique espĂšce ou d'un unique organisme serait absurde. On peut d'ailleurs s'interroger sur le sens que peut prendre la tendance Ă  une sociĂ©tĂ© "planĂ©taire".

Coévolution gÚne-culture

D'autres liens plus directs ont Ă©tĂ© proposĂ©s entre l'Ă©volution des cultures humaines et l'Ă©volution biologique de l'espĂšce humaine sous le concept de coĂ©volution gĂšne-culture. Selon cette thĂ©orie dĂ©veloppĂ©e par les sociobiologistes Charles J. Lumsden et Edward O. Wilson au dĂ©but des annĂ©es 1980, les traditions culturelles peuvent ĂȘtre dĂ©composĂ©es en culturgĂšnes c'est-Ă -dire en petites "unitĂ©s" de culture. La transmission culturelle est donc fortement influencĂ©e par la nature de l'esprit humain qui est le produit d'une Ă©volution biologique. Mais rĂ©ciproquement, un comportement culturel peut aussi favoriser Ă©volution gĂ©nĂ©tique via la stabilisation de certains gĂšnes qui donnent un avantage adaptatif dans le groupe oĂč ce comportement culturel est observĂ©.

Histoire et devenir des cultures humaines

Depuis que les primates humains ont adoptĂ© le langage symbolique pour reprĂ©senter leurs relations, celui-ci les a entraĂźnĂ©s dans un mouvement rapide qui les distingue des cultures des autres primates (telles que les dĂ©crit par exemple l’éthologue Frans de Waal, lorsqu’il parle de « politique du ChimpanzĂ© Â») : les mots fixĂ©s par les systĂšmes de signifiants ne sont en effet jamais assez prĂ©cis et englobants pour empĂȘcher la controverse. Ainsi l’histoire des cultures (Ă  commencer par celle des mythes Ă©tudiĂ©s par Claude LĂ©vi-Strauss) est-elle celle d’une sorte de "course-poursuite" entre diffĂ©rentes façons de "prendre la vie".

Il est possible que la culture mondiale en formation rĂ©duise la richesse des possibilitĂ©s des milliers de cultures encore existantes, mais elle pourra difficilement absorber dans un modĂšle unique les diffĂ©rentes "passions fondamentales" dont elle est le lieu d’expression, non seulement dans l’art ou la religion, mais aussi dans l’activitĂ© pratique et dans le dĂ©bat politique.

Culture et transmission, la Toile

Conscients de l’importance des mĂ©dias (journaux, radio, tĂ©lĂ©phone, tĂ©lĂ©vision, 
), dans la diffusion de la culture, les gouvernements ont souvent eu la tentation de contrĂŽler la diffusion des informations par la prise de contrĂŽle des mĂ©dias. Cela prit parfois des formes de propagande, soit via l’art, ou la nationalisation des moyens de diffusion par l’État.

À l’époque du web, l’approche moderne pour apprĂ©hender la diffusion de la culture par les mĂ©dias, mais aussi par la langue, est sans doute celle de la mĂ©diologie. Ce qui caractĂ©rise aujourd’hui la diffusion par les mĂ©dias, spĂ©cifiquement internet, c’est que l’individu n’est plus seulement destinataire de l’information (radio, tĂ©lĂ©vision) ou Ă©metteur dans une relation un Ă  un (tĂ©lĂ©phone). Il peut aussi Ă©mettre Ă  un grand nombre d’individus, par le biais de forums, messageries, blogs


Cette forme de communication fait penser Ă  l’apparition de l’imprimerie au XVe siĂšcle. On sait comment cette forme de diffusion bouleversa la sociĂ©tĂ© europĂ©enne, pour finalement assurer un fort dĂ©veloppement lors de la Renaissance, Ă  travers les grandes dĂ©couvertes.

À notre Ă©poque, nous vivons un passage de la culture de l’écrit Ă  une culture de l’information codĂ©e numĂ©riquement sur support Ă©lectronique : disque, CD-ROM, diffusion par internet
 Cette transformation radicale n’est pas sans poser des problĂšmes de propriĂ©tĂ© intellectuelle pour les artistes. Par exemple, l’industrie du disque peut ĂȘtre gravement menacĂ©e par la multiplication des actes de piratage.

Un autre aspect significatif de cette mutation est le fait que les bibliothĂšques sont maintenant amenĂ©es Ă  s’ouvrir aux mĂ©dias numĂ©riques. On appelle de plus en plus les bibliothĂšques des mĂ©diathĂšques, puisque le support du mĂ©dia n’est plus seulement le papier, mais un support numĂ©rique. Il s’agit alors de bibliothĂšques numĂ©riques. La sĂ©lection sur critĂšres des ouvrages sur des Ă©crans informatiques permet de trouver plus facilement l’ouvrage dans les rayonnages, et l’information recherchĂ©e.

Lorsque la mĂ©diathĂšque renferme des jeux, il s’agit alors d’une ludothĂšque.

Le nombre de sites web dans chaque pays, et notamment le nombre de sites web par habitant, est un indicateur de la diffusion contemporaine de la culture, autour de la langue.

Régis Debray pense que la transmission de la culture comporte une forte composante de croyance et de sacré. Selon lui, aprÚs deux premiÚres révolutions, celle du codex (la Bible), et celle de l'imprimerie, l'humanité vit aujourd'hui une nouvelle révolution qui s'appuie sur les technologies de l'information et notamment sur la Toile [14]

Culture et zones de contact entre civilisations

L’Histoire montre que les zones de contact entre civilisations peuvent ĂȘtre sources de conflits, ou au contraire extrĂȘmement fructueuses sur le plan des Ă©changes culturels.

On peut citer par exemple les Ă©changes maritimes dans la GrĂšce antique entre les citĂ©s et leurs colonies (ÉlĂ©e, PhocĂ©e
), dans la Rome antique, Venise, les zones de contact en Espagne entre musulmans et chrĂ©tiens (Califat de Cordoue), la Syrie aprĂšs les conflits des Croisades, la route de la soie, le royaume de Roger II de Sicile (qui apporta une connaissance cartographique prĂ©cieuse Ă  l’occident Ă  partir du savoir arabo-musulman, Ă  Palerme ; les contributions de Al Idrissi en sont emblĂ©matiques.), les voyages de missionnaires et d’explorateurs, le commerce Ă  partir de Bruges (villes hansĂ©atiques et relations maritimes avec le sud de l’Europe), le protectorat français au Maroc


C’est par ce type d’échanges que de nombreux traitĂ©s scientifiques et philosophiques sont parvenus en occident, depuis la GrĂšce antique, l’Asie, la MĂ©sopotamie, l’Inde, ainsi que des techniques trĂšs utiles : boussole, sextant, informations cartographiques, papier, imprimerie, chiffres arabes


Culture gĂ©nĂ©rale d’un individu

La culture d’un individu, aussi appelĂ©e culture gĂ©nĂ©rale, correspond Ă  l’ensemble des connaissances qu’il a sur le monde.

Elle est en partie construite par l’éducation et l’enseignement, mais comprend de surcroĂźt une part de construction active de la part de l’individu. Elle comprend aussi une dimension de structuration de l’esprit, vis-Ă -vis de l’ensemble des connaissances : La culture est ce qui reste lorsque l’on a tout oubliĂ© (attribuĂ© en gĂ©nĂ©ral Ă  Édouard Herriot). Cette structuration donne au sujet cultivĂ© la capacitĂ© de rattacher facilement un quelconque domaine d’étude Ă  ses connaissances. C’est la culture gĂ©nĂ©rale.

Ainsi, la culture gĂ©nĂ©rale peut inclure des connaissances aussi diverses que l’Histoire, la musique, l’art, la littĂ©rature, les sciences, l’astronomie, la gĂ©ographie, la philosophie, le cinĂ©ma, le sport


On voit cependant que cette conception de la culture, qui peut paraßtre élitiste, correspond en fait à la définition de la culture individuelle. Les cultures de différents groupes sociaux (culture populaire par exemple) peuvent comporter des formes de connaissances plus variées ou plus particuliÚres.

Par rapport Ă  ces formes de culture, la culture gĂ©nĂ©rale est le fond de culture minimal que devrait possĂ©der un individu pour pouvoir s’intĂ©grer dans la sociĂ©tĂ©.

Notes

  1. ↑ dĂ©finition de l'UNESCO de la culture, DĂ©claration de Mexico sur les politiques culturelles. ConfĂ©rence mondiale sur les politiques culturelles, Mexico City, 26 juillet - 6 aoĂ»t 1982.+.
  2. ↑ a et b (fr) E. Bertrand Feumetio et Anicet Bongo Ondimba, Un Certain chemin de vie, Ă©d. Editions Publibook, 2009, pp. 25-26
  3. ↑ (en) Cary Nelson et Dilip Parameshwar Gaonkar, Disciplinarity and dissent in cultural studies, Ă©d. Routledge, 1996, p. 45
  4. ↑ Le terme allemand Weltanschauung ou « vision du monde Â» est aussi utilisĂ© en psychologie allemande, avec Erich Fromm, par exemple. Il correspond Ă  la « construction de l’intĂ©rieur Â» ou « instruction Â» du Bildung.
  5. ↑ (voir aussi Kultur (BegriffsklĂ€rung) (de))
  6. ↑ Source : Wikipedia anglophone et Hoult, T. F, ed. 1969. Dictionary of Modern Sociology, p. 93
  7. ↑ Source : Wikipedia anglophone et Forsberg, A. Definitions of Culture
  8. ↑ (fr) Lucien BĂ©ly, Histoire de France, Ă©d. Editions Jean-paul Gisserot, 1997, p. 42
  9. ↑ (fr) Jean Maze, La frĂ©nĂ©sie culturelle, Ă©d. L'AGE D'HOMME, 1999, p. 38
  10. ↑ Voir le site de l'observatoire europĂ©en du plurilinguisme et la dĂ©claration de MontrĂ©al.
  11. ↑ Pour plus de dĂ©tails, voir DĂ©finition du patrimoine culturel immatĂ©riel selon l'UNESCO
  12. ↑ La nĂ©cessaire comprĂ©hension entre les sexes, Paul-Edmond Lalancette, p. 144, QuĂ©bec, 2008.
  13. ↑ Éric DenĂ©cĂ© et Claude Revel, l’autre guerre des États-Unis, Ă©conomie : les secrets d'une machine de conquĂȘte, 2005], pages 159 Ă  172
  14. ↑ RĂ©gis Debray, Transmettre, Odile Jacob, 1997, traduit en anglais en 2000 sous le titre de Transmitting culture.

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Sur les institutions culturelles

Sur les politiques culturelles :

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  • Philippe Poirrier (Ă©d.), Politique culturelle et patrimoines, Culture & MusĂ©es, janvier-juin 2007, n°9.
  • Serge Regourd, L’Exception culturelle, Paris, Puf, 2002.
  • J.M. Tobelem, P. Ory, L'Arme de la culture. Les stratĂ©gies de la diplomatie culturelle non gouvernementale, Paris, L'Harmattan, 2007, 264p.

Voir aussi

Culture collective et civilisation

Culture individuelle

Manifestations de la culture

Aspects sociaux

Organisations intergouvernementales chargées notamment de la Culture

Administrations ou agences chargées de la culture

Technique

Autres

Artisanat, Commerce, Politique, Artificiel, Religion

Faune et flore

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