Clotaire II

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Clotaire II
Clotaire II
Clothaire II 584 628.jpg
Monnaie de Clotaire II (584-628). British Museum.

Titre
Roi des Francs
613 ‚Äď 18 octobre 629
Prédécesseur Sigebert II (Réunion de tous les royaumes francs)
Successeur Dagobert Ier: Roi des Francs
Caribert II: Roi d'Aquitaine
Roi des Francs de Neutrie
584 ‚Äď 613
Prédécesseur Chilpéric Ier
Successeur lui-même (Réunion de tous les royaumes francs)
Roi des Francs de Paris
595 ‚Äď 613
Prédécesseur Childebert II
Successeur lui-même (Réunion de tous les royaumes francs)
Biographie
Titre complet Roi des Francs
Roi de Neustrie (584-613)
Roi d'Austrasie et des Burgondes
Roi de Paris (595-613)
Dynastie Mérovingiens
Date de naissance 584
Date de d√©c√®s 18 octobre 629
Père Chilpéric Ier
Mère Frédégonde
Conjoint Haldetrude
Bertrude
Sichilde
Enfants Mérovée
Emma
Dagobert Ier
Caribert II
Résidence Clichy
Signature Souscription de Clotaire II.jpg

Clotaire II, dit le Jeune, né en mai[1] 584, mort le 18 octobre 629, est roi de Neustrie de 584 à 613 et roi des Francs de 613 à 629, après la conquête du royaume d'Austrasie et du royaume de Bourgogne.

Sa victoire de 613 sur la reine Brunehilde (Brunehaut) met fin à la longue période de guerres entre rois francs, commencée en 570, et dont deux protagonistes ont été les parents de Clotaire, Chilpéric Ier et Frédégonde.

Sommaire

Introduction

Le contexte historique : les territoires francs au VI√®me si√®cle

Le règne de Clotaire II se situe dans le cadre territorial et politique issu du partage du royaume franc effectué en 561 à la mort de Clotaire, fils de Clovis et grand-père de Clotaire II.

A la mort de Clovis, en 511, quatre royaumes avaient √©t√© cr√©√©s avec pour capitales : Reims, Soissons, Paris et Orl√©ans, l'Aquitaine √©tant r√©partie s√©par√©ment. Dans les ann√©es 550, Clotaire, dernier survivant des quatre fr√®res reconstitue l'unit√© du royaume franc, augment√© du territoire burgonde (Burgundia, Burgondie, Bourgogne) conquis entre temps.

En 561, les quatre fils de Clotaire effectuent un partage analogue √† celui de 511 : Sigebert √† Reims, Chilp√©ric √† Soissons, Caribert √† Paris, Gontran √† Orl√©ans, ce dernier royaume incluant maintenant le territoire burgonde (Burgundia, Burgondie, Bourgogne) conquis entre temps. Ils se r√©partissent de nouveau l'Aquitaine s√©par√©ment.

Tr√®s vite, Sigebert d√©place sa capitale de Reims √† Metz ; Gontran d√©place la sienne d'Orl√©ans √† Chalon.

A la mort de Caribert en 567, sa part est partag√©e entre les trois survivants : en particulier, Sigebert (Metz) re√ßoit Paris et Chilp√©ric (Soissons) Rouen.

Noter que c'est à cette époque, vers la fin du VIème siècle, qu'apparaissent les deux nouvelles dénominations d'Austrasie pour le royaume de Metz et de Neustrie pour le royaume de Soissons et ses dépendances.

Le contexte historique : la faide royale et les ambitions de Fr√©d√©gonde

Dans les ann√©es 560, Sigebert et Chilp√©ric √©pousent deux sŇďurs, filles du roi wisigoth d'Espagne Athanagild : les princesses Brunehilde (Brunehaut) et Galswinthe. Mais Chilp√©ric est attach√© √† une concubine, Fr√©d√©gonde, et assez rapidement, Galswinthe r√©clame d'√™tre renvoy√©e √† Tol√®de. Vers 570, elle est assassin√©e et les soup√ßons se portent sur Chilp√©ric, qui aurait volontiers r√©pudi√© Galswinthe, mais ne voulait pas qu'elle emporte sa dot. Puis il fait officiellement de Fr√©d√©gonde une reine des Francs.

En l'absence de père, mort depuis quelques années, c'est Brunehilde qui devient responsable des représailles contre Chilpéric. Celui-ci accepte d'abord de payer une composition (wergeld), puis se lance dans une série d'opérations militaires contre Sigebert. C'est le début de ce qu'on appelle la "faide royale"[2], qui ne prendra donc fin qu'en 613.

Les principaux √©pisodes sont, jusqu'√† l'assassinat de Chilp√©ric en 684 : l'assassinat de Sigebert (675) ; l'emprisonnement de Brunehilde, puis son mariage avec un fils de Chilp√©ric ; le retour de Brunehilde aupr√®s de son fils Childebert II, successeur de Sigebert.

Par ailleurs, Fr√©d√©gonde s'efforce d'assurer sa position, assez fragile, √©tant donn√©e qu'elle est d'origine servile, en √©liminant les fils que Chilp√©ric a eu de sa pr√©c√©dent √©pouse Audov√®re : M√©rov√©e et Clovis. Ses propres enfants, cependant, meurent tr√®s jeunes dans des conditions qu'elle juge suspecte.

Lorsque Frédégonde a un fils au printemps 584, il est le futur successeur de Chilpéric, à condition de vivre assez longtemps.

Les sources

Les principales sources d'époque sont la chronique de Grégoire de Tours et celle de Frédégaire.

Mais il faut savoir que leurs auteurs sont de parti pris, Grégoire, évêque de Tours, est même un acteur des conflits de l'époque.

L'Histoire des Francs de Grégoire de Tours de la fin du VIème siècle, s'arrête vers 572. Elle est favorable à la reine Brunehilde et à Sigebert et extrêmement hostile à Chilpéric et à Frédégonde.

La chronique de Frédégaire, du VIIème siècle, commence en 584, est en revanche hostile à Brunehilde.

Biographie de Clotaire II

Clotaire II traite avec les Lombards.

Naissance de Clotaire (mai 584)

Le nouveau-n√© ne re√ßoit pas de nom √† sa naissance ; ceci dans le but de ne pas propager d'inqui√©tude li√©e √† la symbolique du nom m√©rovingien. Voulant choisir un parrain en fonction de l'√©volution des troubles qui agitent le royaume des Francs, son p√®re ne le fait pas baptiser imm√©diatement[3].

Chilpéric et Frédégonde ont aussi le souci de protéger leur enfant, étant donné que ses prédécesseurs morts jeunes ont peut-être été victimes d'assassinats.

Il est élevé en secret dans la villa royale de Vitry, en Artois.

La mort de Chilpéric (septembre 584) et ses conséquences

En septembre 584, Chilpéric Ier est assassiné près de sa villa de Chelles, peut-être sur ordre de la reine Brunehilde[4], après une partie de chasse. Cet événement produit un désordre général.

Désordres dans le royaume

Les Grands de Neustrie pillent les trésors de Chilpéric, notamment son missorium d'or[5] et s'emparent de tous les documents importants, pour se réfugier en Austrasie.

La princesse Rigonde, en chemin vers l'Espagne en vue d'épouser le prince Recarède, est attaquée à Toulouse par le duc Didier, lié à la conspiration de Gondovald, qui lui vole tout ce qui reste de sa dot, de sorte qu'elle est oblibée de renoncer à son mariage avec [6].

Des guerres √©clatent entre des cit√©s rivales, ainsi Orl√©ans et Blois se dressent contre Chartres et Ch√Ęteaudun[7].

Rapprochement de Frédégonde avec Gontran

La reine Frédégonde réussit à consrver ses trésors personnels et quelques officiers, comme Ansoald et Audon[8], alors que d'autres l'abandonnent, comme le chambrier Eberulf[9]. Elle fait emmener son fils de Vitry à Paris et envoie un message à Gontran, roi de Bourgogne, pour qu'il accepte d'adopter l'enfant[10] et d'exercer la régence jusqu'à sa majorité.

Childebert II, qui se trouvait vers Meaux au moment du meurtre de Chilp√©ric, se d√©place √† Melun[r√©f. n√©cessaire], envisageant de prendre Paris, mais Gontran le devance. Des pourparlers s'engagent entre Childebert II et Brunehilde d'une part, Gontran d'autre part : mais Gontran refuse qu'ils entrent dans la ville. Il refuse √©galement[11] de leur livrer Fr√©d√©gonde, que Brunehilde r√©clame en invoquant le r√©gicide de Sigebert Ier, des princes M√©rov√©e et Clovis et m√™me de Chilp√©ric Ier.

L'assemblée de Neustrie et la reconnaissance de Clotaire

Gontran convoque ensuite une assemblée des Grands de Neustrie, au cour de laquelle l'enfant de Frédégonde est reconnu comme fils de Chilpéric Ier, bien que des doutes sur sa paternité aient été évoqués[11],[12]. Ils décident de lui donner le nom de Clotaire[11], nom du grand-père du nouveau-né. Celui-ci est alors adopté par Gontran.

Le gouvernement de Gontran (584-587[13])

Reprise en main du royaume de Neustrie

L'officier[14] Ansoald est charg√© de reprendre le contr√īle des villes neustriennes d√©laiss√©es depuis la mort du roi. Elles font alors serment de fid√©lit√© √† Gontran et √† Clotaire[15]. Gontran tente de remettre de l'ordre dans les affaires de Neustrie : contre l'avis de Fr√©d√©gonde et peut-√™tre pour montrer son autorit√©[16], il redonne son si√®ge √©piscopal de Rouen √† Pr√©textat[17] et d√©met de ses fonctions Melaine qui le rempla√ßait.

L'√©v√™que Promotus de Ch√Ęteaudun, dont le dioc√®se avait √©t√© r√©trograd√© en paroisse √† la suite du concile de Paris en 573 pour avoir √©t√© nomm√© √† ce poste au m√©pris des lois canoniques, r√©clame sa restitution apr√®s avoir √©t√© exil√© √† la mort de Sigebert Ier. Il ne r√©cup√®re que ses biens personnels[18].

Quelque temps apr√®s, r√©appara√ģt la menace austrasienne.

Deux envoyés de Brunehilde, le duc Gararic et le chambrier Eberon, réussissent à faire passer Limoges[19], Tours et Poitiers sous influence austrasienne, avec l'aide des évêques Grégoire de Tours et Venance Fortunat[20]. Gontran envoie des troupes récupérer les cités perdues qui sont toutes reprises et retourne dans ses états.

Fr√©d√©gonde est envoy√©e dans la villa de Vaudreuil, dans le dioc√®se de Rouen[21], o√Ļ elle est sous la surveillance de l'√©v√™que Pr√©textat.

Le baptême de Clotaire

Durant l'√©t√© 585, Gontran revient √† Paris pour √™tre le parrain de Clotaire ; il fait jurer √† Fr√©d√©gonde, trois √©v√™ques et trois cents aristocrates de Neustrie, que Clotaire II est bien fils de Chilp√©ric Ier. Mais le bapt√™me est annul√©[r√©f. n√©cessaire]. Il est pr√©vue de r√©unir un concile √† Troyes, mais les Austrasiens refusent d'y participer si Gontran ne d√©sh√©rite pas Clotaire. Le concile est donc d√©plac√© √† M√Ęcon (en Bourgogne) et a lieu le 23 octobre 585[22].

Frédégonde visite Prétextat sur son lit de mort par Lawrence Alma-Tadema.

Le rétablissement de Frédégonde[23] et le conflit avec Gontran (587-592)

Alors que Gontran tente de s'emparer de la Septimanie wisigothique, Frédégonde tente de d'échapper à la surveillance de l'évêque Prétextat pour fuir Rouen. Durant une messe dominicale, Prétextat est poignardé. Comme il ne meurt pas tout de suite, Frédégonde va se recueillir auprès de lui et lui demande s'il a besoin de ses médecins. L'évêque l'accuse ouvertement d'être à l'origine de ce meurtre et de celui des autres rois et il jette une malédiction sur elle. Il meurt peu après.

La reine utilise alors sa liberté pour rallier à son fils et à elle le plus possible de nobles et d'évêques. Elle réinstalle Melaine à Rouen malgré l'interdiction de Gontran[24].

Gontran s'efforce alors d'affaiblir Fr√©d√©gonde en d√©bauchant une partie de l'aristocratie, afin d'au moins conserver les terres neustriennes qu'il a accapar√©es entre Loire et Seine gr√Ęce au ralliement du duc Beppol√®ne[25]. En 587, il r√©ussit √† reprendre les villes d'Angers, Saintes et Nantes[26].

Fr√©d√©gonde propose alors de n√©gocier la paix et envoie √† Gontran des ambassadeurs, en r√©alit√© charg√©s de le tuer. Mais ils sont arr√™t√©s et Gontran rompt ses relations avec la Neustrie[27], se rapprochant alors de Brunehilde et de Childebert II, avec lesquels il conclut le pacte d'Andelot : √† la mort d'un des deux rois, l'autre h√©ritera de son royaume. C'est effectivement ce qui survient en 592 : Gontran meurt et Childebert devient roi d'Austrasie et de Bourgogne.

Les relations avec l'Austrasie et la Bourgogne (592-613)

L'union Austrasie-Bourgogne ne dure que jusqu'en 595 ; √† la mort de Childebert II, l'Austrasie est attribu√©e √† son fils Th√©odebert et la Bourgogne √† Thierry ; Brunehilde est toujours pr√©sente, mais son pouvoir et son r√īle de r√©gente ne sont pas toujours accept√©s, et les deux fr√®res sont loin d'√™tre toujours en accord

Avec Frédégonde (592-597)

En 593, m√™me s'il ne s'agit que d'une pr√©sence symbolique car il n'a que neuf ans, Clotaire II appara√ģt √† la t√™te de ses arm√©es qui mettent en d√©route le duc austrasien Wintrio qui cherche √† envahir la Neustrie. En 596, il ravage les environs de Paris.

La reine Frédégonde meurt en 597, laissant Clotaire gouverner désormais seul.

La défaite de Dormelles (600) et ses conséquences

Vers 600, Thierry II et Th√©odebert II s'allient contre lui et le battent √† la bataille de Dormelles, pr√®s de Montereau ; il doit alors signer un trait√© qui r√©duit son royaume aux r√©gions de Beauvais, Amiens et Rouen, le reste √©tant r√©parti entre les deux fr√®res.

En 604, une première tentative de reconquête de son royaume se solde par un échec et la mort de son fils Mérovée.

Clotaire change alors de strat√©gie et se rapproche de Thierry ; en 607, il devient le parrain d'un des fils de ce dernier, qui re√ßoit le nom de M√©rov√©e.

Vers la m√™me √©poque, Thierry, repoussant apr√®s l'avoir sollicit√©e la princesse wisigothe Ermenberge, fille du roi Witt√©ric, se brouille avec ce dernier. Witt√©ric entre alors en relations avec Clotaire II en vue d'une alliance, ainsi qu'avec Th√©odebert II et Agilulf, roi des Lombards. Cette coalition contre Thierry II ne para√ģt pas avoir √©t√© suivie d'effets importants.

La guerre entre Austrasie et Bourgogne (610-612)

En 610, commence une v√©ritable guerre entre Th√©odebert et Thierry. Th√©odebert est d'abord vainqueur en 610 ; c'est alors Thierry II qui se rapproche de Clotaire, promettant de lui rendre le nord de la Neustrie qu'avait re√ßu Th√©odebert en 600. Th√©odebert est √©cras√© en 612, lors des batailles de Toul, puis de Tolbiac pr√®s de Cologne. Il le fait ex√©cuter ainsi que ses enfants, r√©unissant de nouveau l'Austrasie √† la Bourgogne.

La guerre entre Clotaire et l'union Austrasie-Bourgogne (613)

Comme convenu, Thierry rend √† Clotaire le nord de la Neustrie[r√©f. n√©cessaire][28], puis organiser une invasion de la Neustrie. Mais il meurt de dysenterie √† Metz en 613. Ses troupes se dispersent imm√©diatement, et Brunehilde place sur le tr√īne d'Austrasie son arri√®re-petit-fils Sigebert II.

Supplice de la reine Brunehaut. Grandes Chroniques de France de Charles V. XIVe si√®cle. Paris, Biblioth√®que nationale de France.

N'acceptant pas la tutelle de Brunehilde, les nobles austrasiens font appel √† Clotaire II, qui envahit l'Austrasie ; Brunehilde et les fils de Thierry lui sont livr√©s. Les enfants sont ex√©cut√©s √† l'exception de M√©rov√©e, son filleul, et peut-√™tre de Childebert qui aurait pris la fuite.

Brunehilde accus√©e d'avoir fait assassiner dix rois[29] est jug√©e et reconnue coupable. Elle subit un ch√Ętiment extr√™mement dur : supplici√©e trois jours [30] puis ex√©cut√©e en √©tant attach√©e √† l'arri√®re d'un cheval indompt√©[31].

Clotaire seul roi des Francs (613-629)

Clotaire établit sa résidence à Paris et dans les villas des alentours[32].

Les mairies du palais

Un aspect important de la nouvelle configuration est le maintien dans chacun des trois royaumes d'une administration sp√©cifique avec √† sa t√™te un maire du palais. Le maire du palais est √† l'origine le majordomus, serviteur du roi charg√© de la vie mat√©rielle du palais. Durant la p√©riode de la faide royale, la fonction a pris de l'importance et leurs titulaires, membres de la haute aristocratie, ont jou√© un r√īle politique important. C'est en particulier le cas de Warnachaire, maire du palais de Bourgogne en 613, un des responsables de la livraision de Brunehilde, qui occupe le poste jusqu'√† sa mort en 626[33]. L'√©pouse de Warnachaire, Berthe, est d'ailleurs peut-√™tre une fille de Clotaire.

L'édit de 614

En 614, Clotaire II r√©unit une assembl√©e des √©v√™ques et des grands dont les r√©sultats apparaissent dans un √©dit dat√© du 18 octobre 614. L'article 11 indique qu'il s'agit de r√©tablir "la paix et la discipline dans notre royaume" et de "r√©primer les r√©voltes et insolences des m√©chants[34] ; L'√©dit concerne l'ensemble des trois royaumes et pas seulement celui de Neustrie. Il vise les abus de pouvoir commis par certains fonctionnaires, en particulier le non-respect de certaines immunit√©s accord√©es par Chilp√©ric. L'article 12 est consid√©r√© comme notable : il √©tablit que les fonctionnaires[35] ne peuvent pas √™tre nomm√©s hors de leur r√©gion d'origine.

Dagobert, roi d'Austrasie (623)

En 623, Dagobert est "associ√© au royaume" et √©tabli "roi sur les Austrasiens"[36]. Il est alors envoy√© √† Metz, o√Ļ les deux personnalit√©s sont l'√©v√™que Arnoul et le maire du palais nouvellement nomm√© P√©pin de Landen. En m√™me temps, Clotaire op√®re un changement territorial en attribuant la r√©gion de Reims √† la Neustrie. Mais Dagobert, devenu un v√©ritable Austrasien, obtiendra en 626 le retour de Reims √† son royaume[37].

Le comportement de Clotaire II entre barbarie et christianisme

Clotaire II ne constitue pas une exception dans la lign√©e des M√©rovingiens par ses mŇďurs barbares et sa pratique de la vendetta familiale. Toutefois, il fut un des rares m√©rovingiens √† ne pas √™tre polygame. Il resta fid√®le √† Bertrude jusqu'√† son d√©c√®s en 618 puis se remaria √† Sichilde. Respectueux de l'Eglise et ses repr√©sentants qu'il pr√©f√©rait avoir pour alli√©s, il est probable qu'il s'effor√ßait de se composer une image de roi pieux, inspir√© par la saintet√© de son oncle Gontran qui l'avait prot√©g√© et lui avait permis l'accession au tr√īne et dont il faut remarquer qu'en ces temps troubl√©s il soit mort non pas assassin√© mais de vieillesse.[r√©f. n√©cessaire]

En 617, il reconduit le trait√© d'amiti√© qui liait les rois Francs aux rois Lombards.[r√©f. n√©cessaire]

Mort de Clotaire et avènement de Dagobert

A sa mort, Clotaire est inhumé, comme son père, dans la basilique Saint-Vincent de Paris, intégrée par la suite à l'abbaye Saint-Germain-des-Prés.

L'aristocratie neustrienne choisit pour roi, Caribert, demi-frère de Dagobert. Mais celui-ci, appuyé par les Austrasiens, s'impose assez facilement en Bourgogne, puis en Neustrie. Caribert est doté d'un royaume constitué de territoires aquitains.

Mariages et descendance

Il √©pouse en premi√®res noces Haldetrude, qui donne naissance √† :

  • M√©rov√©e, qui est envoy√© avec Land√©ric, maire de palais de Neustrie, pour combattre l'austrasien Berthoald √† Arele en 604, mais les deux sont tu√©s au cours de la bataille.
  • Emma, mari√©e en 618 √† Eadbald (‚Ć 640), roi de Kent.

En secondes noces, il √©pouse Bertrude, cit√©e en 613 et en 618, fille probable de Richomer, patrice des Burgondes, et de Gertrude d'Hamage. Elle a au moins :

et peut-√™tre :

  • un fils mort jeune vers 617.
  • Berthe, √©pouse de Warnachaire (‚Ć 626), maire du palais de Bourgogne[38].

En 618, il se marie avec Sichilde, sŇďur de Gomatrude, qui √©pousera Dagobert Ier, roi des Francs, et probablement de Brodulfe (ou Brunulfe), qui soutiendra Caribert II[39]. Sichilde √©tait auparavant sa concubine et avait d√©j√†[40] donn√© naissance √† :

Bibliographie

Sources d'époque

Etudes contemporaines

Ouvrages généraux
  • Christian Settipani, La Pr√©histoire des Cap√©tiens (Nouvelle histoire g√©n√©alogique de l'auguste maison de France, vol. 1), √©d. Patrick van Kerrebrouck, 1993 (ISBN 2-9501509-3-4), p. 92-100 .
  • Jean-Charles Volkmann, Bien conna√ģtre les g√©n√©alogies des rois de France, √Čditions Gisserot, 1999 (ISBN 2-877472086) .
  • St√©phane Lebecq, Les Origines franques, Points/Seuil, 1990, pages 117-119 (premi√®re partie, chapitre 5 : ¬ę La faide royale (561-603) ¬Ľ) et pages 122-130 (deuxi√®me partie, chapitre 1 : ¬ę Clotaire II et Dagobert (613-639) ¬Ľ.
  • No√™lle Deflou-Leca, Alain Dubreucq (dir.), Soci√©t√©s en Europe mi VI√®-fin IX√® si√®cle, Atlande, coll. Clefs Concours, 2003 (fiches biographiques : ¬ę Chilp√©ric ¬Ľ, ¬ę Fr√©d√©gonde ¬Ľ, ¬ę Brunehaut ¬Ľ)
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Notes et références

  1. ‚ÜĎ Il a quatre mois lors de la mort de son p√®re en septembre.
  2. ‚ÜĎ Le mot d'origine germanique "faide" correspond plus ou moins √† vendetta)
  3. ‚ÜĎ Bruno Dum√©zil, La reine Brunehaut, Paris, √©ditions Fayard, 2008, p. 212.
  4. ‚ÜĎ Fr√©d√©gaire, Chronique, III, 93.
  5. ‚ÜĎ Gr√©goire de Tours, Historia Francorum, VII, 4.
  6. ‚ÜĎ Gr√©goire de Tours, Historia Francorum, VII, 9.
  7. ‚ÜĎ Gr√©goire de Tours, Historia Francorum, VII, 2.
  8. ‚ÜĎ Gr√©goire de Tours, Historia Francorum, VII, 15.
  9. ‚ÜĎ Gr√©goire de Tours, Historia Francorum, VII, 21.
  10. ‚ÜĎ Gr√©goire de Tours, Historia Francorum, VII, 5.
  11. ‚ÜĎ a, b et c Gr√©goire de Tours, Historia Francorum, VII, 7.
  12. ‚ÜĎ Gr√©goire de Tours, Historia Francorum, VIII, 9.
  13. ‚ÜĎ La date de 587 n'est pas s√Ľre : elle d√©pend de la date de l'assassinat de Pr√©textat.
  14. ‚ÜĎ Que signifie au juste ce mot ?
  15. ‚ÜĎ Gr√©goire de Tours, Historia Francorum, VII, 8.
  16. ‚ÜĎ Gr√©goire de Tours, Historia Francorum, VII, 16.
  17. ‚ÜĎ Pr√©textat avait mari√© Brunehilde et M√©rov√©e, devenant ainsi un adversaire de Fr√©d√©gonde.
  18. ‚ÜĎ Gr√©goire de Tours, Historia Francorum, VII, 17.
  19. ‚ÜĎ Gr√©goire de Tours, Historia Francorum, VII, 13.
  20. ‚ÜĎ Gr√©goire de Tours, Historia Francorum, VII, 12.
  21. ‚ÜĎ Gr√©goire de Tours, Historia Francorum, VII, 19.
  22. ‚ÜĎ Quelles d√©cisions sont prises ?
  23. ‚ÜĎ Il faudrait dater cet √©pisode.
  24. ‚ÜĎ Gr√©goire de Tours, Historia Francorum, VIII, 31.
  25. ‚ÜĎ Gr√©goire de Tours, Historia Francorum, VIII, 42.
  26. ‚ÜĎ Gr√©goire de Tours, Historia Francorum, VIII, 43.
  27. ‚ÜĎ Gr√©goire de Tours, Historia Francorum, VIII, 44.
  28. ‚ÜĎ Ce n'est pas logique : pourquoi serait-il en guerre contre la Neustrie, apr√®s avoir rendu des territoires. Il serait plus logique qu'il soit en guerre parce qu'il ne veut pas les rendre.
  29. ‚ÜĎ Dans la liste que la chronique de Fr√©d√©gaire donne, l'auteur nomme M√©rov√©e le fils de Th√©odebert II tu√© par les Burgondes (selon la Continuation de la Chronique d'Isidore), mais ce prince est appel√© Clotaire dans la liste des victimes que dresse le tribunal jugeant Brunehilde. Chronique de Fr√©d√©gaire, IV, 43.
  30. ‚ÜĎ Chronique de Fr√©d√©gaire, IV, 42 ; Continuation de la Chronique d'Isidore.
  31. ‚ÜĎ D'autres sources, telles que les deux Vies de Didier disent qu'elle est attach√©e √† la queue de plusieurs chevaux. Jonas de Bobbio a √©galement repris cette version. La chronique de Fr√©d√©gaire aurait m√©lang√© les diff√©rentes versions, en la faisant attacher √† un cheval par un pied et un bras. Bruno Dum√©zil, La reine Brunehaut, Paris, √©ditions Fayard, 2008, p. 386.
  32. ‚ÜĎ Lebecq, page 126.
  33. ‚ÜĎ Sur les maires du palais : cf. Lebecq, pages 125-126.
  34. ‚ÜĎ Malorum hominum. Cf. Lebecq, page 124.
  35. ‚ÜĎ Le mot utilis√© est judex, "juge", c'est-√†-dire le comte ou un subordonn√© du comte. Cf. Lebecq, page 125.
  36. ‚ÜĎ rex super Austrasiis. Cit√© par Lebecq, page 126.
  37. ‚ÜĎ Lebecq, page 127.
  38. ‚ÜĎ Selon L√©on Levillain, √Čtudes m√©rovingiennes : la charte de Clotilde (10 mars 673), 1944  qui s'appuie sur un passage de la chronique de Fr√©d√©gaire.
  39. ‚ÜĎ Caribert est le demi-fr√®re de Dagobert. cf. la th√®se de Wood : l'oncle de Caribert, Brodulf, √©tait le fr√®re de Sichilde.
  40. ‚ÜĎ Caribert ayant d√©j√† un enfant en 632, il est forc√©ment n√© avant 618. Cela signifie que Caribert II et Sichilde avaient une liaison avant leur mariage.


Précédé par Clotaire II Suivi par
Chilpéric Ier
Roi de Neustrie
584-629
Dagobert Ier
Sigebert II
roi d'Austrasie
613-623
de Bourgogne
613-629
Réunification du Royaume Franc
roi des Francs
613-629
 
roi en Aquitaine
Caribert II

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Clotaire II de Wikipédia en français (auteurs)

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