Corse

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Corse

42°9â€ČN 9°5â€ČE / 42.15, 9.083

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Corse
Armoiries
DĂ©tail
logo
Administration
Préfecture Ajaccio
DĂ©partements Corse-du-Sud (2A)
Haute-Corse (2B)
Chefs-lieux Ajaccio
Bastia
Arrondissements 5
Cantons 52
Communes 360
Conseil régional Collectivité territoriale de Corse
Président
Mandat
Paul Giacobbi (PRG)
(Conseil exécutif)
Dominique Bucchini (PCF) (Assemblée de Corse)
2010-2014
Site web www.corse.fr
Préfet Patrick Strzoda
DĂ©mographie
Population 302 966 hab. (2008)
DensitĂ© 35 hab./kmÂČ
Gentilé Corse
GĂ©ographie
Superficie 8 680 kmÂČ
Corse region locator map.svg

La Corse est une Ăźle de la mer MĂ©diterranĂ©e et une rĂ©gion française, ayant un statut spĂ©cial (officiellement « collectivitĂ© territoriale de Corse Â»), composĂ©e de deux dĂ©partements : la Corse-du-Sud (2A) et la Haute-Corse (2B). Elle fut indĂ©pendante le 30 janvier 1735, puis fut conquise par la France lors de la bataille de Ponte Novu, le 9 mai 1769. Elle a pour hymne le Dio vi Salvi Regina. Elle est surnommĂ©e Île de BeautĂ©.

Sommaire

De l'origine des noms Corsica et Cyrnos

Bien des lĂ©gendes existent sur l'origine du nom donnĂ© Ă  l'Ăźle de Corse. Parmi les plus tenaces, celle qui veut que les Grecs l'aient appelĂ©e KallistĂȘ (en grec ancien ÎšÎ±Î»Î»ÎŻÏƒÏ„Î· : « la plus belle Â»), et dont on sait aujourd'hui qu'elle est fausse[Note 1].

Des historiens ont Ă©crit :

  • « De vieux auteurs l'assurent et, dans la lĂ©gende qu'ils nous ont transmise, une rĂ©alitĂ© prĂ©cise apparaĂźt sans doute. Une femme de la cĂŽte de Ligurie, voyant une gĂ©nisse s'Ă©loigner Ă  la nage et revenir fort grasse, s'avisa de suivre l'animal dans son Ă©trange et longue course. Sur le rĂ©cit qu'elle fit de la terre inconnue qu'elle venait de dĂ©couvrir, les Liguriens y firent passer beaucoup de leurs compagnons. Cette femme s'appelait Corsa, d'oĂč vint le nom de Corse. C'est la lĂ©gende Ă©ponyme que nous retrouvons Ă  l'origine de toutes les citĂ©s antiques ; mais elle est de formation rĂ©cente, car le premier nom de l'Ăźle est Cyrnos et non pas Corsica.
La difficultĂ© n'Ă©tait point pour embarrasser les vieux chroniqueurs, grands amateurs de merveilleux et habituĂ©s Ă  ne douter de rien. Il y a d'autres lĂ©gendes, et plus prestigieuses, sinon moins fantaisistes. Un fils d'HĂ©raclĂšs, Cyrnos, aurait colonisĂ© la Corse en lui donnant son nom. Giovanni della Grossa croit que la Corse a Ă©tĂ© peuplĂ©e par un chevalier troyen, appelĂ© Corso ou Cor, et une niĂšce de Didon, nommĂ©e Sica, que Corso a bĂąti les villes de l'Ăźle et leur a donnĂ© les noms de ses fils et de son neveu, Aiazzo, Alero, Marino, Nebbino. C'est ainsi que la Grande-Bretagne a eu son Brut, la France son Francus et que la Corse a son Corso, neveu d'EnĂ©e Â»[1].
  • « L'Ăźle de Corse, nommĂ©e Cyrnos par les Grecs, Ă©tait baignĂ©e au nord par la mer de Ligurie (Ligusticum mare), Ă  l'est par la mer TyrrhĂ©nienne, au sud par le dĂ©troit Taphros ou Gallicum qui la sĂ©parait de la Sardaigne (Sardinia), Ă  l'est par la mer IbĂ©rique Â»[2].
Plus loin, dans son Ă©tude sur l'occupation de l'Ăźle, Xavier Poli Ă©crit : « L'unique texte sur lequel nous pouvons nous appuyer, pour avancer que les Libyens ont occupĂ© la Corse, est tirĂ© de la Phocide de Pausanias, qui Ă©crivait au IIe siĂšcle de notre Ăšre : « A peu de distance de la Sardaigne il est une Ăźle appelĂ©e par les Grecs Cyrnos et par les Libyens qui l'habitent Corsica Â». Une partie non minime de la population, Ă©crasĂ©e dans une sĂ©dition, passa de cette Ăźle dans celle de Sardaigne et se tailla dans la montagne un territoire oĂč elle s'Ă©tablit. Les Sardes nomment ces Ă©migrĂ©s du nom qu'ils ont apportĂ© de leur pays, Corses Â»[3].
« La lĂ©gende est plus prĂ©cise, Sardus fils d'Hercule et fondateur mythique de la Sardaigne aurait eu un frĂšre Cyrnos. A la tĂȘte d'une nombreuse armĂ©e de Libyens, l'un et l'autre auraient quittĂ© l'Afrique pour venir s'installer, le premier en Sardaigne, le second en Corse, donnant leurs noms aux deux Ăźles Â»[2].
Selon PtolĂ©mĂ©e « L'Ăźle de Cyrnos, qui est aussi appelĂ©e Corsica, (Variantes: Corsa, Corsi, Corsia), est bornĂ©e au nord et Ă  l'ouest par la mer de Ligurie, Ă  l'est par la mer TyrrhĂ©nienne, au sud par la mer qui la sĂ©pare de l'Ăźle de Sardaigne ... Â»[2].
Et Xavier Poli de conclure : « C'est de Chalcis, principale ville de l'EubĂ©e, que partit la plus ancienne colonie que la GrĂšce envoya vers l'Occident ; elle alla fonder Cumes entre le XIe et VIIIe siĂšcles av. J.‑C.. Nous savons qu'un des points du territoire de Carystos, une des plus jolies villes de l'EubĂ©e, portait le nom de Cyrnos. Il semblerait donc vraisemblable que Corsica fut baptisĂ©e Cyrnos par les colons de Cumes ; mais il convient aussi de dire que Cyrnos est un nom propre d'homme que nous trouvons dans HĂ©rodote et dans StobĂ©e Â»[2].

GĂ©ographie

Article dĂ©taillĂ© : GĂ©ographie de la Corse.
Photo satellite de la Corse (NASA)

Site et situation

La Corse est situĂ©e Ă  177 km environ au sud-est de la CĂŽte d'Azur, Ă  l'ouest de la Toscane (85 km) et au nord de la Sardaigne (12 km). Île plutĂŽt boisĂ©e et montagneuse, sa cĂŽte mĂ©ridionale est formĂ©e de hautes falaises (Bonifacio).

La distance la plus courte entre la France continentale et l'ile, de Cap Martin Ă  la pointe de la Revellata, est de 170 km ; l'Ăźle est situĂ©e Ă  85 km de l'Italie continentale et Ă  28 km des Ăźles de l'archipel toscan (Capraia).

La Corse se situe avec la Sardaigne sur une microplaque continentale séparée de celle de la France ou de l'Italie, et appelée bloc corso-sarde.

La distance[4] entre le point Nord et le point Sud de la Corse est de 184 kilomĂštres[5].

Environnement

Le golfe de Porto, patrimoine mondial de l'UNESCO

Bien que de nombreuses espÚces endémiques aient disparu lors de la préhistoire ou peu aprÚs, comparativement au continent et aux ßles bretonnes, la Corse bénéficie d'un environnement relativement préservé, tant sur terre que sur la cÎte et en mer.

L'Ăźle abrite un parc marin international, des rĂ©serves naturelles (de Scandola, Finocchiarola, Biguglia, Cerbicale, Bouches de Bonifacio et Tre Padule de Suartone) et le Parc naturel rĂ©gional de Corse, et des zones communautaire pour les oiseaux. Un observatoire conservatoire des insectes de Corse vise Ă  conserver les espĂšces patrimoniales et de la biodiversitĂ© ordinaire. Le risque d'incendie constitue une menace pour la biodiversitĂ©, alors que (en 2006) plus de 50 % des dĂ©gĂąts dĂ©couleraient de 12 % des mises Ă  feu liĂ©es aux pratiques d'entretien de pĂąturages ou chemins et zones de chasse. 15 % des incendies seraient dus Ă  la foudre, mais n'Ă©tant responsable que de 1 % des destructions (en surface). Durant la canicule de 2003, prĂšs de 20 000 ha ont brĂ»lĂ© avec environ 500 mises Ă  feu[6], le problĂšme des incendies pourrait croĂźtre avec le rĂ©chauffement climatique. 402 000 hectares sont couverts de forĂȘt en Corse.

L’AssemblĂ©e de Corse (loi du 13 mai 1991) bĂ©nĂ©ficie d'une compĂ©tence particuliĂšre en Environnement, avec un Office de l'environnement de la Corse[7] et un Observatoire de l'environnement.

Histoire

Article dĂ©taillĂ© : Histoire de la Corse.
Article dĂ©taillĂ© : Constitution Corse.

Préhistoire

Dans son Ă©tude sur la Corse, de ses origines Ă  l'expulsion des Sarrasins[2], Xavier Poli se propose de remonter aux sources, de rĂ©unir tous les textes des Ă©crivains grecs et romains et toutes les inscriptions intĂ©ressant la Sardinia en gĂ©nĂ©ral, et la Corsika en particulier. Il dĂ©bute son ouvrage avec ces propos :

« Les savantes recherches du capitaine Ferton, du commandant Caziot, des docteurs Deperet et Caujolle, du professeur Testut nous font faire connaissance avec le squelette de l'homme de ces temps reculĂ©s et posent des bases sĂ»res Ă  une question qui ne peut manquer de passionner les esprits que l'histoire de la Corse intĂ©resse.

La race néolithique corse aurait été d'assez grande taille. Par son crùne allongé et sous-dolichocéphale, par la ligne ùpre et assez saillante de son fémur incarné, par son tibia remarquablement platycnémique, le squelette retrouvé présente les caractÚres principaux de la race néolithique de l'Europe occidentale.

Cet homme, ajoute M. Ferton, utilisait pour la confection de ses armes et de ses outils, non-seulement les roches du pays : le silex, le quartz et diverses roches des terrains granitiques, mais aussi les os d'animaux, et une roche Ă©trangĂšre Ă  la Corse, l'obsidienne, qu'il devait recevoir du Monte-Arci, en Sardaigne. ... Les relations de commerce entretenues Ă  Bonifacio, avec les peuplades de la Sardaigne, l'emploi coĂ»teux qu'on y faisait de l'obsidienne, bien que le silex du pays, d'Ă©gale valeur, fĂ»t connu et utilisĂ©, permettent de supposer que le Bonifacien des temps nĂ©olithiques Ă©tait un immigrĂ© venu de la Sardaigne, peut-ĂȘtre originaire de l'Afrique. Â»  Â»

et de poursuivre : « La conclusion du capitaine Ferton serait sans rĂ©plique s'il Ă©tait prouvĂ©, aprĂšs de sĂ©rieuses recherches, que l'obsidienne ne se trouve pas en Corse oĂč l'on constate des roches d'origine volcanique. Â»

  • Ă  partir de -10000, frĂ©quentation humaine de l'Ăźle
  • vers -6500, prĂ©sence humaine sur l'ensemble de l'Ăźle qui a laissĂ© des traces, avec la Dame de Bonifacio, et au Cap Corse Petra curbara.
  • -5000 : dĂ©but de la civilisation proto-corse, issue probablement de populations venues de la de la pĂ©ninsule italienne (Ligures, Italiques), de la pĂ©ninsule ibĂ©rique (IbĂšres) et d'Afrique du Nord (Libyques).
  • -1500/-1300 : dĂ©but de la civilisation TorrĂ©enne ; construction de statues-menhirs et de tours par les TorrĂ©ens

Antiquité

Chronologie

  • -660 : les Étrusques, installĂ©s en Toscane en -780, commercent avec les Vanacini, peuplade du Cap Corse qui travaillaient le fer et cultivaient la vigne et le blĂ©
  • -616 : les Carthaginois installent des comptoirs en Corse, commerçant avec Cagnano
  • -565 : les PhocĂ©ens fondent Alalia, la citĂ© du sel (actuelle AlĂ©ria)
  • -535 : aprĂšs une longue bataille navale oĂč les PhocĂ©ens perdent environ soixante de leurs navires, les Étrusques de Toscane alliĂ©s aux Carthaginois chassent les Grecs ; cette bataille marque l'effondrement de la thalassocratie phocĂ©enne. Les Corses utilisent l'alphabet qu'ils apportent.
  • -453 : les Syracusains de Sicile menĂ©s par GĂ©lon chassent les Étrusques. Apelles, amiral de Syracuse, fonde Syracusenus Portus (actuelle Porto-Vecchio)
  • -384 : Denys (Dionysos) Ier, tyran de Syracuse et successeur de GĂ©lon, dĂ©cide d'anĂ©antir les prĂ©tentions puniques sur toute la mer ThyrrĂ©nienne. Pour cela il occupe les petites Ăźles, les points forts de la cĂŽte orientale et fait de Syracusenus Portus une base avancĂ©e dont il se sert pour surveiller les rĂ©gions alentour
  • -280 : les Carthaginois, appuyĂ©s par des mercenaires torrĂ©ens servant dĂ©jĂ  dans les rangs de l'armĂ©e depuis le Ve siĂšcle av. J.‑C., chassent les Syracusains
  • -259 : Ă  la suite d'une dĂ©cision prise cinq ans plus tĂŽt au dĂ©but de la PremiĂšre guerre punique, les Romains entreprennent la conquĂȘte de la Corse. À la tĂȘte d'une importante flotte, Lucius Cornelius Scipio, dit Scipion l'Africain, surprend Alalia de nuit. À l'Ă©poque, il semblerait que la citĂ© Ă©tait libre, peuplĂ©e Ă  la fois d'Étrusques et de Carthaginois. Scipion la brĂ»le et la rebaptise Aleria
  • -238 : seconde expĂ©dition romaine menĂ©e par Tiberius Gracchus. La Corse est rĂ©unie Ă  la Sardaigne et devient la province romaine de Corse-Sardaigne. Les Corses traitĂ©s en vaincus et non en "libĂ©rĂ©s" s'insurgent
  • -235 : cinquiĂšme expĂ©dition de Rome en Corse dirigĂ©e par Spurius Carvilius Maximus
  • -232 : les Annales romaines citent un jeune Romain nommĂ© Cristino comme Ă©tant celui qui a donnĂ© la victoire Ă  Carvilius
  • -227 : Ă  la suite d'une nouvelle rĂ©volte, Rome accorde Ă  la Corse un rĂ©gime provincial ainsi que les « droits des peuples latins Â»
  • -162 : dĂ©but de la « paix romaine Â» aprĂšs un siĂšcle de guerre et une douzaine d'expĂ©ditions. MalgrĂ© quelques aides puniques, les Corses se sont fait massacrer : en un siĂšcle, les deux tiers des Corses sont tuĂ©s
  • -105 : fondation de Mariana (au sud de l'actuelle Bastia)

Sources

Lorsqu'ils Ă©voquent la Corse, les Ă©crivains antiques sont unanimes Ă  y reprĂ©senter l'homme - Ă  l'image de la nature qui l'environne - comme hostile[8] :

"L'Ăźle de Cyrnos est connue des Romains sous le nom de Corsica. La vie y est partout misĂ©rable, la terre n'est que rocs, la plus grande partie du pays totalement impĂ©nĂ©trable. Aussi les bandits qui occupent ses montagnes et vivent de rapines sont-ils plus sauvages que des bĂȘtes fauves. Parfois les gĂ©nĂ©raux romains y font des incursions, et aprĂšs les avoir vaincus ramĂšnent de trĂšs nombreux esclaves, et Rome voit alors avec stupĂ©faction Ă  quel point ils tiennent du fauve et de la bĂȘte d'Ă©levage. En effet, ils se laissent mourir par dĂ©goĂ»t de la vie, ou excĂšdent Ă  tel point leur propriĂ©taire par leur apathie et leur insensibilitĂ© qu'ils lui font regretter son achat, si peu qu'il ait dĂ©pensĂ©. Il y a cependant certaines portions de l'Ăźle qui sont, Ă  la rigueur, habitables, et oĂč l'on trouve mĂȘme quelque petites villes, telles que BlĂ©sinon, Charax, Eniconiae et Vapanes".

Haut Moyen Âge

Le port de Bonifacio
  • 455 : fin de l'occupation romaine et invasion par des Vandales du roi GensĂ©ric, qui a conquis l'Africa romana. PremiĂšres Ă©pidĂ©mies de malaria
  • 534 : les troupes byzantines[Note 2] du gĂ©nĂ©ral BĂ©lisaire, conquĂ©rant du royaume vandale d'Afrique, chasse les Vandales
  • 550 : les Goths d'Italie du roi Totila, en guerre contre Byzance, font plusieurs incursions dans l'Ăźle
  • 590 : intervention du pape GrĂ©goire le Grand en raison des exactions byzantines
  • 704 : premiĂšre incursion des pirates sarrasins[9]
  • 725 : invasion par des Lombards d'Italie du roi Liutprand
  • Vers la moitiĂ© du VIIIe siĂšcle dĂ©part des Lombards, avec les premiĂšres razzias des Sarrasins[10]
  • 771 : lĂ©gende du prince romain Ugo Colonna, envoyĂ© sur l'Ăźle par le pape Étienne III avec 1000 fantassins et 200 cavaliers, qui expulse les Sarrasins du « roi Negolone Â» aprĂšs trente ans de lutte.
  • 774 : Le roi des Francs Charlemagne, devenu roi des Lombards, cĂšde la Corse Ă  la PapautĂ©
  • 806 : nouvelle incursion sarrasine : les envahisseurs sont chassĂ©s par une flotte envoyĂ©e par le roi PĂ©pin d'Italie, l'un des fils de Charlemagne, devenu en 800, empereur d'Occident
  • 807 : incursion de musulmans venus d’Espagne; ils sont dĂ©logĂ©s par un certain Burchard, un connĂ©table envoyĂ© par Charlemagne. Une bataille navale a lieu aux alentours de Porto-Vecchio coĂ»tant treize navires et des milliers de morts aux envahisseurs
  • 809 : l’Annaliste de Saint Bertin Ă©crit que les « Maures, partis d’Espagne, envahissent la Corse, et le samedi de PĂąques dĂ©truisent une citĂ© oĂč ils ne laissent survivre que son Ă©vĂȘque et quelques vieillards et infirmes Â». Cette citĂ© pourrait ĂȘtre AlĂ©ria
  • 825 : l’empereur d’Occident Louis le Pieux, l'un des fils de Charlemagne, envoie en Corse son fils Lothaire, puis en 828, le comte Boniface II de Toscane, pour en chasser les Maures. Ce dernier, aprĂšs avoir reconquis la quasi-totalitĂ© de l’üle, pourchasse les Maures jusqu’en Afrique. C’est lui qui fondera Bonifacio en 830
  • les Corses fuient les cĂŽtes et rejoingnent la montagne, d'autres s'embarquent pour l'Italie. Une bonne partie d'entre eux sont accueillis Ă  la fin du IXe siĂšcle par le Pape LĂ©on IV (845-857), qui les installe dans la ville fortifiĂ©e de Porto, Ă  quelques centaines de mĂštres du port ensablĂ© d'Ostie, Ă  l'embouchure du Tibre[10].
  • 1014 : derniĂšre incursion sarrasine du roi (ou chef) Abu Hosein Mogehid, battu par une flotte pisano-gĂȘnoise

PĂ©riode de Pise, d'Aragon et de GĂȘnes

  • 1077 : GrĂ©goire VII confie l'administration de la Corse Ă  Londolphe Ă©vĂȘque de Pise; et le charge de rĂ©organiser les diocĂšses de l'Ăźle.
  • 1092 : Le pape Urbain II nomme archevĂȘque Daibertus Ă©vĂȘque de Pise qui devient mĂ©tropolitain-suzerain des 6 diocĂšses corses : Nebbio, Mariana, Accia, Sagone, Ajaccio et Aleria.
  • 1130 : sous l'influence de l'Église, les morts jusque lĂ  enterrĂ©s aux bords des routes, sont inhumĂ©s autour et dans les Ă©glises.
  • 1133 : les Ă©vĂȘchĂ©s sont sĂ©parĂ©s en deux groupes (1 pour GĂȘnes et 1 pour Pise). GĂȘnes obtient du pape Innocent II les diocĂšses de Nebbio, Mariana, Accia, Pise conservant Sagone, Ajaccio et Aleria.
  • 1195 : installation de GĂȘnes Ă  Bonifacio
  • 1268 : Sinucelli della Rocca, dit Giudice della Rocca ou de Cinarca, est maĂźtre de la Corse sauf Cap Corse et Bonifacio, avec l'aide de Pise. GĂȘnes porte la guerre en Balagne et s'installe Ă  Calvi, Ă©difiant une citadelle
  • 1284 : bataille navale de Meloria ; Henri da Mare (fils d'Ansaldo, cosseigneur de Rogliano, amiral de GĂȘnes) dĂ©fait la marine pisane
  • 1284 : la Corse devient la propriĂ©tĂ© de GĂȘnes qui devient dominante en MĂ©diterranĂ©e ; Pise est Ă©vincĂ©e
  • 1297 : le pape Boniface VIII crĂ©e le royaume de Sardaigne et de Corse, concĂ©dĂ© en zone fĂ©odĂ©e Ă  la couronne d'Aragon
  • 1336 : mort de Jean Avogari (fils d'Oberto) ; son fief est partagĂ© entre ses fils : Brando Ă  Piero, Nonza Ă  Lucchino et Canari Ă  AndrĂ©.
  • 1347 : les GĂ©nois dĂ©cident l'occupation entiĂšre de l'Ăźle. Avec le consentement des seigneurs et des populations, la Corse est gĂ©noise
  • 1347 - 1348 : la peste noire ne laissa en Corse que le tiers des habitants aux dires du chroniqueur florentin, Giovanni Villani[1]
  • 1348 : mort de Galeotto da Mare (dit Giachetto, arriĂšre-petit-fils d'Ansaldo) ; son fief est partagĂ© entre ses enfants : Babiano a tout sauf Centuri pour Crescione ; Morsiglia va Ă  Nicolas (fils de Crescione) mais il est peu aprĂšs aussi seigneur de Centuri ; Pino va Ă  Bartolomeo (frĂšre de Crescione)
  • 1358 : Sambucucciu d'Alandu dirige une rĂ©volte populaire et chasse de leurs fiefs les seigneurs, remplacĂ©s par des Caporali. Tous les chĂąteaux sont dĂ©molis Ă  part 6 dont ceux de Nonza et San Colombano. Le peuple s'administre et les communes Ă©mancipĂ©es s'unissent en une confĂ©dĂ©ration de la Terra del Comune, opposĂ©e au Cap Corse et Ă  la Terra dei Signori
  • 1359 : le territoire compris entre Brandu et AlĂ©ria, Corte et la mer, qui s'est libĂ©rĂ© du joug fĂ©odal, s'allie Ă  la commune de GĂȘnes
  • 1363 : persĂ©cution et extermination des Ghjuvannali, confrĂ©rie prĂŽnant la non-violence. 20 000 personnes excommuniĂ©es et massacrĂ©es
  • 1372 : l'Aragon rĂ©alise ses droits sur la Corse. Il aide Arrigo della Rocca, descendant de Giudice, comte de Corse. GĂȘnes infĂ©ode l'Ăźle Ă  des gentilhommes gĂ©nois. Arrigo s'entend avec eux pour fonder la sociĂ©tĂ© de la Maona et ĂȘtre gouverneur de la Rocca
  • 1378 : 27 aoĂ»t, GĂȘnes afferma l'Ăźle Ă  une sociĂ©tĂ© industrielle et financiĂšre, composĂ©e de six membres et dĂ©signĂ©e sous le nom de Maona
  • 1385 : la Maone se brouille avec Arrigo, le combat mais doit capituler.
  • 1383 : fondation de Bastia par GĂȘnes
  • 1394 : Arrigo della Rocca chasse tous les seigneurs de leurs chĂąteaux et se dĂ©clara seigneur de l'Ăźle tout entiĂšre.
  • 1397 : Arrigo, maĂźtre de presque toute la Corse durant douze ans, est vaincu par GĂȘnes.
  • 1401 : mort du comte de Corse Arrigo della Rocca. Son fils passe dans le camp de GĂȘnes
  • 1405 : Vincentello d'Istria, neveu d'Arrigo, soutenu par l'Aragon, est Ă©lu comte de Corse Ă  Biguglia
  • 1418 : victoire dĂ©cisive de Vincentello d'Istria contre l'armĂ©e gĂ©noise Ă  Biguglia. Il est nommĂ© vice-roi par l'Aragon
  • 1420 : intervention, avec sa flotte, du roi Alphonse V d'Aragon. Vincentello d'Istria prend Bastia, Ă©choue Ă  Bonifacio aprĂšs son siĂšge, et ne peut conserver longtemps Calvi.
  • 1430 : rejetant la tutelle de Vincentello, les caporali de Terra del Comune proclament Simon 1er da Mare, frĂšre d'Urbain, gouverneur gĂ©nĂ©ral de la Corse. Ce dernier d'abord battu Ă  Biguglia, bloque Vincentello dans Bastia en 1433.
  • 1434 : le comte et vice-roi de Corse Vincentello d'Istria est dĂ©capitĂ© Ă  GĂȘnes
  • 1434 : Simon 1er da Mare se retrouve comte de Corse, mais ne rĂšgne durant quelques annĂ©es que sur les deux tiers de l'Ăźle, malgrĂ© l'appui de GĂȘnes, des Caporali et de son fils Carlo.
  • 1439 : mort de Simon 1er da Mare.
  • 1453 : Ă  la demande des Corses, l'Ăźle est gĂ©rĂ©e par l'Office de Saint Georges, avec l'assentiment du pape. La domination gĂ©noise devient fondĂ©e en droit. L'Office massacre 22 seigneurs de Cinarca hostiles, expatrie de nombreux Corses, vide le Niolu de tous ses habitants et le ruine sans cesse de 1460 Ă  1530 car hostile Ă  GĂȘnes
  • 1454 : le chĂąteau de Petralerata est cĂ©dĂ© Ă  l'Office Saint-Georges par son occupant, Carlo di Luciano, suivant une convention ratifiĂ©e par l'Office le 13 fĂ©vrier
  • 1455 : aprĂšs la prise de Constantinople par les Turcs en 1453, les Barbaresques commencent Ă  razzier les cĂŽtes (ils le feront durant environ 3 siĂšcles). Les villages cĂŽtiers commencent Ă  ĂȘtre abandonnĂ©s. Pour rassurer les populations, GĂȘnes impose la construction de tours littorales aux frais des pievi et communautĂ©s
  • 1457 : la Banque conçoit le projet de construire une forteresse Ă  Ajaccio.
  • 1460 : devant la CortĂšs catalane, Jean d'Aragon jure l'union perpĂ©tuelle de la Sicile et de la Sardaigne Ă  la couronne. Il n'est plus question de la Corse. C'est la reconnaissance tacite de la souverainetĂ© gĂ©noise
  • 1463 : la promesse d'aider Giocante da Leca en rĂ©volte contre GĂȘnes, sera la derniĂšre manifestation des droits que l'Aragon pouvait prĂ©tendre sur la Corse
  • 1464 : Francesco Maletta vient prendre possession de la Corse au nom du duc de Milan ; Polo della Rocca et les seigneurs de Cap Corse lui font leur soumission.
  • 1481 : Rinuccio di Leca soulĂšve le peuple et offre la Corse Ă  Appiano IV, seigneur de Piombino, qui envoie immĂ©diatement son frĂšre Gherardo, comte de Montegna, sur l'Ăźle oĂč on l'acclame comte de Corse.
  • 1492 : la citadelle d'Ajaccio est en construction. Le 2 mai 1492, Alfonso d'Ornano Ă  qui ont Ă©tĂ© confiĂ©s les travaux, Ă©crit aux Protecteurs de San-Giorgio que les murailles de la ville Ă©taient assez avancĂ©es pour « couper les jambes Ă  toute espĂšce d'ennemis Â»[1].
  • 1507 : pour soumettre la Rocca, l'amiral gĂ©nois Andrea Doria ruine le pays
  • 1511 : mort du dernier seigneur souverain de la Rocca, Rinuccio Della Rocca, fait assassinĂ© par Andrea Doria. Il meurt dans une embuscade que lui avaient tendue les descendants d'Antonio della Rocca, ses irrĂ©conciliables ennemis. Toute l'Ăźle passe sous le pouvoir direct de GĂȘnes
  • 1515 : mort en exil Ă  Rome du dernier comte de Corse, Giovan Paolo de Leca
  • 1526 : dĂ©but d'une pĂ©riode d'Ă©pidĂ©mie de peste qui dure 4 ans
  • 1540 : les GĂ©nois conduits par Zannetino Doria neveu d'Andrea Doria, capturent Ă  Girolata Dragut amiral turc et l'un des corsaires les plus cĂ©lĂšbres de l'Empire ottoman.
  • 1551 : Sampiero Corso occupe la Corse avec les Turcs pour le compte de la France
  • 1553 : 23 aoĂ»t, de Thermes prend possession officielle de la Corse (l'isle de CorsĂšgue) au nom du roi Henri II de France.
  • 1555 : les Français s'allient aux Turcs qui ravagent Bonifacio, et le Cap Corse. Le corsaire turc AcarĂšse base ses galiottes dans l'anse d'Agnellu et occupe durant plusieurs annĂ©es le pays d'Ersa.
  • 1559 : traitĂ© du Cateau-CambrĂ©sis. La Corse est rendue Ă  GĂȘnes
  • 1564 : Sampiero Corso essaie de reprendre la lutte contre GĂȘnes. Il libĂšre le centre de l'Ăźle, mais est tuĂ© en 1567 ; son fils Alfonso d'Ornano continue la lutte, mais en 1569 se rĂ©signe Ă  s'embarquer Ă  Calvi pour la France.
  • 1569 : GĂȘnes dote l'Ăźle de "Statuts civils et criminels" (en vigueur presque jusqu'en 1789).
  • 1571 : octobre - Ambroise de Negroni et 4 felouques cap-corsines construites Ă  Santa Severa participent Ă  la victoire de LĂ©pante (les Ottomans perdent leur lĂ©gendaire invincibilitĂ© et 117 navires).
  • 1573 : le drapeau de la Corse apparait pour la premiĂšre fois. Dans un atlas des possessions de Philippe II roi d'Espagne avec des armoiries pour chaque province qu'il Ă©tablit en 1573, le gĂ©ographe italien Mainaldi Galerati dĂ©cide d'y faire figurer la Corse. Comme il n'en connaĂźt pas les armes, il dĂ©cide d'y mettre une tĂȘte de maure[11].
  • 1579 : Ă©pidĂ©mie de peste Ă  GĂȘnes et en Corse
  • 1583 Ă  1590 : famine et misĂšre en Corse. Les Barbaresques razzient toutes les cĂŽtes de l'Ăźle. Des personnes sont enlevĂ©es, 76 villages sont ruinĂ©s ou abandonnĂ©s dans le sud, 21 dans le nord.
  • 1594 : parution de la premiĂšre histoire de la Corse
  • 1676 ; 14 mars, arrivent des exilĂ©s Grecs Ă  qui les GĂ©nois accordent le territoire de Paomia
  • 1715 : les Corses obtiennent l'interdiction des armes moyennant une imposition supplĂ©mentaire de deux seini par feu
  • 1725 : naissance de Pascal Paoli
  • 1726 : Alessandro Saluzzo est Ă©lu gouverneur
  • 1728 : Felice Pinelli qui lui succĂšde, surexcite les Corses par sa maladresse et sa rigueur
  • 1729 : premier soulĂšvement des Corses contre GĂȘnes Ă  la suite de mauvaises rĂ©coltes et de nouvelles taxes
  • 1730 : juin, arrivĂ©es du nouveau gouverneur Giovanni Francesco Gropallo, et du commissaire Camillo Doria chargĂ© des pleins pouvoirs militaires
  • 1730 : en dĂ©cembre, consulte de Saint-Pancrace ; la Corse dĂ©clare son indĂ©pendance
  • 1731 : Ă  la demande de GĂȘnes, des troupes impĂ©riales commandĂ©es par le baron de Wachtendonck arrivent en Corse
  • 1732 : 14 janvier, le colonel de Vins avec 600 soldats allemands tentent d'occuper Calinzana et subit une lourde dĂ©faite
  • 1732 : 26 mars, Paolo Battista Rivarola est nommĂ© commissaire gĂ©nĂ©ral
  • 1732 : 7 avril, Le prince de Wurtemberg arrive Ă  Calvi avec de nouvelles troupes allemandes
  • 1732 : paix de Corte qui ne sera pas respectĂ©e
  • 1733 : Wachtendonck et les derniĂšres troupes allemandes quittent la Corse

Le Gouvernement de Pascal Paoli (1755-1769)

Pascal Paoli
  • 1733 : juillet, Paolo Geronimo Pallavicini commissaire gĂ©nĂ©ral en remplacement de Rivarola
  • 1733 : deuxiĂšme soulĂšvement des Corses contre GĂȘnes
  • 1734 : DĂ©but septembre, Ugo Fieschi et Pier Maria Giustiniani, sĂ©nateurs, sont nommĂ©s commissaires gĂ©nĂ©raux, en remplacement de Pallavicini. Ils s'annoncent comme messagers de paix
  • 1735 : 30 janvier, dĂ©claration d'indĂ©pendance par la consulta d'Orezza
  • 1735 : 2 mai, GĂȘnes envoie un commissaire gĂ©nĂ©ral pour le DelĂ -des-Monts, Ottavio Grimaldi. Felice Pinelli revient en Corse comme commissaire gĂ©nĂ©ral du Deçà-des-Monts
  • 1735 : premiĂšre Constitution corse
  • 1736 : Fin janvier, arrive le commissaire gĂ©nĂ©ral Rivarola
  • 1736 : un aventurier, ThĂ©odore de Neuhoff, ex-espion en Écosse pour Ă©tudier le rĂ©tablissement des Stuart, devient roi des Corses
  • 1737 : 10 novembre Ă  Fontainebleau, convention entre la France et GĂȘnes pour l'envoi de troupes en Corse
  • 1737 : dĂ©cembre, le marquis Giovan Battista de'Mari est nommĂ© commissaire gĂ©nĂ©ral en remplacement de Rivarola
  • 1738 : fĂ©vrier, Louis de FrĂ©tat, comte de Boissieux, marĂ©chal de camp, chef du corps expĂ©ditionnaire français arrive en Corse. Il vient nĂ©gocier, suivant les ordres reçus, et refuse d'ouvrir les hostilitĂ©s comme lui demandent les GĂ©nois.
  • 1738 : 24 septembre, FrĂ©dĂ©ric de Neuhoff, neveu du Roi, dĂ©barque Ă  Ajaccio et Sagone pour tenter de soulever la Corse occidentale.
  • 1738 : 18 octobre, ratification Ă  Fontainebleau, entre la France et GĂȘnes, d'un RĂšglement de gouvernement de la Corse
  • 1738 : 14 dĂ©cembre, les Français qui se dirigent vers le Borgu, sont attaquĂ©s. Le dĂ©tachement installĂ© dans le village rĂ©ussit Ă  se dĂ©gager. Ils battent en retraite avec des pertes
  • 1739 : 13 janvier, le lieutenant-gĂ©nĂ©ral Jean-Baptiste-François des Marets, marquis de Maillebois, reçoit les instructions pour aller commander l'armĂ©e du Roi en Corse, en remplacement de Boissieux malade (il meurt dans la nuit du 1er au 2 fĂ©vrier)
  • 1739 : avril, Maillebois organise en Balagne, des compagnies de volontaires corses au service de la France. Ces compagnies constituent les premiers noyaux du futur rĂ©giment le Royal-Corse
  • 1739 : mai, les pieve de Casinca, Ampugnani, Campulori, ainsi que Corte et le Nebbiu, fournissent des compagnies de volontaires corses Ă  Maillebois, qui disposera avec les six bataillons d'infanterie, des hussards et de l'artillerie dĂ©barquĂ©s Ă  Bastia, d'une armĂ©e de 16 bataillons Ă  510 hommes chacun, deux escadrons de hussards Ă  100 hommes et 60 miquelets. Avec les troupes gĂ©noises, les effectifs s'Ă©lĂšvent Ă  dix ou onze mille soldats
  • 1739 : dĂ©cembre, l'Ăźle est en grande partie soumise. Les troupes françaises commencent Ă  rĂ©embarquer
  • 1740 : juin, le marquis Domenico Maria Spinola, ancien Doge, est nommĂ© commissaire gĂ©nĂ©ral en remplacement de Giovan Battista de'Mari
  • 1740 : 3 octobre, FrĂ©dĂ©ric de Neuhoff qui s'est soumis, et sa suite quittent la Corse
  • 1741 : fin juin, publication du dĂ©nombrement de la population commandĂ© par Maillebois (promu marĂ©chal le 11 fĂ©vrier) : la Corse compte 339 paroisses, 427 villages, 26 854 feux, 120 389 habitants
  • 1741 : 6 septembre, les derniĂšres troupes françaises quittent Calvi pour Antibes
  • 1742 : pour faire face Ă  une agitation naissante, les GĂ©nois envoient de nouvelles troupes sur l'Ăźle
  • 1743 : 1er fĂ©vrier, ThĂ©odore rĂ©apparait Ă  bord d'un vaisseau anglais devant L'Île-Rousse
  • 1743 : 22 fĂ©vrier, mort Ă  Bastia du commissaire Spinola. Gian Benedetto Speroni prend la supplĂ©ance
  • 1743 : 28 fĂ©vrier, ThĂ©odore est dans le golfe d'Ajaccio avec cinq navires anglais. L'escadre attaque un navire espagnol placĂ© sous la protection des canons gĂ©nois. Il compte s'emparer d'Ajaccio. Ses partisans commencent le blocus de la ville que la population est autorisĂ©e Ă  quitter. La flotte anglaise en repartira le 5 mars.
  • 1743 : dans la nuit du 16 au 17 mars, le Folkestone dĂ©pose ThĂ©odore Ă  l'embouchure de l'Arno. Le Roi a quittĂ© la Corse pour toujours.
  • 1747 : seconde intervention française
  • 1755 : avril, au couvent San Francescu de Caccia, la Cunsulta de Caccia, assemblĂ©e de dĂ©putĂ©s convoquĂ©s par Pascal Paoli, jette les bases de la Constitution de la future Corse indĂ©pendante.
  • 1755 : 14 juillet, Pascal Paoli est proclamĂ© gĂ©nĂ©ral de la Nation par la consulte de Sant'Antone di a Casabianca, c'est le dĂ©but de l'indĂ©pendance.
  • 1755 : seconde Constitution corse. Pascal Paoli y dĂ©finit « le droit des peuples Ă  disposer d’eux-mĂȘmes Â».
  • 1765 : ouverture de l'UniversitĂ© de Corse Pascal-Paoli.

La Corse française

Napoléon 1er
  • 1768 : 15 mai, par le traitĂ© de Versailles GĂȘnes cĂšde la Corse, que dans les faits elle ne possĂšde plus, Ă  la France. Louis XV, qui refuse de reconnaĂźtre la RĂ©publique corse comme lĂ©gitime, envoie son armĂ©e prendre possession de l'Ile. En Ă©change, il annule la dette de GĂȘnes.
  • 1768 : 9 octobre, les troupes paolistes mettent en dĂ©route l'armĂ©e française Ă  Borgo.
  • 1769 : 8 mai, les troupes de Pascal Paoli perdent la bataille de Ponte Novu, la Corse passe sous l'administration militaire française.
  • 1769 : 13 juin, Pascal Paoli quitte la Corse pour la Grande-Bretagne.
  • 1769 : 15 aoĂ»t, naissance de NapolĂ©on Bonaparte Ă  Ajaccio.
  • 1769 : fermeture de l'UniversitĂ© de Corte par Louis XV.
  • 1773 : Marbeuf, commandant en chef des troupes françaises et gouverneur de l'Ăźle, accorde aux Grecs le droit de s'installer Ă  CargĂšse
  • 1774 : Niolo, Talcini et Vallerustie se soulĂšvent. La ferme rĂ©pression du gĂ©nĂ©ral Narbonne saccage le Niolu, et 600 Corses sont envoyĂ©s au terrible bagne de Toulon.
  • 1786 : une enfant de Corbara, Marthe Franceschini, enlevĂ©e par des pirates en 1778, attire le Sultan alawite du Maroc, elle deviendra Davia et "impĂ©ratrice" du Maroc.
  • 1789 : l'AssemblĂ©e nationale dĂ©crĂšte que « la Corse fait partie de la France Â».
  • 1789 : avril, la Corse compte 11 juridictions royales (Aiacciu, Aleria, Bastia, Bonifaziu, Calvi et Balagna, Capicorsu, Corti, A Porta d’Ampugnani, Nebbiu, SartĂš, Vicu) et 65 pievi.
  • 1789 : 22 dĂ©cembre, la Constituante divise la France en 83 dĂ©partements.
  • 1790 : 21 janvier, derniĂšre rĂ©action des GĂ©nois avec une lettre de protestation du doge Pallavicini lue Ă  l'AssemblĂ©e Nationale. Les anciennes communautĂ©s ou paroisses prennent le nom de communes.
  • 1790 : 26 fĂ©vrier, Par dĂ©cret la Corse qui Ă©tait divisĂ©e en onze juridictions royales (Aiacciu, Aleria, Bastia, Bonifaziu, Calvi et Balagna, Capicorsu, Corti, A Porta d’Ampugnani, Nebbiu, SartĂš et Vicu), est partagĂ©e en neuf districts (ex-juridictions) : Bastia, Oletta, A Porta, Cervioni, Corti, l’Isula Rossa, Aiacciu, TallĂ  et Vicu. Le district est partagĂ© en cantons (ex-pievi), le canton en communes. Le Conseil supĂ©rieur, crĂ©Ă© en 1768, est supprimĂ©.
  • 1790 : 4 mars, lettres patentes du roi sur le dĂ©cret du 26 fĂ©vrier : « L’üle de Corse ne formera provisoirement qu’un seul dĂ©partement. L’assemblĂ©e des Ă©lecteurs se tiendra dans la pieve d’Orezza Â».
  • 1790 : 7 juillet, l’AssemblĂ©e nationale dĂ©cide que la Corse n’aura qu’un seul Ă©vĂȘque comme les autres dĂ©partements. Le siĂšge est fixĂ© Ă  Bastia. La Corse comptait auparavant cinq diocĂšses : Aiacciu, Aleria, Bastia, Mariana et Nebbiu.
  • 1790 : 14 juillet, aprĂšs avoir Ă©tĂ© accueilli Ă  Paris, Paoli amnistiĂ© rentre en Corse via Macinaggio avec le commandement militaire insulaire.
  • 1790 : 24 septembre, Bastia est choisi provisoirement comme chef-lieu du dĂ©partement, avec possibilitĂ© pour le Conseil de se rĂ©unir ailleurs suivant les besoins.
  • 1790 : 30 septembre au 14 octobre, Ă  Bastia, premiĂšre session du premier Conseil gĂ©nĂ©ral chargĂ© de l’administration du dĂ©partement. Pasquale Paoli est Ă©lu prĂ©sident Ă  l’unanimitĂ©.
  • 1791 : 27 mai, le dĂ©partement de la Corse obtient six dĂ©putĂ©s pour la prochaine lĂ©gislature.
  • 1791 : 28 juin, l’AssemblĂ©e nationale confirme la dĂ©cision du Directoire du dĂ©partement concernant le transfert du gouvernement de l’üle Ă  Corti et fixe le siĂšge provisoire de l’évĂȘchĂ© Ă  Aiacciu.
  • 1791 : 29 septembre, en vertu du dĂ©cret de la Constitution du 18 juin, l’assemblĂ©e fixe le chef-lieu du dĂ©partement Ă  Corti et le siĂšge de l’évĂȘchĂ© Ă  Aiacciu.
  • 1791 : 1er juillet, dĂ©cret de la Convention : « 8° L’üle de Corse sera divisĂ©e en deux dĂ©partements, l’un en deçà et l’autre en delĂ  des monts ; le ComitĂ© de division fera sans dĂ©lai son rapport sur l’emplacement des chefs-lieux et sur la division en districts et en cantons Â».
  • 1793 : 11 aoĂ»t, sĂ©paration de la Corse en deux dĂ©partements, le Liamone (chef-lieu : Aiacciu, districts : Aiacciu, Vicu et SartĂš), et le Golo (chef-lieu : Bastia, districts : Bastia, Calvi et Corti).
  • 1794 : NĂ©gociations des Anglais avec Pascal Paoli sur la cession de la Corse Ă  la Grande-Bretagne aprĂšs en avoir chassĂ© les Français. Hood aide Paoli Ă  occuper St-Florent, Patrimonio, Bastia, Calvi. Mais Hood saccage Centuri et Macinaggio. Les Anglais chassent les Français. Dernier bastion français, Calvi se rendra le 20 aoĂ»t. Mise en place du Royaume Anglo-Corse. Londres impose le vice-roi Gilbert Elliot.
  • 1796 : les troupes françaises reprennent l'Ăźle qui a Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©e par les Britanniques.
  • 1796 : la Corse compte 150 000 habitants.
  • 1797 ; le rĂ©tablissement des lois contre le clergĂ© provoque en Castagniccia l'insurrection de « La Crucetta Â» Ă©crasĂ©e par le gĂ©nĂ©ral Vaubois. Le gĂ©nĂ©ral Augustin Giafferi, 80 ans, chef des insurgĂ©s, est fusillĂ© Ă  Bastia.
  • 1804 : NapolĂ©on Bonaparte devient NapolĂ©on Ier, empereur des Français.
  • 1805 : dĂ©cret de sursĂ©ance qui accorde un dĂ©lai pour l'emploi de la langue française dans les actes publics en Corse, rĂ©gion de langue italienne jusqu'en 1858.
  • 1807 : fĂ©vrier - mort de Pascal Paoli Ă  Londres.
  • 1811 : Golo et Liamone sont rĂ©unis, le dĂ©partement de Corse est restaurĂ© avec Ajaccio pour chef-lieu.
  • 1812 : chaque paroisse ouvre un cimetiĂšre, les morts ne sont plus inhumĂ©s dans les Ă©glises.
  • 1814 : NapolĂ©on Ier abdique ; il devient souverain de l'Ăźle d'Elbe. Les Anglais occupent un mois durant Bastia, Calvi, Ajaccio, Bonifacio. NapolĂ©on retourne Ă  Paris, mais battu en juin 1815 Ă  Waterloo par l'Europe coalisĂ©e, il est dĂ©portĂ© Ă  Sainte-HĂ©lĂšne.
  • 1816 : mille Fium'Orbais s'insurgent contre Louis XVIII anti bonapartiste ; 8 000 soldats ne peuvent les soumettre. Le gĂ©nĂ©ral AmĂ©dĂ©e de Villot rĂ©concilie tout le monde
  • 1821 : NapolĂ©on Bonaparte meurt sur l'Île Sainte-HĂ©lĂšne.
  • 1830 : les cantons ne portent plus les noms des anciennes pieves mais ceux des chefs-lieux.
  • 1840 : voyage de Prosper MĂ©rimĂ©e dans l'Ăźle.
  • 1849 : 10 aoĂ»t : Nomination du premier « Monsieur Corse Â» de l'histoire.

Louis NapolĂ©on Bonaparte alors PrĂ©sident de la RĂ©publique donne mission Ă  Jacques Pierre Abbatucci (futur garde des Sceaux) de faire un rapport sur les besoins de la Corse, et le charge du suivi des dossiers relatifs Ă  l'Île auprĂšs des diffĂ©rents ministĂšres concernĂ©s.

Le coup d'État du 2 dĂ©cembre 1851 de NapolĂ©on III est largement soutenu en Corse, dĂ©partement catholique, conservateur et monarchiste ; elle fait mĂȘme partie des quatre dĂ©partements oĂč aucun opposant n'est arrĂȘtĂ©[12].

  • 1858 : 4 aoĂ»t, la langue française devient la seule langue officielle en Corse, la Cour de cassation ayant dĂ©crĂ©tĂ© la nullitĂ© de tout acte rĂ©digĂ© en italien, langue alors la plus utilisĂ©e dans l'Ăźle.
  • 1881 : la Corse compte 273 000 habitants.
  • 1890 : en l'espace d'un siĂšcle la population de l'Ăźle a presque doublĂ©.
  • 1905 : naissance de l'Ă©quipe de football du Sporting Club de Bastia.
  • 1907 : naissance Ă  Ajaccio du cĂ©lĂšbre chanteur corse Tino Rossi, nĂ© Constantin Rossi.
  • 1908 : naissance de l'Ă©quipe de football cortenaise.
  • 1910 : naissance de l'Ă©quipe de football ajaccienne Athletic Club d'Ajaccio.
  • 1918 : avec 11 300 morts au bout de quatre annĂ©es de guerre, la Corse est l'un des dĂ©partements qui paye, proportionnellement Ă  sa population, le plus lourd tribut en vies humaines.
  • 1921 : 15 mai Ă  2 heures du matin, le paquebot dĂ©labrĂ© Rion venant de Constantinople, arrive dans la baie d'Ajaccio avec Ă  son bord 3 422 rĂ©fugiĂ©s Russes. AprĂšs une mise en quarantaine sanitaire, les passagers dĂ©barquent. Certains restent dĂ©finitivement, faisant souche sur l'Ăźle.
    Article dĂ©taillĂ© : L'exode des Russes blancs en Corse.
  • 1939 : interdiction du journal A Muvra, considĂ©rĂ© comme pro-italien.

La PremiĂšre Guerre mondiale

48 000 hommes sont mobilisĂ©s en Corse, outre les 9 000 hommes dĂ©jĂ  sous les drapeaux au moment oĂč le conflit Ă©clate. Ce chiffre relativement Ă©levĂ© s'explique par le fait que l'Ăźle a le statut de « place forte Â», qui permet l'enrĂŽlement dans l'armĂ©e territoriale et dans sa rĂ©serve de soldats plus ĂągĂ©s (37 ans au minimum et 48 ans au maximum). La mission de l'infanterie territoriale est la protection des cĂŽtes et places fortes, et non l'engagement en premiĂšre ligne. Toutefois, dans la confusion des premiers mois de guerre, certains soldats plus ĂągĂ©s sont envoyĂ©s sur le front continental, ce qui engendre en avril 1915 des protestations Ă  l'AssemblĂ©e nationale.

AprĂšs la guerre, il sera longtemps affirmĂ© que le nombre de tuĂ©s aurait Ă©tĂ© de 30 000, voire 40 000. Ce chiffre Ă©levĂ© est tout Ă  la fois dans l'intĂ©rĂȘt des courants « jacobins Â», qui pensent ainsi dĂ©montrer l'engagement des corses pour le drapeau français, et des courants « nationalistes Â», qui affirment quant Ă  eux que la France aurait rĂ©servĂ© un sort dĂ©favorable aux soldats corses, en les exposant en premiĂšre ligne.

En rĂ©alitĂ©, selon SĂ©bastien Ottavi, agrĂ©gĂ© d'histoire au lycĂ©e Fesch d'Ajaccio, ce nombre est situĂ© dans « une fourchette de 12 000 Ă  15 000 tuĂ©s Â», dont 10 000 morts natifs de Corse. Jean-Paul Pellegrinetti et Georges Ravis-Giordani estiment que le nombre de corses morts au cours de cette guerre est compris entre 10 000 et 12 000 soldats insulaires[13]. Le nombre officiel de corses morts pour la France est de 9 751.

Ces chiffres ramĂšnent la proportion de pertes chez les corses Ă  « un pourcentage un peu supĂ©rieur Ă  celui enregistrĂ© au niveau national, soit 18,2 % contre 16,8 % Â»[14].

Parmi les combattants corses de la Marne, de Verdun et des autres batailles meurtriĂšres, se sont illustrĂ©s : le 173e rĂ©giment de ligne "Aio Zitelli", le gĂ©nĂ©ral Grossetti et les aviateurs Jean Casale et Jean-Paul Ambrogi.

L'arrivĂ©e irrĂ©guliĂšre des bateaux entraĂźne de graves problĂšmes de ravitaillement : le pain, le sucre, le pĂ©trole sont rationnĂ©s. La pĂ©nurie est aggravĂ©e par l'hĂ©bergement de 2000 prisonniers de guerre allemands, cantonnĂ©s dans les couvents et pĂ©nitenciers, puis utilisĂ©s comme main-d'Ɠuvre dans les campagnes. De plus, la Corse devient une terre d'asile pour les rĂ©fugiĂ©s (4000 Serbes et Syriens). Pour subvenir aux besoins de la population, les terres abandonnĂ©es Ă  la friche sont remises en culture suivant les pratiques traditionnelles. En septembre 1918, la grippe espagnole ravage certains villages et oblige le prĂ©fet Ă  prendre des mesures pour limiter l'Ă©pidĂ©mie (cercueil plombĂ©, ensevelissement profond).

L'armistice de 1918 est accueilli dans l'allégresse et l'anxiété du retour des blessés. Des souscriptions locales permettront d'élever dans chaque village des monuments en l'honneur des morts. En 1933, la Borne de la Terre sacrée est inaugurée à Ajaccio. Ces pertes humaines affecteront durablement la vitalité de l'ßle, ce qui accentuera le déclin économique.

La Seconde Guerre mondiale

  • 1941: À la demande de l'Italie, l'armĂ©e allemande regroupe les prisonniers de guerre corses dans des camps spĂ©ciaux: le Stalag VB et l'Oflag VC.
  • 1942 (novembre) - 1943 (septembre), les troupes italo-allemandes envahissent l'Ăźle. À partir de novembre 1942, 80 000 soldats italiens envahissent la Corse.
  • 1943 : l'Italie capitule en septembre.
  • mars 1943, suicide de Fred Scamaroni, prisonnier Ă  la Citadelle d'Ajaccio
  • aoĂ»t 1943 : exĂ©cution de Jean Nicoli Ă  Bastia
  • 8 septembre 1943 : Ă  la suite de la chute du rĂ©gime fasciste Ă  Rome, les troupes allemandes occupent l'Ăźle.
  • 9 septembre 1943 au 5 octobre 1943 : les italiens (80 000 soldats), des partisans locaux (1 000) et environ 4 000 soldats français (indigĂšnes pour la plupart) combattent la Wehrmacht. Ajaccio devient la premiĂšre ville française Ă  ĂȘtre libĂ©rĂ©e. Plus de 700 soldats italiens auront Ă©tĂ© tuĂ©s, mais les troupes italiennes laissent Ă  l'armĂ©e française l'honneur d'entrer en premier Ă  Bastia.
  • 5 octobre 1943 13 000 Allemands fuient l'Ăźle.
  • 8 octobre 1943, le gĂ©nĂ©ral de Gaulle proclame Ă  Ajaccio : « Nous devons sur le champ tirer la leçon de la page d'histoire que vient d'Ă©crire la Corse française. (...) La Corse a la fortune et l'honneur d'ĂȘtre le premier morceau libĂ©rĂ© de la France. Ce qu'elle a fait Ă©clater de ses sentiments et de sa volontĂ©, Ă  la lumiĂšre de sa libĂ©ration, dĂ©montre que ce sont les sentiments et la volontĂ© de la Nation tout entiĂšre. Â»[15]
  • 1944 : l'Ăźle devient une base importante - surnommĂ©e USS Corsica, le « porte-avion Â» - pour la poursuite des opĂ©rations en Italie puis pour le dĂ©barquement en Provence (aoĂ»t 1944).
  • 1944 - Elimination du paludisme (en Corse depuis le XIIIee siĂšcle) par Ă©pandages de DDT par les amĂ©ricains.
  • 1945 : procĂšs contre les irrĂ©dentistes. Condamnation de Petru Rocca Ă  15 ans de prison pour collaborationnisme.

La Corse contemporaine

  • 1957 : CrĂ©ation de le SETCO (SociĂ©tĂ© pour l'Equipement Touristique de la Corse) pour favoriser la rĂ©alisation de complexes touristiques (hĂŽtels, villages de vacances, etc.). CrĂ©ation de la SOMIVAC (SociĂ©tĂ© pour la mise en valeur agricole de la Corse). 90 % des terres ayant Ă©tĂ© promises auparavant aux paysans corses seront rĂ©servĂ©es aux rapatriĂ©s d’AlgĂ©rie.
  • 1957 : arrivĂ©e massive de rapatriĂ©s d'AlgĂ©rie (jusqu'en 1965).
  • 1960 : en avril, le gouvernement DebrĂ© dĂ©cide de crĂ©er un centre d’expĂ©rimentations nuclĂ©aires souterraines dans les mines dĂ©saffectĂ©es de l’Argentella, au sud de Calvi : manifestation de protestation unanime.
  • 1960 : la population de l'Ăźle est retombĂ©e Ă  160 000 habitants
  • de 1965 Ă  mi-1970 : radicalisation des revendications d'abord rĂ©gionalistes puis autonomistes et enfin nationalistes. L'Ăźle est dans un Ă©tat d'isolement et de retards techniques considĂ©rables : peu de routes, des communications difficiles et coĂ»teuses avec le continent, des installations sanitaires mĂ©diocres, une carte scolaire dĂ©plorable, pas d'universitĂ©...
  • 1970 : la Corse est dĂ©tachĂ©e de Provence-CĂŽte d'Azur et devient la 22e rĂ©gion mĂ©tropolitaine (dĂ©cret du 9 janvier 1970).
  • 1972 : « affaire des boues rouges Â» de la Montedison, dĂ©versements de produits toxiques au large du Cap Corse. AprĂšs diverses manifestations, un commando clandestin dynamitera le navire pollueur.
  • 1975, 21 aoĂ»t : « affaire d'AlĂ©ria Â» : une douzaine d'hommes armĂ©s de fusils de chasse, reprĂ©sentĂ©e par le docteur Edmond Simeoni, occupe la ferme d'un viticulteur rapatriĂ© accusĂ© d'ĂȘtre mĂȘlĂ© Ă  un scandale financier. 1 200 gendarmes et CRS cernent les bĂątiments. Bilan : deux gardes mobiles tuĂ©s et un militant gravement blessĂ©.
  • 1975 : suite Ă  cette affaire, entre le 23 et le 26 aoĂ»t, d'importantes Ă©meutes nocturnes ont lieu Ă  Bastia. Michel Poniatowski, ministre de l'intĂ©rieur, envoie les blindĂ©s sur Bastia.
  • 1976 : le 5 mai, au cours d'une nuit bleue crĂ©ation du FLNC rĂ©clamant la reconnaissance des droits nationaux du peuple corse, le droit Ă  l’autodĂ©termination et un pouvoir populaire dĂ©mocratique en Corse.
  • 1976 : mise en place de la « bidĂ©partementalisation Â» : l'Ăźle est organisĂ©e en deux dĂ©partements, la Haute-Corse et la Corse-du-Sud
  • 1981 : « rĂ©ouverture Â» de l'universitĂ© de Corse Ă  Corte
  • 1982 : les lois du 2 mars et 30 juillet donnent un statut particulier Ă  la rĂ©gion Corse et la premiĂšre assemblĂ©e de Corse est Ă©lue au suffrage universel direct le 8 aoĂ»t.
  • 1983 : dĂ©cĂšs du cĂ©lĂšbre chanteur corse Tino Rossi
  • 1991 : statut Pierre Joxe votĂ©, l'assemblĂ©e de Corse dispose de compĂ©tences Ă©largies
  • 1992 : aux Ă©lections territoriales, les nationalistes (toutes tendances confondues : Corsica Nazione, MPA...) dĂ©passent 25 % des voix.
  • 1995 : Les deux principales branches issues du FLNC, de l'Ă©poque, le FLNC Canal Historique et le FLNC-Canal Habituel se livrent Ă  des rĂšglements de comptes « fratricides Â» qui font plus d'une quinzaine de morts.
  • 1998 : assassinat du prĂ©fet Claude Érignac.
Article dĂ©taillĂ© : Assassinat du prĂ©fet Érignac.
  • 1999 : affaire des paillotes. La paillote (construite illĂ©galement) « chez Francis Â» est incendiĂ©e (tout aussi illĂ©galement) par les gendarmes du GPS au cours d'une action clandestine sur ordre du prĂ©fet Bernard Bonnet.
  • 2000 : en aoĂ»t, le premier ministre Lionel Jospin propose un nouveau statut pour la Corse connu sous le nom de processus de Matignon qui est votĂ© par l'AssemblĂ©e Nationale le 4 dĂ©cembre.
  • 2002 : loi Ă©largissant Ă  nouveau les compĂ©tences de la collectivitĂ© territoriale de Corse et lui confiant notamment de nouvelles responsabilitĂ©s dans des domaines tels la gestion des ports et aĂ©roports, la carte des formations ou la prĂ©servation des monuments historiques.
  • 2003 : 6 juillet : rejet par une majoritĂ© d'Ă©lecteurs habitant sur l'Ăźle du projet de collectivitĂ© unique. Marquant une victoire des rĂ©publicains conduits par Émile Zuccarelli, ce rĂ©fĂ©rendum est, pour ces derniers, un tournant dĂ©cisif dans l'histoire politique rĂ©cente avec l'arrĂȘt des rĂ©formes institutionnelles.
  • 2008 : 12 janvier: Ă  la suite d'une manifestation nationaliste, ceux-ci, qui devaient initialement se diriger vers la prĂ©fecture, occupent l'AssemblĂ©e Territoriale Corse pendant prĂšs de trois heures (s'ensuit un incendie qui ravage des bureaux dont celui du prĂ©sident de l'AssemblĂ©e)

Aux Ă©lections prĂ©sidentielles, la Corse est l'une des rĂ©gions de France qui votent le plus massivement en faveur de Nicolas Sarkozy (plus de 61 % des voix), candidat Ă©lu.

  • 2009 : Le PADDUC (le plan d'amĂ©nagement et de dĂ©veloppement durable de la Corse) initiĂ© par la majoritĂ© UMP de l'AssemblĂ©e de Corse suscite la polĂ©mique sur l'Ăźle. AccusĂ©, entre autres, d'ĂȘtre basĂ© sur le tout-tourisme et de ne pas respecter assez l'environnement, le projet rencontre une vive opposition. Il est finalement repoussĂ©, et figure parmi les enjeux des Ă©lections territoriales de 2010.
  • 2010 : La gauche, menĂ©e par Paul Giacobbi, remporte pour la premiĂšre fois depuis 24 ans les Ă©lections territoriales. Les nationalistes, toute tendances confondues (Femu a Corsica et Corsica Libera), atteignent le score historique 36 % des voix et se positionnent au centre du dĂ©bat politique.
  • 2011 : 26 avril : La Mission de l'UniversitĂ© sur le droit Ă  l'avenir de la Corse publie son rapport. Elle propose de rĂ©gler dĂ©finitivement la question corse par l'institution d'une citoyennetĂ© corse fondĂ©e sur la rĂ©sidence dans l'Ăźle et une maĂźtrise suffisante de la langue corse. Cette proposition suppose l'adoption pour la Corse d'un statut d'autonomie dĂ©fini par la Constitution (Corse Matin, 27 avril 2011).
  • 2011 : 30 juin : L'AssemblĂ©e de Corse adopte Ă  une large majoritĂ© un projet de rĂ©forme de l'accĂšs Ă  la propriĂ©tĂ© fonciĂšre rĂ©servant celle-ci au dĂ©tenteur d'une future citoyennetĂ© corse, dont les modalitĂ©s sont Ă  dĂ©finir, et le reprĂ©sentant de l'ExĂ©cutif en charge de la langue annonce l'intention d'Ɠuvrer Ă  l'obtention d'un statut officiel pour la langue corse. Ces deux mesures devront s'insĂ©rer dans le futur statut de la Corse, que l'AssemblĂ©e devra nĂ©gocier avec l'Etat. La gauche y est majoritairement favorable, tout comme les partis nationalistes. La gauche rĂ©publicaine aujourd'hui minoritaire, y reste hostile. La droite, elle, s'est abstenue. Le dĂ©bat institutionnel est relancĂ© (Corse Matin, 10 juillet 2011).

Politique

Article dĂ©taillĂ© : Politique de la Corse.

Les partis nationalistes, opposés à une économie uniquement axée sur le tourisme, ont réalisé une percée historique aux derniÚres élections régionales de mars 2010.

Administration

Lorsque les circonscriptions d'action rĂ©gionale (CAR), Ă©quivalent des rĂ©gions actuelles, ont Ă©tĂ© crĂ©Ă©es en 1960, la Corse formait alors une CAR unique avec l'actuelle Provence-Alpes-CĂŽte d'Azur : la Provence-CĂŽte d'Azur-Corse. La Corse en a Ă©tĂ© dĂ©tachĂ©e par un dĂ©cret de 1970[16].

Le 1er janvier 1976, la Corse a Ă©tĂ© divisĂ©e en deux dĂ©partements, en application d'une loi de 1975[17] : la Corse du Sud (2A) et la Haute-Corse (2B).

La Corse constitue la Collectivité territoriale de Corse (CTC), statut particulier institué en vertu de la loi du 13 mai 1991. Cette loi a substitué ce nouveau statut de collectivité territoriale de la République, qui lui confÚre plus de pouvoir, à l'ancien statut de région.

La Corse est donc dotĂ©e d'une organisation institutionnelle originale, unique en France mĂ©tropolitaine, mais comparable Ă  celle de la plupart des autres rĂ©gions europĂ©ennes largement dĂ©centralisĂ©es. La spĂ©cificitĂ© de la Corse dans la RĂ©publique a en effet Ă©tĂ© reconnue par le pouvoir national puis traduite dans plusieurs rĂ©formes statutaires (1982, 1991, 2002) Ă  partir d'un double fondement : favoriser l'expression du dĂ©bat politique dans le cadre d'une dĂ©mocratie locale rĂ©novĂ©e, permettre la recherche de solutions adaptĂ©es aux problĂšmes insulaires Ă  travers l'octroi de compĂ©tences Ă©tendues en matiĂšre d'identitĂ© et de dĂ©veloppement. Ainsi la collectivitĂ© territoriale de Corse apparaĂźt Ă  l'avant-garde de la « RĂ©publique dĂ©centralisĂ©e Â» : par ses responsabilitĂ©s accrues mais aussi une organisation rationalisĂ©e et des moyens plus importants, parmi lesquels le statut fiscal.

La collectivitĂ© territoriale de Corse comprend trois organes :

Le Conseil exécutif

Le Conseil exécutif de Corse est l'organe exécutif de la collectivité. Il comprend 9 membres élus par l'Assemblée parmi ses membres pour six ans.

C'est cet organe qui fait la particularité de la Corse. Alors que dans les autres régions françaises c'est le président du conseil régional qui exerce à la fois l'exécutif et la présidence de l'assemblée délibérante, ces deux fonctions sont séparées en Corse.

L'Assemblée peut cependant renverser le Conseil en votant contre lui une motion de censure par 26 voix (majorité absolue).

C'est actuellement Paul Giacobbi (PRG) qui préside le Conseil.

L'administration avant la Révolution française

Article dĂ©taillĂ© : Liste des pievi de Corse.

Avant que soit votĂ© Ă  l’AssemblĂ©e nationale « L’Ile de Corse est dĂ©clarĂ©e partie intĂ©grante de l’empire français Â» le 30 novembre 1789, l'Ăźle sous domination italienne (Rome, Pise, GĂȘnes) Ă©tait divisĂ©e en diocĂšses, pievi (paroisses), communautĂ©s et fiefs. Elles Ă©taient administrĂ©es par des Ă©vĂȘques, piĂ©vans ou co-Ă©vĂȘques, des caporali (tribuns), et des seigneurs locaux (jusqu'en 1641).

Le 14 dĂ©cembre 1789, les communautĂ©s et paroisses deviennent des communes par la loi d’organisation municipale votĂ©e par la Constituante...

DĂ©mographie

La Corse comptait 294 118 habitants au 1er janvier 2006[18], 302 966 au 1er janvier 2008 et une estimation de 306 906 au 1erjanvier 2009[19].

Économie

Article dĂ©taillĂ© : Économie de la Corse.

Présentation

Les rĂ©partitions dans les trois secteurs Ă©conomiques (en %) :

  • Primaire : 5,30
  • Secondaire : 15,30
  • Tertiaire : 79,40

La Corse possĂšde une population active d'environ 109 000 habitants pour un taux de chĂŽmage de 10,6 % (en 2002). Son PIB par habitant (24 232 euros en 2008) Ă©tait infĂ©rieur de 21 % Ă  la moyenne nationale.

Ajaccio depuis son port de plaisance
Le port de plaisance de Bastia

L'Ă©conomie corse se caractĂ©rise par la faiblesse du tissu productif et la surreprĂ©sentation du secteur tertiaire, notamment non marchand et public. La deuxiĂšme caractĂ©ristique majeure concerne les structures de production : il s'agit en trĂšs grande partie de trĂšs petites entreprises avec peu ou pas de salariĂ©s. D'un autre cĂŽtĂ©, on trouve les plus grosses structures dans la grande distribution ou dans le secteur du BTP soumis aux commandes publiques. À ceci s'ajoute une population faiblement active et vieillissante. Le secteur tertiaire, premier employeur de l'Ăźle, est marquĂ© par la prĂ©pondĂ©rance du secteur public (fonction publique d'Ă©tat et collectivitĂ©s territoriales).

Le secteur primaire

L'agriculture reste le secteur productif le plus important malgrĂ© sa faible part dans le PIB. On ne peut comprendre la situation actuelle sans connaĂźtre un minimum l'histoire agraire de l'Ăźle. Les systĂšmes vivriers traditionnels disparaissent au dĂ©but du vingtiĂšme siĂšcle sous la pression conjuguĂ©e de la concurrence des cĂ©rĂ©ales des pays neufs et de tarifs douaniers dĂ©favorables. Ces systĂšmes se basaient sur la culture des cĂ©rĂ©ales en sec sur terrasses avec jachĂšre biennale voire culture sur brĂ»lis en cas de crise alimentaire, de cultures d'appoint soignĂ©es (jardins, vignes, vergers) et d'un Ă©levage « semi-nomade inverse Â» alliant terres de plaine d'hivernage et montagnes d'Ă©tĂ© avec village de montagne (Niolu, Alta Rocca, Ascu, etc.). Certaines rĂ©gions remplacent les cultures de cĂ©rĂ©ales par le chĂątaignier.

Au tournant de 1945, l'intĂ©rieur est ruinĂ©, en pleine dĂ©prise rurale et agricole. Les propriĂ©taires fonciers ont bien souvent Ă©migrĂ©. Se produit Ă  10 ans d'intervalle deux phĂ©nomĂšnes qui vont dessiner le paysage agricole actuel : la mise en valeur de la plaine orientale et la reconquĂȘte de l'intĂ©rieur par l'agriculture et l'Ă©levage pastoral.

Face au marasme ambiant et aux premiĂšre agitations (en 1950 la Corse compte environ 150 000 habitants soit son minimum dĂ©mographique) le gouvernement entreprend de drainer la vaste plaine orientale, terre d'hivernage des bergers de brebis. Il s'agit d'y installer une agriculture moderne au sens des lois Pisani. À l'origine conçue pour les Corses, cette politique vient Ă  propos pour accueillir les pieds noirs de retour d'AlgĂ©rie. C'est l'origine d'une agriculture essentiellement orientĂ©e vers les cultures permanentes (Vignes, Agrumes, Kiwis, Fruitiers), exercĂ©e au sein de grosses structures, Ă  fort capital, grande SAU, employeuse de main d'Ɠuvre salariĂ©e souvent d'origine marocaine. Cette agriculture a connu des cycles : vin de table, kiwi, agrumes mais connaĂźt des difficultĂ©s rĂ©currentes dus Ă  la forte capitalisation nĂ©cessaire et Ă  l'endettement important. SI les performances se sont amĂ©liorĂ©es, l'avenir reste sombre car les exploitations ont du mal Ă  honorer leur en-cours.

Au contraire, l'intĂ©rieur a connu une certaine reprise agricole dans les annĂ©es 1970 en liaison avec le slogan « vivre au pays/campĂ  in paese Â». Il s'agit au contraire de structures lĂ©gĂšres (peu d'investissements) d'Ă©levages de petits ruminants laitiers organisĂ©s en systĂšmes de types pastoraux : races rustiques, surfaces vastes mais peu productives, rĂ©sultats techniques moyens ou mĂ©diocres mais grande stabilitĂ©. On peut y rattacher la castanĂ©iculture et l'olĂ©iculture. S'y ajoutent souvent une production de produits fermiers pour valoriser la main d'Ɠuvre familiale : fromages, agneaux, cabris, huile d'olive, veaux, charcuterie, miel. C'est un secteur en pleine Ă©volution et organisation qui construit des dĂ©marches de qualitĂ© mais qui doit faire face Ă  des problĂšmes de maĂźtrise du foncier, de manque de repreneurs, de difficultĂ©s financiĂšres de mises aux normes des ateliers de transformation.

La viticulture en cave particuliĂšre combine des caractĂ©ristiques hybrides : forte capitalisation mais orientation vers une production labellisĂ©e. Ceci n'empĂȘche pas que de vastes zones de l'intĂ©rieur soient devenues presque vides d'habitants et que certains villages n'aient plus assez de rĂ©sidents permanents pour constituer un conseil municipal[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Le secteur secondaire

Le secteur industriel est presque entiĂšrement concentrĂ© dans le BTP qui dĂ©pend pour ses carnets de commande : des offres publiques pour les plus grosses entreprises et de la demande locale ou touristique pour les plus petites. On note cependant l'apparition du secteur des IAA qui dĂ©rive Ă  l'origine des entreprises de transformation de la matiĂšre premiĂšre locale. On pourra relever sans ĂȘtre exhaustif, le secteur des eaux minĂ©rales (Saint Georges, Zilia, Orezza), des boissons (notamment la brasserie Pietra qui dĂ©veloppe outre les biĂšres, les sodas et limonades; on peut aussi citer Torra), de la biscuiterie produisant selon des recettes locales, des plats cuisinĂ©s corses, de la charcuterie de type corse (sans aucune garantie sur l'origine de la matiĂšre premiĂšre) mais aussi des fromageries et laiteries semi-industrielles. D'autres ressources sont exploitĂ©es mais de façon plus marginale (bois, lauze, pierres ornementales ou de construction). L'Ă©nergie utilisĂ©e est en partie d'origine hydraulique, mais surtout issue de centrales thermiques. L'Ă©olien se dĂ©veloppe mais rencontre des rĂ©sistances.

Le secteur tertiaire

Le tertiaire privĂ© marchand est marquĂ© par une trĂšs forte saisonnalitĂ© liĂ©e Ă  la quasi monoactivitĂ© touristique. Un grand nombre d'emplois offerts sont peu qualifiĂ©s et saisonniers. Avec le commerce, c'est pourtant le secteur qui est le plus dynamique ; mais il se cantonne souvent aux secteurs non dĂ©localisables ou non concurrentiels.

Fiscalité

Article dĂ©taillĂ© : Statut fiscal de la Corse.

La Corse bĂ©nĂ©ficie depuis le Consulat d'un rĂ©gime fiscal dĂ©rogatoire motivĂ© par son insularitĂ© et son Ă©tat de sous-dĂ©veloppement relatif. La derniĂšre mesure lĂ©gislative qui rĂ©git le statut fiscal particulier de l'Île de BeautĂ© date de 1994.

Des avantages fiscaux dont bĂ©nĂ©ficient les entreprises touchent notamment Ă  l'impĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s dans les zones franches, et Ă  la taxe professionnelle, rĂ©duite sur toute l'Ăźle. Les particuliers bĂ©nĂ©ficient d'avantages en matiĂšre de TVA, de taxe fonciĂšre sur les propriĂ©tĂ©s non bĂąties (pour prĂ©server certains secteurs de l'Ăźle), de TIPP. Ils sont par ailleurs exonĂ©rĂ©s totalement de droits de succession (avantage limitĂ© Ă  partir du 1er janvier 2012) . Toutefois sur ce dernier point, n'oublions pas de prĂ©ciser qu'en France continentale, 95 % des hĂ©ritiers sont "de fait" Ă©galement exonĂ©rĂ©s de droits de succession[20].
L'État reverse au profit des collectivitĂ©s le manque Ă  gagner sur les taxes locales. Le coĂ»t brut est rĂ©duit : le manque Ă  gagner en matiĂšre de recette fiscale du fait de ce statut dĂ©rogatoire Ă©tait de 230 millions d'euros en 2004.

Depuis 1976, la Corse bénéficie également du concept de continuité territoriale. Elle a bénéficié de subventions au titre des fonds structurels européens relevant de l'objectif 1 (qui concerne les régions dont le PIB est inférieur à 75% de la moyenne européenne).

La Corse, qui ne fabriquait de produits manufacturĂ©s, Ă©tait, par exception, autorisĂ©e Ă  en importer hors taxe d'Italie ; pour Ă©viter que l'Ăźle serve d'entrĂ©e aux produits italiens sans taxe, on a donc taxĂ© les exportations vers la France continentale. En revanche, les produits agricoles corses Ă©taient vendus en France continentale hors taxe[21].

Criminalité

Au cours de l'année 2009, 682 homicides volontaires ont été commis en France[22], dont 28 en Corse[23]. Le taux d'homicide volontaire s'établit ainsi à un pour 10 800 habitants sur l'ßle, contre un pour 95 000 habitants sur le continent.

Transports

Article dĂ©taillĂ© : Transport en Corse.

Transport ferroviaire

Article dĂ©taillĂ© : Chemins de fer de Corse.

La Corse possĂšde un rĂ©seau ferroviaire de deux lignes seulement : Bastia - Corte - Ajaccio et Ponte-Leccia - L'Île-Rousse - Calvi. Ce rĂ©seau est gĂ©rĂ© par la CFC (Chemins de Fer de la Corse) et est Ă  voie mĂ©trique.

Transport maritime

Les liaisons maritimes entre la Corse et le continent europĂ©en sont assurĂ©es par trois compagnies principales :

Transport aérien

Les liaisons aériennes sont notamment assurées par deux compagnies aériennes, Air France et CCM Airlines, qui proposent des liaisons réguliÚres. D'avril à octobre, et surtout pendant l'été, de nombreuses liaisons de charters relient sans escale la Corse à de grandes villes européennes.

La Corse possÚde quatre aéroports:

Transport routier

Culture

Article dĂ©taillĂ© : Culture de la Corse.

Langue corse

Article dĂ©taillĂ© : Corse (langue).
Les montagnes corses

À l'Ă©poque romaine, les habitants de l'Ăźle parlaient un latin encore trĂšs proche de celui du continent. Pour schĂ©matiser : on retiendra que la langue corse est une langue issue du bas latin et du toscan mĂ©diĂ©val. Certaines variĂ©tĂ©s de la langue corse sont parmi les langues les plus proches de l'italien standard, car elles ont Ă©tĂ© largement influencĂ©es par le toscan (lui-mĂȘme Ă  la base de l'italien). Ceci fait que l'intercomprĂ©hension avec les Italiens est excellente mais que quelqu'un parlant corse comprend difficilement des dialectes de l'italien comme le calabrais, le vĂ©nitien ou mĂȘme le piĂ©montais -et vice-versa. L'hymne corse «Dio vi salvi Regina» est d'ailleurs Ă©crit en italien standard et chantĂ© en corse sans que de grandes modifications soient perceptibles entre l'Ă©crit et l'oral ; la seule diffĂ©rence est que le o italien devient un u latin en corse (mĂȘme dans le titre qui est parfois «DĂŹu vi salvi Regina»). Ce phĂ©nomĂšne de l'interchangeabilitĂ© du u et du o n'est cependant pas un phĂ©nomĂšne proprement corse puisqu'on le retrouve en sicilien, en calabrais, en occitan, en catalan et en portugais. Toutefois, les variĂ©tĂ©s de la langue corse dites "taravaise" ou "sartenaise" sont plus Ă©loignĂ©es du toscan, mais nettement plus proches des langues sicilienne ou galluraise.

La langue corse actuelle a Ă©tĂ© influencĂ©e selon les micro-rĂ©gions de l'Ăźle par le toscan, au nord, tandis que l'extrĂȘme sud restait soumis Ă  l'influence du bas latin. Cela se rĂ©vĂšle notamment dans la forme des pluriels masculins (issus du neutre latin dans l'extrĂȘme sud) et dans la forme initiale de termes restĂ©s proches du latin tels u casgiu pour le fromage directement issu de caseus en latin[Note 3]. Les linguistes dĂ©crivent ces diffĂ©rentes variĂ©tĂ©s comme une forme de polynomie. Les diffĂ©rentes variĂ©tĂ©s sont intercommunicantes mais variĂ©es.

La langue corse est le véhicule de la culture corse, riche de ses chants, ses polyphonies, ses proverbes, et de ses expressions.

Elle est l'objet de nombreuses revendications concernant sa protection et son enseignement. L'État affiche une volontĂ© politique de promouvoir l'enseignement de la langue et de la culture corse. Il a mis en place un enseignement facultatif d'un maximum de 2h par semaine, gĂ©rĂ© par les professeurs des Ă©coles dans le primaire. Ces mesures sont vues par certains comme trop faibles, comparĂ©es Ă  ce qui est fait en Espagne pour le catalan et le basque, par exemple. En 2011, la majoritĂ© de gauche au pouvoir a annoncĂ© dans l'enceinte de l'AssemblĂ©e son intention d'aller vers un statut officiel de la langue corse, qui pourrait permettre sa rĂ©introduction gĂ©nĂ©ralisĂ©e dans la sociĂ©tĂ©, Ă  l'instar de ce qui a Ă©tĂ© fait en Catalogne espagnole. Cette officialisation passe cependant par une rĂ©vision de la Constitution[24], qui est rejetĂ©e par l'AcadĂ©mie française [25].

De fait, la langue corse est considĂ©rĂ©e par l'Unesco comme une langue en voie de disparition, de mĂȘme que 90 % des langues de la planĂšte. On estime d'ailleurs depuis 2006 que la langue corse - ainsi que certaines langues italiques tels que le sicilien, le calabrais, le vĂ©nitien - est l'une des plus proches du bas-latin tel qu'il fut parlĂ© Ă  l'aube du Moyen Âge.

Les patronymes corses se retrouvent un peu partout en Italie, et notamment dans les rĂ©gions centrales de la pĂ©ninsule. C'est le cas, notamment de Benigni, patronyme qui trouve son origine en Toscane. On pense au comĂ©dien et rĂ©alisateur Roberto Benigni originaire, prĂ©cisĂ©ment de cette rĂ©gion d'Italie ainsi que Patrice Benigni, comĂ©dien et chanteur (cousin d'AndrĂ© Santini, ancien ministre sous Nicolas Sarkozy et maire d'Issy-les-Moulineaux), nĂ© Ă  Marseille, dont les racines corses se situent Ă  Canari. Autrefois langue orale, mĂ©lange d'origines latine, italienne, elle est actuellement codifiĂ©e et structurĂ©e par l'UniversitĂ© de Corte (UniversitĂ  Pasquale Paoli di Corti) et dĂ©fendue par de nombreuses associations insulaires. Elle doit son statut de langue au fait paradoxal que la Corse fait partie de la France, ce qui lui vaut d'ĂȘtre sĂ©parĂ©e des autres dialectes italiens. En Italie, les dialectes rĂ©gionaux ont le statut officiel de langue seulement dans leurs propres rĂ©gions.

Croyances et superstitions

Le mazzérisme

Le mazzĂ©risme est un don hypothĂ©tique de prophĂ©tie funĂšbre exercĂ© la nuit par des individus pendant la pĂ©riode des rĂȘves. Au cours de cette activitĂ©, le mazzeru part chasser et tuer des animaux. On le surnomme « le Chasseur d'Ăąmes Â» ou encore « le Messager de la Mort Â». Certains auteurs estiment que le mazzĂ©risme est une invention de romanciers et n'a jamais existĂ© en Corse[26].

Chants et polyphonies

Article dĂ©taillĂ© : Chant corse.

Sportifs professionnels

Porto-Vecchio

Écrivains

Écrivains en langue française

  • Paul Antonietti, auteur de I. F. F. (I Francesi Fora), une plongĂ©e sans concession au cƓur du problĂšme corse
 et français.
  • Daniel Arnaud, auteur de La Corse et l'idĂ©e rĂ©publicaine et de DerniĂšres nouvelles du front
  • Paule Calliste, auteure de Quand les pierres essaient de parler
  • Roger Caratini, auteur de la Bordas EncyclopĂ©die
  • Xavier Casanova, auteur du Codex CorsicĂŠ
  • Marie-JosĂ©e Cesarini-Dasso, L'Univers criminel fĂ©minin en Corse au XVIIIe siĂšcle, Brigida MĂ©decin au XVIIe siĂšcle, La Bandite
  • Pierre-Paul Raoul Colonna de Cesari Rocca, auteur de Histoire de la Corse avec Louis Villat
  • Gabriel Xavier Culioli, auteur de la Terre des Seigneurs, Le Complexe corse, Terres de Corse, Les Pierres de l'apocalypse, Le Chant des Saisons, Le Grand Voyage, LĂ©gendaire corse, Bandits de Corse,
  • Jacques Denis, auteur de Forçats corses, dĂ©portations au bagne de Toulon, 1748-1873, Ă©ditions Privat, Toulouse, 2011, BrĂšve histoire des Cunsulte de Corse, Ă©dition Fior di Carta, co-auteur Des Jurassiens Ă  la conquĂȘte de la Corse
  • Jean-Toussaint Desanti, philosophe, auteur de Les idĂ©alitĂ©s mathĂ©matiques
  • Marie Ferranti
  • JĂ©rĂŽme Ferrari
  • Daniel Istria, auteur de Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse XIe ‑ XIVe siĂšcle
  • Evelyne Luciani, Louis Belgodere, Dominique Taddei, auteurs de Trois prĂȘtres Balanins au cƓur de la rĂ©volution Corse
  • Paul Milleliri
  • Thierry Ottaviani, essayiste, auteur notamment de La Corse pour les Nuls
  • Paul-François Paoli
  • Jean Pasqualini, auteur de Prisonnier de Mao (7 ans de LaogaĂŻ)
  • Jean-Paul Pellegrinetti
  • Pierre Piobb
  • Michel Poli, Le cimetiĂšre des Ă©lĂ©phants
  • Moune Poli, auteure de la Corse au poing
  • Xavier Poli, auteur de La Corse dans l'AntiquitĂ© et dans le haut Moyen Âge - 1907
  • Michel Ferracci-Porri, auteur de La MĂŽme Moineau, Beaux TĂ©nĂšbres, La Pulsion du Mal d'EugĂšne Weidmann., L'Affaire du FantĂŽme de Heilbronn
  • Pierre Poggioli, auteur de plusieurs livres sur l'histoire contemporaine corse et le nationalisme
  • Angelo Rinaldi
  • Jean-Claude Rogliano
  • Dominique Sampieri, auteur de Les ChĂątaigniers de Bocognano, La Faux et le fusil
  • Jeanne-HĂ©lĂšne Sampieri, auteur de À propos d'Ajaccio...
  • Jean-Pierre Santini
  • Marie Susini
  • Michel Zevaco, auteur de romans de cap et d'Ă©pĂ©es dont la sĂ©rie des Pardaillan

Écrivains en langue corse

  • Marco Angeli,
  • Ghjuvan Maria Arrighi,
  • Ghjacumu Biancarelli,
  • Marcu Biancarelli,
  • Ghjaseppu Maria Bonavita,
  • Dumenicu Carlotti (Martinu Appinzapalu),
  • Santu Casanova,
  • Ghjuvan Maria Comiti,
  • Rinatu Coti,
  • Sebastianu Dalzeto,
  • Bartulumeu Dolovici,
  • Paulu Matteiu Della Foata,
  • Paulu Desanti,
  • Alain Di Meglio,
  • Anton Francescu Filippini,
  • Jean-Joseph Flori
  • Ghjuvan Ghjaseppu Franchi,
  • Ghjacumu Fusina,
  • Prete Gentili (Anghjulu-Stefanu),
  • Dumenicu Antonu Geronimi,
  • Don-Joseph Giansily
  • Ghjacumu Gregorj,
  • Ghjuvan' Petru Lucciardi,
  • Anton Liunardu Massiani,
  • Ange-Mathieu Mezzadri,
  • Ghjuvan Luigi Moracchini,
  • Norbert Paganelli,
  • Ugo Peretti,
  • Bertino Poli,
  • Michel Poli (A umbria Ăš Ă  sulia),
  • Petru Rocca,
  • Ghjuvan Teramu Rocchi,
  • Ghjacumu Thiers.
  • Ghjuvan Petru Ristori

Écrivains en langue italienne

Il existe des Ă©crivains en langue corse, notamment depuis le XIXe siĂšcle, alors que jusqu'alors il avait plutĂŽt existĂ© une littĂ©rature corse en italien trĂšs importante. L'italien en Corse comme dans les autres rĂ©gions italiennes Ă©tait la langue Ă©crite par les lettrĂ©s et cela jusqu'Ă  la conquĂȘte française.

Écrivains en langue corse et en français

  • Prete Gentili (Anghjulu-stefanu), de Calacuccia (avec Pascura, un recueil de contes et proverbes)
  • Marta Renucci Cristofini
  • Antoine Trojani, d'Asco, a Ă©crit de nombreux livres en corse et en français dont une histoire du « Sage d'Asco Â».

Religion

Article dĂ©taillĂ© : DiocĂšse d'Ajaccio.

La religion dominante de la Corse est le catholicisme oĂč 92,2 % des habitants se dĂ©clarent catholiques[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Le diocĂšse d'Ajaccio comprend 434 paroisses 103 prĂȘtres[27].

Franc-maçonnerie

Les plus anciennes loges de Corse datent de 1902 (l'Étoile de Cyrnos), puis de 1903 (l'Émancipation Ajaccienne). Au dĂ©but de la seconde guerre mondiale la franc-maconnerie a pratiquement disparu de Corse. À partir des annĂ©es 1970, elle reprend force et vigueur.[rĂ©f. nĂ©cessaire] Dans une interview donnĂ©e Ă  un magazine local, RenĂ© Lotta, un haut dignitaire de la Grande Loge nationale française (GLNF) affirme mĂȘme qu'un Corse sur 100 serait franc-maçon[28].

Gastronomie

La gastronomie corse est Ă©troitement liĂ©e aux principaux produits du terroir : la culture des oliviers, de la vigne, de la chĂątaigne et des agrumes, la charcuterie de porc, le lait et le fromage de brebis, comme celui de chĂšvre.

C'est traditionnellement une cuisine de montagnards mĂȘme si les produits de la pĂȘche sont devenus plus importants, essentiellement grĂące Ă  la disparition du paludisme des cĂŽtes et Ă  la tradition corse d'ostrĂ©iculture et de mytiliculture hĂ©ritĂ©e des romains.

Il existe en Corse deux types d'huiles d'olive. L'une est plus verte ; elle est produite en dĂ©cembre et janvier, Ă  partir d'oliviers jeunes et d'olives en dĂ©but de maturation. L'autre est une huile jaune, propre Ă  la culture corse ; elle est faite Ă  partir des olives ramassĂ©es sous des arbres centenaires vers le mois de mai.

Fromages traditionnels corses (cuisine corse).
Article dĂ©taillĂ© : Cuisine corse.

Parmi les spĂ©cialitĂ©s il faut noter :

  • l'apĂ©ritif : le Cap Corse, c'est un apĂ©ritif Ă  base de vin et d'une plante mĂ©dicinale, le quinquina. Les plus connus sont le Cap Corse Mattei et le Cap Corse Damiani
  • le Pastis Dami
  • La Liqueur du Maquis
  • la biĂšre corse Ă  la chĂątaigne : la Pietra
  • le whisky corse P&M
  • le vin de Corse (AOC)
  • la charcuterie corse : le prisuttu, la coppa et le lonzu, le figatellu, la salciccia, u salamu
  • Liste de fromages corses : le brocciu, le Niolo, a filetta, le bastelicaccia
  • les beignets ( fritelli dans le Nord de l'Ăźle, friteddi dans le Sud ) de brocciu (fromage de lait caillĂ© de brebis)
  • le migliacciu
  • les sardines Ă  la Bastiaise
  • la pulenda, une polenta de farine de chĂątaigne
  • les nicci, crĂȘpes Ă  base de farine de chĂątaigne
  • le cabri en sauce (avec sa polenta de farine de chĂątaigne)
  • le civet de sanglier
  • les canistrelli, biscuits parfumĂ©s au citron, Ă  l'anis, Ă  la chĂątaigne, au vin, ou nature.
  • toutes sortes de fromages : le brocciu, le fromage frais de brebis, la tomme corse et une myriade de fromages corsĂ©s.
  • la tourte de farine de chĂątaigne, les falculelle, le fiadone ou le pastizzu les crustulle
  • les digestifs : eau de vie, liqueur de myrte, de chĂątaigne, de cĂ©drat, d'arbouse...
  • le pestu : sauce au basilic se mariant avec divers ingrĂ©dients selon les rĂ©gions de Corse
  • les aubergines farcies : demi-aubergines farcies de viande hachĂ©e et d'ail gratinĂ©es au four et servies avec une sauce tomate et basilique.
  • le muscat pĂ©tillant.
  • les miels AOC de Corse.

Au temps des Romains, « les Corses se nourrissent principalement de lait, de viande et de miel. Nous sommes dans un pays de simple culture... Le miel corse que les matrones romaines utilisaient pour faire disparaĂźtre les taches de rousseur devait ĂȘtre fourni, au lieu et place de la monnaie, pour le paiement des impĂŽts Â»[2].

Sport

  • En rugby Ă  XV, un club (SC Bastia XV) Ă©voluait en championnat national de fĂ©dĂ©rale1 mais des raisons financiĂšres les ont relĂ©guĂ©s en fĂ©dĂ©rale3. Les autres clubs sont situĂ©s en Balagne (le CRAB XV Lumio), Ă  Bastia (Bastia XV, Casinca XV), Ă  Lucciana (RC Lucciana), Porto-Vecchio (ASPV XV et RCOPV XV) Ajaccio(RCA), Ă  Ventiseri, Ă  Propriano (Alta-Rocca XV) et Ă  Corte. Henry Savary occupe actuellement le siĂšge de prĂ©sident, AndrĂ© Giammarchi le poste de vice-prĂ©sident et Fabrice Orsini est secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral. Le comitĂ© rĂ©gional prĂ©sente au niveau national des sĂ©lections corses dans toutes les catĂ©gories de jeunes, ainsi qu'en fĂ©minines.
  • Le football est extrĂȘmement populaire et trĂšs bien reprĂ©sentĂ© en ligue professionnelle par rapport au nombre de spectateurs et Ă  la puissance Ă©conomique de l'Ăźle. Pour la saison 2007-2008, par exemple, Ă©taient prĂ©sents les clubs de l'AC Ajaccio et du SC Bastia en Ligue 2 et du GFCO Ajaccio en National. Malheureusement, le manque de moyens financiers couplĂ© aux incohĂ©rences de gestion de certains dirigeants ont jetĂ© l'ACA et le SCB en Ligue 2, alors que le GazĂ©lec a Ă©tĂ© sportivement relĂ©guĂ© en Championnat de France Amateurs pour la saison 2006-2007. À ce mĂȘme niveau, le Club AthlĂ©tic Bastiais (CAB) a connu la premiĂšre saison en CFA de son histoire, aprĂšs une Ă©popĂ©e en Coupe de France la saison prĂ©cĂ©dente, achevĂ©e contre Istres (Ligue 2). En CFA2, enfin, les rĂ©serves professionnelles de l'ACA et du SCB sont prĂ©sentes, ainsi que les Moustiques de l'AS Porto-Vecchio, le club de Corte, le FA Île-Rousse, le FC Borgo et l'Etoile Filante Bastiaise. Cependant, depuis son retour au sein de l'Ă©lite, l'ACA prĂ©sente une rĂ©gularitĂ© de gestion qui lui a permis d'attirer la confiance des instances nationales. La DNCG tant redoutĂ©e par de nombreux clubs n'a jamais eu de reproche Ă  formuler envers le club ajaccien.

Ainsi, ce ne sont pas moins de 11 équipes pour 9 clubs différents qui jouent au niveau national.

  • En handball, le GFCO Ajaccio Ă©volue en Nationale 1, le club du Hb Corte Ă©volue en Nationale 2 et celui de Bonifacio Ă©volue en Nationale 3.
  • En volley-ball, le GFCO Ajaccio accĂšde en 2007 Ă  la PRO A.
  • En compĂ©tition automobile, le Tour de Corse est un des plus grands rendez-vous des rallyes sur asphalte. De plus, les pilotes corses sont rĂ©putĂ©s rapides, Ă  l'image d'Yves Loubet, Patrick Bernardini ou encore Paulu-Battistu Halter.
  • Il y a aussi 3 stations de ski sur l'Ăźle comme le Val d'Ese et Ghisoni-Capanelle par exemple.
  • L'absence de grandes vagues due au fait que la Corse se situe en MĂ©diterranĂ©e, ainsi que le vent fort et rĂ©gulier en fait un lieu idĂ©al pour la pratique de la voile comme la planche Ă  voile et le kitesurf. La baie de Figari s'est imposĂ©e comme un spot incontournable de l'Ăźle dans ce domaine.
  • En cyclisme, il existe un Tour de Corse cycliste.
  • En futsal, la Corse est prĂ©sente depuis 2008 au sein de l'Union nationale des clubs de futsal (UNCFs), deux de ses clubs (Bastia Futsal et SartĂšne Futsal) sont prĂ©sents dans les championats nationaux pour la saison 2010-2011, la ligue corse a un club europĂ©en aprĂšs sa troisiĂšme annĂ©e d'existence. Elle est l'une des plus dynamiques sur le plan national[rĂ©f. nĂ©cessaire] avec plus de 15 clubs en 2009, et 300 licenciĂ©s.
  • En voile, le Festival Nautic & Music regroupe plusieurs compĂ©titions nautiques. Le Tour de Corse Ă  la voile en Ă©quipage rassemble plusieurs dizaines de bateaux Ă  la mi-octobre. Le Club de Voile de Bonifacio organise la rĂ©gate de catamarans de sport lors du Raid des bouches de Bonifacio. Il organise Ă©galement le DĂ©fi Inter-Iles (mi-septembre), compĂ©tition de windsurf entre la Corse et la Sardaigne.

Voir aussi

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Bibliographie

  • Jean-Marie-Arrighi et Olivier Jehasse, Histoire de la Corse et des Corses, Colonna Edition et Perrin 
  • Francis Pomponi, Histoire de la Corse, Hachette LittĂ©ratures 
  • Giovanni della Grossa, Chronique mĂ©diĂ©vale corse, Ajaccio, Éditions La Marge 
  • Silio Scalfati, La Corse mĂ©diĂ©vale, Ajaccio, Éditions Alain Piazzola 
  • Michel VergĂ©-Franceschi, Histoire de Corse, la pays de la grandeur, Éditions du FĂ©lin, 2010 
  • Pierre Antonetti, Histoire de la Corse, Robert Laffont 
  • Laurent-Jacques Costa, Corse prĂ©historique, Paris, Éditions Errance 
  • Antoine-Marie Graziani et Michel VergĂ©-Franceschi, Sampiero Corso, Ajaccio, Éditions Alain Piazzola 
  • StĂ©phane Massiani, La Corse 
 et ses chapelles romanes, ImprimĂ© sur les presses de l’imprimerie A. Robert, 13011 Marseille, mai 1991, 154 p. 
  • StĂ©phane Massiani, , La Corse 
 et ses merveilles, imprimerie A. Robert, 13011 Marseille, Grand Large Ėditions 83190 Ollioules, 200 p.
    PrĂ©face : Vice-Amiral d’Escadre (2e S) de Lachadenede, Membre de l’AcadĂ©mie du Var
     
  • Thierry Ottaviani, La Corse pour les Nuls, Paris, First, mai 2010, 516 p. 
  • Desideriu Ramelet-Stuart, Stuart of Corsica, l'origine dĂ©voilĂ©e, Bastia, Stuart of Corsica, novembre 2010, 80 p. 
  • Colonna de Cesari Rocca et Louis Villat, Histoire de Corse, Paris, Ancienne Librairie Furne - Boivin & Cie, Éditeurs, 1916, 279 p. 
  • Xavier Poli, La Corse dans l'AntiquitĂ© et le Haut moyen Âge, Paris, Librairie Albert Fontemoing, 1907 

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. ↑ Le nom grec de la Corse Ă  l'antiquitĂ© Ă©tant "Kurnos" ou "KurnĂš". Lire Corsica Classa et Non, les Grecs ne l'appelaient pas KallistĂ© d'Olivier Jehasse
  2. ↑ FormĂ©es principalement de mercenaires barbares, notamment hĂ©rules et huns
  3. ↑ Le mot « fromage Â» vient du latin « caseus formaticus Â» ; le français et l'italien avec fromage et formaggio ont utilisĂ© la deuxiĂšme partie du mot ; d'autres langues ont utilisĂ© la premiĂšre : queso en espagnol, queijo en portugais, cheese en anglais, KĂ€se en allemand...

Références

  1. ↑ a, b et c Colonna De Cesari-Rocca et Louis Villat in Histoire de Corse Ancienne librairie Furne Boivin & Cie, Éditeurs 5, rue Palatine Paris VIe 1916
  2. ↑ a, b, c, d, e et f Xavier Poli in La Corse dans l'AntiquitĂ© et dans le Haut moyen ÂgeLibrairie albert Fontemoing Paris 1907
  3. ↑ Phocide, 1. X, c. VII, §8 ; Ă©d. Didot-Dindorf. Deinceps sĂ»nt insulte GymnesiƓ ; prope lias Busus ac potentissima Sardinia et amabilis in mari Cyrnus, quam quidem indigense homines Corsicam appellant ; silvis autem tantum quantum illa abundat nulla. Dyonisii, Orbis descriptio, v. 457-460. (en note de bas de page)
  4. ↑ Ettori f et alii, Corse, Ă©d Bonneton, 1992
  5. ↑ PrĂ©sentation de la Corse sur e-voyageur.com
  6. ↑ Bilan 2006 des incendies sur l'ensemble de la rĂ©gion corse - Office de l'Environnement de la Corse [PDF]
  7. ↑ Site de l'Office de l'environnement de la Corse
  8. ↑ Strabon, GĂ©ographie, V, II, 7
  9. ↑ La Corse en l'an 1000 - La marque des sarrasins (Histoire) sur L'Express.fr (02/12/1999)
  10. ↑ a et b Philippe Pergola de l'Institut Pontifical d'ArchĂ©ologie ChrĂ©tienne Ă  Rome in ArchĂ©ologie et SociĂ©tĂ© - Cervioni aoĂ»t 1979
  11. ↑ Les origines du drapeau corse U Ribombu
  12. ↑ Jacques Olivier Boudon, Les Bonaparte : regards sur la France impĂ©riale. La Documentation photographique, dossier 8073, janvier-fĂ©vrier 2010, p. 11 (carte de Gilles PĂ©cout)
  13. ↑ Jean-Paul Pellegrinetti et Georges Ravis-Giordani, "Les monuments aux morts de la premiĂšre guerre mondiale en Corse", Cahiers de la MĂ©diterranĂ©e, 81-2010, p. 239-251
  14. ↑ [1]
  15. ↑ Medias libres, Discours de Gaulle, octobre 1943.
  16. ↑ DĂ©cret no 70-18 du 9 janvier 1970 modifiant le dĂ©cret no 60-516 du 2 juin 1960 portant harmonisation des circonscriptions administratives, JORF no 8 du 10 janvier 1970, p. 395-6, sur LĂ©gifrance.
  17. ↑ Loi no 75-356 du 25 mai 1975 portant rĂ©organisation de la Corse, JORF no 113 du 16 mai 1975, p. 4947-9, sur LĂ©gifrance.
  18. ↑ La Corse en bref - Ă©dition 2009 - Population
  19. ↑ INSEE, rĂ©sumĂ© statistique pour la Corse.
  20. ↑ Marianne n°678, page 25
  21. ↑ GEO N°381 Novembre 2010 p.14
  22. ↑ http://www.france-info.com/france-justice-police-2010-08-02-chute-du-nombre-d-homicides-en-france-472154-9-11.html
  23. ↑ http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-77565QE.htm
  24. ↑ http://www.lesechos.fr/journal20110729/lec1_derniere/0201536984911-vers-l-officialisation-de-la-langue-corse-199923.php
  25. ↑ http://www.lemonde.fr/web/recherche_breve/1,13-0,37-1040405,0.html
  26. ↑ Bernard Biancarelli et Christine Bonardi, De quelques monstres anthropologiques insulaires, Ethnologie Française no 3, 2008 (ISBN 978-2-13-056600-7)
  27. ↑ The Hierarchy of the Catholic Church. Current and historical information about its bishops and dioceses
  28. ↑ Antoine Albertini, « Un Corse sur 100 est franc-maçon Â» sur Corsica, aoĂ»t 2008. ConsultĂ© le 23 juillet 2011


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