Abbaye De Sainte-Marie-au-Bois

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Abbaye De Sainte-Marie-au-Bois

Abbaye de Sainte-Marie-au-Bois

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Abbaye de Sainte-Marie-au-Bois
Vue générale de l'édifice
Vue générale de l'édifice

Latitude
Longitude
Non renseigné
(Chercher ce lieu) 
Pays France France
Région Lorraine
Département Meurthe-et-Moselle
Ville Vilcey-sur-Trey
Culte Catholique romain
Type Abbaye
Rattaché à Prémontrés
Début de la construction 1140
Fin des travaux XVIe si√®cle
Style(s) dominant(s) Roman
Classé(e) Monument historique

Sainte-Marie-au-Bois est une ancienne abbaye de l'ordre des Pr√©montr√©s, situ√©e sur la commune de Vilcey-sur-Trey, Meurthe-et-Moselle, France, √©difi√©e pr√®s d'une source, au fond d'une petite vall√©e o√Ļ coule un affluent du Trey. Longtemps consid√©r√©e comme la plus ancienne implantation de l'ordre de Pr√©montr√© en Lorraine, elle a pour abb√© au d√©but du XVIIe si√®cle Servais de Lairuelz, qui conduit la r√©forme de son ordre, d'abord en Lorraine puis au-del√†. Au d√©but de la Premi√®re Guerre mondiale, l'√©crivain et po√®te fran√ßais Charles P√©guy s√©journe dans l'ancienne abbaye, devenue une ferme. Aujourd'hui, ses vestiges remarquables font de Sainte-Marie-au-Bois un rare t√©moin architectural de l'ordre de Pr√©montr√© au XIIe si√®cle.

Remarque : La forme "Sainte-Marie-au-Bois" a √©t√© retenue plut√īt que "Sainte-Marie-aux-Bois", elle aussi usit√©e, pour se conformer aux travaux universitaires r√©cents qui ont retenu la premi√®re forme, plus respectueuse de la d√©signation latine de l'abbaye (Sancta Maria in Numore) dans les chartes du XIIe si√®cle.

Sommaire

Histoire

La fondation au XIIe si√®cle

Cette abbaye est fond√©e par le duc de Lorraine Simon Ier entre 1130 et 1139[1], √† proximit√© de son ch√Ęteau de Pr√©ny. La vall√©e o√Ļ le monast√®re est b√Ęti, ainsi que des terres cultivables, des vignes, des moulins et des for√™ts sont conc√©d√©s par les opulentes abbayes messines Saint-Pierre-aux-Nonnains et Sainte-Glossinde. Les seigneurs du lieu font aussi des donations.

C'est un disciple lorrain de saint Norbert, Richard, qui, venant de Laon[2], est le premier abbé.

Un certain myst√®re entoure la fondation de cette abbaye : une tradition rapport√©e par Dom Calmet[3] et Charles-Louis Hugo[4] fait de Sainte-Marie-au-Bois la premi√®re fondation de l'ordre de Pr√©montr√© en Lorraine[5]. Saint Norbert en personne, √† l'occasion d'une halte au ch√Ęteau de Pr√©ny, et le duc Simon, seraient tomb√©s d'accord pour fonder en 1126 ce monast√®re. Mais les historiens actuels r√©futent cette l√©gende[6]. Ce serait au cours d'un concile tenu √† Li√®ge en 1131[7], o√Ļ sont pr√©sents Saint Norbert, Saint Bernard et certains seigneurs la√Įcs, que le duc Simon con√ßoit le projet de deux fondations, l'une √† Sturzelbronn et l'autre pr√®s de Pr√©ny[8].

Le monast√®re re√ßoit pour nom ¬ę Sancta Maria in Nemore ¬Ľ (Sainte-Marie-au-Bois) et est plac√© sous l'invocation de la Vierge dans son Annonciation. Les b√Ętiments sont termin√©s peu apr√®s 1150[9].

√Ä proximit√© de l'abbaye s'√©l√®ve aussi un monast√®re de religieuses, chose fr√©quente dans les fondations pr√©montr√©es du XIIe si√®cle ; cet √©tablissement dispara√ģtra par la suite. Dom Calmet rapporte au XVIIIe si√®cle, qu'on en voit encore les vestiges au lieu-dit ¬ę la Celle-des-Dames ¬Ľ. Sa chapelle √©tait d√©di√©e √† Sainte Marie-Madeleine.

De récentes prospections dans les forêts entourant l'abbaye ont découvert un parcelaire médiéval sur plus de vingt hectares, caractérisé par des pierriers, des terrasses et des bornes, rappelant en cela que Sainte-Marie-au-Bois est une abbaye de défrichement[10].

Moyen √Ęge

Les pères prémontrés de Sainte-Marie-au-Bois, partageant leur temps entre vie contemplative et ministère, desservent les cures des paroisses avoisinantes, Vilcey-sur-Trey, Viéville-en-Haye, Pagny-sur-Moselle, Onville et même plus loin, Manonville, Hagéville, Bey-sur-Seille, et Lanfroicourt. En 1257, ils fondent à Pont-à-Mousson le séminaire de Saint-Nicaise[11], destiné à la formation des novices de Sainte-Marie et des autres établissements prémontrés de Lorraine.

Sainte-Marie-aux-Bois, plac√©e sous la protection des ducs de Lorraine et si proche de leur ch√Ęteau de Pr√©ny, sera √† plusieurs reprises d√©vast√©e. D√®s la fin du XIIIe si√®cle, l'abbaye subit des dommages suite au si√®ge de la forteresse de Pr√©ny par Thibaut II, comte de Bar. Quelques ann√©es plus tard, en 1324, c'est au tour des Messins de piller l'abbaye et les terres ducales alentour.

Un si√®cle plus tard, en 1427, les m√™mes Messins reviennent et cette fois encore pillent et chassent les religieux qui trouvent refuge √† Saint-Mihiel. En 1439, la guerre fait √† nouveau rage : un parti gascon, alli√© des Lorrains, qui a trouv√© refuge dans l'abbaye, en est d√©log√© brutalement par les gens d'armes messins et la m√™me ann√©e, Antoine de Vaud√©mont ravage √† nouveau la contr√©e.

Le 13 d√©cembre 1473, Charles le T√©m√©raire, duc de Bourgogne, est l'h√īte de l'abb√© Jean de Dieulouard et dort √† l'abbaye.

XVIe si√®cle

Le XVIe si√®cle est un moment de prosp√©rit√© pour Sainte-Marie-au-Bois. En 1504, l'abb√© Pierre de Pr√©ny conc√®de des terres et des for√™ts pour permettre le repeuplement et la reconstruction du village de Vi√©ville-en-Haye d√©sert√© depuis les guerres du XVe si√®cle. C'est √† cette √©poque aussi que l'√©glise abbatiale est renov√©e. Vers le milieu du si√®cle cependant, les protestants d√©vastent le monast√®re[12].

Trois membres de la famille Thuillier se succ√®dent sur le si√®ge abbatial. Nicolas Thuillier, √† qui est confi√© le vicariat g√©n√©ral de plusieurs circaries, est aussi nomm√© conseiller d'√Čtat par le duc Antoine et devient le confesseur de la duchesse Philippe de Gueldre, veuve de Ren√© II, retir√©e chez les Clarisses de Pont-√†-Mousson. Un livre d'heures que la duchesse offrit √† son confesseur est conserv√© actuellement √† la Biblioth√®que municipale de Pont-√†-Mousson.

Le successeur des trois abb√©s Thuilier, Didier Malhusson, favori du duc Charles III, sera impos√© par la force. Abb√© commendataire, il ne r√©side pas √† l'abbaye, mais dans un domaine voisin, la Grange-en-Haye, transform√© en maison de plaisance. Sous son abbatiat, le d√©sordre dans la vie monastique s'accentue encore. √Ä Sainte-Marie-au-Bois, comme dans d'autres abbayes pr√©montr√©es √† la m√™me √©poque, le rel√Ęchement a atteint son paroxysme.

L'abb√© Daniel Picart, qui succ√®de √† Didier Malhusson, n'a que vingt-sept ans √† son √©lection. Les chanoines l'ont choisi jeune, pensant que son autorit√© serait moindre. Or, le jeune abb√© a √©t√© form√© √† l'universit√© des J√©suites de Pont-√†-Mousson et il manifeste un ardent d√©sir de r√©forme ; le voyant r√©solu √† restaurer les pr√©ceptes monastiques, ses adversaires n'ont d'autre solution que de l'empoisonner au moyen d'araign√©es v√©n√©neuses introduites dans son potage[13].

XVIIe si√®cle

Le successeur de l'abb√© Picart, Servais de Lairuelz, est lui aussi acquis aux id√©es tridentines et il souhaite un retour √† l'antique rigueur ; en 1608, il transf√®re les moines √† Pont-√†-Mousson, dans la nouvelle abbaye Sainte-Marie-Majeure, pour les rapprocher de la jeune et dynamique universit√©, administr√©e par les j√©suites. Le pape Paul V a donn√© son accord √† condition que un ou deux chanoines r√©sident en permanence dans l'ancienne abbaye et y c√©l√®brent chaque jour la messe. C'est en quelque sorte le cr√©puscule de Sainte-Marie-au-Bois, o√Ļ ne r√©sident plus en dehors des deux moines pr√©cit√©s, qu'un fermier charg√© de l'exploitation du domaine agricole.

Les moines reviennent pourtant se réfugier dans l'antique abbaye en 1631, pour fuir une épidémie de peste qui règne à Pont-à-Mousson, et c'est là que décède l'abbé Servais de Lairuelz, le 18 octobre 1631. Vers 1635, pendant la guerre de Trente Ans, les Suédois ravagent les lieux.

XVIIIe et XIXe siècles

√Ä la R√©volution, l'ordre de Pr√©montr√© est d√©pouill√© de ses biens ; les b√Ętiments et les terres de Sainte-Marie-au-Bois, devenus biens nationaux, sont mis en vente le 14 f√©vrier 1791 et trouvent preneur en la personne d'Antoine Willemin, juge √† Pont-√†-Mousson, pour 15 400 livres[14].

Tout au long du XIXe si√®cle, propri√©taires et fermiers se succ√®dent dans l'ancienne abbaye. L'√©glise abbatiale est transform√©e en √©table et la salle capitulaire devient une cuisine. A cette √©poque, un fragment d'autel du XIVe si√®cle est donn√© au Mus√©e historique lorrain de Nancy.

XXe si√®cle

En ao√Ľt 1914, les hasards de la guerre conduisent l'√©crivain Charles P√©guy √† Sainte-Marie-au-Bois ; sa section occupe les lieux du 18 au 23 ao√Ľt 1914 et m√®ne des reconnaissances vers la fronti√®re situ√©e √† l'√©poque le long de la Moselle. Voici ce qu'√©crit le lieutenant P√©guy au dos de cartes postales envoy√©es √† ses proches :

¬ę Tout va bien, sant√© admirable, la vie au grand air, cantonn√©s dans une grande ferme rectangulaire au milieu des bois, nous sommes sans nouvelles du monde depuis quatre jours ¬Ľ[15].

¬ę Nous sommes en petit poste, grand'garde au milieu des bois : la grand'garde Sainte-Marie ¬Ľ[16].

¬ę Nous vivons dans une sorte de grande paix, une paix immense, dans grande ferme abandonn√©e ¬Ľ[16].

¬ę Et dans un calme temple et loin d'un plat tourment, l'attente d'une mort, plus vivante que la vie ¬Ľ[16].

L'abbaye est classée monument historique le 9 avril 1929.

De nos jours

Une cr√©ation du Festival international ¬ę Jardins √† suivre... ¬Ľ a √©t√© r√©alis√©e sur le site de Sainte-Marie-au-Bois ; il s'agit des ¬ę Jardins de l'abbaye ¬Ľ, r√©alis√©s par Olivier Berger, architecte-paysagiste, avec le concours des √©l√®ves de l'Ecole d'Horticulture et de Paysage de Roville-aux-Ch√™nes. Ces parterres con√ßus comme un parcours symbolique vers le Paradis, √©voquent au travers des diverses plantations, des th√®mes aussi vari√©s que la sorcellerie, les plantes m√©dicinales, les vertus cardinales et th√©ologales.

Par ailleurs des visites guidées étaient organisées sur une partie de l'ancienne abbaye, les dimanches de juin à septembre. Suite au décès d'un des propriétaires en mars 2008, il semble que l'accès à l'abbaye et au jardin ne soit désormais plus possible.

Liste des abbés de Sainte-Marie-au-Bois

XIIe si√®cle

  • Richard (+ 1155)[17]
  • Conon (1155-ca 1167)
  • Richard II (ca 1168)
  • Simon (+ 1174)
  • Arnould (ca 1174)
  • Garnier (ca 1181-1182)
  • Pierre (ca 1187)
  • Erladus (ca 1195)
  • Herbert (ca 1198)

XIIIe si√®cle

  • Hugues
  • Hugbert
  • Joseph
  • Drogo
  • Gilles
  • Fulco
  • Atto
  • Robert
  • G√©rard I (ca 1248-1253)
  • Rembaldus (ca 1261)
  • G√©rard II (ca 1264)
  • Rembaldus II (ca 1268)
  • Simon II (ca 1272)
  • Walterus (1275)
  • Dominique I de Vandi√®res (ca 1280)
  • Thierri I (ca 1283-1286)
  • Nicolas I (ca 1290)
  • Thierri II (ca 1295-1297)

XIVe si√®cle

  • Jean I (1300)
  • Nicolas II de Pr√©ny (+ 1326)
  • Jean II (jusque vers 1347)
  • Jean III d'Onville (+ 1362)
  • Jacques de Bouillonville (ca 1373)
  • Pierre G√©nin (√† partir de 1382)

XVe si√®cle

  • Jean IV (jusque vers 1426)
  • Jean V Griffon (+ 1462)
  • Jean VI de Dieulouard (ca 1462-1479)
  • Jean VII de Mamey (abb√© jusqu'en 1498)
  • Pierre de Pr√©ny (1498-1505)

XVIe si√®cle

  • Dominique II Thuillier (1517-1534)
  • Nicolas II Thuillier (+ 1558)
  • Dominique III Thuillier (+ 1565)
  • Didier Malhusson (1566-1594)
  • Daniel Picart (1594-1600)

XVIIe si√®cle

Architecture

Chapiteau, fa√ßade sud du b√Ętiment conventuel

L'ensemble des b√Ętiments se r√©duit aujourd'hui √† l'√©glise abbatiale (chevet orient√© √† l'est), et au b√Ętiment conventuel accol√© au c√īt√© sud de l'√©glise. C'est un ensemble homog√®ne de style roman de la fin du second quart ou du d√©but du troisi√®me quart du XIIe si√®cle[18], qui t√©moigne de la fa√ßon de construire des Pr√©montr√©s, apparent√©e √† l'architecture d√©pouill√©e des Cisterciens.

L'église abbatiale et son énigme

Elle se compose d'une nef centrale √† plafond et de deux bas-c√īt√©s vo√Ľt√©s, et mesure hors tout vingt-trois m√®tres de long[19].

La fa√ßade est remarquable : de type basilical, elle r√©v√®le une parent√© avec l'abbatiale cistercienne de Haute-Seille[20]. √Ä l'origine, le niveau le plus bas comportait peut-√™tre cinq arcades[21].

Le chevet a disparu ; Slotta pense qu'il √©tait rond[22], Mazerand √©galement[23].

Dans le chŇďur, subsiste un enfeu de style gothique tardif, qui abrita la s√©pulture de l'abb√© Dominique Thuillier, d√©c√©d√© en 1534[24].

√Ä la Renaissance, on sur√©leva la nef par une vo√Ľte √† crois√©e d'ogives[24].

Presque tous les historiens qui se sont int√©ress√©s √† cette abbaye, ont relev√© la faible dimension de l'abbatiale dans sa longueur et ont √©mis divers avis pour expliquer ce fait. Digot[25] en 1857, r√©fute l'id√©e r√©pandue de son temps selon laquelle, la nef aurait √©t√© raccourcie √† l'√©poque de Servais de Lairuelz, quand il transf√©ra les moines √† Pont-√†-Mousson. Heribert Reiners[26] en 1921, d√©fend l'id√©e d'un raccourcissement de la nef d'une demi-trav√©e au temps des abb√©s Thuillier (Renaissance). Hubert Collin[27] plus pr√®s de nous, ne croit pas au raccourcissement de la nef ; il pense que, pour des raisons inconnues, les moines ont revu √† l'√©conomie, un b√Ętiment con√ßu au d√©part plus grand.

Michel Mazerand enfin, √©met l'hypoth√®se qu'en 1780 et 1781, la nef aurait √©t√© r√©duite substantiellement et la fa√ßade d√©mont√©e et remont√©e √† l'identique, pierre par pierre. Il s'appuie pour cela sur un examen attentif du b√Ętiment, qui r√©v√®le la pr√©sence de trois cl√©s de vo√Ľte scell√©es dans la ma√ßonnerie, correspondant aux trois trav√©es supprim√©es, et aussi sur la d√©couverte dans les comptes de l'abbaye, de grands travaux en 1780 et 1781. Il se garde toutefois d'un avis d√©finitif, d√©clarant que seuls des sondages permettraient de d√©couvrir la v√©rit√©[28].

Le b√Ętiment conventuel

Il comporte au rez-de-chauss√©e en partant de l'√©glise, la sacristie, puis la salle capitulaire. L'extr√©mit√© du b√Ętiment a disparu (une salle √† deux trav√©es). √Ä l'√©tage subsiste le dortoir des moines, avec des petites ouvertures en plein cintre.

La salle capitulaire comporte deux vaisseaux de trois trav√©es avec √† l'est, une rose bord√©e de deux fen√™tres en plein cintre. Ouvertures √† l'ouest sur le clo√ģtre.

Le clo√ģtre a disparu, mais des d√©parts de vo√Ľtes au nord et √† l'est t√©moignent de l'existence des galeries nord et est.

Illustrations

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Prieurés dépendant de Sainte-Marie-au-Bois

D√®s le XIIe si√®cle, l'abbaye de Sainte-Marie-au-Bois poss√®de un prieur√© √† Blanzey. Au cours du XIIIe si√®cle, l'abb√© G√©rard I fonde un autre prieur√© √† Phlin, √† une vingtaine de kilom√®tres de l'abbaye-m√®re[29]. Mazerand cite encore le prieur√© du M√©nil √† Marbache[24].

La légende du Chêne-à-la-Vierge

Le Chêne-à-la-Vierge, Mailly-sur-Seille

Une vieille l√©gende lorraine a conserv√© le souvenir de Sainte-Marie-au-Bois et de son prieur√© de Phlin. R√©dig√©e vers 1840 par Emmanuel d'Huart[30], elle a √©t√© reprise par plusieurs auteurs[31] apr√®s lui. D'apr√®s cette l√©gende, la Vierge serait apparue au chevalier Ancelin de Mailly de retour de la sixi√®me croisade, au lieu dit depuis "le Ch√™ne-√†-la-Vierge", et l'aurait pri√© de se h√Ęter s'il voulait revoir, encore vivante, sa femme tr√®s malade. Pressant sa monture, il arriva au ch√Ęteau et put recueillir le dernier souffle de sa ch√®re √©pouse. Quelques ann√©es plus tard, toujours selon cette l√©gende, le sire de Mailly aurait fait b√Ętir entre Mailly-sur-Seille et Phlin un prieur√© de l'ordre de Saint-Norbert.

Voir aussi

Bibliographie sélective

  • Manuel Bazaille, Articles consacr√©s aux abb√©s de Sainte-Marie-aux-Bois (revue "Nos Villages lorrains", Pagny-sur-Moselle)
  • Victor de Civry, Les Ruines lorraines, chroniques monumentales, par Victor de Civry. I. Sainte-Marie-Aux-Bois (Meurthe). - Nancy, Vagner : 1845. - In-8¬į, 103 p., pl.
  • Hubert Collin, Fondation d'une abbaye lorraine au XIIe si√®cle : l'exemple de Sainte-Marie-au-Bois, in : Les Pr√©montr√©s et la Lorraine XIIe - XVIIIe si√®cle, XXIIIe colloque du Centre d'√©tudes et de recherches pr√©montr√©es, sous la direction de Dominique-Marie Dauzet et Martine Plouvier, Beauchesne, Paris, 1998
  • Auguste Digot, L'abbaye de Sainte-Marie-au-bois, dessins par M. Chatelain (Bull. Soc. d'arch√©ol. lorraine, 1857, 1, t.7, pp. 315‚Äď327 ; avec 4 p. de pl. entre les pp. 314 et 315)
  • Hans-G√ľnther Marschall, Rainer Slotta, Lorraine romane, Zodiaque, 1984, Collection La nuit des temps, 61, ISBN 2-7369-0000-6, page 54
  • Michel Mazerand, Histoire de l'Abbaye de Sainte-Marie-au-Bois. - (Pays lorrain, 1986, pp. 111‚Äď127)
  • Michel Mazerand, L'Abbaye de Sainte-Marie-au-Bois : architecture et sculpture.- (Pays lorrain, 1987, pp. 5‚Äď20)
  • Michel Parisse, Les chanoines r√©guliers en Lorraine : fondation, expansion XIe-XIIe si√®cles, Annales de l'Est, 1968, p. 347-388
  • Henry Poulet, Vieilles abbayes de Lorraine, Sainte-Marie-au-Bois, Revue Lorraine Illustr√©e, 1912, p. 73-85

Liens externes

Notes et références

  1. ‚ÜĎ ¬ę Certes, les historiens sont unanimes √† rapporter que l'abbaye a √©t√© fond√©e par le duc Simon 1er qui tr√©passa le 14 janvier 1139. Mais les chartes concern√©es sont sujettes √† caution. Ou bien elles ne sont pas dat√©es, ou bien les datations sont controvers√©es. ¬Ľ (Michel Mazerand, Histoire de l'abbaye de Sainte-Marie-au-Bois, Pays lorrain, 1986, p. 112) et ¬ę Il n'est donc pas t√©m√©raire d'avancer que les premiers disciples de saint Norbert s'install√®rent √† Sainte-Marie de dix √† vingt ans avant l'ach√®vement du monast√®re, soit entre 1130 et 1140 et, par cons√©quent il appara√ģt pertinent de r√©cuser la th√®se selon laquelle l'√©glise abbatiale aurait √©t√© d√©dicac√©e en 1127 par l'√©v√™que de Toul Henri de Lorraine, fr√®re du duc Simon 1er ¬Ľ (Michel Mazerand, op. cit., p. 113)
  2. ‚ÜĎ Michel Mazerand, op. cit., p. 111
  3. ‚ÜĎ Dom Calmet, Histoire eccl√©siastique et civile de Lorraine, Nancy, 1722, t. II, pr. col. 317-318 et col. 281-282
  4. ‚ÜĎ Charles-Louis Hugo, Sacri et canonici ordinis praemonstratensis annales, Nancy, t. II, 1736, col. 199-212 et pr. col. CXXXIII-CXXXIX
  5. ‚ÜĎ ¬ę Mais la plus ancienne de toutes les abbayes lorraines de l'ordre de Pr√©montr√© √©tait celle de Sainte-Marie-au-Bois. ¬Ľ, Auguste Digot, L'abbaye de Sainte-Marie-au-bois, (Bull. Soc. d'arch√©ol. lorraine, 1857, 1, t.7, p. 316
  6. ‚ÜĎ ¬ę Une tradition ancienne et bien ancr√©e faisait de Sainte-Marie-au-Bois une des plus anciennes fondations norbertines de Lorraine avec Ri√©val. Une belle l√©gende en est le support.¬Ľ Michel Parisse, Les chanoines r√©guliers en Lorraine : fondation, expansion XIe-XIIe si√®cles, Annales de l'Est, 1968, p. 377
  7. ‚ÜĎ ¬ę Il ne fait pas de doute ainsi que la r√©union de Li√®ge en mars-avril 1131 fut une de ces grandes occasions. (..) Des princes aussi √©taient l√†, dont le duc Simon et son fils Mathieu, le comte de Mousson Renaud : ils seront fondateurs d'√©tablissement de chanoines (Sainte-Marie-au-Bois, Ri√©val). ¬Ľ Michel Parisse, Les chanoines r√©guliers en Lorraine : fondation, expansion XIe-XIIe si√®cles, Annales de l'Est, 1968, p. 360
  8. ‚ÜĎ Hubert Collin, Fondation d'une abbaye lorraine au XIIe si√®cle : l'exemple de Sainte-Marie-au-Bois, in : Les Pr√©montr√©s et la Lorraine XIIe - XVIIIe si√®cle, XXIIIe colloque du Centre d'√©tudes et de recherches pr√©montr√©es, sous la direction de Dominique-Marie Dauzet et Martine Plouvier, Beauchesne, Paris, 1998, p. 24
  9. ‚ÜĎ Michel Mazerand, op. cit., p. 112
  10. ‚ÜĎ ¬ę Ainsi dans la for√™t de Vilcey-sur-Trey, des pierriers rectilignes, des terrasses, des bornes et des amas d'√©pierrement ont √©t√© relev√©s sur plus de 20 ha. Ils ont √©t√© rapproch√©s de l'Abbaye du XIIe s. de Sainte-Marie-aux-bois (sic), connue pour √™tre une abbaye de d√©frichement, ce que confirment les sondages palynologiques effectu√©s au fond du vallon. ¬Ľ Sophie Cran√ßon, Lorraine : la d√©couverte du paysage gallo-romain, (Arch√©ologia, N¬į 391, juillet-ao√Ľt 2002, pp. 40-45)
  11. ‚ÜĎ Pierre Lallemand, Les Pr√©montr√©s : Pont-√†-Mousson, 1990, p. 16
  12. ‚ÜĎ Hubert Collin, Les √Čglises romanes de Lorraine. Tome 4, Dictionnaire des √©difices, Saint-Ail √† Zelling, Nancy, Soci√©t√© d'arch√©ologie de Lorraine, 1986, p. 31
  13. ‚ÜĎ Dom Calmet, Biblioth√®que lorraine, col. 556-558, note X
  14. ‚ÜĎ Michel Mazerand, op. cit., p. 125
  15. ‚ÜĎ Victor Boudon, Mon lieutenant Charles P√©guy, juillet-septembre 1914 , Albin Michel, 1964
  16. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ et c‚ÄČ Pierre Lallemand, Les Pr√©montr√©s : Pont-√†-Mousson, 1990, p. 32-33
  17. ‚ÜĎ Dom Calmet, Histoire de Lorraine, t. VII, Nancy, 1757, col. 121-126
  18. ‚ÜĎ Marschall & Slotta, Lorraine romane, p. 54
  19. ‚ÜĎ Michel Mazerand, L'abbaye de Sainte-Marie-au-Bois : architecture et sculpture, Pays lorrain, 1987, p. 13
  20. ‚ÜĎ Marschall & Slotta, op. cit., p. 54
  21. ‚ÜĎ Michel Mazerand, op. cit., p. 5
  22. ‚ÜĎ ¬ę l'abside qui √©tait probablement semi-circulaire, est malheureusement d√©truite ¬Ľ, Marschall & Slotta, op. cit., p. 54
  23. ‚ÜĎ Michel Mazerand, op. cit., p. 6
  24. ‚ÜĎ a‚ÄČ, b‚ÄČ et c‚ÄČ Mazerand, Histoire de l'abbaye de Sainte-Marie-au-Bois, Pays lorrain, 1986, p. 118
  25. ‚ÜĎ Auguste Digot, L'abbaye de Sainte-Marie-au-bois, Bull. Soc. d'arch√©ol. lorraine, 1857, 1, t.7, p. 325
  26. ‚ÜĎ Heribert Reiners et Wilhelm Ewald, Kunstdenkm√§ler zwischen Maas und Mosel, M√ľnchen, F. Bruckmann, 1921, p. 32-37
  27. ‚ÜĎ Hubert Collin, Les √Čglises romanes de Lorraine. Tome 4, Dictionnaire des √©difices, Saint-Ail √† Zelling, Nancy, Soci√©t√© d'arch√©ologie de Lorraine, 1986, p. 32
  28. ‚ÜĎ Michel Mazerand, L'abbaye de Sainte-Marie-au-Bois : architecture et sculpture, Pays lorrain, 1987, p. 19
  29. ‚ÜĎ Michel Mazerand, Histoire de l'abbaye de Sainte-Marie-au-Bois, Pays lorrain, 1986, p. 116
  30. ‚ÜĎ Emmanuel d'Huart, Le Ch√™ne-√†-la-Vierge : tradition des bords de la Seille, Austrasie, 1840, p. 22-28
  31. ‚ÜĎ Parmi ceux-ci : Jacques L√©outre, R√©cits du Pays messin, 1962-1998, ou encore : Sagen und Geschichten aus Lothringen : ein Beitrag zum heimatkundlichen Unterricht, gesammelt und herausgegeben von Ed. Charlot, G. Sedelmayr, Metz, Paul Even, [1912]
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