Chimie

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Chimie

La chimie est une science de la nature. Elle est divisée en plusieurs spécialités expérimentales et théoriques à l'instar de la physique et de la biologie avec lesquelles elle partage parfois des espaces d'investigations communs ou proches.

Selon l'American Chemical Society, la plus grande association de chimistes au monde, la chimie √©tudie :

  1. les √©l√©ments chimiques √† l'√©tat libre, atomes ou ions atomiques, et les innombrables et diverses associations par liaisons chimiques qui engendrent notamment des compos√©s mol√©culaires stables ou des interm√©diaires plus ou moins instables. Ces entit√©s de mati√®re peuvent √™tre caract√©ris√©es par une identit√© reli√©e √† des caract√©ristiques quantiques et des propri√©t√©s pr√©cises ;
  2. les processus qui changent ou modifient l'identit√© de ces particules ou mol√©cules de mati√®re, d√©nomm√©s r√©action, transformation, interaction... ;
  3. les m√©canismes intervenant dans les processus chimiques ou les √©quilibres physiques entre deux formes. Leurs d√©finitions pr√©cises permettent de comprendre ou d'interpr√©ter avec des hypoth√®ses l'√©volution mat√©rielle avec en vue une exploitation des r√©sultats de fa√ßon directe ou induite ;
  4. les ph√©nom√®nes fondamentaux observables en rapport avec les forces de la nature qui jouent un r√īle chimique, favorisant les r√©actions ou synth√®se, addition, combinaison ou d√©composition, s√©paration de phases ou extraction. L'analyse permet de d√©couvrir les compositions, le marquage s√©lectif ouvre la voie √† un sch√©ma r√©actionnel coh√©rent dans des m√©langes complexes.

La taille des entités chimiques varie des simples atomes ou molécules nanométriques aux édifices moléculaires de plusieurs dizaines de milliers d'atomes dans les macromolécules, l'ADN ou protéines de la matière vivante (infra)micrométrique, jusqu'à des dimensions parfois macroscopiques des cristaux. En incluant l'électron libre composant des réactions radicalaires, les dimensions des principaux domaines d'application se situent globalement entre le femtomètre (le fermi ou 10-15 m)[1] et le micromètre (l'impropre et trivial micron ou 10-6 m).

L'√©tude du monde √† l'√©chelle mol√©culaire soumise paradoxalement √† des lois singuli√®res, comme le prouvent les r√©cents d√©veloppements nanotechnologiques, permet de mieux comprendre les d√©tails de notre monde macroscopique. La chimie est qualifi√©e de ¬ę science centrale ¬Ľ[2] en raison des puissants liens qu'elle poss√®de avec la biologie et la physique, ainsi qu'avec la m√©decine, la pharmacie, l'informatique et la science des mat√©riaux, sans oublier des domaines appliqu√©s tels que le g√©nie des proc√©d√©s.

La physique et surtout son instrumentation sont devenus h√©g√©moniques apr√®s 1950 dans le champ de la science de la mati√®re. Les avanc√©es en physique ont surtout refond√© en partie la chimie physique et la chimie inorganique. La chimie organique par l'interm√©diaire de la biochimie a partag√© des recherches valorisant la biologie. Mais la chimie n'en garde pas moins une place incontournable et l√©gitime dans le champ des sciences exactes : elle fournit des produits, d√©couvre ou invente des structures mol√©culaires qui b√©n√©ficient de fa√ßon extraordinaire √† la recherche physique ou biologique. Enfin, il ne faut pas d√©consid√©rer l'h√©ritage coh√©rent que les chimistes d√©fenseurs marginaux des structures atomiques ont l√©gu√© aux acteurs de la r√©volution des conceptions physiciennes au tout d√©but du XXe si√®cle.

Sommaire

√Čtymologie et Histoire

√Čtymologie

Trois √©tymologies sont fr√©quemment cit√©es, mais ces hypoth√®ses peuvent √™tre reli√©es :

  • l'une √©gyptienne, kemi viendrait de l'ancien √©gyptien Khemet, la terre. Il se retrouve aussi dans le copte chame ¬ę noire ¬Ľ puisque dans la vall√©e du Nil, la terre est noire. L'art de la kemi, par exemple les poisons min√©raux, a pu influencer la magie noire. La terre d'√Čgypte elle-m√™me aurait √©t√© fort anciennement une terre conquise par des peuples noirs[3] ;
  • la racine grecque se lie √† ŌáŌÖőľőĶőĮőĪ, khumeia, ¬ę m√©lange de liquides ¬Ľ (ŌáŌÖőľŌĆŌā, khumos, ¬ę suc, jus ¬Ľ)[4] ;
  • enfin, certains √©tymologistes assurent que ¬ę chimie ¬Ľ proviendrait de l'arabe al kemi, ōßŔĄŔÉŔäŔÖŔäōßō° (litt√©ralement la kemia, la ¬ę chimie ¬Ľ[5]), venant du grec ŌáőĶőľőĶőĮőĪ, khemeia, qui signifie ¬ę magie noire ¬Ľ, mot lui-m√™me venant de l'√©gyptien ancien kem qui d√©signe la couleur noire.

Note

  • Al kem signifie aujourd'hui en arabe la quantit√©, attestant que la chimie passe par une pr√©coce approche quantitative de la mati√®re, couvrant indistinctement le champ des premiers proc√©d√©s chimiques comme celui du dosage en pharmacop√©e.
  • Khem(et) d√©signe la terre pour les anciens √©gyptiens. La chimie est l'art de la terre et le savoir sur la terre.
  • En persan, "Kimiya", "kimyaw" ou "Kamy√Ęb" pour les iraniens d'aujourd'hui, signifie rare. Rhaz√®s (Razi), l'alchimiste perse du IXe si√®cle, cherchait √† obtenir un √©l√©ment rare capable de transformer les m√©taux en or.

Les origines

Schéma de distillation au laboratoire.
La distillation fractionnée sert à séparer des corps chimiques de différentes volatilités. Le recueil méticuleux de phases vapeur semble l'une des plus anciennes opérations chimiques connues.

L'art d'employer ou de trier, préparer, purifier, de transformer les substances séchées mises sous forme de poudres, qu'elles proviennent du désert ou de vallées sèches a donné naissance à des codifications savantes. Elles sont d'abord essentiellement minérales. Mais les plantes éphémères et les arbres pérennes du désert, et leurs extraits gommeux ou liquides nécessaires aux onguents, ont été très vite assimilés à celles-ci, par reconnaissance de l'influence des terres et des roches.

Outre la connaissance du cycle de l'eau et les transports s√©dimentaires, la ma√ģtrise progressive des m√©taux et des terres, les Anciens Egyptiens connaissent le pl√Ętre, le verre, la potasse, les vernis, le papier (papyrus durci √† l'amidon), l'encens, une vaste gamme de couleurs min√©rales ou pigments, de rem√®des et de produits cosm√©tiques... Plus encore que les huiles √† onction ou les bains d'eaux ou de boues relaxant ou gu√©risseurs, la chimie est un savoir sacr√© qui permet la survie, par exemple par l'art sophistiqu√© d'embaumer ou par le placement des corps des plus humbles dans un endroit sec.

L'art de la terre √©gyptien a √©t√© enseign√© en pr√©servant une conception unitaire. Les temples et les administrations religieuses ont pr√©serv√© et parfois fig√© le meilleur des savoirs. Le pouvoir politique souverain s'est appuy√© sur les mesures physiques, arpentage et hauteur hydraulique des crues, peut-√™tre sur la densit√© du limon en suspension, pour d√©terminer l'imp√īt et sur les mat√©riaux permettant les d√©placements ou la mobilit√© des arm√©es. Le vitalisme ou les cultes agraires et animaux, domaines appliqu√©s de la kemia, ont √©t√© pr√©serv√©s dans des temples, √† l'instar d'Ammon, conservatoire des fumures azot√©es et de la chimie ammoniacale antique.

Signes alchimiques des sept m√©taux : √Čtain (Jupiter), Plomb (Saturne), Or (Apollon, soleil), Cuivre (V√©nus), Mercure, Argent (Diane, Lune), Fer (Mars)

Nos rep√®res de pens√©e taxonomique sont profond√©ment influenc√©s par les civilisations grecques puis hell√©nistiques, f√©rues de th√©orisations, qui ont lentement esquiss√© de fa√ßon sommaire ce qui encadre aux yeux profanes la chimie, la physique et la biologie. Elles ont laiss√© les techniques vulgaires au monde du travail et de l'esclave. L'√©mergence de spiritualit√©s populaires, annexant l'utile √† des cultes herm√©tiques, a promu et malax√© ses bribes de savoirs dispers√©s. Il est d'ailleurs significatif que les premiers textes dat√©s tardivement du Ier si√®cle et IIe si√®cle apr√®s J√©sus-Christ qui nous soient parvenu comportent √† l'exemple de l'alchimie m√©di√©vale la plus √©sot√©rique, une partie mystique et une partie op√©ratoire[6]. La religiosit√© hell√©nistique nous a ainsi l√©gu√© aussi bien le bain marie, de Marie la Juive que l'abscon patronage d'Herm√®s Trism√©giste, divinit√© qui pr√©tendait expliquer √† la fois le mouvement et la stabilit√© de toute chose humaine, terrestre ou c√©leste.

√Čvolution avant l'apparition d'une science m√©caniste

Au cours des si√®cles ce savoir empirique oscille entre art sacr√© et pratique profane. Il s'est pr√©serv√© comme l'atteste le vocable chimia des scolastiques en 1356, mais savoir et art de faire sont souvent segment√©s √† l'extr√™me, parfois am√©lior√© dans le monde paysan, artisan ou minier avant de devenir une science exp√©rimentale, la chimie, au cours des troisi√®me et quatri√®me d√©cennies du XVIIe si√®cle. Au m√™me titre que la physique, le prodigieux essor de la pens√©e et de la mod√©lisation m√©canistes, fait na√ģtre la chimie sous forme de science exp√©rimentale et descriptive[7]. Riche de promesses, la chimie reste essentiellement qualitative et bute sur le retour incessant des croyances √©cart√©es.

Les alchimistes ont subsist√© jusqu'en 1850. Ils √©taient accept√©s par les croyances communes, poursuivant la qu√™te de la pierre philosophale et continuant l'alchimie sous une forme √©sot√©rique. La rupture entre la chimie et l'alchimie appara√ģt pourtant clairement en 1722, quand √Čtienne Geoffroy l'A√ģn√©, m√©decin et naturaliste fran√ßais, affirme l'impossibilit√© de la transmutation. La chimie exp√©rimentale et l'alchimie diff√®rent d√©j√† radicalement ; il est donc n√©cessaire de pouvoir distinguer ces deux termes rest√©s dans le langage.

La chimie a connu une avancée énorme avec Antoine Lavoisier qui l'a promue en science exacte. Lavoisier reste dans l'Histoire comme celui qui a découvert la combustion par l'oxygène (1775). Le philosophe Thomas Samuel Kuhn considère qu'il s'agit d'une révolution scientifique majeure, qui a donné naissance à la chimie moderne[8].

Les biographies des savants français et étrangers sont répertoriées dans les articles catégorie: chimiste ou dans la liste de chimistes.

Les représentations de l'atome et de la molécule

Article d√©taill√© : Atome.
John Dalton à son modeste bureau de laboratoire mancunien

L'√©tude qualitative de la mati√®re a naturellement conduit les premiers chimistes des ann√©es 1620-1650 √† mod√©liser sa composition, puisant librement, mais non sans m√©fiance dans une abondante tradition antique. A la suite de Van Helmont, ces adeptes m√©canistes de la contingence ma√ģtrisent d√©j√† la notion de gaz, tiennent compte du facteur de la temp√©rature et parviennent √† expliquer sommairement la pression de vapeur d'un corps et les m√©langes miscibles des fluides. John Dalton, pers√©v√©rant exp√©rimentateur, continuateur de la premi√®re lign√©e m√©caniste partiellement abandonn√©e, a le premier essay√© de donner une d√©finition moderne de la notion d'atome. L'atome est une particule fondamentale ou une combinaison de plusieurs d'entre elles. En 1811, Amedeo Avogadro affirme que le volume d'un gaz quelconque √† pression et temp√©rature constante contient le m√™me nombre de particules, qu'il d√©nomme mol√©cules int√©grantes ou constituantes[9].

Mais il a encore fallu l'obstination de nombreux chimistes souvent incompris, Jons-Jakob Berzelius en pionnier de l'√©lectrovalence d√®s 1812, pour r√©affirmer la possibilit√© d'une mod√©lisation √† la fois m√©caniste et g√©om√©trique par le biais d'une architecture atomique. Un Auguste Laurent, proposant pour des s√©ries homologues de mol√©cules organiques un m√™me squelette constitu√© d'atomes, √©tait atrocement d√©nigr√© par les ma√ģtres des laboratoires[10]. Mais malgr√© la supr√©matie et l'influence politique des √©quivalentistes, le revirement s'op√®re, port√© par la reconnaissance des vieux succ√®s de l'√©lectrochimie pr√©parative depuis Humphrey Davy et Michael Faraday et la volont√© de corr√©ler quantitativement nombre d'esp√®ces chimiques et masse d'un corps pur.

Repr√©sentation de l'atome d'oxyg√®ne selon le mod√®le de Bohr : autour du noyau, les √©lectrons en orbite

Le congrès de Karlsruhe organisé en 1860 par les amis de Friedrich August Kékulé von Stradonitz et de Charles Adolphe Wurtz ouvre la voie à des conventions atomiques[11]. Son influence éveille une intense recherche de classification des éléments qui débouche notamment sur les classifications périodiques de Mendéléiev et de Meyer. Elle entraine un renouveau d'intérêt pour les molécules[12]. Kékulé et Kolbe en chimie organique, Le Bel et Van 't Hoff en chimie générale et plus tard Alfred Werner en chimie minérale établissent les fondements de la représentation en structures moléculaires[13].

Les orbitales atomiques représentées par les nuages électroniques probabilistes et modélisées à l'aide des équations de la mécanique quantique, le meilleur outil théorique actuel pour décrire le comportement des liaisons quantifiées des atomes et molécules

Ce sont les physiciens attir√©s par la belle coh√©rence de la chimie des d√©cennies suivantes qui ont poursuivi √† une √©chelle plus pr√©cise les recherches sur la structure de la mati√®re. Les travaux de Joseph John Thomson, d√©couvreur de l'√©lectron en 1897, prouvent que l'atome est constitu√© de particules √©lectriquement charg√©es. Ernest Rutherford d√©montre par sa c√©l√®bre exp√©rience en 1909 que l'atome est surtout fait de vide, son noyau, massif, tr√®s petit et positif, √©tant entour√© d'un nuage √©lectronique. Niels Bohr, pr√©curseur de la mod√©lisation atomique, affirme en 1913 que les √©lectrons circulent sur des ¬ę orbites ¬Ľ. Lorsque James Chadwick d√©couvre les neutrons, la th√©orie quantique fond√©e d√®s le d√©but de l'entre-deux-guerres sur le mod√®le rival propos√© par Erwin Schr√∂dinger renforc√©e pas les compl√©ments matriciels de Werner Heisenberg, l'affinement th√©orique de Wolfgang Pauli a d√©j√† pris son envol malgr√© les contestations appliqu√©es et syst√©matiques d'Albert Einstein. Des ann√©es 1930 √† notre XXIe si√®cle, la m√©canique quantique explique le comportement de l'atome et des mol√©cules.

M√©thodes physiques d'identification de compos√©s chimiques au XXe si√®cle

Un spectromètre de masse

Au XXe si√®cle, l'essor des mesures physiques a facilit√© aux chimistes la caract√©risation des compos√©s avec lesquels ils travaillent. Avant, la r√©action chimique et un nombre restreint de techniques physico-chimiques s'imposaient en ultime recours pour d√©tecter ou caract√©riser une mol√©cule. Maintenant les diverses m√©thodes de chromatographie, de spectrom√©trie √©lectromagn√©tique (infrarouge, lumi√®re visible ou UV), de masse, de r√©sonance magn√©tique nucl√©aire, les microscopies √©lectroniques et autres analyses par diffraction de rayons X ou par diffusion de particules et, dans des cas d'observation contr√īl√©e sur surface plane, la microscopie par champ de force ont permis une identification plus ais√©e, et souvent de remonter √† la structure g√©om√©trique des mol√©cules et de leurs assemblages, de conna√ģtre leur composition isotopique et parfois m√™me de ¬ę voir ¬Ľ par le multiplicateur instrumental la mol√©cule, de la (d√©)placer ou de suivre des r√©actions (photo)chimiques en temps r√©el de plus en plus bref. Ces progr√®s physico-chimiques ont permis des avanc√©es √©normes tout particuli√®rement en biochimie o√Ļ les √©difices √©tudi√©s sont complexes et les r√©actions vari√©es.

Disciplines de la chimie

La recherche et l'enseignement en chimie sont organis√©s en disciplines qui, souvent en absence de services, de coop√©ration ou d'aides r√©ciproques, s'ignorent et se d√©veloppent en toute autonomie :

  • la biochimie qui √©tudie les r√©actions chimiques dans des milieux biologiques (cellules‚Ķ) et/ou avec des objets biologiques (prot√©ines‚Ķ) ;
  • la chimie analytique est l'√©tude des m√©thodes d'analyses qualitatives et/ou quantitatives qui permettent de conna√ģtre la composition d'un √©chantillon donn√© ; ses principaux domaines sont : la chromatographie et la spectroscopie ;
  • la chimie des mat√©riaux est la pr√©paration et l'√©tude de substances avec une application en tant que mat√©riau. Ce domaine int√®gre des √©l√©ments des autres domaines classiques de la chimie avec un int√©r√™t particulier pour les probl√®mes fondamentaux concernant les mat√©riaux ;
  • la chimie inorganique ou chimie min√©rale, concerne la description et l'√©tude des √©l√©ments chimiques et des compos√©s sans squelette carbon√© ;
  • la chimie organique est la description et l'√©tude des compos√©s comportant un squelette d'atomes de carbone (compos√©s organiques) ;
  • la chimie physique dont l'objet est l'√©tude des lois physiques des syst√®mes et proc√©d√©s chimiques ; ses principaux domaines d'√©tude comprennent : la thermochimie, la cin√©tique chimique, l'√©lectrochimie, la radiochimie, la sonochimie et les spectroscopies ;
  • la chimie th√©orique est l'√©tude de la chimie √† travers un raisonnement th√©orique fondamental (habituellement √† l'aide des math√©matiques et de la physique). En particulier, l'application de la m√©canique quantique √† la chimie a donn√© naissance √† la chimie quantique. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le progr√®s des ordinateurs a permis le d√©veloppement de la chimie num√©rique (ou computationnelle).

Il existe d'autres domaines sp√©cialis√©s ou d'interface :

agrochimie, astrochimie, catalyse homogène, catalyse hétérogène, carbochimie, chimie de l'atmosphère terrestre et de la haute atmosphère, chimie bioinorganique, chimie du carbone, chimie environnementale, chimie industrielle, chimie médicinale, chimie nucléaire, chimie organométallique, chimie des argiles et zéolithes, chimie de la combustion et des milieux plasma, chimie des polymères, chimie des sucres, chimie des surfaces, chimie des solutions, chimie radicalaire, chimie supramoléculaire, chimie verte, électrochimie, génie chimique, géochimie, immunochimie, microchimie, nanotechnologie, pétrochimie, pharmacologie, photochimie, phytochimie, tribologie.

Ces interfaces mouvantes ne facilitent pas la délimitation de la chimie. Tentons d'esquisser ses frontières.

  • Avec la physique
Il n'existe pas de fronti√®re clairement d√©finie entre la physique et la chimie, mais, sont consid√©r√©s g√©n√©ralement comme relevant de la chimie, les ph√©nom√®nes provoqu√©s par les r√©actions entre les constituants de la mati√®re et entra√ģnant une modification des liaisons entre les atomes. Selon la nature de ces liaisons, ces ph√©nom√®nes impliquent entre les atomes des √©changes ou mises en commun d'√©lectrons ou bien des forces √©lectrostatiques. Les niveaux d'√©nergie mis en Ňďuvre dans les ph√©nom√®nes chimiques font que seuls les √©lectrons p√©riph√©riques sont concern√©s. Au-del√†, on entre dans la physique des plasmas, voire dans la physique nucl√©aire avec l'implication du noyau atomique. Aux √©chelles inf√©rieures √† celle de l'atome, l'√©tude des particules √©l√©mentaires et de leurs interactions rel√®ve de la physique des particules.
  • Avec la biologie
Il n'existe pas non plus de frontière clairement définie entre la chimie et la biologie. En effet, la délimitation n'est pas bien définie entre la biochimie, qui est la sous-discipline de la chimie qui étudie les réactions chimiques dans des milieux biologiques (cellules…) et/ou avec des objets biologiques (protéines et autres biomolécules…) et la biologie moléculaire qui est la sous-discipline de la biologie qui s'intéresse à la compréhension des processus biologiques au niveau moléculaire.
  • Avec la science des mat√©riaux
La chimie est omnipr√©sente lorsqu'on consid√®re les fondements du domaine initialement technologique des mat√©riaux. Mais ce dernier tend √† prendre par hypersp√©cialisation une distance envers sa matrice, et cette toile de fond n'appara√ģt souvent que lors des √©volutions techniques. Ainsi l'art de la dentisterie en mutation dans les ann√©es 1980-1990 est largement tributaire des applications de la chimie macromol√©culaire.

L'évolution de la chimie, tant dans son enseignement que dans les champs de recherche, est influencée à terme par les puissantes directions de recherches américaines, en particulier de façon récente privilégiant majoritairement les domaines des soins et de la santé humaine et animale.

La langue de la chimie est majoritairement l'anglais. Dès années 1880 à la Grande Guerre, l'allemand, l'anglais et le français ont pourtant été des langues véhiculaires nécessaires aux savants. Mais survient l'éclipse du français dans l'entre-deux-guerre[14]. Puis l'allemand qui avait réussi à préserver quelques dernières revues importantes ou écrits scientifiques de référence a cédé face à la puissante organisation planétaire anglo-saxonne dans les années 1990.

Concepts fondamentaux

Structure de la matière

√Čl√©ment

Article d√©taill√© : √©l√©ment chimique.

Un élément est une entité immatérielle dénuée de propriétés physiques ou chimiques. C'est un couple formé d'un symbole et d'un numéro atomique (numéro d'ordre dans le tableau périodique des éléments) qui caractérise les atomes, molécules, ions, nucléides isotopes d'une espèce chimique donnée. Il existe 92 éléments naturels et 17 artificiels connus. Un élément chimique désigne abstraitement l'ensemble des atomes qui ont un nombre donné de protons dans leur noyau[15]. Ce nombre est son numéro atomique. Par exemple, tous les atomes avec 6 protons dans leurs noyaux sont des atomes de l'élément carbone C. Ces éléments sont rassemblés et ordonnés dans le tableau périodique.

Atome

Article d√©taill√© : atome.
Mod√®le de Bohr simplifi√© du gaz rare N√©on. L'atome Ne d√©voile un remplissage de couches de Lewis : 1s¬≤ 2s¬≤ 2p‚Ā∂

L'atome (grec ancien ŠľĄŌĄőŅőľőŅŌā [atomos], ¬ę indivisible ¬Ľ)[16] d'une esp√®ce chimique est une entit√© mat√©rielle. Il est form√© d'un noyau atomique contenant des nucl√©ons, en particulier d'un nombre Z de charge √©lectrique √©l√©mentaire positive du noyau qui maintient autour de lui un nombre d'√©lectrons, charge n√©gatives √©quilibrant la charge positive du noyau. Il poss√®de un rayon, une structure g√©om√©trique, ainsi que des propri√©t√©s chimiques et physico-chimiques sp√©cifiques relevant de ce cort√®ge √©lectronique.

Isotope
Article d√©taill√© : isotope.
Les trois isotopes de l'hydrogène. L'hydrogène est le seul élément pour lequel on réserve un nom particulier à ses isotopes nettement plus massifs deutérium et tritium.

Un isotope d'une esp√®ce atomique est une entit√© mat√©rielle caract√©ris√©e par :

  • le symbole de son √©l√©ment, le nombre Z qui est aussi le num√©ro atomique ;
  • le nombre de masse A qui repr√©sente la masse relative de l'isotope, A = Z + N.

Un isotope possède des propriétés nucléaires spécifiques. Les propriétés chimiques des divers isotopes ne diffèrent pas entre elles pour les atomes suffisamment lourds.


Molécule

L'eau : Mod√®le √©clat√© simplifi√© de la mol√©cule d'eau H2O. Un atome d'oxyg√®ne arbitrairement en rouge s'est accoll√© deux atomes d'hydrog√®ne arbitrairement en blanc. L'angle est respect√©, mais non les tailles relatives des nuages √©lectroniques.
Article d√©taill√© : mol√©cule.

Une molécule est un assemblage précis d'atomes, domaine défini et structuré dans l'espace et le temps par des liaisons chimiques fortes[17]. Une molécule polyatomique se comporte essentiellement comme une entité aux propriétés propres, une individualité chimique radicalement différente des atomes qui composent son architecture. Si les molécules monoatomiques ou les petites molécules polyatomiques sont électriquement neutres, les molécules plus grandes ou complexes n'obéissent pas systématiquement à ce critère.

Liaison chimique

Article d√©taill√© : Liaison covalente.

La liaison chimique impliquant la présence d'électrons liés à un ou plusieurs noyaux explique la réalité moléculaire[18]. Plus précisément elle assure la stabilité des molécules et dans le cas d'un assemblage complexe la cohésion liante de chaque atome entre eux, mettant en jeu par échange ou partage un ou plusieurs électrons dans les liaisons covalentes, par mise en commun d'électrons collectifs à un vaste réseau d'atomes dans la liaison métallique ou initiant par de fortes dissymétries locales de charges, des forces électrostatiques.

Corps pur

Article d√©taill√© : corps pur.
Soufre cristal jaune sur un minerai sicilien de l'Etna

Un corps pur est un corps généralement macroscopique constitué au niveau moléculaire d'une seule espèce chimique[19]. Sa composition chimique, son organisation sous forme de gaz, liquide, solide amorphe ou réseaux cristallins...et ses propriétés physiques, par exemple les constantes physiques correspondant aux transitions de premier ordre comme la température de fusion, d'ébullition... peuvent être définies. En particulier, l'analyse chimique distingue les corps simples, dont l'espèce chimique est constituée d'atomes de mêmes éléments, des corps composés, dont l'espèce chimique est constituée d'atomes d'éléments différents[20].

Composé chimique

Un composé chimique désigne l'espèce chimique d'un corps composé. Un corps pur est caractérisé par sa formule chimique, écriture symbolique qui peut être plus ou moins complexe et détaillée, de sa composition chimique. La masse molaire d'un corps pur correspond au nombre d'Avogadro de son espèce chimique ou simple molécule.

Ion

Article d√©taill√© : Ion.

Un ion est un atome qui a perdu ou gagné un ou plusieurs électrons. C'est un cation simple lorsque son cortège électronique a été privé d'un ou plusieurs électrons, il est chargé positivement. C'est un anion simple lorsque son cortège électronique est excédentaire, il est chargé négativement. Les anions ou cations formés à partir de molécules polyatomiques sont appelés ions complexes.

Complexe

Article d√©taill√© : Complexe (chimie).
Un ion potassium complexé et inclus dans un cryptand. Les cryptands sont des molécules de synthèse comportant des cavités susceptibles de retenir et piéger un ion étranger. L'ensemble forme un cryptate, molécule complexe qui permet ainsi la dissolution de solides ioniques en solvant organique.

Les complexes sont des édifices formés par un élément central et des ligands. L'élément central est souvent un ion métallique et le complexe peut être chargé. Ils ont une grande importance en chimie des solutions et en catalyse.


Chimie réactionnelle

Réaction chimique

Une r√©action chimique est la transformation d‚Äôune ou de plusieurs esp√®ces chimiques en d'autres esp√®ces chimiques. Elle implique l'apparition ou la disparition d'au moins une liaison chimique ou un √©change d'√©lectron. La r√©action qui poss√®de des caract√©ristiques thermiques n√©cessite ou fait appara√ģtre diff√©rentes formes d‚Äô√©nergie en rapport avec l'√©nergie de liaison chimique.

Solution et émulsion

Une solution est un m√©lange homog√®ne form√© par un solvant en proportion majoritaire et d'un ou plusieurs solut√©s dans une phase homog√®ne. La solubilit√© est la capacit√© d'un corps √† entrer en solution dans un milieu donn√©. Par exemple un sel cristallin comme le chlorure de sodium NaCl ou sel de cuisine poss√®de une limite de solubilit√© dans l'eau : 357 g/kg d'eau √† ¬įC et 391 √† 100 ¬įC. Cela signifie qu'√† partir de cette teneur limite, il y a s√©paration de phase parce que le sel pr√©cipite ou se d√©pose sous forme solide.

La miscibilit√© est la capacit√© d'un corps de se m√©langer avec un autre en formant une seule phase. Le gaz ammoniac NH3 se m√©lange facilement √† temp√©rature ambiante avec l'eau liquide formant l'ammoniaque, 1 kg d'eau froide satur√©e d'ammoniac peut contenir 899 g de NH3. Les gaz principaux de l'air oxyg√®ne et azote sont aussi miscibles en certaines proportions dans l'eau liquide. 100 g d'eau liquide √† ¬įC peut contenir au maximum 4,89 cm3 du premier en solution et 2,3 cm3 du second.

Une √©mulsion est une dispersion d'une phase liquide √† l'√©tat de gouttelettes microscopiques ou submicroscopiques, dans une autre phase liquide non miscible. Une suspension est une dispersion d'une phase solide finement divis√©e au sein d'une autre phase liquide englobante. Pour qu'une suspension ou une √©mulsion soit stable, il faut que les fines gouttelettes ou les grains en suspension soient stabilis√©es par des mol√©cules amphiphiles qui se placent √† l'interphase, et ainsi il n'y a ni coalescence des gouttelettes ni agglom√©rations de particules solides. Mais il faut noter, avec le rigoureux chimiste et gastronome mol√©culaire, Herv√© This, que l'immense majorit√© des syst√®mes culinaires ne sont pas des √©mulsions : ce ne sont que des dispersions collo√Įdales plus ou moins complexes[21].

L'art, √† l'origine souvent empirique, de fabriquer des dispersions collo√Įdales a fourni des applications en pharmaceutique comme en cuisine, par exemple pour la pr√©paration de chocolats et glaces, de sauces ou de mayonnaises.

Oxydo-réduction et électrochimie

Schéma simplifié d'une pile volta. Les piles sont une des applications communes de l'électrochimie

Une réaction d'oxydo-réduction met en jeu une perte ou un gain d’électron entre différents couples d'espèces chimiques. Une espèce d'un corps chimique ayant la capacité d’arracher des électrons à d’autres corps chimiques est appelée oxydant. De la même façon, une espèce d'un corps chimique capable de donner des électrons à une autre est appelée réducteur.

Acide et bases

Articles d√©taill√©s : acide, Base (chimie) et potentiel hydrog√®ne.
Papier indicateur de pH, pour évaluer grossièrement l'acidité d'une solution aqueuse

Les réactions acides-bases en solution sont basées aussi sur des couples d'espèces chimiques. L' acidité et la basicité peuvent être calculées ou mesurées par la concentration des espèces chimiques en solution, qui prennent une forme acide ou base. Svante Arrhenius a mis en évidence dans les solutions aqueuses l'échange de protons entre les composés chimiques, la concentration en ion hydronium indique l'acidité du milieu comme la concentration en ion hydroxyle la basicité. Une extension de la modalité de classification à d'autres milieux solvants a été conduite par le chimiste américain Gilbert Newton Lewis.

Unités propres à la chimie

Mole

Article d√©taill√© : Mole (unit√©).

Le nombre de mol√©cules participant √† une r√©action chimique est tr√®s √©lev√© : il est d√®s l'emploi de quelques dizaines de grammes de mati√®re proche du nombre d'Avogadro, donc de l'ordre de 6,02 1023.

Les chimistes utilisent communément une unité numérique, la mole. Une mole d'une entité chimique moléculaire précise implique mathématiquement l'égalité du nombre de ses molécules identiques au nombre d'Avogadro. Ce dernier nombre est défini par convention comme le nombre d'atome de carbone présents dans 12 grammes de carbone 12.

Une mole de gaz parfait occupe dans les conditions normalis√©es de pression et de temp√©rature 22,4 litres. L'estimation de la masse molaire M d'un corps pur est facile en connaissant sa formule chimique. Une mole de ce corps pur d√©signe simplement le nombre d'Avogadro de mol√©cules identiques de ce corps pur.

Chimie organique

Polymères

Article d√©taill√© : polym√®re.
Structure moléculaire du Kevlar, marque déposée de fibres aramides, formant des couches solides et résistantes au choc et à la pénétration, matière de choix pour les casques ou gilets pare balles

Les polymères sont des grandes molécules ou macromolécules dont un grand nombre des plus communs est formé par la réaction en chaine de petites molécules appelées monomères. Ces polymères de synthèse industriels, dont la structure est fondée sur la réplication d'un motif organique de base peuvent être linéaires, ramifiés ou greffés, en réseau ou interpénétrés... Dans le cas de polymères formés par polyaddition de monomères organiques dont le site réactif est justement la double liaison carbone-carbone, le grand squelette plus ou moins souple formé d'atomes de carbone qui est décrit par ses configurations et longueur(s) de chaine moyenne(s) influence les propriétés observées. Citons parmi ces polymères organiques, les polyéthylènes, les polypropylènes, les polystyrènes, les polyisoprènes, les polybutadiènes, les PVC, les polyacryliques... Il existe d'autres sortes de réactions de polymérisations, comme les polycondensations à l'origine des polyesters, polyamides, polycarbonates, polyuréthanes. Il existe aussi des polymères à motifs minéraux, comme les silicones ou les polysufures.

Comme le pionnier Hermann Staudinger le pressentait en 1910, il existe des macromolécules ou polymères naturels, par exemple à base-motif de glucose ou sucre chimique comme la cellulose ou l'amidon, à base-motif d'acides aminés comme les protéines et ADN. La chimie macromoléculaire née dans les années trente a été un domaine continument innovateur, même au cours des dernières décennies.

Chimie expérimentale

Elle se r√©partit en 4 actions principales[22],[23] :

  • Extraire
  • Synth√©tiser
  • Purifier
  • Analyser

Extraction

Synthèse chimique et chimie préparative

Analyse et caractérisation

Purification

Règles de sécurité en chimie expérimentale

Article d√©taill√© : S√©curit√© en laboratoire.

Lois chimiques

Antoine Lavoisier et sa femme, principale collaboratrice en chimie.

La chimie, science exp√©rimentale et descriptive, prenant un essor remarquable √† l'√©poque industrielle tout en acceptant la mod√©lisation physique et le langage math√©matique l√† o√Ļ ils √©taient pertinents, a d√©couvert ou ouvert la voie √† nombreuses lois physico-chimiques.

Quelques personnalités de la chimie et de la physico-chimie

Article d√©taill√© : Liste de chimistes.
Nom Pays Contribution Distinctions
Svante August Arrhenius (1859-1927) Drapeau de Su√®de Su√®de Loi d'Arrhenius Prix Nobel de chimie 1903
Amedeo Avogadro (1776-1856) Drapeau d'Italie Italie D√©finition de la mole
Johann Joachim Becher (1635-1682) Drapeau d'Allemagne Allemagne Pr√©curseur de la chimie scientifique
Henri Becquerel (1852-1908) Drapeau de France France D√©couverte de la radioactivit√© Prix Nobel de physique 1903
Marcellin Berthelot (1827-1907) Drapeau de France France Pionnier de la thermochimie M√©daille Davy 1883
Niels Bohr (1885-1962) Drapeau du Danemark Danemark Mod√®le de Bohr de l'atome Prix Nobel de physique 1922
Joannes Br√łnsted (1879-1947) Drapeau du Danemark Danemark Th√©orie acido-basique
Donald J. Cram (1919-2001) Drapeau des √Čtats-Unis √Čtats-Unis Travaux en st√©r√©ochimie Prix Nobel de chimie 1987
John Dalton (1766-1844) Drapeau d'Angleterre Angleterre Th√©orie atomique
John Frederic Daniell (1790-1845) Drapeau d'Angleterre Angleterre Pile Daniell
Hermann Emil Fischer (1852-1919) Drapeau d'Allemagne Allemagne Projection de Fischer Prix Nobel de chimie 1902
Jacobus Henricus van 't Hoff (1852-1911) Drapeau : Pays-Bas Pays-Bas Cin√©tique chimique, √©quilibres chimiques,pression osmotique. Prix Nobel de chimie 1901
Frédéric Joliot-Curie (1900-1958)
Irène Joliot-Curie (1897-1956)
Drapeau de France France Radioactivit√© artificielle Prix Nobel de chimie 1935
Friedrich Kekul√© von Stradonitz (1829-1896) Drapeau d'Allemagne Allemagne Structure cyclique du benz√®ne M√©daille Copley 1885
Antoine Lavoisier (1743-1794) Drapeau de France France Loi de conservation de la masse M√©daille Copley 1885
Dmitri Mendele√Įev (1834-1907) Drapeau de Russie Russie Tableau p√©riodique des √©l√©ments
Walther Hermann Nernst (1864-1941) Drapeau d'Allemagne Allemagne √Čquation de Nernst, Troisi√®me principe de la thermodynamique Prix Nobel de chimie 1920
Wilhelm Ostwald (1853-1932) Empire russe Catalyse et équilibres chimiques, vitesse de réaction Prix Nobel de chimie 1909
Linus Pauling (1901-1994) Drapeau des √Čtats-Unis √Čtats-Unis Th√©ories sur la nature de la liaison chimique M√©daille Davy 1947
Ernest Rutherford (1871-1937) Drapeau de Nouvelle-Z√©lande Nouvelle-Z√©lande Travaux sur la radioactivit√©, mod√®le de l'atome compact Prix Nobel de chimie 1908

Enseignement

Une salle de chimie : les paillasses √©quip√©es facilitent manipulations et exp√©riences, mieux que des tables de cours.

L'enseignement, du moins en France, se borne souvent au niveau √©l√©mentaire et, dans le meilleur des cas, √† une didactique de la chimie. Le laboratoire est souvent le meilleur endroit de formation √† cette science exp√©rimentale, mais il n√©cessite des moyens co√Ľteux, une lourde surveillance et une organisation souvent disproportionn√©e pour un usage souvent trivial.

France

En 2009 en France, la chimie est enseignée à partir du collège en même temps que la physique dès la cinquième à raison d'une heure et demie en moyenne, par semaine.

Ensuite, au lyc√©e, les √©l√®ves commencent par avoir trois heures et demie de physique-chimie par semaine dont une heure et demie de travaux pratiques en seconde. La poursuite de l'enseignement de la chimie d√©pend du choix d'orientation des √©l√®ves : jusqu'en premi√®re uniquement pour les √©l√®ves des fili√®res litt√©raires et √©conomico-sociales ; et jusqu'en terminale pour les √©l√®ves des fili√®res scientifiques, STL, STAV et ST2S.

Enfin, la chimie peut être étudiée après le baccalauréat en CPGE, en UFR de chimie (université), en IUT de chimie (université) ou en école de chimie. De nombreuses écoles d'ingénieurs dans le domaine de la chimie sont regroupées au sein de la fédération Gay-Lussac.

Québec

En 2009 au Qu√©bec, les cours de chimie et de physique sont des options que peut prendre l'√©l√®ve de cinqui√®me secondaire, poussant plus loin le cours de ¬ę sciences et technologie ¬Ľ qu'il a √©t√© oblig√© de suivre durant les derni√®res ann√©es de son secondaire. Les options de chimie et de physique servent comme crit√®re d'admission dans plusieurs programmes du c√©gep.

Suisse

En 2009 en Suisse, la chimie est enseign√©e au gymnase d√®s la dixi√®me ann√©e de scolarit√©. Les universit√©s de B√Ęle, de Gen√®ve, de Berne, de Fribourg et de Zurich forment des chimistes et les √©coles polytechniques, comme l'√Čcole polytechnique f√©d√©rale de Lausanne, des ing√©nieurs chimistes et des chimistes.

Industrie

Article d√©taill√© : Industrie chimique.
Unit√© de raffinerie : l'industrie p√©troli√®re, une des plus puissantes branches de l'industrie chimique
Schéma d'une cellule d'électrolyse en bain minéral fondu pour la synthèse de l'aluminium.
Médicaments conditionnés en pastilles ou pilules.
Pigment bleu 28 en poudre. Les colorants, un des secteurs industriels √† haut profit de la fin du XIXe si√®cle.

L'industrie chimique se d√©veloppe contin√Ľment √† la fin du si√®cle des Lumi√®res. Si la m√©tallurgie n'est pas oubli√©e, le progr√®s est partout observable. Le fer blanc devient un produit commun entre 1770 et 1780. Puis apr√®s 1780, outre les m√©taux, elle m√™le des fabrications mill√©naires √† des innovations r√©centes : les acides et la soude, l'ammoniac, le chlore et les chlorures d√©colorants, le phosphore et ses d√©riv√©s, les savons et acides gras, l'hydrog√®ne, l'√©ther, l'√©thyl√®ne, l'alcool de vin, l'acide ac√©tique et surtout de nombreux sels et une multitude de d√©riv√©s organiques et min√©raux pr√©par√©s ou recueillis dans un cadre traditionnel.

Elle prend un essor prodigieux au XIXe si√®cle et participe pleinement aux fortes mutations de la r√©volution industrielle[24]. Le gaz d'√©clairage, produit de la distillation de la houille ou charbon gras, lance l'immense d√©veloppement de la carbochimie. La d√©couverte de m√©taux, leurs pr√©parations au laboratoire, puis au stade industriel, ainsi en-est-il de l'aluminium et des m√©taux alcalins et alcalino-terreux, t√©moignent de la vigueur de la science tr√®s proche de l'industrie.

En 1900, usines et laboratoires fabriquent d√©j√† dans le monde plus de 100 000 compos√©s, mettant en Ňďuvre des centaines de r√©actions chimiques types. Chercheurs et institutions savantes d√©crivent et r√©f√©rencent proc√©d√©s, r√©actions et mol√©cules[25].

L'industrie chimique repr√©sente une part importante de l'activit√© √©conomique des grands pays industriels au XXe si√®cle. Dans les ann√©es 1970, elle int√©resse au sens large la moiti√© du capital industriel mondial. La vari√©t√© des mat√©riels et des technologies qu'elle utilise est incroyablement vaste, comme l'indique une visite au pas de course des exposants pendant les jours de l'Achema √† Francfort.

Parmi les activit√©s chimiques, retenons les secteurs suivants :

  • m√©tallurgie :
    • m√©tallurgie qui transforme les minerais en m√©taux et en alliages, fonderies m√©talliques ;
    • m√©tallurgie de sp√©cialit√©s, silicium, mat√©riaux semi-conducteurs ;
    • aimants, conducteurs et mat√©riaux pour turbines ;
  • √©lectrochimie :
    • piles, batteries, √©lectrochimie appliqu√©e ;
    • traitement de surface, galvanoplastie ;
  • mat√©riaux :
    • pl√Ętre, chaux, ciments et mortiers ;
    • mat√©riaux r√©fractaires et technologie des fours ;
    • verres, argiles et c√©ramiques, fa√Įences et porcelaine ;
    • pigments et charges min√©rales, √©maillerie ;
  • industrie du bois-papier et cellulose, couchage du papier ;
  • raffinage du sucre ;
  • chimie organique :
    • acides gras, corps gras et savons ;
    • chimie des substances naturelles, chimie m√©dicale et pharmaceutique ;
    • parfums, huiles essentielles, produits cosm√©tiques ;
    • engrais, chimie agricole, explosifs ;
    • ligneux, bois, charbons et p√©troles, combustibles, mais aussi mati√®res premi√®res pour la carbochimie et la p√©trochimie. Ci-dessous souvent pr√©sentes en tout ou partie :
      • lubrifiants, graisses, produits √† propri√©t√©s tribologiques ;
      • colorants, interm√©diaires de r√©actions photochimiques ;
      • macromol√©cules, polym√®res, plastiques et thermodurcissables  ;
  • peinture, vernis :
    • traitement de fibres textiles, appr√™t et teinture ;
    • d√©tergents, agents de surface, produits d√©capants ou de nettoiement, adoucissants des eaux ;
    • produits phytosanitaires, insecticides, herbicides ;
    • m√©dicaments, antibiotiques.

Cette industrie peut se scinder en deux grands types :

L'ampleur de la production chimique caract√©rise la ¬ę chimie lourde ¬Ľ ou bulk chemistry avec ses proc√©d√©s automatis√©s et ses √©normes masses trait√©es ou extraites. La ¬ę chimie fine ¬Ľ se limite √† des quantit√©s restreintes de compos√©s, souvent √† haute valeur ajout√©e pour la pharmacie, la parfumerie et la cosm√©tique ainsi que dans de nombreux domaines cibl√©s de haute technologie ou nanoproduits.

La chimie a permis d'accéder à de nouveaux matériaux, métaux, plastiques, ou céramiques qui ont des applications importantes dans notre vie la plus quotidienne. Les progrès chimiques ont permis de synthétiser directement certains médicaments au lieu de les extraire des plantes.

Recherche

Un monde de la recherche

Un chimiste manipulant à sa paillasse

Si les approches supposées définir la chimie dans les différentes parties de cet article semblent bizarres à un chimiste - et en effet, avec la forte imprégnation d'une vision scolastique s'y esquisse l'épistémologie, l'histoire, la didactique, l'enseignement, les rapports au grand public... à défaut d'une sociologie apparente de la science chimique, bref, tout sauf de la chimie - induisant des images avortées aux yeux du spécialiste, c'est que la chimie n'existe véritablement que dans le flux de la recherche. Cette science s'actualise, au jour le jour et depuis plusieurs siècles, par la manipulation à la paillasse ou avec l'instrumentation la plus sophistiquée, affine ses modèles mois après mois, laissant des résultats qui, années après années, modifient insensiblement et irréversiblement les pensées sur la matière. Et ce champ se construit sur des thèmes choisis, imposés ou dérivés au point qu'un constat humoristique en partie extérieur, par exemple celui du physicien Pierre-Gilles de Gennes, pouvaient la qualifier d'une fabuleuse réunion d'auberges espagnoles.

Lieu de vie et de labeur hi√©rarchis√© et segment√©, le laboratoire laisse entrer de nombreux th√®mes impos√©s par la soci√©t√©. En premier lieu, en qu√™te de budgets pour sa subsistance √©conomique, il laisse venir les besoins et les imp√©ratifs de l'industrie, marquant dans le meilleur des cas ses r√©sultats par des prises de brevets conjointes avec le donneur d'ordre. Ne rejetant pas les r√©f√©rences institutionnelles pour sa n√©cessaire existence publique ou m√©diatique, il est flatt√© des demandes officielles et sa reconnaissance dans les domaines de l'expertise, de l'encadrement et de la formation couronne son existence. Mais pour les meilleurs chercheurs au sein des organisations efficacement g√©r√©es ou privil√©gi√©es, les th√®mes d√©riv√©s s'imposent, car compr√©hension des d√©couvertes et course √† l'invention les font entrer dans une captivante √©mulation si l'ardeur reste scientifique ou une f√©roce concurrence si elle se m√Ętine de gains √©conomiques ou de monopoles, souvent p√©dagogiques ou d'expertise, par le soutien politique.

Henri Poincar√© citait souvent l'analogie suivante : ¬ę La science se construit sur des faits et des donn√©es d'exp√©rience comme une maison se b√Ętit avec des pierres et divers mat√©riaux ¬Ľ. Mais, pr√©cisait-il aussit√īt, ¬ę une collection de faits et un amalgame de savoirs ne sont pas plus une science que des tas de moellons et de bois une b√Ętisse ¬Ľ. La laborieuse entreprise collective qu'est la science appelle imp√©rieusement une minorit√© de chercheurs, au minimum quelques centi√®mes, plus ou moins √©cout√©s selon les moments, √† d√©fendre les th√®mes fondamentaux et √† d√©finir par leurs √©crits et conf√©rences, les acquis et les applications de leurs disciplines. Ces chercheurs puristes ou engag√©s s'acharnent √† poursuivre l'enqu√™te scientifique au sens noble, soucieux de description, de fiabilit√© des mesures, de r√©it√©ration et de recherches compl√©mentaires sur des sujets moins √† la mode, mais selon eux fondamentaux[26]. Ces modestes op√©rateurs collectifs de la gigantesque ma√ģtrise d'Ňďuvre collective qu'est la science comptent parmi eux les ardents d√©fenseurs d'une libre √©thique de v√©rit√© scientifique, les divers piliers et dirigeants des comit√©s de revues ou des associations, soci√©t√©s ou acad√©mies, les r√©formateurs ou microadaptateurs inlassables de la nomenclature en vigueur. Au-del√† des fronts avanc√©es ou des champs d'applications o√Ļ accourent la foule des chercheurs en lutte pour s'imposer √† leurs semblables, la chimie leur doit sa coh√©rence et son label scientifique.

M√™me dans la description de la chimie la plus authentique, l'√©cueil d'un aper√ßu sociologique ne peut √™tre √©vit√© que par l'anecdote et l'histoire d'abord personnelle d'une recherche. Ainsi Johnson chimiste du Middle West am√©ricain √©mule de Wendel Meredith Stanley d√©finissait la naissance de sa recherche en chimie organique comme le fruit n√© de la contemplation puis de l'observation raisonn√©e des feuilles mortes de sa ville. C'est ce simple d√©chet v√©g√©tal collect√©, puis transform√© en compost, par d√©gradation microbienne et action des levures et champignons, puis recycl√© en terre dans les jardins ou autres lieux d'√©pandage, qui est √† l'origine de sa vocation. La chimie ici ne peut se dissocier de la formidable action chimique du vivant et, t√īt ou tard remise dans une large perspective √©volutive prenant en compte les param√®tres physico-chimiques, des multiples ¬ę inventions ¬Ľ du vivant sous toutes les latitudes et dans tous les milieux. Tant il est vrai que l'√©tude pr√©cise d'une petite fraction d'un cycle terrestre d√©bouche sur l'attrait d'en savoir plus et de poursuivre l'enqu√™te. D'une mani√®re analogue, on ne peut comprendre les d√©bats de la chimie stellaire que par l'attrait initial des composants intimes des atomes et mol√©cules induisant une course √† leur origine.

Institutions ou associations nationales

  • Royal Australian Chemical Institute

Prix

Applications et toxicologie

La chimie est √† l'Ňďuvre partout dans la nature, les corps vivants, les choses de la vie quotidienne sans que l'observateur attentif et disposant de puissants multiplicateurs sensoriels ne puisse correctement l'imaginer ou le mod√©liser. Un chimiste est d√®s l'origine un expert des bilans mati√®re et √©nergie et il sait intuitivement qu'il devrait prendre en compte tous les milieux et les acteurs microbiologiques, v√©g√©taux, animaux et humains. Lui en laisse-t-on les moyens ?

De la chimie en bien et en mal

Eaux du Rio Tinto acides et colorées par des rejets miniers.

Citons quelques applications. D'abord la mesure. L'analyse pr√©cise de solutions dilu√©es dans un solvant, contenant des mol√©cules solubles plus ou moins complexes, est le fruit de longues mises au point analytiques, aujourd'hui tr√®s vite r√©alis√©es et banales, comme en chimie des solutions aqueuses. Pensons aux analyses banalis√©es de l'eau de notre robinet reconnue potable ou des eaux min√©rales du commerce. Les (bio)chimistes sp√©cialistes des eaux ont un r√īle de surveillance des eaux naturelles et de leurs qualit√©s ou toxicit√©s √©ventuelles. Si les progr√®s substantiels avaient √©t√© r√©alis√©s, le recours √† la d√©sinfection chimique de l'eau du robinet avant consommation pourrait √™tre mod√©r√©. En fin d'usage, la ma√ģtrise des proc√©d√©s chimiques et biologiques permet le traitement des eaux us√©es dans les stations d'√©puration.

Ensuite l'usage. La chimie la plus simple peut commencer avec la fabrication et l'usage du sel, n√©cessaire √† l'alimentation et capital pour les vieux proc√©d√©s de longues conservation des aliments. Aujourd'hui les produits de l'industrie agro-alimentaire ont recours √† une gamme plus vari√©e de conservateurs, agents de conservation ou agents nutritif, additifs alimentaires comme les colorants, les ar√īmes artificiels, les √©dulcorants...

Résidus et déchets de consommation flottants

Des emballages alimentaires √† la pr√©servation des r√©coltes, une connaissance raisonn√©e des mat√©riaux et des aliments permet d'√©viter le gaspillage et les d√©perditions tout en pr√©servant la qualit√© et propri√©t√©s nutritionnelles des futurs aliments. Suivant l'usage, les emballages peuvent √™tre biod√©gradables et, √† l'aide du tri s√©lectif apr√®s utilisation, ils sont transform√©s et revaloris√©s gr√Ęce √† des proc√©d√©s chimiques de recyclage ou une combustion ultime qui permet de ne pas gaspiller l'√©nergie qu'ils recellent.

L'agriculture a subi une mutation technologique[27] et elle est devenue fortement d√©pendante d'intrants chimiques. Il est certain que l'utilisation √† grande √©chelle d'engrais chimiques, l'usage irraisonn√© de pesticides et d'insecticides dans des monocultures de plus en plus sensibles ou fragiles peuvent √™tre une impasse d√©sastreuse √† long terme pour les sols, l'√©cologie des terres et la sant√© des animaux et des hommes qui y vivent ou vivront, ainsi que les tenants de l'agriculture biologique le postulent dans l'imm√©diat. Si on donne √† un homme un couteau, il peut d√©couper finement un jambon de fa√ßon √† le partager avec ses amis, ou encore √©gorger sauvagement ses voisins per√ßus en ennemis. L'utilisation des technologies chimiques rec√®le des bienfaits potentiels ou de terribles dangers selon les usages ou les buts vis√©s. Elle √©chappe autant aux chimistes qu'√† l'honn√™te homme de la rue. Par exemple, un chimiste organicien consid√®re comme une absurdit√© de br√Ľler de l'essence dans un moteur √† combustion, car pour lui cette mati√®re de choix permet de r√©aliser d'autres mol√©cules chimiques √† usage vari√©s qui, alors seulement au terme de leur usage, pourraient √™tre d√©compos√©es et br√Ľl√©es. Le gain sur une courte √©chelle de temps d'une famille de produits chimiques, parfois peu sophistiqu√©s et √† utilisation massive, permet d'obtenir des profits √©vidents. Ainsi s'obtiennent des r√©coltes plus abondantes en enrichissant les sols pauvres et en √©liminant les insectes nuisibles, les champignons parasites, les mauvaises herbes et la faune associ√©e. Mais qu'en est-il √† longue dur√©e ? Apr√®s l'√©radication de multiples esp√®ces d'oiseaux, l'affaiblissement des hym√©nopt√®res butineurs, n'est-il pas temps d'une prise de conscience g√©n√©rale des dommages caus√©s √† l'environnement ? Les soci√©t√©s agrochimiques produisent alors de nouveaux produits plus efficaces ou plus cibl√©s qui peuvent soit respecter mieux l'environnement soit entra√ģner d'autres catastrophes parfois plus pernicieuses alors que la course au profit imm√©diat implique de minorer toute information alarmiste.

La chimie explique sommairement la formation du bois et des textiles naturels ou permet la synth√®se de larges gammes de de mati√®res et de types de mat√©riaux : textile synth√©tique (nylon, lycra, fibre PVC dite polaire, mobilier en mati√®re plastique, etc.

Dans le domaine de la construction, la chimie a beaucoup évolué en contribuant aussi à la fabrication de matériaux, d'isolants performants, de peintures ou de vernis, de mastics, de produits d'entretien et d'ameublement. Les désagréments causés par les produits des premières générations ont été très lentement corrigés, puis les générations suivantes apportent d'autres inconvénients.

L'explosion spectaculaire de la raffinerie de Catano. Les accidents des usines chimiques peuvent avoir de graves conséquences sur l'environnement.

Un nombre important d'applications chimiques ont trouv√© ou trouvent encore des d√©bouch√©s et usages commerciaux profitables, alors qu'une connaissance approfondie et pr√©cise des m√©faits de leurs emplois ou m√©susages fait d√©faut tant aux utilisateurs qu'au public. La chimie toxicologique est une parente pauvre et alors que les grands groupes p√©trochimiques se sont vant√©s dans les ann√©es 1970 d'apporter une s√©curit√© √©cologique, les 200 000 mol√©cules que leurs activit√©s ont permis de confectionner ne sont v√©ritablement connue du toxicologue qu'√† 1 %. Le progr√®s n'est plus visible depuis longtemps, c'est un chamboulement, un gain √©hont√© pour certains, une menace vitale pour les moins favoris√©s, mais comment essayer de ma√ģtriser et de juguler le danger sans faire confiance √† la coll√©gialit√© de diff√©rents chimistes, renforc√©es au besoin d'√©quipes expertes de math√©maticiens, physiciens, de biologistes... et √† leurs √©thiques de v√©rit√© scientifique ?

Santé et environnement

La d√©couverte et la synth√®se de m√©dicaments qui contribue √† l'augmentation de l'esp√©rance de vie enregistr√©e depuis la fin de la r√©volution industrielle dans les pays d√©velopp√©s sont aussi √† l'actif des techniques de la chimie. Mais la m√©dicalisation massive d'une population entra√ģne d'irr√©ductibles probl√®mes de pollutions, car les mol√©cules ou leurs produits sommaires de d√©gradations se retrouvent dans les eaux us√©es.

Dans le domaine ¬ę Sant√©-Environnement ¬Ľ, la chimie constitue une source de probl√®me via certains polluants qu'elle cr√©e ou contribue √† diffuser dans l'environnement, en particulier les produits chimiques toxiques ou √©cotoxiques dont les CMR ¬ę canc√©rig√®nes, mutag√®nes, reprotoxiques ¬Ľ. Certains produits tels que m√©dicaments, pesticides, catalyseurs ou leurs r√©sidus perdus dans l'environnement ou pr√©sents dans l'alimentation peuvent ensuite poser des probl√®mes d'environnement ou de sant√©, en particulier avec les perturbateurs endocriniens).

Les substances chimiques seraient ¬ę au premier rang des accus√©s ¬Ľ de la chute de la qualit√© des spermatozo√Įdes (r√©duite de 50 % depuis 1950) et des maladies li√©es √† l'appareil g√©nital √† travers les perturbateurs endocriniens. Le 25 novembre, le gouvernement fran√ßais (√† travers l'Iresp, structure de recherche cr√©√©e par l'Inserm et 20 partenaires) et l'Afsset) a organis√© un colloque sur ce th√®me: ¬ę Environnement chimique, reproduction et d√©veloppement de l'enfant. ¬Ľ Les principales mati√®res incrimin√©es sont les phtalates et le bisph√©nol A[28], deux additifs pr√©sents dans les mati√®res plastiques.

Risques et réglementation

Au niveau international, la convention de Rotterdam, administrée par l'ONU (PNUD, FAO) a été adoptée par 165 pays en 1998 pour mieux assurer la santé des personnes et de l’environnement contre des dommages éventuels induits par le commerce de produits chimiques.

De nombreuses législations concernent les produits chimiques et leurs résidus, qui varient selon les pays.

La chimie fantasmée

Le chimiste appara√ģt souvent en personnage caricatural de la litt√©rature, de la bande dessin√©e et surtout du cin√©ma. Ces savants √©chevel√©s ou docteurs d√©sopilants, √† la fois et confus√©ment biologistes, chimistes et physiciens, sont des √™tres sourds au monde vrai ou perdus hors du laboratoire et de l'√©tude, √† moins de remonter le temps, d'aller dans un autre monde ou sur la Lune, √† l'image du professeur Tournesol. Ils interviennent surtout de fa√ßon intermittente, leur action est tant√īt d√©cisive tant√īt inqui√©tante car elle oriente la fiction.

Dans un registre comique, alliant de fa√ßon classique la chimie et l'amour, citons Jean Lefebvre jouant le r√īle d'Eug√®ne Ballanchon dans Le Fou du labo 4, film de Jacques Besnard de 1967.

Littérature

La repr√©sentation litt√©raire du chimiste dans de nombreuses Ňďuvres est tr√®s diff√©rente de la r√©alit√©. Il est consid√©r√© comme un savant venu d'ailleurs qui vit hors du temps. Le chimiste est alors un demi sorcier, image issue de l'ancien alchimiste, qui joue avec des forces obscures qu'il ne ma√ģtrise pas afin de rivaliser avec la nature. La chimie est souvent associ√©e avec l'occulte alors qu'elle est une science reconnue.

Il faut toutefois soustraire à ce noir tableau Le Système périodique de Primo Levi. Cet ouvrage littéraire italien sur le thème de la chimie comporte vingt-et-un chapitres qui, chacun séparément, illustre un élément du tableau de Mendéléiev. Ces parties descriptives qui ont été conçues avec le support spatial du tableau périodique et l'art du chimiste relatent au besoin la vie professionnelle de l'écrivain, par ailleurs chimiste spécialiste de peinture et directeur du laboratoire d'une petite unité de production à Turin, des anecdotes ou rencontres autobiographiques ou de courtes nouvelles complémentaires inventées, judicieusement choisies.

Citations

  • ¬ę En sentiment comme en chimie, rien ne se cr√©e, rien ne se perd ¬Ľ, Alfred Capus, Les pens√©es
  • ¬ę Rien ne se perd, rien ne se cr√©e, tout se transforme ¬Ľ, Lavoisier

Bibliographie

Ouvrage de découverte

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  • Peter Atkins, Les mol√©cules au quotidien, InterEdition, Paris, 1989, 196 pages (ISBN 978-2-7296-0296-3) (Traduction par Gilberte Chambaud de l‚Äôouvrage Peter W. Atkins, Molecules, Scientific American Library, New-York, 1987)
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  • Robert Luft, Dictionnaire des corps purs simples de la chimie, Association Cultures et Techniques, Nantes,1997, 392 pages (ISBN 978-2-9510168-3-5)
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  • Paul Rigny (dir.), De la mati√®re au vivant, les syst√®mes mol√©culaires organis√©s, Image de la recherche, [N¬į2, mars 1994], CNRS, Paris, 1994, 268 pages (ISSN 1162-2024) (ISBN 978-2-271-05186-8)
  • Mireille Defranceschi, L‚Äôeau dans tous ses √©tats, ellipses, 1996, 128 pages (ISBN 978-2-7298-9647-8)
  • John Emsley, Guide des produits chimiques √† l‚Äôusage des particuliers, √©dition Odile Jacob, 1996, 33- pages, Traduction de The consumer‚Äôs Good chemical Guide, W.H. Freeman/ Spektrum Akademischer Verlag, 1994 (ISBN 978-2-7381-0384-0)
  • Ben Selinger, Chemistry in the Marketplace, Fifth Edition, Harcourt Brace, Sydney, 1998, 588 pages (ISBN 0 7295 3300 X)
  • Le Guide de la chimie, Chimedit Paris

Une science expérimentale

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  • Mireille Defranceschi, 144 manipulations de chimie g√©n√©rale et min√©rale, ellipses, 1990, 192 pages (ISBN 978-2-7298-9068-1)
  • Christophe Bureau, Mireille Defranceschi, Des teintures √©gyptiennes aux micro-ondes, 100 manipulations de chimie, ellipses, 1993, 208 pages (ISBN 978-2-7298-9335-4)
  • Stanislas Antonik, Montage de Chimie organique, Tome 1, ellipses, 1996, 190 pages (ISBN 978-2-7298-9666-9)
  • Sylvie Haurat-Bentolila, Emmanuelle Lecorgne, Olivier Leduc, ¬ę Chimie-Tout ¬Ľ, exp√©riences comment√©es, Association Cultures et Techniques, Nantes,1995, 392 pages (ISBN 978-2-9502444-6-8)
  • Mady Capon, V√©ronique Courilleau-Haverlant, C√©cile Valette, Chimie des couleurs et des odeurs, Association Cultures et Techniques, Nantes,1993, 256 pages (ISBN 978-2-9502444-2-0)
  • Gilles Andr√©, Val√©rie Dartiailh, Fr√©d√©rique Maksud, Sophie Pak-Blanes et Josette Fournier, Ecolo Chimie, chimie appliqu√©e √† l‚Äôenvironnement, Association Cultures et Techniques, Nantes,1994, 352 pages (ISBN 978-2-9502444-4-4)
  • Dominique Crouzet-Deprost, Karine D√©pr√©s-Homo, Sophie Sadou et Josette Fournier, Chimie dans la maison, Association Cultures et Techniques, Nantes, 1996, 446 pages (ISBN 2-95101 68-2-4)
  • Marie Terrien, Josette Fournier, Chimie du petit d√©jeuner, Association Cultures et Techniques, Nantes,1998, 304 pages (ISBN 978-2-9510168-5-9)

Enseignement général, initiation ou formation à quelques spécialités de la Chimie

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  • Ren√© Didier, Chimie g√©n√©rale, collection de sciences physiques, Technique et documentation, J.b baill√®re et Lavoisier, Troisi√®me tirage, 1988, 478 pages (ISBN 978-2-85206-163-7)
  • Claude Moreau, Jean-Paul Payen, Chimie, guides pr√©pas Math√©matiques sup√©rieures MPSI PTSI, √©dition Belin, Paris, 1995, 318 pages (ISBN 978-2-7011-1789-8)
  • Clyde R. Metz, Chimie Physique, S√©rie Schaum, McGraw-Hill, Paris, 1985. Traduction par R. Jacoud de Theory and problems of physical chemistry, Tome 1, 234 pages (ISBN 978-2-7042-1037-4) et Tome 2, 204 pages (ISBN 978-2-7042-1038-1)
  • Peter W. Atkins, Chimie Physique, Technique et documentation, Lavoisier et Vuibert, Paris, 1983, 1274 pages. Traduction par Gilberte Chambaud de Physical Chemistry, second Edition, Oxford University Press, 1982. Volume 1, 616 pages (ISBN 978-2-85206-203-0) et volume 2, 658 pages (ISBN 978-2-85206-204-7)
  • Odile Dessaux, Pierre Goudmand, Fran√ßoise Langrand, Thermodynamique statistique chimique, 2¬į √©dition, Dunod Bordas, 1982, 154 pages. Pr√©face de Guy Pannetier (ISBN 978-2-04-015518-6)
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  • Robert Rosset, Marcel Caude, Alain Jardy, Manuel pratique de chromatographie en phase liquide, 2¬į √©dition revue, Masson, Paris, 1995, 374 pages (ISBN 978-2-225-85126-1)
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  • Groupe fran√ßais d‚Äô√©tudes et d‚Äôapplications des polym√®res, Initiation √† la chimie et √† la physico-chimie macromol√©culaires, 9 volumes r√©dig√©s sous l‚Äô√©gide de la commission d‚Äôenseignement, Strasbourg, 1970 √† 1993 :
    1. Physico-chimie, 213 pages ;
    2. Propri√©t√©s physique des polym√®res, mise en Ňďuvre, 383 pages ;
    3. Chimie des polym√®res, 1981, 396 + 72 pages ;
    4. Quelques grands polym√®res industriels, synth√®se, propri√©t√©s, mise en Ňďuvre et applications (poly√©thyl√®nes, polypropyl√®nes, polyesters, polyur√©thanes, √©lastom√®res), 1982, 542 pages
    5. Exercices et travaux dirig√©s en sciences des polym√®res ;
    6. M√©langes de polym√®res, 1986, 292 pages ;
    7. Mat√©riaux composites √† base de polym√®res, 1989, 468 pages ;
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  • Groupe fran√ßais d‚Äô√©tudes et d‚Äôapplications des polym√®res, Synth√®se, propri√©t√© et technologie des √©lastom√®res.
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  • Robert Perrin, Jean-Pierre Scharff, Chimie industrielle, Masson, Paris, 1993, 1136 pages en deux tomes avec bibliographie et index (ISBN 978-2-225-84037-1) et (ISBN 978-2-225-84181-1)
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Revues, handbook et traités encyclopédiques

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  • Actualit√© chimique, revue de la Soci√©t√© Chimique de France (ancienne SFC)
  • Robert H. Perry, Don Green, Perry‚Äôs Chemical Engineers‚ÄôHandbook, sixth edition, Chemical Engineering Series, Mc Graw-Hill international editions, 1987 (ISBN 978-0-07-049479-4)
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Histoire et ouvrages jalons d’une époque

  • Fred Aftalion, Histoire de la chimie, Masson, Paris, 1988, 386 pages (ISBN 978-2-225-81420-4)
  • Pierre Bianco, De la pile de Volta √† la conqu√™te de l‚Äôespace, deux si√®cles d‚Äô√©lectrochimie 1799-1999, Publication de l‚ÄôUniversit√© de Provence, 1998, 266 pages (ISBN 978-2-85399-432-3)
  • Laurence Lestel (coordination), Itin√©raires de chimistes, 1857-2007, 150 ans de chimie en France avec les pr√©sidents de la SFC, √©ditions EDP Sciences et Soci√©t√© fran√ßaise de Chimie, 2008, 582 pages (ISBN 978-2-86883-915-2)
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  • Victor Regnault, Premiers √©l√©ments de chimie, Troisi√®me √©dition, Biblioth√®que polytechnique, Editions Langlois et Leclercq, Victor Masson, Paris, 1855, 572 pages
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  • Louis Hackspill, Jean Besson, Andr√© H√©rold, Trait√© de Chimie min√©rale, collection Euclide, Presse Universitaire de France, Paris, 1958

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Le rayon de l'√©lectron est de 2,8 √ó 10-15 m (voir Lange's Handbook of Chemistry). Un fermi est aussi la taille du noyau o√Ļ la force √©lectromagn√©tique devient n√©gligeable en face de l'int√©raction forte.
  2. ‚ÜĎ (en) Theodore L. Brown, Chemistry: The Central Science. Prentice Hall, 1977 (ISBN 978-0-13-128769-3).
  3. ‚ÜĎ C. Desroches Noblecourt, Le fabuleux h√©ritage de l'√Čgypte, Pocket, 2006, p. 172
  4. ‚ÜĎ (fr) √Čtymologie d‚Äôalchimie du centre national de ressources textuelles et lexicales
  5. ‚ÜĎ D√©finitions lexicographiques et √©tymologiques de ¬ę Alchimie ¬Ľ du CNRTL.
  6. ‚ÜĎ Marcellin Berthelot, Collection des anciens Alchimistes grecs, 1888.
  7. ‚ÜĎ Bernard Joly, Rationalit√© de l'alchimie au XVIIe si√®cle, collection Mathesis, Vrin, Paris, 2002.
  8. ‚ÜĎ Thomas Samuel Kuhn, La Structure des r√©volutions scientifiques, 1962
  9. ‚ÜĎ En 1814, Andr√©-Marie Amp√®re de fa√ßon ind√©pendante d√©couvre la m√™me id√©e sur les gaz, mais il brouille pour des d√©cennies la nomenclature en appelant les particules atomes. Continuateur de la chimie pneumatique dans la lign√©e d'un Lavoisier, Gay-Lussac prouve par ses nombreuses exp√©riences la f√©condit√© de cette approche volumique.
  10. ‚ÜĎ Claude L√©caille, L'atome : chim√®re ou r√©alit√© ? D√©bats et combats dans la chimie du XIXe si√®cle, Collection Inflexions, Vuibert, Adapt-SNES, Paris, 2009.
  11. ‚ÜĎ Stanislao Cannizzaro, fougueux chimiste italien d'origine sicilienne ressuscitant l'enthousiasme du congr√®s longtemps ind√©cis, r√©tablit la th√©orie d'Avogadro et r√©clame un syst√®me de masse atomique.
  12. ‚ÜĎ Loschmidt estime par calcul de th√©orie cin√©tique en 1865 leur taille √† un nanom√®tre.
  13. ‚ÜĎ Alain Dumon et Robert Luft, Naissance de la chimie structurale, Coll. Science et Histoire, EDP Sciences, Les Ulis, 2008.
  14. ‚ÜĎ On le ressent fortement si l'attention est port√© sur des th√®mes pr√©cis. Ainsi L. Leclercq, ¬ę La chimie fran√ßaise vers les m√©canismes r√©actionnels (1800-1930) ¬Ľ, L'Actualit√© chimique [N¬į 329, avril 2009], p. 42-50.
  15. ‚ÜĎ Dans la pratique des expos√©s scientifiques, l'√©l√©ment d√©signe une partie commune aux corps simples et √† tous les corps qu'il peut former. L'√©l√©ment oxyg√®ne O √©voque O2, 03, les compos√©s oxyg√©n√©s...
  16. ‚ÜĎ D√©finitions lexicographiques et √©tymologiques de ¬ę atome ¬Ľ du CNRTL.
  17. ‚ÜĎ Mol√©cules provient de moles, d√©signant la masse ou le nombre de petits √©l√©ments de mati√®re pour les atomistes.
  18. ‚ÜĎ Liaison provient du latin, ligatio, fa√ßon de s'habiller. Le r√īle de l'√©lectron dans cet habillage mol√©culaire a √©t√© r√©v√©l√© par J.J. Thomson en 1897.
  19. ‚ÜĎ Au niveau du laboratoire, le corps le plus pur possible est manipulable et facilement observable avec int√©r√™t, il permet d'√©tudier les propri√©t√©s physiques concr√®tes qu'il est vain de reporter √† la seule mol√©cule.
  20. ‚ÜĎ Citons parmi les corps simples, l'oxyg√®ne O2, l'ozone O3, le sodium Na, le soufre S8. Les corps simples sont diff√©rents des √©l√©ments. En 1871, Dmitri Mendele√Įev qui impose cette distinction en 1871, affirme "le mot √©l√©ment appelle l'id√©e d'atome". Remarquons aussi que le corps compos√© n'est pas un m√©lange.
  21. ‚ÜĎ Le beurre, la cr√®me, le chocolat, le fromage, le foie gras, l'huile sont des milieux polyphasiques, c'est-√†-dire comportent plusieurs phases dont au moins deux phases liquides non miscibles, l'une √©tant finement dispers√©e dans l'autre phase liquide majoritaire et continue. Le lait n'est qu'en ce sens restreint - toujours en usage dans l'industrie alimentaire - assimil√© √† une √©mulsion nutritive d'une phase huile dans l'eau.
  22. ‚ÜĎ Manuel de chimie de Terminale S, √©dition Hachette √©ducation, collection Durupthy, 2006 (368 pages), page 10 et 11
  23. ‚ÜĎ Dossier de l'ENS sur la chimie exp√©rimentale.
  24. ‚ÜĎ Le progr√®s est d'ailleurs beaucoup moins visible et appr√©ci√© dans la vie r√©elle, car il chamboule les modes de vie et bouleverse les vies pr√©caires
  25. ‚ÜĎ Catalogues, encyclop√©dies, ouvrage de r√©f√©rence type Beilstein apparaissent.
  26. ‚ÜĎ Tout se passe souvent, aux yeux de juges ext√©rieurs √† ses pr√©occupations anachroniques, comme si l'enqu√™teur poursuivait inlassablement son investigation alors que le coupable est bien s√Ľr trouv√© depuis longtemps.
  27. ‚ÜĎ Depuis le d√©but du XIXe si√®cle, l'agriculture a subi une mutation technologique grace √† la chimie : c.f. historique de la chimie agricole dans V. Vaillant, Petite chimie de l'agriculteur, Paris, coll. ¬ę Institut industriel du Nord ¬Ľ
    (notice BNF no FRBNF)
     
  28. ‚ÜĎ ¬ę La chimie menace la reproduction humaine ¬Ľ, in Le Monde, 25 novembre 2008, page 1 et 4

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acide - adsorption - alliage - allotropie -ampholyte - atome - base - catalyseur - céramique - composé chimique - corrosion - corps pur - couche de valence-degré d'oxydation - équation chimique - élément chimique - électronégativité - hydrolyse - ion - isotopes - ligand- métal - molécule - orbitale -oxydant - oxydo-réduction - pH - polymère - réaction chimique - réducteur - sel- tampon - valence - zwitterion

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  • chim√≠e ‚ÄĒ s. f., art. chim√≠a, g. d. chim√≠i, art. chim√≠ei ‚Ķ   Romanian orthography

  • chimie ‚ÄĒ nf. CHIMI (Albanais.001), chimika (001, Chamb√©ry) ‚Ķ   Dictionnaire Fran√ßais-Savoyard


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