Corsaire

ÔĽŅ
Corsaire
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas √™tre confondu avec mercenaire, pirate ni corso (brigandage maritime).
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Corsaire (homonymie).
Le Renard, réplique du bateau de corsaire de Surcouf

Un corsaire est un membre de l'√©quipage d'un navire civil arm√©, autoris√© par une lettre de marque (√©galement appel√©e ¬ę lettre de commission ¬Ľ ou ¬ę lettre de course ¬Ľ) √† attaquer en temps de guerre, tout navire battant pavillon d'√Čtats ennemis, et particuli√®rement son trafic marchand, laissant √† la flotte de guerre le soin de s'attaquer aux objectifs militaires. Les corsaires ne doivent donc pas √™tre confondus avec les pirates puisqu'ils exercent leur activit√© selon les lois de la guerre, uniquement en temps de guerre et avec l'autorisation de leur gouvernement. Captur√©s, ils ont droit au statut de prisonnier de guerre.

Cette forme de guerre navale est appel√©e ¬ę guerre de course ¬Ľ.

Sommaire

√Čtymologie

A Saint Malo, la statue du corsaire Robert Surcouf

Le mot ¬ę corsaire ¬Ľ a √©t√© emprunt√© de l'italien ¬ę corsaro ¬Ľ lui m√™me d√©riv√© du latin ¬ę cursus ¬Ľ, ¬ę course ¬Ľ[1]. Le mot ¬ę corsaire ¬Ľ est attest√© au XVe si√®cle au d√©but du XVIIe si√®cle) mais le terme de pirate √©tait encore utilis√© comme synonyme √† la fin du Moyen √āge, d'o√Ļ la confusion entre les deux acceptions[2].

Différence entre corsaires et pirates

  • Les corsaires : La Course est pratiqu√©e par des civils qui, en temps de guerre, sur autorisation des autorit√©s et en ob√©issant aux lois de la guerre, combattent avec un statut √©quivalent aux militaires mais sans √™tre soumis √† l'autorit√© d'un √©tat major mais au contraire d'une fa√ßon ind√©pendante.
  • Les pirates : La piraterie est un banditisme sur mer. Elle n'a pas disparue avec la fin de la marine √† voile et est toujours pratiqu√©e sur les oc√©ans et notamment au large de la corne de l'Afrique o√Ļ des navires de guerre prot√®gent le commerce maritime sur une zone aussi √©tendue que le continent europ√©en.

La confusion r√©sulte du fait que les corsaires faisaient la guerre aux nations ennemies en s'attaquant √† leur commerce et que jusqu'√† la fin du Moyen √āge, les termes de corsaire et pirate √©taient employ√©s indiff√©remment. Aujourd'hui encore, cette confusion entre les corsaires et les pirates est fr√©quente, surtout en France o√Ļ l'histoire maritime est m√©connue par une large majorit√© de la population.

Cette apparence ne doit pas faire oublier que les corsaires respectaient les vies et les biens personnels ; seul le navire et sa cargaison faisaient l'objet de la prise, une enqu√™te √©tablissait si la prise avait √©t√© l√©gitime et le bien √©tait rendu si tel n'avait pas √©t√© le cas. Les corsaires s'attaquaient rarement aux navires de guerre, comme le montrent les recherches dans les archives fran√ßaises : sur 23 201 corsaires fran√ßais embarqu√©s entre 1692 et 1763, seuls 133 meurent aux combats. Au moment des guerres de la R√©volution et de l'Empire, sur 1651 d√©cisions du tribunal des prises, seuls 75 combats et 18 abordages sont r√©pertori√©s[3].

La guerre de course

La guerre de course appara√ģt en m√™me temps que les √Čtat f√©odaux. Au Moyen √āge, les armateurs obtiennent des suzerains le ¬ę droit de repr√©saille ¬Ľ lorsque leurs navires sont pill√©s, qui consiste √† s'emparer d'une quantit√© de biens identique √† celle qu'ils ont perdu[4].

La guerre de course a souvent √©t√© utilis√©e par un bellig√©rant pour pallier l'insuffisance de ses moyens √† l'encontre d'un adversaire disposant de la supr√©matie navale. Ce syst√®me est tr√®s avantageux pour l'√Čtat : le poids financier de l'armement corsaire est √† la charge de l'armateur et le gouvernement touche une part dans la revente des prises op√©r√©es par le corsaire. De plus, c'est √† l'armateur de payer la ran√ßon des marins corsaires prisonniers. En r√©sum√©, l'√Čtat ne paie rien et peut gagner.

C'est ainsi la strat√©gie des Fran√ßais contre les Britanniques pendant une grande partie du XVIIIe si√®cle. La guerre de course est particuli√®rement active pendant la guerre de Successions d'Autriche. Les pertes s‚Äô√©quilibrent sachant que les corsaires anglais sont tr√®s nombreux aussi. Pendant la guerre de Sept Ans, conflit naval perdu par la France, la course apparait comme une activit√© de survie des ports fran√ßais et les corsaires remplissent m√™me certaines missions que n'assume plus la Marine royale. La course reprend pendant les guerres de la R√©volution et de l'Empire apr√®s le d√©part en exil des officiers de marine (pour la plupart nobles et donc menac√©s par la R√©volution) et √† la ruine de la marine d'√Čtat (Aboukir et Trafalgar). Les trois ports principaux en France √©taient Dunkerque, Saint-Malo et Morlaix, suivis par Calais, Boulogne, Granville et autres. La course est abolie par trait√© international en 1856, apr√®s la Guerre de Crim√©e.

De m√™me, au cours des deux guerres mondiales, bien que l'expression ¬ę corsaire ¬Ľ soit utilis√©e abusivement dans ce contexte, la marine allemande a arm√© des b√Ętiments marchands pour la guerre au commerce alli√© dans des th√©√Ętres secondaires o√Ļ le trafic n'√©tait pas organis√© en convois (oc√©an Indien, Pacifique, Atlantique Sud). Les aventures de ces ¬ę  corsaires  ¬Ľ sont g√©n√©ralement pittoresques mais sans grande cons√©quence sur le d√©roulement des deux conflits.

Navires corsaires

La Confiance aborde le Kent , huile d' Ambroise-Louis Garneray, exposée au Musée national de la marine à Paris.

Ils utilisaient souvent des navires de petite taille, rapides, manŇďuvrants et discrets tels des cotres, des flutes, pour ex√©cuter des abordages en mer plus par surprise que par force. Lorsque la Fortune leur souriait, ils pouvaient enlever des bateaux de fort tonnage (l'embl√©matique capture du Kent par la fl√Ľte la Confiance de Robert Surcouf le 7 octobre 1800). Les prises, tr√®s souvent des navires marchands, √©taient donc peu propices √† une activit√© corsaire et √©taient revendues.

Un ¬ę √©quipage de prise ¬Ľ √©tait envoy√© sur le navire saisi avec mission :

  • soit de le ramener √† bon port pour le revendre avec sa cargaison, d√©barquer les prisonniers, entrer en contact avec l'armateur et lui proposer leur lib√©ration contre ran√ßon ou par √©change avec un nombre √©quivalent de prisonniers. Pour cela, on pouvait donner une liste de noms des marins qu'on voulait voir lib√©rer ; Surcouf l'a fait pour son fr√®re Nicolas mais les Britanniques d√©sirant faire monter les ench√®res et se venger, firent la sourde oreille ; mal leur en prit : Surcouf ravagea de plus belle leur commerce en mer des Indes jusqu'√† ce que pouss√©s par leurs marchands de Calcutta, les Britanniques lui proposent de lib√©rer son fr√®re.
  • soit de continuer la course √† deux navires au lieu d'un, ce qui √©tait impossible si l'√©quipage ennemi √©tait en grand nombre. En effet, il fallait alors assurer la manŇďuvre du navire et surveiller l'√©quipage prisonnier, ce qui n'allait pas sans risque.

Une guerre très réglementée

Les corsaires faisaient la guerre selon les m√™mes lois que les marins d'√Čtat, c'est-√†-dire ceux de la Marine (royale puis nationale, imp√©riale en ce qui concerne la France), mais dans un but commercial et non militaire.

Règles générales pendant la course

  • Avoir une lettre de marque re√ßue de l'√Čtat pour ¬ę courir sus aux navires ennemis ¬Ľ ; cette autorisation est caduque d√®s l'arr√™t des hostilit√©s,
  • S'il y a possibilit√© de s'approcher du navire ennemi par ruse en arborant un pavillon neutre ou alli√© il y a une obligation de hisser, √† partir d'une certaine distance, le pavillon v√©ritable. En cas contraire, il s'agirait d'une tra√ģtrise,
  • Respect de la vie des prisonniers,
  • Les effets personnels des marins ennemis ou des passagers ne font pas partie du butin, ils les conservent : on pose des scell√©s sur les coffres, malles, armoires des prisonniers (on peut lire dans des m√©moires comme ceux de Garneray ou dans les archives maritimes, que les prisonniers utilisent cet argent pour soudoyer les ge√īliers, am√©liorer l'ordinaire, etc., ce qui prouve que cette obligation de respect des biens priv√©s des prisonniers n'√©tait pas seulement th√©orique mais effectivement respect√©e),

Seuls le navire et sa cargaison (exception faite de la p√©riode de guerre pendant laquelle des otages sont ramen√©s afin qu'ils fassent un compte-rendu de l'attaque[5]) peuvent donc faire l'objet d'une prise en guerre de course, encore faut-il que la prise ait √©t√© jug√©e l√©gitime par les autorit√©s comp√©tentes au retour de course. Les marins ennemis sont prisonniers de guerre : ils peuvent √™tre soit lib√©r√©s √† la fin des hostilit√©s, soit √©chang√©s, ou encore lib√©r√©s contre ran√ßon.

Règles administratives au retour de la course

  • Le capitaine corsaire d√©posait √† l'Amiraut√© son rapport de mer dont l'examen par les officiers d'administration d√©clenchait une proc√©dure de plusieurs jours.
  • Personne n'avait le droit de descendre √† terre avant que les officiers d'administration n'aient dress√© le proc√®s verbal d'inspection du navire, v√©rifi√© que les scell√©s appos√©s par l'√©crivain de bord sur les coffres, malles et armoires de la prise soient intacts.
  • Ensuite ils apposaient leur sceau sur les √©coutilles pour √©viter que des parties du butin de prise ne soient d√©barqu√©es √† la nuit tomb√©e.
  • Enfin, ils interrogeaient les prisonniers et les menaient vers les prisons de la ville.

Alors seulement, l'équipage pouvait quitter le navire et attendait le verdict du Tribunal des Prises, nécessaire avant la vente aux enchères du butin de prise.

Le Tribunal des prises

Le résultat de la procédure était envoyé au tribunal des prises (appelé aussi Conseil des prises), dépendance de l'Amirauté qui statuait sur la légitimité des captures.

La prise devait avoir √©t√© faite selon les lois de la guerre. En cas de forfaiture, tra√ģtrise ou d'absence de Lettre de Course, le navire √©tait rendu √† ses armateurs.

Sous la Révolution, l'enthousiaste Surcouf, parti en guerre sans attendre d'avoir reçu sa Lettre de Course ou Lettre de marque, s'est vu condamné par le Tribunal des Prises de l'actuelle Île Maurice, alors territoire français.

Ce n'est qu'une fois le jugement rendu qu'il pouvait être procédé à la vente des cargaisons.

En France, le tissu pris n'était pas mis en vente mais détruit afin de préserver les manufactures nationales (selon une ordonnance royale).

Les prises (le butin)

Butin et prisonniers de corsaires

En plus du navire, le butin de prise pouvait √™tre tr√®s vari√© : fruits et l√©gumes comme vin et eau-de-vie, sucre, poisson et viande (anchois, harengs, biscuits, bŇďuf, lard), cuirs, bois pr√©cieux, colorants (indigo), √©pices, caf√©, chocolat ou, beaucoup plus rarement, sacs d'argent ou poudre d'or.

Le produit de la vente aux ench√®res des prises √©tait alors partag√© entre les personnes ayant collabor√© √† la capture de l'ennemi dans l'ordre des priorit√©s :

  • L'√Čtat (Roi, R√©publique, Empereur) prenait entre 10 et 20 pour cent (c'est lui qui fournissait la lettre de marque).
  • Les frais (on payait la nourriture, la poudre, les munitions, ainsi que les r√©parations faites durant le voyage).
  • Les veuves et les bless√©s (les veuves prenaient deux fois la part de leurs d√©funts maris, et les bless√©s avaient une indemnit√©, fix√©e au d√©part en fonction de la partie du corps manquante, en plus de leur part).
  • L'armateur (ou le groupement d'armateurs lorsque les frais d'armement √©taient importants) prenait ensuite 30 pour cent du reste.
  • Enfin, chaque homme avait sa part en fonction de sa place dans l'√©quipage (le mousse=demi-part, le capitaine=25 parts, le chirurgien=25 parts etc‚Ķ)

√Ä partir du XVIIe si√®cle, l'√Čtat se contente de droits d'enregistrement r√©duits afin d'encourager la prise de risque des armateurs. Le partage des prises devient alors : 2/3 pour l'armateur, 1/3 pour l'√©quipage[3].

Lors du partage de la prise entre les membres de l'√©quipage, des piles d‚Äôor de la hauteur d'un pied (environ 33 cm) √©taient distribu√©es √† chacun de ces membres en fonction de la hi√©rarchie, ¬ę prendre son pied ¬Ľ signifiant alors ¬ę prendre sa part de butin ¬Ľ. La notion de jouissance sexuelle peut √™tre reli√©e au fait que les marins, apr√®s un long p√©riple en mer, allaient d√©penser leur part en compagnie de prostitu√©es[6].

Pour davantage d'informations, consulter les articles sur les navires corsaires.

Le déroulement des combats

La plupart du temps, il y avait peu de combats ou alors ils étaient très courts. La guerre à mort est une notion récente, la guerre d'extermination n'était pas dans la psychologie du temps mais est apparue lors de la Révolution française. La vie de marin était rude, personne n'éprouvait le besoin de rajouter d'autres souffrances à celles déjà vécues par le simple exercice du métier de marin.

Cependant la politique des pontons (navires désarmés dans lesquels les Britanniques parquaient leurs prisonniers dans un tel entassement que le taux de mortalité y était très élevé) à partir de la Guerre de Sept Ans, a poussé les marins français à une lutte beaucoup plus acharnée. Les évadés des pontons ayant retiré de leurs conditions de détention une haine de la Grande-Bretagne, sentiment quasi inconnu jusqu'alors[7].

Tactique

La plupart du temps, le corsaire se mettait dans le sillage de l'ennemi pour ne pas √™tre dans l'axe de ses canons. Un coup de semonce √©tait tir√© si le navire montrait qu'il se rendait en baissant son pavillon. On envoyait alors quelques hommes conduits par un officier prendre possession du navire ; sinon l'abordage avait lieu.

Pour l'abordage le corsaire se pla√ßait perpendiculairement √† l'ennemi (d'o√Ļ l'importance d'avoir un navire rapide et bien manŇďuvrant) et engageait son beaupr√© sur le pont de l'adversaire.

Il pouvait aussi l'engager de bout en bout : la proue contre la poupe de l'ennemi.

L'√©quipage √©tait couch√© sur le pont pour se prot√©ger et cacher son nombre (s'il √©tait peu nombreux). Le corsaire pr√©parait l'abordage par un tir nourri de mitraille pour d√©gager le pont ennemi avec caronades et couleuvrines et aussi des tirs depuis la m√Ęture (d'o√Ļ l'on avait une meilleure vision) assur√©s par le chirurgien (qui ne montait pas √† l'abordage), le mousse, le cuisinier, l'√©crivain... Le but de ces tirs pr√©cis √©tait de d√©sorganiser l'adversaire en visant les officiers. On jetait les grappins et l'√©quipage s'√©lan√ßait. Il √©tait fr√©quent que des hommes tombent entre les deux navires et soient √©cras√©s : Duguay-Trouin, lors de son premier combat a √©t√© marqu√© √† vie par la vision d'un homme √† la t√™te √©cras√©e entre les deux coques ; Garneray a assist√© √† la m√™me sc√®ne.

Le but du combat √©tait de s'emparer d'un navire et de sa cargaison, d'obtenir une ran√ßon de l'√©quipage. On tirait √† d√©m√Ęter avec des boulets ram√©s (art dans lequel les artilleurs fran√ßais √©taient pass√©s ma√ģtres), √† la mitraille sur la dunette o√Ļ se tenaient les officiers, rarement √† tuer, en ¬ę tirant dans le tas ¬Ľ. Le 31 ao√Ľt 1800 Surcouf, qui commandait La Confiance, une fr√©gate de 18 canons avec un √©quipage de 190 hommes, s'est vu oblig√© de le faire lors de la prise du vaisseau de 40 canons, le Kent, qui avait √† son bord 437 marins et soldats. En effet, en plus de son √©quipage, le Kent embarquait deux compagnies d'infanterie rejoignant leur garnison. Les soldats charg√®rent, bousculant les marins fran√ßais : Robert Surcouf fit d√©placer un canon de son sabord pour le tourner sur la partie du pont d'o√Ļ venait cette attaque et tirer √† mitraille, ce qui arr√™ta net la contre-attaque des Anglais.

Le combat se d√©roulait √† l'arme l√©g√®re : pistolet, fusil, pique, hache d'abordage, sabre d'abordage (dit aussi ¬ę cuiller √† pot ¬Ľ, d'o√Ļ l'expression ¬ę r√©gler les choses en deux coups de cuill√®re √† pot ¬Ľ[8]).

Anecdotes

  • On vivait alors la ¬ę Guerre en Dentelles ¬Ľ et il est arriv√© qu'un capitaine corsaire n'ayant pas le nombre d'hommes suffisant, fasse payer directement au capitaine ennemi la ran√ßon de son navire et de son √©quipage et m√™me les lib√®re avec promesse de rendre des prisonniers en √©change.
  • Garneray raconte dans ses souvenirs, qu'un capitaine britannique qui s'√©tait rendu sans combattre, montant √† bord du navire fran√ßais pour la reddition, constatait que les Fran√ßais √©taient peu nombreux ; il d√©clara que s'il avait su, il aurait combattu et que les Fran√ßais ne l'auraient pas pris. Comme son ton m√©prisant aga√ßait le capitaine corsaire fran√ßais, celui-ci d√©clara qu'il n'avait qu'√† remonter sur son navire et qu'on allait donc combattre. Selon Garneray, le Britannique devint tout p√Ęle et n'insista pas.

La guerre de course aujourd'hui

une activit√© toujours l√©gale aux √Čtats-Unis

La guerre de course a √©t√© abolie en 1856 par le trait√© de Paris apr√®s la guerre de Crim√©e. Cependant les √Čtats-Unis n'en sont pas signataires. Aussi, selon la constitution am√©ricaine, le Congr√®s conserve le droit de ¬ę d√©clarer la guerre, d'accorder des lettres de marque et de repr√©sailles et d'√©tablir des r√®glements concernant les prises sur terre et sur mer ¬Ľ (Article 1, section VIII).

L'administration Bush, apr√®s les attentats du 11 septembre 2001, a renforc√© le droit constitutionnel de prises en mer en faisant voter une loi, nomm√©e ¬ę September 11 Marque and Reprisal Act of 2001 ¬Ľ[9], qui autorise le D√©partement d'√Čtat √† octroyer des lettres de marque sans attendre l'aval du Congr√®s. Ainsi des personnes ou des soci√©t√©s peuvent se voir confier des missions militaires navales offensives. En 2007, une soci√©t√© am√©ricaine priv√©e, la soci√©t√© Pistris, s'est vu accorder une lettre de marque pour armer un navire battant pavillon am√©ricain charg√© de traquer les pirates dans le golfe d'Aden[10]

Mais illégale dans les pays signataires du Traité de Paris

Au cours de la Première Guerre mondiale, l’Allemagne utilisa un navire de commerce, le Seeadler, commandé par Felix von Luckner, officier de la Marine impériale. En mettant à profit son apparence de navire de commerce, il pouvait approcher les navires marchands ennemis.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, afin de d√©sorganiser le commerce britannique, l'Allemagne a utilis√© des navires marchands pour porter le conflit dans les oc√©ans du Sud. Ces navires ont √©t√© arm√©s, leurs superstructures modifi√©es et ces b√Ętiments ont arbor√© des pavillons de pays neutres. Ainsi transform√©s en croiseurs auxiliaires ils ont sillonn√© l'oc√©an Indien austral notamment entre 1940 et 41. L‚ÄôAtlantis (coul√© par le croiseur britannique Devonshire le 21 novembre 1941), le Pinguin (coul√© par le Cornwall), le Komet √©cum√®rent les eaux des √ģles Kerguelen. Il y eut √©galement l'Orion, le Widder, le Thor, le Kormoran (coul√© par le croiseur australien Sydney), le Michel (coul√© devant le Japon) et le Stier (coul√© par un navire am√©ricain en Atlantique sud), qui ont √©cum√© tous les oc√©ans du monde[11].

Dans les deux cas, ces navires étaient commandés par des officiers de marine, qui agissaient certes en totale autonomie et sur un navire à l'origine civil, mais sur ordre reçu de l'Amirauté et surtout sans lettre de course puisque la Prusse avait signé le traité de Paris abolissant la course en 1856.

Il ne s'agit donc pas de corsaires (défini par la possession d'une lettre de course) mais de navires faisant la guerre selon une tactique dont seules quelques apparences peuvent éventuellement rappeler la guerre de course.

Notes et références

  1. ‚ÜĎ D√©finition de ¬ę corsaire ¬Ľ dans le Dictionnaire de l'Acad√©mie Fran√ßaise (9√®me √©dition en ligne)
  2. ‚ÜĎ Alain Berbouche, Pirates, flibustiers & corsaires, de Ren√© Duguay-Tro√ľin √† Robert Surcouf : Le droit et les r√©alit√©s de la guerre de Course, Pascal Galod√©, 17 juin 2010, 318 p. (ISBN 978-2-355-93090-4) 
  3. ‚ÜĎ a et b Les Corsaires √©mission Deux mille ans d'Histoire du 8 septembre 2010
  4. ‚ÜĎ Lord Russell, The French Corsairs, √©d. Robert Hale, 2001, p.10
  5. ‚ÜĎ Jean-Pierre Moreau, Pirates au jour le jour, √Čd. Tallandier, 2009, p.57
  6. ‚ÜĎ Culture g√©n√©rale
  7. ‚ÜĎ La marine fran√ßaise au XVIIIe si√®cle, Michel Verg√© Franceschi
  8. ‚ÜĎ R√©gler une affaire en deux coups de cuill√®re √† pot - Encyclop√©die des expressions
  9. ‚ÜĎ (en) September 11 Marque and Reprisal Act of 2001 - Library of Congress, 10 octobre 2001
  10. ‚ÜĎ Ouest France, 3-4 novembre 2007, ¬ę Washington lache des corsaires dans l'oc√©an Indien ¬Ľ
  11. ‚ÜĎ Les √éles australes fran√ßaises, Gracie Del√©pine, Ed. Ouest-France,1995 pp. 140-155

Bibliographie

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

Liens externes


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Corsaire de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • corsaire ‚ÄĒ [ k…Ērs…õr ] n. m. ‚ÄĘ 1477; cursaire 1443; it. corsaro; bas lat. cursarius, de cursus ¬ę cours ¬Ľ 1 ‚ô¶ Anciennt Navire arm√© en course par des particuliers, avec l autorisation du gouvernement. Le capitaine qui commandait ce navire. Jean Bart, Surcouf… ‚Ķ   Encyclop√©die Universelle

  • corsaire ‚ÄĒ CORSAIRE. s. m. Celui qui commande un vaisseau arm√© en course, et qui a une commission de quelque Puissance. Corsaire de Saint Malo. On nomme ainsi quelquefois un Pirate. Les Corsaires d Alger. Il fut pris par les Corsaires. Il tomba entre les… ‚Ķ   Dictionnaire de l'Acad√©mie Fran√ßaise 1798

  • corsaire ‚ÄĒ Corsaire. s. m. Pirate, escumeur de mer, qui va en course avec commission d un Estat, ou d un Prince souverain. Cruel, impitoyable corsaire. les corsaires d Alger. il fut pris par les corsaires. il tomba entre les mains des corsaires. On appelle… ‚Ķ   Dictionnaire de l'Acad√©mie fran√ßaise

  • Corsaire 10 ‚ÄĒ (–í–Ķ—Ä–Ī—Ć–Ķ,–®–≤–Ķ–Ļ—Ü–į—Ä–ł—Ź) –ö–į—ā–Ķ–≥–ĺ—Ä–ł—Ź –ĺ—ā–Ķ–Ľ—Ź: 3 –∑–≤–Ķ–∑–ī–ĺ—á–Ĺ—č–Ļ –ĺ—ā–Ķ–Ľ—Ć –ź–ī—Ä–Ķ—Ā: Chemin de Plan Pra 8 , 193 ‚Ķ   –ö–į—ā–į–Ľ–ĺ–≥ –ĺ—ā–Ķ–Ľ–Ķ–Ļ

  • Corsaire ‚ÄĒ (–ú–į—Ä—Ā–į—Ā–ļ–į–Ľ–į,–ú–į–Ľ—Ć—ā–į) –ö–į—ā–Ķ–≥–ĺ—Ä–ł—Ź –ĺ—ā–Ķ–Ľ—Ź: –ź–ī—Ä–Ķ—Ā: Triq Qawwara, MSK 3510 –ú–į—Ä—Ā–į—Ā–ļ–į–Ľ–į, –ú–į–Ľ—Ć—ā–į ‚Ķ   –ö–į—ā–į–Ľ–ĺ–≥ –ĺ—ā–Ķ–Ľ–Ķ–Ļ

  • Corsaire ‚ÄĒ (franz., spr. kor√ü«ür ), Korsar (s.d.); √† c. c. et demi, ¬Ľauf einen Schelmen anderthalben¬ę, auf groben Klotz ein grober Keil ‚Ķ   Meyers Gro√ües Konversations-Lexikon

  • corsaire ‚ÄĒ (kor s√™ r ) s. m. 1¬į¬†¬†¬†Vaisseau arm√© en course par des particuliers, mais avec l autorisation du gouvernement. 2¬į¬†¬†¬†S est dit des vaisseaux √©quip√©s dans les pays barbaresques, Alger, Maroc, Tunis, et qui faisaient en tout temps la course contre… ‚Ķ   Dictionnaire de la Langue Fran√ßaise d'√Čmile Littr√©

  • CORSAIRE ‚ÄĒ s. m. B√Ętiment arm√© en course par des particuliers, avec l autorisation du gouvernement. Il se dit aussi de Celui qui commande ce b√Ętiment. Corsaire de Saint Malo. Il fut poursuivi par un corsaire. On dit quelquefois adjectivement, Capitaine… ‚Ķ   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 7eme edition (1835)

  • CORSAIRE ‚ÄĒ n. m. B√Ętiment qui √©tait arm√© en course par des particuliers, avec l‚Äôautorisation du gouvernement. Il se disait aussi de Celui qui commandait ce b√Ętiment. Corsaire de Saint Malo. Il fut poursuivi par un corsaire. On disait quelquefois… ‚Ķ   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 8eme edition (1935)

  • Corsaire (Homonymie) ‚ÄĒ Cette page d‚Äôhomonymie r√©pertorie les diff√©rents sujets et articles partageant un m√™me nom ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais


Share the article and excerpts

Direct link
… Do a right-click on the link above
and select ‚ÄúCopy Link‚ÄĚ

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.