Crise Moderniste

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Crise Moderniste

Crise moderniste

On d√©signe par crise moderniste une crise des valeurs affectant les soci√©t√©s catholiques au d√©but du XXe si√®cle. Dans le sens catholique[1], le terme modernit√© d√©signe en effet un courant intellectuel se d√©veloppant de 1902 √† 1908, qui se caract√©rise par un relativisme vis-√†-vis des valeurs de l‚Äô√Čglise et une propension √† la s√©cularisation. Le terme est employ√© par le pape Pie X dans son encyclique Pascendi Dominici Gregis (1907) qui le condamne en d√©non√ßant ¬ę les erreurs du modernisme ¬Ľ, mais n'a jamais √©t√© adopt√© par les pr√©tendus ¬ę modernes ¬Ľ eux-m√™mes.

La crise moderniste commence en fait au milieu du XIXe si√®cle, alors que le Syllabus et l'essai de Darwin ont reconfigur√© l'ensemble de l'intelligentsia europ√©enne. Elle se prolonge jusqu'au milieu du XXe si√®cle et affecte durablement cinq pays d'Europe occidentale : l'Allemagne, l'Angleterre, la Belgique, la France et l'Italie tandis que le Canada francophone conna√ģt √† cet √©gard un sort sp√©cifique[2].

La crise moderniste pose aux contemporains qui l'examinent avec le recul de l'Histoire plusieurs questions :

Sommaire

Chronologie

  • L√©gende des couleurs :
publications de sciences religieuses
publications ou évènements philosophiques
évènements politiques
publications ou évènements ecclésiastiques

Die Vernunftlehre de Reimarus (+ 1768)

Hypothèse de Griesbach sur la généalogie des évangiles

Révolution française

Friedrich Schleiermacher Discours sur la religion √† ceux de ses contempteurs qui sont des esprits cultiv√©s : les dogmes ne constituent pas des v√©rit√©s objectives. Ce sont des cr√©ations historiques, qui peuvent, n√©anmoins, servir √† nourrir la pi√©t√©.

Saint-Simon publie le "nouveau christianisme". Il meurt le 19 mai. Son ouvrage engendrera le courant saint-simonien.

Les idées de Saint-Simon sont reprises par Enfantin et Bazard pour former la doctrine saint-simonienne, puis donnent la philosophie des réseaux de Michel Chevalier.

Quête du Jésus historique selon l'école rationaliste Heinrich Eberhard Gottlob Paulus (Das Leben Jesu als Grundlage einer reinen Geschichte des Urchristentums) qui pense avoir trouvé de bonnes raisons pour écrire que Jésus pourrait bien avoir survécu à la crucifixion.

Dans le cours de philosophie positive, Auguste Comte, un des pr√©curseurs du positivisme, affirme avec la loi des trois √©tats (th√©ologique, m√©taphysique, positif) que la religion est condamn√©e √† dispara√ģtre avec l'av√®nement du stade positif de l'humanit√©, o√Ļ les hommes renoncent √† chercher le sens des choses, pour s'orienter vers l'√©tat positif, dans lequel il se concentre sur la d√©couverte des lois qui r√©gissent l'univers par l'observation et le raisonnement.

Article dans le Globe du 12 février de Michel Chevalier, appartenant au courant saint-simonien, sur la philosophie des réseaux.

Grégoire XVI Mirari Vos qui condamne les catholiques libéraux

Hypothèse des deux sources sur la généalogie des évangiles (Christian Hermann Weisse).

Ludwig Feuerbach publie L'Essence du christianisme.

Arthur Schopenhauer Le Monde comme volonté et comme représentation, qui présente le christianisme comme une faiblesse de l'esprit.

Paulus, der Apostel Jesu Christi, sein Leben und Wirken, seine Briefe und seine Lehre, Ferdinand Christian Baur distingue les √©p√ģtres proto-pauliniennes des deut√©ro-pauliniennes.

Kritische Untersuchungen √ľber die kanonischen Evangelien, ihr Verh√§ltniss zu einander, ihren Charakter und Ursprung, Ferdinand Christian Baur, propose une approche h√©g√©lienne des √©vangiles, avec une th√®se, une antith√®se et une synth√®se.

Marx et Engels publient Le Manifeste du Parti communiste, qui annonce la disparition de la religion .

Proclamation du dogme de l'Immacul√©e Conception. Le pape d√©finit lui-m√™me, sans r√©unir de concile, un article de foi qui ne se trouve pas explicitement dans l'√Čcriture. Cela laisse d√©j√† pr√©sager l'¬ę infaillibilit√© pontificale ¬Ľ.

Affaire Mortara : rapt par les autorit√©s papales d'un enfant juif ayant re√ßu le bapt√™me. Scandale international.

Charles Darwin, Sur l'origine des espèces.

Le pape perd la grande majorit√© des √Čtats pontificaux. Seules les troupes de Napol√©on III emp√™chent le roi du Pi√©mont Victor-Emmanuel de s'emparer de Rome.

Ernest Renan, Vie de J√©sus : lecture romanesque et positiviste des Evangiles, consid√©r√©s comme une source historique critiquable comme toutes sources historiques, repla√ßant la vie de J√©sus dans son contexte socio-historique

Pie IX publie simultan√©ment l'encyclique Quanta Cura et le Syllabus, une liste de 80 ¬ę erreurs modernes ¬Ľ. Il condamne le lib√©ralisme sous toutes ses formes et donc la civilisation moderne.

Le Christ de la foi et le Jésus de l'histoire de David Friedrich Strauss. Selon lui, les évangiles n'ont aucun fondement historique et relèvent de la mythologie. À la fin de sa vie, il affirmera en effet que la Résurrection est une mystification à l'échelle mondiale.

Le roi d'Italie Victor-Emmanuel II s'empare de Rome.

Concile Vatican I Pastor √Üternus, constitution dogmatique proclamant l'infaillibilit√© pontificale. Celle-ci se limite aux questions sur la foi ou les mŇďurs et √† la proclamation d'une v√©rit√© ex cathedra (du haut de la Chaire de saint Pierre).

Le Kulturkampf, lanc√© en Allemagne par Otto von Bismarck qui, outre des mesures de la√Įcisation de l'enseignement, exige un minimum de niveau d'√©tudes sanctionn√©es par des dipl√īmes universitaires pour les pr√™tres et les √©v√™ques, et interdit la cr√©ation de dioc√®ses catholiques sans consultation du gouvernement.

Naissance de l'√Čglise vieille-catholique, √©glise catholique-chr√©tienne et √©glise gallicane qui sont trois versions nationales d'un m√™me ph√©nom√®ne la cr√©ation du catholicisme, ne reconnaissant pas l'infaillibilit√© et r√©cusant l'ultramontanisme.

Histoire des dogmes de Adolf von Harnack : le dogme chr√©tien est une construction de la m√©taphysique grecque plaqu√©e au cours des si√®cles sur les paroles simples de J√©sus.

Début de l'école hollandaise de critique radicale qui travaille radicalement sur Paul de Tarse, jusqu'en 1899.

Création de l'Armée du Salut.

Louis-Auguste Sabatier De la vie intime des dogmes et de leur puissance d'évolution

L√©on XIII, encyclique Rerum Novarum. C'est la naissance de la doctrine sociale de l'√Čglise.

Premier parlement mondial des religions, réuni à Chicago à l'instigation de Swami Vivekananda (1863-1902) et Jenkin Lloyd Jones, (1843-1918).

Début de l'Affaire Dreyfus.

Theodor Herzl d√©veloppe le concept de sionisme dans son livre L'√Čtat juif.

Das Wesen des Christentums, Adolf von Harnack.

L'√Čvangile et l'√Čglise, Alfred Loisy.

Autour d'un petit livre, Alfred Loisy.

France, Loi de s√©paration des √Čglises et de l'√Čtat

L'histoire des recherches sur la vie de Jésus, Albert Schweitzer (jamais traduit en français, n'existe qu'en allemand et en anglais depuis 1907)

Pie X, Pascendi Dominici Gregis, sur les erreurs du modernisme.

Lamentabili sane exitu r√©affirmant que la doctrine catholique est ¬ę l'unique moyen de salut ¬Ľ, listant les les soixante-cinq principales erreurs du modernisme, et condamnant Loisy

Excommunication vitandus de Loisy.

Jésus et la tradition évangélique, Alfred Loisy.

Motu proprio Sacrorum Antistitum ou Serment anti-moderniste (en vigueur jusque 1961).

La crise moderniste est-elle encore d'actualit√© ?

Contexte politique

La crise moderniste a pour cadre les profonds bouleversements qui traversent l'Europe au XIXe si√®cle et au d√©but du XXe si√®cle.

Sous la pouss√©e du Printemps des peuples de 1848, l'Italie s'unit et se constitue en Royaume. Le pape est priv√© de ses √Čtats et de sa souverainet√© temporelle suite au risorgimento. Mais c'est essentiellement entre la guerre de 1870 et celle de 1914 que la crise moderniste se d√©veloppera. C'est une p√©riode de tensions entre les trois empires europ√©ens. Dans cette p√©riode, le Saint-Si√®ge est soup√ßonn√© d'une inclination particuli√®re pour l'Empire austro-hongrois, r√©gime autoritaire impr√©gn√© de catholicisme tandis que le Kulturkampf gagne l'Allemagne.

Le Saint-Si√®ge cherche √† r√©tablir sa position dans des soci√©t√©s o√Ļ monte l'anticl√©ricalisme et la s√©cularisation. Au milieu de la p√©riode, le pape L√©on XIII t√Ęche d'organiser les relations entre l'√Čglise et les √Čtats √† l'aide d'une s√©rie d'encycliques o√Ļ il reconna√ģt les gouvernements en place (Sapienti√¶ Christian√¶, 1890) non sans avoir affirm√© son autorit√© sur lesdits gouvernements (Diuturnum Illud, 1881) et l'ind√©pendance de l'√Čglise (Immortale Dei, 1885). Suite au Ralliement tent√© par L√©on XIII, en Belgique et en France (avec Albert de Mun) se cr√©ent des partis religieux catholiques et r√©publicains qui seront un √©chec.

Pie IX renforce la congr√©gation de l'Index qui jouera un grand r√īle dans sa lutte contre le lib√©ralisme et le modernisme.

Sur le plan théologique

L'activité dynamique des exégètes protestants ne permet plus de considérer les évangiles comme un texte unique non plus que comme un témoignage historique. Les quêtes du Jésus historique conduisent une partie d'entre eux à s'interroger sur le point de savoir si la divinité de Jésus doit être prise au pied de la lettre ou si elle doit être renvoyée à sa dimension symbolique.

La publication de l'essai sur l'Origine des Esp√®ces (1859) par Charles Darwin clive l'intelligentsia europ√©enne et m√™me mondiale et ruine la th√©orie du cr√©ationnisme. Encore en 1911, Pierre Teilhard de Chardin est accueilli aux √Čtats-Unis comme le j√©suite qui dit que l'homme descend du singe et une cabale s'ensuit.

Un hindou et un chr√©tien unitarien se m√™lent de fomenter la paix entre les religions. Leur initiative perdure. [r√©f. souhait√©e]

Aucun produit de l'esprit moderne ne pouvait √©viter de provoquer la r√©sistance des √Čglises :

La lecture de la Bible en Europe au XIXe si√®cle

La querelle se comprend mal au fond si l'on ne tient pas compte de l'√©volution de la lecture de la Bible au XIXe si√®cle et des premiers d√©veloppements de la recherche sur le Pentateuque. Ces d√©buts sont mat√©rialis√©s d'une part par la publication de l'hypoth√®se documentaire de Julius Wellhausen et, d'autre part, par une s√©rie de travaux regroup√©s sous le nom de Qu√™tes du J√©sus historique qui viennent en effet secondaire des nombreux travaux inaugur√©s au XVIIIe si√®cle sur le probl√®me synoptique. Le XIXe si√®cle voit aussi l'apparition des Hautes √©tudes eccl√©siastiques. Ainsi en France, d√®s 1806, l'universit√© imp√©riale int√®gre six facult√©s de th√©ologie[3]. La papaut√© leur refuse la reconnaissance canonique du fait que l'enseignement est contr√īl√© par l'√Čtat.

Deux affaires paradigmatiques

Quoique la crise moderniste soit d'une ampleur européenne, la crise moderniste est souvent vue par le Vatican comme un mal français. L'étude du cas de deux chercheurs et théologiens français est donc emblématique.

L'affaire Loisy, le détonateur

Les faits

La crise moderniste ne se comprend pas sans un résumé de l'affaire Loisy dont l'exposé se fera dans l'article dédié à cet auteur. Elle commence comme une mauvaise farce un peu à la façon de celle narrée par Milan Kundera dans Le Malentendu.

Alfred Loisy, ancien professeur d'exégèse à l'Institut Catholique de Paris chassé de sa chaire pour ses idées libérales, voit sa candidature à l'épiscopat soutenue par le prince de Monaco.

√Ä la suite d'une tourn√©e europ√©enne de conf√©rences qui donnera lieu √† la publication d'un livre, L'essence du christianisme, Adolf von Harnack, professeur √† l‚Äôuniversit√© de T√ľbingen, conna√ģt une notori√©t√© qui d√©passe le cercle cultiv√© des lecteurs allemands de th√©ologie.[4]. C'est un ph√©nom√®ne √©ditorial : 75 000 exemplaires vendus en 1903 pour 15 langues traduites.

Le livre

Alfred Loisy lui r√©pond dans L'√Čvangile et l'√Čglise, qui parait en 1902. Dans sa correspondance priv√©e, avant l'affaire, s'adressant √† Albert Houtin, un autre moderniste ult√©rieurement condamn√©, Alfred Loisy admet avoir deux objectifs : l'envie de ridiculiser le professeur Harnack et la d√©fense de l'√Čglise catholique.

L'√Čvangile et l'√Čglise para√ģt pour la premi√®re fois en 1902. De cet ouvrage qui fut r√©√©dit√© 4 fois entre 1902 et 1919 et plus r√©√©dit√© en France jusque 2000[5], ne reste dans l'esprit de chacun qui s'int√©resse √† l'histoire du christianisme qu'une seule phrase ¬ę J√©sus annon√ßait le Royaume et c'est l'√Čglise qui est venue. ¬Ľ On la cite g√©n√©ralement √† l'appui d'une critique de l'actuel courant dogmatique et autoritaire comme le fait R√©gis Debray dans Dieu, un itin√©raire [6]. Ce faisant, on se trompe sur la perspective de Loisy en r√©interpr√©tant une phrase isol√©e de son contexte. Une fois remise en contexte, la petite phrase d√©veloppe la position du cardinal Ratzinger (devenu Beno√ģt XVI) en 2005) telle qu'exprim√©e dans son Ňďuvre publi√©e, comme Pr√©fet pour la Congr√©gation pour la doctrine de la foi : l'√Čglise (catholique romaine) comme figure du Royaume.

Dans sa th√®se [7], √Čmile Poulat indique que les positions d√©fendues par Loisy dans son petit livre, comme Loisy le d√©signait lui-m√™me, sont pass√©es dans les cat√©chismes d√®s la p√©riode pr√©-concilaire, celle √† laquelle il soutient sa th√®se. La r√©alit√© est probablement moins euphorique que ne le dit Poulat. Si les th√®ses de Loisy sont partag√©es par une partie des th√©ologiens catholiques √† l'√©poque du concile (suivant en cela le journal d'Yves Congar[8]), elles sont toujours combattues par ce qui semblait une arri√®re-garde dans les ann√©es 1970, limit√©e √† la Fraternit√© Saint-Pie-X, elles (et leur post√©rit√©) demeurent inconnues du grand public catholique √† l'exception des catholiques r√©formateurs et des plus engag√©s qui suivent les cours du Centre S√®vres.

La condamnation de Loisy

A posteriori, on est donc fond√© √† se demander les raisons de la condamnation de Loisy.[9] Outre les raisons politiques √©voqu√©es sous la chronologie, On lui reproche dans les deux premiers chapitres de l'√Čvangile et l'√Čglise :

  1. d'avoir r√©introduit l'histoire dans l'histoire sainte, en particulier d'avoir rendu son humanit√© √† J√©sus et m√™me son juda√Įsme, contre la volont√© qu'il suppose √† A. von Harnack de l'hell√©niser ;
  2. d'envisager que la foi, tout du moins les croyances au travers desquelles elles s'exprime, a évolué entre la période des contemporains de Jésus, la période post-pascale, la période des conciles christologiques. À l'appui de cette thèse, il donne les nombreuses hérésies qui se développent avant qu'on ne songe à fixer une orthodoxie,
  3. de présenter succinctement la théorie des 2 sources à l'origine des évangiles synoptiques.

Comme il s√©pare le J√©sus de l'histoire du Christ de la foi √† l'instar de David Friedrich Strauss et, sp√©cificit√© catholique, le dogme de sa formulation, il est vite accus√© de remettre en cause l'autorit√© de l'√Čglise (entendre le monopole interpr√©tatif que revendique le l'√Čglise catholique). En cette p√©riode de la haine oubli√©e [10], on l'accuse d'√™tre crypto-protestant.

Forc√©ment, cela ne peut que mal tourner, ce qui est dommage pour un ouvrage qui se r√©v√®le avant tout un ouvrage d'apologie de l'institution d√®s qu'on a pass√© les deux premiers chapitres o√Ļ il pratique une synth√®se de ce qu'on connaissait, √† son √©poque, de l'ex√©g√®se historico-critique des √©vangiles pour le lecteur cultiv√© en passant sur les questions sp√©cialis√©es (ce qu'on ne manquera pas de lui reprocher √©galement).

Ses d√©tracteurs verront une dogmatique l√† o√Ļ il n'y a que de l'histoire : ses juges transposent syst√©matiquement des affirmations historiques en propositions doctrinales, prenant, √† l'inverse, les affirmations conciliaires pour des √©v√©nements historiques (Poulat). L'√©tat d'esprit des autorit√©s eccl√©siastiques est assez bien rendu dans le passage suivant d'un article de Arthur Loth dans la V√©rit√© fran√ßaise, cit√© par Poulat[11]

¬ę D'apr√®s cela on serait oblig√© de croire au fameux dualisme √©lohiste et j√©ohviste de la Gen√®se et d'abandonner les jours-p√©riodes aussi bien que les jours solaires de la cr√©ation ; il faudrait mettre le d√©luge au nombre des fables chald√©o-assyriennes ; on ne pourrait plus dire que le Pentateuque soit de Mo√Įse, ni les Psaumes de David, mais par contre, il faudrait admettre deux Isa√Įe ; on devrait aussi tenir pour pieux romans les livres de Judith et d'Esther, et l'on ne para√ģtrait pas s√©rieux si l'on ne convenait point que le livre des Juges est post√©rieur √† la captivit√© ; il ne serait plus permis d'adopter l'ordre originaire des √©vangiles, et m√™me, avant Marc qui est pass√© le premier, il faudrait admettre un prot√©vang√©liste inconnu; on serait na√Įf de continuer √† croire √† l'authenticit√© du verset des trois t√©moins c√©lestes dans saint Jean ¬Ľ

En 1907, l'encyclique Pascendi et le decret Lamentabili Sane Exitu condamnent les propositions des modernistes en g√©n√©ral mais celles de Loisy en particulier. En 1908, le Saint-Office excommunie ce dernier en se fondant sur un dossier nourri de d√©nonciations tendant √† d√©montrer que Loisy veut ruiner l'√Čglise Catholique.

Exclu quinze ans plus t√īt (1893) de l'Institut catholique de Paris, Alfred Loisy est √©lu √† la chaire de Histoire compar√©e des Religions du Coll√®ge de France, celle-l√† m√™me qui avait √©t√© fond√©e en 1880 par Albert R√©ville auquel son fils Jean R√©ville avait succ√©d√©. Au moment de sa fondation, cette chaire repr√©sentait une pr√©occupation d'actualit√©, comme en t√©moigne en 1879, la d√©lib√©ration du conseil municipal de la ville de Lyon pour l'√©tablissement d'un mus√©e des religions asiatiques fond√© par √Čmile Guimet. Le d√©bat r√©v√®le deux tendances oppos√©es dans le courant la√Įc ; les uns se demandent s'il faut d√©penser de l'√©nergie pour exposer un pass√© r√©volu tandis que les autres per√ßoivent la n√©cessit√© de prendre en compte le r√īle des religions dans les civilisations et, par l√†, une possibilit√© de relativiser le christianisme.

L'affaire Lagrange

L'autre affaire symptomatique de la crise moderniste est l'affaire Lagrange (1855-1938). Le dominicain Marie-Joseph Lagrange[12] est le fondateur de l'√Čcole biblique et arch√©ologique fran√ßaise de J√©rusalem [13], fondateur de la Revue Biblique [14] dont certains travaux seront interdits de publication comme suspects de progressisme.

Mais √† la diff√©rence de Loisy, Lagrange a d√©velopp√© sa critique ex√©g√©tique dans le cadre du dogme et en s'appuyant sur la th√©ologie, plus que contre elle. Meilleur th√©ologien que nombre de ses adversaires, il savait utiliser l'ex√©g√®se et la th√©ologie au service l'une de l'autre. Il a pourtant √©t√© compris dans la m√™me d√©fiance et a connu des interdits presque similaires √† ceux de Loisy. Lagrange ne parvint jamais √† faire publier sa critique de la th√©orie documentaire de Julius Wellhausen. Quand il quitta l'√©cole Biblique pour pr√©server son Ňďuvre, qui ne fut jamais mise √† l'index, son travail sur le nouveau Testament, en particulier son commentaire √† l'√©vangile selon Marc, ne vit jamais le jour[15].

Jamais formellement condamn√©, mais jamais non plus r√©habilit√©, Marie-Joseph Lagrange conserva sa fid√©lit√© √† l'√Čglise, sans rien renier de ses convictions ex√©g√©tiques remettant en cause les id√©es re√ßues et les vieilles habitudes. Il attendit en vain d'√™tre √† nouveau autoris√© √† les exprimer.

Les textes ecclésiatiques condamnant le modernisme

Dans le cadre de sa lutte contre le modernisme, le Vatican a publié plusieurs textes dénonçant ce qui est considéré comme une dérive voire une nuisance par rapport à sa vision théologique de la recherche exégétique. Les auteurs relèvent le plus souvent une série de cinq documents aux indications, enseignements ou condamnations fermes voire coercitifs.

Ainsi, durant le pontificat de Pie IX, la bulle pontificale Ineffabilis Deus de 1854 sur l'Immaculée conception dogmatise le péché originel qui rend infirme la raison. Le péché originel n'avait pas jusqu'alors fait l'objet d'une quelconque dogmatisation[16] même si la doctrine du péché originel avait, elle, une influence importante. Dix ans plus tard, c'est la publication du Syllabus, accompagnant l'encyclique Quanta Cura, dans laquelle Pie IX s'insurge contre la liberté des sciences et en particulier de la philosophie[17].

Sous le pontificat de Pie X parait le syllabus Lamentabili sane exitu (4 juillet 1907) qui condamne les exc√®s du protestantisme lib√©ral sur lesquels Loisy fait d√©boucher son ex√©g√®se. Ce syllabus est bient√īt suivi de l'encyclique Pascendi Dominici Gregis, (8 septembre 1907) qui expose les tentatives de l'ex√©g√®se biblique comme des men√©es anti-catholiques et identifie les tenants du modernisme comme ennemis int√©rieurs[18]. Elle condamne aussi l'id√©e d'une √©galit√© des religions[19], assimilant le modernisme au protestantisme et √† l'ath√©isme[20]. Enfin, le motu proprio Pr√¶stantia Scriptur√¶ Sacr√¶ du 18 novembre 1907 ajoute la sanction de l'excommunication contre tous les pr√©sum√©s modernistes[21].

La liberté d'édition durant la crise moderniste

La liberté d'édition durant la crise moderniste fut totale si l'on excepte les éditeurs catholiques[22].

Pour s'en rendre compte, il suffit de consulter la bibliographie d'un ouvrage acad√©mique comme le J√©sus de Charles Guignebert. La bibliographie de l'√©dition de 1933, telle que pr√©sent√©e dans la r√©√©dition de 1970, pr√©sente 10 pages A5 de bibliographie ; la date de publication des ouvrages s'√©chelonne √† jet continu de 1863 √† 1927. Cette datation de la premi√®re bibliographie donne une id√©e du temps de recherche et de composition de l'ouvrage dont l'auteur √©tait professeur d'histoire du christianisme √† la Sorbonne (Paris, France). La bibliographie compl√©mentaire pour l'√©dition de 1938 inclut les publications de 1934 de Alfred Loisy dont le calvaire d'excommuni√© est souvent pr√©sent√© comme un exemple du pouvoir de l'√Čglise catholique sur la production universitaire. Apr√®s son excommunication, Loisy fut √©lu au Coll√®ge de France, pour partie √† cause du caract√®re r√©solument innovant (pour la France) de ses travaux et pour partie pour des motifs politiques qui consistent justement √† montrer que l'√©glise catholique ne fait pas la loi dans la recherche. Lui, mais aussi tous ses coll√®gues excommuni√©s ou bannis (Dhorme, Battifol, etc.) publi√®rent √† jet continu. La bibliographie compl√©mentaire pour l'√©dition de 1970, r√©alis√©e par P. Jay, B. Demeret et J. Grousson en ajoute autant pour la p√©riode qui suit.
Globalement, cette bibliographie porte sur des ouvrages en 3 langues : deux bons tiers pour l'allemand, une petite poign√©e (essentiellement Goguel, Battifol et Loisy mais aussi Dhorme et MJ Lagrange, ce qui montre l'ouverture d'esprit de Guignebert) pour le fran√ßais et tout le reste en anglais.

Dans le même ouvrage Jésus, les notes de bas de page sont au nombre de 1489 et contiennent à 80% des références à des articles de revues scientifiques, 10% dépouillent des expressions grecques et 10% sont des explications sociologiques. On peut faire les mêmes remarques sur l'ouvrage Le Christ du même auteur dont il convient de rappeler qu'il se revendiquait athée.

Est-elle encore susceptible de porter des enseignements ?

Les enjeux

Deux conceptions de l'inspiration et de la R√©v√©lation s'affrontent :

  • l'une, sur laquelle se basera l'√©cole de l'ex√©g√®se progressiste, dit, avec Thomas d'Aquin, que l'homme re√ßoit la R√©v√©lation dans le langage qui lui est propre et dans le contexte socio-historique qui est le sien ; de ce fait, m√™me le proph√®te le r√©percute dans ces enveloppes ;
  • l'autre, celle du cardinal Louis Billot est celle de l'inerrance biblique[23] : Dieu √©tant l'auteur de l'√Čcriture, elle ne saurait contenir d'erreur[24]. Cette fa√ßon de voir constitue le deuxi√®me intransigeantisme (le premier s'√©tant d√©velopp√© depuis le Syllabus).

Parall√®lement, deux conceptions de l'histoire des religions s'affrontent √©galement, sur un front qui ne se dessine pas n√©cessairement entre religieux et la√Įcs :

Quoique fermement opposé à Loisy, Marie-Joseph Lagrange donne en 1902 une série de conférences intitulées la méthode historique et la Critique Biblique qui seront réunies en 1903 dans un volume. Il y décrit la deuxième méthode et s'attirera par là, l'hostilité de la hiérarchie catholique et des jésuites.

Le troisi√®me enjeu du conflit est en fait le principal. Il s'agit de la question de l'autorit√© : qui d√©tiendra l'autorit√© sur l'histoire des origines du christianisme ? Le magist√®re ? L'universit√© repr√©sent√©e par les chercheurs qu'ils soient ou non catholiques ?

Cette probl√©matique s'inscrit dans le cadre du traditionnel dialogue entre foi et raison, auquel vient se greffer √† la m√™me √©poque l'√©pineuse question de l'√©volution du vivant. L'√©glise catholique soutient fermement l'inerrance biblique et le principe des quatre sens de lecture de l'√Čcriture.

les conséquences

√Čvolution de la formation des clercs

Article d√©taill√© : Hautes √©tudes √©ccl√©siastiques.

Création d'institutions de recherche

Cr√©ation d'institutions de contr√īle

Institutions formelles

L'√Čglise catholique se dote de diverses institutions pour recadrer les opinions erron√©es . Ainsi la Commission Biblique Pontificale voit le jour en 1902, suivie de l' Institut Biblique Pontifical (1909) puis l' Institut scientifique pontifical.

Une institution secrète

Sodalitium Pianum dit aussi la Sapini√®re √©tait un r√©seau d'espionnage et de d√©lation regroupant pr√™tres, religieux et la√Įcs. Fond√© en 1909 par Umberto Benigni, pr√©lat √† l'antis√©mitisme notoire[25] qui, une fois d√©savou√© par Beno√ģt XV, se tournera vers le fascisme. Sodalitium Pianum fut dissous en 1921 mais on trouvera les traces de son exercice jusque 1946[26].

La crise moderniste n'a-t-elle atteint que le christianisme ?

La recherche sur les origines du christianisme et autres disciplines annexes ne s'est pas arr√™t√©e du fait de la publication des documents du Vatican. En ce qui concerne la production francophone, elle a quitt√© le r√©pertoire des chercheurs religieux pour passer aux pr√©occupations des chercheurs la√Įques avec la cr√©ation d√®s 1886 de la Ve section de l'√©cole pratique des hautes √©tudes (EPHE) mais aussi avec la cr√©ation d'institutions de vulgarisation comme le Cercle Ernest Renan, fond√© au d√©but du XXe si√®cle par Paul Alphand√©ry[27].

La crise moderniste ne se limite pas au christianisme dans la mesure o√Ļ elle est essentiellement le fruit d'un essor √©pist√©mologique et m√©thodologique des sciences. On peut observer dans les trois monoth√©ismes diff√©rentes m√©thodes de r√©solution de conflit .

Christianisme

Dans le catholicisme

Dans un premier temps, la r√©ponse est frileuse centr√©e sur la r√©pression consistant en la promulgation du serment anti-moderniste et l'excommunication d'Alfred Loisy et d'Ernest Renan. La question n'ayant pas encore trouv√© de solution en 1954, qui voit r√©primer le progressisme tant comme courant gauchisant √† la suite du mouvement des pr√™tres ouvriers que comme mouvement de recherche ex√©g√©tique comme en t√©moigne la r√©pression de la province de France dominicaine, l'√Čglise catholique convoque le Concile Vatican II.

Dans un deuxi√®me temps, un vasistas s'ouvre sur la possilit√© d'un travail ex√©g√©tique normal avec l'encyclique de Pie XII Divino Afflante Spiritu (30 septembre 1943). Les ex√©g√®tes catholiques s'accordent √† dire que la libert√© de travailler ne leur est accord√©e qu'√† partir de la constitution Dei Verbum, issue du Concile Vatican II. Henri de Lubac s.j. t√©moigne dans ses Carnets du Concile[28] qu'il n'aura pas fallu moins de 5 versions pour parvenir √† un texte qui les satisfasse ; la premi√®re r√©daction les renvoyait √† une situation d'avant la crise et elle fut rejet√©e √† une majorit√© des 4/5.

Dans les protestantismes

Les protestantismes connaissent un mouvement similaire √† celui observ√© dans le juda√Įsme : accentuation des courants se revendiquant orthodoxes et d√©veloppement de courants lib√©raux.

Orthodoxie

Le colloque de Niagara 1873 revendique cinq points fondamentaux auxquels aucun examen ne doit √™tre appliqu√©. L'objectif consiste √† retirer √† Yale et √† Chicago le monopole de l'interpr√©tation (dans Beyond Fundamentalism). Ce courant se d√©veloppe sur un substrat de revanche nationaliste des √Čtats du Sud sur les √Čtats du Nord lors de la d√©faite de la Guerre de Secession.

De ces cinq points fondamentaux na√ģtra le mot fondamentalisme promis √† une belle post√©rit√©.

  • Le r√©veil
  • Cr√©ation des √©glises √©vang√©licalistes
Postérité
  • le Bible Belt
  • Mouvement Southern Baptist (Baptistes du Sud)
  • le colloque de Chicago (1967)
Libéralisme

Dans le juda√Įsme

Les √©tudes sur l'Ancien testament affectent aussi le juda√Įsme qui r√©agit par la multiplication de ses mouvements dont un mouvement lib√©ral repr√©sent√© par Mo√Įse Mendelsohn ou encore Mo√Įse Montefiore, dans la foul√©e de l'assimilationnisme auquel s'oppose un mouvement se revendiquant orthodoxe. Il existe √©galement un mouvement de synth√®se qui tient √† la tradition mais aussi aux conqu√™tes des lumi√®res inaugur√©e avec la Haskala.[r√©f. n√©cessaire]

Articles d√©taill√©s : Samson Raphael Hirsch et Abraham Joshua Heschel.

Dans l'islam

Articles d√©taill√©s : Mohammed Abduh et Islam Lib√©ral.

Personnalités modernistes

L'ouvrage la Nouvelle histoire de l'√Čglise[29] mentionne entre autres une bonne partie des personnalit√©s suivantes  :

France

  • Augustin Brassac, sulpicien, condamn√© pour sa r√©vision (1906) du Manuel biblique ou cours d'√Čcriture Sainte √† l'usage des grands s√©minaires des sulpiciens Vigouroux et Bacuez[30].
  • Maurice Blondel (1861-1949), philosophe
  • Henri Bremond (1865-1933), j√©suite, historien et critique litt√©raire, proche de George Tyrrell.
  • Albert Condamin, j√©suite condamn√© pour sa traduction critique du Livre d'Isa√Įe. Il avait d√©couvert l'existence d'un second recueil, nomm√© depuis le second Isa√Įe.
  • √Čdouard Dhorme, successeur de Lagrange comme directeur de l'√Čcole biblique, sp√©cialiste des textes assyro-babyloniens, auteur d'un √©tude et commentaire des Livres de Samuel (1911) et d'un ouvrage sur la langue de Canaan (1951), d'√©tudes sur la po√©sie biblique. Il traduira, plus tard, l'Ancien Testament pour La Pl√©iade, et pr√©f√®rera quitter de lui-m√™me l'ordre dominicain.
  • Marcel H√©bert, (1851-1943), directeur de l'√©cole F√©nelon, auteur de l'Essence du Catholicisme (1907), o√Ļ, en philosophe kantien, il tente, lui aussi, une r√©ponse √† Harnack avec une interpr√©tation de la dogmatique catholique en termes symbolo-fid√©istes.
  • Albert Houtin (1867-1926) auteur d'une Courte histoire du christianisme paru en 1924. Il avait pr√©c√©demment produit un ouvrage montrant l'aspect l√©gendaire des origines apostoliques de l'√©glise de France [31], en particulier la r√©futation des d√©clarations d'un √©v√™que affirmant l‚Äô√©vang√©lisation de la Provence par Lazare et ses sŇďurs Marthe et Marie ou encore la l√©gende de Ren√© d‚ÄôAngers.
  • Lucien Laberthonni√®re, interdit de publication en 1913, mis √† l'Index d√®s le 5 avril 1906 pour 2 livres Essais de philosophie religieuse de 1903 et son Le r√©alisme chr√©tien et l'id√©alisme grec [32].
  • Jules Lemire, (1853-1928), pr√™tre et politicien
  • Henri de Lubac, (1896-1991), th√©ologien j√©suite, l'encyclique Humani generis de 1950 semblant le viser directement, il est interdit d'enseignement et ses livres sont retir√©s des √©coles et instituts de formation. Il sera r√©habilit√© par Jean XXIII qui le nomme en tant qu'expert √† Vatican II puis par Jean-Paul II qui le fait cardinal en 1983.
  • Dalmace Sertillanges, r√©novateur dominicain de la philosophie thomiste et cr√©ateur de la Revue thomiste, condamn√© √† l‚Äôexil en 1924
  • Teilhard de Chardin, (1881-1955) chercheur, th√©ologien, pal√©ontologiste et philosophe j√©suite interdit de publication religieuse en1924
  • Joseph Turmel (1859-1943) historien des dogmes, auteur d'une histoire des anges √† partir du trait√© ang√©ologique du pseudo Denys.

soutenant les modernistes

  • Louis Duchesne, (1843 - 1922), pr√©lat fran√ßais, philologue et historien fran√ßais, qui fut directeur de l'√Čcole fran√ßaise de Rome et membre de l'Acad√©mie fran√ßaise. Son Histoire ancienne de l'√Čglise fut mis √† l'Index en 1912[33].
  • L√©once de Grandmaison, (1868 - 1927), j√©suite et th√©ologien fran√ßais
  • Lucien Lacroix, (1855 -1922), √©v√™que de Tarentaise, l'√©v√™que des modernistes[34].
  • Maurice Le Sage d'Hauteroche d'Hulst, (1841 - 1896), pr√©lat fran√ßais
  • Eudoxe Ir√©n√©e Mignot, (1842 - 1918), pr√©lat fran√ßais, √©v√™que de Fr√©jus puis archev√™que d'Albi, qui soutint Alfred Loisy[35].

Belgique

Grande-Bretagne

  • Friedrich von H√ľgel, (1852-1925), ex√©g√®te et philosophe catholique de grande influence sur le courant modernisme.
  • George Tyrrell, (1861-1909), anglican converti au catholicisme et devenu j√©suite.
  • Maude D. Petre, (1863 - 1942), religieuse catholique, auteur moderniste proche des pr√©c√©dents.

Italie

√Čtats-Unis

  • John Courtney Murray, (1904-1967), th√©ologien j√©suite, √©minent intellectuel am√©ricain, surtout connu pour ses efforts en vue de r√©concilier le catholicisme avec le pluralisme religieux, la libert√© religieuse et la politique. A la demande de ses sup√©rieurs eccl√©siastiques, Murray cesse donc d‚Äôenseigner et de publier sur la libert√© religieuse en 1954. Il est finalement invit√© comme expert √† compter de la seconde session du concile Vatican II en 1963.

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Dans le sens g√©n√©ral, le modernisme est un mouvement intellectuel affectant le d√©veloppement des sciences et des arts, l'architecture en particulier.
  2. ‚ÜĎ Voir l'article R√©volution tranquille √† ce sujet
  3. ‚ÜĎ Paris, Toulouse, Bordeaux, Rouen, Aix-en-Provence et Lyon
  4. ‚ÜĎ Sa plaquette Das Wesen des Christentums (1901); traduction anglaise : What is Christianity ?, traduction fran√ßaise : L'essence du christianisme)
  5. ‚ÜĎ Sous la direction de G√©rard Mordillat et J√©r√īme Prieur, L'√Čvangile et l'√Čglise - Autour d'un petit livre - J√©sus et la tradition √©vang√©lique , √©d. No√©sis, 2001 ISBN 2911606981
  6. ‚ÜĎ R√©gis Debray, Dieu un itin√©raire, √©d. Odile Jacob, 2003 ISBN 2738113060
  7. ‚ÜĎ √Čmile Poulat, Histoire, dogme et critique dans la crise moderniste
  8. ‚ÜĎ Yves Congar o.p., Mon Journal du Concile
  9. ‚ÜĎ Elle √©tait d√©j√† √©tonnante √† son √©poque si l'on s'en tient √† une r√©flexion de Nathan S√∂derblom. Il portait l'appr√©ciation suivante sur l'ouvrage de Loisy :"l'√Čvangile et l'√Čglise est la plus puissante apologie du catholicisme publi√©e depuis Newman". Cette critique est rapport√©e √† Loisy dans une lettre de Franz Cumont, le savant belge, en date du 4 ao√Ľt 1912, cit√©e p. 98 de l'ouvrage de Fran√ßois Laplanche la crise de l'origine...." d√©j√† cit√©.
  10. ‚ÜĎ Valentine Zuber, Jean Baub√©rot, La haine oubli√©e, L'Anti-protestantisme fran√ßais avant le ¬ę pacte la√Įque ¬Ľ, 1870-1905 Albin Michel-2000
  11. ‚ÜĎ √Čmile Poulat, op. cit.
  12. ‚ÜĎ Biographie autoris√©e du p√®re Lagrange o.p.
  13. ‚ÜĎ Ecole Biblique et Arch√©ologique Fran√ßaise
  14. ‚ÜĎ anciens sommaires de la Revue Biblique
  15. ‚ÜĎ Bernard Montagnes o.p., Marie-Joseph Lagrange. Une biographie critique, Extraits sur Google books
  16. ‚ÜĎ Claude Langlois, Lire Le Syllabus, in Alain Dierkens (√©d.), L‚ÄôIntelligentsia europ√©enne en mutation, 1850-1875, √Čd. de l‚ÄôULB, 1998, p. 85-103
  17. ‚ÜĎ Le syllabus condamne la proposition suivant laquelle ¬ę Tous les dogmes de la religion chr√©tienne sans distinction sont l'objet de la science naturelle ou philosophie. ¬Ľ (proposition IX)
  18. ‚ÜĎ Pascendi Dominici Gregis, art 2 : ¬ę les ennemis d√©clar√©s (...) cachent (...) au coeur de l'Eglise,(...). Nous parlons, V√©n√©rables Fr√®res, d'un grand nombre de catholiques la√Įques, et (...) de pr√™tres, qui, (...) impr√©gn√©s (...) d'un venin d'erreur puis√© chez les adversaires de la foi catholique, se posent (...)comme r√©novateurs de l'Eglise; (...) ¬Ľ
  19. ‚ÜĎ Pascendi Dominici Gregis, art 16
  20. ‚ÜĎ Pascendi Dominici Gregis, art 55 : ¬ę Le premier pas fut fait par le protestantisme, le second est fait par le modernisme, le prochain pr√©cipitera dans l'ath√©isme. ¬Ľ
  21. ‚ÜĎ Pr√¶stantia Scriptur√¶ Sacr√¶ art : ¬ę (...) voulant r√©primer l'audace de jour en jour croissante de nombreux modernistes qui(...) s'efforcent de ruiner la valeur et l'efficacit√© (...) Lamentabili sane exitu [et] de Notre Encyclique Pascendi dominici (...) nous ajoutons la peine d'excommunication contre les contradicteurs. ¬Ľ
  22. ‚ÜĎ Le cas du CERF est paradigmatique. La derni√®re interdiction vaticane l'atteignit en 1936 √† propos d'un ouvrage de Yves Congar o.p. "Chr√©tiens D√©sunis", ouvrage de r√©flexion sur l'Ňďcum√©nisme. Cette renonciation conduisit l'entreprise au bord de la faillite. Des capitaux priv√©s, ind√©pendants de l'ordre dominicains furent introduits en majorit√© car les travaux d'√©dition critique des textes √©taient de grande qualit√© et d'un grand int√©r√™t et devaient √™tre sauv√©s. Depuis l'apr√®s guerre, le CERF jouit d'une grande ind√©pendance. Depuis l'affaire Drewermann, les √©diteurs, m√™me catholiques, savent que l'interdiction (index jusque 1961) ou la condamnation d'un ouvrage par la Congr√©gation pour la doctrine de la foi justifie la mise en route d'une seconde √©dition et est une occasion de profit. Ainsi le CERF a connu r√©cemment une prosp√©rit√© accrue avec la condamnation vaticane de l'ouvrage de Dominique Cerbeleaud o. p. "Marie, un parcours dogmatique". Il est probable qu'il connaisse une nouvelle am√©lioration de son chiffre d'affaires car le th√©ologien novateur et connu bien au-del√† du catholicisme Claude Geffr√© o.p. serait inqui√©t√© depuis mai 2007 pour ses opinions pluralistes largement expos√©es dans ses ouvrages. La editorial Trotta, maison espagnole peu au fait encore de cet aspect de l'opinion publique, s'est trouv√©e pi√©g√©e lors de la condamnation de l'ouvrage de Juan Jos√© Tamayo Acosta en 2003. Elle n'avait rien pr√©vu et se trouva en rupture de stock un an durant, c'est √† dire le temps que l'opinion mobilis√©e pour la d√©fense du th√©ologien (un la√Įc connu sur deux continents) retombe.
  23. ‚ÜĎ On peut noter que cette version de l'inerrance est emprunt√©e aux fondamentalistes protestants qui viennent de se constituer lors des divers congr√®s r√©unis dans les ann√©es 1893 √† Chicago
  24. ‚ÜĎ cit√© dans F. Laplanche, op.cit.
  25. ‚ÜĎ auteur de Meurtre rituel chez les Juifs, Belgrade 1926-1929
  26. ‚ÜĎ Yves Congar o.p., Journal d'un th√©ologien, CERF
  27. ‚ÜĎ Historien m√©di√©viste, enseignant l'Histoire des Doctrines et Dogmes √† la Ve section de l'EPHE
  28. ‚ÜĎ Henri de Lubac, Carnets du Concile, CERF, 2007, publi√©s sous la direction √©ditoriale de Fran√ßois-Xavier Dumortier, Jacques de Larosi√®re, Lo√Įc Figoureux et alii. Pr√©sentation de l'ouvrage sur Canal Acad√©mie
  29. ‚ÜĎ L.-J. Rogier, R. Aubert et M. D. Knowles (dir.), Nouvelle histoire de l'√Čglise, Paris, Le Seuil, 1963-1975
  30. ‚ÜĎ Ancien Testament par Fulcran Vigouroux; Nouveau Testament par Louis Bacuez, 1878-1879
  31. ‚ÜĎ C.J.T. Talar, Pious Legend and "Pious Fraud": Albert Houtin (1867-1926) and the Controversy over the Apostolic Origins of the Churches of France,
  32. ‚ÜĎ Pierre Colin, Lucien Laberthoni√®re. Entre la crise moderniste et le concile de Vatican II, in Esprit & Vie
  33. ‚ÜĎ Wach√© Brigitte, Monseigneur Louis Duchesne, Rome, √Čcole fran√ßaise de Rome, 1992
  34. ‚ÜĎ Christian Sorrel, Lib√©ralisme et modernisme. Mgr Lacroix (1855-1922). Enqu√™te sur un suspect, √©d. Cerf, 2003 pr√©sentation en ligne
  35. ‚ÜĎ Louis-Pierre Sardella, Mgr Eudoxe-Ir√©n√©e Mignot (1842-1918), un √©v√™que fran√ßais au temps du modernisme, √©d. Cerf, 2004 pr√©sentation en ligne

Voir aussi

Bibliographie

Sur la crise moderniste en France

  • Ilaria Biagioli, Fran√ßois Laplanche, Claude Langlois (eds), Autour d'un petit livre. Alfred Loisy cent ans apr√®s, Paris, Brepols, 2007
  • Andr√© Boland, La Crise moderniste hier et aujourd'hui, Beauchesne, coll. ¬ę Le point th√©ologique ¬Ľ, Paris, 1980 (ISBN 2701000335) ;
  • Laurent Fr√∂lich, Les Catholiques intransigeants en France, √©d. L'Harmattan, coll. Logiques politiques, 2002, en ligne
  • Pierre Gibert, L‚Äôinvention de l‚Äôex√©g√®se moderne. Les "Livres de Mo√Įse" de 1650 √† 1750, suppl√©ment au Cahier √Čvangile n¬į 125, SBEV / √©d. du Cerf, 2003;
  • Henri Gouhier, inspirateur de Vatican II, voir la bibliographie compl√®te dans le lien interne correspondant ;
  • Fran√ßois Laplanche, La crise de l'origine : La science catholique des √Čvangiles et l'histoire au XXe si√®cle, Albin Michel, coll. ¬ę Biblioth√®que de l'√©volution de l'humanit√© ¬Ľ, Paris, 2006 (ISBN 2226158944) [pr√©sentation en ligne] 
  • Alain de Libera, Raison et foi : arch√©ologie d'une crise, d'Albert le Grand √† Jean-Paul II, Seuil, coll. ¬ę L'ordre philosophique ¬Ľ, Paris, 2003 (ISBN 2020612879) ;
  • Henri de Lubac, Le Drame de l'Humanisme ath√©e, √©d. Cerf, 1998 (√©d. orig. 1944)
  • Bernard Montagnes, Ex√©g√®se et ob√©issance. Correspondance Cormier-Lagrange, 1904‚Äď1916, Gabalda, coll. ¬ę Les √Čtudes bibliques ¬Ľ, n¬į 11, Paris, 1989 ;
  • Bernard Montagnes, Marie-Joseph Lagrange, une biographie critique, Cerf, Paris, 2004 (ISBN 2204072281) [pr√©sentation en ligne] 
  • √Čmile Poulat,Critique et mystique. Autour de Loisy ou la conscience catholique et l'esprit moderne, Centurion, Paris, 1984.
  • √Čmile Poulat, Histoire, dogme et critique dans la crise moderniste, Albin Michel, coll. ¬ę Biblioth√®que de l'√©volution de l'humanit√© ¬Ľ, Paris, 1996 (ISBN 2226084649) 
  • √Čmile PoulatPhilippe Levillain et , Dictionnaire historique de la papaut√©, Fayard, Paris, 2003 (ISBN 2-213-618577) 
  • Yves Congar et √Čric Mahieu, Mon journal du Concile, Cerf, coll. ¬ę Th√©ologie ¬Ľ, Paris, 2002 (ISBN 2204069124) 

La crise moderniste en Italie

  • Ilaria Biagioli, Alfonso Botti, Rocco Cerrato (edd.), Murri e i murrismi in Italia e in Europa, Urbino, QuattroVenti, 2005
  • Don Lorenzo Bedesh, Riforme religiose et curia Romana all'inizio del secolo, Milan, 1968
  • Don Lorenzo Bedesh, Il modernismo e Romolo Murri in Italia, Parme Guanda, 1968
  • Pietro Scoppola, Crisi Modernista Rinnovamento catholico in Italia, Bologne, 1961.
  • Archives du Journal Time en ligne, Triumph of Modernism, 28 juillet 1967
  • Maurilio Guasco, Il modernismo. I fatti, le idee, i personnaggi, Milano, Edizioni San Paolo, 1995

Ňíuvre de Loisy en ligne

Articles connexes

Liens externes

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