Collégiale Saint-Tugal de Laval

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Collégiale Saint-Tugal de Laval
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La collégiale Saint-Tugal de Laval était située à Laval en Mayenne. Elle était liée à la paroisse Saint-Tugal de Laval. La collégiale fut démolie en 1798. Lors du rétablissement du culte en 1800, il ne pouvait être aucunement question ni du rétablissement du chapitre ni de celui de la paroisse de Saint-Tugal qui se trouva réuni tout naturellement à celle de la Trinité[1].

Sommaire

Histoire

Chapelains du XIe si√®cle

En 1170, Guy V de Laval, sire de Laval, avait dans son ch√Ęteau deux chapelains nomm√©s Guyomard et Ruello. Il para√ģt que les offices qu'ils exer√ßaient √©taient d√®s cette √©poque des b√©n√©fices en r√®gle. Les chapelains des seigneurs n'√©taient pas alors charg√©s seulement de c√©l√©brer la sainte messe ; ils chantaient aussi les heures canonicales auxquelles il √©tait g√©n√©ralement d'usage d'assister. Les chapelains du ch√Ęteau de Laval exer√ßaient m√™me les fonctions curiales √† l'√©gard du seigneur et de sa famille.

Collégiale

Guy V, voulant que le service divin se fit avec plus d'√©clat et de r√©gularit√©, fonda dans sa chapelle une coll√©giale compos√©e de douze pr√©bendes. L'√©v√™que du Mans, Guillaume de Passavent approuva cette fondation par un d√©cret du 17 juillet 1170. Ce d√©cret √©num√®re les biens donn√©s par le fondateur, et qui semblent d'une valeur assez minime, m√™me pour le temps de la fondation. Nous verrons plus tard, au XVIIIe si√®cle, quels d√©veloppements ces faibles commencements auront pris. Guillaume de Passavant, dans le d√©cret dont nous parlons, r√©serve pour lui et pour ses successeurs, une des douze pr√©bendes; clause qui a toujours √©t√© ex√©cut√©e et en vertu de laquelle l'√©v√™que du Mans fut toujours consid√©r√© comme premier chanoine du chapitre. Il ordonne encore que, parmi les chanoines, il y aura cinq pr√™tres pour succ√©der √† Guyomard, Ruello, anciens chapelain et √† Jean le Roux, (Joannis Rufi), Guy de Raff√© et Beno√ģt. Ces trois derniers devaient √™tre d√©j√† en possession de leurs pr√©bendes, comme les deux autres: ce qui fait voir que d√©j√† la fondation √©tait ex√©cut√©e et le chapitre en exercice, avant le d√©cret d'approbation.

La fondation du chapitre fut confirm√©e par une bulle du pape Lucius III, du 9 juin 1183. Treize ans s'√©taient d√©j√† √©coul√©s depuis l'approbation de l'√©v√™que du Mans, et avaient amen√©, √† ce qu'il para√ģt, plusieurs modifications. La bulle donne au chapitre le nom de Chapitre de l'√Čglise de Sainte-Marie du ch√Ęteau de Laval; elle exprime des revenus d√©j√† plus consid√©rables que ceux mentionn√©s par le d√©cret de 1170.

Entre autres elle parle de la d√ģme de toute la Coutume de sel, de celle de tout le minage, de la d√ģme Exartorii ; etc.[2]. Le chapitre avait en outre le patronage de plusieurs √©glises et les d√ģmes qui y √©taient attach√©es. Enfin la bulle lui attribue Donationem regiminis scholarum urbis Lavalli, qui para√ģt √™tre le droit de nommer les ma√ģtres d'√©cole, plut√īt que la direction de l'enseignement. La chapelle du chapitre existe encore au ch√Ęteau de Laval[3].

Reliques de Saint-Tugal

Dans cette chapelle on conservait avec v√©n√©ration les reliques de Saint-Tugal, √Čv√™que de Tr√©guier, qui avaient √©t√© apport√©es √† Laval dans le IXe si√®cle. Les chroniqueurs placent cette translation en l'ann√©e 870 ou 878[4]. Une l√©gende de l'office du saint, qui √©tait propre au chapitre de Laval, disait qu'un √Čv√™que de Tr√©guier nomm√© Gorennan, fuyant devant une invasion de Normands et emportant avec lui le corps de son saint pr√©d√©cesseur, √©tait venu se r√©fugier √† Laval, o√Ļ il avait re√ßu un si bon accueil, que, pour t√©moigner aux habitants sa reconnaissance, il leur laissa la plus grande partie de la pr√©cieuse relique. Une vieille tradition consign√©e par Jacques Le Blanc de La Vignolle, dans son M√©moire sur la ville de Laval, rapporte diff√©remment la mani√®re dont Laval s'√©tait enrichie de ces reliques. Ce qui est certain, c'est que la plus forte portion du corps de Saint-Tugal est depuis bien des si√®cles conserv√©e √† Laval[5].

Notre-Dame du Bourg-Chevreau

En 1208, Guy VI de Laval, sire de Laval, approuva et confirma tant pour lui que pour ses successeurs, les donations que son p√®re avait faites au chapitre de Notre-Dame du ch√Ęteau. Nous trouvons cette particularit√© dans plusieurs m√©moires qui sont parmi les manuscrits de M. La B√©rangerie. Ils ajoutent que vers la m√™me √©poque, les chanoines sortirent du ch√Ęteau et s'√©tablirent dans l'√©glise de Notre-Dame du Bourg-Chevreau. Cette √©glise avait √©t√© commenc√©e en 1046 par Guy II de Laval. Les reliques de Saint-Tugal furent laiss√©es dans la chapelle du ch√Ęteau, √† laquelle un chapelain resta attach√©. Des chapelains furent aussi, fort anciennement attach√©s au chapitre, sans qu'on puisse en indiquer l'√©poque pr√©cise. Ils existaient ant√©rieurement √† 1253; au XVe si√®cle, ils √©taient au nombre de cinq. Il y avait des fondations particuli√®res pour eux, et leurs b√©n√©fices n'√©taient point compt√©s parmi les biens du chapitre [6].

Au XVe si√®cle, les seigneurs de Laval accrurent et enrichirent beaucoup le chapitre par leurs lib√©ralit√©s. En 1402, Guy XII de Laval et Jeanne de Laval son √©pouse lui donn√®rent une rente de 100 livres tournois pour le chant des heures canoniales qui jusqu'alors n'avait pas √©t√© complet. Ils √©tablirent que d√©sormais une pr√©bende serait affect√©e √† un ma√ģtre de psalette.

Peu d'ann√©es apr√®s, les reliques de Saint-Tugal furent transf√©r√©es de la chapelle du ch√Ęteau √† l'√©glise de Notre-Dame du Bourg-Chevreau. Un d√©cret de 1407 ne donne pas au chapitre d'autre nom que celui d'√©glise coll√©giale de Saint-Tugal ; ce qui indique que les reliques y √©taient transf√©r√©es √† cette √©poque, les chanoines n'ayant pu recevoir ce nom qu'apr√®s la translation[7]

√Čglise de Saint-Tugal

On reconstruisit aussi l'√©glise, qui prit d√®s lors le nom du saint √Čv√™que de Tr√©guier. Les travaux furent conduits lentement, abandonn√©s et repris plusieurs fois; car Guy XIV de Laval mort en 1484[8]; donna par son testament une somme annuelle de 2‚ÄČ000 livres tournois pour √™tre employ√©e aux travaux, jusqu'√† parfait ach√®vement. Le Blanc de La Vignolle dit que les vo√Ľtes du chŇďur avaient √©t√© termin√©es en 1470 et que la reine de Sicile, Jeanne de Laval, femme de Ren√© Ier d'Anjou, avait fait construire ce b√Ętiment rest√© inachev√©, nomm√© vulgairement l'√Čdifice et dont il existe encore maintenant des portions.

Un m√©moire de 1746 qui est parmi les pi√®ces de M. La B√©rangerie porte que l'√©difice fut construit par les ordres de la comtesse Anne de Laval √† qui le Pape Nicolas V, par une bulle du 13 juillet 1447, permit d'employer √† cet usage une somme que son grand-p√®re maternel Jean de Laval avait laiss√©e pour agrandir l'√©glise de Monts√Ľrs, ce qui √©tait devenu inutile, le chapitre √©tabli en cette √©glise ayant √©t√© supprim√©[9]. En 1444 le chapitre de Saint-Tugal fut consid√©rablement accru par la r√©union qui y fut faite du chapitre des Trois-Maries de Monts√Ľrs, et il prit une grande importance par la cr√©ation d'un doyen, qui lui fut donn√© pour chef.

Article d√©taill√© : Chapelle des Trois-Maries de Monts√Ľrs.

Cette nouvelle organisation fut approuv√©e par une bulle du Pape Eug√®ne IV, le 13 octobre 1445. La comtesse Anne qui avait op√©r√© la r√©union des deux chapitres de Laval et de Monts√Ľrs, et commenc√© les nouvelles constructions appel√©es L'√©difice, donna pour les reliques de Saint-Tugal une ch√Ęsse d'argent massif, et f√ģt faire au chevet de l'√©glise une grande vitre, fort admir√©e autrefois, et dans laquelle on l'avait repr√©sent√©e √† genoux.

Doyens et chanoines

Si les doyens de Saint-Tugal avaient surtout dans les commencements un revenu bien sup√©rieur √† celui des chanoines, leur autorit√© se r√©duisait √† peu de chose ; ils n'avaient aucune juridiction sur le chapitre et se trouvaient oblig√©s de suivre en tout l'avis de la majorit√©, n'ayant point voix pr√©pond√©rante dans les d√©lib√©rations. Ils ne pr√©sidaient point au chŇďur et n'officiaient pas quand ils le voulaient ; ces droits appartenant au semainier, le doyen n'en jouissait anciennement que quand il faisait sa semaine. Plusieurs doyens la faisaient √† leur tour, d'autres ne voulaient pas s'y astreindre. On les invitait √† officier aux grandes f√™tes ; mais ils n'aimaient pas ces invitations, pr√©tendant avoir droit par eux-m√™mes. Dans le XVIIe si√®cle les chanoines r√©dig√®rent une consultation pour demander quelles √©taient les r√®gles g√©n√©rales dont ils pourraient faire l'application √† leur chapitre [10]

Saint-Martin d'Andouillé

Pendant plus de deux siècles, les doyens de Saint-Tugal eurent seuls la qualité et les revenus de curés d'Andouillé, et n'y avaient que des vicaires amovibles. Ils n'y exerçaient probablement jamais leurs fonctions, et n'y allaient sans doute même pas. Peut-être affermaient-ils la cure aux vicaires.

Article d√©taill√© : √©glise d'Andouill√©.

Ce mode vicieux d'administration si oppos√© aux canons de l'√©glise, ne fut chang√© que par un d√©cret de M. De Lavardin, √©v√™que du Mans, au 3 juillet 1666, qui √©tablit √† Andouill√© un cur√©, vicaire perp√©tuel, en conservant au doyen de Saint-Tugal la qualit√© et les pr√©rogatives de cur√© primitif, ainsi que les droits de patronage et de pr√©sentation de la cure [11]. Il est certain qu'il s'√©leva entre eux de graves contestations, et qu'en 1718 il y avait un proc√®s pendant en parlement entre Jean Desmares, doyen de Saint-Tugal, et Charles Heaulm√©, cur√© d'Andouill√©. Quelques ann√©es apr√®s, un nouveau proc√®s s'√©leva entre M. Gaultier de la Ville Audray, doyen de Saint-Tugal et M. Beno√ģt, cur√© d'Andouill√©.

Dignité de Chantre

Guy XV de Laval, voulant donner plus d'√©clat au chapitre de Saint-Tugal, obtint du cardinal de la Balue[12], l√©gat en France, une bulle dat√©e de Tours, du 13 f√©vrier 1484, qui unissait √† la pr√©bende dont jouissait alors Mathieu Sauquet, les deux b√©n√©fices connus sous le nom de chapelles des ch√Ęteau de Laval et de La Gravelle, le premier charg√© de quatre messes √† c√©l√©brer par semaine au ch√Ęteau de Laval, le deuxi√®me de trois messes par semaine qui devaient √™tre dites √† la prison. L'union de ces trois b√©n√©fices devait faire la dotation d'une dignit√© de chantre, semblable √† celle de la cath√©drale du Mans.

La bulle fut fulmin√©e par l'official du Mans, le 22 ao√Ľt 1485, et pr√©sent√©e le 28 novembre suivant au chapitre qui fit difficult√© de la recevoir, parce qu'il avait √©prouv√©, √† son grand dommage combien la dignit√© de doyen lui avait caus√© de discussions et de proc√®s[13],[14]. Mathieu Sauquet ayant accept√© ces conditions, le comte de Laval approuva et confirma le tout le 3 d√©cembre, en pr√©sence de Nicolas de Laval, seigneur de la Roche-Bernard son neveu, futur Guy XVI de Laval, et aussi en pr√©sence de l'abb√© de Clermont, des prieurs de Sainte-Catherine et d'Olivet, de Ren√©, seigneur de Feschal, d'Ambroise Cornilleau et de plusieurs autres. Mathieu Sauquet fut install√© le 28 d√©cembre 1484. Le chapitre fit faire un b√Ęton d'argent dur√© pour marque de sa dignit√© aux f√™tes solennelles ; Mathieu Sauquet paya dix livres et obligea tons ses successeurs √† payer la m√™me somme au chapitre pour l'indemniser de cette d√©pense.

En 1607, une pr√©bende fut unie √† la principaut√© du coll√®ge par transaction avec la duchesse de la Tr√©moille, m√®re et tutrice du seigneur de Laval. Jean-Baptiste Frin, chanoine re√ßu en 1754, √©tant mort le 9 octobre 1786, sa pr√©bende qui √©tait celle √† laquelle nommait le chapitre fut r√©unie, √† dater du 15 janvier 1787, √† la sacristie. Ce qui ne veut pas dire que le revenu en fut donn√© au chapelain sacristain ; mais qu'il fut consacr√© aux frais du culte et du service divin.

Chapitre de Saint-Tugal

Composition du chapitre

√Ä dater de cette √©poque, voici quelle √©tait la composition du chapitre, dans lequel, comme nous l'avons vu ci-dessus il y avait 18 pr√©bendes[15]. En cons√©quence le chŇďur se composait de deux dignitaires, le doyen et le chantre, et de douze simples chanoines, total quatorze membres. Le bas chŇďur se composait de cinq chapelains pr√™tres, dont le premier √©tait cur√© de la paroisse de Saint-Tugal, le second √©tait le sacristain du chapitre, les trois autres portaient les titres de chapelains du Clos-Doucet, des Gennettais et des Lignardi√®res. Il para√ģt qu'ils remplissaient diverses fonctions, comme celles de diacre et de sous-diacre, et devaient assister √† tous les offices [16].

Le seigneur de Laval avait la collation pleine et enti√®re de la dignit√© de chantre et des douze pr√©bendes de simples chanoines. Il pr√©sentait √† la dignit√© de doyen, mais l'√©v√™que s'en √©tait r√©serv√© la collation. Le chapitre avait la nomination du principal du coll√®ge, sur la pr√©sentation de trois candidats que lui faisaient les habitants ; il nommait aussi son ma√ģtre de chapelle; avant 1787 il nommait √† une pr√©bende r√©unie alors √† la sacristie ; il √©tait donc cens√© avoir la nomination √† trois pr√©bendes. Il avait la pr√©sentation de la cure de Saint-Tugal, mais la collation en appartenait √† l'√Čv√™que. Enfin il conf√©rait de plein droit les quatre autres chapelles du bas chŇďur [17]

Position

Saint-Tugal n'√©tait point un chapitre royal; il n'√©tait pas tr√®s riche, et ses pr√©bendes √©taient moins productives que celles de Saint-Michel de Laval ; cependant c'√©tait un corps distingu√© et dont on tenait, √† honneur de faire partie. Il jouissait du titre de chapitre de l'insigne √©glise de Saint-Tugal. Le doyen et le chantre partaient la soutane rouge dans les c√©r√©monies[18] ; ce qui ne se voyait gu√®re que dans les chapitres de fondation royale.

Personnages célèbres

Parmi les pi√®ces de M. La B√©rangerie il y a deux √©tats de tous les membres du chapitre, l'un est en forme de tableau par ordre de succession √† chaque pr√©bende et dignit√©, l'autre est une liste alphab√©tique. Par ces deux √©tats qui remontent √† la fin du XIVe si√®cle, on voit que la coll√©giale a compt√© dans son sein des hommes appartenant aux familles les plus distingu√©es des environs de Laval, des De Feschal, des d'Averton, des d'Argentr√©, des Du Bouchet.

Mais ces tableaux pr√©sentent encore des noms bien plus illustres :

Plusieurs membres du chapitre furent √©lev√©s √† l'√©piscopat :

On peut compter aussi comme une illustration pour le chapitre qu'un de ses doyens ait été membre de l'Académie française. Il s'agit de Daniel Hay du Chastelet, abbé de Chambon qui fut doyen pendant cinquante ans, de 1621 à 1671. Il fut reçu à l'Académie en 1634, et y fut remplacé par le grand Bossuet.

Doyens

Chantres

Cures

Nécropole des comtes et de la famille de Laval

Sépulture des seigneurs de Laval

Les seigneurs de Laval avaient une affection marquée pour l'église et le chapitre de Saint-Tugal, ceci après l'abbaye de Clermont, qui fut leur premier lieu de sépulture [19]

Jusqu'ici nous voyons que tous les seigneurs de Laval, depuis qu'ils avaient le titre de comte (Voir: Comt√© de Laval), avaient eu leur s√©pulture √† Saint-Tugal. Il n'en fut pas ainsi pour Guy XX de Laval, o√Ļ seul son cŇďur fut conserv√© √† Saint-Tugal.

Le comté de Laval passa entre les mains des seigneurs de la Trémoille. Aucun d'eux n'a jamais habité Laval, et n'y a choisi sa sépulture.

Les caveaux

Il y avait dans le chŇďur de Saint-Tugal deux caveaux, servant √† la s√©pulture des seigneurs, l'un situ√© au milieu, l'autre vers le haut du c√īt√© du midi, sous les stalles. Ils furent tous les deux ouverts dans XVIIIe si√®cle. Une note assez √©tendue, qui est parmi les pi√®ces de M. La B√©rangerie, rend compte de ces op√©rations. Le plus petit caveau, qui √©tait au haut du chŇďur, fut ouvert vers 1740 lorsqu'on d√©molit le ma√ģtres-autel, et deux petits autels qui √©taient √† ses c√īt√©s. On y trouva, entre autres choses, un cercueil d√© plomb qui renferme le corps d'une femme habill√©e en religieuse[21] La note s'√©tend bien davantage sur l'ouverture de l'autre caveau, qui eut lieu le 17 ao√Ľt 1761. Ce caveau contenait six cercueils et une bo√ģte de plomb en cŇďur endommag√©s et trou√©s en divers endroits par v√©tust√©[22]

Trois de ces cercueils portaient des inscriptions copi√©es par le r√©dacteur, et desquelles il r√©sulte qu'ils renfermaient les corps d'Anne de Montmorency, de Guy XVII, de Guyonne de Laval[23]. La bo√ģte portait une inscription constatant qu'elle renfermait le cŇďur de Guy XX[24].

En 1834, on construisit le b√Ętiment o√Ļ est situ√©e au XIXe si√®cle la biblioth√®que de la ville de Laval, et qui a servi d'abord quelques ann√©es √† une √©cole d'enseignement mutuel. Il est pr√©cis√©ment sur l'emplacement o√Ļ se trouvait l'√©glise de Saint-Tugal, et qui servait depuis sa d√©molition de place publique. En creusant les fondements du mur de la fa√ßade, les ouvriers ouvrirent, le 6 mars, un petit caveau, dans lequel il y avait un cercueil de plomb pos√© sur deux treteaux de fer, et entour√© de plusieurs pots de terre commune, semblable √† celle de Th√©valles, dans le fonds desquels il y avait un r√©sidu de cendres et de charbons. Dans le cercueil, il y avait des os bien conserv√©s[25] Quoique ce cercueil ne port√Ęt pas d'inscription, pour Isidore Boullier, le corps qu'il renfermait √©tait celui de la comtesse Anne, inhum√©e √† Saint-Tugal en 1465[26] Quant au grand caveau qui contenait six cercueils en 1761, Isidore Boullier ne croit pas qu'il ait √©t√© ouvert depuis la R√©volution fran√ßaise.

Inhumations

Il y avait encore eu quelques individus inhumés dans l'église de Saint-Tugal, mais il n'y avait aucun monument remarquable sur leurs fosses. On y voyait les épitaphes d'Ambroise Aury et de Guillaume Lebreton, chanoines, morts le premier en 1548 et le second en 1618, après avoir fondé divers services.

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Les reliques de Saint-Tugal avaient √©t√© soustraites par des personnes favorables √† la religion quand on s'√©tait empar√© de la ch√Ęsse ainsi que du reste de l'argenterie. Ce pr√©cieux d√©p√īt fut remis √† l'√©glise de la Trinit√© apr√®s que l'identit√© en eut √©t√© valablement constat√©e.
  2. ‚ÜĎ Les bornes que nous nous prescrivons ne nous permettent pas d'entrer dans des explications qui seraient peut-√™tre utiles sur la nature des droits exprim√©s ici. Nous nous bornerons √† dire que le mot exartorium signifie probablement d√©frichement et se rapporte alors √† un droit √©nonce dans le d√©cret de Guillaume de Passavent. Ce mot ne se trouve pas dans le Glossaire de Du Cange, mais on y trouve exarius, exartari et autres qui ont rapport √† la signification que nous indiquons.
  3. ‚ÜĎ Ses piliers formant comme deux nefs, et ses vo√Ľtes indiquent qu'elle fut construite dans le XIIe si√®cle. Il est certain qu'elle √©tait d√©di√©e √† la Sainte-Vierge.
  4. ‚ÜĎ Vies des Saints de Bretagne, Dom Lobineau, donn√©e par M. Tresvaux, t.I., p. 187. Charles Maucourt de Bourjolly, liv. I, chapitre 8 (ancienne r√©daction). Jacques Le Blanc de La Vignolle, M√©moire sur la ville de Laval.
  5. ‚ÜĎ Le chef de Saint-Tugal resta √† Chartres. D'autres parties de ses ossements furent partag√©es entre la coll√©giale de Cr√©py-en-Valois et la ville de Ch√Ęteau-Landon.
  6. ‚ÜĎ Nous donnerons parmi les chartes et documents plusieurs pi√®ces concernant les commencements du chapitre. D'autres seront analys√©es plus tard, quand nous parlerons des contestations qui s'√©levaient entre le chapitre et les cur√©s de la Trinit√©. Nous nous bornerons √† remarquer ici que l'une d'elles est le litre de l'√©tablissement d'une cure annex√©e au chapitre et qu'√† dater de l'√©poque o√Ļ fut rendu le d√©cret qui la constitua, cette cure fut toujours desservie par un des chapelains.
  7. ‚ÜĎ C'est donc une erreur d'Andr√© Ren√© Le Paige de l'avoir fix√©e √† 1416. Dom Colomb commet la m√™me faute et fait de plus une grave erreur en disant que Notre-Dame du Bourg-Chevreau n'√©tait pr√©c√©demment qu'une simple chapelle desservie par cinq chapelains dont un √©tait cur√©. Il oublie qu'outre ces chapelains qui n'√©taient qu'un accessoire, il y avait un chapitre qui √©tait le principal.
  8. ‚ÜĎ II mourut √† Ch√Ęteaubriant ou il passa les derni√®res ann√©es de sa vie; mais il fut enterr√© dans l'√©glise de Saint-Tugal, par le cardinal Philippe de Luxembourg, √©v√™que du Mans.
  9. ‚ÜĎ Selon le m√™me m√©moire, l'√Čdifice devait faire partie d'un grand plan, dans lequel l'√©glise de Saint-Tugal aurait √©t√© compl√®tement chang√©e. Ou avait commenc√© √† √©lever une tour pour servir de clocher.
  10. ‚ÜĎ Cette consultation existe encore dans les pi√®ces de M. La B√©rangerie, et c'est elle qui nous apprend les particularit√©s que nous donnons ici. On ne voit point √† qui elle √©tait adress√©e, et nous ignorons s'il y fut r√©pondu. Plus tard il fut sinon fait un r√®glement, du moins adopt√© des usages fixes sur les droits du doyen. Un m√©moire de 1746 dit qu'il officie √† toutes les f√™tes annuelles et presque √† toutes celles dont l'office est solennel majeur et qu'il n'est jamais de semaine. Le m√™me m√©moire dit positivement que toute la juridiction r√©side dans le chapitre entier, qui l'exerce sur tous les membres du haut et du bas chŇďur. C'est au chapitre entier qu'on s'adresse pour les enterrements, c'est un chanoine suivant l'ordre du tableau qui fait la s√©pulture.
  11. ‚ÜĎ Isidore Boullier ignore comment les droits respectifs de l'un et de l'autre furent r√©gl√©s
  12. ‚ÜĎ Deux des m√©moires sur Saint-Tugal attribuent √† tort une bulle au cardinal Julien de la Hov√®re, l√©gat avant le cardinal Balue.
  13. ‚ÜĎ Ce sont les propres expressions d'une notice qui est dans les pi√®ces de M. La B√©rangerie. Isidore Boullier ne conna√ģt pas autrement les contestations auxquelles avait donn√© lieu l'√©tablissement d'un doyen.
  14. ‚ÜĎ Il mit pour condition que le chantre n'aurait aucune juridiction sur le haut ni sur le bas chŇďur, qu'il n'aurait droit d'imposer d'autres peines que celles que le chapitre aurait ordonn√©es pour les d√©fauts du chant, et qu'il devrait se borner √† faire son rapport des fautes qui seraient commises, afin que le chapitre y rem√©di√Ęt selon les statuts. Il fut convenu qu'il pr√©siderait le chapitre en l'absence du doyen, apr√®s lequel il devait prendre rang aux processions et au chŇďur vis-√†-vis du plus ancien chanoine ; qu'enfin il exercerait son office aux f√™tes solennelles, et que, s'il √©tait absent, le chapitre commettrait un chanoine pour le remplacer.
  15. ‚ÜĎ La 1re pr√©bende appartenait √† l'√©v√™que du Mans. La 2e au doyen. La 3e au chantre. Une 4e servait √† payer le ma√ģtre de psalette. Une 5e appartenait au principal du coll√®ge. Une 6e √©tait consacr√©e aux frais de la sacristie. Les douze autres pr√©bendes √©taient poss√©d√©s par douze chanoines.
  16. ‚ÜĎ II y avait aussi dans l'√©glise plusieurs chapelles on b√©n√©fices simples, une chapelle de Parn√©, une de la Magdelaine, deux de Beuzelin, une d'Erval, etc. Il y avait encore une chapelle de l'Orgue, fond√©e en 1356; le titulaire devait toucher l'orgue et c√©l√©brer deux messes par semaine. Il y avait aussi une chapelle de Diacre et une de Sous-Diacre fond√©es toutes les deux en 1450. Isidore Boullier indique qu'il ne sait pas comment ces chapelles √©taient desservies ; peut-√™tre √©taient-elles r√©unies dans les derniers temps √† quelques-unes des cinq chapelles dont les titulaires avaient rang dans le chŇďur; peut-√™tre le revenu de la chapelle de l'orgue payait-il les gages de l'organiste.
  17. ‚ÜĎ Les serviteurs de l'√©glise se composaient ainsi qu'il suit en 1790 : 1¬į Un ma√ģtre de psalette qui avait 850 livres de gages, 2¬į Un organiste, 200 livres, 3¬į Quatre psalleurs, 300 livres chacun, 4¬į Un sonneur, 150 livres et une maison valant 120 livres de ferme, 5¬į Un premier bedeau, qui en vertu de sa place, √©tait en m√™me temps sergent du comt√©, 34 livres, 6¬į Un second bedeau, 26 livres, 7¬į Quatre enfans de chŇďur. Total treize personnes. Les deux bedeaux portaient la robe d'huissiers andienciers ; le premier avait une masse d'argent, le second une baleine.
  18. ‚ÜĎ Ce fut seulement en 1760 qu'ils re√ßurent cette marque de distinction. Dans le d√©cret d'union du chapitre de Monts√Ļrs, il avait √©t√© stipul√© que la comtesse de Laval donnait aux deux corps r√©unis les m√™mes pr√©rogatives qu'au chapitre de la Magdelaine de Vitr√©, √† l'exception de la robe rouge que doit porter le tr√©sorier de la Magdelaine et que la comtesse ne donnera au doyen de Saint-Tugal que quand elle le jugera √† propos. La duchesse de la Tr√©moille, dame de Laval et de Vitr√© voulut enfin que Saint-Tugal jouit de celle pr√©rogative, Quarante ans auparavant, son mari avait forc√© le tr√©sorier de la Magdelaine de Vitr√© √† reprendre la soutane rouge qu'il n√©gligeait de porter. Il l'avait menac√©, s'il le refusait, de cesser de lui payer une rente de dix √©cus d'or qu'il lui devait. Ces particularit√©s sont dans les notes de Ren√© Pichot de la Graverie. Recueil de Sentences, t. VI., p. 844.
  19. ‚ÜĎ Charles Maucourt de Bourjolly indique qu'avant Anne de Laval, aucun des seigneurs de Laval n'avait √©t√© inhum√© √† Saint-Tugal. Mais il est constant qu'au moins un membre de leur famille avait d√©j√† sa s√©pulture dans cette √©glise, il s'agit de Jean de Laval.
  20. ‚ÜĎ C'√©tait pour le repos de son √Ęme que son mari avait fond√© une messe qui se disait tous les jours √† Saint-Tugal, et qu'on appelait vulgairement la messe de Madame.
  21. ‚ÜĎ Voil√† tout ce que porte la note‚Ķ
  22. ‚ÜĎ Les mots de plomb s'appliquent-ils aux cercueils, aussi bien qu'√† la bo√ģte?
  23. ‚ÜĎ L'inscription est textuellement conforme √† celle cit√©e dans L'Art de v√©rifier les dates.
  24. ‚ÜĎ Il en r√©sulte de ce qui pr√©c√®de que les deux caveaux ne contenaient que sept cercueils. Cependant nous voyons que, outre Jean de Laval, seigneur de Ch√Ętillon, il avait √©t√© inhum√© neuf membres de la famille de Laval √† Saint-Tugal, depuis 1465. Il faut donc supposer que deux de ces hauts personnages avaient √©t√© mis dans de simples fosses, ou que deux des cercueils contenaient chacun deux corps.
  25. ‚ÜĎ Isidore Boullier indique qu'il ignore ce qu'on'fit de ces restes, il para√ģt qu'ils furent port√©s dans le cimeti√®re. Il para√ģt certain pour lui que le caveau dont il s'agit ici est celui qui avait √©t√© ouvert en 1740, et dans lequel on avait trouv√© un cercueil de plomb renfermant les restes d'une femme habill√©e en religieuse. La position est bien la m√™me. Il est f√Ęcheux seulement que la note r√©dig√©e en 1834 ne dise pas si parmi les ossements on ne d√©couvrait pas encore des restes d'habillements ressemblant √† ceux d'une religieuse.
  26. ‚ÜĎ Aucun autre membre de sa famille n'ayant encore √©t√© plac√© dans ce lieu, on fit sans doute faire ce petit caveau expr√®s pour elle. L'habillement religieux dont elle √©tait rev√™tue sert √† la confirmer.

Voir aussi

Source

  • M√©morial de la Mayenne, Godbert, Laval, 1845, p. 168-188.

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