Charles VI De France

ï»ż
Charles VI De France

Charles VI de France

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Charles VI.
Charles VI
Roi de France
Carlo VI di Francia, Maestro di Boucicaut, codice Ms. Français 165 della Biblioteca Universitaria di Ginevra.jpg
Charles VI de France représenté par le maßtre de Boucicaut en 1412

RĂšgne
16 septembre 1380 - 21 octobre 1422
Sacre 4 novembre 1380 en la cathĂ©drale de Reims
Dynastie Valois
Titre complet Roi de France
Prédécesseur Charles V
Successeur Charles VII
HĂ©ritier Charles (1386)
Charles (1392-1398)
Louis (1398-1415)
Jean (1415-1417)
Charles de France Red crown.png (1417-1422)

Autres fonctions
{{{fonction1}}}
PĂ©riode
{{{début fonction1}}} - {{{fin fonction1}}}
Président {{{président1}}}
Président(s) de la République {{{président de la république1}}}
Monarque {{{monarque1}}}
Gouverneur général {{{gouverneur1}}}
Prédécesseur {{{prédécesseur1}}}
Successeur {{{successeur1}}}

{{{fonction2}}}
PĂ©riode
{{{début fonction2}}} - {{{fin fonction2}}}
Président {{{président2}}}
Président(s) de la République {{{président de la république2}}}
Monarque {{{monarque2}}}
Gouverneur général {{{gouverneur2}}}
Prédécesseur {{{prédécesseur2}}}
Successeur {{{successeur2}}}

{{{fonction3}}}
PĂ©riode
{{{début fonction3}}} - {{{fin fonction3}}}
Président {{{président3}}}
Président(s) de la République {{{président de la république3}}}
Monarque {{{monarque3}}}
Gouverneur général {{{gouverneur3}}}
Prédécesseur {{{prédécesseur3}}}
Successeur {{{successeur3}}}

{{{fonction4}}}
PĂ©riode
{{{début fonction4}}} - {{{fin fonction4}}}
Président {{{président4}}}
Président(s) de la République {{{président de la république4}}}
Monarque {{{monarque4}}}
Gouverneur général {{{gouverneur4}}}
Prédécesseur {{{prédécesseur4}}}
Successeur {{{successeur4}}}

{{{fonction5}}}
PĂ©riode
{{{début fonction5}}} - {{{fin fonction5}}}
Président {{{président5}}}
Président(s) de la République {{{président de la république5}}}
Monarque {{{monarque5}}}
Gouverneur général {{{gouverneur5}}}
Prédécesseur {{{prédécesseur5}}}
Successeur {{{successeur5}}}

{{{fonction6}}}
PĂ©riode
{{{début fonction6}}} - {{{fin fonction6}}}
Président {{{président6}}}
Président(s) de la République {{{président de la république6}}}
Monarque {{{monarque6}}}
Gouverneur général {{{gouverneur6}}}
Prédécesseur {{{prédécesseur6}}}
Successeur {{{successeur6}}}

{{{fonction7}}}
PĂ©riode
{{{début fonction7}}} - {{{fin fonction7}}}
Président {{{président7}}}
Président(s) de la République {{{président de la république7}}}
Monarque {{{monarque7}}}
Gouverneur général {{{gouverneur7}}}
Prédécesseur {{{prédécesseur7}}}
Successeur {{{successeur7}}}

{{{fonction8}}}
PĂ©riode
{{{début fonction8}}} - {{{fin fonction8}}}
Président {{{président8}}}
Président(s) de la République {{{président de la république8}}}
Monarque {{{monarque8}}}
Gouverneur général {{{gouverneur8}}}
Prédécesseur {{{prédécesseur8}}}
Successeur {{{successeur8}}}

{{{fonction9}}}
PĂ©riode
{{{début fonction9}}} - {{{fin fonction9}}}
Président {{{président9}}}
Président(s) de la République {{{président de la république9}}}
Monarque {{{monarque9}}}
Gouverneur général {{{gouverneur9}}}
Prédécesseur {{{prédécesseur9}}}
Successeur {{{successeur9}}}

{{{fonction10}}}
PĂ©riode
{{{début fonction10}}} - {{{fin fonction10}}}
Président {{{président10}}}
Président(s) de la République {{{président de la république10}}}
Monarque {{{monarque10}}}
Gouverneur général {{{gouverneur10}}}
Prédécesseur {{{prédécesseur10}}}
Successeur {{{successeur10}}}

Biographie
Naissance 3 dĂ©cembre 1368
Pavillon royal de France.svg Paris, France
DĂ©cĂšs 21 octobre 1422
Pavillon royal de France.svg Paris, France
PĂšre Charles V
MĂšre Jeanne de Bourbon
Conjoint(s) Isabeau de BaviĂšre
Descendance Charles (1386)
Jeanne (1388-1390)
Isabelle
Jeanne
Charles (1392-1398)
Marie (1393-1438)
Michelle
Louis
Jean
Catherine
Charles VII Red crown.png
Philippe (1407)
Avec sa maĂźtresse,
Odinette de Champdivers,
Charles eut une fille lĂ©gitimĂ©e :
Marguerite
RĂ©sidence(s) Paris

Blason France moderne.svg
Rois de France

Charles VI de France, dit Charles le Bien-AimĂ©, puis Charles le Fol, (nĂ© Ă  Paris, le 3 dĂ©cembre 1368 - mort Ă  Paris, le 21 octobre 1422) fut roi de France de 1380 Ă  1422. Fils de Charles V et Jeanne de Bourbon, il est le quatriĂšme roi de la branche dite de Valois de la dynastie capĂ©tienne.

Il reçoit le DauphinĂ© en apanage. Il succĂšde Ă  son pĂšre en 1380 Ă  l'Ăąge de onze ans en Ă©tant sacrĂ© roi de France dans la cathĂ©drale de Reims. Pendant la minoritĂ© du jeune roi, ses oncles Jean de Berry et Philippe II de Bourgogne assurent la rĂ©gence du royaume avec Jehan Pastoret en tant qu'avocat royal et prĂ©sident du Parlement de Paris. Charles est mariĂ© dĂšs l'Ăąge de 16 ans Ă  Isabeau de BaviĂšre, elle-mĂȘme ĂągĂ©e de 14 ans.

Sa minoritĂ© est troublĂ©e par les querelles des ducs d'Anjou, de Bourgogne, de Berry et de Bourbon, ses oncles, qui se disputent le pouvoir et s'enrichissent sur le dos de la population accablĂ©e par le rĂ©tablissement d'anciens impĂŽts en janvier 1382. Au mois de fĂ©vrier suivant, la ville de Rouen se rĂ©volte, les troubles atteignent Paris ; le 1er mars 1382, des rĂ©voltĂ©s, connus sous le nom de Maillotins, pillent la capitale et tuent les collecteurs d'impĂŽts avec des maillets de fer. Une rĂ©pression terrible va s'abattre sur les Ă©meutiers dont les meneurs sont dĂ©capitĂ©s ou pendus sans forme de procĂšs.

Le 27 novembre 1382, Charles VI prend part Ă  la bataille de Roosebecke, oĂč Olivier V de Clisson bat les Flamands rĂ©voltĂ©s.

Le 3 novembre 1388, au retour d'une expédition contre le duc de Gueldre, Charles VI convoque le Conseil du roi et remercie ses oncles pour les services qu'ils lui ont rendus: il a vingt ans et il prend le pouvoir. Il confie le gouvernement à des anciens conseillers de son pÚre, comme Bureau de la RiviÚre, qui seront appelés les marmousets.

Le 5 aoĂ»t 1392, il est pris d'un premier accĂšs de folie dans la forĂȘt du Mans. Il attaque sa propre troupe et tue quatre personnes avant d'ĂȘtre maĂźtrisĂ©. Sa luciditĂ© revient au bout de quelques heures, mais ce n'est qu'un dĂ©but, ces accĂšs de folie intermittents assombrissent son rĂšgne. Le 28 janvier 1393, il rechute suite au bal des ardents, oĂč quatre de ses compagnons brĂ»lent vifs.

Devant l'incapacité du roi à gouverner, les oncles reprennent leur régence. Mais Philippe le Hardi concentre le pouvoir. Le duc Louis d'Orléans, frÚre du roi et gendre du duc d'Armagnac, revendique plus de place dans le Conseil et l'obtient peu à peu, surtout à la mort de l'influent duc de Bourgogne. Le nouveau duc, Jean sans Peur fait assassiner le duc Orléans et le royaume sombre dans la guerre civile en novembre 1407.

Les dĂ©sordres permettent Ă  la guerre de Cent Ans de reprendre. Henri V, roi d'Angleterre, profitant de ces troubles, arme contre la France : il remporte la bataille d'Azincourt en 1415 et s'empare de la Normandie. En 1419, le conflit entre Armagnacs et Bourguignons conduit Ă  l'assassinat de Jean sans Peur. Les Bourguignons, s'allient alors avec les Anglais. Cette alliance conduit au traitĂ© de Troyes (1420) lequel prĂ©voit que Charles VI devra marier sa fille Catherine Ă  Henri V d'Angleterre, que leur fils Ă©ventuel sera roi de France, et que le dauphin, qui a fait assassiner Jean sans Peur, sera dĂ©chu de ses droits Ă  la couronne. Charles VI conserve le titre de roi jusqu'Ă  sa mort. L'emprise des Anglais sur le royaume n'est cependant pas totale. Les Armagnacs n'acceptent pas le traitĂ© : le futur Charles VII garde des soutiens et gouverne en qualitĂ© de rĂ©gent les territoires au sud de la Loire.

Charles VI est inhumĂ© dans la basilique Saint-Denis, oĂč il sera rejoint ultĂ©rieurement par Isabeau de BaviĂšre.

Il est le pĂšre, entre autres, de Charles VII, d'Isabelle de Valois, et de Catherine de Valois.

Sommaire

Biographie

Gouvernement des oncles

La régence

Les oncles font couronner rapidement Charles VI de maniÚre à prendre le pouvoir au détriment des conseillers de Charles V
Les Grandes Chroniques de France par Fouquet
vers 1455-1460

La politique des apanages a été imaginée comme une décentralisation pour améliorer la gestion des provinces éloignées de la capitale. Ces derniÚres sont possédées par des familles proches du roi et reviennent à la couronne en l'absence d'héritier mùle, ce qui évite d'en perdre le contrÎle aprÚs un mariage. Les princes reçoivent leurs finances des impÎts permanents récoltés par le roi, ce qui permet à celui-ci de les garder théoriquement sous contrÎle[1]. C'est dans cet esprit que Charles V fixe en 1374, la majorité des rois à quatorze ans, afin que son fils Charles VI prenne le pouvoir et que l'équilibre ne se rompe. Prévoyant, la possibilité que son fils ne soit pas assez ùgé pour gouverner, il met en place un systÚme pour que ses frÚres ne puissent accaparer le pouvoir. La reine a la garde des enfants royaux, mais elle n'a pas le gouvernement du royaume. L'aßné, le duc d'Anjou, a le gouvernement, mais pas les finances. La plus grande partie des revenus royaux est affectée aux enfants et donc à la reine. Tout mariage des enfants ne peut se faire qu'aprÚs accord d'un conseil de tutelle comprenant les frÚres de Charles V, son cousin, Louis II de Bourbon et la reine[1]. Ce conseil est assisté par des fidÚles conseillers de Charles V.

Mais, Ă  sa mort en 1380, son fils Charles VI est mineur. La reine est dĂ©cĂ©dĂ©e avant Charles V. ThĂ©oriquement la rĂ©gence aurait dĂ» Ă©choir Ă  Louis d'Anjou et la garde des enfants Ă  Philippe de Bourgogne. Louis se montre gourmand et, usurpant ses prĂ©rogatives, dĂ©tourne le trĂ©sor royal par la force. Ses frĂšres et cousins le poussent Ă  faire reconnaitre la majoritĂ© du roi dĂšs le 2 octobre[2]. Charles VI est sacrĂ© le 4 novembre 1380 : la rĂ©gence n'aura durĂ© que deux mois. Le 30 novembre 1380 est mis sur pied un systĂšme collĂ©gial de gouvernement[2]. Les oncles ont la direction du Conseil pour lequel ils choisissent ensemble douze membres. Les oncles du roi Ă©vincent les conseillers de Charles V et se partagent la rĂ©gence et donc les recettes fiscales, jusqu'en 1388. DĂšs lors, leurs principautĂ©s deviennent indĂ©pendantes de fait[3]. Louis, de par son degrĂ© d'aĂźnesse, a la prĂ©sidence, Philippe le Hardi est occupĂ© par les affaires de Flandre, Jean de Berry doit gĂ©rer son immense apanage qui reprĂ©sente le tiers du royaume[3]. Louis d'Anjou garde donc les mains libres; cependant Philippe, qui conserve la garde des enfants, a une carte Ă  jouer importante: il peut inspirer au roi la politique Ă  mener.

RĂ©voltes contre les mesures fiscales

La situation n'est pas facile pour les oncles du roi. Juste avant sa mort, pris de remords, Charles V avait dĂ©cidĂ© d'abolir les fouages en pays de langue d'oĂŻl. Le peuple comprend la nĂ©cessitĂ© de l'impĂŽt quand ceux-ci sont au dĂ©part justifiĂ©s par l'Ă©tat de guerre en vertu d'une nĂ©gociation avec les Ă©tats gĂ©nĂ©raux. Or les Anglais repoussĂ©s du royaume de France par Charles V et en proie Ă  de graves troubles internes ne sont pas en Ă©tat de continuer le conflit. L'impĂŽt n'a plus lieu d'ĂȘtre et le roi et ses oncles doivent rĂ©unir les Ă©tats gĂ©nĂ©raux le 11 novembre 1380. La teneur exacte des dĂ©bats n'est pas connue, mais, le 16 novembre, le conseil du roi menĂ© par Louis d'Anjou doit publier une ordonnance abolissant tous les impĂŽts crĂ©Ă©s depuis Philippe le Bel[4]. Les exactions sur les fermiers et les juifs se multiplient, malgrĂ© une ordonnance royale, et l'action de la prĂ©vĂŽtĂ© de Paris[5]. Cependant aucune paix n'a Ă©tĂ© signĂ©e avec l'Anglais et le conseil argumente que pour prĂ©venir une Ă©ventuelle chevauchĂ©e anglaise, il faut que le pays verse une aide. Le pays rechigne Ă  l'accepter et les Ă©tats sont de nouveau rĂ©unis en fĂ©vrier 1381. Ils consentent Ă  une aide pour la guerre pendant un an Ă  dater du 1er mars 1381, moyennant quoi de nombreuses chartes et privilĂšges de villes sont confirmĂ©s[6]. L'importance de cette aide est laissĂ©e Ă  l'apprĂ©ciation des villes et les entrĂ©es fiscales sont trĂšs en deçà du train de vie de l'État et des principautĂ©s des oncles. Les choses s'aggravent en 1382 quand Louis d'Anjou comprend les difficultĂ©s qu'il y avait Ă  gĂ©rer les affaires de France et voit l'occasion d'ĂȘtre roi en Italie aprĂšs son adoption par Jeanne de Naples aux abois. Il fait financer son expĂ©dition dans le royaume de Naples par la couronne (60 000 francs sur les aides et 50 000 en faisant fondre la vaisselle royale)[7]. Le roi et son conseil n'ont d'autre issue que de rĂ©tablir l'impĂŽt sans l'aval des Ă©tats. L'ordonnance rĂ©tablit les impĂŽts indirects le 17 janvier[8]. La levĂ©e des aides se fait sur les marchĂ©s ce qui est propice Ă  dĂ©clencher des Ă©meutes par effet d'entrainement. En quelques jours, des rĂ©voltes Ă©clatent partout en Pays d'oĂŻl, Ă  commencer par la Normandie. La rĂ©volte de la Harelle Ă  Rouen dĂ©bute le 27 fĂ©vrier, le mĂȘme jour Caen se soulĂšve, puis Falaise, OrlĂ©ans, Reims, Amiens, Laon... La rĂ©volte des Maillotins Ă©clate Ă  Paris le 1er mars[9]. Les Ă©meutiers armĂ©s de maillets de plomb s'en prennent aux fermiers gĂ©nĂ©raux et quadrillent la ville. C'est Philippe de Bourgogne qui mĂšne les nĂ©gociations pour le Conseil du roi. Il accepte la remise en libertĂ© de quatre bourgeois emprisonnĂ©s, mais les Ă©meutiers libĂšrent aussi tous les autres prisonniers de droit commun ou politiques[10]. Les bourgeois parisiens, inquiets de ce que les Maillotins pourraient se retourner contre eux, se dĂ©cident Ă  nĂ©gocier. Le mouvement commence d'ailleurs Ă  s'essouffler car Hugues Aubriot, libĂ©rĂ© par les Ă©meutiers, a refusĂ© de prendre leur tĂȘte[11]. On nĂ©gocie l'abandon de l'impĂŽt et une amnistie mais pour faire bonne figure le roi fera exĂ©cuter quarante Maillotins que ses hommes ont saisis, la ville devant implorer le pardon royal. Mais Ă  la septiĂšme exĂ©cution la rue fait pression et les derniers Maillotins sont libĂ©rĂ©s : Charles VI en prend ombrage. Le lien de confiance est rompu entre les villes et le roi et ce sont les rebelles Normands qui en font les frais les premiers. Philippe le Hardi organise un cĂ©rĂ©monial appliquĂ© une premiĂšre fois Ă  Rouen mais amenĂ© Ă  se renouveler dans toutes les villes qui se sont rebellĂ©es. Il s'agit de rĂ©affirmer l'autoritĂ© royale par l'entrĂ©e en grande pompe de Charles VI dans une ville soumise: les meneurs sont dĂ©capitĂ©s, leurs tĂȘtes exposĂ©es, les vantaux de la porte de la ville par laquelle entre le jeune roi sont abattus[12]... Rouen voit sa commune confisquĂ©e et ses attributions remises Ă  un bailli. Mais malgrĂ© ces actes de contritions, les villes continuent Ă  rechigner Ă  verser l'impĂŽt.

La bataille de Roosebeke

Article dĂ©taillĂ© : Bataille de Roosebeke.
La Bataille de Roosebeke
Les chroniques de Froissart, milieu du XVe siĂšcle

Dans ce contexte de rĂ©volte antifiscale gĂ©nĂ©ralisĂ©e, la Flandre pose un problĂšme aigu : Louis de Male, comte de Flandre, est en butte contre la rĂ©volte des tisserands gantois (rĂ©volte des Chaperons blancs) depuis 1379.

Vaincu Ă  Bruges le 3 mai 1382 par les Gantois emmenĂ©s par Philippe van Artevelde, Louis de MĂąle ne doit se rĂ©fugier Ă  Lille. Il fait alors appel Ă  l'aide de son gendre Philippe le Hardi. Ce dernier, en qualitĂ© d'hĂ©riter prĂ©somptif des domaines du comte et donc de la Flandre, a tout intĂ©rĂȘt Ă  remettre de l'ordre dans la province. Avec l'aide de son frĂšre Jean de Berry, il convainc facilement son neveu le jeune Charles VI qui a 14 ans et rĂȘve d'exploits militaires, de la nĂ©cessitĂ© d'une expĂ©dition en Flandre[13]. Les États de Bourgogne lui accordent la levĂ©e d'un subside de 60 000 francs et la ville de Dijon lui donne un millier d'hommes[14]. Les liens Ă©conomiques qui lient les Gantois aux Anglais, qui produisent la laine utilisĂ©e par les drapier flamands, amĂšnent van Artevelde Ă  tenter Ă  faire jouer l'alliance anglaise nouĂ©e par son pĂšre au dĂ©but de la guerre de Cent Ans[15]. Mais le royaume d'Angleterre, est en proie Ă  de graves troubles intĂ©rieurs et ne lui apporte qu'un soutien symbolique.

Le problĂšme qui se pose est de vaincre Philippe van Artevelde qui tient tout le comtĂ© et qui, Ă  la tĂȘte d'une armĂ©e de 100 000 hommes, assiĂšge Audenarde, mais qui est sujet du roi de France (financer l'armĂ©e nĂ©cessaire Ă  une telle expĂ©dition nĂ©cessite de faire consentir l'impĂŽt, habituellement versĂ© pour faire face Ă  un danger extĂ©rieur et certainement pas pour Ă©craser une rĂ©volte populaire)[15]. Pourtant Charles VI et ses oncles doivent agir car Ă  la vue de la puissance flamande les villes et Paris en tĂȘte complotent de se soulever[16]. Les tentatives d'alliance anglo-flamandes, mĂȘme si elles ont Ă©tĂ© infructueuses, fournissent un prĂ©texte, mĂȘme si beaucoup n'y voient qu'une manƓuvre du duc de Bourgogne pour reprendre en main son futur hĂ©ritage. L'Occident est dĂ©chirĂ© par le grand schisme, du fait de leurs alliances anglaises, les Flamands sont suspects de passer sous l’obĂ©dience du pape Urbain VI et ClĂ©ment VII soutient l'expĂ©dition française, ce qui permet d'en faire une croisade[17].

C'est une armĂ©e Ă  la hauteur de l'enjeu qui se met en marche derriĂšre le jeune Charles VI: elle compte au moins 20 000 hommes[18]. Philippe en fait naturellement partie Ă  la tĂȘte de 2000 hommes[19]. C'est surtout une armĂ©e rodĂ©e qui a chassĂ© les anglais du royaume et qui est invaincue depuis 1369. À sa vue, les villes flamandes se soumettent les unes aprĂšs les autres payant un tribut qui finance l'expĂ©dition. Le but est d'Ă©craser Artevelde en bataille rangĂ©e pour rĂ©tablir l'autoritĂ© royale. Voyant que le pays se dĂ©robe, il se retourne et rencontre l'Ost royal Ă  Roosebeke le 27 novembre 1382. Il peut compter sur les piquiers flamands qui, Ă  l'image des phalanges grecques, utilisent l'inertie collective pour renverser les fantassins adverses et leurs longues lances fichĂ©es dans le sol pour briser les charges de cavalerie. Certain de sa force, il charge donc frontalement. Mais l'armĂ©e française est rompue Ă  ce type de tactique et combat pied Ă  terre ne gardant qu'une cavalerie modeste placĂ©e sur les ailes. Le centre recule mollement encaissant l'impact des piquiers qui sont dĂ©bordĂ©s sur les flancs par la cavalerie française. Si la force des piquiers est leur puissance d'impact frontal, leur faiblesse est la difficultĂ© Ă  manƓuvrer pour faire face Ă  une attaque de flanc ou Ă  revers. Les rangs flamands se dĂ©sorganisent et, cernĂ©s, sont complĂštement Ă©crasĂ©s par la contre attaque[20]. Arteveld est tuĂ©, l'esprit de la rĂ©bellion est brisĂ©. Les Bruggeois nĂ©gocient leur soumission dĂšs le lendemain moyennant un tribut de 120 000 francs et leur adhĂ©sion Ă  l'obĂ©dience de ClĂ©ment VII[21]. Cependant, Charles VI n'assiĂšge pas Gand ce qui lui permettrait d'en finir dĂ©finitivement : ses oncles savent que le siĂšge risquerait de s'Ă©terniser et il faut se prĂ©munir d'une rĂ©volte gĂ©nĂ©ralisĂ©e du reste du royaume. Une partie de l'armĂ©e est licenciĂ©e et le reste rentre avec le roi qui compte sur les villes pour acquitter le reste des soldes dues.

La mauvaise saison et le risque que l'ost immobilisé par un siÚge trop long fasse défaut pour réprimer une révolte généralisée dans le royaume déterminent le roi Charles VI à renoncer à l'attaque de Gand, remettant à plus tard la résolution du problÚme gantois. Le roi licencie une partie de l'armée et rentre à Paris reprendre la situation en main.

Le Jacquemart de Dijon
Horloge rapportée de Courtrai par Philippe le Hardi aprÚs la bataille de Roosebeke

Avant de regagner Paris, Charles VI tient à montrer sa détermination d'en finir avec la révolte flamande. Il décide de détruire et brûler la ville de Courtrai, laquelle était devenue le symbole de la résistance flamande aprÚs la débùcle de la chevalerie française en 1302.

« Quand le roi eut connoissance qu'en une chapelle de l'Ă©glise de Notre-Dame de Courtrai, il y avoit au moins cinq cents paires d'Ă©perons dorĂ©s, lesquels avoient Ă©tĂ© aux seigneurs de France morts avec Robert d'Artois, l'an mil trois cent deux, en la bataille de Courtrai, et que ceux de Courtrai faisoient tous les ans, pour ce triomphe une trĂšs grande solennitĂ©, il dit qu'ils le compareroient (paieraient), et qu'Ă  son partement (dĂ©part), il feroit mettre la ville en feu et flamme. Â»

— Jean Froissart

Louis de Male implore en vain la clĂ©mence du roi pour sa ville. Charles VI reste insensible. La population est soumise aux traitements les plus inhumains et la ville livrĂ©e aux flammes. Le duc de Bourgogne prit sa part du butin[22] et voulant tĂ©moigner sa reconnaissance Ă  sa bonne ville de Dijon fit dĂ©monter et transporter Ă  Dijon « un horoloige qui sonnoit les heures, un des plus beaux qu'on sĂ»t deçà ni delĂ  mer Â» nous dit Froissart, ainsi qu'une magnifique tapisserie. Il permit aussi Ă  la ville de porter ses armoiries avec son cri de guerre : « Moult me tarde Â»[23]. L'horloge que les Dijonnais ont dĂ©nommĂ©e Jacquemart arriva Ă  Dijon dans les premiers mois de 1383. Josset de La Halle, le mayeur (maire) de la ville la fit placer au-dessus d'une tourelle de l'Ă©glise Notre-Dame de Dijon[24], place qu'elle occupe encore de nos jours.

Restauration de l'autorité royale

AprĂšs la bataille de Roosebeke Charles VI rentre Ă  Paris Ă  la tĂȘte de son armĂ©e. Les Parisiens nĂ©gocient avec ses envoyĂ©s les conditions de leur soumission.
Les Chroniques de Jean Froissart, milieu du XVe siĂšcle

Une fois les Flamands Ă©crasĂ©s, Philippe le Hardi organise la restauration de l'autoritĂ© royale laquelle passe par la soumission des villes et l'acceptation de l'impĂŽt. À CompiĂšgne, le 4 janvier 1383, le duc de Bourgogne qui parle en maĂźtre et en homme d'État, fixe les grandes lignes de la politique royale pour un an[25]. Charles VI soumet donc les villes les unes aprĂšs les autres en y entrant Ă  la tĂȘte de son imposante armĂ©e, et ceci en y reproduisant un cĂ©rĂ©monial rodĂ©. AprĂšs avoir remis l'oriflamme Ă  Saint-Denis, le 10 janvier, le roi fait son entrĂ©e dans la capitale le jour suivant. L'armĂ©e s'arrĂȘte Ă  une demi-lieue de Paris. Seul le roi est Ă  cheval, il entre en ville avec son armĂ©e en piĂ©tinant les vantaux de la porte Saint-Denis. La troupe investit et occupe la ville qui est donc sous la menace d'un pillage si le roi le souhaite[25]. Les principaux meneurs du complot sont arrĂȘtĂ©s et les trois plus importants sont dĂ©capitĂ©s. Le simple cantonnement d'une armĂ©e en ville constitue dĂ©jĂ  en soi une lourde punition, puisqu'elle se paye en rançonnant les habitants. Celle de Paris dure sept semaines, pendant lesquelles les impositions sont rĂ©tablies sans contestation, et les rebelles punis par amendes. Enfin, le 27 janvier la confiscation de la municipalitĂ© parisienne est proclamĂ©e : le roi met en sa main la prĂ©vĂŽtĂ© et l'Ă©chevinage, les maĂźtrises de mĂ©tiers sont supprimĂ©es. L'encadrement bourgeois de la ville est remplacĂ© par des institutions dĂ©pendant directement du monarque[26]. Les bourgeois convaincus de complot se voient contraints de « choisir entre justice et misĂ©ricorde Â». La misĂ©ricorde consiste en un versement au prorata de la fortune personnelle ce qui permet de remplir les caisses royales. Enfin, le roi consent Ă  pardonner, ce qui se fait le dimanche 1er mars 1383 au cours d'une cĂ©rĂ©monie grandiose. Une personne de chaque famille doit ĂȘtre prĂ©sente au palais tĂȘte dĂ©couverte. La foule y Ă©coute un discours de Pierre d'Orgemont qui dĂ©taille en quoi la ville est fautive, puis demande au roi le pardon pour la ville alors que la foule Ă  genoux implore misĂ©ricorde. Charles VI accorde alors son pardon[27].

Ce type de protocole est reproduit dans les grandes villes de langue d'oĂŻl par des gĂ©nĂ©raux-rĂ©formateurs envoyĂ©s par le Conseil du roi. Rouen est particuliĂšrement chĂątiĂ©e du fait de la rĂ©volte de la Harelle : elle doit verser 100 000 francs commuĂ©s Ă  60 000 par la clĂ©mence royale et elle perd tous ses privilĂšges Ă©conomiques. En instituant la libre circulation sur la Seine, le roi retire aux bourgeois normands une grande source de revenus. C'est Paris qui en profite, retrouvant le chemin de la prospĂ©ritĂ© en moins de deux ans[28].

Le Languedoc est puni en bloc : consulats et capitoulas sont mis en la main du roi et une amende de 800 000 francs est demandĂ©e. En fin de compte et aprĂšs de longues nĂ©gociations, les libertĂ©s et franchises municipales sont rĂ©tablies contre la soumission au roi et seule persiste l'amende. Cependant, la perception de cette taxe nĂ©cessite une prĂ©sence sur le terrain pendant plusieurs annĂ©es. Ce Ă  quoi s'astreint le conseil et en particulier Jean de Berry. Entre le roi et ses sujets du midi des liens sont enfin nouĂ©s[29].

Croisades en Flandre

Le grand schisme qui dĂ©chire l'Occident depuis 1378 a aggravĂ© la situation financiĂšre de l'Église dĂ©jĂ  mauvaise sous les papes d'Avignon : il y a deux Saints-SiĂšges, avec deux administrations pontificales[30]. Le contrĂŽle de Bruges est un enjeu Ă©conomique majeur pour les deux papes, car le produit de la fiscalitĂ© pontificale en Europe du Nord y transite[31]. Du fait de leurs alliances anglaises, les Flamands sont suspects de passer sous l’obĂ©dience du pape Urbain VI d'autant que Louis de Male reconnaĂźt le pape romain. L'expĂ©dition française de 1382 soutenue par l'antipape ClĂ©ment VII et la bataille de Roosebeke qui restaure l'autoritĂ© du roi de France sur la Flandre mettent en pĂ©ril le commerce de la laine anglaise et la fiscalitĂ© pontificale romaine.

DĂšs lors, Urbain VI rĂ©agit et fait prĂȘcher la croisade en Angleterre par Henri Despenser, Ă©vĂȘque de Norwich. Ce sont les frĂšres mineurs qui se chargent de relayer la campagne sur le terrain : ils flattent l'orgueil national naissant et les Anglais achĂštent massivement des indulgences pour financer la croisade[32]. Celle-ci est acceptĂ©e par le Parlement anglais le 23 fĂ©vrier 1383[33]. Henri Derspenser dĂ©barque Ă  Calais au moi de mai 1383 Ă  la tĂȘte de 3000 hommes[34]. Les Anglais saccagent Gand le 20 mai 1383 et s’attirent l’inimitiĂ© des Flamands dont le comte est pourtant Urbaniste. Les Anglais occupent Dunkerque, Bergues, Bourborg, Cassel, Poperinghe et mettent le siĂšge devant Ypres le 8 juin. La ville rĂ©siste. Louis de Male rappelle les Français Ă  son secours par le biais de Philippe le Hardi. L'armĂ©e royale est convoquĂ©e Ă  Arras le 15 aoĂ»t. L'apprenant, Henri Despenser lĂšve le siĂšge d'Ypres et se replie sur Bergues et Bourbourg. Bergues est enlevĂ©e par les Français le 8 septembre. La garnison de Bourbourg capitule aprĂšs une contre-attaque ratĂ©e. Graveline nĂ©gocie sa reddition pour 15 000 florins. Une trĂȘve est vite obtenue et l'Ă©vĂȘque de Norwich regagne piteusement l'Angleterre avec ses troupes[35].

Prise de possession de la Flandre

À la mort de Louis de Male en janvier 1384, Philippe le Hardi prend en charge les cĂ©rĂ©monies qu'il veut fastueuses pour bien marquer la succession[36]. Il entre solennellement avec sa femme Marguerite Ă  Bruges, Ypres, Messines, Dixmude, Damme, Malines et Anvers[37].

En prenant possession du comtĂ©, il n'y trouve qu'une rĂ©sistance : les Gantois. La trĂȘve, conclue Ă  Leulinghen en janvier 1384 pour une durĂ©e de quinze mois, empĂȘche la reprise immĂ©diate des hostilitĂ©s avec ces derniers mais ceux-ci reçoivent du soutien de l'Angleterre. Au printemps 1385, Philippe instaure l'aide censĂ©e financer la guerre contre Gand nĂ©gociĂ©e avec les villes flamandes lors de leur reddition contre un pardon gĂ©nĂ©ral. Il organise la dĂ©fense du duchĂ© en nommant des gouverneurs du pays de Flandre : Guy de Pontailler, son marĂ©chal, et Jean de Ghistelle, reprĂ©sentant d'un grand lignage flamand[37]. Il laisse des garnisons Ă  Ardembourg, Audenarde, Courtrai, Damme et Termonde. Enfin, il renforce les fortifications du chĂąteau de Lille et lance la construction de celui de l'Écluse[37].

Les Gantois, eux, reçoivent un renfort anglais de 100 hommes d'armes et 300 archers. Ils reprennent les hostilitĂ©s dĂšs la fin de la trĂȘve de Leulinghem en mai 1385. Ils tentent de prendre Brugge et parviennent Ă  occuper le port de Damme. Les Français qui montaient une armĂ©e pour dĂ©barquer en Angleterre dans le port de l'Écluse marchent contre eux. La troupe commandĂ©e par Charles VI et Philippe reprend Damme le 28 aoĂ»t 1385[38]. Mais une nouvelle fois, les Français ne marchent pas sur Gand[35]. Par contre, la ville est isolĂ©e, ses voies de ravitaillement sont bloquĂ©es et sa population menacĂ©e par la famine : il faut nĂ©gocier[38]. AprĂšs plus de six ans de guerre, les Flamands sont las. Philippe sait que son intĂ©rĂȘt converge avec celui des bourgeois flamands. Il reçoit donc des envoyĂ©s flamands avec lesquels il conclut le traitĂ© de Tournai le 18 dĂ©cembre 1385 qui rĂ©tablit la paix dans le comtĂ© de Flandre.

La volontĂ© d'apaisement de Philippe le Hardi est Ă©vidente dans ce texte oĂč il va plus loin que les demandes des Gantois : il leur accorde son pardon (mĂȘme Ă  tous ceux qui en Flandre ont Ă©tĂ© bannis, Ă  condition qu'Ă  leur retour ils jurent de respecter les clauses du traitĂ©), il confirme tous leurs privilĂšges en Ă©change de leur soumission et de leur engagement Ă  ĂȘtre « de bons, loyaux et vrais sujets Â»[38]. Il sait ĂȘtre conciliant, permettant Ă  chacun de choisir son obĂ©dience, ou faisant rĂ©diger les lettres de la chancellerie en flamand. Toute la Flandre lui fait allĂ©geance, ce qui rĂšgle le conflit[39]. Il veille, aussi bien dans son action au gouvernement du roi Charles VI de France que dans les consĂ©quences des Ă©vĂšnements du grand schisme d'Occident, et aux intĂ©rĂȘts Ă©conomiques des villes drapiĂšres. Il bĂ©nĂ©ficie Ă  ce sujet des conseils d'hommes d'affaires parmi lesquels Dino Rapondi tient le premier rang.

DĂ©valuation du franc

En prenant possession du comtĂ© de Flandre, en janvier 1384, Philippe le Hardi sait que pour ĂȘtre acceptĂ© par les Flamands, il doit leur rendre leur prospĂ©ritĂ© Ă©conomique. Celle-ci dĂ©pend en premier lieu des Ă©changes avec l'Angleterre qui est Ă  l'Ă©poque le principal fournisseur de laine de l'industrie textile du nord du royaume, et celle-ci exige d'ĂȘtre payĂ© en nobles d'or. Philippe fait donc battre des nobles flamands contenant trĂšs lĂ©gĂšrement moins d'or que la monnaie anglaise. L'effet est rapide: l'Ă©conomie est relancĂ©e et le duc y puise de substantielles plus-values[40]. Au vu de ce succĂšs, le conseil du roi se rend compte des mĂ©faits du franc fort et de la rarĂ©faction de la monnaie sur la circulation des marchandises. En avril 1385, cĂ©dant au pressions des milieux d'affaires, le roi dĂ©value le franc et augmente le prix du marc de mĂ©tal prĂ©cieux. L'effet de cette politique associĂ©e au retour de la paix est trĂšs favorable, l'Ă©conomie est relancĂ©e. La paix est enfin faite entre les sujets qui ont acceptĂ© l'impĂŽt et le roi qui apporte paix et prospĂ©ritĂ© Ă©conomique[41].

Alliances matrimoniales avec les Wittelsbach

L'empire aux XIIIe et XIVe siĂšcles      Possessions des Wittelsbach      Possessions des Habsbourg      Possessions des Luxembourg

Depuis Saint Louis, la modernisation du systĂšme juridique attire dans la sphĂšre culturelle française de nombreuses rĂ©gions limitrophes. En particulier en terres d'Empire, les villes du DauphinĂ© ou du comtĂ© de Bourgogne (future Franche-ComtĂ©) recourent depuis Saint Louis Ă  la justice royale pour rĂ©gler des litiges. Le roi envoie par exemple le bailli de MĂącon, qui intervient Ă  Lyon pour rĂ©gler des diffĂ©rends, comme le sĂ©nĂ©chal de Beaucaire intervient Ă  Vivier ou Ă  Valence[42]. Les roi de France ont aussi su attirer Ă  leur cour de nombreux nobles de ces rĂ©gions. Les rois de France Ă©largissent l'influence culturelle du royaume en attirant Ă  leur cour la noblesse de ces rĂ©gions en lui allouant des rentes et en se livrant Ă  une habile politique matrimoniale. Ainsi, les comtes de Savoie prĂȘtent hommage au roi de France contre l'octroi de pensions, Jean de Luxembourg, dit l'Aveugle, roi de BohĂȘme, est un habituĂ© de la cour de France tout comme son fils Wenceslas, le futur empereur Charles IV ce qui permet au Valois de celer de prĂ©cieuse alliances (Charles IV est l'oncle de Philippe le Hardi)[43]. Ainsi le Royaume de France a pu avancer en terre d'empire en rachetant le DauphinĂ© ou en tenant de Jean de BohĂšme l'autorisation de revendiquer la Provence, ce qu'a fait Louis d'Anjou.

De par son mariage avec Marguerite de Flandre, Philippe rĂšgne sur le comtĂ© de Bourgogne qui est en terre d'Empire. Ses visĂ©es vont alors vers les Pays-Bas. Leur contrĂŽle permettrait d'Ă©largir notablement sa principautĂ©. D'un autre cĂŽtĂ© la Flandre a beaucoup souffert de la rivalitĂ© franco-anglaise et le temps est plutĂŽt Ă  la recherche d'un compromis. Les princes germaniques ne voient pas d'un bon Ɠil les avancĂ©es françaises en terre d'empire, mais, d'une part, il existe une forte rivalitĂ© entre leurs marins et marchands et ceux de Gand ou du royaume anglais et, d'autre part, les princes germaniques sont Ă  la recherche d'alliances puissantes susceptibles de faire basculer l'Ă©lection impĂ©riale dans leur clan. Les Anglais sont liĂ©s (relativement mollement dans les faits) aux Luxembourg par le mariage de Richard II avec Anne de BohĂšme, dĂšs lors, il est logique pour les Wittelsbach de rechercher l'alliance française[25]. Enfin, la plus fervente ambassadrice d'une stabilisation des Pays-Bas sous influence française est la duchesse Jeanne de Brabant. Celle-ci est veuve depuis 1383 et l'hĂ©ritier du duchĂ© n'est autre que Philippe le Hardi (il est le mari de la niĂšce de la duchesse) ! L'empereur pourrait reprendre le duchĂ© plutĂŽt que de le laisser Ă  un Ă©tranger, mais cela renforcerait les Luxembourg et il n'en est pas question pour Albert de Hainaut qui contrĂŽle la Hollande et le Hainaut qui fait partie de la maison de Wittelsbach. ParallĂšlement, les Anglais sont peu actifs diplomatiquement, Richard II et son entourage Ă©tant plutĂŽt enclins Ă  rechercher la paix avec la France que de remettre le pied dans le bourbier flamand. Son frĂšre, le puissant Jean de Lancastre a plutĂŽt des visĂ©es en Espagne et se dĂ©sintĂ©resse rapidement d'une alliance aux Pays-Bas. DĂšs lors un accord se fait sur un double mariage : Jean sans Peur, le premier fils de Philippe le Hardi, se marie Ă  Marguerite de BaviĂšre, et sa sƓur Marguerite de Bourgogne Ă©pouse Guillaume IV de Hainaut le premier fils d'Albert Ier de Hainaut. On propose Ă  Charles VI la main d'Isabeau de BaviĂšre (qu'il a choisie sur portait entre trois prĂ©tendantes de la Maison de BaviĂšre[44]), le jeune roi est immĂ©diatement sĂ©duit et se marie quelques jours Ă  peine aprĂšs avoir fait sa connaissance Ă  Amiens. Il faut bien noter qu'il ne s'agit pas pour Charles uniquement d'un mariage politique, le jeune roi est grand lecteur de littĂ©rature courtoise[44] et surtout le roi avait fait savoir que le mariage ne se ferait que si l'Ă©lue lui plaisait[45]. Ainsi se noue une solide alliance entre les Wittelsbach et les Valois ce qui permet de faire entrer tous les Pays-Bas dans l'orbite française, mais en particulier permet Ă  Philippe le Hardi d'espĂ©rer encore agrandir sa principautĂ©.

L’affaire de Bretagne

Olivier de Clisson, connĂ©table de France est l’un des plus fidĂšles serviteur du roi de France et de l’État. Depuis Charles V, le connĂ©table est forcĂ©ment breton : pour pouvoir constituer une armĂ©e permanente il fallait rallier les compagnies, dont beaucoup sont constituĂ©es de Bretons levĂ©s pour les besoins de la guerre de Succession de Bretagne.

De longue date, Olivier de Clisson est serviteur de l’État plutĂŽt que des princes, ce qui en fait l’alliĂ© du roi de France et l’ennemi du duc de Bretagne qui y voit l’instrument de l’ingĂ©rence française dans les affaires bretonnes permettant potentiellement de retourner une partie des troupes bretonnes contre le duchĂ©[46]. De fait Olivier de Clisson est convaincu qu’il fallait en Bretagne comme ailleurs baisser les impĂŽts, mĂ©nager les sujets et tenir compte de leur opinion. Il mĂšne cette politique dans ses possessions bretonnes et de Languedoc, ce qui lui rĂ©ussit car la baisse des taxes attire de nombreux marchands dynamisant l’économie de ses terres, ce qui lui assure en retours de solides entrĂ©es financiĂšres.

Il devient de plus en plus populaire et s’attire une solide inimitiĂ© de la part de Jean de Berry excĂ©dĂ© de voir le connĂ©table contrevenir Ă  sa politique fiscale en Languedoc[47]. Au dĂ©but de l’étĂ© 1387, le duc de Bretagne convoque Olivier de Clisson comme toute la noblesse de Bretagne Ă  un parlement Ă  Vannes oĂč il le fait jeter au cachot. Preuve de la popularitĂ© du connĂ©table en Bretagne, le duchĂ© est Ă  deux doigts de se soulever Ă  la nouvelle de son enlĂšvement. Ce dernier ne s’en sort que dĂ©lestĂ© de 100 000 francs et contraint Ă  un traitĂ© dĂ©sastreux. Il est Ă  noter que le connĂ©table ne reçoit aucun soutient de Philippe le Hardi ou de Jean de Berry qui ont pris ombrage de son influence sur le roi. De fait quand Olivier de Clisson libĂ©rĂ© vient demander justice Ă  Charles VI, ceux-ci lui font mauvais accueil[48].

Expédition contre le duc de Gueldre

L’avancĂ©e française en terre d’Empire sous la houlette de Philippe le Hardi n’est pas sans inquiĂ©ter nombre de princes allemands. Guillaume de Julliers, duc de Gueldre est un jeune et hardi prince qui s’est fait leur champion[49]. Pour cela, il noue d’étroites alliances avec le roi d’Angleterre et envoie un dĂ©fi injurieux au roi de France, qui plus est en Latin. Le duc de Bourgogne a tout intĂ©rĂȘt Ă  dĂ©capiter ce foyer de rĂ©sistance aux Pays-Bas et il obtient non sans mal que conseil royal dĂ©cide l’invasion du duchĂ© de Gueldre[50]. Fin aoĂ»t 1388, une armĂ©e de six mille hommes commandĂ©e par le roi avec Ă  sa suite ses oncles et son frĂšre, quitte Montereau[51]. Guillaume de Julliers ne reçoit pas les renforts anglais escomptĂ©s, mais il peut compter sur les marais qui avec les pluies d’automne vont enliser l’armĂ©e française. Celle-ci, au lieu de marcher droit sur l’objectif Ă  travers le Brabant et le Hainaut, fait un large crochet par l’est sur instruction de Philippe de Bourgogne qui veut Ă©viter le pillage des riches terres de la duchesse de Brabant sa prĂ©cieuse alliĂ©e. La progression est fortement ralentie par les riviĂšres en crue et l’hiver arrivant, le duc de Gueldre peut se soumettre au roi de France Ă  des conditions honorables le 13 octobre 1388 Ă  Corenzich. Les conditions de sa soumission respectent sa fidĂ©litĂ© au roi d’Allemagne qui est son seigneur naturel et son serment au roi d’Angleterre. En contre partie, il s’engage Ă  avertir le roi de France un an Ă  l’avance s’il doit le dĂ©fier ou lui dĂ©clarer la guerre. Sur instruction de Philippe le Hardi, l’armĂ©e française doit retraverser les forĂȘts des Ardennes, oĂč elle subit des embuscades de compagnies allemandes frustrĂ©es de la bataille dont elles attendaient profit. Le repli se fait vite et le franchissement des riviĂšres sans prendre le temps de chercher un guĂ© ou de construire des radeaux coĂ»te la vie Ă  des soldats et des chevaliers, des chariots de butins sont perdus. AprĂšs cette retraite dĂ©sastreuse, le ressentiment est important en particulier contre le duc de Bourgogne qui en est l’instigateur et le responsable du retard, d’autant que le pays doit se soumettre Ă  la taille Ă  chaque expĂ©dition[52].

Gouvernement des marmousets

La prise du pouvoir

Charles est entourĂ© et Ă©duquĂ© par des anciens conseillers de son pĂšre. Ceux-ci comme Philippe de MĂ©ziĂšres ou Olivier de Clisson sont partisans du « bon gouvernement Â», de la paix, des Ă©conomies, et de la politique intĂ©rieure et du souci de l’opinion publique. Ce qui est clairement diffĂ©rent de la politique menĂ©e par les princes qui utilise la guerre pour justifier l’impĂŽt[53].

Depuis le 28 octobre 1388, au retour de l’expĂ©dition dĂ©sastreuse contre le duc de Gueldre qu’il a commandĂ©e, secondĂ© par les ducs de Bourgogne, de Berry, de Bourbon et de Touraine, le roi fait son entrĂ©e Ă  Reims Ă  la tĂȘte de son armĂ©e. Toutes les tĂȘtes politiques de France se trouvent donc dans la ville du sacre Ă  la Toussaint 1388. La date et le lieu ne sont pas anodins : Charles VI a Ă©tĂ© sacrĂ© Ă  Reims le 4 novembre 1380. MĂȘme si la majoritĂ© fixĂ©e par Charles V est de quatorze ans pour le roi, l’usage de l’époque est de considĂ©rer que vingt ans (Charles VI les aura le 4 dĂ©cembre 1388) est l'Ăąge requis pour qu'un jeune noble soit apte Ă  gouverner ou gĂ©rer ses affaires pour un jeune Bourgeois[54]. Le 3 novembre, une grande assemblĂ©e du Conseil du roi se tient au palais Ă©piscopal de Reims. Le cardinal de Laon, Pierre Aycelin de Montaigut, ancien conseiller de Charles V, demande si le roi n’est pas en Ăąge de se passer de tuteurs. L’archevĂȘque de Reims, les chefs de guerre approuvent et la dĂ©cision est prise : Charles gouvernera dĂ©sormais seul. Ce dernier prend la parole et remercie ses chers oncles « des peines et travaux qu'ils avaient eus de sa personne et des affaires du royaume Â»: Les ducs de Bourgogne et de Berry sont complĂštement pris au dĂ©pourvu et ne peuvent qu’acquiescer, d’autant que Philippe le Hardi est affaibli par le rĂ©sultat de l’expĂ©dition contre le duc de Gueldre[55].. La manƓuvre du jeune roi et de ses conseillers au grand jour sous la forme d’un coup d’éclat, permet de marquer la prise de gouvernance par Charles roi et d’opĂ©rer un changement radical de politique, laissant aux oncles la responsabilitĂ© de la rĂ©pression des rĂ©voltes et du rĂ©tablissement par la force de l’impĂŽt. Charles exonĂ©rĂ© de ces contentieux a les mains libres pour prendre en main son royaume [56].

Au début de son rÚgne, il confie le gouvernement à des anciens conseillers de son pÚre, comme Bureau de la RiviÚre, qui seront appelés les Marmousets.

En 1392, il marche contre Jean IV, duc de Bretagne, qui donne asile Ă  Pierre de Craon, l'homme qui avait tentĂ© d'assassiner le connĂ©table Olivier V de Clisson ; mais, le 5 aoĂ»t 1392, dans la forĂȘt du Mans, il commence Ă  Ă©prouver des crises de folie furieuse : hurlant Ă  la trahison, il attaque sa propre troupe et tue quatre personnes avant d'ĂȘtre maĂźtrisĂ©. Au bout de quelques heures, sa luciditĂ© revenue, il demande pardon et reprend la route[57]. Il est probable qu'il souffrait d'un trouble bipolaire (autrefois psychose maniaco-dĂ©pressive)[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Le 28 janvier 1393, le funeste bal des ardents, oĂč il voit quatre de ses compagnons brĂ»ler vifs, achĂšve de le faire sombrer dans la folie. En 1394, le roi de France Charles VI dĂ©cide d’expulser de son royaume les juifs qui y demeurent encore[58].

Guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons

Couronnement de Charles VI

Devant l'incapacitĂ© du roi Ă  gouverner, les oncles reprennent leur rĂ©gence. La guerre civile recommence : le duc d'OrlĂ©ans, frĂšre du roi et gendre du duc d'Armagnac, ayant Ă©tĂ© assassinĂ©

Article dĂ©taillĂ© : assassinat de Louis d'OrlĂ©ans.

sur l'ordre de Jean sans Peur, duc de Bourgogne en 1407, la France se divise en deux partis, les Armagnacs, partisans du duc d'OrlĂ©ans, et les Bourguignons, partisans du duc de Bourgogne ; quelques annĂ©es aprĂšs, en 1419, le duc de Bourgogne est Ă  son tour assassinĂ© en reprĂ©sailles.

Article dĂ©taillĂ© : Assassinat de Jean sans Peur.

Traité de Troyes

Article dĂ©taillĂ© : TraitĂ© de Troyes.

La guerre de Cent Ans continue sous son rĂšgne. Henri V, roi d'Angleterre, profitant de ces troubles, arme contre la France : il remporte la bataille d'Azincourt en 1415. Il s'empare de la Normandie, puis, s'alliant par le traitĂ© de Troyes (1420) avec le jeune duc de Bourgogne, Philippe le Bon, qui avait Ă  venger le meurtre de son pĂšre et avec la reine Isabeau elle-mĂȘme, il se fait couronner roi de France (1421), aprĂšs avoir Ă©pousĂ© Catherine, fille de Charles VI. Celui-ci conserve nĂ©anmoins le titre de roi : son fils, futur Charles VII, gouverne en qualitĂ© de rĂ©gent les États qui lui restent.

Selon le traitĂ© de Troyes, son successeur devait ĂȘtre Henri V d'Angleterre, mais de nombreuses personnes, dont Jeanne d'Arc, estiment le traitĂ© invalide, arguant que le roi l'avait signĂ© sous l'emprise de la folie. En outre, la couronne de France n'appartenant pas au roi, celui-ci ne peut en disposer. Son fils Charles VII est finalement sacrĂ© le 17 juillet 1429.

Charles VI est inhumĂ© dans la basilique Saint-Denis, oĂč il sera rejoint ultĂ©rieurement par Isabeau de BaviĂšre.

Mariage et descendance

Il se maria Ă  Amiens avec Isabeau de BaviĂšre le 17 juillet 1385. Ils eurent douze enfants :

  1. Charles (1386-1386)
  2. Jeanne (1388-1390),
  3. Isabelle (1389-1409)
  4. Jeanne (1391-1433) mariée en 1396 à Jean V (1389-1442) duc de Bretagne
  5. Charles (1392-1398)
  6. Marie de Valois (1393-1438), abbesse Ă  Poissy
  7. Michelle de Valois (1395-1422) mariée en 1409 à Philippe III le Bon, duc de Bourgogne
  8. Louis de Guyenne (1397-1415) second dauphin, duc de Guyenne,
  9. Jean (1398-1417) troisiĂšme dauphin, duc de Touraine.
  10. Catherine de Valois (1401-1437), reine d'Angleterre
  11. Charles VII (1403-1461)
  12. Philippe de France (1407-1407)

Odette de Champdivers (Odinette), sa maßtresse, lui donna une fille qui fut légitimée, Marguerite de Valois (1407-1458), connue sous le nom de demoiselle de Belleville.

Notes et références

  1. ↑ a  et b  Françoise Autrand, Charles VI, Fayard, fĂ©vrier 1986, page 13
  2. ↑ a  et b  Françoise Autrand, Charles VI, Fayard, fĂ©vrier 1986, page 19-20
  3. ↑ a  et b  Françoise Autrand, Charles VI, Fayard, fĂ©vrier 1986, page 21
  4. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard, fĂ©vrier 1986, p. 79-80
  5. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard fĂ©vrier 1986, page 81
  6. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard, fĂ©vrier 1986, p. 84
  7. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard, fĂ©vrier 1986, p. 89
  8. ↑ Jean Favier, La Guerre de Cent Ans, Fayard 1980, p. 381
  9. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard fĂ©vrier 1986, p. 93
  10. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard, fĂ©vrier 1986, p. 95
  11. ↑ Jean Favier, La Guerre de Cent Ans, Fayard 1980, p. 382-383
  12. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard fĂ©vrier 1986, p. 98-99
  13. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard fĂ©vrier 1986, pages 122-123
  14. ↑ P. BĂ©rigal, L'Illustre Jacquemart de Dijon, Dijon, 1832, p. 40. D'aprĂšs Bertrand Schnerb, L'État bourguignon, Perrin 2005, p. 70, il s'agirait de 2000 hommes.
  15. ↑ a  et b  Françoise Autrand, Charles VI, Fayard, fĂ©vrier 1986, page 123.
  16. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard fĂ©vrier 1986, page 104
  17. ↑ Georges Minois, La guerre de cent ans, Perrin 2008, p. 250
  18. ↑ D'aprĂšs Pierre d'Orgemont dont les chiffres sont considĂ©rĂ©s comme les plus fiables parmi les chroniqueurs de l'Ă©poque, elle est composĂ©e de 2 000 lances, 500 arbalĂ©triers, 400 archers, 1 500 valets armĂ©s de haches, puis la bataille (3 000 chevaliers et 600 archers) et enfin l'arriĂšre-garde de 1 500 lances et 600 valets armĂ©s. Françoise Autrand, Charles VI, Fayard, fĂ©vrier 1986, page 126
  19. ↑ Bertrand Schnerb, L'Ă©tat Bourguignon, Perrin 2005, p. 70
  20. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard, fĂ©vrier 1986, page 133
  21. ↑ Bertrand Schnerb, L'État bourguignon, Perrin 2005, p. 71
  22. ↑ P. BĂ©rigal, L'Illustre Jacquemart de Dijon, Dijon, 1832, p. 15, r.1 nous rapporte : « L'abbĂ© Richard dit, dans ses Tablettes de Bourgogne, annĂ©e 1754, p. 42 : Ce prince fut dĂ©dommagĂ© des frais immenses qu'il avait fait dans cette guerre, par le roi, son neveu, qui lui donna une somme de 103 000 livres et par le comte de Flandre, qui lui permit de tirer un subside de 100 000 livres de la ville d'Ypres et du pays d'alentour Â».
  23. ↑ P. BĂ©rigal, L'Illustre Jacquemart de Dijon, Dijon, 1832, p. 16. Cette devise du duc de Bourgogne, serait selon certains Ă  l'origine du mot moutarde. L'auteur ajoute que Tabourot, facĂ©tieux Dijonnais aurait, dans ses Bigarures du seigneurs des Accords, Ă©dition de 1586, p. 38 et 39, parlĂ© de ce cri de guerre, et prĂ©tend qu'il est Ă  l'origine du mot moutarde. Selon lui, les Chartreux de cette ville firent sculpter sur le portail de leur Ă©glise les armoiries du prince, et au-dessous, la devise Moult me tarde Ă©tait gravĂ©e sur un ruban (en pierre), mais tellement disposĂ© que le monosyllabe me Ă©tait dans le repli un peu enfoncĂ© du ruban, de sorte que les seuls mots moult tarde Ă©taient en Ă©vidence. Aussi les passans (sic), ignorants ou malins, lisant le mot moutarde, disaient qu'aux chartreux Ă©tait le troupe des moultardiers de Dijon. D'autres donnent des explications plus sĂ©rieuses Ă  l'Ă©tymologie de ce mot.
  24. ↑ L'horloge de Jacquemart de Dijon sur le site du Ministùre de la culture (base Joconde)
  25. ↑ a , b  et c  Françoise Autrand, Charles VI, Fayard, fĂ©vrier 1986, p. 105
  26. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard, fĂ©vrier 1986, p. 107
  27. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard, fĂ©vrier 1986, p. 109-110
  28. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard, fĂ©vrier 1986, p. 112
  29. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard, fĂ©vrier 1986, p. 114-115
  30. ↑ (en) Lynn H. Nelson, The Great Schism ORB
  31. ↑ Jean Favier, La Guerre de Cent Ans, Fayard, 1980, p. 396.
  32. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard, fĂ©vrier 1986, page 146
  33. ↑ Jean Favier, La Guerre de Cent Ans, Fayard, 1980, p. 395
  34. ↑ Bertrand Schrnerb, L'État bourguignon, Perrin 2005, p. 74
  35. ↑ a  et b  Jean Favier, La Guerre de Cent Ans, Fayard, 1980, p. 397
  36. ↑ Bertrand Schnerb, L'État bourguignon, Perrin 2005, p. 77-78
  37. ↑ a , b  et c  Bertrand Schnerb, L'État bourguignon, Perrin 2005, p. 79
  38. ↑ a , b  et c  Bertrand Schnerb, L'État bourguignon, Perrin 2005, p. 80
  39. ↑ Jean Favier, La guerre de Cent Ans, Fayard, 1980, p. 400.
  40. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard, fĂ©vrier 1986, pages 117-118
  41. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard, fĂ©vrier 1986, pages 116-117
  42. ↑ Françoise Autrand, Charles V, Fayard 1994, p. 60
  43. ↑ Françoise Autrand, Charles V, Fayard 1994, p.13
  44. ↑ a  et b  Françoise Autrand, Charles VI, Fayard, fĂ©vrier 1986, p. 152
  45. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard, fĂ©vrier 1986, p. 154
  46. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard 1986, p.174.
  47. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard 1986, p.176.
  48. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard 1986, p.175.
  49. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard 1986, p.161.
  50. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard 1986, p.162.
  51. ↑ AndrĂ© Castelot et Alain Decaux, Histoire de la France et des Français au jour le jour
  52. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard 1986, p.163 et 166.
  53. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard 1986, p.172.
  54. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard 1986, p.164.
  55. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard 1986, p.166.
  56. ↑ Françoise Autrand, Charles VI, Fayard 1986, p.165.
  57. ↑ Cf. Froissart, Chroniques, livre IV.
  58. ↑ Gilbert Dahan avec la collaboration d'Élie Nicolas, L'Expulsion des Juifs de France 1394, publiĂ© avec le concours de la Fondation Jacques et Jacqueline LĂ©vy-Willard (Fondation du judaĂŻsme français). La grande expulsion prĂ©cĂ©dente avait Ă©tĂ© celle de Philippe le Bel, en 1306.

Voir aussi

Lien connexe

Liens externes

Bibliographie

Sources

  • Jean Froissart - Chroniques est une source essentielle pour les annĂ©es antĂ©rieures Ă  1400
  • Jean II Jouvenel des Ursins - Histoire de Charles VI. Roy de France, et des choses mĂ©morable advanues durant quarante-deux annĂ©e de son regne depuis 1380 jusque en 1422 (vers 1430)
  • « Charles VI de France Â», dans Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang [sous la dir. de], Dictionnaire universel d’histoire et de gĂ©ographie, 1878 [dĂ©tail des Ă©ditions]  (Wikisource)
  • Portail de l’histoire Portail de l’histoire
  • Portail du Moyen Âge Portail du Moyen Âge
Ce document provient de « Charles VI de France ».

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Charles VI De France de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Charles V De France — Pour les articles homonymes, voir Charles V. Charles V 
   WikipĂ©dia en Français

  • Charles v de france — Pour les articles homonymes, voir Charles V. Charles V 
   WikipĂ©dia en Français

  • Charles X of France — Charles X redirects here. For the King of Sweden, see Charles X Gustav of Sweden, for the Catholic claimant of 1589, see Charles, Cardinal de Bourbon. Charles X King Charles X by François Pascal Simon GĂ©rard, 1825 
   Wikipedia

  • Charles VII of France — Charles VII the Victorious Portrait of Charles VII, by Jean Fouquet, tempera on wood, Louvre Museum, Paris, c. 1445–1450 King of France Reign 
   Wikipedia

  • Charles V of France — Charles V the Wise One of the earliest francs, a franc Ă  pied from 1365 King of France Reign 8 April 1364 – 16 September 1380 
   Wikipedia

  • Charles IV de France — Charles IV Charles IV (vue d artiste). Titre Roi de France 3& 
   WikipĂ©dia en Français

  • Charles VII de France — Charles VII Charles VII Titre Roi de France 
   WikipĂ©dia en Français

  • Charles vi de france — Pour les articles homonymes, voir Charles VI. Charles VI 
   WikipĂ©dia en Français

  • Charles VI of France — Charles VI the Mad Charles VI of France by the painter known as the Master of Boucicaut (1412) 
   Wikipedia

  • Charles VIII of France — Charles VIII Charles VIII, Ecole Française, 16th century. MusĂ©e CondĂ©, Chantilly. King 
   Wikipedia


Share the article and excerpts

Direct link

 Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.