Commune De Paris (1871)

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Commune De Paris (1871)

Commune de Paris (1871)

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La Commune de Paris d√©signe une p√©riode insurrectionnelle √† Paris qui dura deux mois environ, du 18 mars 1871 jusqu'√† la ¬ę semaine sanglante ¬Ľ (21 - 28 mai). Cette insurrection contre le gouvernement issu de l'Assembl√©e nationale, qui venait d'√™tre √©lue au suffrage universel, √©tablit une organisation proche de l'autogestion pour g√©rer la ville.

Dans plusieurs autres villes de France (Marseille, Lyon, Saint-√Čtienne, Narbonne, Toulouse, Le Creusot, Limoges[1]), des communes furent proclam√©es √† partir du 23 mars 1871, mais elles furent toutes rapidement r√©prim√©es. Pour Karl Marx, c'est la premi√®re insurrection prol√©tarienne autonome.

Affiche publique

Sommaire

Origines

La Commune de Paris trouve sa source dans un √©lan r√©publicain se r√©f√©rant √† la Premi√®re R√©publique et au gouvernement r√©volutionnaire de la Commune de Paris (1792), ainsi qu'√† l'insurrection populaire de juin 1848 sous la Deuxi√®me R√©publique et qui avait √©t√© r√©prim√©e de fa√ßon sanglante par le gouvernement instaur√© par la R√©volution de f√©vrier 1848. C'est d'ailleurs depuis cette date que le drapeau rouge rallie les insurrectionnalistes et barricadiers, parce qu'il symbolise le sang du peuple ouvrier, le drapeau tricolore √©tant synonyme de r√©pression (le drapeau rouge √©tait √† l'origine, sous la R√©volution, le drapeau symbolisant la loi martiale ; le peuple a repris ce symbole pour se moquer des monarques et des soldats).

De 1804 √† 1871, la France ayant v√©cu principalement sous des r√©gimes monarchiques ou imp√©riaux (Premier Empire, Restauration, Monarchie de Juillet, Second Empire), le r√©gime r√©publicain n'avait fonctionn√© que tr√®s peu d'ann√©es. En juillet 1870, Napol√©on III entreprend une guerre mal pr√©par√©e contre la Prusse qui le conduit rapidement √† la d√©faite. Le 4 septembre 1870, √† la suite d'une journ√©e d'√©meute, l'Empire est renvers√© et un Gouvernement de la D√©fense nationale s'installe √† l'H√ītel de ville de Paris pour poursuivre la guerre contre les √Čtats allemands. Paris est assi√©g√© et conna√ģt une grave famine au cours de l'hiver 1870-71. Jules Fabre, signe un armistice avec Bismarck. Celui-ci pr√©voit, outre la fin des hostilit√©s pour une p√©riode de quinze jours renouvelables, la convocation d'une Assembl√©e nationale, charg√©e de d√©cider de la poursuite de la guerre ou de la paix. Les √©lections du 8 f√©vrier, organis√©es dans la pr√©cipitation pour signer au plus vite l'armistice, envoient une forte proportion de monarchistes, candidats des listes "pour la paix", √† l'Assembl√©e nationale. La plus grande partie des √©lus de Paris sont des r√©publicains, des listes "pour la guerre", souvent extr√©mistes. En effet le peuple parisien pense s'√™tre correctement d√©fendu et ne se consid√®re pas comme vaincu. Il existe un foss√© grandissant entre les provinces et la capitale, confinant parfois √† l'exasp√©ration, la guerre ayant √©t√© d√©clench√©e en grande partie sous la pression de la rue parisienne.

L'Assemblée se réunit d'abord à Bordeaux, puis à Versailles, pour ne pas tomber sous les révoltes parisiennes comme cela a failli se produire pendant le gouvernement de la Défense nationale (31 octobre notamment).

Depuis le 17 f√©vrier, le gouvernement de la R√©publique est dirig√© par Adolphe Thiers "chef du pouvoir ex√©cutif" ; il cherche √† conclure un trait√© de paix avec la Prusse. Les Parisiens, qui ont support√© un si√®ge tr√®s dur, et sous le coup d'une fi√®vre obsidionale ( "la folie du si√®ge" ), veulent prot√©ger Paris des Prussiens et ouvrir une nouvelle √®re politique et sociale[2]. Ils refusent que les troupes fran√ßaises r√©cup√®rent les canons de Paris et craignent que les Prussiens, entr√©s dans la ville, ne s'en emparent. C'est donc l'√©preuve de force entre les royalistes, grands bourgeois et conservateurs provinciaux, tous favorables √† une paix rapide avec l'Allemagne, retir√©s √† Versailles et la population parisienne (essentiellement celle des quartiers de l'est parisien soumise aux tr√®s dures conditions salariales et sociales de l'√©poque et principale victime de la famine due au si√®ge de Paris par les Allemands).

√Ä Paris, la mixit√© sociale dans les quartiers, de r√®gle depuis le Moyen √āge, a presque disparu avec les transformations urbanistiques du Second Empire. Les quartiers de l'ouest (VIIe, VIIIe, XVIe et XVIIe arrondissements) concentrent les plus riches des Parisiens (avec leur domesticit√©). Les quartiers centraux conservent encore des personnes ais√©es. Mais les classes populaires ont √©t√© regroup√©es √† l'Est (XIe, XIIe, XIIIe, Xe, XVIIIe, XIXe et XXe arrondissements). Les ouvriers sont tr√®s nombreux : 442 000 sur 1,8 million d'habitants selon le recensement de 1866. S'y ajoutent de tr√®s nombreux artisans (pr√®s de 70 000, la plupart travaillant seuls ou avec un unique ouvrier) et de tr√®s petits commer√ßants dont la situation sociale est assez proche de celle des ouvriers. Ces classes populaires ont commenc√© √† s'organiser. Le droit de gr√®ve qui a √©t√© accord√© en 1864, a √©t√© tr√®s utilis√© dans les derni√®res ann√©es du Second Empire. √Ä l'occasion d'√©lections l√©gislatives de f√©vrier 1864, des ouvriers publient le manifeste des Soixante, qui r√©clame la libert√© du travail, l'acc√®s au cr√©dit et la solidarit√©. Depuis septembre 1864, il existe une Internationale ouvri√®re, qui a des repr√©sentants √† Paris (en 1868, le gouvernement imp√©rial dissout la section fran√ßaise de l'Internationale dont les membres ont particip√© √† des manifestations r√©publicaines). La loi sur la libert√© de la presse de 1868, permet l'√©mergence publique de revendications √©conomiques anti-capitalistes : la ¬ę nationalisation ¬Ľ des banques, des assurances, des mines, des chemins de fer (programme de Malon et Varlin pour les √©lections l√©gislatives de 1869)... Les blanquistes, qui pr√īnent l'insurrection, se manifestent de plus en plus.

Les classes populaires parisiennes craignent de se voir une nouvelle fois frustr√©es des b√©n√©fices de ¬ę leur ¬Ľ r√©volution de septembre 1870 (renversement du Second empire). D√©j√†, apr√®s les journ√©es r√©volutionnaires parisiennes de juillet 1830 et apr√®s celle de f√©vrier 1848, et les √©lections de mai 1848, les classes ais√©es avaient confisqu√© le pouvoir politique √† leur profit, en installant la Monarchie de juillet et le Second Empire. En 1871, les Parisiens sont m√©fiants envers l'assembl√©e nouvellement √©lue en f√©vrier 1871, o√Ļ les deux tiers des d√©put√©s sont des monarchistes de diverses tendances ou des bonapartistes. L'assembl√©e, m√©fiante du Paris populaire toujours pr√™t √† s'enflammer, d√©cide, le 10 mars, de si√©ger √† Versailles (ville sous contr√īle des Allemands et symbole de la monarchie absolue). L'assembl√©e m√®ne une politique sociale qui va mettre en difficult√©s une partie des Parisiens, d√©j√† √©prouv√©s par le si√®ge de la ville par l'arm√©e prussienne (durant cette p√©riode, la consommation d'absinthe est multipli√©e par cinq)[citation n√©cessaire]. Le 10 mars, elle d√©cide la suppression du moratoire des effets de commerce, des loyers et des dettes, d√©sormais ce sont trois termes qui deviennent exigibles. De nombreux ouvriers, artisans et commer√ßants se voient menac√©s dans leurs moyens de vivre (on estime √† pr√®s de 150 000 les personnes ainsi menac√©es de faillite ou de poursuites judiciaires). De plus, l'assembl√©e supprime la solde quotidienne de 1,50 franc des soldats de la Garde nationale, privant ainsi une partie des classes pauvres de Paris d'une source de revenus. Cette politique rappelle, aux plus vieux des Parisiens, celle men√©e au printemps 1848, par l'Assembl√©e domin√©e par le Parti de l'Ordre dont un des chefs √©tait Thiers. Quand le gouvernement d√©cide de d√©sarmer les Parisiens ceux-ci se sentent directement menac√©s. Il s'agit de soustraire aux Parisiens les 227 canons entrepos√©s √† Belleville et √† Montmartre. Les Parisiens consid√®rent ces canons comme leur propri√©t√©, qu'ils ont eux-m√™mes pay√©s lors de la guerre contre la Prusse par le biais de la souscription. Ils se voient sans d√©fense vis-√†-vis d'√©ventuelles attaques des troupes gouvernementales (comme en juin 1848). Cependant les Parisiens disposent de pr√®s de 500 000 fusils.

Déclenchement

Article d√©taill√© : Chronologie de la Commune de Paris (1871).

Thiers avait commandé la construction des fortifications qui entouraient Paris, alors qu'il était ministre de Louis-Philippe. Il avait conçu cette enceinte pour défendre la ville contre des ennemis, mais avait aussi déjà calculé à l'époque que, pour mettre un terme aux insurrections populaires, il suffisait d'enfermer les insurgés dans la ville, puis de les réprimer. En février 1848, Thiers avait vainement proposé ce plan au roi Louis-Philippe, pour briser la révolution parisienne.

Le 17 mars 1871, Thiers et son gouvernement, √©valuant mal l'√©tat d'esprit des Parisiens, envoient la troupe sous le commandement du G√©n√©ral Vinoy au cours de la nuit s'emparer des canons de la butte Montmartre. Ce m√™me jour, Thiers prend soin de faire arr√™ter Auguste Blanqui (r√©publicain r√©volutionnaire insurrectionnaliste surnomm√© ¬ę l'Enferm√© ¬Ľ parce qu'il avait pass√© plus de la moiti√© de sa vie dans les prisons des rois et de l'empereur) qui se reposait chez un ami m√©decin √† Bretenoux (Lot). De l√†, il le fait transf√©rer en Bretagne, sous surveillance militaire, avec ordre de tirer en cas d'√©vasion.

Les canons du 18 mars passant aux mains des insurgés

Le 18 mars, √† Montmartre, au matin, le peuple parisien s'oppose √† la troupe venue chercher les canons, puis, rapidement, celle-ci fraternise avec lui. Un peu partout dans Paris la population s'en prend aux repr√©sentants suppos√©s du gouvernement, √©l√®ve des barricades et fraternise avec la troupe. Deux g√©n√©raux, Claude Lecomte et Cl√©ment Thomas (responsable de massacres en juin 1848), sont fusill√©s rue des Rosiers (en partie rue du Chevalier-de-La-Barre actuelle). C'est le d√©but de l'insurrection. Thiers gagne Versailles. Environ 100 000 Parisiens, surtout provenant des quartiers chics de l'ouest parisien ou fonctionnaires, l'y suivent. Il semble qu'au cours des semaines suivantes, une bonne moiti√© de la population parisienne quitta la capitale.[r√©f. n√©cessaire]

Les acteurs de la Commune

Article d√©taill√© : Liste des √©lus de la Commune de Paris.

Les √©lections sont organis√©es le 26 mars pour d√©signer les 92 membres du Conseil de la Commune. Compte tenu des d√©parts de Parisiens avant et apr√®s le si√®ge de Paris par les Allemands, et de ceux qui suivent Thiers √† Versailles (100 000 selon les dires de Thiers) les abstentions sont d'environ 25 pour cent, nombre normal pour l'√©poque. L'√©lection d'une vingtaine de candidats ¬ę mod√©r√©s ¬Ľ, repr√©sentant les classes ais√©es, montre que les √©lections furent relativement libres. Les arrondissements de l'est et du nord (XVIIIe, XIXe, XXe, Xe, XIe), le XIIe et le XIIIe dans le sud ont vot√© massivement pour les candidats f√©d√©r√©s. Les Ier, IIe, VIIIe, IXe et XVIe ont quant √† eux vot√© massivement pour les candidats pr√©sent√©s par les maires du Parti de l'Ordre (environ 40 000 voix) et les abstentions y ont √©t√© tr√®s importantes. En fait 70 si√®geront, du fait de la d√©mission rapide d'√©lus mod√©r√©s et de l'impossibilit√© pour certains d'√™tre pr√©sents √† Paris (par exemple Blanqui) et des doubles √©lections. Le Conseil est repr√©sentatif des classes populaires et de la petite bourgeoisie parisiennes. On y trouve 25 ouvriers, 12 artisans, 4 employ√©s, 6 commer√ßants, 3 avocats, 3 m√©decins, 1 pharmacien, 1 v√©t√©rinaire, 1 ing√©nieur, 1 architecte, 2 artistes peintres, 12 journalistes.

Toutes les tendances politiques r√©publicaines et socialistes sont repr√©sent√©es jusqu'aux anarchistes. Parmi la vingtaine de ¬ę jacobins ¬Ľ, admirateurs de la R√©volution de 1789 et plut√īt centralisateurs, on trouve Charles Delescluze, F√©lix Pyat, Charles Ferdinand Gambon, Paschal Grousset... √Ä peine plus nombreux les ¬ę radicaux ¬Ľ, partisans de l'autonomie municipale et d'une r√©publique d√©mocratique et sociale, tels Arthur Arnould, Charles Amouroux, Victor Cl√©ment, Jules Bergeret, etc. On compte une dizaine de ¬ę blanquistes ¬Ľ, adeptes de l'insurrection avant-gardistes, comme Jean-Baptiste Chardon, √Čmile Eudes, Th√©ophile Ferr√©, Raoul Rigault, Gabriel Ranvier... Quelques ¬ę proudhoniens ¬Ľ, partisans de r√©formes sociales si√®gent : L√©o Fr√§nkel, Beno√ģt Malon, Eug√®ne Varlin... Enfin des ¬ę ind√©pendants ¬Ľ ont √©t√© √©lus, tels Jules Vall√®s et Gustave Courbet...

Rapidement le Conseil de la Commune se divise en ¬ę majorit√© ¬Ľ et ¬ę minorit√© ¬Ľ. Les majoritaires sont les ¬ę jacobins ¬Ľ, les ¬ę blanquistes ¬Ľ et les ¬ę ind√©pendants ¬Ľ. Pour eux le politique l'emporte sur le social. Se voulant les continuateurs de l'action des Montagnards de 1793, ils ne sont pas hostiles aux mesures centralisatrices voire autoritaires ; cependant ils voteront toutes les mesures sociales de la Commune. Ce sont eux qui imposeront la cr√©ation du Comit√© de Salut public le 1er mai par 45 voix contre 23. Les minoritaires sont les ¬ę radicaux ¬Ľ et les ¬ę internationalistes ¬Ľ proudhoniens, ils s'attachent √† promouvoir des mesures sociales et anti-autoritaires, ils sont les partisans de la R√©publique sociale. Ces tendances se cristalliseront le 28 avril, lorsque les majoritaires imposent la cr√©ation d'un Comit√© de salut public, organisme que les minoritaires refusent car il leur semble contraire √† l'aspiration d√©mocratique et autonomiste de la Commune. Si ces luttes d'influence sont incomprises d'une grande partie des Parisiens, les deux tendances feront combat commun d√®s l'entr√©e des troupes versaillaises dans Paris.

√Ä c√īt√© de ces personnalit√©s, il ne faut pas oublier l'extraordinaire effervescence politique que manifestent les classes populaires de Paris. La tension politique est maintenue par les √©lections √† r√©p√©tition, le 26 mars pour le Conseil de la Commune et le 16 avril pour des √©lections compl√©mentaires. Les c√©r√©monies officielles permettent aussi les rassemblements : l'installation du Conseil de la Commune √† l'h√ītel de ville le 28 mars, les obs√®ques du socialiste Pierre Leroux √† la mi-avril, la destruction de l'h√ītel particulier de Thiers, la d√©molition de la Colonne Vend√īme le 16 mai. Mais surtout la population peut se retrouver dans de nombreux clubs pour y discuter de la situation, proposer des solutions voire faire pression sur les √©lus ou aider l'administration communale. R√©unis dans les lieux les plus divers, ils permettent √† des orateurs r√©guliers ou occasionnels de faire entendre les aspirations de la population, en particulier la mise sur pied d'un nouvel ordre social favorable aux classes populaires (comme le Club de la R√©volution anim√© par Louise Michel). Si ces clubs sont nombreux dans les quartiers centraux (Ier, IIe, IIIe, IVe, Ve et VIe arrondissements), les quartiers chics de l'ouest parisien n'en comptent aucun (VIIe, VIIIe et XVIe). Les clubs se f√©d√©r√®rent le 7 mai afin d'avoir des contacts plus efficaces avec le Conseil de la Commune. S'ajoutant aux titres d√©j√† existants, plus de 70 journaux sont cr√©√©s pendant les 70 jours de la Commune. Mais la libert√© de la presse est restreinte d√®s le 18 avril, et le 18 mai le Comit√© de Salut public interdit les journaux favorables au gouvernement Thiers. Les journaux les plus influents sont Le Cri du Peuple de Jules Vall√®s, Le Mot d'ordre d'Henri Rochefort, L'Affranchi de Paschal Grousset, Le P√®re Duchesne de Vermersch, La Sociale avec madame Andr√© L√©o, Le vengeur de F√©lix Pyat, La Commune.

La Commune √† l‚ÄôŇďuvre

¬ę La Commune de Paris, consid√©rant que la colonne imp√©riale de la place Vend√īme est un monument de barbarie, un symbole de la force brute et de la fausse gloire, une affirmation du militarisme, une n√©gation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perp√©tuel √† l'un des trois grands principes de la R√©publique fran√ßaise, la fraternit√©, d√©cr√®te : La colonne de la place Vend√īme sera d√©molie[3]. ¬Ľ

- Placard de la Commune de Paris

D√®s le 29 mars, le Conseil de la Commune forme en son sein dix commissions : ex√©cutive, militaire, subsistance, finances, justice, s√Ľret√© g√©n√©rale, travail, industrie et √©changes, services publics et enseignement. Le 21 avril le Conseil d√©cide qu'un membre de la commission ex√©cutive est ¬ę d√©l√©gu√© ¬Ľ aupr√®s de chacune des neuf autres commissions pour en diriger les travaux. Gustave Cluseret devient d√©l√©gu√© √† la Guerre (remplac√© le 1er mai par Louis Rossel lui-m√™me remplac√© le 10 mai par Charles Delescluze); Auguste Viard est D√©l√©gu√© aux Subsistances; √Čdouard Vaillant √† l'enseignement; Raoul Rigault √† la S√Ľret√© g√©n√©rale (o√Ļ il sera remplac√© le 24 avril par Fr√©d√©ric Cournet, puis le 13 mai par Th√©ophile Ferr√©) ; L√©o Fr√§nkel, est nomm√© au Travail, √† l'Industrie et aux √Čchanges; Jules Andrieu est aux Travaux publics. Le Comit√© de Salut public, cr√©√© le 28 avril, dont les attributions n'ont pas √©t√© pr√©cis√©es, vient empi√©ter sur celles des commissions et cr√©e une certaine confusion (qui aboutira le 10 mai √† la d√©mission de Louis Rossel, d√©l√©gu√© √† la Guerre).

La Commune va administrer Paris jusqu'au 20 mai. Son action législatrice est considérable, de nombreuses mesures sont prises et appliquées à Paris pendant les 70 jours qu'elle dura. La plupart furent abolies après la destruction de la Commune. Sont décrétées des mesures d'avant-garde que la république n'a repris que plusieurs décennies plus tard.

Le Conseil de la Commune, commence par r√©gler les questions qui sont √† l'origine du soul√®vement du 18 mars. Le 29 mars, un d√©cret remet les loyers non pay√©s d'octobre 1870 √† avril 1871; la vente des objets d√©pos√©s au Mont-de-Pi√©t√© est suspendue. Le 12 avril, les poursuites concernant les √©ch√©ances non pay√©es sont suspendues, le 16 avril un d√©lai de trois ans est accord√© pour r√©gler les dettes et les √©ch√©ances. Le 6 mai, le d√©gagement gratuit des d√©p√īts, faits au Mont-de-Pi√©t√©, inf√©rieurs √† 6 francs est permis. La solidarit√© est √©galement organis√©e. Une pension est vers√©e aux bless√©s, aux veuves (600 francs) et aux orphelins (365 francs) des gardes nationaux tu√©s au combat (8 et 10 avril). Le 25 avril un d√©cret r√©quisitionne les logements vacants au profit des sinistr√©s des bombardements allemands et versaillais. Des orphelinats sont cr√©√©s avec l'aide en fourniture des familles parisiennes. La question du ravitaillement est moins cruciale que pendant le si√®ge hivernal de Paris par les Prussiens. Sauf le pain qui est tax√©, les autres aliments se trouvent suffisamment gr√Ęce aux stocks accumul√©s apr√®s le si√®ge, aux arrivages des terres agricoles et jardins compris entre les fortifications et les lignes allemandes. Pourtant, par sa circulaire du 21 avril, le gouvernement Thiers impose le blocus ferroviaire de la capitale. Des ventes publiques de pommes de terre, des boucheries municipales sont cr√©√©es (22 avril) pour all√©ger le budget des familles (√† l'√©poque essentiellement constitu√© du poste alimentation). Des cantines municipales, des distributions de repas (comme les Marmites de Varlin) fonctionnent, des bons de pain sont distribu√©s.

Chute de la colonne Vend√īme de Andr√© Adolphe Eug√®ne Disderi (1819 - 1889)

La Commune prend quelques mesures symboliques : le drapeau rouge est adopt√© le 28 mars, et le calendrier r√©publicain (an 79 de la R√©publique) est de nouveau en vigueur. La destruction de la colonne Vend√īme, consid√©r√©e comme le symbole du despotisme imp√©rial, est d√©cr√©t√©e le 12 avril et r√©alis√©e le 16 mai. La confiscation des biens de Thiers et la destruction de son h√ītel particulier √† Paris sont d√©cid√©es (Thiers se fera rembourser plus d'un million de francs).

La démocratie citoyenne

L'appel du 22 mars √©nonce que "les membres de l'assembl√©e municipale, sans cesse contr√īl√©s, surveill√©s, discut√©s par l'opinion, sont r√©vocables, comptables et responsables" et leur mandat est imp√©ratif. C'est la cons√©cration du gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple : une d√©mocratie directe reposant sur une citoyennet√© active. Cf. Constitution de 1793 dans laquelle le droit √† l'insurrection est "le plus sacr√© des droits et le plus imprescriptible des devoirs".

La Commune de Paris a √©t√© favorable aux √©trangers : "Consid√©rant que le drapeau de la commune est celui de la R√©publique universelle ; consid√©rant que toute cit√© a le droit de donner le titre de citoyen aux √©trangers qui la servent...".

Vers l'émancipation des femmes

Pendant la Commune se cr√©e le premier mouvement f√©minin de masse : l'Union des Femmes pour la d√©fense de Paris et les soins aux blesses sous l'impulsion d'Elisabeth Dmitrieff, jeune aristocrate russe et de Nathalie Le Mel, ouvri√®re relieuse. Les femmes r√©clament le droit au travail et l'√©galit√© des salaires; (un commencement d'application est mis en place pour les institutrices).- l'union des femmes participe au recensement des ateliers abandonn√©s par les patrons (les francs fileurs) partis se r√©fugier √† Versailles et organise des ateliers autog√©r√©s; la commune reconnait l'union libre (elle verse aux veuves de f√©d√©r√©s mari√©es on non ainsi qu'√† leurs enfants l√©gitimes ou naturels une pension; les femmes mettent en application le d√©cret de s√©paration de l' Eglise et de l'Etat dans les √©coles et les h√īpitaux; elles se battent comme Louise Michel et d'autres sous l'habit de f√©d√©r√©s et elles d√©fendent Paris contre les Versaillais sur les barricades (une centaine place blanche avec Nathalie le Mel);sur le chemin de l'√©mancipation des femmes , la Commune a marqu√© une √©tape importante. [4]

Presse

La libert√© de la presse est r√©affirm√©e le 19 mars par le Comit√© central de la garde nationale. Les journaux anticommunards continuent donc de para√ģtre √† Paris, et se livrent √† des attaques violentes contre le soul√®vement et relaient les mots d'ordre politiques de Thiers. Aussi d√®s le 5 avril Le Journal des D√©bats et La Libert√©, jug√©s proversaillais sont interdits. Le 12 ce sera Le Moniteur universel. La presse proversaillaise continuant ses attaques, le 9 avril, la Commission de S√Ľret√© g√©n√©rale, rappelle que la "d√©claration pr√©alable" reste en vigueur pour la presse. D√®s le 18 avril la Commune menace d'interdiction les journaux qui "sont favorables aux int√©r√™ts de l'arm√©e ennemie" et qui continuent tout de m√™me de para√ģtre. C'est surtout en mai que la lutte contre la presse proversaillaise prend de la vigueur, le 5 mai, 7 journaux sont supprim√©s, le 11 ce sont 5 autres journaux et le 18 mai, 9 autres. Il est bien √©vident que la presse parisienne procommunarde ne peut √™tre diffus√©e en province du fait de la vigilance du gouvernement Thiers.

Fonctionnaires

La Commune doit faire face √† l'absent√©isme des fonctionnaires, qui pour une grande part sont partis √† Versailles avec Adolphe Thiers ou qui restent chez eux comme ce dernier leur ordonne. Il s'agit aussi de changer l'√©tat d'esprit de ces agents publics recrut√©s sous le Second Empire. La Commune d√©cide l'√©lection au suffrage universel des fonctionnaires (y compris dans la justice et dans l'enseignement), le traitement maximum sera de 6 000 francs annuels (l'√©quivalent du salaire d'un ouvrier) (2 avril) et le cumul est interdit (4 mai). Les fonctionnaires ne doivent plus le serment politique et professionnel.

Conditions de travail

Le Conseil de la Commune, issu d'un mouvement populaire, se pr√©occupe d'am√©liorer la condition des prol√©taires. La Commune entend r√©aliser l'aspiration du mouvement ouvrier fran√ßais du XIXe si√®cle : "l'√©mancipation des travailleurs par les travailleurs eux-m√™mes" (la Sociale).

Le 20 avril, le travail de nuit dans les boulangeries est interdit, mais il faut lutter contre le travail clandestin par des saisies de marchandises et affichage de la sanction dans les boutiques. Le 16 avril, un d√©cret r√©quisitionne les ateliers abandonn√©s par leurs propri√©taires (assimil√©s √† des d√©serteurs) et pr√©voit de les remettre √† des coop√©ratives ouvri√®res apr√®s indemnisation du propri√©taire : deux ateliers fonctionneront ainsi pour la fabrication d'armes (la journ√©e de travail y est de 10 heures et l'encadrement est √©lu par les salari√©s). Pour lutter contre une pratique patronale tr√®s r√©pandue, la Commune interdit les amendes et retenues sur salaires dans les administrations publiques et les entreprises priv√©es (28 avril). Pour lutter contre le sous salariat dans les appels d'offres concernant les march√©s publics, un cahier des charges avec indication du salaire minimum est cr√©√©. Les bureaux de placement de la main d'Ňďuvre, entreprises priv√©es tr√®s florissantes sous l'Empire, monopoles agissant bien souvent comme des "n√©griers", sont supprim√©s et remplac√©s par des bureaux municipaux (20 avril).

La Commune annonce les prémices de l'autogestion. Dans les entreprises, un conseil de direction est élu tous les 15 jours par l'atelier et un ouvrier est chargé de transmettre les réclamations.

Justice

La plupart des professionnels de la justice ayant disparu, il faut pourvoir √† tous les postes (il n'y a plus que deux notaires en activit√© dans Paris). Il y a beaucoup de projets mais faute de temps peu seront mis en application. Les enfants l√©gitim√©s sont consid√©r√©s comme reconnus de droit. Le mariage libre par consentement mutuel est d√©cid√© (16 ans pour les femmes, 18 ans pour les hommes) ; les actes notariaux (donation, testament, contrat de mariage) sont gratuits. Pour temp√©rer l'activit√© r√©pressive de Rigault (√† la S√Ľret√© g√©n√©rale) il est d√©cid√© une sorte d‚Äôhabeas corpus : les suspects arr√™t√©s par le Comit√© central de la Garde nationale ou la S√Ľret√©, doivent avoir une instruction imm√©diate de leur affaire (8 avril) ; les perquisitions et les r√©quisitions sans mandat sont interdites (14 avril) ; il est obligatoire d'inscrire le motif de l'arrestation sur les registres d'√©crous (18 avril) ; une inspection des prisons est cr√©√©e (23 avril).

Enseignement

Dans l'enseignement, le personnel de l'administration centrale est r√©fugi√© √† Versailles, les √©coles priv√©es congr√©ganistes, nombreuses car favoris√©es par la loi Falloux[5] de 1850, sont vid√©es de leurs √©l√®ves[6] depuis le d√©cret du 2 avril "s√©parant l'√Čglise de l‚Äô√Čtat". Les professeurs du secondaire et du sup√©rieur, assez peu favorables √† la Commune, ont d√©sert√© lyc√©es et facult√©s. √Čdouard Vaillant, charg√© de ce secteur, pr√©voit une r√©forme qui vise √† l'uniformisation de la formation primaire et professionnelle. Deux √©coles professionnelles, une de gar√ßons et une de filles, sont ouvertes. L‚Äôenseignement est la√Įcis√© : l'enseignement confessionnel est interdit, les signes religieux chr√©tiens sont enlev√©s des salles de classe. Une commission exclusivement compos√©e de femmes est form√©e le 21 mai pour r√©fl√©chir sur l'enseignement des filles. Quelques municipalit√©s d'arrondissement, celle du XXe en particulier, qui ont alors la responsabilit√© financi√®re de l'enseignement primaire, rendent l'√©cole gratuite et la√Įque. Notons que le personnel enseignant, qui est √† la charge des municipalit√©s, re√ßoit une r√©mun√©ration de 1 500 francs annuels pour les aides-instituteurs et 2 000 pour les directeurs, avec √©galit√© de traitement entre les hommes et les femmes.

Cultes

Dans le domaine des cultes, la Commune rompt avec le Concordat de 1802 qui faisait du catholicisme "la religion de la majorit√© des Fran√ßais" et des cur√©s et √©v√™ques des fonctionnaires. √Ä la fin de l'Empire, les classes populaires parisiennes sont assez hostiles au catholicisme, tr√®s li√© au r√©gime imp√©rial et aux conservateurs. L'anticl√©ricalisme a √©t√© revigor√© par la propagande blanquiste, tr√®s ath√©e, et par l'attitude du pape Pie IX face √† l'unification de l'Italie. Le 2 avril, la Commune d√©cr√®te la s√©paration de l'√Čglise (catholique) et de l'√Čtat, la suppression du budget des cultes, la s√©cularisation des biens des congr√©gations religieuses. Les religieux des couvents de Picpus, des Dames-Blanches et d'Arcueil sont inqui√©t√©s ou arr√™t√©s sous divers pr√©textes. Les √©glises de Saint-Laurent et de Notre-Dame des Victoires sont perquisitionn√©es. L'archev√™que de Paris, Georges Darboy, est arr√™t√© comme otage le 2 avril. La demande d'√©change avec Auguste Blanqui, d√©tenu par le gouvernement Thiers, est repouss√©e le 12 avril puis le 14 mai par Adolphe Thiers. Monseigneur Darboy est ex√©cut√© par les Communards comme quatre autres eccl√©siastiques en repr√©sailles de l'avance des troupes versaillaises.

Le gouvernement de Versailles contre la Commune de Paris

Les Prussiens contribuèrent à l'offensive contre la Commune. Ici, batterie prussienne au Fort d'Aubervilliers, pointée sur Paris.

Une grande partie de l'action de la Commune fut de lutter contre l'offensive men√©e par les troupes du gouvernement de Thiers : les ¬ę versaillais ¬Ľ.

Comme le prouve la correspondance t√©l√©graphique qu'il entretient avec Jules Favre qui n√©gocie la paix avec les Allemands, Thiers b√©n√©ficie de l'appui du chancelier allemand Bismarck. Il s'agit en effet de mettre au plus t√īt fin aux hostilit√©s entre la France et l'Allemagne, une des conditions √©tant le d√©sarmement de Paris. Alors que la convention d'armistice n'autorise que 40 000 soldats fran√ßais en r√©gion parisienne, Bismarck lib√®re rapidement pr√®s de 60 000 prisonniers de guerre qui peuvent s'adjoindre aux 12 000 soldats dont dispose Thiers. Le 1er avril, Thiers avoue √† l'Assembl√©e nationale qu'il met sur pieds ¬ę une des plus belles arm√©es que la France ait poss√©d√©e ¬Ľ. Les versaillais seront 130 000 au d√©but de la Semaine sanglante. Ces soldats d'une arm√©e de m√©tier (service de 7 ans) sont surtout issus du milieu paysan. Les conseils de r√©vision √©cartent la plupart des jeunes gens des villes pour ¬ę d√©ficience physique ¬Ľ, en raison des conditions de travail que l'industrie de l'√©poque impose aux jeunes ouvriers, malgr√© la loi de 1841 sur le travail des enfants. Ils sont command√©s par le vaincu de Sedan, le mar√©chal de Mac Mahon. En ¬ę banlieue ¬Ľ nord et est de Paris, qu'ils contr√īlent, les Allemands laissent passer les troupes versaillaises qui veulent contourner Paris. De plus, les Allemands, par convention avec le gouvernement Thiers, occupent le Chemin de fer du Nord, √©tablissent un barrage de troupes de la Marne √† Montreuil et massent 80 canons et 5000 soldats pr√®s de la Porte et du fort de Vincennes (tenus par les f√©d√©r√©s de la Commune) bloquant ainsi la sortie par l'est de la capitale.

Face √† cette arm√©e nombreuse, exp√©riment√©e et bien arm√©e, la Commune dispose des hommes de la Garde nationale. Depuis la Restauration, tous les hommes de 25 √† 50 ans pourvus de leurs droits politiques en font partie. Les armes sont fournies par l'√Čtat, mais l'habillement reste √† la charge du garde. √Ä Paris, le recrutement se fait par arrondissement. Dans les limites communales le service est gratuit, mais le garde re√ßoit une solde s'il sert au-del√†. Sous le Second Empire, tous les hommes mari√©s de 25 √† 50 ans sont enr√īl√©s. Le 12 ao√Ľt 1870, le gouvernement r√©organise 60 bataillons. Les quartiers bourgeois de Paris (l'ouest et le centre de la capitale) en fournissent plus des trois quarts. D√©but septembre le gouvernement de la D√©fense nationale en cr√©e 60 autres, fin septembre il y a 254 bataillons. Les nouvelles cr√©ations sont aux trois quarts issues des quartiers populaires de l'Est parisien (Xe, XIe, XVIIIe, XIXe et XXe arrondissements). On peut y voir l'influence du si√®ge de Paris par les Allemands qui ranime la fibre patriotique des Parisiens, mais aussi l'espoir de toucher la solde, devenue le seul revenu des familles ouvri√®res touch√©es par le ch√īmage cons√©cutif au blocus de Paris par les Allemands. Au cours du si√®ge, le manque d'entra√ģnement des dits bataillons eut des r√©sultats d√©sastreux sur leur performance militaire, qui fut assez m√©diocre. L'attitude volontiers frondeuse des dits bataillons-qui refus√®rent cat√©goriquement de se porter sur Sedan ne leur rallia pas exactement les autres unit√©s fran√ßaises.

Le 5 avril la Commune d√©cr√®te la mobilisation comme volontaires des jeunes gens de 17 √† 19 ans et en service obligatoire des c√©libataires et hommes mari√©s de 19 √† 40 ans. Ces hommes n'ont pratiquement pas d'exp√©rience militaire et s'ils sont anim√©s d'une ardeur r√©publicaine sont assez r√©ticents √† la discipline et souffrent, malgr√© quelques exceptions remarquables (Dombrowski, Louis-Nathaniel Rossel), d'une insuffisance du commandement (les officiers sont √©lus plus sur leurs convictions que sur leurs capacit√©s √† diriger des soldats). En th√©orie la Commune dispose de pr√®s de 194 000 hommes de troupe, sous-officiers et officiers (nombre publi√© par le Journal officiel de la Commune le 6 mai). En fait les combattants sont moins nombreux. Les estimations vont de 10 000 (Camille Pelletan) √† 41 500 (Cluseret, d√©l√©gu√© √† la Guerre, le 5 avril). On peut les estimer √† 25-30 000 d√©but avril et moiti√© moindre √† la mi-mai. L'h√©morragie peut s'expliquer par le fait que beaucoup d'inscrits ne le sont que pour la solde et rest√®rent spectateurs pendant les combats ; sans compter ceux qui p√©rirent dans les op√©rations militaires contre les troupes versaillaises.

Le deuxième siège de Paris

Guerre civile, lithographie d'√Čdouard Manet, 1871

Les ¬ę versaillais ¬Ľ passent √† l'attaque les premiers. Le 2 avril ils occupent le fort du Mont-Val√©rien, o√Ļ les f√©d√©r√©s de la Commune ont n√©glig√© de s'installer, avantage consid√©rable, puisque cette position domine toute la proche banlieue ouest de Paris. Le 30 mars, le g√©n√©ral Gaston de Galliffet, d√©loge les f√©d√©r√©s du rond-point de Courbevoie et le 2 avril les ¬ę versaillais ¬Ľ s'emparent de Courbevoie et Puteaux, alors que les f√©d√©r√©s se replient vers Neuilly. Le 3 avril la Commune lance, sous les ordres de Flourens, Eudes et Duval, une contre-offensive en direction de Versailles, elle se solde par un √©chec √† Rueil et √† Ch√Ętillon. Gustave Flourens est assassin√© par un officier de gendarmerie √† Rueil, et Duval est fusill√© avec son √©tat-major le 4, sans proc√®s, sur ordre du g√©n√©ral Vinoy. Le m√™me jour Gustave Cluseret est nomm√© d√©l√©gu√© √† la Guerre de la Commune. En r√©ponse aux actes des versaillais, la Commune vote, le 5 avril, le d√©cret des otages (3 otages fusill√©s pour un communard ex√©cut√©), qui ne sera mis en application que pendant la Semaine sanglante fin mai. Pendant trois semaines environ, les combats sont sporadiques mais les bombardements sont intensifs, en particulier sur Neuilly, qui le 25 b√©n√©ficie d'une suspension d'armes pour permettre l'√©vacuation de la population. Cette p√©riode permet √† l'arm√©e versaillaise de se renforcer.

Barricade, lithographie d'√Čdouard Manet, 1871

Le 26 avril, au soir, le village des Moulineaux est occup√© par les ¬ę versaillais ¬Ľ, qui le 29 menacent fort d'Issy (o√Ļ des ordres contradictoires ont entra√ģn√© un d√©but d'√©vacuation). Le 1er mai, Louis Rossel est nomm√© D√©l√©gu√© √† la Guerre en remplacement de Cluseret qui a √©t√© r√©voqu√©. Le 4 mai les ¬ę versaillais ¬Ľ, certainement aid√©s par une trahison (qui sera le pr√©texte de l‚Äôarrestation des dominicains d'Arcueil), enl√®vent la redoute du Moulin-Saquet, o√Ļ ils se livrent √† des atrocit√©s. Le 5, ils s'emparent du village de Clamart. Le 8, l'enceinte fortifi√©e de Paris est violemment bombard√©e de Grenelle √† Passy, tandis que le 9, le fort d'Issy est pris par les ¬ę versaillais ¬Ľ. C'est le 8 mai que le gouvernement Thiers, adresse un ultimatum aux Parisiens qui sont somm√©s de capituler. Le 10 mai, Charles Delescluze remplace Louis-Nathaniel Rossel d√©missionnaire comme d√©l√©gu√© √† la Guerre. Le 13 mai les ¬ę versaillais ¬Ľ occupent le fort de Vanves, mais sont stopp√©s par l'artillerie de remparts de la Commune. Le 17 mai, la cartoucherie de l'avenue Rapp explose dans des circonstances peu claires. On parlera de sabotage, mais il s'agissait d'une poudrerie dans laquelle on faisait des travaux de soudage...

Le 20 mai, Jules Ducatel pr√©sent au bastion n¬į 24, permet aux ¬ę versaillais ¬Ľ de p√©n√©trer dans Paris par la Porte de Saint-Cloud. Commence alors la Semaine sanglante. Jules Ducatel piqueur des Ponts-et-Chauss√©es qui n'est pas favorable √† la Commune est arr√™t√© par les f√©d√©r√©s, il allait √™tre fusill√© face √† l'√©cole militaire, quand il fut sauv√© par l'arriv√©e de l'arm√©e r√©guli√®re. Son acte initial a conduit le directeur du Figaro Henri de Villemesant, √† faire dans son journal une souscription publique qui rapporta 125000 francs Or √† Jules Ducatel.

Répression

Article d√©taill√© : Semaine sanglante.
Cadavres de Communards (Photographie attribuée à Eugène Disderi)

La Commune fut finalement vaincue durant la Semaine sanglante, qui d√©buta avec l'entr√©e des troupes versaillaises dans Paris le 21 mai pour s'achever avec les derniers combats au cimeti√®re du P√®re-Lachaise le 28 mai. Les t√©moins mentionnent tous de nombreuses ex√©cutions sommaires de la part des troupes versaillaises. On √©voque, selon les sources, de 10 000 √† 107 000 victimes (P.O. Lissagaray Histoire de la Commune de 1871). En contrepartie, les f√©d√©r√©s furent accus√©s d'avoir d√©truit une partie de Paris en incendiant de nombreux immeubles et en particulier plusieurs monuments publics historiques : le Palais des Tuileries, symbole du pouvoir royal et imp√©rial, le Palais de Justice dont la Sainte-Chapelle √©chappa aux flammes, le Palais de la L√©gion d'honneur, la Cour des Comptes et l'H√ītel de Ville.

H√ītel de Ville

Le Louvre √©chappa √† la destruction gr√Ęce √† l'intervention d'un colonel de l'arm√©e de Versailles qui ordonna aux soldats sous ses ordres d'intervenir pour emp√™cher que le feu au palais des Tuileries ne se communique au mus√©e. La biblioth√®que de l'H√ītel de Ville et la totalit√© des archives de Paris furent an√©anties durant ces incendies, ainsi que tout l'√©tat civil parisien (un exemplaire existait au Palais de Justice, l'autre √† l'H√ītel de Ville qui furent tous deux la proie des flammes). La plus grande partie des archives de la police fut √©galement d√©truite par le feu. D'autres richesses culturelles connurent le m√™me sort, ainsi par exemple la maison de Prosper M√©rim√©e rue de Lille, qui br√Ľla avec tous ses livres, souvenirs, correspondances et manuscrits. Il est cependant n√©cessaire de rappeler que les bombardements incessants des troupes r√©guli√®res fran√ßaises furent aussi responsables de nombreux incendies. Les tirs de l'artillerie versaillaise furent la cause de nombreuses destructions, notamment dans tout l'ouest parisien. Le minist√®re des Finances, rue de Rivoli, touch√© par eux, fut la proie des flammes. Des combats de rue farouches occasionn√®rent √† la capitale des d√©g√Ęts gigantesques qu'il fut ais√©, apr√®s coup, d'attribuer aux seuls f√©d√©r√©s vaincus.

Parall√®lement, les communards ex√©cut√®rent 47 otages. La plupart √©taient des religieux. Le plus c√©l√®bre d'entre eux, l'archev√™que de Paris Mgr Georges Darboy, fut arr√™t√© le 4 avril 1871 avec quatre innocents, sur l'ordre de la Commune de Paris qui agissait en vertu du ¬ę d√©cret des otages ¬Ľ du 2 prairial An 79. Il fut enferm√© √† la prison de Mazas et ex√©cut√© √† la Roquette suite √† l'attaque des versaillais le 24 mai. Il faut ajouter √† cette ex√©cution le massacre des dominicains d'Arcueil et des j√©suites de la rue Haxo.

La r√©pression contre les communards fut impitoyable : il y eut beaucoup d'ex√©cutions sans jugement, par exemple d'ouvriers dont les mains portaient ou semblaient porter des traces de poudre r√©v√©lant l'emploi r√©cent d'armes √† feu. Les tribunaux de leur c√īt√© prononc√®rent 10 137 condamnations : 93 √† mort, 251 aux travaux forc√©s, 4586 √† la d√©portation (en particulier en Nouvelle-Cal√©donie), le reste √† des peines de prison variables. Seuls 23 condamn√©s √† mort furent ex√©cut√©s. Les lois d'amnistie n'interviendront qu'en 1880. Longtemps encore apr√®s ces √©v√®nements, la gauche resta hostile au g√©n√©ral Gaston de Galliffet, surnomm√© pour son z√®le r√©pressif ¬ę le boucher de la Commune ¬Ľ. Seul l'√©crivain Albert de Mun s'√©l√®va contre la violence de la r√©pression.

√Ä l'emplacement du point de d√©part du soul√®vement communard parisien, la basilique du Sacr√©-CŇďur de Montmartre fut construite par l'√Čglise et l'√Čtat pour, entre autres, ¬ę expier les crimes des f√©d√©r√©s ¬Ľ. Sa construction d√©buta en 1873.

Consid√©r√©e par eux comme le premier pouvoir r√©volutionnaire prol√©tarien, la Commune de Paris a depuis √©t√© revendiqu√©e comme mod√®le ‚ÄĒ mais avec des points de vue diff√©rents ‚ÄĒ par la gauche, l'extr√™me-gauche et les anarchistes ; elle inspira de nombreux mouvements r√©volutionnaires qui en tir√®rent des le√ßons leur permettant d'entreprendre d'autres r√©volutions (la r√©volution russe et les conseils (soviets), la r√©volution espagnole et les collectivit√©s, etc.).

Chronologie

Article d√©taill√© : Chronologie de la Commune de Paris (1871).
Constitution de la garde nationale

√Čvocations artistiques

Littérature

Cinéma

  • La Nouvelle Babylone (Novyy Vavilon) (1929), film sovi√©tique r√©alis√© par Grigori Kozintsev et Leonid Trauberg. Un film muet en noir et blanc de 120 minutes dans sa version initiale et de 93 minutes dans sa version restaur√©e en 2004. Le film, plus qu'un produit de la propagande sovi√©tique de l'√©poque, est une Ňďuvre majeure qui s'inscrit brillamment dans la tradition expressionniste du d√©but du si√®cle (exag√©ration des formes et des contrastes par des angles de prise de vue improbables notamment). On y suit la rencontre et le destin tragique de deux amants amen√©s par les √©v√©nements √† se trouver de part et d'autre des barricades pendant la commune de Paris de 1871.

Th√©√Ętre

  • La Commune De Paris, mise en sc√®ne Robert Angebaud au Th√©√Ętre du Jour Compagnie Pierre Debauche (mars 2007)
  • Barricade par la compagnie Jolie M√īme, cr√©ation collective inspir√©e d'Adamov et Brecht. Cr√©e √† La cartoucherie, √† Paris en 1999.

Musique

Bandes dessinées

Notes et références

  1. ‚ÜĎ D‚Äôautres mouvements sont signal√©s √† ¬ę B√©ziers, Perpignan (25 mars), √† Grenoble (16 avril), Bordeaux (16 et 17 avril), N√ģmes (le 18 avril), P√©rigueux, Cuers, Foix, Rouen, Le Havre et m√™me √† Alger, etc. ¬Ľ Cf. Ren√© Bianco, ¬ę 1871, la Commune... en province ¬Ľ, Le Monde Libertaire, n¬į 1314, 3-9 avril 2003.
  2. ‚ÜĎ Pour plus d'information, voir la page discussion de cet article.
  3. ‚ÜĎ Martial Delpit, Enqu√™te parlementaire sur l'insurrection du 18 mars, Paris, 1872
  4. ‚ÜĎ brochure "les femmes et la Commune" Amis de la Commune de Paris 1871) [1]
  5. ‚ÜĎ La loi Falloux du 15 mars 1850 est surtout connue pour l'autorisation faite aux religieux pour enseigner sans brevet mais elle rend aussi obligatoire la cr√©ation d'une √©cole de filles dans toute commune de 800 habitants.
  6. ‚ÜĎ Plus de la moiti√© environ des 160 000 enfants parisiens scolaris√©s dans le primaire
  7. ‚ÜĎ Texte du d√©cret sur Wikisource
  8. ‚ÜĎ Victor Hugo qui dira :"Le cadavre est √† terre, mais l'id√©e est debout"

Voir aussi

Articles connexes

Affiche du Comité de Salut Public

Bibliographie

Témoignages historiques

  • Jean Allemane, M√©moires d'un communard, Maspero, 2001.
  • Armand Dayot, L'Invasion, Le si√®ge, la Commune. 1870-1871. D'apr√®s des peintures, gravures, photographies, sculptures, m√©dailles autographes, objets du temps, Tristan Mage, 2003.
  • Alfred du Breuil H√©lion de La Gu√©ronni√®re, La Commune sanglante, ou Le legs incendiaire: histoire et tablettes du sang de la Commune de Paris, 1871.
  • Jules Guesde, Le livre rouge de la justice rurale - A la m√©moire de Ch. Delescluze, r√©√©d.√Čditions d'histoire sociale, 85p., 1968; √©d Blanchard, Gen√®ve, 1871.
  • Prosper-Olivier Lissagaray, Huit journ√©es de mai derri√®re les barricades, r√©√©d. Gallimard, Paris, 128p, 1978.; √©d Bureau du petit journal, Bruxelles, 327p., 1871.
  • Prosper-Olivier Lissagaray, Histoire de la Commune de 1871, r√©√©d. La D√©couverte, 2005, ISBN 2707145203; Librairie contemporaine de Henri Kistemaecers, Bruxelles, 1876.
  • Paul Martine, Souvenirs d'un insurg√©. La Commune 1871, Librairie acad√©mique Perrin, r√©cit par un agr√©g√© d'histoire et acteur de la Commune, 1971.
  • Karl Marx, La Guerre civile en France 1871, 1871.
  • Louise Michel, La Commune, 1898.
  • Edgar Monteil, Souvenirs de la Commune, 1871, 1883.
  • Jacques-Henry Paradis, Journal du si√®ge de Paris. Septembre 1870 - Janvier 1871, Tallandier, coll. ¬ę Texto ¬Ľ, 2008; premi√®re √©dition 1872.
  • Marquis Victor de Compi√®gne, ¬ę Souvenirs d'un Versaillais pendant le second si√®ge de Paris ¬Ľ, dans Voyages, chasses et guerres, Paris, Plon, 1876. (OCLC 1831225)
  • Jacques Zwirn, La Commune de Paris aujourd'hui, Les √Čditions de l'atelier, 1999.

√Čtudes historiques

  • Jean Baronnet et Jean Chalou, Communards en Nouvelle-Cal√©donie. Histoire de la d√©portation, Mercure de France, 1987.
  • Martin Breaugh, L'exp√©rience pl√©b√©ienne. Une histoire discontinue de la libert√© politique, Payot, coll. ¬ęCritique de la politique¬Ľ, 2007.
  • Paul Ducatel, La Commune de Paris vue √† travers l'imagerie Populaire, √©ditions Grassin, 1971.
  • Georges Bourgin, La Commune, collection Que-sais-je?, PUF.
  • Marcel Cerf, Edouard Moreau, l'√Ęme du Comit√© Central de la Commune, Deno√ęl, 1971
  • Marcel Cerf, Le mousquetaire de la plume, Henry Bau√ęr. En annexe, lettres in√©dites de Louise Michel √† Henry Bau√ęr, Acad√©mie d'Histoire, 1975
  • Jeanne Gaillard, Communes de province, Commune de Paris, 1870-1871, Flammarion, Paris, 1971, 183 p.
  • Bernard No√™l, Dictionnaire de la Commune, Flammarion, collection Champs, 1978.
  • Jacques Rougerie, La Commune, PUF, coll.Que sais-je ? n¬į581
  • Jacques Rougerie, Paris libre, 1871, Le Seuil, 1971.
  • Jacques Rougerie, Paris libre, 1871, Seuil, Paris, 2004, 289 p.
  • William Serman, La Commune de Paris (1871), Fayard, Paris, 1986, 621 p.
  • Bertrand Tillier, La Commune de Paris, r√©volution sans image? Politique et repr√©sentations dans la France r√©publicaine (1871-1914), Champ Vallon, 2004, 522 p.
  • Robert Tombs, La guerre contre Paris, 1871, Aubier, Paris, 1997.
  • Michel Winock, La Fi√®vre hexagonale. Les grandes crises politiques de 1871 √† 1968, Seuil, Paris, 1995, 471 p.
  • "Histoire populaire et parlementaire de la commune de Paris", √Čdition Jacques-Marie Laffont et associ√©s, Lyon, 1981.
  • Alain Amicabile, La Commune de Paris. Toujours vivante!, L'ing√©nu √©ditions , 2009, 292 p.

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  • Commune de Paris (1871) : Chansons ‚ÄĒ Chansons de la Commune La commune de Paris a donn√© naissance √† plusieurs chansons. Paroles de chansons communardes Le Chant des ouvriers 1846 La Canaille 1865 Le temps des cerises 1867 L Armistice 1870 La D√©fense de Paris 1870 Le Drapeau rouge… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais


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