Contrôle des prix

Prix

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Graphique en faveur d'un système de prix libres, The Freeman, 1958

Le prix est le montant monétaire échangé contre un bien ou un service lors d'un achat ou d'une vente. En économie et en finance, le concept de prix diffère de celui du coût en ceci que le coût a à voir avec les dépenses liées aux intrants alors que le prix a à voir avec la vente ou la valeur psychologique qu'est prêt à payer le consommateur ou le client. Ce qui est pour l'un un prix de vente est pour l'autre un coût d’achat et si la valeur numéraire est par définition identique, les problématiques en jeu sont fort différentes.

En microéconomie, le prix est un concept central.

Sommaire

Formation

Le prix peut être un « prix de marché » ou un « prix imposé », selon le régime économique. Dans une économie de marché, les prix résultent de la libre confrontation de l'offre et de la demande sur le marché : la rareté fait monter les prix tandis que l'offre excessive les fait descendre.

L'importance du système de prix libres a été mise en avant par les économistes de l'école autrichienne d'économie, en particulier lors de la controverse sur le calcul économique qui opposa dans les années 1920-1930 Ludwig von Mises puis, ultérieurement Friedrich Hayek, aux tenants du socialisme de marché, Oskar Lange au premier chef. Pour Ludwig von Mises, le système de prix est le seul moyen de coordination des actions des millions d'individus qui composent l'économie d'un pays. Friedrich Hayek reprend la réflexion de Mises et insiste pour sa part sur le rôle des prix comme vecteur de transmission de l'information disponible aux individus[1].

L'économiste Milton Friedman résume pour partie cela en écrivant que le système de prix libres remplit trois fonctions [2] :

  1. transmission de l'information sur l'offre et la demande ;
  2. incitation pour les producteurs à s'orienter vers les secteurs aux prix élevés et, partant, à permettre un retour à l'équilibre ;
  3. répartition des revenus.

Dans une économie centralement planifiée, les prix n'ont pas la même importance. L'appareil productif peut s'en passer (au lieu de chercher à maximiser la valeur ajoutée de sa production comme il le ferait dans une économie de marché, un producteur peut se voir attribuer un quota de matières premières et un objectif de production). Quand ils existent (pour des biens de consommation finale, notamment, ainsi que pour des biens importés ou exportés), ils sont fixés autoritairement par les pouvoirs publics à un niveau considéré comme politiquement souhaitable, mais ils ne sont pas directement connectés aux décisions d'allocations des matières premières ou d'objectif de production, qui sont fixés par ailleurs. Il peut en résulter une pénurie (file d'attente et marché noir), si le prix est inférieur à l'utilité pour les consommateurs, ou des excès de production (dans le cas contraire). De plus, il apparait des subventions implicites, pas toujours cohérentes avec les choix officiels de priorité (un bien prioritaire mais moins moins cher à produire que son prix officiel est en fait taxé, alors qu'un bien non prioritaire mais dont le coût excède son prix officiel est subventionné) ni avec les besoins de la population.

Dans certaines situations (comme dans une économie de guerre), ou dans certains systèmes interventionnistes (économie planifiée), les autorités recourent au « contrôle des prix », ou du moins de certains prix pratiqués sur le marché, ou encore influent sur l'offre (protectionnisme, subvention...) ou la demande (rationnement).

La liberté totale des prix n'existe dans les faits jamais, notamment à cause de l'impact de la fiscalité, de lois anti-dumping, des engagements pris à l'avance, etc.

Évolution

L'évolution des prix est mesurée par l'inflation.

Il existe différents indices de prix pour chacun des prix concernés :

Pour un bien, on parle de « prix nominal » lorsque l'on fait référence au prix exprimé dans une monnaie donnée. On parle de « prix réel » lorsque l'on extrait du prix nominal la part due à l'évolution de la monnaie, c'est-à-dire l'inflation.

Politique de prix pour une entreprise

pour l'étude de la politique de prix en marketing, voir : Politique de prix.

Contrôle

Équilibre entre offre et demande, en concurrence, et situation lorsque l’État impose un prix plafond.

Il est fort rare que le prix soit parfaitement libre, ne serait-ce que pour des raisons fiscales, mais aussi pour des raisons politiques (plus grande force pour le contrôle des prix que contre).

Les gouvernements imposent souvent des « prix plancher », indirectement par des taxes, ou directement par des règlementations : SMIC imposant un prix minimum du travail, législation anti-dumping, action d'achat public de denrée dont le prix chute « trop » (exemple : la politique agricole commune). L'objectif de ses politique est généralement d'assurer une garantie de revenu aux vendeurs ; plus rarement, il peut s'agir de limiter ou rationner la consommation (exemple : politique anti-tabagique).

Inversement, les biens considérés comme de première nécessité, notamment la nourriture et le logement, sont souvent soumis à des règlementations qui en fixe un « prix plafond », ou l'augmentation maximum qu'on peut leur appliquer chaque année. L'objectif est alors, inversement, d'assurer que les consommateurs peuvent se payer le bien.

Par rapport à un marché où l'offre et la demande sont en équilibre, on peut distinguer deux grandes situation, selon que le prix d'équilibre est spontanément dans les bornes fixée par le contrôle (c'est-à-dire inférieur au prix plafond et supérieur au prix plancher), ou si le contrôle est actif

Dans le premier cas, les effets ne sont pas tout à fait nuls, mais ils ne sont qu'indirects, à travers les anticipations des acteurs économiques sur la probabilité de passer dans le second type de situation.

Dans le second cas, les effets sont multiples

  • des frais supplémentaires pour le gouvernement (pour imposer sa règle) et pour les agents économiques (pour éluder cette règle, ce qui peut se faire légalement, en profitant de failles juridiques, ou illégalement) ;
  • une destruction directe de valeur ajoutée (surplus), par la réduction des quantités échangées (les pertes de surplus, en jaune, dans le schéma ci-contre);
  • un effet redistributif, de transfert de la valeur ajoutée, (rectangle rouge dans le schéma ci-contre) entre les producteurs et les consommateurs qui restent sur le marché. Cette redistribution n'est pas homogène, elle divise la population en trois groupes :
    • ceux qui gagnent (dans l'exemple : les consommateurs qui restent servis)
    • ceux qui perdent un peu (dans l'exemple : les producteurs qui sont capable de continuer à produire, qui continuent à bénéficier de surplus mais simplement moins que dans la situation libre)
    • ceux qui perdent beaucoup (producteurs et consommateurs évincés du marché, forcés à produire à perte ou à se tourner vers des produits alternatifs plus chers ou le marché noir)
  • apparition d'un marché noir ; apparition de modes alternatifs de la répartition du bien : file d'attente, carte de rationnement, règlementation complexe des priorités en fonction de critères plus ou moins objectifs et traduits en dossiers administratifs à remplir, etc. accompagnés de leur cortège de défauts (fraude, discrimination, « pistonnage », bureaucratie...)
  • une incitation à produire encore plus de règlementation (répression du marché noir, extension du prix contrôlé à des marchés voisins, obligation de produire ou de consommer...) accroissant les problèmes ci-dessus.

L'avantage du contrôle des prix pour ceux qui en bénéficient est nettement visible et souvent important, les inconvénients le sont moins et supportés par des gens dont l'avis peut être moins pris en compte (par exemple, parce que moins nombreux et donc de moindre poids électoral dans une démocratie), ou qui ne les voient pas, ou pour qui la référence n'est pas la situation libre, mais la situation la plus favorable pour eux (ainsi le consommateur qui ne trouvent pas de logement au prix plafond ne va-t-il pas réclamer une hausse du prix plafond qui accroitrait l'offre, mais plutôt une attribution de logement pour lui et sans augmenter le prix ; idem, le chômeur évincé du marché du travail par la destruction des emplois dont la valeur est inférieure au minimum : sa revendication ne sera pas une baisse du minimum, mais simplement un emploi). En outre, avantages et inconvénients n'étant pas répartis sur la même population, les critères de justice sociale adoptés peuvent faire que, même s'il y a globalement destruction de valeur, il peut y avoir création de valeur pondérée par le poids accordé aux différentes populations (par exemple, on peut compter pour nulle — voire négativement — la perte ou le gain des plus riches, ou celle des opposants politiques, etc.). Pour ces raisons, l'équilibre politique est souvent déplacé en faveur d'un contrôle des prix, spécialement pour les denrées les plus sensibles et en période de crise (une guerre notamment).

Article détaillé : contrôle des loyers.

Notes et références

  1. Friedrich Hayek, "The Use of Knowledge in Society", American Economic Review, septembre 1945, [lire en ligne]
  2. Milton Friedman, La Liberté du choix, 1980, Belfond, p. 26-38

Voir aussi

Articles connexes

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