Constance II

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Constance II
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le successeur de Constantin Ier. Pour le tétrarque, voir Constance Chlore. Pour les autres significations, voir Constance.
Constance II
Empereur romain
Image illustrative de l'article Constance II
Statue de Constance II en cuirasse musculaire sur le porche de la basilique Saint-Jean-de-Latran à Rome
Règne
C√©sar : 8 novembre 324 - 9 septembre 337
Auguste : 9 septembre 337 - 5 octobre 361
Période Dynastie constantinienne
dite des Seconds Flaviens
Prédécesseur(s) Constantin Ier (310-337)
Co-empereur(s) Constantin II (337-340)
Constant Ier (337-350)
Usurpateur(s) Magnence (350-353)
Décence (350-353)
Népotien (350)
Vétranion (350)
Silvanus (355)
Julien (360‚Äď361)
Successeur(s) Julien (361-363)
Biographie
Naissance 7 ao√Ľt 317 √† Sirmium (M√©sie)
Nom originel Flavius Julius Constantius
D√©c√®s 3 novembre 361 √† Mopsucr√®ne (Cilicie)
Inhumation √Čglise des Saints-Ap√ītres √† Constantinople
Père Constantin Ier
Mère Fausta, fille de Maximien
√Čpouse(s) (1) Constantia
(2) Eusébie
(3) Faustine
Descendance Flavia Maxima Constantia, née posthume
(épouse Gratien)[Note 1]
Liste des empereurs romains

Constance II (Flavius Julius Constantius en latin), n√© le 7 ao√Ľt 317 √† Sirmium et mort le 3 novembre 361 √† Mopsucr√®ne, est un empereur romain chr√©tien du Bas-Empire.

N√© sous le r√®gne de son p√®re, l'empereur Constantin, Constance est √©lev√© le 8 novembre 324 au rang de C√©sar, soit vice-empereur, de m√™me que ses deux fr√®res, Constant et Constantin II, et son cousin Dalmatius. Envoy√© en Gaules en 332, puis en Syrie, il intervient ainsi en Arm√©nie, en 335, royaume dont la couronne est promise √† son cousin Hannibalien. Apprenant la mort de Constantin en 337, et peu d√©sireux de partager l'Empire √† cinq, les trois fr√®res s'accordent pour encourager la garde imp√©riale √† massacrer Dalmatius, Hannibalien et la quasi-totalit√© de leur famille puis se font acclamer Augustes, soit empereurs, et se r√©partissent le monde romain le 9 septembre 337. Constance obtient ainsi la partie orientale, menac√©e par les Perses sassanides du Roi des rois Shapur II. En 340, Constantin II est tu√© par Constant qui se place √† la t√™te de l'Occident romain, avant d'√™tre assassin√© √† son tour, en 350, par un des ses g√©n√©raux, Magnence, qui usurpe le titre imp√©rial. Temporairement soulag√© de sa guerre contre les Perses, Constance l'affronte le 28 septembre 351 √† Mursa et le vainc en 353. Deux ans plus tard, l'√©limination du g√©n√©ral usurpateur Silvanus maintient Constance comme souverain incontest√© du monde romain.

Constance qui est devenu plus m√©fiant vis-√†-vis de ses g√©n√©raux apr√®s les guerres civiles et qui doit g√©rer √† la fois le front perse o√Ļ la guerre reprend et les Gaules qui sont envahies par les barbares, d√©cide de se faire √©pauler par un vice-empereur. N'ayant pas de fils, il jette son d√©volu sur un des deux survivants du massacre familial, son cousin Gallus qu'il envoie en Syrie, d√®s 351. Mais, ce dernier s'√©tant d√©cr√©dibilis√© par sa brutalit√©, Constance le rappelle et le fait ex√©cuter en 354. Parti prendre la direction des arm√©es d'Orient, Constance envoie son dernier parent encore en vie, le jeune fr√®re de Gallus, Julien, servir comme C√©sar en Gaule en 355. C'est depuis la M√©sopotamie, o√Ļ l'issue de la guerre perse demeure treize ans apr√®s le d√©but du conflit toujours incertaine, que Constance apprend, en 360, que son C√©sar, apr√®s avoir lib√©r√© les Gaules, a usurp√© le titre d'Auguste. Constance refuse de reconna√ģtre l'usurpation mais, malade, doit interrompre sa marche militaire √† Mopsucr√®ne en Cilicie o√Ļ il s'√©teint le 3 novembre 361. Avant de mourir, il d√©signe Julien, son rival d'hier comme son successeur.

Le r√®gne de Constance est marqu√© par la consolidation des r√©formes de Constantin, notamment au niveau financier et administratif, mais aussi par une inflexion vers une nouvelle conception du pouvoir assez proche de celle des futurs empereurs byzantins et marqu√©e par le go√Ľt pour la pompe et par la mont√©e en puissance des eunuques et des notaires. √Člev√© dans la parole du Christ, Constance veille √©galement √† renforcer l'√Čglise face aux cultes pa√Įens et √† la purger de ses divisions en tentant d'unifier un dogme en pleine √©laboration. Bien plus que les autres d√©cisions de Constance, ce sont principalement ces questions religieuses que retiennent les historiens anciens.

Sommaire

Le fils de Constantin

L'enfant à la pourpre

Constantin Ier, qui acc√®de √† la pourpre en 306, s'impose √† l'issue d'une longue guerre civile comme seul ma√ģtre de l'Empire, de 324 √† 337. Il semble √™tre le premier empereur chr√©tien.

Constance na√ģt sous le nom de Flavius Julius Constantius le 7 ao√Ľt 317 √† Sirmium dans le dioc√®se de M√©sie en Illyrie[1]. Il est le fils de l'empereur r√©gnant, Constantin Ier, qui avait usurp√© le titre imp√©rial en rev√™tant le manteau de pourpre des empereurs en 306, et √©t√© reconnu Auguste soit empereur l√©gitime en 310. Constance est par cons√©quent n√© sous le r√®gne de son p√®re, √©v√©nement rarissime dans un Empire o√Ļ la succession h√©r√©ditaire n'a jamais fait figure d'√©vidence depuis les temps fondateurs du principat august√©en[2]. Il est le troisi√®me fils de l'empereur, apr√®s Crispus, fils de Minervina, et Constantin II, qui, comme Constance est le fils de Fausta, seconde femme de Constantin. Constance est donc fils mais aussi petit-fils d'empereur, √† double titre, puisqu'il descend √† la fois de Constance Ier dit Chlorus par son p√®re et de Maximien Hercule par sa m√®re. Un quatri√®me fils, Constant, lui aussi fils de Fausta, vient compl√©ter la fratrie en 320. Ces enfants re√ßoivent une √©ducation soign√©e confi√©e √† des pr√©cepteurs chr√©tiens, qui selon Andr√© Piganiol les transforme en ¬ę fanatiques qui tremblent pour leur salut ¬Ľ[3].

D√©sireux de mettre fin aux guerres civiles fr√©quentes, cons√©quences d'une absence de r√®gle de succession pr√©cise, et en rupture avec le mod√®le t√©trarchique dress√© par Diocl√©tien dont il avait montr√© les limites, Constantin escompte fonder sa propre dynastie bas√©e sur un principe d'h√©r√©dit√©[4]. Ainsi tous les fils de Constantin sont selon l'ordre de naissance honor√©s successivement du titre de C√©sar, soit vice-empereur : Crispus et Constantin II en 317, Constance le 8 novembre 324, Constant le 26 d√©cembre 333 et m√™me leur cousin Dalmatius, fils de Flavius Dalmatius, lui-m√™me demi-fr√®re de l'empereur, en 335[4]. √Ä l'√Ęge de sept ans, √† Nicom√©die, Constance re√ßoit donc la pourpre des mains de son p√®re et devient ainsi l'un des plus hauts dignitaires de l'Empire. Sa position au sein de la famille imp√©riale est m√™me confort√©e lorsqu'au d√©but de l'ann√©e 326 Constantin fait ex√©cuter son fils a√ģn√© Crispus dans les thermes de Pula. La m√®re de Constance, Fausta, accus√©e d'adult√®re avec son beau-fils d√©funt, est elle aussi mise √† mort peu de temps apr√®s, √† Tr√®ves[5].

Jusqu'en 332, du fait du jeune √Ęge de Constance, son nouveau titre imp√©rial demeure sans responsabilit√©s r√©elles. √Ä partir de cette date, Constantin, l'estimant plus m√Ľr, d√©cide de l'associer plus √©troitement √† son action. De retour d'une nouvelle campagne contre les Goths, il partage ainsi avec ses deux fils a√ģn√©s, Constantin II et Constance, le prestige de la victoire[6]. Constance semble ensuite avoir √©t√© envoy√© en Gaule tandis que son fr√®re combat les barbares sur la fronti√®re danubienne[7]. Constantin II remplace ensuite son fr√®re cadet sur la fronti√®re rh√©nane lui permettant de se rendre en Syrie o√Ļ l'empereur Constantin craint la reprise du conflit contre les Perses sassanides[6].

Depuis la victoire de Gal√®re en 298, les relations sont demeur√©es globalement pacifiques entre les deux empires frontaliers. La question de la souverainet√© sur le royaume d'Arm√©nie, que les Romains consid√®rent comme leur protectorat, a ainsi √©t√© r√©gl√©e √† leur profit lors du dernier conflit. Toutefois, les revendications perses sur le territoire ne sont pas abandonn√©es, de sorte que l'arm√©e romaine doit mener quelques op√©rations d'ampleur limit√©e dans le royaume d√®s 325 dans un contexte de tensions croissantes[8]. Cette d√©monstration de force ne d√©courage pas les Sassanides puisqu'en 334, le Roi des rois perse Shapur II envahit l'Arm√©nie avec pour objectif de d√©tr√īner le roi Chosro√®s III et de le remplacer par son fr√®re pour ancrer le royaume aux c√īt√©s de son Empire[8]. Averti de la situation, notamment par une ambassade de chr√©tiens arm√©niens craignant les pers√©cutions, Constantin charge son fils Constance de la situation en 335[9]. Apr√®s quelques revers initiaux pour les arm√©es romaines, le fr√®re du Roi des rois, promis au tr√īne d'Arm√©nie, est tu√©. Shapur II adresse alors √† Constantin, en 336, des propositions de paix qui sont accept√©es[10].

La succession constantinienne

Constance prend √† partir de 335 le contr√īle des dioc√®ses d'Asie, du Pont et d'Orient, bien qu'Hannibalien ait re√ßu lui aussi la promesse d'obtenir des territoires dans la r√©gion du Pont en plus de son royaume d'Arm√©nie.

Pendant ce temps, Constantin continue d'associer ses C√©sars √† son Ňďuvre. Leurs noms sont associ√©s √† tous ses triomphes, pour leur garantir l'all√©geance de l'arm√©e, et ils sont ainsi nomm√©s Sarmaticus, Gothicus, Alamannicus et Germanicus[8], soit vainqueurs des Sarmates, des Goths, des Alamans et des Germains. La propagande imp√©riale grav√©e sur les monnaies nouvellement √©mises les d√©signe comme les ¬ę Tr√®s Nobles C√©sars ¬Ľ et les fait couronner par la Victoire[6]. Enfin, ils participent aux c√īt√©s de l'empereur aux festivit√©s donn√©es √† l'occasion de ses trente ans de r√®gne, ses tricennalia de 336[11], qu'il c√©l√®bre dans sa toute nouvelle capitale, Constantinople, fond√©e douze ans auparavant en 324.

D√®s 335, il semble que l'empereur ait finalis√© les modalit√©s de sa succession[12]. Une r√©partition des diff√©rents dioc√®ses de l'Empire est progressivement mise en place qui attribue une portion du territoire √† chacun des successeurs d√©sign√©s. Constantin II est charg√© des dioc√®ses de Bretagne, des Gaules, de l'Hispanie et de Vienne, Constance re√ßoit l'Asie, le Pont et l'Orient, tandis que l'Italie, l'Afrique et les Pannonies sont mises au b√©n√©fice de Constant. Dalmatius n'est pas en reste puisqu'il re√ßoit la M√©sie et la Thrace. Un cinqui√®me homme est associ√©e √† cette distribution, il s'agit d'Hannibalien, fr√®re de Dalmatius et cousin de Constance, qui doit recevoir le royaume d'Arm√©nie dont il est d'ors et d√©j√† nomm√© Roi des rois[Note 2] en sus de territoires dans la r√©gion du Pont, une fois que Constantin aura men√© sa grande campagne contre les Perses[12]. Ce syst√®me √† cinq est p√©rennis√© par des mariages entre les diff√©rentes branches de la famille. Hannibalien se marie ainsi avec sa cousine Constantina, la fille a√ģn√©e de l'empereur, tandis que Constance re√ßoit pour √©pouse Constantia, qui est √©galement sa cousine, puisqu'elle est la fille de Jules Constance, fr√®re de Constantin[12].

Les intentions r√©elles de Constantin ne sont toutefois pas aussi √©videntes. Pour avoir particip√© aux guerres civiles ayant consacr√© l'√©chec de la T√©trarchie, l'empereur vieillissant sait certainement combien ce syst√®me √† cinq co-empereurs peut √™tre fragile. Sans doute envisage-t-il de choisir, parmi ces C√©sars, celui qu'il estime √™tre le plus comp√©tent pour en faire son successeur, apr√®s les avoir mis √† l'√©preuve du pouvoir[4]. Peut-√™tre a-t-il plut√īt l'intention d'√©lever ses deux a√ģn√©s, Constantin II et Constance II √† l'Augustat, laissant Constant, Dalmatius et Hannibalien au rang subalterne de C√©sar[12]. Toujours est-il que Constantin II, fort de son statut de fils a√ģn√© de l'empereur semble avoir joui d'une certaine pr√©√©minence sur ses fr√®res et cousins[4]. Par ailleurs, le fait que les cinq h√©ritiers pr√©sum√©s soient envoy√©s √† la t√™te des diff√©rentes provinces ne signifie en aucun cas que le pouvoir √† la fin du r√®gne de Constantin ait √©t√© partag√©. L'empereur garde la haute main sur son Empire et ses C√©sars ne demeurent que des ex√©cutants sans r√©el pouvoir d'initiative[13].

Qu'il ait ou non arr√™t√© une d√©cision pr√©cise sur l'organisation de sa succession, l'empereur Constantin ne la pr√©cise pas clairement. Alors qu'il rend son dernier souffle √† Ancyre, le 22 mai 337[14], jour de la Pentec√īte, √† midi, apr√®s avoir re√ßu le bapt√™me chr√©tien des mains de l'√©v√™que arien Eus√®be de Nicom√©die, il laisse un Empire avec quatre C√©sars et un Roi des rois sans aucune instruction quant √† la marche √† suivre[15]. Pendant un mois, la foule des dignitaires et des simples citoyens d√©file dans le palais imp√©rial et se recueille devant la d√©pouille de l'empereur d√©funt, ramen√© entre temps √† Constantinople. Dans le m√™me temps, des officiers sont envoy√©s aux quatre coins de l'Empire pour pr√©venir les C√©sars et le Roi des rois de la vacance du pouvoir[16]. Chacun √©tant d√©j√† install√© dans sa zone d'influence, Constantin II √† Tr√®ves, Constant √† Milan, Dalmatius en Illyrie et Constance II √† Antioche, c'est ce dernier qui est le plus proche de Constantinople et qui arrive le premier dans la capitale[17]. C'est donc lui qui prend en charge la conduite des obs√®ques, d√®s juin 337[16] - il a alors vingt ans, et qui conduit la procession fun√®bre escortant le d√©funt √† son mausol√©e en l'√©glise des Saints-Ap√ītres o√Ļ il est inhum√©[18]. L'empereur re√ßoit l'apoth√©ose du S√©nat de Rome, tandis que des pi√®ces de consecratio sont √©mises, au nom de Constance II et Constantin II, montrant le d√©funt debout sur un quadrige et accueilli par la main du Dieu des chr√©tiens[14]. L'influence de Constantin survit √† son d√©c√®s puisque pendant trois mois, jusqu'en septembre 337, l'Empire reste sans Auguste en titre, aucun des C√©sars ne r√©clamant le titre[17].

L'Empire collégial

Les trois frères de sang

     Territoire de Constantin II      Territoire de Constant, administr√© par Constantin II           Territoire de Constance II

Cette situation de statu quo o√Ļ aucun des quatre C√©sars et du Roi des rois n'ose d√©clarer ses pr√©tentions au titre imp√©rial ne peut n√©anmoins pas durer √©ternellement. L'encha√ģnement pr√©cis des √©v√©nements durant ces quelques mois n'est pas clair. Toujours est-il qu'il semble que l'arm√©e ait refus√© sa confiance aux deux neveux du d√©funt Constantin[19], tandis que l'√©v√™que Eus√®be de Nicom√©die annonce, fort opportun√©ment, avoir d√©couvert un billet de la main du d√©funt accusant ses fr√®res de l'avoir empoisonn√©[20]. Les trois fr√®res encouragent alors des soldats de la garde imp√©riale √† massacrer les fr√®res et neveux de l'empereur ou tout au moins les laissent agir de la sorte[19]. Le C√©sar Dalmatius, le Roi des rois Hannibalien, leur p√®re Flavius Dalmatius et leur oncle Jules Constance tombent, entre autres, assassin√©s. Quelques hauts fonctionnaires imp√©riaux, √† l'image du pr√©fet Ablabios, connaissent le m√™me sort. De la famille proche de Constantin, et √† l'exception des trois fr√®res, ne restent que deux survivants m√Ęles, les enfants de Jules Constance, soit les cousins des trois C√©sars, Gallus et Julien, √Ęg√©s respectivement de onze et six ans[Note 3]. Le nom de Constance II est associ√© √† ces √©v√©nements, puisque, √† la diff√©rence de ses fr√®res, le C√©sar √©tait pr√©sent √† Constantinople et s'empresse de prendre des mesures conservatoires afin de confisquer les biens des victimes de l'√©puration[19]. Qu'il s'agisse d'une s√©dition militaire que les trois C√©sars n'ont fait qu'encourager, ou d'un massacre bel et bien ordonn√© par eux[Note 4], le r√©sultat est le m√™me puisque les trois fr√®res se sont lib√©r√©s de tous ceux de leurs parents qui auraient pu avoir des pr√©tentions sur le tr√īne imp√©rial.

Shapur II est Roi des rois de la Perse sassanide de 309 à 379. Il mène deux guerres contre Rome, de 337 à 350, puis de 358 à 363, sous les règnes successifs de Constance II et de Julien, qui se soldent finalement par une victoire perse.

Ainsi, √† l'issue du massacre qui a vu mourir leurs rivaux, Constantin II, Constance II et Constant se r√©unissent √† Viminacium en M√©sie, le 9 septembre 337, pour organiser le partage de l'Empire[Note 5]. Constance II, qui y est pr√©sent depuis juillet y accueille ses deux fr√®res, et tous trois sont acclam√©s Augustes par les troupes de l'arm√©e du Danube avec lesquelles Constance vient de mener une br√®ve mais victorieuse exp√©dition contre les Sarmates. Les trois fr√®res se partagent un tr√īne laiss√© vacant durant plus de cent jours, p√©riode pendant laquelle, faute d'empereur en titre, toutes les d√©cisions √©taient encore prises au nom du d√©funt Constantin. Si tous trois s'accordent sur la n√©cessit√© de sauvegarder l'unit√© de l'Empire[21], les modalit√©s pour y parvenir sont √Ęprement n√©goci√©es lors de cette entrevue. D√©j√†, les territoires des neveux assassin√©s sont partag√©s entre les trois Augustes. Le dioc√®se de Thrace ainsi que, semble-t-il, une partie de celui de M√©sie passent √† Constance II et accroissent ses possessions orientales. Le reste du dioc√®se de M√©sie est joint √† la part du jeune Constant[22]. Constantin II, l'a√ģn√© de la fratrie, exige un statut privil√©gi√© par rapport √† ses fr√®res, qui lui seraient d'une mani√®re ou d'une autre subordonn√©s. Constant et Constance II se prononcent, sans surprise, en faveur d'une direction coll√©giale de l'Empire. Un accord est finalement trouv√© entre Constantin II et Constance II aux d√©pens de leur cadet : Constance obtient de pouvoir l√©gif√©rer comme il l'entend dans ses territoires et, en √©change, Constantin II obtient de mettre Constant, qui est encore mineur, ainsi que ses territoires sous sa tutelle[22].

Une fois le partage terminé, celui qui est désormais connu sous le titre de Constance II ne s'attarde pas en Mésie. Profitant de la mort de Constantin, le Roi des rois perse Shapur II a déclaré la guerre à Rome et la présence de l'empereur est requise sur le front oriental. L'objectif des Perses, qui attaquent le Nord de la Mésopotamie, est la capture de la ville fortifiée de Nisibe dont la perte rendrait dangereuse toute expédition romaine en Arménie ou sur le territoire perse même[23]. Depuis Antioche, Constance II dirige les armées romaines mais s’appuie plus sur la force des forteresses orientales comme Nisibe, dont il fait lever le siège[Note 6], ou encore Singara et Amida pour briser l'élan offensif perse que sur des affrontements rangés[23]. De fait, si les Perses ne parviennent pas à s'imposer dans la région, la stratégie défensive de Constance II ne lui permet pas non plus d'obtenir de victoire claire et la guerre s'éternise, mobilisant toute l'attention de l'empereur alors que des troubles croissants agitent l'Occident.

La dyarchie

Le jeune Constant, √Ęg√© de dix-sept ans lors de la conf√©rence de Viminacium, n'est pas particuli√®rement satisfait des d√©cisions qui y ont √©t√© prises. Tr√®s vite les relations s'enveniment entre Constant et Constantin II, qui exerce un droit de tutelle sur l'administration de ses territoires, peut-√™tre avec l'encouragement de leur cour respective[22]. L'envoi de troupes du Rhin √† travers l'Italie de Constant, au motif d'aider Constance II dans son effort de guerre contre les Perses, sert de pr√©texte √† la guerre. Au printemps 340, Constant d√©tache des troupes pour stopper l'avance de son fr√®re[22]. L'arm√©e de Constantin II est rattrap√©e en Italie du Nord et les troupes de son cadet la font tomber dans une embuscade non loin d'Aquil√©e. Constantin II, qui commande personnellement l'arm√©e, ne ressort pas vivant de ce guet-apens[24]. Toutes les provinces sous son autorit√© sont aussit√īt saisies par Constant, sans que Constance, toujours occup√© par ses campagnes en M√©sopotamie, n'en tire le moindre avantage territorial[24]. D√©sormais pleinement satisfait du nouvel ordre des choses, et sans doute pr√©occup√© par les incursions barbares sur le Rhin et le Danube, Constant ne d√©clare pas la guerre au dernier de ses fr√®res. Une dyarchie s'instaure, l'Occident aux mains de Constant, l'Orient √† celles de Constance, mais sans que soit sacrifi√©e l'unit√© du monde romain, l'unanimitas entre les deux fr√®res, qui l√©gif√®rent conjointement[25]. Il semble qu'une nouvelle entrevue se soit tenue √† Viminacium, le 4 avril 340, entre les deux Augustes, √† l'occasion de laquelle est justement r√©affirm√©e l'unit√© de l'Empire[25].

Constant prend le contr√īle de tout l'Occident apr√®s s'√™tre d√©barrass√© de Constantin II. Il est renvers√© par l'usurpateur Magnence qui le fait assassiner en 350.

L'unit√© affich√©e de Constance et Constant se fissure quelque peu, dans la premi√®re moiti√© des ann√©es 340, au sujet de la politique religieuse √† mettre en Ňďuvre. La cause en est une position diff√©rente vis-√†-vis de la question de l'arianisme qui divise profond√©ment les communaut√©s chr√©tiennes depuis le d√©but du IVe si√®cle. En simplifiant √† l'extr√™me la grande diversit√© des positions, on distingue en effet les ariens, du nom du pr√™tre Arius, qui consid√®rent Dieu et le Christ comme de substance diff√©rente voire au mieux semblable, le Fils √©tant engendr√© par le p√®re, et les nic√©ens, fid√®les √† la position issue du concile de Nic√©e de 325, qui consid√®rent le Fils comme non engendr√© et consubstantiel au P√®re. Constantin, apr√®s avoir port√© le credo nic√©en suite au premier concile de Nic√©e, semble s'√™tre d√©couvert des sympathies pro-ariennes √† la fin de son r√®gne, sous l'influence d'Eus√®be de Nicom√©die. Constance II semble s'√™tre lui aussi montr√© favorable √† cette vision mais son jeune fr√®re Constant s'y montre radicalement hostile[26]. Des troubles √©clatent √† Antioche et √† Constantinople[Note 7], pour le contr√īle du si√®ge √©piscopal, tandis que le tr√®s nic√©en Athanase d'Alexandrie, chass√© de son √©v√™ch√© par Constance en 339, est r√©habilit√© par les pr√©lats occidentaux. Deux conciles se tiennent, √† Sardique r√©unissant les Occidentaux, qui comme Constant sont majoritairement nic√©en, et √† Nicopolis o√Ļ dominent les ariens, encourag√©s par Constance[26]. Moins d√©termin√© sur la question, ou peut-√™tre simplement trop occup√© par ses campagnes orientales pour envisager la rupture avec Constant, Constance finit par c√©der et, en 346, Athanase revient triomphalement √† Alexandrie. √Ä partir de cette date, les relations semblent revenir au beau fixe, et des monnaies √©mises entre 348 et 350 c√©l√®brent ainsi le ¬ę Retour des Temps Heureux ¬Ľ[27].

Entre temps, les deux fr√®res d√©fendent chacun de leur c√īt√© les fronti√®res romaines contre les envahisseurs barbares. Ainsi, tandis que Constant affronte les Francs sur le Rhin, qu'il d√©fait par exemple en 342, puis les Sarmates et les Vandales sur le Danube, Constance poursuit sa guerre d'usure contre les Perses dans le Nord de la M√©sopotamie. Il remporte une victoire √† l'√©t√© 343 puis une seconde aux abords de Singara, qu'il reprend peut-√™tre √† cette occasion, √† l'√©t√© 344. Il se rend ensuite personnellement √† Nisibe puis √Čdesse en 345 et affronte une troisi√®me fois, en 348 les arm√©es perses devant Singara o√Ļ les deux camps subissent de lourdes pertes[28]. Il s√©journe √† Singara l'ann√©e suivante ainsi qu'√† Emesa et d√©gage encore l'imprenable Nisibe du si√®ge auquel la soumet le Roi des rois durant l'√©t√© 350[Note 8]. √Ä cette date, √† l'issue de treize ann√©es de guerre, et en d√©pit de multiples offensives, les Perses ne sont toujours pas parvenus √† submerger durablement les grandes forteresses frontali√®res de l'Empire romain[28]. Attaqu√© par les tribus nomades chionites sur sa fronti√®re orientale, Shapur II renonce temporairement √† ses grands projets[29], tandis que les affaires d'Occident √©loignent une nouvelle fois Constance II du soleil de l'Orient.

Le temps des séditions

Magnence est un semi-barbare d'ascendance franque, qui, sous Constant Ier, commande la garde imp√©riale et l'arm√©e des Gaules. Il usurpe le pouvoir en 350, tue son souverain et affronte Constance II pendant trois ans pour la supr√©matie. Vaincu √† Mursa puis √† Mons Seleucus, il se suicide en 353 laissant Constance unique ma√ģtre du monde romain.

En effet, son fr√®re Constant est tomb√©, renvers√© entre temps par un nouveau coup d'√Čtat militaire. Impopulaire au sein des troupes du Rhin, celles qu'avaient command√© le d√©funt Constantin II[30], brutal envers les pa√Įens et ceux qu'il consid√©rait comme des h√©r√©tiques, Constant semble s'√™tre ali√©n√© √† la fois son √©tat-major et la population des dioc√®ses occidentaux[24]. Une conspiration se fomente, impliquant l'ancien pr√©fet du pr√©toire des Gaules Fabius Titianus[24] et le comes rerum privatum Marcellinus, qui g√®re la fortune priv√©e de l'empereur, au profit du comte Magnence, officier sup√©rieur d'une arm√©e, le comitatensis des Gaules[30],[Note 9]. Le 18 janvier 350, √† la fin d'un banquet donn√© en l'honneur de l'anniversaire du fils de Marcellinus, Magnence rev√™t la pourpre imp√©riale et se fait acclamer par les troupes. Constant, parti chasser aux environs d'Autun mesure tout de suite le rapport de force en sa nette d√©faveur et prend la fuite en direction des provinces hispaniques[31]. Rattrap√© par Gaiso, officier de Magnence, √† Helena sur les marches des Pyr√©n√©es gauloises, il est mis aux arr√™ts et ex√©cut√©[30]. Profitant de la mort de Constant, un de ses cousins, N√©potien, survivant du massacre familial de 337, saisit lui aussi la pourpre, aux environs du mois de juin, en Italie. Il d√©fait le pr√©fet du pr√©toire de Magnence, Anicetus, mais est vaincu √† son tour par Marcellinus et meurt sous les murs de Rome. L'Italie se rallie √† l'usurpateur.

Lib√©r√© de ses guerres persiques √† l'√©t√© 350, Constance II s'inqui√®te de la possibilit√© que les arm√©es du Danube se rallient √† leur tour √† Magnence le mettant en position de force. Or, ce dernier a justement √©lev√© son fr√®re D√©cence au C√©sarat et lui a confi√© la fronti√®re rh√©nane, le laissant libre de se consacrer √† une possible guerre civile. Par l'interm√©diaire de sa sŇďur Constantina, veuve d'Hannibalien, l'√©ph√©m√®re Roi des rois romain d'Arm√©nie, Constance encourage un autre officier √† usurper la pourpre. Il s'agit de V√©tranion, commandant des troupes stationn√©es en Illyrie, qui se fait proclamer C√©sar par les soldats du Danube[32]. √Ä d√©faut d'avoir pu s'en rendre ma√ģtre √† temps, Constance ralentit tout du moins la progression de Magnence en direction de l'Orient. Ce dernier tente bien de se concilier V√©tranion, tout en n√©gociant avec Constance sa reconnaissance comme Auguste d'Occident[32], mais √©choue dans les deux cas. Constance fait route vers l'Illyrie et la ville de Na√Įssos, o√Ļ il s'entretient avec V√©tranion qui semble √©mettre d√©sormais des pr√©tentions sur le titre d'Auguste, qui ferait de lui l'√©gal de Constance. L'empereur lui propose alors de s'en remettre √† l'arbitrage de ces m√™mes arm√©es du Danube que commande V√©tranion. Ce dernier accepte donc mais Constance, dans un discours √©loquent, en appelle aux m√Ęnes du d√©funt Constantin, son p√®re, et aux serments jur√©s liant les glorieuses arm√©es danubiennes √† la dynastie r√©gnante[33]. Sentant ses troupes abandonner son parti, V√©tranion se jette au pied de l'empereur et troque la pourpre contre une gr√Ęce imp√©riale[Note 10].

En d√©pit de ce succ√®s, au d√©but de l'ann√©e 351, Magnence contr√īle tout l'Occident, y compris l'Italie, l'Afrique[34] et peut-√™tre m√™me la Cyr√©na√Įque[33] qui rallient son camp. Il est √† Rome en f√©vrier, o√Ļ il nomme de nouveaux pr√©fets du pr√©toire et de la ville, et pr√©pare sa campagne contre Constance. Il repousse une tentative d'incursion de ce dernier en Italie du Nord, non loin d'Aquil√©e et p√©n√®tre en Pannonie[35]. Les deux forces se rencontrent √† Atrans, Siscia et Sirmium sans qu'aucun des bellig√©rants ne l'emporte de mani√®re d√©cisive. Finalement, les deux arm√©es se mettent en ordre de bataille le 28 septembre 351, √† Mursa. Aid√© par la trahison du tribun Silvanus qui rallie ses rangs, Constance semble l'emporter, encore que la bataille soit un bain de sang des deux c√īt√©s[Note 11]. Constance suscite par ailleurs sur les arri√®res de Magnence l'attaque du roi alaman Chnodomar qu'il pousse √† envahir les Gaules. Magnence reflue sur Aquil√©e sans doute pour se replier en Hispanie mais Constance l√®ve une flotte et d√©barque des troupes √† Narbonne pour lui barrer la route[33]. En 352, il obtient le ralliement de l'Italie et de l'Afrique[34] et, en 353, il affronte une nouvelle fois Magnence au Mons Seleucus, non loin de Gap. √Ä la suite de la victoire de Constance II, Magnence r√©fugi√© √† Lugdunum met fin √† ses jours, le 10 ao√Ľt 353, tandis que son fr√®re et vice-empereur D√©cence se pend √† Sens[33]. Constance II, qui c√©l√®bre le trenti√®me anniversaire de son accession au tr√īne √† Arles, ordonne une √©puration des partisans du vaincu[36]. M√™me s'il se sait plus vuln√©rable que jamais[Note 12], et m√™me s'il est d√©sormais confront√© aux incursions des barbares qu'il a pouss√© √† envahir les Gaules, Constance II s'impose d√®s lors comme le ma√ģtre unique de l'Empire romain.

L'Empire centralisé

Gallus et la Perse

Si Constance a pu s'√©loigner si longtemps de l'Orient sans crainte, c'est qu'il a pris soin de s'y faire repr√©senter. La cessation toute temporaire des hostilit√©s peut en effet reconduire les deux empires frontaliers √† la guerre, pour peu que Shapur II finisse de r√©gler ses propres soucis orientaux. Il fallut donc pour Constance envisager de d√©l√©guer, fut-ce nominalement, la fronti√®re perse √† un haut-responsable romain. Tr√®s attach√© √† l'imp√©ratif dynastique, et rendu m√©fiant contre ses g√©n√©raux au vu des √©v√©nements en Occident, Constance prend le parti de nommer un membre de sa famille au rang de C√©sar[37]. Or, quatorze ans apr√®s le massacre familial, le choix s'offrant √† l'empereur n'est pas tr√®s large, puisque de sa parent√© proche ne restent que deux survivants, ses cousins Gallus et Julien, tous deux fils de Jules Constance. √Ä la diff√©rence de leur p√®re, ils avaient, en effet, eu la chance de survivre √† cette nuit terrible, mais ils avaient √©t√© envoy√©s par Constance, pour plus de s√Ľret√©, en r√©sidence surveill√©e √† Macellum en Cappadoce[38]. Le choix de l'empereur, renseign√© par ses agents, se porte sur Gallus, le plus vieux des deux fr√®res, qui, du haut de ses vingt-cinq ans, est subitement invit√© √† quitter sa r√©clusion pour se rendre √† la cour rejoindre son cousin. Le 15 mars 351, √† Sirmium, en pleine guerre civile contre Magnence, Constance II rev√™t son cousin du manteau de pourpre des C√©sars et lui offre, de surcroit, la main de sa sŇďur, Constantina, qui l'a habilement servi durant l'usurpation de V√©tranion[39].

Gallus est l'un des rares survivant, avec son frère Julien, du massacre de 337. Sorti de réclusion pour être nommé César par Constance, il tient les Perses en respect en Orient mais s'y conduit en tyran. Convoqué par Constance, il est jugé de manière expéditive et exécuté, à l'hiver 354.

Le nouveau C√©sar ne porte sans doute pas l'empereur dans son cŇďur, le croyant certainement impliqu√© dans l'assassinat de son p√®re et du reste des Constantiniens[37]. Il semble d'ailleurs que lors de leur entrevue, l'empereur ait amorc√© devant lui le d√©but d'un repentir, attribuant √† ses propres p√©ch√©s son incapacit√© √† avoir un h√©ritier ou ses contre-performances dans sa guerre contre les Perses[39]. Gallus, qui rejoint Antioche en mai 351, ne se fait toutefois pas d'illusion sur la nature de leur relation. Dans une lettre qu'il lui adresse, Constance prend en effet le soin de lui rappeler que ¬ę le pouvoir ne peut ni ne doit √™tre partag√© ¬Ľ[40],[Note 13]. De fait, les pr√©rogatives du C√©sar sont minimes : il n'exerce qu'une fonction de repr√©sentation du pouvoir imp√©rial. Ses officiers sup√©rieurs comme Ursicin et ses fonctionnaires imp√©riaux comme le pr√©fet du pr√©toire d'Orient Thalassios ne re√ßoivent leurs ordres dans les faits que de Constance et c'est √† lui qu'ils adressent leurs rapports[36]. Cet √©tat de fait agace le C√©sar autant que sa femme, qui, s√Ľre du soutien de Constance apr√®s le r√īle qui fut le sien durant la guerre civile, encourage Gallus √† se saisir r√©ellement du pouvoir dont il est, en principe, le titulaire[41]. Prenant la t√™te de ses troupes, le C√©sar remporte quelques succ√®s, contre les Isauriens en Cilicie[41], contre des Juifs r√©volt√©s en Galil√©e √† l'√©t√© 352, il semble abattre la conspiration d'un certain Orphitus, un ancien proche de Magnence, et surtout il tient en respect l'√©ternel ennemi perse[36].

Mais, encourag√© par sa femme[Note 14], il semble se comporter en v√©ritable tyran, ex√©cutant, bannissant et confisquant de mani√®re parfois quelque peu h√Ętive au point de s'attirer finalement une relative impopularit√©[42]. Plus grave aux yeux de Constance, il aurait secr√®tement commenc√© √† se constituer un parti sur place, laissant craindre √† l'empereur, tout juste sorti de trois ans de guerre civile, une nouvelle usurpation[42]. Par mesure de pr√©caution, Constance rappelle un maximum de troupes d'Orient, troupes dont il peut du reste avoir r√©ellement besoin, tandis que lui-m√™me traverse le Rhin au printemps 354 pour affronter les barbares. Dans le m√™me temps, une √©meute √©clate √† Antioche o√Ļ r√©side Gallus, en r√©action √† la famine qui touche la ville. Suite √† une r√©flexion semble-t-il maladroite de Gallus, la population se retourne contre le gouverneur de Syrie qui est massacr√©[37]. Gallus r√©agit violemment et r√©prime dans le sang. Constance, sans doute d√©cid√© √† le relever de ses fonctions, lui envoie plusieurs lettres invitant le couple √† se rendre √† sa cour, lettres auxquels le C√©sar ne donne aucune suite[43]. Profitant de la mort du pr√©fet du pr√©toire d'Orient Thalassios, Constance charge son successeur nouvellement nomm√©, Domitianus, de presser instamment Gallus de le rejoindre d√®s son arriv√©e √† Antioche. Peut-√™tre lanc√© dans une fuite en avant, apr√®s avoir devin√© les intentions de son sup√©rieur[43], ou commettant simplement une irr√©parable erreur, Gallus fait arr√™ter et ex√©cuter ce pr√©fet √† son arriv√©e, ainsi que le questeur du palais[37]. Constance convoque une nouvelle fois son C√©sar √† Milan, qui cette fois ne peut plus tergiverser. Priv√© de sa femme, Constantina, la sŇďur de l'empereur, qui meurt de maladie sur le chemin, et apr√®s une √©tape √† Constantinople, o√Ļ il prend encore le temps d'assister √† des jeux, Gallus est conduit √† Poetovio, au sud de Vienne, en septembre 354, o√Ļ il est d√©pouill√© des insignes imp√©riaux, puis √† Pula o√Ļ un tribunal sp√©cial dirig√© par l'eunuque Eus√©bios le condamne √† mort[44].

La Gaule et Julien

Constance se d√©barrasse ainsi d'un vice-empereur brutal et impopulaire mais est de nouveau confront√© au probl√®me qui √©tait le sien durant la guerre civile : concilier la d√©fense et la r√©organisation des Gaules soumises aux invasions, tout en maintenant en respect le voisin sassanide toujours suspect d'√™tre tent√©, au moindre signe de faiblesse, de relancer les hostilit√©s. H√©sitant √† renouveler l'exp√©rience malheureuse de Gallus, il s'efforce, dans un premier temps, de g√©rer seul l'immensit√© de l'Empire. Il m√®ne en Gaule plusieurs campagnes, contre les Alamans du Brisgau √† la fin de l'ann√©e 354, puis en 355 contre ceux du Bodensee[45]. Alors qu'il retourne √† Milan o√Ļ r√©side sa cour, l'empereur confie au g√©n√©ral Silvanus, qui avait opportun√©ment trahi Magnence √† la veille de la bataille de Mursa, la d√©fense des Gaules avec rang de magister peditum[46], voire de magister militum, l'un des grades les plus √©lev√© de la hi√©rarchie militaire du Bas-Empire[47]. La rapide promotion du nouveau ma√ģtre de l'infanterie attise cependant la rivalit√© d'un autre officier g√©n√©ral de Constance, le ma√ģtre de la cavalerie Arbetio, qui, avec l'aide de plusieurs hauts-fonctionnaires civils comme le pr√©fet du pr√©toire des Gaules Lampadius, monte un complot pour le faire chuter[Note 15]. Des lettres falsifi√©es sont pr√©sent√©es √† l'empereur, √† Milan, qui semblent indiquer que Silvanus fomente un complot pour le renverser. Plusieurs officiers pr√©sents √† la cour, √† l'image du tribun des scholes Mallobaud, se r√©crient, prennent la d√©fense du malheureux g√©n√©ral et obtiennent finalement la tenue d'une enqu√™te[46]. Bien leur en prend puisque les faussaires sont finalement confondus et mis hors d'√©tat de nuire. Cependant, mal inform√©, craignant d'√™tre de toute fa√ßon condamn√© √† mort, Silvanus se lance dans une fuite en avant et se fait acclamer empereur √† Cologne[48], le 11 ao√Ľt 355. En r√©action √† cet acte hostile, Constance envoie une petite d√©l√©gation, command√©e par le g√©n√©ral Ursicin, officiellement pour rendre hommage √† l'Auguste autoproclam√©. Arriv√© sur place, au mois de septembre 355, Ursicin soudoie quelques hommes de Silvanus, des Brachiales et des Carnutes, et leur fait assassiner leur chef alors qu'il se rend √† la messe[49].

Julien, fr√®re de Gallus, est √† son tour fait C√©sar en 355, en Gaule o√Ļ il remporte plusieurs victoires. Acclam√© empereur par ses troupes √† Lut√®ce, en 360, il marche contre Constance qui meurt sur ces entrefaites. Julien r√®gne de 361 √† 363 avant d'√™tre tu√© durant sa campagne contre les Perses sassanides.

Constance se d√©barrasse ainsi de son cinqui√®me usurpateur, mais il perd dans ces √©v√©nements plusieurs officiers g√©n√©raux comp√©tents, √† commencer par Silvanus, alors que les barbares, Francs, Alamans, Saxons, s'assurent le contr√īle des quarante places fortes romaines sur le Rhin, ouvrant le territoire √† leurs incursions[50]. La pression des Quades et des Sarmates sur le Danube, la menace perse en Orient, l'absence de g√©n√©raux brillants et de jeune h√©ritier[Note 16] poussent Constance √† consid√©rer √† nouveau la possibilit√© de nommer un C√©sar parmi sa parent√©. Sans surprise, c'est sur Julien, son cousin, le dernier des Flaviens descendant de Constance Chlore, que se porte son choix. L√† encore, Constance peut craindre, √† raison, de n'√™tre pas particuli√®rement appr√©ci√© par son cousin, de par son implication dans la mort de son p√®re Jules Constance mais aussi de son fr√®re Gallus. Press√© par l'urgence de la situation en Gaule, et conseill√© dans ce sens par son √©pouse Eusebia[Note 17], Constance, se r√©sout finalement, encore qu'avec reluctance, √† draper Julien de la pourpre des C√©sar, √† Milan, le 6 novembre 355, et √† lui accorder la main de sa sŇďur cadette H√©l√®ne[51].

Encore un fois, si Julien re√ßoit une juridiction √©tendue aux Gaules, aux Hispanies et aux Bretagnes, les d√©cisions de l'√©tat-major et les comptes de l'exp√©dition sont tenus √† Milan par Constance, le C√©sar n'√©tant r√©duit, comme Gallus avant lui, qu'√† une fonction d'apparitor aux ordres du Prince[37]. Cette fois encore, Julien est entour√© d'hommes de confiance de Constance, √† l'image des g√©n√©raux Marcellus et Barbatio, du pr√©fet du pr√©toire des Gaules Florentius ou du questeur Saloustios avec lequel cependant il finit par se lier. Du reste, le nouveau C√©sar n'a re√ßu aucune formation militaire, et lors de ses passages √† Nicom√©die et Ath√®nes apr√®s avoir quitt√© sa r√©clusion de Macellum, il passe plus de temps en la compagnie des philosophes qu'au milieu des casernes, ce qui laisse peu d'illusions √† Constance sur ses qualit√©s potentielles de strat√®ge[52]. Ainsi, Constance ne daigne le faire informer de la situation r√©elle en Gaule, notamment la perte de la ville de Cologne, qu'√† son arriv√©e √† Turin, plusieurs jours apr√®s son d√©part de Milan, le 1er d√©cembre 355, escort√© sur quelques mille par son cousin[53]. De toute √©vidence, Julien ne dispose que de peu d'opportunit√©s de briller dans ses campagnes, entour√© de g√©n√©raux qui le surveillent plus qu'ils ne lui ob√©issent, au milieu d'un pays ravag√© par les barbares et affaibli par les guerres.

Une affaire de famille

En plusieurs années de guerre, Julien finit par repousser les barbares hors des Gaules en les défaisant notamment à la bataille de Strasbourg de 357. Inquiet de ces succès, Constance appelle en Orient les meilleurs bataillons de son César et provoque ainsi l'usurpation tant redoutée.

Le jeune C√©sar les surprend rapidement. Convaincu d'√™tre investi d'une mission, se r√™vant habit√© du G√©nie du Peuple romain, cet intellectuel f√©ru de r√©cits hom√©riques entend faire revivre la gloire de ses anc√™tres, r√©els comme Constance Chlore ou suppos√©s comme Claude II dit le Gothique, qui avaient repouss√© le p√©ril barbare hors des fronti√®res de l'Empire[54]. Hivernant √† Vienne, il tire profit de son immobilit√© pour recevoir une formation militaire sommaire de la part du questeur Saloustios[55]. Quittant la cit√© au printemps 356 pour rejoindre l'arm√©e √† Reims, selon les ordres de Constance, il fait un d√©tour par Autun, qui avait manqu√© de tomber l'ann√©e pr√©c√©dente, et o√Ļ avait s√©journ√© son grand-p√®re Constance Chlore. Arriv√© en Gaule Belgique en juin, il y est mis au courant du plan pr√©par√© depuis Milan par Constance II et son √©tat-major. La r√©gion rh√©nane est ratiss√©e par deux arm√©es romaines, l'une sous les ordres de Marcellus et Ursicinus, l'autre sous l'autorit√©, encore toute th√©orique, de Julien, et la principale ville de la r√©gion, Cologne, est reprise au mois d'ao√Ľt[56]. Julien se retire √† Tr√®ves puis √† Sens o√Ļ on l'envoie passer l'hiver. Dans le m√™me temps, confront√© √† une nouvelle pouss√©e barbare que les premiers succ√®s romains n'ont pas d√©courag√©, Marcellus est contraint de faire d√©garnir Sens d√®s l'hiver 356. Ayant √©t√© mis au courant que le C√©sar Julien y passe l'hiver avec une garde restreinte, une arm√©e alamane pousse jusqu'√† la r√©sidence imp√©riale et met la ville au si√®ge. Au printemps, lass√©s de la r√©sistance de la ville fortifi√©e, les Alamans finissent par lever le si√®ge. Marcellus, pr√©sent √† proximit√© et qui n'a rien fait pour lib√©rer un sup√©rieur en titre qu'il n'appr√©cie gu√®re, est alors convoqu√© par Constance √† Milan pour r√©pondre de son comportement[57]. Si l'Auguste n'est, lui non plus, pas vraiment d√©sireux de voir Julien s'illustrer √† la guerre, il n'appr√©cie que tr√®s peu la faible consid√©ration que son g√©n√©ral semble avoir pour la pourpre imp√©riale, fut-ce celle d'un simple C√©sar. Marcellus est limog√©, Ursicinus envoy√© en Orient et Constance, toujours encourag√© par son √©pouse Eusebia, se r√©sout √† confier √† Julien le commandement effectif sur l'arm√©e et l'administration des Gaules au printemps 357.

Si Constance se d√©cide √† laisser √† Julien les r√™nes de la Gaule, il ne renonce pas √† le surveiller √† distance. Ainsi, un nouveau g√©n√©ral vient rejoindre l'√©tat-major du C√©sar, Barbatio, ancien commandant des gardes de Gallus, qui avait d√©grad√© et transf√©r√© celui-ci √† son tribunal de Pula. Apr√®s avoir mat√© une r√©volte de suppl√©tifs germains en Franche-Comt√©, Julien reprend l'offensive selon les plans de 356, il se porte sur Saverne qu'il consolide tandis que Barbatio doit le rejoindre en longeant la rive gauche du Rhin. Mais, retard√© par une travers√©e du Rhin improvis√©e, Barbatio prend la d√©cision de faire demi-tour et de ramener son arm√©e hiverner dans ses cantonnements initiaux[58]. Attendant des renforts qui ont fait volte-face, Julien et son corps d'arm√©e sont confront√©s √† une concentration importante de barbares, d√©j√† avertis du repli de Barbatio. Refusant de se rendre, le C√©sar marche contre eux en direction de Strasbourg o√Ļ il leur livre bataille bien qu'en inf√©riorit√© num√©rique. Il remporte cependant la victoire et le roi des Alamans Chnodomar est fait prisonnier et envoy√© √† Constance II. Apr√®s avoir encore men√© quelques incursions outre-Rhin et dans l'arri√®re-pays gaulois, le C√©sar Julien, grandi de ses nouveaux lauriers, se rend √† Lut√®ce au printemps 358, avant de repartir en campagne √† l'√©t√©. En 358 et 359, il r√©duit les Francs saliens dans le Brabant, les Chamaves au-del√† de la Meuse, r√©pare les grandes forteresses rh√©nanes aux frais des barbares et finalement l√®ve une flotte charg√©e de prot√©ger les convois de ravitaillement √† destination des Gaules et en provenance des Bretagnes[59].

S'il se r√©jouit de trouver les Gaules en bon ordre, Constance regarde avec d√©fiance les succ√®s de son vice-empereur. Fort du souvenir des premiers usurpateurs, il peut √™tre en droit d'en craindre une redite, de la part d'un cousin dont il se sait mal-aim√© et qui dispose √† la fois d'appuis dans les milieux intellectuels orientaux, o√Ļ il frayait avant son C√©sarat, mais aussi au sein des arm√©es du Rhin d√©sormais li√©es √† sa cause. L'empereur doit, dans le m√™me temps, quitter les r√©gions danubiennes, o√Ļ il vient de soumettre de mani√®re d√©cisive les Quades et les Sarmates[60], pour se porter en h√Ęte vers Constantinople et l'Orient alors que Shapur II, reprenant les hostilit√©s, franchit le Tigre en 358. √Čvitant Nisibe cette fois, le Roi des rois met le si√®ge sous les murs d'Amida qui tombe en octobre 359[61], laissant six l√©gions prisonni√®res des Perses. R√©solu de r√©gler ses deux probl√®mes √† la fois, Constance ordonne √† l'√©tat-major de Julien de lui envoyer ses meilleurs bataillons, notamment les auxiliaires h√©rules et bataves qui s'√©taient illustr√©s pendant les campagnes rh√©nanes, qui seraient autant de moins en cas d'usurpation tout en se montrant des plus utiles dans ses guerres persiques[62]. L'envoy√© de Constance, Decentius, arrive en janvier 360 √† Lut√®ce porteur d'une nouvelle qui n'enchante que tr√®s mod√©r√©ment les troupes en partie gauloises et germaines, tr√®s attach√©es semble-t-il √† leur nouveau C√©sar et peu d√©sireuses d'abandonner leurs familles pour aller combattre dans la lointaine M√©sopotamie au climat si diff√©rent du leur[62]. Sorti de son palais en pleine nuit, ceint du diad√®me de circonstance et lev√© sur un bouclier √† la mani√®re franque, Julien C√©sar est acclam√© Auguste par ses troupes en f√©vrier 360[63]. De nouveau, Constance prend les armes pour d√©fendre son tr√īne.

La défaite de l'invaincu

Soucieux avant tout de gagner du temps, voire de se faire reconna√ģtre par Constance, Julien l'usurpateur lui envoie aussit√īt une longue lettre le conjurant de croire qu'il n'a fait que c√©der √† la violence des armes, pour √©viter qu'un autre moins bien intentionn√© ne commande √† la r√©volte. Averti en mars 360 de la r√©bellion de son cousin, Constance re√ßoit peu apr√®s, √† C√©sar√©e de Cappadoce, deux envoy√©s porteurs de ladite lettre, sign√©e Julien C√©sar, dans laquelle l'usurpateur entend n√©gocier le maintien de son titre augustal[64]. Constance rejette avec fureur ces propositions, conscient que le rapport de force joue en sa faveur. Des diff√©rents dioc√®ses, seuls ceux de Gaules et de Bretagnes, apr√®s que Julien a mis aux arr√™ts le g√©n√©ral Lupicinus de retour d'une campagne victorieuse, se sont d√©clar√©s ouvertement en sa faveur[65]. Constance envoie deux √©missaires successifs, un charg√© de mission du nom de L√©onas qui refuse les propositions de Julien, puis un √©v√™que des Gaules, Epict√®te, qui le somme de se rendre pour avoir la vie sauve, sans succ√®s. Apr√®s une nouvelle campagne sur le Rhin, Julien marche sur Vienne o√Ļ il prend ses quartiers d'hiver √† la fin de l'ann√©e 360. Constance doit quant √† lui poursuivre sa guerre perse : durant l'hiver, il se porte sur √Čdesse puis Amida, assi√®ge Bezabde et se rend √† Hi√©rapolis. En 361, √† la diff√©rence de Julien qui laisse les Gaules nettoy√©es des barbares, il est beaucoup plus difficile pour Constance de quitter un front oriental de nouveau en grande difficult√©. Envisageant peut-√™tre d'appliquer √† Julien la strat√©gie de cr√©er une diversion sur le Rhin qui fut la sienne contre Magnence, l'empereur correspond avec le chef barbare Vadomaire jusqu'√† ce que ce dernier soit captur√© par les forces de l'usurpateur[66]. Il veille √©galement √† fortifier les riches provinces d'Afrique contre un potentiel d√©barquement venant d'Italie. Apr√®s un nouvel √©t√© √† batailler sur l'Euphrate, et apprenant que Julien, √† la t√™te de ses arm√©es s'est mis en marche vers Sirmium en Illyrie, Constance II quitte finalement la M√©sopotamie sup√©rieure pour marcher au-devant des forces de son rival. En juillet, Sirmium tombe entre les mains de l'usurpateur qui avance jusque Na√Įssos o√Ļ il se pr√©pare pour l'affrontement avec les arm√©es de son cousin[67]. Constance lui √©pargne cette peine. Tomb√© malade √† Tarse en octobre, Constance Auguste, √©puis√© par la fi√®vre, d√©c√®de le 3 novembre 361, √† Mopsucr√®ne en Cilicie, dans sa quarante-quatri√®me ann√©e, la vingt-quatri√®me de son r√®gne[Note 18].

Julien Auguste abandonne la strat√©gie d√©fensive de Constance autour des forteresse de la M√©sopotamie du Nord telles qu'Amida, Singara ou Nisibe et lance une exp√©dition en plein cŇďur du territoire perse qui se solde en 363 par la mort de l'empereur et la d√©faite de Rome.

Baptis√© au dernier moment, comme l'avait √©t√© son p√®re Constantin avant lui[Note 19], Constance d√©signe un successeur avant d'expirer. Renon√ßant √† faire endurer aux populations de la R√©publique les affres d'une nouvelle guerre civile, pleinement conscient de l'int√©r√™t sup√©rieur d'un Empire menac√© de toute part, et r√©solument attach√© √† faire survivre la dynastie constantinienne, l'empereur fait de son ennemi et n√©anmoins cousin son h√©ritier d√©sign√©[63]. Aux alentours du 20 novembre, Julien l'usurpateur apprend ainsi que son rival est mort et qu'il est d√©sormais Auguste incontest√© de tout le monde romain. D√©cr√©tant un deuil national, le nouvel empereur se rend √† Constantinople o√Ļ il accueille la d√©pouille imp√©riale qu'il conduit, en grande pompe, en l'√©glise des Saints-Ap√ītres o√Ļ Constance va reposer aux c√īt√©s de son p√®re. Pr√©sidant le S√©nat de Constantinople, Julien rend finalement au d√©funt les honneurs de l'apoth√©ose[68]. √Ä ce nouvel Auguste, qui revendique enfin apr√®s des ann√©es de dissimulation son culte des anciens dieux romains, √©choit un Empire o√Ļ coexistent pa√Įens et chr√©tiens, eux-m√™mes d√©chir√©s par les h√©r√©sies, arianisme et donatisme. Mais le principal h√©ritage que Julien re√ßoit de son pr√©d√©cesseur demeure le conflit perse. Cette guerre de vingt-six ans que Constance n'est jamais parvenu √† gagner va causer la perte de Julien. Aur√©ol√© de ses succ√®s, ce dernier se lance, sur les traces d'Alexandre, dans une grande campagne au cŇďur du territoire ennemi. Cet abandon de la strat√©gie d√©fensive de son pr√©d√©cesseur ne se r√©v√®le finalement pas √™tre le succ√®s escompt√©, puisque le 26 juin 363, apr√®s avoir renonc√© √† prendre la capitale perse, Ct√©siphon, l'empereur Julien est mortellement bless√©, en plein territoire sassanide, alors qu'il participe √† un combat d'avant-garde. Jovien, son successeur d√©sign√© aura la rude tache de signer une paix humiliante avec Shapur II mais aussi de r√©tablir l'Empire chr√©tien, qu'avaient d√©fendu toute leur vie Constantin et son fils.

Constance et l'héritage constantinien

Ancienne et Nouvelle Rome

Enluminure du XIIe si√®cle repr√©sentant l‚Äô√©glise des Saints-Ap√ītres, commenc√©e sous Constantin Ier et achev√©e par son fils Constance. Bien qu'il visite Rome et y c√©l√®bre son triomphe, son r√®gne est surtout marqu√© par un d√©classement relatif de la Ville √©ternelle vis-√†-vis de Constantinople.

Lorsque Constance monte sur le tr√īne imp√©rial, voila pr√®s d'un si√®cle d√©j√† que Rome n'est plus dans Rome. En effet, la crise du IIIe si√®cle a incit√©e les empereurs √† d√©serter les splendeurs de la Ville √©ternelle au profit de forteresses frontali√®res d'o√Ļ ils veillent √† la d√©fense de l'Empire. Trop √©loign√©e des fronti√®res, celle qui reste la premi√®re ville de l'Empire en population comme en importance n'est plus qu'√©pisodiquement visit√©e[Note 20]. Constantin Ier, au sortir des guerres civiles ayant d√©truit la T√©trarchie diocl√©tienne, d√©cide de cr√©er une nouvelle cit√©, vou√©e √† devenir une r√©sidence imp√©riale √† l'√©gale de Rome mais plus proche des fronti√®res strat√©giques. En 324, le plan de Constantinople, la ¬ę Nouvelle Rome ¬Ľ, est consacr√© et les travaux vou√©s √† transformer la cit√© grecque de Byzance en capitale imp√©riale sont mis en branle. Apr√®s un dernier s√©jour dans l'ancienne Rome en 325 o√Ļ il c√©l√®bre son triomphe sur Licinius, l'Empereur quitte d√©finitivement le Latium pour le Bosphore[69].

Constance C√©sar puis Auguste, d'abord √† la t√™te de la pars orientalis n'a pas l'occasion d'honorer la Ville de sa pr√©sence. Ses guerres orientales et les s√©ditions rh√©nanes le maintiennent par la suite constamment en alerte, g√©n√©ralement √† Antioche ou √† Milan. Pour autant, l'Urbs demeure le lieu par excellence des c√©r√©monies grandioses[70], aussi le Prince d√©cide, en 357, profitant de la pr√©sence de Julien en Gaules et du calme apparent sur la fronti√®re syrienne, d'aller avec l'imp√©ratrice y c√©l√©brer son triomphe sur Magnence[71]. Sa visite, qui intervient trente-deux ans apr√®s celle de son p√®re, commence le 28 avril 357 et dure un mois[72]. Le r√©cit qu'en fait l'historien Ammien Marcellin d√©note la pompe et la magnificence des c√©r√©monies qu'il y donne. Personnellement impressionn√© par la majest√© de la Ville[Note 21], Constance donne √† voir pendant toutes ces c√©l√©brations le profil hi√©ratique[Note 22] renforc√© du protocole imposant qu'affectionneront plus tard les empereurs byzantins[73]. Avant de quitter - d√©finitivement - la Ville, il la pare d'un ob√©lisque issu du grand temple de Karnak, que Constantin avait initialement destin√© √† sa Nouvelle Rome mais qui va finalement tr√īner sur la spina du Circus Maximus.

Pour autant, Constance ne n√©glige pas sa nouvelle capitale, et sa visite √† Rome tient en r√©alit√© plus d'une parenth√®se inattendue pour ses habitants que d'un r√©el retour en gloire de ce majestueux ¬ę conservatoire des gloires pass√©es ¬Ľ d√©sormais orphelin de ses empereurs[70]. Install√© √† Constantinople m√™me √† partir de 359, Constance y consolide la position de sa nouvelle capitale. Ainsi, le proconsul de la ville devient pr√©fet de Constantinople, √©galant ainsi en dignit√© l'ancienne Rome qui jusqu'√† pr√©sent √©tait seule √† avoir joui du privil√®ge d'avoir un pr√©fet de la ville, tandis que Th√©mistios √©largit au nom de l'empereur de trois-cents √† deux-mille la liste des membres sur l'album de ce S√©nat de Constantinople qui avait √©t√© cr√©√© par Constantin sur le mod√®le du S√©nat romain[74]. De m√™me, il pare la cit√© de nouveaux monuments et ach√®ve ainsi l'√©glise des Saints-Ap√ītres qui sert ensuite de n√©cropole imp√©riale pour les empereurs orientaux. On lui doit surtout la construction de la premi√®re basilique Sainte-Sophie[Note 23], qui constitue alors la plus grande √©glise de la cit√©, et qui est consacr√©e le 30 octobre 360[75]. Par les honneurs qu'elle re√ßoit et les splendeurs architecturales qui la parent progressivement, Constantinople se d√©marque des r√©sidences imp√©riales du IIIe si√®cle et se place, conform√©ment aux souhaits de Constantin, sur un pied d'√©galit√© avec l'ancienne Rome qui subira alors un relatif d√©classement vis-√†-vis d'une rivale orientale en pleine ascension.

Administrations et positions de pouvoir

√Ä son arriv√©e au pouvoir absolu, Constance doit g√©rer la mise en Ňďuvre des grandes r√©formes constantiniennes. Il h√©rite du syst√®me mon√©taire mis en place par son g√©niteur et bas√© sur le solidus d'or, et doit notamment combattre une certaine inflation tandis que l'accroissement des d√©penses somptuaires √† la cour imp√©riale et les guerres, civiles et ext√©rieures, gr√®vent le budget de l'Empire[76]. Constance s'efforce de r√©tablir l'√©quilibre, notamment via une politique d'√©mission mon√©taire : il fait frapper des monnaies plus lourdes en cuivre pur ou sauc√©, √† l'image de la majorina ou du centenonialis, centi√®me th√©orique du solidus. En 348, le monnayage unique de bronze est remplac√© par trois monnaies, puis on revient √† une seule durant le r√®gne de Magnence, dont le poids diminue jusqu'√† 2 g sous Julien C√©sar. Le miliarense d'argent diminue aussi apr√®s 353. Le revers mon√©taire dominant parmi les frappes, FEL TEMP REPARATIO, exprime la propagande imp√©riale et c√©l√®bre le r√©tablissement des temps heureux[77]. Seul le solidus d'or est maintenu stable et son volume d'√©mission augmente avec l'exploitation de nouveaux gisements. Il concurrence de plus en plus l'argent dans les exigences fiscales et judiciaires de l'administration durant la p√©riode 350-360, et le supplante ult√©rieurement[78]. Toutefois, en d√©pit de ses soucis financiers, Constance veille tout de m√™me √† faire restituer aux cit√©s les revenus des anciens biens communaux qu'avaient confisqu√©s son illustre pr√©d√©cesseur[76]. La l√©gislation imp√©riale est √©galement marqu√©e par la traditionnelle politique r√©pressive des C√©sars[79] de sorte qu'il continue la politique moralisatrice de son p√®re en imposant par exemple la s√©paration des sexes dans les prisons, en r√©primant plus durement le rapt[76], ou en ch√Ętiant s√©v√®rement les adult√®res, ¬ę sacril√®ges de noces ¬Ľ[80], qui devaient √™tre mis en sac avec quatre animaux - serpent, singe, coq, chien - et noy√©s[81].

Le r√®gne de Constance se caract√©rise √©galement par un prolongement des r√©formes administratives de Diocl√©tien et Constantin. C'est ainsi dans les ann√©es 340 qu'est r√©form√©e la pr√©fecture du pr√©toire, sans doute √† l'initiative de Constant, sur un mod√®le qui est repris par Constance apr√®s sa victoire de 353 sur Magnence[82]. Le pr√©fet n'est ainsi plus un haut-fonctionnaire civil vivant aux c√īt√©s de l'empereur et √† la t√™te de l'administration centrale mais devient une autorit√© d√©concentr√©e plac√©e √† la t√™te d'un regroupement de dioc√®ses. Un nouvel √©chelon administratif se met donc en place, sous la forme d'un coll√®ge de quatre pr√©fectures du pr√©toire, chacune dirig√©e par un pr√©fet directement aux ordres de l'empereur : la pr√©fecture des Gaules regroupant les dioc√®ses de Bretagnes, de Gaules proprement dites, de Vienne et d'Hispanies, la pr√©fecture d'Italie comprenant l'Italie elle-m√™me mais aussi l'Afrique, la pr√©fecture d'Illyrie autour des Pannonies, des M√©sies et de la Thrace, et enfin la pr√©fecture d'Orient √† la t√™te des dioc√®ses d'Orient, d'Asie et du Pont[82]. Cette division de l'Empire en pr√©fectures, en dioc√®ses et en provinces, qui se maintient jusqu'√† la mise en place du syst√®me th√©matique vers le VIIIe si√®cle, consacre une hi√©rarchisation accrue des diff√©rents fonctionnaires imp√©riaux. Pr√©fet, vicaire - √† la t√™te du dioc√®se - et gouverneur dans la hi√©rarchie civile, et leurs alter ego au sein de l'arm√©e romaine tardive, ma√ģtre des milices, comte et duc, constituent la principale ossature de cette nouvelle administration imp√©riale[Note 24]. La distinction claire entre carri√®res civiles et militaires, qui dispara√ģt quatre si√®cles plus tard suite aux r√©formes th√©matiques d'H√©raclius et de ses successeurs, est pour l'heure encore renforc√©e par Constance qui s'efforce de prot√©ger les fonctionnaires civils contre l'influence des militaires et qui d√©finit des r√®gles strictes r√©gissant l'avancement dans les deux corps[76]. Il est √©galement notable que Constance favorise l'accession de quelques juristes aux plus hautes positions de l'√Čtat, √† l'image du pr√©fet du pr√©toire d'Illyrie Anatolius ou du comte d'Orient Modestus[83].

Pour autant, si le Prince accroit le poids de la bureaucratie, il encourage surtout la multiplication des organes de contr√īle et d'espionnage centralis√©s au palais. L'empereur, d'un naturel m√©fiant exacerb√© par les coups d‚Äô√Čtat successifs, se m√©fie de ses g√©n√©raux et de ses hauts-fonctionnaires les fait surveiller. Notaires, eunuques et agentes in rebus, au cŇďur d'un des premiers syst√®me de renseignement r√©ellement abouti[84], entourent l'empereur et composent son conseil restreint aux d√©pens des pr√©lats et des fonctionnaires imp√©riaux. L'eunuque de la chambre Eus√©bios[Note 25], ou encore le notaire Paul dit Catena, soit la Cha√ģne car il passait pour √™tre un ma√ģtre des interrogatoires, constituent ainsi l'entourage quasi exclusif du Prince. Du reste, m√™me les C√©sars qu'il d√©cide d'√©lever sont soumis √† cette surveillance √©tendue : c'est Eus√©bios qui pr√©side ainsi le tribunal condamnant √† mort Gallus de retour d'Orient, tandis que Paul est envoy√© aux c√īt√©s de Julien dans ses campagnes gauloises[Note 26]. Seule l'imp√©ratrice Eus√©bie, deuxi√®me des trois √©pouses successives de Constance, passe pour avoir eu une influence autonome sur un mari passablement √©pris. Les officiers sup√©rieurs de l'empereur ont par voie de cons√©quence une influence assez restreinte sur leur ma√ģtre. Du reste, Ammien Marcellin, qui est le principal chroniqueur de la p√©riode et qui sert lui-m√™me comme officier dans les arm√©es de Constance, les traite assez durement, assimilant ainsi les g√©n√©raux Barbatio, Arbetio ou Marcellinus √† des incapables ne devant leur poste qu'√† leur courtisanerie[83],[Note 27]. Parce qu'il jette les bases administratives du futur Empire byzantin, parce qu'il fait de Constantinople une capitale imp√©riale, par son go√Ľt pour le protocole, la majest√© et le faste de la maison imp√©riale, et par la place que prennent progressivement les eunuques √† sa cour, Constance est ainsi parfois consid√©r√© comme le premier des empereurs byzantins[85].

Le Prince et le Seigneur

L'√Čglise dans l'Empire

C'est sans doute peu avant sa victoire au pont Milvius de 312 que l'empereur Constantin se convertit à la religion du Christ. Averti peu avant l'affrontement dans un songe prophétique qu'il allait emporter la victoire, il fait peindre le chrisme sur son casque et sur les boucliers de son armée.

Ce sont cependant les probl√®mes religieux qui marquent le plus intens√©ment le r√®gne de Constance II. Premiers Princes √† avoir re√ßus une √©ducation chr√©tienne[Note 28], Constantin II, Constance et Constant semblent promis √† continuer l‚ÄôŇďuvre de leur p√®re, Constantin Ier, le premier empereur √† avoir revendiqu√© sa croyance en le Christ, qui a tout au long de son r√®gne favoris√© la religion montante. Sans doute les trois enfants s'efforcent-ils d'imiter leur p√®re puisqu'ils interviennent eux aussi, d√®s leur arriv√©e au pouvoir supr√™me, dans les affaires religieuses. Ainsi, ils poursuivent notamment le mouvement de lutte contre le paganisme simplement amorc√© par leur pr√©d√©cesseur. Sans doute sous l'influence de Constant, le plus radical des trois fr√®res, une c√©l√®bre loi est prise par les empereurs en 341 qui interdit formellement ¬ę la d√©mence que sont les sacrifices ¬Ľ[Note 29]. En 346, un nouvel √©dit de Constance ordonne la fermeture des temples pa√Įens, en interdit l'acc√®s et punit de mort les contrevenants dont les biens doivent √™tre vers√©s au tr√©sor imp√©rial[86]. En 353, les sacrifices nocturnes, d√©j√† interdits par Constantin et qui avaient bri√®vement √©t√© r√©autoris√©s par Magnence sont de nouveau frapp√©s d'interdit[87]. Une loi de 356 pr√©cise que ceux qui enfreignent cette r√®gle et qui sacrifient tout de m√™me aux dieux pa√Įens sont susceptibles d'√™tre condamn√©s √† mort[88]. Des lois contre la divination et la magie pr√©voient √©galement de livrer au bourreau les coupables, fussent-ils de hauts-fonctionnaires[89]. Enfin, des lois contre les Juifs viennent √©galement compl√©ter cette l√©gislation contre les ennemis de la vraie foi puisqu'il leur est ainsi interdit de poss√©der des esclaves d'un autre peuple en 339[90], tandis que les anciens chr√©tiens convertis au juda√Įsme doivent √™tre spoli√©s de tous leurs biens au profit de l'√Čtat d'apr√®s un texte de 352[91].

Pour impressionnantes qu'elles soient, ces lois sont toutefois tr√®s diversement appliqu√©es dans les diff√©rentes r√©gions de l'Empire. Elles sont ainsi relativement mod√©r√©es en Occident o√Ļ elles ne sont gu√®re que de simples d√©clarations de principe ne trouvant que quelques rares applications, et notamment en Italie o√Ļ Rome, dans son S√©nat, demeure un ¬ę repaire de pa√Įens ¬Ľ notoire[92]. Du reste, Constance, qui demeure comme c'√©tait le cas pour son p√®re Pontifex Maximus[Note 30], s'acquitte consciencieusement, lors de sa visite dans la Ville √©ternelle de ses devoirs de dirigeant des cultes traditionnels et distribue ainsi les diff√©rents sacerdoces aux aristocrates romains[93], m√™me s'il profite de l'occasion pour retirer l'autel de la Victoire de la Curie romaine[Note 31]. En Orient, o√Ļ les chr√©tiens sont bien plus nombreux, bien qu'encore loin d'√™tre majoritaires[Note 32], les mesures sont en revanche bien mieux appliqu√©es et l‚Äôav√®nement de Julien qui ordonne la restitution des diff√©rents √©l√©ments des temples abattus accro√ģt des tensions d√©j√† vives entre les communaut√©s[94].

En parall√®le de ces coups port√©s aux rites et pratiques pa√Įens, la fratrie privil√©gie l'√Čglise au gr√© de ses d√©cisions. En 343, le clerg√© et ses serviteurs sont exempt√©s d'imp√īt et re√ßoivent l'assurance qu'ils n'en subiront plus √† l'avenir[95]. En 349, les membres du clerg√© appartenant √† l'ordre d√©curional sont lib√©r√©s de leurs munera, les co√Ľteuses obligations municipales, de m√™me que leurs enfants[Note 33] qui sont appel√©s √† suivre leurs traces[96]. Ces deux exemptions sont r√©affirm√©es en 356 o√Ļ elles deviennent valables non seulement pour les membres du clerg√© mais aussi pour leur femme, leurs enfants et m√™me leurs serviteurs[97]. En 355, Constance autorise finalement les √©v√™ques ayant maille √† partir avec la justice √† √™tre jug√©s par leurs pairs et non plus par les tribunaux imp√©riaux[98]. Mise √† part cette derni√®re mesure, Constance, comme son p√®re Constantin, ne garantit gu√®re plus aux cadres de l'√Čglise que ce que sont d√©j√† les privil√®ges des pr√™tres pa√Įens[99] et c'est plus en revendiquant officiellement leur foi et en s'entourant de chr√©tiens convaincus que l'un et l'autre font dans un premier temps progresser leur √Čglise[100]. En faisant du christianisme leur religion personnelle, Constantin et sa prog√©niture s'estiment ainsi fond√©s √† lib√©rer leur coreligionnaires de liturgies co√Ľteuses impliquant des sacrifices et en arrivent √† interdire, comme le fait Constance, √† des pa√Įens de recourir √† d'anciens soldats, et par la m√™me des hommes li√©s au Prince, pour leurs combats de gladiateurs[101]. Toutefois, aucun d'eux ne songe √† interdire le paganisme, et les masses pa√Įennes ne sont pas √† proprement parler soumises √† la pers√©cution : il s'agit plus d'un encadrement dans le sens d'une restriction croissante des rites qui est impos√© par le pouvoir imp√©rial chr√©tien[Note 34]. Il est ainsi notable de constater que, m√™me sous Constance, plusieurs pa√Įens paraissent √† la cour, √† l'image du rh√©teur Libanios, du philosophe et proconsul Th√©mistios ou encore de l'officier historien Ammien Marcellin.

Schismes et hérésies

Athanase d'Alexandrie est avec Hilaire de Poitiers le principal représentant du courant nicéen. L'un et l'autre sont exilés par Constance qui cherche à imposer son symbole de Sirmium, fidèle à la doctrine arienne, au clergé tout entier.

Conform√©ment √† l'exemple donn√© par son p√®re, Constance, voyant l‚Äô√Čglise confront√©e au schisme donatien et surtout √† l'h√©r√©sie arienne, se consid√®re le devoir de veiller √† en reconstituer l'unit√© autour d'une m√™me profession de foi. Sous le r√®gne de son p√®re divers conciles avaient d√©j√† √©t√© r√©unis sur cette d√©licate question de la consubstantialit√© - ou non - du P√®re et du Fils, le Seigneur et le Christ. On a vu que Constance embrasse la cause arienne, √† la diff√©rence de son jeune fr√®re farouchement nic√©en. Son triomphe sur Magnence de 353 lui permet d'imposer ses vues √† toute la Chr√©tient√© alors m√™me que le soutien de l'√©v√™que arien Ursace de Singidunum √† la veille de la bataille de Mursa renforce son parti-pris en faveur des th√©ories du d√©funt Arius. Constance souhaite d'abord √©carter ses adversaires nic√©ens et fait ainsi d√©poser Athanase d'Alexandrie, √©v√™que oriental et n√©anmoins l'un des plus farouches d√©fenseurs de la consubstantialit√©, suite au synode d'Arles et au concile de Milan. En 356, Constance tente m√™me de le faire arr√™ter mais l'√©v√™que prend une troisi√®me fois le chemin de l'exil tandis que l'arm√©e investit Alexandrie pour soutenir le nouvel √©v√™que, Georges de Cappadoce. Le vieil Ossius de Cordoue, qui avait conseill√© Constantin durant le concile de Nic√©e, doit partir pour Sirmium, Paulin de Tr√®ves, seul √† avoir d√©fendu Athanase au synode d'Arles est envoy√© en Asie Mineure, tandis que Lucifer de Cagliari, Eus√®be de Verceil ou encore Denis de Milan sont eux aussi exil√©s en plein Orient arien. Le pape Lib√®re lui-m√™me est assign√© √† r√©sidence √† B√©roia de Mac√©doine, en 355, tandis que Constance fait √©lire un nouvel √©v√™que de Rome plus proche de ses id√©es en la personne de F√©lix II.

Pour brutale qu'elle soit, cette politique am√®ne n√©anmoins quelques r√©sultats[102]. Ainsi, lors des conciles d'Arles et Milan, un majorit√© des occidentaux se prononce en faveur de la d√©position d'Athanase et les ariens finissent par obtenir d'Ossius de Cordoue, alors centenaire, une profession de foi se rapprochant quelque peu de la leur[102]. En parall√®le de ces condamnations visant les plus r√©solus des nic√©ens, Constance veille √† promouvoir la nouvelle profession de foi arienne par diff√©rents conciles notamment via la proclamation du symbole de Sirmium vou√© √† remplacer celui de Nic√©e[102]. Toutefois, si l'arianisme semble √™tre en passe de l'emporter, il se divise lui-m√™me en plusieurs courants diff√©rents. La d√©finition du nouveau symbole de Sirmium est ainsi tiraill√©e entre les anom√©ens, ou ariens radicaux, autour d'Ursace de Singidunum et de Valens de Mursa, pour qui Dieu et le Christ sont dissemblables, et les hom√©ens, plus mod√©r√©s, tel Basile d'Ancyre, pour qui ils sont globalement de substance semblable, mais pas identique comme l'avancent les nic√©ens. Ainsi, si le deuxi√®me symbole de Sirmium, en 357 est port√© par les anom√©ens, le synode d'Ancyre de 358 les d√©nonce comme h√©r√©tiques et pousse Constance √† r√©unir une nouvelle r√©union √† Sirmium qu'il pr√©side et qui opte finalement pour une position de compromis, o√Ļ la notion de substance est purement et simplement supprim√©e, position qui ne satisfait aucune des parties et ne r√®gle pas le conflit[52].

Constance, qui se consid√®re comme ¬ę l'√©v√™que des √©v√™ques ¬Ľ[102], entend donc bien contraindre, par la force de son autorit√©, les pr√©lats r√©calcitrants, ariens comme nic√©ens, √† professer cette id√©e controvers√©e de la sup√©riorit√© et de l'ant√©riorit√© du P√®re. L'empereur arien n'a toutefois pas l'autorit√© de son p√®re Constantin. Premier empereur √† la croix, le r√®gne de ce dernier co√Įncide par ailleurs avec la fin des grandes pers√©cutions, ce qui lui permet d'√™tre consid√©r√©, par nombre de chr√©tiens, comme un sauveur, un envoy√© de Dieu pour d√©fendre son √Čglise et permettre son triomphe[103]. Lorsque Constance monte sur le tr√īne, les circonstances ont chang√©, de sorte qu'il trouve face √† lui un clerg√© chr√©tien organis√© quoique divis√©, et habitu√© depuis des d√©cennies √† b√©n√©ficier de la faveur imp√©riale. Aussi, lorsque pour s'occuper des questions religieuses, il r√©unit diff√©rents conciles Ňďcum√©niques, ces grandes r√©unions des √©v√™ques de l'Empire, trouve-t-il ces derniers globalement moins dispos√©s √† se laisser dicter leur dogme par un simple chr√©tien fut-il grandi de l'autorit√© imp√©riale[103]. N'ayant ni le prestige ni le sens de la diplomatie de son p√®re[103], Constance se montre maladroit et, sans parvenir √† unir les ariens, s'ali√®ne irr√©m√©diablement le parti nic√©en group√© principalement autour des √©v√™ques occidentaux qui ont connu dans Constantin et surtout dans le jeune Constant des soutiens ind√©fectibles. Ossius de Cordoue critique ainsi devant Constance les ing√©rences du pouvoir imp√©rial dans les probl√®mes int√©rieurs de l'√Čglise[Note 35]. Le c√©l√®bre pr√©lat nic√©en Hilaire de Poitiers, lui aussi un temps exil√© en Orient, en vient m√™me √† comparer l'empereur ayant trahi le credo de Nic√©e √† l'Ant√©christ en personne. L'animosit√© de l'√©v√™que est telle qu'il maintient un style agressif √† l'encontre du Prince m√™me apr√®s l'usurpation de Julien et la r√©v√©lation de l'apostasie du nouveau souverain. Un signe que les haines entre chr√©tiens, n√©es des controverses sur la nature de la Trinit√©, se r√©v√®lent parfois plus vives que les tensions latentes entre chr√©tiens et gentils[104] et que l‚Äô√Čglise au sortir du r√®gne de Constance demeure plus d√©sunie que jamais[52].

Historiographie

Constance a laiss√© peu de marques dans l'histoire romaine alors m√™me qu'il est l'un des rares Princes √† avoir connu un r√®gne aussi long[7]. Ceci √©tant dit, l'empereur n'en appara√ģt pas moins dans de nombreux discours et tient naturellement sa place au sein des histoires de l'Empire et de l‚Äô√Čglise qui sont r√©dig√©es dans la seconde moiti√© du IVe si√®cle et dans les si√®cles suivants, √† Rome et Constantinople, m√™me si le statut et la position des historiens tout autant que le contexte dans lequel ils √©crivent changent radicalement les traits sous lequel il a pu √™tre d√©crit. Tr√®s logiquement, les pan√©gyriques pour Constance, √† l'image de ceux des philosophes et rh√©teurs Th√©mistios et Libanios, parent ainsi sans mod√©ration l'empereur de toutes les qualit√©s, r√©elles ou invent√©es, et, parce qu'ils sont lus directement √† l'empereur, ne renseignent pas toujours avec objectivit√©. De m√™me, il faut voir dans les deux discours de Julien C√©sar √† Constance Auguste, r√©dig√©s durant les campagnes rh√©nanes, plus une protestation politique de loyaut√© de la part d'un homme qui se sait toujours vuln√©rable qu'une description v√©ritablement sinc√®re d'un empereur cens√© √™tre l'arch√©type du Bon Roi hell√©nistique, un mod√®le vivant de divine philantropia[105]. Ainsi, si dans ces √©loges, Constance rayonne de ¬ę l'√©clat parfait de [s]a vertu ¬Ľ, dans un texte post√©rieur, le Banquet, Julien Auguste l'assimile, √† l'inverse, aux ¬ę meurtriers, sacril√®ges, √™tres inf√Ęmes ¬Ľ[Note 36]. D'une mani√®re similaire, d'autres textes tr√®s circonstanci√©s peuvent tromper sur les impressions des contemporains √† l'√©gard de leur Prince. Ainsi si Athanase d'Alexandrie invoque la ¬ę grandeur d'√Ęme ¬Ľ d'un ¬ę roi juste ¬Ľ dans son Apologie de Constance[106], c'est pour que ce dernier accepte de c√©der aux demandes de son fr√®re Constant et daigne le r√©installer sur son si√®ge √©piscopal √† Alexandrie. Son nouvel exil et ses Discours contre les ariens permettent de renouer avec des prises de positions comparables √† celles d'autres nic√©ens, √† l'image d'Hilaire de Poitiers, dont on a vu qu'ils ont pu se montrer tr√®s durs √† l'√©gard du champion de l'arianisme.

Plus que vis-√†-vis de Constance lui-m√™me, les √©crits de ses contemporains sont surtout d√©termin√©s par leur position quant aux deux r√®gnes qui encadrent le sien, celui de Constantin, premier empereur chr√©tien, et celui de Julien, dernier empereur pa√Įen. Gr√©goire de Naziance anim√© d'une rancŇďur personnelle contre Julien fait ainsi de Constance, celui ¬ę des rois le plus √©pris du Christ ¬Ľ, √† la notable diff√©rence de l'Apostat[107]. Au contraire, le principal historien du r√®gne de Constance, Ammien Marcellin, qui servit sous ses ordres dans les l√©gions imp√©riales, prend fait et cause pour Julien[108],[Note 37] de sorte que Constance y est ainsi d√©crit comme un ¬ę esprit born√© et influen√ßable ¬Ľ ¬ę ramenant tout √† ses vues ¬Ľ[109]. De la m√™me mani√®re, les quelques historiens pa√Įens qui √©crivent apr√®s la mort de Constance et Julien, et qui portent le t√©moignage du naufrage du paganisme, √† l'image de Zosime, au Ve si√®cle, noircissent le portrait de Constance par contraste avec celui de son successeur imm√©diat. Zosime fait ainsi de Constance un homme cruel, en t√©moigne le massacre familial et la mise √† mort de Gallus, et infid√®le qui se lance dans sa derni√®re guerre civile par jalousie pour les succ√®s de son C√©sar[110]. Dans le m√™me temps, les chroniqueurs chr√©tiens, pourtant majoritairement nic√©ens[Note 38], en font, comme le byzantin Zonaras, un homme cl√©ment et plein de temp√©rance. Tout au plus d√©plorent-ils, comme le fait Th√©odoret de Cyr, que le Prince ait abandonn√© ¬ę le droit chemin ¬Ľ sur les conseils perfides d'Eus√®be de C√©sar√©e[111] m√™me s'ils d√©crivent l'empereur sur son lit de mort comme √©tant plein de regrets √† l'id√©e d'avoir alt√©r√© la puret√© du dogme[Note 39]. Tous s'accordent en revanche pour fustiger son entourage, ses eunuques, ses courtisans et ses femmes que critiquent Eutrope, et qui furent, pour Aurelius Victor, tout aussi pleins de ¬ę vices monstrueux ¬Ľ que l'empereur se r√©v√©lait lui-m√™me plein de ¬ę brillantes vertus ¬Ľ[112].

Les historiens modernes portent un regard qu'on peut esp√©rer √™tre plus apais√© sur la personnalit√© de l'empereur. Cet homme orgueilleux, qui se faisait appeler ¬ę Son √Čternit√© ¬Ľ et qui se pr√©sente dans ses lettres √† Shapur II comme ¬ę Constance, vainqueur sur terre et sur mer, Auguste √† jamais ¬Ľ[113], est d√©crit comme d√©pass√© par des responsabilit√©s trop lourdes et √©cras√© par le souvenir de son p√®re qu'il n'a sans doute jamais vu qu'en majest√©. Lucien Jerphagnon le voit ainsi comme un ¬ę de ces fils de gens trop prestigieux et qui ne peuvent que descendre ¬Ľ[114] tandis que Marcel Le Glay le reconnait comme un homme ¬ę ayant une haute id√©e de sa fonction et semble-t-il de ses devoirs ¬Ľ mais d√©nu√© du g√©nie que cela aurait suppos√©[34]. Sans doute √©tait-il comme le pr√©sente Paul Petit ¬ę une sorte de Philippe II d‚ÄôEspagne dont il avait la pi√©t√©, la chastet√© laborieuse, le caract√®re soup√ßonneux, et l‚Äôorgueil du porphyrog√©n√®te ¬Ľ[83], √† ceci pr√®s qu'il y ajoute de surcroit une obsession permanente pour l'unit√© et les int√©r√™ts de l'Empire au point de faire, √† l'heure de sa mort, de son ennemi d'hier son successeur d√©sign√©. Comme le r√©sume finalement Jerphagnon, ¬ę Constance n'√©tait certes pas sympathique, mais c'√©tait un grand patron ¬Ľ[115].

Noms et titres

Noms successifs

  • 317, n√© FLAVIVS‚ÄĘJVLIVS‚ÄĘCONSTANTIVS
  • 324, C√©sar : FLAVIVS‚ÄĘJVLIVS‚ÄĘCONSTANTIVS‚ÄĘCAESAR
  • 337, Auguste : IMPERATOR‚ÄĘCAESAR‚ÄĘFLAVIVS‚ÄĘJVLIVS‚ÄĘCONSTANTIVS‚ÄĘAVGVSTVS

Titres et titulaires

  • 324 : C√©sar[Note 40]
  • 326 : Consul avec Constantin
  • 332 : Germanicus Maximus[Note 41]
  • 337 : Auguste
  • 338 : Sarmaticus Maximus
  • 339 : Consul II avec Constant
  • 342 : Consul III avec Constant
  • 343 : Adiabenicus Maximus[Note 42]
  • 346 : Consul IV avec Constant
  • 352 : Consul V avec Gallus
  • 353 : Consul VI avec Gallus
  • 354 : Consul VII avec Gallus
  • 356 : Consul VIII avec Julien
  • 357 : Consul IX avec Julien
  • 360 : Consul X avec Julien

Bibliographie

Historiographie

Contemporains

Documents ultérieurs

Travaux contemporains

Sur l'Empire romain

Sur le Bas-Empire

  • Ernest Stein, Histoire du Bas-Empire, I, De l'√Čtat romain √† l'√Čtat byzantin (284-476), 1959, √©d. fran√ßaise par J.-R. Palanque, Descl√©e de Brouwer
  • Arnold Hugh Martin Jones, Le d√©clin du monde antique, 1970, Histoire de l'Europe
  • Andr√© Piganiol, L'Empire chr√©tien, 1972, PUF
  • Paul Petit, Histoire g√©n√©rale de l‚ÄôEmpire romain, t. III Le Bas-Empire, Seuil, 1974 (ISBN 2020026775) 
  • (en) Timothy D. Barnes, The New Empire of Diocletian and Constantine, 1993, Books on Demand (ISBN 978-0783722214)
  • Andr√© Chastagnol, Le Bas-Empire, 2000, Armand Colin (ISBN 978-2200018511)
  • (en) Peter Garnsey, Averil Cameron, The Cambridge Ancient History, XIII, The Late Empire, A.D. 337‚Äď425, 1998, Cambridge University Press
  • (en) David Potter, The Roman Empire at Bay: AD 180‚Äď395, Hardcover, 2005 (ISBN 0-415-10057-7) 

Sur Constantin

Sur Constance II

  • (en) R.C. Blockley, Constantius Gallus and Julian as Caesars of Constantius II, 1972, Latomus
  • (de) Richard Klein, Constantius II. und die christliche Kirche, 1977, Impulse der Forschung (ISBN 3534075420)
  • Chantal Vogler, Constance II et l'administration imp√©riale, 1979, Universit√© de Strasbourg
  • (en) Timothy David Barnes, Athanasius and Constantius: Theology and Politics in the Constantinian Empire, 1993, Harvard University Press
  • (en) Timothy David Barnes, Ammianus Marcellinus and the Representation of Historical Reality, 1998, Cornell University Press

Sur les guerres perso-romaines

  • (en) Roger C. Blockley, East Roman Foreign Policy. Formation and Conduct from Diocletian to Anastasius, 1992, Leeds (ISBN 0905205839)
  • (en) Michael H. Dodgeon, Samuel N. C. Lieu, The Roman eastern frontier and the Persian Wars (AD 226-363), 1994, Routledge (ISBN 978-0415103176)
  • (en) Kaveh Farrokh, Shadows in the Desert: Ancient Persia at War, 2007, Osprey Publishing (ISBN 978-1846031083)

Sur Julien

  • Guiseppe Ricciotti, Julien l'Apostat, 1959, Arth√®me Fayard
  • Claude Fouquet, Julien, la mort du monde antique, 1985, Les Belles Lettres
  • Jean Bouffartigue, L'Empereur Julien et la culture de son temps, 1992
  • Pierre Renucci, Les Id√©es politiques et le gouvernement de l'empereur Julien, 2000, Latomus
  • Lucien Jerphagnon, Julien dit l'Apostat, Texto, 2010 (ISBN 978-2847347463) 

Articles historiques

  • Roger R√©mondon, Militaires et civils dans une campagne √©gyptienne au temps de Constance II, in Journal des savants, 1965, no 1. p. 132-143
  • C. Pietri, ¬ę La politique de Constance II : Un premier 'c√©saropapisme' ou l'Imitatio constantini ? ¬Ľ, in Collection de l'√Čcole fran√ßaise de Rome, volume 234, p. 281-346
  • Robert Owen Edbrooke, Jr., ¬ę The Visit of Constantius II to Rome in 357 and Its Effect on the Pagan Roman Senatorial Aristocracy ¬Ľ, in The American Journal of Philology, 1976, no 97, p. 40-61
  • Timothy David Barnes, Praetorian Prefects, 337-361, in Zeitschrift f√ľr Papyrologie und Epigraphik, 1992, no 94, p. 249‚Äď260
  • Michael DiMaio, Jr., ¬ę Constantius II (337-361 A.D.) ¬Ľ, voir De Imperatoribus Romanis, 1998

Notes et références

Notes

  1. ‚ÜĎ De la m√™me mani√®re que la dynastie constantinienne naissante avait li√© son nom √† celui des Illyriens, lorsque Constantin s'√©tait invent√© une parent√© avec Claude II le Gothique, les Valentiniens, tout juste parvenus au pouvoir, essayeront de s'associer √† la dynastie de ces premiers empereurs chr√©tiens. Valentinien Ier √©pouse ainsi une descendante de Crispus tandis que son fils Gratien est mari√© √† la fille posthume de Constance II. Voir Charles Matson Odahl, Constantine and the Christian Empire, p. 247.
  2. ‚ÜĎ Ce titre est calqu√© sur celui du souverain perse, sans doute Constantin voulait placer Hannibalien et Shapur II sur un pied d'√©galit√© en pr√©vision des √©changes diplomatiques qu'ils devaient entretenir. Peut-√™tre faut-il aussi y voir une manifestation des ambitions romaines sur le tr√īne perse lui-m√™me, qui aurait alors √©t√© confi√© √† Hannibalien, alors que Constantin pr√©pare sa grande exp√©dition sur les traces d'Alexandre le Grand.
  3. ‚ÜĎ Gallus, malade, aurait √©t√© consid√©r√© comme mourant par la troupe qui n'aurait pas jug√© n√©cessaire de h√Ęter son destin. √Čpargn√© en raison de sa grande jeunesse, ou plus simplement dissimul√© √† la vue des assassins, son jeune fr√®re Julien a lui aussi la vie sauve. Voir Lucien Jerphagnon, Les divins C√©sars, p. 356.
  4. ‚ÜĎ Julien consid√®rera dans sa lettre Au s√©nat et au peuple d'Ath√®nes que Constance est le responsable officiel du massacre de sa famille
  5. ‚ÜĎ La chronologie des √©v√©nements fait l√† encore d√©bat. Andr√© Piganiol place l'entrevue de Viminacium avant les massacres, ce qui aggrave encore la responsabilit√© des trois C√©sars, au premier lieu desquels Constance, dans le massacre familial qui s'ensuit. Jean-R√©my Palanque pr√©sente l'ordre inverse ce qui laisse la possibilit√© que les C√©sars n'aient fait que profiter d'une s√©dition militaire pour se d√©barrasser de deux rivaux et des autres branches de la famille constantinienne.
  6. ‚ÜĎ Assi√©g√©e sans succ√®s √† trois reprises, en 338, 346 et 350, la ville fortifi√©e de Nisibe devait √™tre, selon le mot de Paul Petit, le ¬ę Verdun de la M√©sopotamie ¬Ľ. Voir Paul Petit, Histoire g√©n√©rale de l'Empire romain, III, Le Bas-Empire, p. 110.
  7. ‚ÜĎ Eus√®be de Nicom√©die avait baptis√© Constantin sur son lit de mort et √©tait le pr√©lat qui avait signal√© aux troupes le testament de l'empereur d√©non√ßant ses pseudo-assassins. Arien notoire, il avait √©t√© plac√© par Constance II √† la t√™te de l'√©v√™ch√© de Constantinople en violation du credo de Nic√©e, et en remplacement du nic√©en Paul, exil√© dans le Pont. Des √©meutes √©clatent durant lesquelles p√©rit le magister equitum Hermogenes. Constance II se rend personnellement sur place et r√©prime les manifestants. Voir David Potter, The Roman Empire at bay, p. 463.
  8. ‚ÜĎ Pour les dates, voir Michael H. Dodgeon,Samuel N. C. Lieu, The Roman eastern frontier and the Persian Wars (AD 226-363), p. 166-182, ainsi que (en) Itineraries of the Roman emperors, 337-361.
  9. ‚ÜĎ Issu des r√©formes constantiniennes de l'arm√©e romaine, le comitatensis semble avoir √©t√© non seulement une sorte de garde imp√©riale au service du Prince mais √©galement une v√©ritable arm√©e mobile ou d'intervention charg√©e de lutter plus efficacement contre le p√©ril barbare o√Ļ qu'il apparaisse. Voir √† ce sujet Jean-Michel Carri√©, ¬ę L'Empire-monde et les bases restaur√©es de la puissance ¬Ľ, in L'Empire romain en mutation, p. 625-6.
  10. ‚ÜĎ Constance, bon prince, l'envoie finir ses jours dans un palais de Prusa assorti d'une confortable rente et se pique m√™me de le f√©liciter, dans une lettre personnelle, d'√™tre d√©livr√© du fardeau du pouvoir. Voir Lucien Jerphagnon, Julien dit l'Apostat, p. 69.
  11. ‚ÜĎ Eunape et Zosime en font un d√©sastre majeur pour l'arm√©e romaine qui perd une grande partie de ses meilleurs effectifs et qui expliquerait les succ√®s des barbares dans la seconde moiti√© du IVe si√®cle. D'apr√®s Zonaras, l'historien byzantin, Magnence aurait perdu les deux tiers de son arm√©e et Constance pr√®s de 40 % de la sienne.
  12. ‚ÜĎ Lucien Jerphagnon estime qu'apr√®s avoir constat√© la rapide propagation de l'usurpation qui avait co√Ľt√© son tr√īne et sa vie √† son cadet, ¬ę il avait acquis dans cette aventure la duret√© soup√ßonneuse des peureux cern√©s ¬Ľ, voir Les Divins C√©sars, p. 357.
  13. ‚ÜĎ Ces lignes d'avertissement sont peut-√™tre un √©cho du mot de Tacite, ¬ę insociabile regnum ¬Ľ, commentant, laconique, l'assassinat de Britannicus concurrent de N√©ron pour la succession imp√©riale.
  14. ‚ÜĎ Ammien Marcellin la qualifie de ¬ę m√©g√®re ¬Ľ. D'une mani√®re globale, les sources contemporaines, √† commencer par Ammien et Libanios sont accablantes pour Gallus. Voir Paul Petit, Histoire g√©n√©rale de l'Empire romain, III, Le Bas-Empire, p. 91.
  15. ‚ÜĎ Paul Petit voit dans cette affaire la preuve de la rivalit√© entre les militaires occidentaux d'une part, et les fonctionnaires civils et orientaux d'autre part, √† la cour de Milan. Pour H√©lo√Įse Harmoy Durofil, il s'agit plus de solidarit√©s et de jalousies ethniques, Silvanus trouvant ainsi le soutien d'officiers francs ou d'origine franque comme lui ainsi que d'aristocrates d'origine campanienne, peut-√™tre en rapport avec ses origines maternelles.
  16. ‚ÜĎ La deuxi√®me √©pouse de l'empereur, Eusebia, √©tait sans doute st√©rile. Particuli√®rement √©pris, semble-t-il, Constance n'envisagea jamais le divorce. Voir Lucien Jerphagnon, Julien dit l'Apostat, p. 113.
  17. ‚ÜĎ Julien avait su trouver dans l'imp√©ratrice, √† sa grande surprise, une alli√©e cons√©quente aupr√®s de l'Auguste Constance. Que ce soit par pur √©lan de sympathie, ou, comme l'estime Jerphagnon, pour trouver un successeur commode et manipulable le temps de faire na√ģtre et grandir un h√©ritier, le soutien d'Eusebia ne se d√©mentit jamais. Voir Lucien Jerphagnon, Julien dit l'Apostat, p. 127.
  18. ‚ÜĎ Le pr√™tre Gr√©goire de Naziance dans son discours contre Julien de 363 l'accuse d'avoir sur les mains le sang de son cousin. Il est cependant la seule source contemporaine - et elles ne sont pas toutes favorables √† Julien, loin s'en faut - √† avancer cette hypoth√®se. Sans doute le pr√©lat s'est-il laiss√© aveugler par son animosit√© personnelle √† l'encontre du nouveau Prince aux sympathies pro-pa√Įennes particuli√®rement vives.
  19. ‚ÜĎ Le bapt√™me √©tait vu comme effa√ßant les p√©ch√©s ant√©rieurs, Constantin avait sans doute √† cŇďur de nettoyer son √Ęme des souvenirs de Crispus et Fausta, Constance se purifiant quant √† lui du massacre familial. Mais il faut aussi y voir une raison politique : les fonctions militaires et judiciaires d'un empereur exigeaient qu'il fasse occasionnellement verser le sang √† une √©poque o√Ļ la doctrine chr√©tienne demeure encore tr√®s ax√©e sur la non-violence. Enfin, √™tre baptis√© √©tait un pas suppl√©mentaire - et non pas initial, m√™me si le bapt√™me √† la naissance existait d√©j√† - dans l'engagement d'un chr√©tien, qui √©tait donc fr√©quemment donn√© √† des hommes adultes qui acceptaient de se plier aux r√®gles de l'√Čglise. Or, l'empereur, aux yeux de Constantin, ne devait pas √™tre soumis aux autorit√©s religieuses : ainsi, Th√©odose, baptis√© avant son av√®nement, d√Ľt plier face aux exigences d'Ambroise de Milan qui lui refusait la communion. Voir Paul Veyne, Quand notre monde est devenu chr√©tien, p. 96-7.
  20. ‚ÜĎ Durant la p√©riode troubl√©e du IIIe si√®cle, certains empereurs d'origine modeste et √©lev√©s par l'arm√©e, √† l'image de Maximin le Thrace, r√®gnent et p√©rissent sans avoir jamais eu l'occasion d'y mettre les pieds.
  21. ‚ÜĎ ¬ę Au milieu de la stup√©faction dont le frappait cette r√©union de prodiges, l'empereur se r√©criait contre l'insuffisance ou l'injustice des rapports de la renomm√©e, si justement suspecte d'exag√©ration en toute autre circonstance, et si fort au-dessous de la r√©alit√© dans tout ce qu'elle avait publi√© de Rome ¬Ľ, Ammien Marcellin, Histoire romaine, livre XVI, chapitre X.
  22. ‚ÜĎ ¬ę Se baissant, tout petit qu'il √©tait, pour passer sous les portes les plus hautes, il portait toujours le regard devant lui, ne tournant non plus la t√™te ni les yeux que si son col e√Ľt √©t√© contenu entre des √©clisses. On e√Ľt dit une statue. ¬Ľ, Ammien Marcellin, Histoire romaine, livre XVI, chapitre X.
  23. ‚ÜĎ Il ne reste rien de cette premi√®re Hag√≠a Soph√≠a incendi√©e en 404 lors d'une √©meute entre diff√©rents chr√©tiens. Reconstruite puis de nouveau incendi√©e, cette fois lors de la s√©dition Nika en 532, c'est l'empereur Justinien qui confie aux architectes Isidore de Milet et Anth√©mius de Tralles la mission d'√©lever une basilique encore plus majestueuse, inaugur√©e en 537 et toujours visible aujourd'hui.
  24. ‚ÜĎ Les diff√©rentes fonctions dans l'administration imp√©riale sont √©num√©r√©es dans la Notitia Dignitatum, un pr√©cieux document du Ve si√®cle, qui permet d'√©tudier leur articulation. Pour l'arm√©e romaine tardive, voir Yann Le Bohec, L'arm√©e romaine sous le Bas-empire, 2006, A&J Picard (ISBN 978-2708407657).
  25. ‚ÜĎ Une plaisanterie courante racontait que si l'on voulait obtenir une faveur, il fallait aller la demander √† l'empereur au motif qu'il passait pour avoir une certaine influence sur l'eunuque. Voir Lucien Jerphagnon, Julien dit l'Apostat, p. 109.
  26. ‚ÜĎ S'opposant √† l'imp√©ratrice et tentant de monter l'empereur contre son C√©sar, ils s'en font un ennemi d'autant plus redoutable qu'il acc√®de finalement au pouvoir supr√™me. Jug√©s en d√©cembre 361, les deux hommes et quelques autres √† leur service sont condamn√©s √† mort sous le nouvel empereur et d√©truits par le feu. Voir Lucien Jerphagnon, Julien dit l'Apostat, p. 232-3.
  27. ‚ÜĎ Ammien n'est cependant pas toujours objectif dans la mesure o√Ļ il prend de mani√®re vigoureuse le parti de Julien qui avait eu √† se plaindre durant son C√©sarat des agissements de Barbatio et Marcellinus. L'historien a √©galement des raisons de se montrer dur contre ces officiers qui avaient √©cart√© son sup√©rieur Ursicin. Voir Paul Petit, Histoire g√©n√©rale de l'Empire romain, III, Le Bas-Empire, p. 90.
  28. ‚ÜĎ En 310 encore, Constantin en pleine guerre civile se flattait d'avoir vu Apollon en songe lui promettre le succ√®s dans toutes ses entreprises. Voir Paul Veyne, Quand notre monde est devenu chr√©tien, p. 93.
  29. ‚ÜĎ Cette loi n'est peut-√™tre qu'une r√©affirmation d'une loi ant√©rieure de Constantin. Voir Code th√©odosien, XVI, 10, 2 et 3, cit√© par Paul Veyne, Quand notre monde est devenu chr√©tien, p. 135.
  30. ‚ÜĎ Le titre ne sera abandonn√© par les empereurs romains qu'√† la suite de Gratien.
  31. ‚ÜĎ Cette d√©cision devait avoir des cons√©quences inattendues puisque l'affaire de l'autel de la Victoire cristallisera √† la fin du si√®cle les tensions entre pa√Įens et chr√©tiens. Remis en place par Julien, retir√© de nouveau par Gratien, il est r√©clam√© par les s√©nateurs et le pr√©fet Symmaque aupr√®s de Valentinien II, Th√©odose et Eug√®ne, qui, confront√©s aux menaces du pape Damase et de l'√©v√™que Ambroise de Milan, refuseront son retour. Finalement Honorius rend l'autel √† la Curie, mais pas la statue.
  32. ‚ÜĎ Paul Veyne estime leur nombre √† seulement un dixi√®me de la population totale de l'Empire √† l'av√®nement de Constantin dans les ann√©es 310.
  33. ‚ÜĎ Il convient de garder √† l'esprit qu'en un si√®cle encore tr√®s majoritairement pa√Įen, les conversions √† la religion du Christ puis l'entr√©e dans les ordres peuvent se produire √† un √Ęge suffisamment avanc√© pour que le nouvel eccl√©siastique ait d√©j√† une famille.
  34. ‚ÜĎ La violente pers√©cution de Diocl√©tien et de Gal√®re, de 303 √† 311, s'√©tait achev√©e sur un terrible constat d'√©chec. Il semble qu'on ne puisse pas forcer les gens √† croire sur commande. Fort de cette exp√©rience, l'heure n'√©tait plus vraiment aux grandes pers√©cutions. Du reste Constantin et ses enfants auraient √©t√© bien mal avis√©s de pers√©cuter la grande majorit√© de leurs loyaux sujets. Voir Paul Veyne, Quand notre monde est devenu chr√©tien, p. 145.
  35. ‚ÜĎ Dans une lettre, qui nous a √©t√© retranscrite par Athanase, il aurait √©crit √† l'empereur : ¬ę Ne t‚Äôimmisce pas dans les affaires de l'√Čglise et ne nous commande pas √† leurs propos ; mais apprends-les de nous. Dieu a mis en tes mains le royaume ; √† nous, Il a confi√© les affaires de l'√Čglise ¬Ľ.
  36. ‚ÜĎ Dans ce texte qui d√©crit le d√©fil√© de tous les empereurs devant le tribunal des Dieux, Constantin se range finalement aux c√īt√©s de la Mollesse et de la D√©bauche, d'o√Ļ son fils Constance promet la suppression de tous les p√©ch√©s par le bapt√™me ante-mortem. Sans doute Julien fait-il r√©f√©rence au fait, √† ses yeux scandaleux, que, baptis√© et donc purifi√© sur son lit de mort, Constance pouvait aspirer √† para√ģtre lav√© de ses crimes devant son Dieu.
  37. ‚ÜĎ Outre ce parti pris personnel, il est √©galement notable qu'Ammien √©tait pa√Įen et partant aurait pu avoir des raisons d'√™tre m√©content de la l√©gislation des Constantiniens. Ceci √©tant dit, l'homme semble finalement s'√™tre r√©v√©l√© assez indiff√©rent, tant au christianisme d'un Constance qu'au n√©oplatonisme emmen√© par Julien.
  38. ‚ÜĎ Philostorge est l'un des rares auteurs ariens dont nous ayons conserv√©s quelques textes.
  39. ‚ÜĎ Zonaras invente trois regrets qu'aurait prononc√©s l'empereur avant de tr√©passer : un cas de conscience pour son massacre familial, une erreur politique avec l'√©l√©vation de Julien au C√©sarat et le fait d'¬ę avoir introduit une nouveaut√© dans la religion ¬Ľ.
  40. ‚ÜĎ Pour cette chronologie, voir ¬ę Constance II ¬Ľ par Jona Lendering.
  41. ‚ÜĎ Apr√®s la victoire de Constantin II sur les Wisigoths.
  42. ‚ÜĎ Apr√®s la bataille de Singara contre les Sassanides.

Références

  1. ‚ÜĎ Michael DiMaio, Jr., ¬ę Constance II ¬Ľ sur De Imperatoribus Romanis.
  2. ‚ÜĎ Voir, par exemple, Paul Veyne, ¬ę Qu'√©tait-ce qu'un empereur romain ¬Ľ, in L'Empire gr√©co-romain, 2005, Seuil.
  3. ‚ÜĎ Roger Remondon, La crise de l‚ÄôEmpire romain, PUF, collection Nouvelle Clio ‚Äď l‚Äôhistoire et ses probl√®mes, Paris, 1964, 2e √©dition 1970, p. 137
  4. ‚ÜĎ a, b, c et d Petit 1974, p. 69
  5. ‚ÜĎ MacMullen 1987, p. 187
  6. ‚ÜĎ a, b et c MacMullen 1987, p. 218
  7. ‚ÜĎ a et b Michael DiMaio, Jr., ¬ę Constance II ¬Ľ sur De Imperatoribus Romanis.
  8. ‚ÜĎ a, b et c MacMullen 1987, p. 220
  9. ‚ÜĎ MacMullen 1987, p. 221-2
  10. ‚ÜĎ MacMullen 1987, p. 222
  11. ‚ÜĎ Michael DiMaior, Jr., ¬ę Constance II ¬Ľ, in DIR.
  12. ‚ÜĎ a, b, c et d Charles Matson Odahl, Constantine and the Christian Empire, p. 226.
  13. ‚ÜĎ Andr√© Chastagnol, Le Bas-Empire, p. 119.
  14. ‚ÜĎ a et b Aline Rousselle, ¬ę La rupture constantinienne ¬Ľ, 4, L'Empire romain en mutation, p. 253.
  15. ‚ÜĎ Lucien Jerphagnon, Les Divins C√©sars, p. 353.
  16. ‚ÜĎ a et b Charles Matson Odahl, Constantine and the Christian Empire, p. 245.
  17. ‚ÜĎ a et b Potter 2005, p. 460
  18. ‚ÜĎ Lucien Jerphagnon, Les Divins C√©sars, p. 355.
  19. ‚ÜĎ a, b et c Petit 1974, p. 87
  20. ‚ÜĎ Jerphagnon 2010, p. 39
  21. ‚ÜĎ LeGlay 2005, p. 529
  22. ‚ÜĎ a, b, c et d Potter 2005, p. 462
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  24. ‚ÜĎ a, b, c et d Petit 1974, p. 88
  25. ‚ÜĎ a et b LeGlay 2005, p. 530
  26. ‚ÜĎ a et b Petit 1974, p. 98
  27. ‚ÜĎ Felicium temporum reparatio, voir Charles Matson Odahl, Constantine and the Christian Empire, p. 247.
  28. ‚ÜĎ a et b Michael DiMaio, Jr., ¬ę Constance II ¬Ľ, in DIR.
  29. ‚ÜĎ Kaveh Farrokh, Shadows in the Desert: Ancient Persia at War, p. 202.
  30. ‚ÜĎ a, b et c Potter 2005, p. 471
  31. ‚ÜĎ Jerphagnon 2010, p. 67
  32. ‚ÜĎ a et b Jerphagnon 2010, p. 68
  33. ‚ÜĎ a, b, c et d Petit 1974, p. 89
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  37. ‚ÜĎ a, b, c, d et e Petit 1974, p. 91
  38. ‚ÜĎ Jerphagnon 2010, p. 47
  39. ‚ÜĎ a et b Jerphagnon 2010, p. 71
  40. ‚ÜĎ Ammien Marcellin, Histoire romaine, XIV, 11.9, cit√© par Lucien Jerphagnon, Les Divins C√©sars, p. 359.
  41. ‚ÜĎ a et b Jerphagnon 2010, p. 101
  42. ‚ÜĎ a et b Jerphagnon 2010, p. 102
  43. ‚ÜĎ a et b Jerphagnon 2010, p. 103
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  45. ‚ÜĎ Petit 1974, p. 92
  46. ‚ÜĎ a et b Potter 2005, p. 481
  47. ‚ÜĎ Jean-Pierre Joly, ¬ę Le premier roi des Francs. La loi salique et le pouvoir royal √† la fin de l'Empire ¬Ľ, in Auctoritas: m√©langes offerts √† Olivier Guillot, vol. 33 de Cultures et civilisations m√©di√©vales, p. 118.
  48. ‚ÜĎ Potter 2005, p. 482
  49. ‚ÜĎ Voir √† ce sujet C. A. Balducci, ¬ę La ribellione del generale Silvano nelle Gallie ¬Ľ, Rendiconti Academia dei Lincei, ser. 8, 2, 1947.
  50. ‚ÜĎ Jerphagnon 2010, p. 126
  51. ‚ÜĎ Jerphagnon 2010, p. 135
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  60. ‚ÜĎ Philippe Richardot, La fin de l'arm√©e romaine 284-476, p. 152.
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  69. ‚ÜĎ Jean-Michel Carri√©, ¬ę √Čvolutions sociologiques et emprise du pouvoir ¬Ľ, 10, L‚ÄôEmpire romain en mutation, p. 714-5.
  70. ‚ÜĎ a et b Jean-Michel Carri√©, ¬ę √Čvolutions sociologiques et emprise du pouvoir ¬Ľ, 10, L‚ÄôEmpire romain en mutation, p. 715.
  71. ‚ÜĎ Jerphagnon 2010, p. 157
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  92. ‚ÜĎ Veyne 2007, p. 125
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  97. ‚ÜĎ Code th√©odosien, XVI, 2, 14.
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  99. ‚ÜĎ Veyne 2007, p. 132
  100. ‚ÜĎ Veyne 2007, p. 28
  101. ‚ÜĎ Veyne 2007, p. 27-8
  102. ‚ÜĎ a, b, c et d Petit 1974, p. 99
  103. ‚ÜĎ a, b et c Potter 2005, p. 486
  104. ‚ÜĎ Potter 2005, p. 507
  105. ‚ÜĎ Jerphagnon 2010, p. 159-160
  106. ‚ÜĎ Athanase, Apologie de Constance, 2.
  107. ‚ÜĎ Jerphagnon 2010, p. 214
  108. ‚ÜĎ Jerphagnon 2010, p. 142
  109. ‚ÜĎ Ammien Marcellin, Histoire romaine, XIV, 5.2 et 11.16
  110. ‚ÜĎ Zosime, Histoire nouvelle, livre II et III.
  111. ‚ÜĎ Th√©odoret de Cyr, Histoire eccl√©siastique, livre II, chapitre III.
  112. ‚ÜĎ Aurelius Victor, De Caesaribus, XLII.
  113. ‚ÜĎ Jerphagnon 2010, p. 56
  114. ‚ÜĎ Lucien Jerphagnon, Les Divins C√©sars, p. 359.
  115. ‚ÜĎ Jerphagnon 2010, p. 143

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