Collonges-la-Rouge


Collonges-la-Rouge
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45° 03′ 40″ N 1° 39′ 18″ E / 45.061, 1.655

Collonges-la-Rouge
Image illustrative de l'article Collonges-la-Rouge
Armoiries
Administration
Pays France
Région Limousin
Département Corrèze
Arrondissement Brive-la-Gaillarde
Canton Meyssac
Code commune 19057
Code postal 19500
Maire
Mandat en cours
Paulette Fender
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes des Villages du Midi Corrézien
Démographie
Population 455 hab. (2007)
Densité 32 hab./km²
Géographie
Coordonnées 45° 03′ 40″ Nord
       1° 39′ 18″ Est
/ 45.061, 1.655
Altitudes mini. 144 m — maxi. 493 m
Superficie 14,31 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Vue générale de Collonges-la-Rouge

Collonges-la-Rouge (Colonjas en occitan), surnommée la « cité aux vingt-cinq tours Â», est une commune française, située dans le département de la Corrèze et la région Limousin.

Les habitants de Collonges-la-Rouge sont des Collongeois.

Sommaire

Héraldique

Armes de la commune : d'azur à la bande d'argent, à l'écu en cœur coticé d'or et de gueules de douze pièces (armes des Vassinhac et de Turenne). Blason voté le 4 mars 1978.

Géographie

Transports

On accède à Collonges-la-rouge en voiture par la D38 ou en autocar depuis Brive par la ligne 4 du réseau départemental[1].

Économie

La terre rouge de la région, dite « terre de Collonges Â», se prête admirablement au travail de la poterie.

Toponymie

Colongiam 1067[2].

Les formes anciennes des nombreux Collonges, Coulonges et Collanges de France sont du type Colonicas, Colonicae.

Tous ces toponymes ont pour étymologie le bas latin Colonicas qui désigne à l'origine « une terre cultivée par un colon Â», terme du droit féodal[3], puis « une exploitation agricole Â»[4].

Selon Albert Dauzat et Charles Rostaing[5], il ne faut pas confondre avec Colonia qui désigne une colonie romaine, terme plus ancien. Cf. Cologne (Allemagne).

Histoire

Collonge la rouge.png

Les moines de l’abbaye de Charroux en Poitou fondent un prieuré au VIIIe siècle. Il attire sous sa protection une population de paysans, d’artisans et de commerçants. Autour de ses bâtiments protégés par une enceinte, la communauté prospère. L’accueil des pèlerins en route pour Compostelle via Rocamadour est une source durable de profits. En 1308, le vicomte de Turenne accorde à la ville une charte de franchise. Le droit de juridiction haute, moyenne et basse lui est accordé. Il préside à la naissance de lignées de procureurs, avocats, notaires. L’enclos ne suffit plus à contenir sa population. Naissent alors les barris : le faubourg de la Veyrie à l’est, celui de Hautefort, du Faure, la Guitardie. Après les guerres de religion, la reconstruction du patrimoine de la petite noblesse coïncide avec la montée en puissance de la vicomté. C’est à cette époque que s’élèvent les nobles logis des officiers de la vicomté.

Après la vente de la vicomté en 1738, puis la Révolution, qui détruit les bâtiments du prieuré, le bourg ne retrouve qu’une prospérité éphémère au début du XIXe siècle. Collonges perd peu à peu ses habitants, le village se transformant en carrière de pierres.

Au début du XXe siècle, quelques Collongeois créèrent l’association des Amis de Collonges permettant le classement du site tout entier en 1942.

Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1977 1998 Charles Ceyrac    
1998 mars 2001 Simone Laurent    
mars 2001 octobre 2008 Henri Bassaler PS[6] mort en fonctions[7]
octobre 2008   Paulette Fender[8]    
         

Démographie

Évolution démographique
Années 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 -
Population 401 375 360 379 381 415 450 455[9] -
Notes, sources, ... De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; à partir de 2006 : population municipale légale.
Source : INSEE [10]

Lieux et monuments

Collonges-la-Rouge.jpg

Le village de Collonges est construit tout en grès rouge (qui donne une partie de son nom) contrastant avec le vert des châtaigners et des vignes environnants ; il est connu dès le VIIIe siècle par un don du comte de Limoges de l'église de la paroisse au monastère de Charroux.

Le village fait partie de l'association des plus beaux villages de France (c'est ici qu'est née l'idée de créer l'association en 1982, il est le premier classé sur la Liste des Plus Beaux Villages de France), c'est un des sites les plus visités du Limousin.

Architecture civile

La halle datent des XVIe et XVIIe siècles. Le passage couvert est inscrit aux monuments historiques[11].

Bâtiments d’habitation

Maison de la Sirène
  • la maison de la Sirène (siège de l'association des Amis de Collonges) : elle possède une toiture en lauzes à grès rouge, un porche voûté, une fenêtre à accolade qui surplombe une porte gothique à droite de laquelle une sirène sculptée tient un peigne et un miroir. Elle date du XVIe siècle. Elle fut la propriété de Henry de Jouvenel, un des époux de l'écrivain Colette ; elle est classée monument historique[12] ;
Un timbre postal, d'une valeur de 3,00 francs, représentant la Maison de la Sirène a été émis le 3 juillet 1982[13].
  • le prieuré, construit au XVIe siècle, est inscrit aux monuments historiques depuis le 4 janvier 1951 pour sa façade avec balcon sur consoles et ses toitures[14] ;
  • l’ancienne maison des sœurs, construite au XVIe siècle, est inscrite aux monuments historiques le 4 janvier 1951 (façade avec balcons sur demi-berceaux et toiture[15]) ;

Rue de la Barrière :

  • la maison Bonyt date du XVIe siècle, et est inscrite aux monuments historiques, notamment pour sa façade, sa toiture, et l’escalier à vis[16]
  • la maison Boutang du Peyrat, avec des parties des XVe, XVIe et XVIIe siècles, est inscrites aux monuments historiques. Les éléments protégés sont une fenêtre qui a conservé sa menuiserie d’époque Louis XIII, la porte d’entrée du XVIIe, une cheminée en bois avec une frise peinte, ainsi que la façade et les toitures[17] ;
  • la maison Julliot, datant du XVIe siècle (une pierre est datée 1803), est inscrite aux monuments historiques, pour sa façade, sa toiture, et le perron[18] ;
  • la maison Dey, située place de la Fontaine, est inscrite aux monuments historiques (notamment pour son escalier dont les paliers sont en pierre rouge)[19] ;
  • une maison située place de la Halle, date du XVIe et du XVIIIe siècle. Sa façade, sa loggia et ses toitures sont inscrites aux monuments historiques[20].

La maison Poignet possède une fenêtre du XVIIe siècle, classée monument historique[21].

La maison Salvant et Vallat est également inscrite aux monuments historiques[22].

Bâtiments officiels

  • l’ancien tribunal de la Châtellerie (XVIe siècle), est classé monument historique depuis le 13 décembre 1978[23] ;
  • l’ancienne mairie (parties des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles), est inscrite aux monuments historiques depuis le 4 janvier 1951, pour la façade, la toiture, et la cheminée en pierre de taille[24]

Les châteaux, hôtels et maisons nobles

  • le manoir de Vassinhac XIVe siècle[réf. nécessaire] et XVIe siècle, dont les propriétaires furent gouverneurs et capitaines du château de Turenne : il possède quelques éléments de fortification, et est classé monument historique[25] ;
  • le château ou hôtel du Friac ou de Beaurival (hôtel de Beaurival) : du XVe siècle, classé monument historique le 17 décembre 1926[26] ;
  • le château de Benge, parties du XVIe et du XVIIIe siècle, classé monument historique par les arrêtés du 23 septembre 1953 et du 18 mars 1954[27] ;
  • le castel Maussac, des XVe et XVIe siècles, est inscrit comme monument historique depuis le 17 décembre 1926[28] ;
  • le château du Breuil  ;
  • le château du Martret, parties des XVIe et XIXe siècles, classé monument historique[29] ;
  • le manoir de Beauvirie, qui date du XVIe siècle et est inscrit aux monuments historiques[30] ;
  • le château de Beauregard, du XVe siècle, est inscrit monument historique depuis le 17 décembre 1926[31].

Architecture militaire

L’enceinte fortifiée date du XIVe siècle : les portes de l’ancien prieuré et de l’église sont respectivement inscrites et classées monuments historiques[32].

Art religieux

L’église Saint-Pierre[33], datant des XIe, XIIe et XVe siècles, avec son clocher roman à galbes (l'un des plus anciens du Limousin), fut fortifiée lors des guerres de religion au XVIe siècle. Elle possède un remarquable portail orné d'un tympan en pierre blanche (alors que toute la ville est rouge). Il représente l'ascension du Christ. Celui-ci domine sa mère et les 11 apôtres ; il a été sculpté au XIIe siècle. Il fut caché pendant les guerres de religion, et remis en place seulement en 1923.

On pénètre d'abord dans une nef de style roman, très dépouillée, nef qui avait été allouée aux protestants par Turenne.

La nef de gauche, de style gothique et éclairée par des vitraux est celle dédiée au culte catholique. L’autel principal, peint en bleu et doré, est constitué d’un autel du XIXe, d’un gradin en partie du XVIIe siècle, d’un tabernacle du siècle suivant, et d’un retable reconstitué au XIXe siècle avec des éléments des deux siècles précédents. Il est classé en 1978 et restauré en 1984-1985[34].

L’autel de la chapelle sud, son gradin, son tabernacle et le retable, en bois sculpté et doré, représentant la Passion, date du XVIIe siècle ; il est inscrit comme monument historique[35].

Une clôture de chapelle en bois sculpté et ajourée, avec portillon central, datant de la fin du XVIIe siècle ou des années 1700, et ornée de coquilles, rinceaux, volutes, feuilles d’acanthe et atlantes ; elle est inscrite[36].

La statue de bois du Christ gisant date du XVIe siècle : elle a été retrouvée dans une haie en 1971. Elle est inscrite aux monuments historiques[37], en même temps que la Vierge de Pitié en bois doré et peint, datant du XVIIe ou du XVIIIe siècle[38], la Vierge à l’Enfant (Notre-Dame-de-Collonges ou des Victoires, XVIIIe siècle)[39].

Un Christ en croix, en bois sculpté, sur une croix rapportée, date du XVIIe siècle ; il est inscrit[40].

L’église est classée monument historique depuis le 4 avril 1905[41].

Personnalités liées à la commune

L'acteur Maurice Biraud est enterré à Collonges-la-Rouge.

Philatélie

Un timbre postal, d'une valeur de 3,00 francs, représentant la Maison de la Sirène datant du XVIème siècle à Collonges-la-Rouge a été émis le 3 juillet 1982[13].

Lecture

Charles-François Ricome. Les églises de campagne. La Vie à la campagne, 1932, vol. 29, n°349, 1er juillet 1932, p. 271, fig.

Sources et références

  1. ↑ Transport
  2. ↑ Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud 1979. p. 200 - 201. Article Collanges.
  3. ↑ Albert Dauzat et Charles Rostaing, Op. cité.
  4. ↑ François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, éditions Picard 1981. p. 95. Article Coulonges.
  5. ↑ Op. cité.
  6. ↑ Site de la préfecture, consulté le 20 août 2008
  7. ↑ Paulette Fender, Bulletin muncipal no 8, [1], consulté le 13 mai 2009
  8. ↑ Bulletin de l’association des maires de Corrèze, no 200, novembre 2008-janvier 2009, [2], consulté le 13 mai 2009
  9. ↑ Recensement de la population au 1er janvier 2007 sur INSEE. Consulté le 27 février 2010
  10. ↑ Résultats du recensement de la population - 2006 - Collonges-la-Rouge sur INSEE. Consulté le 27 février 2010
  11. ↑ Arrêté du 20 octobre 1987 La Halle, Notice no PA00099724, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  12. ↑ Arrêté du 21 septembre 1949, Maison de la sirène, Notice no PA00099730, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  13. ↑ a et b Le timbre
  14. ↑ Ancien prieuré, Notice no PA00099742, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  15. ↑ Ancienne maison des sœurs, Notice no PA00099731, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  16. ↑ Arrêté du 4 janvier 1951, Maison Bonyt, Notice no PA00099734, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  17. ↑ Arrêté du 4 janvier 1951, maison Boutang du Peyrat, Notice no PA00099733, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  18. ↑ Maison Julliot, Notice no PA00099737, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  19. ↑ Maison Dey, Notice no PA00099735, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  20. ↑ Arrêté du 5 janvier 1951, maison située place de la Halle, Notice no PA00099739, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  21. ↑ Arrêté du 22 avril 1954, maison Poignet, Notice no PA00099728, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  22. ↑ Arrêté du 4 janvier 1951, maison Salvant et Vallat, Notice no PA00099729, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  23. ↑ Ancien tribunal de la Chatellerie, Notice no PA00099743, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  24. ↑ Ancienne mairie, Notice no PA00099726, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  25. ↑ Arrêté du 25 mars 1932, Manoir de Vassinhac, Notice no PA00099741, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  26. ↑ Ancien hôtel Beaurival, Notice no PA00099725, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  27. ↑ Château de Benge, Notice no PA00099964, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  28. ↑ Château Maussac, Notice no PA00099720, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  29. ↑ Arrêté du 28 mai 1951, Château du Martret, Notice no PA00099719, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  30. ↑ Arrêté du 3 octobre 1929, Manoir dit de Beauvirie, Notice no PA00099740, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  31. ↑ Château de Beauregard, Notice no PA00099718, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  32. ↑ Enceinte fortifiée de la ville, Notice no PA00099723, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  33. ↑ Karine Colle-Madies - Collonges-la-Rouge, le clocher de l'église Saint-Martin - pp. 125-130, dans Congrès archéologique de France. 163e session. Corrèze. 2005 - Société Française d'Archéologie - Paris - 2007
  34. ↑ Autel, Notice no PM19000698, sur la base Palissy, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  35. ↑ Le 16 janvier 1991, autel, gradin d'autel, tabernacle, retable (autel de la chapelle sud), Notice no PM19000915, sur la base Palissy, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  36. ↑ Clôture de chapelle (table de communion), Notice no PM19000130, sur la base Palissy, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  37. ↑ Le 25 octobre 1988, statue : Christ gisant, Notice no PM19000914, sur la base Palissy, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  38. ↑ groupe sculpté : Vierge de pitié, Notice no PM19000913, sur la base Palissy, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  39. ↑ Groupe sculpté et son dais : Vierge à l'enfan,tNotice no PM19000912, sur la base Palissy, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  40. ↑ Arrêté du 20 octobre 1989, Christ en croix, Notice no PM19000909, sur la base Palissy, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010
  41. ↑ Église Saint-Pierre ou Saint-Sauveur, Notice no PA00099722, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 14 août 2010

Voir aussi

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Bibliographie

  • Agnès Brahim-Giry, Dimitri Paloumbas, Turenne, Collonges-la-Rouge (Corrèze), Samogy éditions d'art (collection Parcours du patrimoine no 360), Paris, 2011 (ISBN 978-2-7572-0467-2) ; p. 96

Articles connexes

Liens externes


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