Clovis, Fils De Chilpéric Ier

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Clovis, Fils De Chilpéric Ier

Chilpéric Ier (roi des Francs)

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Chilpéric Ier
Roi de Soissons
Portrait Roi de france Chilpéric roy de France.jpg
« ChilpĂ©ric roy de France Â» par Jean Dassier (1676-1763). Buste du roi Ă  gauche ceint d'une couronne. BibliothĂšque nationale de France.

RĂšgne
561 - 584
Dynastie MĂ©rovingiens
Titre complet Roi de Soissons (561-584)
Roi de Paris (567-584)
Prédécesseur Clotaire Ier
Successeur Clotaire II Red crown.png

Autres fonctions
Roi franc de Paris
PĂ©riode
567 - 584
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Monarque
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Prédécesseur Caribert Ier
Successeur Gontran

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Biographie
Naissance 525-527[1]
DĂ©cĂšs septembre 584
Chelles, France
PĂšre Clotaire Ier
MĂšre Arnegonde
Conjoint(s) AudovĂšre
Galswinthe
Frédégonde
Descendance Théodebert (v. 552-575)
Mérovée (553/556-577)
Basine (555/564-?)
Clovis (v. 557-580)
Clodebert (565/570-580)
Rigonde (v. 569-589)
Samson (575-577)
Dagobert (580)
Thierry (582-584)
Clotaire II (584-629) Red crown.png
RĂ©sidence(s) Soissons, Rouen, Paris, Cambrai

Chilpéric Ier, né entre 525 et 527, mort entre les 20 et 28 septembre 584 à Chelles, est le deuxiÚme roi dans la suite des rois de Soissons de la dynastie des Mérovingiens.

Il est le petit-fils de Clovis, roi des Francs, et le fils de Clotaire Ier, auquel il succĂšde de 561 Ă  584, et de la reine Arnegonde. Son rĂšgne est connu grĂące aux Dix livres d'Histoire, hagiographie Ă©crite par l'Ă©vĂȘque GrĂ©goire de Tours, oĂč ce dernier raconte les rĂšgnes de « bons Â» et de « mauvais Â» rois. Dans ces rĂ©cits, il prĂŽne la supĂ©rioritĂ© du pouvoir spirituel (auctoritas) exercĂ© par les Ă©vĂȘques sur le pouvoir temporel (potestas) exercĂ© par les rois[2]. Pour cette raison, l'Ă©vĂȘque de Tours s'oppose Ă  l'autoritĂ© de ChilpĂ©ric lorsque celui-ci juge les Ă©vĂȘques, dont la dignitĂ© serait supĂ©rieure[3].

À la mort de Clotaire Ier, ChilpĂ©ric hĂ©rite de la plus petite partie du royaume des Francs, dont une grande partie de l'Église est placĂ©e sous l'autoritĂ© de Sigebert Ier, son demi-frĂšre, lequel use de son pouvoir sur les Ă©vĂȘques des diocĂšses suffragants.

La division du royaume des Francs génÚre une compétition féroce entre les prétendants au royaume. Chilpéric reprend la guerre civile qui avait été interrompue lors de la réunification du regnum Francorum par son pÚre, du fait qu'il n'avait pas pu obtenir Tours et Poitiers lors du partage du royaume, que son pÚre a tenues dÚs 511. Le rapprochement de l'Austrasie avec les Aquitains et les Wisigoths sert également de motif à la guerre. Durant la quasi-totalité de son rÚgne, il tente d'accroßtre son domaine et combat ses demi-frÚres. La mort de deux d'entre eux lui permet une expansion territoriale.

Chilpéric a été l'un des derniers rois mérovingiens à régner en monarque absolu sur ses sujets[4], avant que le pouvoir ne s'effrite, capté par une noblesse ambitieuse.

Les épidémies et les assassinats viennent quasiment à bout de sa descendance, mais un fils, Clotaire, lui naßt in extremis avant qu'il ne soit assassiné à Chelles, à l'issue d'une partie de chasse. Son royaume est sauvegardé par la volonté de son épouse, la reine Frédégonde, et de son dernier demi-frÚre Gontran, lesquels protÚgent le royaume pendant la minorité de son fils.

Sommaire

La Gaule franque au VIe siĂšcle

La société

La sociĂ©tĂ© se compose d'hommes et de femmes libres (ingenui) formant la plus grande partie du peuple franc. Ils ont l'obligation de servir dans l'armĂ©e du roi, avec le droit de prendre part Ă  la justice publique, et sont commandĂ©s par l'intermĂ©diaire des ducs et des comtes. Il existe Ă©galement des populations dĂ©pendantes comme les esclaves locataires d'une ferme (servi casati), les esclaves domestiques, et les esclaves travailleurs agricoles sur les grandes propriĂ©tĂ©s[5]. Les esclaves ne peuvent pas servir dans l'armĂ©e, ce privilĂšge Ă©tant rĂ©servĂ© aux hommes libres. Ils appartiennent Ă  la famille du propriĂ©taire, qui peut ĂȘtre un ingenui ou un aristocrate. Les Francs libres devenus trop pauvres pour servir dans l'armĂ©e devenaient non-libres, en perdant leur identitĂ© juridique, pour devenir dĂ©pendants du propriĂ©taire d'une terre sur laquelle ils travaillaient. Les paysans romains ont Ă©tĂ© intĂ©grĂ©s comme dĂ©pendants non-libres des Francs. Les esclaves peuvent ĂȘtre affranchis par leurs maĂźtres de deux façons : l'affranchissement relatif, confĂ©rant Ă  l'affranchi le statut de libertus ou lide lui permettant de jouir des droits juridiques et de sa libertĂ© mais restant redevable de prestation en service ou en argent ; l'affranchissement absolu, qui confĂšre Ă  l'affranchi libertĂ©, droits juridiques et la garantie de ne plus ĂȘtre redevable envers son ancien maĂźtre[6]. Il existe Ă©galement une catĂ©gorie de semi-libres, nommĂ©s coloni. Un colon exploite une terre par contrainte et doit payer des redevances au maĂźtre. Il peut ensuite exploiter la terre pour son profit personnel[7]. De mĂȘme, en 517, le concile d'Epao interdit aux abbĂ©s d'affranchir les esclaves sur les propriĂ©tĂ©s qu'ils ont reçues des laĂŻcs, « parce qu'il est injuste que les esclaves jouissent de la libertĂ© alors que les moines travaillaient la terre nuit et jour[8] Â». Cependant, les terres ecclĂ©siastiques et des petites propriĂ©tĂ©s et fermes romaines continuent d'exister. Des comtes francs s'installent dans les citĂ©s aquitaines, mais celles-ci conservent leurs langues et coutumes du fait de la faible influence que les Francs exercent sur la population[9]. De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, le sud de la Gaule reste romanisĂ© tandis qu'au nord, la culture franque remplace la culture romaine. Les noms germains prĂ©dominent[10], les hommes originaires de la rĂ©gion sont rarement considĂ©rĂ©s comme romains. Le dialecte roman reste cependant parlĂ© par la population[11].

Le mariage chez les francs

Articles dĂ©taillĂ©s : Mariage morganatique et Morganatique.

Les francs, comme les autres peuples germains, pratiquent l'endogamie[12] au sein de la Sippe ou clan (groupe de parentĂ© Ă©tendu). Le mariage y prend plusieurs formes. Le pĂšre est le chef de la famille et exerce son autoritĂ© (mundium ou munduburdium) sur ses femmes, ses enfants, ses esclaves[13]. Il a le pouvoir d’accepter ou de refuser les mariages de chaque membre de sa familia[14]. Les jeunes nobles francs pratiquent une Ă©ducation sentimentale auprĂšs des esclaves de leur familia ou des filles de leurs proches. Il en rĂ©sulte souvent plusieurs mariages avec ses Ă©pouses de jeunesse (friedelfrau), qualifiĂ©es d’épouses de second rang ou d’épouses morganatiques. Ce type de mariage, la friedelehe, est gĂ©nĂ©ralement hypergamique et est conclu de façon privĂ©e entre le mari et la femme[15]. Le chef de famille peut dĂ©cider d’établir pour les jeunes francs arrivĂ©s Ă  maturitĂ©, des mariages avec des Ă©pouses prestigieuses dites de premier rang. Ce type de mariage, cĂ©lĂ©brĂ© en public, permet le rapprochement des familles, assurant une alliance diplomatique[16]. Cette polygynie entraĂźne la confusion chez les chrĂ©tiens traditionnellement monogames, qui appliquent naturellement le droit matrimonial romain et qualifient Ă  tord ces Ă©pouses de concubines ou de maĂźtresses, croyant leurs enfants illĂ©gitimes[note 1]. Or, les enfants issus des diffĂ©rents mariages sont tous Ă©gaux en matiĂšre de succession[note 2]. Le pĂšre garde cependant le droit d’écarter de sa succession les enfants de son choix[17].

Biographie

Naissance et formation

ChilpĂ©ric Ier naĂźt au sein d'une des familles princiĂšres franques, issue de MĂ©rovĂ©e et surtout de Clovis, fondateurs de la dynastie MĂ©rovingienne. Les MĂ©rovingiens constituĂšrent la premiĂšre dynastie qui rĂ©gna sur la majoritĂ© des territoires actuellement français et belge, ainsi que sur une partie du Sud de l'Allemagne et de la Suisse du Ve siĂšcle jusqu'au VIIIe siĂšcle, aprĂšs la fin des invasions barbares dans les provinces romaines occidentales dont la Gaule. Ils sont issus des Francs saliens qui Ă©taient Ă©tablis au Ve siĂšcle dans les rĂ©gions de Cambrai et de Tournai, en Belgique.

Généalogie ascendante et descendante

Généalogie simplifiée descendants Clovis Ier.png

Mariages et descendance

ChilpĂ©ric a d'abord Ă©pousĂ© vers 549 AudovĂšre († assassinĂ©e en 580) qui donne naissance Ă  :

  • ThĂ©odebert (ou Thibert) (v.552 † 573), fils aĂźnĂ©[18], vaincu et tuĂ© par les ducs Godegisel et Gontran Boson alors qu'il dĂ©vaste la Touraine, possession de son oncle Sigebert Ier ;
  • MĂ©rovĂ©e, nĂ© entre 553 et 556[note 3] († 577), mariĂ© Ă  Brunehilde (veuve de Sigebert Ier), sa tante par alliance, et tonsurĂ©, aurait Ă©tĂ© assassinĂ© ou se serait suicidĂ© par crainte de son pĂšre ;
  • Basine, nĂ©e entre 555 environ et 564[19], violĂ©e par les hommes de FrĂ©dĂ©gonde aprĂšs la mort de Clovis, puis religieuse Ă  l'abbaye Sainte-Croix de Poitiers ;
  • Clovis (553/557 † 580)[note 4], assassinĂ© sur l'ordre de FrĂ©dĂ©gonde ;
  • Childesinde[20], dont l'existence est sujette Ă  caution, car elle n'est pas citĂ©e par GrĂ©goire de Tours, mais seulement par le Liber Historiae Francorum, un siĂšcle et demi plus tard.

En 564, ChilpĂ©ric se remarie avec Galswinthe († 567), fille d'Athanagild, roi des Wisigoths, et sƓur de Brunehilde (Ă©galement nommĂ© Brunehaut Ă  partir du XIIIe siĂšcle[21]). Elle entre rapidement en conflit avec son mari Ă  propos de la liaison qu'il entretient avec FrĂ©dĂ©gonde, rĂ©clame son retour en Hispanie et est retrouvĂ©e Ă©tranglĂ©e dans son lit.

En troisiĂšmes noces, ChilpĂ©ric Ă©pouse FrĂ©dĂ©gonde († 597), probablement issue d'un milieu peu Ă©levĂ©, comme le suggĂšre GrĂ©goire de Tours. De ce mariage sont nĂ©s :

  • Clodebert nĂ© vers 565/570, mort de dysenterie en mĂȘme temps que son frĂšre Dagobert en 580 ;
  • Rigonde (v. 569 † 589), fiancĂ©e au prince wisigoth Reccared. Lorsque le convoi qui l'emmĂšne en Hispanie apprend la mort de son pĂšre, son escorte pille les richesses du convoi et l'abandonne. Elle se rĂ©fugie dans le palais de sa mĂšre et mĂšne une vie de dĂ©bauche ;
  • Samson, nĂ© en 575, mort de dysenterie en 577 ;
  • Dagobert, nĂ© en 580, il meurt de dysenterie en mĂȘme temps que son frĂšre Clodebert en 580 ;
  • ThĂ©oderic, nĂ© en 582, mort de dysenterie en 584 ;
  • Clotaire II (584 † 629), roi de Neustrie, puis de tous les Francs.

La personnalité de Chilpéric

Le roi ChilpĂ©ric est dĂ©peint par son contemporain GrĂ©goire de Tours comme « le NĂ©ron et l'HĂ©rode de notre temps Â». Il le prĂ©sente comme un homme intempĂ©rant et prĂ©somptueux, avide de richesses, faisant pĂ©rir ceux qui en possĂšdent. Selon lui, il prendrait plaisir Ă  ravager les campagnes, Ă  martyriser les pauvres et accabler les clercs. Il faut cependant prĂ©ciser que l'Ă©vĂȘque GrĂ©goire se sentit publiquement humiliĂ© au concile de Berny oĂč il dut comparaĂźtre pour ĂȘtre jugĂ©, accusĂ© d'avoir calomniĂ© FrĂ©dĂ©gonde[22]. ChilpĂ©ric aurait mĂȘme inscrit dans ses ordonnances adressĂ©es aux juges que l'on arrache les yeux des personnes ne tenant pas compte de ses prĂ©rogatives. À cela, GrĂ©goire ajoute aprĂšs sa mort qu'il n'a jamais aimĂ© personne et que personne ne l'a jamais aimĂ©[23].

Saint GrĂ©goire, archevĂȘque de Tours, et saint Salve, Ă©vĂȘque d'Albi, devant ChilpĂ©ric Ier. Grandes Chroniques de France de Charles V, XIVe siĂšcle. Paris, BibliothĂšque nationale de France.

Une toute autre vision de la personnalitĂ© de ChilpĂ©ric se dĂ©gage des vers du poĂšte Venance Fortunat, un autre de ses contemporains, qui le prĂ©sente comme un homme instruit et le cĂ©lĂšbre comme un brillant guerrier et lĂ©gislateur. Le poĂšte Ă©crit ainsi : « vous rĂ©glez vos armes sur les lois et redressez les lois par vos armes Â», ajoutant que, parmi les MĂ©rovingiens, « vous l’emportez par le savoir et par la doctrine ; par la science du dogme vous ĂȘtes tel que ne fut jamais votre pĂšre. Â».

Selon GrĂ©goire de Tours, il aurait rĂ©digĂ© un dĂ©cret sur la TrinitĂ©[24] alors qu'Ă  l’exception de Childebert Ier et de ChilpĂ©ric, lesquels semblent avoir eu quelques lumiĂšres sur le dĂ©bat trinitaire, les rois mĂ©rovingiens se dĂ©sintĂ©ressent du problĂšme, dont ils n’exploitent que les incidences diplomatiques[25]. Son traitĂ©, stipulant que l'on nomme Dieu la Sainte TrinitĂ©, ressemble Ă  l'hĂ©rĂ©sie du prĂȘtre Sabellius, excommuniĂ© en l'an 217 par le pape Calixte Ier[26]. Ainsi, GrĂ©goire rejette son traitĂ© et le roi se tourne vers saint Salve, Ă©vĂȘque d'Albi, qui le rejette Ă©galement. ChilpĂ©ric doit alors se plier Ă  la volontĂ© des Ă©vĂȘques.

Venance Fortunat cĂ©lĂšbre en lui un faiseur de vers parfaits, surpassant ainsi les autres rois de sa dynastie dans les lettres[27], mĂȘme si l'Ă©vĂȘque de Tours juge ses vers « sans mesure ni rythme Â». Il est vrai que Venance Fortunat, se dĂ©crivant comme un « poĂšte souriceau[28] Â» Ă  l’affĂ»t des tables attendant que les puissants laissent tomber de bons morceaux, compose des Ɠuvres louant les mĂ©cĂšnes qui acceptent de financer son train de vie[29].

Par l'intermĂ©diaire de ses dĂ©cisions politiques, il montre surtout le visage d'un joueur prĂȘt Ă  tout miser sur la chance[30].

L'Ă©ducation d'un prince franc

ChilpĂ©ric signifie « roi sauveur[31] Â». C'est un nom francique haut allemand, constituĂ© d'une ch gutturale[32], de hilp[note 5] (aide, secours) et ric (roi, chef)[33] que Venance Fortunat traduit en latin par Adjutor fortis (auxiliaire courageux)[27]. Il est nommĂ© aussi Hilpericus par Marius d'Avenches[34] et Paul Diacre[note 6].

Son nom ne lui est certainement donnĂ© qu'Ă  l'Ăąge de trois ans, Ăąge minimal requis pour recevoir le baptĂȘme. La mortalitĂ© infantile est Ă  l'Ă©poque si importante que les nouveau-nĂ©s ne reçoivent pas de nom immĂ©diatement. L'attribution de ce nom, dĂ©jĂ  donnĂ© aux rois burgondes qui sont le pĂšre et le grand-oncle de Clotilde, a probablement Ă©tĂ© influencĂ©e par cette derniĂšre[31]. La reine Clotilde Ă©tant encore en vie Ă  l'Ă©poque de la naissance de ChilpĂ©ric, il se peut que le baptĂȘme ait eu lieu Ă  Tours, appartenant alors Ă  Clotaire, oĂč la reine rĂ©side ainsi que les Ă©vĂȘques burgondes Procule, ThĂ©odore et Diffinus, chassĂ©s par les Ariens[35].

Il reçoit probablement une bonne Ă©ducation, que l'Ă©vĂȘque de Poitiers, Venance Fortunat, dĂ©crit en ses mots « Sur vous, douce tĂȘte, se penchĂšrent tous les soins de votre pĂšre[36] Â», axĂ©e sur le maniement des armes, l'Ă©quitation, ainsi qu'une instruction littĂ©raire. Il parle latin, francique, et peut-ĂȘtre a-t-il des notions de grec[37] et d'hĂ©breu, grĂące au contact des juifs de sa cour.

Il apprend l'art de la guerre au cours de parties de chasse qui lui permettent de pratiquer les bases du combat, le prĂ©parant ainsi Ă  ses futures batailles[38]. À sa majoritĂ© (Ă  l'Ăąge de quinze ans), il multiplie les faits d'armes auprĂšs de son pĂšre : « Devant vous tremblent le gĂšte, le vascon, le danois, l'euthion, le saxon, le breton, il est notoire qu'avec votre pĂšre vous les avez domptĂ©s en bataille rangĂ©e[39]. Â». Au printemps 542, il accompagne son pĂšre avec deux de ses demi-frĂšres, dans une campagne contre les Wisigoths, auquel s'est joint son oncle Childebert Ier. Ils s'emparent de Pampelune et assiĂšgent Saragosse.

Entre 542 et 552, il Ă©pouse AudovĂšre « sa premiĂšre reine[40] Â», peut-ĂȘtre de condition modeste[41]. Avec Sigebert, il accompagne Ă©galement son pĂšre dans la guerre contre les Saxons, probablement excitĂ©s par Childebert Ier, pendant que ses autres demi-frĂšres, Caribert et Gontran, se dirigent vers l'Auvergne pour ramener Chramn. AprĂšs le massacre des deux armĂ©es, une paix est nĂ©gociĂ©e et Clotaire se dirige vers la Thuringe, afin de mener une expĂ©dition punitive contre ses habitants qui avaient soutenu les Saxons. Lors de son retour dans ses États, les Saxons coalisĂ©s avec les Thuringiens, probablement les Frisons[note 7], les Danois et les Jutes[note 8] rentrent en territoire franc le long de la rive droite du Rhin jusqu'Ă  Deutz. Clotaire et ChilpĂ©ric rejoignent Sigebert, qui a Ă©tĂ© postĂ© comme garde-frontiĂšre, et repoussent les envahisseurs[27]. En novembre ou dĂ©cembre 560, il participe Ă©galement Ă  l'attaque contre Chramn et le comte Conomor de DomnonĂ©e[27],[42].

La succession de Clotaire Ier

Le coup d'État de ChilpĂ©ric

ChilpĂ©ric Ier s'acquiert la grĂące des puissants. Manuscrit du XVe siĂšcle. Grandes chroniques. Paris, BibliothĂšque nationale de France.

Clotaire Ier avait réunifié le royaume franc de Clovis Ier avec peine mais n'avait pas partagé le royaume avant sa mort, qui survint en 561. Ses fils allÚrent l'enterrer à Soissons, dans la basilique Sainte-Marie[43] qu'il avait commencé à faire construire sur le tombeau de saint Médard[44].

Dans la tradition germanique, le mode de succession des rois sur le trĂŽne, la tanistry (nom celtique dĂ©signant la succession par le cadet et non par le fils), se fait entre frĂšres, de l'aĂźnĂ© au benjamin, puis aux oncles et aux neveux[45]. N'Ă©tant pas issu de la mĂȘme union que les autres princes[46], ce systĂšme aurait dĂ©favorisĂ© ChilpĂ©ric au moment du partage voulu par la loi salique. Contrairement au mode de succession par primogĂ©niture qui rĂ©git la succession au trĂŽne du pĂšre au fils aĂźnĂ©, comme sous la dynastie capĂ©tienne, le royaume est divisĂ© entre autant de fils que le roi possĂšde, afin que chacun puisse rĂ©gner. La division du Regnum Francorum engendre des sous-royaumes (teilreiche) distincts de celui-ci, permettant Ă  chaque prince d'exercer une royautĂ© complĂšte dans le sous-royaume attribuĂ©, plutĂŽt que de diviser l'exercice du pouvoir avec les autres princes sur l'ensemble du territoire[47].

À l'aide d'antrusions (guerriers d'Ă©lites formant la garde privilĂ©giĂ© du roi, liĂ©s par un serment particulier[note 9]), ChilpĂ©ric s'empare du trĂ©sor de la villa Brennacum - palais de Berny. Le lieu oĂč se situe cette villa n'est pas certain : il peut s'agir de la villa Bernacum de Berny-RiviĂšre Ă  16 km de Soissons, ou de la villa de Breny (au lieu-dit Le Martois) Ă  24 km. Par la force, il peut accĂ©der aux richesses que son pĂšre a accumulĂ©es et entasse le trĂ©sor sur des chariots[43]. Il en profite pour acheter la fidĂ©litĂ© de certains grands seigneurs et occupe Paris, en prenant possession du chĂąteau de son oncle Childebert Ier avec la portion du royaume associĂ©e[48]. NĂ©anmoins ses demi-frĂšres Caribert, Gontran et Sigebert l'obligent Ă  respecter le partage.

Le deuxiĂšme partage du Regnum Francorum (561)

Partage du royaume de Clotaire Ier entre ses quatre fils. La scÚne se situe dans l'ßle de la Cité. Grandes Chroniques de France, enluminées par Jean Fouquet, Tours, vers 1455-1460. Paris, BnF.

Le royaume est donc Ă  nouveau divisĂ© en quatre suivant « un partage rĂ©gulier Â» et le sort (destin ou partage[note 10]) attribue Ă  ChilpĂ©ric le territoire ancestral des MĂ©rovingiens, le « royaume de Clotaire Â» avec Soissons pour capitale[49]. Son territoire se situe entre Tournai et la Picardie. La citĂ© de Laon a peut-ĂȘtre Ă©tĂ© acquise par Sigebert mais celle d'Amiens lui est peut-ĂȘtre revenue, car elle a Ă©tĂ© attribuĂ©e en 511 Ă  Childebert Ier[note 11]. Le royaume se compose probablement des citĂ©s de ThĂ©rouanne, Tournai, Arras, Cambrai, Amiens et Noyon. Ce teilreich, le plus pauvre en fisc (terre, forĂȘt ou mine appartenant Ă  la couronne[50]), n'a ni ressources importantes ni frontiĂšres actives offrant des perspectives de conquĂȘte[51].

Augustin Thierry affirme que le partage Ă©tait Ă©gal, non en superficie, mais en nombre de citĂ©s[52]. Il affirme Ă©galement que chacun des frĂšres possĂšde des enclaves dans les autres teilreich. ChilpĂ©ric aurait ainsi reçu Nantes et Rouen. Cependant, il ne reçoit ni Tours ni Poitiers qui constituaient l'enclave aquitaine de son pĂšre dĂšs 511[53]. De plus, le royaume de Paris, revenu Ă  Caribert, cinq fois plus grand que celui de ChilpĂ©ric, possĂ©dant de nombreuses citĂ©s en Aquitaine, dans la vallĂ©e de la Loire, doit possĂ©der plus de villes que ChilpĂ©ric, qui reçoit un territoire peu romanisĂ© et ayant subi beaucoup de destructions, du fait des invasions barbares[54]. Le critĂšre dĂ©terminant la valeur d'une part peut ne pas prendre seulement en compte la superficie mais aussi la nature du patrimoine. Comme ChilpĂ©ric reçoit le royaume de son pĂšre, la capitale des Gaules et la terre patrimoniale des MĂ©rovingiens, sa part est vue comme Ă©gale aux autres, plus grandes gĂ©ographiquement mais dont aucun statut politique n'est rattachĂ© du fait de leur annexion par conquĂȘte[55]. Une autre hypothĂšse veut que le hasard soit Ă  l'origine de l'attribution des royaumes qui se serait fait par tirage au sort. Cependant, GrĂ©goire de Tours prĂ©cise que la rĂ©partition des territoires est Ă©quitable, un tirage au sort avec des lots inĂ©gaux est donc Ă  exclure[56].

Le royaume des Francs en 561 aprĂšs sa division en sous-royaumes.

L'affectation des teilreich peut aussi ĂȘtre dĂ©finie selon le nom donnĂ© aux princes, pour qu'ils soient destinĂ©s Ă  rĂ©gner sur un territoire donnĂ© : le royaume de Metz ayant appartenu Ă  Thierry Ier, que reçoit Sigebert, englobe l'ancien royaume de Cologne des Francs ripuaires dont un des rois se nommait Sigebert le boiteux. Gontran, quant Ă  lui, possĂšde un nom typiquement burgonde[note 12] et reçoit le royaume des Burgondes. Or, il est Ă  noter que ChilpĂ©ric est aussi un nom typiquement burgonde[57]. Depuis le premier partage du Regnum Francorum en 511, le royaume des Burgondes et la Provence ont Ă©tĂ© annexĂ©s et ChilpĂ©ric n'obtient rien de ces territoires[58].

Les rapports de forces dĂ©terminent en rĂ©alitĂ© les attributions ; de plus, la mise Ă  l'Ă©cart des plus faibles fait partie des usages de la succession royale franque et il se peut que les trois fils d'Ingonde Ă©prouvent de la dĂ©fiance envers leur demi-frĂšre[48]. Ce partage peut constituer une sanction Ă  son Ă©gard pour avoir tentĂ© de s'emparer de tout ou partie du royaume sans le consentement de ses demi-frĂšres[59].

En plus, le partage du regnum ne prend pas en compte la rĂ©partition des provinces ecclĂ©siastiques. Le clergĂ© a calquĂ© le mode de division du territoire de l'administration civile romaine, en dĂ©coupant le territoire en provinces, subdivisĂ©es en diocĂšses, dont les limites correspondent Ă  celles des citĂ©s romaines. Chaque diocĂšse est dirigĂ© par un Ă©vĂȘque. En plus de son autoritĂ© religieuse, avec l'affaiblissement de l'administration romaine, celui-ci Ă©tend son pouvoir aux domaines politiques et sociaux, faisant ainsi concurrence au pouvoir du comte qui est le reprĂ©sentant de l'autoritĂ© royale. Chez les Romains, les provinces regroupent plusieurs citĂ©s et sont dirigĂ©es par un gouverneur exerçant ses fonctions dans la citĂ© du chef-lieu[60]. Ainsi, l'Ă©vĂȘque dont le diocĂšse correspond au chef-lieu, est nommĂ© Ă©vĂȘque mĂ©tropolitain, renommĂ© archevĂȘque au IXe siĂšcle, et exerce la fonction de primat sur sa province et ses comprovinciaux suivant les rĂšgles Ă©tablies par le premier concile de NicĂ©e en 325 et le concile de Turin en 398. Conservant l'hĂ©ritage des droits que leur confĂ©rait l'Empire romain, en tant que magister militum, les rois francs peuvent dĂ©signer les Ă©vĂȘques[61], ceci Ă  l'encontre du clergĂ© et du peuple qui doivent pouvoir choisir leur Ă©vĂȘque[62]. Or, tous les diocĂšses du royaume de Soissons appartiennent Ă  la citĂ© provinciale de Reims, propriĂ©tĂ© de Sigebert. Les Ă©vĂȘques du royaume de Soissons sont donc soumis Ă  un Ă©vĂȘque mĂ©tropolitain subordonnĂ© Ă  Sigebert[63].

En 562, les Avars, apparentĂ©s aux Huns, font des incursions en Austrasie. Sigebert Ier doit alors transfĂ©rer sa capitale de Reims Ă  Metz, et il parvient Ă  repousser les envahisseurs au-delĂ  du Rhin, peut-ĂȘtre en Pannonie ou en BaviĂšre[64]. ChilpĂ©ric profite de son absence pour enlever Reims et d’autres villes d’Austrasie. Sigebert contre-attaque, rĂ©cupĂšre les villes qui lui ont Ă©tĂ© prises et s'empare de Soissons. ThĂ©odebert, fils de ChilpĂ©ric, est capturĂ© et envoyĂ© dans la villa de Ponthion (Pontico villa dans le dĂ©partement de la Marne, canton de ThiĂ©blemont-FarĂ©mont)[65]. Sigebert profite de sa domination sur Soissons pour terminer la construction de la basilique Saint-MĂ©dard[66]. ThĂ©odebert est libĂ©rĂ© au bout d'un an, avec comme condition qu'il prĂȘte serment de ne plus attaquer l'Austrasie. Il retourne alors auprĂšs de son pĂšre avec des cadeaux[67].

Le partage du royaume de Paris (567-568)

À la mort de Caribert Ier, le 5 mars 567, celui-ci n'ayant pas d'hĂ©ritier mĂąle, Gontran, Sigebert et ChilpĂ©ric se disputent Ăąprement son hĂ©ritage. Les modalitĂ©s du partage sont inscrites dans un pacte que chacun conserve et jure d'en respecter les termes sur les reliques des saints Polyeucte, Hilaire et Martin. Le lieu oĂč se dĂ©roulent les pourparlers n'a pas Ă©tĂ© rapportĂ© : peut-ĂȘtre est-ce Paris, capitale du dĂ©funt ? Ou bien est-ce une ville appartenant Ă  Sigebert Ier dont le royaume abrite les Ă©glises Saint-Polyeucte de Metz (devenue Saint-Livier de Metz au IXe siĂšcle), Saint-Hilaire de Poitiers et Saint-Martin de Tours[68]? Le territoire que ChilpĂ©ric reçoit est probablement contigu avec son royaume en s'Ă©tendant au nord-ouest de Paris.

Le royaume des Francs en 567 aprĂšs la division du royaume de Paris.

Le partage du royaume se fait en 568[69] et Paris est maintenu dans l'indivision. Les revenus fiscaux de la ville sont partagĂ©s en trois et chaque roi jure de ne pas entrer dans la ville sans le consentement des deux autres[70]. La Seine et la Marne divisent la civitas Parisiorum en trois parties Ă  peu prĂšs Ă©quivalentes correspondant aux trois archidiaconĂ©s de l'ancien diocĂšse parisien. Le grand archidiaconĂ© ou archidiaconĂ© de Parisis, situĂ© au nord sur la rive droite de la Marne et de la haute Seine[71], comprenant les domaines de Chelles et de Nogent-sur-Marne, a dĂ» lui ĂȘtre attribuĂ©[72]. Senlis est Ă©galement indivise[69].

Dans la province de Reims, qui reste propriĂ©tĂ© de Sigebert Ier, il rĂ©cupĂšre la ville de Beauvais mais ne rĂ©cupĂšre pas Soissons qui reste la conquĂȘte du roi de Metz. Il obtient la province ecclĂ©siastique de Rouen avec les diocĂšses de Coutances, Bayeux, Lisieux, Evreux, mais sans les Ă©vĂȘchĂ©s de SĂ©es et d'Avranches. L'attribution de ces deux derniĂšres citĂ©s reste discutĂ©e car si Sigebert Ier les avaient eues, elles Ă©taient trop isolĂ©es pour ne pas passer sous l'influence de ChilpĂ©ric[73]. De plus, le traitĂ© d'Andelot, datant du 28 novembre 587, octroie Avranches Ă  Childebert II sans prĂ©ciser qu'elle appartenait Ă  son pĂšre[69],[74],[75]. Il obtient Ă©galement les diocĂšses de Vannes, Nantes, Le Mans, Angers et Rennes, villes correspondant Ă  la province de Tours, citĂ© provinciale attribuĂ©e Ă  Sigebert Ier[76]. Il est possible que la Bretagne ait Ă©tĂ© intĂ©grĂ©e Ă  sa part, mais cela n'a guĂšre d'intĂ©rĂȘt du fait du contrĂŽle limitĂ© qu'exercent les Francs dans cette rĂ©gion[77].

À ceci s'ajoutent des citĂ©s aquitaines de la province de Bourges, mĂ©tropole provinciale revenue Ă  Gontran, avec Limoges et Cahors. La mĂ©tropole provinciale de Bordeaux lui revient. La province d'Eauze, comprenant la mĂ©tropole et les diocĂšses de Bazas, Dax, Oloron, Comminges, Auch et Lectoure, lui est rattachĂ©e avec les Ă©vĂȘchĂ©s de BĂ©arn (anciennement Lescar) et Bigorre (anciennement Tarbes)[78]. Dans la province de Sens, le diocĂšse de Chartres est divisĂ© en trois[75] et Poissy et peut-ĂȘtre Dreux lui reviennent. La situation de la ville de Toulouse est incertaine ; il est possible qu'elle ait appartenu Ă  Gontran depuis 561[69]. Bien que richement dotĂ© en Aquitaine, ce dernier hĂ©rite d'une part moins importante dans l'ancienne rĂ©gion capitale : il n'obtient que le diocĂšse de Chartres auquel la place forte de ChĂąteaudun a Ă©tĂ© soustraite. Dans l'ouest, il n'obtient que la citĂ© de SĂ©es. Ce maigre lot peut s'expliquer par la compensation qu'il a reçue en accueillant ThĂ©odechilde, veuve de Caribert Ier, accompagnĂ©e des trĂ©sors de son dĂ©funt mari[77].

Les nouvelles frontiĂšres du royaume correspondent Ă  ce que Jonas de Bobbio, au VIIe siĂšcle, appelle la « Neustrie ou Neuster[79] Â»[80] (nouveau royaume de l'Ouest[81]), royaume qui se perpĂ©tuera au fil des partages du Regnum Francorum avec l'Austrasie et la Burgondie. La ville de Rouen ayant pu jouer un rĂŽle politique[82], il est possible que ChilpĂ©ric y ait installĂ© sa capitale, depuis la perte de Soissons. Par son extension, son royaume devient frontalier avec la Bretagne et le royaume wisigoth. Cependant, l'attribution des villes de Tours et Poitiers Ă  Sigebert Ier, empĂȘche le rattachement de ses possessions du nord avec celles du sud[83].

Le mariage avec Galswinthe (568)

L'encerclement des citĂ©s des provinces ecclĂ©siastiques de Bourges et d'Eauze d'un cĂŽtĂ© par les Wisigoths, de l'autre par l'Austrasie, alliĂ©s par le mariage, menace ChilpĂ©ric. Pour s'assurer de la neutralitĂ© du roi de TolĂšde, il dĂ©cide de se marier avec Galswinthe[83], sƓur aĂźnĂ©e de Brunehilde. Pour GrĂ©goire de Tours, la raison de ce mariage est que le prestigieux mariage de Sigebert Ier et de Brunehilde suscite des jalousies chez les autres rois francs[40] car les frĂšres du roi Sigebert « prenaient des femmes indignes d'eux et se dĂ©gradaient mĂȘme en Ă©pousant des servantes[84] Â».

Chilpéric Ier et le(s) messager(s). Grandes chroniques de France. XIVe-XVe siÚcle. BibliothÚque nationale de France.

La constitution du morgengabe

ChilpĂ©ric dĂ©cide alors d'Ă©pouser « une femme digne de lui et de souche royale[40] Â». En 568[85], une ambassade est envoyĂ©e en Hispanie wisigothique auprĂšs d’Athanagild, mais celui-ci, sous l'influence de la reine GoĂŻswinthe qui n'apprĂ©cie guĂšre les mƓurs du roi de Neustrie, et de sa fille elle-mĂȘme influencĂ©e par sa mĂšre, fait patienter les envoyĂ©s neustriens, leur faisant savoir qu'il se sent gĂȘnĂ©[78]. Finalement, Athanagild accĂšde Ă  la demande de ChilpĂ©ric. GrĂące Ă  la possession de terres en Aquitaine[86], les Wisigoths sĂ©curisent ainsi leur frontiĂšre septentrionale, et estime que la Neustrie fournirait son aide pour vaincre les rĂ©voltes basques dans les piĂ©monts PyrĂ©nĂ©ens. De plus, les Wisigoths sont en guerre contre les Byzantins, l’alliance des Wisigoths avec deux rois francs permet d’ouvrir un nouveau front contre Byzance si les Francs attaquent l’Italie.

AudovÚre répudiée par Albert Maignan.

NĂ©anmoins, pour que le mariage ait lieu, ChilpĂ©ric se voit contraint de rĂ©pudier son Ă©pouse de second rang AudovĂšre Ă  la demande des Wisigoths, car ceux-ci appliquaient le droit romain en matiĂšre de mariage[87]. AudovĂšre est peut-ĂȘtre relĂ©guĂ©e dans la villa royale de Vaudreuil[88] ou dans un monastĂšre du Mans[89].

Selon le Liber Historiae Francorum (en 727), AudovĂšre aurait tenu sa fille Childesinde sur les fonts baptismaux, devenant ainsi la marraine de sa propre fille et imposant la rupture immĂ©diate de son mariage[20]. Mais comme aucun document contemporain ne mentionne cette histoire, on peut mettre en doute son authenticitĂ©. La parentĂ© spirituelle ne devient contraignante vis-Ă -vis du mariage qu'Ă  partir du concile byzantin In Trullo de 692. L'Église de Rome ne l'adopte qu'Ă  partir du concile de Rome de 721. Cette anecdote ne serait qu'une invention de l'auteur, pour rĂ©pandre l'interdiction du droit canon, datant de peu avant l'Ă©criture de ce livre. Il ajoute que la fille porte le nom de Childesinde, nom wisigoth, au contraire de ses frĂšres et sƓur dont les noms sont d'origine franque[90].

Un morgengabe (« don du matin Â» biens mobiliers offert par le mari Ă  la mariĂ©e aprĂšs la nuit de noces en Ă©change du don de la virginitĂ©[91], l'union charnelle constitue le mariage dans les tribus germaniques, l'Ă©pouse se doit donc d'avoir conservĂ© sa puretĂ© afin d'assurer Ă  l'Ă©poux que les enfants Ă  naĂźtre sont les siens[92]) comprenant les citĂ©s de Bordeaux, Limoges, Cahors, BĂ©arn et Bigorre[86] doit en plus ĂȘtre versĂ© Ă  Galswinthe, venant s'ajouter aux biens mobiliers et immobiliers habituels. Cela correspond environ Ă  un tiers de la Neustrie, en plus d’ĂȘtre la portion du royaume la plus riche. Si ChilpĂ©ric venait Ă  mourir, Galswinthe pourrait retourner en Hispanie wisigothique avec son morgengabe et transmettre les villes Ă  son pĂšre Athanagild ou Ă  un Ă©ventuel nouvel Ă©poux. En cas de sĂ©paration, le roi de Neustrie perdrait tout[93].

Athanagild accorde alors Ă  Galswinthe une dot (cadeau du pĂšre de la mariĂ©e accordĂ© au mari[91]) en mĂ©tal prĂ©cieux[78], plus importante que celle concĂ©dĂ©e Ă  Brunehilde. Dans les mariages francs, le fiancĂ© fait un don au pĂšre de la fiancĂ©e (pretium nuptiale) afin d'obtenir l'autoritĂ© juridique et morale sur elle (mundium)[94]. L'Ă©pouse reçoit ensuite plusieurs dots : lors de la demande en mariage par le mari (ante nuptias) ; lors du mariage par son pĂšre (dot romaine). Le don important accordĂ© Ă  Galswinthe peut s'expliquer par l'union d'un morgengabe et d'une dot, Galswinthe ayant reçu des citĂ©s aquitaines « Tant Ă  titre de dot que de morgengabe[69] Â».

Apprenant qu'elle est obligĂ©e de se marier, elle va pleurer auprĂšs de sa mĂšre. N'ayant jamais quittĂ© le palais de TolĂšde, elle apprĂ©hende le moment des Ă©pousailles avec un roi Ă  la religion, au pays et aux coutumes diffĂ©rentes[95]. Les ambassadeurs francs sont contraints de rĂ©clamer la fille du roi de TolĂšde, qui ne veut pas quitter sa mĂšre, aprĂšs trois jours d'attente. GoĂŻswinthe doit obliger Galswinthe Ă  respecter le contrat de mariage et, rĂ©signĂ©e, elle est remise aux mains des envoyĂ©s[78]. ChilpĂ©ric profite de la venue de Galswinthe pour prendre possession symboliquement des territoires reçus par le partage du royaume de feu son demi-frĂšre. Galswinthe voyage de Narbonne Ă  travers les citĂ©s aquitaines oĂč elle est promenĂ©e, passant par Poitiers et par Tours, puis gagne Rouen par bateau[96]. Le cortĂšge nuptial remplace le « circuit royal Â», tour du royaume que les MĂ©rovingiens font pour se montrer Ă  leurs sujets aprĂšs leur accession au trĂŽne. ChilpĂ©ric obtient de Galswinthe sa conversion au catholicisme. Étant arienne, elle se doit d'abjurer les thĂšses d'Arius, de recevoir une chrismation et de participer Ă  un office catholique[25].

Les déboires conjugaux

Meurtre de la reine Galswinthe peint par Philastre Fils au XIXe siĂšcle. Soissons, musĂ©e municipal.

Plusieurs mois aprĂšs le mariage, Galswinthe n’est toujours pas enceinte. Si Galswinthe mourait sans enfants, Athanagild pourrait rĂ©clamer le morgengabe de Galswinthe[93]. ChilpĂ©ric trahit son engagement en frĂ©quentant ses anciennes concubines, notamment FrĂ©dĂ©gonde[40]. Galswinthe veut alors retourner en Hispanie, disant qu'elle ne peut supporter l'injure faite Ă  son honneur, rĂ©solue Ă  laisser sa dot Ă  ChilpĂ©ric. Il tente d’apaiser Galswinthe mais les tensions conjugales sont connues jusqu’en Hispanie. Athanagild meurt Ă  la fin de 568[97] sans hĂ©ritier ni frĂšre, garantissant Ă  ChilpĂ©ric que nulle vengeance ne s’exerce contre lui au sujet de ses problĂšmes conjugaux, ni que quelqu’un hĂ©rite du morgengabe[98]. De plus, la mort d'Athanagild ĂŽte au mariage tout intĂ©rĂȘt politique. Galswinthe est alors assassinĂ©e, Ă©tranglĂ©e dans son lit par un serviteur de ChilpĂ©ric[40]. ChilpĂ©ric tente de nier sa responsabilitĂ© des faits en pleurant le dĂ©cĂšs de Galswinthe, puis fait son deuil. Le deuil ne dure guĂšre, car aprĂšs quelques jours de veuvage, il Ă©pouse FrĂ©dĂ©gonde[40]. Ce meurtre aurait pu permettre Ă  LĂ©ovigild, frĂšre d'Athanagild et nouveau roi des Wisigoths, de rĂ©clamer le morgengabe, sinon il aurait pu exiger le paiement d'un wergeld « prix du sang Â» pour racheter le crime[99].

Le désastre diplomatique

Le roy Chilpéric, filz du roy Clotaire le premier. La royne Frédégonde, sa femme. Jean du Tillet, recueil des rois de France. BibliothÚque nationale de France.

L’épisode est soulignĂ© par le poĂšte Venance Fortunat qui compose depuis sa rĂ©sidence de Poitiers un Ă©loge funĂšbre de la dĂ©funte reine, long de trois cent soixante-dix vers, destinĂ© Ă  la reine GoĂŻswinthe, veuve d’Athanagild, qui se remarie avec LĂ©ovigild. Cette Ă©lĂ©gie a souvent Ă©tĂ© cĂ©lĂ©brĂ©e comme le plus grand texte littĂ©raire de l’époque mĂ©rovingienne. L’Ɠuvre a probablement Ă©tĂ© commandĂ©e par Sigebert Ier, qui pouvait rĂ©clamer un wergeld pour le meurtre de sa belle-sƓur et dĂ©clencher une faide (vengeance obligatoire d'aprĂšs la coutume des Germains[100]) si ChilpĂ©ric refusait de payer, et par des Grands d'Austrasie, tels que le comte Gogon ou le duc Loup avec qui Venance Fortunat entretient des contacts au dĂ©but des annĂ©es 570[note 13], comme le laissent supposer les premiers vers du poĂšme : « TolĂšde t’a envoyĂ© deux tours, ĂŽ Gaule : si la premiĂšre est debout, la seconde gĂźt Ă  terre, brisĂ©e. Elle se dressait sur les collines, splendide sur une belle cime, et des vents hostiles l’ont mise Ă  bas et dĂ©truite[101] Â».

Le poĂšme aborde la douleur de l’enfantement, celle de perdre une fille qui se marie Ă  l’étranger[102] et la mort de l’enfant aimĂ© « Le malheur fond sur elle, atteinte d’un coup foudroyant, elle dĂ©faille, son regard chavire, elle s’éteint. Â»[103]. Le cortĂšge nuptial et la noce deviennent de tristes Ă©vĂšnements oĂč Cupidon vole au-dessus des Ă©poux, armĂ© de flĂšches glacĂ©es[104]. Fortunat dĂ©crit la princesse comme gĂ©nĂ©reuse avec les pauvres et aimĂ©e de tous, elle aurait reçu l’amitiĂ© de Radegonde[105] et les guerriers francs lui auraient jurĂ© serment de fidĂ©litĂ© sur leurs armes[106]. Le poĂšme insinue qu’il y a eu meurtre, en expliquant que la mort de Galswinthe met en pleurs la cour tout entiĂšre, sauf le mari et que la nourrice de Galswinthe se pose la question de savoir comment repartir en Hispanie pour en informer GoĂŻswinthe, laissant penser que la nourrice est prisonniĂšre.

L’enterrement de la reine se dĂ©roule au milieu des gĂ©missements et un miracle intervient, tĂ©moignage de la prĂ©sence divine. Une lampe suspendue au-dessus du tombeau serait tombĂ©e sans se briser[107]. GrĂ©goire de Tours ajoute dans son quatriĂšme livre d'histoires, des annĂ©es plus tard, que le luminaire s’enfonce dans le dallage comme dans de la cire[40]. La douleur de Brunehilde est ensuite dĂ©crite :

« Partout oĂč elle passe, elle frappe les astres de ses plaintes. Souvent, elle crie ton nom, Galswinthe, toi sa sƓur. Les sources, les forĂȘts, les fleuves, les champs le rĂ©pĂštent. Tu te tais, Galswinthe ? RĂ©ponds Ă  ta sƓur comme lui rĂ©pondent les objets muets : les pierres, les monts, les bois, les eaux, le ciel ! Â»

Le poĂšme dĂ©crit une Brunehilde culpabilisĂ©e d’avoir aidĂ© Ă  attirer sa sƓur en Gaule alors qu’en rĂ©alitĂ©, le mariage Ă©tait nuisible aux intĂ©rĂȘts austrasiens[108]. En s’adressant Ă  GoĂŻswinthe par ces mots « Vous aussi, sa mĂšre, par la grĂące du Dieu tonnant, vous avez une consolation dans votre fille, votre gendre, votre petite-fille, votre petit-fils et votre mari. Â»[109], le poĂšme sous-entend que, Galswinthe s’étant convertie au catholicisme, l’union de l’Austrasie et du royaume wisigoth permettrait de venger le meurtre[110].

La guerre civile (568-575)

Le conflit territorial autour du morgengabe

La mort de Galswinthe rend possible la rĂ©cupĂ©ration des terres d'Aquitaine appartenant Ă  ChilpĂ©ric par LĂ©ovigild, mais aussi par Sigebert Ier, mari de la sƓur de la victime, qui demande Ă  Gontran de l'aider. Pour trouver un accord Ă  l'amiable, ils mettent en place un tribunal oĂč Gontran, l'aĂźnĂ©, tient le rĂŽle de juge. Des aristocrates austrasiens et burgondes sont nommĂ©s assesseurs[69]. Sigebert Ier dĂ©pose plainte au nom de Brunehilde. Gontran condamne ChilpĂ©ric et ordonne qu'il soit dĂ©trĂŽnĂ©[40], rendant possible une guerre contre la Neustrie. Il est dĂ©cidĂ©, selon le droit barbare, que le morgengabe de Galswinthe aille Ă  Brunehilde, permettant Ă  Sigebert de rĂ©cupĂ©rer les territoires au nom de sa femme, et de les transmettre par hĂ©ritage Ă  son fils Childebert, qui vient de naĂźtre[111]. Les demi-frĂšres de ChilpĂ©ric ne veulent donc pas le dĂ©trĂŽner mais le chasser des territoires aquitains[112].

En 572, afin de rĂ©cupĂ©rer les citĂ©s de Tours et Poitiers, qui lui permettent d'assurer la continuitĂ© de son royaume entre ses possessions aquitaines et celles du nord de la Loire, ChilpĂ©ric envoie le prince Clovis s'emparer de ces deux villes. À Tours, il bĂ©nĂ©ficie du soutien du comte Leudaste, d'une partie de la population et du clergĂ©[note 14]. L'armĂ©e de Sigebert, combinĂ©e avec des troupes de Gontran commandĂ©es par le patrice Mummol[113], attaque l'Aquitaine et conquiert Limoges et le Quercy. Clovis reprend Ă©galement Tours et Poitiers et domine la citĂ© de Bordeaux mais en est chassĂ© par une rĂ©volte fomentĂ©e par Sigebert Ier et le duc Sigulf[114]. Clovis prend la fuite au son des cors et trompettes comme lors d’une chasse au cerf[18]. Il se rĂ©fugie chez son pĂšre et le comte Leudaste, qui s'est Ă©galement enfui, est remplacĂ© par le comte Justinus[115]. Bordeaux, faisant partie du morgengabe, se retrouve donc en possession de la reine d'Austrasie.

Gontran, voyant l'Ă©quilibre du regnum francorum remis en cause, convoque un concile qui se rĂ©unit Ă  Paris le 11 septembre 573[116], pour laisser l'Église trouver une solution au problĂšme de la guerre entre les rois francs[18]. D'aprĂšs les actes royaux, le concile ne rĂ©unit que les Ă©vĂȘques de Burgondie et est prĂ©sidĂ© par Sapaudus d'Arles, qui a trahi Sigebert durant l'expĂ©dition austrasienne en Provence. Les prĂ©lats dĂ©clarent tout de mĂȘme avoir reçu la permission de Sigebert pour se rĂ©unir Ă  Paris qui reste une ville indivise[note 15]. Durant le concile, l’évĂȘque Promotus qui a Ă©tĂ© nommĂ© par Sigebert au siĂšge de ChĂąteaudun, qui fait partie du diocĂšse de Chartres dont l’évĂȘque est sujet du roi Gontran, est dĂ©posĂ© aprĂšs avoir Ă©tĂ© accusĂ© d’usurpation. Le concile reproche Ă  Egidius de Reims, qui a Ă©tĂ© nommĂ© par Sigebert, son ordination illĂ©gale. GrĂ©goire de Tours, qui a lui aussi Ă©tĂ© nommĂ© par Sigebert au mĂ©pris du droit canon, garde de la rancune contre Sapaudus d’Arles. Finalement, le concile dĂ©bouche sur une proposition de paix mais elle n'est pas mise en application[117].

ChilpĂ©ric envoie ThĂ©odebert rĂ©cupĂ©rer les citĂ©s d’Aquitaine perdues, notamment Tours et Poitiers : la mission est menĂ©e Ă  bien. L’armĂ©e austrasienne dirigĂ©e par le duc Gondovald tente de reprendre les citĂ©s mais est battue. L’armĂ©e neustrienne progresse vers le sud pour occuper les villes de Limoges et le Quercy qui sont ravagĂ©s. Les clercs et les structures chrĂ©tiennes rĂ©gionales ne sont pas Ă©pargnĂ©s[118], de façon Ă  ne rien laisser aux Austrasiens qui risquent d’en reprendre le contrĂŽle[119]. Sigebert fait alors venir, en 574, des troupes paĂŻennes venues d’outre-Rhin qu’il lance contre l’armĂ©e neustrienne qui est dĂ©faite. Cependant, le royaume burgonde affronte les Lombards sur sa frontiĂšre orientale. Ainsi, Gontran ne possĂšde plus assez de moyens pour attaquer la Neustrie. Le roi de Burgondie, qui craint une Austrasie trop forte, passe un accord de dĂ©fense mutuelle avec ChilpĂ©ric, garantissant que les Austrasiens n’aient pas de droit de passage sur ses terres[120] mĂȘme s’il ne peut guĂšre dĂ©fendre la Neustrie en cas d’attaque. Le pacte est annulĂ© sous la pression de Sigebert qui menace la Burgondie d’attaque. Gontran recule et adopte alors une neutralitĂ© politique. Le roi de Neustrie prĂ©fĂšre nĂ©gocier et un traitĂ©, datant de 574, stipule qu’il rend les citĂ©s d’Aquitaine. Ainsi s’installe une paix de compromis[121] oĂč ChilpĂ©ric sauve sa vie, Gontran ne perd rien et Sigebert rĂ©cupĂšre les terres de sa dĂ©funte belle-sƓur.

La débùcle

SiĂšge de Tournai (575). Guillaume CrĂ©tin, Chroniques françaises, XVIe siĂšcle (aprĂšs 1515). Rouen, France.

En 575, ChilpĂ©ric renoue une alliance avec Gontran, puis mĂšne une attaque jusqu’à Reims. Sigebert contre-attaque et Gontran annule son serment envers ChilpĂ©ric. Des troupes austrasiennes attaquent le sud de la Neustrie tandis que Sigebert dirige ses troupes vers l’est de Paris. Les ducs GodegisĂšle et Gontran Boson attaquent Paris oĂč les troupes neustriennes, commandĂ©es par ThĂ©odebert, sont peu nombreuses. Le prince tente de rĂ©sister Ă  l’assaut mais est battu par Gontran Boson et tuĂ© dans la bataille[122]. Sigebert accorde des funĂ©railles au jeune prince[123].

Son fils mort, Gontran l’ayant abandonnĂ©, ses frontiĂšres mĂ©ridionales enfoncĂ©es, le roi se replie pour s’enfermer dans Tournai. Sigebert en profite pour prendre Paris. Germain, Ă©vĂȘque de Paris, le futur saint Germain, Ă©crit Ă  Brunehilde, pour lui signifier qu’il a entendu une rumeur selon laquelle elle serait l’instigatrice de la guerre et lui signifie que la mise Ă  sac de la ville l'empĂȘcherait de se redresser. Le butin amassĂ© lors du pillage rapporterait moins que les rentrĂ©es fiscales d’une ville annexĂ©e. Il ajoute dans sa lettre que la rĂ©gion se rĂ©jouirait de l’accueillir si elle peut y trouver son salut plutĂŽt que son anĂ©antissement[124]. Ainsi, Sigebert voulut « abandonner la ville aux troupes ; mais son entourage lui interdit de le faire[125] Â». Les autres citĂ©s neustriennes se rallient alors Ă  l’Austrasie et les aristocrates de Neustrie trahissent ChilpĂ©ric pour se soumettre Ă  Sigebert, espĂ©rant sauver leur vie et leur fortune. Ils reconnaissent Sigebert Ier comme roi de Neustrie, seule la ville de Rouen refuse la reddition. Sigebert dĂ©cide de se dĂ©barrasser de ChilpĂ©ric en mettant le siĂšge autour de Tournai. Le dĂ©sĂ©quilibre des forces donne la victoire Ă  Sigebert.

Durant le siĂšge, en automne 575, FrĂ©dĂ©gonde accouche d’un garçon, qui est immĂ©diatement baptisĂ© sur ordre du roi au lieu d’attendre NoĂ«l, premiĂšre date canonique pour cette cĂ©rĂ©monie. Il demande Ă  l’évĂȘque de Tournai de parrainer l’enfant : en cas de prise de la ville, l’évĂȘque se devrait de protĂ©ger l’enfant qui est nommĂ© Samson[126]. Ce nom est choisit en rĂ©fĂ©rence Ă  Samson dans la Bible : le nom peut faire allusion Ă  la longue chevelure des rois francs. Mais aussi, si la mort de ChilpĂ©ric survient, l'enfant pourrait ĂȘtre tonsurĂ© et envoyĂ© dans un monastĂšre[note 16], et en sortir si sa chevelure repousse[127].

Une victoire inespérée

Assassinat de Sigebert Ier. Roman de Renart le contrefait. XIVe siĂšcle (aprĂšs 1314). France, Nord.

À Vitry-en-Artois, l’armĂ©e de ChilpĂ©ric ainsi que les Grands de Neustrie, qui n'ont pas hĂ©sitĂ© Ă  l'abandonner, reconnaissent Sigebert comme roi des Francs de l’ancien royaume de Childebert Ier en l'Ă©levant sur le pavois. Mais Sigebert est ensuite assassinĂ©, poignardĂ© par des esclaves de FrĂ©dĂ©gonde Ă  coup de scramasaxe, aprĂšs qu'ils lui eurent demandĂ© audience sous sa tente. Cherchant Ă  s’enfuir, les deux assassins meurent, bien qu'ils rĂ©ussissent Ă  tuer CharĂ©sille et Ă  blesser Sigila, tous deux chambellans du roi d'Austrasie.

Les aristocrates neustriens refont aussitĂŽt allĂ©geance au roi et pour prouver leur fidĂ©litĂ©, ils livrent des Grands austrasiens qui sont condamnĂ©s Ă  mort. ChilpĂ©ric sort de Tournai, fait ensevelir Sigebert Ă  Lambres, puis le transfĂšre Ă  l’abbaye Saint-MĂ©dard de Soissons, pour y ĂȘtre enterrĂ© auprĂšs de Clotaire Ier.

Il se rend Ă  Paris oĂč la reine Brunehilde et ses filles se sont Ă©tablies. Elles sont capturĂ©es : Brunehilde est envoyĂ©e Ă  Rouen et remise Ă  l'Ă©vĂȘque PrĂ©textat, ses filles sont envoyĂ©es Ă  Meaux. Cependant, le prince Childebert, fils de Sigebert Ier, est absent, le duc Gondovald l'ayant ramenĂ© en Austrasie[128] oĂč il est Ă©levĂ© sur le trĂŽne le jour de NoĂ«l 575, Ă  l'Ăąge de cinq ans[129]. Pour l'aristocratie austrasienne, il est capital que le prince ne tombe pas entre les mains d'un autre mĂ©rovingien qui l'aurait tuĂ© ou envoyĂ© dans un monastĂšre : le partage du royaume entre les autres rois mĂ©rovingiens voulu par la loi salique les aurait empĂȘchĂ©s de diriger l'État pendant la minoritĂ© de Childebert, mais aussi, aurait rendu caduque l'autonomie de leur rĂ©gion. Le duc de Champagne Loup et le comte Gogon prennent le contrĂŽle de l'État, celui-ci se faisant attribuer le titre de nourricier du roi pour lĂ©gitimer son pouvoir. Mais, cette prise de pouvoir qui affiche une politique pro-burgonde engendre des mĂ©contents qui vont se vendre en Neustrie comme Godin, gĂ©nĂ©ral de Sigebert Ier, oĂč Siggo, rĂ©fĂ©rendaire d'Austrasie qui devient rĂ©fĂ©rendaire de Neustrie. Ils reçoivent Ă©galement des terres autour de Soissons que ChilpĂ©ric a rĂ©investie comme capitale[130].

La révolte de Mérovée

Le mariage avec Brunehilde

Au printemps 576, ChilpĂ©ric veut rĂ©cupĂ©rer les territoires qu'il a perdus lors de la guerre civile et il envoie le comte RoccolĂšne conquĂ©rir Tours, oĂč rĂ©side le duc Gontran Boson, meurtrier de son fils ThĂ©odebert. Le duc se rĂ©fugie avec sa famille dans la basilique Saint-Martin de Tours. ChilpĂ©ric profite de sa domination de Tours pour replacer Leudaste qui avait Ă©tĂ© dĂ©mis par Sigebert, Ă  la tĂȘte du comtĂ©. Le comte Leudaste et l'Ă©vĂȘque GrĂ©goire, qui ont Ă©tĂ© placĂ©s lĂ  par Sigebert Ier et Brunehilde, ne s'entendent guĂšre[131].

MĂ©rovĂ©e, le fils de ChilpĂ©ric, est envoyĂ© Ă  Poitiers mais se dirige sur Tours oĂč il passe les fĂȘtes de PĂąques. Il se dĂ©place ensuite Ă  Rouen pour rencontrer sa mĂšre, la reine AudovĂšre. Il y Ă©pouse sa tante Brunehilde avec la bĂ©nĂ©diction de l'Ă©vĂȘque PrĂ©textat. La reine FrĂ©dĂ©gonde ayant donnĂ© un fils au roi de Soissons, MĂ©rovĂ©e peut tenter de se donner une lĂ©gitimitĂ© pour hĂ©riter du trĂŽne d'Austrasie et se protĂ©ger de sa belle-mĂšre FrĂ©dĂ©gonde, qui peut favoriser son fils Samson sur le trĂŽne neustrien. Cependant, Brunehilde Ă©tant la tante par alliance de MĂ©rovĂ©e, le droit canon stipule que ce mariage est de type incestueux. Par sa bĂ©nĂ©diction, l'Ă©vĂȘque PrĂ©textat bafoue le droit matrimonial et des soupçons d'usurpation planent sur lui[132]. Quant Ă  Brunehilde, elle consent Ă  ce mariage plutĂŽt que d'ĂȘtre Ă©vincĂ©e de son pouvoir de reine et envoyĂ©e dans un monastĂšre[133].

Chilpéric et Frédégonde à cheval. Grandes chroniques de France, 1375-1379. Bibliotheque Municipale de Castres.

Le roi se rend alors Ă  Rouen oĂč le couple s'est rĂ©fugiĂ©, pour demander droit d'asile, dans une Ă©glise en bois dĂ©diĂ©e Ă  saint Martin, situĂ©e en haut des murailles. ArrivĂ© sur les lieux, ChilpĂ©ric jure de ne pas sĂ©parer MĂ©rovĂ©e et Brunehilde et de leur offrir les gestes de la paix : un baiser Ă©changĂ© et un repas partagĂ©. Le roi quitte ensuite Rouen avec MĂ©rovĂ©e, trahissant sa promesse, laissant seule Brunehilde[134].

Retournant dans ses États, il s'aperçoit que des Champenois, peut-ĂȘtre dirigĂ©s par le duc Loup, ont attaquĂ© Soissons. La famille royale neustrienne a dĂ» Ă©vacuer Soissons en hĂąte, qui est reprise[130]. Le duc Loup, proche de Brunehilde, a pu recevoir des ordres depuis Rouen et le roi devient alors soupçonneux. Ainsi, MĂ©rovĂ©e est dĂ©possĂ©dĂ© de ses armes, lui faisant perdre son rang d'homme libre et tout droit de succession. Le prince Clovis a pour tĂąche de reconquĂ©rir avec une armĂ©e les anciennes possessions neustriennes au sud de la Loire[135].

ChilpĂ©ric s'entoure de nouvelle personnalitĂ© dont Rauching, qui est peut-ĂȘtre un fils non reconnu de Clotaire Ier, et qu'il fait duc de Soissons[130]. FrĂ©dĂ©gonde devient conseillĂšre.

L'Ă©vasion du prince et le concile de Paris (577)

Concile de Paris (577). Guillaume Crétin, Chroniques françaises, XVIe siÚcle (aprÚs 1515). France, Rouen.

À l'Ă©tĂ© ou l'automne 576, MĂ©rovĂ©e est tonsurĂ©, ordonnĂ© prĂȘtre et enfermĂ© dans le monastĂšre Saint-Calais, prĂšs du Mans[136]. Brunehilde, ses filles et leur trĂ©sor sont renvoyĂ©s en Austrasie. Elles laissent toutefois une partie du trĂ©sor, composĂ© de cinq paquets d'or, de bijoux et de tissus prĂ©cieux que la reine revient chercher dans les mois suivants, grĂące Ă  des groupes de serviteurs[137]. MĂ©rovĂ©e s'Ă©vade de son monastĂšre, avec l'aide de compagnons, pour rejoindre Gontran Boson Ă  Saint-Martin de Tours. Peut-ĂȘtre qu'il souhaite plutĂŽt rejoindre GrĂ©goire de Tours qui a la possibilitĂ© de lui porter secours, bien que l'Ă©vĂȘque refuse d'admettre tout compromis avec un rebelle afin de garantir sa fidĂ©litĂ© Ă  ChilpĂ©ric[138]. MĂ©rovĂ©e passe des jours dans la basilique en priĂšres et en mĂ©disance envers son pĂšre en compagnie de l'Ă©vĂȘque GrĂ©goire, pendant que ses compagnons sortent pour dĂ©trousser les fidĂšles du roi dont la principale victime est le comte Leudaste, dont le domaine est mĂ©thodiquement pillĂ©. La chevelure du prince repousse et Leudaste rĂ©ussit Ă  Ă©radiquer les pillards. Une rumeur circule disant que FrĂ©dĂ©gonde est prĂȘte Ă  pardonner Ă  Gontran Boson s'il fait sortir MĂ©rovĂ©e de la basilique Saint-Martin.

MĂ©rovĂ©e, accompagnĂ© de Gontran Boson et de cinq cents hommes, tente de rejoindre Brunehilde par le territoire burgonde. Le duc Herpo, Ă  Auxerre, l'arrĂȘte mais il rĂ©ussit Ă  s'enfuir alors que ChilpĂ©ric demande son extradition. ArrivĂ© en Austrasie, MĂ©rovĂ©e est rejetĂ©, soit par Brunehilde, qui le considĂšre gĂȘnant, soit par les Grands qui ne souhaitent pas d'ennuis avec le royaume de Soissons ou qui ne veulent pas lui laisser la possibilitĂ© de revendiquer le trĂŽne[139]. Le prince se rĂ©fugie dans les environs de Reims grĂące au soutien du duc Loup.

Le royaume des Francs en 577.png

D'anciens officiers de Sigebert Ier se rallient Ă  la cause de MĂ©rovĂ©e, comme le comte du palais Cuicilo. Pour Ă©viter de se faire renverser un jour par son fils, ChilpĂ©ric se dĂ©barrasse de ses partisans. Un concile judiciaire se rĂ©unit Ă  Paris en 577 pour juger l'Ă©vĂȘque PrĂ©textat. Quarante-cinq Ă©vĂȘques y assistent, ce qui laisse penser que le royaume de Soissons englobe les citĂ©s de Meaux, Poitiers, Tours, Senlis, Soissons, Laon, Clermont, Velay, Javols et Rodez[140]. Celui-ci est accusĂ© d'avoir autorisĂ© une union incestueuse, d'avoir soutenu un usurpateur et d'avoir utilisĂ© une partie du trĂ©sor de Brunehilde pour corrompre les fidĂšles du roi. Afin d'obtenir son pardon, PrĂ©textat plaide coupable mais est envoyĂ© en prison, puis exilĂ© dans l'Ăźle de Jersey. Il est remplacĂ© par l'Ă©vĂȘque Melaine[141]. SuspectĂ© de complaisance avec MĂ©rovĂ©e, GrĂ©goire de Tours est accusĂ© de fĂ©lonie. GrĂ©goire nie l'accusation puis partage un repas avec le roi en guise de rĂ©conciliation[142].

Un dénouement tragique

Une armĂ©e est envoyĂ©e en Champagne avec pour mission de capturer MĂ©rovĂ©e mais l'expĂ©dition se solde par un Ă©chec. MĂ©rovĂ©e ayant des sympathisants dans le royaume de Soissons, en fin de l'annĂ©e 577, des messagers annoncent au prince que la ville de ThĂ©rouanne s'est ralliĂ©e Ă  lui. Il rĂ©unit alors une troupe et part rejoindre la ville. ArrivĂ© sur place, des hommes du roi l'attendent. Pris au piĂšge, craignant d'ĂȘtre capturĂ© et de subir le chĂątiment des usurpateurs, le prince demande Ă  GaĂŻlen, un de ses compagnons, de lui faire grĂące au nom de l'amitiĂ©, des tourments qu'il pourrait subir, et qu'il lui porte un coup fatal Ă  l'aide de son couteau[137].

Ce suicide paraĂźt peu probable, oĂč au VIe siĂšcle, cette pratique tend Ă  se rĂ©duire du fait de son interdiction par l'Église catholique, bien que la littĂ©rature antique Ă©voque nombre de scĂšnes similaires, oĂč des personnes de haut rang sont acculĂ©s Ă  la mort Ă  cause d'un tyran[note 17]. GrĂ©goire de Tours note que le suicide de MĂ©rovĂ©e est peut-ĂȘtre un mensonge d'État, que sa mort aurait Ă©tĂ© commanditĂ©e par FrĂ©dĂ©gonde[137].

Une fois arrivĂ© sur les lieux, ChilpĂ©ric ne peut que constater la mort de son fils. Il fait alors chĂątier ses compagnons : GaĂŻlen a les mains, les pieds, les oreilles et le dessus des narines coupĂ© avant d'ĂȘtre mis Ă  mort. Un dĂ©nommĂ© Grindion est rouĂ©, Cuicilo est dĂ©capitĂ©. Les autres compagnons sont Ă©galement massacrĂ©s. Gontran Boson, qui n'a pas pris part Ă  la marche sur ThĂ©rouanne, garde la vie sauve. Il est ensuite suspectĂ©, ainsi que l'Ă©vĂȘque Egidius, d'ĂȘtre Ă  l'origine de la trahison de MĂ©rovĂ©e[137].

Le duc Gontran Boson vient chercher ses filles Ă  l’abri dans la basilique Saint-Martin. Mais alors qu’il est pourchassĂ© par l’armĂ©e neustrienne, il se rĂ©fugie Ă  Poitiers, ville restĂ©e fidĂšle Ă  l’Austrasie. ChilpĂ©ric fait assiĂ©ger et capturer la ville. Le duc laisse ses filles dans la basilique Saint-Hilaire, qui bĂ©nĂ©ficient ainsi d’un droit d’asile, et rejoint la cour de Childebert II[143].

Le renforcement du royaume

Le maintien de l'autorité royale

Les annĂ©es suivantes, ChilpĂ©ric lĂšve une armĂ©e dans les citĂ©s au sud de la Loire pour attaquer les Bretons[144]. Il perçoit Ă©galement de lourds impĂŽts[145] dans les citĂ©s aquitaines qui n’en payent plus avec les changements constants de souverainetĂ©. Il profite de ces richesses pour faire fabriquer un missorium (grand disque de mĂ©tal) en or incrustĂ© de pierres prĂ©cieuses et pesant 50 livres[146], ce qui lui permet d’afficher sa puissance auprĂšs d’ambassades Ă©trangĂšres. C'est Ă  cette Ă©poque, en 577, deux ans aprĂšs sa naissance, que son fils Samson meurt de maladie[147].

ChilpĂ©ric doit en outre mater une aristocratie qui a tendance Ă  se rĂ©volter, face Ă  la prĂ©caritĂ© d’existence de la dynastie neustrienne. Il ordonne que l’on coupe les mains et les pieds Ă  plusieurs personnes coupables de crime de lĂšse-majestĂ© Ă  titre d’exemple. Les coupables sont ensuite exposĂ©s aux carrefours des grandes routes[note 18], la loi salique interdisant qu’on les achĂšve[148].

En 580, GrĂ©goire de Tours, avait Ă©tĂ© nommĂ© Ă  l'Ă©vĂȘchĂ© de Tours par Sigebert Ier et Brunehilde, au mĂ©pris des clercs locaux qui se voyaient privĂ©s de promotion par un Auvergnat se prĂ©tendant ĂȘtre un vĂ©ritable Tourangeau et l'hĂ©ritier d'hommes qui avaient veillĂ© le tombeau de saint Martin depuis deux siĂšcles. Cette attitude lui a valu l'animositĂ© des clercs locaux, ce qui l'a obligĂ© Ă  rester fidĂšle Ă  l'Austrasie pour se maintenir dans son diocĂšse[149].

Il devient l’ami du grand officier palatin Ansoald, proche de FrĂ©dĂ©gonde, auprĂšs de qui il obtient la destitution de son ennemi personnel, le comte de Tours Leudaste[150], dont les serviteurs du prince MĂ©rovĂ©e ont pillĂ© les domaines peut-ĂȘtre selon les conseils de l'Ă©vĂȘque[138]. Le comte est remplacĂ© par Eunomius. Leudaste se rend alors auprĂšs du roi pour expliquer que l’évĂȘque de Tours veut livrer la ville Ă  l’Austrasie et qu’il propage une rumeur selon laquelle la reine FrĂ©dĂ©gonde aurait commis un adultĂšre avec l’évĂȘque Bertrand de Bordeaux[151], lointain parent de ChilpĂ©ric[152]. Par peur que le doute n’atteigne la lĂ©gitimitĂ© de ses fils, ChilpĂ©ric ordonne une enquĂȘte sur l’origine de la rumeur. Des clercs du diocĂšse de Tours en profitent pour dĂ©stabiliser leur Ă©vĂȘque et celui de Nantes, FĂ©lix, rĂšgle des comptes avec GrĂ©goire[153]. Pour juger l’évĂȘque, ChilpĂ©ric convoque un concile qui a lieu dans le palais royal de Berny (villa Brennacum), au mois de septembre[154]. L’évĂȘque Bertrand de Bordeaux est attitrĂ© comme accusateur. L’évĂȘque GrĂ©goire cherche des soutiens auprĂšs de la princesse Rigonde, ainsi que de grands officiers palatins, tel que le chambrier Eberulf[155] et peut-ĂȘtre auprĂšs du rĂ©fĂ©rendaire Faramod[note 19].

Le concile de Berny (580)

Le jour du procĂšs, GrĂ©goire vient en compagnie du poĂšte Venance Fortunat, qui se met au service de ChilpĂ©ric, en Ă©change d'un pardon accordĂ© Ă  l'Ă©vĂȘque. Un Ă©loge panĂ©gyrique cĂ©lĂ©brant le roi[27] est rĂ©citĂ© devant le concile, rendant ChilpĂ©ric fils prĂ©fĂ©rĂ© de Clotaire Ier[156]. Ce panĂ©gyrique retranscrit l’assassinat de Sigebert Ier comme un chĂątiment divin frappant celui qui a attaquĂ© un bon roi, et la mort de son fils MĂ©rovĂ©e, « rebelle en arme[157] Â», est interprĂ©tĂ©e comme une prĂ©vention contre la guerre civile. ChilpĂ©ric possĂšde quelques connaissances concernant la TrinitĂ© dont il aurait rĂ©digĂ© un traitĂ©. MĂȘme si GrĂ©goire de Tours dit le traitĂ© absurde, le poĂšme ajoute donc que le roi excelle dans toutes ses Ɠuvres et est considĂ©rĂ© comme un thĂ©ologien des temps modernes. De plus, le souverain s’est tentĂ© Ă  l’écriture d'hymnes dĂ©diĂ©s Ă  saint MĂ©dard, que l’évĂȘque juge mĂ©diocres[158]. Le poĂšte rend alors hommage Ă  la qualitĂ© de ses piĂšces. La suite fait l’éloge de la reine : fidĂšle, gĂ©nĂ©reuse, prudente, bonne administratrice. La reine Radegonde est citĂ©e comme tĂ©moin de sa probitĂ©, les « mƓurs de la reine Ă©tant les parures du royaume[159] Â». Le poĂšte recommande enfin au roi : « Domptez les mĂ©chants, protĂ©gez avec amour ceux qui vous sont fidĂšles, soyez aussi pour les catholiques la tĂȘte de la religion[160] Â».

GrĂ©goire de Tours est finalement innocentĂ© en Ă©change d’un serment purgatoire, le comte Leudaste est accusĂ© de calomnie envers l’évĂȘque. Il est alors destituĂ© et est contraint de fuir le royaume.

Selon GrĂ©goire de Tours, Ă  la suite du jugement, la Gaule est ravagĂ©e par des cataclysmes : un tremblement de terre dĂ©vaste Bordeaux, des pluies diluviennes font dĂ©border la Loire, un incendie se propage Ă  OrlĂ©ans et la grĂȘle ruine Bourges[161] mais l’Austrasie est miraculeusement Ă©pargnĂ©e par les cataclysmes.

L'Ă©limination des enfants d'AudovĂšre

Mort de Clodebert Ă  Soissons par Albert Maignan. Vieilles Histoires de La Patrie, 1887.

Une Ă©pidĂ©mie de dysenterie dĂ©vaste les Gaules. À Paris, elle atteint les jeunes princes Chlodobert et Dagobert. Afin d'obtenir leur guĂ©rison, la reine brĂ»le des registres d'impĂŽts qui font polĂ©mique. Mais Dagobert est emportĂ© par la maladie et est enseveli dans la basilique Saint-Denis. Chlodobert est emmenĂ© Ă  Soissons, dans la basilique Saint-MĂ©dard oĂč des priĂšres sont adressĂ©es au saint mais l’enfant royal n'est pas sauvĂ©. Il est enseveli dans la basilique des saints CrĂ©pin et CrĂ©pinien de Soissons[162],[163].

Clovis, le dernier fils d’AudovĂšre, se vantant d’ĂȘtre l’unique hĂ©ritier du trĂŽne, insulte FrĂ©dĂ©gonde et lui fait comprendre qu’elle aurait Ă  subir sa vengeance, une fois montĂ© sur le trĂŽne. FrĂ©dĂ©gonde est alors persuadĂ©e que la mort de ses fils est due Ă  un malĂ©fice que Clovis a commanditĂ© Ă  la mĂšre d’une de ses servantes dont il est tombĂ© amoureux. La servante est battue et ses cheveux coupĂ©s, suspendus Ă  un pieu devant le logis du prince. La mĂšre de la servante est torturĂ©e, et contrainte de confirmer les soupçons qui pĂšsent sur elle. La reine accuse alors Clovis de haute trahison auprĂšs du roi. Clovis est alors arrĂȘtĂ© et dĂ©sarmĂ© lors d’une partie de chasse. Il est conduit garrottĂ© auprĂšs de la reine et on tente de lui faire avouer le complot ainsi que ses supposĂ©s complices, ce qu’il rĂ©fute. Trois jours aprĂšs, la reine le fait conduire dans une maison appelĂ©e Nogent de l’autre cĂŽtĂ© de la Marne oĂč il est poignardĂ© et enterrĂ©[154]. Des messagers annoncent au roi que le prince s’est suicidĂ©.

Ce n'est que bien plus tard, aprÚs la mort de Chilpéric, que Clovis et son frÚre Mérovée reçoivent une sépulture. Gontran a fait rechercher le corps de Clovis qui a été jeté dans la Marne, aprÚs avoir retrouvé le corps de Mérovée. Il finit par découvrir une dépouille aux cheveux longs, présentée comme étant celle de Clovis. Leurs corps sont transportés dans l'église Saint-Vincent de Paris[164].

FrĂ©dĂ©gonde fait alors assassiner la mĂšre de Clovis, AudovĂšre. Basine, derniĂšre fille d’AudovĂšre, est quant Ă  elle violĂ©e par les serviteurs de la reine, rendant la princesse inapte au mariage, puis elle est cloĂźtrĂ©e au monastĂšre Sainte-Croix de Poitiers auprĂšs de Radegonde et des filles de Caribert Ier[165].

Ces crimes l'empĂȘchant dĂ©sormais de nouer des relations diplomatiques faute de filles Ă  marier, le roi regrette de les avoir tolĂ©rĂ©s. Venance Fortunat offre alors Ă  la cour deux poĂšmes considĂ©rĂ©s comme Ă©pitaphes, en mĂ©moire des deux princes[166]. Afin d’ĂȘtre dĂ©finitivement pardonnĂ©, GrĂ©goire de Tours accrĂ©dite la thĂšse du meurtre, mĂȘme si cela n’apparaĂźt pas dans ses histoires rĂ©digĂ©es des annĂ©es plus tard : une lettre de consolation rĂ©digĂ©e par Venance Fortunat est envoyĂ©e au couple royal insinuant que Clovis est l'instigateur des meurtres « Abel, le premier, succomba frappĂ© d’une blessure lamentable et la houe dĂ©chire les membres d’un frĂšre[167]. Â». Il dĂ©crit les deux enfants arrivĂ©s au paradis habillĂ©s d’une « chlamyde palmĂ©e tissĂ©e d’or Ă©clatant et leur front porte un diadĂšme aux pierres prĂ©cieuses diverses[168] Â», tenue reprĂ©sentant les souverains mais aussi les martyrs glorifiĂ©s[169]. GrĂ©goire de Tours rend ensuite visite au roi et Ă  la reine Ă  Nogent-sur-Marne en 581, oĂč il leur remet un autre poĂšme consolatoire de Venance Fortunat[170].

Le rapprochement avec l'Austrasie (581-583)

Le conflit burgonde

Apogée du royaume de Chilpéric.

En 581, la mort du rĂ©gent Gogon entraĂźne un changement de gouvernement. La chronique de FrĂ©dĂ©gaire affirme qu'il aurait Ă©tĂ© assassinĂ© par Brunehilde[171], mais son Ă©pitaphe dĂ©ment tout assassinat[note 20]. La diplomatie austrasienne se rapproche alors du royaume de Soissons[172]. La disparition des fils de ChilpĂ©ric offre l'opportunitĂ© Ă  Childebert II de se retrouver hĂ©ritier de deux teilreich. Le nouveau gouvernement est composĂ© d'un parti pro-neustrien comprenant les aristocrates Ursio et Berthefred. Le poste de nourricier est attribuĂ© Ă  un dĂ©nommĂ© Wandalenus. L'Ă©vĂȘque Aegidius de Reims, membre influent du gouvernement austrasien, nĂ©gocie un pacte au palais de Nogent-sur-Marne, qui fait de Childebert II le lĂ©gataire de tous les biens appartenant Ă  ChilpĂ©ric[173]. Ce changement diplomatique engendre des diffĂ©rents entre Austrasiens et Burgondes. ChilpĂ©ric en profite pour agrandir ses domaines aquitains en s'emparant de Saintes, AngoulĂȘme, PĂ©rigueux et Agen, citĂ©s sous domination burgonde. L'annĂ©e suivante, Gontran doit reconnaĂźtre les conquĂȘtes de ChilpĂ©ric afin de nĂ©gocier une paix avec lui[174],[147].

Des ambassadeurs sont envoyĂ©s en Hispanie, en 582, pour marier la fille de ChilpĂ©ric Rigonde Ă  Reccared[175], second fils de LĂ©ovigild, qui a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© comme hĂ©ritier de la couronne wisigothique[176]. FrĂ©dĂ©gonde met au monde un fils qu'ils prĂ©nomment Thierry. Cette naissance fait perdre l'hĂ©ritage du royaume de Soissons Ă  Childebert II. ChilpĂ©ric s'installe Ă  Paris le 17 avril 583, au mĂ©pris de l'indivision dĂ©cidĂ©e depuis 561. Il fait baptiser Thierry le lendemain, jour de PĂąques, par l'Ă©vĂȘque Ragnemod au milieu d'une foule en joie[177]. Egidius et son entourage se rendent aussitĂŽt Ă  Paris pour vĂ©rifier si leur alliance est toujours valide[note 21]. ChilpĂ©ric approuve et accuse Gontran d'avoir commanditĂ© l'assassinat de Sigebert Ier. Egidius, qui veut s'emparer du duc Loup et du recteur Dynamius, tous deux rĂ©fugiĂ©s en Burgondie aprĂšs le changement de gouvernement austrasien, dĂ©cident de concert avec ChilpĂ©ric, d'attaquer le royaume burgonde. À l'Ă©tĂ© 583, les troupes de ChilpĂ©ric, intĂ©ressĂ©es par le pillage, s'attaquent aussi bien aux citĂ©s du royaume de Soissons qu'aux citĂ©s burgondes. L'armĂ©e austrasienne, quant Ă  elle, arrive en retard. Le motif est peut-ĂȘtre le manque d'intĂ©rĂȘt pour une alliance avec Soissons vu que l'existence du prince Thierry empĂȘche l'Austrasie d'hĂ©riter des territoires de ChilpĂ©ric. Devant Bourges, au moment oĂč les Burgondes font face Ă  l'armĂ©e de ChilpĂ©ric, celle-ci est toujours toute seule ; elle est vaincue et doit payer des rĂ©parations pour obtenir la paix[178].

L'ambition politique contrariée

Dans les premiers mois de l'annĂ©e 584, le prince Thierry meurt de dysenterie[179]. ChilpĂ©ric hĂ©site alors Ă  donner sa fille Rigonde, promise aux Wisigoths. Demeurant le dernier enfant en vie qu'il ait eu de FrĂ©dĂ©gonde, elle conserve des droits sur son royaume. Il essaie alors d'Ă©changer Rigonde avec Basine, qui a Ă©tĂ© violĂ©e et cloĂźtrĂ©e au monastĂšre Sainte-Croix de Poitiers, mais celle-ci refuse, influencĂ©e par Radegonde[note 22] qui l'oblige Ă  respecter les vƓux monastiques[179].
Mis Ă  mal politiquement, ChilpĂ©ric quitte Paris pour s'Ă©tablir Ă  Cambrai oĂč il installe son trĂ©sor. Par crainte d'une attaque combinĂ©e des armĂ©es austrasiennes et burgondes, il ordonne la rĂ©paration des murailles de ses citĂ©s[180]. FrĂ©dĂ©gonde met au monde, en ce dĂ©but d'annĂ©e 584, un dernier enfant de sexe masculin. Prudent, ChilpĂ©ric ordonne d'Ă©lever l'enfant en secret dans la villa royale de Vitry pour le protĂ©ger d'assassins Ă©ventuels, dont on pense que ses frĂšres ont Ă©tĂ© victimes. En cas de dĂ©cĂšs, sa disparition passerait inaperçue et Ă©viterait de dĂ©voiler une vacance de succession qui permettrait Ă  des opportunistes de se saisir de l'occasion pour engendrer un conflit. Le nouveau-nĂ© n'a pas reçu de nom afin de garantir un anonymat qui n'inquiĂšte personne. L'enfant ne reçoit pas de baptĂȘme immĂ©diatement car le roi surveille l'Ă©volution du Regnum Francorum avant de choisir un parrain[181].

Au printemps, il rĂ©installe sa capitale Ă  Paris, aprĂšs que Brunehilde a envoyĂ© des troupes en Italie. Il informe les ambassadeurs wisigoths qu'il accepte de marier Rigonde. Pour effacer son revirement, il dote sa fille, en septembre, d'une cinquantaine de chariots[182] remplis de bijoux, mĂ©taux prĂ©cieux, vĂȘtements, chevaux et esclaves. Brunehilde envoya une ambassade Ă  ChilpĂ©ric pour l'empĂȘcher de prĂ©lever des biens dans les citĂ©s aquitaines pour constituer la dot. Elle considĂšre Tours et Poitiers comme un hĂ©ritage de Sigebert Ier revenant Ă  Childebert II. Un des ambassadeurs est tuĂ©, mais comme ChilpĂ©ric tient Ă  maintenir la paix avec sa belle-sƓur, il accepte de ne pas faire participer ces citĂ©s Ă  la constitution de la dot[182]. Les richesses sont si importantes que des Grands s'inquiĂštent et cherchent Ă  savoir si le trĂ©sor royal n'est pas vide. FrĂ©dĂ©gonde leur assure que les biens donnĂ©s Ă  Rigonde proviennent de sa fortune personnelle. Durant le voyage jusqu'en Hispanie, des pillards et des membres de l'escorte volent le butin et se rĂ©fugient en Austrasie oĂč ils sont accueillis par Brunehilde[182]. Le roi ne sait rien de ce qui arrive Ă  sa fille et son escorte.

Le roi assassiné

Assassinat de Chilpéric Ier. Roman de Renart le contrefait. XIVe siÚcle (aprÚs 1314). France, Nord.

Entre le 20 et le 28 septembre 584[183], peu aprĂšs le dĂ©part de sa fille, ChilpĂ©ric est Ă  son tour assassinĂ© prĂšs de sa villa de Chelles aprĂšs une partie de chasse. À la tombĂ©e de la nuit, alors qu'un de ses serviteurs l'aide Ă  descendre de cheval, un homme, dĂ©nommĂ© Falco[184],[185], le poignarde d'un coup sous l'aisselle puis dans le ventre[158]. L'assassin rĂ©ussit Ă  s'enfuir et n'est pas retrouvĂ©. PlutĂŽt que de s'interroger sur le commanditaire de l'assassinat, GrĂ©goire de Tours prĂ©fĂšre dĂ©tourner le soupçon qui pĂšse sur la reine Brunehilde en salissant la mĂ©moire du roi[186], bien que la chronique de FrĂ©dĂ©gaire, elle aussi, la considĂšre comme coupable[184]. A-t-elle payĂ© un assassin par l'intermĂ©diaire de l'ambassade envoyĂ©e quelques mois avant ? Cent quarante ans aprĂšs, une lĂ©gende accuse FrĂ©dĂ©gonde d'avoir commanditĂ© le meurtre[187]. La raison serait qu'elle aurait trompĂ© ChilpĂ©ric avec le maire du palais dĂ©nommĂ© LandĂ©ric (Landericus) que GrĂ©goire de Tours ne mentionne pas mais qui est mentionnĂ© au VIIe siĂšcle[188]. Cette version n'est pas crĂ©dible car le meurtre du roi rendait la reine sans soutiens, Ă  la merci de ses rivaux. De plus, LandĂ©ric exerce la fonction de maire du palais sous le rĂšgne de Clotaire II et n'est mentionnĂ© qu'Ă  partir de 603[189]. Une autre version veut que Gontran en soit le commanditaire. Or, la mort de ChilpĂ©ric vient mettre Ă  mal la politique que mĂšne Gontran. Celui-ci s'est toujours arrangĂ© pour mener une politique d'Ă©quilibre, avantageant l'un, puis l'autre, en fonction des enjeux, dans le but de contrer une Austrasie trop forte.

Mort de ChilpĂ©ric par Évariste-Vital Luminais. XIXe siĂšcle. HĂŽtel de ville de Lyon, salon Louis XIII.

L'Ă©vĂȘque Mallulf de Senlis, qui aurait du ĂȘtre auditionnĂ© par le roi, lave son corps et le revĂȘt de ses plus beaux vĂȘtements. Sa dĂ©pouille est ensuite embarquĂ©e sur un bateau qui descend la Marne, puis la Seine pour ĂȘtre conduite Ă  Paris, afin d'ĂȘtre enterrĂ©e auprĂšs de Childebert Ier dans l'Ă©glise Saint-Vincent-Sainte-Croix, renommĂ©e plus tard Saint-Germain-des-PrĂ©s[190]. Son corps a dĂ» ĂȘtre allongĂ© sur le dos dans un sarcophage de pierre ou de plĂątre, les avant-bras soit allongĂ©s le long du corps, soit croisĂ©s sur la poitrine. Sa tenue doit ĂȘtre la plus belle qu'il possĂšde et il doit ĂȘtre revĂȘtu de ses bijoux ainsi que de ses armes d'apparat. Le sarcophage est ensuite descendu dans une fosse, la tĂȘte tournĂ©e vers l'ouest. Un monument commĂ©moratif est ensuite Ă©levĂ©, peut-ĂȘtre ornĂ© d'une Ă©pitaphe[183],[191]. Sa pierre tombale porte l'inscription « Rex Chilpericus hoc tegitur lapide Â» (« Sous cette pierre repose le roi ChilpĂ©ric Â»)[192]. Prise de peur, FrĂ©dĂ©gonde se rĂ©fugie dans la cathĂ©drale de Paris et n'assiste pas Ă  l'enterrement de son mari, elle n'ose mĂȘme pas traverser la Seine pour suivre le convoi funĂšbre[193].

Borne de Chilpéric à Chelles (Seine-et-Marne).

L'emplacement oĂč ChilpĂ©ric est assassinĂ© est connu sous le nom de « pierre de ChilpĂ©ric Â», ou « Croix de Sainte-Bautheur Â» ou « borne de ChilpĂ©ric Â».

Lorsque la nouvelle de la mort se propage dans le royaume, Gontran pleure sa mort, ce qui est apprécié[194]. Grégoire de Tours ne dit rien, en revanche, sur la réaction de Brunehilde[193]. Le dernier fils de Chilpéric reçoit alors le nom de Clotaire aprÚs que son oncle Gontran et une assemblée de Grands de Neustrie le reconnaissent comme descendant de Chilpéric[195]. Il devient roi à 4 mois, sous la tutelle de sa mÚre Frédégonde et la protection de Gontran, roi de Burgondie, qui récupÚre au passage le royaume de Paris.

Vers 1163, pour orner son cĂ©notaphe, l'abbaye de Saint-Germain-des-PrĂ©s fait sculpter un gisant de ChilpĂ©ric surĂ©levĂ© par des colonnettes, le reprĂ©sentant couchĂ© sur le dos tenant un sceptre dans la main droite et portant la main gauche Ă  sa barbe. L'emplacement exact de son sarcophage n'Ă©tant pas connu, le cĂ©notaphe reste vide. En 1656, le gisant est dĂ©placĂ© du chƓur aux piliers septentrionaux du carrĂ© de transept, pour cause de travaux. En 1791, un dĂ©cret de l'AssemblĂ©e Constituante datĂ© du 4 fĂ©vrier, dissout la communautĂ© religieuse de Saint-Germain-des-PrĂ©s pour faire du monastĂšre une Ă©glise paroissiale. Les gisants de ChilpĂ©ric, ChildĂ©ric II et FrĂ©dĂ©gonde sont dĂ©truits dans la nuit du 27 au 28 mars, pour faire de la place et installer des chaises[196]. Il existe plusieurs reproductions de ce gisant[197] notamment sur le manuscrit du Recueil des rois de France datĂ© de 1566, rĂ©alisĂ© par Jean du Tillet.

La gouvernance du royaume

La justice

Les rois mĂ©rovingiens considĂ©rant que le royaume est leur propriĂ©tĂ©[198], rĂšgnent sans partage et ne reconnaissent pas l'existence de biens ou de services publics qui sont pris en charge par les comtes et les Ă©vĂȘques. Un maire du palais (major domus, devenu majordome[199]), BadegisĂšle[200], est le supĂ©rieur de tous les fonctionnaires royaux ainsi que des Grands et des commis et a pour fonction leur coordination[201]. Les dĂ©cisions prises n'Ă©manent que du roi qui ne rend de comptes Ă  personne. Cependant, ChilpĂ©ric prend conseil auprĂšs d'« hommes de bien[174] Â», notamment lors du conflit qui l'oppose Ă  Gontran, d'Ă©vĂȘques[202],[203] ou de son Ă©pouse FrĂ©dĂ©gonde.
Divers tĂ©moignages Ă©manant de GrĂ©goire de Tours nous permettent de nous forger une opinion sur ses jugements que Venance Fortunat juge intĂšgres, mesurĂ©s, dĂ©sintĂ©ressĂ©s[204]. Il cite notamment une profanation perpĂ©trĂ©e par des Grands, en 579, qui se sont entretuĂ©s dans la basilique Saint-Denis. Le roi dĂ©cide de laisser l'Ă©vĂȘque de Paris les juger[205]. Il Ă©pargne de la peine de mort, en 580, l'archidiacre de Tours Platon et Galien, ami de GrĂ©goire[202]. En 581, suivant la demande de GrĂ©goire de Tours, il laisse la vie sauve Ă  des voleurs qui ont pillĂ© la basilique Saint-Martin de Tours et remet les biens volĂ©s aux clercs de la basilique[206]. En 582, un juif nommĂ© Pathir converti au christianisme, que ChilpĂ©ric a parrainĂ©, est renvoyĂ© en Burgondie, sa province d'origine, tandis que ses esclaves sont condamnĂ©s Ă  mort, pour avoir assassinĂ© un autre juif nommĂ© Priscus qui refusait de se convertir[207]. En 582, l'Ă©vĂȘque Carterius de PĂ©rigeux et le diacre Fronton sont pardonnĂ©s pour avoir insultĂ© le roi dans une lettre[147]. On constate aussi que le roi ne spolie pas automatiquement autrui : Ă  la mort du comte Nonnichius en 582, le roi distribue ses biens Ă  diverses personnes. AprĂšs la trahison de Godin, ses villae lui sont reprises pour ĂȘtre donnĂ©es Ă  la basilique Saint-MĂ©dard[130]. En 577, aprĂšs avoir remplacĂ© le comte Ennodius mis en place par Childebert II, il lui confisque ses biens et les lui rend un an aprĂšs[143]. Le seul cas oĂč ChilpĂ©ric confisque des biens est celui oĂč les frĂšres BurgolĂšne et Dodon sont exĂ©cutĂ©s pour crime de lĂšse-majestĂ©, crime pour lequel la loi prĂ©conise la mort et la confiscation des biens des coupables[208].

La fiscalité

Depuis la chute de l'Empire romain d'Occident, les impĂŽts indirects tels que les taxes, comme le tonlieu (teloneum : bureau des percepteurs d'impĂŽts, dĂ©formĂ© en teloneus) prĂ©levĂ© sur les transports de marchandise par les douanes ; le « prix de la paix Â» (fredus), correspondant au tiers des contributions payĂ©es par des condamnĂ©s au trĂ©sor public (wergeld)[209] ; les droits de passage pour les marchandises franchissant les ponts, routes, cours d'eau, ports, ou celles exposĂ©es sur les marchĂ©s, et aussi les amendes publiques, restent d'actualitĂ©. Les impĂŽts directs se sont rĂ©duits au nombre de deux : la capitatio humana (impĂŽt payĂ© par tĂȘte) et la capitatio terrana (impĂŽt foncier). Ces impĂŽts ne servant pas au fonctionnement de l'État, les agents du pouvoir ne reçoivent pas de traitement mais vivent de la production des terres qui leur sont octroyĂ©es et se rĂ©munĂšrent sur les contraventions. L'État ne finance plus d'armĂ©e de mĂ©tier ni d'atelier de fabrication d'armes, les routes et les remparts sont financĂ©s par les localitĂ©s. Les services publics n'Ă©tant plus assurĂ©s, les impĂŽts sont perçus comme de l'extorsion[210]. Cependant, le systĂšme de transport rapide du courrier et des voyageurs, le cursus publicus, fonctionne encore. Le pouvoir public a pour charge de fournir des esclaves publics pour conduire les chars ou transporter le courrier[211] et de prĂ©lever sur des propriĂ©taires du fourrage, des chevaux (paraveredi) ou des mules, que l'on entrepose dans des relais (mutationes) ou des auberges (mansiones) oĂč l'on change les montures. Les rois mĂ©rovingiens continuent de l'utiliser en promulguant des ordres de rĂ©quisitions par lettres evectiones ou tractoriae, mais l'ancien prĂ©lĂšvement tourne avec les Francs au pillage systĂ©matique des riverains[212]. Pour Ă©chapper Ă  l'imposition, certains sujets du royaume se rĂ©fugient dans des niches fiscales comme l'armĂ©e ou le clergĂ©. L'immunitĂ© est accordĂ©e au clergĂ© par le roi et provient de l'hĂ©ritage du statut des terres du fisc du Bas-Empire. Le privilĂšge consiste en une exemption d'impĂŽt mais aussi en une interdiction des agents du roi de pĂ©nĂ©trer dans les domaines bĂ©nĂ©ficiant de l'immunitĂ©. L'immuniste n'est cependant pas exemptĂ© de service militaire. Sur ordre royal, il se doit de lever lui-mĂȘme les troupes. Il doit Ă©galement payer au roi le fredus dont le pourcentage exigĂ© par le roi tombe en dĂ©suĂ©tude[213]. Afin d'Ă©viter ces Ă©vasions fiscales, les Empereurs, mais aussi Clovis en son temps[214], ont Ă©tabli et maintenu des dispositions pour restreindre l'accĂšs Ă  la clĂ©ricature. L'impĂŽt Ă©tant impopulaire[215], il arrive que la population se rĂ©volte, avec l'appui des Ă©vĂȘques. De mĂȘme, il arrive que certaines citĂ©s parviennent Ă  Ă©chapper Ă  l'impĂŽt grĂące Ă  leurs Ă©vĂȘques qui brandissent la menace d'un saint patron comme c'est le cas Ă  Tours, ville de saint Martin. À plusieurs reprises, les rois tentent d'imposer ces citĂ©s mais ils sont arrĂȘtĂ©s par les Ă©vĂȘques qui brandissent la menace des foudres divines[216].

Le Limousin comporte des petites vignes domaniales[217] et sa partie mĂ©ridionale, d'Uzerche Ă  Brive, est vouĂ© Ă  la viticulture, notamment Chabignac, Sioussac, Loignac, Narzac et Astaillac[218]. En 579, ChilpĂ©ric fait remettre Ă  jour les livres du cadastre et du recensement. Les descriptiones qu'il fait Ă©tablir sont jugĂ©es tellement « nouvelles et lourdes Â» qu'elles y engendrent une rĂ©volte et que beaucoup « abandonnĂšrent leurs villes et leurs possessions personnelles pour gagner d'autres royaumes, estimant qu'il valait mieux sĂ©journer Ă  l'Ă©tranger que de s'exposer Ă  un tel danger. Il avait Ă©tĂ© dĂ©crĂ©tĂ© que chaque possesseur verserait pour sa terre une amphore de vin par arpent[145] Â». Cela correspond Ă  environ deux cent dix litres par hectare, ou si l'on suppose un rendement de mauvaise annĂ©e de dix hectolitres par hectare[219]. S'y ajoutent d'autres impĂŽts perçus en froment et en or[220], tant sur les autres terres que sur les esclaves. En 580, le couple royal fait un don d'arrĂ©rages, en jetant au feu les libri descriptiones qui ont provoquĂ© la rĂ©volte du Limousin[162]. Ainsi, tout le royaume sous l'autoritĂ© de ChilpĂ©ric et en particulier la PremiĂšre Aquitaine n'a pas eu Ă  payer les arriĂ©rĂ©s de l'annĂ©e 579. Cette dĂ©cision entraĂźne un retour au taux coutumier et la renonciation de la rĂ©Ă©valuation de ce taux, puisque le roi interdit toute « descriptio Ă  l'avenir Â»[221].

Le droit de propriĂ©tĂ© romain jus in re aliena distinguant le dominium, droit du propriĂ©taire, et la possessio, droit que possĂšde un cultivateur par la mise en culture de la terre du maĂźtre s'est perpĂ©tuĂ©. Sur les terres publiques incultes, il est possible de devenir possessor en les mettant en culture. Sur les terres privĂ©es abandonnĂ©es, l'abandon de l'epibolĂš (le percepteur calculait l’impĂŽt global d’une rĂ©gion et le rapportait Ă  la superficie des terres) permit un rapide accaparement des terres. AprĂšs un silence de deux ans du propriĂ©taire, l'auteur de l'usurpatio ou de l'eruditio du sol devient possessor et dominus[222]. Le roi reste investi du dominus sur les terres publiques dĂ©frichĂ©es, tandis que le nouvel occupant d'une terre privĂ©e abandonnĂ©e se retrouve propriĂ©taire aux dĂ©pens de l'ancien maĂźtre au bout de deux ans[223]. La loi romaine de prescription trentenaire favorise Ă©galement le droit de possessio sur les terres publiques dĂ©frichĂ©es. Elle entraĂźne pour le possessor d'une terre publique ou d'Ă©glise le paiement de redevances appelĂ©es condiciones ou canones ou encore agraria, pascuaria vel decimas porcorum[224]. Il s'agit d'une part de fruit versĂ©e en nature ou en espĂšces, ou d'une tĂȘte de bĂ©tail sur dix. En plus des laĂŻcs, les Ă©vĂȘques s'attribuĂšrent des terres publiques. Les Ă©glises Ă©piscopales devenues possessores de terres publiques devaient alors payer les redevances, mais elles essayaient d'obtenir l'immunitĂ© pour ces terres[225], ce qui fit dire Ă  ChilpĂ©ric « Voici que notre fisc est devenu pauvre, voici que nos richesses sont passĂ©es aux Ă©glises[226] Â».

ChilpĂ©ric et l'Église

En tant que chef de l'Église franque et hĂ©ritier des prĂ©rogatives de l'Empereur, le roi s'occupe des affaires religieuses. Il obtient la conversion au christianisme de Juifs de son royaume afin de garantir leur Salut[227], il convoque les Ă©vĂȘques pour des conciles ƓcumĂ©niques Ă  Paris, Ă  la demande de Gontran, en 573, en 577 et en 580, Ă  la villa Brennacum. Il s'assure du bon dĂ©roulement et du maintien des Ă©lections Ă©piscopales, mĂȘme lorsqu'elles lui sont dĂ©favorables, contrairement Ă  ses demi-frĂšres, notamment Sigebert Ier qui n'hĂ©site pas Ă  placer ses favoris Ă  la tĂȘte des Ă©vĂȘchĂ©s. Le seul cas oĂč ChilpĂ©ric intervient pour remettre en cause un Ă©vĂȘque dans son diocĂšse est lors de la condamnation de PrĂ©textat de Rouen en 577. De mĂȘme, les Ă©vĂȘques Ă©lus sont souvent des clercs, lĂ  oĂč Gontran nomme des laĂŻcs Ă  foison, ce qui est un moyen de bien tenir en main les Ă©vĂȘques[228]. Le seul cas rapportĂ© d'Ă©lection de laĂŻc concerne l'ordination au Mans, en 581, du maire du palais BadegisĂšle[229]. Il manifeste Ă©galement un certain respect pour l'autoritĂ© religieuse Ă  qui il accorde sa confiance. Ainsi, il Ă©pargne les voleurs de la basilique Saint-Martin sur demande de l'Ă©vĂȘque GrĂ©goire[206] et lui laisse dĂ©signer le comte de Tours[151] ; il laisse l'Ă©vĂȘque de Paris juger les nobles qui ont profanĂ© et perpĂ©trĂ© des crimes dans sa basilique[205] ; il autorise l'Ă©vĂȘque Aetherius, pourtant accusĂ© de nombreux crimes, Ă  revenir sur son siĂšge Ă©piscopal[230] ; il protĂšge PrĂ©textat de Rouen de la foule qui veut le lapider[137]. Il laisse Ă©galement les Ă©vĂȘques juger l'affaire concernant FrĂ©dĂ©gonde et l'Ă©vĂȘque de Bordeaux au concile de 580[202]. Lorsqu'en 580, un homme de la familia de l'Ă©vĂȘque de Bigorre s'enfuit du palais Ă©piscopal et se pose en rival de GrĂ©goire de Tours, ce dernier menace alors d'en appeler Ă  ChilpĂ©ric : « Lui, en effet, vengera le dĂ©dain dont je suis l'objet Â»[231]. Il use de charitĂ© envers les pauvres et les Ă©glises[162] en donnant les villae de Godin, sur le territoire de Soissons, Ă  la basilique Saint-MĂ©dard[130] ; Ă  l'occasion de la naissance de son fils Thierry, il dĂ©crĂšte une amnistie gĂ©nĂ©rale et ordonne aux agents du fisc de laisser les mauvais dĂ©biteurs en paix[232]. Il rend les objets dĂ©robĂ©s Ă  la basilique Saint-Martin de Tours[206], accorde confirmation Ă  Radegonde des sessions qui lui ont Ă©tĂ© faites par Clotaire Ier[233], ainsi que des privilĂšges d'immunitĂ©s aux Ă©glises et aux clercs[note 23]. Un faux diplĂŽme de l'abbaye Saint-Calais du Mans adressĂ© au pape Nicolas Ier oĂč sont utilisĂ©es plusieurs formulations de l'Ă©poque carolingienne et datĂ© de la premiĂšre annĂ©e du rĂšgne de ChilpĂ©ric mais rĂ©alisĂ© entre 850-855[234], affirme que cette abbaye est placĂ©e sous la protection du roi. Il en est de mĂȘme pour le dĂ©cret datĂ© de 606, concernant la fondation de l'abbaye Saint-Lucien de Beauvais[235], oĂč il a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© qu'il s'agit d'un faux rĂ©alisĂ© dĂ©but XIe siĂšcle du fait de son caractĂšre apocryphe et par ses paraphrases de la Vie de saint Evroul[236].

Culture

Diverses anecdotes de GrĂ©goire de Tours tĂ©moignent de son intĂ©rĂȘt pour la culture : il lit la Bible et les poĂštes, rĂ©dige deux livres de poĂ©sie, et compose un Hymne sur la solennitĂ© de l'Ă©vĂȘque saint MĂ©dard (Ymnus in sollemnitate sancti Medardi episcopi), dont la forme s'Ă©loigne du modĂšle de l'Ă©poque classique[237].

Afin d'adapter l'alphabet Ă  la phonĂ©tique germanique et de rendre des prononciations Ă©crites en latin au moyen d'une lettre unique au lieu de plusieurs lettres[238], il tente, comme l'empereur Claude en son temps[239], d'ajouter des lettres Ă  l'alphabet latin : la lettre grecque ω et les lettres ae, thĂ©, uui, dont une hypothĂšse affirme qu'elles seraient issues de l'alphabet hĂ©breu[240]. Cependant, les clercs de la congrĂ©gation de Saint-Maur expliquent que ces lettres n'eurent cours que durant son rĂšgne[241].

Imitant son cousin ThĂ©odebert Ier ou l'empereur Justin Ier et afin de montrer sa romanitĂ©[242], il fait restaurer des cirques Ă  Soissons et Paris[243] (probablement l'amphithĂ©Ăątre du IIe ou IIIe siĂšcle faisant office d'arĂšne et thĂ©Ăątre dĂ©couvert en 1870 lors du percement de la rue Monge), entre 575 et 584, pour remettre Ă  l'honneur des jeux Ă©questres, combat d'animaux, lutte, thĂ©Ăątre, poĂ©sie et musique[244] apprĂ©ciĂ©s par la population et qui avaient disparu sous l'influence du christianisme[245].

Compléments

Articles connexes

Bibliographie

Romans historiques

Sources primaires

  • Karl Fr. Pertz, Monumenta Germaniae Historica, Diplomata regum francorum e stripe Merowingica, Hanovre, 1872 Feather.svg
  • Bruno Krusch, Monumenta Germaniae Historica..., t.III, Passionnones Vitaeque sanctorum aevi merovingici et antiquiorum aliquot, Hanovre, 1896 Feather.svg
  • Karolus Strecker, Monumenta Germaniae Historica, Poetae latini, t.IV, fasciculus 2 et 3, Berlin, 1923Feather.svg
  • GrĂ©goire de Tours (trad. Robert Latouche), Histoire des Francs, Les Belles Lettres, coll. « Les Classiques de l'histoire de France au Moyen Ăąge, 27-28 Â», Paris, 1963 2 tomes, rĂ©Ă©dition 1995 Feather.svg
  • Venance Fortunat (trad. Marc Reydellet), PoĂšmes
- Tome I : Livres I-IV, Les Belles Lettres, 1994 (ISBN 2-251-01374-1) ;
- Tome II : Livres V-VIII, Les Belles Lettres, 2003 (ISBN 2-251-01406-3) Feather.svg ;
- Tome III : Livres IX-XI, Les Belles Lettres, 2004 (ISBN 2-251-01434-9) Feather.svg

Sources secondaires

Ouvrages
  • Dom Martin Bouquet, Recueil des Historiens des Gaules et de la France, t.4, nouvelle Ă©dition publiĂ©e sous la direction de LĂ©opold Delisle, 1869 (Ier Ă©d. 1741)Feather.svg
  • Gabriel Monod, Études critiques sur les sources de l'histoire mĂ©rovingienne, Paris, Lib. A. Franck, Slatkinen GenĂšve - Lib. Champion, Paris, 1978, (Ier Ă©d. 1872) 2 tomes ; (1885) t.2Feather.svg
  • Auguste Longnon, GĂ©ographie de la Gaule au VIe siĂšcle, Hachette et Cie, Paris, 1878 Feather.svg
  • Godefroid Kurth, Histoire poĂ©tique des MĂ©rovingiens, Paris, A. Picard et fils Ă©diteurs, 1893 ; Études franques, Bruxelles A. Dewit et Paris H. Champion, impression anastaltique Bruxelles, Ă©dition Culture et civilisations, 1982 (Ier Ă©d. 1919), 2 tomesFeather.svg
  • Julien Havet, ƒuvres de Julien Havet, t.1 - Questions mĂ©rovingiennes, Paris, Ernest Leroux Editeur, 1896 Feather.svg
  • Ferdinand Lot, Naissance de la France, Librairie ArthĂšme Fayard, 1948, Paris, 5e Ă©ditionImage d’une plume
  • Michel Rouche, L'Aquitaine des Wisigoths aux Arabes, 418-781 : naissance d'une rĂ©gion, Paris, École des Hautes Études en Sciences Sociales, Jean Touzot, 1979 (ISBN 978-2-7132-0685-6) Feather.svg
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  • Franz Brunhölzl, Histoire de la littĂ©rature latine du Moyen-Âge, t.I/1 - L'Ă©poque mĂ©rovingienne, UniversitĂ© Catholique de Louvain, Institut d'Études mĂ©diĂ©vales Louvain-La-Neuve, Brepols, 1990 Feather.svg
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  • FrĂ©dĂ©ric Armand, ChilpĂ©ric Ier, le roi assassinĂ© deux fois, La louve Ă©ditions , 2008 (ISBN 978-2-916488-20-2)Image d’une plume
Articles
  • Auguste Longnon, « La villa Brennacum Â», Bulletin de la sociĂ©tĂ© de l'Histoire de Paris et de l'Île-de-France, 1875, pp. 57-62 ; « De l'emplacement de Sauriciacus, villa oĂč se tint un concile en 589 Â», id., 1876, pp. 77-79 ; « La Civitas Parisiorum d'aprĂšs GrĂ©goire de Tours Â», id., 1877, pp. 102-112Feather.svg
  • Charles Nisard, « Fortunat, panĂ©gyriste des rois mĂ©rovingiens Â», Revue Historique, t. 41, 1889, septembre dĂ©cembre, pp. 241-252Feather.svg
  • Fernand Vercauteren, « Ă‰tude critique d'un diplĂŽme attribuĂ© Ă  ChilpĂ©ric Ier Â», Revue Belge de Philologie et d'Histoire, t. VII, n°1, 1928, pp. 83-112 ; rĂ©Ă©ditĂ© dans Études d'Histoire mĂ©diĂ©vale, 1978, pp. 629-659Feather.svg
  • (de) Egen Ewing, « Studien zur merowingischen Dynastie Â», FrĂŒhmittelalterliche Studien, Jahrbuch des Institus fĂŒr FrĂŒhmittelalterforschung der UniversitĂ€t MĂŒnster, Berlin-New-York, 1974, pp. 15-59 ; (1991) Die Namengebung bei den Ă€ltesten Frankenkönigen und im merowingischen Königshaus, Francia 18/1 pp. 21-69
  • Michel Rouche, « Le mariage et le cĂ©libat consacrĂ© de sainte Radegonde Â», Settimane di studio del Centro italiano di studi sull'alto medievo, XXXIII, Segni e riti nella chiesa altomedievale occidentale, Spoleto, 11-17 avril 1985, Spoleto 1987, pp. 835-873, rĂ©Ă©ditĂ© dans La riche personnalitĂ© de sainte Radegonde..., Poitiers, 1988, pp. 79-98, rĂ©Ă©ditĂ© dans Le choc des Cultures, RomanitĂ©, GermanitĂ©, ChrĂ©tientĂ© durant le Haut Moyen Âge, Presses Universitaires du Septentrion, 2003, pp. 251-282Feather.svg
  • Charles Lelong, « ChilpĂ©ric, un grand roi mĂ©connu Â», MĂ©moires de l'AcadĂ©mie des sciences, Art et Belles lettres de Touraine, t. 6, 1993, pp. 19-37
  • Elisabeth Magnou-Nortier, « Existe-t-il une gĂ©ographie des courants de pensĂ©e dans le clergĂ© de Gaule au VIe siĂšcle Â», GrĂ©goire de Tours et l'espace gaulois, Actes du congrĂšs international, Tours, 3-5 novembre 1994, textes rĂ©unis par Nancy Gauthier et Henri GaliniĂ©, 13e supplĂ©ment Ă  la Revue ArchĂ©ologique du Centre de la France, Tours, 1997, pp. 139-157 Feather.svg
  • Marc Reydellet, « Tours et Poitiers : Les relations entre GrĂ©goire et Fortunat Â», GrĂ©goire de Tours et l'espace gaulois, Actes du congrĂšs international, Tours, 3-5 novembre 1994..., Tours, 1997, pp. 159-167
  • (en) Guy Halsall, « Nero and Herod ? The death of Chilperic and gregory's writings of history Â», The World of Gregory of Tours, K. Mitchell and I. Wood ed., Leiden, Boston, and Cologne, 2002, p. 337-350

Annexes

Notes

  1. ↑ L'Ă©vĂȘque Sagittaire de Gap, au sujet du roi Gontran, se mit « Ă  dire que les fils de ce dernier ne pouvaient occuper le royaume parce que leur mĂšre appartenait Ă  la domesticitĂ© de feu Magnacaire lorsqu'elle fut appelĂ© Ă  pĂ©nĂ©trer dans la couche du roi Â». GrĂ©goire de Tours, Histoire des francs, livre V, 20 ; Saint Colomban voit les enfants du roi Thierry II comme Ă©tant issus de concubines et donc inaptes Ă  rĂ©gner : « Sachez qu’ils ne porteront jamais le sceptre royal car ils sont sortis de mauvais lieux Â». Jonas de Bobbio, Vita Colombani, I, 19.
  2. ↑ « ... on appelle fils de roi ceux qui ont Ă©tĂ© procrĂ©Ă©s par des rois sans tenir compte dĂ©sormais de la famille des femmes Â». GrĂ©goire de Tours, Histoire des francs, livre V, 20.
  3. ↑ « Si au moment de son mariage, il avait vingt ans, il serait nĂ© en 556. [...] S'il avait quinze ans en 568, il serait nĂ© en 553 Â». Ewig (1974), p. 33. « MĂ©rovĂ©e devait ĂȘtre assez jeune en 573 Â». Settipani (1990), p. 90.
  4. ↑ Le commandement des troupes que le prince Clovis exerce contre les villes de Poitiers et Tours en 572, implique qu'il ait au moins quinze ans au moment des faits. Il serait donc nĂ© entre 553 et 557. Armand (2008), pp. 53, 65.
  5. ↑ Hilf en allemand, help en anglais. Ivan Gobry, Clotaire II, collection « Histoire des rois de France Â», Ă©ditions Pygmalion, p. 232.
  6. ↑ Histoire des Lombards. Variantes en Helpericus, G1 (IXe siĂšcle) et G2 (IXe siĂšcle) ; Ilpericus, B1 (IX-Xe) et A2 (XIe siĂšcle) ; Chilpericus, A2 (XIe siĂšcle).
  7. ↑ FrĂ©dĂ©ric Armand prĂ©cise que les Frisons occupent la cĂŽte, de l'estuaire de la Weser Ă  l'estuaire du Rhin. ChilpĂ©ric Ier, La louve Ă©ditions, p. 67.
  8. ↑ Venance Fortunat affirme que ChilpĂ©ric accompagne son pĂšre Ă  la guerre contre « l'Euthion Â» (Euthio) (Carmina, IX ,1 v.73 ; Reydellet 2004, p. 11). Le nom des Eucii reste inconnu, mais chronologiquement, il s'agit des Jutes, voisins des Danois qui donnent leur nom au Jutland. Vers 535, Childebert Ier rĂ©pond Ă  l'empereur Justinien, qui l'interroge sur les peuples sur lesquels il rĂšgne : « ...notre domination s'Ă©tend depuis les rivages de l'ocĂ©an jusqu'au Danube et aux limites de la Pannonie, embrassant l'Italie septentrionale, les Saxons et les Eucii, qui de leur propre mouvement, se sont livrĂ©s Ă  nous Â». Armand (2008), p. 67.
  9. ↑ « L'antrusion prĂȘte au roi un serment de foi et de fidĂ©litĂ© en mettant ses mains dans celles de son souverain. Il vient servir le roi avec sa vie et ses armes en tant que garde personnel d'Ă©lite Â». Feffer et PĂ©rin (1987b), pp. 18, 39, 41.
  10. ↑ Selon FrĂ©dĂ©ric Armand, en latin, sors, sortis au fĂ©minin, est un mot polysĂ©mique. Il peut dĂ©signer le sort : l'action de tirer au sort, le hasard ; mais aussi le partage : la part, la portion... Au masculin, avec une majuscule, Sors, Sortis dĂ©signe le sort, le destin. ChilpĂ©ric Ier, le roi assassinĂ© deux fois, La louve Ă©ditions, p. 74.
  11. ↑ Selon la Vita sancti Ebrulphi, 5, la reine FrĂ©dĂ©gonde impose saint Evroul Ă  l' abbaye de Saint-Fuscien, dans la banlieue d'Amiens (AA. SS. Boll. Juillet, tome VI, p. 195 ; GuĂ©rin (1876), tome 9, pp. 41-44 ; Longnon (1878), p. 419). Écrite au plus tĂŽt au Xe siĂšcle (Longnon 1878, p. 419 note 2) ou peu avant (Vercauteren (1928), p. 103 note 1), elle ne permet pas de prĂ©ciser si l'imposition a eu lieu avant ou aprĂšs le partage du royaume de Paris appartenant Ă  Caribert Ier.
  12. ↑ Le radical Gunth, prĂ©sent dans le nom du peuple burgonde, apparaĂźt aussi chez leurs rois : Gundichar, Gundobald, Gundovech (Kurth (1893), p. 126). Gontran (Gunth-Chramn, « corbeau guerrier Â») reçoit l'hĂ©ritage de Gondomar, Gondioc, Gondebaud (Gunth-Bald, « guerrier audacieux Â»), anciens rois des Burgondes (Lebecq (1990), p. 108-109).
  13. ↑ Venance Fortunat, Carmina. VII, 4, lettre adressĂ©e Ă  Gogon depuis Poitiers ; VII, 9, Ă  l'adresse de Loup en 573-574.
  14. ↑ GrĂ©goire de Tours cite les aristocrates Basile et Sicaire. Histoire des Francs, livre IV, 45.
  15. ↑ Paris (573), Epistola synodi ad Sigisbertum regem (CC 148 A, p. 216) : « non absque coniuentia gloriae uestrae, sicut credimus, euocati Parisius Â».
  16. ↑ Chez les Francs, la longue chevelure revĂȘt une sacralitĂ© d'origine paĂŻenne. Ainsi, seuls les individus de sang royal pouvaient se laisser pousser des cheveux longs. Celui qui perdait sa chevelure, perdait tous droits Ă  rĂ©gner. Rouche (1996), pp. 184, 197.
  17. ↑ Bruno DumĂ©zil cite Brutus Ă  Philippes, Caton Ă  Utique, ainsi que le philosophe SĂ©nĂšque obligĂ© de se donner la mort Ă  cause de NĂ©ron, dont GrĂ©goire de Tours dans son sixiĂšme livre d'histoire chapitre 46, nous affirme que ChilpĂ©ric est le « NĂ©ron de notre temps Â». La reine Brunehaut, Paris, Éditions Fayard, 2008, p. 193.
  18. ↑ Peine infligĂ©e Ă  GaĂŻlen, compagnon de MĂ©rovĂ©e (livre V, 18) et Ă  Dodo (livre V, 25). GrĂ©goire de Tours, Histoire des Francs.
  19. ↑ Venance Fortunat lui avait envoyĂ© un message, oĂč il est qualifiĂ© d’homme Ă  toujours rendre de bons offices. Carmina, IX, 12.
  20. ↑ Epitaphe de Gogon Ă©ditĂ©e par Bernhard Bischoff, « Sylloge Elnonensis. Grabenschriften aus merowingischer Zeit (um 600) Â», in id., Anecdota novissima. Texte des vierten bis sechzehnten Jahrhunderts, Stuttgart (1984), pp. 154-146. Texte connu par un manuscrit de l'abbaye de Saint-Amand, composĂ© autour de l'an 800. L'Ă©pitaphe ne prĂ©cise pas le nom du dĂ©funt mais, selon Bischoff, l'attribution Ă  Gogon est quasi-certaine.
  21. ↑ Pour les Austrasiens, le prĂ©nom que ChilpĂ©ric donne Ă  son fils revĂȘt un symbole inquiĂ©tant : le premier roi de Metz se nommant Thierry Ier, ils se demandent s'il n'y a pas lĂ  une volontĂ© de s'emparer de l'Austrasie. DumĂ©zil (2008), p. 207.
  22. ↑ Pour Bruno DumĂ©zil, le roi de Soissons ayant usĂ© de son influence pour empĂȘcher la rĂ©ception de la Vraie Croix, Radegonde veut nuire aux intĂ©rĂȘts de ChilpĂ©ric. De plus, il s'est emparĂ© de Poitiers par la force et a contraint Venance Fortunat, grand ami de la reine, Ă  rĂ©citer un panĂ©gyrique Ă  sa gloire. Bruno DumĂ©zil note Ă©galement que dans la Vie de Radegonde, celle-ci affiche plus d'affection pour Brunehilde et Gontran que pour ChilpĂ©ric, mĂȘme si ses biographes la dĂ©clarent neutre. La reine Brunehaut, Paris, Éditions Fayard, 2008, p. 211.
  23. ↑ Chlotarii praeceptio, a. 584-629, c.11 (Boretius 1883, p. 19). L'origine de cet Ă©dit n'est pas sĂ»re, du fait des divergences de termes entre les deux manuscrits (VIIe et Xe siĂšcle). Certains historiens l'attribuent Ă  Clotaire Ier tandis que d'autres l'attribuent Ă  Clotaire II. Levillain (1957), p. 64 ; Bloch (1927), pp. 167-168.

Références

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  9. ↑ Geary (1988), p. 138.
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  27. ↑ a , b , c , d  et e  Venance Fortunat, Carmina. IX, 1.
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  29. ↑ DumĂ©zil (2008), pp. 12-13.
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  39. ↑ Venance Fortunat, Carmina, IX, 1, v73-74.
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  41. ↑ Armand (2008), p. 53.
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  44. ↑ GrĂ©goire de Tours, Histoire des francs, livre IV, 19, 21, 54.
  45. ↑ Rouche (1996), p. 233.
  46. ↑ Lot (1948), p. 65 ; Rouche (1987), p. 256 ; Rouche (1988), p. 285.
  47. ↑ Armand (2008), p. 72.
  48. ↑ a  et b  DumĂ©zil (2008), pp. 108-109.
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  50. ↑ DumĂ©zil (2008), p. 93.
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  239. ↑ SuĂ©tone, Vie des douze CĂ©sars, Claude, 41 ; Tacite, Annales, XI, 14.
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  242. ↑ DumĂ©zil (2008), p. 193.
  243. ↑ GrĂ©goire de Tours, Histoire des francs, livre V, 17.
  244. ↑ SuĂ©tone, Vie de CĂ©sar, 39 ; Vie d'Octave Auguste, 43 ; Magnin (1839-1840) ; Boyer de Sainte-Suzanne (1862) ; De Caumont (1862).
  245. ↑ Armand (2008), p. 273.
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