Chapitre de religieux

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Chapitre de religieux
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Dans la religion catholique, le chapitre d'un ordre monastique est l'assemblée des religieux, réunie dans des conditions et pour des raisons définies par la règle:

  • le mot chapitre d√©signe d'abord la r√©union des moines pendant laquelle on fait lecture d'un chapitre (capitulum) de la r√®gle
  • un certain nombre de fonctions qui touchent √† la vie de leur communaut√© ont √©galement √©t√© confi√©es au chapitre: la distribution des t√Ęches, la coulpe, mais aussi des √©lections, etc.

On distingue plusieurs chapitres, selon leur composition, certains pouvant réunir des moines de plusieurs abbayes et organiser la vie de l'ordre religieux.

Sommaire

Chapitres généraux

Avant 1119, des assembl√©es g√©n√©rales d'abb√©s, de sup√©rieurs.ou de moines ont eu lieu, mais elles ne sont pas un rouage ordinaire de gouvernement. En Orient, au IVe si√®cle, les moines se rassemblent p√©riodiquement. Neuf ou dix monast√®res fond√©s par saint Pac√īme, mort en 350, organisent des r√©unions : deux fois par an se tient une assembl√©e g√©n√©rale. La r√©union du mois d'ao√Ľt avait surtout pour objet l'administration temporelle : les sup√©rieurs y rendaient compte de leur gestion. Ils pouvaient √™tre chang√©s ou remplac√©s et le sup√©rieur g√©n√©ral donnait ses avis et dictait les dispositions √† prendre pour la bonne marche des communaut√©s.

En Occident, on ne rencontre pas de traces d'assembl√©es g√©n√©rales avant le IXe si√®cle. Selon la conception b√©n√©dictine, chaque monast√®re formait un tout, ind√©pendant des autres. Saint Beno√ģt connaissait cependant les unions pac√īmites, car il fit des emprunts √† la r√®gle de saint Pac√īme. Primitivement les unions entre monast√®res ne sont pas des rapports de subordination : ¬ę Il para√ģt bien probable que la conception des relations entre l' abbas pater et l'abbas filius n'a pas occup√© saint Beno√ģt puisque, contre le mauvais abb√©, il invoque le secours non pas d'un autre abb√© qui serait son sup√©rieur, mais des fid√®les, d'un abb√© voisin ou m√™me de l'√©v√™que ... Jusqu'√† la fin du VIIIe si√®cle, il ne semble pas qu'il y ait eu de tentative de quelque √©tendue pour modifier ou d√©velopper la conception de saint Beno√ģt quant aux relations ou plut√īt √† l'absence de relations entre les monast√®res o√Ļ sa r√®gle √©tait suivie[1]. ¬Ľ On ne peut pas non plus consid√©rer comme une assembl√©e juridique, pr√©lude des chapitres g√©n√©raux, la grande assembl√©e des abb√©s de l'empire franc convoqu√©s en 817 √† Aix-la-Chapelle sous l'inspiration de saint Beno√ģt d'Aniane et sous la protection de Louis le Pieux. Ce fut un fait isol√© et cet essai d'union n'eut pas de suite. Les r√©unions d'abb√©s qui d√©lib√©raient ensemble, mais sans juridiction, sur des int√©r√™ts communs, se tinrent d√®s le Xe si√®cle et elles furent tr√®s nombreuses au XIIe si√®cle, en particulier en France, en Lorraine et en Belgique.

C'est dans l'histoire de Citeaux qu'on rencontre les premiers documents sur le vrai chapitre g√©n√©ral. Cette nouvelle institution r√©pond d'ailleurs √† un besoin qui n'est pas particulier √† C√ģteaux, la n√©cessit√© d'unir les fondations multipli√©es et de centraliser le gouvernement sans compromettre l'esprit de famille de chaque groupe. D'autre part on ne peut confier √† un seul homme le gouvernement d'un trop grand nombre d'abbayes : il a besoin d'√™tre sinon contr√īl√©, du moins aid√© par une assembl√©e g√©n√©rale qui repr√©sente l'autorit√© supr√™me et juge en dernier ressort[2]. La Charta caritatis, publi√©e au chapitre g√©n√©ral de 1119, approuv√©e √† Saulieu par le pape Calixte II, homologuait l'institution.

Dans le droit actuel[3], le chapitre g√©n√©ral d√©tient l‚Äôautorit√© supr√™me dans l'institut religieux selon les constitutions. Il a surtout pour mission de prot√©ger le patrimoine de l‚Äôinstitut, et de promouvoir sa r√©novation et son adaptation selon ce patrimoine, d‚Äô√©lire le mod√©rateur supr√™me, de traiter les affaires majeures et d‚Äô√©dicter des r√®gles auxquelles tous doivent ob√©ir. La composition et l‚Äô√©tendue du pouvoir du chapitre sont d√©finies dans les constitutions ; le droit propre d√©termine en outre le r√®glement de la c√©l√©bration du chapitre, surtout en ce qui concerne les √©lections et l‚Äôordre du jour des questions √† traiter.

Chapitres provinciaux

L'institution des chapitres provinciaux est n√©e du besoin de contr√īle r√©gulier d'autant plus efficace qu'il est limit√© et donc r√©gional. Pour diverses raisons, raison de multiplicit√© d'abbayes, d'√©loignement trop grand, les chapitres g√©n√©raux, malgr√© la d√©signation de visiteurs, ne suffirent pas √† assurer ce contr√īle. Il √©tait donc naturel que le besoin se f√ģt sentir d'une division du travail. Aussi avant le concile de Latran de 1215, des f√©d√©rations r√©gionales s'organisent dans les soci√©t√©s religieuses. Au milieu du XIIe si√®cle, par exemple, les chanoines r√©guliers en Allemagne se groupent en chapitres provinciaux[4].

C'est le droit propre de chaque institut religieux qui détermine la composition et l'autorité de ces chapitres[5]

Chapitres conventuels

À l'origine, la réunion des membres de la communauté dans la salle du chapitre était consacrée à diverses actions et elle se tenait chaque jour, comme on le fait encore dans certains monastères. Toutes les cérémonies du chapitre conventuel se déroulaient successivement, et sans interruption. On ne distinguait pas le chapitre liturgique, le chapitre des coulpes et le chapitre d'affaires, comme on les distingue et les sépare actuellement dans certains ordres religieux.

Chapitre liturgique

Salle de chapitre

Le chapitre liturgique ou séance capitulaire ou, plus simplement, le chapitre, réunit l'ensemble des moines dans la salle capitulaire. Lors de cette séance, un extrait de la règle est lu et expliqué par l'abbé. Les noms des saints du jour et des moines et convers de l'abbaye dont c'est l'anniversaire de la mort sont aussi cités.

L'Ordo qualiter, qui r√©git les monast√®res apr√®s les r√©formes de Beno√ģt d'Aniane et de Cluny fixe le d√©roulement de ce chapitre √† la fin du VIIIe si√®cle. La c√©r√©monie commen√ßait par la lecture du martyrologe, pr√©c√©d√©e de l'indication du jour de la lune et de la date du mois. Puis on annon√ßait les f√™tes du lendemain. On chantait le verset qui commence par ces mots : Pretiosa in conspectu Domini. L'invocation du secours divin pour les Ňďuvres de la journ√©e marquait la fin du silence nocturne. Puis, lecture de la r√®gle avec commentaire par le pr√©sident de la s√©ance ou par un autre moine d√©sign√©. √Ä certains jours de f√™te, cette lecture √©tait remplac√©e par la lecture de l'√Čvangile. Suivait lecture du n√©crologe, c'est-√†-dire non seulement de la liste des abb√©s et moines d√©funts, mais aussi de la liste des √©trangers d√©funts qui s'√©taient recommand√©s aux pri√®res du monast√®re, ou qui avaient fait une fondation: la lecture de la charte de fondation pouvait √™tre faite au chapitre. On r√©citait ensuite plusieurs psaumes et l'absoute pour les d√©funts ainsi que les pri√®res de recommandation des bienfaiteurs vivants. Cette premi√®re partie se terminait par la lecture des tabella' ou de l'assignation des diverses fonctions. S'ouvrait alors le chapitre des coulpes.

Chapitre des coulpes

Le chapitre des coulpes est une séance capitulaire lors de laquelle les moines avouent les fautes dont ils se sont rendus coupables et demandent pénitence.

Les coutumiers des abbayes cisterciennes indiquent le c√©r√©monial du chapitre des coulpes. Si les formules diff√®rent, la proc√©dure ne varie pas : accusation et proclamation. Avant de s'accuser, le moine coupable se prosterne puis sur l'ordre du prieur il se rel√®ve et √©num√®re ses coulpes, c'est-√†-dire les fautes ext√©rieures de d√©sob√©issance √† la r√®gle. Il se prosterne de nouveau puis se rel√®ve. A Cluny le c√©r√©monial de l'accusation est plus s√©v√®re[6]. Les coulpes que l'on accuse, sont partout √† peu pr√®s les m√™mes: arriver en retard √† l'office ou au r√©fectoire, se tromper dans la psalmodie ou la r√©citation des antiennes et des le√ßons, √™tre n√©gligent dans le travail ou au cours des diff√©rentes occupations mat√©rielles.

Fautes retenues et sanctions diff√®rent selon les ordres religieux. par exemple, la r√®gle de Saint-Beno√ģt distingue les fautes l√©g√®res et les fautes graves et assigne √† chaque esp√®ce une ou plusieurs sanctions. Le coupable d'une faute l√©g√®re ne participe pas √† la table commune et ne remplit plus de fonctions au chŇďur, tant que r√©paration n'est pas faite. Les fautes graves sont punies par l'excommunication de la table et de l'office : le moine est exclu de la soci√©t√© de ses fr√®res.

Selon les monastères, le chapitre des couples se tient une ou deux fois par semaine.

Chapitre d'affaires

√Ä l'origine, le chapitre conventuel d'affaires √©tait constitu√© par tous les moines prof√®s du monast√®re : les capitulants formaient un tout distinct de la personne de l'abb√©. On nommait s√©par√©ment l'abb√© et son chapitre. Dans les proc√®s-verbaux de ces assembl√©es, on rencontre cette expression : ¬ę l'abb√© et la communaut√©. ¬Ľ L'abb√© et le chapitre avaient chacun un sceau sp√©cial[7]

De nos jours, le chapitre est le conseil du sup√©rieur religieux dans son gouvernement. Ce n'est pas un organe de gouvernement coll√©gial, puisque le sup√©rieur gouverne et prend les d√©cisions finales. Cependant, dans les cas o√Ļ le droit -propre ou universel- le prescrit express√©ment, la validit√© de ces d√©cisions peut d√©pendre du vote d√©lib√©ratif ou consultatif √©mis par le chapitre. C'est par exemple le cas pour l'admission d'un novice √† la profession temporaire[8].

Les constitutions de chaque abbaye, de chaque groupe d'abbaye ou de chaque congrégation énumèrent les affaires du ressort du chapitre. Par exemple, les constitutions des frères prêcheurs limitent les attributions du chapitre conventuel aux questions d'admission à la prise d'habit et à chaque profession.

La salle capitulaire

On ne sait pas si, dans les origines du monachisme il y avait une salle r√©serv√©e aux r√©unions capitulaires. La r√®gle de saint Pac√īme n'y fait pas allusion. De m√™me, le plan de Saint-Gall ne d√©note rien qui puisse indiquer un lieu sp√©cial[9]. Les moines de Saint-Gall tenaient leur r√©union dans le cloitre, au nord et dans le voisinage de l'√©glise[10].

Le premier t√©moignage que l'on trouve d'un local destin√© aux r√©unions des moines en dehors de l'√©glise et du r√©fectoire se lit dans le r√©cit de la vie d'Ansegise, qui devint abb√© de Fontenelle en 827. Dans les couvents dominicains, le chapitre √©tait situ√© dans la partie du clo√ģtre en retour d'√©querre sur le chevet de l'√©glise. Humbert de Romans recommande aux novices qui vont se coucher apr√®s les matines de ne pas troubler les religieux qui vont au chapitre et de ne pas les √©couter, ce qui laisse supposer que le chapitre restait ouvert[11].

La salle du chapitre sert √©galement de lieu de r√©ception des h√ītes de marque.

Sources

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Guy de Valous, Le monachisme clunisien des origines au XV¬∑ si√®cle, t. II, p. 2
  2. ‚ÜĎ Dom Berli√®re, Les origines de Citeaux, in Revue d'histoire eccl√©siastique, 1900, p. 456
  3. ‚ÜĎ Code de droit canonique, 1983, can. 631
  4. ‚ÜĎ G. Schreiber, Kurie und Kloster in XII. Jahrbuch, t. II, p. 325-330
  5. ‚ÜĎ Code de droit canonique, 1983, can. 632
  6. ‚ÜĎ Guy de Valous, Le monachisme clunisien des origines au XVe si√®cle, t.l, p. 217
  7. ‚ÜĎ Molitor, Juris religiosi capita selecta, Ratisbonne, 1909, p.505
  8. ‚ÜĎ Code de droit canonique, 1983, can.656
  9. ‚ÜĎ Dictionnaire d'arch√©ologie chr√©tienne et de liturgie, t. VI, 1re part., col. 88
  10. ‚ÜĎ Mart√®ne, De antiquis monachorum ritibus
  11. ‚ÜĎ Humbert de Romans o.p., De vita regulari, t. II, p. 538

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