Cebus apella

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Cebus apella

Apelle (animal)

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Apelle
 Cebus apella
Cebus apella
Classification classique
RĂšgne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Primates
Famille Cebidae
Sous-famille Cebinae
Genre Cebus
Nom binominal
Cebus apella
(Linnaeus, 1758)
Statut de conservation IUCN :

LC  : PrĂ©occupation mineure
Schéma montrant le risque d'extinction sur le classement de l'IUCN.

Références
ITIS : tsn 572976 (en)
Statut CITES : Cites II.svg Annexe II ,
RĂ©vision du 04/02/77

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L’Apelle ou Sapajou de Guyane (Cebus (Sapajus) apella) est une espĂšce de primate relativement commun au BrĂ©sil. Son alimentation est constituĂ©e de fruits, de germes, de feuilles et d'insectes.


Sommaire

Autres noms

Apelle, sapajou brun, sapajou cornu (vx) ; sajou, saĂŻ (noms gĂ©nĂ©riques). Brown tufted capuchin, guianan tufted capuchin. Macaco prego (BrĂ©sil). NakĂș-jabu (langue des Warao, Venezuela). Macaque noir (crĂ©ole), mongi (peuple aluku), ka'ĂŻ (peuple wayampi), meku (peuples kalin'a et wayana), maka-kou (peuple Saramaka) en Guyane française. Mutsaap, bruine rolstaartaap, keskesi (Surinam).

Distribution

Nord et centre nord de l’AmĂ©rique du Sud. IncomplĂštement connue. ExtrĂȘme sud du Venezuela au sud de l’OrĂ©noque (État de BolĂ­var), Ă  proximitĂ© du delta de l’OrĂ©noque et sur l’üle de Margarita dans ce mĂȘme pays. MoitiĂ© est du Guyana (Ă  l’est des Rios Rupununi et Essequibo), Surinam et Guyane française. Nord du BrĂ©sil (États de l’AmapĂĄ, Roraima, Amazonie, RondĂŽnia, Mato Grosso, ParĂĄ, MaranhĂŁo et peut-ĂȘtre Tocantins), au nord-ouest depuis le Rio Negro et l’OrĂ©noque, au sud-ouest le long du Rio Madeira vers le RondĂŽnia jusqu’au RĂ­o GuaporĂ© et au nord-est jusqu’à l’embouchure du Rio Itapicuru (limite de la forĂȘt amazonienne, dans le Nordeste).

C’est peut-ĂȘtre l’espĂšce qui est prĂ©sente au nord et centre de la Bolivie ainsi que dans l’interfluve Rio Negro-Rio JapurĂĄ jusqu’à l’extrĂȘme sud-est de la Colombie.


Systématique

L’ensemble du groupe des sapajous et capucins a Ă©tĂ© rĂ©visĂ© en 2001 par JosĂ© de Sousa e Silva JĂșnior.

Sous-espĂšces

2. Incertain. Sapajou de l’üle de Margarita (C. (S.) a. margaritae) : ConfinĂ© dans la rĂ©gion montagneuse de l’est de l’üle de Margarita au large de Cumana (Venezuela). Sapajou des Guyanes (C. (S.) a. apella) : Le reste de la rĂ©partition.

Cebus apella - Manduri, Brésil
Cebus apella Brésil
Cebus apella Brésil

Habitat

Divers. ForĂȘt pluviale de plaine, de prĂ©montagne et de petite montagne (Guyanes et BrĂ©sil), dont forĂȘt de wapa et forĂȘt marĂ©cageuse mĂ©sophile Ă  mora (Mora excelsa). Au Surinam, il habite au moins cinq types de forĂȘt diffĂ©rents : forĂȘt pluviale de montagne, forĂȘt pluviale de plaine, savane montagneuse, forĂȘt de lianes et forĂȘt marĂ©cageuse de palmier pinot (Euterpe oleracea). Llanos Ă  saison sĂšche (Venezuela). ForĂȘt de palmiers Cocais et forĂȘt de palmiers babaçua, cerrado, caatinga (BrĂ©sil). Mangrove.

Sympatrie et association

S’associe au saĂŻmiri commun (Saimiri sciureus), durant plusieurs heures (57,6% de la journĂ©e Ă  Raleighvallen), ce qui accroĂźt l’efficacitĂ© alimentaire et la dĂ©fense antiprĂ©dateur. On le rencontre aussi avec le saki Ă  barbe (Chiropotes satanas), l’ouakari Ă  tĂȘte noire (Cacajao melanocephalus) et certains ouistitis (Mico spp.).

Description

Silhouette brĂ©viligne, prĂ©sence d’une crĂȘte sagittale chez le mĂąle adulte, ouverture nasale plus haute que large, front bombĂ©, canines relativement courtes et Ă©paisses, base de la mandibule irrĂ©guliĂšre, caryotype : 2n = 54 (caractĂ©ristiques valables pour tous les sapajous). Chez les Cebus, la femelle dispose d’un clitoris allongĂ© semblable Ă  un pĂ©nis et d’un os clitoridien semblable au baculum (Ă©tui pĂ©nien). VertĂšbres (pour tous les cĂ©bidĂ©s) : cervicales (7), thoraciques (12), lombaires (5,5), sacrales (3) et caudales (26).

Pour cette espĂšce : Pas de dimorphisme sexuel, mĂȘme si le mĂąle est gĂ©nĂ©ralement plus lourd que la femelle. CrĂȘte sagittale du mĂąle adulte peu dĂ©veloppĂ©e. Pelage court et soyeux. Épaules marron vandyke et parfois jaunes (plus souvent jaunes au nord qu’au sud de l’Amazone). Dos, croupe et flancs marron vandyke. Raie dorsale marron noirĂątre, nette, continue (i.e. depuis la couronne jusqu’à l’extrĂ©mitĂ© de la queue), contrastante, plus large au niveau de la croupe. Ventre, thorax et gorge marron roussĂątre. Surface latĂ©rale des bras bicolore, jaune en haut et noir en bas. Surface mĂ©diale des bras et des jambes marron roussĂątre. Surface latĂ©rale des jambes marron vandyke. Queue marron noirĂątre dessus et dessous, avec un pinceau noir contrastant. Queue prĂ©hensile portĂ©e avec un enroulement serrĂ© vers le bas Ă  son extrĂ©mitĂ© (d’oĂč son nom anglais de ringtail). Nuque noire. Couronne noire se prolongeant en triangle au milieu du front, avec de petites touffes Ă©rigĂ©es en forme de corne. Ces petites touffes sont plus souvent prĂ©sentes chez les spĂ©cimens vivant au nord de l’Amazone qu’au sud. Les touffes sont souvent plus proĂ©minentes chez les individus dominants, elles ont tendance Ă  se rĂ©duire et Ă  s’aplatir chez les individus ĂągĂ©s. Les femelles prĂ©sentent plus souvent des touffes que les mĂąles (d’aprĂšs C. Torres). Reste du front et tempes clairs formant un « arc gothique Â» de part et d’autre de la tĂȘte. Favoris et tract prĂ©auriculaire noirs (les favoris forment collier en se rĂ©unissant de chaque cĂŽtĂ© sous le menton, les tracts sont reliĂ©s Ă  la couronne). Sourcils marquĂ©s (cette fois, plus souvent au sud qu’au nord de l’Amazone). Face brun gris clair. Barbe moyenne.

Cas d’albinisme total. Les variations individuelles par rapport au patron modal sont importantes (le dos peut ĂȘtre marron, marronnasse voire marron clair ; la rĂ©gion scapulaire peut ĂȘtre jaune roussĂątre, marron roussĂątre, jaune, marron jaune ou marron clair ; la raie dorsale peut ĂȘtre plus ou moins large ; le ventre peut ĂȘtre chĂątaigne roussĂątre, marron pur ou orangĂ© ; la calotte peut ĂȘtre marron sombre et plus ou moins Ă©tendue et les touffes petites ou grandes, pieds et mains sombres ou claires, barbe plus ou moins importante et plus ou moins sombre).

Mensurations

Corps de 38 Ă  43cm. Queue de 40 Ă  45cm. Poids de 3,5 Ă  4kg (jusqu’à 4,8kg) pour le mĂąle et de 2,5 Ă  3kg (jusqu’à 3,4kg) pour la femelle. Cerveau : 71g. Rapport longueur bras/jambes (x100) : 82. Caryotype : 2n = 54.

Domaine

Cebus apella apella transportant son petit sur son dos.

De 25-40ha jusqu’à 3,5kmÂČ.

Densité

19/kmÂČ (RN de La TrinitĂ©), de 5,7 Ă  24,4/kmÂČ (forĂȘts de la Counami) et 15/kmÂČ (RN des Nouragues), en Guyane française. Locomotion : QuadrupĂšde. Sauteur. Suspension. Queue prĂ©hensile. Budget de locomotion (d’aprĂšs Gebo) : dĂ©placement quadrupĂšde (86%), sauts (7%), grimper (6,5%) et autres (0,5%).

Comportements basiques

Diurne. Arboricole.

Alimentation

GĂ©nĂ©raliste opportuniste. Quasi-omnivore Ă  tendance frugivore. Budget alimentaire (d’aprĂšs J. F. Eisenberg) : fruits (66%), graines (25%), moelle des plantes (7%), nectar (1%) et proies (1%). Il mange des fourmis, des guĂȘpes, des mille-pattes et des scorpions. Il recherche les insectes dans les basse et moyenne strates de la forĂȘt. Dans le PN de JaĂș, au coeur de l’igapĂł, il se rĂ©gale des gros vers cachĂ©s dans les troncs des palmiers Leopoldinia. Il s’attaque parfois aux reptiles, aux grenouilles sur les tiges de bambou, aux oiseaux, aux Ă©cureuils (Sciurus aestuans) jeunes et adultes, aux rats, aux chauves-souris et mĂȘme aux petits opossums. Ses proies peuvent peser jusqu’à 900g. En Amazonie orientale, on l’a observĂ© en train de se nourrir de crabes et mĂȘme capturer un jeune titi (Callibus sp.).

GrĂące Ă  sa puissante mĂąchoire, le sapajou se nourrit de fruits Ă  pĂ©ricarpe coriace que sont incapables d’éclater les capucins (C. (C.) albifrons et olivaceus), leurs rivaux amazoniens, et c’est lĂ  l’un des points clĂ©s de son Ă©clatant succĂšs en Amazonie (Ă  l’ouest du Guyana, oĂč de tels fruits sont rares, il est en revanche absent alors qu’il est prĂ©sent Ă  l’est oĂč abondent les palmiers kokerite (Attalea spp.). Si les fruits sont encore plus durs, il les frappe contre des branches. Au Surinam (Raleighvallen et Saramacca), il est ainsi assez habile pour briser les coques « inattaquables Â» des fruits des lĂ©cythidacĂ©es - une famille d’arbres abondamment reprĂ©sentĂ©e dans les vieilles forĂȘts au sol pauvre du Bouclier guyanais) - en les cognant contre la boursouflure plane d’une grosse branche ou un tronc Ă  l’aide d’une main pour les petits (Eschweilera longipes, Lecythis corrugata), des deux mains pour les plus gros (Couratari stellata, Couratari guianensis, Gustavia hexapetala, Lecythis davisii, Cariniana micrantha) voire en les frappant Ă  l’aide d’un bĂąton (Couratari oblongifolia). Fait de mĂȘme avec les capsules de Pachira aquatiqua, Cynometra spp., Vouacapoua americana, Hymenaea courbaril, Capparis maroniensis, Carapa procera et Phenakospermum guyannense. Il lui faut plus d’une demi-heure et plus d’une centaine de coups pour venir Ă  bout d’une noix du BrĂ©sil (Bertholletia excelsa) : il donne 5 Ă  8 coups Ă  la suite, inspectant ensuite les Ă©ventuellles fissures occasionnĂ©es et mĂąchonnant la moindre surface endommagĂ©e. Il apprend les techniques d’ouverture en 2-3 ans.

En Colombie (espĂšce C. (S.) macrocephalus), oĂč les sols sont plus rĂ©cents et fertiles que dans le Bouclier guyanais, les lĂ©cythidacĂ©es ne sont pas dominantes et la prĂ©dation de leurs graines se limite Ă  deux espĂšces, le membrillo (Gustavia superba) et la sachamangua (Grias haughtii).

Dans la RN des Nouragues, il consomme les fruits de l’envira (Duguetia surinamensis), l’ambelanier acide (Ambelania acida), l’apocynacĂ©e Lacmellea aculeata, le dukali (Parahancornia fasciculata), le tapirira (Tapirira obtusa), le philodendron Philodendron insigne, le counana (Astrocaryum paramaca), le palmier pĂȘcher (Bactris acanthocarpoides), le palmier maripa (Maximiliana maripa), l’ananas fleur Ananas nanus, le canfin (Tetragastris panamensis), les wapa (Eperua spp.), le pouroumier tomenteux (Pourouma tomentosa), les gaulettes licania (Licania alba et latifolia), les cyclanthacĂ©es Ludovia lancifolia et Stelestylis surinamensis, l’arenillo (Dendrobangia boliviana), l’umarĂ­ de Guyane (Poraqueiba guianensis), le mahot (Eschweilera spp.), le canari macaque (Lecythis persistens), l’oranger du singe (Strychnos sp.), sept espĂšces d’ingĂĄ (Inga spp.), la bagasse (Bagassa guianensis), l’amourette (Brosimum guianensis), la passiflore Passiflora crenata aux fruits jaunes, la polygalacĂ©e Moutabea guianensis, le maripoil (Duroia eriopila), le « goyavier Â» du singe (Posoqueria latifolia), le pitoulier (Talisia sp.), les balatas pommes (Chrysophyllum spp.), le jaune-d’Ɠuf (Ecclinusa lanceolata), le balata franc (Manilkara bidentata), les mamantin (Micropholis spp.), les poutĂ©riers (Pouteria spp.), la sapotacĂ©e (Pradosia ptychandra), le kobe (Sterculia frondosa), le cacaoyer de montagne (Theobroma subincanum) et l’achocon (Leonia glycycarpa).

Sur l’üle de Margarita, il consomme 45 espĂšces de plantes de 24 familles, principalement des moracĂ©es, palmacĂ©es et bromĂ©liacĂ©es, ainsi que de nombreux insectes (fourmis, guĂȘpes, sauterelles, scarabĂ©es, rĂ©duves).

Comportements divers

RĂ©putĂ© pour son intelligence qui s’expliquerait partiellement par son mode d’alimentation. Il casse les dures noix de palme en les frappant contre une branche, utilise des pierres pour ouvrir les coquilles et des outils rudimentaires pour faire sauter l’écorce des arbres. Frapper, frotter et faire levier sont des activitĂ©s courantes chez cet animal. Il jette, secoue et transporte divers aliments et objets. Prend dans chaque main un fruit ou un escargot et les cogne l’un contre l’autre. Les premiĂšres observations de recours Ă  l’outil en captivitĂ© remonte au moins Ă  1794 avec Erasmus Darwin, le grand-pĂšre du cĂ©lĂšbre Charles. En captivitĂ©, des observations rĂ©centes ont montrĂ© que des individus jettent parfois des aliments Ă  des groupes voisins dans le but avĂ©rĂ© de partager la nourriture (cf. aussi encadrĂ©). S. J. Suomi rapporte le cas d’un sapajou se servant de deux fragments d’os comme d’un marteau et d’une enclume, alors que l’on pensait l’utilisation coordonnĂ©e de deux outils rĂ©servĂ©e au seul chimpanzĂ©. Dans le parc zoologique de GoiĂąnia (BrĂ©sil), on a observĂ© un sapajou en train de pĂȘcher et capturer des poissons Ă  l’aide d’un appĂąt. On ne sait si la captivitĂ© induit de tels comportements ou si au contraire elle doit inciter les chercheurs Ă  chercher davantage Ă  repĂ©rer de tels Ă©vĂ©nements dans la nature. Toutefois, le sapajou, aussi Ă©voluĂ© et malin soit-il, ne se reconnaĂźt pas dans un miroir et l’on peut penser qu’il ne dispose pas d’une reprĂ©sentation de lui-mĂȘme suffisamment diffĂ©rentielle pour qu’on puisse la nommer conscience.

Taille du groupe

11 (de 1 Ă  20). 14 (P. naturel de Brownsberg, Surinam).

Structure sociale et systĂšme de reproduction

Groupe multimĂąle-multifemelle. Polygamie.

Hiérarchie

Le groupe social est gĂ©nĂ©ralement placĂ© sous l’autoritĂ© d’un grand mĂąle ĂągĂ© au regard de « tueur Â» et Ă  la mine franchement patibulaire, possĂ©dant beaucoup de pouvoir. Par exemple il contrĂŽle l’accĂšs aux sites d’alimentation, davantage que chez les autres espĂšces de capucin (cette espĂšce Ă©volue sur des arbres de taille modeste, plus facilement monopolisables). Le systĂšme social y est moins Ă©galitaire, plus despotique. MĂȘme s’il existe une certaine tolĂ©rance entre mĂąles, la hiĂ©rarchie apparaĂźt clairement. La majoritĂ© des dĂ©cisions reviennent au maĂźtre qui joue aussi le rĂŽle de protecteur et de sentinelle. C’est lui qui attaque le premier lors d’une interaction agressive avec un autre groupe (ce qui reste rare). C’est lui qui reste en premiĂšre ligne en cas d’attaque d’un prĂ©dateur aĂ©rien. Il est le centre d’attraction. Un grand nombre de jeunes des deux sexes se retranchent derriĂšre la star et forme des alliances stratĂ©giques. En captivitĂ©, on observe un comportement qui confirme ce statut de star : Ă  la tombĂ©e du jour, le mĂąle dominant descend Ă  terre, les bras Ă©tendus et se laisse assaillir par les jeunes de la troupe. Parfois, c’est lui qui les attaque ... Cette sĂ©ance de jeu spectaculaire, qui regroupe plus d’une dizaine de participants, s’organise autour du leader. Si une querelle Ă©clate sur un arbre, ce sont le dominant et ses amis tolĂ©rĂ©s qui mangent les premiers. Tout contrevenant risque d’ĂȘtre rabrouĂ©. Le dominĂ© ramasse le corps et baisse la tĂȘte en signe de soumission. Dans une troupe en mouvement, le dominant et consorts occupent la deuxiĂšme ligne, juste en arriĂšre des Ă©claireurs qui sont souvent des femelles apprĂ©ciĂ©es par le dominant accompagnĂ©es de leurs petits. Cette position stratĂ©gique leur permet Ă  la fois de profiter des trouvailles des Ă©claireurs et de bĂ©nĂ©ficier de la vigilance des singes pĂ©riphĂ©riques plus exposĂ©s Ă  d’éventuels prĂ©dateurs. Les individus de moindre rang sont des adultes non tolĂ©rĂ©s Ă  proximitĂ© et des subadultes. Ils voyagent en pĂ©riphĂ©rie, Ă  la traĂźne voire Ă  l’écart de la troupe, ajustant sans cesse leur position par rapport Ă  celle du dominant afin d’éviter Ă  tout prix l’agression. Ils s’alimentent en dernier sur l’arbre nourricier.

Dispersion

Femelle philopatrique. Le mĂąle Ă©migre.

Reproduction

Cycle Ɠstral : 18 jours. ƒstrus : 2 Ă  4 jours. La femelle en chaleur ne prĂ©sente aucun renflement. Durant les douze premiers jours, les femelles suivent et sollicitent constamment le mĂąle alpha avec des postures (approches suggestives), des gestes d’invite (elles touchent parfois le mĂąle, poussent son arriĂšre-train ou lui mordent la queue.), des expressions faciales (relĂšvement les sourcils et du scalpet avec grimace) et des vocalisations particuliĂšres (sifflement doux et prolongĂ© Ă©voluant en un cri aigu trillĂ© et puissant). La femelle attend que le mĂąle lui rĂ©ponde de la mĂȘme maniĂšre et l’accompagne, ce qui est loin d’ĂȘtre toujours le cas (il montre souvent peu d’intĂ©rĂȘt voire une lĂ©gĂšre intolĂ©rance vis-Ă -vis de ces comportements). Celui-ci ne daigne copuler qu’une fois par jour. AprĂšs moult attouchements, les partenaires s’accouplent en position dorsoventrale. AprĂšs la copulation, cette espĂšce pratique la monte rĂ©ciproque : Ă  son tour, la femelle enlace le mĂąle Ă  la taille et chevauche le bas du dos. Lors des deux derniers jours de chaleur, le mĂąle dominant resserre sa garde autour des femelles, Ă©loignant les subordonnĂ©s. Mais dĂšs qu’il relĂąche son attention, elles en profitent pour s’accoupler avec un autre prĂ©tendant, si bien qu’il ne peut ĂȘtre tout Ă  fait certain de sa paternitĂ©. Le mĂąle alpha volera au secours d’un petit (qu’il estime avoir engendrĂ©) mais se montrera plus agressif envers les jeunes nĂ©s avant son arrivĂ©e au pouvoir.

Longévité

20 ans, dans la nature. Jusqu’à 45 ans, en captivitĂ©.

Communication orale

Riche rĂ©pertoire vocal. L’appel le plus audible est le cri d’alarme Ă©mis Ă  la vue d’un prĂ©dateur terrestre : un son haut perchĂ© prĂ©cĂšde un ‘chuck !’ sonore. A la vue d’un aigle, le mĂąle alpha Ă©met un puissant aboiement en restant Ă  dĂ©couvert tandis que le reste de la troupe s’enfuit. L’appel le plus frĂ©quent est une note de contact brĂšve et nasale, semblable Ă  un geignement de nourrisson affamĂ©, que le primate Ă©met lorsqu’il part en quĂȘte d’aliments dispersĂ©s (essentiellement des arthropodes). Les autres vocalisations incluent des appels de dĂ©tresse (individu isolĂ© ou jeune se sentant perdu), des trilles et des cris plaintifs. Il existe trois types de vocalisations agressives et la femelle en chaleur (lorsqu’elle suit langoureusement le mĂąle) sĂ©lectionne son propre mode de communication orale et visuelle. En captivitĂ©, les gloussements flĂ»tĂ©s ‘woo-woo-woo-wooooo-woooooo’ et les hurlements d’excitation des sapajous peuvent s’avĂ©rer particuliĂšrement assourdissants !

Communication visuelle

Mouvements de tĂȘte. Écarquillement des yeux. Exhibition des dents.

Communication olfactive

DĂ©pose de l’urine dans ses mains puis les frotte contre sa fourrure. Ce pourrait ĂȘtre un moyen pour les mĂąles de prĂ©venir les femelles de leur maturitĂ© sexuelle.

Communication tactile

Le toilettage social constitue un moment fort chez toutes les espĂšces de Cebus, il renforce les liens et apaisent les tensions (en captivitĂ©, les capucins bruns se rĂ©concilient parfois aprĂšs un combat, plus rarement Ă  la suite d’une querelle hiĂ©rarchique).

Prédateurs

Rapaces. En Guyane, il figure en deuxiÚme place au menu de la Harpie féroce (Harpia harpyja).

Menaces

DĂ©forestation. Chasse. Trafic. Il parvient Ă  survivre dans les forĂȘts secondaires ou dĂ©gradĂ©es et se montre difficile Ă  chasser malgrĂ© ses mƓurs bruyantes, car vĂ©loce et prompt Ă  donner l’alarme. GrĂące Ă  son excellente vue, il dĂ©tecte les chasseurs de loin. Toutefois, le Sapajou de l’üle de Margarita (C. a. margaritae), chassĂ© comme nuisible pour cause de pillages dans les plantations de maĂŻs et de canne Ă  sucre, capturĂ© comme animal de compagnie et concurrencĂ© par le Capucin olive (C. olivaceus) introduit, pourrait disparaĂźtre Ă  brĂšve Ă©chĂ©ance de son Ăźle-refuge.

Conservation

Sapajou de l’üle de Margarita (C. a. margaritae) : PN de Cerro El Copey (Venezuela).

Sapajou des Guyanes (C. (S.) a. apella) : PN de Duida-Marahuaca et PN de Parima-TapirapecĂł (Venezuela). P. naturel de Brownsberg et R. du Surinam central (Surinam). RN des Nouragues (Guyane française). R. de Cujubim, PN de JaĂș et PE de Cuieiras (État d’Amazonie), PN de Tumucumaque (État de l’AmapĂĄ), PN d’Amazonie et Fazenda ArataĂș (État du ParĂĄ), SE de Samuel (État du RondĂŽnia), au BrĂ©sil. Refuge de Huanchaca, R. de la BiosphĂšre du BĂ©ni, ForĂȘts de Chimanes et Rfa. des Rios Blanco y Negro (limite australe de l’espĂšce), en Bolivie – les spĂ©cimens boliviens sont peut-ĂȘtre des macrocephalus.

Statut

Sapajou de l’üle Margarita (C. a. margaritae) : En danger critique d’extinction.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Étude de la capacitĂ© des capucins bruns (Cebus apella) Ă  Ă©valuer et Ă  accepter un degrĂ© de risque dans l’échange alimentaire avec un expĂ©rimentateur humain. par Audrey Coulon (RĂ©sumĂ©)

Bibliographie

  • Bodini, R. and Prez-Hernandez, R. 1987. Distribution of the species and subspecies of cebids in Venezuela. Fieldiana. Zoology, New Series (39): 231-244.
  • Fedigan., L., Visalberghi, E. and Rylands A.B. 2003. Where and what are capuchins, and how did they get there? In: D. Fragaszy, L. Fedigan and E. Visalberghi (eds) The Complete Capuchin. Cambridge University Press, Cambridge.
  • Groves, C.P. 2001. The Taxonomy of Primates. Smithsonian Institution Press, Washington, DC.
  • Norconk, M.A., Sussman, R.W. and Phillips-Conroy, J. 1996. Primates of Guayana Shield forests: Venezuela and the Guianas. In: M.A. Norconk, A.L. Rosenberger and P.A. Garber (eds). Adaptive Radiations of Neotropical Primates. pp.69-83. Plenum Press, New York.
  • Rudran, R. and Eisenberg, J.F. 1982. Conservation and status of wild primates in Venezuela. International Zoo Yearbook 22: 52-59.
  • Silva Jr., J. de S. 2001. Especiao nos macacos-prego e caiararas, genero Cebus Erxleben, 1777 (Primates, Cebidae). Doctoral thesis, Universidade Federal do Rio de Janeiro, Rio de Janeiro.

Notes et références


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