Constant Ier

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Constant Ier
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Constant Ier
Empereur romain
Image illustrative de l'article Constant Ier
Buste de l'empereur Constant Ier
Règne
C√©sar : 25 d√©cembre 333 - 9 septembre 337
Auguste : 9 septembre 337 - 350 (~13 ans)
Période Dynastie constantinienne
dite des Seconds Flaviens
Prédécesseur(s) Constantin Ier (310 - 337)
Co-empereur(s) Constantin II (337 - 340)
Constance II (337 - 361)
Usurpateur(s) Magnence et Décence (350)
Successeur(s) Constance II seul (350 - 361)
Biographie
Naissance v. 320
Nom originel Flavius Julius Constans
Décès 350 (~30 ans) à Helena (Gaule aquitaine)
Père Constantin Ier
Mère Fausta
Liste des empereurs romains

Constant (Flavius Julius Constans en latin) (v. 320 - 350), fils de l'empereur Constantin Ier, est C√©sar en 333 puis Auguste de 337 √† 350. En 337, il se partage l'Empire avec ses deux fr√®res Constantin II et Constance II, et s'arroge la partie centrale de l'Empire. En 340, il affronte et tue Constantin II prenant ainsi le contr√īle de tout l'Occident. Constant est renvers√© et assassin√© en 350 suite √† la r√©bellion du g√©n√©ral Magnence.

Sommaire

Son accession au pouvoir

Constant est né en 320 ou en 323. Il est le quatrième et dernier fils de l'empereur Constantin Ier, le troisième issu son mariage avec Fausta, elle-même fille de l'empereur Maximien Hercule. Il est élevé à Constantinople, en chrétien.

En 323, apr√®s la soumission de Licinius, son p√®re devient seul ma√ģtre de l'Empire romain. Seulement, l'immensit√© du territoire et les perp√©tuelles campagnes √† mener tant contre les usurpateurs que contre les barbares et les perses, le contraignent rapidement √† s'adjoindre des C√©sars. Souhaitant √©viter que ceux-ci ne s'affrontent ou ne l'attaquent pour conqu√©rir le pouvoir supr√™me, comme ce fut le cas sous la T√©trarchie, Constantin pense r√©soudre le probl√®me en ayant recours aux liens familiaux.

Constant est fait C√©sar, soit vice-empereur, le 25 d√©cembre 333 par Constantin Ier. En 335 les fils de Constantin Ier, Constantin II, Constance II et Constant, ainsi que ses neveux, Dalmatius et Hannibalien sont tous associ√©s au pouvoir imp√©rial.

À ce titre, il remporte une victoire contre les Sarmates durant l'année 337.

César Auguste

Constantin II, Constance II et Constant

Le 22 mai 337, l'empereur Constantin Ier meurt, sans avoir donn√© la moindre consigne au sujet de sa succession. Sa seule pr√©occupation semble avoir √©t√© son souci de cr√©er et faire perdurer une dynastie, donc qu'un ou plusieurs des cinq C√©sars lui succ√®dent. La chose est d'autant plus d√©licate, que les cinq hommes n'ont que peu d'affection les uns pour les autres. Peu d√©sireux de partager l'Empire, ses fils auraient d√©cid√© de se d√©barrasser de leurs cousins, opportun√©ment d√©nonc√©s par Eus√®be de Nicom√©die pour complot contre l'Empire.

Toujours est il que des soldats de Constantinople massacrent une bonne partie de la famille de l'empereur d√©funt, entre autres, son fr√®re Jules Constance et ses neveux Dalmatius et Hannibalien. De la lign√©e de Constance Chlore, p√®re de Constantin Ier, seuls les deux fils de Jules Constance, Gallus et Julien, sont √©pargn√©s par la soldatesque, vraisemblablement du fait de leur tr√®s jeune √Ęge.

Au cours des premiers jours de septembre 337, les trois hommes se rencontrent en Pannonie pour se partager l'Empire. Ils se font √† cette occasion acclamer par les troupes de leur p√®re. Le 9 septembre 337, le S√©nat confirme le choix des l√©gions. Constant et ses fr√®res Constantin II et Constance II sont d√©clar√©s officiellement Auguste. Constant re√ßoit les provinces d'Italie et d'Afrique. Sa part, du fait de son relatif jeune √Ęge, est moindre que celle de ses fr√®res. De plus il est mis sous la tutelle de son fr√®re a√ģn√©, Constantin II, dirigeant effectif de l'Occident.

Constant se montre m√©content du partage et de sa situation. En 338, √† Viminacium, lors d'une deuxi√®me rencontre, il r√©ussit √† obtenir en plus le contr√īle des provinces d'Illyrie, de Mac√©doine et d'Acha√Įe. Constantin II re√ßoit les provinces de Bretagne, de Gaule et d'Hispanie, et Constance II, celles d'Asie, d'Orient, du Pont et de Thrace.

Désaccords avec Constantin II

Constantin II se montre tr√®s mal dispos√© √† fournir ces nouveaux territoires √† son cadet. En effet tous deux se partagent le seul Occident et leur ambition respective d√©bouche sur une situation tr√®s tendue. √Ä cela s'ajoute le fait que l'empereur Constance II s'efforce par tous les moyens de maintenir cette division vivace, afin d'√©viter que ses fr√®res ne s'allient contre lui. Ainsi, plus inqui√©t√© par son a√ģn√© que par son cadet, il offre √† Constant la Thrace et Constantinople pour r√©√©quilibrer la situation en Occident.

En 340, profitant du fait que Constant soit occupé sur le Danube à combattre les barbares, et que l'attention de Constance II soit monopolisée par une très longue et difficile guerre contre la Perse, Constantin II envahit l'Italie de Constant. Constant détache en urgence un corps expéditionnaire pour ralentir la progression de son frère. Suite à un concours de circonstance, cette petite force parvient, au cours d'une embuscade à l'Aquilée, à tuer Constantin II lui-même. Toutes ses provinces passent à Constant.

Constance II et Constant

En 341 et 342, Constant m√®ne une campagne victorieuse contre les Francs. En 343 la d√©fense de l'Empire l'am√®ne √† se rendre en Bretagne o√Ļ il lutte probablement contre les Pictes et les Scots, le long du mur d'Hadrien.

Il coexiste pacifiquement avec son dernier frère. Celui-ci étant toujours empêtré dans le conflit perse, il n'a, de toute façon, lui non plus pas de légions à perdre dans une guerre civile. Cependant cette équilibre est ébranlé par les politiques religieuses contradictoires menées par chacun des deux empereurs.

Sa politique religieuse

La lutte contre le paganisme et le donatisme

√Ä l'image de son p√®re, il se montre tr√®s d√©termin√© √† propager et d√©fendre le christianisme et ses id√©es. En 341, il √©dicte (ou renouvelle) une interdiction des sacrifices pa√Įens et de la pratique de la magie (bien que cette loi porte en fait le seul nom de Constance ; source : Code Th√©odosien, XVI, 10, 2). Cette interdiction est renouvel√©e en 346 avec son autre fr√®re Constance II. Elle s'applique d√®s lors dans tout l'Empire. En 342, il encourage la fermeture, mais non la destruction, de certains temples pa√Įens d√©saffect√©s (source : Code Th√©odosien, XVI, 10, 3.)

Il est par ailleurs le premier empereur √† avoir √©dict√© une loi contre l'homosexualit√© (voir Code Th√©odosien, IX, 7, 3), punissant de mort ¬ę l'homme qui √©pouse un homme comme s'il √©tait une femme ¬Ľ, cum vir nubit in feminam viris porrecturam (Code Th√©odosien, IX, 7, 3). Les lois de Constant, lui-m√™me homosexuel, visent, sans doute, ceux qui pratiquent en √©tat de ¬ę passivit√© ¬Ľ, donc de soumission. Cette d√©cision est √† remettre dans le contexte de la soci√©t√© romaine pour qui les relations ne sont pas ordonn√©es entre homosexualit√© et h√©t√©rosexualit√© mais entre rapports de soumission (indignes d'un homme libre) et de domination (l√©gitime).

Constant s'oppose encore, tout au long de son règne, aux chrétiens adeptes du schisme donatiste, particulièrement vivace en Afrique et remporte plusieurs succès militaire contre le brigandage qui s'était développé dans la province.

L'hérésie arienne

Il s'oppose cependant à son frère Constance II quant à l'attitude à adopter face à l'arianisme, doctrine condamné pour hérésie dès le concile de Nicée de 325. Constant se montre en effet un fervent partisan de l'orthodoxie et du crédo nicéen, tandis que Constance II promeut, lui, comme leur père Constantin Ier l'a fait à la fin de ses jours, la cause arienne. Constant mène donc une active persécution contre les ariens et soutient les nicéens dissidents en Orient, comme le patriarche Athanase d'Alexandrie.

L'apex de ce conflit a lieu lors de la controverse pour le contr√īle du tr√īne √©piscopal d'Alexandrie. Le patriarche Athanase avait √©t√© condamn√© et expuls√© de son poste, suite aux conciles de Tyr en 335 et d'Antioche en 341 o√Ļ les ariens d√©fendus par Constance II √©taient majoritaires. Athanase en appelle au pape Jules, qui, avec le ferme soutient de Constant, appelle √† la tenue d'un concile. Il se r√©unit en 342 √† Serdica et donne raison √† Athanase qui est r√©tabli dans ses fonctions. Celui-ci rentre √† Alexandrie contrairement aux souhaits de Constance II.

S'ensuivent des rapports très tendus entre les deux empereurs. Toutes ces divergences manquent de les conduire à la guerre. En 346, pourtant, ils s'entendent et s'accordent pour diriger chacun leur territoire comme il l'entend. Cela signifie qu'ils acceptent de mener chacun leur politique religieuse sans que l'autre n'y trouve rien à redire.

L'usurpation de Magnence et la mort de Constant

L'empereur n'aurait pas été très populaire. Ayant sans cesse besoin de nouveaux fonds, il aurait grandement accentué le poids de la fiscalité et de la bureaucratie sur la population, aurait offert des postes influents contre de l'argent et se serait montré assez peu regardant quant aux exactions commises par ses hommes de confiance.

En janvier 350, Constant est victime d'une conspiration militaire. Un officier, Magnence, se fait acclamer empereur, √† Autun (Augustodunum). Ancien esclave de Constantin Ier, celui-ci √©tait finalement devenu g√©n√©ral en chef des arm√©es de Constant sur le Rhin. L'empereur l√©gitime tente de fuir vers l'Hispanie, mais il est rattrap√© √† Helena, une ville des Pyr√©n√©es, par les hommes de main de Magnence, dirig√©s par un d√©nomm√© Gaiso qui le mettent √† mort dans le temple o√Ļ il s'√©tait r√©fugi√©.

Bien que promis d√®s l'√Ęge de seize ans √† Olympias, la fille de l'ancien pr√©fet du pr√©toire d'Orient de Constantin Ier, Flavius Ablabius, ils ne se mari√®rent jamais. Constant, exclusivement homosexuel, n'eut aucun rapport avec elle et la r√©pudia d√®s la mort de son p√®re en 337, avant de l'exp√©dier en Arm√©nie, o√Ļ elle √©pousa alors le roi Arsace III (source : Ammien Marcellin, Res Gestae, XX, 11, 3 ; Aur√©lius Victor, De Caesaribus, XLI ; Zonaras, Annales, 219). Assassin√© le 27 f√©vrier 350, Constant ne laissa aucune descendance, ne s'√©tant jamais mari√© en raison de son homosexualit√© (source : Fran√ßois Zosso et Christian Zing, Les empereurs romains, p. 144, Editions Errance, 2002).

Bibliographie

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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