Chasse

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Chasse
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Joachim von Sandrart, Novembre, Huile sur toile, 1643

La chasse est la traque d'animaux dans le but de les capturer ou de les abattre. Quand la chasse est soumise à une réglementation, la pratique de la chasse en dehors de son cadre légal est appelée braconnage. La cynégétique est l'art de la chasse.

Le chasseur est défini par le Codex alimentarius comme une personne qui participe à l'abattage du gibier et/ou à la saignée, à l'éviscération partielle et à l'habillage partiel sur le terrain des animaux abattus[1].

Sommaire

Histoire et traditions

Sc√®ne de chasse, mosa√Įque romaine du IVe si√®cle, Villa De Casale, Sicile

Mythologie

Les mythes fondateurs √©voquent souvent la chasse que des Dieux ou des animaux auraient enseign√©e √† l‚ÄôHomme. Certains pensent que l‚Äôopposition biblique de Ca√Įn et Abel pourrait √™tre le reflet de la supplantation du chasseur-cueilleur par l‚Äôagriculteur √©leveur. La Grande Muraille de Chine a elle-m√™me pu √™tre interpr√©t√©e comme une marque de s√©paration entre peuples cultivateurs s√©dentaris√©s et les nomades chasseurs.

Dans la mythologie romaine, la déesse de la chasse, Diane, est une femme. Historiquement et ethnographiquement, il semble pourtant que la chasse ait été essentiellement pratiquée par les représentants du sexe masculin dans l'espèce humaine.

Origines

Scène de chasse à l'arc dans l'art levantin espagnol (Néolithique)

La pratique de la chasse par les premiers représentants du genre Homo fait encore débat au sein de la communauté scientifique[2],[3]. Selon certains archéologues et paléontologues, l'analyse des traces d'outils et des ossements fossiles montre que nos ancêtres ont également consommé des cadavres d'animaux morts naturellement[4],[5],[6] ou des animaux blessés ou malades qu'ils achevaient plus facilement.

La chasse est clairement attestée dans les gisements archéologiques liés à l'homme de Néandertal[7],[8],[9]. À Coudoulous et à La Borde, les néandertaliens ont utilisés des avens comme pièges naturels pour abattre de nombreux grands bovidés (bisons et aurochs). Elle est également probable pour des périodes antérieures[10]

Le pi√©geage de petits animaux est une pratique tr√®s ancienne. Des populations pr√©historiques ont pratiqu√© une chasse quasiment monosp√©cifique (mammouth, renne) √† tel point que certains auteurs ont √©voqu√© une chasse sp√©cialis√©e. Il semble que les chasseurs-cueilleurs suivaient leur gibier, remontant vers le nord l'√©t√© et revenant au sud b√©n√©ficier d'un climat plus doux l'hiver. Cette pratique a encourag√© un nomadisme que les Inuits et certaines tribus am√©rindiennes pratiquaient encore il y a peu, mais qui n‚Äôexiste pratiquement plus, les grands animaux (sauf les oiseaux migrateurs) √©tant par ailleurs totalement limit√©s dans leurs d√©placement par une fragmentation √©copaysag√®re croissante, principalement due au morcellement du paysage par les infrastructures de transports (autoroutes, TGV cl√ītur√©s, canaux aux berges infranchissables, etc.)

Avec l'apparition du sédentarité et de l'élevage, l'importance de la chasse en tant que moyen de subsistance diminua pour une grande partie des populations. Déjà dans certaines cultures antiques, la chasse n'était plus considérée que comme un passe-temps. De plus en plus, elle ne fut souvent pratiquée que par une petite partie de la population.

De nombreux √©crits sont depuis l‚ÄôAntiquit√© consacr√©s aux techniques cyn√©g√©tiques et de pi√©geage. La notion de droit de chasse est √©voqu√©e pour la premi√®re fois dans le recueil de coutumes des Francs Saliens (riverains de la Sala ou Yssel) √©crit sous Clovis (√©poque m√©rovingienne) et d√©nomm√© ult√©rieurement ¬ę loi salique ¬Ľ. L'√©volution de ce concept s'est articul√©e alternativement √† travers des p√©riodes de permissivit√© et de restriction, voire de prohibition.

Moyen √āge

Article d√©taill√© : Chasse en France.

Au Moyen √āge, la chasse √©tait de plus en plus devenue un privil√®ge de la noblesse et des dignitaires de l'√Čtat ou du clerg√©. √Ä cette √©poque s'est formalis√©e ce privil√®ge : la chasse au grand gibier √©tait r√©serv√©e aux nobles et le petit gibier (li√®vres, volatiles) laiss√© au reste de la population. Certaines zones √©taient r√©serv√©es pour les chasses royales.

En France au Moyen √āge et sous l'Ancien R√©gime, la chasse est un plaisir de gentilhomme et un privil√®ge seigneurial. Les rois sont grands chasseurs et entretiennent des √©quipages importants. √ätre admis aux chasses du roi est un des plus grands honneurs de la Cour. Louis XIII, qui a appris la lecture dans les ouvrages de v√©nerie, pratiquait quotidiennement toutes les chasses[11] et chassa beaucoup en Sologne.

Le seigneur haut-justicier a ce droit dans l'√©tendue de sa haute-justice, le seigneur local dans sa seigneurie. Les roturiers n'ont pas ce droit sauf s'ils ont achet√© un fief, une seigneurie ou une haute-justice (ordonnance sur les eaux et for√™ts de 1669). Les seigneurs eccl√©siastiques, les dames hautes-justici√®res (pratiquant la chasse au vol), les nobles √Ęg√©s sont tenus de faire chasser afin de r√©duire le surplus de gibier nuisible aux cultures (ordonnance de juillet 1701).

Les braconniers sont craints surtout à cause de l'éventualité du port d'arme. Les contrevenants sont sévèrement punis. L'édit de 1601 prévoit l'amende et le fouet pour la première infraction, le fouet et le bannissement pour la première récidive, les galères et la confiscation des biens à la seconde récidive, la mort en cas de troisième récidive. L'ordonnance de 1669 écarte la peine de mort. Les gardes-chasses n'ont pas le droit au fusil. Les registres des cahiers de doléances montrent cependant que la verbalisation est beaucoup plus importante pour les délits forestiers que pour les délits de braconnage[11].

Pour permettre l'existence du gibier, il est interdit de moissonner avant la Saint-Jean, d'enlever les chardons, d'enclore par des murs les terres. Il faut planter des haies d'¬ę √©pines ¬Ľ aupr√®s des for√™ts royales. Il est interdit de tuer les lapins sauf sous la direction des agents des eaux et for√™ts (les capitaineries).

Afin de prot√©ger le travail des paysans et les r√©coltes, les chasseurs ne doivent pas passer dans les terres ensemenc√©es et lorsque les c√©r√©ales sont en ¬ę tuyaux ¬Ľ. Les vignes sont interdites de chasse du 1er mai jusqu'aux vendanges. Mais ces interdictions sont peu observ√©es. Le droit de chasse, privil√®ge et activit√© de d√©tente, est un des plus ha√Įs par les paysans car ils voulaient se d√©fendre contre les ¬ę animaux f√©roces ¬Ľ (ours, loups) et les ¬ę animaux nuisibles ¬Ľ (sangliers, oiseaux granivores s'en prenant √† leurs r√©coltes) en chassant eux-m√™mes, sachant qu'il y avait peu d'indemnit√©s pour les d√©g√Ęts agricoles.

Il existait cependant quelques chasses populaires accordées aux populations dans les provinces récemment annexées ou aux bourgeois qui avaient payé pour cela un droit particulier. Seuls certains animaux dangereux (sanglier, cerf)[12] étaient l'exclusivité des nobles[11].

Coutumes

Nombre de chasseurs aujourd'hui en Europe

Nombre de chasseurs : la France est le pays europ√©en qui compte le plus grand nombre de chasseurs (chasse aux oiseaux), 1 343 000 en 2009[13]. Suivent ensuite le Royaume-Uni (800 000), l'Espagne (980 000) et l'Italie (750 000). Ces valeurs sont toutefois √† relativiser au regard de la forte variabilit√© de taille de population et de surface entre ces pays.

Proportion de chasseurs dans la population : ce taux est le plus fort en Irlande (8,9%), √† Chypre (6,4%), en Finlande (5,8%) et en Norv√®ge (4,75%) et le plus bas en Estonie, aux Pays-bas (0,1% dans ces deux pays) ou encore en Belgique (0,2%) et Roumanie (0,27%). Le taux en France est moyen : 2,1 %.

Nombre de chasseurs par surface : en dehors du cas particulier de Malte (50 chasseurs/km¬≤), ce ratio est le plus fort √† Chypre et en Irlande (5 ch./km¬≤), au Danemark (3,8 ch./km¬≤), au Royaume-Uni (3,3%), au Portugal ou encore en Italie (2,5 ch./km¬≤ pour ces deux pays). Il est relativement faible en Pologne (0,3 ch./km¬≤), aux Pays-bas, en Su√®de et en Hongrie (0,6 ch./km¬≤) ou encore en Allemagne (1 ch./km¬≤). Ce ratio en France est plut√īt dans la moyenne haute : 2 chasseurs/km¬≤ comme en Espagne.

Données de 2007[14].

Les différents types de chasse

Chasse à tir (armes à feu et arcs)

Chasse individuelle

Abri cache pour la chasse aux cerfs.
  • Chasse devant soi (billebaude)
  • Chasse √† l'aff√Ľt
  • Chasse √† l'approche

Chasse en groupe

Remarques sur la chasse √† l'arc : celle-ci se d√©veloppe, avec un mat√©riel de plus en plus sophistiqu√©, et se pr√©sente √©galement pour certains comme une chasse plus √©cologique. Elle a le m√©rite de ne pas √©mettre de substances polluantes dans l'environnement, et de limiter le d√©rangement de la faune par le bruit et le stress li√©s aux d√©tonations, √† l'usage des chiens et des battues. Elle permet aussi de chasser dans des zones "p√©ri-urbaines" avec des risques bien moins grands pour les riverains gr√Ęce √† la port√©e r√©duite des fl√®ches. Pour m√©moire, l'orde de grandeur de la port√©e d'une carabine de chasse type .300 WM est de 5 km, celle d'un arc moderne √† la puissance maximale exploitable par un humain actuel (80 livres √† poulies) est d'un kilom√®tre. Elle a √©t√© interdite en France par la loi du 2 mars 1844 qui consid√©rait que ce type de chasse silencieuse favorisait le braconnage, puis autoris√©e en 1991 par un arr√™t√© de la Cour de Cassation[15].

Autre modes de chasse

Illustration du traité de fauconnerie De arte venandi cum avibus

Chasse par type de gibier

Législation française

L'ouverture de la Chasse, peinture de Buss reproduite en estampe dans Les Musées chez soi
Article d√©taill√© : Droit de la chasse en France.

Avec la R√©volution fran√ßaise, la chasse s'est popularis√©e en Europe. Avec les vagues de colonisations, les modes de chasse par arme √† feu se sont d√©velopp√©es sur tous les continents et elle reste une pratique plut√īt rurale, qui tend √† √™tre de plus en plus encadr√©e (permis de chasser, licence, plans de chasse, droits de chasse‚Ķ) qui alimente une √©conomie importante (jusqu‚Äô√† 70 % des revenus forestiers et couramment au moins 50 % en France).

En France, le privil√®ge du droit de chasse de la noblesse instaur√© par une ordonnance de 1396, relay√© ult√©rieurement par un droit de chasse exclusif du propri√©taire terrien et la constitution de vastes r√©serves de chasse pour ¬ę les plaisirs du roi ¬Ľ (les capitaineries) constitueront les r√®gles essentielles pendant pr√®s de quatre si√®cles jusqu'√† la R√©volution conduisant √† l'abolition des privil√®ges dans la nuit du 4 ao√Ľt 1789. En r√©alit√©, ce qui a √©t√© aboli √† la suite de la nuit du 4 ao√Ľt, c'est le droit de chasse exclusif. M√™me si le droit de chasse continue √† √™tre consid√©r√© comme un attribut du droit de propri√©t√©, le principe de la libert√© de chasser se substitue au droit exclusif. C'est ce qui explique qu'en 1844, le Parlement adoptera une solution de compromis qui permet √† tous de chasser avec l'accord tacite du propri√©taire.

La loi du 3 mai 1844 constitue encore, √† l'heure actuelle, le fondement de l'organisation de la chasse dans son ensemble. Le gibier est alors consid√©r√© comme objet de cueillette et nul ne songe, √† l'√©poque, √† en g√©rer les effectifs, ni √† en prot√©ger les biotopes. Cette l√©gislation a largement perdur√© depuis, compl√©t√©e par diverses dispositions adopt√©es au cours du XXe si√®cle.

Cette loi a notamment interdit le droit à chasser avec des lévriers.

En droit, la chasse est d√©finie comme un pr√©l√®vement artificiel sur la faune terrestre. La loi dite Verdeille d√©finit l'acte de chasse comme ¬ę tout acte volontaire li√© √† la recherche, √† la poursuite ou √† l'attente du gibier ayant pour but ou pour r√©sultat la capture ou la mort de celui-ci ¬Ľ (article L.420-3 du code de l'environnement).

En 2010, est publi√© au Journal officiel un d√©cret cr√©ant une contravention de cinqui√®me classe pour obstruction √† un acte de chasse, passible de 1 500 euros d'amende[16].

Critiques envers la chasse

Annonce de battue

Le d√©bat sur la chasse, sur certains types de chasse ou sur ses exc√®s, est extr√™mement ancien. Ainsi, Diderot regrette dans l'article consacr√© √† la chasse dans l'Encyclop√©die que le go√Ľt de la chasse ¬ę d√©g√©n√®re presque toujours en passion ; qu'alors il absorbe un temps pr√©cieux, nuit √† la sant√©, et occasionne les d√©penses qui d√©rangent la fortune des grands, et qui ruinent les particuliers ¬Ľ.

La chasse (et certains types de chasse en particulier) fait l'objet de nombreuses critiques de la part d'associations et de personnes soucieuses de comportement √©thique envers les animaux (par exemple les hunt saboteurs (en)). Celles-ci remettent en question des √©l√©ments tels que :

  • les p√©riodes de chasse ;
  • les jours de chasse ;
  • les zones de chasse (diff√©rend sur la r√©serve naturelle du Platier d'Oye par exemple) ;
  • les esp√®ces chassables (chasse √† l'ortolan par exemple) ;
  • les l√Ęchers d'esp√®ces d'√©levage, qui font d√©g√©n√©rer les comportements des esp√®ces sauvages (par exemple le faisan) ;
  • le nourrissage des esp√®ces sauvages (alimentation de mangeoire √† ma√Įs pour que les sangliers restent plus ou moins aux m√™mes endroits) ;
  • les classes d'√Ęge chassables ;
  • l'√©valuation des quantit√©s d'animaux chassables ;
  • la pertinence de l'usage de la chasse en dehors de la r√©gulation en zone de friction avec l'homme ;
  • le comportement des chasseurs durant la chasse, comme le non-ramassage des cartouches usag√©es (l'enveloppe est presque toujours en plastique) ;
  • les crit√®res de d√©livrance du permis de chasser ;
  • l'utilisation du plomb, tr√®s polluant, notamment pour les plans d'eau et la chaine alimentaire (les cartouches √† plomb ne sont interdites d'usage en France que depuis 2005, et uniquement pour un chasseur tirant vers une zone humide ou dans une zones humides, mais des dizaines de milliers de tonnes de billes de plomb sont encore pr√©sentes dans les sols et s√©diments, facteur de saturnisme aviaire) ;
  • le danger que font courir certains chasseurs aux autres personnes (selon l'ONCFS, sur les 163 accidents de chasse de la campagne 2007/2008 en France, 10% concernent des non-chasseurs : 1 cas mortel, 9 accidents graves et 7 accidents l√©gers[17]) ;
  • la banalisation des armes √† feu ;
  • l'absence de contr√īles d'alcool√©mie sur les personnes arm√©es.

Impacts environnementaux

Vers 1875, pile de cr√Ęnes de bisons destin√©s √† la fabrication d'engrais. Parfois les cadavres √©taient abandonn√©s dans la prairie, simplement d√©pouill√©s de leur fourrure.

Tout en permettant la conservation de certaines zones humides ou forestières comme lieu de chasse, l'activité cynégétique a historiquement marqué les écosystèmes et les paysages, notamment quand elle s'est accompagnée de l'usage du feu, des chiens ou de rapaces dressés, du piégeage et du poison.

Si une esp√®ce comme le tigre √† dents de sabre semble avoir naturellement disparu, de nombreuses esp√®ces qui ont facilement surv√©cu aux trois derni√®res glaciations, ont brutalement disparu dans l'h√©misph√®re nord et en Australie, et sur un certain nombre d'√ģles, semble-t-il du fait de la chasse, bien avant l'extension de l'agriculture et des villes. L'arch√©ologie pr√©historique et la pal√©ontologie montrent que ces extinctions ont toujours commenc√© par la disparition des gros animaux (dont en Europe mammouth, √©l√©phant, ours des cavernes, lion des cavernes, sa√Įga, megaloceros, etc. ). Ces extinctions ont co√Įncid√© avec l'extension des populations de l'Homme de Cro-Magnon ou de ses premiers descendants tr√®s habiles dans l'usage du silex, du propulseur de sagaies, de l'arc, et peut-√™tre de techniques de pi√©geage et d'empoisonnement.

En Europe de l'Ouest, √† la fin du Moyen √āge, la plupart des grands mammif√®res (cerf, chevreuil, aurochs, bison, renne, etc.) √©taient en r√©gression, hormis dans les for√™ts royales et les zones recul√©es. M√™me les gens d'√©glise pouvaient pratiquer la chasse comme le rappelle un parchemin du moine Ab√©lard qui interdit aux moines qu'il a sous son autorit√© de chasser l'ours plus de deux jours par semaine. Un menu commun de banquet de Louis XIV pouvait comprendre 300 oursons farcis.

Après la révolution française qui a démocratisé la chasse, les grands mammifères chassés et les oiseaux ont encore fortement régressé, disparaissant de régions entières (ou totalement pour l'aurochs) et partout hors des zoos puis des anciennes forêts royales de Pologne.

En Amérique du Nord, l'utilisation généralisée des fusils a très rapidement provoqué la régression d'espèces telles que le bison des prairies et la disparition totale des pigeons migrateurs qui par vols de millions d'oiseaux pouvaient obscurcir le ciel et cacher le soleil il y a deux siècles à peine. L'abattage systématique des bisons était plus politique que du fait des chasseurs, dans le but avoué d'affamer les indiens.

Ce n'est qu'√† partir des ann√©es 1960/1970 que suite aux r√©glementations, aux plans de chasse (instaur√© sur l'initiative des chasseurs), et √† des r√©introductions, et gr√Ęce √† une alimentation artificielle dite ¬ę agrainage ¬Ľ que ces populations se sont reconstitu√©es, sur des bases g√©n√©tiques appauvries, et dans le cas du sanglier apr√®s croisements avec des cochons, mais non sans succ√®s quantitatifs, parfois au point de faire d'importants d√©g√Ęts dans les cultures ou dans les for√™ts surexploit√©es, posant des probl√®mes dits de d√©s√©quilibres sylvocyn√©g√©tiques. Les populations humaines des r√©gions tropicales et √©quatoriales, hormis sur les √ģles, ne semblent pas avoir fait dispara√ģtre d'esp√®ces par la chasse, alors que les disparitions et r√©gressions ont √©t√© tr√®s significatives dans les zones temp√©r√©es de l'h√©misph√®re nord et en Australie.

√Ä la fin du XXe si√®cle, dans plusieurs pays a √©merg√© un courant en faveur d'une chasse √©cologiquement responsable, repr√©sent√© par l'ANCER (tr√®s minoritaire) en France.

Fonctions de la chasse

Un chasseur avec son cerf

À l'origine, la chasse est une source de nourriture carnée mais aussi de ressources diverses telles que la peau, la fourrure, la corne, les bois, l'os, les tendons, les dents, etc. Dans les régions arctiques, pour les Inuits, c'était jusqu'à il y a quelques décennies la seule source de nourriture avec la pêche. La chasse a pu aussi avoir comme fonction de repousser ou d'éliminer des prédateurs dangereux pour l'homme, tels que le lion des cavernes ou l'ours des cavernes, qui ont pu être en compétition avec l'homme pour occuper certaines cavités ou y hiverner. Les prédateurs menaçant son cheptel domestique (loup, lion, tigre…) ont longtemps été pourchassés, souvent jusqu'à leur extinction dans les grandes régions d'élevage.

La chasse a √©galement une importance rituelle ou initiatique pour les jeunes adultes, comme c'est encore le cas chez certaines groupes humains. Pour √™tre reconnu comme adulte, le jeune Inuit devait affronter et tuer un ours blanc adulte avec un couteau ou un poin√ßon[r√©f. n√©cessaire].

Avec la révolution néolithique et l'avènement de l'élevage, hormis dans les forêts tropicales et dans les régions polaires, la chasse pour la subsistance a beaucoup perdu en importance. Elle s'est peu à peu transformée en activité de loisir mais reste toujours incontournable en ce qui concerne la régulation d'herbivores en l'absence de prédateurs naturels. Souvent réservée aux classes dominantes (la noblesse, puis les notables en Europe) avant de se démocratiser, après la Révolution en France, retrouvant parfois sa fonction originelle dans les périodes de disette.

√Ä la fin du XXe si√®cle, en Occident, le monde de la chasse tente de faire comprendre √† la mouvance √©cologiste la fonction de r√©gulation des populations animales herbivores, en remplacement des grands pr√©dateurs disparus ou devenus rares, notamment dans les r√©gions fortement anthropis√©es. Ses fonctions √©cologiques s'√©tendent aussi √† la pr√©servation d'esp√®ces menac√©es par les activit√©s humaines, comme le petit t√©tras dans les Alpes, et au d√©veloppement d'esp√®ces autrefois chass√©es de fa√ßon al√©atoire. Le tir s√©lectif a ainsi fait ses preuves pour une gestion restauratrice de populations de cerfs ou de quelques esp√®ces embl√©matiques comme le chamois ; les plans de chasse ont dynamis√© les populations de sanglier √† des niveaux souvent trop importants dans certaines r√©gions, ce qui pose des probl√®mes quant au financement de l'indemnisation des agriculteurs victimes de d√©g√Ęts.

En revanche, de nombreux territoires ont recours √† des l√Ęcher de gibier de tir, qui affaiblissent consid√©rablement les populations existantes quand celles-ci n'ont pas d√©j√† disparu du fait de la d√©gradation de leurs milieux et de la prolif√©ration d'esp√®ces class√©es nuisibles comme la corneille noire. Les l√Ęcher de gibier de tir sont donc √† proscrire, au profit de v√©ritables politiques de restauration des milieux, seules capables de permettre un retour des esp√®ces sensibles comme les perdrix, le lapin ou le li√®vre, voire d'esp√®ces prot√©g√©es comme le r√Ęle des gen√™ts ou l'outarde canepeti√®re.

Pour certains opposants, la fonction de r√©gulation √©cologique de la chasse reste tr√®s discut√©e, car la s√©lection naturelle pratiqu√©e par les grands pr√©dateurs qui pistent et tuent pr√©f√©rentiellement les animaux jeunes et inexp√©riment√©s, mal-form√©s, vieux et malades, n‚Äôest que rarement comparable dans ses effets aux r√©sultats du tir au fusil, en particulier pour la chasse de nuit (oiseaux d‚Äôeau) qui ne permet pas de distinguer l‚Äô√©tat des oiseaux ni m√™me d‚Äôidentifier avec certitude toutes les esp√®ces, ou concernant une multitude d‚Äôesp√®ces non chass√©es par l‚Äôhomme (souris, mulots et autres campagnols, par exemple) qui sont les principales proies du loup, du renard, etc., longtemps empoisonn√©s ou pi√©g√©s en tant que concurrents de l'homme, mais que le chasseur semble difficilement pouvoir remplacer. De plus, certaines √©tudes laissent penser que les d√©placements de chiens et d'esp√®ces gibier ou certaines introductions de gibiers ont des impacts sanitaires importants sur les populations sauvages : zoonoses, parasites, appauvrissement ou d√©rives g√©n√©tiques, pollution g√©n√©tique par introduction d‚Äôanimaux exotiques, d‚Äô√©levages, ou issus de croisements et marronnage.

Un autre probl√®me est l'utilisation massive et encore pr√©f√©rentielle de munitions toxiques (au plomb) contenant des amorces compos√©es de m√©taux lourds. Ce plomb est notamment √† l'origine d'un probl√®me grave et av√©r√© de saturnisme aviaire malgr√© une √©volution vers la substitution des cartouches au plomb par des munitions moins toxiques depuis les ann√©es 1980 dans certains pays et pour certains types de chasse. Dans plusieurs pays, la chasse avec des cartouches de plomb est interdite sur toutes les zones humides (√©tangs, rivi√®res, marais, littoral‚Ķ) ; les chasseurs ont l'obligation, dans ces zones, d'utiliser des cartouches de billes d'acier, ou d'alliages √† base de bismuth ou de tungst√®ne.

Chasse et santé

Le chasseur est plus expos√© que la moyenne √† plusieurs risques sanitaires, notamment dans certaines r√©gions √† risque, s'il d√©p√®ce lui-m√™me et sans pr√©caution son gibier, s'il ing√®re une viande mal cuite (trichinose), s'il pratique des modes de chasse o√Ļ l'on est couch√© au sol, en for√™t. Le contact avec l'animal ou avec des chiens infect√©s est √©galement une source de risques sanitaires.

Les principaux risques sont :

Notes

  1. ‚ÜĎ [PDF] Codex alimentarius.
  2. ‚ÜĎ Binford, L.R. (1981) - Bones : ancient men modern myths, New York, Academic Press.
  3. ‚ÜĎ Brain, C.K. (1981) - The Hunters or the hunted ? An introduction to African cave taphonomy, Chicago, University of Chicago Press, 365 p.
  4. ‚ÜĎ Shipman, P. (1986) - ¬ę Scavenging or hunting in early hominids : theoretical framework and tests ¬Ľ, American Anthropologist, 88, pp. 27-43.
  5. ‚ÜĎ Joulian, F. (1993) - ¬ę Chasse, "charognage" et hominisation ¬Ľ, Pr√©histoire Anthropologie M√©diterran√©ennes, 1993, pp. 7-14.
  6. ‚ÜĎ Brugal, J-P. et Jaubert, J. (1991) - ¬ę Les gisements pal√©ontologiques pl√©istoc√®nes √† indices de fr√©quentation humaine : un nouveau type de comportement de pr√©dation ? ¬Ľ, Pal√©o, n¬į 3, pp. 15-41.
  7. ‚ÜĎ Jaubert, J., Kervazo, B., Brugal, J.-Ph., Chalard, P., Falgu√®res, Ch., Jarry, M., Jeannet, M., Lemorini, C., Louchart, A., Maksud, F., Mourre, V., Quinif, Y. et Thi√©baut, C. (2005) - ¬ę Coudoulous I (Tour-de-Faure, Lot), site du Pl√©istoc√®ne moyen en Quercy. Bilan pluridisciplinaire ¬Ľ, in: Donn√©es r√©centes sur les modalit√©s de peuplement et sur le cadre chronostratigraphique, g√©ologique et pal√©og√©ographique des industries du Pal√©olithique inf√©rieur et moyen en Europe, Molines, N., Moncel, M.-H. et Monnier, J.-L., (√Čds.), BAR International Series 1364, Actes du Colloque International de Rennes, 22-25 septembre 2003, pp. 227-251.
  8. ‚ÜĎ Jaubert, J., Lorblanchet, M., Laville, H., Slott-Moller, R., Turq, A. et Brugal, J.-Ph. (1990) - Les chasseurs d'Aurochs de La Borde - un site du Pal√©olithique moyen (Livernon, Lot), Paris, MSH, Documents d'Arch√©ologie Fran√ßaise n¬į 27, 157 p.
  9. ‚ÜĎ Farizy, C., David, F. et Jaubert, J. (1994) - Hommes et bisons du Pal√©olithique moyen √† Mauran (Haute-Garonne), Paris, CNRS, XXXe suppl√©ment √† Gallia Pr√©histoire, 267 p.
  10. ‚ÜĎ Isaac, G.L. (1968) - ¬ę Traces of Pleistocene hunters : an East African example ¬Ľ, in: Man the hunter, Lee, R.B. et Devore, I., (√Čds.), Chicago, Aldine, pp. 253-61.
  11. ‚ÜĎ a, b et c Andr√©e Corvol, Histoire de la chasse, √©diteur Perrin, 2010
  12. ‚ÜĎ D'o√Ļ le dicton : ¬ę Au sanglier, blessure de barbier, au cerf blessure de bi√®re ¬Ľ
  13. ‚ÜĎ Nombre de chasseurs en fonction des pays et superficie de chasse, Univers Nature
  14. ‚ÜĎ Recensement des chasseurs en Europe, FACE-F√©d√©ration des associations de chasse et conservation de la faune sauvage de l'UE
  15. ‚ÜĎ Annie Charlez, La chasse √† l'arc √©volue [PDF], Faune sauvage n¬į283, janvier 2009
  16. ‚ÜĎ D√©cret n¬į 2010-603 du 4 juin 2010 cr√©ant une contravention pour obstruction √† un acte de chasse
  17. ‚ÜĎ Accidents de chasse, Ligue ROC. Consult√© le 31 ao√Ľt 2011

Voir aussi

Bibliographie

  • Collectif sous la direction de Dominique Venner, La chasse, dernier refuge du sauvage, Mus√©e de la chasse et de la nature, 2007 (ISBN 978-2-7089-0242-8)
  • J.-L. de Waziers, La chasse. Fusils, chiens et gibiers, Coll. Chasse et P√™che, Paris, Flammarion, 1967, 281p.
  • P.L. Duchartre, La Chasse, NRF la Galerie Pittoresque. Gallimard 1958. 126 gravures.
  • Jacques du Fouilloux, La V√©nerie', 1573. Fac-simil√© : √Čditions Roger Dacosta, Paris, 1979.
  • G√©rard Henrotin, Les fusils de chasse √† percussion et √† broche expliqu√©s" , Editions H&L HLebooks.com - 2010
  • Paul Cunisset-Carnot
    • Du Li√®vre (1888)
    • Fl√Ęneries d'un chasseur (1905)
    • La Chasse √† tir (1911)
    • Pour les chasseurs. Faites bien vos cartouches ! Calmez vos nerfs ! (1908)

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  • chasse-ca ‚ÄĒ chasse ca¬∑f√©; ‚Ķ   English syllables

  • chasse ‚ÄĒ [  Éas ] n. f. ‚ÄĘ v. 1175; de chasser I ‚ô¶ 1 ‚ô¶ Action de chasser, de poursuivre les animaux (‚áí gibier) pour les manger ou les d√©truire. Art de la chasse. ‚áí cyn√©g√©tique; fauconnerie, tenderie, v√©nerie. Saint Hubert, patron des grandes chasses. ¬ę La… ‚Ķ   Encyclop√©die Universelle

  • chass√© ‚ÄĒ chasse [  Éas ] n. f. ‚ÄĘ v. 1175; de chasser I ‚ô¶ 1 ‚ô¶ Action de chasser, de poursuivre les animaux (‚áí gibier) pour les manger ou les d√©truire. Art de la chasse. ‚áí cyn√©g√©tique; fauconnerie, tenderie, v√©nerie. Saint Hubert, patron des grandes chasses ‚Ķ   Encyclop√©die Universelle

  • ch√Ęsse ‚ÄĒ chasse [  Éas ] n. f. ‚ÄĘ v. 1175; de chasser I ‚ô¶ 1 ‚ô¶ Action de chasser, de poursuivre les animaux (‚áí gibier) pour les manger ou les d√©truire. Art de la chasse. ‚áí cyn√©g√©tique; fauconnerie, tenderie, v√©nerie. Saint Hubert, patron des grandes chasses ‚Ķ   Encyclop√©die Universelle

  • chasse- ‚ÄĒ ‚áíCHASSE , √©l√©ment pr√©f. √Čl√©ment pr√©f. tir√© du rad. de chasser1 et 1er √©l√©ment de compos√©s g√©n. masc. (dans la lang. de la technol. et dans la lang. pop.). A. TECHNOL. [Le suj. du verbe chasser d√©signe un outil, un instrument, une machine] V.… ‚Ķ   Encyclop√©die Universelle

  • Ch√Ęsse ‚ÄĒ de saint D√©m√©trios, cath√©drale de Thessalonique, Gr√®ce. Une ch√Ęsse d√©signe g√©n√©ralement un reliquaire contenant le corps d un saint (entier, ou sa plus grande partie), voire de deux ou trois s il s agit par exemple de saints martyris√©s ensemble.… ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • chasse ‚ÄĒ CHASSE. s. f. (La prem. syllabe est br√®ve.) Action de chasser, de poursuivre. Il se dit particuli√®rement De la poursuite des b√™tes. Chasse g√©n√©rale, que font les Princes en quelques pays. Chasse aux chiens courans, au l√©vrier, √† l oiseau, Pour… ‚Ķ   Dictionnaire de l'Acad√©mie Fran√ßaise 1798

  • chass√© ‚ÄĒ chass√©, √©e 1. (cha s√©, s√©e) part. pass√© de chasser. 1¬į¬†¬†¬†Poursuivi par les chasseurs. Sangliers chass√©s et pris. 2¬į¬†¬†¬†Expuls√©. ‚Äʬ†¬†¬†Hippias est chass√©, la tyrannie des Pisistratides est enti√®rement √©teinte, BOSSUET Hist. I, 8. ‚Äʬ†¬†¬†Son p√®re, chass√© ‚Ķ   Dictionnaire de la Langue Fran√ßaise d'√Čmile Littr√©

  • Chass√© ‚ÄĒ bezeichnet: eine Gemeinde in der franz√∂sischen Region Pays de la Loire, siehe: Chass√© (Sarthe) einen Wechselschritt beim Tanzen, siehe: Chass√© (Tanzschritt) Chass√© ist au√üerdem der Familienname folgender Personen: David Hendrik Chass√© (1765‚Äď1849) ‚Ķ   Deutsch Wikipedia

  • ch√°sse ‚ÄĒ Ch√°sse, f. penacut. Vient du Latin Capsa, Qui est dit a capiendo, parce qu elle recoit et contient ce qu on y met. Le Languedoc dit Cayssa, conform√©ement √† la signification dudit mot Latin, pour un coffre de bois, qui n est de bahu. Ce que le… ‚Ķ   Thresor de la langue fran√ßoyse

  • ch√Ęsse ‚ÄĒ CH√āSSE. sub. f. (La prem. syllabe est longue.) Sorte de caisse, de coffre o√Ļ l on garde les reliques de quelque Saint. Ch√Ęsse de bois dor√©, d argent, d or. Ch√Ęsse enrichie de pierreries. La ch√Ęsse d un tel Saint. On a descendu la ch√Ęsse de Sainte ‚Ķ   Dictionnaire de l'Acad√©mie Fran√ßaise 1798


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