Cathédrale d'Orvieto

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Cathédrale d'Orvieto
Parvis du Duomo
Façade du Duomo

42° 43â€Č 01″ N 12° 06â€Č 48″ E / 42.71701, 12.113274 La cathĂ©drale d’Orvieto se dresse au sommet de la colline d’Orvieto et domine les autres Ă©difices. Le Duomo dĂ©diĂ© Ă  l’Assomption de la Vierge Marie, est une des Ɠuvres les plus grandioses de l’architecture mĂ©diĂ©vale italienne. De style gothique, elle est notamment cĂ©lĂšbre pour sa façade, ainsi que pour la chapelle de Saint Brice – Cappella San Brizio – dĂ©corĂ©e des fresques de Fra Angelico et Luca Signorelli.


Sommaire

Construction et Histoire

La premiĂšre pierre fut posĂ©e le 13 novembre 1290 par le pape Nicolas IV. DĂ©nommĂ©e pendant plus de quatre siĂšcles Santa Maria delle Stella – Sainte Marie de l’Étoile – elle fut rebaptisĂ©e Santa Maria Assunta in Cielo au XIXe siĂšcle.

Durant la premiĂšre pĂ©riode de la construction, les travaux ont Ă©tĂ© dirigĂ©s par Fra’ Bevignate mais c’est avec l’arrivĂ©e de Lorenzo Maitani (1308) que des modifications radicales au projet initial furent introduites avec la mise en Ɠuvre d’un plan gothique en croix latine. Toujours de Maitani est la façade imposante Ă  trois gables et trois pignons (1310). L’achĂšvement du transept fut rĂ©alisĂ© avec la chapelle du Corporal (1350-1355) et la chapelle de Saint Brice (1408) . D’autres artistes illustres se manifestĂšrent Ă  Orvieto comme Andrea Pisano en 1347, Andrea Orcagna en 1359, Antonio Federighi (de 1415 Ă  1456) et Antonio da Sangallo le Jeune qui refit le pavement de la cathĂ©drale.

En 1890, on voulut revenir Ă  une certaine puretĂ© originelle en retirant des Ă©lĂ©ments postĂ©rieurs datant du Moyen Âge tardif et de la Renaissance.

La façade

Elle consiste en un immense triptyque gothique d’oĂč ressortent des bas-reliefs, servant de base architecturale, et des mosaĂŻques dont les couleurs exaltent toute la façade. Son ossature est constituĂ©e de quatre pilastres entre lesquels s’ouvrent trois portails surmontĂ©s de gĂąbles qui rejoignent une galerie Ă  arches trilobĂ©s divisant horizontalement la façade. La partie supĂ©rieure est caractĂ©risĂ©e par une splendide rosace centrale et se termine par trois pignons rĂ©pĂ©tant le motif des trois gĂąbles infĂ©rieurs et sĂ©parĂ©s par des pinacles reposant sur les pilastres. Ces diffĂ©rents Ă©lĂ©ments sont surmontĂ©s de statues de saints.

Les bas-reliefs de la façade

Bas-relief de l'Annonciation.

Vers 1320-1330 furent rĂ©alisĂ©s les bas-reliefs qui ornent les quatre pilastres de la base, entre les portes, et qui sont d’une richesse exceptionnelle. Y sont reprĂ©sentĂ©es, dans un entrelacs de tiges et de feuilles d’acanthe, des thĂšmes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Le premier pilier raconte la crĂ©ation du monde, Adam et Ève, CaĂŻn et Abel, la vie de l’Homme aprĂšs le pĂ©chĂ© originel - oĂč l’on aperçoit probablement Maitani lui-mĂȘme en train de dessiner. Le second raconte la vision d’Abraham ou de JessĂ© : le patriarche voit se dĂ©rouler l’histoire Ă  venir, peuplĂ©e des rois et des prophĂštes pour aboutir finalement Ă  la venue du Sauveur. La vision de Jacob prĂ©sentĂ©e dans le troisiĂšme pilier s’attache au Nouveau Testament : des anges contemplent en adoration diffĂ©rents Ă©pisodes de la vie de JĂ©sus, depuis l'annonciation et l’incarnation jusqu’à la crucifixion et la rĂ©surrection. Le quatriĂšme pilier est consacrĂ© au jugement dernier : la rĂ©surrection des morts, les justes conduits au Paradis oĂč ils sont admis Ă  contempler la gloire de Dieu, les Saints, les ApĂŽtres, Jean et Marie devant le RĂ©dempteur, tandis qu’en bas Ă  droite figurent les damnĂ©s et les rĂ©prouvĂ©s conduits en Enfer.

Sur les pilastres au-dessus des bas-reliefs, apparaissent quatre statues en bronze de Lorenzo Maitani, l’ange, le lion, l’aigle et le taureau symbolisant les quatre Ă©vangĂ©listes.

La rosace

La rosace de la façade

ƒuvre de Andrea Orcagna en 1358, la splendide rosace Ă  double cercle de colonnettes sĂ©parĂ©s par des arcs montre au centre le visage du RĂ©dempteur. Les figures des quatre docteurs de l’Eglise ornent les angles du carrĂ© dans lequel s’inscrit la rosace, et que bordent 52 tĂȘtes de saints en reliefs du XIVe siĂšcle. A gauche et Ă  droite de la rosace, les statues de marbre des douze prophĂštes datent de la mĂȘme pĂ©riode et sont surmontĂ©es des statues en travertin des douze apĂŽtres exĂ©cutĂ©es en 1556.

Les mosaĂŻques

Les mosaïques de la façade

Toute la façade est ornĂ©e de mosaĂŻques qui accompagnent les Ă©lĂ©ments architecturaux en dĂ©veloppant sur de grands espaces des thĂšmes de la vie de la Vierge. Ces mosaĂŻques confĂšrent Ă  la façade sa splendeur notamment quand les rayons du soleil viennent l’illuminer. Au-dessus du portail central, est reprĂ©sentĂ©e l’Assomption de la Vierge tandis que le portail de gauche montre le baptĂȘme du Christ et celui de droite la NativitĂ© de Marie. Sur les cĂŽtĂ©s des gĂąbles des portes latĂ©rales, on peut voir Ă  gauche l’Annonciation et Ă  droite Saint Joachim et Saint Anne. Au niveau de la rosace, la partie gauche prĂ©sente le mariage de la Vierge et la partie droite la prĂ©sentation de JĂ©sus au Temple. Au sommet triangulaire, au-dessus de la rosace, figure le Christ couronnant la Madone reine des anges et des saints.

La porte centrale

Le flanc gauche de la cathédrale

La porte centrale en bronze est de Emilio Greco sur le thĂšme des Ɠuvres de misĂ©ricorde (1964) ; elle a Ă©tĂ© installĂ©e en 1970 Ă  la place des anciennes portes en bois, une fois apaisĂ©e la controverse sur ce remplacement.

Les flancs de la cathĂ©drale montrent l’alternance de marbres blanc et noir (typiques des Ă©difices italiens comme le Duomo de Sienne, celui de Florence et des cathĂ©drales ligures) : celui de droite s’ouvre dans la porta di Postieria, magnifique portail ogival de style pisan, ayant appartenu probablement Ă  Santa Maria de Episcopatu, l’église dĂ©molie sur laquelle fut Ă©rigĂ©e la cathĂ©drale. Le cĂŽtĂ© gauche s’enrichit de la statue en marbre de la Sybille Eritrea d’Antonio Federighi.

L’intĂ©rieur

L’intĂ©rieur est de type basilical Ă  trois nefs divisĂ©es par dix colonnes et deux pilastres de basalte noir et de travertin blanc, ornĂ©s de riches chapiteaux, dont certains rĂ©alisĂ©s par Fra Guglielmo de Pise et Ramo di Paganello. D’une longueur de 90 mĂštres et large de 33 mĂštres pour une hauteur de 34 mĂštres, la cathĂ©drale mĂȘle les formes romanes du dessin primitif et l’élancement ogival du chƓur, le tout Ă©clairĂ© par douze ouvertures situĂ©es au-dessus des galeries par des grandes ouvertures absidiales. Le pavement, en calcaire rouge de Prodo, s’étend de l’entrĂ©e jusqu’à l’abside et donne une illusion de longueur plus importante qu’en rĂ©alitĂ©.

AprĂšs les fonts baptismaux (1390-1407) de Luca Giovanni, la vasque d’eau bĂ©nite (1485) d’Antonio Federighi et les cinq chapelles semi-circulaires des nefs latĂ©rales, revĂȘtues de fresques (XIVe et XVe siĂšcles), la croisĂ©e du transept hĂ©berge 6 statues : une PietĂ  d’Ippolito Scalza (1579), un Christ Ă  la colonne de Gabriele Mercanti (1627), une Madone de Raffaello da Montelupo (1563), un Ecce Homo Ă©galement de Scalza, et deux statues d’Adam et Ève de Fabiano Toti.

Le chƓur

Dans le chƓur de l’église, au centre, domine un crucifix en bois de l’école de Maitani et, sur les parois, des sculptures sur bois dans le style gothique de Giovanni Ammannati da Siena (1331-1340). Ugolino di Prete Ilario dĂ©cora les parois de la tribune avec des scĂšnes de la Vie de Marie (1370-1384). DerriĂšre la tribune, des vitraux de Giovanni di Bonino d’Assise achevĂ©s en 1334 garnissent la fenĂȘtre de 16 mĂštres de haut et de 4,50 mĂštres de large. De 1608 Ă  1896 se trouvait sur la partie gauche du maĂźtre-autel L'Annonciation de Francesco Mochi qui maintenant est dĂ©placĂ©e dans le musĂ©e de la cathĂ©drale.

La chapelle du Corporal

Reliquaire du miracle de l'hostie de la chapelle du Caporal

Dans le bras gauche du transept, s’ouvre la chapelle du Corporal (1350-1355) qui tire son nom du reliquaire du Corporal, rĂ©alisĂ© par Ugolino di Vieri en argent recouvert d’émaux translucides, qui contenait la petite nappe d'autel du miracle de Bolsena. En 1263, un prĂȘtre de BohĂšme, incrĂ©dule sur la transsubstantiation, vit du sang suinter de l’hostie pendant la messe qu'il disait et tacher le corporal qui recouvrait l’autel. Le pape Urbain IV demanda qu’on transporte le corporal Ă  Orvieto. En rĂ©alitĂ©, le linge sacrĂ© est dĂ©sormais exposĂ© dans le tabernacle en marbre (1358) placĂ© sur l’autel. Le cycle de fresques d’Ugolino di Prete Ilario qui dĂ©core la chapelle raconte l’histoire du Corporal. On y trouve la Madonna dei Raccomandati le chef-d'Ɠuvre de Lippo Memmi.

La chapelle San Brizio

Du cĂŽtĂ© droit de la croisĂ©e, on peut accĂ©der Ă  la Cappella Nova ou Cappella San Brizio (1408) – la chapelle Saint-Brice – qui figure parmi les plus importants tĂ©moignages de la peinture italienne. La conception spatiale particuliĂšre de la chapelle et le cycle de fresques qui la dĂ©corent, rĂ©alisĂ©es en partie par Fra Angelico (1447-1449) et achevĂ©es par Luca Signorelli (1499-1504), font de cette chapelle un cas unique dans l’art italien. Signorelli conçut la chapelle comme une sphĂšre oĂč, autour de l’observateur, tous les points ont la mĂȘme importance. Le peintre, se conformant au programme des chanoines de la cathĂ©drale, cherche Ă  frapper l’imagination des fidĂšles dans la tradition de la peinture mĂ©diĂ©vale, en donnant une vision prĂ©monitoire de la fin du monde oĂč l’HumanitĂ© devra subir le chĂątiment de la justice divine.

Fra Angelico et Luca Signorelli : Le Jugement dernier - Ă©pisode de la venue de l'AntĂ©christ.
Les deux personnages en noir Ă  gauche sont les peintres Fra Angelico et Luca Signorelli peints par ce dernier.
Dante lisant

Toute l’eschatologie chrĂ©tienne est rĂ©sumĂ©e en cinq scĂšnes de l'Apocalypse et du Jugement dernier : le Storie dell'Anticristo, il Finimondo, la Resurrezione della carne, i Dannati, gli Eletti, il Paradiso et L'Inferno. Tandis que Fra’Angelico s’attache dans ses deux panneaux Ă  un soin extrĂȘme du dĂ©tail, Signorelli recherche l’effet d’ensemble, par exemple dans le Jugement dernier, accompagnĂ© de reprĂ©sentations de type architecturaux comme la colonnade de la partie infĂ©rieure ou bien les fenĂȘtres oĂč apparaissent des personnages illustres (Dante, Virgile, Ovide qui lisent des livres ou des codex, et EmpĂ©docle regardant au-dehors de son cadre, tous appuyĂ©s sur le rebord), en un jeu d’illusions et de perspective qui donne la sensation d’entrer dans la scĂšne peinte. Dans ses compositions, et notamment dans l’Enfer, Signorelli, s’inspirant de Dante, cherche moins Ă  rendre la gloire divine qu’à exprimer le sentiment des ĂȘtres humains devant une rĂ©alitĂ© terrifiante. L’artiste se concentre ainsi sur les ĂȘtres qui souffrent dans leur Ăąme et leur corps, dĂ©peint dans un style naturaliste, et qui supplient en exprimant une vaine rĂ©volte contre leur sort.


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