Charles De Gaulle

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Charles De Gaulle

Charles de Gaulle

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Charles de Gaulle
18e président de la République française
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Charles de Gaulle en 1963.

Actuellement en fonction
Mandats
8 janvier 1959 - 7 janvier 1966
Depuis le 8 janvier 1959
8 janvier 1966 - 28 avril 1969
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Élu(e) le 21 dĂ©cembre 1958
Réélu(e) le 19 décembre 1965
Parti politique RPF (1947)
UNR (1958)
UDR (1968)
RĂ©publique Ve RĂ©publique
Constitution Constitution de 1958
Premier(s) ministre(s) Michel Debré
Georges Pompidou
Maurice Couve de Murville
Prédécesseur René Coty (IVe République)
Successeur Alain Poher(par intérim)
Georges Pompidou
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Autres fonctions
133e président du
Conseil des ministres français
Mandat
1er juin 1958 - 8 janvier 1959
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Président de la République René Coty
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Gouvernement De Gaulle (3)
Prédécesseur Pierre Pflimlin
Successeur Michel Debré (Premier ministre)

Président du Gouvernement provisoire
de la République française
Mandat
3 juin 1944 - 26 janvier 1946
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Gouvernement De Gaulle (1) et (2)
PrĂ©dĂ©cesseur Philippe PĂ©tain (chef de l'État)
et Pierre Laval (chef du gouvernement)
(RĂ©gime de Vichy)
Lui-mĂȘme (CFLN)
Successeur FĂ©lix Gouin

Président du Comité français
de la Libération nationale
Mandat
7 juin 1943 - 3 juin 1944
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Gouvernement CFLN
PrĂ©dĂ©cesseur Lui-mĂȘme (CNF-France libre)
Henri Giraud (Commandement civil et militaire d'Alger)
Successeur Lui-mĂȘme (GPRF)

Président du Comité national français
Mandat
24 septembre 1941 - 7 juin 1943
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Gouvernement Comité national français
Prédécesseur Conseil de défense de l'Empire
Successeur Lui-mĂȘme et Henri Giraud (CFLN)

Chef des Français libres
Mandat
18 juin 1940 - 1er aoĂ»t 1943
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Biographie
Nom de naissance Charles André Joseph Pierre-Marie de Gaulle
Naissance 22 novembre 1890
France Lille, Nord
DĂ©cĂšs 9 novembre 1970 (Ă  79 ans)
France Colombey-les-Deux-Églises, Haute-Marne
Nature du décÚs Rupture d'anévrisme
Nationalité {{{nationalité}}}
Conjoint(s) Yvonne Vendroux
Enfant(s) Philippe de Gaulle
Élisabeth de Gaulle (Ă©pouse de Boissieu)
Anne de Gaulle
DiplÎmé ESM Saint-Cyr
Profession Militaire (général de brigade)
Occupations {{{occupation}}}
Résidence(s) {{{résidence}}}
Religion Catholicisme
Signature Signature degaulle.png

Présidents de la République française
Présidents du Conseil des ministres français

Charles de Gaulle, nĂ© le 22 novembre 1890 Ă  Lille dans le dĂ©partement du Nord et mort le 9 novembre 1970 Ă  Colombey-les-Deux-Églises (Haute-Marne), est un gĂ©nĂ©ral et homme d'État français.

AprÚs son départ à Londres, il est le chef de la France libre qui résiste face au Régime de Vichy, à l'occupation allemande et italienne de la France pendant la Seconde Guerre mondiale, puis le fondateur de la Ve République en 1958, dont il est le premier président, de 1959 à 1969.

Il est l’unique Grand maĂźtre de l’ordre de la LibĂ©ration.

Sommaire

Biographie

Origines familiales et Ă©tymologie

Le nom « de Gaulle Â» semble ĂȘtre issu d'une forme germanique (franque ou normande) : De Walle, signifiant le mur (d'enceinte), le rempart, oĂč De = le et Walle = mur, le w germanique ayant Ă©voluĂ© en g en roman[1]. Walle provient du vieux saxon wal, qui a donnĂ© l'anglais wall ou le danois val. Le vieux saxon wal est un emprunt au latin vallum (rangĂ©e de pieux, palissade, rempart), de vallus (pieu). Bien qu'Ă©tymologiquement le « de Â» dans de Gaulle ne semble donc pas ĂȘtre une particule nobiliaire, le patronyme de Gaulle s'Ă©crit toujours, par convention et par habitude, avec un « d Â» minuscule comme tous les noms Ă  particule, nobiliaire ou non[2]. Suivant cet usage, et conformĂ©ment aux conventions de la langue française relatives Ă  l'usage de la particule onomastique, le mot « Gaulle Â» Ă©tant monosyllabique, la particule « de Â» se conserve mĂȘme quand le nom n'est pas prĂ©cĂ©dĂ© du prĂ©nom ou d'un titre de civilitĂ©[3].

Par son pÚre, issu d'une famille de fausse noblesse[4], Charles de Gaulle est d'origine nordiste de par sa famille maternelle (les Maillot). D'aprÚs les travaux de la famille de Gaulle, en particulier ceux du grand-pÚre paternel du Général, les de Gaulle seraient une trÚs ancienne famille de noblesse d'épée française, ce qui n'est cependant reconnu par aucun nobiliaire français[5].

L'ancĂȘtre probable le plus ancien du gĂ©nĂ©ral de Gaulle serait, selon ces travaux, Richard de Gaulle, Ă©cuyer du roi Philippe Auguste qui le dota d'un fief Ă  Elbeuf-en-Bray, Normandie, en 1210. On trouve trace vers 1420 d'un Jehan de Gaulle qui, aprĂšs le dĂ©sastre d’Azincourt, rĂ©sista pendant prĂšs de deux ans aux Anglais Ă  Vire, dans l'ouest de la Normandie, avant de devoir s’exiler en Bourgogne.

Aux XVIe et XVIIe siĂšcles, on retrouve trace de capitaines-chĂątelains de Gaulle Ă  Cuisery dans le sud de la Bourgogne. Gaspard de Gaulle, qualifiĂ© par le roi Charles IX de chevalier, fut dĂ©lĂ©guĂ© du bailliage de Chalon-sur-SaĂŽne aux Ă©tats gĂ©nĂ©raux de Blois en 1576. Ces de Gaulle se seraient ensuite installĂ©s en Champagne oĂč on retrouve leur trace Ă  ChĂąlons-en-Champagne aux XVIIe et XVIIIe siĂšcle, exerçant des charges de justice. La famille s'installa enfin Ă  Paris vers le milieu du XVIIIe siĂšcle. L’arriĂšre-grand-pĂšre du gĂ©nĂ©ral de Gaulle, avocat au parlement de Paris, comparut devant le Tribunal rĂ©volutionnaire pendant la Terreur mais rĂ©ussit Ă  Ă©viter la guillotine. Les de Gaulle rĂ©sidaient depuis prĂšs de cent cinquante ans Ă  Paris quand Charles de Gaulle naquit en 1890.

La famille maternelle de Charles de Gaulle, les Maillot, Ă©tait originaire des Flandres françaises. C'est du cĂŽtĂ© de cette famille maternelle que le gĂ©nĂ©ral de Gaulle avait des ancĂȘtres irlandais (les MacCartan[6], Jacobites rĂ©fugiĂ©s en France aprĂšs la Glorieuse RĂ©volution), Ă©cossais (les Fleming), et allemands (les Kolb, du DuchĂ© de Bade). Le grand-pĂšre maternel du gĂ©nĂ©ral de Gaulle Ă©tait un industriel lillois. Bien que la famille de Gaulle vĂ©cĂ»t Ă  Paris, la mĂšre du gĂ©nĂ©ral de Gaulle se rendit dans sa famille Ă  Lille pour donner naissance Ă  son fils, en accord avec la tradition familiale[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Éducation et famille

Issu d'une famille catholique rĂ©sidant Ă  Paris, Charles de Gaulle est le fils d'Henri, professeur de lettres, d'histoire et de mathĂ©matiques, et de Jeanne Maillot. Charles a trois frĂšres, dont deux seront rĂ©sistants, et une sƓur, qui elle aussi entrera dans la RĂ©sistance :

TrĂšs tĂŽt, son pĂšre fait dĂ©couvrir Ă  Charles les Ɠuvres de Maurice BarrĂšs, Henri Bergson et Charles PĂ©guy. Sa famille est considĂ©rĂ©e comme « catholique libĂ©rale Â», dreyfusarde et se ralliera Ă  la RĂ©publique. Son pĂšre est en outre un admirateur de Louis Rossel, « gĂ©nĂ©ral Â» de la Commune de Paris, fusillĂ© par les Versaillais[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Charles de Gaulle fait une partie de ses Ă©tudes primaires Ă  l'Ă©cole des frĂšres des Ă©coles chrĂ©tiennes de la paroisse Saint-Thomas-d'Aquin. Lors de la crise politique rĂ©sultant de la sĂ©paration de l'Église et de l'État en 1905, Charles de Gaulle est amenĂ© Ă  poursuivre ses Ă©tudes chez les jĂ©suites français en Belgique au collĂšge du SacrĂ©-CƓur Ă  Antoing[7], premiĂšre expĂ©rience d'exil.

EntrĂ© 119e sur 221 Ă  l'École militaire de Saint-Cyr en 1908 aprĂšs avoir fait ses classes prĂ©paratoires au prestigieux collĂšge privĂ© catholique Stanislas Ă  Paris, il en sortit diplĂŽmĂ© en 1912[Note 1] et rejoignit l'infanterie. Il choisit d'ĂȘtre affectĂ© au 33e rĂ©giment d'infanterie Ă  Arras, et fut alors sous les ordres du colonel PĂ©tain.

PremiĂšre Guerre mondiale

Article connexe : PremiĂšre Guerre mondiale.

Lieutenant au dĂ©but de la PremiĂšre Guerre mondiale, il est nommĂ© capitaine en janvier 1915. BlessĂ© au genou dĂšs son premier combat Ă  Dinant le 15 aoĂ»t 1914[8], il rejoint le 33e RI sur le front de Champagne pour commander la 7e compagnie. Il est Ă  nouveau blessĂ© le 10 mars 1915 Ă  la main gauche, lors de la bataille de la Somme. DĂ©cidĂ© Ă  en dĂ©coudre, il dĂ©sobĂ©it Ă  ses supĂ©rieurs en ordonnant de tirer sur les tranchĂ©es ennemies. Cet acte lui vaut d'ĂȘtre relevĂ© huit jours de ses fonctions. Officier tatillon, volontiers cassant, son intelligence et son courage face au feu le distinguent au point que le commandant du 33e RI lui offre d'ĂȘtre son adjoint[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Le 2 mars 1916, son rĂ©giment est attaquĂ© et presque dĂ©truit par l'ennemi en dĂ©fendant le village de Douaumont, prĂšs de Verdun. Sa compagnie est anĂ©antie au cours de ce combat et les survivants sont encerclĂ©s. Tentant alors une percĂ©e, la violence du combat l'oblige Ă  sauter dans un trou d'obus, pour se protĂ©ger, mais des Allemands l'imitent et le blessent d'un coup de baĂŻonnette Ă  la cuisse gauche[9]. Pris par les troupes allemandes, il est soignĂ© et internĂ©.

AprĂšs une tentative d'Ă©vasion manquĂ©e, il est transfĂ©rĂ© au fort d'Ingolstadt, en BaviĂšre, un camp de reprĂ©sailles destinĂ© aux officiers remuants. Il y croise le futur gĂ©nĂ©ral Georges Catroux, l'aviateur Roland Garros, le journaliste RĂ©my Roure, l'Ă©diteur Berger-Levrault et le futur marĂ©chal soviĂ©tique MikhaĂŻl Toukhatchevski. Un « lamentable exil Â», c'est en ces termes qu'il dĂ©crit Ă  sa mĂšre son sort de captif. Pour tromper l'ennui, de Gaulle organise pour ses compagnons de captivitĂ© des exposĂ©s magistraux sur l'Ă©tat de la guerre en cours. Mais surtout, il tente de s'Ă©vader Ă  cinq reprises, sans succĂšs. Il est libĂ©rĂ© aprĂšs l'armistice du 11 novembre 1918 et retrouve les siens le mois suivant. De ces deux ans et demi de captivitĂ©, il gardera un souvenir amer, estimant ĂȘtre un « revenant Â», un soldat inutile qui n'a servi Ă  rien[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Il recevra, toutefois, Ă  l'issue de la Grande Guerre la croix de chevalier de la LĂ©gion d'honneur, le 23 juillet 1919, et la croix de guerre 1914-1918 avec Ă©toile de bronze[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Concernant cette pĂ©riode de captivitĂ© qui a suivi sa reddition, le gĂ©nĂ©ral PerrĂ© a dĂ©clarĂ© en 1966 : « Un de mes amis qui fut prisonnier avec de Gaulle m'a rapportĂ© ceci. Les Boches qui faisaient l'honneur aux officiers français qui s'Ă©taient courageusement battus de leur rendre leur sabre pour certaines manifestations comme la messe par exemple, ne le rendirent pas au capitaine de Gaulle. Celui-ci, croyant en un oubli, le leur rĂ©clama sĂšchement. Les Allemands s'Ă©tonnĂšrent de sa demande mais, Ă  tout hasard, refirent une enquĂȘte sur les conditions de sa reddition. Renseignements pris, les Allemands ne rendirent pas son sabre au capitaine de Gaulle[10] Â».

Entre-deux-guerres

Article connexe : Entre-deux-guerres.

Charles de Gaulle poursuit sa carriĂšre militaire. De 1919 Ă  1921, il est envoyĂ© en Pologne qui vient juste d'accĂ©der Ă  l'indĂ©pendance ; lĂ  il participe Ă  la formation de la nouvelle armĂ©e polonaise luttant victorieusement contre l'ArmĂ©e rouge. Il se laisse influencer par l'atmosphĂšre violemment antisĂ©mite et pogromiste, comme en attestent deux lettres envoyĂ©es Ă  sa famille et reproduites dans le deuxiĂšme volume des Lettres, notes et carnets[11].

À son retour, le capitaine de Gaulle est chargĂ© de cours d'histoire Ă  l'École de Saint-Cyr[12], avant son admission Ă  l'École supĂ©rieure de guerre en 1922.

Charles de Gaulle Ă©pouse, le 7 avril 1921, Yvonne Vendroux (1900-1979), dont il aura trois enfants :

En 1925, il est dĂ©tachĂ© Ă  l'Ă©tat-major du marĂ©chal PĂ©tain, vice-prĂ©sident du Conseil supĂ©rieur de la Guerre. Il est affectĂ© Ă  TrĂšves en 1927, comme commandant du 19e bataillon de chasseurs Ă  pied (BCP). De Gaulle est mutĂ© au Levant en 1929 et passe deux ans Ă  Beyrouth avec sa famille. Il est affectĂ© en 1931 au secrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral de la DĂ©fense nationale Ă  Paris. Ce nouveau poste est pour lui capital, car c'est l'occasion de s'initier aux affaires de l'État[rĂ©f. nĂ©cessaire].

C'est durant ces annĂ©es que Charles de Gaulle dĂ©veloppe ses thĂ©ories militaires : il publie La Discorde chez l'ennemi (1924), Le Fil de l'Ă©pĂ©e (1932), Vers l'armĂ©e de mĂ©tier (1934) et La France et son armĂ©e (1938). Ce dernier livre provoque une brouille avec le marĂ©chal PĂ©tain, lequel aurait voulu le signer[rĂ©f. nĂ©cessaire].

S'il est attachĂ© Ă  l'idĂ©e de dĂ©fense statique au point d'Ă©crire : « La fortification de son territoire est pour la France une nĂ©cessitĂ© permanente [
] L'encouragement de l'esprit de rĂ©sistance d'un peuple par l'existence de fortifications permanentes, la cristallisation, l'exaltation de ses Ă©nergies par la dĂ©fense des places sont des faits que les politiques comme les militaires ont le devoir de reconnaĂźtre dans le passĂ© et de prĂ©parer dans l'avenir Â», il n'en est pas moins sensible aux idĂ©es du gĂ©nĂ©ral Jean-Baptiste EugĂšne Estienne sur la nĂ©cessitĂ© d'un corps de blindĂ©s[13], alliant le feu et le mouvement, capable d'initiatives et d'offensives hardies qu'il reprend en 1932, dans Le Fil de l'Ă©pĂ©e oĂč il rappelle l'importance de la formation des chefs et le poids des circonstances.

Dans son ouvrage Vers l'Armée de métier, il développe cette question de fond qui nécessite la création d'une armée professionnelle] aux cÎtés de la conscription. Cependant, cette idée rencontre peu d'échos favorables, à l'exception notable de l'Action française, qui salue à plusieurs reprises, sous la plume de Charles Maurras et de Jacques Bainville, sa conception moderne d'une guerre d'offensive et sa méfiance vis-à-vis du germanisme renaissant, de Paul Reynaud, député de droite, ou de Philippe Serre.

À l'Ă©tranger, en revanche, l'idĂ©e du gĂ©nĂ©ral Jean-Baptiste EugĂšne Estienne d'employer des blindĂ©s dans une « percĂ©e motorisĂ©e Â» reprise par de Gaulle a dĂ©jĂ  suscitĂ© la plus grande attention (Heinz Guderian, Liddell Hart). Vers l'armĂ©e de mĂ©tier n'a en France qu'un bref succĂšs de curiositĂ©, mais confirme dans ses conceptions[14] le gĂ©nĂ©ral Guderian, crĂ©ateur de la force mĂ©canique allemande.

En revanche de Gaulle ne perçoit pas l'importance de l'aviation Ă  laquelle il n'attribue qu'un rĂŽle secondaire : « les troupes Ă  terre recevront de l'aviation une aide prĂ©cieuse quant Ă  leur camouflage. Les fumĂ©es Ă©pandues sur le sol du haut des airs cachent en quelques minutes de vastes surfaces du sol tandis que le bruit des machines volantes couvre celui des moteurs chenillĂ©s Â». Il faudra attendre l'Ă©dition de 1944 oĂč il fera ajouter une phrase : « Mais surtout en frappant elle-mĂȘme Ă  vue directe et profondĂ©ment, l'aviation devient par excellence l'arme dont les effets foudroyants se combinent le mieux avec les vertus de rupture et d'exploitation de grandes unitĂ©s mĂ©caniques Â».

À Paris, de Gaulle frĂ©quente diverses personnalitĂ©s autour du colonel Émile Mayer, retraitĂ© trĂšs ouvert, favorable Ă  une rĂ©forme de la stratĂ©gie : l'Ă©tat-major ne doit pas se contenter d'une stratĂ©gie dĂ©fensive derriĂšre la ligne Maginot. Cependant, ni l'un ni l'autre ne sont Ă©coutĂ©s.

Partant des idĂ©es du gĂ©nĂ©ral Fuller et du critique militaire britannique Liddell Hart, Charles de Gaulle dĂ©fend une guerre de mouvement menĂ©e par des soldats de mĂ©tier, et appuyĂ©e par des blindĂ©s. Il fait sa premiĂšre confĂ©rence Ă  La Sorbonne au printemps 1934, sous l'Ă©gide du cercle Fustel de Coulanges, une vitrine de l’Action française[15]. D'inspiration monarchiste, Charles de Gaulle, militaire soumis au devoir de rĂ©serve, rĂ©vĂšle dans sa correspondance privĂ©e son peu de considĂ©ration pour le parlementarisme et lui prĂ©fĂšre un rĂ©gime fort[16]. Jusqu'Ă  la fin de sa vie, il marquera son admiration pour la personnalitĂ© et l'Ɠuvre de l'historien royaliste Jacques Bainville[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Ses idĂ©es se heurtent pourtant d'une part au profond conservatisme des dirigeants militaires, et d'autre part aux rĂ©ticences des rĂ©publicains face Ă  un militaire de rĂ©putation maurrassienne. Pourtant de Gaulle, disciple de PĂ©guy (influencĂ© par le socialisme de Pierre Leroux) et de Bergson, a Ă©tĂ© formĂ© par le colonel Mayer, officier d'origine israĂ©lite, dreyfusard et socialisant. Il a dans son sillage frĂ©quentĂ© le socialiste Club du Faubourg (il avait avant la premiĂšre guerre mondiale assistĂ© Ă  Lille Ă  des meetings de JaurĂšs) et les mouvements non-conformistes des annĂ©es trente (Esprit, etc.). Il avait aussi adhĂ©rĂ© aux organisations catholiques de gauche : le Sillon de Marc Sangnier, « les Amis de Sept Â», les « Amis de Temps PrĂ©sent Â», ancĂȘtre de TĂ©moignage chrĂ©tien[17]. Ces derniers mouvements Ă©taient par ailleurs favorables au Front populaire et Ă  l'intervention de la France aux cĂŽtĂ©s des RĂ©publicains espagnols.

Léon Blum manifeste sa vive hostilité pour les idées du colonel de Gaulle dans trois articles publiés par le Populaire, car il craint que cette armée ne soit utilisée contre le peuple, notamment les grévistes. Et de fait, comme le montre une lettre de 1935 envoyée à Paul Reynaud, de Gaulle n'excluait nullement une telle possibilité. Certains passages des livres publiés par le colonel de Gaulle suscitent d'ailleurs l'approbation de l'Action française[18].

Colonel en 1937, il est nommĂ© Ă  la tĂȘte du 507e rĂ©giment de chars de combat de Metz, sous les ordres du gĂ©nĂ©ral Charles Delestraint, basĂ© au quartier "LizĂ©" Ă  Montigny-lĂšs-metz[19]. Lors de la dĂ©claration de guerre de la France et du Royaume-Uni Ă  l'Allemagne le 3 septembre 1939, le colonel de Gaulle est nommĂ© commandant des chars de la Ve ArmĂ©e[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Seconde Guerre mondiale

Article connexe : Seconde Guerre mondiale.
Charles de Gaulle Ă  Londres, en 1942

Lorsque la guerre Ă©clate, Charles de Gaulle est toujours colonel (mĂȘme si son avancement semble prochain[rĂ©f. nĂ©cessaire]), commandant le 507e rĂ©giment de chars de combat (RCC), Ă  Metz. En janvier 1940, il envoie Ă  quatre-vingts personnalitĂ©s, dont LĂ©on Blum et Paul Reynaud, ainsi qu'aux gĂ©nĂ©raux Maurice Gamelin et Maxime Weygand, un mĂ©morandum fondĂ© sur les opĂ©rations de Pologne. IntitulĂ© L'AvĂšnement de la force mĂ©canique, le texte insiste sur la nĂ©cessitĂ© d'allier le char et l'aviation.

Trois jours avant l'offensive allemande du 10 mai 1940, qui conduit Ă  une percĂ©e rapide du front français, le colonel de Gaulle est averti de la dĂ©cision du commandement de lui confier la 4e DCR, la plus puissante des grandes unitĂ©s blindĂ©es de l'armĂ©e française (364 blindĂ©s[20]) dont il prend effectivement le commandement le 11 mai. Le 15 mai, il reçoit la mission de retarder l'ennemi dans la rĂ©gion de Laon afin de gagner des dĂ©lais pour permettre de mettre en place la 6e armĂ©e chargĂ©e de barrer la route de Paris. Mais sa division blindĂ©e n'est encore qu'en cours de constitution, ses unitĂ©s n'ayant jamais opĂ©rĂ© ensemble. Il dirigea pourtant avec cette unitĂ© une contre-attaque vers Montcornet, au nord-est de Laon, l'une des seules qui parvint Ă  repousser les troupes allemandes. PrĂ©voyant la dĂ©faite rapide de l'armĂ©e française sous l'offensive allemande, les civils et les militaires dĂ©sarmĂ©s sur les routes, il affirmera que c'est durant la journĂ©e du 16 mai que « ce qu'[il] a pu faire, par la suite, c'est ce jour-lĂ  qu'[il] l'a rĂ©solu. Â»[Note 2]. N'ayant reçu qu'une partie des unitĂ©s de la 4e DCR, le colonel de Gaulle lance une premiĂšre attaque avec 80 chars pour tenter de couper les lignes de communication des divisions blindĂ©es allemandes le 17 mai. AprĂšs avoir atteint ses objectifs dont la ville de Moncornet, la 4e DCR, n'Ă©tant pas appuyĂ©e, est contrainte de se replier face Ă  l'intervention de renforts ennemis.

Charles de Gaulle en compagnie du Premier ministre du Royaume-Uni, Winston Churchill, durant la Seconde Guerre mondiale.

Les autres unitĂ©s de la 4e DCR ayant rejoint, une nouvelle attaque peut ĂȘtre lancĂ©e avec 150 chars qui, aprĂšs avoir permis d'atteindre les premiers objectifs, est arrĂȘtĂ©e par l'intervention de l'aviation d'assaut et de l'artillerie allemandes.

Le 28 mai, aprĂšs un dĂ©placement de 200 km, trĂšs Ă©prouvant pour le matĂ©riel, la 4e DCR, dont le chef est gĂ©nĂ©ral de brigade Ă  titre temporaire depuis quatre jours, attaque Ă  deux reprises pour dĂ©truire, Ă  hauteur d'Abbeville, une poche que l'ennemi a conquise au sud de la Somme. L'opĂ©ration est un succĂšs qui permet de faire plus de 400 prisonniers et de rĂ©sorber toute la poche Ă  l'exception d'Abbeville en raison de la supĂ©rioritĂ© en nombre et en artillerie de l'adversaire. Celui-ci ne peut franchir la Somme que plus tard au nord d'Abbeville, mais la deuxiĂšme attaque ne permet pas Ă  la 4e DCR de prendre la ville. Le 1er juin, il fait fonction de gĂ©nĂ©ral de brigade Ă  titre temporaire.

Le 6 juin 1940, le gĂ©nĂ©ral de Gaulle est convoquĂ© d'urgence Ă  Paris par Paul Reynaud, prĂ©sident du Conseil, pour occuper un poste ministĂ©riel dans son gouvernement, celui de sous-secrĂ©taire d'État Ă  la Guerre et Ă  la DĂ©fense nationale.

Charles de Gaulle sort Ă  ce moment-lĂ  de la hiĂ©rarchie militaire. Il a pour mission de coordonner l'action avec le Royaume-Uni pour la poursuite du combat. Le 9, il rencontre Churchill qu'il tente en vain de convaincre d'engager davantage de forces, y compris aĂ©riennes, dans la bataille. Le 10 juin, de Gaulle quitte Paris, dĂ©clarĂ©e ville ouverte, pour OrlĂ©ans, Briare et Tours. C'est le moment des ultimes rĂ©unions du ComitĂ© suprĂȘme intarlliĂ© oĂč Churchill lors de la confĂ©rence de Briare (Ă  laquelle de Gaulle participe) tente de convaincre le gouvernement français de continuer la guerre. En mission Ă  Londres, le 16 juin, il dicte au tĂ©lĂ©phone la note Anglo-French Unity de Jean Monnet Ă  Paul Reynaud. De retour de mission, le mĂȘme jour, Ă  Bordeaux, il apprend la dĂ©mission du prĂ©sident du Conseil, Paul Reynaud, son remplacement par le marĂ©chal PĂ©tain et la demande d'armistice. Le gĂ©nĂ©ral de Gaulle est donc Ă©vincĂ© de ce gouvernement.

Appel du 18 juin 1940

Article dĂ©taillĂ© : Appel du 18 juin 1940.
Affichette placardée dans toute la ville de Londres, souvent confondue avec l'Appel.

Le 18 juin 1940, de Gaulle se prĂ©pare Ă  parler au peuple français via Radio Londres de la BBC. Ce jour-lĂ , il appelle les Français Ă  la rĂ©sistance depuis sa retraite en Angleterre. Le cabinet britannique tente de s'y opposer, mais Winston Churchill le soutient[21]. Depuis la France, l'Appel du 18 Juin peut ĂȘtre entendu Ă  19 heures. Depuis ce jour, ce texte demeure l'une des plus cĂ©lĂšbres allocutions de l’Histoire de France. Cet appel ne fut cependant pas enregistrĂ© et c'est l'enregistrement du 22 juin 1940 qui est en rĂ©alitĂ© prĂ©sentĂ© comme l'appel du 18 juin.[rĂ©f. nĂ©cessaire]

Le gouvernement britannique avait au prĂ©alable proposĂ© au ministre français de l'IntĂ©rieur Georges Mandel de passer au Royaume-Uni et de lancer lui-mĂȘme un appel. Mandel s'Ă©tait, par ses avertissements rĂ©pĂ©tĂ©s contre les menaces du IIIe Reich (et en opposition Ă  ce sujet avec son ami le prĂ©sident du Conseil LĂ©on Blum), signalĂ© comme un homme d'État et de caractĂšre. Mais il refusa de quitter la France pour ne pas prĂȘter le flanc Ă  une critique de dĂ©sertion qui aurait aussitĂŽt Ă©tĂ© exploitĂ©e (il Ă©tait juif)[rĂ©f. nĂ©cessaire].

On sait aujourd'hui que tout au long de la journée du 18 juin, le conseil des ministres britannique a discuté du texte de De Gaulle. Les anciens Munichois, derriÚre le ministre des Affaires étrangÚres lord Halifax, veulent encore ménager le gouvernement Pétain et attendre de voir s'il va effectivement signer l'Armistice. Winston Churchill, vieux partisan de la fermeté contre Hitler et de la poursuite de la lutte, doit mettre son autorité dans la balance. De Gaulle put finalement prononcer son texte, mais dut accepter d'en modifier les deux premiÚres lignes[22] dans un sens moins dur pour le gouvernement français. Cette modification longtemps occultée disparut dans le texte transmis à la presse, puis dans les Mémoires de De Gaulle.

France libre

Articles dĂ©taillĂ©s : France libre et Forces françaises libres.
De Gaulle et le gouverneur-gĂ©nĂ©ral FĂ©lix ÉbouĂ© au Tchad vers la fin 1940.

De Londres, de Gaulle forme d'abord puis dirige les Forces françaises libres. Le but n'est pas de former une lĂ©gion de volontaires qui continueraient la lutte aux cĂŽtĂ©s de l'Empire britannique. Il s'agit de remettre la France en tant que telle dans la guerre contre Hitler, en formant une armĂ©e et un contre-État dotĂ© de tous les attributs de souverainetĂ© et lĂ©gitimitĂ©, et qui se donne une base territoriale en ralliant les territoires français de l'Empire colonial, future plate-forme de la reconquĂȘte.

DĂšs le dĂ©but de l'Ă©tĂ© 1940, Ă  partir de presque rien et assistĂ© de quelques volontaires, de Gaulle jette ainsi les bases d'une marine (FNFL), d'une aviation (FAFL), de forces terrestres (FFL), d'un service de renseignements (le BCRA du colonel Passy, vite actif en mĂ©tropole). La Croix de Lorraine proposĂ©e par l'amiral Muselier[23],[Note 3],[24], devient son emblĂšme. Les statuts juridiques de la France libre et ses rapports avec le gouvernement anglais sont fixĂ©s par le juriste RenĂ© Cassin. La France libre a bientĂŽt sa banque, son journal officiel, ses dĂ©corations - le GĂ©nĂ©ral fonde l'Ordre de la LibĂ©ration Ă  Brazzaville dĂšs octobre 1940, pour honorer ses "compagnons". Des comitĂ©s français libres actifs dans le monde entier se constituent et tentent de rallier Ă  de Gaulle les Français de l'Ă©tranger, les opinions et les gouvernements[rĂ©f. nĂ©cessaire].

En France, de Gaulle est condamnĂ© par contumace d'abord Ă  quatre ans de prison et la perte de la nationalitĂ© française[25], puis, le 2 aoĂ»t 1940, le Tribunal militaire de Clermont-Ferrand le condamne par contumace Ă  « mort, dĂ©gradation militaire et confiscation de ses biens meubles et immeubles Â» pour « Trahison, atteinte Ă  la sĂ»retĂ© extĂ©rieure de l'État, dĂ©sertion Ă  l'Ă©tranger en temps de guerre sur un territoire en Ă©tat de guerre et de siĂšge Â». En Grande-Bretagne, il trouve en revanche le soutien de Winston Churchill, mais aussi celui du Parlement, de la presse et de l'opinion publique, reconnaissantes au gallant French d'ĂȘtre restĂ© aux cĂŽtĂ©s du pays au pire moment de la menace allemande. Cet appui, comme celui de l'opinion amĂ©ricaine, se rĂ©vĂ©lera un atout trĂšs prĂ©cieux lors des tensions avec Londres et Washington[26].

Obtenant le ralliement de plusieurs possessions coloniales françaises, notamment en Afrique grĂące au ralliement rapide du gouverneur FĂ©lix ÉbouĂ© (le 28 aoĂ»t le Tchad, le Congo et le Cameroun, le Gabon Ă©tant conquis dans le mois de novembre 1940), de Gaulle se place Ă  la tĂȘte du ComitĂ© national français Ă  partir du 24 septembre 1941. Mais il fait surtout en sorte que la France reste prĂ©sente dans le camp alliĂ©, par ses Forces françaises libres (FFL) qui continuent le combat sur les diffĂ©rents fronts. En outre, Ă  partir de 1941-1942, il stimule et obtient le ralliement de la rĂ©sistance intĂ©rieure, grĂące au colonel Passy, Ă  Pierre Brossolette et Ă  Jean Moulin, ce qui le conduit Ă  transformer la France libre en France combattante[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Ce ralliement n'allait nullement de soi : comme l'a notĂ© Robert O. Paxton dans La France de Vichy, en 1940, bien des rĂ©sistants de gauche refusent de voir dans ce militaire qu'ils croient Ă  tort proche de l'Action française un chef convenable, et beaucoup de rĂ©sistants de droite lui reprochent sa dissidence explicite avec Vichy — Ă  moins qu'ils ne prĂ©fĂšrent, comme Marie-Madeleine Fourcade, n'avoir de relations qu'avec les services secrets britanniques. Selon Jean Pierre-Bloch, Christian Pineau, Henri d'OrlĂ©ans (« comte de Paris Â») et mĂȘme le gaulliste Pierre Lefranc, le ralliement Ă  la RĂ©publique n'aurait d'ailleurs Ă©tĂ© que tactique, avant une restauration monarchique (selon Henri d'OrlĂ©ans)[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Mais les rĂ©publicains Ă©tant hĂ©gĂ©moniques dans la RĂ©sistance intĂ©rieure et de plus en plus puissants au sein de la France libre, la concurrence du gĂ©nĂ©ral Giraud, militaire Ă©garĂ© en politique et qui commet, lui, la maladresse de ne pas condamner Vichy avant mars 1943, l'invite Ă  rallier les rĂ©publicains et Ă  en obtenir le soutien[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Charles de Gaulle prononçant un discours - Cherbourg, août 1944.

DĂšs 1940, de Gaulle se pense comme l'incarnation de la France, en opposition au MarĂ©chal PĂ©tain[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Il n'aura de cesse que soient protĂ©gĂ©s les intĂ©rĂȘts de la France, dans la guerre et aprĂšs le conflit. Il obtient ainsi de Churchill la signature, le 7 aoĂ»t 1940, de l'accord des Chequers, par lequel le Royaume-Uni s'engage Ă  sauvegarder l'intĂ©gritĂ© de toutes les possessions françaises et Ă  la « restauration intĂ©grale de l'indĂ©pendance et de la grandeur de la France Â». Le gouvernement britannique s'engage de plus Ă  financer toutes les dĂ©penses de la France libre, mais de Gaulle insiste pour que ces sommes soient des avances remboursables et pas des dons qui jetteraient une ombre, aussi tĂ©nue soit-elle, sur l'indĂ©pendance de son organisation. Les sommes dites seront effectivement remboursĂ©es, et bien avant la fin de la guerre[rĂ©f. nĂ©cessaire].

MalgrĂ© les relations de confiance scellĂ©es par traitĂ©s entre Churchill et de Gaulle, les deux gĂ©ants ont des relations parfois tendues, gĂȘnĂ©es par l'anglophobie que manifestait le GĂ©nĂ©ral dans les annĂ©es 1920 et 1930. Et quand Churchill, Ă  court d'arguments, lance Ă  de Gaulle : « Mais vous n'ĂȘtes pas la France ! Vous ĂȘtes la France combattante, nous avons consignĂ© tout cela par Ă©crit Â», de Gaulle rĂ©plique immĂ©diatement : « J'agis au nom de la France. Je combats aux cĂŽtĂ©s de l'Angleterre mais non pour le compte de l'Angleterre. Je parle au nom de la France et je suis responsable devant elle Â». Churchill abdique alors en poussant un « J'avais espĂ©rĂ© que nous pourrions combattre cĂŽte Ă  cĂŽte. Mais mes espoirs ont Ă©tĂ© déçus parce que si vous ĂȘtes si combatif que non content de lutter contre l'Allemagne, l'Italie et le Japon, vous voulez aussi combattre l'Angleterre et l'AmĂ©rique
 Â». De Gaulle recadre alors le dĂ©bat en prĂ©cisant : « Je prends cela comme une plaisanterie, mais elle n'est pas du meilleur goĂ»t. S'il y a un homme dont les Anglais n'ont pas Ă  se plaindre, c'est bien moi. Â»Pour la petite histoire, Churchill avait surnommĂ© de Gaulle « Jeanne d'Arc Â».[rĂ©f. nĂ©cessaire]

Les relations avec Franklin Delano Roosevelt sont plus problĂ©matiques. Le prĂ©sident amĂ©ricain, personnellement francophile, a Ă©tĂ© déçu par l'effondrement de la France en 1940 et refroidi Ă  l'Ă©gard de De Gaulle par l'Ă©chec de son entreprise devant Dakar (fin septembre 1940). Les antigaullistes français sont nombreux Ă  Washington, par exemple l'ancien secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Quai d'Orsay Alexis LĂ©ger (Saint-John Perse) qui lui dĂ©crit ce gĂ©nĂ©ral comme un apprenti dictateur. Le prĂ©sident est aussi trĂšs mal informĂ© sur la situation en France par l'ambassadeur amĂ©ricain Ă  Vichy (jusqu'au mois de mai 1942), l'amiral Leahy, lui-mĂȘme intoxiquĂ© par les pĂ©tainistes. Il n'a donc aucune confiance en de Gaulle. De fait, les deux hommes se dĂ©testeront[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Un mot de De Gaulle Ă  Churchill explique en partie l'attitude française face Ă  l'AmĂ©rique : « Je suis trop pauvre pour me courber. Â» De surcroĂźt, au contraire du GĂ©nĂ©ral qui mise beaucoup sur l'Empire français, le prĂ©sident amĂ©ricain est profondĂ©ment hostile au systĂšme colonial et envisage de confier aprĂšs la guerre les colonies françaises Ă  une institution internationale qui prĂ©parerait leur Ă©volution vers l'indĂ©pendance[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Roosevelt projetait de faire de la France un État faible, et le projet d'Allied Military Government of Occupied Territories (AMGOT) allait d'ailleurs trĂšs loin dans cette direction, en traitant la France comme un vaincu, plutĂŽt que comme une des puissances victorieuses. La haine de Roosevelt Ă©tait tellement flamboyante (il considĂ©rait de Gaulle au pire comme un futur tyran, au mieux comme un opportuniste) que mĂȘme ses adjoints finirent par en prendre ombrage, y compris le trĂšs pusillanime secrĂ©taire des Affaires Ă©trangĂšres Cordell Hull qui, finalement, se rangea aux cĂŽtĂ©s de la France libre et de son chef. Certains pensent que l'une des raisons de ce revirement fut la crainte Ă©prouvĂ©e par les AmĂ©ricains d'un retournement de la RĂ©sistance contre eux (alors mĂȘme que le dĂ©barquement Ă©tait imminent) en cas d'occupation de la France[rĂ©f. nĂ©cessaire].

La libération de la France et de ses colonies

Le général de Gaulle, serrant la main du général Giraud, à la demande de Franklin Delano Roosevelt (au centre) et de Winston Churchill (à droite), lors de la conférence de Casablanca le 14 janvier 1943.

MalgrĂ© son exclusion par Roosevelt du dĂ©barquement amĂ©ricano-britannique en Afrique du Nord (opĂ©ration Torch), et surtout malgrĂ© le soutien apportĂ© par les États-Unis Ă  l'amiral François Darlan, puis au gĂ©nĂ©ral de groupe d'armĂ©es Giraud, de Gaulle rĂ©ussit Ă  prendre pied Ă  Alger en mai 1943. Il y crĂ©a avec Henri Giraud le ComitĂ© français de la LibĂ©ration nationale (CFLN), pour unifier la direction de l'Empire libĂ©rĂ©, et fut bientĂŽt Ă  sa tĂȘte[rĂ©f. nĂ©cessaire].

AprĂšs le dĂ©barquement en Normandie, le 6 juin 1944, le gĂ©nĂ©ral de Gaulle fit son entrĂ©e en territoire français sur la plage de Courseulles-sur-Mer en Normandie le 14 juin 1944. Ce mĂȘme jour, il prononça le premier discours de Bayeux. Le CFLN prit alors le nom de Gouvernement provisoire de la RĂ©publique française (GPRF). Les Français dĂ©couvrirent alors son imposante silhouette (il mesurait 1,93 m).

La fermetĂ© et la rapiditĂ© avec lesquelles le gĂ©nĂ©ral de Gaulle a rĂ©tabli l'autoritĂ© d'un gouvernement national permettaient d'Ă©viter la mise en place de l'AMGOT, prĂ©vu par les AmĂ©ricains, qui aurait fait de la France libĂ©rĂ©e un État administrĂ© et occupĂ© par les vainqueurs. Il insista avec vigueur auprĂšs du gĂ©nĂ©ral Eisenhower, commandant en chef des armĂ©es alliĂ©es, pour que Paris fĂ»t libĂ©rĂ© rapidement, alors que sa stratĂ©gie prĂ©voyait d'aller directement vers l'est sans passer par la capitale[rĂ©f. nĂ©cessaire].

En 1943, avec le général Charles Mast, à Tunis.

La 2e division blindĂ©e du gĂ©nĂ©ral Leclerc libĂšre Paris le 25 aoĂ»t et celui-ci reçoit la reddition de Von Choltitz. Ce mĂȘme jour, le gĂ©nĂ©ral de Gaulle se rĂ©installe au ministĂšre de la Guerre, rue Saint-Dominique Ă  Paris, dans le bureau qu'il occupait jusqu'au 10 juin 1940, signifiant ainsi que Vichy Ă©tait une parenthĂšse et que la RĂ©publique n'a jamais cessĂ© d'exister. Puis il se rend Ă  l'HĂŽtel de ville, oĂč il prononce un discours dans lequel il insiste sur le rĂŽle essentiel jouĂ© par les Français pour leur propre libĂ©ration. Le lendemain, 26 aoĂ»t, il descend triomphalement les Champs-ÉlysĂ©es. Le « peuple dans ses profondeurs Â» manifeste un enthousiasme indescriptible[27].

Rappel

  • Le 9 septembre 1944, un gouvernement d'unanimitĂ© nationale est constituĂ©, sous sa prĂ©sidence.
  • Le GPRF se vit transfĂ©rĂ© Ă  Paris, libĂ©rĂ©e en septembre 1944.

Au Gouvernement provisoire de la France

De Gaulle attribue le droit de vote aux femmes de France Ă  la LibĂ©ration, figurant dans le programme du Conseil national de la RĂ©sistance. Les femmes purent ainsi voter pour la premiĂšre fois aux Ă©lections municipales de 1945. D'autres rĂ©formes figurant dans ce mĂȘme programme sont entreprises Ă  la LibĂ©ration : depuis les nationalisations Ă  la mise en place du monopole de l'assurance maladie obligatoire qu'est la sĂ©curitĂ© sociale (l'Alsace et la Moselle conservera le systĂšme d'assurance maladie instaurĂ© par Bismarck). Elles doivent beaucoup Ă  la SFIO, au Parti communiste et au Mouvement rĂ©publicain populaire (MRP) qui Ă©taient les forces politiques les plus reprĂ©sentĂ©es dans le Conseil national de la RĂ©sistance.

PrĂ©sident du Gouvernement provisoire, mais en dĂ©saccord avec l'AssemblĂ©e constituante sur la conception de l'État et le rĂŽle des partis, de Gaulle remet sa dĂ©mission sur la question des crĂ©dits militaires au prĂ©sident de l'AssemblĂ©e nationale, FĂ©lix Gouin, le 20 janvier 1946. Il a rempli la mission qu'il s'Ă©tait donnĂ©e le 18 juin 1940 : libĂ©rer le territoire, restaurer la RĂ©publique, organiser des Ă©lections libres et dĂ©mocratiques, entreprendre la modernisation Ă©conomique et sociale.

Parcours politique pendant la IVe RĂ©publique

Le 16 juin 1946, de Gaulle expose sa vision de l'organisation politique d'un État dĂ©mocratique fort Ă  Bayeux, en Normandie, dans un discours restĂ© cĂ©lĂšbre ; mais il n’est pas suivi. La gauche, les dĂ©mocrates-chrĂ©tiens et une partie de la droite considĂšrent que ses idĂ©es sont trop Ă©loignĂ©es de la tradition rĂ©publicaine et parlementaire[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Il inaugure alors sa fameuse « traversĂ©e du dĂ©sert Â» jusqu'en 1958, date de son retour au pouvoir.

Fondation du RPF

Article dĂ©taillĂ© : Rassemblement du peuple français.

En 1947, il fonde un mouvement politique, le Rassemblement du peuple français (RPF), afin de transformer la scĂšne politique française, de lutter contre le rĂ©gime « exclusif Â» des partis, de s'opposer Ă  l'avancĂ©e du communisme et de promouvoir une nouvelle rĂ©forme constitutionnelle privilĂ©giant le pouvoir exĂ©cutif. Il propose Ă©galement une troisiĂšme voie Ă©conomique (l'association capital-travail). Le RPF reprend Ă©galement les thĂšmes de la droite la plus traditionnelle : ultra-conservatisme colonial (il critique jusqu'Ă  la construction de lycĂ©es d'enseignement gĂ©nĂ©ral Ă  Madagascar), anticommunisme virulent (exploitant les inquiĂ©tudes sur l'avancĂ©e du communisme dans l'Union française et en Indochine) et mĂȘme, au moins jusqu'en 1950, la clĂ©mence Ă  l'Ă©gard de Philippe PĂ©tain, dont les dĂ©putĂ©s RPF, Ă  l'initiative de Louis Terrenoire, ancien dĂ©portĂ©, demandent l'amnistie[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Toutefois, les dĂ©clarations du Colonel RĂ©my rĂ©habilitant le rĂŽle du marĂ©chal PĂ©tain seront immĂ©diatement dĂ©savouĂ©es par le gĂ©nĂ©ral de Gaulle ; mais pas l'initiative de Terrenoire. Il est vrai, comme le rappelle l'historien RenĂ© RĂ©mond (dans Les Droites en France), que c'est au nom de la rĂ©conciliation nationale qu'en 1949 et 1950, le mĂȘme gĂ©nĂ©ral de Gaulle plaidait pour l'Ă©largissement du « vieillard de quatre-vingt-quinze ans Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Le parti rallie des rĂ©sistants (dont Jacques Chaban-Delmas) mais aussi des notables comme Édouard FrĂ©dĂ©ric-Dupont ou Edmond Barrachin (qui fut, dans les annĂ©es 1930, directeur du comitĂ© central du Parti social français). D'anciens pĂ©tainistes et mĂȘme d'anciens collaborateurs parviennent Ă  s'y faire admettre, notamment dans les sections d'Indochine et d'AlgĂ©rie, dans le service d'ordre, dans les rangs des syndicats ouvriers proches du R.P.F. et parmi les maires Ă©lus en 1947. Certains polĂ©mistes du parti, notamment Jean Nocher, dĂ©ploient une extrĂȘme agressivitĂ© verbale. Pour ces raisons, l'historien Henry Rousso (dans Le Syndrome de Vichy) discerne au RPF « des tendances pro-pĂ©tainistes, soit qu’elles aient Ă©tĂ© envoĂ»tĂ©es par la magie du verbe marĂ©chaliste, soit qu’elles aient Ă©tĂ© convaincues de son impact dans l’opinion Â». RenĂ© RĂ©mond (Les Droites en France) prĂ©fĂšre rapprocher le RPF de la lignĂ©e du bonapartisme et du boulangisme, tout en observant que le RPF est, dans l'histoire du gaullisme, l'Ă©pisode le moins Ă©loignĂ© de ce « qu'en France on a l'habitude de qualifier de fascisme Â». Il semble que nous ayons lĂ  affaire Ă  une droite musclĂ©e mais rĂ©publicaine, que l'on peut rapprocher du P.S.F. du colonel de La Roque, autre expression d'un courant que l'on ne peut qualifier de « fasciste Â» que par abus de langage[rĂ©f. nĂ©cessaire].

AprĂšs un grand succĂšs en 1947-1948 (35% des suffrages aux municipales de 1947, 42% des sĂ©nateurs Ă©lus en 1948), le RPF dĂ©cline de 1949 Ă  1951. La gestion efficace des Ă©vĂ©nements sociaux de l'automne 1947 par le gouvernement de la troisiĂšme force a affaibli le mouvement gaulliste. Le recours Ă  de Gaulle semble alors moins nĂ©cessaire pour les conservateurs, les modĂ©rĂ©s et le patronat. Dans l'opposition, le RPF est frappĂ© d'un vĂ©ritable ostracisme de la part des autres partis politiques, entretenu par le refus du gĂ©nĂ©ral de Gaulle de se compromettre avec les autres partis. En 1951, le RPF obtient encore plus de 4 millions de voix (22,3 % des suffrages et 16,8 % des inscrits) et 117 dĂ©putĂ©s, mais les dĂ©putĂ©s RPF ne sont pas assez nombreux pour inflĂ©chir la politique sociale, ni pour pousser Ă  une rĂ©forme des institutions[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Le RPF est irrĂ©mĂ©diablement affaibli par la dĂ©fection de vingt-sept dĂ©putĂ©s : ainsi, contre les consignes du GĂ©nĂ©ral, Édouard FrĂ©dĂ©ric-Dupont et Edmond Barrachin votent la confiance au gouvernement d'Antoine Pinay en 1952. En juillet, quarante-cinq autres font dĂ©fection. Les gaullistes se divisent alors entre les loyalistes, qui fondent l'Union des rĂ©publicains d'action sociale (URAS), et les autres, qui rejoignent l'Action rĂ©publicaine et sociale (ARS)[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Écartement du pouvoir

Aux Ă©lections locales de 1953, le RPF perd la moitiĂ© de ses suffrages. Il entre alors en hibernation. Les Ă©lus gaullistes participeront encore avec le PCF Ă  l'Ă©chec de la CommunautĂ© europĂ©enne de dĂ©fense (CED) en 1954, avant la mise en sommeil dĂ©finitive du RPF le 13 septembre 1955[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Suite Ă  la dĂ©faite Ă©lectorale de son parti, le gĂ©nĂ©ral de Gaulle se retire Ă  Colombey-les-Deux-Églises et rĂ©dige ses MĂ©moires de guerre. Les cinq annĂ©es qui suivent sont surnommĂ©es « la traversĂ©e du dĂ©sert Â», expression qui sera reprise pour dĂ©signer les pĂ©riodes oĂč d'autres personnalitĂ©s politiques ou sportives se seront trouvĂ©es hors des feux de la rampe dans l'attente d'un retour en grĂące.

Retour au pouvoir en 1958

Article dĂ©taillĂ© : Crise de mai 1958.

L'instabilitĂ© ministĂ©rielle, l'impuissance de la IVe RĂ©publique face Ă  la question algĂ©rienne, dĂ©clenchĂ©e par une insurrection le 1er novembre 1954, conduisent le rĂ©gime Ă  une crise grave. Bon nombre de responsables politiques de tous bords[Qui ?] en viennent Ă  souhaiter le retour du GĂ©nĂ©ral.

Le 13 mai 1958, un comitĂ© de vigilance appelle Ă  manifester contre le FLN Ă  Alger. Un comitĂ© de salut public est crĂ©Ă©, Ă  la tĂȘte duquel se trouve le gĂ©nĂ©ral Salan. Il lance un appel au gĂ©nĂ©ral de Gaulle le 15 mai. L'insurrection prend de l'ampleur et risque de dĂ©gĂ©nĂ©rer en guerre civile. Le 19, le GĂ©nĂ©ral se dit « prĂȘt Ă  assumer les pouvoirs de la RĂ©publique Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Certains voient dans cette dĂ©claration un soutien Ă  l'armĂ©e et s'inquiĂštent. Il rassure et insiste sur la nĂ©cessitĂ© de l'union nationale et s'il se prĂ©sente encore comme le recours, il ne donne officiellement aucune caution ni Ă  l'armĂ©e ni Ă  quiconque. NĂ©anmoins, un plan d'action militaire a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© mis en place en cas d'Ă©chec des nĂ©gociations politiques.

Le 29 mai, le prĂ©sident de la RĂ©publique, RenĂ© Coty, fait appel au « plus illustre des Français Â». Charles de Gaulle accepte de former un gouvernement. Sous pression, l'AssemblĂ©e nationale l'investit le 1er juin, par 329 voix sur 553 votants. Le gĂ©nĂ©ral de Gaulle devient ainsi le dernier prĂ©sident du Conseil de la IVe RĂ©publique. Les dĂ©putĂ©s lui accordent la possibilitĂ© de gouverner par ordonnance pour une durĂ©e de six mois, et l'autorisent Ă  mener Ă  bien la rĂ©forme constitutionnelle du pays[rĂ©f. nĂ©cessaire].

La nouvelle Constitution, élaborée au cours de l'été 1958, est trÚs proche des propositions avancées à Bayeux, avec un exécutif fort. Le général de Gaulle accepte cependant que le Parlement ait plus de poids qu'il ne le souhaitait.

Charles de Gaulle en compagnie du chancelier allemand, Konrad Adenauer.

La Constitution est adoptĂ©e par rĂ©fĂ©rendum le 28 septembre 1958, avec 79,2 % de « oui Â». L'Empire l'approuve Ă©galement, sauf la GuinĂ©e qui devient ainsi la premiĂšre colonie française de l'Afrique sub-saharienne Ă  obtenir son indĂ©pendance. Charles de Gaulle est Ă©lu par un large collĂšge Ă©lectoral, prĂ©sident de la RĂ©publique française et de la CommunautĂ© africaine et malgache, le 21 dĂ©cembre. Il prend ses fonctions le 8 janvier 1959.

Entre le moment de son entrĂ©e en fonctions comme prĂ©sident du Conseil et son Ă©lection Ă  la prĂ©sidence de la RĂ©publique, Charles de Gaulle a largement amorcĂ© la politique qui marquera son passage au pouvoir : outre la volontĂ© de doter la France d'une nouvelle Constitution, le GĂ©nĂ©ral se soucie de la politique europĂ©enne de la France (rencontre avec le chancelier Adenauer le 14 septembre), de l'indĂ©pendance du pays face aux États-Unis (mĂ©morandum du 17 septembre adressĂ© au prĂ©sident Eisenhower), de l'assainissement des finances publiques (mesures du 27 dĂ©cembre) et du sort de l'AlgĂ©rie (il refuse les choix des comitĂ©s de salut public et appelle Ă  la "paix des braves" en octobre)[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Crise de l'Algérie

Articles dĂ©taillĂ©s : Guerre d'AlgĂ©rie, Affaire Si Salah et Putsch d'Alger.

À la suite des Ă©checs de la IVe RĂ©publique en Indochine et en AlgĂ©rie, une insurrection Ă©clate Ă  Alger et les putschistes civils et militaires organisent un ComitĂ© de salut public (en rĂ©fĂ©rence Ă  celui de la RĂ©volution française) le 13 mai 1958 pour maintenir l'AlgĂ©rie française. Ils en appellent au retour du gĂ©nĂ©ral de Gaulle. L'antenne d'Alger mise en place par le ministre de la DĂ©fense Jacques Chaban-Delmas dĂšs 1957, dirigĂ©e par Lucien Neuwirth et LĂ©on Delbecque a influencĂ© les partisans de l'AlgĂ©rie dans la rĂ©publique française. Comme l'a rapportĂ© Olivier Guichard dans Avec de Gaulle (voir bibliographie), l'antenne d'Alger faisait surtout de la transmission : le travail d'influence Ă©tait supervisĂ© par les deux plus proches collaborateurs du gĂ©nĂ©ral de Gaulle, Guichard lui-mĂȘme et, pour les militaires, Jacques Foccart. Le GĂ©nĂ©ral « savait tout, bien entendu Â», selon Olivier Guichard[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Président de la Ve République

En novembre, les gaullistes remportent les Ă©lections lĂ©gislatives et obtiennent une confortable majoritĂ©. En dĂ©cembre, de Gaulle est Ă©lu prĂ©sident de la RĂ©publique avec 78 % des voix au suffrage indirect par plus de 80 000 grands Ă©lecteurs[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Charles de Gaulle prend ses fonctions de président de la République le 8 janvier 1959, il succÚde à René Coty. Il engage de difficiles mesures pour revitaliser le pays, avec en particulier l'introduction du nouveau franc (valant 100 anciens francs).

Sur la scĂšne internationale, refusant la domination des États-Unis comme de l'URSS, il dĂ©fend une France indĂ©pendante, disposant de la force de frappe nuclĂ©aire. Il met en place Ă©galement les dĂ©buts du programme spatial français. En tant que membre fondateur de la CommunautĂ© Ă©conomique europĂ©enne (CEE), il pose son veto Ă  l'entrĂ©e du Royaume-Uni.

Quatre ans de conflit en Algérie

En ce qui concerne la guerre d'AlgĂ©rie, de Gaulle suscita d’abord de grands espoirs parmi les Français d’AlgĂ©rie, auxquels il dĂ©clara le 4 juin 1958 : « Je vous ai compris. Â» Il se garda toutefois de rien leur promettre de prĂ©cis lors de ce discours, et ne reprit ni leur mot d'ordre d'« intĂ©gration Â» ni leur slogan « AlgĂ©rie française Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Mais il adopta aussi quelques mesures libĂ©rales en direction des insurgĂ©s algĂ©riens : « paix des braves Â» proposĂ©e au FLN en octobre 1958, grĂąces accordĂ©es Ă  plusieurs rebelles dont Yacef Saadi, condamnĂ© Ă  mort comme ancien dirigeant du FLN pendant la bataille d'Alger, interdiction officielle formelle des actes de torture. C'est Ă©galement sous de Gaulle que les femmes musulmanes d'AlgĂ©rie obtinrent le droit de vote, que l'on vit les musulmans pouvoir enfin voter Ă  Ă©galitĂ© avec les EuropĂ©ens (de ce fait, dĂšs avant l'indĂ©pendance en 1962, une majoritĂ© des maires d'AlgĂ©rie sont eux-mĂȘmes des musulmans), ou que fut nommĂ© le premier prĂ©fet musulman d'AlgĂ©rie (Mahdi Belhaddad Ă  Constantine). De Gaulle annonça en personne la mise en Ɠuvre du plan de Constantine, dans cette ville, en septembre 1958 : ce plan prĂ©voyait, sur cinq ans, la redistribution de 250 000 ha de terres, la construction de 200 000 logements et la crĂ©ation de 400 000 emplois[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Cependant, de Gaulle ne sanctionna ni ne muta aucun responsable de tortures, et celles-ci se poursuivirent sur le terrain[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Il laissa son Premier ministre, Michel DebrĂ©, vilipender comme « manƓuvre communiste Â» le rapport accablant Ă©tabli par le jeune Michel Rocard, et qui dĂ©nonçait l'entassement inhumain de deux millions de personnes civiles dans des « camps de regroupement Â». DĂšs 1959, de Gaulle en revint aussi Ă  une solution classique de rĂ©pression militaire. À l'Ă©tĂ© 1959, l'opĂ©ration « Jumelles Â», dite plan Challe, porta au FLN ses coups les plus rudes Ă  travers tout le pays. Certes, de Gaulle rĂ©alisa rapidement qu'il n'Ă©tait pas possible de rĂ©soudre le conflit par une simple victoire militaire, et Ă  l'automne 1959 il commença Ă  s'orienter vers une solution conduisant inĂ©luctablement Ă  l'indĂ©pendance de l'AlgĂ©rie. Mais jusqu'Ă  l'hiver 1961/62, il choisit tout de mĂȘme de poursuivre la guerre, au prix de nombreuses victimes et, selon l'historien RĂ©mi Kauffer, d'un accroissement de l'usage de la torture. Jusqu'Ă  la fin de 1961, la lutte contre le FLN est menĂ©e avec autant de vigueur, et mĂȘme davantage, qu'avant. Selon Constantin Melnik, conseiller spĂ©cial de Michel DebrĂ© chargĂ© de coordonner les services secrets, il y eut environ 500 assassinats politiques entre 1958 et 1961, dont certains n'avaient d'ailleurs aucun rapport avec la guerre d'AlgĂ©rie, comme celui de FĂ©lix MoumiĂ©, indĂ©pendantiste camerounais[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Il reste difficile de savoir quand de Gaulle comprit que l'indĂ©pendance Ă©tait la seule solution pour sortir d'un conflit coĂ»teux en hommes, en argent et en prestige international. En 1961, il fit encore rĂ©diger par Alain Peyrefitte un plan de partition de l'AlgĂ©rie, sans doute en fait pour faire pression sur le FLN. Au mĂȘme Alain Peyrefitte, il expliquait dĂšs 1959 que « l'intĂ©gration Â» de l'AlgĂ©rie Ă  la France, dĂ©fendue par les partisans de l'AlgĂ©rie française, Ă©tait une utopie : deux pays culturellement si Ă©loignĂ©s et prĂ©sentant un tel Ă©cart de niveau de vie n'avaient pas vocation Ă  en former un seul. Sans compter qu'au vu de l'accroissement dĂ©mographique des musulmans, ce serait ouvrir la porte Ă  leur immigration massive en mĂ©tropole, dĂ©passant de fort loin la simple venue traditionnelle de populations Ă©trangĂšres appelĂ©es Ă  se fondre dans le creuset français: « Mon village deviendrait Colombey-les-Deux-MosquĂ©es ! Â»[28]. « On me reproche de n'avoir pas su garder l'AlgĂ©rie française Â», dira-t-il devant Peyrefitte en 1962, « mais elle n'a jamais Ă©tĂ© française : c'Ă©tait une colonie Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire].

DĂšs le 16 septembre 1959, de Gaulle parle de « l'autodĂ©termination Â» de l'AlgĂ©rie. En janvier 1960, le limogeage du gĂ©nĂ©ral Jacques Massu, qui avait critiquĂ© sa politique, provoque la rupture avec les Français d'AlgĂ©rie et l'Ă©rection de barricades au centre d'Alger. MalgrĂ© ce climat insurrectionnel, de Gaulle abroge dĂ©finitivement, par une ordonnance du 4 juin 1960, la peine de dĂ©portation[29]. En janvier 1961, un rĂ©fĂ©rendum valide cependant massivement sa politique des deux cĂŽtĂ©s de la MĂ©diterranĂ©e. BientĂŽt, de Gaulle parle de l’« AlgĂ©rie algĂ©rienne Â» en marche[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Avec l'armĂ©e de conscription, il fait Ă©chec au putsch des gĂ©nĂ©raux Ă  Alger en avril 1961. Quatre jours suffisent Ă  mettre en dĂ©route le « quarteron de gĂ©nĂ©raux Ă  la retraite Â» stigmatisĂ©s dans un de ses plus cĂ©lĂšbres discours. Cette attitude provoqua de fortes rĂ©sistances dans certains groupes nationalistes et de Gaulle fut obligĂ© de rĂ©primer des soulĂšvements de pieds-noirs en AlgĂ©rie. Il fut alors la cible d'organisations terroristes telles que l'Organisation armĂ©e secrĂšte (OAS), qui le surnommait « la Grande Zohra Â». La mĂ©tropole devint alors l'objet de plusieurs vagues d'attentats commis par l'OAS et fut le thĂ©Ăątre de divers rĂšglements de compte liĂ©s au FLN[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Dans la nuit du 17 au 18 octobre 1961, au lendemain de l'assassinat de policiers par des militants du FLN, une manifestation, interdite par les autoritĂ©s françaises, fut organisĂ©e par le FLN qui la dĂ©clara « pacifique Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Les manifestants algĂ©riens, encore citoyens français, fortement « invitĂ©s Â» par le FLN Ă  manifester[rĂ©f. nĂ©cessaire], protestaient contre le couvre-feu imposĂ© en mĂ©tropole aux ressortissants d'Afrique du Nord. Cette manifestation fut fĂ©rocement rĂ©primĂ©e : matraquages, coups de feu, manifestants jetĂ©s en Seine, internements pendant plusieurs jours dans des conditions Ă©pouvantables[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Le prĂ©fet de police Maurice Papon couvrit ses policiers et le gouvernement l'ensemble de ses fonctionnaires. Selon le rapport de l'avocat gĂ©nĂ©ral Jean Geromini, remis le 5 mai 1999, il y aurait eu au moins 48 noyĂ©s pendant la nuit du 17 au 18 octobre, sans compter les personnes dĂ©cĂ©dĂ©es des suites de leurs blessures ou de leurs conditions d'internement. Selon l'historien et Ă©ditorialiste Alain-GĂ©rard Slama et Linda Amiri (qui a dĂ©pouillĂ© les archives de la prĂ©fecture de police), le chiffre total est de l'ordre d'une centaine de victimes (L. Amiri compte 100 morts certains et 31 disparus). Les propos tenus par de Gaulle en conseil des ministres quelques jours aprĂšs le drame sont connus grĂące aux notes prises par son ministre Louis Terrenoire, et publiĂ©es par Éric Rossel : le GĂ©nĂ©ral ne s'y montrait pas particuliĂšrement indignĂ© des exactions commises dans Paris[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Quelques mois plus tard, le 8 fĂ©vrier 1962, lors d'une manifestation interdite, huit manifestants sont tuĂ©s par les forces de police au mĂ©tro Charonne et un autre mourra Ă  l'hĂŽpital. Selon l'historien Jean-Paul Brunet, Charles de Gaulle est « tout autant responsable de cette tragĂ©die que le ministre de l'IntĂ©rieur Roger Frey, le prĂ©fet de police Maurice Papon, et toute la hiĂ©rarchie policiĂšre Â». Une des raisons est, explique J.-P. Brunet, « l'autoritarisme Â» du GĂ©nĂ©ral. Selon l'historien Alain Dewerpe, directeur d'Ă©tudes Ă  l'École des hautes Ă©tudes en sciences sociales, le massacre de Charonne n'est qu'une consĂ©quence logique des « habitus de pouvoir Â» de De Gaulle et des gaullistes, dans la situation de la guerre d'AlgĂ©rie : « la rĂ©pression, mĂȘme Ă  Ă©clipses, est devenue quasi automatique Â», et le respect de la vie humaine n'a rien d'un principe intangible[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Quant Ă  l'organisation terroriste OAS, elle fut rĂ©primĂ©e par des moyens impitoyables : exĂ©cutions sommaires, tortures, polices parallĂšles, lesquelles n'hĂ©sitaient pas Ă  recruter des truands, comme Georges Boucheseiche et Jean AugĂ©. La Cour de sĂ»retĂ© de l'État fut crĂ©Ă©e en janvier 1963 pour en condamner les chefs, lesquels seront amnistiĂ©s quelques annĂ©es plus tard (la Cour continue ensuite de juger des terroristes, jusqu'Ă  sa suppression, en aoĂ»t 1981). En 1962, suite aux accords d'Évian, un cessez-le-feu est proclamĂ© en AlgĂ©rie. Le gĂ©nĂ©ral de Gaulle fit adopter par rĂ©fĂ©rendum l'indĂ©pendance de l'AlgĂ©rie, effective en juillet 1962[rĂ©f. nĂ©cessaire].

TrĂšs irritĂ© par le ralliement massif des Pieds-Noirs Ă  l'OAS, Ă  l'heure oĂč celle-ci lance une vague de terreur et de terre brĂ»lĂ©e en AlgĂ©rie, de Gaulle n'aura aucun mot de compassion ni en public ni en privĂ© pour le sort du million de Français rapatriĂ©s d'AlgĂ©rie. Il refusa ainsi, comme l'a rapportĂ© son ministre Alain Peyrefitte, de prononcer lui-mĂȘme un discours Ă  destination des rĂ©fugiĂ©s[rĂ©f. nĂ©cessaire].

En avril 1962, le Premier ministre Michel DebrĂ© fut remplacĂ© par Georges Pompidou, et en septembre de la mĂȘme annĂ©e, Charles de Gaulle proposa d'amender la Constitution afin de permettre au prĂ©sident d'ĂȘtre Ă©lu au suffrage universel direct, dans le but de renforcer sa lĂ©gitimitĂ© Ă  gouverner directement. La rĂ©forme de la Constitution, malgrĂ© l'opposition du Parlement, de la totalitĂ© de la gauche et d'une bonne partie de la droite, fut aisĂ©ment acceptĂ©e lors d'un rĂ©fĂ©rendum, avec 62,25 % de « oui Â». Le GĂ©nĂ©ral se montrera toutefois déçu de ce que le « oui Â» n'ait pas obtenu la majoritĂ© des inscrits, et que le « non Â» l'ait emportĂ© dans treize dĂ©partements du Midi[rĂ©f. nĂ©cessaire].

En octobre, l'Assemblée nationale vota une motion de censure contre le gouvernement Pompidou, mais le Général refuse la démission que lui présentait le Premier ministre et choisit de dissoudre l'Assemblée. Les nouvelles élections renforcÚrent la majorité parlementaire gaulliste.

Élection prĂ©sidentielle de 1965

Résultats (par département) de l'élection présidentielle de 1965.

Mis en ballotage au premier tour de scrutin, avec 44,65 % des suffrages, par François Mitterrand (31,72 %) et Jean Lecanuet (15,57 %), Charles de Gaulle est rĂ©Ă©lu prĂ©sident de la RĂ©publique le 19 dĂ©cembre 1965, avec 13 083 699 voix soit 55,20 % des voix, bien qu'il n'ait pas fait de campagne Ă©lectorale.

Durant la campagne, ses adversaires n'ont cessĂ© de lui reprocher son « nationalisme Â» et tiraient argument d'une conjoncture Ă©conomique dĂ©primĂ©e en France. La tĂ©lĂ©vision, pour la premiĂšre fois dans l'Histoire, joua un rĂŽle trĂšs important dans la campagne, malgrĂ© le refus de De Gaulle de « jaspiner Â» dans ce qu'il appelait « les Ă©tranges lucarnes Â». Finalement, le GĂ©nĂ©ral se plie Ă  cette nouvelle mode entre les deux tours. On notera aussi l'apparition des sondages qui mettaient en Ă©vidence la baisse de popularitĂ© de Charles de Gaulle avant le 1er tour[30].

Politique Ă©trangĂšre

Témoignage de la réconciliation franco-allemande, en 1962.

De Gaulle dut attendre la fin du conflit en AlgĂ©rie pour lancer rĂ©ellement sa politique Ă©trangĂšre. En effet, le « boulet algĂ©rien Â»[31] rĂ©duisait considĂ©rablement la marge de manƓuvre française et, d'une façon ou d'une autre, il fallait avant toute chose mettre un terme Ă  ce conflit. La politique de « l'indĂ©pendance nationale Â» est alors pleinement mise en application.

Sur le plan international, de Gaulle continua Ă  promouvoir l'indĂ©pendance de la France : il refusa Ă  deux reprises (en 1961 et en 1967) l'entrĂ©e du Royaume-Uni dans la CEE ; il condamna dĂšs 1964 l'aide militaire apportĂ©e par les États-Unis Ă  la RĂ©publique du ViĂȘt Nam (dite ViĂȘt Nam du Sud) contre la rĂ©bellion communiste menĂ©e par le ViĂȘt Minh (guĂ©rilla soutenue par le Nord-ViĂȘt Nam), ainsi que la riposte israĂ©lienne au blocus du dĂ©troit de Tiran par l'Égypte, lors de la guerre des six jours en 1967. Il prit l'une de ses dĂ©cisions les plus spectaculaires en 1966, lorsque la France se retira du commandement militaire intĂ©grĂ© de l'OTAN, expulsant les bases amĂ©ricaines de son territoire, tout en restant membre de l'Alliance atlantique[rĂ©f. nĂ©cessaire].

En ce qui concerne l'Europe, de Gaulle Ă©tait partisan d'une « Europe des nations Â», oĂč celles-ci devaient conserver leur pleine souverainetĂ©, et hostile Ă  l'idĂ©e d'une Europe supranationale ; le terme VolapĂŒk[Note 4] employĂ© pour parler de la coopĂ©ration europĂ©enne entraĂźna le dĂ©part du gouvernement des cinq ministres MRP. En dĂ©saccord avec l'orientation prise par la construction europĂ©enne, la France pratiqua une « politique de la chaise vide Â» de juin 1965 Ă  janvier 1966[rĂ©f. nĂ©cessaire].

C'est l'Europe qui fixe le cadre de son ambition, une Europe qui va mĂȘme « de l'Atlantique Ă  l'Oural Â», gommant d'un trait le provisoire rideau de fer. En effet, le pivot de la politique Ă©trangĂšre française est le rapprochement avec l'autre poids lourd du continent : l'Allemagne. Ainsi, de Gaulle tourne le dos aux « Anglo-Saxons Â», rĂ©alisant, apparemment, le rĂȘve de la diplomatie française[rĂ©f. nĂ©cessaire].

On pourrait en effet s'Ă©tonner de l'intransigeance gaullienne vis-Ă -vis du Royaume-Uni, tout particuliĂšrement. Pour de Gaulle, comme pour Churchill d'ailleurs, le Royaume-Uni n'avait fait que son devoir en 1940, et il n'existait pas de « dette Â» française envers Londres liĂ©e Ă  la Seconde Guerre mondiale. De Gaulle dĂ©sapprouvait les relations privilĂ©giĂ©es rapprochant le Royaume-Uni des États-Unis depuis la guerre, ainsi que la prĂ©fĂ©rence Ă©conomique impĂ©riale qui jouait entre celle-ci et les États du Commonwealth, rendant ainsi difficile son admission au sein de l'Europe. Aussi l'entrĂ©e d'un tel « cheval de Troie amĂ©ricain Â» au sein de l'Europe lui paraissait-elle non souhaitable. Les Britanniques attendront donc 1973 avant de rejoindre l'Union europĂ©enne.

Charles de Gaulle et HĂŽ Chi Minh suspendus en effigie lors du « Jour national de la honte Â», Ă  SaĂŻgon, en juillet 1964.

La position de De Gaulle face au monde communiste Ă©tait sans ambiguĂŻtĂ© : il Ă©tait totalement anticommuniste, et avait prophĂ©tisĂ© la chute de ce systĂšme[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Il prĂŽne la normalisation des relations avec ces rĂ©gimes « transitoires Â» aux yeux de l'Histoire de façon Ă  jouer le rĂŽle de pivot entre les deux blocs. La reconnaissance de la Chine communiste dĂšs le 27 janvier 1964 va dans ce sens, de mĂȘme que son voyage en Union soviĂ©tique de juin 1966[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Les relations entre de Gaulle et les États-Unis sont assurĂ©ment les plus Ă©picĂ©es. MalgrĂ© quelques tensions vives, de Gaulle sera toujours au rendez-vous en cas de « vrai Â» coup dur : Berlin ou Cuba, notamment. En revanche, dĂšs que les AmĂ©ricains entament le processus d'escalade, de Gaulle prend publiquement ses distances, notamment par son discours du 1er septembre 1966 Ă  Phnom Penh vilipendant l'attitude amĂ©ricaine au ViĂȘt Nam, thĂ©Ăątre d'opĂ©ration que la France connaissait fort bien[rĂ©f. nĂ©cessaire].

La notion gaullienne d' « une certaine idĂ©e de la France Â» se manifeste surtout en politique Ă©trangĂšre. De Gaulle puise une force dans sa connaissance de l'Histoire de France, qu'il a d'ailleurs enseignĂ©e Ă  Saint-Cyr. Selon lui, le poids de cette Histoire donne Ă  la France une position particuliĂšre dans le concert des nations. Convaincu que les relations internationales reposent avant tout sur les rĂ©alitĂ©s nationales et les rapports entre États, il surnomme l'ONU « le machin Â» et refuse que la France participe au financement des opĂ©rations menĂ©es par les "casques bleus" contre la sĂ©cession katangaise au Congo ex-belge. Passablement irritĂ© par l'attitude du Nigeria lors de l'explosion de Gerboise bleue[32], le troisiĂšme essai nuclĂ©aire français, en 1960, et souhaitant le « morcellement Â» de ce pays, comme il le raconte Ă  son conseiller aux affaires africaines Jacques Foccart[32], de Gaulle soutient la sĂ©cession du Biafra en 1967-68, qui fait de un Ă  deux millions de morts[32].

En Afrique francophone, il ne prend pas position face aux coups d'État qui se succĂšdent, mais apporte son soutien aux rĂ©gimes en place quand il le juge nĂ©cessaire, faisant intervenir les troupes françaises au Gabon (1964) et au Tchad (1968). En revanche, face au Nigeria anglophone, la France appuie discrĂštement dĂšs 1967, puis ouvertement dĂšs 1968, la tentative d'indĂ©pendance du Biafra.[rĂ©f. nĂ©cessaire]

Force de frappe

Convaincu de l'importance stratĂ©gique de l'arme nuclĂ©aire, de Gaulle poursuit le dĂ©veloppement de celle-ci, sous la protestation de l'opposition qui n'y voyait qu'une « bombinette Â». La rĂ©ponse de De Gaulle sera : « Dans dix ans, nous aurons de quoi tuer 80 millions de Russes. Eh bien je crois qu'on n'attaque pas volontiers des gens qui ont de quoi tuer 80 millions de Russes, mĂȘme si on a soi-mĂȘme de quoi tuer 800 millions de Français, Ă  supposer qu'il y eĂ»t 800 millions de Français Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Le rĂŽle des États-Unis dans cette affaire paraĂźt Ă©trange. D'abord farouchement hostiles Ă  l'idĂ©e mĂȘme que la France devienne une puissance nuclĂ©aire, les États-Unis concluent, un peu vite, que la France n'est pas de taille pour ce dĂ©fi technologique[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Kennedy avait ensuite promis une aide dans le domaine nuclĂ©aire suite au soutien français sur les affaires de Berlin et de Cuba, mais ne tint pas sa promesse
 [rĂ©f. nĂ©cessaire] Puis, Kennedy proposa Ă  de Gaulle de lui donner des missiles Polaris, comme il l'avait fait avec le Royaume-Uni (accords de Nassau). Mais de Gaulle refusa, dĂ©clarant qu'il voulait que la France se bĂątisse elle-mĂȘme une armĂ©e. Cette rĂ©action surprit Kennedy et Macmillan[rĂ©f. nĂ©cessaire]. La question nuclĂ©aire empoisonna les relations franco-amĂ©ricaines durant toutes les annĂ©es 1960. Il fallut attendre Richard Nixon pour trouver un premier prĂ©sident amĂ©ricain clairement « gaullien Â». Nixon contourna d'abord les contraignantes lĂ©gislations amĂ©ricaines dans les domaines nuclĂ©aires avant d'ouvrir officiellement la voie de la collaboration nuclĂ©aire franco-amĂ©ricaine. Le gros du travail Ă©tait dĂ©jĂ  fait et les « bombinettes Â» françaises dĂ©jĂ  fort efficaces, d'autant que le plan d'attaque Ă©ventuel de l'Union soviĂ©tique par les Mirage IV faisait Ă©tat de la traversĂ©e Ă  basse altitude du « rideau de fer Â», selon la version officielle[rĂ©f. nĂ©cessaire].

François Mitterrand s'opposant de façon virulente Ă  la « bombinette Â», de Gaulle prit plaisir Ă  confier la supervision du projet Ă  son frĂšre, Jacques Mitterrand[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Conversion des dollars

Sur la recommandation de l'Ă©conomiste Jacques Rueff qui voyait la conquĂȘte de l'espace et le conflit vietnamien dĂ©sĂ©quilibrer la balance des paiements des États-Unis, de Gaulle rĂ©clama Ă  ces derniers la contrepartie en or d'une forte proportion des dollars dĂ©tenus par la France. L'opĂ©ration Ă©tait lĂ©gale, car le dollar Ă©tait dĂ©fini officiellement comme correspondant Ă  1/35 d'once d'or. RĂšglements internationaux obligent, les États-Unis durent obtempĂ©rer et l'or fut transfĂ©rĂ© en France. En 1971, les États-Unis mettront fin Ă  la paritĂ© pour faire « flotter Â» le dollar. À la suite des chocs pĂ©troliers de 1973 et de 1979, les cours de l'or s’envoleront : le conseil de Jacques Rueff Ă©tait judicieux Ă  long terme[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Le « QuĂ©bec libre Â»
Article dĂ©taillĂ© : Vive le QuĂ©bec libre !.

Lors d'une visite d'État au QuĂ©bec en 1967 afin, officiellement, de prendre part aux festivitĂ©s entourant l'expo 67 comme l'avait enjoint le Premier ministre quĂ©bĂ©cois Daniel Johnson, de Gaulle provoqua l'indignation des autoritĂ©s fĂ©dĂ©rales canadiennes, lorsqu'Ă  MontrĂ©al, devant une foule de plus de 100 000 QuĂ©bĂ©cois, il ponctua son discours d'un retentissant : « Vive MontrĂ©al, vive le QuĂ©bec
 vive le QuĂ©bec libre ! Â», saluĂ© par une ovation gĂ©nĂ©rale. Cela dĂ©clencha une crise avec le gouvernement canadien. À la suite du discours de De Gaulle, qui contenait un certain nombre de clins d'Ɠil , le Premier ministre canadien, Lester B. Pearson dĂ©clara ces propos « inacceptables Â». De Gaulle fit rĂ©pondre que le mot inacceptable Ă©tait lui-mĂȘme inacceptable et annula unilatĂ©ralement la visite prĂ©vue Ă  Ottawa. Il repartit sĂ©ance tenante pour la France, dĂ©laissant le croiseur qui l'avait amenĂ©, le Colbert. Le but de De Gaulle n'Ă©tait pas de provoquer un « clash Â» entre le QuĂ©bec et le Canada, mais plutĂŽt de regonfler les « Français du Canada Â» face aux voisins Anglo-Saxons. Il dĂ©clara d'ailleurs dans la foulĂ©e de cette visite au QuĂ©bec, « je leur ai fait gagner 30 ans Â». Sur les critiques, il eut Ă  peu prĂšs ce mot : « il y a trois catĂ©gories de gens que cela va embĂȘter. Les diplomates, mais bon, eux on s'en occupe, les journalistes, mais eux on s'en fout car ils n'Ă©crivent pas l'Histoire, et puis les Anglo-Saxons. Eux ne m'ont jamais aimĂ©, alors
 Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Dans la perspective de la Seconde Guerre mondiale, cette dĂ©claration fut ressentie comme injuste par les Canadiens anglophones qui avaient soutenu la France libre, alors que les QuĂ©bĂ©cois francophones, soucieux de l'indĂ©pendance du Canada vis-Ă -vis du Royaume-Uni, Ă©taient moins enthousiastes pour participer Ă  l'effort de guerre. Des envoyĂ©s de la France libre, Élisabeth de Miribel et le capitaine de vaisseau Georges Thierry d'Argenlieu - dont le titre de supĂ©rieur majeur de la province des Carmes de Paris Ă©tait censĂ© lui valoir le respect des catholiques - tentĂšrent en 1941 de rallier les Canadiens Ă  la cause du gĂ©nĂ©ral de Gaulle, avec un succĂšs tout relatif, puisque les QuĂ©bĂ©cois votĂšrent majoritairement contre la conscription lors du plĂ©biscite du 27 avril 1942, sans toutefois rĂ©ussir Ă  empĂȘcher la victoire du « oui Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Le gouvernement d'Ottawa dut dĂšs cette Ă©poque traiter avec une attention particuliĂšre les revendications du QuĂ©bec qui, fort de cet encouragement qui laissait prĂ©sager un soutien fort de la France si besoin, commença Ă  parler de faire sĂ©cession. Cet exemple est devenu aujourd'hui un cas d'Ă©cole en thĂ©orie des jeux, au mĂȘme titre que la crise des missiles de Cuba.[rĂ©f. nĂ©cessaire]

De plus, lors de sa traditionnelle confĂ©rence de presse de fin d'annĂ©e, Ă  l'ÉlysĂ©e, Charles de Gaulle justifia une fois de plus son geste d'Ă©clat par un discours engagĂ©, ponctuĂ© par un solennel « allons, allons, pour eux aussi, il faut que la France soit la France ! Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Opposition armée

Attentat du Petit-Clamart
Article dĂ©taillĂ© : Attentat du Petit-Clamart.

Un polytechnicien ingĂ©nieur de l'armement nommĂ© Jean Bastien-Thiry ĂągĂ© de 35 ans considĂ©rait l'indĂ©pendance de l'AlgĂ©rie, mĂȘme ratifiĂ©e par rĂ©fĂ©rendum, comme une forfaiture. Il conçut donc, avec l'aide de personnes partageant son point de vue (appartenant Ă  l'OAS - Organisation armĂ©e secrĂšte), d'enlever de Gaulle, voire, si ce rapt se rĂ©vĂ©lait impossible, de le tuer. Un attentat fut ainsi organisĂ© au Rond Point du Petit-Clamart le 22 aoĂ»t 1962. Il Ă©choua, bien que la DS prĂ©sidentielle montrĂąt, parmi les impacts (environ 150 balles tirĂ©es), une trace de balle passĂ©e latĂ©ralement Ă  quelques centimĂštres des visages du couple prĂ©sidentiel. « Cela aurait fait une belle fin Â», commenta de Gaulle en regardant le trou laissĂ© par l'impact[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Dans la dĂ©claration qu'il fit lors de l'ouverture de son procĂšs en 1963, Bastien-Thiry dĂ©veloppa les motivations du complot basĂ© essentiellement sur la politique algĂ©rienne du gĂ©nĂ©ral de Gaulle. Parce qu'il avait fait tirer sur une voiture occupĂ©e par une femme et parce que, contrairement aux autres membres du commando, il n'avait pas pris de risques directs, Bastien-Thiry ne fut pas graciĂ© par le gĂ©nĂ©ral de Gaulle, comme le furent les autres membres du commando (tout comme d'ailleurs les autres membres de l'OAS qui furent pris), mais fusillĂ© au fort d'Ivry, le 11 mars 1963[rĂ©f. nĂ©cessaire].

En 1968, une premiĂšre amnistie permit aux derniers responsables de l'OAS, aux centaines de partisans de l'AlgĂ©rie française encore dĂ©tenus, et Ă  d'autres, exilĂ©s, comme Georges Bidault ou Jacques Soustelle de rentrer en France. D'anciens activistes de l'AlgĂ©rie française se ralliĂšrent alors au gaullisme, en adhĂ©rant au SAC ou aux ComitĂ©s de dĂ©fense de la RĂ©publique (CDR). De Gaulle dĂ©clare Ă  Jacques Foccart le 17 juin 1968 : « Il faut que nous allions vers une certaine rĂ©conciliation. Â» Les autres condamnations pĂ©nales sont effacĂ©es par les lois d'amnistie de 1974 et 1987. Les militaires sont rĂ©intĂ©grĂ©s dans le cadre de rĂ©serve par l'amnistie de 1982[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Autres attentats

L'attentat du Petit-Clamart fut celui qui fut le plus prÚs de réussir. Cependant, et ce malgré l'indépendance de l'Algérie, de nombreux autres attentats furent organisés contre la personne du Général.

  • 8 septembre 1961 : une bombe commandĂ©e Ă  distance est enterrĂ©e sur la route de Colombey, Ă  Pont-sur-Seine, mais la DS prĂ©sidentielle n'est pas endommagĂ©e.
  • 23 mai 1962 : de Gaulle devait ĂȘtre abattu sur le perron de l'ÉlysĂ©e par un tireur postĂ© prĂšs de l'ÉlysĂ©e[33]
  • 15 aoĂ»t 1964 : de Gaulle est en visite au Mont Faron, prĂšs de Toulon. Une jarre avait Ă©tĂ© piĂ©gĂ©e de huit pains de TNT mis Ă  feu Ă  distance. Ceux-ci n'explosent pas, le dĂ©clencheur Ă©tant trop faible[33].

Le thÚme d'un attentat imaginaire contre le général de Gaulle faisant suite à celui du Petit-Clamart fut exploité dans le film Chacal (1973) tiré du roman éponyme de Frederick Forsyth.

Mai 1968

Article dĂ©taillĂ© : Mai 1968.

Outre la rĂ©forme financiĂšre de 1958, la France bĂ©nĂ©ficie des « Trente Glorieuses Â» et de la croissance amorcĂ©e sous la IVe RĂ©publique. Les structures Ă©conomiques sont modernisĂ©es, le niveau de vie s'accroĂźt. Mais la croissance profite inĂ©galement Ă  tous, et un certain dĂ©senchantement apparaĂźt face au blocage de la sociĂ©tĂ©. Les Ă©vĂ©nements de Mai 1968 en sont le rĂ©vĂ©lateur. Comme dans de nombreux pays Ă©trangers, la contestation des Ă©tudiants se dĂ©veloppe Ă  partir de mars 1968. Les syndicats et les partis politiques de gauche profitent des manifestations Ă©tudiantes pour lancer une grĂšve gĂ©nĂ©rale qui sera suivie par les ouvriers. Cette grĂšve gĂ©nĂ©rale paralyse le pouvoir pendant le mois de mai, provoquant une crise grave qui Ă©branle le sommet de l'État[rĂ©f. nĂ©cessaire].

De l'avis de ses propres partisans, de Gaulle a Ă©tĂ© complĂštement surpris par une crise qu'il ne prĂ©voit pas et ne comprend pas. IndiffĂ©rent aux revendications Ă©tudiantes et Ă  la "crise de civilisation" qu'elles rĂ©vĂšlent, il ne voit lĂ  au mieux qu'un gigantesque chahut de jeunes qui ne veulent pas passer leurs examens, au pire une contestation de l'autoritĂ© de l'État Ă  faire cesser sur-le-champ. Dans les premiers jours de mai, ses seules consignes sont de rĂ©primer brutalement les manifestations Ă©tudiantes, contre l'avis de plusieurs de ses ministres qui conseillent l'apaisement. Mettant de l'huile sur le feu, le GĂ©nĂ©ral contribue de fait Ă  l'escalade d'un conflit qu'il aurait Ă©tĂ© facile de circonscrire[rĂ©f. nĂ©cessaire].

AprĂšs la nuit des barricades du 10 mai au 11 mai 1968, de Gaulle, sceptique, laisse toutefois son Premier ministre Georges Pompidou, rentrĂ© d'un voyage en Iran et en Afghanistan[34], mener une nouvelle politique d'apaisement. Pompidou, qui a dĂ» mettre sa dĂ©mission dans la balance, veut Ă©viter dĂ©sormais les heurts, et parie sur l'essoufflement Ă  terme du mouvement.

Du 14 au 18 mai, de Gaulle part en Roumanie, renonçant Ă  annuler un dĂ©placement prĂ©vu de longue date[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Or, en son absence, la grĂšve gĂ©nĂ©rale se dĂ©veloppe et des millions de grĂ©vistes paralysent la France, tandis que la Sorbonne et l'OdĂ©on sont occupĂ©s sans rĂ©action de la police. Seul aux commandes de l'État et de la majoritĂ© parlementaire, Pompidou paraĂźt entre-temps devenu le vrai chef du pays, ne jugeant mĂȘme plus nĂ©cessaire de faire rĂ©fĂ©rence au GĂ©nĂ©ral[rĂ©f. nĂ©cessaire].

À son retour anticipĂ© de Roumanie le 18 au soir, de Gaulle déçoit jusqu'Ă  des fidĂšles inconditionnels en apparaissant dĂ©passĂ© et flottant, sans cette vivacitĂ© et cette efficacitĂ© de rĂ©action qui le caractĂ©risent d'habitude. Il semble Ă©cartelĂ© entre la prudence pompidolienne et la fermetĂ© qu'il prĂȘche lui-mĂȘme. Il attend le 24 au soir pour parler en public, et pour n'annoncer des mesures dĂ©jĂ  Ă©ventĂ©es depuis plusieurs jours, qui ne rĂ©pondent Ă  aucune prĂ©occupation de l'heure. « J'ai mis Ă  cĂŽtĂ© Â», confesse-t-il aussitĂŽt aprĂšs avoir visionnĂ© son allocution. Le GĂ©nĂ©ral expose, dans cette allocution, qu'il entend que l'État doit rĂ©tablir l'ordre, maintenir la RĂ©publique. « La rue, c'est le dĂ©sordre, la menace du totalitarisme, « la chienlit Â» Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Propos du 19 mai, lors d’une entrevue entre le GĂ©nĂ©ral et quelques-uns de ses ministres, dont Georges Pompidou qui le rapporta aux journalistes Ă  sa sortie de l’ÉlysĂ©e. Le soir mĂȘme, de violents incidents Ă©clatent Ă  Paris, on relĂšvera des centaines de blessĂ©s et plusieurs barricades Ă©rigĂ©es[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Le 26 mai, les accords de Grenelle passĂ©s entre le gouvernement Pompidou, les reprĂ©sentants des syndicats et du patronat aboutissent Ă  un train de mesures classiques. De Gaulle prĂ©side le conseil des ministres qui ratifie aussitĂŽt les accords, mais Ă  la surprise de Pompidou et des chefs syndicaux, la base rejette les avancĂ©es de Grenelle, estimant que c'est la sociĂ©tĂ© entiĂšre qui est en cause. Les grĂšves continuent. Le 27, une manifestation au stade CharlĂ©ty lance l'idĂ©e d'un gouvernement provisoire. Le jour mĂȘme, François Mitterrand reprend cette solution et annonce sa candidature Ă  la prĂ©sidence de la RĂ©publique. La crise politique atteint son sommet. À ses visiteurs, de Gaulle apparaĂźt alors Ă©puisĂ© et las. Il gĂ©mit sur cette crise « insaisissable Â» (« on ne saisit pas un torrent avec ses mains Â») et semble accablĂ©, vieilli, dĂ©couragĂ©[rĂ©f. nĂ©cessaire].

La disparition soudaine et inexpliquĂ©e du chef de l'État, parti en hĂ©licoptĂšre le 29 mai pour une destination inconnue, provoque la stupeur et ouvre la voie Ă  toutes les supputations. Il passe par Baden Baden oĂč il est reçu par le gĂ©nĂ©ral Massu. Pense-t-il Ă  se retirer ? Veut-il s'assurer des sentiments de l'ArmĂ©e ou simplement prendre du recul ? Veut-il dĂ©concerter l'adversaire en laissant planer le doute sur ses intentions, et reprendre ainsi l'initiative ? Il semble que toutes ces raisons se soient conjuguĂ©es.[rĂ©f. nĂ©cessaire] En tous cas, dĂšs son retour Ă  Paris le lendemain, son allocution radiodiffusĂ©e a le ton de la fermetĂ©. Il y annonce la dissolution de l'AssemblĂ©e nationale. Elle est suivie d'une immense manifestation organisĂ©e par les gaullistes sur les Champs-ÉlysĂ©es.

De Gaulle Ă©tait prĂȘt Ă  accepter certaines des revendications des manifestants. Il voulut faire approuver les rĂ©formes par rĂ©fĂ©rendum mais Georges Pompidou, en mettant sa dĂ©mission dans la balance, le persuada de plutĂŽt dissoudre l'AssemblĂ©e nationale. De Gaulle l'annonça le 30 mai 1968, dans un discours radiodiffusĂ©, comme l'appel du 18 juin ou l'intervention de 1960 pendant les barricades d'Alger. Les phrases Ă©taient courtes, chacune ou presque une dĂ©cision :

  • « Ă‰tant le dĂ©tenteur de la lĂ©gitimitĂ© nationale et rĂ©publicaine, j'ai envisagĂ©, depuis vingt-quatre heures, toutes les Ă©ventualitĂ©s, sans exception, qui me permettraient de la maintenir Â»
  • « J'ai pris mes rĂ©solutions. Dans les circonstances prĂ©sentes, je ne me retirerai pas. Â»
  • « Je ne changerai pas le Premier ministre, qui mĂ©rite l'hommage de tous. Â»
  • « Je dissous aujourd'hui l'AssemblĂ©e nationale Â»
  • « Je charge les prĂ©fets, devenus ou redevenus Commissaires de la RĂ©publique, d'empĂȘcher la subversion Ă  tout moment et en tous lieux Â»
  • « Quant aux Ă©lections lĂ©gislatives, elles auront lieu dans les dĂ©lais prĂ©vus par la Constitution, Ă  moins qu'on entende bĂąillonner le peuple français tout entier, en l'empĂȘchant de s'exprimer en mĂȘme temps qu'on l'empĂȘche de vivre, par les mĂȘmes moyens qu'on empĂȘche les Ă©tudiants d'Ă©tudier, les enseignants d'enseigner, les travailleurs de travailler. Ces moyens, ce sont l'intimidation, l'intoxication et la tyrannie exercĂ©es par des groupes organisĂ©s de longue date en consĂ©quence et par un parti qui est une entreprise totalitaire, mĂȘme s'il a dĂ©jĂ  des rivaux Ă  cet Ă©gard Â». De Gaulle opposait ainsi le Parti communiste français aux groupes maoĂŻstes, alors que le premier semblait dĂ©jĂ  bien dĂ©passĂ© par les Ă©vĂ©nements. En clouant le PCF au pilori et lui prĂȘtant une visĂ©e subversive dĂ©libĂ©rĂ©e, de Gaulle rompt avec la stratĂ©gie de Pompidou, qui n'a cessĂ© de nĂ©gocier avec le Parti au long du mois : ce dernier Ă©tant objectivement l'alliĂ© du gouvernement contre les gauchistes et pour le retour Ă  l'ordre[rĂ©f. nĂ©cessaire].

La fin du discours mentionne au sujet d'une dĂ©claration antĂ©rieure, et sans la citer, « l'ambition et la haine de politiciens au rancart Â» et affirme qu'aprĂšs avoir Ă©tĂ© utilisĂ©s « ces personnages ne pĂšseraient pas plus que leur poids, qui ne serait pas lourd Â». Mais le GĂ©nĂ©ral nĂ©glige les 44,5 % des voix qui se sont portĂ©es en 1965 sur Mitterrand au second tour de la prĂ©sidentielle, ou encore le simple siĂšge de sa majoritĂ© aux Ă©lections lĂ©gislatives de 1967.

AprĂšs les discours un peu dĂ©cevants qui avaient prĂ©cĂ©dĂ©, la France semblait retrouver son « de Gaulle des grands jours Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Une manifestation fut organisĂ©e pour faire penser Ă  celle du 13 mai 1958[rĂ©f. nĂ©cessaire] et fut crĂ©ditĂ©e d'un million de participants selon les organisateurs, sept cent mille selon la prĂ©fecture de police. Les Ă©lections de juin 1968 furent un grand succĂšs pour la droite qui obtient 354 des 487 siĂšges (du jamais vu dans l'histoire du parlementarisme français). Georges Pompidou fut remplacĂ© par Maurice Couve de Murville au mois de juillet.

La campagne des lĂ©gislatives occupa les forces politiques, tandis que la reprise du travail se faisait progressivement. La reprise en main, autoritaire, se fait parfois sans mĂ©nagement. Les groupuscules gauchistes sont dissous, l'OdĂ©on et la Sorbonne Ă©vacuĂ©s, les journalistes grĂ©vistes de l'ORTF licenciĂ©s (un tiers de l'effectif total)[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Des ComitĂ©s d'action civique, rĂ©pondant Ă  l'appel de De Gaulle, se constituent pour dresser des listes noires de grĂ©vistes et d'agitateurs notoires, et la police mĂȘme renoue avec la brutalitĂ© des premiers jours de mai (quatre morts Ă  dĂ©plorer en juin 1968). Cependant, de Gaulle bĂ©nĂ©ficie de la lassitude d'une opinion qui aprĂšs avoir manifestĂ© jusque fin mai sa sympathie majoritaire pour les rĂ©voltĂ©s, commence Ă  se fatiguer de l'absence de perspectives du mouvement.

Les Ă©lections n'ont pourtant pas assez redynamisĂ© le pouvoir. L'AssemblĂ©e nationale, plus Ă  droite, est aussi plus frileuse face aux rĂ©formes pourtant nĂ©cessaires (participation, rĂ©gionalisation, rĂ©forme de l'Université ). L'ÉlysĂ©e semble plus coupĂ©e des Français, la confiance n'est pas vraiment rĂ©tablie[rĂ©f. nĂ©cessaire]. L'Ă©viction du vrai vainqueur de la crise, Pompidou, a Ă©tĂ© mal comprise, et ce dernier fait dĂ©sormais figure de recours et de successeur potentiel. De Gaulle n'est plus irremplaçable.

Le rĂ©fĂ©rendum du 27 avril 1969 : dĂ©part du pouvoir

Charles de Gaulle et le prĂ©sident amĂ©ricain Richard Nixon, le 3 fĂ©vrier 1969.

Dans un rĂ©fĂ©rendum portant sur le transfert de certains pouvoirs aux rĂ©gions et la fusion du SĂ©nat avec le Conseil Ă©conomique et social[35], de Gaulle proposait d'introduire des reprĂ©sentants des organisations professionnelles et syndicales au sein des conseils rĂ©gionaux. Mettant tout son poids dans le rĂ©fĂ©rendum, il annonça Ă  l'avance son intention de dĂ©missionner en cas de victoire du « non Â». Celui-ci, auquel s'Ă©tait ralliĂ© ValĂ©ry Giscard d'Estaing, l'emporta par 52,41 % le 27 avril 1969. Quelques minutes aprĂšs minuit, le 28 avril 1969, un communiquĂ© laconique tombe de Colombey : « Je cesse d'exercer mes fonctions de prĂ©sident de la RĂ©publique. Cette dĂ©cision prend effet aujourd'hui Ă  midi Â»[36].

L'aprĂšs-pouvoir

Ce communiquĂ© est le dernier acte public de « l'homme du 18 juin Â» : pour Ă©viter d'ĂȘtre impliquĂ© dans sa propre succession, il passe le temps de la campagne en Irlande oĂč il vote par procuration; ensuite il s'enferme Ă  La Boisserie pour y Ă©crire ses MĂ©moires d'espoir qui prendront la suite des MĂ©moires de guerre; il y mĂšnera une existence retirĂ©e voire recluse, n'y recevant que quelques anciens collaborateurs ou anciens ministres auxquels il conserve estime et confiance[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Il voyagea aussi en Espagne oĂč il rendit une visite de courtoisie au gĂ©nĂ©ral Franco[Note 5], dĂ©clarant regretter ne pas avoir pu le rencontrer plus tĂŽt du fait des circonstances internationales. MĂȘme si de Gaulle n'exerçait plus alors de charge publique, qu'un homme de son prestige aille confĂ©rer admirativement avec le dictateur espagnol suscita de nombreuses critiques. AndrĂ© Malraux ne cacha pas que, si la rencontre s'Ă©tait tenue du temps oĂč il Ă©tait au gouvernement, il aurait dĂ©missionnĂ©[rĂ©f. nĂ©cessaire].

DĂ©cĂšs

Tombe de Charles de Gaulle à Colombey-les-Deux-Églises

Le 9 novembre 1970, comme Ă  l'accoutumĂ©e, il entame une partie de patience. À 19h10, il est pris d'un malaise causĂ© par une rupture d'anĂ©vrisme. Il meurt Ă  19h30. La nouvelle n'est communiquĂ©e que le lendemain par une brĂšve allocution tĂ©lĂ©visĂ©e de Georges Pompidou. Sa mort, qui selon l'expression de son successeur, laisse « la France veuve Â», est l'occasion de prendre la mesure du rĂŽle jouĂ© par de Gaulle dans l'histoire de France. Le soir de ses obsĂšques Ă  Colombey et alors que de nombreux chefs d'État Ă©trangers sont rassemblĂ©s pour honorer sa mĂ©moire Ă  Notre-Dame de Paris, plusieurs centaines de milliers de Parisiens remontent l'avenue des Champs-ÉlysĂ©es dans la nuit, par une pluie battante, pour rendre hommage Ă  de Gaulle[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Seul l'hebdomadaire satirique Hara-Kiri osa un titre provocateur : « Bal tragique Ă  Colombey, un mort Â» (l’opinion Ă©tait encore sous le choc de l’incendie d’un dancing qui avait causĂ© 146 morts une semaine plus tĂŽt Ă  Saint-Laurent-du-Pont), et fut interdit de diffusion[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Son testament[37] qu’il avait rĂ©digĂ© en 1952 en trois exemplaires numĂ©rotĂ©s, reste une derniĂšre gifle d’outre-tombe aux conventions :

  • « Je veux ĂȘtre enterrĂ© Ă  Colombey Â».
  • « Ă€ mes obsĂšques, ni prĂ©sidents, ni ministres, ni n’importe quels autres reprĂ©sentants de quelconque assemblĂ©e Â» (le ministre des Finances, ValĂ©ry Giscard d'Estaing, s’y rend tout de mĂȘme en argumentant que ce n'est pas en ministre qu’il vient, mais en simple Français. Tous les autres officiels, le prĂ©sident Nixon compris, se contentent d’assister au mĂȘme moment Ă  une simple messe en son honneur Ă  Notre-Dame de Paris).
  • « Juste les Compagnons de la LibĂ©ration Â» (ce qui incluait Jacques Chaban-Delmas et AndrĂ© Malraux).
  • « Sur ma tombe : Charles de Gaulle, 1890-... Rien d’autre Â»
  • « Je dĂ©clare refuser d'avance toute distinction, promotion, dignitĂ©, citation, dĂ©coration, qu'elle soit française ou Ă©trangĂšre. Si l'une quelconque m'Ă©tait dĂ©cernĂ©e, ce serait en violation de mes derniĂšres volontĂ©s. Â»

Postérité

Hommages

Statue du général de Gaulle dans la ville de Québec, au Canada.

En 1972, est inaugurĂ© sur les hauteurs de Colombey-les-Deux-Églises le mĂ©morial GĂ©nĂ©ral de Gaulle, signalĂ© par une grande croix de Lorraine en granite. Le nouveau mĂ©morial Charles de Gaulle est inaugurĂ© le 11 octobre 2008 par Nicolas Sarkozy, prĂ©sident de la RĂ©publique française, et Angela Merkel, chanceliĂšre fĂ©dĂ©rale d'Allemagne[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Inauguré en février 2008 dans les sous-sols de l'HÎtel des Invalides, l'historial Charles de Gaulle est une des composantes du Musée de l'Armée.

Le nom de Charles de Gaulle a Ă©tĂ© donnĂ© Ă  de nombreuses artĂšres, des ponts ou des bĂątiments importants des villes françaises[rĂ©f. nĂ©cessaire] : la rue du GĂ©nĂ©ral-de-Gaulle Ă  Sainte-Adresse (ville oĂč le pĂšre de De Gaulle est enterrĂ©), par exemple. Sans dresser de liste de ces milliers de communes qui lui ont ainsi rendu hommage, on peut citer notamment la place Charles-de-Gaulle (anciennement place de l'Étoile) et le pont Charles-de-Gaulle Ă  Paris, l'aĂ©roport Roissy-Charles-de-Gaulle (ex-aĂ©roport de Roissy) et le porte-avions nuclĂ©aire Charles-de-Gaulle. À l'Ă©tranger, au Caire par exemple, on trouve la rue Charles-de-Gaulle, adjacente Ă  la rue Georges-Pompidou, ou alors, au QuĂ©bec, un pont qui relie l'Ăźle de MontrĂ©al Ă  sa rive-nord, a Ă©tĂ© nommĂ© en son honneur.

Quelques annĂ©es aprĂšs la mort de De Gaulle, beaucoup d'hommes[Qui ?] qui l'avaient critiquĂ© de son vivant commencĂšrent Ă  se rĂ©clamer de lui. Lors du 25e anniversaire de son dĂ©cĂšs, en 1995, un sondage publiĂ© par Le Monde Ă©tablissait que 80 % des Français jugeaient positivement l'action du GĂ©nĂ©ral. Une Ă©mission de France 2 le proclama Ă©lu par les tĂ©lĂ©spectateurs « le plus grand Français de tous les temps Â» (2006). Une partie des centristes, de la gauche voire de l'extrĂȘme-gauche, Ă  l'image de RĂ©gis Debray, dĂ©clare aujourd'hui trouver en lui un inspirateur. Tout cela a permis Ă  beaucoup de rappeler une phrase cĂ©lĂšbre d'AndrĂ© Malraux : « Tout le monde a Ă©tĂ©, est ou sera gaulliste. Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire]

Charles de Gaulle est probablement le Français le plus connu au monde avec NapolĂ©on[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Des statues lui ont Ă©tĂ© Ă©rigĂ©es aussi bien Ă  QuĂ©bec ou Londres qu'Ă  Varsovie ou Moscou. La Chine communiste lui garde une forte reconnaissance publique pour l'avoir reconnue diplomatiquement en 1964. IsraĂ«l ressentit d'autant plus durement ses dĂ©clarations fracassantes de 1967 que le culte populaire qui y Ă©tait vouĂ© Ă  l'homme du 18 juin ne pouvait se comparer jusque-lĂ , comme le rappelle Éric Roussel, qu'Ă  celui du « PĂšre de la nation Â» David Ben Gourion. Le monde arabe se souvient de ses critiques contre l'occupation de Gaza et de la Cisjordanie, et un Ben Bella rendit hommage Ă  de Gaulle comme au plus valeureux adversaire du FLN, « celui qui nous porta les plus rudes coups Â», mais qui finit par accepter l'indĂ©pendance algĂ©rienne[38]. À ceux qui lui reprochaient d'ĂȘtre restĂ© un client de la France gaullienne, LĂ©opold Senghor rĂ©pliquait que peu de chefs d'État occidentaux pouvaient se vanter d'avoir risquĂ© personnellement leur vie pour conduire une colonie Ă  l'indĂ©pendance. Il n'est pas jusqu'au maĂźtre de Cuba, Fidel Castro, qui ne dĂ©clara devant les camĂ©ras avoir trouvĂ© un modĂšle en de Gaulle Ă  la lecture de ses MĂ©moires de guerre. L'AmĂ©rique latine ou le Viet NĂąm apprĂ©cient encore le pourfendeur de la domination amĂ©ricaine, le QuĂ©bec le contempteur de la prĂ©dominance anglophone. Seuls les États-Unis gardent un souvenir mĂȘlĂ© d'un homme qui fut leur alliĂ©, mais qui se mit aussi souvent en travers de leur chemin, et qui leur sembla symboliser les travers nationalistes et les prĂ©tentions excessives d'un pays devenu une puissance de deuxiĂšme ordre[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Legs historique

DĂ©cor de l'office de tourisme de Colombey-les-Deux-Églises.
StĂšle Charles de Gaulle Ă  Massy (Essonne).

La Constitution de 1958 a maintenant cinquante ans et le rĂ©gime politique instaurĂ© n'est plus guĂšre contestĂ©, il y a lĂ  un facteur d'apaisement notable par rapport aux Ă©poques antĂ©rieures tandis que l'Homme de Londres est entrĂ© dans un passĂ© mythique oĂč pour les Français, il incarna Ă  lui seul l'opposition Ă  Vichy.

Les annĂ©es que Jean FourastiĂ© a nommĂ©es les Trente glorieuses (1945-1975) ont laissĂ© aux Français le souvenir d'une Ă©poque, sinon heureuse (deux guerres coloniales), au moins de croissance et de prospĂ©ritĂ©. « Nous ne sommes pas les plus riches, nous ne sommes pas les plus puissants, mais je vous garantis que nous sommes parmi les plus heureux Â», affirma Georges Pompidou lors de vƓux usuels de nouvel an aux Français. Or la fin de cette pĂ©riode heureuse se trouve correspondre Ă  peu prĂšs Ă  celle de De Gaulle : difficile dans ces conditions de sĂ©parer objectivement ce qui est dĂ» Ă  l'homme et Ă  son dauphin dĂ©signĂ© de ce qui est dĂ» Ă  l'Ă©conomie, d'autant que les deux n'Ă©taient pas exempts d'imbrication[rĂ©f. nĂ©cessaire].

De façon plus anecdotique, le premier prĂ©sident de la Ve RĂ©publique apparaĂźt en revanche aujourd'hui comme un des derniers grands « fabricants d'histoire Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire], qui a su souvent mener les Ă©vĂ©nements au lieu de se laisser mener par eux. Son vocabulaire non conventionnel pour un homme politique de l'Ă©poque et de cet Ăąge (« culbute Â», « chienlit Â»), son humour (« Croit-on que je vais commencer, Ă  soixante-sept ans, une carriĂšre de dictateur ? Â»), son sens de la repartie (au cours d'une confĂ©rence de presse, il rĂ©pondit Ă  un journaliste dont la question Ă©tait simplement « Comment allez-vous ? Â» : « Je ne vais pas mal. Mais rassurez-vous : un jour je ne manquerai pas de mourir Â»[39]), son mĂ©pris affichĂ© des partis politiques, sa dĂ©fiance envers une droite qui ne l'aimait pas et le lui fit voir en 1969, comme envers une gauche qui n'avait jamais vraiment soutenu le projet de participation des salariĂ©s aux bĂ©nĂ©fices de leur entreprise qui lui Ă©tait cher, tout cela a conduit nombre de Français Ă  ressentir pour lui, fĂ»t-ce tardivement, le mĂȘme genre de sympathie qu'envers Jean Yanne ou Coluche[rĂ©f. nĂ©cessaire]. De Gaulle, c'Ă©tait, dans un esprit trĂšs « AstĂ©rix Â» : « Le petit qui n'a pas peur des gros Â». On ne s'Ă©tonnera pas de sa dĂ©claration que son livre prĂ©fĂ©rĂ© Ă©tait Cyrano de Bergerac. Et il fit un jour cette remarque ironique : « Au fond, vous savez, mon seul rival international, c'est Tintin[40]! Â».

Bibliographie

ƒuvres de Charles de Gaulle

  • Une mauvaise rencontre Imp. de Montligeon, 1906 (Ă©crit Ă  15 ans)
  • La CongrĂ©gation, Hors de France Revue du collĂšge d'Antoing (n° 6) 1908
  • Carnet de campagne d'un officier français Revue de Paris (n° 6) 1920
  • La Discorde chez l'ennemi Berger-Levrault 1924
  • Le Flambeau (1re et 2e parties) Revue militaire (n° 69 et 70) 1927
  • La DĂ©faite, question morale 1927-1928
  • Philosophie du recrutement Revue de l'Infanterie (n° 439) 1929
  • La Condition des cadres dans l'armĂ©e 1930-1931
  • Histoire des troupes du Levant Imp. nationale 1931 (en collaboration avec le cdt Yvon, le col de Mierry collaborant Ă  la prĂ©paration du texte final)
  • Le fil de l'Ă©pĂ©e Berger-Levrault 1932
  • Combats du Temps de paix Revue de l'Infanterie (n° 476) 1932
  • Pour une politique de dĂ©fense nationale Revue Bleue (n° 3) 1933
  • Le soldat de l'AntiquitĂ© Revue de l'Infanterie 1933
  • Forgeons une armĂ©e de mĂ©tiers Revue des Vivants 1934
  • Vers l'armĂ©e de mĂ©tier Berger-Levrault 1934
  • Le problĂšme belge Revue DĂ©fense Nationale 1936
  • La France et son ArmĂ©e Plon 1938
  • Trois Ă©tudes Berger-Levrault 1945 (RĂŽle historique des places fortes ; Mobilisation Ă©conomique Ă  l'Ă©tranger ; Comment faire une armĂ©e de mĂ©tier) suivi par le MĂ©morandum du 26 janvier 1940.
  • MĂ©moires de guerre
    • Volume I - L'Appel, 1940-1942 Plon 1954
    • Volume II - L'UnitĂ©, 1942-1944 Plon 1956
    • Volume III - Le Salut, 1944-1946 Plon 1959
  • MĂ©moires d'espoir
    • Volume I - Le Renouveau, 1958-1962 Plon 1970
    • Volume II - L'effort, 1962
 Plon 1971
  • Discours et Messages
    • Volume I - Pendant la Guerre, 1940-1946 Plon 1970
    • Volume II - Dans l'attente, 1946-1958 Plon 1970
    • Volume III - Avec le Renouveau, 1958-1962 Plon 1970
    • Volume IV - Pour l'Effort, 1962-1965 Plon 1970
    • Volume V - Vers le Terme, 1966-1969 Plon 1970
  • Lettres, Notes et Carnets
    • Tome 1 - 1905-1918 Plon 1980
    • Tome 2 - 1919-Juin 1940 Plon 1980
    • Tome 3 - Juin 1940-Juillet 1941 Plon 1981
    • Tome 4 - Juillet 1941-Mai 1943 Plon 1982
    • Tome 5 - Juin 1943-Mai 1945 Plon 1983
    • Tome 6 - Mai 1945-Juin 1951 Plon 1984
    • Tome 7 - Juin 1951-Mai 1958 Plon 1985
    • Tome 8 - Juin 1958-DĂ©cembre 1960 Plon 1985
    • Tome 9 - Janvier 1961-DĂ©cembre 1963 Plon 1986
    • Tome 10 - Janvier 1964-Juin 1966 Plon 1986
    • Tome 11 - Juillet 1966-Avril 1969 Plon 1987
    • Tome 12 - Mai 1969-Novembre 1970 Plon 1988
    • Tome 13 - ComplĂ©ments de 1924 Ă  1970 Plon 1997
  • Textes, allocutions dĂ©clarations et notes. La Documentation française n° 216 (25 septembre 1967)
    • Voyage en Pologne du gĂ©nĂ©ral de Gaulle, prĂ©sident de la RĂ©publique (6 - 11 septembre 1967)

ƒuvres consacrĂ©es Ă  Charles de Gaulle

L'homme

  • Jacques Laurent, Mauriac sous de Gaulle (La Table Ronde, 1964)
  • Pierre Louis Blanc, Charles de Gaulle au soir de sa vie (Fayard, 1990)Prix Pierre Lafue
  • Charles MorazĂ©, Le GĂ©nĂ©ral de Gaulle et la RĂ©publique (Flammarion, 1993, coll. "Vieux Fonds Fic", (ISBN 2080605593)
  • Henri de Kerillis, De Gaulle dictateur. Une grande mystification de l'histoire (MontrĂ©al, Beauchemin, 1945 (pamphlet contestable)
  • Alain de Boissieu : Pour combattre avec de Gaulle (1940-1945) et Pour servir le GĂ©nĂ©ral (1946-1970)
  • Anne et Pierre Rouanet, Les Trois Derniers Chagrins du gĂ©nĂ©ral de Gaulle (Paris, Grasset, 1980)
  • Jean-François Revel, Le Style du GĂ©nĂ©ral (Ă©d. Complexe, 1988)
  • Jean Lacouture, De Gaulle (Paris, Éditions du Seuil (3 volumes) : 1 — Le Rebelle (1890-1944), 2 — Le Politique (1944-1959), 3 — Le Souverain (1959-1970), 1984, 1985 et 1986. Paris, « Points Histoire Â», 1990
  • Odile Rudelle, De Gaulle pour mĂ©moire (Éditions Gallimard, 1991)
  • Adrien Le Bihan, "Le GĂ©nĂ©ral et son double. De Gaulle Ă©crivain", Paris, Flammarion, 1996.
  • Yves Amiot, La capture, De Gaulle Ă  Douaumont 2 mars 1916 (Editions Ulysse, 1997)
  • Paul-Marie de La Gorce, De Gaulle (Éditions Perrin, 2000)
  • Éric Roussel, De Gaulle (2 tomes : 1890-1945 et 1946-1970), Éditions Gallimard et Tempus, 2002
  • Max Gallo, De Gaulle (4 tomes : L'Appel du Destin (1890-1940), La Solitude du Combattant (1940-1946), Le Premier des Français (1946-1962) et La Statue du Commandeur (1962-1970)) Robert Laffont et Pocket, 1998
  • Paul-Marie CoĂ»teaux, Le gĂ©nie de la France. Tome I : De Gaulle philosophe (Paris, Jean-Claude LattĂšs. 323 p., 2002)
  • Philippe de Gaulle, De Gaulle, mon PĂšre. Entretiens avec Michel Tauriac (Paris, Plon, 2003)
  • Dominique Venner, De Gaulle, la grandeur et le nĂ©ant (Monaco, Éditions du Rocher. 300 p., 2004)
  • Julian Jackson, De Gaulle. Au-delĂ  de la lĂ©gende (Alvik, 2004)
  • Guy Forzy, Ça aussi, c'Ă©tait De Gaulle (Dualpha, 2004)
  • Henri-Christian Giraud (dir.), RĂ©plique Ă  l'amiral de Gaulle (Monaco, Ă©d. du Rocher, coll. « Documents Â», 2004)
  • Henri Guillemin, Le GĂ©nĂ©ral clair obscur (Paris, Le Seuil)
  • Alain Larcan, De Gaulle : le soldat Ă©crivain (Paris : Textuel, coll. « Passion Â», 2005, 191 p., 29 cm, (ISBN 2-84597-115-X)
  • Guillaume Piketty, Dictionnaire de Gaulle (Robert Laffont, 2006)
  • Philippe de Gaulle-Michel Tauriac, Mon pĂšre en images (Michel Lafon, 2006 - ouvrage de photos inĂ©dites)
  • Yves GuĂ©na, De Gaulle (GrĂŒnd, collection "Histoire sur le vif", 2007, 64 pages (illustrations couleurs, plus de 60 fac-similĂ©s) (ISBN 2700016963)
  • Corinne Maier, Le GĂ©nĂ©ral de Gaulle Ă  la lumiĂšre de Jacques Lacan (L'Harmattan, 2001) (ISBN 274750297X)
  • Charles de Gaulle - Je suis un français libre, album de photos prĂ©facĂ© par Didier Hamon (Jacques-Marie Laffont Ă©diteur, 2004)
  • Riccardo Brizzi - Michele Marchi, Charles de Gaulle (Bologna, Il Mulino, 2008)
  • Max Gallo (avec la participation d'Yves GuĂ©na) De Gaulle, les images d'un Destin, (Editions du Soleil, Fondation Charles de Gaulle)

La politique

Ouvrages généraux
Études thĂ©matiques
La RĂ©sistance
  • Fondation et Institut Charles de Gaulle, « Avec de Gaulle, tome 1, La Guerre et la Reconstruction Â» (Ă©d. Nouveau Monde, (ISBN 2-84736-026-3)
  • Robert Belot, « La RĂ©sistance sans de Gaulle Â» (Fayard, 2006)
  • Jean-Louis CrĂ©mieux-Brilhac, « La France libre Â» (Paris, Gallimard, 1996)
  • Yves Maxime Danan, « La vie politique Ă  Alger de 1940 Ă  1944 Â» (Paris, Librairie gĂ©nĂ©rale de Droit et de Jurisprudence, 1963)
  • François Kersaudy, « De Gaulle et Churchill, la mĂ©sentente cordiale Â» (Paris, Éditions Perrin, 2003, (ISBN 2-262-02019-1)
  • François Kersaudy, « De Gaulle et Roosevelt : le duel au sommet Â» (Éditions RĂ©mi Perrin, 2004)
  • Philippe Ratte, « Charles de Gaulle Â» (Ă©d. Nouveau Monde, 2005, (ISBN 2-84736-095-6)
  • Elisabeth de Miribel, La libertĂ© souffre violence (Plon, 1981)
De Gaulle, opposant Ă  la IVe RĂ©publique
  • Fondation Charles-de-Gaulle et universitĂ© Michel-de-Montaigne-Bordeaux-III, De Gaulle et le RPF (Armand Colin, 1998
  • Jean Charlot, Le Gaullisme d'opposition. 1946-1958 (Fayard, 1983)
  • FrĂ©dĂ©ric Turpin, De Gaulle, les gaullistes et l'Indochine (Les Indes Savantes, 2005)
La Guerre d'Algérie
  • Pierre Abramovici et Gabriel PeriĂšs, « La Grande Manipulation Â» (Hachette, 2006)
  • Georges-Marc Benamou, « Un mensonge français Â» (Robert Laffont, 2003)
  • Jean-Paul Brunet, « Charonne. LumiĂšres sur une tragĂ©die» (Flammarion, 2003)
  • Alain Dewerpe, « Charonne, 8 fĂ©vrier 1962. Anthropologie historique d'un massacre d'État Â» (Gallimard, coll. « Folio Â»-histoire, 2006)
  • Mohamed Harbi et Benjamin Stora (dir.), « La Guerre d'AlgĂ©rie Â» (Éditions Robert Laffont, 2004, (rĂ©Ă©d. Hachette, « Pluriel Â»-histoire, 2005)
  • Irwin Wall, Les États-Unis et la guerre d'AlgĂ©rie (Éditions Soleb, 2006)
Le retour au pouvoir en 1958
La présidence
  • Serge Berstein, La France de l'expansion, t.1 La RĂ©publique gaullienne (1958-1969) (Seuil, coll. "Points Histoire", 1989)
  • Jean Charlot, Le PhĂ©nomĂšne gaulliste (Fayard, 1970)
  • Jean ClĂ©mentin, L'Affaire Fomasi (Grasset, 1969)
  • Jean Cosson, Les Industriels de la fraude fiscale (Jean de Bonnot, 1986)
  • François Mitterrand, Le Coup d'État permanent (Plon, 1964, rĂ©Ă©d. Julliard, 1984, et 10/18, 1993)
  • Pierre PĂ©an, Affaires africaines (Paris, Ă©d. Fayard, 1983) ; L'Homme de l'ombre. ÉlĂ©ments d'enquĂȘte sur Jacques Foccart, l'homme le plus mystĂ©rieux et le plus puissant de la Ve RĂ©publique (Fayard, 1990)
  • Pierre Viansson-PontĂ©, Histoire de la RĂ©publique gaullienne (Hachette, « Pluriel Â», deux vol., 1994 [1re Ă©d., 1970]

TĂ©moignages et souvenirs

  • Fondation Charles de Gaulle, Avec de Gaulle : tĂ©moignages. Tome 2, Le temps du rassemblement, 1946-1958 (Paris, Nouveau Monde Ă©d., 2005. 502 p., 23 cm. (ISBN 2-84736-053-0)
  • Lucien Bitterlin, Nous Ă©tions tous des terroristes (Paris, Ă©d. TĂ©moignage chrĂ©tien, 1983)
  • Jacques Foccart, Journal de l'ÉlysĂ©e, Paris, Ă©d. Fayard/Jeune Afrique, tomes 1 (Tous les soirs avec de Gaulle. 1965-1967, 1997) et 2 (Le GĂ©nĂ©ral en mai. 1967-1968, 1998)
  • Claude Guy, En Ă©coutant de Gaulle. Journal. 1946-1949 (Paris, Grasset, 1996)
  • Constantin Melnik, Mille jours Ă  Matignon. Raisons d'État sous de Gaulle. Guerre d'AlgĂ©rie, 1959-1962 (Grasset, 1988) ; La mort Ă©tait leur mission (Paris, Plon, 1996) ; Politiquement incorrect (Plon, 1999)
  • Jules Moch, Rencontres avec Charles de Gaulle (Plon, 1971)
  • Alain Peyrefitte, C'Ă©tait de Gaulle (Paris, Gallimard, « Quarto Â», 2002)
  • Jean Pierre-Bloch, De Gaulle ou le temps des mĂ©prises (Paris, La Table Ronde, 1969)

Filmographie

  • Bernard Stora, Le Grand Charles, France TĂ©lĂ©vision, 2006, ASIN B000E5OARA
  • Laurent Herbier, Adieu de Gaulle, Adieu inspirĂ© du roman La Fuite Ă  Baden d'HervĂ© BentĂ©geat, tĂ©lĂ©film diffusĂ© sur Canal+ en avril 2009

Discographie

  • Charles de Gaulle, Discours historiques 1940-1969 (disque 33t)

Notes et références

Notes

  1. ↑ Promotion de Fùs dont le major fut Alphonse Juin
  2. ↑ « Alors, au spectacle de ce peuple Ă©perdu et de cette dĂ©route militaire, au rĂ©cit de cette insolence militaire de l'adversaire, je me sens soulevĂ© d'une fureur sans bornes. Ah ! C'est trop bĂȘte ! La guerre commence infiniment mal. Il faut donc qu'elle continue. Il y a, pour cela, de l'espace dans le monde. Si je vis, je me battrai, oĂč qu'il faudra, tant qu'il faudra, jusqu'Ă  ce que l'ennemi soit dĂ©fait et lavĂ©e la tache nationale. Ce que j'ai pu faire, par la suite, c'est ce jour-lĂ  [16 mai] que je l'ai rĂ©solu. Â» in MĂ©moires de guerre, tome I L'Appel, Charles de Gaulle, Ă©dition BibliothĂšque de la PlĂ©iade, 1956, p35-36
  3. ↑ Le gĂ©nĂ©ral de Gaulle ne retiendra que le nom de Thierry d'Argenlieu dans ses mĂ©moires. Le texte exact de L'appel de De Gaulle est : « Le 21 juillet [1940], j'obtins que plusieurs de nos aviateurs prissent part Ă  un bombardement de la Ruhr et fis publier que les Français libres avaient repris le combat. Entre-temps, tous nos Ă©lĂ©ments, suivant l'idĂ©e Ă©mise par d'Argenlieu, adoptĂšrent comme insigne la Croix de Lorraine. Â» (Charles de Gaulle, MĂ©moires de guerre, L'appel (1940-1942), chap. « La France libre Â», Plon, 1954, (ISBN 978-2-266-09526-6), (repris par Ă©dit. Pocket, p. 99).
  4. ↑ volapĂŒk, Dante, Goethe, Chateaubriand, appartiennent Ă  toute l'Europe dans la mesure mĂȘme oĂč ils Ă©taient respectivement et Ă©minemment Italien, Allemand et Français. Ils n'auraient pas beaucoup servi l'Europe s'ils avaient Ă©tĂ© des apatrides et qu'ils avaient pensĂ©, Ă©crit en quelque espĂ©ranto ou volapĂŒk intĂ©grĂ©s. Charles de Gaulle, confĂ©rence de presse du 15 mai 1962.
  5. ↑ Winston Churchill et Dwight Eisenhower l'avaient prĂ©cĂ©dĂ© plusieurs annĂ©es auparavant, l'un officieusement lors de ses nombreuses escapades en Espagne, l'autre officiellement

Références

  1. ↑ cf. aussi William/Wilhelm et Guillaume
  2. ↑ cf. actes notariaux du XVIIe siĂšcle notamment
  3. ↑ MĂ©mento typographique, Ch. Gouriou, Ă©ditions du Cercle de la Librairie, §58
  4. ↑ Pierre-Marie Dioudonnat, Simili-Nobiliaire français, SĂ©dopol, 2002 (ISBN 2-904177-19-1); RĂ©gis Valette, Catalogue de la noblesse française subsistante au XXIe siĂšcle
  5. ↑ Cabinet des Titres : ChĂ©rin et d'Hozier. RĂ©gis Valette Catalogue de la noblesse française subsistante au XXIe siĂšcle, mais aussi Jouglas de Morenas, etc., sans oublier Philippe du Puy de Clinchamps.
  6. ↑ François Flohic, Souvenirs d’Outre-Gaulle, Paris, Plon, 1979, p. 208 (en citant Richard Hayes, Biographical Dictionary of Irishmen in France, Dublin, Gill, 1949, p. 163). « Il n’y avait rien de surprenant Ă  ce que de Gaulle connĂ»t aussi bien l’histoire de l’Irlande. Par sa grand-mĂšre maternelle, JosĂ©phine Anne Marie Maillot, Charles de Gaulle descendait de ce clan MacCartan, originaire du district de Kinclarty dans le comtĂ© de Down, dont un cadet – Anthony MacCartan – par fidĂ©litĂ© Ă  la cause jacobite, avait dĂ©barquĂ© de son Irlande natale pour prendre du service dans la Brigade irlandaise du roi de France et faire souche dans le Nord Ă  l’orĂ©e du XVIIIe siĂšcle. Parfois il y a confusion entre Kinclarty dans le l'Irlande du Nord et Killarney, au sud-ouest. Â»
  7. ↑ Philippe Foro, «Charles de Gaulle et François Mitterrand : regards croisĂ©s sur l'Allemagne Ă  partir de leur expĂ©rience de la captivité», dans : Sylvie Caucanas/RĂ©my Cazals/Pascal Payen (Dir.), Les prisonniers de guerre dans l'Histoire. Contacts entre peuples et cultures, Privat, Toulouse, 2003, p. 280.
  8. ↑ Philippe Foro, «Charles de Gaulle et François Mitterrand : regards croisĂ©s sur l'Allemagne Ă  partir de leur expĂ©rience de la captivité», dans : Sylvie Caucanas/RĂ©my Cazals/Pascal Payen (Dir.), Les prisonniers de guerre dans l'Histoire. Contacts entre peuples et cultures, Privat, Toulouse, 2003, p. 279.
  9. ↑ Max Gallo, De Gaulle, tome premier : L'Appel du destin, III, 10
  10. ↑ TĂ©moignage du gĂ©nĂ©ral PerrĂ© le 11 juin 1966, repris par la presse internationale. En dĂ©pit des appels des gaullistes militants, l'ÉlysĂ©e n'opposa aucun dĂ©menti.
  11. ↑ « Et au milieu de tout cela, d'innombrables [
] dĂ©testĂ©s Ă  mort de toutes les classes de la sociĂ©tĂ©, tous enrichis par la guerre dont ils ont profitĂ© sur le dos des Russes, des boches et des Polonais, et assez disposĂ©s Ă  une rĂ©volution sociale oĂč ils recueillaient beaucoup d'argent en Ă©change de quelques mauvais coups. Â» Lettres, notes et carnets, Ă©d. Plon, 1980, tome 2, p. 28. Le substantif qui suit innombrables a Ă©tĂ© enlevĂ© par l'Ă©diteur.
  12. ↑ « En Histoire, le capitaine de Gaulle, jeune, Ă©lĂ©gant, avec de hautes bottes jaunes, des culottes collantes et une tenue bleu pastel, plein de dignitĂ© dĂ©jĂ , nous expliquait en langage noble Richelieu, Mazarin et le traitĂ© de Westphalie... Â» Le drame de 1940, GĂ©nĂ©ral Beaufre, Ă©d. Plon, 1965, p. 31.
  13. ↑ Jean-Baptiste Estienne (1860-1936)
  14. ↑ Guderian a dĂ©clarĂ© Ă  Jacques Benoist-MĂ©chin en 1941 : « Lorsque a paru le livre du gĂ©nĂ©ral de Gaulle en 1934, nous Ă©tions dĂ©jĂ  engagĂ© dans cette voie depuis 1932. Sa lecture nous a vivement intĂ©ressĂ©, mais elle ne nous a rien appris. Tout au plus nous a-t-elle encouragĂ© Ă  persĂ©vĂ©rer dans nos efforts. D'ailleurs, l'idĂ©e Ă©tait dans l'air. AprĂšs Fuller et Estienne, tout chef militaire lucide devait y venir. L'Ă©tonnant n'est pas que de Gaulle y ait songĂ©, mais qu'il ait Ă©tĂ©, semble-t-il, le seul en France Ă  le faire, et que ses idĂ©es y aient Ă©tĂ© si mal accueillies." Ces propos sont rapportĂ©s dans Histoire de l'armĂ©e allemande Â», vol. 3.
  15. ↑ Eugen Weber, L'Action française, Ă©d. Hachette, 1990, p. 297, note e
  16. ↑ Éric Roussel, Charles de Gaulle, Ă©d. Gallimard, 2002, p. 44
  17. ↑ Origine politique de Charles de Gaulle
  18. ↑ Robert Frank, « Le Front populaire a-t-il perdu la guerre ? Â», dans Michel Winock (dir.), Les AnnĂ©es trente. De la crise Ă  la guerre, Ă©d. du Seuil, « Points Â»-histoire, pp. 107/109
  19. ↑ François-Yves Le Moigne, Histoire de Metz, Editions Privat, 1986. (p. 379)
  20. ↑ Situation des troupes françaises au 10 mai 1940
  21. ↑ in MĂ©moires de guerre, tome I L'Appel, Charles de Gaulle, Ă©dition BibliothĂšque de la PlĂ©iade, 1956, p73.
  22. ↑ Jean-Louis CrĂ©mieux-Brilhac, La France libre, Gallimard, 1996, p.49-50
  23. ↑ « Les origines des FNFL Â», par l’amiral Thierry d’Argenlieu, tirĂ© du n° 29 de la Revue de la France libre de juin 1950, p. 17-20.
  24. ↑ « Sous le signe de la Croix de Lorraine Â», article publiĂ© par France d'abord, journal brazzavillois dans le n° 18 du mercredi 5 novembre 1941, p. 11-13, reproduisant, comme indiquĂ© en en-tĂȘte, « des extraits d'une confĂ©rence faite derniĂšrement Ă  Londres par l'amiral Muselier Â». L'amiral explique, paragraphes 4 Ă  6 de l'article, p. 11 « DĂšs le dĂ©but, il m'a paru nĂ©cessaire de diffĂ©rencier de façon apparente, les bĂątiments de guerre de la France libre et ceux restĂ©s fidĂšles au gouvernement du MarĂ©chal PĂ©tain.
    Un de mes premiers ordres – du 2 juillet, si j'ai bonne mĂ©moire – prĂ©cisa que les bĂątiments des Forces Navales Françaises libres porteraient Ă  la poupe les couleurs nationales françaises et Ă  la proue un pavillon carrĂ© bleu, ornĂ© d'une Croix de Lorraine rouge. Et ce fĂ»t (sic) l'origine de l'insigne du Mouvement de la France libre.
    Pourquoi j'ai choisi la Croix de Lorraine? Parce qu'il fallait un emblĂšme en opposition Ă  la Croix GammĂ©e et parce que j'ai voulu penser Ă  mon pĂšre qui Ă©tait Lorrain. Â»
  25. ↑ Fondation et Institut Charles de Gaulle
  26. ↑ François Kersaudy, De Gaulle et Churchill, Perrin, 2003 et De Gaulle et Roosevelt, Perrin, 2005
  27. ↑ « Ah ! C'est la mer ! Une foule immense est massĂ©e de part et d'autre de la chaussĂ©e. Peut-ĂȘtre deux millions d'Ăąmes. Les toits aussi sont noirs de monde. À toutes les fenĂȘtres s'entassent des groupes compacts, pĂȘle-mĂȘle avec des drapeaux. Des grappes humaines sont accrochĂ©es Ă  des Ă©chelles, des mĂąts, des rĂ©verbĂšres. Si loin que porte ma vue, ce n'est qu'une houle vivante, dans le soleil, sous le tricolore. Â» De Gaulle dans les MĂ©moires de guerre, tome II L'UnitĂ©, 1956.
  28. ↑ Propos en date du 5 mars 1959 adressĂ©s Ă  Alain Peyrefitte (voir C'Ă©tait de Gaulle, Gallimard, 2000): « [
] Les musulmans, vous ĂȘtes allĂ©s les voir ? Vous les avez regardĂ©s avec leurs turbans et leurs djellabas, vous voyez bien que ce ne sont pas des Français ! Ceux qui prĂŽnent l'intĂ©gration ont une cervelle de colibri, mĂȘme s'ils sont trĂšs intelligents. Essayez d'intĂ©grer de l'huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d'un moment, ils se sĂ©parent de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber 10 millions de musulmans qui demain seront 20 millions, et aprĂšs demain 40 ? Si nous faisons l'intĂ©gration, si tous les Arabes et BerbĂšres d'AlgĂ©rie Ă©taient considĂ©rĂ©s comme Français, comment les empĂȘcherait-on de venir s'installer en mĂ©tropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus Ă©levĂ© ? Mon village ne s'appellerait plus Colombey-les-Deux-Eglises, mais Colombey-les-Deux-MosquĂ©es ! [
] Â»
  29. ↑ Louis-JosĂ© Barbançon, Chronologie relative Ă  la dĂ©portation, transportation et relĂ©gation française, Criminocorpus.
  30. ↑ Jean Lacouture et BĂ©atrix Baconnier, Les grands moments de la 5Ăšme RĂ©publique, 50 ans en image
  31. ↑ Propos tenus Ă  Alain Peyrefitte et retranscris dans son ouvrage C'Ă©tait de Gaulle
  32. ↑ a , b  et c  Jean Guisnel, « DerriĂšre la guerre du Biafra, la France Â», in Histoire secrĂšte de la Ve RĂ©publique (dir. Roger Faligot et Jean Guisnel), La DĂ©couverte, 2006, 2007 (pp. 147-154).
  33. ↑ a  et b  .« Principaux attentats contre le Gal de Gaulle Â» sur quid.fr
  34. ↑ AndrĂ© Saura, Pierre VĂ©rin, Philibert Tsiranana, 1910-1978 : Le crĂ©puscule du pouvoir, 2006, p. 42
  35. ↑ « RĂ©fĂ©rendum 1969 Â» sur france-politique.fr
  36. ↑ « 27 avril 1969 : DE GAULLE S'EN VA Â», Paris Match, 26 avril 2009
  37. ↑ Texte intĂ©gral du testament de De Gaulle
  38. ↑ [1]
  39. ↑ ConfĂ©rence de presse, 4 fĂ©vrier 1965, rĂ©ponse Ă  Dominique PradaliĂ©, rĂ©dacteur en chef de l'Aurore
  40. ↑ CitĂ© par AndrĂ© Malraux AntimĂ©moires, 1967

Voir aussi

Marie Geffray, En direction du large, Ă©ditions Pascal GalodĂ©. Un roman destinĂ© Ă  la jeunesse sur Charles de Gaulle adolescent, qui met en scĂšne sa rencontre avec le futur Lawrence d'Arabie, les deux futurs grands hommes ayant Ă  peu prĂšs le mĂȘme Ăąge. FidĂšle au personnage et Ă  son caractĂšre, cette fiction est un bon moyen, pour les jeunes, de dĂ©couvrir Charles de Gaulle et ses valeurs.

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