Abbaye de Saint-Amant-de-Boixe

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Abbaye de Saint-Amant-de-Boixe
Abbaye Saint-Amant de Boixe
L'église abbatiale
L'église abbatiale
Présentation
Culte Catholique romain
Type Abbaye
D√©but de la construction XIIe si√®cle
Fin des travaux XVe si√®cle
Style(s) dominant(s) romane
Protection  Class√© MH (1840)[1]
Site web abbaye.saintamantdeboixe.fr
Géographie
Pays Drapeau de France France
Région Poitou-Charentes
Département Charente
Ville Saint-Amant-de-Boixe
Coordonn√©es 45¬į 47‚Ä≤ 56‚Ä≥ N 0¬į 08‚Ä≤ 08‚Ä≥ E / 45.7989, 0.135645¬į 47‚Ä≤ 56‚Ä≥ Nord
       0¬į 08‚Ä≤ 08‚Ä≥ Est
/ 45.7989, 0.1356
  

G√©olocalisation sur la carte : Charente

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Abbaye Saint-Amant de Boixe

L'abbaye de Saint-Amant de Boixe est une ancienne abbaye bénédictine située à Saint-Amant-de-Boixe en Charente.

L'√©glise abbatiale fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[1].

Histoire de l'Abbaye

Fondation

Le tombeau d'un solitaire, nomm√© Amantius, retir√© dans la for√™t de Boixe, est l'origine de ce monast√®re, transf√©r√© vers la fin du Xe si√®cle dans le lieu qu'il occupe aujourd'hui, entre une voie romaine et le Javard, un affluent de la Charente.

Amant serait né à Bordeaux vers 520, et partait pour la Galice après le décès de ses parents. À peine parti, il essuie une tempête à l'embouchure de la Gironde qui le repousse à celle de la Charente. Persuadé qu'il s'agit d'une volonté divine, il devient disciple de saint Cybard dans sa grotte située sous le plateau d'Angoulême, puis il est envoyé par ce dernier dans la forêt de la Boixe pour y chasser le mauvais esprit du lieu. Il y accomplit des miracles et y guérit des malades. Il meurt le 1er mars 600[2],[3].

L'abbaye n'appara√ģt dans les textes qu'en 888, lorsque les anc√™tres du comte d'Angoul√™me confisquent cet √©tablissement, surtout pour ses revenus.

Un si√®cle plus tard, le comte d'Angoul√™me Arnaud Manzer dit le B√Ętard, d√©cide de restituer l'abbaye √† l'√©v√™que d'Angoul√™me. Un ancien moine de l'abbaye de Saint-Cybard, Franc, est nomm√© abb√© et la r√®gle de saint Beno√ģt est appliqu√©e.

Mais c'est surtout son fils, Guillaume IV Taillefer, qui, par ses généreuses donations, a accompli la volonté de son père et restauré cette abbaye[3].

Le monast√®re est dot√© d'une √©glise o√Ļ le corps de saint Amant est transf√©r√©, d'apr√®s le cartulaire de Saint-Jean-d'Ang√©ly, sous Guillaume Ier qui √©tait abb√© dans le premier quart du XIIe si√®cle. En 1125, la partie orientale est achev√©e, mais l'√©glise ne sera termin√©e qu'en 1170. Elle est consacr√©e solennellement le 15 novembre de cette m√™me ann√©e, en pr√©sence des √©v√™ques d'Angoul√™me, de P√©rigueux, de Poitiers, de Saintes, et d'un grand nombre d'abb√©s.

L'abbaye est alors prospère, elle possède 16 prieurés, 24 églises et se compose de 50 moines. Elle possède aussi moulins, fours banaux, pêcheries, droit d'exploiter la forêt de Boixe, basse et moyenne justices[3].

L'ensemble de la construction, sauf le chŇďur, appartient au XIIe si√®cle, certainement post√©rieure √† 1150. Le chŇďur, qui date du XVe si√®cle seulement, conserve des parties plus anciennes[4].

Guerres et évolution du statut

L'abbaye √©tait situ√©e sur le chemin de Saint-Jacques qui passait en Charente par Nanteuil-en-Vall√©e, Tusson, Montignac, Angoul√™me, Mouthiers, Puyp√©roux, Aubeterre[5]. Les p√®lerins et les pauvres √©taient accueillis dans une aum√īnerie ou maison des pauvres, b√Ętiment situ√© au nord du bourg √† l'ext√©rieur de l'enceinte monastique, et tenu au XIIIe si√®cle par des femmes au service de l'abbaye.

Chaque année, à la Saint-Sébastien (le 20 janvier) et le Jeudi saint, les moines distribuaient aux pauvres 100 miches de pain sous le portail d'entrée.

Au XIIIe si√®cle, un incendie d√©truit les b√Ętiments abbatiaux et la partie orientale de l‚Äô√©glise. D√®s le si√®cle suivant, le clo√ģtre et le chŇďur sont r√©√©difi√©s en style gothique, avec en particulier une crypte orn√©e de peintures murales. Mais les travaux se prolongent, √† cause de la guerre de Cent Ans qui ruine l'√©glise et la contr√©e.

Au XVe si√®cle, la communaut√© ne compte plus qu'une dizaine de moines. L'√©glise est alors fortifi√©e, mais les travaux de reconstruction ne s'ach√®vent qu'au XVIe si√®cle.

Avec les guerres de religion et le laisser-aller des abbés commendataires, l'abbaye décline peu à peu[3].

L'abbaye est supprimée dès 1774, faute de moines, par un édit royal qui supprime la mense conventuelle. Elle ne s'est jamais agrégée à la congrégation de Saint-Maur[6].

Ses dernières possessions reviennent au Séminaire d'Angoulême, bien que le titre d'abbé de Saint-Amant reste jusqu'en 1791.

Perte temporaire de fonction religieuse

Apr√®s la R√©volution qui chasse le dernier religieux, les b√Ętiments abbatiaux sont vendus comme bien national en 1791, et l‚Äô√©glise sert d'√©glise paroissiale. Les b√Ętiments de l'abbaye serviront de fermes et d√©pendances.

L'église est classée monument historique par liste en 1840. Des travaux sont entrepris sous la direction de Paul Abadie en 1851 puis 1874. Ce n'est qu'en 1973 que la commune, inquiète de la dégradation des lieux, rachète l'ensemble[3]. En 1998 la foudre endommage la flèche du clocher qui a été restauré en 1999-2000[7].

Architecture de l'Abbaye

L’église abbatiale

Elle a √©t√© construite en petit, moyen et grand appareil avec du mat√©riaux local, de la pierre de taille du Kimm√©ridgien inf√©rieur, sur un terrain en pente. L'√©difice, en son √©tat actuel, comprend une nef de six trav√©es, vo√Ľt√©e en berceau et flanqu√©e de deux collat√©raux, un carr√© de transept surmont√© d'un clocher qui englobe une coupole sur tambour, deux croisillons dont l'un, celui du nord, est encore garni de deux absidioles, et enfin un grand chŇďur de trois trav√©es, vout√© d'ogives, fortement d√©sax√© et termin√© par un chevet plat.

L'ensemble date du XIIe si√®cle ; le chŇďur, lui, date du XVe si√®cle et conserve des parties plus anciennes. Ces vestiges permettent de restituer le plan primitif au-del√† du carr√© du transept : le chŇďur, termin√© par une abside en h√©micycle, √©tait flanqu√© de quatre absidioles, dont les deux plus grandes √©taient pr√©c√©d√©es d'une trav√©e rectangulaire.

L’église abbatiale
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Le clocher

Le clocher, tr√®s restaur√©, comprend une souche o√Ļ s'ouvraient les baies de la lanterne, un √©tage d'arcatures aveugles sur pilastres, et un second √©tage perc√© sur chaque face de trois baies que s√©pare un mince trumeau : leur archivolte √† deux voussures retombe sur quatre colonnes. Des faisceaux de trois colonnes occupent les angles de la tour, surmont√©e d'une fl√®che d'ardoises.

Les b√Ętiments monastiques

L'abbaye poss√®de encore de nombreux b√Ętiments t√©moignant de sa splendeur pass√©e[8].

La grand'cour

Autour de cette esplanade situ√©e au sud du parvis de l'√©glise, se trouvaient les d√©pendances telles que la porterie, la buanderie, une √©curie, et les b√Ętiments conventuels √† l'est. De l'ancienne porterie, il reste la porte d'entr√©e, en plein cintre, encadr√©e par des pilastres garnis d'une imposte. A c√īt√©, le logement de l'ancien moine portier est encore conserv√©.

De l√†, pour se rendre au clo√ģtre, on entrait dans le b√Ętiment conventuel qui a conserv√© une fen√™tre romane et un m√Ęchicoulis par un passage pratiqu√© au rez-de-chauss√©e.

Le clo√ģtre

Cette cour fermée, située au sud de l'église abbatiale, conserve encore une galerie en élévation montrant les grandes phases de l'évolution de cet espace (XIe, XIIe, XIVe et XVIIe siècles). Ce lieu a été fouillé de 2002 à 2005 et a livré des vestiges architecturaux, mais aussi un grand nombre de sépultures et deux très intéressants dépotoirs comblés l'un au XIIe siècle et l'autre au XVIIe siècle[9],[10].

Les b√Ętiments conventuels

L'aile occidentale

Ancienne grande salle commune romane, elle fut en grande partie reprise au XVe si√®cle. √Ä partir de cette √©poque, cette aile devient le logement du prieur claustral jusqu'√† la R√©volution. On peut encore y trouver une magnifique chemin√©e du XVIIe si√®cle et deux celliers[9].

Les cuisines

Situ√©es √† l'angle sud-ouest, elles conservent encore un √©vier du XIIe si√®cle, et une chemin√©e du XVe si√®cle.

Le réfectoire

Immense volume du XIIe si√®cle. Il √©tait destin√© √† accueillir les 50 moines qui y vivaient au milieu du XIIe si√®cle. De cette √©poque il a aussi conserv√© la chaire de lecture. Modifi√© au XVe si√®cle, cet espace a √©t√© subdivis√© en neuf pi√®ces, puis six au XVIIe si√®cle. Au si√®cle suivant, il devient un appartement pour l'abb√© commendataire, comme l'atteste une magnifique chemin√©e.

L'aile est

Elle poss√©dait l'ancienne salle du chapitre et les dortoirs. Cette aile a √©t√© malheureusement enti√®rement d√©truite au XIXe si√®cle et remplac√©e par une modeste habitation.

Le cellier

Situ√© sous le r√©fectoire et d'une surface de 280 m2, il date du XIIe si√®cle et poss√®de une vo√Ľte de pierre. Il √©tait destin√© √† stocker les denr√©es et tous les mat√©riaux et autres outils n√©cessaires aux moines.

Protection

L'√©glise a √©t√© class√©e monument historique en 1840[1], puis le clo√ģtre et les b√Ętiments abbatiaux en 1935[2].

Accueil et activités

L'abbaye est actuellement un lieu ouvert à la visite et proposant des animations culturelles toute l'année.

Une halte jacquaire est encore installée de nos jours à la porterie, pour l'accueil des pèlerins du chemin de Saint-Jacques, en souvenir de l'hospitalité bénédictine[3].

Espace d’architecture romane

Cr√©√© √† l‚Äôinitiative de la commune et avec l'aide de la r√©gion Poitou-Charentes, l‚ÄôEspace d‚Äôarchitecture romane a √©t√© inaugur√© le 19 septembre 2008. Cet espace culturel, install√© au cŇďur des b√Ętiments conventuels, propose une exposition permanente permettant d‚Äôappr√©hender l‚Äôarchitecture romane et son contexte ainsi que l‚Äôhistoire de l‚Äôabbaye. Maquettes, bornes interactives, panneaux, illustrations, objets arch√©ologiques et autres jeux vous invitent √† d√©couvrir l‚Äôhistoire des pierres romanes[11]. Le site re√ßoit 12 000 visiteurs par an[3]. Diff√©rents th√®mes sont abord√©s.

Les origines du monachisme

Parce qu’il s’agit de la première salle d’introduction et parce que le contexte architectural de ce lieu est fort, cette thématique semblait indispensable. Les origines de l’abbaye et la diversité des implantations monastiques en Charente y sont aussi abordées.

Le plan et les formes

Dans l’ancien réfectoire, le plan des édifices romans et leurs diversités, les élévations, les modes de couvrement, les baies, le traitement des façades sont présentés de manière ludique et pédagogique sans altérer ou diluer le contenu scientifique.

La vie monastique

Au cŇďur du parcours, cet espace rappelle que l‚Äôarchitecture religieuse romane est √©troitement li√©e √† ses fonctions liturgiques et √† des besoins pr√©cis. L‚Äôorganisation de la vie monastique est donc √©voqu√©e √† travers l‚Äôexemple de l‚Äôabbaye de Saint-Amant-de-Boixe.

Les traces archéologiques

Apr√®s avoir visionn√© un film dans l‚Äôauditorium, le visiteur peut d√©couvrir dans la mezzanine situ√©e au-dessus de l‚Äôancien r√©fectoire, les d√©couvertes arch√©ologiques issues des fouilles du clo√ģtre et de l‚Äôancienne crypte.

Le temps des constructions

Enfin, les modes et techniques de construction sont expliqués depuis le mode opératoire, jusqu’à la mise en place des échafaudages en passant par les outils, matériaux et concept mathématiques utilisés par les constructeurs romans.

La visite s‚Äôach√®ve par le clo√ģtre.

Notes et références

Notes

Références

  1. ‚ÜĎ a, b et c Minist√®re de la Culture, base M√©rim√©e, ¬ę √Čglise abbatiale ¬Ľ sur www.culture.gouv.fr.
  2. ‚ÜĎ a et b Clo√ģtre et b√Ętiments, sur la base M√©rim√©e, minist√®re de la Culture
  3. ‚ÜĎ a, b, c, d, e, f et g Jo√ęl Guitton et al., Les chemins de Saint-Jacques en Charente, √©ditions Sud Ouest, 2010, 254 p. (ISBN 978-2-8177-0053-3) [pr√©sentation en ligne], p. 104 
  4. ‚ÜĎ L. Serbat, Congr√®s arch√©ologique de France √† Angoul√™me en 1912, Tome I, 1913, imp. H. Delesques, Caen.
  5. ‚ÜĎ Via Turonensis, variante par Angoul√™me
  6. ‚ÜĎ M. L. Serbat, Congr√®s arch√©ologique d'Angoul√™me en 1912, Tome I, p. 64, 1913, imp. Delesques, Caen.
  7. ‚ÜĎ Sylvie Ternet, Les √©glises romanes de l'Angoumois, Tome II, Le Croit vif, (ISBN 2-916104-02-X)
  8. ‚ÜĎ A. Vignet, Abbaye de Saint-Amant-de-Boixe. Histoire et architecture. 2008
  9. ‚ÜĎ a et b A. Vignet et N. Guillaumin, Laissez-vous conter l'abbaye de Saint-Amant-de-Boixe, 2e partie : les b√Ętiments conventuels, septembre 2008
  10. ‚ÜĎ Site de l'abbaye
  11. ‚ÜĎ Via Patrimoine, ¬ę [PDF] Via Patrimoine magazine no 1 ¬Ľ, 2009. Consult√© le 10 janvier 2011

Voir aussi

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Articles connexes

Bibliographie

  • Pierre Dubourg-Noves - Saint-Amant-de-Boixe dans Congr√®s arch√©ologique de France. 153e session. 1995. Charente - p. 321-327 - Soci√©t√© Fran√ßaise d'Arch√©ologie - Paris - 1999
  • Charles Daras - Angoumois roman - p. 209-238 - Zodiaque (collection la Nuit des Temps no 14) - La Pierre-qui-Vire - 1961

Liens externes


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