Croisade Des Albigeois

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Croisade Des Albigeois

Croisade des Albigeois

Le Languedoc (et partie du Royaume d’Aragon) en 1209
Monument en mémoire des deux cents cathares brûlés à l'issue du siÚge de Montségur (16 mars 1244)

La croisade des Albigeois (1208-1249) (ou croisade contre les Albigeois) est une croisade proclamĂ©e par l'Église catholique contre l'hĂ©rĂ©sie, principalement le catharisme et dans une faible mesure le valdĂ©isme. DĂšs le XIIe siĂšcle, les textes de l'Ă©poque parlent d'hĂ©rĂ©sie albigeoise sans que cette rĂ©gion soit plus cathare que ses voisines.

Le catharisme Ă©tait surtout implantĂ© en Languedoc, lequel Ă©tait dominĂ© par deux familles, la maison de Toulouse et la maison Trencavel. N'ayant pas rĂ©ussi Ă  s'entendre pour faire front, le comte Raymond VI de Toulouse fait amende honorable et se croise, tandis que Raimond-Roger Trencavel se prĂ©pare Ă  se dĂ©fendre contre la croisade. Une fois BĂ©ziers et Carcassonne prises et le vicomte Trencavel emprisonnĂ©, les croisĂ©s dĂ©signent l'un des leurs, Simon de Montfort, pour poursuivre la lutte (1209). Cette croisade Ă©volue rapidement en guerre de conquĂȘte, d'abord pour le compte de Simon de Montfort, puis aprĂšs la mort de ce dernier (1218) et l'Ă©chec de son fils Amaury, pour le bĂ©nĂ©fice de la couronne. Cela n'empĂȘche pas la lutte contre le catharisme, d'abord sous la direction des Ă©vĂȘques locaux, puis sous celle de l'Inquisition (Ă  partir de 1233).

Finalement, les vicomtĂ©s de Carcassonne, d'Albi et de BĂ©ziers sont annexĂ©es au domaine royal en 1226 ; le comtĂ© de Toulouse passe Ă  Alphonse de Poitiers, un frĂšre de saint Louis en 1249 et est annexĂ© en 1271. Le Languedoc, qui se trouvait au dĂ©but du XIIIe siĂšcle dans la sphĂšre d'influence du Royaume d'Aragon est entiĂšrement passĂ© Ă  la fin de ce siĂšcle sous celle du roi de France. À cette Ă©poque, le catharisme est Ă©radiquĂ© en Languedoc, et seulement quelques cathares ont pu se rĂ©fugier en Lombardie.

Sommaire

DĂ©roulement de la croisade

La lutte contre le Catharisme

Le miracle de Fanjeaux, par Pedro Berruguete

Le catharisme apparaĂźt en Languedoc au cours du XIIe siĂšcle et six Ă©vĂȘchĂ©s cathares s'y crĂ©ent. Face Ă  un clergĂ© chrĂ©tien riche et parfois corrompu et dĂ©nonçant cette situation, cette nouvelle religion n’a aucun mal Ă  se dĂ©velopper dans les classes infĂ©rieures de la population, puis Ă  gagner les couches les plus hautes de la sociĂ©tĂ©.

Par rapport au christianisme, les cathares considĂšrent qu'il existe deux principes supĂ©rieurs, le bien (Dieu) et le mal (Satan). La crĂ©ation du monde, imparfaite, relĂšve du mal et les cathares doivent s'extraire de leur prison charnelle pour retourner Ă  Dieu. Pour cela, ils prĂŽnent une vie de pauvretĂ© et de renoncement pour atteindre une perfection spirituelle. Certains cathares se destinent Ă  l'Ă©tat religieux et aprĂšs ĂȘtre ordonnĂ©s, pratiquent une vie d'ascĂšte et sont appelĂ©s Parfaits (ou Parfaites). Les cathares rejettent Ă©galement tous les sacrements chrĂ©tiens, et ne reconnaissent qu'un seul sacrement, le consolament, qui apporte le salut Ă  celui qui le reçoit, mais l'engage Ă  suivre cette vie d'ascĂ©tisme.

Cette situation est prĂ©occupante pour l'Église, car c'est une vĂ©ritable contre-Ă©glise qui se dĂ©veloppe en terre chrĂ©tienne. DĂšs 1119, le pape Calixte II dĂ©nonce cette Église. En 1177, le comte Raymond V de Toulouse demande l'aide de l'abbaye de CĂźteaux pour combattre l'hĂ©rĂ©sie qui ne cesse de gagner du terrain. Une expĂ©dition conduite par le comte et l'abbĂ© Henri de Marsiac assiĂšge Lavaur, connue comme Ă©tant le centre de l'hĂ©rĂ©sie. Quand la ville se rend, deux dignitaires cathares sont capturĂ©s et abjurent leur foi. Henri de Marsiac retourne ensuite dans son abbaye, mais l'hĂ©rĂ©sie reprend de plus belle aprĂšs son dĂ©part[1].

Quand Raymond VI succĂšde Ă  son pĂšre, en 1194, l'hĂ©rĂ©sie est tellement bien implantĂ©e qu'il ne pourrait rien faire contre eux sans susciter des rĂ©voltes de ses comtĂ©s[2]. Plus important, une partie de la classe dirigeante est convertie au catharisme[3]. Au dĂ©but de son pontificat, le pape Innocent III s'inquiĂšte de l'influence grandissante de l'Église cathare en Languedoc. Il envoie de nombreux prĂȘtres, dont Dominique de GuzmĂĄn et Guy des Vaux de Cernay, pour prĂȘcher le retour au catholicisme. Les conversions sont rares et Dominique de GuzmĂĄn a l'idĂ©e de crĂ©er l'Ordre des PrĂȘcheurs qui prend modĂšle sur la prĂ©dication itinĂ©rante de JĂ©sus afin de mieux toucher les populations locales[4].

En mĂȘme temps, le pape dĂ©lĂšgue Pierre de Castelnau auprĂšs de la noblesse et du haut-clergĂ© languedociens, pour les inciter Ă  prendre des mesures contre les Cathares, mais sans grand succĂšs. TrĂšs vite, Pierre de Castelnau comprend que le comte Raymond VI de Toulouse n'agira pas et, aprĂšs plusieurs entrevues, l'excommunie dĂ©but janvier 1208. Peu aprĂšs, le 14 janvier 1208, Pierre de Castelnau est assassinĂ©[5], alors qu'il quitte Saint-Gilles pour revenir auprĂšs du pape[6].

La croisade des barons (1209)

Le pape Innocent III dĂ©cide alors d'organiser une expĂ©dition contre les Cathares, et accorde aux combattants les mĂȘmes indulgences et faveurs qu'Ă  ceux qui combattaient en Terre Sainte. Bien que trĂšs diffĂ©rente dans l'esprit des prĂ©cĂ©dentes croisades[7], cette expĂ©dition prend le nom de croisade des Albigeois. Avec la croisade des Albigeois, on assiste Ă  une Ă©volution de la notion de croisade, oĂč il s'agit de combattre les ennemis de la papautĂ©[8]. Arnaud Amaury et Guy des Vaux de Cernay parcourent le royaume de France afin d'inciter les barons Ă  prendre part Ă  la "croisade"[9].

Le pape demande d'abord Ă  Philippe Auguste de prendre la tĂȘte de cette expĂ©dition, mais ce dernier s'y refuse. Ceci s'explique par plusieurs raisons. La premiĂšre est d'ordre juridique : si le roi estime que le pape peut rĂ©former et assainir le clergĂ© local, la dĂ©cision de confisquer les fiefs Ă  un seigneur n'appartient qu'Ă  son suzerain, en l'occurrence le roi[10]. La seconde raison est d'ordre pratique : il est encore en guerre contre Jean sans Terre, roi d'Angleterre et ne veut pas ouvrir un autre front. Il commence d'ailleurs par interdire aux barons de son royaume de prendre part Ă  cette croisade, avant de changer d'avis et de donner cette autorisation.

Eudes III, duc de Bourgogne, annonce son engagement, suivi d'Hervé IV de Donzy, comte de Nevers, et de Gaucher III de Chùtillon, comte de Saint-Pol. De nombreux barons de moindre importance se rallient également à la nouvelle croisade[11]. Comme le comte de Nevers refuse de voir son rival de Bourgogne diriger la croisade, le pape désigne le légat Arnaud Amaury comme chef de la Croisade[12].

Les croisĂ©s[13] se rĂ©unissent Ă  proximitĂ© de Lyon et se dirigent vers le sud, sous la direction du lĂ©gat Arnaud Amaury. Trois grands fĂ©odaux dominent alors le Languedoc : le roi Pierre II d'Aragon, Ă©galement comte de Barcelone, de GĂ©vaudan, de Roussillon, seigneur de Montpellier et le suzerain de plusieurs autres seigneurs, Raymond VI, comte de Toulouse et Raimond-Roger Trencavel, vicomte de BĂ©ziers, de Carcassonne et d'Albi. Pour Ă©carter la menace de ses Ă©tats et n'ayant pas rĂ©ussi Ă  s'entendre avec Trencavel pour une dĂ©fense commune, Raymond VI de Toulouse fait amende honorable le 18 juin 1209 Ă  Saint-Gilles et rejoint la croisade[14].

Raymond VI de Toulouse a rejoint les croisĂ©s, et ne peut donc pas ĂȘtre attaquĂ©. Pierre II d'Aragon est un roi puissant et le catharisme n'est que faiblement implantĂ© dans ses Ă©tats, aussi les croisĂ©s dĂ©cident de ne pas l'attaquer. Arnaud Amaury annonce alors que seront attaquĂ©s les fiefs de Raimond-Roger Trencavel, vicomte d'Albi, de BĂ©ziers et de Carcassonne, qui abritent de nombreux cathares[15]. Alors que la croisade atteint Montpellier, ce dernier se prĂ©sente et demande une entrevue au lĂ©gat Arnaud Amaury. Il proteste de son attachement Ă  la foi romaine et tente de nĂ©gocier, mais le lĂ©gat exige une soumission totale, ce que refuse le jeune vicomte[16].

DÚs la fin de l'entrevue, Trencavel met Béziers en état de défense et y amasse des armes et des vivres. En effet, les croisés ne doivent que quarante jours au service de la croisade, et il peut espérer qu'à l'issue de cette quarantaine[17], l'armée croisée s'amenuise. Béziers défendue, il se rend à Carcassonne afin de réunir une armée de secours. Les fortifications de Béziers sont suffisamment solides et puissantes pour espérer que la ville résiste longtemps. Mais l'imprudence de quelques Biterrois fait que les croisés pénÚtrent par surprise dans la ville le 22 juillet 1209 et massacrent plusieurs centaines d'occupants, cathares ou catholiques[18].

Article dĂ©taillĂ© : sac de BĂ©ziers.
Les habitants de Carcassonne expulsés en 1209

Le 26 juillet, les croisĂ©s quittent BĂ©ziers en ruines et se dirigent vers Carcassonne. AprĂšs la prise de BĂ©ziers, Trencavel n'a d'autre choix que de se retrancher dans la ville en attendant que l'orage passe. En temps normal, la citĂ© abrite trois Ă  quatre mille habitants, mais un plus grand nombre de paysans s'y sont rĂ©fugiĂ©s, fuyant la croisade. Celle-ci arrive au pied de la ville le 1er aoĂ»t. Le 3 aoĂ»t, un premier assaut permet aux croisĂ©s de prendre le faubourg du nord et de se rendre maĂźtres des points d'eau qui ravitaillent la ville. Le lendemain, un assaut contre le Castellare[19] est repoussĂ©, et les croisĂ©s mettent le siĂšge autour la citĂ©. Trencavel effectue mĂȘme une sortie, tuant les soldats se trouvant dans les faubourgs et les incendiant afin qu'il ne puissent ĂȘtre utilisĂ©s par l'assaillant[20].

Article dĂ©taillĂ© : SiĂšge de Carcassonne.

C'est alors que le roi Pierre II d'Aragon se rend Ă  Carcassonne. En effet, il est suzerain de plusieurs fiefs languedociens, dont certains appartiennent au Trencavel, et cherche Ă  Ă©tendre son influence dans la rĂ©gion. L'apparition d'une armĂ©e comme celle de la croisade ne peut que l'inquiĂ©ter dans ses ambitions, et il se propose comme mĂ©diateur, afin que tout revienne rapidement dans l'ordre. Voulant rester en paix avec l'Église, il invite Raimond-Roger Ă  nĂ©gocier avec le lĂ©gat, mais l'intransigeance de ce dernier fait Ă©chouer la nĂ©gociation[21].

Le manque d'eau et la surpopulation dans la ville, dans des conditions sanitaires dĂ©plorables, incite le vicomte Ă  nĂ©gocier la reddition. D'un autre cĂŽtĂ©, les croisĂ©s veulent Ă©viter un nouveau sac : ils ont besoin du butin pour financer leur participation, et doivent nommer un nouveau vicomte pour remplacer Trencavel ; et ce vicomte devra disposer de ressources pour continuer la lutte contre les cathares. Un accord est conclu le 15 aoĂ»t : Carcassonne capitule, la vie sauve est garantie Ă  ses habitants et chevaliers, qui devront quitter la ville avec leurs seuls habits, et Trencavel se livre comme otage. Il meurt peu aprĂšs dans sa prison de la citĂ© de Carcassonne, Ă  l'Ăąge de 24 ans[22].

La conquĂȘte du Languedoc (1209-1213)

Par le passé, plusieurs expéditions avaient été déjà organisées contre les cathares. Mais dÚs le départ des soldats, l'hérésie avait repris de plus belle. Pour éviter que cela ne recommence et mettre définitivement fin au catharisme, le légat du pape décide de confier les vicomtés de Trencavel à l'un des croisés, avec la mission de continuer la lutte contre l'hérésie.

Comme cela lui permet d'agrandir ses domaines, Raymond VI de Toulouse se propose, mais son repentir est trop rĂ©cent et semble suspect Ă  Arnaud Amaury, qui refuse. Elles sont ensuite proposĂ©es Ă  HervĂ© IV de Donzy, comte de Nevers, qui, bien qu'il soit ambitieux se rĂ©cuse, disant qu'il avait assez de terres et voulait y retourner. De mĂȘme, le duc de Bourgogne, puis le comte de Saint-Pol dĂ©clinĂšrent cet honneur. Les trois barons les plus importants de la croisade ayant ainsi refusĂ©, Arnaud Amaury prĂ©side une commission formĂ©e de deux Ă©vĂȘques et de quatre barons, qui fixe son choix sur Simon IV de Montfort. Ce dernier commence par refuser, mais l'insistance de son ami Guy des Vaux de Cernay et d'Arnaud Amaury finit par le faire revenir sur sa dĂ©cision. Il accepte, Ă  la condition que tous les barons prĂ©sents fassent serment de venir l'aider au cas oĂč il serait en pĂ©ril[23].

La conquĂȘte du RazĂšs

La premiÚre difficulté du nouveau vicomte se manifeste avec la fin de la quarantaine, qui survient peu aprÚs la reddition de Carcassonne. Simon supplie le duc de Bourgogne et le comte de Nevers de rester encore quelques temps. Le duc de Bourgogne accepte, par amitié, alors que le comte de Nevers refuse et quitte le Languedoc. Raymond VI de Toulouse prend également quelques chùteaux mais plus pour arrondir ses possessions et retourne dans sa ville comtale. Avec le duc de Bourgogne, Simon prend Fanjeaux, puis s'installe à Alzonne, position jugée assez centrale[24].

Il y reçoit une dĂ©lĂ©gation de la ville de Castres, s'y rend et reçoit l'hommage de ses habitants. Il tente ensuite de prendre les chĂąteaux de Lastours, mais doit abandonner le siĂšge aprĂšs le dĂ©part du duc de Bourgogne. Il ne peut alors compter que sur une trentaine de chevaliers et une troupe de cinq cents soldats. Sur la demande de l'abbĂ© de Saint-Antonin de Pamiers, il prend Mirepoix, qu'il donne Ă  son beau-frĂšre Guy de LĂ©vis, dĂ©truit la maison de Parfaits implantĂ©e Ă  Pamiers par la sƓur du comte de Foix et prend Saverdun. Il retourne ensuite dans ses Ă©tats et reçoit l'hommage des habitants d'Albi. Il prend ensuite Preixan et reçoit l'hommage de plusieurs seigneurs locaux[25].

Investi de ses nouveaux domaines par l'Église, Simon doit faire confirmer cette investiture par le suzerain des vicomtĂ©s, le roi Pierre II d'Aragon. Il le rencontre Ă  Narbonne, mais au bout de quinze jours, le roi ne s'est toujours pas dĂ©cidĂ© Ă  le reconnaĂźtre comme son vassal. C'est Ă  ce moment, le 10 novembre 1209, que meurt Raimond-Roger Trencavel, et les ennemis de Montfort firent courir le bruit qu'il avait Ă©tĂ© assassinĂ©. Le pays se rĂ©volte alors, son cousin Bouchard de Marly tombe dans une embuscade tendue par le seigneur Pierre Roger de Cabaret, et plusieurs de ses chĂąteaux sont assiĂ©gĂ©s[26].

Giraud de PĂ©pieux, un des seigneurs qui venait de prĂȘter serment Ă  Montfort, assiĂšge et investit le chĂąteau de Puisserguier. Les dĂ©fenseurs, deux chevaliers et cinquante sergents, se rendent contre la promesse d'avoir la vie sauve. Comme Montfort approche du chĂąteau, Giraud fait exĂ©cuter les sergents et fuit vers Minerve en emmenant les deux chevaliers, qu'il relĂąche ensuite aprĂšs leur avoir crevĂ© les yeux et coupĂ© les oreilles et le nez. D'autres chĂąteaux sont repris par les Languedociens et leurs garnisons massacrĂ©es[27].

Simon de Montfort ne peut compter que sur quelques villes et doit se prĂ©parer Ă  faire une conquĂȘte complĂšte du pays. Il commence Ă  prendre Bram, Ă  proximitĂ© d'Alzonne, et fait preuve d'une cruautĂ© Ă©gale Ă  celle de Giraud de PĂ©pieux : les seigneurs qui ont violĂ© leur serment de fidĂ©litĂ© sont traĂźnĂ©s Ă  la queue d'un cheval et pendus, et les autres sont aveuglĂ©s et leur nez coupĂ©[28]. Quinze jours aprĂšs, il prend le chĂąteau de Miramont, prĂšs de Carcassonne. Comprenant que Montfort ne sera pas aisĂ©ment dĂ©logĂ© du Languedoc, le roi d'Aragon prend contact avec le comte de Foix, mais deux interventions de Simon de Montfort perturbent les nĂ©gociations Ă  Pamiers[29].

Minerve

DĂ©but juin 1210, les Narbonnais viennent voir Simon de Montfort et lui proposent leur aide contre la ville de Minerve[30]. Simon saute sur l'occasion pour assiĂ©ger la ville, oĂč sont rĂ©fugiĂ©s de nombreux parfaits et cathares. Il commence par faire construire une Ă©norme perriĂšre, la "Malvoisine", qui dĂ©truit le chemin couvert permettant aux assiĂ©gĂ©s de s'approvisionner en eau. La ville capitule le 22 juillet, le seigneur ayant obtenu la vie sauve pour les habitants, les soldats et les cathares qui acceptent d'abjurer leur foi. Cent quarante Parfaits refusent de le faire, sont condamnĂ©s au bĂ»cher et brĂ»lĂ©s[31]. ImpressionnĂ©e par l'efficacitĂ© du siĂšge de Minerve, MontrĂ©al se rend sans combattre. EncouragĂ© par ces succĂšs, Simon attaque le chĂąteau de Termes, qu'il prend aprĂšs un siĂšge de quatre mois[32].

Au début du mois de janvier 1211, le roi Pierre II d'Aragon organise une conférence visant à négocier la paix entre Arnaud-Amaury, Simon de Montfort, Raymond de Toulouse, qui n'avait combattu les cathares que mollement, et Raymond-Roger de Foix qui avait affiché une franche hostilité vis-à-vis de la croisade. Le comte de Foix refuse de s'y rendre, mais le roi fait preuve de bonne volonté en annonçant qu'il enverrait des soldats à Foix pour assagir le comte. Simon, faisant preuve d'obstination, parvient au bout de plusieurs jours à se faire confirmer la possessions de ses vicomtés par le roi. La conférence reprend à Montpellier et les légats exigent de Raymond de Toulouse qu'il démilitarise ses états. Raymond refuse, est immédiatement excommunié, mais bat le rappel de ses vassaux et réunit une armée[33].

Simon ne peut pas rĂ©agir immĂ©diatement, car il lui faut d'abord pacifier et contrĂŽler ses Ă©tats. L'arrivĂ©e d'un bataillon de croisĂ©s lui permet de mettre le siĂšge devant les chĂąteaux de Lastours. Le seigneur Pierre-Roger de Cabaret livre les chĂąteaux Ă  Simon en mĂȘme temps qu'il libĂšre Bouchard de Marly. C'est alors qu'un seigneur qui avait dĂ©jĂ  prĂȘtĂ© allĂ©geance Ă  Simon, Aimery de MontrĂ©al, encouragĂ© par la rĂ©action du comte de Toulouse, se rĂ©volte et se retranche Ă  Lavaur. Simon arrive au pied de la citadelle, oĂč le rejoint une troupe de cinq mille combattants, sous les ordres de Foulques, Ă©vĂȘque de Toulouse, qui s'oppose au comte. Ce dernier ne tarde pas Ă  venir avec son armĂ©e, mais renonce aprĂšs une entrevue Ă  dĂ©gager la ville de ses assiĂ©geants. Une troupe de croisĂ©s allemands se dirigeant vers Lavaur est dĂ©truite Ă  Montgey par Raymond-Roger de Foix et Giraud de PĂ©pieux. Le 3 mai 1211, aprĂšs un mois et demi de siĂšge et de bombardements intensifs, une mine permet d'ouvrir une brĂȘche dans les remparts. L'assaut donnĂ© immĂ©diatement aprĂšs permet Ă  Simon de se rendre maĂźtre de la place. Aimery de MontrĂ©al et ses chevaliers sont pendus pour avoir trahi leur allĂ©geance. Dame Guiraude, sƓur d'Aymeri, est lapidĂ©e au fond d'un puits et trois Ă  quatre cents[34] Parfaits sont brĂ»lĂ©s vifs[35].

Simon a alors terminĂ© la conquĂȘte de ses vicomtĂ©s et peut envisager d'attaquer le comtĂ© de Toulouse.

La guerre contre Toulouse

L'excommunication de Raymond de Toulouse autorise toute personne qui le dĂ©sire Ă  s'emparer de ses biens. Cette rĂšgle extrĂȘmement sĂ©vĂšre n'est que rarement appliquĂ©e au cours de l'histoire, car le pape espĂšre toujours la repentance de la personne frappĂ©e de ce chĂątiment. Dans le cas prĂ©sent, les lĂ©gats savent pouvoir compter sur un homme suffisamment rĂ©solu, Simon de Montfort, et sur un apport constant de croisĂ©s pour aller jusqu'au bout.

Simon commence par prendre Castelnaudary, puis occupe l'Albigeois. Le 5 juin 1211, il obtient la renonciation de Raimond II Trencavel sur les fiefs de son pĂšre. Puis il se prĂ©sente avec un dĂ©tachement de croisĂ©s, conduit par ThiĂ©baut Ier de Bar, devant Montaudran le 15 juin, met en dĂ©route une troupe qui tente de lui barrer la route de Toulouse, et assiĂšge la ville. Celle-ci rĂ©siste et Simon, comprenant qu'elle est trop bien protĂ©gĂ©e pour ĂȘtre prise d'assaut, lĂšve le siĂšge pour ravager le comtĂ© de Foix. Il s'agit pour lui de l'affaiblir et de se venger de la dĂ©faite de Montgey[36].

Article dĂ©taillĂ© : siĂšge de Toulouse (1211).

Il rentre à Carcassonne pour apprendre que Raymond de Toulouse a terminé ses préparatifs et se prépare à passer à l'offensive. Simon s'installe à Castelnaudary pour lui barrer la route. Il demande des secours, mais la plupart des villes du Languedoc, attendant de voir qui sera le vainqueur, temporise. Bouchard de Marly arrive avec une petite troupe et un convoi de vivres. Il est attaqué par le comte de Foix, mais les routiers de ce dernier préfÚrent rapidement piller le convoi plutÎt que continuer le combat, et une sortie de Montfort met en déroute la troupe du comte de Foix.

Article dĂ©taillĂ© : siĂšge de Castelnaudary.

Le comte de Toulouse lĂšve le siĂšge, mais Simon ne peut exploiter son succĂšs, certaines localitĂ©s s'Ă©tant entre-temps rĂ©voltĂ©es. Pour l'aider, le pape destitue des Ă©vĂȘques jugĂ©s trop liĂ©s au catharisme comme BĂ©renger de Barcelone, archevĂȘque de Narbonne, remplacĂ© par Arnaud-Amaury, et Bernard Roger de Roquefort, Ă©vĂȘque de Carcassonne, remplacĂ© par Guy des Vaux de Cernay[37].

Une arrivée massive de croisés lui permet d'envahir le nord de l'Albigeois au printemps 1212, puis de l'Agenais, pendant l'été. Il s'occupe de prendre Moissac, puis se rend à Pamiers pour soutenir son abbé, attaqué par le comte de Foix. Il prend ensuite Muret, achevant l'encerclement de Toulouse, tandis qu'un de ses alliés occupe le Comminges, neutralisant ainsi le comte de Comminges[38].

La Bataille de Muret d'aprÚs une enluminure du XIVe siÚcle (Grandes Chroniques de France, BNF, Ms français 2813, fol. 252v.)

Ayant rĂ©duit Ă  l'impuissance le comte de Toulouse, Montfort profite d'une pĂ©riode de paix relative pour convoquer les seigneurs de ses domaines Ă  Pamiers et leur faire rĂ©diger les statuts de Pamiers, une charte dĂ©crivant l'organisation militaire, civile et religieuse de ses Ă©tats. Pendant ce temps, Raymond VI nĂ©gocie une alliance avec Pierre II d'Aragon, aurĂ©olĂ© du prestige que lui confĂšre sa victoire contre les musulmans Ă  Las Navas de Tolosa, et plaide sa cause au pape Innocent III. Celui-ci rĂ©unit un concile pour examiner le cas du comte de Toulouse, oĂč le roi d'Aragon plaide largement la cause des comtes de Toulouse, de Foix et de Comminges. Le pape tranche en dĂ©cidant la fin de la guerre contre les hĂ©rĂ©tiques (15 janvier 1213)[39].

Le roi d'Aragon prend officiellement les trois comtes sous sa protection et prĂ©pare une nouvelle guerre. Il franchit les PyrĂ©nĂ©es, fait la jonction avec les forces des trois comtes et assiĂšge Muret. Simon accourt Ă  la tĂȘte d'une armĂ©e et l'entente languedocienne subit une cuisante dĂ©faite le 12 septembre 1213.

Article dĂ©taillĂ© : Bataille de Muret.

Les conséquences de la bataille de Muret sont importantes, puisque Foix, Narbonne, le Comminges tombent dans les mains de Simon de Montfort. Il commence également à occuper les possessions provençales du comte de Toulouse. Mais Raymond négocie l'alliance de l'Angleterre, et Simon doit encore passer du temps à pacifier ses possessions[40].

La paix et le concile de Latran (1214-1215)

L'Église dĂ©cide d'une paix provisoire en avril 1214, que les Languedociens acceptent, en attendant qu'un concile dĂ©cide du sort de Raymond de Toulouse. En effet, Jean sans Terre, occupĂ© par une campagne contre la France, ne peut pas encore venir soutenir ses nouveaux alliĂ©s languedociens. Sa dĂ©faite Ă  la Roche-aux-Moines le 2 juillet 1214, et celle de ses alliĂ©s Ă  Bouvines le 27 juillet[41] met dĂ©finitivement fin aux espoirs de Raymond VI.

Un concile régional se réunit à Montpellier au mois de janvier 1215 et attribue les terres de Raymond de Toulouse à Simon de Montfort, puis s'aperçoit qu'il n'a pas ce pouvoir et en réfÚre au pape. Ce dernier modifie les conclusions du concile et attribue le marquisat de Provence à Guillaume des Baux, le duché de Narbonne à Arnaud Amaury et le reste à Simon de Montfort (4 février 1215). Peu aprÚs le prince héritier Louis fait un voyage dans le sud de la France pour y affirmer la présence capétienne et trancher un premier litige entre Simon de Montfort et Arnaud Amaury à propos de la possession de Narbonne. La ville de Toulouse fait sa soumission, le prince Louis et Simon de Montfort y font leur entrée, aprÚs avoir démantelé les fortifications.

Le concile de Latran dure du 11 au 30 novembre 1215 et traite de l'ensemble de la chrĂ©tientĂ©, et particuliĂšrement de la Terre Sainte, de la foi (et donc des hĂ©rĂ©sies) et des rĂ©formes. Le sort de Raymond de Toulouse est examinĂ© Ă  la derniĂšre sĂ©ance. À la suite du concile, le pape dĂ©cide le 15 dĂ©cembre 1215 d'attribuer dĂ©finitivement le marquisat de Provence Ă  Raymond VII de Toulouse, fils de Raymond VI, et le comtĂ© de Toulouse, les vicomtĂ©s de Carcassonne et de BĂ©ziers et le duchĂ© de Narbonne Ă  Simon IV de Montfort. Le lĂ©gat Arnaud Amaury, archevĂȘque de Narbonne, lui dĂ©nie la possession du duchĂ© de Narbonne et Simon doit intervenir et le soumettre, malgrĂ© les menaces d'excommunication du lĂ©gat. Il se rend ensuite Ă  Toulouse, oĂč il reçoit l'hommage des habitants le 7 mars 1216. ContrĂŽlant le pays, il se rend alors en Île-de-France, qu'il n'avait pas revue depuis sept ans, pour rendre l'hommage au roi Philippe Auguste pour ses nouveaux domaines (10 avril 1216)[42].

La révolte languedocienne (1216-1223)

Raimond VI, rĂ©fugiĂ© Ă  GĂȘnes et son fils Raymond VII parcourent la Provence, lĂšvent une armĂ©e de partisans que vont rejoindre les chevaliers faydits. Raymond VII commence par revendiquer Beaucaire. Cette ville, dont la garde avait Ă©tĂ© confiĂ©e par les archevĂȘques d'Arles aux comtes de Toulouse, mais l'archevĂȘque l'avait repris en 1214 et donnĂ© Ă  Simon de Montfort qui avait installĂ© une garnison commandĂ©e par Lambert de Limoux. La dĂ©cision du pape Innocent III du 15 dĂ©cembre 1215 ne mentionne pas cette ville, donc n'indique pas Ă  qui elle Ă©tait attribuĂ©e. StratĂ©giquement importante, Beaucaire gardait la rive française du RhĂŽne, face Ă  Tarascon, une citĂ© impĂ©riale. Raymond VII entre dans la ville en mai 1216, acclamĂ© par la population. Lambert de Limoux tente de s’opposer Ă  la venue de Raymond, mais doit reculer face Ă  la foule et se retrancher dans le chĂąteau, rapidement assiĂ©gĂ© par les habitants de la ville. DĂšs qu’il apprend la nouvelle, Guy de Montfort marche sur Beaucaire, le comte Raymond VII refuse l’affrontement en plaine et Guy doit assiĂ©ger la ville. Simon apprend la nouvelle alors qu’il est encore Ă  Paris. Il se rend immĂ©diatement Ă  Beaucaire, qu’il atteint le 6 juin. Deux assauts sont repoussĂ©s au mois de juillet. Un troisiĂšme assaut est tentĂ© le 15 aoĂ»t, et prend pied sur les murailles, mais les dĂ©fenseurs ameutent la population et Simon doit renoncer. Pendant ce temps, la garnison de Lambert de Limoux commence Ă  manquer de vivres et Simon doit nĂ©gocier l’abandon du siĂšge contre la vie sauve pour sa garnison (24 aoĂ»t 1216).

Article dĂ©taillĂ© : siĂšge de Beaucaire.

L’annonce de cet Ă©chec de Simon sĂšme l’agitation en Languedoc. Il rentre Ă  marche forcĂ©e vers Toulouse, craignant la rĂ©volte, qui Ă©clate alors qu’il approche de la ville et rĂ©clame des otages Ă  la ville. La ville est prise, mais Simon rĂ©clame des indemnitĂ©s de guerre telles qu'il se retrouve avec une ville qui le hait et prĂȘte Ă  se rĂ©volter[43].

Profitant de l’accalmie, Simon marie son second fils Guy avec la comtesse PĂ©tronille de Bigorre. Ce mariage renforce son influence dans la rĂ©gion et soustrait la Bigorre aux partisans du comte de Toulouse. Il intervient ensuite dans le comtĂ© de Foix, mais apprend que Raymond VII rallie plusieurs villes du Languedoc et le comte de Valentinois qu’il combat durant l’étĂ© 1217. À la fin de cette campagne, Montfort apprend que Raymond VI est revenu Ă  Toulouse le 13 septembre 1217, que la ville se rĂ©volte et qu'elle relĂšve ses murailles. Guy, prĂ©venu le premier, commence le siĂšge le 22 septembre. Le siĂšge s'Ă©ternise et le 25 juin 1218, Simon est atteint Ă  la tĂȘte par un jet de pierre et meurt[44].

Article dĂ©taillĂ© : siĂšge de Toulouse (1218).
Prise de Marmande par le prince Louis en 1219 (Guilhem de TudÚle, Chanson de la croisade des Albigeois, début XIIIe s.)

Amaury VI de Montfort, succĂšde Ă  son pĂšre Ă  la tĂȘte de l'armĂ©e croisĂ©e. Le 25 juillet, il lĂšve le siĂšge et se retire Ă  Carcassonne. Bien que ne manquant pas de courage, Amaury n’a pas l’habiletĂ© de son pĂšre, et ne peut empĂȘcher la plupart des barons languedociens de se rallier aux comtes de Toulouse et de reprendre les fiefs tenus par des croisĂ©s[45].

Devant la situation d’insurrection, le pape Honorius III se remet Ă  prĂȘcher une nouvelle croisade, au dĂ©but de l’annĂ©e 1218. Le roi Philippe Auguste dĂ©cide d’envoyer son fils Louis pour intervenir en Languedoc. Philippe agit plus dans le but d’imposer au sud l’arbitrage royal que par ferveur religieuse ou pous soutenir un vassal en difficultĂ©. Le prince Louis se rend en Languedoc Ă  la tĂȘte d’une armĂ©e et rejoint Amaury VI de Montfort qui assiĂšge Marmande (2 juin 1219). La ville est prise et sa population massacrĂ©e. Les croisĂ©s marchent alors sur Toulouse qu’ils atteignent le 17 juin. Au bout d’un mois et demi de siĂšge infructueux, le siĂšge est abandonnĂ© le 1er aoĂ»t, et le prince Louis retourne dans le nord. Pendant le restant de l’annĂ©e, Raymond et Amaury parcourent le pays, chacun cherchant Ă  gagner les partisans. De juillet 1220 Ă  fĂ©vrier 1221, Amaury assiĂšge sans succĂšs Castelnaudary. Le 2 aoĂ»t 1222, Raymond VII succĂšde Ă  son pĂšre et tente de faire allĂ©geance au roi, qui lui rĂ©pond qu’il ne le reconnaĂźtrait que si l’Église fait de mĂȘme. Raymond commence des dĂ©marches en ce sens, tandis que Roger-Bernard de Foix continue la lutte en reprenant Fanjeaux, Limoux, Pieusse (1222), puis Mirepoix (juin 1223)[46].

L'intervention royale (1226-1229)

La paix revenait en Languedoc, sur une victoire de Raymond VII. Un concile s’apprĂȘte Ă  se rĂ©unir Ă  Paris pour nĂ©gocier les termes politiques et religieux de la paix. Mais le roi Philippe, malade, meurt le 14 juillet 1223.

Les envoyĂ©s du pape, sachant le nouveau roi plus prompt Ă  diriger une croisade que son pĂšre, renoncent au concile de paix et l’incitent Ă  reprendre la lutte. Blanche de Castille, la femme de Louis VIII convainc Ă©galement son mari Ă  intervenir. Amaury, Ă  qui il ne reste plus que Carcassonne, Minerve et Penne-d'Agenais, retourne en Île-de-France le 14 janvier 1224. RuinĂ© et ne pouvant plus payer une armĂ©e, il abandonne tous ses droits en Languedoc au roi de France en fĂ©vrier 1224. Le roi demande alors au pape des garanties (les archevĂȘques de Bourges, Reims et Sens doivent ĂȘtre les chefs spirituels de la croisade et ont tout pouvoir pour excommunier et jeter l’interdit ; trĂȘve de dix ans avec l’Angleterre ; contribution financiĂšre accordĂ©e par l’Église aux croisĂ©s, 
) qui montrent plus l’action d’un roi de France que d’un dĂ©vot. Pendant ce temps, le 3 juin 1224, les comtes de Toulouse et de Foix et le vicomte Trencavel s’engagent devant une confĂ©rence d’évĂȘques Ă  purger leurs territoires de l’hĂ©rĂ©sie et Ă  restituer les biens spoliĂ©s au clergĂ©, Ă  la rĂ©serve de l’annulation de tous les actes de cession des Montfort. Le 25 aoĂ»t, le pape accepte les termes du triple serment. Mais le roi Louis, ne voulant pas renoncer Ă  annexer le sud, envoie Guy de Montfort en ambassade auprĂšs du pape pour le faire revenir sur ses dĂ©cisions. Un concile se rĂ©unit Ă  Bourges le 29 novembre 1225 pour traiter de la question cathare et le comte Raymond VII, n’ayant pas satisfait Ă  toutes les exigences du pape est Ă  nouveau excommuniĂ© le 28 janvier 1226[47].

siĂšge d'Avignon, puis mort du roi Louis VIII

Le 30 janvier, le roi Louis VIII prend la croix contre les cathares. Cette expĂ©dition, qui n’a de croisade que le nom, est en fait une tentative de conquĂȘte du Languedoc. Son armĂ©e arrive Ă  Lyon le 28 mai. Il suit le cours du RhĂŽne et reçoit les soumissions des diffĂ©rentes villes provençales et languedociennes, qui envoient leur dĂ©lĂ©gation bien avant que l’armĂ©e approche des villes. Le 6 juin, l’armĂ©e se prĂ©sente devant Avignon, mais les habitants, craignant les exactions des soldats, lui refusent l’entrĂ©e. Le 10 juin dĂ©bute le siĂšge. Un assaut gĂ©nĂ©ral est tentĂ© le 8 aoĂ»t, mais est repoussĂ©. Les vivres manquant, la ville capitule le 9 septembre. Thibaud IV, comte de Champagne quitte alors l’ost, ayant effectuĂ© sa quarantaine, au grand dĂ©plaisir du roi[48].

Louis VIII reçoit la soumission du comte de Comminges, privant Raymond VII de son seul alliĂ©, et annexe les vicomtĂ©s Trencavel. Avertis de l'approche de l'armĂ©e royale, les bourgeois de Carcassonne se rĂ©voltent contre Trencavel, qui s'Ă©tait Ă©tabli Ă  la citĂ©, et le forcent Ă  se replier sur Limoux, en compagnie de Roger Bernard de Foix. De lĂ , les deux alliĂ©s organisent la rĂ©sistance. Le roi contrĂŽle maintenant le pays et rĂ©installe les compagnons de Simon de Montfort dans leurs anciens domaines. Il nomme Humbert V, sire de Beaujeu comme gouverneur des vicomtĂ©s. Il ne rĂ©ussit pas Ă  prendre Toulouse, et repart en passant par l’Auvergne. Malade en atteignant Montpensier, le 29 octobre 1226, il s’alite et y meurt le 8 novembre[49].

Raymond VII et ses alliĂ©s profitent de l’hiver qui suit pour regagner du terrain. Humbert possĂšde une armĂ©e rĂ©duite de cinq cents chevaliers pour le contrer, mais est investi de l’autoritĂ© royale et n’est pas assujetti, comme l’étaient Simon et Amaury de Montfort, aux directives de l’Église. L’hĂ©rĂ©sie regagne Ă©galement du terrain et l’archevĂȘque de Narbonne rĂ©unit un concile provincial qui renouvelle l’excommunication des comtes de Toulouse et de Foix et de Trencavel. Au cours de l’étĂ©, Humbert de Beaujeu reçoit des renforts et assiĂšge LabĂ©cĂšde, dĂ©fendu par Olivier de Termes et Pons de Villeneuve. Le chĂąteau est pris et les Parfaits qui s’y Ă©taient rĂ©fugiĂ©s sont brĂ»lĂ©s. Il prend d’autres chĂąteaux, mais Raymond VII en occupe d’autres, si bien que l’équilibre se maintient. Au cours de l’étĂ© 1228, Humbert attaque la ville de Toulouse, mais ne pouvant prendre la ville trop bien dĂ©fendue, ravage la campagne environnante, pendant trois mois sans que le comte Raymond VII n’intervienne. Au mois de novembre, Olivier de Termes et Pons de Villeneuve, deux des faydits les plus redoutables, font leur soumission[50].

Le pape Honorius III meurt le 18 mars 1227 et son successeur, GrĂ©goire IX connaĂźt les problĂšmes de la rĂ©gente Blanche de Castille face aux grands seigneurs insoumis, et sait qu’elle pourrait difficilement intervenir dans le Languedoc. Il est Ă©galement en conflit avec l’empereur FrĂ©dĂ©ric II, et rĂ©soudre la question albigeoise lui permettrait de se consacrer Ă  cette autre lutte. Il envoie son lĂ©gat Romain de Saint-Ange Ă  Paris pour nĂ©gocier une paix. Finalement un accord se dessine, une confĂ©rence est rĂ©unie Ă  Meaux en mars 1229, et le TraitĂ© de Paris est signĂ© le 12 avril 1229. Raymond de Toulouse fait pĂ©nitence devant Notre-Dame de Paris, il est confirmĂ© comme comte de Toulouse[51], mais donne Jeanne, sa fille unique, en mariage Ă  Alphonse de France, frĂšre du roi. Le 16 juin, Roger-Bernard II de Foix accepte de se soumettre et signe la capitulation de Saint-Jean-de-Verges. Le pape envoie en Languedoc les tribunaux de l’Inquisition pour lutter contre les Cathares[52].

La fin de l'indépendance du comté de Toulouse (1233-1255)

Le comte de Toulouse ne soutient que mollement la lutte contre l’hĂ©rĂ©sie[53]. De plus peu de Languedociens acceptent de dĂ©noncer les hĂ©rĂ©tiques contre rĂ©compense. En 1233, le pape constate l’inefficacitĂ© de la lutte, et comprend que les Ă©vĂȘques ne peuvent en mĂȘme temps lutter contre l’hĂ©rĂ©sie, exercer leur ministĂšre et gĂ©rer leur diocĂšse. Le 20 avril 1233, il institue l’Inquisition, dĂ©chargeant ainsi de cette charge le clergĂ© sĂ©culier. Il confie cette institution aux Dominicains, qui font bientĂŽt rĂ©gner la terreur parmi les diocĂšses mĂ©ridionaux, n’hĂ©sitant pas Ă  brĂ»ler les cathares, favorisant les dĂ©nonciations, allant mĂȘme jusqu’à dĂ©terrer les morts soupçonnĂ©s d’hĂ©rĂ©sie pour mettre leur cadavre au bĂ»cher[54].

Au cours de l'Ă©tĂ© 1240, les Languedociens poussĂ©s Ă  bout se rĂ©voltent. Une armĂ©e surgit des CorbiĂšres. Son chef Raymond Trencavel, Ă  la tĂȘte de faydits du RazĂšs, du Carcassonnais et du FenouillĂšdes, Ă©paulĂ© par un corps d'infanterie aragonais, tente de reprendre ses anciens domaines au roi de France. Profitant de l'effet de surprise, elle fond sur le CarcassĂšs, mais au lieu d'attaquer directement la citĂ©, le vicomte prĂ©fĂšre entrer en possession du RazĂšs. Ainsi, le sĂ©nĂ©chal de Carcassonne, Guillaume des Ormes a le temps de renforcer ses dĂ©fenses. Le siĂšge de la citĂ© par Raymond est un Ă©chec et il s'enferme dans MontrĂ©al. Les comtes de Toulouse et de Foix se prĂ©sentent alors au camp des français et parviennent Ă  obtenir une reddition honorable pour Trencavel, autorisĂ© Ă  rejoindre l'Aragon.

Le comte de Toulouse est resté à l'écart du conflit, mais le roi lui reproche de ne pas avoir répondu à l'appel du sénéchal du Languedoc, et il doit faire sa soumission le 12 mars 1241. Il donne le change en assiégeant en juillet 1241 le chùteau de Montségur qu'il ne prend pas. Pour avoir un fils, et ainsi permettre que Toulouse ne revienne pas à Alphonse de Poitiers, il répudie son épouse et en cherche une autre, mais les décÚs successifs de plusieurs papes retardent l'annulation de son mariage[55].

En 1241, Alphonse de France est investi du comtĂ© de Poitiers par son frĂšre Louis IX. La noblesse poitevine, qui reste attachĂ©e aux PlantagenĂȘts, et particuliĂšrement Hugues X de Lusignan, mariĂ© Ă  Isabelle d'AngoulĂȘme, ancienne reine d’Angleterre, commence Ă  nouer des alliances avec le roi d’Angleterre, le roi d’Aragon et le comte de Toulouse. Raymond VII Ă©pouse Marguerite de Lusignan, fille de Hugues X. Si le complot avait Ă©tĂ© bien coordonnĂ©, il aurait pu rĂ©ussir, mais les imprudences de Hugues de Lusignan le dĂ©couvrent prĂ©maturĂ©ment, et le roi a le temps de prendre les dispositions nĂ©cessaires. Hugues se rĂ©volte plus tĂŽt que prĂ©vu (NoĂ«l 1241), ce qui permet au roi de le vaincre avant que n’éclate la rĂ©volte en Languedoc[56].

En Languedoc, l’Inquisition reprend ses activitĂ©s avec encore plus de fĂ©rocitĂ©. Plusieurs chevaliers rĂ©unis par Pierre-Roger de Mirepoix massacrent plusieurs inquisiteurs dans la ville d’Avignonet, le 28 mai 1242. L’annonce de ce massacre est le signal de la rĂ©volte languedocienne, et de nombreux seigneurs et chevaliers faydits rallient l’armĂ©e de Raymond VII. Raymond VII de Toulouse, appuyĂ© par Trencavel, le vicomte de Narbonne Amalric et le comte de Foix, s'empare du RazĂšs en 1242, puis du Minervois, d'Albi, avant d'entrer Ă  Narbonne. Les Français tiennent fermement Carcassonne et BĂ©ziers. Mais le soulĂšvement gĂ©nĂ©ral qu'escompte Raymond VII ne s'est pas produit : ni le duc de Bretagne, ni le comte de Provence, ni le roi d'Aragon ne rĂ©pondent Ă  son appel[57].

Le 21 juillet 1242, Louis IX Ă©crase la noblesse poitevine et le roi Henri III d'Angleterre Ă  Taillebourg et marche en direction du Languedoc, Ă  la tĂȘte d'une armĂ©e. Le comte de Foix est le premier Ă  abandonner le comte de Toulouse pour se rallier au roi, provoquant la dĂ©fection des autres alliĂ©s. Le comte de Toulouse en est rĂ©duit Ă  traiter avec le roi de France. En janvier 1243, Raymond VII fait acte de soumission Ă  Louis IX, imitĂ© par le comte de Foix et le vicomte de Narbonne[58].

Chùteau de Montségur

La rĂ©sistance cathare se concentre alors sur quelques chĂąteaux pyrĂ©nĂ©ens, dont MontsĂ©gur et QuĂ©ribus. Le concile de BĂ©ziers, en 1243, dĂ©cide d’en finir et ordonne la prise du chĂąteau de MontsĂ©gur. Hugues des Arcis, sĂ©nĂ©chal de Carcassonne, prend le chĂąteau le 16 mars 1244, aprĂšs un siĂšge de dix mois. Les Parfaits rĂ©fugiĂ©s dans le chĂąteau refusent d’abjurer leur foi et sont aussitĂŽt brĂ»lĂ©s (Seuls trois arriveront Ă  s'Ă©chapper du chĂąteau la nuit prĂ©cĂ©dant le bĂ»cher). Guy II de LĂ©vis, seigneur de Mirepoix, prend ensuite possession du chĂąteau[59].

AprĂšs le bĂ»cher de MontsĂ©gur, l’église cathare est dĂ©sorganisĂ©e, et de nombreux Parfaits se rĂ©fugient en Lombardie. Les derniers chĂąteaux cathares, QuĂ©ribus et surtout Niort-de-Sault (Niort) (qui Ă©tait avec tout le pays de Sault le refuge de nombreux parfaits), sont pris Ă  leur tour en 1255. Vers 1295, un notable d’Ax-les-Thermes, se rend en Lombardie auprĂšs des cathares, puis revient et tente de recrĂ©er une Ă©glise cathare en Languedoc, mais l’Inquisition met fin Ă  son mouvement en 1309. L'Inquisition reste encore active dans cette partie du royaume pendant environ trois quarts de siĂšcle jusqu'Ă  ce que le catharisme soit complĂštement Ă©teint[60].

Bilan des croisades

Saint-Dominique présidant un autodafé

Cette croisade a eu des répercussions autant sur le plan religieux que sur le plan politique.

Sur le plan religieux d'abord, les consĂ©quences directes sont l'Ă©limination du catharisme en Languedoc, la crĂ©ation de l'Ordre des PrĂȘcheurs (les dominicains) et la crĂ©ation de l'Inquisition mĂ©diĂ©vale. Le nombre total des personnes tuĂ©es par la croisade ou exĂ©cutĂ©es par l'Inquisition n'est pas connu avec certitude, mais il est important du fait des exĂ©cutions collectives.

Une consĂ©quence religieuse moins connue est la rĂ©forme du clergĂ© local. C'est en effet la richesse (et parfois la corruption) du clergĂ© catholique et sa dĂ©nonciation par les prĂ©lats cathares qui a incitĂ© une partie de la population Ă  se convertir Ă  la nouvelle religion. Une partie de la hiĂ©rarchie clĂ©ricale Ă©tait Ă©galement suspectĂ©e de sympathies cathares. La pĂ©riode allant de 1209 Ă  1215 a vu la dĂ©position de plusieurs Ă©vĂȘques et leur remplacement par des prĂ©lats venus du nord du royaume (Arnaud Amaury Ă  Narbonne, Guy des Vaux de Cernay Ă  Carcassonne). Certains diocĂšses, jugĂ©s trop Ă©tendus pour ĂȘtre correctement administrĂ©s, ont Ă©tĂ© divisĂ©s.

Sur le plan politique, les comtĂ©s de Toulouse et de Foix et les vicomtĂ©s Trencavel Ă©taient vassaux du roi de France en thĂ©orie, mais indĂ©pendants par rapport Ă  ce dernier de fait, tout en subissant l'influence du royaume d'Aragon. La croisade modifie radicalement cette situation et Ă  la fin du XIIIe siĂšcle, seul le comtĂ© de Foix et la vicomtĂ© de Narbonne ne sont pas annexĂ©s au domaine royal. Le comtĂ© de Toulouse et les vicomtĂ©s de BĂ©ziers, de Carcassonne et d'Albi sont remplacĂ©s par trois sĂ©nĂ©chaussĂ©es de Toulouse, de Beaucaire et de Carcassonne. Montpellier et le GĂ©vaudan, possessions du roi d'Aragon, sont achetĂ©s par le roi de France.

En dĂ©finitive, c'est le royaume de France qui retire le plus de bĂ©nĂ©fices de ce conflit dans lequel il ne voulait pas s'impliquer au dĂ©part : le Languedoc, qui jusque lĂ  Ă©tait encore sous l'influence de la Catalogne et des Aragonais, rentre dĂ©finitivement dans la sphĂšre d'influence française. La croisade marque la sĂ©paration dĂ©finitive entre les Languedociens, au nord, plus prĂ©occupĂ©s dĂ©sormais d'affaires françaises, et les Catalans, au sud.

La croisade des Albigeois marque une modification radicale de la politique extĂ©rieure des royaumes de France et d'Aragon :

  • Au dĂ©but de XIIIe siĂšcle, Philippe Auguste, roi de France, hĂ©site Ă  annexer la Rochelle, qu'il considĂšre comme trop Ă©loignĂ©e du pouvoir royal : en cas de siĂšge de la ville, l'Ă©loignement ne permet pas Ă  l'ost royal une intervention rapide. À la fin de ce mĂȘme siĂšcle, le territoire correspondant aux actuelles rĂ©gions Midi-PyrĂ©nĂ©es et Languedoc fait partie du domaine royal. L'influence du roi de France s'exerce jusqu'aux PyrĂ©nĂ©es[61] et prend une dimension nationale.
  • Au dĂ©but du siĂšcle, c'est le roi d'Aragon qui domine le Languedoc, bien que se heurtant aux comtes de Toulouse : il possĂšde en propre les comtĂ©s de GĂ©vaudan et de Roussillon, la vicomtĂ© de Millau et la seigneurie de Montpellier. Un cousin possĂšde le comtĂ© de Provence, les comtes de Comminges, les vicomtes d'Albi, de BĂ©ziers, de Carcassonne et de Narbonne sont ses vassaux. À la fin du siĂšcle, il ne lui reste plus que le Roussillon au nord des PyrĂ©nĂ©es. Ses vassaux soit sont passĂ©s sous la suzerainetĂ© du roi de France, soit ont eu leurs domaines annexĂ©s, Saint-Louis a rachetĂ© le GĂ©vaudan (1258) et Montpellier et le comtĂ© de Provence est passĂ© par mariage Ă  Charles d'Anjou, frĂšre de Saint-Louis. L'Aragon va alors s'Ă©tendre vers le sud (Reconquista et conquĂȘte du royaume de Valence) et la MĂ©diterranĂ©e (Sicile, Sardaigne, Corse, ...).

La croisade contre les albigeois a comme ultime conséquence d'élargir le domaine personnel des rois de France jusqu'à la Méditerranée et aux Pyrénées. Pour défendre ses nouvelles frontiÚres avec la couronne d'Aragon, Saint Louis fait dresser la plus grande ligne de forteresses jamais dressée en Europe.

Annexes

Bibliographie

  • Michel Roquebert, Histoire des Cathares, Perrin, Paris, 1999 (rĂ©impr. 2002), 544 p. (ISBN 2-262-01894-4) .
  • Dominique Paladilhe, Simon de Montfort, Librairie AcadĂ©mique Perrin, 1988 (rĂ©impr. 1997), 324 p. (ISBN 2-262-01291-1) .
  • Georges Bordonove, La TragĂ©die Cathare, Pygmalion – GĂ©rard Watelet, coll. « Les Grandes Heures de l’Histoire de France Â», Paris, 1991, 462 p. (ISBN 2-85704-359-7) .
  • ZoĂ© Oldenbourg, Le bĂ»cher de MontsĂ©gur - 16 mars 1244, Galimard, coll. « Les journĂ©es qui ont fait la France Â», Paris, 1959 (rĂ©impr. 2003) (ISBN 2-07-032507-9) .
  • Yves RougĂ©, Le Lieu - Journal de Jordan de Lordat, CrĂ©atifs AssociĂ©s Edition, Muret, 1995, 135 p. (ISBN 2-950946-2-9) .

Notes et références

  1. ↑ (Bordonove 1991, p. 44-6)
  2. ↑ Ce sera son Ă©ternel problĂšme, ainsi que celui de son fils. Comme seigneur chrĂ©tien, ayant signĂ© le traitĂ© de Paris, il se devait d'obĂ©ir Ă  l'Église et de lutter contre l'hĂ©rĂ©sie cathare. Mais comme seigneur du comtĂ© de Toulouse, il devait maintenir la paix entre ses sujets, dont un grand nombre Ă©tait cathare ou sympatisant.
  3. ↑ par exemple Bertrand de Saissac, tuteur de Raymond-Roger Trencavel, et Esclarmonde, sƓur du comte de Foix
  4. ↑ (Bordonove 1991, p. 89-100)
  5. ↑ L'assassin est un Ă©cuyer du comte de Toulouse, mais ne semble pas avoir agi sur ordre. Il s'agirait plutĂŽt d'une histoire analogue Ă  l'assassinat de Thomas Becket. AprĂšs l'excommunication et le dĂ©part du lĂ©gat, le comte est entrĂ© dans une violente colĂšre et a prononcĂ© des paroles qui ont pu ĂȘtre prises au pied de la lettre par ses Ă©cuyers.
  6. ↑ (Bordonove 1991, p. 101-114)
  7. ↑ Les objectifs des premiĂšres croisades Ă©taient de dĂ©livrer les Lieux saints, de protĂ©ger les chrĂ©tiens d'Orient et de repousser les Turcs qui menaçaient Constantinople. Les participants de la quatriĂšme croisade dĂ©tournĂ©s sur Constantinople avaient Ă©tĂ© Ă  deux doigts de se faire excommunier, pour avoir combattu d'autres chrĂ©tiens.
  8. ↑ Cette notion sera reprise lors des croisades contre FrĂ©dĂ©ric II, contre l'Aragon et contre les Hussites.
  9. ↑ Il va sans dire que pour un baron, le voyage en Languedoc Ă©tant moins coĂ»teux que celui en Terre Sainte, la croisade des Albigeois Ă©tait pour eux une aubaine pour obtenir la rĂ©mission de leur pĂ©chĂ©s et l'indulgence de Dieu Ă  moindre frais.
  10. ↑ C'est pour cette raison que Simon de Montfort insiste pour obtenir l’investiture du roi Pierre II d’Aragon pour les vicomtĂ©s d’Albi, de BĂ©ziers et de Carcassonne et ne se contente pas de l’investiture religieuse.
  11. ↑ (Paladhile 1988, p. 82-83).
  12. ↑ (Bordonove 1991, p. 84-86)
  13. ↑ Raisonnablement, on peut estimer leur nombre Ă  50 000 (Paladhile 1988, p. 86).
  14. ↑ (Paladhile 1988, p. 84-85) et (Bordonove 1991, p. 115-120).
  15. ↑ (Bordonove 1991, p. 121).
  16. ↑ (Paladhile 1988, p. 89-90) et (Bordonove 1991, p. 128).
  17. ↑ La quarantaine est la durĂ©e du service que le croisĂ© doit faire pour obtenir les avantages liĂ©s au statut de croisĂ©s. À l'issue de ces quarante jours, le croisĂ© est libre de quitter la croisade et de revenir dans ses terres.
  18. ↑ (Paladhile 1988, p. 92-96) et (Bordonove 1991, p. 129-136).
  19. ↑ le faubourg sud de la ville.
  20. ↑ (Paladhile 1988, p. 96-100) et (Bordonove 1991, p. 140-142).
  21. ↑ (Paladhile 1988, p. 101-102) et (Bordonove 1991, p. 143).
  22. ↑ (Paladhile 1988, p. 102-103) et (Bordonove 1991, p. 144-148).
  23. ↑ (Paladhile 1988, p. 103-105) et (Bordonove 1991, p. 149-155).
  24. ↑ (Paladhile 1988, p. 106-110).
  25. ↑ (Paladhile 1988, p. 110-112) et (Bordonove 1991, p. 156-161).
  26. ↑ (Paladhile 1988, p. 113-115) et (Bordonove 1991, p. 162-166).
  27. ↑ (Paladhile 1988, p. 115-116) et (Bordonove 1991, p. 167-170).
  28. ↑ (Paladhile 1988, p. 117-118) et (Bordonove 1991, p. 181-182).
  29. ↑ (Paladhile 1988, p. 118-119) et (Bordonove 1991, p. 182-184).
  30. ↑ Ce n'est pas le sentiment religieux qui pousse les Narbonnais, mais un moyen commode de se dĂ©barrasser d'une concurrente commerciale.
  31. ↑ (Paladhile 1988, p. 120-125) et (Bordonove 1991, p. 185-192).
  32. ↑ (Paladhile 1988, p. 125-133) et (Bordonove 1991, p. 193-198).
  33. ↑ (Paladhile 1988, p. 133-137) et (Bordonove 1991, p. 201-206).
  34. ↑ 400 selon Guillaume de Tulùde, 300 selon Puylaurens.
  35. ↑ (Paladhile 1988, p. 141-147) et (Bordonove 1991, p. 207-210).
  36. ↑ (Paladhile 1988, p. 148-162) et (Bordonove 1991, p. 217-223).
  37. ↑ (Paladhile 1988, p. 162-180) et (Bordonove 1991, p. 224-235).
  38. ↑ (Paladhile 1988, p. 184-195).
  39. ↑ (Paladhile 1988, p. 195-205) et (Bordonove 1991, p. 236-251).
  40. ↑ (Paladhile 1988, p. 205-233) et (Bordonove 1991, p. 252-280).
  41. ↑ (Bordonove 1991, p. 281-286).
  42. ↑ (Paladhile 1988, p. 246-257) et (Bordonove 1991, p. 281-305).
  43. ↑ (Paladhile 1988, p. 257-273) et (Bordonove 1991, p. 306-317).
  44. ↑ (Paladhile 1988, p. 273-297) et (Bordonove 1991, p. 317-329).
  45. ↑ (Bordonove 1991, p. 330-335).
  46. ↑ (Bordonove 1991, p. 336-354).
  47. ↑ (Bordonove 1991, p. 357-363). Cette dĂ©cision fut Ă©galement prise dans le but de complaire Ă  Louis VIII.
  48. ↑ (Bordonove 1991, p. 364-368).
  49. ↑ (Bordonove 1991, p. 368-370).
  50. ↑ (Bordonove 1991, p. 371-377).
  51. ↑ ses domaines sont cependant fortement rĂ©duits
  52. ↑ (Bordonove 1991, p. 378-385).
  53. ↑ Sa situation est particuliĂšrement inconfortable. Ayant signĂ© le traitĂ© de Paris, il se devait d'obĂ©ir au roi et Ă  l'Église et lutter contre l'hĂ©rĂ©sie cathare. Mais comme seigneur du comtĂ©, il devait maintenir la paix entre ses sujets, dont un grand nombre Ă©tait cathare ou sympathisant.
  54. ↑ (Bordonove 1991, p. 386-401).
  55. ↑ (Bordonove 1991, p. 402-408).
  56. ↑ (Bordonove 1991, p. 408-410).
  57. ↑ (Bordonove 1991, p. 411-414).
  58. ↑ (Bordonove 1991, p. 414-415).
  59. ↑ (Bordonove 1991, p. 416-429).
  60. ↑ (Bordonove 1991, p. 430-434).
  61. ↑ à l'exception du Roussillon.

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