Collaboration en France

ï»ż
Collaboration en France

La collaboration en France (1940-1944) est l'action et le travail commun, menés de façon choisie, avec l'occupant nazi du territoire français, entre 1940 et 1944.

Elle consiste non seulement en la collaboration d'État lancĂ©e officiellement lorsqu'au terme d'un discours radiodiffusĂ© le 30 octobre 1940[1], le marĂ©chal PĂ©tain invite les Français Ă  collaborer avec l'Allemagne, mais aussi en d'autres formes de collaboration plus radicales ou plus confuses auxquelles se livrent des Français en dehors de l'appareil d'État.

On peut distinguer trois sortes de collaboration :

À la suite de Philippe Burrin[6], les historiens parlent de « collaboration au quotidien Â» pour dĂ©signer un certain nombre de comportements significatifs mais ne rĂ©vĂ©lant pas de l'engagement politique actif : rapports personnels cordiaux entretenus avec des Allemands, envoi de lettres de dĂ©nonciation Ă  la police ou Ă  la Gestapo (trois Ă  cinq millions de lettres anonymes en France, soit une moyenne de 2 700 lettres par jour[7]), chefs d'entreprises sollicitant d'eux-mĂȘmes des commandes de l'ennemi, relations amoureuses affichĂ©es avec des soldats de l'armĂ©e d'Occupation voire des membres de la Gestapo, etc.

Il peut y avoir recouvrement entre la collaboration d'État et le « collaborationnisme Â» : de nombreux collaborationnistes parisiens, certains partisans convaincus de la victoire allemande et de l'idĂ©ologie nazie, sont ainsi entrĂ©s au gouvernement de Vichy.

Sommaire

La Collaboration d'État en France

La collaboration d'État est l'aide apportĂ©e Ă  l'Allemagne nazie par le gouvernement de Vichy et l'administration française. Cette aide se situe principalement sur les plans Ă©conomiques (les frais d'occupation), policiers (lutte contre la RĂ©sistance, livraison d'Allemands antinazis exilĂ©s en France, etc.), racial (recensement, arrestation et dĂ©portation des Juifs) et militaire (accord Darlan, LVF, Waffen-SS français, etc.).

La collaboration fut lancĂ©e mĂ©diatiquement Ă  la suite de la rencontre de PĂ©tain et d'Hitler Ă  Montoire-sur-le-Loir, le 24 octobre 1940, avec sa fameuse poignĂ©e de main de Montoire, image symbolique que l'on peut opposer Ă  celle du gĂ©nĂ©ral de Gaulle prononçant au micro de la BBC son intention de continuer le combat aux cĂŽtĂ©s des AlliĂ©s. L'entrevue de Montoire, bien qu'elle ait Ă©tĂ© prĂ©parĂ©e par Laval au moyen de rencontres avec les dirigeants nazis (dont Hitler lui-mĂȘme, deux jours avant au mĂȘme endroit) eut un bilan fort maigre : aucun engagement concret ne fut pris d'aucune part, seul le principe de la collaboration fut mis en place, avec un malentendu soigneusement entretenu par les Allemands sur le sens rĂ©el de cet engagement.

Pour PĂ©tain comme pour Laval, les concessions faites Ă  l'occupant Ă  partir de l'accord de Montoire devaient entraĂźner sa mansuĂ©tude : devant ces gages de bonne volontĂ©, l'Allemagne aurait accordĂ© des contreparties, comme le retour des prisonniers de guerre français, l'amĂ©nagement de la ligne de dĂ©marcation ou le retour du gouvernement français Ă  Versailles. Mais Hitler, en raison de son immense francophobie, n'Ă©tait nullement disposĂ© Ă  faire des concessions au vaincu de juin 1940. De plus, il considĂ©rait la collaboration comme un atout tactique et stratĂ©gique : aide purement ponctuelle et militaire, elle devait aider l'Allemagne dans la perspective du conflit encours avec la Grande-Bretagne et du projet d'invasion de l'URSS. Il s'agissait pour les nazis de se garantir des intentions françaises, c'est-Ă -dire de « neutraliser la France aux moindres frais Â» en maintenant « une Ă©crasante domination Ă©conomique Â» et en s'assurant « que Vichy s'opposera fermement Ă  toute tentative de mainmise des gaullistes et des Anglais sur l'Afrique du Nord. Â»[8]

PĂ©tain dĂ©clara dans son allocution radiophonique du 30 octobre que la France entrait dans une Ăšre nouvelle : « j'entre dans la voie de la collaboration[1] Â». Mais il avoua par la suite sa dĂ©ception devant l'absence d'accord concret, et d'engagement de la part d'Hitler. Il confia par la suite avoir rencontrĂ© un « rien du tout Â», un « mĂ©diocre qui n'a pas retenu les leçons de l'histoire Â», allant jusqu'Ă  minimiser la rencontre en affirmant que Montoire Ă©tait dĂšs le dĂ©part conçu comme un simple « tour d'horizon Â» informel[9]. Ceci ne l'amena pourtant pas Ă  tirer les leçons de cet Ă©chec, dont il ne soupçonna sans doute jamais la portĂ©e rĂ©elle. Laval et lui pariaient sur une victoire allemande dĂ©finitive, et ils voulaient faire de la France le partenaire privilĂ©giĂ© de Adolf Hitler dans l'Europe nazie. Leur illusion Ă©tait grande que Adolf Hitler veuille faire de la France autre chose qu'un vassal taillable et exploitable Ă  merci. La seule divergence entre les conceptions des deux hommes d'État Ă©tait une diffĂ©rence de degrĂ© : pour PĂ©tain, la collaboration avait des motivations rĂ©actionnaires et nationalistes, alors que Laval raisonnait en termes nettement europĂ©ens, ceux de « l'Ordre Nouveau Â» Ă©videmment[10].

Le rĂ©gime de Vichy, pour dĂ©montrer sa bonne volontĂ©, a donc recherchĂ© la collaboration et frĂ©quemment anticipĂ© ou surenchĂ©ri sur les demandes allemandes. Quant aux concessions obtenues en Ă©change de la collaboration, elles furent pour le moins trĂšs limitĂ©es, le fardeau de l'Occupation ne cessant de s'alourdir jusqu'au bout. Ainsi, en Ă©change du dĂ©part de 600 000 Ă  650 000 jeunes travailleurs au Service du travail obligatoire (STO), PĂ©tain et Laval obtinrent le retour de moins de 100 000 prisonniers pour la plupart ĂągĂ©s et malades, dont une majoritĂ© aurait sans doute Ă©tĂ© rapatriĂ©e de toute façon.

Parmi les collaborationnistes qui ont participĂ© aux diffĂ©rents gouvernements de Vichy ou lui ont apportĂ© leur soutien, on peut citer Fernand de Brinon, admirateur du TroisiĂšme Reich dĂšs avant-guerre, est ainsi le dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral de Vichy en Zone Nord de 1941 Ă  1944. On peut citer aussi Jacques Benoist-MĂ©chin, principal conseiller de Darlan pour les nĂ©gociations avec Hitler (1941-1942), Gaston Bruneton, chargĂ© de l'action sociale auprĂšs des travailleurs (volontaires et forcĂ©s) Français en Allemagne en Ă©troite collaboration avec le D.A.F. (Front Allemand du Travail), Jean Bichelonne, maĂźtre-d'Ɠuvre du Service du travail obligatoire (STO), ministre de la Production industrielle puis des Transports, ou l'acadĂ©micien Abel Bonnard dit « Gestapette Â», promu Ă  l'Éducation nationale en 1942. En 1944, les fascistes et collaborationnistes convaincus Joseph Darnand, Philippe Henriot et Marcel DĂ©at entrent au gouvernement sous la pression allemande.

Si de nombreux collaborationnistes parisiens mĂ©prisent ouvertement le rĂ©gime de Vichy qu'ils jugent trop rĂ©actionnaire et pas assez engagĂ© dans l'alliance avec le TroisiĂšme Reich, d'autres se proclament inconditionnels du marĂ©chal PĂ©tain, Ă  commencer par Darnand. Jacques Doriot, chef du PPF, se prĂ©senta jusqu'Ă  fin 1941 comme « un homme du MarĂ©chal Â». Pierre Laval, la plus importante personnalitĂ© Ă  Vichy aprĂšs PĂ©tain, entretenait des relations politiques trĂšs Ă©troites avec DĂ©at et Darnand, et prit en personne la tĂȘte de la Milice française, organisation collaborationniste trĂšs violente et jusqu'au boutiste, supplĂ©tive de la Gestapo.

Collaboration d'État à la Shoah

Le rĂ©gime de Vichy accorda son soutien au rĂ©gime nazi particuliĂšrement au travers de l'expulsion et de la spoliation de leurs biens (aryanisation), associĂ©e Ă  la dĂ©portation de Juifs Ă©trangers puis français. Sur les 76 000 Juifs dĂ©portĂ©s de France, dont 50 000 Ă©taient des Juifs Ă©trangers, 40 % ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s par la police française, selon les calculs de Serge Klarsfeld. La Milice française a aussi participĂ© Ă  l'arrestation des 25 000 Juifs français dĂ©portĂ©s[11].

Bien que le port de l'Ă©toile jaune n'eĂ»t jamais Ă©tĂ© instaurĂ© en zone libre, le rĂ©gime de Vichy y fit apposer le tampon « Juif Â» sur les papiers d'identitĂ©, et ne protesta pas non plus contre la mesure prise en zone nord. En application des accords policiers Oberg-Bousquet de mai 1942, c'est la police française qui a assurĂ© avec les nazis Ă  la rafle du vel' d'Hiv Ă  Paris. Les personnes raflĂ©es furent dirigĂ©es vers des camps, dont Drancy. Le 26 aoĂ»t 1942, RenĂ© Bousquet organisa la rafle et la dĂ©portation de 10 000 Juifs Ă©trangers de zone libre.

La collaboration policiĂšre

Article dĂ©taillĂ© : La collaboration policiĂšre sous Vichy.

Collaboration d'État militaire

  • Les accords Darlan-Abetz (1941)

Le gouvernement de Vichy fut le principal acteur de la collaboration lorsque son vice-prĂ©sident, l'amiral Darlan, qui avait rencontrĂ© Hitler Ă  Berchtesgaden les 11 et 12 mai 1941[12], signa avec l'ambassadeur Otto Abetz les trois protocoles de Paris du 28 mai 1941. Ces textes, qui instituĂšrent une collaboration militaire entre les forces armĂ©es allemandes et françaises (Protocole I pour la Syrie-Liban, Protocole II, pour Bizerte et la Tunisie, Protocole III, pour l'A.O.F. et l'A.E.F., et protocole complĂ©mentaire, sur les moyens demandĂ©s par le rĂ©gime de Vichy pour combattre toute riposte alliĂ©e) furent personnellement approuvĂ©s par PĂ©tain dans son tĂ©lĂ©gramme du 15 mai 1941 au gĂ©nĂ©ral Dentz, haut commissaire en Syrie. Ces dispositions furent appliquĂ©es totalement en Syrie-Liban et partiellement en Afrique du Nord par la livraison Ă  l'ennemi de piĂšces d'artillerie lourde et de munitions, que celui-ci allait pouvoir utiliser contre les soldats français Ă  Bir Hakeim puis pendant la campagne de Tunisie[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Le 21 dĂ©cembre 1941, le gĂ©nĂ©ral Juin et Hermann Göring se rencontrent Ă  Berlin pour nĂ©gocier l'utilisation de la base française de Bizerte par l'Africakorps, mais c'est un Ă©chec, Vichy exigeant en Ă©change un renforcement de l'armĂ©e française d'Afrique et un accord gĂ©nĂ©ral plus favorable que l'armistice du 22 juin 1940, ce que les Allemands refusent[13].

EmblÚme de la Milice française.
  • La Milice

La Milice française, qui joua un rĂŽle de force supplĂ©tive de l'armĂ©e allemande, par exemple lors de l'Ă©crasement du maquis du Vercors en 1944, fut crĂ©Ă©e par le rĂ©gime de Vichy le 30 janvier 1943. Si — officiellement — elle est prĂ©sidĂ©e par le chef du gouvernement, Pierre Laval, dans les faits, c'est Joseph Darnand, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de cette organisation, qui en est le vĂ©ritable chef opĂ©rationnel.

Collaboration d'État Ă©conomique

DĂ©bat sur la collaboration d'État

Bien que PĂ©tain et Darlan aient Ă©tĂ© largement responsables de la collaboration d'État, certains observateurs superficiels des Ă©vĂšnements de cette Ă©poque hĂ©sitent Ă  les classer parmi les collaborateurs.

Philippe PĂ©tain Ă©tait certes, au dĂ©part, un « rĂ©actionnaire Â», prĂ©sentant peu d'affinitĂ© avec les nazis. Mais il profita de la dĂ©faite française pour mener Ă  bien son projet de RĂ©volution nationale. Celle-ci ne pouvait s'Ă©panouir que dans le cadre de la dĂ©faite, puisque toute victoire des AlliĂ©s auraient signifiĂ© le retour aux libertĂ©s fondamentales et la fin des persĂ©cutions contre les Juifs, les Francs-Maçons, les rĂ©publicains.

Les accusations se sont donc principalement reportĂ©es sur Pierre Laval, qui tout en collaborant outranciĂšrement, Ă©tait avant tout un opportuniste jugeant prĂ©fĂ©rable que la France soit du cĂŽtĂ© de l'Allemagne Ă  l'issue de la victoire de celle-ci — qu'il jugeait inĂ©luctable. C'est la raison sans doute pour laquelle il dĂ©clara : Je souhaite la victoire de l'Allemagne parce que, sans elle, le bolchevisme demain s'installerait partout. À partir de 1943-1944, toutefois, la position de Laval se rĂ©vĂ©la ĂȘtre bien au-delĂ  d'un simple opportunisme, puisqu'il ne varia pas dans sa politique, malgrĂ© l'inĂ©luctabilitĂ© devenue Ă©vidente de la dĂ©faite allemande. Au contraire, il accentua la collaboration, notamment en crĂ©ant la Milice et le STO.

Les collaborationnistes en France

Le terme « collaborationniste Â» serait dĂ» Ă  Marcel DĂ©at, dans L'ƒuvre du 4 novembre 1940. Le collaborationnisme ne se contente pas de pratiquer la collaboration, mais de l'encourager, de la promouvoir, d'en faire un thĂšme politique. Il est le fait des partis politiques et de la presse collaborationnistes.

Ces serviteurs pourtant ostensibles de l'ennemi n'hĂ©sitaient pas Ă  se qualifier de « nationaux Â». Les Allemands eux-mĂȘmes, qui ne les prenaient pas trĂšs au sĂ©rieux, les utilisĂšrent surtout pour accroĂźtre leur pression sur le gouvernement de Vichy. Les « collabos Â» n'Ă©tant qu'une poignĂ©e d'hommes isolĂ©s et mĂ©prisĂ©s par la masse du pays (quelque 2 % de la population), Adolf Hitler se garda de leur confier des responsabilitĂ©s trop importantes. D'autant que dans son esprit, le fascisme rendait les peuples forts, ce qui aurait donc Ă©tĂ© un danger Ă  ses yeux pour l'hĂ©gĂ©monie allemande.

L'agitation menĂ©e par les « collaborateurs Â» les plus voyants, installĂ©s pour la plupart Ă  Paris occupĂ©, et venus d'horizons politiques variĂ©s, fit parfois oublier l'action patiente et rĂ©solue du gouvernement de Vichy]en matiĂšre de collaboration.

Les partis collaborationnistes (France)

DÚs juillet 1940, des activistes tentent leur chance en créant des partis politiques favorables à l'occupant nazi. Ils sont ensuite rejoints par les hommes politiques fascistes déçus par le caractÚre réactionnaire, catholique et moralisant du régime de Vichy (vers l'automne 1940).
Tout en se rĂ©clamant officiellement du marĂ©chal PĂ©tain, le petit monde collaborationniste parisien se distingue tout d'abord par sa volontĂ© d'aller plus loin que le rĂ©gime de Vichy. Au contact direct des forces d'occupation allemandes, il prĂŽne l'instauration d'un rĂ©gime fasciste ou nazi en France, plus « rĂ©volutionnaire Â», et engagĂ© sans arriĂšre-pensĂ©e dans la collaboration avec l'Allemagne nazie. Les collaborationnistes parisiens vont progressivement prendre des places au sein du rĂ©gime de Vichy qu'ils ont tant critiquĂ© au dĂ©part et tendront Ă  radicaliser encore plus le rĂ©gime (Marcel DĂ©at ministre en 1944).
Autre caractéristique du petit monde collaborationniste, l'incapacité à s'unir, et les intrigues entre chefs (la rivalité entre Jacques Doriot et Marcel Déat, mais aussi entre Marcel Déat et EugÚne Deloncle, etc.). Marcel Déat a tenté de réaliser un parti unique en 1941 en alliant RNP et MSR, puis en 1943 au sein d'un éphémÚre Front révolutionnaire national.
Tout ce petit monde lĂ  se retrouvera, avec le marĂ©chal PĂ©tain et les derniers fidĂšles de Vichy en exil en Allemagne, Ă  Sigmaringen en 1944-1945[14]. Jacques Doriot tentera de rejouer l'aventure gaullienne Ă  l'envers en prenant la tĂȘte d'un ComitĂ© français de libĂ©ration nationale et enverra quelques agents pro-allemands dans la France libĂ©rĂ©e par les alliĂ©s. Certains se retrouveront dans la LVF, Ă  dĂ©fendre le dernier carrĂ© des chefs nazis dans le Berlin dĂ©vastĂ© au printemps 1945.

  • Organisations collaborationnistes de notables et d’élus
    • Groupe Collaboration (dirigĂ© par Alphonse de ChĂąteaubriant, Ă©crivain rĂ©actionnaire. Groupe de notables conservateurs spĂ©cialisĂ©s dans les confĂ©rences Ă  thĂšmes sur la collaboration. Audience : 33 comitĂ© en zone sud et un nombre inconnu en zone nord).
    • ComitĂ© d’action antibolchĂ©vique (CAA) (dirigĂ© par Paul Chack, officier de marine et Ă©crivain d’extrĂȘme-droite, membre de l'Action française jusqu'en 1939. Groupe de soutien Ă  la LVF. Membres : vers 1 000 mais qui appartiennent aussi Ă  d’autres organisations collaborationnistes)
    • Parti ouvrier et paysan français (POPF) (dirigĂ© par Marcel Gitton, ancien n°3 du PCF puis Marcel Capron, dĂ©putĂ©-maire PCF d’Alfortville. Parti regroupant l'aile collaborationniste des communistes. Membres : 300 en zone nord).
    • ComitĂ© ouvrier de secours immĂ©diat (Cosi) (dirigĂ© par Georges Yvetot, figure historique du syndicalisme français, puis par RenĂ© Mesnard, socialiste passĂ© au RNP, et Jules Teulade, ancien communiste passĂ© au PPF. Organisation « caritative Â» pour les ouvriers bombardĂ©s, en fait instrument de propagande collaborationniste envers les milieux ouvriers).
    • Les Énergies françaises (Ă©bauche de futur parti unique pilotĂ© fin 1942 par Pierre Laval. Chef : LĂ©on Cayla, ancien gouverneur gĂ©nĂ©ral de Madagascar. Mais restera un petit groupe de notables conservateurs).
  • Groupuscules collaborationnistes (moins de 1 000 membres)
    • Parti français national-collectiviste (PFNC) (fondĂ© en 1934 et dirigĂ© par Pierre ClĂ©menti, journaliste de la presse radicale-socialiste. Membres : quelques centaines). Proche en 1940 du Jeune front (dirigĂ© par Robert Hersant, ancien membre des Jeunesse socialistes) et des Gardes françaises,
    • Front franc (dirigĂ© par Jean Boissel, ancien combattant d’extrĂȘme-droite et ultra-raciste. Membres : quelques dizaines).
    • Le Feu (dirigĂ© par Maurice Delaunay, ancien dĂ©putĂ© apparentĂ© au PDP dĂ©mocrate-chrĂ©tien. Il se fait appeler « François Henry PromĂ©thĂ©e Â», « le MaĂźtre du feu Â» et prĂŽne une renaissance de la France sans idĂ©e politique claire. Cette histoire de fou ne dure que 6 mois mais largement subventionnĂ©e par l’Allemagne qui voulait peut-ĂȘtre discrĂ©diter les collaborationnistes).
    • Autres groupuscules : Parti national-socialiste français (PNSF) (environ 50 membres), Croisade française du national-socialisme (CFNS), Formations Ă©claires rĂ©volutionnaires (50 membres maximum), Les HitlĂ©riens français (une douzaine de membres), Mouvement national-syndicaliste-L’Union française, Les Gardes du peuple rĂ©volutionnaire, ComitĂ© d’épuration de la race française, Cadets de Francs (organise quelques camps de jeunesse de 100 Ă  300 membres).

La presse collaborationniste, ou collaboration de plume (France)

Avant le dĂ©but de la Seconde Guerre mondiale, le dĂ©cret-loi du 26 juillet 1936 (dĂ©cret Daladier) institue un « Commissariat GĂ©nĂ©ral Ă  l'Information Â» qui dĂ©pend directement de la PrĂ©sidence du Conseil. DirigĂ© par le diplomate Jean Giraudoux, il est chargĂ© de contrĂŽler les mĂ©dias et mobiliser l'opinion contre l'Allemagne nazie. Pendant la DrĂŽle de guerre, le commissariat est transformĂ© par le dĂ©cret du 1er avril 1940 en « SecrĂ©tariat d'État de l'Information et de la Propagande Â» du MinistĂšre de l'Information sur lequel va s'appuyer la collaboration pour faire accepter aux français la dĂ©faite Ă  travers trois mĂ©dias : France-ActualitĂ© pour les actualitĂ©s cinĂ©matographiques, Radiodiffusion nationale et la presse Ă©crite.

Les principaux journaux de presse existant alors adoptent trois attitudes : soit ils se sabordent (comme Le Canard enchaĂźnĂ©, l'Intransigeant, le Populaire ou L'HumanitĂ©); soit ils se replient en zone libre dĂšs le 10 juin 1940, essentiellement sur Lyon oĂč existent de nombreuses imprimeries (comme Le Journal, Paris-Soir ou le Figaro); soit ils dĂ©cident de reparaĂźtre en zone Nord (comme Je suis partout ou Le Matin).

La majoritĂ© des titres de la presse collaborationniste en zone occupĂ©e sont subventionnĂ©s ou dĂ©tenus en sous-main par l'ambassade d'Allemagne d'Otto Abetz, qui a crĂ©Ă© Ă  cet effet les Éditions Le Pont. La presse parisienne est dominĂ©e par la personnalitĂ© du patron de presse Jean Luchaire. L'ambassade d'Allemagne exerce principalement la propagande et la Propaganda Staffel se spĂ©cialise dans la censure, notamment grĂące Ă  ses bureaux en province. A part les ultra-collaborationnistes, les journalistes agissent plus par opportunisme, appĂąt du gain (alors que les salaires en France sont bloquĂ©s, leurs appointements sont doublĂ©s par l'entremise de la Propaganda Staffel) ou lĂąchetĂ© que par idĂ©ologie.
La presse marĂ©chaliste en zone libre soutient majoritairement la politique collaborationniste et antisĂ©mite de PĂ©tain en pratiquant l'autocensure car elle est contrĂŽlĂ©e par le « SecrĂ©tariat d'État de l'Information et de la Propagande Â» du MinistĂšre de l'Information (dirigĂ© par Paul Marion puis Philippe Henriot).

Peu Ă  peu, face Ă  la propagande manifeste, les Français se dĂ©tournent des journaux politiques de collaboration qui continuent Ă  annoncer des tirages phĂ©nomĂ©naux alors qu'ils rĂ©alisent de 30 Ă  50 % de bouillons. Ils privilĂ©gient alors la presse spĂ©cialisĂ©e (sport, presse fĂ©minine) et la presse clandestine (comme Franc-Tireur, Combat ou LibĂ©ration)[15].

Des dizaines d'écrivains ou journalistes de renom furent des collaborateurs. Les articles spécialisés permettent de connaßtre plus en détail la nature des engagements de différents écrivains de renom en faveur de l'occupant ou de la Révolution nationale.

L'engagement militaire aux cÎtés des Allemands

  • La LVF

La LĂ©gion des volontaires français contre le bolchĂ©visme fut une initiative privĂ©e des chefs des partis collaborationnistes parisiens en juillet 1941 et non pas une crĂ©ation du rĂ©gime de Vichy. Mais le marĂ©chal PĂ©tain l'a encouragĂ© publiquement Ă  sa crĂ©ation (par exemple en novembre 1941) avant d'adopter une attitude plus prudente par la suite. La LVF fut reconnue d'utilitĂ© publique et PĂ©tain dĂ©clara que ses soldats dĂ©tenaient « une part de notre honneur militaire Â». Ceux-ci prĂȘtaient serment de fidĂ©litĂ© personnelle Ă  Adolf Hitler.

  • La Waffen SS française
Articles dĂ©taillĂ©s : Brigade Frankreich et Division Charlemagne.

La constitution d'une Waffen-SS française (unité militaire de la SS) fut autorisée par le régime de Vichy en juillet 1943.

  • La phalange africaine

En réaction du débarquement allié en Afrique du Nord (Opération Torch), le gouvernement français veut envoyer une force militaire en Tunisie. Les amiraux Derrien et Esteva restent fidÚles au maréchal qui a demandé aux forces militaires d'Afrique du Nord de résister contre les alliés.

Autres personnalités ayant joué un rÎle important dans la collaboration

La Collaboration privée

La collaboration d'ordre privĂ©e, mĂȘme si elle est encouragĂ©e par des dĂ©clarations du rĂ©gime de Vichy, est celle qui relĂšve de l'initiative privĂ©e en particulier dans l'activitĂ© professionnelle (le collaborationnisme politique est traitĂ© plus haut). des degrĂ©s de responsabilitĂ© particuliers peuvent ĂȘtre dĂ©gagĂ©es : les chefs d'entreprise (en raison des implications collectives des dĂ©cisions qu'ils prennent) et les artistes et « vedettes Â» (en raison de l'exemple que constitue leur conduite).

Collaboration économique privée

  • Louis Renault a Ă©tĂ© accusĂ© Ă  la LibĂ©ration de collaboration avec l'armĂ©e allemande. Les usines Renault (Groupe) furent confisquĂ©es et nationalisĂ©es sous ce motif.
  • Gnome et RhĂŽne fournissait des moteurs d'avions Ă  l'Allemagne. Elle fut nationalisĂ©e Ă  la LibĂ©ration pour faits de collaboration et deviendra la Snecma (actuelle sociĂ©tĂ© Safran).
  • Marius Berliet est condamnĂ©, en 1946, Ă  deux ans de prison et Ă  la confiscation de ses biens par la Cour de justice de Lyon pour collaboration avec l'occupant. On lui reproche de s'ĂȘtre empressĂ© de fabriquer des camions pour l'armĂ©e allemande pour maintenir la puissance de l'entreprise, d'avoir d'ignorĂ© la RĂ©sistance (refus des sabotages internes) et par consĂ©quence d'avoir servi l'Allemagne. Il est aussi accusĂ© d'avoir livrĂ© l'un de ses ouvriers Ă  la Gestapo par l'intermĂ©diaire d'un responsable de la sĂ©curitĂ© de l'usine milicien, ce qui sera confirmĂ© au cours du procĂšs.
  • En mai 1941, aprĂšs les premiĂšres arrestations de Juifs, l'entreprise Photomaton propose ses services Ă  l'occupant : « Nous pensons que le rassemblement de certaines catĂ©gories d'individus de race juive dans des camps de concentration aura pour consĂ©quence administrative la constitution d'un dossier, d'une fiche ou carte, etc. SpĂ©cialistes des questions ayant trait Ă  l'« identitĂ© Â», nous nous permettons d'attirer particuliĂšrement votre attention sur l'intĂ©rĂȘt que prĂ©sentent nos machines automatiques Photomaton susceptibles de photographier un millier de personnes en six poses et ce en une journĂ©e ordinaire de travail. Â»[16]
  • Des entreprises du BTP (comme Sainrapt et Brice) et des cimenteries (Vicat)ont participĂ© Ă  la construction du mur de l'Atlantique.
  • La Banque Worms, bien introduite au sein du rĂ©gime de Vichy, avec notamment Jacques Barnaud (1893-1962), responsable des relations Ă©conomique franco-allemandes et Pierre Pucheu (une prĂ©sence qui a entraĂźnĂ© bien des fantasmes : voir la Synarchie).
  • Des chefs d'entreprise, participent aux instances mises en place par Vichy. Ainsi, Joseph Merceron-Vicat est nommĂ© membre du Conseil national instaurĂ© par Vichy[17]. Il y propose un « SchĂ©ma d'organisation corporative Â» conforme Ă  la RĂ©volution nationale[18].

Collaboration artistique

Des hommes et des femmes du monde du spectacle (par exemple Sacha Guitry ou Arletty) se virent reprocher une attitude de collaboration parce qu'ils avaient, pendant l’Occupation, entretenu des relations pour le moins cordiales avec l'occupant. De fait, si nombre d'artistes (comme Ray Ventura) avaient Ă©migrĂ© Ă  cette Ă©poque, un certain nombre d'autres ont — pour reprendre l'expression de Guitry — continuĂ© Ă  exercer leur mĂ©tier[19]. Il n'en reste pas moins que plus d'une personnalitĂ© des arts et des spectacles ne manifesta aucun Ă©tat d'Ăąme particulier Ă  s'afficher rĂ©guliĂšrement aux cĂŽtĂ©s des Allemands, et que ceux-ci furent largement mĂȘlĂ©s pendant quatre ans Ă  la vie d'un Tout-Paris pas toujours regardant. La boutade prĂȘtĂ©e Ă  la comĂ©dienne Arletty est restĂ©e cĂ©lĂšbre : « Mon cƓur est Ă  la France, mais mon c
 est international Â».

De plus, les nazis voulaient faire de Paris une préfecture de la frivolité (treize bordels réservés aux Allemands) et des loisirs de masse, une des maniÚres de résister à cette décadence pour certains artistes était de maintenir un certain niveau de culture (théùtre, opéra) en contradiction avec les désirs triviaux de l'occupant[20].

Enfin, la politique allemande visait à briser l'hégémonie culturelle française et en faire la région agricole de l'Europe, favorisant le régionalisme littéraire développé par Vichy[21].

Libération et épuration

Les nouveaux pouvoirs issus de la RĂ©sistance intĂ©rieure et du GPRF mirent fin aux violences spontanĂ©es et procĂ©dĂšrent Ă  l'Ă©puration judiciaire. Les excĂšs de l'« Ă©puration sauvage Â»[22] n'ont pas dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© dans un « bain de sang Â» gĂ©nĂ©ral[23]. Mais, avant que les cours de justice et chambres civiques soient crĂ©Ă©es et installĂ©es, et parfois aprĂšs, les rĂ©sistants et les populations s’en prennent aux collaborateurs. Cette Ă©puration extrajudiciaire, ou « Ă©puration sauvage Â», vise principalement des collaborateurs avĂ©rĂ©s, notamment les miliciens de Darnand, ou des militants de partis collaborationnistes. Elle a Ă©galement lieu Ă  la LibĂ©ration Ă  la faveur des mouvements de foules, oĂč la joie et le dĂ©sir de vengeance se mĂȘlent. Les femmes ayant collaborĂ© sont tondues (20 000 au total), Ă  la LibĂ©ration, mais aussi au printemps 1945, au retour des camps[24]. Les exĂ©cutions extrajudiciaires de collaborateurs, ou considĂ©rĂ©s comme tels, sont l’objet d’une lĂ©gende noire oĂč les chiffres deviennent de vrais arguments dans les tentatives de rĂ©habilitation de certains. Cependant mĂȘme si les dĂ©rapages et les actions de pur banditisme existent (Maquis Le Coz), toutes les exĂ©cutions « extralĂ©gales Â» ne sont pas empreintes d’injustice.

Par la suite l’épuration judiciaire prend le relais. Elle s’exerce par l’entremise de tribunaux d’exception : la Haute cour de justice, les cours de justice, et les chambres civiques pour les actions non rĂ©primĂ©es par le code pĂ©nal. L’épuration touche tous les secteurs d’activitĂ© et toutes les couches de la sociĂ©tĂ©.

Le cinquantenaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, au milieu des annĂ©es 1990, fut l’occasion de nombreuses Ă©tudes permettant d’éclairer d’une lumiĂšre nouvelle cette pĂ©riode extraordinaire, au sens propre du terme, qu’est la LibĂ©ration. Ce fut Ă©galement le moment de synthĂ©tiser l’ensemble des travaux concernant la pĂ©riode. Ainsi, l’épuration extrajudiciaire entraĂźna la mort de 10 000 personnes, la tonte de 20 000 Â« horizontales Â». L’épuration lĂ©gale concerna plus de 300 000 dossiers, dont 127 000 entraĂźnent des jugements, ce qui donne 97 000 condamnĂ©s. Les peines allant de 5 ans de dĂ©gradation nationale Ă  la peine de mort. Soucieux de rĂ©duire rapidement la fracture entre les Français, le gouvernement de la RĂ©publique française vota trois amnisties pour les Ă©purĂ©s, dĂšs 1947, puis en 1951 et 1953.

L’épuration est trĂšs rapidement un sujet polĂ©mique. Les premiers Ă  Ă©crire sur le sujet sont les Ă©purĂ©s eux-mĂȘmes ou les Ă©purateurs. Ce qui ne favorise pas la neutralitĂ© des propos. De plus, les journaux d’extrĂȘme-droite et les anciens vichystes ou leurs avocats relaient la « lĂ©gende noire Â» de l’épuration : massacres, chiffres farfelus. Cependant, les derniĂšres enquĂȘtes rĂ©alisĂ©es par le ComitĂ© d’Histoire de la DeuxiĂšme Guerre mondiale (CHGM) et son successeur, l’Institut d'histoire du temps prĂ©sent (IHTP), donnent pour 84 dĂ©partements (sur 90 en 1945) le chiffre de 8 775 exĂ©cutions sommaires lors de l’épuration extrajudiciaire, auxquels il faut ajouter les condamnĂ©s Ă  mort par la Haute cour de justice et les cours de justice (791 ou 767 suivant les enquĂȘtes), et par les cours martiales (769 pour 77 dĂ©partements selon l’IHTP[25]). L’épuration aurait donc fait entre 10 000 et 11 000 morts.

En valeur absolue, moins de Français furent internĂ©s que dans les Pays-Bas. Moins d'un Français sur 1 000 fut internĂ© ou arrĂȘtĂ©, ce qui reste trĂšs en dessous des taux du Danemark, de la NorvĂšge, de la Belgique et des Pays-Bas. Plus de 1 500 condamnĂ©s Ă  mort furent exĂ©cutĂ©s, cependant deux condamnations sur trois Ă  la peine capitale furent commuĂ©es, taux le plus Ă©levĂ© d'Europe occidentale.

Notes et références

  1. ↑ a et b « PĂ©tain, Philippe : Message du 30 octobre 1940 Â», Themenportal EuropĂ€ische Geschichte, sur le site europa.clio-online.de, consultĂ© le 26 mai 2009
  2. ↑ Robert Paxton, « La Collaboration d'État Â», in la France des annĂ©es noires, Le seuil, 1993, tome I.
  3. ↑ Philippe Burrin, « La Collaboration d'État, in la France des annĂ©es noires, Le seuil, 1993, tome I.
  4. ↑ Jean-Pierre AzĂ©ma et Olivier Wieviorka, Vichy, 1940-44, Perrin, 1997, chap. Â« Le temps des profiteurs Â», p. 231 de l'Ă©dition de poche.
  5. ↑ Claude d'Abzac-Epezy, postface Ă  L'ArmĂ©e de Vichy de Robert Paxton, Taillandier, coll. « Points Histoire Â», p. 547.
  6. ↑ Philippe Burrin, La France à l'heure allemande, Éditions du Seuil, 1995.
  7. ↑ Christophe Cornevin, Les indics : la face cachĂ©e de la police française, Flammarion, 2011, 350 p.
  8. ↑ Pierre Laborie, Dictionnaire Historique de la Resistance, « Montoire Â», Robert Laffont, Paris, 2006, p. 600.
  9. ↑ Marc Ferro, Questions sur la Deuxiùme Guerre mondiale, Firenze, Casterman, 1993.
  10. ↑ Jean-Pierre AzĂ©ma et Olivier Wieviorka, Vichy, 1940-1944', Perrin, 1997, « Le temps des profiteurs Â», p. 71 et p. 78 de l'Ă©dition de poche.
  11. ↑ Asher Cohen, PersĂ©cutions et sauvetages, Cerf, 1993, (voir l'article « Shoah Â»)
  12. ↑ AndrĂ© Kaspi, Ralph Schor, « La DeuxiĂšme guerre mondiale : chronologie commentĂ©e Â» Éditions Complexe, 1995, (ISBN 2870275919) p.195
  13. ↑ Georges-Henri Soutou, « Vichy, l'URSS et l'Allemagne de 1940 Ă  1941 Â», in Ilja Mieck, Pierre Guillen, « Deutschland, Frankreich, Russland Â», Oldenbourg Wissenschaftsverlag, 2000, (ISBN 3486564196), p.303
  14. ↑ Lire Ă  ce sujet Louis-Ferdinand CĂ©line, D'un chateau l'autre, Gallimard, 1957.
  15. ↑ chapitre « L'information sabordĂ©e Â» tirĂ© du livre de Fabrice d'Almeida et Christian Delporte, Histoire des mĂ©dias en France, de la Grande Guerre Ă  nos jours, Ă©diteur : Flammarion, 2010.
  16. ↑ Renaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera, Les Patrons sous l'occupation, Odila Jacob, 1995, (ISBN 2-7381-0328-6).
  17. ↑ Arnaud Berthonnet, docteur en histoire Ă©conomique et sociale, UniversitĂ© de Paris-Sorbonne (Paris IV), « L’histoire d’une Ă©puration : l’industrie du bĂątiment et des travaux publics en rĂ©gion parisienne (1944-1949) Â» article paru sur le site du CAIRN : [1].
  18. ↑ * MichĂšle Cointet, Le Conseil national de Vichy : vie politique et rĂ©forme de l'État en rĂ©gime autoritaire, 1940-1944, Ă©ditions Aux amateurs de livres, Paris, 1989, 483 p., (ISBN 2-87841-000-9), (notice BNF no FRBNF35066559s). — Cet ouvrage est constituĂ© du texte remaniĂ© d'une thĂšse d'État en lettres, soutenue en 1984 devant l'UniversitĂ© Paris X. — Voir en page 85 de l'ouvrage.
  19. ↑ (en) Alan Riding, And the Show went on : Cultural Life in nazi-Occupied Paris, Knopf, 19 octobre 2010, 416 p. 
  20. ↑ CĂ©cile Desprairies, Paris dans la Collaboration, Ă©d. du Seuil, 2009
  21. ↑ (en) Alan Julian T. Jackson (en), Dark Years : 1940-1944, Oxford University Press, 2001 
  22. ↑ Philippe Bourdrel, L'Épuration sauvage, 1944-45, Perrin, 2002.
  23. ↑ Peter Novick, L'Épuration française, Seuil, 1986.
  24. ↑ Fabrice Virgili, La France virile – Des femmes tondues Ă  la LibĂ©ration, Payot, 2000.
  25. ↑ Henry Rousso, « L’épuration en France une histoire inachevĂ©e Â», VingtiĂšme SiĂšcle. Revue d'histoire, no 33, janvier-mars 1992, p. 78-105.

Bibliographie

Ouvrages généraux
  • Christophe Belser, La Collaboration en Loire-infĂ©rieure 1940-1944, Geste Ă©ditions, 2 vol., 2005 (ISBN 2-84561-210-9 et 2-84561-211-7)
  • Philippe Burrin, La dĂ©rive fasciste. Doriot, DĂ©at, Bergery 1933-1944, Éditions du Seuil, Paris, 1986, 530 p. (Ă©dition de poche avec une prĂ©face inĂ©dite, 2003) (ISBN 202009357X et ISBN 2020589230)
  • Philippe Burrin, La France Ă  l’heure allemande 1940-1944, Éditions du Seuil, Paris, 559 p., 1995 (Ă©dition de poche, 1997) (ISBN 2020183226 et ISBN 2020314770)
  • MichĂšle Cotta, La collaboration 1940-1944, Armand Colin, coll. « Kiosque Â», 1964
  • Simon Epstein, Les Dreyfusards sous l'occupation, Paris, Albin Michel, coll. BibliothĂšque Albin Michel de l'histoire, 2001
  • Jean-Pierre Koscielniak, Collaboration et Ă©puration en Lot-et-Garonne, 1940-1945, Editions d'Albret, 2003.
  • Pascal Ory, Les Collaborateurs 1940-1945, Éditions du Seuil, 1976 (ISBN 2-02005-427-2)
  • Pascal Ory (prĂ©sentĂ© par), La France allemande, Paroles du collaborationnisme français (1933-1945), Gallimard, coll. « Archives Â», 1977.
  • Robert O. Paxton, La France de Vichy 1940-1944, Éditions du Seuil, coll. « Points Histoire Â», 1973.
  • Henry Rousso, PĂ©tain et la fin de la collaboration, Éditions Complexe, 1984.
  • Eberhard JĂ€ckel, Frankreich in Hitlers Europa – Die deutsche Frankreichpolitik im Zweiten Weltkrieg, Deutsche Verlag-Anstalg GmbH, Stuttgart, 1966 ; traduction : La France dans l'Europe de Hitler (prĂ©face de Alfred Grosser, traduction de Denise Meunier), Ă©d. Fayard, coll. « Les grandes Ă©tudes contemporaines Â», 1968, 554 p.
Partis et mouvements politiques
  • R. Handourtzel et C. Buffet, La collaboration
 Ă  gauche aussi, Ă©d. Perrin, Paris, 1989.
  • Pierre Philippe Lambert, GĂ©rard Le Marec, Partis et mouvements de la Collaboration, Jacques Grancher Ă©ditions, Paris, 1993.
  • (de) Ahlrich Meyer, TĂ€ter im Verhör. Die 'Endlösung der Judenfrage' in Frankreich 1940-1944, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, Darmstadt, 2005, 471 p. (ISBN 3534175646)
Juifs et mouvements juifs
  • Simon Epstein, Un paradoxe français: antiracistes dans la Collaboration, antisĂ©mites dans la RĂ©sistance, Paris, Albin Michel, coll. BibliothĂšque Albin Michel de l'histoire, 2008
  • Maurice Rajsfus, Des Juifs dans la collaboration (I) L'UEJF, (II) Une Terre promise ? (1941-1944), Paris, EDI, 1980, prĂ©face de Pierre Vidal-Naquet, et Paris, L'Harmattan, 1989
Police et la Justice (cf. surtout régime de Vichy)
  • Jean-Marc BerliĂšre, avec Laurent Chabrun, Les policiers français sous l'occupation d'aprĂšs les archives inĂ©dites de l'Ă©puration, Ă©d. Perrin, 2001 (ISBN 2-262-01626-7)
  • HervĂ© Lamarre, L'Affaire de la Section SpĂ©ciale, 2 vol., Ă©d. Fayard, coll. « Folio Â», Paris, 1973.
Presse
  • Pierre-Marie Dioudonnat, L'argent nazi Ă  la conquĂȘte de la presse française (1940-1944), Jean Picollec Ă©ditions, Paris, 1981.
Entreprises françaises
  • Le groupe de recherche du CNRS sur les entreprises françaises sous l'occupation.
  • Annie Lacroix-Riz, Industriels et banquiers français sous l’Occupation : la collaboration Ă©conomique avec le Reich et Vichy, Ă©d. Armand Colin, Paris, 1999.
  • Annie Lacroix-Riz, « Les entreprises françaises et l’Allemagne de l’avant-guerre Ă  l’occupation, Des capitaux aryens Â», dans Le Manifeste no 4, mars 2004.
  • Renaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera, Les Patrons sous l'occupation, Ă©d. Odile Jacob, 1995 (ISBN 2-7381-0328-6) (et collection semi-poche en 2 volumes 1997).
Entreprises Ă©trangĂšres
  • Edwin Black, IBM et l'holocauste, Ă©d. Robert Laffont, 2001.

Annexes

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

Liens externes


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Collaboration en France de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Collaboration En France (1940-1944) — Collaboration en France La collaboration en France (1940 1944) traite non seulement de la collaboration d État initiĂ©e officiellement lorsqu au terme d un discours radiodiffusĂ© le 30 octobre 1940[1], le marĂ©chal PĂ©tain a invitĂ© les Français Ă … 
   WikipĂ©dia en Français

  • Collaboration en France (1940-1944) — Collaboration en France La collaboration en France (1940 1944) traite non seulement de la collaboration d État initiĂ©e officiellement lorsqu au terme d un discours radiodiffusĂ© le 30 octobre 1940[1], le marĂ©chal PĂ©tain a invitĂ© les Français Ă … 
   WikipĂ©dia en Français

  • Collaboration en France (1940-44) — Collaboration en France La collaboration en France (1940 1944) traite non seulement de la collaboration d État initiĂ©e officiellement lorsqu au terme d un discours radiodiffusĂ© le 30 octobre 1940[1], le marĂ©chal PĂ©tain a invitĂ© les Français Ă … 
   WikipĂ©dia en Français

  • Collaboration en france (1940-1944) — Collaboration en France La collaboration en France (1940 1944) traite non seulement de la collaboration d État initiĂ©e officiellement lorsqu au terme d un discours radiodiffusĂ© le 30 octobre 1940[1], le marĂ©chal PĂ©tain a invitĂ© les Français Ă … 
   WikipĂ©dia en Français

  • Collaboration Dans L'Europe OccupĂ©e Par Les Nazis — Au cours de la pĂ©riode 1940 1945, l Allemagne nazie s est trouvĂ©e en position de dominer un certain nombre de pays europĂ©ens. La collaboration dĂ©signe le soutien apportĂ© par diffĂ©rents pays occupĂ©s aux forces d occupation du TroisiĂšme Reich. Cela 
   WikipĂ©dia en Français

  • Collaboration dans l'Europe occupee par les nazis — Collaboration dans l Europe occupĂ©e par les nazis Au cours de la pĂ©riode 1940 1945, l Allemagne nazie s est trouvĂ©e en position de dominer un certain nombre de pays europĂ©ens. La collaboration dĂ©signe le soutien apportĂ© par diffĂ©rents pays… 
   WikipĂ©dia en Français

  • Collaboration dans l'europe occupĂ©e par les nazis — Au cours de la pĂ©riode 1940 1945, l Allemagne nazie s est trouvĂ©e en position de dominer un certain nombre de pays europĂ©ens. La collaboration dĂ©signe le soutien apportĂ© par diffĂ©rents pays occupĂ©s aux forces d occupation du TroisiĂšme Reich. Cela 
   WikipĂ©dia en Français

  • Collaboration dans l’Europe occupĂ©e par les nazis — Collaboration dans l Europe occupĂ©e par les nazis Au cours de la pĂ©riode 1940 1945, l Allemagne nazie s est trouvĂ©e en position de dominer un certain nombre de pays europĂ©ens. La collaboration dĂ©signe le soutien apportĂ© par diffĂ©rents pays… 
   WikipĂ©dia en Français

  • France de Vichy — RĂ©gime de Vichy Pour les articles homonymes, voir Vichy (homonymie) 
   WikipĂ©dia en Français

  • France sous le rĂ©gime de Vichy — RĂ©gime de Vichy Pour les articles homonymes, voir Vichy (homonymie) 
   WikipĂ©dia en Français


Share the article and excerpts

Direct link

 Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.