Cisjordanie

ÔĽŅ
Cisjordanie

32¬į00‚Ä≤N 35¬į23‚Ä≤E / 32, 35.383

Cisjordanie

La Cisjordanie est une r√©gion du Proche-Orient qui constitue depuis 1967 un enjeu du conflit isra√©lo-palestinien. Elle couvre une surface de 5 860 km2 et compte une population totale estim√©e √† 2 514 845 personnes (2010), dont 489 500 colons isra√©liens (2008-2009) ; 192 800 (2008) d'entre eux vivent √† J√©rusalem-Est qui abrite 208 000 Palestiniens (2008).

Les frontières de la région suivent le Jourdain, la Mer morte et la Ligne verte (la ligne de cessez-le-feu de la Première Guerre israélo-arabe). La Cisjordanie englobe les villes de Jérusalem-Est, Jéricho, Naplouse, Hébron, Jénine et Tulkarem et des colonies israéliennes telles qu'Ariel, Ma'aleh Adumim, Betar Illit et le Goush Etzion ainsi que de nombreux lieux saints des trois religions abrahamiques.

La r√©gion a fait l'objet de nombreuses r√©solutions de l'ONU dont la 181 et la 242. Isra√ęl, qui la d√©signe comme ¬ę Jud√©e-Samarie ¬Ľ, y voit un territoire administr√© et disput√© alors que la communaut√© internationale la consid√®re comme un territoire occup√©. L'autorit√© palestinienne la revendique pour y fonder un √Čtat palestinien, d√©j√† reconnu dans ces fronti√®res par plusieurs pays[1].

Initialement attribu√©e par le Plan de Partage de la Palestine √† un futur √Čtat arabe, elle est annex√©e par la Transjordanie en 1949 √† l'issue de la Premi√®re Guerre isra√©lo-arabe. Suite √† la Guerre des six jours, Isra√ęl en prend le contr√īle et 300 000 Palestiniens y fuient les combats ou en sont expuls√©s[2]. Depuis cette √©poque, Isra√ęl y a favoris√© l'implantation ill√©gale de colons et en 1982 annexe J√©rusalem-Est et fait de ¬ę J√©rusalem r√©unifi√©e ¬Ľ sa capitale contre l'avis de la communaut√© internationale. En 1988, l'OLP d√©clare solennellement la cr√©ation d'un √Čtat palestinien en Cisjordanie et √† Gaza avec J√©rusalem-Est pour capitale. Entre 1990 et 2001, le statut et le partage de la r√©gion ont fait l'objet de n√©gociations infructueuses entre l'Autorit√© palestinienne et Isra√ęl. Depuis 2002, officiellement pour lutter contre le terrorisme palestinien, Isra√ęl √©difie en Cisjordanie une barri√®re de s√©paration au trac√© litigieux et malgr√© les condamnations de la communaut√© internationale[3].

Sommaire

Dénominations

√Čtymologiquement, "Cisjordanie" d√©signe la r√©gion ¬ę du m√™me c√īt√© ¬Ľ (du mot latin cis), par rapport au Jourdain, par opposition √† ¬ę l'autre c√īt√© ¬Ľ, l'autre rive du fleuve, appel√©e trans--jordanie. Ce terme est habituellement employ√© pour la rive ouest du Jourdain et est apparu entre 1948 et 1967 en rapport √† la p√©riode d'annexion par le royaume que l'on appelait encore √† l'√©poque la Transjordanie. Ce royaume hach√©mite avait √©t√© cr√©√© artificiellement dans les ann√©es 1920 sur la rive orientale du fleuve et avait √©t√© transform√© par la Soci√©t√© des Nations en mandat britannique en m√™me temps que la Palestine sur l'autre rive.

Les anglophones utilisent plus souvent, pour cette m√™me r√©gion, l'expression ¬ę West Bank ¬Ľ ‚ÄĒ litt√©ralement ¬ę rive ouest ¬Ľ ‚ÄĒ d√©nomination √©galement g√©ographique et qui a l'avantage d'√™tre plus neutre vis-√†-vis de l'autre rive du Jourdain, mais cette expression est aussi plus impr√©cise par rapport √† d'√©ventuelles fronti√®res avec l'√Čtat d'Isra√ęl, qui fut cr√©√© en 1948 du m√™me c√īt√© de cette rive.

En Isra√ęl, le gouvernement et une grande partie des Isra√©liens adoptent, depuis 1967 et plus r√©solument depuis l'av√®nement du premier gouvernement de Menahem Begin en 1977[4], la d√©nomination de "Yehuda v√©Shomron" "◊ô◊Ē◊ē◊ď◊Ē ◊ē◊©◊ē◊ě◊®◊ē◊ü" ( "Jud√©e et Samarie"), en r√©f√©rence aux territoires des deux royaumes bibliques issus du schisme entre la Jud√©e (capitale: J√©rusalem) et Isra√ęl (capitale: Samarie). D'autres utilisent en h√©breu l'expression "haGada haMa'aravit" "◊Ē◊í◊ď◊Ē ◊Ē◊ě◊Ę◊®◊Ď◊ô◊™". Enfin, en arabe (seconde langue officielle de l'√Čtat d'Isra√ęl), on retrouve parfois pour la d√©signation de cette r√©gion le terme de ¬ę Al dhifa al gharbia ¬Ľ ōßŔĄō∂ŔĀō© ōßŔĄōļōĪō®Ŕäō© qui signifie ¬ę rive ouest ¬Ľ.

L'expression israélienne officielle de Judée-Samarie (ou Judea and Samaria) affirme le lien historique entre l'identité juive et ce territoire.

L'ONU elle-m√™me a √©galement utilis√© les termes de Judea et de Samaria dans le texte de la r√©solution 181 de novembre 1947 pour d√©signer pr√©cis√©ment dans sa partie 2, les fronti√®res des deux √Čtats, arabe et juif, √† cr√©er par le partage de la Palestine mandataire. Dans ce document officiel, l'ONU utilise comme des r√©f√©rences les fronti√®res connues de la Jud√©e et de la Samarie en tant que r√©gions, en m√™me temps qu'elle parle de la Galil√©e, du N√©guev, du District d'Ha√Įfa ou du district de Gaza, ou encore des sous-districts administratifs de l'√©poque.

Des personnalit√©s publiques comme Hugh Fitzgerald[5], vice-pr√©sident du Jihad Watch Board, remettent en question l'utilisation du terme "West Bank" en expliquant que l'expression est impr√©cise et que potentiellement la totalit√© de l'√Čtat d'Isra√ęl (√† l'exception peut-√™tre du N√©guev) est √† l'ouest du Jourdain. Selon eux, il faut pr√©f√©rer utiliser une expression comme "Jud√©e-Samarie" qui est plusieurs fois mill√©naire, plut√īt que "Cisjordanie" qui ne date que de l'occupation jordanienne. Pour d'autres, comme le professeur de linguistique Lewis Glinert le regrette[6], ¬ę la bataille des mots est perdue pour les Isra√©liens ¬Ľ sur l'utilisation du terme "West Bank" car ¬ę Jordaniens, Britanniques et potentiellement le monde entier ¬Ľ utilisent d√©j√† ce terme.

Histoire

L'histoire de la Cisjordanie ne se distingue en rien de celle de l'ensemble de la r√©gion jusqu'en 1948. La Cisjordanie couvre les provinces historiques de Samarie et de Jud√©e. La chute successive de ces deux royaumes place ces territoires dans les domaines des empires babylonien, puis perse et enfin grec. La royaut√© hasmon√©enne restaure provisoirement une souverainet√© juive sur des fronti√®res de plus en plus grande avant de s'incliner face √† l'empire romain. Les derni√®res r√©voltes juives sont √©cras√©es au IIe si√®cle. Le christianisme s'impose √† l'empire romain puis byzantin.

Comme pour le reste du Proche-Orient, un large pan de la population de ces provinces se convertit √† l'islam d√®s le VIIe si√®cle, mais il subsistera continuellement des minorit√©s significatives de Chr√©tiens, de Juifs, de Samaritains et de Druzes. J√©rusalem devient au XVIe si√®cle une province de l'Empire ottoman, avant de subir, au XIXe si√®cle, l'influence croissante de la Grande-Bretagne[7].

Apr√®s le d√©membrement de l'Empire ottoman, la Soci√©t√© des Nations confie au Royaume uni un mandat sur la Palestine en 1920. D√®s 1917, la d√©claration Balfour se donnait la charge d'y constituer un ¬ę foyer national juif ¬Ľ, tout en souhaitant veiller √† la pr√©servation des droits civils et religieux de la population arabe.

Devant la croissance de l'immigration juive depuis la fin du XIXe si√®cle, la population arabe organise √† plusieurs reprises des troubles (notamment les √©meutes de J√©rusalem de 1920, le massacre d'H√©bron de 1929), et m√™me un v√©ritable soul√®vement entre la fin de 1935 et 1939.

Le plan de partage de la Palestine de novembre 1947 pr√©voit l'int√©gralit√© des monts de Jud√©e et de Samarie dans les fronti√®res de l'√Čtat arabe dont il planifie la cr√©ation (exception de J√©rusalem avec un statut s√©par√©). L'ann√©e 1947 voit s'affronter violemment les populations juive et arabe de Palestine. Au lendemain du d√©part des Britanniques, l'√Čtat d'Isra√ęl proclame son ind√©pendance le 14 mai 1948 sur les territoires qui lui sont attribu√©s par la r√©solution 181. Les arm√©es des pays arabes voisins fondent imm√©diatement sur le nouvel √Čtat. La Transjordanie, qui a l'arm√©e arabe la plus puissante de la r√©gion (la L√©gion arabe), a le projet d'annexer la plus grande partie possible de la Palestine en arrivant par l'Est. Les Isra√©liens r√©sistent puis repoussent leurs adversaires jusque dans la ville de J√©rusalem. L'armistice obtenu fige les lignes de front et la ligne verte entoure la r√©gion toujours occup√©e par la l√©gion arabe √† l'issue du conflit.

La Transjordanie, o√Ļ le mandat britannique ne s'applique d√©j√† plus depuis mai 1946, proclame l'annexion de la r√©gion d√©sormais connue sous le nom de Cisjordanie et s'√©tend sur les deux rives du Jourdain. La Cisjordanie partage alors l'histoire de la Jordanie de cette √©poque. Abd Allah ibn Hussein en devient le premier roi. Cette annexion est reconnue uniquement par le Royaume-Uni. Dans les ann√©es qui suivent, des fedayin traversent la ligne verte depuis la Cisjordanie pour op√©rer des raids en territoire isra√©lien.

La guerre des Six Jours en 1967 entre Isra√ęl et ses pays voisins fait perdre au royaume de Transjordanie, renomm√© depuis Jordanie, les territoires qu'il contr√īlait √† l'ouest du Jourdain : la Cisjordanie et J√©rusalem-Est. Isra√ęl prend le contr√īle de la r√©gion et √©tablit des colonies de peuplement juif dans ces territoires qu'il soumet √† une administration militaire. Le royaume hach√©mite continue de contr√īler la fonction publique (h√īpitaux, √©coles, municipalit√©s) et de g√©rer les lieux saints islamiques.[r√©f. n√©cessaire]

En d√©cembre 1980, Isra√ęl annexe J√©rusalem-Est par une loi fondamentale qui fait de J√©rusalem ¬ę une et indivisible ¬Ľ, la capitale de l'√Čtat.

Le 9 d√©cembre 1987 √©clate la premi√®re Intifada, d'abord dans la bande de Gaza, puis elle s'√©tend √† la Cisjordanie. C'est en juillet 1988 que le royaume de Jordanie renonce officiellement aux territoires de Cisjordanie, mettant fin √† la repr√©sentation √©lectorale des populations au sein du parlement jordanien, et faisant redessiner les cartes du royaume pour le limiter √† la rive Est du Jourdain, dans les fronti√®res qu'on lui conna√ģt aujourd'hui. L'Organisation de lib√©ration de la Palestine s'impose progressivement comme repr√©sentation des populations arabes palestiniennes.

Le processus de paix isra√©lo-palestinien installe dans les ann√©es 1990 une autorit√© palestinienne sur la bande de Gaza et sur certaines villes de Cisjordanie. Une grande partie du territoire reste sous le contr√īle int√©gral des Isra√©liens et fait l'objet de n√©gociations difficiles qui n'ont pas encore abouti. Les fronti√®res entre l'√Čtat d'Isra√ęl et la Cisjordanie ne sont pas encore clairement fix√©es et r√©sultent toujours des accords d'armistice isra√©lo-arabes de 1949 suite √† la guerre isra√©lo-arabe de 1948. Les Palestiniens consid√®rent qu'Isra√ęl occupe les territoires de Cisjordanie, alors que du c√īt√© isra√©lien, on pr√©f√®re parler de ¬ę contr√īle ¬Ľ et de territoires ¬ę disput√©s ¬Ľ plut√īt que d'occupation. Au niveau international, il est g√©n√©ralement admis que la Cisjordanie est un territoire occup√©, et qu'√† ce titre les implantations de populations isra√©liennes y ont un caract√®re ill√©gal en raison de la Convention de Gen√®ve. Isra√ęl a toujours vigoureusement contest√© cette vision des choses, argumentant que ce territoire, qui √©tait sous occupation jordanienne avant 1967, avait √©t√© perdu par la Jordanie √† l'issue du conflit.

La Cisjordanie fait d√®s lors l'objet d'un vaste processus de colonisation par des populations juives depuis les ann√©es 1970. Cette colonisation est ill√©gale selon l‚Äôarticle 49 de la Quatri√®me Convention de Gen√®ve qui d√©clare : ¬ę La Puissance occupante ne pourra proc√©der √† la d√©portation ou au transfert d‚Äôune partie de sa propre population civile dans le territoire occup√© par elle. ¬Ľ.

Ce processus a entra√ģn√© la fragmentation des territoires. Le territoire est en effet maill√© d'axes de circulation longs de 700 km desservant les colonies et interdits aux Palestiniens. L'essentiel des ressources hydrauliques de la Cisjordanie revient √† Isra√ęl et aux colonies tandis que les Palestiniens n'ont pas en g√©n√©ral le droit de forer de nouveaux puits[8].

Soldat israélien et femme palestinienne à Jérusalem-Est, en 2004.

√Ä partir de 2001, le durcissement des positions au cours des n√©gociations et surtout la seconde Intifada mettent √† mal le processus de paix. En Cisjordanie, de nombreuses incursions isra√©liennes ont lieu en repr√©sailles aux attentats-suicides palestiniens. La plus importante de ces incursions (nomm√©e ¬ę Op√©ration Rempart ¬Ľ) est d√©clench√©e suite √† un attentat palestinien particuli√®rement meurtrier dans la ville de Netanya le 27 mars 2002, revendiqu√© par le mouvement islamiste Hamas et faisant 29 morts. ¬ę Rempart ¬Ľ a consist√© en une r√©occupation de la plupart des villes palestiniennes de Cisjordanie, principalement Ramallah (o√Ļ le complexe pr√©sidentiel de Yasser Arafat a √©t√© largement d√©truit, ainsi que le centre de la s√©curit√© pr√©ventive palestinienne situ√© √† Beitounya), Naplouse (o√Ļ des combats particuli√®rement violents dans la casbah ont occasionn√© la mort de 78 Palestiniens), et J√©nine.

Soldat israélien et enfant palestinien devant le Mur

En 2002, le gouvernement isra√©lien (√† l'√©poque un gouvernement de coalition comprenant aussi bien le Likoud que les travaillistes) a d√©cid√© la construction d'une barri√®re de s√©paration dont le but annonc√© est de prot√©ger les citoyens isra√©liens des attentats-suicides. Une controverse a imm√©diatement explos√©, aliment√©e par le trac√© du passage de la cl√īture. Celui-ci, empi√©tant parfois largement hors des fronti√®res de 1967, est consid√©r√© par les Palestiniens comme une tentative d'appropriation de terres par le biais d'un fait accompli sur le terrain. Cette controverse a culmin√© lors de l'intervention de la Cour internationale de justice sur le sujet, qui a d√©clar√© le ¬ę mur ¬Ľ ill√©gal, suite √† une r√©solution de l'Assembl√©e g√©n√©rale pour la consulter. Isra√ęl n'a pas ratifi√© le trait√© cr√©ant cette Cour et ne reconna√ģt pas son autorit√© sur ce sujet litigieux sur lequel elle aurait √©t√© consult√©e sans l'accord des diff√©rentes parties impliqu√©es[9].
Malgr√© les manifestations quotidiennes en Cisjordanie, la ¬ę barri√®re de s√©curit√© ¬Ľ d'Isra√ęl progresse. Une fois achev√©e, elle devrait mesurer 730 kilom√®tres.

Cette barri√®re aggrave significativement les probl√®mes √©conomiques des populations palestiniennes et, dans un certain nombre de cas, cr√©e des obstacles √† l'acc√®s aux soins et √† l'√©ducation. Elle a cependant eu un impact significatif sur le nombre d'attentats-suicides perp√©tr√©s sur le territoire isra√©lien. Fin novembre 2004, la Cour supr√™me de l'√Čtat d'Isra√ęl a ordonn√© des changements notables du trac√© de la cl√īture, la rapprochant des fronti√®res de 1967. Cependant, des ¬ę blocs ¬Ľ de colonies isra√©liennes situ√©es dans les territoires palestiniens sont englob√©s dans le trac√© modifi√©.

En juin 2005, dans le processus li√© √† la d√©cision isra√©lienne de se d√©sengager d'une partie de la Cisjordanie et de l'int√©gralit√© de la bande de Gaza, la Cour Supr√™me de l'√Čtat d'Isra√ęl a d√©clar√© que ces territoires √©taient occup√©s par fait de guerre et ne faisaient pas partie du territoire national.

Géographie

La Cisjordanie est un territoire de 5 860 km¬≤[10] entour√© au nord, √† l'ouest et au sud par l'√Čtat d'Isra√ęl sur 307 km de fronti√®re (ligne verte) r√©sultant de l'armistice de 1949. √Ä l'est, le Jourdain constitue une fronti√®re naturelle de 97 km avec la Jordanie tandis que le sud-est du territoire est bord√©e par la mer morte.

Le point le plus bas se situe pr√®s de la mer morte √† une altitude de -408 m au plus bas de la d√©pression de la vall√©e du Jourdain. Les Monts de Jud√©e culminent au Mont Hazor √† 1 022 m, suivi par les monts Ebal (940 m) et le Garizim (881 m).

Les principaux cours d'eau sont :

  • le Wadi Fa'rah, en Samarie, qui se jette dans le Jourdain ;
  • le Mufjir (la Hadera pour les Isra√©liens), en Samarie, qui se jette dans la mer M√©diterran√©e √† Hadera en Isra√ęl ;
  • le Wadi Kabibala (ou rivi√®re Lakhish pour les Isra√©liens), en Jud√©e, qui se jette dans la M√©diterran√©e √† Ashdod en Isra√ęl.
Rue commerçante de Ramallah

Les principales villes palestiniennes de Cisjordanie sont :

Les principales colonies juives implant√©es en Cisjordanie sont :

Population

Plaque d'immatriculation d'un véhicule palestinien de Cisjordanie

La population de Cisjordanie est compos√©e :

La population totale de l'ensemble varie de 2 514 845[10] √† 2 858 000 de personnes[13],[14].

Arabes palestiniens

Selon l'institut de statistiques palestiniens PCBS, la population arabe palestinienne de Cisjordanie atteignait 3,762 millions en 2005. Toutefois, ces chiffres ont été revus à la baisse par la suite. Ces chiffres auraient été surestimés lors du recensement de 1997 afin de recevoir davantage d'aide de la communauté internationale mais également pour des raisons politiques lors des négociations de paix en cours. Les chiffres révisés en 2005 se révéleront également faux par la suite[13].

En 2006, les estimations de la population palestinienne ‚Äď y compris J√©rusalem-Est ‚Äď varient, d'apr√®s une √©tude isra√©lo-am√©ricaine, de 1,7 million[15] √† 2,4 millions, le chiffre officiel.

Plus récemment en 2007, les nouvelles statistiques démographiques palestiniennes indiquent une population arabe estimée à 2,345 millions d'habitants en Cisjordanie[16].

Les Arabes palestiniens repr√©sentent 82 % de la population de Cisjordanie[13].

Colons israéliens

Selon l'institut de statistiques isra√©lien, en 2009, la population juive isra√©lienne de Cisjordanie est √©valu√©e √† 220 000 personnes √† J√©rusalem-Est et 293 000 dans le reste du territoire[14] et connait un taux de croissance √©lev√© du fait de l'immigration et d'un tr√®s fort taux de natalit√© (+4,1 % en rythme annuel en 2009) chez les colons juifs de Cisjordanie, d√©passant celui des Palestiniens.

Selon une √©tude de Sciences Po, les colons isra√©liens repr√©sentent 20 % de la population totale en 2005 et probablement 25,5 % en 2025 ; √† terme, avec l'ach√®vement de la barri√®re de s√©paration, ils pourraient occuper jusqu'√† 40 % du territoire, annex√©s de facto par Isra√ęl[16].

L'implantation de colonies isra√©liennes en Cisjordanie a √©t√© encourag√©e depuis son occupation par Isra√ęl en 1967, avec une acc√©l√©ration du mouvement depuis 1977, sous le gouvernement de Menahem Begin. La politique de colonisation s'est poursuivie durant toute la p√©riode du processus de paix malgr√© les diff√©rents engagements de gel pris par les Isra√©liens. Le nombre de colons a plus que doubl√© entre 1993 et 2006[17]. Les colonies de peuplement sont ill√©gales d'apr√®s les r√©solutions vot√©es par l'ONU[18].

Selon un rapport sur la situation des droits de l‚Äôhomme dans les territoires palestiniens[19] pr√©sent√© le 15 mars 2000 par le Rapporteur sp√©cial de la Commission des droits de l‚Äôhomme, ¬ę la proportion de terres palestiniennes confisqu√©es par Isra√ęl serait d'environ 60 % en Cisjordanie et 33 % dans la bande de Gaza, ainsi que 33 % des superficies palestiniennes √† J√©rusalem - soit au moins 32,5 km¬≤ ¬Ľ, et ce √† des fins publiques, semi-publiques ou priv√©es, dans le but de cr√©er des zones militaires isra√©liennes, des colonies de peuplement, des zones industrielles, des routes de contournement ou des carri√®res et de mettre des terres sous le contr√īle de l‚Äô√Čtat √† l‚Äôusage exclusif d‚ÄôIsra√ęl[r√©f. n√©cessaire].

Les conditions de vie

Depuis 2000 et la Seconde Intifada, les conditions de vie des populations palestiniennes en Cisjordanie suscitent de plus en plus d'inqui√©tude. Plusieurs missions mandat√©es par l'ONU, ainsi que d'innombrables t√©moignages, indiquent une r√©gression spectaculaire du niveau de vie, du niveau d'√©ducation, et du suivi sanitaire des populations. Le principal facteur cit√© est l'accentuation, depuis la Seconde Intifada, de la tr√®s s√©v√®re restriction de circulation des biens et personnes mise en place par l'arm√©e isra√©lienne. Certaines villes (J√©richo ou J√©nine par exemple) sont entour√©es d'un foss√© interdisant toute entr√©e ou sortie de la ville, √† l'exception de points de passage ou ¬ę checkpoints ¬Ľ contr√īl√©s par l'arm√©e. Il y a aussi plus d'une centaine de ces checkpoints diss√©min√©s sur les routes de Cisjordanie, et d'innombrables contr√īles mobiles. Isra√ęl de son c√īt√© assure que ces checkpoints sont indispensables √† la protection de ses citoyens, en Isra√ęl comme en Cisjordanie. De plus, la pr√©sence et l'agrandissement continu des colonies isra√©liennes ajoutent des sources de conflits et d'incidents graves. Aujourd'hui, plus des deux tiers des Palestiniens disposent de moins de 2 $ par jour pour vivre[20]. Le taux de ch√īmage est de 17 %.

√Čconomie

Boucherie palestinienne à Jérusalem-Est

L'√©conomie de la Cisjordanie √©tait essentiellement agricole sous l'occupation jordanienne. L'occupation par Isra√ęl √† partir de 1967 a favoris√© le d√©veloppement d'une main-d'Ňďuvre industrielle en faisant appel √† des dizaines de milliers de travailleurs palestiniens employ√©s dans l'industrie isra√©lienne, et notamment dans le secteur du b√Ętiment. Cependant, cette main d'Ňďuvre est la premi√®re touch√©e par les mesures p√©riodiques de bouclages des territoires occup√©s motiv√©s par les menaces terroristes. L'activit√© industrielle n'a pas compens√© les pertes en emplois agricoles, √©galement dues √† la colonisation des meilleures terres. Aujourd'hui, l'agriculture r√©alise moins de 20% du PNB, contre 40% pour l'industrie et les services. L'activit√© industrielle se limite √† l'industrie l√©g√®re parfois tr√®s proche de l'activit√© artisanale.

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Ecuador becomes fifth Latin American country to recognize Palestinian state, Ha'aretz, 25 d√©cembre 2010.
  2. ‚ÜĎ Robert Bowker, Palestinian Refugees: Mythology, Identity, and the Search for Peace, 2003, p.82.
  3. ‚ÜĎ ¬ę L‚ÄôAssembl√©e g√©n√©rale de l‚ÄôONU a massivement adopt√© une r√©solution condamnant l‚Äô√©dification par Isra√ęl d‚Äôun mur d√©fensif empi√©tant sur les terres palestiniennes. ¬Ľ, RFI, 22 octobre 2003 : [1]
  4. ‚ÜĎ
    • Ian Lustick, The Riddle of Nationalism: The Dialectic of Religion and Nationalism in the Middle East, Logos, Vol.1, No-3, 2002, p. 18-44 The terms ‚Äúoccupied territory‚ÄĚ or ‚ÄúWest Bank‚ÄĚ were forbidden in news reports. Television and radio journalists were banned from initiating interviews with Arabs who recognized the PLO as their representative. 
    • Myron J. Aronoff, Israeli Visions and Divisions: Cultural Change and Political Conflict, Transaction Publishers, 1991, p. 10 [...] ‚ÄúJudea and Samaria‚ÄĚ, the biblical terms that the Likud government succeeded in substituting for what had previously been called by many the West Bank, the occupied territories, or simply the territories. The successful gaining of the popular acceptance of these terms was a prelude to gaining popular acceptance of the government‚Äôs settlement policies. 
    • Shlomo Gazit, Trapped Fools: Thirty Years of Israeli Policy in the Territories, Routledge, 2003, p. 162 [...] the Likud Government was not satisfied with the name ‚ÄėAdministered Territories‚Äô. Even though the name ‚ÄėJudea and Samaria‚Äô had been officially adopted as early as the beginning of 1968 instead of the ‚ÄėWest Bank‚Äô, it has hardly been used until 1977. 
    • Emma Playfair, International Law and the Administration of Occupied Territories: Two Decades of Israeli Occupation of the West Bank and Gaza Strip, Oxford University Press, 1992, p. 41 On 17 December 1967, the Israeli military government issued an order stating that ‚Äúthe term ‚ÄúJudea and Samaria region‚ÄĚ shall be identical in meaning for all purposes . .to the term ‚Äúthe West Bank Region‚ÄĚ. This change in terminology, which has been followed in Israeli official statements since that time, reflected a historic attachment to these areas and rejection of a name that was seen as implying Jordanian sovereignty over them. 
    • Ran HaCohen, Influence of the Middle East Peace Process on the Hebrew Language, Undoing and Redoing Corpus Planning, Michael G. Clyne (ed.), 1992, p. 385‚Äď414, 397 During a short period immediately after the 1967 war, the official term employed was ‚Äėthe Occupied Territories‚Äô (ha-shetahim ha-kevushim). It was soon replaced by ‚Äėthe Administered Territories‚Äô (ha-shetahim ha-muhzakim) and then by the (biblical) Hebrew geographical terms ‚ÄúJudea and Samaria‚ÄĚ. The latter were officially adopted and successfully promoted by the right wing governments (since 1977) and are still the official terms in use. 
  5. ‚ÜĎ Hugh Fitzgerald: Judea, Samaria, and "occupation"
  6. ‚ÜĎ Lewis Glinert: The language war, Jerusalem Post, janvier 2004
  7. ‚ÜĎ Encyclop√©die Encarta Article:Cisjordanie
  8. ‚ÜĎ G√©opolitique du Maghreb et du Moyen-Orient p 174
  9. ‚ÜĎ (fr)Sauver des Vies: La cl√īture antiterroriste d'Isra√ęl, par le Minist√®re des Affaires √©trang√®res de l'√Čtat d'Isra√ęl, octobre 2004
  10. ‚ÜĎ a, b, c et d CIA-The World Factobook
  11. ‚ÜĎ http://www.jerusalem.muni.il/jer_main/defaultnew.asp?lng=1
  12. ‚ÜĎ Palestinians grow by a million in decade, Jerusalem Post, 2 septembre 2008
  13. ‚ÜĎ a, b et c http://www.pcbs.gov.ps/Portals/_pcbs/census2007/ind_loca_09.pdf
  14. ‚ÜĎ a et b http://www1.cbs.gov.il/population/new_2010/table1.pdf
  15. ‚ÜĎ pademographics
  16. ‚ÜĎ a et b http://www.ceri-sciencespo.com/publica/critique/article/ci31p23-38.pdf
  17. ‚ÜĎ G√©opolitique et Maghreb et du Moyen-Orient p. 174.
  18. ‚ÜĎ http://www.un.org/french/Depts/palestine/issues_colonies.shtml
  19. ‚ÜĎ Rapport sur la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occup√©s depuis 1967, pr√©sent√© par M. Giorgio Giacomelli, Rapporteur sp√©cial, conform√©ment √† la r√©solution 1993/2 A de la Commission des droits de l'homme, 22 p. ‚ÄĒ Voir en page 9 du document.
  20. ‚ÜĎ Cisjordanie et bande de Gaza (consult√© le 4 d√©cembre 2006).

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :



Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Cisjordanie de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Cisjordanie ‚ÄĒ r√©g. de Jordanie, √† l ouest du Jourdain, qu Isra√ęl occupa en 1967. √† partir de 1994, J√©richo, puis Naplouse (1995) et cinq autres villes ont obtenu l autonomie partielle. (V. Jordanie, Isra√ęl et Palestine.) ‚Ķ   Encyclop√©die Universelle

  • Cisjordanie occup√©e ‚ÄĒ Cisjordanie Cisjordanie La Cisjordanie est une r√©gion du Proche Orient, entre Isra√ęl et la Jordanie, dont le statut est sujet √† discussions entre Isra√ęl et l Autorit√© palestinienne. Elle est consid√©r√©e comme n √©tant sous aucune souverainet√© de… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • 2009 en Cisjordanie ‚ÄĒ 2007 en Cisjordanie 2008 en Cisjordanie 2009 en Cisjordanie 2010 en Cisjordanie 2011 en Cisjordanie 2007 en Palestine 2008 en Palestine 2009 en Palestine 2010 en Palestine 2011 en Palestine 2007 dans la Bande de Gaza 2008 dans la Bande de Gaza… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Accord Int√©rimaire Sur La Cisjordanie Et La Bande De Gaza ‚ÄĒ Conflit isra√©lo arabe ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Accord interimaire sur la Cisjordanie et la Bande de Gaza ‚ÄĒ Accord int√©rimaire sur la Cisjordanie et la Bande de Gaza Conflit isra√©lo arabe ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Accord int√©rimaire sur la cisjordanie et la bande de gaza ‚ÄĒ Conflit isra√©lo arabe ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Accord int√©rimaire sur la Cisjordanie et la Bande de Gaza ‚ÄĒ L Accord int√©rimaire sur la Cisjordanie et la Bande de Gaza, √©galement connu sous le nom de Accord int√©rimaire isra√©lo palestinien ou parfois Oslo II a √©t√© sign√©, entre Yitzhak Rabin, Premier ministre d Isra√ęl et Yasser Arafat, Pr√©sident de l OLP ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Championnat De Cisjordanie De Football ‚ÄĒ Le Championnat de Palestine de football est l un des deux championnats de premi√®re division plac√©s sous l √©gide de la f√©d√©ration de Palestine de football. Les clubs de l √©dition 2008 2009 Gabal el Mokaper Hillal Areeha Wade AL Nes Alkhedher… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Championnat de Cisjordanie de football ‚ÄĒ Infobox comp√©tition sportive West Bank Premier League Cr√©ation 1977 Cat√©gorie Division 1 Lieu   ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Championnat de cisjordanie de football ‚ÄĒ Le Championnat de Palestine de football est l un des deux championnats de premi√®re division plac√©s sous l √©gide de la f√©d√©ration de Palestine de football. Les clubs de l √©dition 2008 2009 Gabal el Mokaper Hillal Areeha Wade AL Nes Alkhedher… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais


Share the article and excerpts

Direct link
… Do a right-click on the link above
and select ‚ÄúCopy Link‚ÄĚ

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.