Cebus (Cebus)

ï»ż
Cebus (Cebus)

Cebus

Comment lire une taxobox
Cébinés
 Cebus apella
Cebus apella
Classification classique
RĂšgne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Primates
Famille Cebidae
Sous-famille Cebinae
Genre
Cebus
Erxleben, 1777
Références
ITIS : tsn 572816 (en)

Wikispecies-logo.svg Retrouvez ce taxon sur Wikispecies

Commons-logo.svg D'autres documents multimédia
sont disponibles sur Commons
Parcourez la biologie sur WikipĂ©dia :
AlphaHelixSection (blue).svg
Symbole-faune.png
Salmobandeau.jpg
PCN-icone.png
Icone botanique01.png
P agriculture.png
Patates.jpg
Extracted pink rose.png

Le genre Cebus comprend les espĂšces de singes du Nouveau Monde appelĂ©es capucins ou sajous ou sapajous. Ils mĂ©ritent bien leur nom latin de Cebus, le « singe Â», en effet ils reprĂ©sentent l’archĂ©type du singe vif (terrestre et arboricole), adaptable (omnivore) et intelligent (opportunisme, grandes capacitĂ©s cognitives). PhylogĂ©nĂ©tiquement, ils seraient proches des saĂŻmiris.

Sommaire

Distribution géographique

Sapajous et capucins sont omniprĂ©sents en AmĂ©rique centrale et du Sud sur environ 12 millions de kmÂČ, depuis le Belize jusqu’au nord de l’Argentine et de la Bolivie, occupant l’ensemble des rĂ©gions tropicales et subtropicales Ă  leur disposition, du niveau de la mer Ă  plus de 2500 mĂštres d’altitude, aussi bien dans les forĂȘts pluvieuses ou sĂšches, dans les marĂ©cages ou les mangroves. Seuls l’Uruguay et le Chili ont rĂ©sistĂ© aux envahisseurs. Avec les hurleurs, ils ont la distribution la plus Ă©tendue sur ce continent. Mais si les hurleurs se sont largement rĂ©pandus grĂące Ă  un rĂ©gime plus ou moins folivore, la rĂ©ussite des sapajous et capucins tient Ă  leur Ă©clectisme alimentaire. Toutefois, grĂące Ă  sa mĂąchoire plus grande et plus Ă©paisse et ses canines plus larges, seul le sapajou a accĂšs aux fruits Ă  pĂ©ricarpe coriace, comme ceux de certains palmiers, que sont incapables d’éclater les capucins. Ce « plus Â» morphologique confĂšre au sapajou la capacitĂ© d’explorer des rĂ©gions inhospitaliĂšres et constitue l’un des points clĂ©s de son succĂšs radiatif. Alors que les capucins sont restreints Ă  la forĂȘt amazonienne (et Ă  une petite partie de l’AmĂ©rique centrale), les sapajous ont conquis tout le continent sud-amĂ©ricain jusqu’à 30°S.

Systématiques

Taxonomie

La taxonomie de ces primates, surtout celle des sapajous, est restĂ©e longtemps confuse, notamment en raison de la grande variabilitĂ© individuelle du pelage, qui prĂ©sente une « infinitĂ© Â» de nuances de marrons. Une classification trĂšs avancĂ©e a Ă©tĂ© proposĂ©e en 2001 par le primatologue brĂ©silien JosĂ© de Sousa e Silva Jr. Ă  partir de l’étude de plus de trois mille spĂ©cimens morts ou vivants.

Il distingue d’une part les capucins Ă  touffes Cebus (Sapajus) ou sapajous, avec 8 espĂšces : le sapajou des Guyanes (C. (S.) apella), le sapajou d’Amazonie occidentale (C. (S.) macrocephalus), le sapajou du Paraguay (C. (S.) cay), le sapajou Ă  barbe (C. (S.) libidinosus), le sapajou blond (C. (S.) flavius), le sapajou Ă  poitrine jaune (C. (S.) xanthosternos), le sapajou Ă  crĂȘte (C. (S.) robustus) et le sapajou noir (C. (S.) nigritus).

Et d’autre part, les capucins sans touffe Cebus (Cebus) ou capucins, avec 4 espĂšces : le capucin Ă  face blanche (C. (C.) capucinus), le capucin Ă  front blanc (C. (C.) albifrons), le capucin olive (C. (C.) olivaceus) et le capucin des Ka’apor (C. (C.) kaapori).

Les sapajous, ou apelles, se diffĂ©rencient des capucins, entre autres, par la prĂ©sence d’une crĂȘte sommitale chez les mĂąles et de deux touffes latĂ©rales sur le haut de la tĂȘte, plus ou moins imposantes et qui prennent parfois l’apparence d’une houppe centrale. Ils auraient commencĂ© Ă  diverger il y a environ 7,7Ma.

Sous-genres et espĂšces

Classification classique

Selon ITIS:

Description

Sapajous et capucins pĂšsent environ 3kg pour 40 Ă  50cm de long. Les mĂąles lĂ©gĂšrement plus lourds (30%) que les femelles sont peu ou pas plus grands et portent aussi des canines plus dĂ©veloppĂ©es (16 Ă  22%). En cas d’énervement, les sapajous et capucins peuvent Ă©riger leur pĂ©nis ou leur clitoris, Ă  l’instar des saĂŻmiris, et ces organes sont extĂ©rieurement ressemblants (os gĂ©nital). Ils possĂšdent une queue prĂ©hensile comme les atĂ©lidĂ©s, avec cette diffĂ©rence que son extrĂ©mitĂ© ne prĂ©sente pas une face intĂ©rieure nue. Cet appendice faisant office de cinquiĂšme membre a Ă©voluĂ© parallĂšlement chez les Cebus et les atĂšles (phĂ©nomĂšne de convergence).

Vie sociale

Les sapajous et capucins vivent en groupes multimĂąles-multifemelles de 3 Ă  40 individus avec un ratio de femelles d’autant plus Ă©levĂ© que la troupe est nombreuse. Les relations de dominance se rĂ©vĂšlent moins « caricaturales Â» que chez les singes de l’Ancien Monde. Les femelles forment des coalitions entre elles, souvent chez le capucin Ă  front blanc et le capucin Ă  face blanche, plus rarement chez le sapajou des Guyanes. Les coalitions entre mĂąles s’avĂšrent moins frĂ©quentes et le dominant y joue un rĂŽle dĂ©terminant. Les relations intermĂąles diffĂšrent selon les espĂšces. Ainsi, les interactions sont-elles presque toujours dyadiques (entre deux sujets) et agressives chez le sapajou des Guyanes, polyadiques (coalitions entre plusieurs sujets) et agressives chez le capucin Ă  face blanche, franchement polyadiques et relativement tolĂ©rantes (sauf pendant la reproduction) chez le capucin Ă  front blanc. Il existe d’importantes variations de tendance entre populations d’une mĂȘme espĂšce et mĂȘme entre groupes d’une mĂȘme population. Cela appelle une rĂ©flexion : les gĂ©nĂ©ralisations comportementales, et mĂȘme les gĂ©nĂ©ralitĂ©s tout court, s’appliquent avec un « succĂšs Â» modĂ©rĂ© aux primates, ĂȘtres Ă©voluĂ©s dont l’histoire personnelle et la trajectoire psychologique ne peuvent se rĂ©sumer dans des statistiques.

C’est la femelle qui fait des avances au mĂąle. Cette cour assidue peut se prolonger trois heures durant, sans interruption. On voit que la femelle, loin d’ĂȘtre passive, se montre particuliĂšrement entreprenante, c’est pourquoi l’on parle aujourd’hui, pour un certain nombre de primates comme les capucins et l’orang-outan, non plus de rĂ©ceptivitĂ© (terme classique) pour les femelles en chaleur mais de proceptivitĂ© (terme inventĂ© par Franck Beach) afin de mettre en Ă©vidence leur attitude active et sĂ©lective.


Grosse tĂȘte

DotĂ©s d’un nĂ©ocortex proche de celui du chimpanzĂ©, sapajous et capucins et sapajous pĂ©tillent de curiositĂ© et d’intelligence. En marge des expĂ©riences biomĂ©dicales, ils ont fait l’objet de nombreuses Ă©tudes en captivitĂ© (manipulation d’objets, utilisation d’outils, rĂ©solution de problĂšmes, rĂ©ponse Ă  l’image dans le miroir, etc.) qui ont mis en Ă©vidence leurs Ă©tonnantes facultĂ©s.

Dans la nature, il manie des outils (enclume, ramille, branche). Dorothy Fragaszy, dans le Nordeste brĂ©silien, a observĂ© des sapajous Ă©calatant des noix sur des enclumes naturelles (pierres effleurantes) Ă  l’aide de pierres (sĂ©lectionnĂ©es et prĂ©fĂ©rĂ©es) pesant la moitiĂ© de leur poids et soulevĂ©es par-dessus tĂȘte. Ailleurs, un vieux mĂąle trop Ă©dentĂ© pour casser des noix du BrĂ©sil, utilisa un gros os. Sue Boinski a observĂ© un capucin Ă  face blanche achever un serpent venimeux Ă  l’aide d’une grosse branche, le reptile ayant Ă©tĂ© frappĂ© une cinquantaine de fois ! Au sein d’une troupe de 21 capucins Ă  face blanche du PanamĂĄ (variĂ©tĂ© imitator) Ă©voluant dans le parc national de Santa Rosa au Costa Rica, Suzanne Chevalier-Skolnikoff a observĂ© que leur taux de recours Ă  un outil est comparable Ă  celui des grands singes, chimpanzĂ© exceptĂ©. Ils utilisent des branches ou des bĂątons pour se frapper mutuellement, atteindre d’autres espĂšces comme les pĂ©caris, les coatis et les intrus (l’observatrice elle-mĂȘme !) ou s’en servent comme sonde alimentaire. En captivitĂ©, le capucin apprend Ă  se servir habilement d’un marteau, emploie un bĂąton pour rĂ©cupĂ©rer des aliments hors de sa cage, monte sur une caisse et crĂ©e des empilements pour s’emparer d’un objet haut placĂ©. Toujours en captivitĂ©, une femelle prĂ©nommĂ©e Alice a Ă©tĂ© surprise en train de nettoyer sa blessure Ă  l’aide d’un petit morceau de bois : elle plongeait son outil dans une fiole remplie de sirop mise Ă  sa disposition lors d’une expĂ©rience prĂ©cĂ©dente et appliquait le liquide sur la plaie. Une autre fois, alors que son petit avait Ă©tĂ© blessĂ© Ă  la tĂȘte, Alice avait brisĂ© un morceau de bois puis mĂąchonnĂ© son extrĂ©mitĂ© avant de gratter l’écorchure et de nettoyer la plaie.

Encore plus fort, Antonio Christian de A. Moura a observĂ© en 2006 dans le PN de la Serra da Capivara une population sauvage de sapajous Ă  barbe (C. (S.) libidinosus) frappant des pierres contre des substrats afin d’effrayer les prĂ©dateurs, un comportement unique Ă  six groupes et transmis culturellement.


Esprit de coopération

Lors d’une expĂ©rience rĂ©alisĂ©e en captivitĂ© sur des sapajous, Frans B. M. de Waal et Michelle L. Berger, deux chercheurs de l’universitĂ© d’Emory Ă  Atlanta (GĂ©orgie), sont parvenus Ă  dĂ©montrer que ces primates ne rechignent pas Ă  coopĂ©rer mĂȘme s’ils savent qu’ils ne seront pas tous rĂ©compensĂ©s. En retour, la coordination mutuelle de leurs efforts dĂ©bouche sur un partage spontanĂ© des ressources plus frĂ©quent que lorsque le primate agit seul.

Dans cette expĂ©rience, un couple de sapajous est installĂ© dans une boĂźte et les individus sĂ©parĂ©s par une cloison maillĂ©e. Devant chacun d’eux un bol transparent est disposĂ© sur un plateau, un seul bol contenant des quartiers de pommes. Le plateau est suffisamment lourd pour ne pouvoir ĂȘtre ramenĂ© que grĂące Ă  la force conjointe de la paire. AprĂšs avoir uni leurs efforts pour tirer vers eux le plateau, l’unique primate rĂ©compensĂ© partage volontiers ses bouts de pomme Ă  travers la cloison alors qu’il aurait la possibilitĂ© physique de ne pas le faire. Lorsqu’un seul sapajou est mis Ă  contribution pour ramener le plateau, il se montre moins enclin Ă  partager. Ainsi, l’aide stimule-t-elle le partage et le partage stimule-t-il l’aide.


Aide aux handicapés

L’homme commence Ă  dĂ©tourner Ă  son profit les qualitĂ©s intellectuelles du capucin. De plus en plus, il est employĂ© pour venir en aide aux handicapĂ©s tĂ©traplĂ©giques privĂ©s de l’usage de leurs mains. Du fait de sa motivation naturelle et de son habiletĂ© exceptionnelle dans la manipulation d’objets, de son attention et de sa tendresse assorties d’une longĂ©vitĂ© remarquable (jusqu’à 48 ans en captivitĂ©), le capucin constitue un assistant prĂ©cieux. Il lui suffit de rĂ©pondre Ă  une soixantaine d’ordres (ouvrir le rĂ©frigĂ©rateur, manipuler la tĂ©lĂ©commande, tourner les pages d’un livre, etc.), ce qu’il apprend sans peine. MĂȘme s’il existe un risque de dĂ©rive, ce type d’utilisation ne menace pas le destin des spĂ©cimens sauvages.

L’utilisation des primates pour aider les hommes handicapĂ©s n’est pas nouvelle : Ă  la fin du XIXe siĂšcle, un babouin servait de second Ă  un aiguilleur de chemin de fer sud-amĂ©ricain amputĂ© des deux jambes. Le babouin poussait le fauteuil roulant de l’aiguilleur jusqu’à son poste de travail, et lĂ , sous la surveillance de son maĂźtre James Wilde, il actionnait divers leviers.




Voir aussi

Bibliographie

  • Fragarzy D.M., Fedigan L.M. & Visalberghi E., 2004. Complete Capuchin : The Biology of the Genus Cebus. Cambridge University Press, 339 p.

Références taxonomiques

Lien externe

Notes


  • Portail de la zoologie Portail de la zoologie
Ce document provient de « Cebus ».

Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Cebus (Cebus) de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:

  • Cebus (Cebus) albifrons — Cebus albifrons Capucin Ă  front blanc 
   WikipĂ©dia en Français

  • Cebus (Cebus) olivaceus — Cebus olivaceus Cebus olivaceus 
   WikipĂ©dia en Français

  • Cebus (Cebus) kaapori — Cebus kaapori Cebus kaapori 
   WikipĂ©dia en Français

  • Cebus (Cebus) capucinus — Capucin moine Capucin moine 
   WikipĂ©dia en Français

  • Cebus — CĂ©binĂ©s 
   WikipĂ©dia en Français

  • Cebus olivaceus — Cebus olivaceus 
   WikipĂ©dia en Français

  • Cebus Albifrons — Capucin Ă  front blanc 
   WikipĂ©dia en Français

  • Cebus albifrons — Capucin Ă  front blanc 
   WikipĂ©dia en Français

  • Cebus kaapori — Cebus kaapori 
   WikipĂ©dia en Français

  • Cebus — prop. n. the type genus of the {Cebidae}. Syn: genus {Cebus}. [WordNet 1.5] 
   The Collaborative International Dictionary of English


Share the article and excerpts

Direct link

 Do a right-click on the link above
and select “Copy Link”

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.