Cherbourg

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Cherbourg

Cherbourg-Octeville

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Cherbourg-Octeville

Vue aĂ©rienne de l’agglomĂ©ration cherbourgeoise en mai 2006
Vue aĂ©rienne de l’agglomĂ©ration cherbourgeoise en mai 2006

Armoiries
DĂ©tail
logo
DĂ©tail
Administration
Pays France
RĂ©gion Basse-Normandie
Département Manche (sous-préfecture)
Arrondissement Cherbourg-Octeville (chef-lieu)
Canton chef-lieu de 3 cantons (NO, SE, SO)
Code Insee abr. 50129
Code postal 50100 et 50130
Maire
Mandat en cours
Bernard Cazeneuve
2008-2014
Intercommunalité Communauté urbaine de Cherbourg (CUC)
Site internet http://www.ville-cherbourg.fr
DĂ©mographie
Population 40 828 hab. (2006)
DensitĂ© 2 863 hab./kmÂČ
Aire urbaine 116 183 hab.
GĂ©ographie
CoordonnĂ©es 49° 38â€Č 33″ Nord
       1° 37â€Č 31″ Ouest
/ 49.6425, -1.6253
Altitudes mini. 0 m — maxi. 139 m
Superficie 14,26 kmÂČ

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Cherbourg-Octeville (prononciation : /ʃΔʁbuʁɔktəvil/) est une commune française, du dĂ©partement de la Manche et de la rĂ©gion Basse-Normandie. Elle rĂ©sulte de la fusion des villes de Cherbourg et d'Octeville en 2000.

SituĂ©e au nord du Cotentin, protĂ©gĂ©e par la rade artificielle la plus grande au monde, entre la Hague et le Val de Saire, la citĂ© a Ă©tĂ© au cours des siĂšcles une place stratĂ©gique disputĂ©e entre Anglais et Français. CitĂ©e comme l’une des deux « clĂ©s du royaume Â» par Vauban, elle est devenue, par de colossaux travaux d’amĂ©nagement maritime, un port militaire de premier ordre, sous l’impulsion de Louis XVI et NapolĂ©on Ier. Escale des prestigieux paquebots transatlantiques dans la premiĂšre moitiĂ© du XXe siĂšcle, Cherbourg a Ă©tĂ© l’objectif premier des troupes amĂ©ricaines lors du DĂ©barquement de Normandie en 1944.

PrĂ©fecture maritime, et sous-prĂ©fecture de la Manche, ses 40 700 habitants en font la premiĂšre ville du dĂ©partement, devant la prĂ©fecture Saint-LĂŽ, et la deuxiĂšme de la rĂ©gion aprĂšs Caen. Port militaire, halieutique, plaisancier et de passagers transmanche, handicapĂ© par son isolement gĂ©ographique pour ĂȘtre un grand port marchand, c'est un pĂŽle de construction navale important, une ville ouvriĂšre dans un arriĂšre-pays rural.

Sommaire

GĂ©ographie

Situation

La péninsule du Cotentin

À peu prĂšs au milieu des cĂŽtes septentrionales de la presqu'Ăźle du Cotentin, Ă  l'embouchure de la Divette et au fond de la baie comprise entre le cap LĂ©vi Ă  l'est et le cap de la Hague Ă  l’ouest, Cherbourg-Octeville est distant de 120 kilomĂštres des cĂŽtes anglaises. Plus grande ville du dĂ©partement de la Manche, elle rĂ©sulte de la fusion des deux communes de Cherbourg et d'Octeville.

Cherbourg et Octeville-sur-Cherbourg appartenaient autrefois au doyennĂ© de la Hague, dĂ©limitĂ© par la Divette. En 1786, une partie d’Équeurdreville est jointe Ă  Cherbourg, lors de la construction du port, puis en 1802, une portion d'Octeville. Depuis 1811, les « mielles Â» de Tourlaville, commune du doyennĂ© de Saire, sont intĂ©grĂ©es au territoire cherbourgeois sous le nom du quartier du Val-de-Saire oĂč sont construits l’hĂŽpital Pasteur et l'Ă©glise Saint-ClĂ©ment [1]. Ainsi, Cherbourg-Octeville se trouve aujourd'hui Ă  la fois dans la Hague et dans le Val de Saire [2].

Comme l'ensemble Chantereyne et le terre-plein des Mielles, le territoire cherbourgeois a Ă©tĂ© gagnĂ© sur la mer. Construite au niveau de la mer, la ville s'est dĂ©veloppĂ©e au pied de la montagne du Roule (point culminant de l’ancienne commune) et de la FauconniĂšre. Octeville est une ancienne commune rurale, composĂ©e de hameaux dispersĂ©s, dont le bourg s'est Ă©tendu Ă  partir du XIXe siĂšcle et dont le territoire s'urbanise fortement depuis 1950, en particulier autour de la ZUP des Provinces et du site universitaire.

Les communes limitrophes sont donc Tourlaville à l'est, Équeurdreville-Hainneville à l’ouest, La Glacerie au sud et sud-est, Martinvast au sud, Nouainville et Sideville au sud-ouest.

GĂ©ologie

La Montagne du Roule depuis le bassin de commerce

SituĂ© Ă  l'extrĂ©mitĂ© du massif armoricain, Cherbourg-Octeville conserve les traces de la formation, sur les granits dĂ©formĂ©s et schistes mĂ©tamorphiques du prĂ©cambrien, de la chaĂźne hercynienne par le plissement des arkoses du Cambrien et des schistes et grĂšs armoricains de l’Ordovicien. Ces plis se traduisent par des couches de grĂšs inclinĂ©es de 45° vers le nord-est, sur la FauconniĂšre (dont « La Roche qui pend Â») et la Montagne du Roule [3]. Ces deux falaises mortes sont dues Ă  l'Ă©rosion maritime au quaternaire. Le retrait de la mer a ensuite laissĂ© la place Ă  des cordons dunaires et des marais arriĂšre-littoraux, dĂ©truits par l’urbanisation du XVIIe et XIXe siĂšcles, identiques Ă  ceux de Collignon Ă  Tourlaville [4].

Ces roches prĂ©sentes dans les sols ont Ă©tĂ© exploitĂ©es au cours des siĂšcles dans plusieurs carriĂšres : le granit Ă©crasĂ© extrait Ă  Querqueville et les arkoses du Becquet, ont Ă©tĂ© utilisĂ©s pour la confection de moellons et de blocs Ă©quarris pour linteau. Les schistes verts, dont la couleur provient de la chlorite et la sĂ©ricite, sont essentiellement exploitĂ©s en couvertures dans le Nord-Cotentin, mais aussi en maçonnerie Ă  Cherbourg. Le grĂšs armoricain de la Montagne du Roule sert aux moellons et Ă  l'enrochement. La plupart des nombreuses carriĂšres ouvertes dans l’agglomĂ©ration pour les travaux de la digue sont aujourd'hui fermĂ©es[4].

Hydrographie

Cherbourg-Octeville est bordĂ©e par la mer. La construction du port du commerce, Ă  partir de 1769, s'accompagne du dĂ©tournement de la Divette (dont l'embouchure se situait au niveau de l’actuelle sortie du port Chantereyne) et du Trottebec (depuis le territoire de Tourlaville) rĂ©unis dans le canal de retenue, le long de l’avenue de Paris et de la rue du Val-de-Saire.

Le ruisseau de la Bucaille et celui du Fay qui arrosait la CroĂ»te du Homet au XVIIIe siĂšcle[5]ont disparu lors de la construction du port militaire.

Climat

Cherbourg-Octeville est sous climat tempĂ©rĂ© ocĂ©anique. Son caractĂšre maritime lui impose un taux d'humiditĂ© important (84 %) et un vent marin fort, soufflant couramment en tempĂȘte, mais aussi des variations saisonniĂšres de tempĂ©rature faibles et de rares jours de gel (7,3)[6]. L'effet conjuguĂ© du vent et des marĂ©es engendre des changements climatiques rapides, au sein d’une mĂȘme journĂ©e, le soleil et la pluie pouvant se succĂ©der Ă  quelques heures d'intervalle[7].

L'influence du Gulf stream et la douceur de l'hiver permettent la naturalisation de beaucoup de plantes méditerranéennes ou exotiques (mimosas, palmiers, agaves, etc.), présentes dans les jardins publics de la ville, malgré une insolation moyenne[7].

Mois Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Températures maximales moyennes (°C) 8,6 8,4 9,6 11,3 14 16,4 18,5 19,1 18 15,6 12,1 9,9 13,5
Températures minimales moyennes (°C) 5 4,6 5,6 6,8 9 11,5 13,5 14,3 13,5 11,4 8,3 6,1 9,1
Températures moyennes (°C) 6,8 6,5 7,6 9 11,5 14 16 16,7 15,7 13,5 10,2 8 11,3
Moyennes mensuelles de précipitations (mm) 75.9 58 57 43,5 45,3 39,8 34,1 40,6 57,4 70,4 87,7 82,6 688,5
Source : Infoclimat[6]
Ville Weather-clear.svg Ensoleillement (h/an) Weather-overcast-rare-showers.svg Pluie (mm/an) Weather-snow.svg Neige (j/an) Weather-violent-storm.svg Orage (j/an) Weather-day-more-fog.svg Brouillard (j/an)
Paris 1 797 642 15 19 13
Nice 2 694 767 1 31 1
Strasbourg 1 637 610 30 29 65
Brest 1 749 1 114 9 11 74
Cherbourg-Octeville[6],[8] 1700 906 5,1 5,3 26.6
Moyenne nationale 1 973 770 14 22 40


Voies de communication et transports

Voies routiĂšres

Historiquement, Cherbourg-Octeville est l'extrĂ©mitĂ© ouest de la route nationale 13 qui traverse la ville par les « Rouges Terres Â» et l’avenue de Paris, depuis La Glacerie. Dans les annĂ©es 1990, une dĂ©viation de la nationale, dĂ©sormais Route europĂ©enne 3 et 46, a redirigĂ© le trafic par La Glacerie et Tourlaville. Cette route se prĂ©sente sous la forme d’un axe Ă  3 voies de la Glacerie jusqu'au rond-point de Penesme, Ă  Tourlaville ; puis d’un axe Ă  2x2 voies entre ce dernier point et le rond-point situĂ© entre la plage de Collignon et le port des Flamands. Le prolongement de cet axe vers Cherbourg est actuellement en travaux, avec le doublement du pont enjambant le port des Flamands, afin d’assurer une continuitĂ© de la 2x2 voies jusqu'au port de commerce cherbourgeois.

L’ancienne Route nationale 801 (dĂ©classĂ©e en D901), qui relie le cap de la Hague Ă  Barfleur, traverse Ă©galement la ville d'est en ouest.

AprĂšs l’achĂšvement du contournement est de l’agglomĂ©ration, le projet de contournement ouest et l’amĂ©lioration de la RD 901 pour l’accĂšs Ă  l’aĂ©roport de Maupertus ont Ă©tĂ© mis Ă  l'Ă©tude pendant de longues annĂ©es.

La D650 permet de joindre Cherbourg et la cĂŽte ouest du Cotentin. Au dĂ©part de Cherbourg, la D650 prend la direction sud/ouest pour rejoindre Les Pieux, puis longe le littoral Ă  quelques kilomĂštres de distance pour rejoindre la CĂŽte des Isles jusqu'Ă  Barneville-Carteret. À l’approche de Cherbourg, cette dĂ©partementale a fait l’objet, ces derniĂšres annĂ©es, de nombreux amĂ©nagements (ronds-points, feux tricolores, amĂ©nagement urbain) du fait de la rurbanisation des communes traversĂ©es.

Avec l’attribution du statut d’autoroute de la RN13 en 2006, les travaux de mise aux normes autoroutiĂšres entre Cherbourg et Caen sont engagĂ©s pour dix ans[9]. Les travaux d’amĂ©nagement de la RN 13 Ă  l'entrĂ©e de l’agglomĂ©ration cherbourgeoise (lieu-dit « Virage des ChĂšvres Â») sont en cours dans ce cadre. De nombreux autres chantiers ont Ă©tĂ© entamĂ©s (crĂ©ation de voie d’arrĂȘt d’urgence, suppression de passages dangereux, crĂ©ation d'ouvrages d’art).

Transports maritimes

Le Barfleur de Brittany Ferries

SituĂ© Ă  la pointe du Cotentin, le port de Cherbourg est dans une zone privilĂ©giĂ©e pour les liaisons maritimes, particuliĂšrement depuis la construction de la grande rade qui a permis un accĂšs plus large et sĂ»r. Essentiellement port militaire, Cherbourg a dĂ©veloppĂ©, au cours des derniers siĂšcles, un commerce de marchandises et de passagers avec l’Angleterre et les Antilles, puis vers l’AmĂ©rique.

Aujourd'hui, le Royaume-Uni et l’Irlande sont rĂ©guliĂšrement desservis :

  • Rosslare Europort par l’Oscar Wilde (ex-Konprins Harald de Color Line) de Irish ferries installĂ©e depuis 1978, environ deux fois par semaine, et par le Diplomat de Celtic Link Ferries, trois fois par semaine.
  • Poole et Portsmouth par la flotte de Brittany Ferries, qui a succĂ©dĂ© Ă  Truckline ferries en 1985, avec Normandie Express, Normandie Vitesse (ou Condor Vitesse), Le Barfleur et Le Cotentin.

Le port accueille en outre entre 10 et 30 paquebots par an, grùce à un terminal croisiÚre aménagé en 2006 dans la gare maritime transatlantique inaugurée en 1933.

Transport ferroviaire

Article dĂ©taillĂ© : Gare de Cherbourg.

La ligne Paris-Cherbourg du RĂ©seau ferrĂ© de France trouve son terminus Ă  la gare de Cherbourg, inaugurĂ©e en 1858, qui accueille chaque annĂ©e un million de voyageurs[10]. Cette ligne allait, au dĂ©but du XXe siĂšcle, jusqu'Ă  la station balnĂ©aire d’Urville-Hague et Ă©tait complĂ©tĂ©e par le « tue-vaques Â» qui desservait depuis Cherbourg le Val de Saire entre 1911 et 1950. Aujourd'hui, la ligne Corail IntercitĂ©s Paris-Caen-Cherbourg est la plus profitable de sa catĂ©gorie, avec un bĂ©nĂ©fice supĂ©rieur Ă  10 millions d'euros annuels, malgrĂ© de nombreux incidents et retards[11] . Chaque jour, plusieurs dizaines de TER et Corail IntercitĂ©s assurent des liaisons directes avec Lisieux, Caen, et Paris-Saint-Lazare en 3 heures en moyenne.

Transport inter-urbain

Ligne Dessertes principales de bus urbains
1 Schuman ↔ Les Fourches
2 Schuman ↔ RĂ©publique ↔ Digard
3 Églantine ↔ Schuman ↔ BrĂ©court
4 Centre commercial (La Glacerie) ↔ Schuman ↔ Dubost
5 Amfreville ↔ Schuman ↔ Flamands
8 Polyclinique ↔ Becquet

La Compagnie des transports de Cherbourg (CTC) a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e en 1896, reliant par un tramway la place de Tourlaville et la place du ChĂąteau Ă  Cherbourg, puis jusqu'Ă  Urville. AprĂšs l’occupation allemande et le bombardement du dĂ©pĂŽt de tramways, les bus prennent la succession, et il faut attendre 1962 pour que le rĂ©seau dispose de plusieurs lignes. À partir de 1976, la CommunautĂ© urbaine de Cherbourg prend en charge la compĂ©tence des transports en commun. GĂ©rĂ©e en dĂ©lĂ©gation de service public par Keolis, la CTC prend le nom de ZĂ©phir Bus en 1991[12].

Le maillage couvre l'ensemble de l’agglomĂ©ration. Depuis quelques annĂ©es, un service de bus de nuit a Ă©galement Ă©tĂ© crĂ©Ă©.

Cherbourg-Octeville et son agglomération sont également desservies par le réseau de bus départementaux Manéo.

AĂ©roport

L'aĂ©roport de Cherbourg - Maupertus dessert la ville. Sa piste de 2 440 mĂštres accueille des vols charters. AprĂšs l'arrĂȘt au printemps 2008 de la liaison quotidienne vers Paris assurĂ©e par Twin Jet, une nouvelle liaison sur Caen et Paris a dĂ©marrĂ© le 27 octobre 2008 avec Chalair[13].

Avec 40 500 passagers en 2007, l'aéroport a perdu 30% de ses passagers commerciaux, et 10% de son trafic total sur une année [14].

Histoire

Article dĂ©taillĂ© : Histoire de Cherbourg.

HĂ©raldique

Blason de Cherbourg

Cherbourg porte d’azur Ă  la fasce d’argent chargĂ©e de trois Ă©toiles Ă  six rais de sable, accompagnĂ©e de trois besants d'or, deux en chef, un en pointe. À partir de l'Empire, le blason est accompagnĂ© d'ornements extĂ©rieurs : couronne murale Ă  cinq tours d’argent, cimier traversĂ© en fasce d’un caducĂ©e contournĂ©e de mĂȘme auquel sont suspendus deux festons servant de lambrequins, l’un Ă  dextre d'olivier, l’autre Ă  senestre de chĂȘne, d’argent nouĂ©s et attachĂ©s par des bandelettes d’azur. Ils comportent Ă©galement une croix de guerre 35-45 avec palme au naturel, appendue Ă  la pointe de l'Ă©cu et brochant sur la croisure des bandelettes [15].

L'origine du blason est contestée.

Selon Victor Le Sens, il est d'origine religieuse : la fasce d’argent chargĂ©e d'Ă©toiles reprĂ©sente la ceinture de la Vierge Marie, l’une des deux patronnes de la ville et le nombre d'Ă©toiles, comme celui des besants, Ă©voque la TrinitĂ©, l’autre protectrice de la ville. Les besants d'or seraient l'expression du rachat des captifs, illustrant la participation des notables cherbourgeois Ă  la TroisiĂšme croisade. Le blason de Cherbourg daterait de la fin du XIIe siĂšcle, Ă  l'Ă©poque des Croisades[16].

Selon M. Le Poupet, qui s'appuie en particulier sur les ouvrages de Vulson de la ColombiĂšre et SĂ©going, le contenu du blason Ă©voque la commerce maritime de la citĂ©, les besants – meubles traditionnels des armes de financiers anoblis – reprĂ©sentent la richesse et la fortune, tandis que l'Ă©toile illustre la paix et la prudence. Le sable signifie Prudence et constance dans l’adversitĂ©, l’azur dĂ©note l’activitĂ© et les mers. M. Canel avait expliquĂ© avant lui que les besants et les Ă©toiles illustrent respectivement le commerce et le port de mer [17].

Les Ă©toiles, absentes de l’armorial de d'Hozier en 1697[17], auraient Ă©tĂ© ajoutĂ©es au XVIIIe siĂšcle. Sous l'Empire, le blason fut complĂ©tĂ© par un franc quartier des villes de seconde classe qui est Ă  dextre d’azur Ă  un N d'or, surmontĂ© d’une Ă©toile rayonnante du mĂȘme, brochant au neuviĂšme de l'Ă©cu[16].

Concernant les ornements extĂ©rieurs, la couronne murale symbolise la protection et le bonheur, le caducĂ©e le commerce et l’activitĂ©, l’olivier la paix, le chĂȘne la force, rappelant la vocation Ă  la fois militaire et commerciale du port. L'argent signifie que Cherbourg Ă©tait une ville de seconde classe sous l'Empire [15].

Blason d'Octeville

Le blason d'Octeville est de sinople au mantel d’argent chargĂ© de deux lettres capitales de sable « O Â» Ă  dextre, « V Â» Ă  sĂ©nestre, au chef de gueules Ă  un lĂ©opard d'or armĂ© et lampassĂ© d’azur. Il a Ă©tĂ© le logo de la municipalitĂ© jusqu'Ă  la fusion avec Cherbourg, puis a Ă©tĂ© rĂ©uni au logo de Cherbourg.

logo de Cherbourg-Octeville

Aujourd'hui, la municipalitĂ© de Cherbourg-Octeville utilise un logo, intitulĂ© la « mouette musicale Â». Initialement adoptĂ© par Cherbourg, il est composĂ© d’une mouette, symbolisant le caractĂšre maritime de l’agglomĂ©ration, sur une portĂ©e musicale, Ă©voquant la musicalitĂ© du port : « le cri des mouettes qui dansent entre ciel et mer, les sirĂšnes des navires et le chant mĂ©lodieux des vagues Â» [18].

Origines et toponymie

La date de fondation de Cherbourg ne peut ĂȘtre fixĂ©e prĂ©cisĂ©ment, mĂȘme si plusieurs historiens locaux, dont Robert Lerouvillois, font remonter l'origine de la ville au Coriallo (pour *Coriovallo) des Unelles. D'aprĂšs Pierre-Yves Lambert, l'Ă©lĂ©ment celtique corio- signifie « armĂ©e, troupe Â» et l'Ă©lĂ©ment vallo- semblable au latin vallum, serait « rempart, fortification Â» [19].

MentionnĂ©e sur la Table de Peutinger (v. 365), dans l’ItinĂ©raire d'Antonin et la Gesta de Fontenelle (« In pago Coriovallinse Â», 747-753), Coriallo, latinisĂ©e ensuite en Coriallum, accueille une garnison romaine au Bas Empire, et les vestiges retrouvĂ©s situeraient le village entre Cherbourg et Tourlaville, sur les Mielles [20].

AprĂšs la colonisation anglo-scandinave, un nouveau nom apparait sous une forme lĂ  encore latinisĂ©e : Carusburg Castellum (1026-1027, Fauroux 58) puis Carisburg (1056-1066, Fauroux 214), Chiersburg (Guillaume de JumiĂšges, v. 1070), Chieresburg (Wace, Roman de Rou, v. 1175) [21]. Carusburg signifierait « forteresse des marais Â», du vieux norrois kjarr (marais) et de borg (chĂąteau, ville fortifiĂ©e) [22] ou « ville des marais Â» du vieil anglais ker (marais) et burgh (ville) [23]. L'Ă©lĂ©ment kjarr/ ker se retrouve par ailleurs en Normandie dans Villequier et Gonfreville-l'Orcher. D'aprĂšs François de Beaurepaire, il s'agit plutĂŽt du vieil anglais chiriche ( graphiĂ© ċiriċe, Ă©glise) ou [tch] est rĂ©duit Ă  [s], comme la commune de Chirbury, dans le comtĂ© de Shropshire, autrefois Ă©galement orthographiĂ©e Chirichburig (915) et Chiresbir (1226) [21].

Le nom d'Octeville apparaĂźt quant Ă  lui en 1063, dans une charte de Guillaume le BĂątard, Ă  propos de dotations faites Ă  la collĂ©giale de Cherbourg [24]. Il signifie : « le domaine rural d’Otti Â», nom d'homme scandinave prĂ©sent Ă©galement dans Octeville-l'Avenel,Octeville-sur-Mer et Otby (Lincolnshire, Ottebi 11Ăšme. )

Cherbourg est Ă©galement le nom d’un canton canadien, situĂ© entre Matane et Les MĂ©chins, qui a donnĂ© son nom aux municipalitĂ©s de Saint-Thomas-de-Cherbourg, fusionnĂ©e en 1954 au sein des MĂ©chins, et de Saint-Jean-de-Cherbourg. Ce nom, dont la proclamation date du 7 mai 1864, pourrait ĂȘtre dĂ» Ă  la rĂ©percussion par les journaux locaux de l’inauguration du port militaire par NapolĂ©on III en 1858 [25]. Cherbourg est Ă©galement une ville du Queensland en Australie.

Moyen Âge : une place forte

Vue de Cherbourg au XVIIe siĂšcle
Plan de Cherbourg et du chùteau démoli en 1689

Le Cotentin, conquis par Quintus Titurius Sabinus en 56 av. J.-C. [26], est divisĂ© entre le pagus constantiensis (« comtĂ© de Coutances Â») et le pagus coriovallensis (« comtĂ© de Coriallo Â»), au sein de la DeuxiĂšme Lyonnaise. Coriallo abrite une petite garnision et un castrum est Ă©difiĂ© sur la rive gauche de la Divette comme Ă©lĂ©ment du Litus saxonicum, aprĂšs les raids saxons au dĂ©but du IVe siĂšcle [20].

En 497, la citĂ© est cĂ©dĂ©e avec l'ensemble de l'Armorique Ă  Clovis. Elle est Ă©vangĂ©lisĂ©e par saint Éreptiole en 432, puis par saint Exuperat, saint LĂ©onicien, et enfin saint Scubilion, en 555 [27]. En 887, saint Clair, dĂ©barquant du Kent, est ordonnĂ© prĂȘtre Ă  Cherbourg et Ă©tablit un ermitage dans la forĂȘt environnante [28].

AprĂšs plusieurs pillages normands au IXe siĂšcle, Cherbourg est rattachĂ©e au DuchĂ© de Normandie avec le Cotentin, en 933, par Guillaume Longue-ÉpĂ©e. Le roi danois Harold s'y installe en 946.

Face aux menaces anglaises, Richard III de Normandie renforce les fortifications du chĂąteau en mĂȘme temps que celles des autres grandes places fortes du Cotentin. En 1053, la citĂ© est l'une des quatre principales citĂ©s du duchĂ© Ă  recevoir de Guillaume le ConquĂ©rant une rente Ă  perpĂ©tuitĂ© pour l'entretien de cent dĂ©munis [29].

Dans la lutte de succession de la couronne anglo-normande, Cherbourg assiĂ©gĂ©e se rend en 1139 aprĂšs deux mois de siĂšge aux troupes Étienne de Blois avant d'ĂȘtre reprise en 1142 par Geoffroy d'Anjou, dont l'Ă©pouse, Mathilde l'Emperesse, fonde trois ans plus tard l’Abbaye du VƓu [28].

Lors de la conquĂȘte de la Normandie par Philippe Auguste, Cherbourg tombe sans combattre en 1204. La ville est saccagĂ©e en 1284 et 1293, l’Abbaye et l'HĂŽtel-Dieu pillĂ©s et incendiĂ©s, mais le chĂąteau, oĂč la population est retranchĂ©e, rĂ©siste. Suite Ă  ces ravages, Philippe le Bel fait fortifier la citĂ© en 1300 [28].

Par sa position stratĂ©gique, Ă  la fois clĂ© du Royaume avec Calais pour les Français et tĂȘte de pont de l’invasion pour les Anglais, la ville est trĂšs disputĂ©e durant la Guerre de Cent Ans. Disposant de l’un des plus forts chĂąteaux du monde selon Froissart, elle change six fois de propriĂ©taires suite Ă  des transactions ou des siĂšges, jamais par les armes. La forteresse rĂ©siste en 1346 aux soldats d’Édouard III, est cĂ©dĂ©e en 1354 par Jean le Bon Ă  Charles le Mauvais qui la loue en 1378 Ă  Richard II d'Angleterre. Vainement assiĂ©gĂ©e pendant plus de six mois par Bertrand du Guesclin cette mĂȘme annĂ©e, la ville est rendue par le roi anglais Ă  la France en 1394, et Ă©changĂ© par Charles VI de France Ă  Charles le Noble, hĂ©ritier de Charles le Mauvais, contre le comtĂ© de Nemours, Ă©rigĂ© en pairie en 1404. TombĂ©e en 1418 aux mains des Anglais, Cherbourg, derniĂšre possession anglaise du duchĂ© de Normandie aprĂšs la bataille de Formigny, est libĂ©rĂ©e le 12 aoĂ»t 1450 [28].

Le 28 avril 1532, Cherbourg reçoit en grande pompe la visite de François Ier et du dauphin [28]. À cette Ă©poque, Cherbourg nous est dĂ©crite par Gilles de Gouberville comme une ville fortifiĂ©e de 4 000 habitants, protĂ©gĂ©e par des ponts-levis aux trois portes principales, gardĂ©es en permanence et fermĂ©es du coucher du soleil jusqu’à l’aube. À l’intĂ©rieur des remparts, le chĂąteau, lui-mĂȘme protĂ©gĂ© par de larges fossĂ©s et muni d’un donjon et de douze tours, occupait le sud-est de la ville. À l'extĂ©rieur et au sud des remparts, le faubourg, le long de la Divette, Ă©tait frĂ©quentĂ© par les matelots [30].

Cherbourg n'est pas touchĂ©e par le vent de la RĂ©forme qui divise la Normandie, consolidĂ© et fortement gardĂ© par Matignon, qu'Henri III remercie de sa dĂ©fense contre les troupes de Montgomery, en le nommant lieutenant-gĂ©nĂ©ral de Normandie et gouverneur de Cherbourg en 1578, puis marĂ©chal l’annĂ©e suivante. Les bourgeois demeurent Ă©galement fidĂšles Ă  Henri III puis Henri IV, quand la Normandie est majoritairement tenue par la Ligue catholique [28].

XVIIe-XIXe : naissance d’un port militaire

Projet non retenu de Louis-Alexandre de Cessart pour la rade
Digue de l’Ouest, dite « de Querqueville Â»
Transbordement des cendres de Napoléon Ier, Léon Morel-Fatio, 1841

Pour complĂ©ter les deux ports d’envergure que sont Brest sur l’Atlantique et Toulon sur la MĂ©diterranĂ©e, Louis XIV dĂ©sire Ă©difier un nouveau port sur les cĂŽtes de la Manche, face Ă  l’Angleterre, afin d’hĂ©berger les navires de passage. Vauban propose en 1686 de renforcer la fortification de Cherbourg et fermer la rade de Cherbourg par deux digues, mais privilĂ©gie la Hougue pour l'Ă©tablissement d'un port militaire d'envergure[31]. Les travaux de fortifications et d’amĂ©nagement du chĂąteau dĂ©butent l’annĂ©e suivante mais sont arrĂȘtĂ©s par le Roi en dĂ©cembre 1688, influencĂ© par Louvois et par crainte des attaques anglaises[20]. En l'absence de ces fortifications, la population cherbourgeoise assiste impuissante Ă  la destruction des trois navires de l’amiral de Tourville au terme de la Bataille de la Hougue [20].

Le port de commerce creusĂ© entre au niveau actuelle de la place Divette entre 1739 et 1742, est dĂ©vastĂ© en aoĂ»t 1758 par une attaque anglaise sous les ordres du gĂ©nĂ©ral Bligh et l’amiral Howe [28]. Avec l'amĂ©nagement d'un nouveau bassin du commerce en 1769, Cherbourg – depuis longtemps port commercial de faible importance, ville sans universitĂ© ni activitĂ© culturelle, rĂ©guliĂšrement pillĂ©e, aux faibles relations avec Paris – acquiert un poids essentiel dans le Cotentin qui se traduit, Ă  la veille de la RĂ©volution française, par la crĂ©ation de rĂ©seaux de sociabilitĂ©s par les bourgeois rĂ©unis en associations – comme la SociĂ©tĂ© royale acadĂ©mique de Cherbourg en 1755 et la loge « la FidĂšle maçonne Â». La population passe de 800 feux (4 000 habitants) Ă  Cherbourg et 95 Ă  Octeville, vers 1715, Ă  7 300 cherbourgeois en 1778 [32].

Louis XVI dĂ©cide de relancer le projet d'un port sur la Manche. AprĂšs plusieurs hĂ©sitations, il est dĂ©cidĂ© en 1779 de construire une digue de 4 kilomĂštres de long entre l’üle PelĂ©e et la pointe de Querqueville, selon une mĂ©thode mise au point par Louis-Alexandre de Cessart, d'un mĂŽle de 90 cĂŽnes de bois de 20 m sur 20, remplis de pierres et de bĂ©ton, reliĂ©s par des chaĂźnes de fer. Le premier cĂŽne est immergĂ© le 6 juin 1784, et le Roi assiste le 22 juin Ă  la mise Ă  l'eau du neuviĂšme cĂŽne. Mais la technique ne rĂ©siste pas aux tempĂȘtes, et elle est abandonnĂ©e en 1788 au profit du sabordage de vieux navires de guerre et un enrochement Ă  pierres perdues qu'avait vantĂ© La BretonniĂšre. Mais la rĂ©duction des subsides et les Ă©vĂ©nements rĂ©volutionnaires ralentissent les travaux, jusqu'Ă  leur suspension en 1792.

Le premier Consul Bonaparte veut faire de Cherbourg un des ports militaires principaux, visant l’invasion du Royaume-Uni. Il charge Joseph Cachin de la reprise des travaux de la digue, du creusement de l’avant-port militaire, et de la construction du nouvel Arsenal. AprĂšs une visite en 1811, NapolĂ©on fait de Cherbourg une prĂ©fecture maritime, un chef-lieu d’arrondissement de la Manche et le siĂšge d’un tribunal de premiĂšre instance.

Les travaux de la digue centrale, interrompus Ă  nouveau entre 1813 et 1832, s'achĂšvent en 1853, ceux des digues de l’Ouest et de l’Est en 1895. Les bassins Charles X (commencĂ© en 1814 — 290 x220 x18 mĂštres) et NapolĂ©on III (commencĂ© en 1836 — 420 x200 x18 mĂštres) du port militaire sont respectivement inaugurĂ©s le 25 aoĂ»t 1829 en prĂ©sence du Dauphin, et le 7 aoĂ»t 1858 par le couple impĂ©rial. Les travaux de la digue sont conclus par la construction de la Petite rade (digue du Homet, 1899-1914, et digue des Flamands, 1921-1922).

Les travaux du port entraine une densification et un Ă©talement de Cherbourg qui se modernise et s'Ă©quipe, tandis que les entrepreneurs, armateurs et commerçants locaux s’enrichissent. Village rural Ă  l’habitat dispersĂ© en hameaux constituĂ©s autour de grosses fermes (La CrespiniĂšre, La PrĂ©vallerie, Grimesnil, La Gamacherie
), reliĂ©s entre eux et Ă  l’église Saint-Martin par un rĂ©seaux de chemins, Octeville devient chef-lieu de canton en 1801 (dĂ©cret du 23 vendĂ©miaire an X) et voit Ă©galement sa population s'accroĂźtre par l’afflux des ouvriers venus pour construire le port de Cherbourg et travailler Ă  l’Arsenal. AprĂšs la crĂ©ation de la route des Pieux (actuelles rues Salengro et Carnot), le bourg se constitue autour d’un village-rue homogĂ©nĂ©isĂ© puis s’urbanise au dĂ©but du XXe siĂšcle [24].

Le 16 aoĂ»t 1830, Charles X, dĂ©trĂŽnĂ©, embarque pour l’exil au port militaire de Cherbourg sur le Great Britain, laissant la place Ă  la Monarchie de Juillet[28]. AprĂšs avoir vu mouiller dans sa rade le Louxor transportant l’ObĂ©lisque de Louxor en aoĂ»t 1833, Cherbourg accueille le retour des cendres de NapolĂ©on en France Ă  bord de la Belle Poule. Le 4 aoĂ»t 1858, une statue Ă©questre de NapolĂ©on est Ă©rigĂ©e Ă  l’occasion de la visite de NapolĂ©on III pour l'inauguration de la ligne ferroviaire reliant Cherbourg Ă  Paris.

Le 19 juin 1864 a eu lieu, au large de Cherbourg, un Ă©pisode cĂ©lĂšbre de la guerre de SĂ©cession : le navire de guerre des ConfĂ©dĂ©rĂ©s, le CSS Alabama, est coulĂ© par le navire de l’Union USS Kearsarge aprĂšs deux heures de combat (voir le Combat naval Ă  Cherbourg), sous l’Ɠil de milliers de spectateurs, venus en train pour l’inauguration du casino. Assistant au combat depuis un voilier, Manet l’a immortalisĂ© dans une de ses Ɠuvres.

DĂ©but XXe : port d’émigration

La gare maritime en 1933

Les propriĂ©tĂ©s gĂ©ographiques et techniques du port de Cherbourg attirent Ă  partir de 1847 les compagnies maritimes reliant les ports europĂ©ens Ă  la cĂŽte est des États-Unis. DĂšs la fin des annĂ©es 1860, les paquebots de la Royal Mail Steam Packet & Co et de la Hamburg Amerika Linie mouillent dans la rade avant de traverser l’Atlantique [33]. Le Titanic y fait escale en 1912 pour son voyage inaugural oĂč il embarqua 274 passagers. En 1913, Cherbourg reçoit 500 paquebots et 70 000 passagers [34].

Durant la PremiĂšre Guerre mondiale, le trafic est entiĂšrement suspendu. Cherbourg devient le lieu d’arrivĂ©e du matĂ©riel et des troupes britanniques puis amĂ©ricaines, et de dĂ©part des permissionnaires et des blessĂ©s. Le port militaire connaĂźt un accroissement d’activitĂ©, la garnison en poste Ă  Cherbourg est renforcĂ©e. Les infrastructures du port sont dĂ©veloppĂ©es pour recevoir le charbon et le pĂ©trole nĂ©cessaire au conflit. Le trafic double, atteignant 600 000 tonnes en 1918[34].

Le transit transatlantique reprend au lendemain de la guerre avec les compagnies transatlantiques britanniques, amĂ©ricaines et hollandaises. Pour accueillir au mieux les escales, la Chambre de commerce fait construire un port en eau profonde, une nouvelle gare maritime, et une zone dĂ©diĂ©e au chargement, dĂ©chargement et stockage des marchandises sur le terrain des Mielles. Cherbourg devient le premier port de migration en Europe, et les compagnies Cunard Line, White Star Line et Red Star Line s'unissent pour bĂątir l’hĂŽtel Atlantique destinĂ© Ă  recevoir les Ă©migrants avant la traversĂ©e. Dans le mĂȘme temps, le centre-ville se rĂ©nove, notamment sous les projets architecturaux de RenĂ© Levesque, Drancey et RenĂ© Levavasseur. Mais la crise de 1929 met fin Ă  l'apogĂ©e transatlantique.

Seconde Guerre mondiale

Soldats amĂ©ricains se livrant Ă  des combats de rue, sur l’avenue de Paris

Les Allemands arrivent le 17 juin 1940 dans les faubourgs de Cherbourg. Le 19, le conseil municipal déclare la ville ouverte, et Erwin Rommel reçoit la reddition de la place des mains du préfet maritime, le vice-amiral Le Bigot, qui a fait détruire auparavant les sous-marins en construction à l'arsenal et le fort de l'Est.

Quatre annĂ©es plus tard, Cherbourg, seul port en eau profonde de la rĂ©gion, est l’objectif premier des troupes amĂ©ricaines dĂ©barquĂ©es Ă  Utah Beach. La Bataille de Cherbourg doit donner aux alliĂ©s un support logistique pour le ravitaillement humain et matĂ©riel des troupes. Les troupes amĂ©ricaines encerclent la ville le 21 juin. Au terme de furieux combats de rue et d’une Ăąpre rĂ©sistance du fort du Roule, le gĂ©nĂ©ral Karl von Schlieben, l’amiral Walter Hennecke et 37 000 soldats se rendent le 26 au gĂ©nĂ©ral Joseph Lawton Collins. AprĂšs un mois de rĂ©paration par le gĂ©nie amĂ©ricain et français, le port, complĂštement rasĂ© par les Allemands et les bombardements, accueille les premiers liberty ships et devient jusqu’à la victoire de 1945, le plus grand port du monde, avec un trafic double de celui de New York [35].

Cherbourg est rendue Ă  la France par les AmĂ©ricains le 14 octobre 1945. Elle est citĂ©e Ă  l’ordre de l’armĂ©e le 2 juin 1948 et reçoit la Croix de guerre avec palme.

Article dĂ©taillĂ© : Bataille de Cherbourg.

1945-1990 : reconstruction et essor

Le Redoutable, symbole de l’économie locale florissante de l’aprĂšs-guerre, devenu attraction touristique en 2002

Les destructions se concentrent essentiellement autour du port militaire Ă  Cherbourg, mais ont touchĂ© Ă  60% Octeville. GrĂące Ă  la reconstruction en urgence du port, l'activitĂ© Ă©conomique reprend rapidement. Cherbourg, dirigĂ©e par l'ancien ministre SFIO RenĂ© Schmitt, Ă©difie de nombreux logements sociaux. L'essor des Trente glorieuses entraĂźne la modernisation de l'Ă©conomie et la fĂ©minisation de l'emploi. Sous l'impulsion du gĂ©nĂ©ral de Gaulle, Cherbourg devient Ă  partir de 1964 le pĂŽle de construction des Sous-marin nuclĂ©aire lanceur d'engins, dont le premier, le Redoutable, est lancĂ© en 1967 [36]. Les CMN de FĂ©lix Amiot, spĂ©cialisĂ©es dans l'armement militaire, deviennent cĂ©lĂšbres Ă  NoĂ«l 1969 grĂące Ă  l’épisode des vedettes de Cherbourg.

ConstituĂ©e en 1970, la CommunautĂ© urbaine de Cherbourg regroupe autour de Cherbourg, Octeville, La Glacerie, Tourlaville, Querqueville et Équeurdreville-Hainneville.

À partir de la fin des annĂ©es 1960, l'industrie nuclĂ©aire Ă©merge Ă  travers les chantiers de l’usine de retraitement de la Hague et de la centrale nuclĂ©aire de Flamanville qui s'ajoutent aux sous-marins de la DCN. L'union des syndicats, militants de gauche et Ă©cologistes autour de la crainte de la « nuclĂ©arisation Â» du Nord-Cotentin, se cristallise en janvier 1979 lors du dĂ©barquement par le Pacific Fisher des premiers dĂ©chets nuclĂ©aires irradiĂ©s japonais. En cette veille de la dĂ©cennie 1980, l'agglomĂ©ration cherbourgeoise est frappĂ©e par plusieurs conflits sociaux violents, en particulier Ă  la fermeture des usines Babcock [37].

Crise et perspectives maritimes

Vue actuelle du centre-ville de Cherbourg

Cette dĂ©pendance de plusieurs siĂšcles aux grandes dĂ©cisions des pouvoirs publics et Ă  l’industrie nuclĂ©aire provoque une profonde crise Ă©conomique dans les annĂ©es 1990. L’Arsenal rĂ©duit drastiquement ses effectifs, la Flottille du Nord (FLONOR) dĂ©mĂ©nage Ă  Brest en 1992, l’hĂŽpital maritime ferme. UIE, Burty, CMN, Socoval et Alcatel accumulent les plans sociaux ou les fermetures. Sous l'Ă©gide de la CommunautĂ© urbaine, l'agglomĂ©ration dĂ©veloppe son offre universitaire avec l’IUT Cherbourg-Manche, l'École d'ingĂ©nieurs de Cherbourg et une antenne de l’UniversitĂ© de Caen qui complĂšte l'INTECHMER et l’école des Beaux-arts.

Les annĂ©es 2000 dĂ©butent par la crĂ©ation d’une nouvelle commune. Cherbourg-Octeville est crĂ©Ă©e le 1er mars 2000 par la rĂ©union de Cherbourg et Octeville suite au rĂ©fĂ©rendum local sur le « Grand Cherbourg Â». La ville renoue avec son identitĂ© touristique et maritime, Ă  travers la CitĂ© de la Mer et l’ouverture au public du Redoutable, l’accueil d'escales de croisiĂšres et d’évĂ©nements nautiques [37], l’opĂ©ration de rĂ©novation urbaine « Entre terre et mer Â» mettant l’accent sur l'attractivitĂ© commerciale et touristique de la ville et sur le quartier des bassins, ainsi que l’émergence d’une spĂ©cialisation Ă©conomique dans la plaisance, alors que les activitĂ©s traditionnelles du port (trafic passagers, fret, pĂȘche) sont en crise [38].

Population

Tissu urbain

Plan de la forteresse de Cherbourg par Jacques Gomboust, 1657.
La rue des FossĂ©s, vestige d’une rue du Cherbourg mĂ©diĂ©val

Cherbourg s'est initialement dĂ©veloppĂ© sur la rive gauche de l’embouchure de la Divette, autour du chĂąteau. Les traces de l’ancienne forteresse sont rares dans la ville moderne ; la fortification Ă©tait situĂ©e dans l’actuelle zone dĂ©limitĂ©e par la rue de la Marine, quai de Caligny, rues Foch et Gambetta, rues Albert-Mahieu et François-Lavieille, places de la RĂ©publique et de la TrinitĂ©. La citĂ© comptait cinq rues : grande Rue, rue de la TrinitĂ© (aujourd'hui Tour-CarrĂ©e), la rue du Nouet (au BlĂ©), la rue au Fourdray et rue Onfroy (du Commerce), ainsi qu’une dizaine de boĂ«ls (venelles) [39]. Ces cinq rues mĂ©diĂ©vales ont Ă©tĂ© amĂ©nagĂ©es en rues piĂ©tonnes dans les annĂ©es 1980. Jusqu’à la destruction des remparts, la rue Grand-rue, appelĂ©e rue de-devant-le-chĂąteau, n'est bĂątie que sur son cĂŽtĂ© ouest (l’est Ă©tant bordĂ© par les fossĂ©s) avec plusieurs maisons Ă  arcades, appelĂ©es soliers. AprĂšs le dĂ©mantĂšlement des murailles, Ă  l’intĂ©rieur desquelles vivaient les trois cinquiĂšmes de la population [40], la ville s'Ă©tale jusqu’à ses frontiĂšres naturelles Ă  la fin du XVIIe siĂšcle : la Divette Ă  l’est, et le ruisseau de Chantereine Ă  l’ouest ; au cours du XIXe siĂšcle, elle se prolonge sur les territoires voisins annexĂ©s sur Tourlaville et Équeurdreville. Sa croissance rapide Ă  partir de la fin du XVIIIe siĂšcle fait dire Ă  Jean Fleury, en 1839, qu’elle « offre presque partout l’aspect d’une ville nouvelle ; les anciennes rues occupent peu de place, et les autres sont en gĂ©nĂ©ral larges et bien aĂ©rĂ©es, les fontaines nombreuses [
]. Cherbourg a 10 places, 59 rues, 12 impasses et 5 passages. Â» [41].

EndommagĂ©e Ă  toutes les Ă©poques, reconstruite au coup par coup, la ville ne possĂšde pas d’unitĂ© architecturale. Le schiste, extrait des carriĂšres de l’agglomĂ©ration, est le matĂ©riau traditionnel de construction. TrĂšs rĂ©pandu pour la couverture dans le nord-Cotentin, il est aussi utilisĂ© Ă  Cherbourg pour les murs dans la ville, apparent ou le souvent recouvert d'un enduit grisĂątre ou parfois colorĂ©. Les encadrements sont alors en pierre de Valognes (calcaire), en granit rose de Fermanville, ou en brique, les sous-bassements en grĂšs armoricain du Roule et de la FauconniĂšre. L’expansion de la ville Ă  partir du XVIIIe siĂšcle a favorisĂ© la diversitĂ© des matĂ©riaux. L’usage de la pierre de Caen et de la brique industrielle s'imposent sous le Second Empire, tandis que l’architecture vernaculaire disparaĂźt peu Ă  peu dans ces annĂ©es au profit d’un style plus homogĂšne et parisien [42].

Cherbourg et son agglomĂ©ration se sont urbanisĂ©s autour des ports et le long de la cĂŽte. Avec la reconstruction de l’aprĂšs-guerre puis l’essor Ă©conomique des Trente Glorieuses, la ville connaĂźt une crise du logement due au boum dĂ©mographique, contre laquelle on construit sur les derniers terrains vagues. En effet, un rapport de 1954 Ă©value Ă  1 000 familles les habitants vivant dans des taudis, et rĂ©clame 1 500 logements. Sortent alors de terre la citĂ© du Casino en 1957 et la citĂ© FougĂšre en 1958, puis en 1959 l’ensemble de l’Amont-Quentin, de Charcot-Spanel et la citĂ© Chantereyne pour accueillir les familles des ingĂ©nieurs et officiers de l’Arsenal [43].

Le port Chantereyne et les terres-plein des Mielles sont gagnĂ©s sur la mer, la place Divette et le boulevard Schuman sont crĂ©Ă©s Ă  l’emplacement des anciens champs de foire. Mais Ă  cette Ă©poque, la mutation frappe surtout les villages voisins qui forment, en moins de quarante ans, une agglomĂ©ration. Ainsi Octeville, Ă  l’habitat dispersĂ© jusqu’au XVIIIe siĂšcle, et urbanisĂ© lors des travaux du port autour d’une rue centrale [24], voit s'implanter le grand ensemble des Provinces sur les hauteurs de la FauconniĂšre et triple sa population en vingt ans. Plusieurs citĂ©s voient aussi le jour Ă  Tourlaville, La Glacerie, Querquerville et Équeurdreville, modifiant la physionomie d’une banlieue qui se densifie [44]. Cette urbanisation engendrant la dilution des frontiĂšres gĂ©ographiques et sociologiques de l’agglomĂ©ration s'est traduite par la crĂ©ation en 1970 de la communautĂ© urbaine jusqu’à la fusion de Cherbourg et Octeville en 2000.

L’Amont Quentin et les Provinces, nĂ©s dans les annĂ©es 1960 et 1970, actuellement en rĂ©novation

Suite Ă  cette fusion, un plan de renouvellement urbain nommĂ©e « Entre terre et mer Â» a Ă©tĂ© lancĂ© en 2002, sur les quartiers des Bassins, de l’Amont Quentin et des Province, pour homogĂ©nĂ©iser le territoire de la ville nouvellement fusionnĂ©e [45]. Le quartier des bassins, dĂ©gagĂ© par la canalisation de la Divette et le comblement du canal de retenue, est destinĂ© Ă  transformer profondĂ©ment le paysage commercial de la ville, portĂ© par la construction d'un nouveau centre commercial puis la rĂ©novation du centre-ville. Sur les hauteurs, sept barres HLM sont vouĂ©es Ă  la dĂ©molition pour amĂ©liorer l'habitat social. Sont Ă©galement prĂ©vus un hĂŽtel 3 Ă©toiles et le dĂ©mĂ©nagement du casino [46].

Les quartiers administratifs sont :

  • le centre-ville, cƓur historique de Cherbourg, avec l'hypercentre et les quartiers de la Polle et du VƓu datant du XIXe siĂšcle ;
  • Le Val-de-Saire, annexĂ© en 1811, au-delĂ  de la Divette et du pont-tournant ;
  • Sud-Est, correspondant aux quartiers du Roule et du Maupas, traditionnellement ouvriers ;
  • L’Amont Quentin-Provinces, sur les hauteurs de la ville, bĂątis Ă  partir des annĂ©es 1950 ;
  • Octeville-Bourg, de part et d’autre des rues Salengro et Barbusse ;
  • Ouest, partie occidental de l’ancienne commune d’Octeville.

Depuis 1996, Cherbourg-Octeville est couverte par une Zone franche urbaine sur le quartier Ă©largi des Provinces.

DĂ©mographie

Évolution dĂ©mographique de Cherbourg et Octeville[47],[48]

Année 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856 1861
Cherbourg 10 081 11 389 14 316 15 655 18 043 19 315 23 408 26 949 28 012 38 309 41 812
Octeville 972 850 1 026 1 194 1 309 1 508 1 479 1 735 1 878 2 160 2 346
Année 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921
Cherbourg 37 215 35 580 37 186 35 691 37 013 38 554 40 783 42 938 43 837 43 731 38 281
Octeville 2 275 2 268 2 350 2 482 2 895 3 028 3 352 3 752 4 077 4 193 4 017
Année 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999
Cherbourg 38 054 37 461 39 105 40 042 38 262 37 486 38 243 32 536 28 442 27 121 25 370
Octeville 3 939 4 054 4 317 4 606 5 421 6 247 9 465 15 977 18 551 18 120 16 948
Nombre retenu Ă  partir de 1962 : population sans doubles comptes

La construction de la digue et du port militaire amĂšne un flux important d’ouvriers et de militaires. Cherbourg et Octeville voient leur population quadrupler en un siĂšcle. Cherbourg compte jusqu’à 43 000 habitants au dĂ©but du XXe siĂšcle. Au cours de ce siĂšcle, Cherbourg perd peu Ă  peu 15 000 habitants, tandis qu’Octeville croĂźt sans discontinuer, avec une explosion dans les annĂ©es 1960 et 1970, lors de la construction des grands ensembles.

Selon les estimations de l’INSEE pour 2005, Cherbourg-Octeville compte 40 700 habitants. L’agglomĂ©ration affichait 91 717 habitants et l’aire urbaine 117 855 habitants. PremiĂšre ville de la Manche, et seconde de la Basse-Normandie, elle concentre 9,1 % de la population dĂ©partementale, soit deux fois plus que la prĂ©fecture, Saint-LĂŽ, tandis que la communautĂ© urbaine en reprĂ©sente 18,9 % et l’aire urbaine, toujours en croissance dĂ©mographique, 24,3 %.

Le dĂ©peuplement de la ville-centre de l’agglomĂ©ration a Ă©tĂ© l’un des sujets principaux de la campagne Ă©lectorale pour les Ă©lections municipales de 2008. Outre la bataille de chiffres sur le nombre d’habitants perdus, les trois candidats, Bernard Cazeneuve (PS), Jean LemiĂšre (UMP) et HervĂ© Corbin (UMP dissident) tĂ©moignent d’un intĂ©rĂȘt nouveau pour ce problĂšme. L’urbanisation de la zone Grimesnil/Monturbet, prĂ©vue ces prochaines annĂ©es, devrait logiquement apporter un surcroĂźt de population, sans que personne ne sache actuellement si celui-ci sera suffisant pour stopper l’hĂ©morragie dĂ©mographique [49].

Évolution dĂ©mographique de Cherbourg-Octeville[47],[48]

1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856 1861 1866
11 053 12 239 15 342 16 849 19 352 20 823 24 887 28 684 29 890 40 469 44 158 39 490
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931
37 848 39 536 38 173 39 908 41 582 44 135 46 690 47 914 47 924 42 298 41 993 41 515
1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 - -
43 422 44 648 43 683 43 733 47 708 48 513 46 993 45 241 42 288 40 828 - -
Jusqu'en 1999 : somme des populations de Cherbourg et d'Octeville (population sans doubles comptes de 1962 Ă  1999)[50];
2006 : Cherbourg-Octeville (population municipale lĂ©gale).
Pyramide des Ăąges de Cherbourg et Octeville en 1999[51] en pourcentage.
Hommes Classe d'Ăąge Femmes
0,1  Avant 1904  0,2
5,3  1905-1924  10,3
9,1  1925–1939  12,5
16,8  1940-1954  15,7
24  1955-1969  20,8
23,5  1970-1984  21,8
21,1  1985-1999  18,7

Aujourd'hui, les communes limitrophes de l’agglomĂ©ration (Martinvast, Nouainville, Tonneville, Bretteville
) connaissent une poussĂ©e dĂ©mographique : le cadre de vie, rural et paisible, n'empĂȘche nullement les habitants de profiter des infrastructures de la communautĂ© urbaine. Cette problĂ©matique, qui se retrouve dans de nombreuses agglomĂ©rations françaises de cette taille, a entrainĂ© la constitution d’un Pays du Cotentin, la communautĂ© urbaine souhaitant ainsi Ă  faire participer financiĂšrement les communautĂ©s de communes riches que sont celles des Pieux et de la Hague.

Depuis la fusion entre Cherbourg et Octeville, en fĂ©vrier 2000, les habitants se nomment officiellement Cherbourgeois-octevillais [52]. Avant celle-ci, les habitants de Cherbourg s'appelaient les Cherbourgeois et ceux d’Octeville Ă©taient les Octevillais. Il est probable qu’avec la fusion, ce dernier disparaisse peu Ă  peu au profit de « Cherbourgeois Â», comme « Ă‰queurdrevillais Â» (ou parfois « Ă‰queurdrais Â») pour la commune voisine d’Équeurdreville-Hainneville, fusionnĂ©e en 1965.

Logements

Cherbourg et Octeville ont deux profils diffĂ©rents. La premiĂšre est la ville-centre, Ă  l’habitat variĂ©, l’autre une commune de banlieue, rapidement bĂątie Ă  partir des annĂ©es 1960. Ainsi, en 1999, Cherbourg comptait 13 747 logements dont 86,2% de rĂ©sidences principales et 28,4 % de maisons individuelles [53], tandis qu’à Octeville, 94,6% des 7 221 logements sont rĂ©sidences principales, 39,7 % sont individuels. Les rĂ©sidences principales cherbourgeoises construites aprĂšs 1949 reprĂ©sentait 59% (55% entre 1949 et 1989), alors que celles d’Octeville sont Ă  89% postĂ©rieur Ă  1949 (84,9 % entre 1949-1989) [54]. La proportion de constructions neuves de la dĂ©cennie 1990 est largement plus faible que la moyenne rĂ©gionale, avec respectivement 3,6 % et 4,9 % des parcs communaux contre 9,5 % en Basse-Normandie.

La commune partage la compĂ©tence logement avec la communautĂ© urbaine. Plusieurs organismes HLM sont chargĂ©s du logement social sur l’agglomĂ©ration : Presqu’üle Habitat (OPHLM, 39,1% du parc avec 5801 logements), Les CitĂ©s cherbourgeoises (SA HLM, 23,1% avec 3424 logements), la SA HLM du Cotentin (16 %, 2 371 logements), la SEMIAC (10,1%, 1 495 logements) et la SA HLM Coutances-Granville (4,7 %, 206 logements) [55].

Parcs et espaces verts

La seconde moitiĂ© du XIXe siĂšcle voit se crĂ©er de nombreux jardins d’inspiration anglaise. Le premier serait dĂ» Ă  Joseph Cachin qui crĂ©e, quand il est chargĂ© de la construction du port, un jardin privatif et un Ă©tang prĂšs de la Divette, Ă  la place des actuelles voies de chemin de fer conduisant Ă  la gare[56]. Le climat ocĂ©anique tempĂ©rĂ© favorise la naturalisation des plantes mĂ©ridionales et exotiques, tel que les palmiers, ramenĂ©s par les nombreux marins et explorateurs cherbourgeois. Ensuite, sous la TroisiĂšme RĂ©publique, les jardins publics s'ouvrent[56].

Aujourd'hui, la ville offre plusieurs espaces verts :

  • Le jardin public (1,7 hectare), avenue de Paris, a Ă©tĂ© le premier parc Ă  ĂȘtre offert Ă  la population, en 1887. Au pied de la montagne du Roule, il hĂ©berge de nombreux animaux (otaries, voliĂšres, cervidĂ©s
). Lieu de commĂ©moration privilĂ©giĂ© par la municipalitĂ©, on y voit le monument aux morts inaugurĂ© en 1924, l'ancien portail de l’abbaye du VƓu, le buste de Jean-François Millet, et le dernier kiosque Ă  musique de la ville. Deux pavillons d’angles construits en 1889 limitent le jardin sur l’avenue de Paris [57].
  • Le parc Emmanuel-Liais (1 hectare) est l’ancien jardin de la maison privĂ©e du maire de Cherbourg, dessinĂ© en 1881 et inaugurĂ© en 1885. LĂ©guĂ© Ă  la ville Ă  sa mort, il est trĂšs arborĂ© et dispose d’une tour d’observation, d’un plan d’eau contenant nĂ©nuphars et autres plantes aquatiques et de deux serres abritant des plantes rares, dont une collection riche de plantes d’AmĂ©rique du Sud ramenĂ©es de ses voyages et acclimatĂ©es par Liais. Il est labellisĂ© « Jardin remarquable Â» [58].
  • Le jardin Montebello, ouvert en 1872 dans la rue du mĂȘme nom, au sein du quartier NapolĂ©on III, a Ă©tĂ© crĂ©Ă© Ă  l’initiative de la SociĂ©tĂ© d’horticulture de Cherbourg pour ses membres. Ouvert au public depuis sa crĂ©ation, il accueille bambous, camĂ©lias et magnolias, et dispose d’un chalet de briques Ă  poutres apparentes.
  • Le parc du chĂąteau des Ravalet (12 hectares), propriĂ©tĂ© de Cherbourg-Octeville sur le territoire de Tourlaville, a Ă©tĂ© amĂ©nagĂ© par le vicomte RenĂ© de Tocqueville Ă  partir de 1872, avec un jardin anglais et un bois. Le parc et la serre construite entre 1872 et 1875, qui abrite palmiers, bananiers, cactus et lianes, sont ouverts depuis l’acquisition par la ville de Cherbourg en 1935, et sont classĂ©s monuments historiques depuis le 4 mars 1996. Plusieurs plans d’eau accueillent des cygnes noirs et les voliĂšres abritent des oiseaux rares. Une cascade artificielle a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e en 1921[57].
  • Le Vallon sauvage dĂ©ploie haies bocagĂšres, zones humides, vergers et bois au cƓur d’Octeville, dans un espace naturel amĂ©nagĂ© de 10 hectares[4].

Un jardin privĂ©, le jardin botanique de la Roche FauconniĂšre, est en outre inscrit Ă  l’inventaire des Monuments historiques depuis le 29 dĂ©cembre 1978 [59]. CrĂ©Ă© en 1873, il a Ă©tĂ© embelli au fil des gĂ©nĂ©rations par la famille Favier [56].

La commune possĂšde Ă©galement quatre jardins familiaux, gĂ©rĂ© par l’association des jardins familiaux Fourches, Roquettes et Redoutes, qui remet gratuitement les terrains Ă  ses adhĂ©rents.

En 2007, la municipalitĂ© a obtenu quatre fleurs au concours des villes et villages fleuris [60]. La politique d’embellissement, qui date de 1995, a abouti Ă  l’obtention d’une premiĂšre fleur, suivie d’une deuxiĂšme en 2000, et d’une troisiĂšme en 2002. Elle s'appuie sur les jardins publics, hĂ©ritiers d’une tradition botanique locale de plus d’un siĂšcle, 10 000 mÂČ de massifs fleuris et 240 hectares d’espaces verts, sur des Ă©vĂ©nements tels Le Mois des Jardins et Presqu’üle en Fleurs, et sur la distribution annuelle de gĂ©raniums aux habitants volontaires.

Économie

Historique

Ancienne criée de Cherbourg, Quai de Caligny
Hangars de l’arsenal, vus depuis Chantereyne

Sous l’impulsion de Colbert, la corporation des drapiers fonde, le 16 avril 1668, la manufacture de draps qui produit deux milliers de piĂšces par an [39]. Deux ans plus tĂŽt, Colbert avait favorisĂ© Ă©galement l’implantation de la manufacture de verre dans la forĂȘt de Tourlaville [61].

Au XVIIIe siĂšcle, les ressources Ă©conomiques proviennent principalement du commerce maritime, de la prĂ©paration des salaisons et des travaux du port et de la digue, auxquels s’ajoute une industrie textile moribonde. À la veille de la RĂ©volution française, on importe du sel depuis Le Croisic, du grain britannique, du charbon de terre de Littry. Les exportations se font essentiellement vers la Grande-Bretagne (draps et toiles) et les Antilles (bĂ©tail et mulets, graisse et beurre salĂ©e, salaisons, morue, draps et toile), mais aussi vers Le Havre et La Rochelle pour le bois et le charbon. Des Ă©changes licites ou non se font Ă©galement avec les Ăźles anglo-normandes (tan, grains, laine). Les armateurs cherbourgeois sont absents de la grande pĂȘche, notamment de celle Ă  la morue sur les bancs de Terre-Neuve, spĂ©cialitĂ© de Granville. Les 361 ouvriers (1764) et 69 mĂ©tiers (1778) de la manufacture produisent annuellement (1760) 2 000 draps fins Ă  lisiĂšre verte et blanche. Cherbourg compte aussi sept producteurs d’amidon [32]. Ouvert en 1793 Ă  l’emplacement de l’actuel quai Lawton-Collins, l’arsenal dĂ©mĂ©nage en 1803 sur dĂ©cision de Bonaparte, au sein du projet du port militaire, . Construisant des navires Ă  voile, dont le premier, le brick la Colombe, est lancĂ© le 27 septembre 1797, puis Ă  hĂ©lices jusqu’à la fin du XIXe siĂšcle, l’Arsenal se spĂ©cialise Ă  partir de 1898, dans la construction de sous-marins. Les premiers sont le Morse et le Narval. Depuis, plus de 91 bĂątiments y ont Ă©tĂ© construits.

L’Annuaire de la Manche en 1829 mentionne dans l’agglomĂ©ration plusieurs ardoisiĂšres dont le produit est parfois exportĂ© jusqu’au Havre, deux imprimeries, deux raffineries de soude (propriĂ©tĂ©s de M. Le Couturier et de MM. Crenier et Cie produisant environ 600 tonnes pour Ostende, Dunkerque, Rouen, Paris, l’Allemagne et la Russie), une raffinerie de sucre (M. DesprĂ©aux) dont les 50 tonnes sont vendues dans la Manche, une fabrique de dentelles dirigĂ©e par quatre religieuses pour le compte de MM. Le Blod et Lange, et plusieurs tanneurs. Il indique que le commerce du port repose sur l’exportation de mulets Ă  la RĂ©union et aux Antilles, de salaisons de porcs, d’Ɠufs en Grande-Bretagne, de vins et eaux de vie, et de l’importation de bois scandinave, polonais et russe, de graine de lin, de chanvre [62]. Mais son emploi comme place de guerre handicape l’essor de Cherbourg comme port commercial d’envergure, comparĂ© au Havre. Pour ces Ă©changes, Jean Fleury dĂ©nombre dix ans plus tard 225 Ă  230 navires tant français qu’étrangers, de 30 Ă  800 tonneaux, montĂ©s chacun de 6 Ă  18 hommes d’équipage. Il ajoute les constructions et armements maritimes ainsi que l’exportation de beurre de la Hague, et il Ă©value le total des Ă©changes annuels entre 4 ou 5 millions de francs, dont un million pour l’exportation d’Ɠufs vers le Royaume-Uni, et 850 tonnes de salaisons [41].

Au dĂ©but du XXe siĂšcle, Cherbourg est avant tout un port militaire. Le port de commerce est modeste, exportant toujours des mulets pour les Antilles et la RĂ©union et des produits alimentaires locaux vers la Grande-Bretagne (beurre, salaisons, Ɠufs, bestiaux
), mais aussi des produits chimiques Ă  base de soude extraite du varech, du granit des carriĂšres avoisinantes, et important bois et fers du Nord, goudrons, chanvre, et denrĂ©es provenant des colonies. À cette Ă©poque le port embrasse l’épopĂ©e transatlantique. L'industrie cherbourgeoise est alors spĂ©cialisĂ©e dans la construction navale, ainsi que dans la confection de dentelles et la fabrication de cordage. La fin du XIXe siĂšcle a Ă©galement vu Cherbourg dĂ©velopper une industrie aĂ©ronautique, Ă  travers la sociĂ©tĂ© de FĂ©lix du Temple, reprise en 1938 par FĂ©lix Amiot, autre pionnier de l’aviation pour fonder la SociĂ©tĂ© aĂ©ronautique de Normandie. Peu Ă  peu, les ouvriers dĂ©veloppent une compĂ©tence particuliĂšre dans le travail du mĂ©tal, tant pour les sous-marins de l'arsenal, que pour les avions et navires des chantiers Amiot ou les chaudiĂšres Babcock-Wilcox [63].

En 1916, Nestlé a implanté à Cherbourg sa premiÚre usine française.

Les annĂ©es 1960 voient un renouveau de l’économie locale par la fĂ©minisation du travail et la chute de l’emploi agricole au profit d’une diversification des emplois et d’une industrie de pointe. En 1960, sous l’impulsion du maire Jacques HĂ©bert, Hortson s’implante dans le quartier du Maupas. Une centaine de salariĂ©s fabriquent des projecteurs et de camĂ©ras pour le cinĂ©ma, notamment pour l’ORTF et la tĂ©lĂ©vision russe. RachetĂ©e, l’usine se spĂ©cialise sous le nom de Thomson-CSF Audiovisuel dans les camĂ©ras de surveillance et mĂ©dicales, puis dans la production de circuits Ă©lectroniques de terminaux d’ordinateurs pour le compte des CMN et de l’Arsenal. À partir de 1976, elle se consacre Ă  la production de dispositifs Ă©lectroniques pour faisceaux hertziens, employant 260 ouvriers en 1979 avec pour contrat les radars des Mirage F1 et les Étendard de l’armĂ©e de l’air, et culminant Ă  400 employĂ©s Ă  la fin des annĂ©es 1980, aprĂšs son emmĂ©nagement en 1987 dans une nouvelle usine modernisĂ©e Ă  Tourlaville : pendant une dĂ©cennie, l’atelier Ă©lectronique s'Ă©toffe, se complĂšte d’une chaĂźne de fabrication de relais mobiles pour la tĂ©lĂ©vision, et d’un atelier de traitement de surface en mĂ©canique [64]. Dans le cadre de la restructuration interne d’Alcatel, le site, qui compte 300 salariĂ©s, est vendu en 2002 Ă  Sanmina-SCI qui cesse son activitĂ© en mars 2008 [65]. La Compagnie industrielle des tĂ©lĂ©communications (CIT), fusionnĂ©e la dĂ©cennie suivante Ă  Alcatel, ouvre elle aussi dans les annĂ©es 1960 une usine d’assemblage de centraux tĂ©lĂ©phoniques Ă©lectroniques, Ă  Querqueville. L’unitĂ©, visitĂ©e en tant que fleuron de l’industrie française par le nouveau prĂ©sident de la RĂ©publique en 1981, est jugĂ©e superflue aprĂšs l’intĂ©gration de la branche tĂ©lĂ©phonie de Thomson Ă  Alcatel en 1984 et subit de lourds licenciements Ă  partir de la fin des annĂ©es 1980, avant de fermer en 1997 au terme d’un dur conflit social [66].

Entre les annĂ©es 1970 et 1990, les deux grands chantiers du Nord-Cotentin, l’usine de retraitement de la Hague et la centrale nuclĂ©aire de Flamanville, accentuent le dĂ©veloppement industriel d’une citĂ© qui vit alors son Ăąge d’or[37] Ă  travers ce que le journaliste François Simon nomme les « industries de mort Â», puisqu’environ deux tiers du tissu industriel local sont liĂ©s Ă  la dĂ©fense et au nuclĂ©aire[36].

Cherbourg est aussi le berceau de la famille et de la société Halley, devenue dans les années 1960 PromodÚs (hypermarchés Continent, supermarchés Champion). En 1999, PromodÚs fusionne avec Carrefour. Les anciens bùtiments de la maison Halley sont devenus le pÎle technique du lycée professionnel Cachin, avenue Aristide-Briand.

Données économiques

En 1999, la population active de Cherbourg et Octeville Ă©tait de 18 671 habitants sur une population totale de 42 288 habitants [67].

Cherbourg-Octeville supporte un taux de chĂŽmage Ă©levĂ© (19,6% en 1999), le double de celui de son bassin d’emploi (9,3% en 2006, soit une baisse de 1,1% en un an) qui lui-mĂȘme possĂšde le taux de chĂŽmage le plus Ă©levĂ© des bassins d'emploi du dĂ©partement. Au 31 dĂ©cembre 2004, on comptait 3 700 demandeurs d'emploi. DĂšs lors, le revenu moyen annuel par mĂ©nage est infĂ©rieur Ă  la moyenne nationale (13 730 € pour la ville, contre 15 027 € en France) malgrĂ© un salaire mensuel moyen (1 590 € en 2001) le plus Ă©levĂ© des bassins d’emplois du dĂ©partement et supĂ©rieur Ă  celui de Caen-Bayeux (1 550 €)[9], [67].

Qualification des emplois[9]
Nombre d’emplois (%) Bassin d’emploi Manche Basse-Normandie
Agriculteurs exploitants 5 7,2 5,1
Artisans, commerçants et chefs d’entreprise 6 7,2 6,9
Cadres et prof intell sup 8,1 6,5 7,8
Professions intermédiaires 25,2 19,2 19,5
Employés 29 28,8 29,2
Ouvriers 26,7 31,1 31,5

Activités principales

Cherbourg-Octeville est le siĂšge de la Chambre de commerce et d'industrie de Cherbourg-Cotentin qui gĂšre notamment l’aĂ©roport, les ports de pĂȘche et de commerce de Cherbourg, et, conjointement avec la Chambre de commerce et d'industrie de Centre et Sud-Manche, l'organisme de formation groupe FIM.

  • Principaux employeurs au 1er janvier 2001 [68]
Nom Activité Effectifs
DCNS Construction navale 3 190
Centre hospitalier Louis-Pasteur Santé/social 1 411
EDF Production d’électricitĂ© 625
Ville de Cherbourg-Octeville Administration publique 606
ACAIS (Association Cherbourg action sanitaire/sociale) Santé / social 531
CMN Construction navale 522
CUC Administration publique 458
Auchan Grande distribution 426
Sanmina (ex-Alcatel) Production d’équipements Ă©lectroniques 364
Euriware Informatique 291
Lycée A. de Tocqueville Enseignement secondaire 275
Centre communal d’action sociale SantĂ©-social 264
  • FiliĂšre maritime
Article dĂ©taillĂ© : Port de Cherbourg.

L'Ă©conomie cherbourgeoise tire de sa position maritime une grande partie de ses activitĂ©s [69]. Cherbourg dispose en effet de quatre ports : port militaire, port de pĂȘche, port de commerce (trafic passager et marchandise transmanche) et port de plaisance.

Affaibli depuis les annĂ©es 1990, le port de commerce voit transiter 110 000 camions en provenance ou en direction de l’Irlande et de Grande-Bretagne. EspĂ©rĂ© pendant quinze ans, le projet Fastship de transport de conteneurs depuis Philadelphie (États-Unis) par navires ultrarapides est oubliĂ© au profit des autoroutes de la mer dans le cadre de l’Ena (Eurocoast Network Association), avec Cuxhaven (Allemagne), Ostende (Belgique), Rosslare (Irlande) et Ferrol (Espagne), sans plus d'effet pour le moment [65].

Ces derniĂšres annĂ©es, le trafic transmanche passagers a dĂ©clinĂ©, concurrencĂ© par le Caen-Ouistreham et le Pas-de-Calais. Le retrait de la compagnie P&O, qui desservait Poole et Southampton, a laissĂ© Ă  deux compagnies les liaisons transmanche : Brittany Ferries vers Portsmouth et Poole et Irish Ferries vers Rosslare (Irlande). Sur les onze premiers mois de 2007, par rapport Ă  la mĂȘme pĂ©riode de 2006, le trafic passagers a baissĂ© de 3,84% Ă  750 000 unitĂ©s, tandis que le fret a perdu 4,43% points avec 87 000 camions dĂ©barquĂ©s, alors qu'en 1995, le port comptait 1,7 million de passagers et 138 000 camions [70].

Propriété, comme le port de Caen-Ouistreham, du syndicat mixte Ports normands Associés, associant le conseil régional de Basse-Normandie et les conseils généraux de la Manche et du Calvados, le port commerce est géré par une société commune à la chambre de commerce et Louis Dreyfus Armateurs. L'implantation d'un terminal dédié au trafic de charbon en provenance d'Amérique du Sud et à destination du Royaume-Uni doit mettre fin à l'hémorragie de l'activité du port [71].

La filiĂšre pĂȘche est touchĂ©e par la crise qui affecte l’ensemble du secteur, et le port voit sa flottille diminuer [65].

Cherbourg est le premier port de plaisance français en nombre de visiteurs, soit en 2007, 10 117 bateaux pour 28 713 nuitées en 2007, et des retombées totales évaluées à 4 millions d'euros sur l'agglomération cherbourgeoise [72].

Tradition de l’industrie locale, la construction navale repose sur les deux piliers que sont la DCNS Cherbourg pour les sous-marins et les Constructions mĂ©caniques de Normandie (CMN), cĂ©lĂšbres pour leurs vedettes rapides. Ce secteur s'est largement restructurĂ© au cours des vingt derniĂšres annĂ©es. L’arsenal militaire a vu le terme de la construction des sous-marins de type Redoutable et a Ă©largi sa clientĂšle, jusqu’alors exclusivement la Marine nationale, avant d’ĂȘtre privatisĂ© en 2007. Avec les sous-marins diesel Agosta, Ă©laborĂ©s depuis 1994 pour le Pakistan, et le ScorpĂšne, en collaboration avec les chantiers de CarthagĂšne, vendus Ă  la Malaisie, le Chili et l’Inde, 25% du chiffre d’affaires de l’établissement est d’origine Ă©trangĂšre. Des partenariats avec le Pakistan et l’Inde sont conclus pour que la construction se fasse Ă  terme chez eux. Les CMN, qui employaient 1 200 personnes au dĂ©but des annĂ©es 1980, se sont modernisĂ©es et automatisĂ©es, et comptent dĂ©sormais 500 salariĂ©s. L’entreprise s'est diversifiĂ©e dans les grands yachts de luxe, sans abandonner pour autant le marchĂ© militaire, et a signĂ© notamment des contrats avec les Émirats arabes unis et le Qatar grĂące Ă  l’homme d’affaire franco-libanais Iskandar Safa, propriĂ©taire depuis 1992 [69].

Multicoque Banque Populaire, construit par les chantiers JMV

Alors que ces deux entreprises Ă  vocation militaire ont connu des baisses de charges importantes (le nombre d’emplois Ă  l’arsenal est passĂ© de 6 000, dont 1 000 en sous-traitance en 1988, Ă  2 600, dont 500 sous-traitants), des sociĂ©tĂ©s se sont positionnĂ©es sur la filiĂšre du nautisme. Ainsi, JMV Industries (100 salariĂ©s) construit des navires de course en collaboration avec les CMN. Allures Yachting, fondĂ© par les ingĂ©nieurs Xavier Desmarest et StĂ©phan Constance en 2003, s’est spĂ©cialisĂ© dans la conception de yachts gĂ©ants de luxe, en partenariat avec les CMN pour la coque et James EbĂ©nistes (Saint-Laurent-de-Cuves) pour l’intĂ©rieur. Les chantiers Allais, de Dieppe, ont implantĂ© une filiale, ICAN, consacrĂ©e aux bateaux civils et de plaisance [69].

Un maillage de sous-traitants et spĂ©cialistes s'est constituĂ© autour de ce pĂŽle, Ă  travers Ameris France (crĂ©Ă© en 1994 sous le nom de Cap 50 export, spĂ©cialisĂ© dans la recherche et l’approvisionnement de piĂšces de rechange pour navires et avions militaires), le groupe Efinor (fondĂ© en 1988, spĂ©cialisĂ© dans la mĂ©tallurgie, le dĂ©mantĂšlement nuclĂ©aire et l’ingĂ©nierie), MPH (aide Ă  la maĂźtrise de projet, 140 employĂ©s)
 À Saint-Vaast-la-Hougue, Facnor est devenu le spĂ©cialiste mondial des enrouleurs de voile [73].

La Marine nationale emploie prĂšs de 3 000 fonctionnaires dans l’agglomĂ©ration, en particulier dans le cadre de l’administration (prĂ©fecture maritime), de la sĂ©curitĂ© maritime (douanes, CROSS, Abeille
), du soutien logistique des forces navales françaises et Ă©trangĂšres de passage, et de la formation [74].

  • MĂ©tallurgie

La mĂ©tallurgie a longtemps reprĂ©sentĂ© une grande source d'emploi dans l'agglomĂ©ration. Autour de l'arsenal et de ses chaudronniers, se sont constituĂ©es Ă  partir des annĂ©es 1900 plusieurs industries de travail du mĂ©tal et de mĂ©canique. C'est le cas de l'entreprise doyenne de la ville, Simon frĂšres, fondĂ©e en 1856, passĂ©e d'atelier de mĂ©canique Ă  fabriquant de machines agricoles Ă  vapeur puis agroalimentaires en un demi siĂšcle. Fabriquant des canons en 1870 et 1939, l'entreprise devient leader mondial pour les barattes et malaxeurs pour beurre industriel [75]. De mĂȘme, le fabricant de chaudiĂšres Babcock s'implante Ă  Cherbourg dans l'entre-deux-guerres et ne ferme ses portes qu'aprĂšs un long conflit social, en 1979. Plus tard, dans les annĂ©es 1973, l'UIE dĂ©bauche Ă  prix d'or les ouvriers de l'arsenal pour la construction des plates-formes pĂ©troliĂšres, mais ferme en 1985 [36].

  • Agro-alimentaire

L'industrie agro-alimentaire, essentielle en Basse-Normandie, n'est pas absente du bassin d’emploi. Une ferme aquacole Ă©lĂšve des saumons dans la rade, les abattoirs traitent le bĂ©tail d’élevage du Nord-Cotentin, et plusieurs entreprises de transformation existent. Les Ă©tablissements Simon FrĂšres (50 salariĂ©s) proposent depuis plus d’un siĂšcle des Ă©quipements pour l’industrie cidricole et laitiĂšre.

  • Électronique

Alcatel disposait de deux unitĂ©s dans les annĂ©es 1980, l’une Ă  Cherbourg, puis Tourlaville (anciennement Thomson CSF), l’autre Ă  Querqueville (Alcatel CIT). Toutes deux considĂ©rĂ©es comme fleurons du groupe, spĂ©cialisĂ©es respectivement dans les faisceaux hertziens et les centraux tĂ©lĂ©phoniques Ă©lectroniques. Mais Alcatel dĂ©cide de fermer, en 1997, l’usine de Querqueville dont Cofidur reprend une partie des activitĂ©s avec une centaine de salariĂ©s. En 2002, elle se dĂ©leste Ă©galement de l’unitĂ© de Tourlaville au profit de Sanmina-SCI, qui dĂ©localise sa production six annĂ©es plus tard. Cofidur reprend l’activitĂ© service aprĂšs-vente d’Alcatel, soit 5 % de l’activitĂ© initiale, et quelques dizaines de salariĂ©s [76].

  • Autres industries [77]

Socoval, fabriquant de vĂȘtements masculins du groupe italien Cantoni, derniĂšre usine textile du Cotentin, emploie une centaine de salariĂ©s, depuis le plan social de 2001, qui s'est traduit par la perte d'une quarantaine de postes.

Les partenaires Ă©conomiques misent dĂ©sormais sur la « maĂźtrise d’ambiance Â», c'est-Ă -dire la maĂźtrise des contaminations des procĂ©dĂ©s industriels, Ă  travers le technopĂŽle de Cherbourg-Normandie crĂ©Ă© en 2001. Fort de l’expĂ©rience de travail en milieu Ă  risque nuclĂ©aire, il veut transfĂ©rer ces compĂ©tences aux industries agroalimentaires, Ă©lectroniques et pharmaceutiques. Deux formations ont Ă©tĂ© conçues Ă  cet effet : un BTS en maintenance nuclĂ©aire au lycĂ©e Tocqueville et un DESS de maĂźtrise d’ambiance Ă  l’école d'ingĂ©nieurs de Cherbourg.

  • Commerces

La communautĂ© urbaine, principal pĂŽle commercial du Cotentin, dispose de quatre hypermarchĂ©s (26.780 mÂČ) [14] – dont un, de l’enseigne Carrefour (260 employĂ©s), implantĂ© sur le territoire cherbourgeois, reprĂ©sente le troisiĂšme plus gros employeur privĂ© de la commune – et de plusieurs grandes surfaces spĂ©cialisĂ©es. Le commerce emploie prĂšs de 1 400 personnes dans le centre-ville [77], mais la baisse du trafic transmanche a provoquĂ© un gros manque Ă  gagner, accentuĂ© par la fragilitĂ© Ă©conomique locale[65].

Si le centre-ville cherbourgeois est bien le pĂŽle commercial principal de l’agglomĂ©ration, avec 340 Ă©tablissements, on constate nĂ©anmoins que sa domination est moindre dans la communautĂ© urbaine, que Caen vis-Ă -vis de son agglomĂ©ration. En effet, Cherbourg concentre 35% des activitĂ©s commerciales et 45% du commerce de dĂ©tail de l’agglomĂ©ration, contre 40% et 55% pour le centre caennais, et particuliĂšrement deux tiers des magasins d’équipements de la personne contre 90% dans la capitale bas-normande. Enseignes d’alimentation, d’équipement de la maison et d’électromĂ©nager quittent le centre pour les pĂŽles commerciaux pĂ©riphĂ©riques. Le nombre d’établissements de restauration rapide a doublĂ© entre 1995 et 2005, tandis que les effectifs de la restauration traditionnelle a stagnĂ© [78].

Cherbourg-Octeville, plus grosse ville du dĂ©partement, est le principal pĂŽle administratif et de services pour le Cotentin. La santĂ© est un important pourvoyeur d’emplois avec le centre hospitalier Pasteur (470 lits, deuxiĂšme Ă©tablissement bas-normand, fusionnĂ© depuis 2006 avec le centre hospitalier de Valognes) et la Polyclinique du Cotentin. Il en va de mĂȘme pour le secteur Ă©ducatif avec quatre lycĂ©es publics et quatre privĂ©s, un lycĂ©e maritime et aquacole, un pĂŽle universitaire et plusieurs Ă©coles d’études supĂ©rieures. Les antennes des entreprises publiques y sont Ă©galement implantĂ©es (EDF, 120 agents et la SNCF, 50 agents). L’emploi public reprĂ©sente une part importante avec, en plus de l’hĂŽpital et des Ă©tablissements scolaires, les effectifs communaux et communautaires.

Des entreprises de services aux entreprises sont Ă©galement prĂ©sentes dans l’informatique (Euriware, 85 salariĂ©s), la propretĂ© (Onet, 240 salariĂ©s, et Sin&Stes, 100 salariĂ©s) et la publicitĂ© (Adrexo, 50 employĂ©s).

Cherbourg-Octeville accueille le siĂšge de la radio publique France Bleu Cotentin, et du quotidien dĂ©partemental La Presse de la Manche (120 salariĂ©s avec son imprimerie SCE), successeur Ă  la LibĂ©ration de Cherbourg-Éclair, et filiale du groupe Ouest-France depuis 1990. France 3 Normandie dispose d’une rĂ©daction locale dans la ville ; l’édition cherbourgeoise de l’hebdomadaire La Manche libre couvre l’agglomĂ©ration, la Hague et le Val de Saire ; la tĂ©lĂ©vision locale 5050 TV y a installĂ© son siĂšge et son principal studio.

Les emplois du secteur de la construction se répartissent entre Faucillion (80 salariés), Eiffage (75) et Colas (60).

Depuis son ouverture, la CitĂ© de la Mer est la locomotive touristique du Nord-Cotentin. Le terminal croisiĂšres attire Ă©galement chaque annĂ©e des paquebots. Le port de plaisance de 1 500 places est le premier port d’escale français (11 000 par an). La capacitĂ© d’accueil de la ville Ă©tait au 1er janvier 2007 de 15 hĂŽtels et 429 chambres. Le casino, propriĂ©tĂ© du groupe Cogit est le 109e en France, avec un chiffre d’affaires de 6,7 M€ [77].

Administration et politique

Divisions administratives

La ville est le chef-lieu de trois cantons : les anciens cantons cherbourgeois Cherbourg-Octeville-Sud-Est et Cherbourg-Octeville-Nord-Ouest (quartier de la Polle et de la Bucaille), ainsi que l’ancien canton d’Octeville, Cherbourg-Octeville-Sud-Ouest, couvrant six communes et 21 113 habitants. Les conseillers gĂ©nĂ©raux sont les socialistes Michel Lerenard, Jean-Michel Houllegatte, et Michel Louiset.

L'arrondissement de Cherbourg-Octeville compte 15 cantons, 189 communes et 190 973 habitants. Le sous-prĂ©fet est Arnaud Cochet, administrateur civil hors classe, ancien sous-prĂ©fet de Saint-Omer puis ancien secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la prĂ©fecture de Corse du Sud [79], nommĂ© le 11 janvier 2008 en remplacement de Raymond Cervelle.

La cinquiĂšme circonscription Ă©lectorale de la Manche, dite de Cherbourg, couvre les trois cantons de Cherbourg-Octeville, et ceux d'Équeurdreville-Hainneville, de Saint-Pierre-Église et de Tourlaville. L’actuel dĂ©putĂ© (2007-2012) est Bernard Cazeneuve (PS).

Cherbourg-Octeville est Ă©galement le siĂšge de la prĂ©fecture maritime de la Manche et de la mer du Nord, dont l’autoritĂ© s'Ă©tend de la baie du Mont-Saint-Michel Ă  la frontiĂšre belge. Le prĂ©fet est le contre-amiral Philippe PĂ©rissĂ©. Le quartier maritime de Cherbourg est circonscrit aux limites du dĂ©partement (initiales : CH).

Cherbourg-Octeville appartient depuis 1971 Ă  la communautĂ© urbaine de Cherbourg, prĂ©sidĂ©e depuis 2008 par Bernard Cazeneuve, Ă  qui elle dĂ©lĂšgue les transports urbains, l’amĂ©nagement de l’espace et du cadre de vie, l’environnement et les stratĂ©gies de dĂ©veloppement (enseignement supĂ©rieur, recherche, grands projets structurants, CitĂ© de la Mer).

Les codes postaux antĂ©rieurs Ă  la fusion de 2000 ont Ă©tĂ© conservĂ©s : 50130 pour les adresses de l’ancien territoire d’Octeville, 50100 pour celles de Cherbourg.

Tendances politiques

Cherbourg est historiquement, avec l’arsenal et le port, le principal foyer ouvrier et syndical de la Manche. Toutefois, les travailleurs cherbourgeois ne penchent ni vers les mouvements radicaux ou rĂ©volutionnaires, ni vers le syndicalisme jaune, prĂ©fĂ©rant traditionnellement les tendances rĂ©formistes. Ces choix se traduisent politiquement par un fort ancrage de centre-gauche, dominĂ© par les radicaux-socialistes et socialistes indĂ©pendants, avant que ne s'imposent la SFIO et le Parti socialiste[80]. Depuis la LibĂ©ration, Ă  l’exception d’une parenthĂšse gaulliste de 18 ans avec Jacques HĂ©bert suite au dĂ©cĂšs de RenĂ© Schmitt, la ville de Cherbourg vote en faveur des forces socialistes. De mĂȘme, la droite n'a conquis la mairie d’Octeville en 1989, pour un mandat, que par la division de la gauche. Depuis le redĂ©coupage de la circonscription de Cherbourg en 1986, couvrant population urbaine de l’agglomĂ©ration et rurale du canton de Saint-Pierre-Église, l’alternance gauche-droite est la rĂšgle Ă  chaque Ă©lection lĂ©gislative.

Élections prĂ©sidentielles, rĂ©sultats des deuxiĂšmes tours 
Élections lĂ©gislatives, rĂ©sultats des deuxiĂšmes tours
Élections europĂ©ennes, rĂ©sultats des deux meilleurs scores
Élections rĂ©gionales
Élections cantonales
Élections municipales
Élections rĂ©fĂ©rendaires

Maires de Cherbourg-Octeville

Lors de la fusion des conseils municipaux de Cherbourg et d'Octeville le 1er mars 2000, Jean-Pierre Godefroy (PS), maire de Cherbourg, prend la tĂȘte de la nouvelle administration, et Bernard Cazeneuve (PS), maire d'Octeville, devient le premier adjoint. Bernard Cazeneuve est Ă©lu maire de Cherbourg-Octeville aux municipales de 2001, et rĂ©Ă©lu en mars 2008 avec 66,82 % des voix.

Liste des maires de Cherbourg-Octeville[97]
Période Identité Parti Qualité
2001 en fonction Bernard Cazeneuve PS juriste
mars 2000 2001 Jean-Pierre Godefroy PS technicien

Budget

Le budget primitif principal s'Ă©levait pour 2007 Ă  73 994 364 €, rĂ©partis entre la section fonctionnement (54 126 712 €) et la section investissement (19 867 652€) [98]. Les charges de personnel dĂ©passent la moitiĂ© (60 %) des dĂ©penses de fonctionnement. La quasi totalitĂ© des ressources est alimentĂ©e par les dotations (49 %) et la fiscalitĂ© (44%)[99]. Sur les sept budgets du mandat municipal (2001-2007), ce budget a globalement augmentĂ© de 22 % (43 % pour les investissements, 15 % pour le fonctionnement) [100].

Le budget d’investissement est inclus dans le programme pluriannuel « Unir la Ville Â» (2003-2007), prĂ©sentĂ© en dĂ©cembre 2002 par Bernard Cazeneuve ; il vise une transformation de la ville nouvellement fusionnĂ©e Ă  travers le rĂ©amĂ©nagement de la piscine et du port Chantereyne, l’amĂ©nagement de la zone des bassins et le comblement du canal de retenue, la construction de l’école de voile
 [101]. Il est principalement financĂ© par l’emprunt, accentuant l’endettement de la ville (les charges ayant Ă©tĂ© multipliĂ©es par deux tiers entre 2002 et 2007), infĂ©rieur Ă  la moyenne par habitant de la strate [102].

Jumelages

Cherbourg-Octeville est jumelĂ©e avec [103] :

Cherbourg-Octeville entretient des coopĂ©rations dĂ©centralisĂ©es avec :

Jumelages en projet :

Justice

Louis XVI supprime la vicomtĂ© de Cherbourg par Ă©dit en novembre 1771, et transfĂšre les droits de justice au bailliage de Valognes[104]. En 1785, une subdĂ©lĂ©gation est crĂ©Ă©e, toutefois plus restreinte que le vicomtĂ©, couvrant essentiellement la Hague, jusqu’à HĂ©auville et Helleville inclus, ainsi que Tourlaville, Bretteville, Digosville et Martinvast, et toujours sous la dĂ©pendance de la circonscription de Valognes.

Cherbourg devient chef-lieu de district en janvier 1790, siĂšge d’une justice de paix et d’un tribunal civil et criminel. Sous le Directoire, ils sont remplacĂ©s par un tribunal de simple police, rĂ©uni Ă  la justice de paix, et par un tribunal de police correctionnelle. Le tribunal correctionnel ferme aprĂšs que la loi du 17 fĂ©vrier 1800 eut fait de Cherbourg un chef-lieu de canton de l’arrondissement de Valognes. AprĂšs sa venue dans la ville, NapolĂ©on Ier instaure un tribunal de premiĂšre instance par le dĂ©cret du 19 juillet 1811[105].

La ville est aujourd'hui l’un des trois pĂŽles judiciaires principaux de la Manche, avec Coutances et Avranches. Elle accueille un Tribunal de grande instance (arrondissement de Cherbourg-Octeville), un Tribunal d'instance (cantons de Beaumont-Hague, Cherbourg-Octeville-Nord-Ouest, Cherbourg-Octeville-Sud-Est, Équeurdreville-Hainneville, Cherbourg-Octeville-Sud-Ouest, Les Pieux, Saint-Pierre-Église et Tourlaville), un Conseil de prud'hommes et un tribunal de Commerce. Une maison d'arrĂȘt est situĂ©e en centre-ville, derriĂšre les bĂątiments du tribunal. Suite Ă  la rĂ©forme de la Justice prĂ©sentĂ©e en 2007 par Rachida Dati, les compĂ©tences du tribunal de Valognes seront intĂ©grĂ©es Ă  celui de Cherbourg.

Vie locale

Éducation

AnnĂ©e 2007-2008 Étudiants inscrits[14]
IUT Cherbourg-Manche 523
Licences et diplĂŽmes universitaires 180
École d’ingĂ©nieurs 121
Intechmer 90
BTS et prépa. diverses 361
Institut de soins infirmiers 216
ECD – École du commerce et de la distribution 33
IMC – École de CinĂ©ma 53
École des Beaux-Arts de Cherbourg-Octeville 37
IPC - Nautisme 15
Total 1629
L'École d’ingĂ©nieurs de Cherbourg, sur le PĂŽle universitaire

Deux ZEP ont Ă©tĂ© dĂ©finies, l’une sur le territoire cherbourgeois, le quartier de Maupas, l’autre Ă  cheval sur Cherbourg et Octeville, le quartier des Provinces.

Cherbourg-Octeville dispose de six lycĂ©es :

  • l’ancien collĂšge, devenu lycĂ©e en 1886, est connu depuis sous le nom de lycĂ©e Victor Grignard (830 Ă©lĂšves : filiĂšre gĂ©nĂ©rale et STT, ainsi que des Classes prĂ©paratoires scientifiques) ;
  • le lycĂ©e Jean-François Millet (1 210 Ă©lĂšves : filiĂšre gĂ©nĂ©rale, prĂ©pa santĂ©, Classes prĂ©paratoires littĂ©raires) ;
  • le lycĂ©e Alexis de Tocqueville (1 480 Ă©lĂšves, filiĂšre gĂ©nĂ©rale, technique, professionnelle et enseignement supĂ©rieur -BTS-) ;
  • le lycĂ©e professionnel privĂ© IngĂ©nieur-Cachin (320 Ă©lĂšves) ;
  • le lycĂ©e privĂ© Thomas-HĂ©lye, regroupant le lycĂ©e privĂ© Sainte-Chantal et le lycĂ©e technologique La Bucaille (1 005 Ă©lĂšves, filiĂšres gĂ©nĂ©rale et technique) ;
  • le lycĂ©e maritime et aquacole (102 Ă©lĂšves).

Le pĂŽle universitaire, installĂ© sur les hauteurs d’Octeville, concentre l’École d'ingĂ©nieurs de Cherbourg, l’IUT Cherbourg-Manche (qui accueille environ 1 000 Ă©tudiants en formation continue ou initiale Ă  travers quatre dĂ©partements DUT, quatre licences pro, un DU, un DECF et un DAEU), ainsi que deux antennes de l’UniversitĂ© de Caen (UFR de sciences et UFR des langues vivantes Ă©trangĂšres). L’hĂŽpital Pasteur abrite l’Institut de formation en soins infirmiers de Cherbourg-Octeville. Le groupe FIM, service de formation des deux chambres de commerce et d’industrie de la Manche, gĂšre l’École du commerce et de la distribution et, depuis la rentrĂ©e 2007, l’Institut de promotion et de commercialisation Nautisme, formant en alternance une quinzaine de technico-commerciaux pour le domaine du nautisme (construction navale, sociĂ©tĂ© de services nautiques, ports de plaisance
).

L'Institut des mĂ©tiers du cinĂ©ma de Normandie s'est installĂ©, Ă  la suite de l’École internationale de crĂ©ation audiovisuelle et de rĂ©alisation (EICAR) sur le site de l’ancien hĂŽpital maritime ; il est complĂ©tĂ© par le Centre de formation d’apprentis du Spectacle vivant et de l’audiovisuel, tandis que l’École supĂ©rieure des Beaux-Arts (Esbaco), fondĂ©e en 1912 par le professeur de dessin Henri Buffet et le professeur de modelage FĂ©lix Delteil, se situe dans l’ancien couvent des Petites sƓurs des pauvres (zone des bassins) depuis 1976[106].

Cherbourg-Octeville accueille l’École des applications militaires de l'Ă©nergie atomique (EAMEA, 351 Ă©lĂšves) et l’Institut national des sciences et techniques nuclĂ©aires – vestiges de l’importance de l’armĂ©e dans la ville – tandis que l’École des fourriers (entre 600 et 700 Ă©lĂšves) est implantĂ©e Ă  Querqueville.

L'agglomĂ©ration accueille Ă©galement l’Institut national des sciences et techniques de la mer (Intechmer), Ă  Tourlaville.

Sports

La premiĂšre course de trot organisĂ©e en Normandie s'est dĂ©roulee Ă  Cherbourg en septembre 1836 sur la plage (disparue) le long du boulevard maritime, Ă  l’initiative de l’officier de haras Ephrem HouĂ«l Du Hamel De Montrabot. Les courses s'installent en 1931 sur l’hippodrome de la Lande Saint-Gabriel, Ɠuvre de RenĂ© Levavasseur, Ă  Tourlaville et Ă  l’hippodrome de La Glacerie Ă  partir de 1990[107].

En football, l'Association Sportive de Cherbourg Football évolue en championnat de France amateur, aprÚs avoir effectué jusqu'en 2009 sept saisons en National, et reçoit au stade Maurice-Postaire. Le club présente également deux autres équipes senior masculines et une féminine en ligue de Basse-Normandie, ainsi qu'une seconde équipe féminine en poule de district [108]

Six autres clubs prĂ©sentent aux diffĂ©rents niveaux des Ă©quipes [109] :

    • Le Patronage laĂŻque d'Octeville (3 Ă©quipes en divisions de district)
    • Le Football Club fĂ©minin du Nord-Cotentin (1 Ă©quipe fĂ©minine en ligue)
    • L'Association sportive de l'Arsenal maritime de Cherbourg (2 Ă©quipes en district)
    • L'Association sportive Amont-Quentin (2 Ă©quipes en district)
    • Le GazĂ©lec Football Club (2 Ă©quipes en district)
    • L'Octeville Hague Sport (2 Ă©quipes en district)
  • Cyclisme : Cherbourg a Ă©tĂ© 16 fois ville-Ă©tape comme arrivĂ©e du Tour de France : 1911 Ă  1914 (quatre annĂ©es consĂ©cutives), de 1919 Ă  1929 (onze annĂ©es consĂ©cutives), et enfin en 1986. Cherbourg a Ă©tĂ© ville dĂ©part en 1994.
  • Voile : Cherbourg accueille rĂ©guliĂšrement les Ă©tapes de compĂ©titions de voile comme la Solitaire du Figaro, la Course de l'Europe, le Challenge Mondial Assistance, le Tour de France Ă  la voile, la Tall Ships' Race
 À partir de 2009, elle devrait accueillir l’arrivĂ©e de La SolOcĂ©ane, course bisanuelle reliant la Basse-Normandie Ă  la Nouvelle-ZĂ©lande.
  • Tennis: le Challenger de Cherbourg est un tournoi professionnel (50 000 dollars + hĂ©bergement) depuis 1994.
  • Hockey sur glace : NC'HOP (Nord Cotentin HOckey Plus). L’équipe a succĂ©dĂ© au CHOC, qui Ă©voluait en division 1 jusqu’à son dĂ©pĂŽt de bilan en 1996.
  • Basket : les Ă©quipes masculine et fĂ©minine Ă©voluent en national 2.
  • Handball : national 2.

Santé

Cherbourg-Octeville dispose de deux Ă©tablissements hospitaliers :

façade principale du centre hospitalier Pasteur
  • le centre hospitalier Pasteur, public, deuxiĂšme Ă©tablissement bas-normand avec 711 lits et places[110]. Avec un projet mĂ©dical commun depuis 2001 et une direction commune depuis 2003, le centre Pasteur et le centre hospitalier de Valognes ont fusionnĂ© en 2006 au sein du Centre hospitalier public du Cotentin (2000 agents, plus de 1 000 lits, et un budget 2005 de 133 millions d’euros[111])
  • la Polyclinique du Cotentin, Ă  la limite entre Octeville et Équeurdreville-Hainneville (102 lits).

Sur le territoire d’Octeville sont implantĂ©s la rĂ©sidence mĂ©dicalisĂ©e pour personnes ĂągĂ©es du Gros HĂȘtre (antenne du centre hospitalier public du Cotentin), et, depuis 1999, le centre de santĂ© communautaire Jean-BrĂŒder.

En 1859, suite Ă  la visite impĂ©riale, l’État avait dĂ©cidĂ© la construction d’un hĂŽpital maritime d’un millier de lits pour accueillir les troupes en garnison. InaugurĂ© le 15 fĂ©vrier 1869, il fut rebaptisĂ© RenĂ©-Le-Bas, du nom du premier mĂ©decin ralliĂ© aux Forces navales libres et mort en 1942 Ă  bord du sous-marin Surcouf. Il a Ă©tĂ© fermĂ© en 2002 et rĂ©habilitĂ© en campus universitaire.

Cultes

RattachĂ© au diocĂšse de Coutances-Avranches, le doyennĂ© de Cherbourg couvrait jusqu'au 1er septembre 2009, le territoire de la communautĂ© urbaine ainsi que les communes limitrophes Tonneville, Urville-Nacqueville, et celles des communautĂ©s de communes de la Saire et de Douve et Divette. A cette date, il est fusionnĂ© au doyennĂ© de la Hague, ajoutant dĂšs lors les paroisses couvrant les communautĂ©s de communes de la Hague et des Pieux. La paroisse Jean-XXIII unit Cherbourg et La Glacerie, avec les Ă©glises cherbourgeoises de la TrinitĂ© (longtemps seule Ă©glise paroissiale), de Notre-Dame du Roule, de Notre-Dame du VƓu, Saint-Jean-des-CarriĂšres et Saint-ClĂ©ment. La paroisse Saint-Sauveur d’Octeville, qui couvre Ă©galement Nouainville dispose de 3 lieux sur la commune : Saint-Martin, l’historique, Saint-Pierre-Saint-Paul, aux Provinces, et la chapelle Saint-BarthĂ©lĂ©my[112].

Les protestants disposent d’un temple protestant de l’Église rĂ©formĂ©e (depuis 1835, rebĂąti suite Ă  la guerre en 1964), et d’une Église Ă©vangĂ©lique pentecĂŽtiste affiliĂ©e aux AssemblĂ©es de Dieu. L’Église Ă©vangĂ©lique baptiste est Ă©galement prĂ©sente depuis 2006 dans l’agglomĂ©ration, Ă  Tourlaville.

Cherbourg et Octeville ont connu deux principales vagues d’immigration de population musulmane, Ă  la fin des annĂ©es 1950 et au cours des annĂ©es 1960, aprĂšs l’érection des quartiers de l’Amont-Quentin, des Provinces et du Maupas, puis dans les annĂ©es 1980, lors des grands chantiers de construction de l’usine de retraitement de la Hague et de la centrale nuclĂ©aire de Flamanville. La communautĂ© musulmane a alors ouvert trois mosquĂ©es (la mosquĂ©e Omar Ă  Octeville, la mosquĂ©e de la Gare, avenue de Normandie, puis la mosquĂ©e turque, boulevard de l’Atlantique).

L'Eglise de JĂ©sus-Christ des Saints des Derniers Jours, Branche (sorte de paroisse) de Cherbourg, a sa chapelle rue du Commerce.

Personnalités liées à la commune

Natifs de Cherbourg

Jean Hamon
Jean Marais

Natifs d'Octeville

Leurs noms sont liés à Cherbourg

Statue de Napoléon à Cherbourg

Les travaux de la digue et du port militaire ont amenĂ© Ă  Cherbourg de nombreux soldats et ingĂ©nieurs, pour lesquels cette Ă©tape a souvent constituĂ© un moment important de leur carriĂšre. Ainsi, Charles François Dumouriez (1739-1823), gouverneur de Cherbourg qui a Ă©tĂ© chargĂ© des premiers travaux, Ă  l’aube de la RĂ©volution française, Joseph Cachin (1757-1825), ingĂ©nieur affectĂ© par NapolĂ©on Ier Ă  la direction gĂ©nĂ©rale des travaux maritimes de Cherbourg en 1804. Pendant vingt ans, il rĂ©alise l'amĂ©lioration du port de commerce, et le creusement des bassins du port militaire, constituant le Nouvel arsenal. Henri Rieunier (1833-1918) qui a Ă©tĂ© deux fois major de la marine Ă  Cherbourg (1872/1875) ou Louis-Émile Bertin (1840-1924) qui a vĂ©cu Ă  Cherbourg de 1863 Ă  1879, et repose au cimetiĂšre de La Glacerie. Charles-EugĂšne Delaunay (1816-1872), directeur de l’Observatoire de Paris, se noie en visitant la rade. Parmi les ingĂ©nieurs de la Direction des constructions et armes navales, on note Ă©galement Augustin Louis Cauchy (1789-1857) et Maxime Laubeuf. DĂ©jĂ  sous l’Ancien rĂ©gime, la sauvegarde du chĂąteau de Cherbourg est la tĂąche de personnages illustres du royaume, tel Pierre des Essarts, la famille de Matignon et Jacques de CalliĂšres (?-1697). À l’origine du port militaire, NapolĂ©on Ier (1769-1821), qui visite la ville en 1811, « revient Â» Ă  Cherbourg en 1840 lors du retour de ces cendres en France Ă  bord de La Belle Poule avant de rejoindre les Invalides.

Port transatlantique du XXe siĂšcle, Cherbourg voit arriver les stars hollywoodiennes, tel Charlie Chaplin, organisant Ă  sa descente de bateau en 1952 dans la gare maritime une confĂ©rence de presse critique envers l’AmĂ©rique maccarthiste qu’il vient de quitter ; le port voit embarquer pas mal de personnalitĂ©s connues, dont l’homme d’affaires Benjamin Guggenheim (1865-1912) pour son voyage fatal sur le Titanic. Le cinĂ©ma donne ensuite une autre notoriĂ©tĂ© durable Ă  Cherbourg, du fait des images de Jacques Demy (1931-1990) et de la musique de Michel Legrand (1932-), pour Les Parapluies de Cherbourg. Peu avant, Frida Boccara (1940-1996), connait un grand succĂšs en 1961 avec sa chanson Cherbourg avait raison. Les lettres ne sont pas en reste avec l’acadĂ©micien Georges Grente (1872-1959), supĂ©rieur de l’Institut Saint-Paul, et avec Ernest Psichari (1883-1914), militaire et Ă©crivain, dont le sĂ©jour en garnison Ă  Cherbourg en 1914 au 2e rĂ©giment d’artillerie coloniale inspire L'Appel des armes.

Culture et patrimoine

Équipements culturels

Le Vox, ancien cinéma transformé en salle de spectacle dépendant de la ScÚne Nationale

Avec Caen, Cherbourg-Octeville est le principal centre culturel de la Basse-Normandie.

La ville est le siÚge de plusieurs sociétés savantes, dont la Société nationale académique de Cherbourg fondée en 1755, la Société nationale des sciences naturelles et mathématiques de Cherbourg créée en 1851, et la Société artistique et industrielle de Cherbourg, constituée en 1871.

La crĂ©ation et la diffusion du spectacle vivant sont assurĂ©es par Le Trident, scĂšne nationale regroupant le thĂ©Ăątre Ă  l’italienne, le ThĂ©Ăątre d’Octeville et le Vox. Le thĂ©Ăątre amateur est cĂ©lĂ©brĂ© par les rencontres Les TĂ©mĂ©raires.

La vocation prioritaire du Centre rĂ©gional des arts du cirque (CRAC) de La BrĂšche, ouvert en octobre 2006, est l’accueil en rĂ©sidence de troupes circassiennes, mais le lieu propose Ă©galement une programmation pour le public[113]. Le CRAC participe au festival des arts de rue, Charivarue.

En outre, l’offre d’enseignement artistique est riche de l’Institut des mĂ©tiers du cinĂ©ma de Normandie, de l’École supĂ©rieure des beaux-arts et de l’École municipale de musique, labellisĂ©e conservatoire Ă  rayonnement communal, qui compte 800 inscrits.

AprĂšs la fermeture de l’Ultrason Ă  Équeurdreville-Hainneville, unique salle de musiques actuelles du Nord-Cotentin, plusieurs associations se sont regroupĂ©es au sein du rĂ©seau « La Voix des oreilles Â» et du lieu « l’Épicentre Â», dans l’ancien yacht-club quai Lawton-Collins[114], oĂč se dĂ©roule le festival La Terra Trema.

Cependant, la ville manque d’une salle de grande capacitĂ©, le thĂ©Ăątre ne pouvant accueillir que 700 spectateurs. Mais, aprĂšs l’échec cuisant de Cherbourg-Land, ce problĂšme ne peut-ĂȘtre rĂ©solu qu’à l’échelle du Cotentin[113]. Si la Grande halle de la CitĂ© de la Mer, avec une jauge de plus de 6000 personnes, a accueilli plusieurs concerts, elle est dĂ©diĂ©e initialement Ă  l’organisation de foires et de salons. Aujourd'hui, le principal complexe accueillant des concerts d’envergure est le centre Jean-JaurĂšs d’Équeurdreville-Hainneville.

Octeville a conservĂ© sa fĂȘte patronale, la Sainte-Échelle, avec fĂȘte foraine et dĂ©filĂ©s. Cherbourg a vu renaĂźtre son carnaval dans les annĂ©es 1980, hĂ©ritier de la confrĂ©rie des cosnards, semblable Ă  celle de Rouen et Évreux.

Musées

Le Patrocle de David, exposé au musée Thomas-Henry

Cherbourg-Octeville dispose de plusieurs musées.

L'ancienne maison d’Emmanuel Liais, maire de Cherbourg, astronome et explorateur, abrite depuis 1905 le MusĂ©um d’histoire naturelle et d’ethnographie, plus vieux musĂ©e de Cherbourg (fondĂ© en 1832), avec cabinet de curiositĂ©s, collection d’animaux naturalisĂ©s, de fossiles, de minĂ©raux, d’objets exotiques (Égypte, Asie, OcĂ©anie, AmĂ©rique et Afrique), trĂ©sors archĂ©ologiques et bibliothĂšque des sciences. Elle est aussi le siĂšge social de la SociĂ©tĂ© nationale des sciences naturelles et mathĂ©matiques de Cherbourg.

Le MusĂ©e d’art Thomas-Henry, du nom du premier mĂ©cĂšne, est inaugurĂ© en 1835, et constitue aujourd'hui la troisiĂšme collection de Normandie avec 300 peintures et sculptures du XVe au XXe siĂšcle. SituĂ© dans le centre culturel, Ă  l’arriĂšre du thĂ©Ăątre, il prĂ©sente des peintures des Ă©coles française, flamande, espagnole et italienne, ainsi que des sculptures. Y sont notamment exposĂ©s des Ɠuvres de Fra Angelico, Simon Vouet, Camille Claudel, ainsi que l’une des plus grandes collections d’Ɠuvres de Jean-François Millet et des tableaux de Guillaume Fouace, natif de RĂ©ville, ou de peintres de la Marine, de mĂȘme que des sculptures d’Armand Le VĂ©el.

Le musĂ©e de la Guerre et de la LibĂ©ration, premier du genre lors de son inauguration par RenĂ© Coty le 6 juin 1954, retrace la vie quotidienne des civils cherbourgeois sous l’Occupation et le dĂ©roulement de la LibĂ©ration du Cotentin, en particulier la bataille de Cherbourg. Il est installĂ© dans le fort du Roule, piĂšce maitresse de la dĂ©fense de Cherbourg pris par les AmĂ©ricains le 25 juin 1944.

La CitĂ© de la Mer, dĂ©diĂ©e Ă  l’exploration ocĂ©anographique, est un complexe installĂ© depuis 2003 au sein d’une partie des vestiges de l’ancienne gare transatlantique. Elle propose des aquariums gĂ©ants, une collection d’engins sous-marins, comme ceux de la Comex, le bathyscaphe ArchimĂšde, et le Redoutable, premier SNLE français, construit Ă  Cherbourg, entiĂšrement visitable.

Le Point du Jour, centre d’art contemporain unique en France, consacrĂ© Ă  la photographie, a Ă©tĂ© inaugurĂ© dans la zone des bassins en novembre 2008[113].

Littérature

CĂ©lestine, du Journal d’une femme de chambre, par Georges Jeanniot, Le Cri de Paris, 18 novembre 1900

La BibliothĂšque municipale Jacques-PrĂ©vert, fondĂ©e en 1831 et ouverte en 1832, conserve la deuxiĂšme plus grande collection de la rĂ©gion, aprĂšs celle de Caen. L’achat de la bibliothĂšque de l’érudit local Henri-François Duchevreuil, en 1830, complĂšte les 1 855 volumes de la bibliothĂšque du District, crĂ©Ă©e au 24 de la rue Tour-CarrĂ©e, en application du dĂ©cret de la Convention du 8 pluviĂŽse an II[115] et composĂ©e d'ouvrages essentiellement saisis aux Ă©migrĂ©s et dĂ©portĂ©s[116]. Plusieurs donations ont Ă©tĂ© effectuĂ©es ensuite, notamment un legs de 3 000 ouvrages par Augustin Asselin en 1844 (avec vingt-six incunables parmi lesquels le manuscrit du IXe siĂšcle De bello iudaico de Flavius Josephe, qui reste le plus vieux document de la bibliothĂšque) et un don en 1877 de JĂ©rĂŽme-FrĂ©dĂ©ric Bignon, maire du Rozel et hĂ©ritier des bibliothĂ©caires du roi. Elle possĂšde Ă©galement un fonds normand, un fonds ancien consacrĂ© Ă  la botanique et un autre au voyage[115]. InstallĂ©e dans une aile de l’hĂŽtel de ville en 1855, puis au 9 de la rue Thiers (rue Talluau) Ă  partir de 1896, la bibliothĂšque emmĂ©nage dans le centre culturel en juin 1981, prenant le nom de Jacques PrĂ©vert, mort quatre ans plutĂŽt dans la Hague[116]. La bibliothĂšque participe Ă©galement au projet Normannia de bibliothĂšque numĂ©rique normande.

L'ancienne caserne de l’Abbaye, datant du lancement des travaux de la grand digue au XVIIIe siĂšcle, abrite depuis 1970 l’un des cinq centres rĂ©gionaux du Service historique de la Marine nationale, aux cĂŽtĂ©s de Brest, Lorient, Rochefort et Toulon. LĂ  sont regroupĂ©es les archives de la circonscription maritime de la Manche et de la mer du Nord, et la bibliothĂšque de la Marine fondĂ©e Ă  Cherbourg en 1836 et spĂ©cialisĂ©e en histoire maritime avec ses 23 000 ouvrages.

Chaque annĂ©e sont organisĂ©s un rĂ©seau des ateliers d’écriture dans l’agglomĂ©ration, les Mercurielles, et le Festival du livre et de la bande dessinĂ©e de jeunesse (depuis 1987).

La Biennale du 9e art expose des auteurs de bandes dessinĂ©es (Enki Bilal en 2002, François Schuiten et BenoĂźt Peeters en 2004, AndrĂ© Juillard en 2006, Loustal en 2008). En 2002, Enki Bilal avait projetĂ©, avec le soutien de la mairie de Cherbourg, de crĂ©er une fresque au sein de l’ancienne gare maritime pour reprĂ©senter l’histoire des migrations dans ce lieu ; ce projet a Ă©tĂ© rejetĂ© sur fond de querelles d’édiles par Bernard Cauvin, prĂ©sident de la CUC et la CitĂ© de la Mer[117].

Cherbourg-Octeville est le siĂšge de deux maisons d’édition, IsoĂšte fondĂ© en 1985 et Le Point du Jour crĂ©Ă© en 1996.

Cherbourg-Octeville dans la littérature

Cinéma

Le cinĂ©ma occupe une place non nĂ©gligeable dans la vie cherbourgeoise. Plusieurs classiques du cinĂ©ma français y ont Ă©tĂ© tournĂ©s, comme La Marie du port de Marcel CarnĂ© avec Jean Gabin. En 1981, Claude Miller y situe Ă©galement l’action de Garde Ă  vue, tournĂ© en studio. Mais le plus emblĂ©matique est sans conteste Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy, tournĂ© l’étĂ© 1963, qui contribue encore aujourd'hui au renom international de la citĂ©. Bien avant pourtant, au temps de la splendeur des paquebots transatlantiques, Cherbourg Ă©tait un port d’arrivĂ©e, de dĂ©part ou de transit pour de nombreuses stars, notamment Charlie Chaplin, Burt Lancaster
 La ville a Ă©galement vu naĂźtre le cinĂ©aste Jean-Charles Tacchella et l’acteur Jean Marais.

Le festival des cinĂ©mas d'Irlande et de Grande-Bretagne, la Cinemovida (Festival des cinĂ©mas d’Espagne et AmĂ©rique latine), et Images d’Outre-Rhin (cinĂ©ma allemand), ainsi que Cin'Ă©toiles, projections de films en plein air en juillet, animent la vie culturelle locale.

En 2003, l’école de cinĂ©ma EICAR s'est implantĂ©e dans les anciens bĂątiments de l’hĂŽpital maritime. AprĂšs trois annĂ©es de perte et un passif estimĂ© Ă  1,5 million d’euros, elle a Ă©tĂ© placĂ©e en liquidation judiciaire en septembre 2006 et remplacĂ©e le mois suivant, sous l’impulsion d’anciens de ses professeurs, par l’IMC Normandie.

La ville dispose d’un parc de 17 salles de cinĂ©ma permanentes, rĂ©parties sur deux Ă©tablissements, dont un labellisĂ© Art et essai.

Odéon (5 salles)

Suite Ă  l’ouverture du multiplexe CGR, le retrait de la Soredic, qui exploitait le Club 6 (rue de la Paix) depuis 1983 et l’OdĂ©on (rue Foch) depuis 1991, a entraĂźnĂ© en 2004 la fermeture du premier et la reprise de ce dernier cinĂ©ma de centre-ville, labellisĂ© Art et essai, par Fadila Chambelland, ancienne gĂ©rante salariĂ©e. 90 000 entrĂ©es en 2006.

La façade abĂźmĂ©e de l’ancien cafĂ© du Grand balcon, devenu ensuite cinĂ©ma Le Central, est de style second Empire, avec cariatides et guirlandes de fleurs.

MĂ©ga CGR (12 salles)

Ouvert en 2003 prÚs du boulevard maritime avec 2 557 fauteuils. 400 000 entrées en 2006.

Omnia (1 salle)

Salle historique exploitĂ©e par PathĂ©, situĂ©e rue de la Paix, elle a Ă©tĂ© rachetĂ©e dans les annĂ©es 1990 par la municipalitĂ© et n'accueille plus que de rares Ă©vĂ©nements. Les fresques intĂ©rieures de R. Lecoq, reprĂ©sentant Éole et Vulcain, ont Ă©tĂ© distinguĂ©es en 2006 par le label « Patrimoine 20e siĂšcle Â» du ministĂšre de la Culture[120].

Plusieurs salles ont disparu, comme l’Eldorado (dĂ©truit, place de RĂ©publique), l’Eden (rue Cachin), le Vox (ancienne salle de patronage devenue seconde salle du Trident), le Saint-Joseph (rue des Ormes)


Films tournés à Cherbourg

Langue

La population cherbourgeoise parlait le haguais, variante du normand cotentinais, tout en ayant des particularismes quant Ă  la prononciation de certains mots.

En normand cotentinais, Cherbourg se nomme Tchidbouo (prononciation :/tʃidbwu:/) et Octeville, Otteville (prononciation : /ɔtvil/). Leurs habitants sont les TchidbouorqĆ­ais et les Ottevillais (prononciation :/tʃidbwuʁtʃje:/ et /ɔtvile:/).

Alors que le français s'impose Ă  Rouen au XIXe siĂšcle, le normand reste largement utilisĂ© Ă  Cherbourg comme Ă  Caen, jusqu'Ă  la PremiĂšre Guerre mondiale[121].

Alfred Rossel est la principale figure locale des auteurs patoisants du XIXe siĂšcle. Il publie ses Chansonnettes normandes, parmi lesquelles Sus la mĂ© est devenu un hymne du Cotentin. À cette Ă©poque, Jean Fleury critique pourtant son orthographe approximative et une mauvaise maĂźtrise de la langue[122].

Divers acteurs tentent aujourd'hui de promouvoir l'usage local du normand. La société Alfred-Rossel fait vivre le folklore et la langue, la revue le Boué-jaun basée à Cherbourg publie ses textes en normand, et l'une des trois universités populaires normandes y est basée[121].

Gastronomie

Grand port de pĂȘche, Cherbourg-Octeville offre une grande variĂ©tĂ© de poissons (limande, bar, plie, maquereau, raies, bar, surmulet, colin, limandier, roussette
), crustacĂ©s (dormeur, araignĂ©e, homard) et coquillages (Saint-Jacques, pĂ©toncle, moules), pĂȘchĂ©s au large du Cotentin[123]. On nomme demoiselles de Cherbourg des petits homards. Cherbourg se situe Ă©galement Ă  proximitĂ© de trois zones conchylicoles (Blainville, Saint-Vaast et Isigny). La prĂ©paration la plus traditionnelle est la matelote[124]. Alexandre Dumas prĂ©sente Ă©galement la recette de la « queue de merlan Ă  la mode de Cherbourg Â», au beurre et aux huĂźtres[125].

À partir de 1464, les boulangers de Cherbourg dĂ©tiennent l’autorisation royale d’élaborer leurs pains Ă  base d’eau de mer, Ă©vitant ainsi de payer le sel et la gabelle. À l’occasion de la visite de NapolĂ©on Ier, ils auraient crĂ©Ă© le pain pliĂ©, boule de pain de campagne, ovale, qui est repliĂ©e sur elle-mĂȘme pour ĂȘtre cuite, offrant ainsi une mie plus serrĂ©e, en forme de bicorne qui lui vaut d’ĂȘtre appelĂ© « pain NapolĂ©on Â»[124]. Fleury indique qu’au dĂ©but du XIXe siĂšcle, la nourriture principale du Nord-Cotentin est le pain d’orge, la bouillie de sarrasin et les produits Ă  base de porc, ainsi que, les jours de fĂȘte, la galette, « sorte de pĂąte composĂ©e de farine de sarrasin, de lait et d’Ɠufs, et cuite en couches minces sur la tuile avec du beurre Â», arrosĂ©e, bien sĂ»r, de cidre[41].

L'agglomĂ©ration est situĂ©e dans les zones AOC du Pont-l'Ă©vĂȘque et du Camembert de Normandie ainsi que, partiellement, du Calvados, du Pommeau de Normandie et du cidre de Normandie. Elle bĂ©nĂ©ficie Ă©galement de l’IGP du cidre de Normandie, du porc de Normandie et des volailles de Normandie[126]. Plus largement, la cuisine du Nord-Cotentin est celle de la Normandie, dans laquelle dominent les produits laitiers (beurre, crĂšme, lait, fromages
) et la pomme (comme fruit ou comme alcool).

Patrimoine

Monuments civils

Le théùtre
La Gare transatlantique
Bassin du Commerce, lors de la Tall Ships' Race 2005
Le Pavillon central de l’Hîtel Atlantique

Le ThĂ©Ăątre Ă  l’italienne est l’un des derniers thĂ©Ăątres Ă  l’italienne construits en France (1880). InaugurĂ© en 1882, il a Ă©tĂ© Ă©difiĂ© sur les plans de Charles de Lalande, Ă  l’emplacement des halles Ă  grain. La façade rend hommage Ă  MoliĂšre, BoĂŻeldieu et Corneille. Elle est classĂ©e monument historique depuis 1984 avec ses deux retours latĂ©raux et les toitures correspondantes ; sont Ă©galement classĂ©s le vestibule, le grand escalier, la salle et le foyer, ainsi que les 13 dĂ©cors originaux. Le plafond est l’Ɠuvre de Georges Clairin. Avec trois galeries, il accueille jusqu'Ă  600 spectateurs.

La fontaine Mouchel, du nom du mécÚne et directeur du journal Le Phare de la Manche, s'élÚve au centre de la place de Gaulle. Fontaine monumentale en fonte, elle a été créée par Louis EugÚne Gutelle en 1895.

L’HĂŽtel Epron de la Horie (du nom du vice-amiral et ministre de la marine Jacques Epron de la Horie, propriĂ©taire sous le Premier Empire) ou de l’ancienne douane est situĂ© Ă  l’angle de la rue du Val de Saire et du quai de l’Ancien arsenal. Construit en 1781 par Jacques Martin Maurice, « entrepreneur des ouvrages du Roi Â» en schiste (couverture et corps de bĂątiment) et briques rouges (encadrement des fenĂȘtres), il est inscrit aux monuments historiques depuis le 16 fĂ©vrier 1965[127]. Successivement caserne des Suisses, hĂŽpital auxiliaire des travaux de la rade, demeure des armateurs Richer, Cousin, DesprĂ©aux, Lias au XIXe siĂšcle et hĂŽtel des douanes durant l’Entre-deux-guerres, il abrite aujourd'hui le siĂšge de la Caisse d’épargne[42].

L’ancienne gare maritime est le plus grand monument français d’Art dĂ©co. Construite par RenĂ© Levavasseur Ă  partir de 1928 et inaugurĂ©e en 1933 par le prĂ©sident Lebrun, elle pouvait accueillir deux paquebots simultanĂ©ment. Inscrite au titre de monument historique en 1989 et 2000, elle a Ă©tĂ© rĂ©amĂ©nagĂ©e pour devenir en 2002 un complexe ocĂ©anographique, la CitĂ© de la Mer, au sein duquel se visite le SNLE le Redoutable, et accueillir depuis dĂ©cembre 2006, un terminal croisiĂšres[128].

L’HĂŽtel Atlantique, face Ă  la gare maritime, a Ă©galement Ă©tĂ© construit par RenĂ© Levavasseur en fer et ciment armĂ© dans le style Art dĂ©co pour les trois compagnies transatlantiques qui desservaient Cherbourg, la Cunard Line, la White Star Line et la Red Star Line, regroupĂ©es dans la SociĂ©tĂ© anonyme de l’HĂŽtel Atlantique. Il accueillait sur 5 400 mÂČ, les Ă©migrants (voyageurs de troisiĂšme classe), principalement de l’Europe de l’Est, qui y sĂ©journaient en moyenne 12 jours pour subir les contrĂŽles sanitaires et douaniers. Le bĂątiment comprenait ainsi un quartier pour infectĂ©s et un quartier pour dĂ©sinfectĂ©s, avec une capacitĂ© de 2000 personnes. DĂ©butĂ© en 1920, ouvert en 1926, il ferme huit ans plus tard. RĂ©quisitionnĂ© sous l’Occupation puis Ă  la LibĂ©ration, il est achetĂ© par FĂ©lix Amiot pour y loger certains des salariĂ©s de ses chantiers[129]. Il accueille depuis 1991 les services de la Chambre de commerce et d'industrie de Cherbourg-Cotentin. Le pavillon central est inscrit Ă  l’inventaire des monuments historiques depuis octobre 2001[4].

Les statues de ThĂ©mis et Minerve, dĂ©esses romaines de la Justice et de la Guerre, de Houdon et Roland qui Ă©taient entreposĂ©es dans la cour du Palais Bourbon depuis leur remplacement sur le frontispice de la Chambre des dĂ©putĂ©s par des moulages lors de la rĂ©novation de la façade, sont offertes Ă  la ville en juin 1989, par le truchement d’Olivier Stirn, ministre du Tourisme, et prĂ©sident de la CommunautĂ© urbaine de Cherbourg. AprĂšs restauration par Pierre Bataille, elles sont placĂ©es en 1990 et 1993 chacune sur un rond-point, la Minerve de Philippe-Laurent Roland, prĂšs de la CitĂ© de la Mer, la ThĂ©mis de Jean-Antoine Houdon, au pied de la Montagne du Roule. SculptĂ©es vers 1810, elles sont classĂ©es monuments historiques depuis juin 1990[130].

L’HĂŽtel de ville a Ă©tĂ© construit au dĂ©but du XIXe siĂšcle ; il a Ă©tĂ© agrandi Ă  deux reprises en 1850 par une aile sud-ouest formant un L avec le premier bĂątiment, puis sous le Second Empire (salon de l’ImpĂ©ratrice), et remaniĂ© aprĂšs la LibĂ©ration. À l’intĂ©rieur, un escalier dessert le Grand salon et le salon de l’ImpĂ©ratrice, qui abrite les portraits de NapolĂ©on III et d’EugĂ©nie par Winterhalter, avec – entre les deux – une piĂšce en rotonde aux peintures de Michel-Adrien Servant rappelant les grands Ă©vĂ©nements de l’histoire de la ville ; dans la Salle du conseil se trouve depuis 1858 la cheminĂ©e du XVIe siĂšcle du logis abbatial de l’Abbaye Notre-Dame du VƓu, achetĂ©e par la municipalitĂ© en 1841 et classĂ©e monument historique depuis 1905[42]. Les trois salons et l’ escalier sont inscrits depuis le 13 aoĂ»t 2004.

L’hĂŽpital maritime, ancien centre hospitalier rĂ©gional des ArmĂ©es RenĂ©-Le-Bas, construit sur dĂ©cision de NapolĂ©on III et inaugurĂ© le 15 fĂ©vrier 1869, a Ă©tĂ© dĂ©saffectĂ© en 2000 et rĂ©habilitĂ© en pĂŽle universitaire et culturel en 2002. Les bĂątiments de style NapolĂ©on III sont entourĂ©s d’un grand parc.

Les quais et le port Chantereyne s'animent rĂ©guliĂšrement de nombreuses manifestations temporaires : escales de paquebots prestigieux (Queen Elizabeth 2, Queen Mary 2
), armada, courses Ă  la voile
 Les quais ont Ă©tĂ© amĂ©nagĂ©s en 1994 avec les Ă©clairages de Yann KersalĂ©. Le port de plaisance, premier port d’escale français, s'Ă©tend au-delĂ  de la « plage verte Â», ancienne plage rĂ©amĂ©nagĂ©e en pelouse aprĂšs la crĂ©ation du port. Les Ă©quipements de plaisance et de loisirs y sont implantĂ©s (piscine, patinoire, bowling, services aux plaisanciers
). Dans le bassin du commerce mouille le Jacques-Louise, dernier chalutier en bois construit aux chantiers navals Bellot de Cherbourg en 1959, ancien Ruban bleu cherbourgeois, dĂ©sarmĂ© en 1991, inscrit en 1996, puis classĂ© monument historique en 1999. Chalutier en bois de chĂȘne de l’Orne, conçu pour la pĂȘche latĂ©rale au large, il est ouvert au public depuis l’étĂ© 2004[131].

Monuments commémoratifs

Bricqueville par David d’Angers

La statue Ă©questre de NapolĂ©on Ier se trouve face Ă  la basilique, sur la place NapolĂ©on. ƒuvre d’Armand Le VĂ©el, elle reprĂ©sente l’Empereur contemplant la rade et le port militaire. Sur le socle, on peut lire un extrait du MĂ©morial de Sainte-HĂ©lĂšne, datĂ© du 15 juillet 1816 : « J'avais rĂ©solu de renouveler Ă  Cherbourg les merveilles de l’Égypte Â», c'est-Ă -dire une pyramide avec le fort central et un nouveau lac Moeris pour l’avant-port creusĂ© dans le roc. La statue Ă©rigĂ©e en 1858, Ă  l’occasion de la visite de NapolĂ©on III, rappelle l’importance de l’Empereur dans l’expansion de Cherbourg. Autour de ce monument emblĂ©matique de la ville, inscrit en aoĂ»t 2006 puis classĂ© monument historique le 31 janvier 2008, s'Ă©tend la Plage verte, ancienne plage artificielle jusqu’à l’aprĂšs-guerre, qui longe le port de plaisance[132].

Le monument du duc de Berry, place de la RĂ©publique, commĂ©more le dĂ©barquement du fils du futur Charles X, de retour en France sur la frĂ©gate britannique l’Eurotas le 13 avril 1814, aprĂšs la chute de l’Empire. AchevĂ©e en 1816, il est formĂ© d’un obĂ©lisque de vingt-cinq pieds en granit rose de Flamanville, surmontant une fontaine de granit gris, oĂč quatre tĂȘtes de lions en bronze crachent l’eau dans un bassin creusĂ© dans le mĂȘme bloc[42].

Le buste du colonel de Bricqueville, sur le quai de Caligny, a Ă©tĂ© inaugurĂ© le 12 mai 1850 en hommage au colonel des dragons impĂ©riaux et dĂ©putĂ© bonapartiste de Cherbourg mort en 1844. Ce buste en HermĂšs[133] d’1,45 mĂštre est un bronze de David d'Angers posĂ© sur une colonne de 4 mĂštres en granit de l’architecte Lemelle, sur laquelle on peut lire le nom de quatre batailles oĂč Bricqueville s'est illustrĂ© : Wagram, KrasnoĂ«, Anvers et Versailles. Deux reliefs de bronze Ă©voquant le militaire (un sabre) et le parlementaire (une tribune), ont Ă©tĂ© fondus par les Allemands en 1944. Le monument est inscrit aux monuments historiques depuis aoĂ»t 2006[134].

La statue de Jean-François Millet, inaugurĂ©e dans le jardin public le 22 septembre 1892, pour le centenaire de la PremiĂšre RĂ©publique, honore le « peintre des paysans Â», Ă©lĂšve au musĂ©e de Cherbourg. FinancĂ©e par une souscription lancĂ©e par la municipalitĂ© en 1886 reprise par les milieux parisiens, la rĂ©alisation du buste en marbre (1,05 mĂštre de haut) est confiĂ©e Ă  Henri Chapu ; Ă  sa mort, elle est achevĂ©e par son Ă©lĂšve Jean-Ernest Bouteiller qui lui adjoint le groupe allĂ©gorique en bronze (2,95 mĂštres de haut) d’une paysanne portant sa fille dans les bras et dĂ©posant des fleurs des champs sur le buste, appuyĂ©e sur le piĂ©destal et sur des rochers en granit (4,45 mĂštres de haut, 2,55 mĂštres de large, 2,6 mĂštres de profondeur). Le monument est inscrit depuis aoĂ»t 2006[134].

Le monument aux morts Surcouf, inauguré au bout de la jetée du port de plaisance le 23 septembre 1951, par le général de Gaulle, commémore le souvenir des 130 marins du sous-marin des Forces navales françaises libres, construit à Cherbourg et coulé le 18 février 1942 dans le Pacifique[135].

Monuments militaires

Fort de l’Ouest

La rade de Cherbourg est la plus grande rade artificielle du monde. CommencĂ©e en 1783, la digue centrale a Ă©tĂ© achevĂ©e en 1853 et pourvue de trois forts en 1860. Construite Ă  4 km de la cĂŽte, la digue du large mesure 3 640 m, avec une largeur moyenne de 100 m Ă  sa base et 12 m Ă  son sommet, et une hauteur de 27 m. L’ensemble des trois digues fait plus de 6 kilomĂštres.

Le fort de l’Île PelĂ©e, Ă©lĂ©ment dĂ©fensif de l’est de la digue, a Ă©tĂ© conçu par Ricard et Decaux et construit entre 1777 et 1784. Il a Ă©tĂ© nommĂ© fort Royal, fort National, fort ImpĂ©rial, avant de prendre le nom de l’üle sur lequel il a Ă©tĂ© construit. Il a servi de prison durant la RĂ©volution.

Le Fort du Roule (MusĂ©e de la Guerre et de la LibĂ©ration) se trouve sur la montagne du Roule. Emplacement depuis 1650 de l’ermitage de Notre-Dame de Protection, abandonnĂ© Ă  la RĂ©volution, rasĂ© en 1870, ce point culminant de la ville (117 m) accueille en 1793 une redoute pour protĂ©ger la rade. En 1853, on bĂątit le fort actuel. Lieu des derniers combats en 1940, il est renforcĂ© par les Allemands en 1943 par une batterie situĂ©e sur le flanc dominant la rade, au-dessous du fort. ComposĂ©e de quatre casemates pour canons de 105 mm et un poste de direction de tir, avec plusieurs tunnels souterrains et accĂšs creusĂ©s dans la roche, elle devient pour les Allemands le point fort de la « forteresse de Cherbourg Â» et du Mur de l'Atlantique. Le 6 juin 1954, RenĂ© Coty y inaugure le premier musĂ©e français de la LibĂ©ration. Au bout d’une route en lacet nommĂ©e « chemin des RĂ©sistants Â», le fort offre un panorama sur l’agglomĂ©ration et la rade. La batterie et une partie des tunnels de stockage des munitions allemandes ont Ă©tĂ© classĂ©s monument historique en 1995, et une autre partie des souterrains est amĂ©nagĂ©e en laboratoire de mesure de la radioactivitĂ© pour l’École d’application militaire de l’énergie atomique[136].

Monuments religieux

L'Ă©glise Notre-Dame du VƓu

L’abbaye Notre-Dame du VƓu est fondĂ©e en 1145, sur la cĂŽte d’Équeurdreville, Ă  la CroĂ»te du Homet, par impĂ©ratrice Mathilde. SituĂ©e hors des remparts de la ville, elle est rĂ©guliĂšrement pillĂ©e et brĂ»lĂ©e lors des incessantes batailles franco-anglaises, puis lors des guerres de religion. Soumise au rĂ©gime de la commende en 1583, elle dĂ©cline progressivement jusqu’à sa fermeture en 1774. Ses terrains sont annexĂ©s en 1778 pour la construction du port militaire, et elle devient rĂ©sidence du duc d’Harcourt, abritant le Roi en 1786. Le lieu est ensuite transformĂ© en hĂŽpital, en bagne, et en caserne Martin-des-PalliĂšres pour l’infanterie de marine. La citĂ© ouvriĂšre Chantereyne s'y Ă©rige en 1928, jusqu'Ă  sa destruction en juin 1944. RachetĂ©e par la mairie en 1961, l’abbaye est lentement restaurĂ©e depuis 1965. La grande cheminĂ©e de la maison abbatiale (XVIe siĂšcle) est conservĂ©e dans la salle du conseil de l’HĂŽtel de ville, le portail occidental de l’église (XIIIe siĂšcle) est placĂ© dans le jardin public. Ont Ă©tĂ© classĂ©s les restes de la caserne Martin-des-PalliĂšres en 1913, puis l’ensemble des bĂątiments, vestiges et sols de l’abbaye, en septembre 2002. La dalle funĂ©raire de Guillaume de Margerai, prĂȘtre de Querqueville, mort dans les annĂ©es 1280, mise au jour, a Ă©tĂ© classĂ©e monument historique en 1995.

La basilique de la TrinitĂ©, dĂ©butĂ©e au XIe siĂšcle Ă  la demande de Guillaume le ConquĂ©rant, reste la seule Ă©glise paroissiale de la ville jusqu’au XIXe siĂšcle. L’église seigneuriale dĂ©diĂ©e Ă  Notre-Dame au sein du chĂąteau est dĂ©truite comme la forteresse, au XVIIe siĂšcle. La TrinitĂ© est agrandie et transformĂ©e de maniĂšre importante au XIIIe siĂšcle, la nef est reconstruite, le chƓur et le clocher relevĂ©s, aprĂšs 1450. AprĂšs un saccage de janvier 1794, on lui adjoint un nouveau clocher carrĂ© de 26 mĂštres en 1828 et on la restaure dans le style nĂ©o-flamboyant en 1865. Inscrite aux monuments historiques depuis mars 1944, la TrinitĂ© possĂšde un riche mobilier cultuel, dont un maĂźtre-autel de 1809, une chaire en bois sculptĂ©e de Pierre FrĂ©ret (1767), un retable d’Armand FrĂ©ret (1814) et les grandes orgues de CavaillĂ©-Coll.

L’église Notre-Dame du Roule a Ă©tĂ© bĂątie au pied de la montagne du Roule entre 1832 et 1842 sous l’impulsion du « poĂšte-barbier Â» Michel Legoupil et par la souscription des fidĂšles de ce quartier pĂ©riphĂ©rique du Roule qui croĂźt, comme les quartiers du VƓu et de la Polle.

L’église Notre-Dame du VƓu, dĂ©butĂ©e en 1850 sur souscription des paroissiens et selon le style roman en raison de la faiblesse des ressources, est Ă©rigĂ©e sur un herbage, dit « les briques Â», offert par M. de Virandeville. En 1855, la municipalitĂ© complĂšte la nef inaugurĂ©e en 1852 par un transept et un chƓur plus ouvragĂ©s, et en 1862 par la façade et les deux clochers d’inspiration gothique. Ouvrage de 61,5 mĂštres de long, l’église abrite un grand orgue de Duputel (1885), classĂ© monument historique depuis 1990 et des vitraux de 1834, 1858-60 et 1949-58[137].

L’église Saint-ClĂ©ment a Ă©tĂ© Ă©difiĂ©e au sein du quartier du Val-de-Saire, face Ă  l’hĂŽpital Pasteur, entre juin 1853 et 1856 par l’architecte de la ville Geufroy. Longue de 52 mĂštres, elle est d’inspiration grĂ©co-romaine, avec un porche au fronton triangulaire supportĂ© par quatre colonnes Ă  chapiteaux doriques. Elle abrite les autels de la Vierge (1863) de François FrĂ©ret et de Saint-ClĂ©ment (1864) de Louis-Victor FrĂ©ret, rachetĂ©s Ă  la basilique Sainte-TrinitĂ© en 1846, un orgue (1881), la peinture des douze apĂŽtres (1935) de Rocher de CĂ©signĂ© et des vitraux (1953) de MaumĂ©jean[138].

L’église Saint-Pierre et Saint-Paul, sur le secteur d’Octeville, a Ă©tĂ© construite entre 1967 et 1969 alors que le « grand ensemble Â» des Provinces voyait le jour. L’architecture moderne triangulaire et irrĂ©guliĂšre de Paul Vimond symbolise « la tente de Dieu au milieu des maisons des hommes Â», un art sacrĂ© inspirĂ© par le concile Vatican 2 (1962-1965)[139]. Une autre Ă©glise a Ă©tĂ© construite sur Octeville dans ces annĂ©es : l’église Sainte-Marie-Madeleine-Postel ouverte en 1966 dans le quartier des Fourches et dĂ©saffectĂ©e en 1990.

L’église Saint-Martin d'Octeville, datant du XIIe siĂšcle, est l’église paroissiale historique d’Octeville qui dĂ©pendait de l’abbaye Notre-Dame du VƓu. Romane, elle a un clocher octogonal en batiĂšre. La nef a Ă©tĂ© rĂ©amĂ©nagĂ©e au XVIIIe siĂšcle. Un bas-relief reprĂ©sentant la CĂšne est classĂ© monument historique depuis 1908[140].

Vie militaire

ArrivĂ©e de l’Abeille LibertĂ© Ă  Cherbourg-Octeville
Article dĂ©taillĂ© : Port militaire de Cherbourg.

Durant le Moyen-Âge, Cherbourg, place forte du Cotentin, abrite une petite garnison pour la protection de la forteresse. Avec la mise en Ɠuvre de la rade et du port militaire, Cherbourg devient un port de guerre Ă  la fin du XVIIIe siĂšcle, dotĂ©e d’une garnison importante. En 1798, on comptait 1 332 hommes, soit un dixiĂšme de la population, rĂ©partis principalement entre la caserne de l’Abbaye, actuel Service historique de la Marine, qui abritait les 542 hommes de la 4e brigade et le Quartier Maurice, dans l’hĂŽtel Epron de la Horie, oĂč logeait 227 hommes[141]. Les effectifs sont portĂ©s Ă  3 000 hommes pour l’accomplissement des travaux, par un dĂ©cret de germinal an XI.

Au cours du XXe siĂšcle, Cherbourg, point stratĂ©gique lors des deux guerres mondiales, s'est adaptĂ©e aux nouvelles menaces. Elle accueille alors une grosse garnison de la Marine nationale, un RĂ©giment d’artillerie et un HĂŽpital des ArmĂ©es. Dans les annĂ©es 1990 et au dĂ©but des annĂ©es 2000, la prĂ©sence de l’armĂ©e s'est affaiblie par le transfert de la Flottille du Nord vers Brest et la fermeture de l’hĂŽpital RenĂ©-Le-Bas.

Pourtant, Cherbourg demeure une base de premier ordre de la Marine nationale, comme siĂšge de la PrĂ©fecture maritime de la Manche et de la mer du Nord et du groupement de Gendarmerie maritime de la Manche. La base navale est le port d’attache de cinq patrouilleurs de la marine nationale et de la gendarmerie maritime, du groupe des plongeurs dĂ©mineurs de la Manche et de son bĂątiment-base le Vulcain, du remorqueur Abeille LibertĂ© et de divers bĂątiments de soutien. Elle est aussi le siĂšge de la Formation opĂ©rationnelle de surveillance et d’information territoriale de Cherbourg (FOSIT Cherbourg) qui regroupe les treize sĂ©maphores et la vigie de l’arrondissement maritime. De plus, un hĂ©licoptĂšre Dauphin de la Flottille 35 F est stationnĂ© sur l’AĂ©roport de Cherbourg - Maupertus. Le fonctionnement du port militaire est Ă  la charge des directions du commissariat de la marine, des travaux maritimes et des systĂšmes d’information de la Marine, ainsi que de l’Antenne du service de Soutien de la flotte et de l’Atelier militaire de la Flotte de Cherbourg[142].

Cherbourg est aussi un pĂŽle de formation des armĂ©es par le truchement de l’École des applications militaires de l’énergie atomique (EAMEA), chargĂ©e de l’enseignement interarmĂ© des spĂ©cialistes militaires en matiĂšre de sciences, de techniques et de sĂ©curitĂ© nuclĂ©aires et de l’École des fourriers de Querqueville, consacrĂ©e Ă  l’instruction des officiers des trois forces armĂ©es aux mĂ©tiers de l’administration, de la gestion des ressources humaines et de la restauration, Ă  la formation des spĂ©cialistes de la restauration de la gendarmerie nationale et des personnels des foyers de la marine.

Les propositions de rĂ©formes sur l’organisation et la rĂ©partition de l’armĂ©e française, prĂ©sentĂ©es au printemps 2008 dans le livre blanc sur la DĂ©fense et prĂ©vues dans le cadre de la Revue gĂ©nĂ©rale des politiques publiques, suscitent l’inquiĂ©tude des personnels civils de la DĂ©fense de la ville, notamment concernant la construction des sous-marins. Selon les projets, Cherbourg-Octeville deviendra l’une des 90 bases de dĂ©fense vers 2010. Dans le cadre d’une mutualisation des moyens et de la constitution d’un service de soutien aux armĂ©es, la ville conserverait les activitĂ©s militaires et civiles, et accueillerait de nouveaux rĂ©giments pour l’armĂ©e de terre et de l’armĂ©e de l’air afin de constituer l’une des plus grosses bases de dĂ©fense[143]. Toutefois, la Marine Ă  Cherbourg-Octeville devrait perdre 220 emplois, notamment civils, Ă  travers notamment la division de moitiĂ© des effectifs de la direction des travaux maritimes, la suppression de 30 postes dont 5 civils Ă  l'Ă©cole des Fourriers et l'École atomique, la perte de 27 postes dont 14 civils Ă  la direction des systĂšmes d'information, et le dĂ©sarmement des remorqueurs Vulcain, AcharnĂ©, Coralline et Élan. Les commandes nationales pour la DCNS pourraient ĂȘtre Ă©talĂ©es sur plusieurs annĂ©es, rĂ©duisant lĂ  aussi les besoins humains, notamment chez les sous-traitants[144].

Plusieurs unitĂ©s militaires ont Ă©tĂ© en garnison Ă  Cherbourg au cours du XXe siĂšcle, parmi lesquelles :

Notes et références

  1. ↑ Histoire de la ville de Cherbourg de Voisin La Hougue, continuĂ©e depuis 1728 jusqu'Ă  1835, par VĂ©rusmor. Cherbourg, Boulanger, 1855. p. 272
  2. ↑ Jean Fleury, Essai sur le patois normand de la Hague, Maisonneuve frùres et C. Leclerc, 1886 - p. 363-64
  3. ↑ roule est l’appellation mĂ©diĂ©vale du grĂšs
  4. ↑ a , b , c  et d  Sentiers piĂ©tons, CommunautĂ© urbaine de Cherbourg
  5. ↑ Cherbourg en 1700, CommunautĂ© urbaine de Cherbourg
  6. ↑ a , b  et c  Cap de la Hague, 1961-1990, Infoclimat
  7. ↑ a  et b  CaractĂ©ristique du dĂ©partement de la Manche, MĂ©tĂ©o France
  8. ↑ Le Climat à Cherbourg-Octeville, site de Cherbourg-Octeville
  9. ↑ a , b  et c  MĂ©mento Ă©conomique du Cotentin 2007, CCI de Cherbourg-Cotentin, 2007
  10. ↑ chiffres 2006
  11. ↑ [pdf] Discours des vƓux aux personnalitĂ©s pour 2007, par Philippe Duron, prĂ©sident de la RĂ©gion Basse-Normandie, Caen, 11 janvier 2007
  12. ↑ « La Compagnie des transports de Cherbourg fĂȘte ses 110 ans ! Â», Le Journal de la CommunautĂ© urbaine de Cherbourg no 35, septembre 2006
  13. ↑ Jean-Pierre Beuve, « Chalair reliera Cherbourg et Caen Ă  Orly Â», Ouest France, 14 octobre 2008
  14. ↑ a , b  et c  MĂ©mento Ă©conomique du Cotentin 2008, CCI de Cherbourg-Cotentin, 2008
  15. ↑ a  et b  Guy Letourneur, Cherbourg et son histoire, Cherbourg, Pierre Boulland, 1985, vol 1, p. 9
  16. ↑ a  et b  Victor Le Sens, « Essai historique sur le Blason de Cherbourg Â», extrait des MĂ©moires de la SociĂ©tĂ© impĂ©riale acadĂ©mique de Cherbourg, Cherbourg : Bedelfontaine et Syffert, 1860 Disponible sur Normannia
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  18. ↑ La “mouette musicale” de Cherbourg-Octeville
, site de la ville de Cherbourg-Octeville
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  21. ↑ a  et b  François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, Éd. Picard, Paris, 1986
  22. ↑ d’aprĂšs RenĂ© Lepelley, citĂ© par Jacqueline Vastel, op. cit.
  23. ↑ « bourg Â» in Louis Guinet, Les emprunts gallo-romans au germanique (du 1er Ă  la fin du Ve siĂšcle), Klincksieck, Paris, 1982
  24. ↑ a , b  et c  « Histoire d'Octeville : quelques temps forts Â», site de la ville de Cherbourg-Octeville
  25. ↑ Noms et lieux du QuĂ©bec, ouvrage de la Commission de toponymie, 1994-1996
  26. ↑ Jules CĂ©sar, Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre III, 11-17-19.
  27. ↑ Histoire de la ville de Cherbourg de Voisin-la-Hougue, continuĂ©e depuis 1728 jusqu'Ă  1835, par VĂ©rusmor. Cherbourg, Boulanger, 1855. p 2
  28. ↑ a , b , c , d , e , f , g  et h  Hippolyte VallĂ©e, « PrĂ©cis sur l'histoire de Cherbourg Â», in Jean Fleury et Hippolyte VallĂ©e, Cherbourg et ses environs : nouveau guide du voyageur Ă  Cherbourg. Cherbourg : Impr. de Noblet, 1839 - pp. 19-54.
  29. ↑ Voisin La Hougue, op cit, pp. 31-37
  30. ↑ Robert Lerouvillois, La ville de Cherbourg au temps de Gilles de Gouberville, ComitĂ© Gilles de Gouberville
  31. ↑ « Quels sont les hommes qui ont exercĂ© le plus d’influence sur la crĂ©ation d’un arsenal maritime Ă  Cherbourg et en particulier quelle part doit ĂȘtre attribuĂ©e Ă  Vauban dans les projets relatifs Ă  la fermeture de la rade ? Â», Extr. de SĂ©ances du congrĂšs scientifique de France, tenu Ă  Cherbourg en septembre 1860, M. Bazan. Cherbourg : Auguste Mouchel, 1860. Disponible sur Normannia
  32. ↑ a  et b  Georges Lefebvre, Cherbourg Ă  la fin de l’Ancien RĂ©gime et au dĂ©but de la RĂ©volution. Caen : SociĂ©tĂ© d’enquĂȘtes ethnographiques normandes, coll. Cahier des Annales de Normandie, 1965
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  35. ↑ « Cherbourg, port de la LibĂ©ration Â», www.ville-cherbourg.fr
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  40. ↑ AbbĂ© Le Roy, « Le Vieux Cherbourg Â», MĂ©moires de la SociĂ©tĂ© nationale acadĂ©mique de Cherbourg, volume 12, 1875.
  41. ↑ a , b  et c  Jean Fleury, « Notions gĂ©nĂ©rales sur la Ville et l’Arrondissement Â», in Jean Fleury et Hippolyte VallĂ©e, Cherbourg et ses environs : nouveau guide du voyageur Ă  Cherbourg. Cherbourg : Impr. de Noblet, 1839 - p. 2-18.
  42. ↑ a , b , c  et d  Bruno Centorame, « L’habitat ancien du centre urbain Â», À la dĂ©couverte de Cherbourg : guide historique et touristique sur la ville de Cherbourg, la Hague et le Val de Saire. Cherbourg : ville de Cherbourg, 1992
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  44. ↑ Plan des fondements historiques de l’agglomĂ©ration cherbourgeoise, François Brun, CommunautĂ© urbaine de Cherbourg, juin 1999
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  49. ↑ Thierry Dubillot, « Comment stopper l’hĂ©morragie de population ? Â», Ouest France, 28 fĂ©vrier 2008
  50. ↑ En 1999 le chiffre donnĂ© par l'Insee, 42 288 habitants, ne correspond pas exactement Ă  cette somme (42 318). Il correspond exactement les autres annĂ©es.
  51. ↑ Pyramide des ñges de Cherbourg et Octeville, Recensement 1999 sur le site de l’INSEE
  52. ↑ a  et b  Cherbourg-Octeville, une ville fusionnĂ©e, site de la ville de Cherbourg-Octeville
  53. ↑ Cherbourg - Logements : le parc, INSEE, 1999.
  54. ↑ Octeville - Logements : le parc, INSEE, 1999.
  55. ↑ Une politique solidaire, Le Journal de la CommunautĂ© urbaine de Cherbourg n° 33, dĂ©cembre 2005, p. 6 et 7.
  56. ↑ a , b  et c  Bruno Centorame, « Trois jardins Â», in À la dĂ©couverte de Cherbourg
  57. ↑ a  et b  Parcs et jardins, ville de Cherbourg-Octeville.
  58. ↑ Parc Emmanuel Liais, ComitĂ© des parcs et jardins de France.
  59. ↑ Jardin botanique de la Roche FauconniĂšre, sur la base MĂ©rimĂ©e, ministĂšre de la Culture
  60. ↑ Source : Villes et Villages Fleuris
  61. ↑ Voisin-La-Hougue, op. cit. pp 104-109
  62. ↑ « Industrie et commerce - Arrondissement de Cherbourg Â», Annuaire du DĂ©partement de la Manche. Saint-LĂŽ, impr. de J. Elie, 1829.
  63. ↑ FĂ©lix Du Temple, un gĂ©nĂ©ral inventeur, Reflets no  96, ville de Tourlaville.
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  67. ↑ a  et b  « Cherbourg Â» et « Octeville Â», L’EncyclopĂ©die des villes de France, L’Internaute.
  68. ↑ « Observatoire communautaire Â», CommunautĂ© urbaine de Cherbourg, d’aprĂšs le recensement de 1999
  69. ↑ a , b  et c  « Cherbourg - Ă©conomie - Le bon cap Â», Le Point n°1732, 24 novembre 2005.
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  72. ↑ « Les Anglais de Cherbourg Â»,Ouest-France, 5 dĂ©cembre 2008
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  74. ↑ Marine nationale, Site de la maison du Tourisme de Cherbourg-Octeville.
  75. ↑ « [http://www.wikimanche.fr/index.php?title=Simon_FrĂšres Simon FrĂšres Â» sur Wikimanche, version du 15 septembre 2008 Ă  21:37.
  76. ↑ GĂ©rald Lerouvreur, « Sanmina loue 5 000 m2 au groupe Cofidur Â», Ouest France, 17 avril 2008.
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  82. ↑ RĂ©sultats de l’élection prĂ©sidentielle 2002 sur le site du MinistĂšre de l’IntĂ©rieur
  83. ↑ RĂ©sultats de l’élection lĂ©gislative 2007 sur le site du MinistĂšre de l’IntĂ©rieur
  84. ↑ RĂ©sultats de l’élection lĂ©gislative 2002 sur le site du MinistĂšre de l’IntĂ©rieur
  85. ↑ RĂ©sultats de l’élection europĂ©enne 2004 sur le site du MinistĂšre de l’IntĂ©rieur
  86. ↑ RĂ©sultats de l’élection europĂ©enne 1999 sur le site de la ville de Cherbourg-Octeville
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  88. ↑ RĂ©sultats de l’élection rĂ©gionale 1998 sur le site de la ville de Cherbourg-Octeville
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  90. ↑ RĂ©sultats du second tour de l’élection cantonale de 2008
  91. ↑ RĂ©sultats du second tour de l’élection cantonale de 2004
  92. ↑ RĂ©sultats du second tour de l’élection cantonale de 2001
  93. ↑ RĂ©sultats du second tour de l’élection cantonale de 1998
  94. ↑ RĂ©sultats du premier tour de l’élection municipale de 2008
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  98. ↑ Budget_primitif de 2007, www.ville-cherbourg.fr.
  99. ↑ Les recettes rĂ©elles de la section de fonctionnement - Budget primitif 2007, www.ville-cherbourg.fr.
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  103. ↑ « Relations internationales de Cherbourg-Octeville Â», site de la ville de Cherbourg-Octeville.
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  105. ↑ « Tribunaux Â», Cherbourg et ses environs, op. cit. pp 143-146.
  106. ↑ « Cherbourg-Octeville et son Ă©cole, petite chronologie de l’Esbaco Â», site de la ville de Cherbourg-Octeville.
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  109. ↑ Site officiel de la Ligue Basse-Normandie ([1] [2] [3] [4] [5] [6])
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  111. ↑ Chiffres clĂ©s, site du Centre hospitalier du Cotentin
  112. ↑ Site du doyennĂ© de Cherbourg
  113. ↑ a , b  et c  Thierry Dubillot, « De l’offre culturelle dĂ©pend le rayonnement de la ville Â», Ouest-France, 6 mars 2008.
  114. ↑ « Le projet de La Voix des oreilles voit le jour Â», Ouest-France, 17 janvier 2008.
  115. ↑ a  et b  Histoire de la BibliothĂšque Municipale Â», site de la ville de Cherbourg-Octeville.
  116. ↑ a  et b  BibliothĂšque municipale Jacques PrĂ©vert, CCFR
  117. ↑ « Fresque de Bilal annulĂ©e : incomprĂ©hension des Amis de la gare transatlantique Â», Ouest-France, 7 dĂ©cembre 2002
  118. ↑ « Les cordes avaient assez de jeu pour offrir aux fureurs des vagues cette courbure Ă©tudiĂ©e par un ingĂ©nieur, feu Cachin, l'immortel crĂ©ateur du port de Cherbourg (...) Â»Ă‰dition Furne, vol.9, p.231
  119. ↑ Furne, vol.15, p.325-326
  120. ↑ « Le patrimoine cherbourgeois distinguĂ© Â», Cherbourg-Octeville no 117, fĂ©vrier 2007.
  121. ↑ a  et b  L'enseignement du normand dans le Nord-Cotentin : Ă©tude des pratiques et des attitudes linguistiques, Christine Pic-Gillard, UniversitĂ© de la RĂ©union.
  122. ↑ Jean Fleury, Essai sur le patois normand de la Hague, Maisonneuve frùres et C. Leclerc, 1886.
  123. ↑ « Poissons pĂȘchĂ©s Â», centre de marĂ©e de Cherbourg-Cotentin.
  124. ↑ a  et b  « Boire et manger en Cotentin Â», Le Viquet n°78, Saint-LĂŽ, NoĂ«l 1987.
  125. ↑ Alexandre Dumas, Le grand dictionnaire de cuisine, 1873.
  126. ↑ selon le site de l’INAO
  127. ↑ HĂŽtel de l’ancienne Douane, sur la base MĂ©rimĂ©e, ministĂšre de la Culture
  128. ↑ Gare maritime de Cherbourg, sur la base MĂ©rimĂ©e, ministĂšre de la Culture
  129. ↑ L’Hîtel Atlantique sur le site de la CCI Cherbourg-Cotentin.
  130. ↑ Statues ThĂ©mis et Minerve, www.ville-cherbourg.fr
  131. ↑ Le Jacques-Louise, www.ville-cherbourg.fr
  132. ↑ La Statue de NapopĂ©on Ier, www.ville-cherbourg.fr
  133. ↑ « Buste dont les Ă©paules, la poitrine et le dos sont coupĂ©s par des plans verticaux. (Dict. xixe et xxe s.). Â» DĂ©finition du CNRTL
  134. ↑ a  et b  « La Statuaire monumentale Â», brochure touristique, direction des Affaires culturelles de la ville Cherbourg-Octeville, 2008.
  135. ↑ Le monument aux morts Surcouf, www.ville-cherbourg.fr
  136. ↑ Jacqueline Vastel, « Le Fort de la Montagne du Roule Â», À la dĂ©couverte de Cherbourg.
  137. ↑ Lieux de cultes - Paroisse Jean-XXII, doyennĂ© de Cherbourg.
  138. ↑ L’église Saint-ClĂ©ment, www.ville-cherbourg.fr
  139. ↑ L’église Saint-Pierre Saint-Paul, www.ville-cherbourg.fr
  140. ↑ L’église Saint-Martin, www.ville-cherbourg.fr
  141. ↑ « Il Ă©tait une fois Cherbourg : le Dragon et la prostituĂ©e Â», La Manche libre, 16 fĂ©vrier 2008.
  142. ↑ [pdf] Marine Cherbourg : guide d’accueil, MinistĂšre de la DĂ©fense, 2007.
  143. ↑ « La carte militaire Ă©pargne Cherbourg Â», Ouest-France du 25 juillet 2008.
  144. ↑ « La Marine devra encore se serrer la ceinture Â», Ouest-France du 17 septembre 2008.

Annexes

Articles connexes

Bibliographie

Histoire de la ville de Cherbourg, par Voisin La Hougue, continuĂ©e depuis 1728 jusqu’à 1835 par VĂ©rusmor (1835)
  • MĂ©moires de la SociĂ©tĂ© nationale acadĂ©mique de Cherbourg, 1833-1995
  • de Berruyer, Guide du voyageur Ă  Cherbourg, Boulanger, Cherbourg, 1833
  • Voisin La Hougue, Histoire de la ville de Cherbourg (continuĂ©e depuis 1728 jusqu’à 1835 par VĂ©rusmor), Cherbourg, Boulanger, 1835
  • Alexis de Tocqueville, Notice sur Cherbourg, Furne et Cie, Paris, 1848
  • Th. Pelloquet, Cherbourg et ses bains de mer, imprimerie VallĂ©e, Paris, 1866
  • EugĂšne Liais, Cherbourg, la ville, son port et son commerce, Mouchel, 1871
  • Émile Bertin, Fondation de l'ancien Port de Cherbourg (notes et plans), Paris, Dunod, 1879
  • AbbĂ© Leroy, Le Vieux Cherbourg, Mouchel, 1885
  • Cherbourg et le Cotentin, imprimerie Émile Le Maout, Cherbourg, 1905
  • Émile Avoine, Histoire de Cherbourg, PĂ©rigault, Cherbourg, 1927
  • C. Th. Quoniam, Le port de Cherbourg, Imprimerie centrale, Cherbourg, 1933
  • Raymond LefĂšvre, L'Histoire anecdotique de Cherbourg Ă  l’intention de nos Ă©coliers, Cherbourg-Éclair, Cherbourg, 1941
  • Raymond LefĂšvre, La libĂ©ration de Cherbourg (26 juin 1944), Imprimerie commerciale, Cherbourg, 1946
  • Contre-amiral Lepotier, Cherbourg, port de la LibĂ©ration, Ă©ditions France-Empire, Paris, 1972
  • ThĂ©rĂšse Henrot-Brouhon, Cherbourg Ă  la Belle Ă©poque, Ă©ditions SPRL Sodim, Bruxelles, 1975
  • Bernard Launey, Cherbourg 1900-1975, Imprimerie La DĂ©pĂȘche, Cherbourg, 1976
  • Madeleine Masson d’Autume, Cherbourg pendant la guerre de Cent ans (de 1354 Ă  1450), imprimerie Jacqueline, Saint-LĂŽ, sd
  • A. Demangeon et B. Fortier, Les Vaisseaux et les villes, LiĂšge, Mardaga, 1978
  • Paul Ingouf (avec R. Greneville), La bataille de Cherbourg, Ă©ditions Heimdal, 1979
  • Jean Le Jeune, Documents historiques sur le Vieux Cherbourg et sa rĂ©gion, Ă©ditions La DĂ©pĂȘche, Cherbourg, 1981
  • AndrĂ© Picquenot, Cherbourg sous l’occupation, Ă©ditions Ouest-France, Rennes, 1983
  • Guy Letourneur, Cherbourg
 histoire d’une ville et de son peuple , Pierre Boulland-La DĂ©pĂȘche, Cherbourg, 1985
  • Michel Besnier, Cherbourg, Champ Vallon, coll. Des villes, 1993 - (ISBN 978-2903528720)
  • Maurice LecƓur, Cherbourg au fil du temps, IsoĂšte, Cherbourg-Octeville, 2001 - (ISBN 9782913920156)
  • FrĂ©dĂ©ric Patard, Une ville, un pays en guerre, Cherbourg et le Haut-Cotentin, novembre 1918-mai 1944, IsoĂšte, Cherbourg-Octeville, 2004 - (ISBN 978-2913920354)
  • FrĂ©dĂ©ric Patard et GĂ©rard LĂ©onard, Le Guide du Promeneur, Cherbourg-Octeville, Équeurdreville-Hainneville, La Glacerie, Querqueville, Tourlaville, IsoĂšte, Cherbourg-Octeville, 2007.

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