Censure

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Censure
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« Madame Anastasie Â», 1874, par AndrĂ© Gill,(1840–1885)

La censure est la limitation arbitraire ou doctrinale de la libertĂ© d'expression de chacun. Elle passe par l'examen du dĂ©tenteur d'un pouvoir (Ă©tatique ou religieux par exemple) sur des livres, journaux, bulletins d'informations, piĂšces de thĂ©Ăątre et films, etc. -- et ce -- avant d'en permettre la diffusion au public. Par extension, la censure dĂ©signe diffĂ©rentes formes d'atteintes Ă  la libertĂ© d'expression, avant et/ou aprĂšs leur diffusion (censure a priori et a posteriori). On distingue la censure politique (limitation par le gouvernement de la libertĂ© d'expression) de la censure indirecte, non officielle, mais sous forme de pression, en particulier une forme de censure Ă©conomique (due notamment Ă  la concentration des mĂ©dias, etc.) ; on peut aussi ajouter les phĂ©nomĂšnes d'autocensure.

La censure peut aussi ĂȘtre institutionnelle ou sociale par la privation de l'information disponible Ă  des particuliers ou Ă  un groupe. Cette forme de censure peut se justifier dans certains cas pour des raisons mĂ©dicales (voir psychiatrie)[rĂ©f. nĂ©cessaire] mais elle prend majoritairement une forme nĂ©gative. La censure positive peut prendre aussi la forme de censure liĂ©e Ă  l'Ăąge. Un tel type de censure positive comporte par exemple la classification de film selon la thĂ©matique. (voir pornographie et violence)

La censure est représentée sous la forme d'Anastasie tenant de grands ciseaux.

Sommaire

Histoire de la censure

L'origine du terme censure remonte au poste de censeur, crĂ©Ă© Ă  Rome en -443, dont le but Ă©tait de maintenir les mƓurs.

Dans la Chine et l'Irlande antique, la censure Ă©tait considĂ©rĂ©e comme un moyen de rĂ©gulation des mƓurs et de la vie politique. La premiĂšre loi sur la censure fut instaurĂ©e en Chine en 300[rĂ©f. souhaitĂ©e]. Le plus cĂ©lĂšbre cas de censure antique est celui de Socrate, condamnĂ© Ă  boire la CiguĂ« pour avoir « incitĂ© les jeunes Ă  la dĂ©bauche Â».

Le combat pour la libertĂ© d'expression remonte aussi loin, Euripide dĂ©fendant dĂ©jĂ  la libertĂ© d'expression au IVe siĂšcle av. J.-C.[rĂ©f. souhaitĂ©e]

Pour les religions monothĂ©istes, la condamnation du blasphĂšme est un thĂšme central depuis un des premiers livres recueillis dans la Bible, le LĂ©vitique : « Si un homme insulte son Dieu, il doit porter le poids de son pĂ©chĂ© ; ainsi celui qui blasphĂšme le Nom du Seigneur sera mis Ă  mort Â».

La naissance de l'Église orthodoxe, et son besoin de maintenir l'orthodoxie, dĂ©veloppa largement la censure. Nombres de mesures de censure[rĂ©f. souhaitĂ©e] furent appliquĂ©es pour Ă©radiquer les menaces hĂ©rĂ©tiques au dogme chrĂ©tien, comme par exemple au concile de NicĂ©e. Cependant, elles ne suffirent pas, et le nombre d'ouvrages illicites Ă©crits et copiĂ©s explosa, et Ă©chappa au contrĂŽle de l'Église, qui instaura des mesures plus draconiennes[rĂ©f. souhaitĂ©e].

Avec l'arrivée de l'imprimerie, les autorités civiles et religieuses sentent le besoin de créer un cadre plus solide à la censure, et légifÚrent sur la censure.

Censure par les autorités religieuses

Articles dĂ©taillĂ©s : BlasphĂšme et AutodafĂ©.
Adam et Ève chassés du paradis de Masaccio avant et aprÚs suppression des ajouts de censure

Les autoritĂ©s de l'Église catholique romaine nommaient des censores librorum chargĂ©s de s'assurer que rien de contraire Ă  la foi ne puisse ĂȘtre publiĂ©. Cette premiĂšre Ă©tape de vĂ©rification Ă©tait sanctionnĂ©e par le Nihil obstat (pas d'obstacle Ă  la publication). Une deuxiĂšme Ă©tape permettait Ă  l'Ă©vĂȘque de donner son autorisation d'imprimer (Imprimatur, « qu'il soit imprimĂ© ! Â»). En 1515 lors du Ve concile du Latran, le pape LĂ©on X, ordonne qu'Ă  l'avenir personne n'ose imprimer ou faire imprimer un livre dans quelque diocĂšse que ce soit, sans qu'il n'ait Ă©tĂ© examinĂ© avec soin par l'Ă©vĂȘque ou son reprĂ©sentant, sous peine d'excommunication. En 1559 l'inquisition Ă©tablit l'Index Librorum Prohibitorum, liste de livres interdits aux personnes non averties. Celui-ci perdurera jusqu'au concile Vatican II.

Dans le domaine des Ɠuvres picturales de nombreuses toiles ont fait l'objet de censure par ajout de feuillage (feuille de vigne) ou d'habits rajoutĂ©s sur les Ɠuvres originales pour en voiler les nuditĂ©s exposĂ©es comme Adam et Ève chassĂ©s du paradis de Massaccio Ă  la chapelle Brancacci de l'Ă©glise Santa Maria del Carmine de Florence ou la censure du Jugement dernier de Michel-Ange de la chapelle sixtine qui n'a jamais pu aboutir complĂštement malgrĂ© les demandes rĂ©itĂ©rĂ©es du pape. À noter qu'Ă  l'Ă©poque, l'Ɠuvre avait fait scandale, surtout du fait que les quelque quatre cents personnages y figuraient nus, mĂȘme le Christ. Paul IV songea un moment Ă  supprimer toute la fresque, mais il se contenta finalement de faire voiler pudiquement certains personnages par Daniele da Volterra, qui y gagna le surnom de Braghettone (culottier). Au XVIIe siĂšcle encore, ClĂ©ment XII fit recouvrir d'autres personnages.

Le respect de ces prĂ©ceptes et interdits moraux issus de la religion dominante a donnĂ© des classifications dans les bibliothĂšques, et la mise Ă  l'Ă©cart des publications concernĂ©es pour le grand public : constitution de l'enfer de bibliothĂšque, tel que celui de la BNF.

Censure par les autorités civiles

En 1534, aprĂšs avoir Ă©tĂ© excommuniĂ© et proclamĂ© chef de l'Église d'Angleterre, le roi Henri VIII instaure l'obligation d’obtenir une approbation de son conseil privĂ© avant qu'un livre ne puisse ĂȘtre imprimĂ©. Sous le rĂšgne d'Élisabeth Ire, le Master of the Revels est chargĂ© d'approuver les piĂšces de thĂ©Ăątre. En 1662, le parlement anglais vote le licensing act.

Suite Ă  l'affaire des Placards (18 octobre 1534), le roi François Ier qui Ă©tait jusqu'alors favorable aux idĂ©es nouvelles, ordonne la chasse aux hĂ©rĂ©tiques et promulgue un Ă©dit contre les imprimeurs insoumis. En 1629, Richelieu laĂŻcise la censure jusqu'alors sous la responsabilitĂ© de l'Église catholique.

Dans la France d'Ancien RĂ©gime, la censure royale s'exerce sur les journaux : par exemple, sous Louis XVI toute publication d'un article dans la presse est soumise Ă  l'autorisation du gouvernement[1] : 160 lecteurs professionnels Ă©taient chargĂ©s de relire les textes[1]. Les livres censurĂ©s Ă©taient confisquĂ©s, les journaux pouvaient ĂȘtre suspendus[1]. Les auteurs pouvaient ĂȘtre internĂ©s Ă  la Bastille, comme Voltaire en 1717 ou l'abbĂ© Morellet. Parmi les Ă©crivains du XVIIIe siĂšcle dont les livres furent les plus saisis par les autoritĂ©s figurent Jean-Jacques Rousseau, l'abbĂ© Raynal et HelvĂ©tius[1].

Pendant la RĂ©volution française, la dĂ©claration des droits de l’homme et du citoyen du 26 aoĂ»t 1789 affirme solennellement : « Nul ne doit ĂȘtre inquiĂ©tĂ© pour ses opinions, mĂȘmes religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public Ă©tabli par la loi. Â» (article 10) et « La libre communication des pensĂ©es et des opinions est un des droits les plus prĂ©cieux de l’homme ; tout citoyen peut parler, Ă©crire, imprimer librement, sauf Ă  rĂ©pondre de l’abus de cette libertĂ© dans les cas prĂ©vus par la loi. Â» (article 11). En d'autres termes, on peut sanctionner une publication, mais en aucun cas empĂȘcher celle-ci.

En 1810, un dĂ©cret de NapolĂ©on rĂ©tablit officiellement la censure. Suit une succession de suppression et de rĂ©tablissement de la censure. Les articles ou dessins censurĂ©s Ă©taient alors remplacĂ©s par des « blancs Â». La censure disparaĂźt officiellement lors de la promulgation de la Loi sur la libertĂ© de la presse du 29 juillet 1881. Cette loi confie au systĂšme judiciaire l'essentiel du contrĂŽle des informations publiĂ©es en France. Ce contrĂŽle s'effectue aprĂšs diffusion ce qui limite les abus de pouvoirs. Toutefois, la censure thĂ©Ăątrale subsiste jusqu'en 1906.

La censure n'a jamais Ă©tĂ© officiellement rĂ©tablie en France comme dans les Ă©poques passĂ©es, sauf en temps de guerre, notamment lors des deux guerres mondiales, avec le retour des « blancs Â» dans les pages. Sous le rĂ©gime de Vichy, on alla plus loin et la censure devint prĂ©ventive. Ainsi les directeurs de journaux recevaient-ils de l'autoritĂ© compĂ©tente des consignes sur les informations Ă  mettre en Ă©vidence en premiĂšre page, Ă  Ă©liminer, ou Ă  rĂ©duire Ă  l'Ă©tat d'entrefilets dans les pages les moins lues (Le Canard enchaĂźnĂ© Ă  ses dĂ©buts dut se dĂ©battre contre la censure en adoptant son ton ironique pour la dĂ©tourner, de nombreux articles, mĂȘme anodins, Ă©tant censurĂ©s). Pour la guerre d'AlgĂ©rie le pouvoir innova et dĂ©cida de saisir les journaux (notamment ceux qui Ă©voquaient les actes de torture).

Il existe encore aujourd'hui une forme de censure en France, elle est cependant du ressort des tribunaux sous la forme d'interdit de publication ou d'ordonnance.

Pour la censure en France aprÚs 1962, voir plus bas ainsi que l'article détaillé Censure en France.

Censure postale

La censure des correspondances a Ă©tĂ© pratiquĂ©e dans toute l'Europe, Ă  partir de l'ouverture des postes royales aux particuliers, malgrĂ© la reconnaissance officielle du secret des lettres, et ce par tous les rĂ©gimes, jusqu'Ă  la fin du rĂšgne de NapolĂ©on III (cf. Cabinet noir). La censure postale a cependant Ă©tĂ© rĂ©tablie en temps de guerre par les diffĂ©rents belligĂ©rants au nom de leur intĂ©rĂȘt national, mais elle l'a alors Ă©tĂ© de façon ouverte, avec apposition de diverses marques de censure et bandes de fermeture (cf. Histoire postale).

Internet et la censure

Article dĂ©taillĂ© : Internet et la censure.

Autocensure

Article dĂ©taillĂ© : Autocensure.

Aujourd'hui, les enjeux se sont dĂ©placĂ©s. L'auto-censure est plus frĂ©quente que la censure. Notamment dans la relation littĂ©rature/marques ; industries ...

Les autres atteintes à la liberté d'expression

Dans un sens plus large la censure regroupe différentes formes d'atteinte à la liberté d'expression.

Le fonctionnement des mĂ©dias implique de nombreuses personnes ayant chacune Ă  son niveau un pouvoir de modification voire de suppression de certaines propositions initialement faites. Nombreux sont ceux qui assimilent une telle action Ă  de la censure dans les faits, ce qui Ă©tend assez largement la dĂ©finition de la censure. MĂȘme s'il n'en demeure pas moins que les propriĂ©taires des mĂ©dias Ă©vitent Ă©videmment de publier ce qui peut dĂ©plaire Ă  des clients, Ă  l'État, Ă  des syndicats, etc. et que mĂȘme les professionnels s'abstiennent gĂ©nĂ©ralement de simplement proposer un article potentiellement litigieux (auto-censure).

Quelquefois, une information spĂ©cifique et unique dont la vĂ©ritable existence est Ă  peine connue du grand public, est gardĂ©e dans une subtile situation de quasi-censure, Ă©tant classĂ©e comme « subversive Â» ou « inconvenante Â». Le texte de 1978 de Michel Foucault, La loi de la pudeur, par exemple – dĂ©fend l’abolition de l’ñge du consentement, et depuis aoĂ»t 2006, est presque totalement invisible sur Internet, que ce soit en français ou anglais, et n’apparaĂźt mĂȘme pas sur les sites Web spĂ©cialisĂ©s sur Foucault.

Paradoxalement, les appels Ă  la censure constituent souvent une vĂ©ritable publicitĂ© qui, en Ă©veillant la curiositĂ© du public, provoque l'effet inverse Ă  celui recherchĂ©. Les films Amen. et La DerniĂšre Tentation du Christ, le roman Les Versets sataniques ont reçu une publicitĂ© qu'ils n'auraient sans doute pas eue sans les menaces dont ces Ɠuvres ou leurs auteurs ont Ă©tĂ© la cible.

DĂ©bats sur la censure et la libertĂ© d’expression

Depuis Spinoza, la libertĂ© d'expression est devenue l'un des socles de la philosophie politique, qu'elle soit libĂ©rale ou rĂ©publicaine. On dĂ©finit ainsi la censure comme la limitation arbitraire par le gouvernement de la libertĂ© d’expression : la censure s'exerce d'en haut. Certains philosophes, pourtant, ont lĂ©gitimĂ© une telle censure dans certaines situations dĂ©terminĂ©es.

Les opposants Ă  toute censure affirment non seulement la libertĂ© d'opinion, mais dĂ©fendent le droit de chacun de « tout dire Â», y compris Ă  leurs pires ennemis. C'est Ă  ce titre, par exemple, que Noam Chomsky a pu dĂ©fendre le droit des nĂ©gationnistes Ă  rendre public leur discours, bien qu'il soit en complet dĂ©saccord avec celui-ci. Ainsi, le dĂ©bat sur les lois restreignant les discours rĂ©visionnistes continuent Ă  agiter le monde contemporain, en opposant notamment les États-Unis et le monde anglo-saxon au continent europĂ©en — qui, il est vrai, a fait l'expĂ©rience directe de l'Holocauste — qui, dans l'ensemble, rĂ©prime de tels propos. Le problĂšme est bien sĂ»r complexe, et les positions en gĂ©nĂ©ral nuancĂ©es, bien que fermes. Ainsi, si Chomsky prend parti pour une libertĂ© d'expression illimitĂ©e, l'historien Pierre Vidal-Naquet tolĂ©rait de mĂȘme le droit de chacun Ă  s'exprimer, tout en affirmant qu'on ne discute pas avec des nĂ©gationnistes, de la mĂȘme façon qu'un « astronome ne discute pas avec un astrologue Â».

Enfin, le droit Ă  la libertĂ© d'expression constitue le fondement des dĂ©mocraties libĂ©rales, tandis que le marxisme a pu justifier la restriction temporaire de certains discours, au nom d'une conception de la « dictature du prolĂ©tariat Â» (quoi qu'on entende par lĂ ). La tradition marxiste rappelait ainsi que si les libĂ©raux dĂ©fendent le droit formel Ă  la libertĂ© d'expression, ils n'en assurent pas nĂ©cessairement les moyens matĂ©riels de l’exercer : ainsi, celle-ci peut ĂȘtre restreinte par les pouvoirs Ă©conomiques (censure Ă©conomique), entre autres par le biais de la concentration des mĂ©dias (Ă  l'Ɠuvre aussi dans le domaine de l'Ă©dition). À ce titre, le philosophe italien Antonio Gramsci Ă©crivait dans l’Avanti!, le 18 avril 1919 :

« Ă€ l’« initiative privĂ©e Â» qui se promet — par les complots, par le poignard, par des gestes audacieux — d'anĂ©antir l'Ă©lan irrĂ©sistible de la lutte de classe, menĂ©e par le prolĂ©tariat pour son autonomie dans la production industrielle et agricole et dans les obscurs mĂ©andres de la politique internationale, l'appareil autoritaire de l'organisation Ă©tatique ajoute l'artillerie lourde de ses institutions: la censure, le monopole du tĂ©lĂ©graphe, du tĂ©lĂ©phone, de la poste, des chemins de fer, l'agence Stefani. L'artillerie lĂ©gĂšre de l'initiative privĂ©e attaque la classe prolĂ©tarienne (
) L'artillerie lourde de l'appareil d'État protĂšge les dĂ©vastations de l'artillerie lĂ©gĂšre (
) Mais l'histoire qui est essentiellement libertĂ©, et vĂ©ritĂ©, ne se laisse pas enfermer dans une bouteille comme le diable par le magicien (
) Hier les journaux de la bourgeoisie de Milan et de Turin n'ont pas paru : la solidaritĂ© de classe des typos a supprimĂ© pour un jour la dĂ©loyautĂ© et le mensonge antiprolĂ©tarien. La VĂ©ritĂ©, mutilĂ©e, a triomphĂ© dans cette modeste Ă©dition turinoise de l’Avanti! (
) la classe ouvriĂšre et paysanne se rĂ©vĂšle, avec une efficacitĂ© toujours accrue, comme l'Anti-État, qui peut opposer Ă  l'État capitaliste un colossal appareil de forces (
) Le journal est la grande tranchĂ©e de la lutte de classe; mais le journal est fabriquĂ© par les ouvriers, c'est grĂące au travail de l'ouvrier que la nouvelle et l'opinion prennent une forme sensible (
) Chaque force adverse doit ĂȘtre combattue avec des forces adĂ©quates: Ă  la censure du mensonge et de la dĂ©loyautĂ©, qui veut impunĂ©ment poursuivre et intensifier le travail accru de la dĂ©linquance privĂ©e, au mensonge et Ă  la dĂ©loyautĂ©, la classe prolĂ©tarienne doit opposer, dans ses corporations compĂ©tentes, la censure rouge. Â»

— Antonio Gramsci, « Les ruses de l'histoire Â», 19 avril 1919, publiĂ© sans signature dans l'Avanti! le 19 avril 1919 (in Écrits politiques I, Gallimard, 1974, pp. 217-219)

Antonio Gramsci pensait le problÚme non pas dans les termes de la liberté formelle d'expression, mais dans une opposition de rapports de force, censure contre censure. En posant la question de l'idéologie, les marxistes soulignent ainsi l'effet d'une censure insidieuse, l'hégémonie, qu'il convient de combattre en lui opposant un discours libre et offensif. DÚs lors, il convient de distinguer entre plusieurs types de censure, politique, économique, etc., et, selon Gramsci, de leur opposer non pas une liberté d'expression individuelle, mais une censure rouge, force d'opposition collective.

La censure dans le monde aujourd’hui

Classement des pays qui censurent

Reporters sans frontiÚres (RSF) établit chaque année le classement mondial des pays pour la liberté de la presse[2].

Les dix premiers / derniers pays pour la liberté de la presse pour 2008 (selon RSF)
Classement Nom Classement Nom
1er Islande Dernier ÉrythrĂ©e
ex-aequo Luxembourg Avant-dernier Corée du nord
ex-aequo NorvÚge 171e Turkménistan
4e Estonie 170e Birmanie
ex-aequo Finlande 169e Cuba
ex-aequo Irlande 168e ViĂȘt Nam
7e Belgique 167e Chine
ex-aequo Lettonie 166e Iran
ex-aequo Nouvelle-ZĂ©lande 165e Sri Lanka
ex-aequo Slovaquie, SuĂšde, Suisse, 164e Laos
Les trois premiers / derniers pays francophones pour la liberté de la presse pour 2008 (selon RSF)
Rang du classement général Nom Rang du classement général Nom
1er Luxembourg 168e ViĂȘt Nam
7e Belgique, Suisse 164e Laos
13e Canada 148e République démocratique du Congo[3]

La France arrive au 44e rang du classement général en 2010, reculant de 9 places par rapport à 2008. En 2002, elle occupait la 11e place.

Dans les autres pays, la censure d'informations générales, politiques ou commerciales s'exerce généralement par voie de décisions de justice et non par le contrÎle d'un organe de censure pérenne.

Canada

Article dĂ©taillĂ© : Censure au Canada.

CĂŽte d'Ivoire

En CĂŽte d'Ivoire, le CNCA est l'organisme qui a, en autres, pour rĂŽle de censurer.

Documents censurĂ©s  :

  • Clips jugĂ© proche de la pornographie
    • 2 Ăšme clip de Jet Dj
    • Ambiance Mapouka
    • Le DĂ©shabillement
  • etc

France

Article dĂ©taillĂ© : Censure en France.

Actuellement, la censure prĂ©ventive s'exerce essentiellement dans deux domaines :

Une autre forme de censure a subsistĂ© longtemps : celle du contrĂŽle de la presse Ă©trangĂšre, Ă  travers le dĂ©cret-loi du 6 mai 1939, qui permettait au ministĂšre de l'IntĂ©rieur (France) d'interdire en France certaines publications Ă©ditĂ©es Ă  l'Ă©tranger. Mais dans un arrĂȘt du 7 fĂ©vrier 2003 (no 243634), Ă  la demande du GISTI, le Conseil d'État a annulĂ© le refus du Premier ministre d'abroger le dĂ©cret-loi en question qui modifiait l'article 14 de la loi du 29 juillet 1881 sur la libertĂ© de la presse. Le Conseil d'État a estimĂ© que cet article violait l'article 10 de la Convention europĂ©enne des droits de l'homme et le dĂ©cret-loi a Ă©tĂ© abrogĂ© par le dĂ©cret no 2004-1044 du 4 octobre 2004.

Toutefois, des faits de censure directe ou indirecte subsistent dans la période récente.

Au milieu des années 1980, un livre de Jean-Bedel Bokassa mettant en cause l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing au sujet de l'affaire des diamants est pilonné.

Le livre Le Grand Secret de Claude Gubler, ancien médecin du président François Mitterrand, est interdit par décision de justice peu de jours aprÚs sa parution en 1996.

En juin 2000, le groupe de rock français Matmatah est condamnĂ© Ă  15 000 francs d'amende pour « provocation Ă  l’usage de stupĂ©fiants Â» et « prĂ©sentation sous un jour favorable de l’usage et du trafic Â» Ă  cause de sa chanson « L'apologie Â».

En novembre 2005, le dĂ©putĂ© UMP François Grosdidier porte plainte contre divers groupes de rap français, certains dissous, pour avoir pratiquĂ© selon lui, une « incitation au racisme et Ă  la haine Â». DĂ©posĂ©e dans le contexte des Ă©meutes de l'automne, elle est vue, Ă  gauche, comme un « acharnement Â» et une tentative de censurer la « parole des quartiers Â». Les groupes concernĂ©s sont : Monsieur R, Smala, les groupes Lunatic (dissous), 113, MinistĂšre A.M.E.R. et les chanteurs Fabe et Salif[4].

En outre, le groupe de rap La Rumeur a été poursuivi par le ministÚre de l'intérieur pour des propos tenus dans La Rumeur Magazine. La plainte a été déposée en 2002 par le ministÚre de la Justice mais a fait l'objet d'une décision de non-lieu rendue en premiÚre instance le 17 décembre 2004. Le procureur de la République en a fait appel en 2005 (alors que Dominique de Villepin dirigeait l'Intérieur).

L'administrateur général de la Comédie française, Marcel Bozonnet a annulé les représentations de la piÚce de Peter Handke Voyage au pays sonore ou l'art de la question, prévues pour l'année 2007, invoquant la présence de ce dernier aux funérailles du dirigeant serbe Slobodan Milosevic et, de maniÚre plus générale, ses opinions sur le rÎle de la Serbie dans les conflits yougoslaves des années 1990. Il s'agit donc bien, selon certains, d'une censure, motivée par des raisons politiques[5],[6].

DĂ©lit d'expression passible de la prison ferme en France

La loi Gayssot votĂ©e en 1990 crĂ©e un dĂ©lit de contestation de crime contre l'humanitĂ© dans son article 9[7]. Elle fait l'objet de vive contestation comme celle de Noam Chomsky[8] ou de l'hebdomadaire d'extrĂȘme droite Rivarol. Certaines personnes disent que la constitutionnalitĂ© de cette loi n'a Ă©tĂ© remise en cause que par les auteurs de faits incriminĂ©s[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Une question prioritaire de constitutionnalitĂ© invoquant la violation de l'article 34 de la Constitution française invoquant la « non dĂ©termination du dĂ©lit prĂ©vu par l'article 24 bis Â»[9] a Ă©tĂ© soulevĂ©e mais la Cour de cassation a jugĂ© cette question non sĂ©rieuse et a donc refusĂ© de la transmettre au Conseil constitutionnel[10].

En 2010, Vincent Reynouard a été condamné à de la prison ferme pour ses déclarations concernant les chambres à gaz de la Seconde Guerre mondiale[11].

Grande-Bretagne

  • 1985 le livre "Spycatcher: The Candid Autobiography of a Senior Intelligence Officer" d'un agent du MI5 Peter Wright (1916-1995)
  • "Terrorism Act 2006" censure les discours des Jihadistes contre la nation[12].
  • 2008 Le tableau de Lucas Cranach "Venus (1532)" en affiche dans le mĂ©tro de Londres pour l'exposition du "Royal Academy of Arts" fĂ»t retirĂ© car jugĂ© d'outrage Ă  la pudeur[13].
  • 2008 encore, un article de l'encyclopĂ©die en ligne WikipĂ©dia a Ă©tĂ© censurĂ©e pendant plusieurs jours Ă  cause de la prĂ©sence sur sa version anglaise de la pochette de l'album Virgin Killer du groupe de hard rock Scorpions, reprĂ©sentant une fille prĂ©-adolescente nue, avant que l'Internet Watch Foundation (organisation Ă  l'origine du signalement de la page aux FAI) revienne sur ses positions. Des centaines de foyers ont ainsi Ă©tĂ© privĂ©s d'accĂšs Ă  WikipĂ©dia.

Italie

La copie du tableau de Tiepolo, La vĂ©ritĂ© dĂ©voilĂ©e par le Temps, choisi par Berlusconi lui-mĂȘme pour la salle de presse de sa prĂ©sidence du conseil, a Ă©tĂ© censurĂ© en aoĂ»t 2008 par ses conseillers, en cachant le sein dĂ©voilĂ© et visible de la VĂ©ritĂ©[14].

Le 8 dĂ©cembre 2008 la chaĂźne italienne Rai Due a diffusĂ© une version censurĂ©e du film Le Secret de Brokeback Mountain dans laquelle deux scĂšnes ont Ă©tĂ© coupĂ©es (la scĂšne oĂč est Ă©voquĂ©e la premiĂšre relation sexuelle entre les deux hĂ©ros et la scĂšne oĂč ils s'embrassent)[15]. Cette diffusion a suscitĂ© une polĂ©mique en Italie de la part des tĂ©lĂ©spectateurs et des associations homosexuelles.

En RĂ©publique populaire de Chine

Le Parti communiste chinois, parti unique de la RPC, censure systĂ©matiquement tout ce qui concerne :

Il existe un MinistĂšre de la propagande qui garde la main sur les mĂ©dias. Le Bureau du film contrĂŽle la diffusion des films en Chine : il a par exemple fait retirer des salles le film amĂ©ricain Da Vinci Code au mois de juin 2006[16]. La tĂ©lĂ©vision n'Ă©chappe pas Ă  la censure puisque le gouvernement a dĂ©crĂ©tĂ© que les dessins animĂ©s (la plupart sont japonais ou amĂ©ricains) seront interdits entre 17h et 20h Ă  partir du 1er septembre 2006[17]. Le Bureau du cinĂ©ma peut interdire un film sous divers prĂ©textes : ainsi, le film de Lou Ye, Palais d'Ă©tĂ© a Ă©tĂ© censurĂ© au motif qu'il comportait « trop de scĂšnes sexuelles et de sujets sensibles[18]. Â» Les cinĂ©astes doivent obtenir une autorisation pour tourner leurs Ɠuvres.

En Russie

Censure du texte d'un livre Ă©ditĂ© Ă  la fin du XIXe siĂšcle en Russie.

L'indĂ©pendance des mĂ©dias russes est mise en doute par certains commentateurs, comme par exemple Marie Mendras, selon laquelle, en 2006, au moins la moitiĂ© des journaux tĂ©lĂ©visĂ©s des deux chaĂźnes gouvernementales est dĂ©diĂ©e aux faits et gestes du prĂ©sident Poutine[19]. Depuis 2003-2004, Moscou a resserrĂ© son emprise sur les chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision privĂ©es telles que NTV[rĂ©f. nĂ©cessaire]. AprĂšs la prise d'otages de Beslan en 2004, les Izvestia avaient publiĂ© plusieurs photographies de la tragĂ©die et le rĂ©dacteur en chef avait Ă©tĂ© renvoyĂ© immĂ©diatement[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Les radios et la presse indĂ©pendantes (Echo de Moscou, NovaĂŻa Gazeta, Kommersant
) sont prĂ©sentes surtout Ă  Moscou et Saint-Petersbourg. Internet reste libre, mais ne touche, en 2009, que 27% des Russes[20].

Suisse

Paul Ranc dans son livre La Franc-Maçonnerie sous l'éclairage biblique[21], a affirmé que le B'nai B'rith (organisation paramaçonnique juive) a financé la révolution russe et qu'elle avait pour but d'instaurer un pouvoir mondial juif[22]. Le B'naï B'rith suisse fera condamner son livre par la justice en juin 1990[23].

USA

Le Fairness & Accuracy In Reporting (FAIR) est une organisation crĂ©Ă©e en 1986 pour combattre la censure dans les mĂ©dias aux États-Unis[24].

La censure par thĂšmes

Jeux vidéo

Les jeux vidĂ©o sont souvent pris comme cible par la censure. Exemples :

  • Les gros mots des dialogues du jeu Conker's Bad Fur Day ont Ă©tĂ© censurĂ©s sur Nintendo 64 et la version Xbox (Conker: Live and Reloaded).
  • La version Super NES de Wolfenstein 3D est rĂ©putĂ©e Ă  cause de ses nombreuses modifications et censures imposĂ©es par les normes Nintendo US, de l'Ă©poque ; ainsi, l'ensemble des signes nazi et des reprĂ©sentations d'Hitler ont Ă©tĂ© retirĂ©es de cette version.
  • En Allemagne, les passants du jeu de voiture Carmageddon ont Ă©tĂ© remplacĂ©s par des zombis ou des robots. Le jeu n'a jamais Ă©tĂ© distribuĂ© au BrĂ©sil.
  • Les jeux Doom, Mortal Kombat, Requiem, Blood, Postal, et Duke Nukem 3D ont Ă©tĂ© censurĂ©s au BrĂ©sil[25].
  • La sĂ©rie des jeux Grand Theft Auto, les GTA-like, a Ă©tĂ© fortement censurĂ©e. La controverse autour de ces jeux a Ă©tĂ© fortement bĂ©nĂ©fique Ă  leur popularitĂ©. Grand Theft Auto 4 a Ă©tĂ© censurĂ© en ThaĂŻlande.

La fusillade du lycĂ©e Columbine (avril 1999) souleva un dĂ©bat sur l'impact des jeux vidĂ©o sur les enfants aux États-Unis.

La religion

Cette sous-section aborde la question de la censure pour des motifs religieux ou Ă  caractĂšre religieux Ă  l'Ă©poque contemporaine comme il est prĂ©cisĂ© dans la section de tĂȘte

Le christianisme

Nathalie Roelens dĂ©veloppe une analyse approfondie de la censure de symboles chrĂ©tiens dans son article "Deux croix censurĂ©s : la connotation religieuse dans l’affiche de cinĂ©ma"[26]

L'islam

Deux Ă©vĂ©nements majeurs ont marquĂ©s l'Ă©poque contemporaine :

Ce livre fut considĂ©rĂ© comme tellement blasphĂ©matoire que l'ayatollah Khomeini Ă©dicta en 1989 une fatwa de mort contre l'auteur qui fut alors forcĂ© d'entrer dans la clandestinitĂ©. En outre, le livre a suscitĂ© des manifestations hostiles pacifiques ou violentes dans le monde ainsi que des manifestations de soutien au titre de la libertĂ© d'expression. D'autres part, des tensions diplomatiques sont apparues entre les pays occidentaux et les pays ayant l'islam pour religion d'État. Ces tensions et l'hostilitĂ© perdurent encore aujourd'hui.

Article dĂ©taillĂ© : Les Versets sataniques.
  • l'affaire des caricatures de Mahomet, fin 2005

Les « caricatures de Mahomet Â» sont une sĂ©rie de dessins parus dans un journal danois, et dont l'un reprĂ©sente le prophĂšte de l'islam Mahomet vĂȘtu d'un turban en forme de bombe. Les dessins illustraient un article consacrĂ© Ă  l'autocensure et Ă  la censure considĂ©rĂ©s comme s'accroissant pour les sujets touchant Ă  la religion musulmane depuis l'assassinat du rĂ©alisateur Theo van Gogh. Ces caricatures ont provoquĂ© des manifestations hostiles pacifiques ou violentes dans le monde ainsi que des manifestations de soutien au titre de la libertĂ© d'expression. Il convient de noter que le deuxiĂšme Ă©vĂ©nement a fait Ă©merger la notion de "diffamation des religions" soutenue Ă  l'ONU par l'Organisation de la ConfĂ©rence islamique.

En dehors de ces deux Ă©vĂ©nements majeurs et qui ont marquĂ© leurs temps, d'autres phĂ©nomĂšnes peuvent ĂȘtre relevĂ©s :

2005
  • DĂ©cembre : Le fanatisme ou Mahomet de Voltaire, piĂšce de thĂ©Ăątre. Tentative d'empĂȘcher le spectacle. France[27], [28], [29]
2006
  • FĂ©vrier : revue culturelle Kaltio, bande dessinĂ©e de 5 pages sur Mahomet (masquĂ©)[30]. Licenciement du rĂ©dacteur en chef. Finlande.
  • Septembre : IdomĂ©nĂ©e, Roi de CrĂšte de Mozart. OpĂ©ra. Annulation de la reprĂ©sentation[31], [32]. RFA.
  • Octobre : retrait d'une dizaine de dessins Ă©rotiques de l'artiste Hans Bellmer d'une exposition qui lui Ă©tait consacrĂ©e[33]. Grande-Bretagne.
2008
  • Janvier : Ă©mission de TV, Flamethrower. Refus de diffusion d'un Ă©pisode[34]. USA.
  • AoĂ»t : (en) The Jewel of Medina, roman de S. Jones. Annulation de la publication de l'ouvrage par Random House[35]. USA.
  • AoĂ»t : (en) The Butterfly Hunter, de M. Malik. Retrait du livre du concours Muslim Writers Awards. Grande-Bretagne.
2009
  • Avril : Les filles d'Allah, roman de Nedim GĂŒrsel. L'auteur est convoquĂ© devant un tribunal pour avoir menacĂ© Ă  la paix sociale[36]. Turquie.
  • Octobre : l'exposition "Cocktail, ou autoportrait en sociĂ©tĂ©" qui est une reconstitution d’un espace de priĂšre musulmane reprĂ©sentĂ© Ă  l’infini a Ă©tĂ© dĂ©montĂ©e plus tĂŽt que prĂ©vu suite Ă  des agressions rĂ©pĂ©tĂ©es. L'auteur, Mehdi-Georges Lahlou, a expliquĂ© le but de son Ɠuvre :

« Une trentaine de tapis de priĂšre sont disposĂ©s au sol en direction de la Mecque. Devant chaque tapis est placĂ©e une paire de chaussures masculines, qui reprĂ©sente l’homme’ en priĂšre. Au milieu, sur un tapis vert, est disposĂ©e une paire de chaussures rouges brillantes Ă  talons. Dans ma pratique, j’utilise trĂšs souvent ce seul stigma fĂ©minin pour me ’travestir’ et donc questionner ma sexualitĂ©  Â»

— Mehdi-Georges Lahlou, selon Le Soir

[37]. Belgique.

Le judaĂŻsme

La santé

Depuis la fin du XXe siĂšcle, les politiques de santĂ© publiques de lutte contre le tabagisme ont abouti Ă  des actes relevant de la censure dans le domaine de l'image. Ainsi en France,

« La loi Evin [1991] interdit toute propagande ou publicitĂ©, directe ou indirecte, en faveur du tabac ou des produits du tabac. Hulot, personnage crĂ©Ă© par Jacques Tati, fumait la pipe. [
] Tati est mort avant la loi Evin. [
] ConsidĂ©rant que la photographie de Tati jouant Hulot sur son solex, extraite du film « Mon oncle Â», serait une infraction Ă  la loi, suivant en cela une « jurisprudence Â» Ă©tablie hors des tribunaux par la BNF et Gallimard qui avaient supprimĂ© la cigarette de Sartre sur le catalogue de l’exposition consacrĂ©e Ă  ce dernier, et celle de la Poste procĂ©dant Ă  la mĂȘme suppression pour Malraux sur un timbre[38], [la SNCF et la RATP avec la sociĂ©tĂ© METROBUS] ont dĂ©cidĂ© d’affubler le tuyau (de pipe) d'une hĂ©lice Ă  vent [jaune]. VoilĂ  donc des Ɠuvres (un film, une photographie) rĂ©visĂ©es et dĂ©naturĂ©es, d’une double maniĂšre. Â»

— Ligue des droits de l'Homme, Observatoire de la libertĂ© de crĂ©ation, [39]

Notes et références

  1. ↑ a, b, c et d Stacy Schiff, William Olivier Desmond (trad.), La grande improvisation. Benjamin Franklin, la France et la naissance des États-Unis, Paris, Grasset, 2006, (ISBN 9782246629610), p.90
  2. ↑ Reporters sans frontiùres, classement mondial 2010
  3. ↑ En RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, l'organe de censure se nomme Commission Nationale de Censure des chansons et des spectacles(CNCCS). Elle a pour rĂŽle de controler toutes les chansons et spectacles gĂ©nĂ©ralement quelconques dans les mĂ©dias, places publiques etc. Elle est gĂ©rĂ©e par un haut magistrat et supervisĂ©e par le MinistĂšre de la Justice et Garde des Sceaux.
  4. ↑ « Rap: la rĂ©ponse aux censeurs Â», dans L'HumanitĂ© du 30 novembre 2005
  5. ↑ LE DOSSIER DE L'AFFAIRE PETER HANDKE, Balkans Info
  6. ↑ Le droit de dire non au non, HervĂ© Dubourjal, Le Figaro, 13 mai 2006.
  7. ↑ http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=4E337EE7BF7A067D69D59CFE35977182.tpdjo14v_2?cidTexte=JORFTEXT000000877119&idArticle=LEGIARTI000006419716&dateTexte=20100921&categorieLien=id#LEGIARTI000006419716
  8. ↑ http://www.bakchich.info/Chomsky-en-remet-une-couche-contre,11817.html
  9. ↑ Questions prioritaires de constitutionnalitĂ© en cours d’examen devant la Cour de cassation en matiĂšre pĂ©nale
  10. ↑ Cour de cassation, arrĂȘt n° 12008 du 7 mai 2010 (09-80.774), Mme X... et autres c/ FĂ©dĂ©ration nationale des dĂ©portĂ©s et internĂ©s, rĂ©sistants et patriotes (FNDIRP), et autres.
  11. ↑ http://www.polemia.com/article.php?id=3061
  12. ↑ http://en.wikipedia.org/wiki/Terrorism_Act_2006
  13. ↑ Trop licencieux pour le mĂ©tro ? - ARTE
  14. ↑ Archives du Monde
  15. ↑ Philippe Ridet, "Cowboys, gays, et privĂ©s de baisers sur la Rai", dans Le Monde du 13-12-2008, [lire en ligne], mis en ligne le 12-12-2008
  16. ↑ Brice Pedroletti, « PĂ©kin censure le film "Da Vinci Code" pour mĂ©nager les chrĂ©tiens chinois Â» dans Le Monde, 11/06/2006 [lire en ligne]
  17. ↑ HĂ©lĂšne Lepelletier, « TĂ©lĂ©vision chinoise : le nouvel ordre moral Â», dans Le Point, n°1770, p.45, 17/08/06, [lire en ligne]
  18. ↑ Pascal Nivelle, « La Chine en char et en os Â», dans LibĂ©ration du 13/04/2007, [lire en ligne]
  19. ↑ Entretien avec Marie Mendras, « Une Russie imprĂ©gnĂ©e de violence Â», dans Le Monde du 15/10/2006, [lire en ligne] ; Marie Mendras est chercheuse au Centre d'Ă©tudes et de recherches internationales (CERI), professeur de politique russe Ă  l'Institut d’études politiques de Paris
  20. ↑ (en)Internet users, update for 2009, internetworldstats.com
  21. ↑ Paul Ranc, La Franc-maçonnerie sous l'Ă©clairage biblique, Editions Contrastes, Saint-LĂ©gier, 1989
  22. ↑ http://www.sectes-infos.net/haines_hier_et_aujourdhui.pdf p. 15
  23. ↑ Emmanuel Ratier (prĂ©sente), MystĂšres et secrets du B'naĂŻ B'rith, Ă©diteur FACTA, p. 165, Texte en ligne
  24. ↑ www.fair.org
  25. ↑ (en) Michael Mullen, « Brazil Bans More Games: Country's Justice Ministry bans Doom, Mortal Kombat, Requiem, Blood, Postal, and Duke Nukem Â», GameSpot. Mis en ligne le 17 dĂ©cembre 1999
  26. ↑ Nathalie Roelens. "Deux croix censurĂ©s : la connotation religieuse dans l’affiche de cinĂ©ma". Nouveaux Actes SĂ©miotiques. Actes de colloques, 2004, Affiches et affichage.Disponible sur :[1]
  27. ↑ Le Courrier, 09-12-2005 [2]
  28. ↑ Marianne2, 17-12-2005 [3]
  29. ↑ Compagnie For, HervĂ© Loichemol [4]
  30. ↑ Le Monde, 01-03-2006 [5]
  31. ↑ Le Monde, 28-09-06 [6]
  32. ↑ L'OpĂ©ra sera finalement jouĂ© le 18 dĂ©cembre 2006. Le Monde, 19-12-06 [7]
  33. ↑ Le Monde, 06-10-2006 [8]
  34. ↑ (en) WorlNetDaily, 24-01-08 [9]
  35. ↑ Le Monde, 20-08-08 [10]
  36. ↑ Le Figaro, 17-04-09 [11]
  37. ↑ Le Soir, 24 septembre 2009 [12]
  38. ↑ SĂ©nat, question Ă©crite du 7 novembre 1996, [13]
  39. ↑ [14]

Voir aussi

Bibliographie

  • Laurent Garreau : Archives secrĂštes du cinĂ©ma français (1945-1975) : Et Dieu crĂ©a la censure, prĂ©face de Jacques Rigaud, Presses Universitaires de France, Perspectives critiques, 2009, 352 p. (ISBN 978-2-13-057486-6)
  • Albert Montagne : Histoire juridique des interdits cinĂ©matographiques en France (1909-2001), prĂ©face de Jean Sagnes, L'Harmattan, Coll. Champs Visuels, 2007, 360 p. (ISBN 978-2-296-04192-9)
  • Bernard Joubert, Dictionnaire des livres et journaux interdits, Paris, Éditions du Cercle de la Librairie, 27 aoĂ»t 2007, 1218 p. (ISBN 978-2-7654-0951-9) 
  • Jean-Michel Ducomte, La censure, Toulouse, Milan, coll. Â« Les Essentiels Milan Â», 20 septembre 2007, 64 p. (ISBN 978-2-7459-2778-1) 
  • Maxime Dury, La Censure, Paris, Publisud, 1995, 325 p. 
    D'aprĂšs une thĂšse de science politique : La prĂ©dication silencieuse. Recherche sur la signification de la censure en France depuis la fondation du droit moderne, XIIIe-XXe siĂšcles rĂ©alisĂ©e sous la direction de Claude Courvoisier, Dijon, 1992
  • Jean-Jacques Pauvert, Nouveaux (et moins nouveaux) visages de la censure, Paris, Belles Lettres, 1994 (ISBN 978-2-251-44019-4) 
  • FrĂ©dĂ©ric Vignale, Les censurĂ©s de la tĂ©lĂ©, Éditions Le Bord de L'eau, 24 janvier 2007, 158 p. (ISBN 978-2-915651-60-7) 
    préface de Gilbert Collard.
  • Aude Vassallo, La tĂ©lĂ©vision sous de Gaulle. Le contrĂŽle gouvernemental de l'information 1958/1969, Bruxelles, De Boeck, coll. Â« MĂ©dias recherches Â», 12 aoĂ»t 2005, 1re Ă©d. (ISBN 978-2-8041-4878-2) 
  • Jean-Pierre KrĂ©mer et Alain Pozzuoli, Dictionnaire de la censure, Paris, Scali, 12 mai 2007 (ISBN 978-2-35012-133-8) 
  • Nathalie Collard et Pascale Navarro, Interdit aux femmes: le fĂ©minisme et la censure de la pornographie, BorĂ©al, 1996, 143 p. (ISBN 978-2-89052-755-3) 
  • Pascal Durand (dir.), MĂ©dias et censure: figures de l'orthodoxie, LiĂšge, Editions de l'ULG, 2004, 243 p. (ISBN 978-2-930322-70-4) 
  • Pascal Durand, La censure invisible, Arles, Actes Sud, 2006, 75 p. (ISBN 978-2-7427-6505-8) 
  • Thomas Schlesser, L'art face Ă  la censure, Beaux Arts Editions, 2011, 240 p. (ISBN 2842788384) 

Filmographie

  • Patrick Le Gall : Sauve qui peut les images documentaire sur la censure dans le cinĂ©ma français, 60 min, 1982.

Articles connexes

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