Abbé Grégoire

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Abbé Grégoire

Henri Grégoire

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L'abbé Grégoire
Frontispice du livre De la littérature des nÚgres (1808), de Henri Grégoire

Henri GrĂ©goire, Ă©galement appelĂ© l'AbbĂ© GrĂ©goire, de son nom complet Henri Jean-Baptiste GrĂ©goire, nĂ© le 4 dĂ©cembre 1750 Ă  VĂ©ho (Trois-ÉvĂȘchĂ©s) et dĂ©cĂ©dĂ© le 20 mai 1831 Ă  Paris, est un prĂȘtre français, l'une des principales figures de la RĂ©volution française, l'un des premiers Ă  avoir demandĂ© l'abolition de l'esclavage Ă  l'AssemblĂ©e, et le fondateur du Conservatoire national des arts et mĂ©tiers et du Bureau des longitudes. Il participa Ă  la crĂ©ation de l'Institut de France dont il devient membre.

Sommaire

Enfance et formation

Henri GrĂ©goire est nĂ© le 4 dĂ©cembre 1750 Ă  VĂ©ho, prĂšs de LunĂ©ville. Il naĂźt français, puisque sa paroisse fait partie de la provinces des Trois-ÉvĂȘchĂ©s, et non du duchĂ© de Lorraine[1].

Son pÚre, Sébastien Grégoire, est un tailleur d'habits respecté, ayant eu un temps un office d'échevin, et sa mÚre Marguerite Thiébaut, est une femme unanimement décrite comme d'une grande piété et ayant un souci constant des choses de la religion[2].

Henri GrĂ©goire commence ses Ă©tudes avec le curĂ© de son village puis, lorsque celui-ci n'a plus rien Ă  lui apprendre, il rejoint l'abbĂ© Cherrier dans le village voisin d'EmbermĂ©nil. Il a alors huit ans. Il Ă©tudie, en compagnie de fils de hauts fonctionnaires au service du duc de Lorraine Stanislas LeszczyƄski, sur des livres de Jean Racine, de Virgile, mais aussi Ă  partir de la Grammaire gĂ©nĂ©rale de Port-Royal[3].

GrĂ©goire suit ensuite des Ă©tudes au collĂšge jĂ©suite de Nancy de 1763 Ă  1768, oĂč il se lie avec un de ses professeurs, M. de Solignac, ancien secrĂ©taire de Stanislas LeszczyƄski, qui semble avoir eu une influence intellectuelle importante sur son Ă©lĂšve, et lui avoir ouvert les portes des milieux intellectuels lorrains. GrĂ©goire conserve un excellent souvenir de ses Ă©tudes chez les JĂ©suites, mĂȘme s'il a des reproches Ă  formuler contre l'ordre : « J'Ă©tudiais chez les JĂ©suites de Nancy oĂč je ne recueillis que de bons exemples et d'utiles instructions. [
] Je conserverai jusqu'au tombeau un respectueux attachement envers mes professeurs, quoique je n'aime pas l'esprit de la dĂ©funte sociĂ©tĂ© dont la renaissance prĂ©sagerait peut-ĂȘtre Ă  l'Europe de nouveaux malheurs[4]. Â»

Lorsque la Compagnie de JĂ©sus est supprimĂ©e en 1768, l'enseignement est rĂ©organisĂ© par le diocĂšse et GrĂ©goire rejoint la toute neuve universitĂ© de Metz oĂč il a comme professeur Antoine-Adrien Lamourette, futur Ă©vĂȘque constitutionnel de Lyon. De 1769 Ă  1771 il y Ă©tudie la philosophie et la thĂ©ologie, pour faire suite aux humanitĂ©s et Ă  la rhĂ©torique qu'il avait Ă©tudiĂ©es auparavant[5].

Alors qu'il passe une annĂ©e comme rĂ©gent de collĂšge hors du sĂ©minaire, GrĂ©goire commence Ă  se lancer dans le monde. Il consacre notamment une grande partie de son temps Ă  la poĂ©sie. Son premier succĂšs public est le prix de l'AcadĂ©mie de Nancy, dĂ©cernĂ© en 1773 pour son Éloge de la poĂ©sie( il a alors 23 ans). En 1774, il rejoint le sĂ©minaire et est ordonnĂ© prĂȘtre le 1er avril 1775.

Henri GrĂ©goire est passĂ©, durant ses annĂ©es de formation, par une phase de doute sur sa foi et sa vocation religieuse. S'il rend hommage au milieu profondĂ©ment croyant de son enfance, il ne cache pas dans ses MĂ©moires avoir goĂ»tĂ© aux philosophes des LumiĂšres et ĂȘtre revenu Ă  la foi aprĂšs d'intenses rĂ©flexions : « AprĂšs avoir Ă©tĂ© dĂ©vorĂ© de doutes par la lecture des ouvrages prĂ©tendus philosophiques, j'ai ramenĂ© tout Ă  l'examen et je suis catholique non parce que mes pĂšres le furent, mais parce que la raison aidĂ©e de la grĂące divine m'a conduit Ă  la rĂ©vĂ©lation[6]. Â»

Portrait d'Henri Grégoire

Portrait d'Henri Grégoire par Pierre Joseph Célestin François.

Les sources concernant l'abbé Grégoire sont assez abondantes. Elles décrivent aussi bien l'homme que ses idées et permettent d'avoir une bonne idée de son allure physique. Grégoire a laissé le souvenir d'un homme de caractÚre fortement trempé et d'une certaine prestance.

Ses camarades d'enfance ont laissĂ© de lui la description d'un enfant au « front large, Ă©levĂ©, au regard profond Â», dĂ©crivant « la fiertĂ© de sa dĂ©marche Â», mais aussi son penchant contemplatif[7].

Du GrĂ©goire adulte, outre les portraits, on a beaucoup de descriptions, doublĂ©es des interprĂ©tations de ces descriptions. L'engouement pour la physiognomonie Ă  la fin du XVIIIe siĂšcle avait conduit GrĂ©goire Ă  demander Ă  son ami le pasteur Jean-FrĂ©dĂ©ric Oberlin de dresser par Ă©crit son portrait dĂ©taillĂ©, en 1787 : « Le front, le nez : trĂšs heureux, trĂšs productif, trĂšs ingĂ©nieux ; le front : haut et renversĂ©, avec ce petit enfoncement : un jugement mĂąle, beaucoup d'esprit, point ou guĂšre d'entĂȘtement, prĂȘt Ă  Ă©couter son adversaire ; idĂ©es claires et dĂ©sir d'en avoir de tout ; le nez : witzig
 spirituel, plein de bonnes rĂ©parties et de saillies heureuses, mais bien impĂ©rieux : la bouche : talent admirable d'un beau parleur, fin, moqueur, excellent satirique
 c'est une bouche qui ne reste en dette avec personne et paye argent comptant ; le menton : hardi, actif, entreprenant[8]. Â».

Outre ce portrait amical (certainement flatteur), fait avant la RĂ©volution et donc dans la jeunesse de GrĂ©goire, on dispose d'un portrait minimal pour son passeport en 1820, lui attribuant une taille de 1,77 mĂštre[9], des cheveux chĂątains et les yeux bruns, mais Ă©galement du tĂ©moignage d'une lady anglaise, qui frĂ©quente Henri GrĂ©goire sous la Restauration, donc dans ses vieux jours : « dans son air, dans ses maniĂšres, jusque dans ses expressions une sorte d'originalitĂ©, un je ne sais quoi qui sortait de la ligne d'un caractĂšre ordinaire. [
] on remarque peu de vieillesse dans l'Ă©vĂȘque de Blois, quoiqu'il approche de 70 ans. Ses maniĂšres vives et animĂ©es, son esprit actif et vigoureux, son extĂ©rieur intĂ©ressant et portant un grand caractĂšre, tout en lui semble dĂ©fier les ravages du temps et ĂȘtre inĂ©branlable aux chocs de l'adversitĂ©.[10] Â».

« un grand caractĂšre Â» : de son vivant dĂ©jĂ , mais Ă©galement dans l'historiographie, GrĂ©goire est vu comme ayant un caractĂšre trĂšs affirmĂ©. Ses amis mĂȘme le reconnaissent, comme Hippolyte Carnot qui note la tĂ©nacitĂ©, mais aussi la vive irritabilitĂ© de GrĂ©goire[11]. Oberlin note que « l'acquisition de la profonde et cordiale humilitĂ© Ă©vangĂ©lique vous fera un peu de peine Â», façon aimable de signaler la dualitĂ© que Charles-Augustin Sainte-Beuve exprime plus clairement : « l'homme de bien, homme de colĂšre, et souvent si loin du pardon. Â»[12]

Le caractĂšre vif et parfois emportĂ© de GrĂ©goire est donc soulignĂ©, mais on met en valeur Ă©galement son ouverture d'esprit (« Nous le verrons faire preuve d'un certain Ă©clectisme Â» dit de lui Augustin Gazier[13]) et sa carriĂšre est marquĂ©e par une extrĂȘme diversitĂ©.

Le curĂ© de campagne « Ă©clairĂ© Â»

AprĂšs son ordination et comme la majoritĂ© des jeunes prĂȘtres Ă  l'Ă©poque, Henri GrĂ©goire devient vicaire de paroisse, d'abord Ă  ChĂąteau-Salins puis Ă  Marimont-la-Basse. Ce n'est qu'en 1782 que l'abbĂ© Cherrier, son ancien professeur Ă  EmbermĂ©nil, le dĂ©signe pour prendre la charge de ses deux paroisses d'EmbermĂ©nil et de Vaucourt[14].

L'abbĂ© GrĂ©goire est alors trĂšs prĂ©occupĂ© par l'Ă©ducation de ses paroissiens. Selon lui, le curĂ© est la pierre d'angle de l'Église mais aussi de toute la sociĂ©tĂ©. Il est le directeur spirituel et le guide temporel de ses paroissiens[15]. Il souhaite combattre un certain nombre de leurs prĂ©jugĂ©s, notamment en matiĂšre d'agronomie. Il aide les agriculteurs Ă  rationaliser leur production et Ă  l'augmenter. Il lutte Ă©galement contre les almanachs, qui selon lui pĂ©rennisent de fausses mĂ©thodes de culture :

« Pour huit sols, chaque paysan se nantit de cette collection chiromantique, astrologique, dictĂ©e par le mauvais goĂ»t et le dĂ©lire. Le dĂ©bit, Ă  la vĂ©ritĂ©, en est moindre depuis quelques annĂ©es, parce que, grĂące au clergĂ© du second ordre, des idĂ©es plus saines de toutes espĂšces, pĂ©nĂštrent jusque dans les hameaux[16]. Â»

L'Ă©ducation morale et hygiĂ©nique de ses ouailles est Ă©galement importante pour lui. Il a dans sa cure une bibliothĂšque mise Ă  la disposition des habitants du village, et qui contient 78 ouvrages pratiques qu'il leur laissera Ă  la fin de sa charge[17] :

« J'avais une bibliothĂšque uniquement destinĂ©e aux habitants des campagnes ; elle se composait de livres ascĂ©tiques bien choisis et d'ouvrages relatifs Ă  l'agriculture, Ă  l'hygiĂšne et aux arts mĂ©caniques[18]. Â»

Le village d'EmbermĂ©nil compte alors seulement 340 communiants, ce qui permet Ă  GrĂ©goire d'avoir des activitĂ©s annexes Ă  sa charge pastorale. Il est connu localement comme un bon prĂ©dicateur et est souvent invitĂ© Ă  prĂȘcher dans les paroisses voisines. Son dĂ©sir de faire sortir ses paroissiens de ce qu'il appelle l'« obscurantisme Â» l'amĂšne Ă  aller chercher ailleurs des exemples de bons pasteurs, y compris lorsque ceux-ci sont protestants. C'est ainsi qu'il rencontre le pasteur Jean-FrĂ©dĂ©ric Oberlin, considĂ©rĂ© comme un modĂšle, mais qui habite assez loin d'EmbermĂ©nil. Oberlin vient visiter GrĂ©goire en 1785, et celui-ci se rend chez son ami protestant au Ban de la Roche en 1787 pour voir sur place les rĂ©sultats de la mĂ©thode d'Ă©ducation des campagnes mise en place par Oberlin[19].

Vie intellectuelle et philanthropie

En dehors de sa paroisse, et dans la lignĂ©e de son Éloge de la poĂ©sie, GrĂ©goire mĂšne une vie intellectuelle active. Il parle l'anglais, l'italien et l'espagnol, et dans une moindre mesure l'allemand, ce qui lui permet d'ĂȘtre au courant des nouveautĂ©s intellectuelles[20].

Il s'intĂ©resse notamment au fonctionnement dĂ©mocratique de la ConfĂ©dĂ©ration helvĂ©tique. Il se rend en Suisse oĂč il rencontre Johann Kaspar Lavater et Johannes Gessner, qui l'aident Ă©galement dans ses travaux d'agronomie.

Depuis 1776 il est membre de la SociĂ©tĂ© philanthropique et charitable de Nancy. Cette appartenance a souvent fait dire de lui qu'il avait appartenu Ă  la franc-maçonnerie. Il apparaĂźt cependant qu'il n'a pas Ă©tĂ© membre d'une quelconque loge, mĂȘme si les francs-maçons lui ont souvent rendu hommage et qu'une loge porte son nom[21]. L'amalgame viendrait des liens entre le philanthropisme allemand, mouvement d'origine piĂ©tiste, et la franc-maçonnerie.

GrĂ©goire est Ă©galement membre de la SociĂ©tĂ© des philanthropes de Strasbourg, fondĂ©e par Jean de Turckheim vers 1776[22]. Ouverte Ă  toutes les confessions, cette sociĂ©tĂ© a des membres Ă  travers toute l’Europe, dont de nombreuses autoritĂ©s maçonniques allemandes, françaises et suĂ©doises. Elle s’inspire du piĂ©tisme allemand et du philanthropisme dĂ©veloppĂ© notamment par Basedow. Outre la pratique de la charitĂ©, on s’y intĂ©resse Ă  l’agronomie, Ă  l’économie, Ă  la gĂ©ographie, Ă  la pĂ©dagogie et on y prĂŽne la tolĂ©rance[23]. En 1778, cette sociĂ©tĂ© lance un concours sur l’amĂ©lioration du sort des juifs, pour lequel GrĂ©goire rĂ©dige un mĂ©moire, qui servira de base pour le concours de Metz quelques annĂ©es plus tard ; un exemplaire de ce mĂ©moire est conservĂ© au MusĂ©e Lorrain de Nancy. Faute d’argent, le prix ne sera jamais versĂ©, mais le curĂ© d’EmbermĂ©nil dira plus tard avoir remportĂ© ce prix. L’intĂ©rĂȘt de GrĂ©goire pour la question juive pourrait trouver son origine dans un philanthropisme d’inspiration piĂ©tiste[22] mais aussi du fait de l'importance de la communautĂ© juive en Lorraine - et notamment dans le Saulnois oĂč il avait exercĂ©.

Quoi qu'il en soit, cet intĂ©rĂȘt pour la philanthropie lui a permis de rencontrer de nombreuses personnalitĂ©s, notamment protestantes. Ses activitĂ©s sont principalement tournĂ©es vers le perfectionnement de l'agriculture et l'instruction des pauvres. Il revient sur ce thĂšme lors du concours de l'acadĂ©mie de Metz en 1787, pour lequel il reprend son premier mĂ©moire en le remaniant. C'est son Essai sur la rĂ©gĂ©nĂ©ration physique, morale et politique des Juifs. Il partage le prix avec deux autres candidats.

Dans cet essai, GrĂ©goire affirme qu'il tient une partie de sa documentation de ses relations dans le milieu des Ă©rudits juifs, et notamment par Isaac Berr Bing et Simon de Gueldres, deux rabbins qui le conseillent et lui font connaĂźtre la presse juive Ă©clairĂ©e de Berlin[24]. Il fustige l'attitude des gouvernements europĂ©ens, qu'il accuse de cruautĂ© et d'injustice envers les israĂ©lites. Il considĂšre que la discrimination qui frappe les Juifs est contraire Ă  l'utilitĂ© sociale. Il plaide Ă©galement pour une « tolĂ©rance Â» religieuse, qui se comprend non comme un relativisme religieux, mais comme une humanitĂ© dans les rapports avec les Juifs, Ă  l'image du discours des Évangiles. Si pour lui le peuple juif est un « peuple tĂ©moin Â» dont la dispersion a Ă©tĂ© un Ă©vĂ©nement fondamental de l'histoire humaine, son but ultime est cependant la conversion des juifs. L'essai est un succĂšs, et il est traduit dĂšs l'annĂ©e suivante en Angleterre.

Dans le mĂȘme esprit, il avait dĂ©jĂ  prononcĂ© un sermon dans l'Ă©glise Saint-Jacques de LunĂ©ville en 1785, Ă  l'occasion de l'inauguration de la synagogue de la ville. Il y dĂ©veloppe le thĂšme de la conversion des Juifs dans une vision figuriste qui tend Ă  le rapprocher dĂšs cette Ă©poque du mode de pensĂ©e jansĂ©niste[25]. Le texte de ce sermon a Ă©tĂ© perdu, mais GrĂ©goire en parle dans plusieurs courriers et dans son Histoire des sectes religieuses en 1810.

DĂ©claration des Droits de l'Homme et du Citoyen

En 1789, l'abbé Grégoire, inspiré par l'esprit des LumiÚres, participe au Serment du Jeu de Paume, préside l'Assemblée Constituante durant la prise de la Bastille, propose que la Déclaration des Droits de l'Homme soit accompagnée de celle des Devoirs.

Conservatoire National des Arts et MĂ©tiers

Dans l'esprit de l'EncyclopĂ©die, l'abbĂ© GrĂ©goire fonde Ă  Paris, en 1794, le Conservatoire National des Arts et MĂ©tiers pour « perfectionner l'industrie nationale Â».

Le prĂȘtre citoyen et richĂ©riste

Extrait du tableau du Serment du Jeu de Paume de David, représentant Dom Gerle, l'Abbé Grégoire et le fils du pasteur Rabaut Saint Etienne. Il allégorise la réconciliation des religieux lors de la Révolution Française.

Les prĂ©mices de la RĂ©volution française se font sentir avec acuitĂ© dans le clergĂ© lorrain. En 1787, une assemblĂ©e provinciale rĂ©unissant le clergĂ© et contrĂŽlĂ©e entiĂšrement par l'Ă©vĂȘque cristallise le mĂ©contentement des curĂ©s. L'un d'eux, Guilbert, curĂ© de la paroisse Saint-SĂ©bastien de Nancy, appelle ses confrĂšres Ă  former un syndicat. Il est secondĂ© dans sa tĂąche par GrĂ©goire. Ils participent Ă  la fin de l'annĂ©e 1788 Ă  une rĂ©union avec le tiers Ă©tat Ă  l'HĂŽtel de ville de Nancy, oĂč est prise la dĂ©cision de dĂ©pĂȘcher deux dĂ©putĂ©s au roi pour lui demander la confirmation de la tenue des États et leur mode d'organisation. En vue de cette dĂ©marche, ils font signer une pĂ©tition aux curĂ©s, qui recueille prĂšs de 400 signatures[26].

L'action des curĂ©s lorrains a plusieurs buts : qu'ils aient des dĂ©putĂ©s aux États provinciaux et gĂ©nĂ©raux, mais aussi que des avancĂ©es soient faites dans le mode d'organisation de ces États. Ils demandent notamment, en totale adĂ©quation avec le tiers Ă©tat, que le vote soit fait par tĂȘte et non par ordre aux États gĂ©nĂ©raux. Ils renoncent Ă©galement Ă  tout privilĂšge fiscal, solidairement avec la noblesse.

Dans cette organisation syndicale, GrĂ©goire a le rĂŽle de « commissaire du clergĂ© Â», qu'il partage avec onze autres confrĂšres. Il diffuse le procĂšs-verbal de la rĂ©union du 21 janvier 1789 qui a fixĂ© les buts du clergĂ© auprĂšs des curĂ©s et des vicaires lorrains, en Ă©largissant le dĂ©bat : il demande Ă  ses confrĂšres « des observations et des mĂ©moires sur tous les objets Ă  traiter dans ces États Â», sortant clairement des simples dolĂ©ances du bas-clergĂ©[27].

Le mouvement des curĂ©s lorrains s'enlise ensuite dans des querelles de personnes, mais l'abbĂ© GrĂ©goire s'en tient prudemment Ă©loignĂ©, ce qui lui permet d'ĂȘtre Ă©lu dĂ©putĂ© du clergĂ© aux États gĂ©nĂ©raux de 1789.

Il part donc pour Versailles le 27 avril 1789, accompagnant son Ă©vĂȘque monseigneur de la Fare. Son mandat va bien plus loin qu'une simple reprĂ©sentation de son ordre, il considĂšre qu'il a un « ministĂšre sacrĂ© Â» Ă  remplir.

En ce sens il s'inscrit parfaitement dans cette « insurrection des curĂ©s Â» (selon l'expression du temps) qui agite la France prĂ©-rĂ©volutionnaire. Mais il la pousse plus loin qu'un simple mĂ©contentement et, Ă  l'instar de ses confrĂšres lorrains dont la rĂ©flexion va plus loin que dans les autres provinces, lui donne une « expression doctrinaire Â»[28]. RenĂ© Taveneaux, comme avant lui Edmond PrĂ©clin[29], y voit une mise en pratique des idĂ©es richĂ©ristes et d'une dĂ©mocratie inspirĂ©e par Pasquier Quesnel.

En effet, les curĂ©s remettent en cause l'ordre traditionnel Ă  l'intĂ©rieur de l'Église, fondĂ© sur la hiĂ©rarchie. Ils appliquent un « jansĂ©no-richĂ©risme Â»[30], qui souligne le rĂŽle spirituel fondamental des curĂ©s et leur institution divine, tout en proclamant par consĂ©quence des revendications politiques et sociales novatrices.

Dans un contexte lorrain marquĂ© pendant toute la seconde moitiĂ© du XVIIIe siĂšcle par une lutte entre, d'une part, l'Ă©vĂȘque et les curĂ©s, et, d'autre part, le clergĂ© rĂ©gulier et le clergĂ© sĂ©culier, les idĂ©es quesnelliennes sur l'importance des curĂ©s comme conseils de leur Ă©vĂȘque ont fait florĂšs. Les mauvaises conditions Ă©conomiques de la dĂ©cennie prĂ©-rĂ©volutionnaire touchent de plein fouet les curĂ©s des paroisses modestes et accentuent une aigreur qui se fait plus grande encore quand la rĂ©action nobiliaire ferme l'accĂšs aux Ă©vĂȘchĂ©s et mĂȘme aux chapitres cathĂ©draux (celui de Metz est anobli en 1780)[31].

Cette analyse d'Edmond PrĂ©clin et de RenĂ© Taveneaux, qui expliquent la grogne des curĂ©s par une individualisation du jansĂ©nisme et une rencontre profonde avec le richĂ©risme, formant un corps de pensĂ©e politique et moins religieux, est cependant combattue par l'historien amĂ©ricain William H. Williams : il considĂšre que cette tendance au corporatisme, doublĂ©e d'une nostalgie de l'Église primitive, n'est pas vĂ©ritablement jansĂ©niste mais plutĂŽt une exaltation de l'utilitĂ© sociale du curĂ©. Il nomme l'ensemble « parochisme Â», en ce sens que pour les curĂ©s de l'Ă©poque prĂ©-rĂ©volutionnaire, la paroisse est l'unitĂ© de base de la vie religieuse, fer de lance de la lutte contre des LumiĂšres anticlĂ©ricales. Il pense que si jansĂ©nisme il y a, celui-ci est profondĂ©ment religieux et verserait plutĂŽt vers le conservatisme anti-rĂ©volutionnaire[32].

Dale Van Kley, dans sa somme sur Les origines religieuses de la RĂ©volution française, reprend cependant l'analyse de Taveneaux en soulignant le profond lien entre thĂ©ologie et politique dans la jansĂ©nisation des curĂ©s Français Ă  la fin du XVIIIe siĂšcle. Il montre comment le jansĂ©nisme de cette Ă©poque, nourri de gallicanisme, de richĂ©risme et de « patriotisme Â» (au sens de l'Ă©poque) mĂšne Ă  la fois vers un engagement rĂ©volutionnaire, comme pour GrĂ©goire, et parfois Ă  l'engagement inverse (c'est le cas d'Henri Jabineau)[33].

L'intĂ©gration d'Henri GrĂ©goire dans le personnel rĂ©volutionnaire dĂšs le dĂ©but des Ă©vĂ©nements n'est donc pas un hasard. Il part Ă  Versailles soutenu par ses confrĂšres et nourri par des annĂ©es de rĂ©flexion thĂ©ologico-politique. Il retrouve Ă©galement Ă  Versailles un certain nombre de confrĂšres imprĂ©gnĂ©s des mĂȘmes idĂ©es.


Anti-esclavagiste

DĂ©but 1790, il devient prĂ©sident de la SociĂ©tĂ© des amis des Noirs de Brissot de Warville qui milite pour la suppression de l’esclavage dans les Antilles. C’est grĂące lui qu’est votĂ©e la premiĂšre abolition de l’esclavage le 4 fĂ©vrier 1794.

AprĂšs la restauration de l'esclavagisme en 1804, GrĂ©goire milite encore pour la libertĂ© des hommes de couleur jusqu'au CongrĂšs de Vienne (1815) oĂč il lance son fameux appel anti-esclavagiste : De la traite et de l’esclavage des Noirs et des Blancs.

Une place porte le nom de l'Abbé Grégoire à Fort-de-France en Martinique.

Universaliser l'usage de la langue française

En, 1794 l'abbĂ© GrĂ©goire prĂ©sente Ă  la Convention son « Rapport sur la NĂ©cessitĂ© et les Moyens d'anĂ©antir les Patois et d'universaliser l'Usage de la Langue française Â», dit Rapport GrĂ©goire, dans lequel il Ă©crit:

« [
] on peut uniformiser le langage d’une grande nation [
]. Cette entreprise qui ne fut pleinement exĂ©cutĂ©e chez aucun peuple, est digne du peuple français, qui centralise toutes les branches de l’organisation sociale et qui doit ĂȘtre jaloux de consacrer au plus tĂŽt, dans une RĂ©publique une et indivisible, l’usage unique et invariable de la langue de la libertĂ©. Â»

Gallicanisme

En 1795, il crĂ©e avec les Ă©vĂȘques constitutionnels Saurine et Debertier, ainsi qu'avec des laĂŻcs, la SociĂ©tĂ© libre de philosophie chrĂ©tienne, qui avait pour but de reprendre les Ă©tudes thĂ©ologiques arrĂȘtĂ©es Ă  cause de la RĂ©volution, de lutter contre la dĂ©christianisation et contre la thĂ©ophilanthropie et le culte de la Raison et de l'Être suprĂȘme. L'organe de cette sociĂ©tĂ©, les Annales de la religion, est un journal gallican et virulent, supprimĂ© par Bonaparte Ă  la suite du Concordat.

Il Ɠuvre aussi Ă  la rĂ©habilitation de Port-Royal-des-Champs en publiant, en 1801 puis en 1809, Les Ruines de Port Royal des Champs, qui mettent en valeur les vertus des religieuses jansĂ©nistes et des Solitaires. Cet Ă©crit contribue Ă  la naissance du mythe de Port-Royal comme foyer intellectuel et comme foyer de rĂ©sistance Ă  l'absolutisme.

Sous le Directoire, il s'efforce de rĂ©organiser l'Église constitutionnelle. Il organise avec les Ă©vĂȘques constitutionnels deux conciles nationaux, en 1797 et 1801, pour tenter de mettre sur pied une vĂ©ritable Église gallicane. Il publie en 1799 un Projet de rĂ©union de l'Église russe Ă  Église latine. En 1802, il est nommĂ© sĂ©nateur et tente de s'opposer Ă  la signature du Concordat. FidĂšle Ă  ses convictions rĂ©publicaines, l'homme Ă  la « tĂȘte de fer Â» (comme le dĂ©finit l'historien Jules Michelet) fera toujours suivre son nom de la mention « Ă©vĂȘque constitutionnel de Blois Â».

L'opposant aux rĂ©gimes « aristocratiques Â»

Pendant l'Empire et sous la Restauration, il Ă©crit de nombreux ouvrages, notamment une Histoire des sectes en deux volumes (1810). Il fait partie, au SĂ©nat conservateur, des rares opposants irrĂ©ductibles Ă  NapolĂ©on Ier. Il est l'un des cinq sĂ©nateurs qui s'opposent Ă  la proclamation de l'Empire. Il s'oppose de mĂȘme Ă  la crĂ©ation de la nouvelle noblesse puis au divorce de NapolĂ©on.

Le 1er avril 1814, GrĂ©goire est l’un des 64 sĂ©nateurs qui rĂ©pondent Ă  la convocation de Talleyrand pour proclamer la dĂ©chĂ©ance de NapolĂ©on. Depuis le mois de janvier, avec Lanjuinais, Garat et Lambrechts, il se rĂ©unit rĂ©guliĂšrement pour prĂ©parer un plan en cas de dĂ©faite de l’Empereur : ils envisagent la crĂ©ation d’un gouvernement provisoire et la rĂ©union d’une assemblĂ©e constituante[34].

À l’occasion des Ă©lections partielles du 11 septembre 1819, qui constituent une victoire pour les libĂ©raux (35 siĂšges remportĂ©s sur 55 Ă  pourvoir), Henri GrĂ©goire est Ă©lu dĂ©putĂ© de l’IsĂšre. Sa candidature est soutenue par le journal Le Censeur, et par le comitĂ© directeur du parti libĂ©ral. Mais il doit son Ă©lection au report des voix ultraroyalistes, contre le candidat soutenu par le ministĂšre. Par cette manƓuvre, les ultras montrent Ă  la fois leur opposition au gouvernement, et leur rejet de la loi Ă©lectorale. Chateaubriand Ă©crit dans Le Conservateur : « Le mal est dans la loi qui couronne, non le candidat rĂ©gicide, mais l’opinion de ce candidat, dans la loi qui peut crĂ©er ou trouver cinq cent douze Ă©lecteurs dĂ©cidĂ©s Ă  envoyer Ă  Louis XVIII le juge de Louis XVI Â». Cette Ă©lection crĂ©e un choc, d’autant plus que GrĂ©goire conserve une rĂ©putation, mĂ©ritĂ©e ou non, de rĂ©gicide. Elle va provoquer un retournement d’alliance au gouvernement, obligeant le centre alors aux affaires Ă  s’allier Ă  la droite.

L’historien BenoĂźt Yvert Ă©crit : « L’élection de GrĂ©goire annonce par consĂ©quent la fin de la Restauration libĂ©rale Â»[35]. Ouverte le 29 novembre, la nouvelle session parlementaire va dĂšs le 6 dĂ©cembre s’enliser dans un dĂ©bat sur la maniĂšre d’exclure GrĂ©goire de l’assemblĂ©e. Les libĂ©raux, qui l’avaient soutenu, essaient d’obtenir de lui sa dĂ©mission, qu’il leur refuse. Une commission formĂ©e pour l’occasion dĂ©couvre un vice de forme, mais on renonce Ă  l’employer car il s’appliquerait de mĂȘme Ă  un grand nombre de dĂ©putĂ©s. Finalement, le dĂ©putĂ© Ravez propose de statuer sur l’exclusion en renonçant Ă  lui donner un sens acceptable par tous les partis : elle est votĂ©e Ă  l’unanimitĂ© moins une voix[36].

Il vit dĂšs lors dans la retraite mais, toute pension lui ayant Ă©tĂ© supprimĂ©e, il est contraint de vendre sa bibliothĂšque. Il dĂ©cĂšde Ă  Paris Ă  l'emplacement actuel du 44 de la rue du Cherche-Midi le 20 mai 1831 au dĂ©but du rĂ©gne de Louis-Philippe Ier.

Le jour de son dĂ©cĂšs, l'archevĂȘque de Paris – le trĂšs lĂ©gitimiste Monseigneur de QuĂ©len – s'oppose Ă  ce qu'il reçoive les derniers sacrements ; il exige de GrĂ©goire une renonciation au serment de la Constitution civile du clergĂ©. Le vieil Ă©vĂȘque, fidĂšle Ă  ses convictions, refuse tout net. L'abbĂ© Guillon, malgrĂ© les ordres de sa hiĂ©rarchie, accepte d'accĂ©der sans condition aux dĂ©sirs du mourant. L'autoritĂ© romaine interdit l'Ă©glise Ă  sa dĂ©pouille, mais rassemblĂ©es autour de La Fayette, deux mille personnes accompagnent le corps de l'Ă©vĂȘque humaniste et gallican au cimetiĂšre Montparnasse.

Plus de 150 ans plus tard, en 1989, la hiérarchie catholique, en la personne du cardinal Lustiger, refuse de s'associer à l'hommage rendu par la nation française à l'Abbé Grégoire au moment du transfert de ses cendres au Panthéon.

Hommage

À la fin de sa vie, l’abbĂ© GrĂ©goire demande les secours de la religion. L’archevĂȘque de Paris accepte Ă  condition que GrĂ©goire renonce au serment qu’il avait prĂȘtĂ© Ă  la constitution civile du clergĂ©. En tant que rĂ©publicain convaincu, il ne peut accepter. L'archevĂȘque lui refuse donc l’assistance d’un prĂȘtre et toute messe funĂ©raire. Un abbĂ© nommĂ© Guillon, en contradiction avec sa hiĂ©rarchie, lui donne tout de mĂȘme les derniers sacrements.

Plusieurs milliers de personnes rassemblĂ©es autour de La Fayette conduisent la dĂ©pouille de l’abbĂ© GrĂ©goire au cimetiĂšre Montparnasse.

Les cendres de l'AbbĂ© GrĂ©goire, de Gaspard Monge et de Nicolas de Condorcet sont transfĂ©rĂ©es au PanthĂ©on le 12 dĂ©cembre 1989, Ă  l'occasion de la cĂ©lĂ©bration du bicentenaire de la RĂ©volution française.

Au Conservatoire National des Arts et Métiers, le plus prestigieux des amphithéùtres porte le nom d'Abbé Grégoire.

À Blois, la grande bibliothĂšque municipale construite et inaugurĂ©e dans les annĂ©es 1990 porte le nom de BibliothĂšque AbbĂ© GrĂ©goire.

En Russie

En 1814 GrĂ©goire fut nommĂ©, parmi vingt-huit personnes « distinguĂ©es pour leur savoir Â», membre honoraire de l'universitĂ© de Kazan, mais cette nomination fut annulĂ©e en 1821, le conseil de l'universitĂ© ayant trouvĂ© qu'il Ă©tait « contraire non seulement Ă  la justice mais Ă  la simple dĂ©cence d'avoir en son sein un homme qui s'Ă©tait rendu coupable d'un crime odieux Â» (la mort de Louis XVI) alors que jamais GrĂ©goire n'avait demandĂ© la mort du souverain.

Voir aussi

Articles connexes

ƒuvres

  • Essai sur la rĂ©gĂ©nĂ©ration physique, morale et politique des juifs : ouvrage couronnĂ© par la SociĂ©tĂ© royale des sciences et des arts de Metz, le 23 aoĂ»t 1788, 1789 (Texte en ligne).
  • Rapport et projet de dĂ©cret sur les moyens d’amĂ©liorer l’agriculture en France, par l’établissement d’une maison d’économie rurale dans chaque dĂ©partement, prĂ©sentĂ©s Ă  la sĂ©ance du 13 du 1er mois de l'an IIe de la rĂ©publique française, au nom des comitĂ©s d'aliĂ©nation et d'instruction publique, par le citoyen GrĂ©goire. ImprimĂ©s par ordre de la Convention nationale, Paris : Impr. nationale, 1794, in-8°, 30 p.
  • De la littĂ©rature des nĂšgres, ou Recherches sur leurs facultĂ©s intellectuelles, leurs qualitĂ©s morales et leur littĂ©rature ; suivies de Notices sur la vie et les ouvrages des NĂšgres qui se sont distinguĂ©s dans les Sciences, les Lettres et les Arts, Paris : Maradan, 1808 (Texte en ligne).
  • Histoire des sectes, 1810, deux volumes

Bibliographie

  • David Feuerwerker, L'Emancipation des Juifs en France. De l'Ancien RĂ©gime Ă  la fin du Second Empire, Paris : Albin Michel, 1976 (ISBN 2-226-00316-9)
  • Jean Boulaine, « La carriĂšre agronomique de l’abbĂ© GrĂ©goire Â», Comptes rendus hebdomadaires des sĂ©ances de l’AcadĂ©mie d’agriculture de France (Paris), 1990, vol. 76, no 1, p. 83-89
  • Jacques Guilhaumou, « L’abbĂ© GrĂ©goire. La politique de la vĂ©ritĂ© Â» (compte rendu de L’abbĂ© GrĂ©goire. La politique de la vĂ©ritĂ© de Rita Hermon‑Belot), in Annales historiques de la RĂ©volution française, no 325, 3/2001 Texte en ligne
  • «Rita Hermon-Belot, L'abbĂ© GrĂ©goire et la RĂ©publique des savants, introduction de Bernard Plongeron, Paris : CTHS, 2001, p. 302 compte rendu dans les Annales historiques de la RĂ©volution française, no 331, 1/2003 Texte en ligne
  • Rita Hermon-Belot, L'AbbĂ© GrĂ©goire, la Politique et la VĂ©ritĂ©, Paris : Seuil, 2000 (ISBN 2020374927) .
  • Bernard Plongeron, L'abbĂ© GrĂ©goire et la RĂ©publique des savants, Paris : CTHS, 1991.
  • RenĂ© Taveneaux, JansĂ©nisme et RĂ©forme catholique, Nancy : PU Nancy, 1992.
  • (en) « Henri GrĂ©goire Â», dans EncyclopĂŠdia Britannica, 1911 [dĂ©tail de l’édition] [lire en ligne]
  • Alyssa Goldstein Sepinwall:
    • L'abbĂ© GrĂ©goire et la RĂ©volution française : les origines de l'universalisme moderne, traduit de l'anglais, prĂ©face de Marcel Dorigny, BĂ©cherel : Ă©d. Les PersĂ©ides, 2008, 349 p.
    • « Les paradoxes de la rĂ©gĂ©nĂ©ration rĂ©volutionnaire Â», Annales historiques de la RĂ©volution française, no 321, 3/2000 Texte en ligne
  • Jean Tild, L’AbbĂ© GrĂ©goire. Nouvelles Éditions Latines, 1946, 178 p.

Liens externes

  1. (fr) Site consacré à l'abbé Grégoire
  2. (fr) Biographie de l'abbé Grégoire
  3. (fr) Une conduite rĂ©volutionnaire, ou Action et RĂ©flexion chez Henri GrĂ©goire de 1789 Ă  1831, ThĂšse de Doctorat d'État
  4. (fr) L'Abbé Grégoire. Conférence donnée à la Grande Loge de France (5 mai 1981) par Gaston Monerville

Notes et références

  1. ↑ Rita Hermon-Belot, L'abbĂ© GrĂ©goire ; la politique et la vĂ©ritĂ©, Seuil, 2000, p. 36.
  2. ↑ Louis Maggiolo, La vie et les Ɠuvres de l'abbĂ© GrĂ©goire (1789-1831), Nancy, 1884.
  3. ↑ Rita Hermon-Belot, p. 37.
  4. ↑ Henri GrĂ©goire, MĂ©moires ecclĂ©siastiques, politiques et littĂ©raires de M. GrĂ©goire, ancien Ă©vĂȘque de Blois, mss, 1808, p. 19. ConservĂ© Ă  la bibliothĂšque de l'Arsenal.
  5. ↑ Rita Hermon-Belot, p. 38.
  6. ↑ Henri GrĂ©goire, MĂ©moires
, p. 146.
  7. ↑ Louis Maggiolo, La vie et les Ɠuvres de l'abbĂ© GrĂ©goire, p. 7.
  8. ↑ Document autographe conservĂ© au musĂ©es Oberlin du Ban de la Roche, citĂ© dans Rita Hermon-Belot, p. 39. Ce portrait n'a bien sĂ»r pas de valeur scientifique mais permet de dĂ©crire prĂ©cisĂ©ment GrĂ©goire
  9. ↑ Donc plutĂŽt grand pour l'Ă©poque.
  10. ↑ Lady Morgan, tĂ©moignage citĂ© par Pierre Grunebaum-Ballin, « Ă‰loge de GrĂ©goire Â», in Europe, n° 128-129, aoĂ»t-septembre 1956.
  11. ↑ MĂ©moires de GrĂ©goire, suivies de la notice historique sur GrĂ©goire, Éditions de la SantĂ©, 1989, p. 202. La notice historique est faite par Hippolythe Carnot
  12. ↑ Sainte-Beuve, Port-Royal, Livre deuxiùme, Paris, 1867, p. 28.
  13. ↑ Augustin Gazier, Histoire gĂ©nĂ©rale du mouvement jansĂ©niste, tome II, Paris, HonorĂ© Champion 1924, p. 148.
  14. ↑ Rita Hermon-Belot, L'abbĂ© GrĂ©goire
, p. 41.
  15. ↑ RenĂ© Taveneaux, JansĂ©nisme et RĂ©forme catholique, Nancy, PU, 1992.
  16. ↑ Henri GrĂ©goire, Essai sur la rĂ©gĂ©nĂ©ration physique, morale et politique des juifs, 1788, p. 189.
  17. ↑ A. Sutter, Les annĂ©es de jeunesse de l'abbĂ© GrĂ©goire, Sarreguemines, Pierron, 1992, p. 41.
  18. ↑ Henri GrĂ©goire, MĂ©moires ecclĂ©siastiques, politiques et littĂ©raires
, p. 157.
  19. ↑ Rita Hermon-Belot, L'abbĂ© GrĂ©goire
, pp. 42-43.
  20. ↑ Rita Hermon-Belot, L'abbĂ© GrĂ©goire
, p. 43.
  21. ↑ Rita Hermon-Belot, L'abbĂ© GrĂ©goire
, p. 43. Certains auteurs considĂšrent qu'il a Ă©tĂ© membre de la loge l'Harmonie Ă  l'Orient de Paris, sans apporter de preuves, ni donner de dates. Cf. Daniel Ligou, Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie, 3e Ă©d., Paris, Presses universitaires de France, 1991, p. 550.
  22. ↑ a  et b  Alysaa Goldstein Sepinwall, « L’abbĂ© GrĂ©goire and the Metz Contest : The view from new Documents Â», Revue des Ă©tudes juives, 2007, n° 166, p. 243-258.
  23. ↑ JĂŒrgen Voss, « Die Strassburger 'SociĂ©tĂ© des Philanthropes' und ihre Mitglieder im Jahre 1777 Â», Revue d'Alsace 1982, n° 108, p. 65-80. GrĂ©goire n’apparaĂźt pas encore sur la liste de juillet 1777.
  24. ↑ Essai sur la rĂ©gĂ©nĂ©ration physique, morale et politique des Juifs
, p. 118 et 186.
  25. ↑ Rita Hermon-Belot, L'abbĂ© GrĂ©goire
, p. 446-447.
  26. ↑ RenĂ© Taveneaux, « L'abbĂ© GrĂ©goire et la dĂ©mocratie clĂ©ricale Â», in JansĂ©nisme et RĂ©forme catholique, Nancy, Presses universitaires de Nancy, 1992, p. 141 et 144.
  27. ↑ Rita Hermon-Belot, L'abbĂ© GrĂ©goire
 p. 46-47.
  28. ↑ L'expression est de RenĂ© Taveneaux, JansĂ©nisme et RĂ©forme catholique, p. 140.
  29. ↑ Edmond PrĂ©clin, Les jansĂ©nistes du XVIIIe siĂšcle et la Constitution civile du clergĂ©, Paris, 1928.
  30. ↑ L'expression est de RenĂ© Taveneaux.
  31. ↑ Rita Hermon-Belot, L'abbĂ© GrĂ©goire
, p. 50.
  32. ↑ W.H. Williams, « The signifiance of Jansenism in the History of the Franch Catholic Clergy in the Pre-Revolutionary Era Â», in Studies in the XVIIIth Culture, t. VII, 1978.
  33. ↑ Dale K. Van Kley, Les origines religieuses de la RĂ©volution française. 1560 - 1791, Paris, Points-Seuil, 2002 (Yale University Press, 1996)
  34. ↑ Emmanuel de Waresquiel, Benoüt Yvert, Histoire de la Restauration, 1814-1830, Naissance de la France moderne, Perrin, 2002, p. 36-37.
  35. ↑ Emmanuel de Waresquiel, Benoüt Yvert, Histoire de la Restauration, 1814-1830, Naissance de la France moderne, Perrin, 2002, p. 274-276.
  36. ↑ Emmanuel de Waresquiel, Benoüt Yvert, Histoire de la Restauration, 1814-1830, Naissance de la France moderne, Perrin, 2002, p. 284.


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