Comtat Venaissin

ï»ż
Comtat Venaissin

44°5â€ČN 5°0â€ČE / 44.083, 5

Comtat Venaissin
Coumtat Venessin Provençal

1274 – 1791

Drapeau
Blason

et armoiries

Accéder aux informations sur cette image commentée ci-aprÚs.

Comtat Venaissin par Stephano Ghebellino (vers 1580) MĂ©diathĂšque Ceccano d'Avignon

Informations générales
Statut État pontifical
Capitale Carpentras
Monnaie Florin de chambre
DĂ©mographie
Population 00 hab. (1274)
00 hab. (1791)
Superficie
Superficie 00 kmÂČ (1274)
00 kmÂČ (1791)
Histoire et Ă©vĂšnements
27 avril 1274 GrĂ©goire X nomme Guillaume de Villaret, recteur du Comtat
18 aoĂ»t 1791 Vote Ă  BĂ©darrides du rattachement Ă  la France.
14 septembre 1791 L'AssemblĂ©e nationale, par dĂ©cret, annexe Ă  la France le Comtat et Avignon
19 fĂ©vrier 1797 Pie VI signe avec NapolĂ©on Bonaparte le traitĂ© de Tolentino reconnaissant l'annexion

EntitĂ©s prĂ©cĂ©dentes :

EntitĂ©s suivantes :

Le Comtat Venaissin ou Comtat est une partie du département de Vaucluse, entre RhÎne, Mont Ventoux et Durance, comprenant les villes de Cavaillon, Carpentras, Vaison-la-Romaine.

Sommaire

Origine du Comtat Venaissin et de sa dénomination

Les thÚses en présence

Il y a deux thĂšses en prĂ©sence :

  • Celle de Bouche, Papon et A. Brun, popularisĂ©e par A. Thierry dans son «Histoire des Gaulois Â» qui font dĂ©river le Comtat Venaissin d’un ComtĂ© de Venasque (Comitatus Vendacensis)[1].
  • Celle du jĂ©suite Valladier, de Joannes Jansonnius et de Jules Courtet qui indiquent que le Comitatus Venicinus (Comtat Venaissin) est issu de Comitatus Avennicinus (Comtat d’Avignon)[2].

DĂ©jĂ  en 1601, AndrĂ© Valladier notait dans son Labyrinthe Royal : « Nous trouvons encore en quelques-uns des anciens qu’Avignon se nommait Avennicus et en d’autres Avennica Ă  tout bout de champ, d’oĂč est venu le nom de Comitatus Avennicinus, et puis par une lettre tronquĂ©e Venicinus, en français le Comtat Venaissin que les indoctes notaires et greffiers depuis ont corrompu de cent façons. Â»[3]

Toujours au XVIIe siĂšcle, dans son « Theatrum Â», le graveur Joannes Jansonnius sur la page ayant trait Ă  Avignon notait « Le Comtat d’Avignon ou de Venisse ou Venaissin Â»[4].

Quant Ă  Jules Courtet, par deux fois, en 1849 et en 1876, il justifia sa thĂ©orie en rappelant l’histoire d’Avignon et de son comtĂ©. Entre 1125 et 1195, cette citĂ© devint une commune libre indivise entre les comtes de Provence et de Forcalquier. La croisade contre les Albigeois et le TraitĂ© de Meaux (mars / avril 1229) accĂ©lĂ©ra le processus de sĂ©paration entre Avignon et son ancien comtĂ©. Raymond VII comte de Toulouse et marquis de Provence, dut le cĂ©der, aprĂšs sa mort en 1249, Ă  son gendre Alphonse, comte de Poitiers et de Toulouse, frĂšre de Louis IX.

Puis Alphonse de Poitiers le laissa Ă  son neveu Philippe III le Hardi qui ne le rendit au pape qu’en 1274. Le roi de France se rĂ©serva Avignon qu’il cĂ©da Ă  Charles II d’Anjou, devenu comte de Provence, en 1290[5].

Les arguments des deux camps

Charles Rostaing[6], l’éminent toponymiste, dans son Essai sur la toponymie de la Provence, fait Ă©tat des deux thĂšses en prĂ©sence. À l’appui des partisans de Venaissin issu de Venasque, il cite deux actes du Cartulaire de Saint-Victor de Marseille. La premiĂšre charte (C. 274), datĂ©e de 1030, note in Comitatu Vendaxino, quant Ă  la seconde (C. 1081), datĂ©e de 1067, elle signale un Commitatu Vennecensi[7]. Mettant la charte 274 en parallĂšle avec le «Testament d’Abbon Â» datĂ© de 730, qui cite in pago Vendascino, il suggĂšre le glissement de sc en x. Mais aucun comtĂ© de Venasque n’ayant existĂ© on peut penser Ă  une erreur de scribe.

Jules Courtet, quant Ă  lui, cite deux chartes plus anciennes rĂ©digĂ©es sous le rĂšgne de Louis l’Aveugle, roi de Provence[8]. Dans la premiĂšre, datĂ©e de 898, ce roi fait don de BĂ©darrides «mansum in comitatu Vancensi Â»[9] au prĂȘtre Rigmond d’Avignon.

Puis le 16 mai 904, alors qu’il se trouve Ă  Vienne et qu’il est devenu empereur, Louis l’Aveugle donne Ă  Remigius, Ă©vĂȘque d’Avignon « ad sedem Avinionensam ecclesiam in onore Sancti Stefani sacratum Â», tout le territoire compris entre la Sorgue et le RhĂŽne dont une villa Ă  BĂ©darrides « in comitatu Aveniocensi Â».

La référence à Amédée Thierry et à son Histoire des Gaulois

Dans son tome II, l’historien signale que Domitius battit les Gaulois Ă  Vindalium et explique en note : « Vindalium, c’est la ville de Venasque, autrefois capitale du Comtat Venaissin, auquel elle donna son nom Â».

Il est exact qu’en -120 / -121, une expĂ©dition, dirigĂ©e par Cneius Domitius Ænobarbus et Quintus Fabius Maximus, paracheva la conquĂȘte de la future Provincia. Les Allobroges et les Voconces se heurtĂšrent aux lĂ©gions romaines de Ænobarbus Ă  Vindalium mais ce site se trouve au Mourre du SĂšve, entre Sorgues et VedĂšne.

Jules Courtet rectifie la seconde erreur de cette courte note Ă  propos de Venasque, capitale du Comtat Venaissin. « Il est vraiment fĂącheux qu’un grave et docte historien comme M. AmĂ©dĂ©e Thierry ait, dans son Histoire des Gaulois lĂ©gĂšrement admis une pareille assertion qui pourrait induire en erreur les personnes accoutumĂ©es Ă  croire la parole du maĂźtre Â». Ce fut le cas puisque les auteurs plus modernes ont reproduit et continuent Ă  reproduire ces indications erronĂ©es.

Toponymie régionale

Le Comtat est notĂ© en occitan provençal : lo Comtat Venaicin / la Comtat selon la norme classique ou lou Coumtat Venessin / la Coumtat selon la norme mistralienne.

Histoire

Juan Fernandez de Heredia et Raymond de Turenne, Capitaines des Armes du Comtat[10]

Le Comtat Venaissin sous les papes d'Avignon

Le roi de France Philippe III le Hardi cÚde le Comtat au pape Grégoire X en 1274. Le pape Clément V établit sa curie à Carpentras en 1313. La ville devint la capitale du Comtat quand le recteur Arnaud de Trian, neveu de Jean XXII, s'y installa en 1320. Trois ans plus tard, la plaine du Comtat Venaissin était devenu le grenier à blé de la papauté d'Avignon.

La reine Jeanne de Naples ayant vendu Avignon Ă  ClĂ©ment VI en 1348, les deux possessions pontificales de Carpentras et d'Avignon formĂšrent alors chacun un État distinct, frappant monnaie et battant pavillon.

Ses habitants étaient généralement exempts de taxes[11]. Mais les Capitaines des Armes du Comtat que furent Juan Fernandez de Heredia et Raymond de Turenne pouvaient, en fonction des nécessités lever des impositions ou des aides[12].

Les papes étaient restés à Avignon de 1309 à 1404 mais seulement jusqu'en 1377 si on n'accepte que ceux reconnus officiellement par le MagistÚre de Rome.

Article dĂ©taillĂ© : papautĂ© d'Avignon.

Les papes et les Juifs du Comtat

DĂšs la cession du Comtat Ă  la papautĂ©, les Juifs comtadins, associĂ©s Ă  ceux d'Avignon oĂč les papes rĂ©sident de 1309 Ă  1377 et souvent appelĂ©s les « Juifs du pape Â», ont vĂ©cu une histoire diffĂ©rente de celle des Juifs de France, de par la politique originale des papes vis-Ă -vis des Juifs et ce jusqu'Ă  la RĂ©volution. En effet, la relative tolĂ©rance des papes permit aux Juifs comtadins de rĂ©sider dans le Comtat et Avignon (avec de multiples restrictions), et Ă  de nombreux Juifs de France d’échapper aux persĂ©cutions dont ils Ă©taient victimes.

Toutefois, en 1322, Jean XXII expulse les Juifs du Comtat qui se rĂ©fugient en DauphinĂ© et en Savoie. Le pape fait jeter Ă  bas les synagogues de BĂ©darrides, BollĂšne, Carpentras, le Thor, MalaucĂšne, Monteux et Pernes[13]. Cette expulsion est rapidement annulĂ©e car le mĂȘme pape, en 1326, lors du concile d’Avignon impose aux Juifs que, dĂšs l’ñge de quatorze ans, les garçons soient contraints de porter la rouelle jaune et les filles, dĂšs douze ans, de s’affubler d’un voile distinctif (cornalia ou cornu).

À Carpentras, la plus vieille synagogue de France

À partir de la fin du XVIe siĂšcle, les Juifs sont contraints de vivre dans une des quatre carriĂšres comtadines. Ce sont les Arba Kehilot, les quatre saintes communautĂ©s d’Avignon, de Carpentras, de Cavaillon et de l’Isle-sur-la-Sorgue[14].

La plus vieille synagogue de France en service remonte pour ses plus anciens murs au XIVe siĂšcle et se trouve Ă  Carpentras. Elle fut construite dĂšs 1361 avec l'accord de l’évĂȘque Jean Roger de Beaufort, dit Flandrini, neveu de ClĂ©ment VI et frĂšre de GrĂ©goire XI[15],[16]. Six ans plus tard, le mĂȘme Ă©vĂȘque octroyait aux Juifs carpentrassiens le droit d'avoir leur cimetiĂšre.

Les monnaies comtadines

Florin frappĂ© sous le pontificat d'Urbain V en usage dans les États pontificaux italiens, en Avignon et dans le Comtat Venaissin

Les monnaies, frappĂ©es Ă  l'effigie pontificale, furent en circulation dans le Comtat dĂšs 1274. Une importante collection a Ă©tĂ© rĂ©unie par Joseph-Dominique d'Inguimbert (1683-1757), qui fut Ă©vĂȘque du diocĂšse de Carpentras de 1735 Ă  1754. Il a fait don de son mĂ©dailler Ă  sa ville Ă©piscopale[17] oĂč sont visibles florins d'or, gros d'argent, demi-gros d'argent, quart de gros d'argent, deniers de billon et oboles de billon[18].

À partir des quart de gros jusqu'aux billons, le revers de la piĂšce est toujours frappĂ© de la lĂ©gende Comes Venesini au lieu de Sanctus Petrus.

Le premier atelier de frappe fut installĂ© Ă  Pont-de-Sorgues par ClĂ©ment V et fonctionna jusque sous le pontificat d'Innocent VI. Il fut alors transfĂ©rĂ© Ă  Avignon, dans l'actuelle rue Saluces, oĂč il fut en service jusqu'Ă  la RĂ©volution.

Les rois de France et les enclaves pontificales

Louis XIV et Colbert par Charles Le Brun

Les rois de France, tout au cours des siĂšcles, firent pression sur l'Ă©conomie des États pontificaux. Leur mĂ©thode ne varia guĂšre au cours de leurs diffĂ©rents rĂšgnes avec la mise en place de droits de douane exorbitants.

En cas de crise aiguĂ« entre Paris et Rome, l'entrĂ©e du blĂ© français Ă©tait bloquĂ©e. RĂ©sultat : les populations d'Avignon et du Comtat Ă©taient aussitĂŽt menacĂ©es de disette[19].

Certains tentĂšrent Ă  plusieurs reprises d'annexer l'État pontifical : il fut notamment occupĂ© en 1663, 1668 et de 1768 Ă  1774 Ă  l'occasion de diffĂ©rends entre des rois de France et plusieurs papes (notamment lors de l'affaire de la rĂ©gale),

À ce niveau le conflit entre Louis XIV et Innocent XI fut exemplaire. En plus du droit de rĂ©gale que le roi voulait imposer au pape s'Ă©tait greffĂ©e l'affaire des jĂ©suites chassĂ©s de France et qui trouvaient trop facilement asile Ă  Avignon. Ce fut le prĂ©texte trouvĂ© pour faire entrer les troupes royales en Avignon[20] et dans le Comtat. L'occupation dura jusqu'en 1774 annĂ©e oĂč furent Ă  la fois rĂ©glĂ©s par une bulle le sort des jĂ©suites dont l'ordre fut supprimĂ© et la question des Ă©vĂȘchĂ©s français et de leurs bĂ©nĂ©fices.

Avignon et le Comtat retournÚrent dans le giron pontifical au grand dam des négociants avignonnais et des grandes villes comtadines qui virent leur négoce à nouveau étranglé par la réapparition des droits de douanes[21].

Le Mur de la Peste

Mur de la Peste Ă  CabriĂšres-d'Avignon

Sa construction, marquant physiquement une frontiĂšre entre une partie du Comtat Venaissin, l'Ă©tat d'Avignon et la Provence française, fut l'un des Ă©pisodes les plus dramatiques des relations ambiguĂ«s entre la France et les États pontificaux.

Tout commença le 25 mai 1720 Ă  Marseille. Le Grand Saint-Antoine, navire marchand affrĂ©tĂ© par l'Ă©chevin Estelle arriva dans le port avec une cargaison d'Ă©toffes et de soieries devant ĂȘtre vendue Ă  la prochaine foire de Beaucaire[22]. En dĂ©pit de morts suspectes survenues sur ce bĂątiment, l'Ă©chevin rĂ©ussit Ă  faire Ă©courter la quarantaine de sa marchandise et commença Ă  vendre ses tissus sur place.

Le 20 juin, le premier cas de peste fut dĂ©clarĂ© en ville. On minimisa et ce ne fut qu'aprĂšs la foire de Beaucaire, le 20 juillet, que l'annonce officielle du flĂ©au fut faite. Une ligne sanitaire fut mise en place dĂšs le dĂ©but septembre le long de la Durance. La troupe fut mobilisĂ©e pour monter la garde jour et nuit empĂȘchant toute traversĂ©e des gens et des marchandises.

Restait Ă  rĂ©gler le cas des enclaves d'Avignon et du Comtat en terre de France. Le 14 fĂ©vrier 1721, Ă  Mazan, se rĂ©unirent les autoritĂ©s pontificales et le comte de MĂ©davy, lieutenant-gĂ©nĂ©ral du roi en DauphinĂ©. Ils dĂ©cidĂšrent la construction d'un mur entre CabriĂšres-d'Avignon et Monieux. Les sujets du pape devaient en assurer seuls l'Ă©dification.

Pendant cinq mois, cinq cents hommes Ă©levĂšrent une muraille de pierres sĂšches sur une hauteur de 1, 90 m[23]. Elle s'Ă©tendit sur trente-six kilomĂštres de long et fut flanquĂ©e de quarante guĂ©rites, de cinquante postes de garde et de vingt et un enclos. Un millier de soldats comtadins commencĂšrent Ă  monter la garde Ă  la fin juillet. Inutilement car en aoĂ»t la peste se dĂ©clara Ă  Avignon. Du coup les troupes du rĂ©gent remplacĂšrent celles du pape le long du Mur de la Peste et le Comtat ne fut plus ravitaillĂ© que par quelques rares « barriĂšres Â» dont celle de la Tour de Sabran.

La Grande Peste sĂ©vit encore jusqu'au 2 octobre 1722 Ă  Avignon[24] et les derniĂšres barriĂšres furent levĂ©es le 1er dĂ©cembre. Il y avait eu au moins 126 000 morts dans la Provence, le Languedoc et le Comtat Venaissin.

Le rattachement du Comtat Venaissin Ă  la France

La disette de 1789 dans le Comtat

La disette dans le Comtat existait à l'état endémique[25]. Un déficit de récolte suffit pour mettre le feu aux poudres[26]. Au cours du mois de mars, les greniers d'Avignon furent pillés et à Carpentras le blé fut vendu à un cours forcé imposé par les acheteurs ce qui évita les émeutes.

La prise de la Bastille, le 14 juillet à Paris provoqua, dans la seconde partie du mois la Grande Peur dans toutes les provinces françaises. Le Comtat n'y échappa point et des milices bourgeoises furent créées[27].

Le 7 aoĂ»t, Ă  Avignon, le vice-lĂ©gat Philippe Casoni, fit savoir qu'il acceptait de recevoir des cahiers de dolĂ©ances. Deux jours plus tard une Ă©meute Ă©clata, Ă  Carpentras, contre les impĂŽts, le recteur Christiforo Pieracchi promit immĂ©diatement l'allĂšgement des taxes. Au mĂȘme moment, les villageois du Barroux, contraignaient leur seigneur Ă  arborer la cocarde tricolore. Le 26 aoĂ»t, Ă  Mazan, et les habitants dĂ©nonçaient les abus de l'administration pontificale.

Tandis que de nouveaux troubles Ă©clataient Ă  nouveau Ă  Avignon au dĂ©but du mois de septembre, le 14 de ce mois, Ă  Vaison-la-Romaine, quatre cents paysans en armes s'emparaient des portes de la citĂ©. Face Ă  la flambĂ©e de la colĂšre, Ă  Carpentras, lors de l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale du Comtat, plusieurs dĂ©lĂ©guĂ©s des villes et villages insistĂšrent pour que fussent convoquĂ©s les États GĂ©nĂ©raux.

Ce fut dans cette ambiance que l'on apprit que le 12 novembre, à Paris, que Bouche, l'un des députés de la Provence, était monté à la tribune de l'Assemblée Nationale pour déposer une motion demandant la restitution d'Avignon et du Comtat Venaissin à la France. Si cette proposition souleva l'enthousiasme des Avignonnais, elle fut fort mal reçu par les notables du Comtat. L'un d'eux, le baron de Sainte-Croix, seigneur de Mormoiron et fervent papiste, le 25 novembre, intervint à l'Assemblée générale en s'opposant vivement au rattachement. Il eut le soutien d'une majorité de délégués.

Carpentras et Avignon s'opposent sur le rattachement

Article dĂ©taillĂ© : RĂ©volution française.

À Avignon, le 3 fĂ©vrier 1790, plusieurs milliers de personnes envahirent le palais des papes oĂč rĂ©sidait le vice-lĂ©gat. Leur mobilisation contraignit Philippe Casoni Ă  libĂ©rer Molin et l'avocat Peyre qu'il avait fait emprisonner.

La convocation des États GĂ©nĂ©raux du Comtat restant Ă  l'ordre du jour, un accord intervint avec le recteur, le 25 mars, en vue des Ă©lections des dĂ©lĂ©guĂ©s. À Avignon, dans le mĂȘme temps, se dĂ©roulaient les premiĂšres Ă©lections municipales. En dĂ©pit de nombreuses abstentions, elles virent la victoire des patriotes[28].

Tandis qu'Ă  Vaison durant tout le mois d'avril des affrontements violents opposĂšrent papistes et partisans d'Avignon[29], ce fut le 12 de ce mĂȘme mois que se dĂ©roulĂšrent les Ă©lections pour les États GĂ©nĂ©raux. Ceux-ci tinrent leur premiĂšre rĂ©union Ă  Carpentras le 24 mai.

Trois jours plus tard, les dĂ©lĂ©guĂ©s dĂ©cidĂšrent que les États seraient dĂ©sormais l'AssemblĂ©e reprĂ©sentative du Comtat Venaissin[30]. Ils venaient de mettre un terme Ă  quatre siĂšcles de jurisprudence pontificale[31].

Mais comme l'a soulignĂ© RenĂ© Moulinas «En dĂ©pit du parallĂ©lisme apparent de leurs dĂ©marches, la municipalitĂ© d'Avignon et les États du Comtat restaient animĂ©s d'un esprit trĂšs diffĂ©rent dĂ» en particulier au recrutement social de leurs principales vedettes. À Avignon, les meneurs Ă©taient des roturiers, des nĂ©gociants, des hommes de loi ou des maĂźtres artisans et des boutiquiers trĂšs proches du peuple. En revanche, Ă  Carpentras, les rĂŽles de tĂ©nors Ă©taient tenus par des membres de l'aristocratie Â».

Les troubles entre juin et décembre 1790

La situation Ă  Avignon se radicalisa rapidement. Le 10 juin, les patriotes accusĂšrent les aristocrates de comploter contre la municipalitĂ©. Le lendemain, trois d'entre eux, convaincus de trahison furent pendus. Le 12, aprĂšs un vote de la municipalitĂ©, le vice-lĂ©gat fut informĂ© officiellement de la demande du rattachement d'Avignon Ă  la France. Philippe Casoni se rĂ©fugia aussitĂŽt Ă  Carpentras oĂč il allait cumuler les charges de vice-lĂ©gat et de recteur du Comtat.

Mais à Paris l'Assemblée Nationale, mise devant le fait accompli, réserva sa réponse à la demande de rattachement pour ne pas froisser le pape et rompre ses relations avec le Vatican.

Le mois de juillet fut consacrĂ© aux Ă©lections municipales dans toutes les communes comtadines[32]. L'antagonisme entre Avignon et Carpentras marqua cette campagne Ă©lectorale : Ă  MalaucĂšne, le 4 juillet, pour mettre un terme Ă  l'Ă©meute dont les meneurs Ă©taient accusĂ©s d'ĂȘtre des Ă©missaires d'Avignon, des milices voisines furent appelĂ©es en renfort ; le 11, des heurts Ă©clatĂšrent au Thor entre pro-Avignonnais et papistes ; le 13, Cavaillon fut occupĂ©e par l'armĂ©e de l'AssemblĂ©e reprĂ©sentative du Comtat.

Mais à la fin du mois chaque commune avait élu son maire qui, généralement, fut installé aprÚs la célébration d'un Te Deum à l'église paroissiale[33].

Alors que le 12 septembre, le Courrier d'Avignon avait publiĂ© un article indiquant que le pape dĂ©clarait la nation française schismatique si le roi donnait son aval Ă  la Constitution civile du clergĂ©, un mois plus tard, le 15 octobre, le conseil municipal d'Avignon confisquait l'argenterie des Ă©glises. L'arrĂȘtĂ© municipal avait Ă©tĂ© pris pour la transformer en numĂ©raire et servir Ă  soulager les pauvres et Ă  subvenir aux besoins de la ville[34].

Si le mois de novembre fut marquĂ© par une inondation Ă  Avignon, celui de dĂ©cembre vit la mise en place de grandes manƓuvres. Le Carpentrassien RaphaĂ«l, un des notables de la capitale du Comtat, rejoignit Avignon, dĂšs le 1er du mois. Au cours de la semaine qui suivit, La Villase, maire de Vaison, et son ami le notaire Anselme furent accueillis par le Club des Amis de la Constitution d'Avignon. Il n'Ă©tait question que de provoquer dans le Comtat une rĂ©union des citoyens favorables au rattachement Ă  la France[35].

La guerre entre Avignon et Carpentras

L'armée avignonnaise assiÚge Carpentras (1791)

Le 2 janvier 1791, alors qu'Ă  la suite de l'intervention des Avignonnais contre Cavaillon, les communes comtadines arboraient les trois couleurs, l'AssemblĂ©e reprĂ©sentative du Comtat, de plus en plus disqualifiĂ©e, suspendait ses travaux.

Le 14, les Carpentrassiens se soulevaient contre les papistes, tenaient une assemblée dans la cathédrale Saint-Siffrein et demandaient leur rattachement à la France. Ils furent soutenus par l'Armée d'Avignon qui, dÚs le 20 janvier, vint mettre le siÚge devant la capitale du Comtat. Mais pluie et neige obligÚrent à le lever.

Au cours du mois de février, le mouvement fit tache d'huile. Le 7, vingt-cinq communautés comtadines, réunies dans la cité des papes, demandÚrent leur rattachement à la France[36]. Le principe de former un département fut adopté, il devait avoir pour nom Vaucluse et son chef-lieu serait Avignon[37].

À Carpentras, en revanche, les habitants tentĂšrent d'Ă©tablir un petit État indĂ©pendant, qui rĂ©aliserait chez lui les rĂ©formes de l'AssemblĂ©e Constituante française, mais sans accepter de le rĂ©unir Ă  la France. En avril 1790, sans l'accord du pape, mais en reconnaissant son autoritĂ©, ils se rĂ©unirent en assemblĂ©e et rĂ©formĂšrent le gouvernement : le pape y Ă©tait reconnu comme souverain constitutionnel. Avignon, française depuis peu, chercha alors Ă  forcer Carpentras Ă  entrer dans la RĂ©publique française. Carpentras rĂ©sista Ă  deux siĂšges successifs menĂ©s par les Avignonnais.

Le droit des peuples Ă  disposer d'eux-mĂȘmes

L'église Saint-Laurent de Bédarrides dans laquelle fut voté le rattachement du Comtat Venaissin et d'Avignon à la France

Le 18 aoĂ»t 1791, en l'Ă©glise Saint-Laurent de BĂ©darrides, fut dĂ©cidĂ© par les dĂ©putĂ©s de chaque commune le rattachement du Comtat Venaissin Ă  la France. Cet acte est considĂ©rĂ© comme l'un des premiers exprimant le droit des peuples Ă  disposer d'eux-mĂȘmes[rĂ©f. nĂ©cessaire].

L'Assemblée nationale de France chargea alors trois commissaires, Verninac Saint-Maur, LescÚne-des-Maisons et l'abbé Mulot, d'aller sur place.

L'incorporation Ă  la France

Le 14 septembre 1791, l'AssemblĂ©e nationale constituante française prit, sur la proposition du dĂ©putĂ© Armand-Gaston Camus, un dĂ©cret portant « incorporation Ă  l'Empire français[rĂ©f. nĂ©cessaire] Â» des « deux États rĂ©unis d'Avignon et du Comtat Venaissin Â». SanctionnĂ© par Louis XVI le jour mĂȘme, il devint la loi des 14 = 14 septembre 1791, portant rĂ©union d'Avignon et du Comtat Venaissin Ă  la France.

Le 23 septembre 1791, l'AssemblĂ©e nationale constituante française prit un dĂ©cret « portant organisation provisoire des ci-devants États d'Avignon et du Comtat Venaissin Â». SanctionnĂ© par Louis XVI le 2 octobre suivant, il devint la loi [Quoi ?]des 23 septembre = 2 octobre 1791.

La création du département de Vaucluse

Le 25 juin 1793, la Convention nationale française prit un dĂ©cret « relatif Ă  la formation d'un 87Ăšme dĂ©partement, sous la dĂ©nomination de dĂ©partement de Vaucluse Â».

Le dĂ©partement de Vaucluse fut ainsi dĂ©finitivement constituĂ© par la rĂ©union de la citĂ©-État d'Avignon, de Comtat Venaissin, incluant l'enclave des papes dans la DrĂŽme devenue le canton de ValrĂ©as, les principautĂ©s d'Orange et de Mondragon, la viguerie d'Apt et le comtĂ© de Sault.

Le nouveau dĂ©partement se vit supprimer cinq Ă©vĂȘchĂ©s sur six : Carpentras, Cavaillon, Apt, Orange et Vaison, seul resta l'archevĂȘchĂ© d'Avignon.

Le pape Pie VI, sous la menace d'invasion des autres États de l'Église par les armĂ©es françaises menĂ©es par le gĂ©nĂ©ral Bonaparte, signe le traitĂ© de Tolentino, le 19 fĂ©vrier 1797.

Limites historique et géographique

Bonnieux, devenu une enclave pontificale en Provence, fut Ă©levĂ©, en 1274, au rang de lieu-chef d’une viguerie comprenant CabriĂšres-d'Avignon, Maubec, MĂ©nerbes, OppĂšde, Robion, les Taillades et une partie de Saint-Saturnin-lĂšs-Apt.

Furent toujours exclus du Comtat — outre l'État d'Avignon — la principautĂ© d'Orange et celle de Mondragon. Cette derniĂšre appartenait au titulaire du siĂšge de l'archidiocĂšse d'Arles. Mais Ă©taient rattachĂ©s au Venaissin un certain nombre de « terres adjacentes Â» ou enclaves en DauphinĂ© ou en Valentinois dont les villes de MontĂ©limar (en partie) et de Pierrelatte.

Neuf communes, aujourd'hui incorporĂ©es dans la DrĂŽme, Ă©taient des enclaves pontificales : Aubres, Bouchet, Eyroles, Les Pilles, Rochegude, Rousset-les-Vignes, Saint-PantalĂ©on-les-Vignes, SolĂ©rieux et Valouse. Lors du rattachement du Comtat Ă  la France le refus de Rochegude d'ĂȘtre une commune du Vaucluse crĂ©a l'Enclave des papes (ValrĂ©as, Grillon, Visan et Richerenches)[38].

A contrario, les communes de Saint-Léger-du-Ventoux, Brantes et Savoillan (enclaves pontificales de la vallée du Toulourenc) demandÚrent leur rattachement au Vaucluse. Lui furent aussi intégrées celles de Saint-Romain-en-Viennois (en coseigneurie entre le pape et le Dauphin) et de Saint-Marcellin-lÚs-Vaison qui appartenait en totalité au Dauphin.

GĂ©ographie

Entre RhĂŽne et Durance, le Mont Ventoux, les Dentelles de Montmirail et les Monts du Vaucluse cernent la plaine du Comtat.

Orographie

Fresque de la Galerie du Vatican montrant les riviĂšres et montagnes du Comtat vues par Ignazio Danti (1580-1583)

La plaine du Comtat est installée dans le bassin d'effondrement de la mer voconcienne dont on retrouve encore les paléo-rivages sableux de Faucon à Bédoin en passant par Sablet, la bien nommée.

DominĂ©e par la face sud du Ventoux, qui du mont Serein et du plateau du Contrat descend par une succession de replats et de collines jusqu'aux Dentelles de Montmirail, ce bassin a Ă©tĂ© comblĂ©e par les alluvions du quaternaire avec des dĂ©pĂŽts variant de 20 Ă  80 mĂštres.

Les monts de Vaucluse, masse calcaire creusée de dolines et d'avens, sont le prolongement naturel du Ventoux et n'en sont séparés que par les profondes gorges de la Nesque.

Hydrographie

Cette plaine est irriguée dans sa partie septentrionale par le Toulourenc, l'Hérin et l'Aygues, dans sa partie centrale par la Nesque, l'Auzon et l'OuvÚze, dans sa partie méridionale par les différents bras de la Sorgue[39] et le Calavon qui dÚs son entrée en Comtat prend le nom de Coulon.

Climatologie

Le climat méditerranéen du Comtat est avant tout dépendant du mistral. Ce maßtre-vent, qui s'engouffre dans la vallée du RhÎne, a d'abord déterminée une architecture agricole (parcelle cultivée séparée par des haies de cyprÚs orientées est/ouest) et une architecture rurale (maisons aux façades septentrionales aveugles).

Sa puissance ne laisse que douze jours de brume/an stagner dans la plaine et procure un ensoleillement de 2 600 Ă  2 700 heures/an[40]. Mais, Ă  contrario, les zones vertes (garrigues et forĂȘts) possĂ©dant une vĂ©gĂ©tation fragile, sujette aux incendies pendant l'Ă©tĂ©, il est recommandĂ© Ă  tous la plus grande prudence et le plus grand soin.

Autre influence du mistral : des prĂ©cipitations rares mais le plus souvent violentes. Le total annuel des pluies oscille entre 600 Ă  700 mm. Mais un seul orage peut dĂ©verser jusqu'Ă  200 mm d'eau. Le village d'Entrechaux reçut 300 mm de pluie dans la journĂ©e du 22 septembre 1992 ce qui provoqua les catastrophiques inondations de Vaison-la-Romaine et de la plaine du Comtat.

Agriculture

La grande richesse de l'agriculture du Comtat l'a fait surnommer le Jardin de la France[41].

Irrigation

Carte de Brun cadet prĂ©voyant « l'arrosement d'une partie des terres du Comtat Venaissin Â»

Dans ce climat chaud et sec, l'irrigation des cultures devint rapidement une nĂ©cessitĂ© pour lutter contre la sĂ©cheresse. Deux riviĂšres servirent Ă  cet usage, la Sorgue et la Durance. Le plus ancien rĂ©seau d'irrigation fut mis en place dĂšs le XIIe siĂšcle avec le creusement du canal Saint-Julien qui captait les eaux de la Durance sur la commune actuelle de Cheval-Blanc[42]. Les travaux entrepris au siĂšcle suivant sur la Sorgue pour la canaliser jusque vers Avignon permirent d'irriguer de nouvelles terres. Ce ne fut pas suffisant puisque François Ier, le 11 dĂ©cembre 1537 autorisa une nouvelle dĂ©rivation des eaux de la Durance Ă  partir de MĂ©rindol. Cette captation porte de nos jours le nom de « Vieux canal d'OppĂšde Â».

Le XVIIIe siĂšcle fut celui de toutes les audaces[43]. Deux nouveaux rĂ©seaux furent mis en place avec le « Cabedan vieux Â» (1765) et le « Cabedan neuf Â» (1766). Peu aprĂšs, en 1771, l'ingĂ©nieur architecte Brun cadet proposa la crĂ©ation d'un canal d'irrigation pour « l'arrosement d'une partie des terres du Comtat Venaissin Â» avec une nouvelle prise Ă  MĂ©rindol. Il cartographia son projet qui contournait le Luberon Ă  Saint-Pierre (Cheval-Blanc), passait par les Taillades, Robion et Maubec puis traversait le Calavon pour aboutir Ă  Avignon aprĂšs avoir irriguĂ© la plaine du Comtat vers Carpentras. C'est l'ancĂȘtre du « Canal de Carpentras Â».

Article dĂ©taillĂ© : Canal de Carpentras.

Productions

Petit canal d'irrigation (filiole) Ă  Monteux

Cette plaine de maraĂźchage, grĂące Ă  l'irrigation produisait dĂšs le XIIe siĂšcle des choux, des fayots, des raves, des pois chiches et des fĂšves. Un siĂšcle plus tard, la mise en place du canal du Vaucluse par la canalisation de la Sorgue augmenta son potentiel de production.

La venue des papes dans le Comtat puis leur installation Ă  Avignon bouleversa les habitudes alimentaires. Nous avons vu que la plaine comtadine devint le grenier Ă  blĂ© pontifical. Mais les zones irriguĂ©es virent, Ă  partir du XIVe siĂšcle l'apparition de nouvelles variĂ©tĂ©s dont la salade, les artichauts et le melon. Une premiĂšre culture industrielle se mit en place avec le mĂ»rier pour la nourriture du vers Ă  soie.

Contrairement à une idée reçue les papes ne firent pas couvrir le Comtat de vignobles[44]. Seules les terrasses[45] furent consacrées exclusivement à la culture de la vigne[46].

Les vergers d'oliviers servaient le plus souvent de support Ă  la vigne menĂ©e en hautain. Un acte de vente dans la rĂ©gion de Carpentras signale Ă  cette pĂ©riode « un verger d'oliviers dans lequel est plantĂ© une vigne de douze journaux Â»[47]. Mais dĂ©jĂ  est sĂ©lectionnĂ©e la verdale variĂ©tĂ© d'olive qui est toujours cultivĂ©e autour de Beaumes-de-Venise et de Malemort-du-Comtat.

Le XVIe siĂšcle vit apparaĂźtre la tomate venue des AmĂ©riques ainsi que les haricots. Deux siĂšcles plus tard, en 1763, Jean Althen implantait la garance qui allait faire la richesse du Comtat pendant prĂšs de deux cent ans.

Le XIXe siĂšcle fut marquĂ© par des catastrophes. En dĂ©pit de l'intervention sur place de Louis Pasteur, la maladie de la pĂ©brine eut raison du vers Ă  soie Ă  partir de 1862, le phylloxĂ©ra ravagea le vignoble dĂšs 1868 et un produit chimique, l'alizarine, remplaça la garance.

La crĂ©ation du Vaucluse et la rupture des liens commerciaux du Comtat avec les États pontificaux posa un problĂšme de reconnaissance et de notoriĂ©tĂ© pour les vins de ce nouveau dĂ©partement français. Une soixantaine d'annĂ©es plus tard, Bercy, qui devenait alors la grande place du nĂ©goce des vins, chercha Ă  rĂ©pertorier les grands vins sur tout le territoire national[48].

Achille Larive, fondateur et directeur du « Moniteur Vinicole Â», le "Journal de Bercy", en 1856, dĂšs sa premiĂšre annĂ©e de parution, lança un « appel aux propriĂ©taires de crus ignorĂ©s Â». Un lecteur du Vaucluse lui rĂ©pondit : « Nos vignobles, Ă©gaux et supĂ©rieurs en qualitĂ© Ă  tant d'autres auxquels la routine a donnĂ© une aura, n'ont pas Ă©tĂ© apprĂ©ciĂ©s autant qu'ils le mĂ©riteraient... En l'Ă©tat actuel nos vins sont livrĂ©s sous un pseudonyme plus ou moins brillant : vins d'Espagne, de Narbonne, de Saint-Gilles, etc., leur origine se cache sous une estampille d'emprunt Â»[49].

Mais la mise en place, en dĂ©pit de nombreuses rĂ©ticences, de la ligne de chemin de fer Lyon-Marseille, en 1857, puis du PLM confirma l'agriculture du Comtat dans sa vocation maraĂźchĂšre et fruitiĂšre puis vini-viiticole. D'autant qu'un nouveau produit gastronomique partit Ă  la conquĂȘte de la capitale, la truffe du Ventoux[50].

Le rĂ©seau d'irrigation Ă©tait tel grĂące aux « filioles Â»[51] qui canalisaient l'eau jusqu'au moindre champ que les premiers « primeurs Â» de fruits et lĂ©gumes purent inonder Paris Ă  partir de la gare de Cavaillon. C'est de cette Ă©poque que date la flatteuse rĂ©putation du melon de Cavaillon, si cher Ă  Alexandre Dumas et le poĂ©tique axiome de LĂ©on De Fos : « Les vers, le melon et le vin sont trois choses qui supportent difficilement le mĂ©diocre Â»[52].

La plaine du Comtat - le nom est resté pour sa production agricole - est au premier rang en France pour la production en plein champ ou en serres des pommes, cerises (bouche ou industrie), raisins de table, tomates et melons. Elle arrive au second rang pour ses poires, fraises, asperges, courgettes, aulx et oignons.

Les agriculteurs rapatriĂ©s d'AlgĂ©rie[53], en dĂ©pit de leur faible pourcentage, par leur dynamisme et leur conception "moderniste" de l'agriculture ont eu sur le milieu rural local une influence dĂ©cisive[54]. Dans la plaine du Comtat, ils ont Ă©tĂ© gĂ©nĂ©ralement Ă  l'initiative de la culture sous serre et de la plasticulture. Dans les zones viticoles, ils furent parmi les premiers Ă  utiliser la « maĂźtrise des tempĂ©ratures en vinification Â» (ruissellement d'eau sur les cuves puis pompes Ă  chaleur).

Les vins AOC, avec en tĂȘte le chĂąteauneuf-du-pape, vin historiquement originaire de l'Ă©tat d'Avignon, ont comme fleurons le vacqueyras, le gigondas, le beaumes-de-venise, ainsi que les VDN de Rasteau et Beaumes-de-Venise. À cette production prestigieuse s'ajoutent les cĂŽtes-du-rhĂŽne-villages dont ceux portant un nom de commune ou de lieu-dit : Cairanne, Rasteau, Visan, Sablet, SĂ©guret, Roaix, PuymĂ©ras, Plan-de-Dieu, Massif d'Uchaux, ainsi que les vignobles des cĂŽtes-du-ventoux et des cĂŽtes-du-luberon.

Industrie

Les manufactures du Comtat se sont toutes développées avant la révolution industrielle. Elles ont essentiellement utilisé l'eau comme force motrice. Celle de la Sorgue d'abord avec une série de moulins à farine et à foulon installés depuis la fontaine de Vaucluse jusqu'aux portes d'Avignon[55] en passant par l'Isle-sur-la-Sorgue. S'y ajoutÚrent rapidement les papeteries à Vaucluse et à MalaucÚne avec utilisation de la force motrice de la source vauclusienne du Groseau.

La transformation du cuir fut importante Ă  Carpentras (quartier des Tanneries) le long des berges de l'Auzon.

L'extraction de l'argile (briqueteries Ă  BollĂšne), de l'ocre (entre Mormoiron et Villes-sur-Auzon) et du gypse (Mormoiron) ne prit son importance qu'Ă  l'aube du XVIIIe siĂšcle. Plus significative fut l'extraction de la pierre de taille dans les carriĂšres de Beaumont-du-Ventoux, Saint-Didier et les Taillades.

Il est à souligner que l'art des carriers s'exerça aussi au service de la viticulture dans les monts de Vaucluse avec le creusement de cuves vinaires rupestres[56] essentiellement à Venasque, Le Beaucet, Saint-Didier, Fontaine-de-Vaucluse, Saumane, CabriÚres d'Avignon et Lagnes.

De nos jours l'ancien Comtat Venaissin, pour la transformation de sa production agricole, a attiré nombre d'industries agro-alimentaires ainsi que des industries connexes comme la ferblanterie, la caisserie et la papeterie.

Distinctions

Trois villages du Comtat sont classĂ©s en Plus beaux villages de France : MĂ©nerbes, SĂ©guret et Venasque.

Le pays de Carpentras et du Comtat Venaissin est classé Pays d'Art et d'Histoire.

Notes et références

  1. ↑ L’hypothĂ©tique «Comitatus Vendascensis Â» n’a pu donner selon les rĂšgles de la toponymie un « Comitatus Venessinus Â» Ă  tel point que les partisans de cette thĂšse ont Ă©tĂ© contraints de forger de toutes piĂšces un apocryphe « Venascinus Â» pour la justifier.
  2. ↑ Entre le VIe et le IXe siĂšcle existaient dans le futur dĂ©partement du Vaucluse outre le Comitatus Avennicinus (ComtĂ© d’Avignon), le Comitatus Aptensis (ComtĂ© d’Apt), le Comitatus Saltensis (ComtĂ© de Sault), etc. Mais il n’y eut jamais de ComtĂ© de Venasque. Cette citĂ© fut seulement par deux fois le refuge des Ă©vĂȘques de Carpentras lors des invasions entre 541 et 549 puis entre 573 et 603
  3. ↑ AndrĂ© Valladier (1365-1638), abbĂ© de Saint-Arnoul de Metz, auteur du Labyrinthe Royal de l’Hercule Gaulois triomphant (Avignon, Jacques Bramereau, imprimeur, 1601)
  4. ↑ Jonnes Jansonnius ou Janssonius (1588-1664), gendre de Hendrick Hondius, grava ses cuivres Ă  Amsterdam oĂč il fit imprimer en 1650 son « Theatrum des villes de France et de Suisse Â». Chaque page de cet atlas est notĂ©e « Amstelodami, apud Joannem Janssonium Â». Un exemplaire dĂ©posĂ© Ă  la BibliothĂšque d’Orange est citĂ© par Jules Courtet Ă  l’appui de sa thĂšse.
  5. ↑ GrĂ©goire X, le 27 avril 1274, nomma Guillaume de Villaret, premier recteur du Comtat Venaissin. Pierre Rostaing, Ă©vĂȘque de Carpentras, rendit immĂ©diatement hommage au reprĂ©sentant du pape. Cette allĂ©geance fait partie des actes du Cartulaire de l’évĂȘchĂ© de Carpentras. Il est Ă  souligner que dans sa rĂ©daction, pour la premiĂšre fois, Ă©tait utilisĂ© le titre de comtĂ© pour cet Ă©tat pontifical jusqu’alors dĂ©nommĂ© « Venaissinum Â» ou « terra Venaissini Â». Ce fief Ă©tait aussi dĂ©nommĂ© marquisat de Provence au XIIIe siĂšcle.
  6. ↑ Charles Rostaing, Essai sur la toponymie de la Provence, Éd. Jeanne Laffite, Marseille, 1994.
  7. ↑ En dĂ©pit de notre respect dĂ» au maĂźtre de la toponymie, nous ne pouvons souscrire Ă  une origine venant de Venasque pour VENNECENSI mais bien d'Avignon par aphĂ©rĂšse du A.
  8. ↑ Les sources de Courtet sont celles de Gallia christiana, eccles. arelat. (instr. I, p. 93). Les chanoines AlbanĂšs et U. Chevalier ont rĂ©Ă©ditĂ© et complĂ©tĂ© ces chartes dans Gallia christiana novissima (T. III, Arles) Valence, 1901.
  9. ↑ Sans doute mauvaise graphie pour Veneisi mais on peut dĂ©jĂ  noter l’aphĂ©rĂšse du A.
  10. ↑ Fresque de l’Ospedale Santa-Maria della Scala à Sienne par Benvenuto di Giovanni (1436-1528)
  11. ↑ En juin 1375, GrĂ©goire XI avait fait abolir toutes les gabelles sauf celle du sel.
  12. ↑ Ch. Perrin de L’IsĂšre nous a dĂ©taillĂ© les charges du Capitaine gĂ©nĂ©ral des Armes du Comtat Venaissin : «Il Ă©tait investi de pouvoirs extraordinaires, requĂ©rant une levĂ©e de troupes, imposant des contributions pour construire ou rĂ©Ă©difier des remparts, prenant en main une espĂšce de dictature
 Cette magistrature, essentiellement transitoire, n’en faisait pas moins regretter l’administration normale aussi paternelle qu’elle Ă©tait Ă©conomique Â» (Les États pontificaux en France, 1847).
  13. ↑ Ce fut la seconde expulsion des Juifs du Comtat. La premiĂšre avait Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©e le 13 mars 1302[rĂ©f. nĂ©cessaire], par Mathias de ChiĂ©ti – dit Matthieu de ChĂ©ate – recteur du Comtat Venaissin, qui les accusait de pratiquer l’usure.
  14. ↑ Sous la direction de Bernhard Blumenkranz, Histoire des Juifs en France, page 194
  15. ↑ L'Ă©vĂȘque de Carpentras autorisait les Juifs Ă  possĂ©der une synagogue (uno escolo) et en fixait les dimensions L = 5 toises, l = 4 toises et H = 4 toises
  16. ↑ ComplĂštement restructurĂ©e au XVIIIe siĂšcle, la synagogue de Carpentras est un bel exemple de dĂ©coration de style Louis XVVoir Synagogue de Carpentras, MinistĂšre de la Culture
  17. ↑ Outre le MusĂ©e-Comtadin-Duplessis de Carpentras oĂč est dĂ©posĂ© le mĂ©dailler de l'Ă©vĂȘque d'Inguimbert, d'autres riches collections se trouvent Ă  la BibliothĂšque nationale de France, au British Museum de Londres, au Fitwilliam Museum de Cambridge et Ă  l'American Numismatic Society de New York.
  18. ↑ Le billon est un alliage de cuivre et d'argent.
  19. ↑ La production de cĂ©rĂ©ales dans le Comtat Venaissin fut toujours notoirement insuffisante. D'ailleurs, les papes d'Avignon privilĂ©giĂšrent toujours l'emblavement Ă  l'extension de la vigne. Celle-ci Ă©tait le plus souvent associĂ©e Ă  des vergers (fruitiers, oliveraies, etc.) et cultivĂ©e en hautains. Ce qui prĂ©servait au maximum la culture extensive des cĂ©rĂ©ales.
  20. ↑ Il y a gĂ©nĂ©ralement confusion entre Ă  Avignon et en Avignon. La seconde dĂ©nomination, que certains pensent consacrĂ©e par l’usage, est le seul produit de l’histoire et n’a aucune justification grammaticale pour la ville. Elle ne peut concerner que l’État pontifical d’Avignon qui comprenait outre la citĂ© papale celles de BĂ©darrides, ChĂąteauneuf-du-Pape, Entraigues, le Pontet, MoriĂšres-lĂšs-Avignon, Sorgues et VedĂšne. Mais l’on s’est toujours rendu Ă  Avignon en tant que ville.
  21. ↑ Le professeur Moulinas, dans son Histoire de la RĂ©volution d'Avignon, indique un changement d'attitude dans la bourgeoisie marchande d'Avignon Ă  cette pĂ©riode prĂ©cise. Il se constitue dĂ©sormais en son sein un parti profrançais qui dĂ©nonce le gouvernement despotique des italiens qui l'empĂȘche de commercer Ă  sa guise.
  22. ↑ Daniel Panzac, Quarantaine et Lazaret, Édisud, 1986, souligne que l'Ă©chevin de Marseille avait pour 100 000 Ă©cus d'Ă©toffes.
  23. ↑ Cf. La Muraille de la peste, coĂ©dition Pierres sĂšches en Vaucluse et les Alpes de LumiĂšres, Mane, 1993.
  24. ↑ La peste ne dĂ©passa pas Orange, n'atteignit pas Carpentras tout en ayant touchĂ© Pernes et Monteux, Cavaillon fut aussi Ă©pargnĂ©.
  25. ↑ Elle fut aggravĂ©e par une annĂ©e 1788 oĂč un printemps catastrophique (rĂ©coltes dĂ©truites par la grĂȘle) se conjugua avec un hiver glacial.
  26. ↑ Dans une Ă©conomie de subsistance, les crises Ă©taient toujours dues Ă  la pĂ©nurie, tandis que de nos jours elles sont le fait d'une surproduction.
  27. ↑ Ce fut Albert Soboul qui le premier, dans son ouvrage La RĂ©volution Française (1789-1799) (Paris, 1948), mit en exergue que les Ă©meutes du 14 juillet Ă  Paris eurent pour cause premiĂšre l'augmentation du prix du blĂ© et du vin aux barriĂšres de la capitale.
  28. ↑ Le 29 mars 1790, Ă  Rome, Pie VI condamnait la DĂ©claration des Droits de l'Homme et du Citoyen que venait d'adopter la majoritĂ© des reprĂ©sentants du peuple français.
  29. ↑ Ils Ă©taient menĂ©s par le sieur de la Villasse. Cf. M. Brusset, MalaucĂšne, aspect de l’histoire entre Ventoux et OuvĂšze, Carpentras, 1981.
  30. ↑ Michel Brusset, op. citĂ©, note : « Jusqu'Ă  la fin de l'annĂ©e, la nouvelle assemblĂ©e allait transformer l'administration du Comtat en s'appuyant sur deux principes dans une large mesure contradictoire, la fidĂ©litĂ© au pape et l'application au Comtat de la Constitution française ; en outre elle tenait Ă  son indĂ©pendance vis-Ă vis d'Avignon oĂč l'on s'agitait beaucoup Â»
  31. ↑ À la date du 6 septembre 1377, GrĂ©goire XI, qui Ă©tait alors Ă  Rome, avait statuĂ© que, dĂ©sormais, dix personnes nobles et plĂ©bĂ©iennes s’assembleraient au moins une fois l’an en prĂ©sence de son frĂšre Guillaume III Roger de Beaufort, recteur du Comtat. Cet acte fut constitutif des États du Comtat Venaissin. Le pape autorisait que, dans chaque communautĂ©, un parlement gĂ©nĂ©ral Ă©lise un conseil composĂ© de deux syndics et de huit conseillers, dont deux pour la noblesse, deux pour le clergĂ© et quatre pour les bourgeois ou les mĂ©nagers, propriĂ©taires ruraux.
  32. ↑ Furent Ă©lecteurs les citoyens actifs, c'est-Ă -dire tous ceux qui Ă©taient ĂągĂ©s de plus de 25 ans et qui payaient une contribution Ă©quivalent Ă  trois journĂ©es de travail.
  33. ↑ À Vaison-la-Romaine fut Ă©lu La Villasse et Ă  BĂ©darrides François Franquet.
  34. ↑ La fonte de l'argenterie des Ă©glises d'Avignon fut faite en date du 16 novembre 1790.
  35. ↑ Elle Ă©tait prĂ©vue Ă  la fin du mois de dĂ©cembre Ă  Vaison. Mais l'intervention de l'armĂ©e d'Avignon pour libĂ©rer Cavaillon occupĂ© par les troupes papistes empĂȘcha cette rĂ©union.
  36. ↑ AprĂšs la rĂ©union, il fut cĂ©lĂ©brĂ© une messe oĂč tous jurĂšrent d'ĂȘtre fidĂšles au roi et Ă  la loi. Puis l'on chanta le Ça ira et OĂč peut-on ĂȘtre mieux qu'au sein de sa famille ?. R. Moulinas, op. citĂ©.
  37. ↑ La ville de Carpentras n'Ă©tait pas reprĂ©sentĂ©e par ses notables et ce ne fut que le 23 fĂ©vrier, Ă  contrecƓur et sous la pression populaire, que ceux-ci acceptĂšrent d'adhĂ©rer au pacte fĂ©dĂ©ratif.
  38. ↑ Cf. L. de Gaillard, Deux enclaves de l'ancienne France : Orange et sa principautĂ©, Avignon et le Comtat Venaissin, Éd. de Soye et fils, Paris, 1892.
  39. ↑ La Sorgue, peu aprĂšs sa sortie de la fontaine de Vaucluse, se sĂ©pare en plusieurs bras (Sorgues de Monclar, Sorgue de Velleron, Sorgue d'Entraigues, etc.) qui sont de vĂ©ritables canaux d'irrigation tant par leurs dĂ©bits que par la constance de leur niveau.
  40. ↑ Chiffres fournis par le Centre mĂ©tĂ©orologique de Serres-Carpentras.
  41. ↑ Cf. Dictionnaire de la Provence et de la CĂŽte d'Azur, Éd. Larousse, op. citĂ©.
  42. ↑ C'Ă©tait Ă  cette Ă©poque la partie est de Cavaillon.
  43. ↑ Patrick Fournier, Eaux claires, eaux troubles dans le Comtat Venaissin, XVIIe - XVIIIe siùcles, Perpignan, PUP, 1999.'
  44. ↑ Historiquement les premiers vignobles sont d'origine Ă©piscopale autour de Carpentras, et bĂ©nĂ©dictine (Ordre de Cluny) dans le nord du Comtat. Deux ordres militaro-religieux jouĂšrent aussi un rĂŽle : les templiers autour de Roaix et les hospitaliers aux environs de Sainte-CĂ©cile-les-Vignes.
  45. ↑ En provençal, ces terrasses viticoles portes le noms de faïsses, restanques ou banquets.
  46. ↑ Elles Ă©taient conduites le plus souvent verticalement, en hautains, ou horizontalement, le cep Ă©tant insĂ©rĂ© entre les pierres sĂšches des murs de soutĂšnement.
  47. ↑ J. P. Saltarelli, Les cĂŽtes-du-ventoux, origines et originalitĂ©s d'un terroir de la vallĂ©e du RhĂŽne, Éd. BarthĂ©lemy, Avignon, 2000.
  48. ↑ En 1856, le Vaucluse arrivait Ă  la 27e place aprĂšs la Haute-Garonne, le Loiret, l'Aveyron, le Puy-de-DĂŽme et la Vienne. Il n'Ă©tait pas le seul dĂ©partement viticole Ă  ĂȘtre aussi mal loti puisque la Marne - et son Champagne - n'arrivait qu'en 39e position. Cf. Le Moniteur Vinicole, n° 6, 1856.
  49. ↑ Cf. Le Moniteur Vinicole, n° 8, 1856.
  50. ↑ De nos jours, les truffes du Ventoux jointes Ă  celles du Tricastin reprĂ©sentent, bon an, mal an, prĂšs de 80% de la production nationale.
  51. ↑ Les filioles sont des petits rĂ©seaux d'irrigation qui apportent l'eau directement dans le champ Ă  arroser.
  52. ↑ Cette citation a Ă©tĂ© rapportĂ©e en 1870, par LĂ©on de Fos, dans son livre Gastronomia sous la forme suivante : « La mĂ©diocritĂ© que tant de gens colportent est admise dans maint salon ; mais trois choses il est qui point ne la supportent : les vers, le vin et le melon Â». Voir Ă©galement Les poĂštes de la bonne chĂšre, Anthologie de poĂ©sie gastronomique, de Kilien Stengel Collection Petite Vermillon Éditions de la Table ronde (groupe Gallimard), 2008. (ISBN 2710330733)
  53. ↑ Le dĂ©partement de Vaucluse Ă  accueilli 15 000 familles de "pieds-noirs", la majoritĂ© d'origine citadine.
  54. ↑ Cf. François Brun, Notes sur l'influence des agriculteurs rapatriĂ©s dans les plaines rhodaniennes, Études Vauclusiennes, n° XII, Avignon, juillet-dĂ©cembre 1974.
  55. ↑ La citĂ© papale dĂ©veloppa intra-muros une industrie de la soie puis des indiennes dans la rue des Teinturiers ou rue des Roues.
  56. ↑ Nombre de ces cuves vinaires rupestres ont Ă©tĂ© abritĂ©es sous des cabanes de pierres sĂšches ou bories (Fonsargoules Ă  Venasque) ou sous des abris sous roche (vallon de Vignerme Ă  Saumane).

Pour approfondir

Bibliographie

  • H. Bouche, La Chorographie ou description de la Provence et l’histoire chronologique du mesme pays, T. I et II, Aix-en-Provence, 1664.
  • J. P. Papon, L’histoire gĂ©nĂ©rale de la Provence, T. I Ă  IV, Paris, 1777-1786.
  • C. F. Achard, Dictionnaire de la Provence et du Comtat Venaissin, dĂ©diĂ© Ă  Mgr le MarĂ©chal Prince de Beauvau, par une sociĂ©tĂ© de gens de lettres. Vocabulaire Provençal – François ; François – Provençal, T. I et II, Marseille, 1785.
  • C. F. Achard, Description historique, gĂ©ographique et topographique des villes, bourgs, villages et hameaux de la Provence ancienne et moderne, du ComtĂ© Venaissin, de la PrincipautĂ© d’Orange, du ComtĂ© de Nice, etc. T. I et II, Aix-en-Provence, 1787-1788.
  • Ch. Cottier, Notes historiques concernant les Recteurs du ci-devant ComtĂ© Venaissin, Carpentras, 1808.
  • J. F. AndrĂ©, Histoire du gouvernement des Recteurs dans le Comtat, Carpentras, 1847.
  • J. Courtet, Sur l’origine des mots Comtat Venaissin, Revue ArchĂ©ologique, VIe annĂ©e, Éd. Librairie Leleux, Paris, 1849.
  • J. Courtet, Dictionnaire gĂ©ographique, gĂ©ologique, historique, archĂ©ologique et biographique du dĂ©partement du Vaucluse, Avignon, 1876.
  • E. Bardinet, De la condition civile des Juifs du Comtat Venaissin pendant le sĂ©jour des papes d’Avignon (1309 – 1376), Revue Historique, 12, 1880.
  • E. Bardinet, Les Juifs du Comtat Venaissin au Moyen Âge. Leur rĂŽle Ă©conomique et intellectuel, Revue Historique, 14, 1880.
  • J. Liabastre, Histoire de Carpentras, ancienne capitale du ComtĂ©-Venaissin, Carpentras, 1891.
  • J. Girard, Les États gĂ©nĂ©raux du Comtat Venaissin depuis leur origine jusqu’à la fin du XVIe siĂšcle, T. V et VI, MĂ©moires de l’AcadĂ©mie du Vaucluse, 1905-1906.
  • C. Faure, Études sur l’administration et l’histoire du Comtat Venaissin du XIIIe au XIVe siĂšcle (1229 – 1417), Paris-Avignon, 1909.
  • A. Brun, Le Comtat Venaissin, essai d’étymologie, MĂ©moire de l’AcadĂ©mie du Vaucluse, 2e sĂ©rie, T. XII, 1910.
  • A. MossĂ©, Histoire des juifs d'Avignon et du Comtat Venaissin, Paris, 1934.
  • F. BenoĂźt, La Provence et le Comtat Venaissin, Paris, 1949.
  • Y. Burgues, Les États provinciaux face Ă  l’autoritĂ© pontificale dans Avignon et le Comtat Venaissin, Rencontres, 34, 1961.
  • J. GlĂ©nisson et G. Mollat, L’administration des États de l’Église au XIVe siĂšcle, BibliothĂšque des Ă©coles françaises d’AthĂšnes et de Rome, 1964.
  • H. Dubled, Les Juifs Ă  Carpentras Ă  partir du XIIIe siĂšcle, Provence Historique, 19, 1969.
  • R. H. Bautier, et J. Sornay, Les sources de l’histoire Ă©conomique et sociale du Moyen Âge : Provence, Comtat Venaissin, DauphinĂ©, États de la maison de Savoie, Tomes I Ă  III, C.N.R.S. Paris, 1974.
  • Jean de Mey, Les monnaies du Comtat Venaissin, Éd. Maison Plat, Paris, 1975.
  • R. L. MouliĂ©rac-Lamoureux, Le Comtat Venaissin pontifical, Institut vauclusien d’études rhodaniennes, 1977.
  • R. Pillorget, Les monnaies comtadines (XIVe-XVIIe siĂšcle), Rencontres n° 118, 1980.
  • H. Dubled, Histoire du Comtat Venaissin, Carpentras, 1981.
  • R. Moulinas, Les Juifs du Pape en France, Paris, 1981.
  • R. Moulinas, Histoire de la RĂ©volution d'Avignon, Éd. Aubanel, Coll. Les gens du Sud, Avignon, 1986.
  • J. Galas, sous la direction de, Les Carnets du Ventoux, Dossier : La RĂ©volution dans le Comtat, pp. 7 Ă  114, Éd. Alain BarthĂ©lemy, Avignon, juillet 1989.
  • L. Loubet, Carpentras et le Comtat Venaissin, coll. Monographies des villes et villages de France de Micberth, 1990, rĂ©imp. Ă©dit. 1891, 14 X 20, br., 184 p. (ISBN 2877602303)
  • R. Moulinas, Les Juifs du Pape, Éd. Albin Michel, Coll. PrĂ©sence du JudaĂŻsme, Paris, 1992.
  • M. Zerner, Le cadastre, le pouvoir et la terre : le Comtat Venaissin pontifical au dĂ©but du XVe siĂšcle, Collection de l’École française de Rome, 174, 1993.
  • D. et C. Iancu, Les Juifs du Midi. Une histoire millĂ©naire, Avignon, 1995.
  • P. Fournier, Eaux claires, eaux troubles dans le Comtat Venaissin, XVIIe - XVIIIe siĂšcles, Presses Universitaires de Perpignan, 1999.
  • Jean ChĂ©lini (sous la direction), Dictionnaire de la Provence et de la CĂŽte d'Azur, Pays et Terres de France, Collection Jacques Marseille, Éd. Larousse, Paris, 2002, (ISBN 2035751055)

Voir aussi

Liens internes

Liens externes


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Comtat Venaissin de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Comtat-Venaissin — PremiĂšre carte du Comtat Venaissin par Stephano Ghebellino (vers 1580) 
   WikipĂ©dia en Français

  • Comtat Venaissin — (fr) Coumtat Venessin Comtat Venaicin (oc) Papal enclave 
   Wikipedia

  • COMTAT VENAISSIN — COMTAT VENAISSIN, former papal territory in S.E. France, corresponding approximately to the present department of Vaucluse. Ceded in 1274 to the Holy See, to whom it belonged until the reunion with France in 1791, it became a distinct territory… 
   Encyclopedia of Judaism

  • comtat Venaissin — Comtat (le) ou comtat Venaissin anc. pays de France (Vaucluse) qui appartint Ă  la papautĂ© de 1274 Ă  1791 
   EncyclopĂ©die Universelle

  • Comtat Venaissin — Wappen des Comtat Venaissin Karte des Comtat Venaissin 
   Deutsch Wikipedia

  • Comtat-Venaissin — â–Ș former province, France also called  Comtat, or Venaissin,         former province of France and papal enclave, bounded on the north and northeast by DauphinĂ©, on the south by the Durance River, on the east by Provence, and on the west by the… 
   Universalium

  • Comtat Venaissin — Coumtat Venessin : le Comtat Venaissin 
   Diccionari Personau e Evolutiu

  • Liste des recteurs du Comtat Venaissin — DĂšs 1274, les premiers recteurs rĂ©sidĂšrent Ă  Pernes les Fontaines, ce ne fut qu en 1320 qu ils s installĂšrent Ă  Carpentras qui devint dĂšs lors la capitale du Comtat Venaissin. Sommaire 1 Recteurs du Comtat Venaissin 1.1 Sources 2 
   WikipĂ©dia en Français

  • Escadron de chasse 3/5 Comtat Venaissin — Fichier:Ec 3 5.jpg Escadron de chasse 3/5 Comtat Venaissin Type chasse Statut dissous Date cr 
   WikipĂ©dia en Français

  • AVIGNON ET COMTAT VENAISSIN — AVIGNON & COMTAT VENAISSI Autour d’Avignon, la prĂ©histoire a laissĂ© des traces surtout pour la pĂ©riode nĂ©olithique. Abris sous roche, stations en plein air, «fonds de cabanes» ont livrĂ© armes, outils, parures. Le dolmen de MĂ©nerbes et les stĂšles… 
   EncyclopĂ©die Universelle


Share the article and excerpts

Direct link

 Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.