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Christianisme

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Le christianisme est une religion monoth√©iste fond√©e sur la vie et les enseignements de J√©sus de Nazareth tels qu'ils sont pr√©sent√©s dans le Nouveau Testament et qui est apparue apr√®s sa crucifixion par les autorit√©s romaines de la province de Jud√©e au Ier si√®cle[1]. Il regroupe entre 2,1 milliards[2] et 2,243 milliards[3] de croyants. Les croyants du christianisme sont appel√©s ¬ę chr√©tiens. ¬Ľ Les Actes des Ap√ītres, un livre du Nouveau Testament, indiquent que le nom de ¬ę chr√©tien ¬Ľ, signifiant ¬ę appartenant au Christ ¬Ľ ou ¬ę partisan du Christ ¬Ľ, fut donn√© aux disciples de J√©sus de Nazareth √† Antioche au milieu du Ier si√®cle[4]. La r√©f√©rence la plus ancienne connue pour le terme christianisme se trouve dans la lettre d'Ignace d'Antioche aux Magn√©siens √† la fin du Ier si√®cle[5].

Les chrétiens croient que Jésus de Nazareth est le fils de Dieu et le Messie que prophétisait l'Ancien Testament. Les chrétiens les plus nombreux, les catholiques et les orthodoxes des 7 conciles, prennent beaucoup en considération l'interprétation patristique des textes scripturaires. C'est pourquoi la Bible chrétienne adjoint à l'Ancien Testament, le Nouveau Testament qui comporte l'ensemble des écrits relatifs à la vie de Jésus.

Le christianisme partage ses origines et de nombreux textes avec le juda√Įsme, particuli√®rement la Bible h√©bra√Įque, connue par les chr√©tiens sous le nom d'Ancien Testament ou de Premier Testament[6]. Comme le juda√Įsme et l'islam, le christianisme est class√© parmi les religions abrahamiques[7],[8].

Le christianisme est la religion la plus répandue dans le monde[9] et a profondément marqué et influencé différentes cultures et civilisations au cours de l'histoire alors qu'il était initialement considéré comme étant une secte juive parmi d'autres. Elle est présente sur tous les continents et plus particulièrement en Europe, en Amérique, en Afrique subsaharienne et en Océanie.

Sommaire

Doctrine

Les croyances et pratiques chrétiennes se sont beaucoup diversifiées au fil des siècles et autour du monde. De ce fait, il n'y a pas de définition synthétique de la foi chrétienne et de sa doctrine. Cependant, il existe certains éléments d'homogénéité tels que la croyance centrale en Jésus-Christ.

Le Christ

Le nom de J√©sus-Christ a √©t√© donn√© par les chr√©tiens √† J√©sus de Nazareth qui est consid√©r√© comme √©tant le Messie proph√©tis√© dans l'Ancien Testament. Le terme de ¬ę Christ ¬Ľ vient du grec őßŌĀőĻŌÉŌĄŌĆŌā, l'√©quivalent du terme s√©mitique Messie (de l'h√©breu ◊ě÷ł◊©÷ī◊Ā◊ô◊ó÷∑ - mashia'h), litt√©ralement ¬ę celui qui est oint ¬Ľ, et de lui d√©coule l'appellation ¬ę J√©sus-Christ ¬Ľ.

J√©sus-Christ est la figure centrale des croyances du christianisme. Plusieurs divergences existent dans les interpr√©tations des ses enseignements, mais sa vie et sa mort sont prises en exemple par tous les chr√©tiens.[r√©f. n√©cessaire] Le fondement de la religion chr√©tienne est la foi en la r√©surrection de J√©sus-Christ, bien que tous les chr√©tiens n'accordent pas la m√™me signification au terme r√©surrection. En effet, la d√©finition grecque de la r√©surrection est plut√īt de se relever des morts que de revenir √† la vie.

La profession de foi

Le kerygme, la profession de foi fondamentale des chr√©tiens contenue dans l'√Čpitre de saint Paul aux Corinthiens, stipule que, si J√©sus-Christ n'est pas ressuscit√©, la foi chr√©tienne est vide[10]. Deux autres professions de foi sont venues pr√©ciser la foi chr√©tienne, le Symbole des Ap√ītres et le Symbole de Nic√©e-Constantinople (ou credo). Cependant, tous les chr√©tiens n'accordent pas une valeur √† ces deux derniers. Ces professions de foi sont divis√©es en quatre parties. La premi√®re confirme la doctrine monoth√©iste du christianisme en stipulant qu'il n'y a qu'un seul Dieu qui est aussi le cr√©ateur. La seconde partie √©nonce que J√©sus-Christ est le Fils Unique de Dieu et qu'il a souffert, est mort et est ressuscit√© avant de monter au ciel afin de juger les vivants et les morts. L'expression de fils rel√®ve de la continuit√© de la tradition biblique, mais les chr√©tiens proclament que c'est Dieu qui se r√©v√®le de fa√ßon unique en son fils J√©sus-Christ. Les catholiques insistent davantage sur la filiation biologique dans la doctrine de la virginit√© perp√©tuelle. La troisi√®me partie des professions de foi dit que l'Esprit Saint interc√®de pour les hommes et, finalement, la quatri√®me partie √©nonce que J√©sus-Christ a institu√© une √Čglise sur terre.

La Trinité

La Trinit√© d√©coule directement de ces professions de foi. La Trinit√© est le fait que le Dieu unique se r√©v√®le en trois ¬ę personnes ¬Ľ, le P√®re, le Fils et l'Esprit Saint. Le terme de personne a donn√© lieu √† de nombreuses interpr√©tations et saint Augustin pr√©cise que ce terme, humain, ne d√©finit qu'imparfaitement la Trinit√©. La triple invocation du bapt√™me, ¬ę au nom du P√®re, du Fils et du Saint-Esprit ¬Ľ[11] fut conceptualis√©e sous forme du dogme de la Trinit√© lors des grands Conciles du IVe si√®cle. Les ex√©g√®tes[Qui ?] soulignent qu'il s'agit d'une formule baptismale en usage d√®s le IIe si√®cle.[r√©f. n√©cessaire] Les interpr√©tations de la Trinit√© sont diff√©rentes selon les chr√©tiens qui se revendiquent des √Čglises des deux conciles, des √Čglises des trois conciles ou des √Čglises des sept conciles. De plus, certains chr√©tiens tels que les unitaristes et les T√©moins de J√©hovah n'admettent pas le dogme de la Trinit√©. Ces derniers sont appel√©s antitrinitaires.

Article d√©taill√© : Christologie.

Historicité

L'√©tude historique des fondements du christianisme, la vie de J√©sus de Nazareth, est ardue parce que le Nouveau Testament qui relate sa vie a √©t√© √©crit par des croyants plus soucieux de retranscrire leur exp√©rience spirituelle que de relater les faits historiques. Une √©tude historique scientifique demande de comparer ces textes √† d'autres r√©cits relatant les m√™mes faits. Cependant, en dehors des √©vangiles du Nouveau Testament, les sources √©crites pr√©cises traitant de la vie de J√©sus sont tr√®s rares. Il y a certains textes peu complets qui ne font pas partie de la Bible qui relatent la pr√©sence de J√©sus et des controverses qu'il a provoqu√©es au sein du peuple juif.[r√©f. n√©cessaire] Ajout√© √† l'absence de preuves arch√©ologiques de l'existence de J√©sus, cette incertitude de la v√©racit√© historique des textes bibliques a pouss√© certains auteurs[Qui ?] du tournant du XIXe si√®cle et du XXe si√®cle √† faire l'hypoth√®se de l'inexistence de J√©sus.

Les modifications volontaires ou involontaires aux textes dues aux traductions sont consid√©r√©es mineures mis √† part les ajouts de gloses.[r√©f. n√©cessaire] Dans le cas du Premier Testament, un exemple de cette fiabilit√© dans la traduction est le manuscrit d'Isa√Įe qui a √©t√© retrouv√© √† Qumr√Ęn pr√®s de la mer Morte et dont la retranscription ult√©rieure √©tait tr√®s fid√®le.

L'Ancien et le Nouveau Testament

La Bible.


Aux √Čcritures issues du juda√Įsme, qui correspondent √† ce que les chr√©tiens nomment l'Ancien Testament, la tradition des premiers si√®cles du christianisme a adjoint le Nouveau Testament. On emploie souvent l'appellation ¬ę Premier ¬Ľ Testament au lieu d'Ancien, pour signifier que le Nouveau Testament ne vient pas remplacer l' ¬ę Ancien ¬Ľ mais l'accomplir. L'Ancien et le Nouveau Testament sont r√©unis dans la Bible chr√©tienne.

Le Nouveau Testament est compos√© de quatre √©vangiles (selon Matthieu, Marc, Luc et Jean), des Actes des Ap√ītres, des √Čp√ģtres et de l'Apocalypse (aussi appel√© R√©v√©lation). On consid√®re que la r√©daction de ces textes s'√©tend de la seconde moiti√© du Ier si√®cle jusqu'au d√©but du IIe si√®cle. Cependant, les manuscrits les plus anciens en notre possession remontent au IVe si√®cle de notre √®re. Cependant, l'on dispose de fragments d'√©vangiles ant√©rieurs (Magadalen, 1er si√®cle, Rylands 457: 2√®me si√®cle). Ces quatre livres pr√©sentent entre autres une exhortation √† l'amour du prochain. Cet amour peut s'exprimer de diverses mani√®res : le pardon[12], la charit√©[13], la mis√©ricorde[14], le d√©sint√©ressement[15].

On appelle ¬ę √©vangiles synoptiques ¬Ľ les √©vangiles de Matthieu, Marc et Luc, qui sont construits sur le m√™me plan. L'√©vangile de Jean est, en revanche, nettement diff√©rent.

Les √©p√ģtres de Paul de Tarse (ou saint Paul) semblent √™tre les plus anciennes (on date la premi√®re d'entre elles, la 1re √©p√ģtre aux corinthiens de l'ann√©e 40 environ, en particulier le chapitre 15 qui rappelle le dogme central de la foi, le K√©rygme) ; cette ant√©riorit√© donne √† Paul une place particuli√®re dans le christianisme, certains le consid√©rant comme le v√©ritable fondateur de la religion.

L'√©vangile de Marc est g√©n√©ralement consid√©r√© comme celui qui a √©t√© r√©dig√© en premier (vers les ann√©es 65-70 ?), et constituerait une des sources ayant servi √† r√©diger les deux autres synoptiques. Viendraient ensuite les autres √©vangiles (Matthieu et Luc, dans leur r√©daction d√©finitive vers l'an 70, mais il existe de nombreux documents ant√©rieurs, Jean apr√®s 90). Les √©vangiles ont √©t√© r√©dig√©s sur la base de traditions et de documents plus anciens. Leur r√©daction est contemporaine de la disparition des t√©moins directs de la vie de J√©sus, et manifeste la volont√© de conserver l'essentiel de la pr√©dication du Christ.

Les Actes des Ap√ītres sont la deuxi√®me partie de l'√©vangile de Luc. L'√Čp√ģtre aux H√©breux semble √™tre le texte le plus r√©cent.

Le canon ainsi constitu√© (ensemble des textes reconnus officiellement) √©carte les textes dits apocryphes. L'existence des √©vangiles apocryphes r√©v√®le que le Nouveau Testament, tel que nous le connaissons aujourd'hui, est le fruit d'un choix parmi une multiplicit√© de documents t√©moignant de la vie et de la pr√©dication de J√©sus, ainsi que de la vie de l'√Čglise primitive. Ce choix a √©t√© effectu√© d√®s le IVe si√®cle, au concile de Nic√©e, on appelle ce corpus canon des √Čcritures, en fonction de ce qui a paru alors vraisemblable, de l'anciennet√© de la tradition √† laquelle ces textes √©taient rattach√©s. Le Nouveau Testament, comme ensemble de la Bible, est donc un t√©moignage de la foi de ces communaut√©s avant d'√™tre un r√©cit historique[16].

Article d√©taill√© : Canon (Bible).

L'√Čglise et le bapt√™me

Depuis J√©sus, Dieu veut[17] cr√©er une √Čglise, non limit√©e aux seuls Juifs. Selon la Bible, alors que J√©sus est Le Fils de Dieu, les autres hommes le sont par adoption. (note: d'autre passages mentionnent J√©sus comme ¬ę Fils de l'Homme ¬Ľ, soit la r√©alit√© que l'homme est cens√© incarner durant sa vie).

C'est la foi en J√©sus-Christ et l'acceptation de l'Ňďuvre de r√©demption qu'il a accomplie qui d√©finit cette famille, et non la pratique de la loi mosa√Įque ou des doctrines religieuses : ¬ę un seul Seigneur, une seule foi, un seul bapt√™me, un seul Dieu ¬Ľ proclame l'√Čp√ģtre aux √Čph√©siens (Ep 4,5). On devient chr√©tien par le sacrement du bapt√™me[18], que l'on ne re√ßoit qu'une seule fois m√™me si on change d'√Čglise (mais ce point de vue n'est pas partag√© par tous : le bapt√™me repr√©sentant, alors, la confession publique de la conversion).

Histoire du christianisme

Articles d√©taill√©s : Origines du christianisme et Histoire du christianisme.

Critique de la religion, le mouvement des Lumières reprochait, entre autres, au christianisme d'avoir eu une histoire sanglante de l'Antiquité à son époque[19].

Une religion issue du juda√Įsme ?

D'apr√®s les √©vangiles, J√©sus ¬ę n'est pas venu abolir la Loi, mais accomplir ¬Ľ. Sa perspective est donc celle d'un accomplissement de la foi juive, dans une interpr√©tation particuli√®re √† J√©sus lui-m√™me, et non la cr√©ation d'une nouvelle religion : J√©sus, les ap√ītres, Marie la m√®re de J√©sus, tout le groupe primitif √©tait juif. Cette perspective se retrouve dans de nombreuses phrases de J√©sus rapport√©es par les √©vangiles ; ainsi, les consignes donn√©es aux disciples de s'adresser "aux brebis perdues d'Isra√ęl" (Matth. 10:6), et non aux pa√Įens.

Le christianisme a repris, de fa√ßon plus ou moins importante selon ses courants, plusieurs √©l√©ments pr√©sents dans le juda√Įsme de la p√©riode suivant la destruction du second Temple, tels que :

  • l'adaptation de la forme du culte synagogal aux √©glises de paroisses, (le culte synagogal √©tait d√©j√† pr√©sent en Galil√©e) ;
  • l'utilisation de l'ensemble des textes bibliques, au premier rang desquels les psaumes juifs, issus du livre des Louanges ; ces textes peuvent √™tre lus sur des cycles variables, pouvant atteindre jusqu‚Äô√† trois ans pour l'√Čglise catholique ;
  • un calendrier religieux, partiellement mobile, dans lequel certains √©v√®nements notables ou certains points de foi donnent lieu √† des c√©l√©brations annuelles ;
  • l'utilisation de chants et d'hymnes dans la pri√®re ;
  • dans les c√©l√©brations et les r√©unions communautaires, l'utilisation de certains mots venant de l'h√©breu biblique (par exemple : amen, hosanna, all√©luia).

Pour certains chr√©tiens, la ligne de partage entre les chr√©tiens et les juifs passe par la reconnaissance ou non du Messie en la personne de J√©sus. Cette divergence de vue trouve son origine dans des interpr√©tations diff√©rentes de divers passages de l'Ancien Testament ou Tanakh. D'un point de vue juif en revanche, le christianisme s'√©carte du juda√Įsme - il ne "l'accomplit" donc pas - en rejetant √† la fois le ¬ę joug du royaume des cieux ¬Ľ (transcendance absolue) et le "joug de la Torah et des mitsvot". Telle √©tait √©galement la posture de Marcion, un p√®re de l'√Čglise qui fut qualifi√© d'h√©r√©tique pour avoir contest√© la pr√©tendue filiation juda√Įsme-christianisme et soulign√© l'origine autonome du christianisme vis-√†-vis du juda√Įsme.

Christianisme primitif

Article d√©taill√© : Origines du christianisme.

Le christianisme s'est d√©velopp√© √† partir du Ier si√®cle dans le contexte des communaut√©s juives du Moyen-Orient et en particulier les communaut√©s juives hell√©nis√©es. Le nom ¬ę christianisme ¬Ľ vient du mot grec Christos, qui traduit l'h√©breu Messie (¬ę celui qui a re√ßu l'onction ¬Ľ). Ce mot, originellement appliqu√© √† diff√©rents personnages de la Bible (proph√®tes et rois), d√©signe dans le juda√Įsme tardif un personnage qui viendra √† la fin des temps restaurer la royaut√© de Dieu en Isra√ęl. Il est, depuis, quasi-exclusivement r√©serv√© √† J√©sus.

J√©sus est la figure fondatrice du christianisme, sans toutefois en √™tre le fondateur au sens historique : le d√©bat est encore ouvert sur le fondateur du christianisme ¬ę Paul ou J√©sus ¬Ľ, d'un point de vue th√©ologique ; mais surtout, d'un point de vue historique, le christianisme ne na√ģt pas du vivant de J√©sus. Deux √©coles se partagent chacune un consensus : le christianisme na√ģt avec l'introduction de la Birkat-ha-Minim dans la Amida (b√©n√©diction 12). Pour d'autres, le christianisme commence avec le tournant du IIe si√®cle : √©tablissement d'un canon du Nouveau Testament, p√®res apolog√®tes, d√©but d'une th√©ologie chr√©tienne (rencontre entre le mythe chr√©tien et la philosophie grecque)[20].

A l'exemple de la diversit√© r√©gnant dans le juda√Įsme (saduc√©ens, pharisiens, ess√©niens, baptistes...), le pal√©ochristianisme recouvre diff√©rentes communaut√©s comme, par exemple : 1. la communaut√© (postpascale) jud√©o-chretienne de J√©rusalem autour de Jacques, fr√®re de J√©sus, appartenant au juda√Įsme mais reconnaissant le messianisme de J√©sus et vivant dans l'attente du Royaume de Dieu ; 2. la communaut√© galil√©enne regroup√©e autour d'une interpr√©tation pr√©pascale et sapientale de la vie de J√©sus, probablement √† l'origine de la source Q commune aux √©vangiles de Luc et de Matthieu ; 3. la communaut√© hell√©no-chr√©tienne autour des figures embl√©matiques des sept pr√©pos√©s au service de table et d'entretien des veuves, et d'√Čtienne, √† l'origine probable de l'√©vangile de Matthieu ; 4. la communaut√© apocalyptique qui sera √† l'origine, probablement en recueillant des √©l√©ments ess√©niens apr√®s la chute du Temple, de l'√©vangile de Jean ; 5. la communaut√© paulinienne qui permettra dans le sillage des hell√©nistes, l'ouverture aux gentils (notamment apr√®s la rupture entre Paul et l'√©glise de J√©rusalem en 48/49), et un d√©but de divergence th√©ologique (centralit√© et pr√©√©minence de la Croix sur la Loi, et de la Foi sur les Ňíuvres). Ces communaut√©s pal√©o-chr√©tiennes (car toujours incluses dans le juda√Įsme) vont progressivement soit quasiment dispara√ģtre comme les jud√©o-chr√©tiens, soit diverger du juda√Įsme √† la faveur d'interpr√©tation diff√©rentes des √Čcritures, de l'int√©gration de nouvelles traditions orales puis textuelles (pal√©o-√©vangiles, √©p√ģtres), de facteurs historiques (soul√®vements de 66-70 puis de 135), changement de langue (de l'aram√©en/h√©breu au grec/latin), de centre d√©mographique (de la Palestine vers la totalit√© de l'Empire romain), des relations politiques avec Rome pour rester religio licita...., et des relations conflictuelles avec le juda√Įsme rabbinique qui prolonge le pharisianisme apr√®s la chute du Temple (70).

La divergence d'avec le juda√Įsme s'acc√©l√®rera au tournant du premier si√®cle.

Son expansion

Graffiti antichr√©tien du IIe si√®cle repr√©sentant un √Ęne crucifi√©. Le commentaire Alexamenos respecte dieu sugg√®re que ce dessin raille un soldat converti.

¬ę Nous ne sommes que d'hier et nous avons d√©j√† conquis la terre ¬Ľ dit le philosophe Tertullien au IIe si√®cle. Les chr√©tiens, d'abord petite minorit√© de disciples de J√©sus ainsi que les ap√ītres, se r√©pandirent surtout √† l'ouest de l¬īEmpire romain en occident, en s'appuyant sur les communaut√©s juives pr√©existantes de l'Empire.

Ensuite un probl√®me se pose : doit-on convertir les non-juifs ? En effet, le juda√Įsme est une religion qui se transmet tr√®s souvent par le sang, et √©tant donn√© que J√©sus, selon la Bible, ne s'adresse qu'aux juifs, les disciples ne savent pas s'il faut aller vers les autres. Cependant, Paul de Tarse d√©cide d'ouvrir la nouvelle religion aux autres: √† la gentilit√©.

Ils disent alors propager la Bonne Nouvelle (la r√©surrection de J√©sus). Au Ier si√®cle, les chr√©tiens sont tr√®s peu nombreux en Occident. Ils grossissent la communaut√© d'Alexandrie d√©j√† importante, puis traduisent la Bible en plusieurs langues (grec et latin) afin d'assurer la communaut√© chr√©tienne. Alors ils s'installent de l'Afrique du nord √† l'Espagne[21] et en Gaule.

Dans l'Empire romain, les autorités ne font pas une différence très nette entre juifs et chrétiens, ces derniers n'étant perçus que comme une secte juive.

La conversion de Constantin et la christianisation de l'Empire romain : avec l'√©dit de Milan en 313, les pers√©cutions contre les chr√©tiens s¬īarr√™t√®rent. Vers la fin du IVe si√®cle, le christianisme devient la religion officielle de l'Empire romain, rempla√ßant ainsi le culte romain antique et retournant la pers√©cution. Cette date marque symboliquement le d√©but de la chr√©tient√© : p√©riode de l'histoire de l'Europe o√Ļ le christianisme est la seule religion admise dans la mesure o√Ļ il pers√©cute les autres (depuis Justinien), et d'abord ses propres dissidents puis le juda√Įsme[22].

Cette victoire sur le paganisme antique s'accompagna d'une réinterprétation de la philosophie, notamment celle de Platon, dans le sens de la nouvelle religion, et de l'utilisation de nombreux motifs mythiques du monde ancien pour l'inculturation du christianisme dans le respect de la tradition apostolique.

Expansion mondiale du christianisme

Christianisme dans le Monde.

√Ä partir de la d√©couverte de l'Am√©rique par les Europ√©ens en 1492, l'expansion du christianisme a √©t√© parall√®le √† l'expansion coloniale. L'activit√© de mission a souvent √©t√© consid√©r√©e par les puissances coloniales comme un instrument permettant d'introduire les int√©r√™ts occidentaux, voire de l√©gitimer des interventions politiques ou militaires. Mais cette cohabitation n'alla pas sans heurts, l'√Čglise heurtant directement de front les int√©r√™ts coloniaux quand elle affirme que la dignit√© de l'Homme doit √™tre d√©fendue (comme dans la c√©l√®bre controverse de Valladolid). En Martinique, les √Ęmes pieuses durent se battre pour obtenir que les secours de la religion soient apport√©s aux esclaves.

Les rites indiens ou africains ne furent plus officiellement tolérés, mais le candomblé et nombre de cultes vaudous témoignent d'un syncrétisme et de la perduration des cultes africains ou amérindiens. Spécifiquement, les christologies afro-américaines témoignent que ces cultes n'ont jamais disparu. Aujourd'hui la religion chrétienne est la religion la plus répandue dans le monde.


Recul dans les pays occidentaux

Depuis une cinquantaine d'ann√©es, de nombreuses √©tudes statistiques ont d√©montr√© un recul progressif du christianisme dans les pays occidentaux. La croyance active dans les pr√©ceptes et rites du christianisme s'est largement effondr√©e, et le nombre de pratiquants et la fr√©quentation des lieux de cultes a d√©cru de mani√®re cons√©quente. Ce recul est cependant moins net dans ce que l'on peut appeler la croyance passive : de nombreuses personnes se d√©clarant toujours chr√©tiennes par tradition familiale.

Ce qui progresse le plus, c'est sans doute l'indifférence religieuse. On peut noter également les phénomènes des religions concurrentes, des croyances nostalgiques du paganisme, de l'athéisme, voire de l'antithéisme militant, qui peuvent en outre contribuer à expliquer ce phénomène.

Les scandales de certains pr√™tres p√©dophiles, l'Histoire parfois sanglante associ√©e √† certaines √Čglises (intol√©rance √† l'√©gard des polyth√©istes durant l'Antiquit√© romaine, inquisition, conversions forc√©es des indig√®nes en Am√©rique latine), les d√©cisions des papes √† caract√®re parfois jug√© trop conservateur du christianisme, peuvent √©galement jouer en sa d√©faveur. Le christianisme, s'il n'est plus dominant dans certains pays occidentaux, demeure cependant une r√©f√©rence √©thique et culturelle. Les √©piscopats nationaux sont souvent consult√©s par les gouvernants avant le vote de lois qui engagent le sens et la valeur de la vie humaine (d√©bat sur l'euthanasie, bio√©thique...). D'antiques critiques, chez certains intellectuels, reviennent au go√Ľt du jour, √† l'instar du Contre les chr√©tiens du philosophe Celse et des √©crits de l'empereur romain Julien.

Les √Čglises

Article d√©taill√© : Branches du christianisme.

Il existe trois grands groupes d'√Čglises : les catholiques, les orthodoxes et les protestantes. Le mot ¬ę chr√©tien ¬Ľ n'est pas le mot utilis√© habituellement par le Nouveau Testament pour d√©signer les disciples de J√©sus. Ceux-ci s'appellent, ou sont appel√©s, la ¬ę Voie ¬Ľ, ¬ę l'√Čglise ¬Ľ, ¬ę les √Čglises ¬Ľ ou les ¬ę Nazar√©ens ¬Ľ (du nom de Nazareth, la ville d'origine de J√©sus). Le livre des Actes des Ap√ītres nous apprend que c'est √† Antioche, donc dans une ville de langue grecque, que l'on donna pour la premi√®re fois aux disciples le nom de "chr√©tiens". Sans doute ce nom n'a-t-il servi √† l'origine que pour d√©signer ceux des disciples de J√©sus qui √©taient de langue grecque (¬ę chr√©tien  ¬Ľ signifie ¬ę disciple du christos ¬Ľ, terme grec √©quivalent √† messie).

Dans le premier si√®cle du christianisme, la pr√©dication de J√©sus a √©t√© re√ßue de mani√®re sensiblement diff√©rente selon les cultures et les communaut√©s. Un √©cho de ces diff√©rences se per√ßoit dans les textes du Nouveau Testament et la diversit√© de leurs pr√©sentations de cette pr√©dication. Les divergences sont plus importantes encore quand on prend en consid√©ration l'abondante litt√©rature dite apocryphe, dans laquelle se refl√®tent les convictions d'√Čglises dont on a aujourd'hui perdu le souvenir.

Ces diff√©rences de compr√©hension de la pr√©dication et de la personne de J√©sus ont √©t√© √† l'origine de conflits internes au christianisme et √† la cr√©ation de nombreuses h√©r√©sies, chaque √Čglise locale consid√©rant comme h√©r√©tiques les traditions et les dogmes retenus par les autres mais qu'elle rejetait.

La n√©cessit√© de s'entendre sur un langage commun sur Dieu et sur J√©sus est donc apparue tr√®s t√īt, d'o√Ļ la pratique des lettres de communion, lettres d√©livr√©es par une √Čglise pour s'assurer qu'un de ses membres en voyage est bien dans la communion de toute l'√Čglise.

Le dialogue entre chrétiens et juifs

Le premier schisme chr√©tien est en un sens la s√©paration avec le juda√Įsme, au concile de J√©rusalem, vers l'an 50[23].

Dans la perspective catholique depuis Vatican II, qui s'appuie sur la litt√©rature n√©o-testamentaire (comme par exemple l'√Čp√ģtre aux Romains), la premi√®re Alliance reste valable.

Cette attitude est celle de la plupart des √Čglises issues de la R√©forme. Certaines d√©nominations protestantes, parmi les plus fondamentalistes, envisagent encore la n√©cessit√© de convertir les juifs.

Les √Čglises pr√©chalc√©doniennes

Avec la paix constantinienne et l'acc√®s au culte chr√©tien parmi les cultes reconnus de l'Empire, le pouvoir politique a pris l'initiative de r√©unir des assembl√©es d'√©v√™ques (conciles) pour r√©gler les diff√©rends. Lorsque la majorit√© des √©v√™ques s'accordait sur un point, les √©v√™ques minoritaires ne choisissaient pas forc√©ment d'adopter la formulation retenue. C'est ainsi que sont n√©es, apr√®s le Concile de Chalc√©doine (451) (voir l'article christologie), les √Čglises dites pr√©-chalc√©doniennes ou monophysites, dont les Chald√©ens, les Syro-Malabars de l'Inde et les Nestoriens.

La séparation de l'Orient et de l'Occident

La chute de l'Empire romain d'Occident, puis la conqu√™te progressive de la partie orientale de l'Empire par les musulmans, ont eu pour r√©sultat de diviser les deux parties du bassin m√©diterran√©en. On retient souvent la date de 1054 comme celle de la s√©paration des √Čglises ; la r√©alit√© a √©t√© plus nuanc√©e, l'excommunication r√©ciproque lanc√©e alors par le pape de Rome et le patriarche de Constantinople s'inscrivant dans une longue suite de conflits. La rupture a en fait √©t√© consomm√©e au XIIIe si√®cle lorsque les Crois√©s latins ont pill√© Constantinople et d√©pos√© le patriarche lors de la Quatri√®me croisade. Une tentative d'union au Concile de Florence au XVe si√®cle n'a pas eu de r√©sultat. L'occupation de Constantinople par les Turcs a aggrav√© le foss√© culturel qui s'√©tait install√© entre les √Čglises, catholiques d'un c√īt√©, orthodoxes de l'autre.

La diff√©rence entre catholiques et orthodoxes concerne surtout l'organisation de l'√Čglise, les orthodoxes ne reconnaissant pas l'autorit√© du pape sur l'ensemble de l'√Čglise.

Les √Čglises issues de la R√©forme

Le courant protestant a son origine dans la R√©forme instaur√©e par Martin Luther au d√©but du XVIe si√®cle. Martin Luther √©tait un moine r√©volt√© par les abus de l'√Čglise catholique et proposant une r√©interpr√©tation de la foi chr√©tienne. Ce courant a donn√© naissance √† de nombreuses √Čglises : voir le sch√©ma des branches du christianisme propos√© en compl√©ment de ce chapitre.

Les √Čglises n√©es au XIXe si√®cle

Les √Čglises chr√©tiennes n√©es au XIXe si√®cle ne participent pas toutes au Conseil Ňďcum√©nique des √Čglises. Elles sont r√©pertori√©es ci-dessous au chapitre Tableaux r√©capitulatifs.

Le dialogue Ňďcum√©nique

Article d√©taill√© : Ňďcum√©nisme.

La version unioniste de l'Ňďcum√©nisme est la volont√© de b√Ętir une √Čglise unique. Ce fut un temps la pens√©e de l'archev√™que d'Uppsala Nathan S√∂derblom[24], prix Nobel de la Paix en 1929. Mais ce fut d'abord la n√©cessit√© d'une meilleure coop√©ration entre les soci√©t√©s bibliques protestantes qui amena, √† la fin du XIXe si√®cle, les premi√®res tentatives de dialogue inter-confessionnel. En 1948, ces dialogues ont donn√© naissance au Conseil Ňďcum√©nique des √Čglises (COE).

D√®s 1927[25], plusieurs √Čglises orthodoxes ont particip√© au travail Ňďcum√©nique de la conf√©rence mondiale Foi et Constitution. Elles ont rejoint en 1961 le COE.

Avec le Concile de Vatican II, en 1962, l'√Čglise catholique s'est engag√©e dans le dialogue Ňďcum√©nique. Elle n'est pas membre du COE pour des raisons doctrinales (par exemple, depuis la d√©claration Dominus Jesus l'√Čglise catholique ne parle plus d'"√Čglises" pour les protestants mais parle de "communaut√©s eccl√©siales") et de volont√© de primaut√© [26]. Cela ne l'emp√™che pas de participer √† divers travaux de dialogue Ňďcum√©nique[27], quoique depuis l'√©lection de Beno√ģt XVI, elle se situe dans la perspective de Mortalium Animos, encyclique de 1928.

Le christianisme face aux questions sociétales

Retour sur l'Histoire

Depuis le commencement du christianisme, le message biblique et les √©vangiles en particulier ont inspir√© une attitude aux chr√©tiens face √† leur prochain : amour, charit√©.

Au Moyen √āge et pendant la p√©riode moderne, la charit√© s'exer√ßait dans le cadre d'ordres religieux. Ainsi les soins de sant√© √©taient prodigu√©s dans des hospices cr√©√©s par des ordres religieux. De m√™me l'√©ducation √©tait donn√©e dans le cadre d'√©tablissements tenus exclusivement par des religieux. La religion impr√©gnait une grande partie de la vie sociale. D'autre part, compte tenu de la population mondiale √† cette √©poque, et des moyens techniques dont les hommes disposaient, les activit√©s de l'humanit√© ne pouvaient pas avoir d'impact significatif sur l'environnement.

Un tournant tr√®s important a commenc√© √† se manifester au XVIIe si√®cle avec l'apparition de la science moderne, n√©e avec Galil√©e. Pour la premi√®re fois, la science apparaissait comme capable d'expliquer des ph√©nom√®nes que la religion ne savait pas appr√©hender par elle-m√™me. La condamnation de Galil√©e, qui nous est apparue r√©trospectivement bien malencontreuse[28], a provoqu√© une r√©action des scientifiques, entre autres de Descartes[29]. Au si√®cle des Lumi√®res, la plupart des philosophes ont critiqu√© la religion chr√©tienne, et ce ph√©nom√®ne a trouv√© son paroxysme dans la R√©volution fran√ßaise, puis dans le d√©veloppement d'id√©ologies ath√©es (marxisme, positivisme, nihilisme,...) qui exaltaient souvent le r√īle de la science et des techniques dans les progr√®s de l'humanit√©.

Au XIXe si√®cle, la R√©volution industrielle, n√©e des progr√®s scientifiques et techniques, a entra√ģn√© le d√©veloppement d'un prol√©tariat ouvrier, et d'une certaine mis√®re sociale dans les pays occidentaux.

Plus près de nous, à partir des années 1970, nous prenons conscience progressivement que les activités humaines, issues pour une grande part de la Révolution industrielle, ont un impact important sur l'environnement, ce que le philosophe Hans Jonas dénonçait dès la fin des années 1970[30].

Le caractère mondial de cette évolution a provoqué une réaction de certains responsables de la société civile et de quelques dirigeants politiques, qui ont souhaité apporter une réponse structurée dans ce que l'on appelle maintenant communément le développement durable.

Ainsi, √ģl appara√ģt que la R√©volution industrielle a des cons√©quences tr√®s importantes, tant sur le plan social que sur le plan environnemental.

La question sociale

Après la Révolution française, il est devenu plus difficile pour les chrétiens d'avoir une activité d'aide sociale dans un cadre purement professionnel, puisque les ordres religieux ne dispensaient plus de services en matière de santé, et beaucoup moins en matière d'enseignement.

La r√©volte des Canuts en 1831 fut l'un des premiers √©v√©nements o√Ļ se manifesta la mis√®re ouvri√®re. Un certain Fr√©d√©ric Ozanam en fut si boulevers√© qu'il fonda la soci√©t√© Saint Vincent de Paul pour l'aide aux pauvres. Ce fut le d√©but de l'action du catholicisme social, qui aboutit en 1891 √† l'encyclique Rerum Novarum de L√©on XIII, qui reconna√ģt les droits des ouvriers et cautionne solennellement le d√©veloppement d'un mouvement social. Les premiers syndicats furent des syndicats chr√©tiens.

Depuis cette √©poque, en ce qui concerne le catholicisme, les papes ont r√©guli√®rement mis √† jour la doctrine sociale de l'√Čglise. Celle-ci comprend un ensemble de principes et de valeurs qui doivent dicter l'action des catholiques en mati√®re sociale. L'action sociale des chr√©tiens peut aujourd'hui intervenir en France dans le cadre du b√©n√©volat dans des associations.

Article d√©taill√© : Doctrine sociale de l'√Čglise.

La question environnementale

Article d√©taill√© : Environnement#L'environnement en religion.

Dans les milieux √©cologistes, on entend souvent dire que la responsabilit√© morale du saccage de la plan√®te est imputable √† la mentalit√© jud√©o-chr√©tienne. Cette accusation est n√©e dans les pays anglosaxons et a connu une de ses premi√®res expressions dans un article publi√© en 1967 dans la revue Science par le professeur Lynn White Jr, universitaire am√©ricain sp√©cialiste d'histoire m√©di√©vale. Cet auteur soutenait que la Bible enseigne dans les premiers chapitres de la Gen√®se, une domination inconditionn√©e de l'homme sur la nature[31] :

¬ę Puis Dieu dit : faisons l‚Äôhomme √† notre image, selon notre ressemblance, et qu‚Äôil domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le b√©tail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre.

Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme.

Dieu les b√©nit, et Dieu leur dit : soyez f√©conds, multipliez, remplissez la terre, et assujettissez-la ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre[32]. ¬Ľ

‚ÄĒ Gen√®se 1, 26-28

Jean Bastaire soutient que cette accusation est totalement injustifi√©e, √† la lumi√®re de toute la tradition chr√©tienne[33]. Le passage suivant de la Gen√®se est interpr√©t√©[34] comme conseillant √† l'homme de ne pas abuser de la nature en tant que ma√ģtre absolu :

¬ę Yahweh Dieu prit l'homme et le pla√ßa dans le jardin d'Eden pour le cultiver et pour le garder. ¬Ľ (Gn 2, 15)

La commission sociale des √©v√™ques de France a fait en 2000 une mise au point :

¬ę Dans un pass√© r√©cent, les verbes ¬ę soumettre ¬Ľ et ¬ę dominer ¬Ľ ont √©t√© interpr√©t√©s, dans certaines th√©ologies du travail dans un sens trop dominateur, comme si l‚Äôhomme √©tait d√©miurge et jouissait de tous les pouvoirs[35]. ¬Ľ
¬ę Ainsi, l‚ÄôHomme n‚Äôest pas le ma√ģtre absolu de la cr√©ation. S‚Äôil a le droit d‚Äôen user, il n‚Äôa pas celui d‚Äôen abuser. Il doit en √™tre l‚Äôintendant et le gestionnaire responsable. C‚Äôest une g√©rance qui lui est confi√©e afin qu‚Äôil la fasse fructifier et la rende habitable pour tous[36]. ¬Ľ

Jean Bastaire attribue lui la responsabilit√© de cette mauvaise interpr√©tation du passage de la Gen√®se √† Descartes[37], lorsque celui-ci d√©clare :

¬ę Car elles m'ont fait voir qu'il est possible de parvenir √† des connoissances qui soient fort utiles √† la vie ; et qu'au lieu de cette philosophie sp√©culative (la scolastique) qu'on enseigne dans les √©coles, on en peut trouver une pratique, par laquelle, connoissant la force et les actions du feu, de l'eau, de l'air, des astres, des cieux, et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connoissons les divers m√©tiers de nos artisans, nous les pourrions employer en m√™me fa√ßon √† tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme ma√ģtres et possesseurs de la nature[38]. ¬Ľ

Il ne s'agit donc pas pour l'homme d'√™tre ma√ģtre et possesseur de la nature, mais d'en √™tre un intendant responsable.

Les chrétiens prennent conscience depuis les années 1970 de la gravité de la crise écologique, et appellent au respect de l'environnement.

Tableaux récapitulatifs

Annexes

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Articles connexes

Bibliographie

Notes et références

  1. ‚ÜĎ <(en) Religion & Ethics - Christianity sur BBC
  2. ‚ÜĎ (en)Estimations du nombre d'adh√©rents des croyances principales
  3. ‚ÜĎ www.gordonconwell.edu
  4. ‚ÜĎ Ac 11;26
  5. ‚ÜĎ Lettre d'Ignace d'Antioche aux Magn√©siens, note 14, dans Les P√®res Apostoliques, Coll. Foi Vivante, Cerf, 1998 p. 174.
  6. ‚ÜĎ Ac 3;1 ; Ac 5;27 ‚Äď 42 ; Ac 21;18 ‚Äď 26 ; Ac 24;5; Ac 24;14 ; Ac 28;22 ; ;16;&version=50; Rm 1;16 ; Tacite, Annales xv 44 ; Flavius Jos√®phe Antiquit√©s xviii 3
  7. ‚ÜĎ J.Z.Smith 98, p. 276
  8. ‚ÜĎ Anidjar 2001, p. 3
  9. ‚ÜĎ (en)World Factbook de la CIA, 2009, les chr√©tiens repr√©sentent 33,2 % des 6,79 milliards d'individus que compte alors la plan√®te, soit 2,25 milliards personnes.
  10. ‚ÜĎ ¬ę Si Christ n'est pas ressuscit√©, notre pr√©dication est vide et vide aussi votre foi ¬Ľ, Premi√®re √©p√ģtre aux Corinthiens, 15;14
  11. ‚ÜĎ fin de l'√Čvangile de Matthieu
  12. ‚ÜĎ Voir la 7e ligne du Notre P√®re: "Comme nous pardonnons aussi √† ceux qui nous ont offens√©s" (version Ňďcum√©nique) ; "comme nous remettons √† nos d√©biteurs" (version de l'√Čglise orthodoxe).
  13. ‚ÜĎ 1 Co 13.
  14. ‚ÜĎ Mt 5, 7.
  15. ‚ÜĎ 1 Th 2, 5. Voir √©galement le Notre P√®re, "ne nous soumets pas √† la tentation".
  16. ‚ÜĎ Seules les √Čglises les plus traditionalistes con√ßoivent le NT comme un r√©cit historique
  17. ‚ÜĎ Cette affirmation doctrinale n'est pas partag√©e par tous les chr√©tiens. Sp√©cifiquement, les catholiques pensent que Dieu a fond√© l'√Čglise catholique, avec institutions alors que les autres chr√©tiens mettent l'accent sur le caract√®re "assembl√©e"
  18. ‚ÜĎ Nombre de chr√©tiens anabaptistes consid√®rent que leurs enfants sont chr√©tiens avant d'avoir √©t√© baptis√©s, car ce courant th√©ologique consid√®re que ce n'est pas le rite qui fait le chr√©tien mais le genre de vie.
  19. ‚ÜĎ Thomas W. Gaehtgens, L'art et les normes sociales au XVIIIe si√®cle, MSH, 2001, 543 p. (ISBN 2735109178), p. 356 
  20. ‚ÜĎ Voir Le Jud√©o-christianisme dans tous ses √©tats Actes du colloque de J√©rusalem, 6-10 juillet 1998, ouvrage collectif publi√© au CERF; voir the ways that never parted colloque Oxford Princeton 2002. De m√™me Dan Jaff√© dans Le juda√Įsme et l'av√®nement du christianisme, orthodoxie et h√©t√©rodoxie dans la litt√©rature talmudique Ier et IIe si√®cles , CERF, montre que l'introduction de la Birkhat Ha Minim n'est pas d√©terminant
  21. ‚ÜĎ Les rois vandales prendront des d√©crets pour interdire aux Vandales chr√©tiens les c√©r√©monies communes avec les juifs.
  22. ‚ÜĎ La conversion de Constantin et la christianisation de l'Empire romain
  23. ‚ÜĎ Cette phrase est une affirmation doctrinale. Elle n'a rien d'historique au sens que le mot "concile" est un anachronisme, que la certitude de cette rencontre comme son contenu sont encore en d√©bat. Toutefois, elle est classique dans l'apolog√©tique chr√©tienne. D'un point de vue historique, christianisme et juda√Įsme ne se s√©parent pas en 50 mais √† des dates variables selon les r√©gions ; pour certaines, ils prient encore ensemble au VIe si√®cle.
  24. ‚ÜĎ Nathan S√∂derblom - Biography
  25. ‚ÜĎ Concr√®tement des discussions sont engag√©es depuis le congr√®s des Soci√©t√©s Bibliques, le colloque de Chicago en 1893 qui cr√©e le Parlement International des religions, √† Chicago, organis√© par un chr√©tien unitarien, Jenkin Lloyd Jones, et Swami Vivekananda
  26. ‚ÜĎ quoiqu'elle pr√©tende que c'est aussi une question de taille : elle repr√©senterait √† elle seule plus de fid√®les que tous les autres membres du COE, alors qu'elle n'aurait comme les autres √©glises, qu'une seule voix.
  27. ‚ÜĎ mais sanctionne ou inqui√®te syst√©matiquement ses th√©ologiens d√®s qu'ils √©laborent dans une th√©ologie pluraliste : Hans K√ľng, Yves Congar o.p., Jacques Dupuis s.j., Claude Geffr√© o.p.
  28. ‚ÜĎ Voir l'article repentance de l'√Čglise
  29. ‚ÜĎ Voir l'article r√©volution copernicienne sur le d√©veloppement de ce changement de paradigme
  30. ‚ÜĎ Le principe responsabilit√©, 1979
  31. ‚ÜĎ H√©l√®ne et Jean Bastaire, Pour une √©cologie chr√©tienne, page 15
  32. ‚ÜĎ La Bible, traductions de Louis Segond, John Nelson Darby, Chanoine Crampon 1910 - 1872 - 1923
  33. ‚ÜĎ H√©l√®ne et Jean Bastaire, Pour une √©cologie chr√©tienne
  34. ‚ÜĎ Encyclique Caritas in Veritate, n¬į 48
  35. ‚ÜĎ Le respect de la cr√©ation, ¬ß 11
  36. ‚ÜĎ Le respect de la cr√©ation, ¬ß 12
  37. ‚ÜĎ Conf√©rence Christianisme et environnement √† la Maison des Polytechniciens. 13 juin 2007
  38. ‚ÜĎ Discours de la m√©thode, sixi√®me partie
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