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Pour le catholicisme et l'anglicanisme, tous deux chrétiens, le chapitre est un collège de clercs appelés chanoines, attachés à une cathédrale ou à une collégiale.

On a donn√© √©galement le nom de chapitre √† certains monast√®res de femmes (historiquement, souvent issues de familles nobles), les chanoinesses, qui √©taient tenues √† une certaine vie communautaire non clo√ģtr√©e ainsi qu'√† la r√©citation des heures canoniales. Il a exist√© √©galement en Europe des chapitres nobles de chanoines s√©culiers [1]

Le chapitre[2] (du latin : capitulum) accomplit les fonctions liturgiques les plus solennelles dans son √©glise; en outre, il revient au chapitre cath√©dral de remplir certaines fonctions qui lui sont confi√©es par le droit ou par l'√Čv√™que dioc√©sain.

L'érection, la modification ou la suppression d'un chapitre cathédral sont réservées au Siège apostolique[3]. Avant le Code de droit canonique de 1983, les mêmes règles s'appliquaient en ces matières aux chapitres collégiaux[4].

Sommaire

Histoire

Si le terme chapitre est relativement r√©cent, ce qu'il d√©signe est fort ancien dans l'√Čglise. Depuis toujours, le clerg√©, celui de la cit√© √©piscopale notamment, car pendant assez longtemps il n'y eut gu√®re que celui l√†, se r√©unissait de jour et de nuit √† l'√©glise pour chanter la laus divina, la louange divine. Depuis toujours √©galement, les chefs des dioc√®ses se sont munis de l'avis de leur clerg√©, surtout du clerg√© de la cit√© √©piscopale, le plus proche, pour les affaires de leur √©glise.

Au IXe si√®cle, il n'y a pas encore de chapitre au sens moderne du terme puisque c'est g√©n√©ralement tout le clerg√© de la cit√© √©piscopale qui est appel√© √† collaborer avec l'√©v√™que dans les affaires importantes du dioc√®se. L'institution se dessine plus nettement √† cette √©poque. Le clerg√© de l'√©glise cath√©drale joue d√®s lors un r√īle plus actif pendant la vacance du si√®ge √©piscopal et dans l'√©lection de l'√©v√™que. Il finira par s'attribuer le monopole de cette √©lection et va exercer des pouvoirs nouveaux que le droit finira par lui reconna√ģtre. Ainsi, par exemple, l'archidiacre et les canonici de l'√Čglise de Reims font ordonner des clercs pendant la vacance de leur √Čglise. Loup, √©v√™que de Chalons, inqui√©t√© pour cette ordination de sujets √©trangers (les anciens canons √©taient tr√®s s√©v√®res sur ce point), se justifie en all√©guant du fait qu'il a re√ßu du roi l'ordre d'accomplir les fonctions √©piscopales dans la m√©tropole vacante de Reims et que l'archidiacre et les chanoines lui ont demand√© de conf√©rer la pr√™trise au diacre Haldouin[5].

Le terme chapitre, entendu dans le sens de coll√®ge des clercs, semble avoir √©t√© employ√© pour la premi√®re fois au Xe si√®cle par un archev√™que de Sens, Galterus, mort en 953. Galterus ordonne aux capitula saecularia personarum, maxime cathedralium de se r√©unir, afin de regler ce qui concerne l'office divin qu'ils doivent c√©l√©brer de jour et de nuit dans leurs √©glises[6]. Il faudra attendre le XIIe si√®cle pour lire ce mot de chapitre dans les documents pontificaux. Les papes du XIe si√®cle s'adressent aux clericis, au clero au dilectis canonicis des √©glises, mais ne paraissent pas avoir √©crit aux capituli.

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Voir ¬ę chapitre ¬Ľ sur le Wiktionnaire.

C'est surtout lors de la vacance du si√®ge √©piscopal que l'institution capitulaire va √©merger. Le r√īle du clerg√© de la ville √©piscopale, puis de celui de l'√Čglise cath√©drale, va devenir de jour en jour pr√©pond√©rant dans les √©lections √©piscopales, jusqu'√† devenir exclusif, alors que, pendant de longs si√®cles, elles avaient √©t√© faites pas le clerus et le populus du dioc√®se. √Ä partir du XIe si√®cle, les clercs des campagnes interviennent de moins en moins dans ces √©lections, soit √† cause de l'ins√©curit√© des communications, soit surtout peut-√™tre parce que le clerg√© rural, devenu vassal d'un grand seigneur, la√Įque ou eccl√©siastique, se d√©sint√©resse davantage du choix de son chef spirituel.

Au XIe si√®cle √©galement, l'√©l√©ment la√Įque du corps √©lectoral n'est plus constitu√© que des seuls nobles et des vassaux la√Įques, leur participation se limitant m√™me √† un role de conseil, consilium, bien distinct de l'electio qui appartient au clerg√©. Dans les √©lections √©piscopales, le r√īle du peuple ne se borne plus qu'√† approuver le choix du clerg√©. Dans la seconde moiti√© du XIIe si√®cle[7] et au d√©but du XIIIe[8], l'autorit√© pontificale va interdire la participation des la√Įques aux √©lections √©piscopales.

Chanoine en chape chorale

C'est ce r√īle de plus en plus pr√©pond√©rant du clerg√© de l'√©glise cath√©drale qui va expliquer au moins partiellement la modification profonde qui s'op√®re dans la composition des chapitres. Jusque l√†, tous les clercs des √©glises cath√©drales -comme des coll√©giales- avaient stallum in choro et vocem in capitulo[9]. Seuls les clercs dans les ordres sacr√©s auront d√©sormais ces deux pr√©rogatives essentielles.

Outre les chanoines stricto sensu, on voit dans les √©glises cath√©drales, d√®s le XIIe si√®cle[10], des ¬ę dignit√©s ¬Ľ, des ¬ę personnats ¬Ľ, des ¬ę offices ¬Ľ et des ¬ę b√©n√©fices de rang inf√©rieur ¬Ľ. Les dignit√©s, pourvues originellement d'un pouvoir de juridiction au for externe, bien que ne faisant pas, √† l'origine, partie du chapitre lui-m√™me ont peu √† peu sollicit√© leur admission en son sein, en raison de son r√īle de plus en plus consid√©rable et finalement unique dans les √©lections √©piscopales. Elles ont alors conserv√© la pr√©s√©ance qu'elles avaient auparavant sur les chanoines. Le personat √©tait, au sens strict, une charge d'ordre temporel exerc√©e au nom du chapitre. Au d√©but du XIIe si√®cle, on vit aussi appara√ģtre dans les chapitres divers offices, tels le th√©ologal et le p√©nitentier. Une d√©cr√©tale de Gr√©goire IX traite des clercs de rang inf√©rieurs, qu'il nomme les assisi. Ces assisii, appel√©s mansionarii, matriculari ou habituati dans certaines √©glises, ne sont pas chanoines. Ils ne sont pas convoqu√©s aux assembl√©es capitulaires et n'ont donc pas voix au chapitre. En revanche, ils sont tenus d'assister √† l'office divin. et de c√©l√©brer √† leur tour la messe capitulaire.

L'entretien des chanoines √©tait assur√© par la pr√©bende dont ils √©taient pourvus, cons√©quence de la division des biens eccl√©siastiques et de l'attribution d'une partie de ces biens aux membres du clerg√©[11] . Tous les ordres sacr√©s √©tant repr√©sent√©s dans les √©glises, notamment dans les √©glises cath√©drales et coll√©giales, il y eut dans les chapitres des pr√©bendes prebyt√©rales, des pr√©bendes diaconales et des pr√©bendes de sous-diacres, distinctes, qui expliquent les divisions des chapitres en ¬ę ordres ¬Ľ qui ont parfois subsist√© jusqu'√† une √©poque r√©cente. Certaines pr√©bendes pouvaient √©galement √™tre octroy√©es √† des b√©n√©ficiers de rang inf√©rieur, qui assistaient les chanoines, voire √† des la√Įques.

La France, √† la fin du XVIIIe si√®cle, comptait 655 chapitres, dont 129 cath√©draux, regroupant environ 12 000 chanoines. Ils √©taient largement concentr√©s dans le Sud-Est. Certains d'entre eux pouvaient √™tre tr√®s riches par leur patrimoine et leurs revenus, essentiellement dans le Nord. La R√©volution supprima les chapitres coll√©giaux, le 21 ao√Ľt 1790, et vendit leurs biens

Fonctions

Les chapitres, qu'ils soient coll√©giaux ou cath√©draux, ont une fin commune : la solennit√© du culte divin par le chant de la messe conventuelle et la psalmodie des heures canoniales.

Sous l'ancien droit, le chapitre cath√©dral jouait un r√īle important dans le gouvernement du dioc√®se. Consid√©r√© comme le s√©nat et le conseil de l'√©v√™que, son avis ou son consentement √©taient n√©cessaires pour de nombreux actes d'administration. Ces fonctions sont aujourd'hui d√©volues au Conseil presbyt√©ral et au Conseil pour les affaires √©conomiques.

De m√™me, c'est le chapitre cath√©dral qui suppl√©ait √† la vacance du si√®ge √©piscopale. Il √©lisait, apr√®s √©ventuellement huit jours de gouvernement coll√©gial des chanoines, un ¬ę vicaire capitulaire ¬Ľ pour l'assurer √† sa place et dont les fonctions sont, sauf dispositions locales particuli√®res[12], sont d√©sormais assur√©es par un ¬ę administrateur dioc√©sain ¬Ľ √©lu par le Coll√®ge des consulteurs.

Les chapitres sont doués de la personnalité juridique en droit canonique. À ce titre de personne juridique publique de droit ecclésiastique, ils peuvent posséder des biens temporels, corporels ou incorporels, meubles et immeubles, et peuvent ester en justice devant un tribunal ecclésiastique. C'est normalement le président qui représente le chapitre.

Composition

Depuis le code de droit canonique de 1983, le chapitre des chanoines, est ¬ę le coll√®ge de pr√™tres auquel il revient d‚Äôaccomplir les fonctions liturgiques plus solennelles dans l‚Äô√©glise cath√©drale ou coll√©giale. ¬Ľ ainsi que d'autres fonctions qui peuvent lui √™tre assign√©es par le doit ou l'√©v√™que.

Sous le r√©gime du code de 1917, les chapitres √©taient n√©cessairement compos√©s de ¬ę dignit√©s ¬Ľ, et de chanoines.

Dignités

√Ä l'origine, les fonctions qui furent plus tard √©lev√©es au rang de dignit√© √©taient des charges d'ordre temporel confi√©es m√™me √† des la√Įques ou √† des personnes ext√©rieures au chapitre et qui √©taient exerc√©es en son nom. C'est pour cette raison qu'avant le code de 1917, les dignitaires n'√©taient pas n√©c√©ssairement de gremio capituli. Ils ne faisaient pas partie du chapitre proprement dit. Plus tard, les dignit√©s, qui avaient pr√©s√©ance sur le chapitre, √©taient ceux qui avaient l'administration des affaires eccl√©siastiques avec un pouvoir de juridiction au for externe[13]. De droit commun, il n'y avait que deux dignit√©s : l'archidiacre et l'archipr√™tre. Depuis longtemps, les dignitaires avaient perdu tout pouvoir de juridiction au for externe contentieux, mais le titre de dignit√© a √©t√© maintenu pour d√©signer les titres b√©n√©ficiaux auxquels √©taient jadis attach√©s une telle juridiction.

Les chartes de fondation des chapitres ou la coutume pouvaient aussi attacher ce titre √† des offices qui normalement ne l'avaient pas, comme par exemple le doyen, le pr√©v√īt, l'eccl√©siarque (qui veillait √† l'entretien de l'√©glise), l'√©col√Ętre (qui dirigeait l'√©cole attach√©e √† la cath√©drale), le chantre, le lecteur ou le tr√©sorier. √Ä l'inverse, certains chapitres ne consid√©raient pas comme dignit√© l'archidiacre ou l'archipr√™tre.

La collation des dignités était réservée au Siège apostolique.

Il revenait aux dignitaires :

  • de suppl√©er √† l‚Äô√©v√™que emp√™ch√© dans la c√©l√©bration des c√©r√©monies sacr√©es aux f√™tes les plus solennelles de l‚Äôann√©e ;
  • quand l‚Äô√©v√™que c√©l√©brait pontificalement, de lui offrir l‚Äôeau b√©nite √† l‚Äôentr√©e de l‚Äô√©glise et de remplir l‚Äôoffice de pr√™tre assistant ;
  • d‚Äôadministrer les sacrement √† l‚Äô√©v√™que malade et, apr√®s sa mort, de c√©l√©brer ses fun√©railles ;
  • de convoquer le chapitre, de le pr√©sider et d‚Äôordonner ce qui regarde la direction du chŇďur, √† condition que le dignitaire appartienne au chapitre.

Personats

Les chapitres des √©glises cath√©drales comptaient jadis des ¬ę personats ¬Ľ, fonction interm√©diaire entre dignit√©s et chanoines, qui avaient √† l'origine l'administration temporelle mais sans le pouvoir de juridiction au for externe.

Offices

L'office est une fonction qui ne conf√®re pas de pr√©rogative au chŇďur ou √† l'assembl√©e capitulaire autre que celle de l'ordre propre de celui qui la d√©tient. Leur nombre et leurs titres √©taient variables selon les chapitres. Seuls les offices de p√©nitencier (toujours obligatoire de nos jours) et de th√©ologal √©taient prescrits par le droit.

  • Le chanoine th√©ologal, dont l'office a √©t√© institu√© par le IIIe concile du Latran pour instruire les clercs de son √©glise et les enfants pauvres, avait pour r√īle de donner, dans l'√©glise cath√©drale ou coll√©giale, des le√ßons publiques d'√Čcriture sainte. L'√©v√™que pouvait √©galement lui imposer d'enseigner d'autres mati√®res de la doctrine catholique, par exemple le dogme ou la morale.
  • Le chanoine p√©nitencier a √©t√© √©tabli par le IVe concile du Latran, en 1215, pour le minist√®re de la pr√©dication, l'audition des confessions et l'¬ę injonction ¬Ľ des p√©nitents. Cet office est toujours obligatoire dans les chapitres cath√©draux, poss√®de en vertu de cet office la facult√© ordinaire, qu'il ne peut pas d√©l√©guer √† d'autres, d'absoudre au for sacramentel des censures latae sententiae non d√©clar√©es et non r√©serv√©es au Si√®ge apostolique.
  • Le vicaire du chapitre ou vicaire-cur√© assurait, au nom du chapitre, la charge d'une paroisse qui √©tait √©ventuellement unie √† ce chapitre. Dans ce cas, c'est le chapitre, en tant que personne juridique, qui √©tait cur√©. Depuis le code de 1983, une personne juridique ne peut plus normalement √™tre cur√©, cette charge ne pouvant √™tre confi√©e qu'√† une personne physique.

D’autres offices peuvent être confiés à des clercs qui n’appartiennent pas au chapitre et aident ainsi les chanoines selon les statuts capitulaires.

Chanoines

Les chanoines sont l'√©l√©ment essentiel du chapitre. Comme pour toute personne juridique, il en faut au moins trois pour le constituer[14],[15]. Un chanoine, de nos jours √©lu par ses pairs et confirm√© par l'√©v√™que dioc√©sain, le pr√©side[16]. Selon la charte de fondation, ce pr√©sident porte souvent, en France, le titre de doyen, de pr√©v√īt ou de primicier.

Les canonicats sont conférés par l'évêque diocésain après qu'il a entendu le chapitre[16]. Avant le code de 1917, certains chapitres pouvaient collationner les canonicats, soit de de leur propre chef, soit simultanément avec l'évêque.

Avant leur installation, les chanoines sont tenus d'émettre la profession de foi selon la formule prévue par le Siège apostolique. Cette installation, ou prise de possession, obligatoire, se déroule selon un cérémonial propre à chaque chapitre.

Les chanoines sont √©galement tenus √† l'office choral, qui comprend deux √©l√©ments : la psalmodie des heures canoniales et le chant de la messe conventuelle. Autrefois, cette obligation collective atteignait tous ceux qui, dans un chapitre, avaient un b√©n√©fice choral. Ils √©taient tenus de participer chaque jour √† l'office entier, sous peine de ne pas percevoir leurs revenus. La messe capitulaire √©tait chant√©e quotidiennement en forme solennelle, avec diacre et sous-diacre.

Les chapitres doivent se r√©unir pour d√©lib√©rer de leurs affaires. Par le pass√©, on traitait notamment de l'administration des biens et des obligations √† l'√©gard de l'√©glise du chapitre. Les assembl√©es capitulaires se tenaient dans cette √©glise et la participation √† ces r√©unions √©tait un devoir de chaque membre ayant doit de suffrage. Les assembl√©es ordinaires avaient lieu √† des dates d√©termin√©es. Les assembl√©es extraordinaires pouvaient √™tre convoqu√©es par l'√©v√™que, s'il avait besoin de solliciter l'avis ou le consentement du chapitre pour l'administration de son dioc√®se, par le pr√©sident, quelque nom qu'il port√Ęt, du chapitre, soit m√™me, en cas de n√©gligence, d'emp√™chement ou de mauvaise volont√© du pr√©sident, par la majorit√© des chanoines. Les d√©cisions √©taient valables lorsqu'elles r√©unissaient plus de la moiti√© des membres pr√©sents √† l'assembl√©e, m√™me s'ils n'√©taient que la minorit√© du chapitre.

Chanoines ad honorem

Les chanoines honoraires ou ad honorem ne sont pas de gremio capituli. Il portent des insignes souvent semblables √† ceux conc√©d√©s aux chanoines titulaires, ont une stalle au chŇďur et poss√®dent certains privil√®ges honorifiques, mais ils n'ont pas ¬ę voix au chapitre ¬Ľ, c'est √† dire qu'ils ne peuvent pas participer aux d√©lib√©rations des assembl√©es capitulaires.

Bénéficiers

Un chapitre peut √©galement s'adjoindre des b√©n√©ficiers de rang inf√©rieur, des mansionarii, qui sont les auxiliaires des chanoines. Comme les chanoines honoraires, ils ne font pas partie du chapitre proprement dit et n'ont donc pas voix de suffrage aux assembl√©es capitulaires. Leur costume de chŇďur diff√®re de celui des chanoines.

Habit canonial

Chanoine en habit de chŇďur, XIXe si√®cle

D'assez bonne heure, les clercs des √©glises cath√©drales ont rev√™tu au chŇďur, pour l'office divin, un habit distinct de celui des autres membre du clerg√©. En 968, le pape Jean XIII permit √† l'√©v√™que de Magdebourg d'avoir dans son √©glise cath√©drale, comme il y en a a Rome ¬ę douze pr√™tres, sept diacres et vingt-quatre sous-diacres cardinaux qui utiliseront des sandales ¬Ľ liturgiques. En 1051, L√©on IX accorde √† l'√©glise Saint-√Čtienne de Besan√ßon sept pr√™tres cardinales qui auront le droit de porter la dalmatique pendant la messe ; √† l'occasion de certaines f√™tes, le pr√™tre c√©l√©brant, le diacre et le sous-diacre pourront porter les sandales et la mitre. C'est le concile de Cologne, en 1260, qui prescrira aux chanoines de porter un habit de chŇďur canonial[17] Le concile de Lavaur, en 1368 imposera aux abb√©s, prieurs, doyens et chanoines des √©glises cath√©drales et coll√©giales, s√©culi√®res ou r√©guli√®res, de porter des chapes chorales noires dans leurs √©glises et leurs clo√ģtres, √† l'office divin et aux processions, de la f√™te de tous les saints au Samedi de P√Ęques, sauf aux jours o√Ļ ils doivent utiliser des chapes de soie. par la suite, la bulle d'√©rection des chapitres ou un indult apostolique d√©terminera le v√™tement et les insignes que durent porter les dignit√©s, les chanoines et les b√©n√©ficiers des divers chapitres. Ce furent habituellement la Mosette, la cappa magna, l'anneau, parfois la croix pectorale (uniquement sur l'habit canonial complet) et m√™me la mitre.

Le port de l'habit de chŇďur et des insignes canoniaux n'√©tait pas seulement un honneur et droit, mais une obligation stricte. Les dignit√©s, les chanoines et les b√©n√©ficiers qui n'√©taient pas rev√™tus aux chŇďur de ceux que leur attribuait la bulle d'√©rection du chapitre ou un indult √©taient consid√©r√©s comme absents et encouraient les peines qui frappaient les absents, notamment la perte des revenus de la pr√©bende. Seuls les chanoines rev√™tus de la dignit√© √©piscopale √©taient exempts de ces prescriptions.

Ceux qui ont droit aux insignes canoniaux peuvent s'en revêtir partout sur le territoire du diocèse auquel appartient leur chapitre. En dehors de ce territoire, il ne le peuvent que lorsqu'ils accompagnent leur évêque, ou s'ils représentent cet évêque ou leur chapitre dans les conciles ou une autre solennité. En France, cette interdiction du droit a toujours été peu suivie.

Sources

Voir aussi

Liens internes

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Voir pour la France la liste de chapitres nobles de France.
  2. ‚ÜĎ Ne pas confondre avec le chapitre des ordres religieux
  3. ‚ÜĎ Code de droit canonique de 1983, can. 504
  4. ‚ÜĎ Code de droit canonique de 1917, can. 392
  5. ‚ÜĎ Flodoard, Historia Remensis, l. III, c. XI
  6. ‚ÜĎ Hardouin, Conc. coll., t. VI, 1re part., col. 558
  7. ‚ÜĎ Lettre d'Alexandre III (1159-1181) au chapitre de Br√™me.
  8. ‚ÜĎ Concile d'Avignon (1209) et d√©cr√©tale d'Alexande III
  9. ‚ÜĎ Stalle au chŇďur et voix au chapitre.
  10. ‚ÜĎ Concile d'Avignon, 1270, can. 6.
  11. ‚ÜĎ √Ä l'origine, les biens eccl√©siastiques √©taient indivis et les membres du clerg√© attach√©s √† un dioc√®se recevaient sur ces biens un stipendium.
  12. ‚ÜĎ Code de droit canonique de 1983, can. 502 ¬ß3
  13. ‚ÜĎ Qui perpetuam habet administrationem rerum ecclesiasticarum cum iurisdictione est vere et proprie dicitur habere dignitatem ecclesiasticam. Fagnan,, in lib. III decretalium, tit. V, cpa. 3, n. 6.
  14. ‚ÜĎ Code de droit canonique de 1983, can. 115 ¬ß2
  15. ‚ÜĎ un vieil adage dit : Tres canonici faciunt capitulum.
  16. ‚ÜĎ a‚ÄČ et b‚ÄČ Code de droit canonique de 1983, can. 509
  17. ‚ÜĎ ... ut canonici ecclesiarum in solemnitatibus et stationibus sine chorali pelliceo vel veste canonicali sub superpelliceo incedant in ecclesiis conventualibus et in choro.
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