Clement Marot

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Clement Marot

Clément Marot

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Clément Marot
ClementMarot.jpg
Activité(s) PoÚte
Naissance hiver 1496-1497
Cahors
DĂ©cĂšs 1544
Turin
Langue d'écriture Français
Genre(s) Poésie

ClĂ©ment Marot, nĂ© Ă  Cahors pendant l’hiver 1496-1497 et mort en 1544 Ă  Turin est un poĂšte français.

Il fut un des premiers grands poĂštes classiques français et le protĂ©gĂ© de Marguerite de Navarre, sƓur du roi de France François Ier.

Sommaire

Biographie

Enfance et formation

Comme l’écrit Frank Lestringant, « Il faut prendre garde Ă  ne pas prendre pour argent comptant toutes les donnĂ©es biographiques prĂ©sentes dans l’Ɠuvre. Il peut s’agir d’une fiction narrative montĂ©e de toutes piĂšces Â».

ClĂ©ment Marot est nĂ© Ă  Cahors, d’une mĂšre gasconne et d’un pĂšre originaire de Caen, Jean des Marets dit Marot. Ce Jean des Marets Ă©tait marchand, mais, Ă  la fin de l’annĂ©e 1505 il fut rĂ©voquĂ© par sa corporation. Il quitta alors la rĂ©gion du Quercy et se mit Ă  Ă©crire des vers. Comme ces vers plurent Ă  Michelle de Saubonne, femme du seigneur de Soubise, il fut prĂ©sentĂ© Ă  la reine Anne de Bretagne. Il fut bien reçu et devint un des poĂštes favoris de Louis XII, qu’il accompagna en Italie.

Il plaça son fils Clément, qui avait été écolier à Paris, comme page chez Nicolas de Neufville, seigneur de Villeroy, dans la maison duquel le jeune homme demeura peu. TrÚs vite le jeune Clément Marot composa lui aussi des vers.

Marguerite de Navarre

DĂšs 1513, il passa en qualitĂ© d' homme de chambre au service de Marguerite de Navarre, duchesse d’Alençon, sƓur de François Ier [1]. Ce monarque, sachant combien elle aimait la poĂ©sie, lui fit prĂ©senter Marot par le seigneur de Pothon. S’il faut en croire le dernier Ă©diteur de ses Ɠuvres, Nicolas Lenglet-Dufresnoy, le poĂšte osa aspirer aux faveurs de Diane de Poitiers et mĂȘme de Marguerite de Valois, liaison que plusieurs Ă©crivains, entre autres Laharpe, ne mettent pas en doute. Mais rien n’est moins prouvĂ© ; et l’abbĂ© Claude-Pierre Goujet assure que ces amours sont de pure invention. Marot, en effet, eut les plus grandes difficultĂ©s Ă  se faire inscrire sur l’état de la maison de la princesse, au point qu’il s’en plaint dans sa huitiĂšme ballade.

François Ier

Quoi qu’il en soit de cette liaison, le poĂšte suivit François Ier Ă  Reims et Ă  Ardres en 1520, et le duc d'Alençon au camp d’Attigny, oĂč ce prince, en 1521, Ă©tait Ă  la tĂȘte de l’armĂ©e française.

Il traduit Virgile et Lucien. DÚs 1515, il offre au nouveau roi, François Ier, un recueil intitulé, Le Temple de Cupido, fait par Maistre Clément Marot, facteur de la Royne. En 1517 ou 1518, il adresse au Roi une Petite Epistre.

En 1521, il se trouva Ă  l’armĂ©e du Hainaut que François Ier commandait en personne ; et on le voit en 1525 Ă  la bataille de Pavie, oĂč il fut blessĂ© au bras et fait prisonnier.

La prison

De plus grandes infortunes l’attendaient en France ; il y Ă©tait revenu, comptant peut-ĂȘtre un peu trop sur la protection de la cour, oĂč son talent, la politesse de ses maniĂšres et l’enjouement de sa conversation l’avaient mis en crĂ©dit. Marot, libertin d’esprit et de cƓur, peu rĂ©servĂ© dans ses propos et frondant ouvertement les observances ecclĂ©siastiques, donnait prise Ă  ses ennemis. On l’accusa d’ĂȘtre imbu des nouvelles opinions; il a des sympathies marquĂ©es pour la RĂ©forme et pour Luther. Il est arrĂȘtĂ©, accusĂ© d’hĂ©rĂ©sie et conduit dans les prisons du ChĂątelet oĂč il fut enfermĂ© en 1525. Il proteste, dans son Épitre Ă  l’inquisiteur Bouchard, qu’il n’était ni luthĂ©rien, ni zuinglien, ni anabaptiste.

AprĂšs la mort du duc d’Alençon en 1525, on a rapportĂ© qu’il se venge d’une femme aimĂ©e, une certaine Isabeau[2], en publiant ÉlĂ©gie Iere Ă  une Dame. Celle-ci piquĂ©e de l’indiscrĂ©tion de son amant ou de ses satires, se vengerait Ă  son tour et le dĂ©noncerait pour avoir mangĂ© du lard pendant le CarĂȘme. Mais la dĂ©lation mise au compte d’une femme, Luna ou Ysabeau, relĂšve de la satire misogyne la plus traditionnelle et rappelle une nouvelle fois Villon (F. Lestringant). Un pareil conte semble peu croyable. Il paraĂźt pourtant que ce fut une dame qui le dĂ©nonça, si l’on en juge par ces vers, oĂč il raconta lui-mĂȘme son aventure.[3] Vainement protesta-t-il de la puretĂ© de sa foi, et rĂ©clama-t-il l’intĂ©rĂȘt de ses maĂźtres et de ses protecteurs. La seule grĂące qu’il obtint fut d’ĂȘtre transfĂ©rĂ© en 1526 des prisons du ChĂątelet dans celles de Chartres, moins obscures et plus saines que celles de Paris ; les visites des personnes les plus considĂ©rables de la ville adoucirent un peu les ennuis de sa captivitĂ©. Ce fut lĂ  qu’il composa son poĂšme, l’Enfer, description satirique du ChĂątelet, et invective contre les abus des gens de justice[4]

Il y retoucha aussi le Roman de la Rose, en substituant des phrases connues Ă  celles qui avaient vieilli[5]. Il peut sortir de prison[6], grĂące Ă  son ami, Lyon Jamet, et Ă  l’évĂȘque de Chartres, Louis Guillard. Pour remercier son ami, il Ă©crit Epistre Ă  son amy Lion.

Épütre au roi

Sa dĂ©tention ne l’avait pas corrigĂ©. En 1526-1527, il s’éprend d’une jeune fille et Ă©crit Dalliance de Grande Amye.

En 1527, s’étant avisĂ© d’arracher des mains des archers un homme que l’on menait en prison, il y fut mis lui-mĂȘme ; et il implora la protection de François Ier par une jolie Ă©pĂźtre Epistre de Marot envoyĂ©e au Roy, qui fut si bien reçue, que ce prince Ă©crivit de sa propre main Ă  la cour des aides pour faire accorder la libertĂ© au prisonnier.[7].

En 1531, Ă  l'occasion de la mort de Louise de Savoie, mĂšre du roi, il la dĂ©peint comme une sainte qui a rĂ©formĂ© la cour de France et lui a enfin donnĂ© de bonnes mƓurs, Ă  tel point que son trĂ©pas laisse le pays et la nature sans vie, les nymphes et les dieux accourent et gĂ©missent. Il la dĂ©peint comme Ă©vangĂ©lique dans sa conception de la vie sociale avec une vision pastorale et traditionnelle de la maniĂšre dont on doit se conduire.

En 1532, il publie Epistre au Roy, par Marot estant malade Ă  Paris. Le Roi est sensible Ă  tant d’esprit et accorde Ă  Marot qui est officiellement son valet de chambre depuis 1528, cent Ă©cus d’or au soleil en faveur et considĂ©ration de ses bons et agrĂ©ables services. À peine le poĂšte commençait-il Ă  respirer, que ses sentiments sur la religion Ă©levĂšrent contre lui une nouvelle tempĂȘte. La justice saisit ses papiers et ses livres.

L’Italie

En 1533, il publie la traduction du Pseaume VI, qu’il compose aprĂšs avoir Ă©chappĂ© Ă  la terrible maladie qui le terrasse presque. À la suite de l’affaire des placards en 1534, catholiques et protestants s’affrontent violemment. François Ier, aprĂšs avoir beaucoup tergiversĂ©, dĂ©cide pour la rĂ©pression. ClĂ©ment Marot prĂ©fĂšre s’éloigner de la cour.

Il se sauva en BĂ©arn l’an 1535, et ensuite Ă  la cour de la duchesse de Ferrare, madame RenĂ©e de France en PiĂ©mont. Il y retrouve les dames de Soubise. Mais s’apercevant qu’il Ă©tait vu de mauvais Ɠil par le duc, il se retira en 1536 Ă  Venise.

Le retour en France

Ce fut de lĂ  qu’il obtint son rappel en France, puis Ă  la cour, par le moyen d’une abjuration solennelle qu’il fit Ă  Lyon entre les mains du cardinal de Tournon. Il obtient le pardon du Roi. Pour remercier le Roi, il Ă©crit Epistre au Roy, du temps de son exil Ă  Ferrare.

A ces orages succĂ©da un intervalle de paix dĂ» Ă  la prudence que la rĂ©serve italienne et le souvenir de ses disgrĂąces passĂ©es parurent lui inspirer. La publication de ses premiers Psaumes troubla cette tranquillitĂ©. En 1541, il publie Trente Pseaulmes de David, mis en françoys par ClĂ©ment Marot, puis les Cinquante Pseaumes. Cette traduction qu’il entreprit, Ă  la sollicitation du cĂ©lĂšbre Vatable, eut la plus grande vogue Ă  la cour. François Ier chantait ces Psaumes avec plaisir. Chacun des seigneurs et dames de la cour en affectionnait un qu’il accommodait de son mieux aux vaudevilles, souvent burlesques, qui Ă©taient alors Ă  la mode. Mais on peut dire qu’ici Marot avait mĂ©connu le genre de son talent ; et les personnes sensĂ©es, dit l’abbĂ© Goujet, ne tardĂšrent pas Ă  s’apercevoir qu’il avait chantĂ© sur le mĂȘme ton les hymnes du roi-prophĂšte et les merveilles d’Alix. BientĂŽt la Sorbonne crut remarquer des erreurs dans cette traduction et en porta des plaintes au roi. François Ier, qui aimait le poĂšte et qui dĂ©sirait la continuation de son travail, eut peu d’égard Ă  ces remontrances[8] La facultĂ© de thĂ©ologie n’en continua pas moins ses plaintes et ses censures, et finit par dĂ©fendre la vente de l’ouvrage[9].

La Suisse et les États de Savoie

En 1542, François Ier fait rechercher les luthĂ©riens, et bien que son nom ne soit pas prononcĂ©, il part de nouveau en exil et gagne GenĂšve. Victor Palma Cayet prĂ©tend qu’il y dĂ©baucha la femme de son hĂŽte, et qu’à la recommandation de Calvin, la peine capitale qu’il avait encourue fut commuĂ©e en celle du fouet. Cette accusation paraĂźt calomnieuse ; en effet, comment, aprĂšs une telle aventure, aurait-il osĂ© se prĂ©senter, comme il fit, devant ceux qui commandaient en PiĂ©mont pour le roi ? Il est possible que la licence de ses mƓurs, qui ne pouvait ĂȘtre tolĂ©rĂ©e dans une ville comme GenĂšve, ait donnĂ© lieu Ă  ce bruit injurieux.

En 1543, il s’installe Ă  ChambĂ©ry, capitale des États de Savoie oĂč il est tranquille et ne court aucun risque d'ĂȘtre inquiĂ©tĂ© pour ses opinions rĂ©formistes. DĂ©but 1544, il passe quelque temps au chĂąteau de Longefan (vallĂ©e de la Maurienne), puis est reçu au chĂąteau de François de Bellegarde, grand amateur de poĂ©sie, pour lequel il compose une Ă©pĂźtre.

Voulant rejoindre l'armĂ©e française au PiĂ©mont, il gagne Turin oĂč il dĂ©cĂšde dans l’indigence en 1544, toujours occupĂ© de nouveaux vers et de nouvelles amours, et laissant pour fils unique Michel Marot. Jodelle lui fit cette Ă©pitaphe dans le goĂ»t de son siĂšcle :

Querci, la Cour, le PiĂ©mont, l’Univers,
Me fit, me tint, m’enterra, me connut ;
Querci, mon los, la cour tout mon temps eut,
PiĂ©mont mes os, et l’univers mes vers.

Le personnage

Marot avait l’esprit enjouĂ© et plein de saillies sous l’extĂ©rieur grave d’un philosophe. Il joignait, ce qui arrive souvent, une tĂȘte vive Ă  un bon cƓur. DouĂ© d’un noble caractĂšre, il paraĂźt avoir Ă©tĂ© exempt de cette basse jalousie qui a terni la gloire de plus d’un Ă©crivain cĂ©lĂšbre. Il n’eut de querelle qu’avec François de Sagon et Charles de la Hueterie, qui l’attaquĂšrent pendant qu’il Ă©tait Ă  Ferrare. Le premier fut assez impudent pour solliciter la place de Marot, mais non assez favorisĂ© pour l’obtenir. Le deuxiĂšme se dĂ©dommagea du dĂ©plaisir de voir cesser la disgrĂące du poĂšte par un calembour qui donne la mesure de son esprit : Marot en avait beaucoup mis dans une Ă©pĂźtre Ă  Lyon Jamet, oĂč il racontait les peines de son exil et oĂč il se comparait au rat libĂ©rateur du lion. La HuĂ©terie s’empara de l’application que Marot se faisait de cet apologue, et crut trĂšs plaisant de l’appeler le Rat pelĂ© (le rappelĂ©). Marot ne lui rĂ©pondit que sous le nom de son valet pour mieux lui tĂ©moigner son mĂ©pris.[10]

La poésie

Le nom de Marot, dit Laharpe, est la premiĂšre Ă©poque vraiment remarquable dans l’histoire de notre poĂ©sie, bien plus par le talent qui lui est particulier, que par les progrĂšs qu’il fit faire Ă  notre versification. Ce talent est infiniment supĂ©rieur Ă  tout ce qui l’a prĂ©cĂ©dĂ©, et mĂȘme Ă  tout ce qui l’a suivi jusqu’à Malherbe. La nature lui avait donnĂ© ce qu’on n’acquiert point : elle l’avait douĂ© de grĂące. Son style a vraiment du charme et ce charme tient Ă  une naĂŻvetĂ© de tournure et d’expression qui se joint Ă  la dĂ©licatesse des idĂ©es et des sentiments : personne n’a mieux connu que lui, mĂȘme de nos jours, le ton qui convient Ă  l’épigramme, soit celle que nous appelons ainsi proprement, soit celle qui a pris depuis le nom de madrigal, en s’appliquant Ă  l’amour et Ă  la galanterie. Personne n’a mieux connu le rythme du vers Ă  cinq pieds, et le vrai ton du genre Ă©pistolaire, Ă  qui cette espĂšce de vers sied si bien. Son chef-d’Ɠuvre en ce genre est l’épĂźtre oĂč il raconte Ă  François Ier comment il a Ă©tĂ© volĂ© par son valet ; c’est un modĂšle de narration, de finesse et de bonne plaisanterie. Cette estime pour les poĂ©sies de Marot a triomphĂ© du temps et des vicissitudes du langage.

Boileau a dit dans les beaux jours du siĂšcle de Louis XIV : Imitez de Marot l’élĂ©gant badinage. La Fontaine a prouvĂ© qu’il Ă©tait plein de sa lecture. II n’y a guĂšre, dit la BruyĂšre, entre Marot et nous que la diffĂ©rence de quelques mots. Jean-Baptiste Rousseau, qui lui adresse une Ă©pĂźtre, fait gloire de le regarder comme son maĂźtre. ClĂ©ment l’a dĂ©fendu contre Voltaire, qui s’est attachĂ© Ă  le dĂ©crier dans ses derniers ouvrages, probablement par haine pour Jean-Baptiste Rousseau, coupable, selon lui, d’avoir donnĂ© le dangereux exemple du style marotique, qu’il est plus aisĂ© d’imiter que le talent de Marot.

Mais, dit encore Laharpe, il fallait que la tournure naĂŻve de ce poĂ«te fĂ»t bien sĂ©duisante, puisqu’on empruntait son langage depuis longtemps vieilli pour tĂącher de lui ressembler.

Son Ɠuvre

PoĂšte variĂ©, plus grave qu’on ne l’imagine, mais incapable de s’accommoder de l’austĂ©ritĂ© d’un Calvin, ClĂ©ment Marot participe encore de la tradition mĂ©diĂ©vale. L’Ɠuvre de Marot est trĂšs abondante et « l’élĂ©gant badinage Â» auquel Boileau l’associe dans son Art PoĂ©tique n’est qu’un aspect. On remarque, en lisant ses ƒuvres, comme le poĂšte a Ă©voluĂ© de la discipline des RhĂ©toriqueurs, vers un art trĂšs personnel qui le rapproche de l’humanisme.

L’Adolescence clĂ©mentine (1532-1538) comprend les poĂšmes de jeunesse. Ils se caractĂ©risent par la variĂ©tĂ© des formes et des sujets abordĂ©s :

  • La premiĂšre Églogue des Bucoliques de Virgile (traduction)
  • Le Temple de Cupido (inspirĂ© du "Temple de VĂ©nus" de Jean Lemaire de Belges)
  • Le Jugement de Minos (inspirĂ© de la traduction latine du "Dialogue des morts" de Lucien de Samosate)
  • "Les Tristes vers de Philippe BĂ©roalde" (traduction du "Carmen lugubre de die dominicae passionis" de Philippe BĂ©roalde)
  • Oraison contemplative devant le Crucifix (traduction de l'"Ennea ad sospitalem Christum" de Nicolas BarthĂ©lemy de Loches)
  • ÉpĂźtres : 10 piĂšces (11 si l’on compte L’ÉpĂźtre de Maguelonne). Cette Ă©pĂźtre de Maguelonne relĂšve de l’hĂ©roĂŻde.
  • Complaintes
  • Épitaphes: forme brĂšve, l’épitaphe peut ne comporter que deux vers. Au dĂ©but de la section le ton est grave, puis le sourire fait son apparition.
  • Ballades: elles comprennent une trentaine de vers rĂ©partis en trois strophes et demie, un refrain d’un vers et un envoi-dĂ©dicace. La Ballade joue sur trois ou quatre rimes. Le poĂšme se termine par une demi-strophe, adressĂ©e au Prince (ou Ă  la Princesse).
  • Rondeaux: qui comprennent de 12 Ă  15 vers, caractĂ©risĂ©s par le retour du demi-vers initial au milieu et Ă  la fin du poĂšme.
  • Chansons: La chanson est propice Ă  toutes les acrobaties de la rime.

Ces trois derniers genres étaient pratiqués par les rhétoriqueurs.

L’organisation de L’Adolescence clĂ©mentine montre que Marot compose une Ɠuvre et que le recueil n’est pas le fruit d’un Ă©panchement spontanĂ©. La chronologie n’y est pas respectĂ©e. Marot opĂšre des modifications. Ainsi la "Ballade V" change de destinataire en 1538. GĂ©rard Defaux fait observer que Marot construit sa vie dans le recueil, comme un romancier compose un roman. Marot aime inscrire son nom dans ses poĂšmes : il reprĂ©sente volontiers dans le poĂšme "l’activitĂ© scripturaire". Son goĂ»t le porte vers les genres brefs.

Éditions anciennes

Les meilleures Ă©ditions des PoĂ©sies de Marot sont :

  1. celle qu’il donna lui-mĂȘme, purgĂ©e des lourderies qu’on avait, dit-il, meslĂ©es en ses livres, Lyon, 1538 ;
  2. celle de Niort, 1596, in-16 ; rare et recherchĂ©e ;
  3. celle d’ElzĂ©vir, 2 vol. in-16 ;
  4. celle qui a paru Ă  la Haye en 1731 en 4 vol. in-4°, et en 6 vol. in-12 (voir : Nicolas Lenglet Du Fresnoy). Cette Ă©dition, la plus complĂšte de toutes jusqu’alors, est dĂ©figurĂ©e par une multitude de fautes typographiques, et par une ponctuation vicieuse, etc. L’éditeur, dĂ©guisĂ© sous le nom de Gordon de Percel, y a joint des notes quelquefois curieuses, assez souvent peu importantes et dans lesquelles il ne se montre guĂšre plus dĂ©cent que son auteur.
  5. celle de P.-R. Auguis, Paris, 1823, 5 vol. in-12, Ă©dition assez nĂ©gligĂ©e et qui n’est guĂšre supĂ©rieure Ă  la prĂ©cĂ©dente ;
  6. celle de M. Paul Lacroix, Paris, 1824, 3 vol. in-8°, augmentĂ©e d’un Essai sur la vie et les ouvrages de Cl. Marot, de notes historiques et critiques et d’un glossaire. On a suivi dans cette Ă©dition, qui est plus correcte que les prĂ©cĂ©dentes, le texte de celle de 1554 et l’orthographe de celle de 1545.

Nous citerons encore des ƒuvres choisies de Cl. Marot, accompagnĂ©es de notes historiques et littĂ©raires par M. DesprĂ©s et prĂ©cĂ©dĂ©es d’un Essai sur Cl. Marot et sur les services qu’il a rendus Ă  la langue par M. Campenon, Paris, in-8°. Outre les ouvrages indiquĂ©s, on peut consulter encore une lettre de Claude François du Verdier de la SoriniĂšre, dans le Mercure de France, juin 1740 ; le Tableau historique des littĂ©rateurs français, par M. T..., Paris, 1785, in-8° ; les Anecdotes littĂ©raires, etc. (voir : Guillaume-Thomas Raynal).

Il ne faut pas oublier que c’est Ă  Marot qu’on doit une Ă©dition correcte des PoĂ©sies de Villon. Ce fut François Ier qui le chargea de les recueillir.

Études

  • Pierre Villey, Tableau chronologique des publications de Marot, Revue du XVIe siĂšcle, II, p. 206-234, Paris, 1920
  • Michael Screech, "Marot Ă©vangĂ©lique", GenĂšve, Droz, 1967.
  • Claude A. Mayer, "La Religion de Marot", GenĂšve, Droz, 1960.
  • Robert Griffin, "Clement Marot or the Inflections of Poetic Voice", Berkeley, University of California Press, 1974.
  • GĂ©rard Defaux, Le PoĂšte en son jardin. Étude sur ClĂ©ment Marot, Paris, Champion 'Unichamp', 1996.
  • GĂ©rard Defaux, ClĂ©ment Marot - vigne et vins, Toulouse, Le PĂ©rĂ©grinateur Ă©diteur, 1996.
  • Mireille Huchon, « RhĂ©torique et poĂ©tique des genres : ‘L’Adolescence clĂ©mentine’ et les mĂ©tamorphoses des Ɠuvres de prison Â», « Le GĂ©nie de la langue française autour de Marot et de La Fontaine Â», Editions Fontenay-Saint-Cloud, 1997 (dir. J.-Ch. Monferran).
  • Thierry Martin, "PoĂ©sie homosexuelle en jobelin, de Charles d’OrlĂ©ans Ă  Rabelais", Montpellier, GKC/Question de Genre, 2007.
  • Frank Lestringant, "ClĂ©ment Marot de l’Adolescence Ă  l’Enfer", OrlĂ©ans, Paradigme, 2006.
  • Simone Domange, "Lire encore Marot", Viroflay, Roger, 2006.

Notes et références

  1. ↑ Une variante affirme que le roi le recommande Ă  sa sƓur Marguerite,duchesse d’Alençon, qui le fait secrĂ©taire de son mari, le duc d’Alençon, qu’il accompagne dans ses campagnes.
  2. ↑ Une variante donne Diane de Poitiers
  3. ↑
    Un jour j’écrivis Ă  ma mie
    Son inconstance seulement ;
    Mais elle ne fut endormie
    A me le rendre chaudement :
    Car dùs l’heure tint parlement
    A je ne sçais quel popelard,
    Et lui a dit tout bellement :
    Prenez-le, il a mangé le lard.
    Lors six pendards ne Vaillent raie
    A me surprendre finement,
    Et de jour, pour plus d’infamie,
    Firent mon emprisonnement.
    Ils vinrent Ă  mon logement.
    Lors se va dire un gros paillard :
    Par la morbleu ! voilĂ  ClĂ©ment.
    Prenez-le, il a mangé le lard.
  4. ↑
    Là (dit-il) les plus grands, les plus petits détruisent,
    LĂ  les petits peu ou point aux grands nuisent,
    Là trouve l’on façon de prolonger
    Ce qui se doit ou se peut abrĂ©ger :
    LĂ  sans argent povretĂ© n’a raison ;
    Là se détruit mainte bonne maison, etc.
  5. ↑ Paris, 1529, in-8° (voir : Lorris)
  6. ↑ On attribue aussi sa libertĂ© au retour de François Ier en 1526
  7. ↑ Cette lettre, si honorable pour le protecteur et pour le protĂ©gĂ©, est rapportĂ©e par MĂ©nage dans son Anti-Baillet, part. 2, chap. 112, p. 235, Ă©dit. in-4°.
  8. ↑ , comme Marot le tĂ©moigne dans ces vers :
    Puisque vous voulez que je poursuive, ĂŽ sire,
    L’Ɠuvre royal du Psautier commencĂ©,
    Et que tout cƓur aimant Dieu le dĂ©sire,
    D’y besogner ne me tiens dispensĂ©.
    S’en sente donc qui voudra offensĂ©,
    Car ceux Ă  qui un tel bien ne peut plaire
    Doivent penser, si jĂ  ne l’ont pensĂ©,
    Qu’en vous plaisant me plaist de leur dĂ©plaire.
  9. ↑ On sait que cette traduction, complĂ©tĂ©e par ThĂ©odore de BĂšze, a Ă©tĂ© pendant plus d’un siĂšcle le texte chantĂ© par les calvinistes dans leur culte public (voir : Goudimel), jusqu’à ce que Conrart en eĂ»t donnĂ© une version moins gauloise, que l’on y chante encore au XIXe siĂšcle.
  10. ↑ On trouvera les dĂ©tails de ce dĂ©mĂȘlĂ© dans la BibliothĂšque française, de Goujet, t. 11, p. 86, et dans les Querelles littĂ©raires de l’abbĂ© Irailh, t. 1, p. 105. Nous nous contenterons d’extraire de la rĂ©ponse de Marot les vers qui prouvent l’union dans laquelle il vivait avec les bons Ă©crivains de ce temps-lĂ , et l’estime qu’ils avaient pour lui
    Je ne voy point qu’un Saint-Gelais,
    Un Heroel, un Rabelais,
    Un Brodeaux, un Seix, un Chappuy,
    Voysent escrivant contre luy.
    Ne Papillon pas ne le poinct :
    Ne Thenot ne le tenne point :
    Mais bien un tas de jeunes veaux,
    Un tas de rimassins nouveaux,
    Qui cuydent eslever leur nom,
    Blasmant les hommes de renom

Source partielle

« ClĂ©ment Marot Â», dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabĂ©tique de la vie publique et privĂ©e de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littĂ©rateurs français ou Ă©trangers, 2e Ă©dition, 1843-1865 [dĂ©tail de l’édition]

Liens externes

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  2. Trois Coqs Ă  l’Ane de Marot d’aprĂšs les Ă©ditions princeps
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  • ClĂ©ment Janequin — (c. 1485 – 1558) was a French composer of the Renaissance. He was one of the most famous composers of popular chansons of the entire Renaissance, and along with Claudin de Sermisy, was hugely influential in the development of the Parisian chanson 
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  • Marot (name) — Marot is a surname, and may refer to: ClĂ©ment Marot, French poet Daniel Marot, French Protestant architect, furniture designer and engraver Jean Marot, father of ClĂ©ment and also a poet and to: MarĂłt, the Hungarian name for Moroda village, SeleuƟ 
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  • MAROT (C.) — Marot poĂšte lĂ©ger.... Le gentil Marot... Marot amuseur de la cour... Le thĂšme est usĂ©, mais tenace. On le doit Ă  Boileau. Or, le protĂ©gĂ© de Marguerite de Navarre a Ă©tĂ© autre chose. Il a su rire, certes, et faire rire. Mais il a Ă©tĂ© aussi, et plus 
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