Cathédrale d'Erfurt

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Cathédrale d'Erfurt
Cathédrale d'Erfurt
Image illustrative de l'article Cathédrale d'Erfurt
Aperçu gĂ©nĂ©ral de l’édifice. À droite l’église Saint-SĂ©vĂšre (Severikirche)
Présentation
Nom local Erfurter Dom ou Marienkirche
Culte Catholicisme
DĂ©but de la construction 1154
Style(s) dominant(s) Roman
Site web www.dom-erfurt.de
GĂ©ographie
Pays Drapeau d'Allemagne Allemagne
Land Thuringe
Ville Erfurt
CoordonnĂ©es 50° 58â€Č 33″ N 11° 01â€Č 24″ E / 50.97583, 11.0233350° 58â€Č 33″ Nord
       11° 01â€Č 24″ Est
/ 50.97583, 11.02333
  

GĂ©olocalisation sur la carte : Allemagne

(Voir situation sur carte : Allemagne)
Cathédrale d'Erfurt
Vue classique de la cathĂ©drale d’Erfurt (Ă  gauche) et de l’église Saint-SĂ©vĂšre (Ă  droite).

La cathĂ©drale d’Erfurt ― nommĂ©e autrefois Ă©galement Ă©glise Notre-Dame (allem. 'Marienkirche') ou Ă©glise priorale de la Bienheureuse Vierge Marie ('Propsteikirche Beatae Mariae Virginis') ― est la plus importante et la plus ancienne des Ă©glises de la ville d’Erfurt. AprĂšs avoir servi de siĂšge Ă©piscopal pendant un bref laps de temps au milieu du VIIIe siĂšcle, elle fut par la suite, pendant tout le Moyen Âge et jusqu’au dĂ©but du XIXe siĂšcle, le siĂšge du collĂšge des chanoines de sainte Marie. Elle est de nouveau, depuis 1994, cathĂ©drale du diocĂšse d’Erfurt nouvellement constituĂ©, et siĂšge du chapitre cathĂ©dral.

Sommaire

Histoire de la ville d’Erfurt au haut Moyen Âge

DĂšs l’époque des empires thuringien et franc, Erfurt se constitua en un important centre politique. En 724 dĂ©jĂ , le pape GrĂ©goire II (715–731) exhorta les Thuringiens de bĂątir une « maison Â» Ă  l’intention de saint Boniface, en mission d’évangĂ©lisation dans la rĂ©gion, exhortation Ă  laquelle, apparemment, il fut donnĂ© suite dĂšs 725. En 741/42, Boniface sollicita le pape Zacharie d’entĂ©riner la fondation d’un Ă©vĂȘchĂ© « Ă  l’endroit dĂ©nommĂ© Erphesfurt, qui est depuis longtemps un lieu d’implantation ou une ville (urbs) habitĂ©e de paysans paĂŻens Â». Dans le mĂȘme temps furent fondĂ©s les Ă©vĂȘchĂ©s de BĂŒraburg (devenu Fritzlar) et de Wurtzbourg. Si cette premiĂšre mention d’Erfurt passe gĂ©nĂ©ralement pour la date de fondation de la ville, il est Ă  souligner, comme l’ont confirmĂ© les investigations archĂ©ologiques, que Boniface avait trouvĂ© lĂ  une communautĂ© dĂ©jĂ  nombreuse, ce qui, au demeurant, Ă©tait une condition pour pouvoir Ă©riger un nouveau diocĂšse.

Quelques annĂ©es seulement plus tard, probablement dĂšs le dĂ©but de la dĂ©cennie 750, et au plus tard aprĂšs que Boniface, Adolar et Eoban eurent endurĂ© le martyre en Frise en 754, il fut procĂ©dĂ© Ă  la dissolution de l’évĂȘchĂ© et Ă  son incorporation dans l’ Électorat de Mayence. Le premier Ă©vĂȘque d’Erfurt ne fut sans doute pas Adolar, ainsi qu’il est affirmĂ© dans la lĂ©gende, mais Willibald von EichstĂ€tt, lequel oeuvrait Ă  EichstĂ€tt depuis 751/52. De l’annĂ©e 802 date la mention, dans un cartulaire, d’un palais carolingien, qu’on peut localiser, avec quelque certitude, sur le butte du Petersberg au centre d’Erfurt. En 805, dans le Grand Capitulaire de Thionville Ă©dictĂ© par Charlemagne, Erfurt est dĂ©signĂ© ville de commerce des confins, habilitĂ©e Ă  commercer avec les Slaves.

Historique de la construction de la cathédrale Beatae Mariae Virginis

Époques prĂ©-romane et romane

Orgues modernes dans la cathĂ©drale d’Erfurt.

La premiĂšre des devanciĂšres de l’actuelle Ă©glise Notre-Dame fut Ă©rigĂ©e, admet-on, Ă  partir de 752 par Boniface, sans que l’on sache Ă  quel endroit et sous quelle forme. Lors d’investigations archĂ©ologiques menĂ©es en 1991 Ă  l’occasion de l’installation d’un orgue sur la paroi occidentale de la nef, l’on dĂ©couvrit Ă  3 m de profondeur une abside occidentale, en maçonnerie simple, dont on crut tout d’abord, Ă  tort, qu’elle datait du IXe siĂšcle, mais qu’un rĂ©examen ultĂ©rieur situa Ă  une Ă©poque plus rĂ©cente, sans doute le XIIe siĂšcle.

La premiĂšre attestation Ă©crite de l’église Notre-Dame date de 1117. Un document de 1153 rapporte l’écroulement de l’église principale d’Erfurt, la « major ecclesia Â», et en 1154 fut commencĂ©e la construction sur le Domberg d’une basilique de style roman tardif. Cependant, il faut se garder de prendre pour certain que l’église de Boniface se soit maintenue jusqu’en 1153, et que l’édifice se soit effectivement effondrĂ©. Il est beaucoup plus vraisemblable que les chanoines et l’archevĂȘque de Mayence dĂ©siraient entreprendre la construction d’une nouvelle Ă©glise pour ne pas ĂȘtre en reste par rapport Ă  l’église Saint-SĂ©vĂšre voisine et au couvent Saint-Pierre, reconstruits aprĂšs avoir Ă©tĂ© dĂ©truits par un incendie en 1142. Il n’est pas exclu cependant que l’incendie se soit propagĂ© jusqu’à l’église Notre-Dame.

La construction progressa rapidement, aidĂ©e par le fait que l’on mit au jour en 1154, lors des travaux, deux sĂ©pultures contenant ce qui allait ĂȘtre identifiĂ© comme Ă©tant les restes des saints Ă©vĂȘques Adolar et Eoban, ce qui, par le biais des dons et des offrandes auxquels cette dĂ©couverte donna lieu par la suite, contribua grandement au financement du projet. DĂšs 1170, l’église Ă©tait utilisable, Ă  telle enseigne que cette mĂȘme annĂ©e, Louis III de Thuringe, fils du landgrave Louis II de Thuringe (dit Louis de Fer), fut adoubĂ© ici par l’empereur FrĂ©dĂ©ric Ier Barberousse.

Les deux objets mobiliers les plus anciens de la cathĂ©drale remontent Ă©galement Ă  cette Ă©poque : la statue qu’il est convenu d’appeler le Wolfram, et une madone romane en stuc, datant tous deux de 1160 environ. En ce qui concerne le Wolfram, il s’agit d’un grand chandelier en bronze, de la taille d’un ĂȘtre humain, figurant un homme dont les bras correspondent aux branches du chandelier, fabriquĂ© vraisemblablement dans la fonderie de Magdebourg; c’est probablement une des sculptures en bronze et autonomes les plus anciennes de toute l’Allemagne. Le donateur Wolfram, dont le nom, en mĂȘme temps que celui de son Ă©pouse Hiltiburc, est mentionnĂ© dans une inscription ciselĂ©e sur un des cordons pendants de la ceinture, est trĂšs probablement identique Ă  Wolframus scultetus, membre de la petite noblesse de Mayence, et dont le nom apparaĂźt deux fois en 1157 dans des chartes.

À la date du 20 juin 1182 nous est rapportĂ©e une consĂ©cration de l’église, consĂ©cration qui pourrait bien avoir concernĂ© l’ensemble de l’édifice, sans toutefois que les travaux de construction fussent nĂ©cessairement Ă  ce moment tous achevĂ©s; en effet, d’autres textes font part de l’achĂšvement des clochers, suivie d’une nouvelle consĂ©cration, le 5 octobre 1253, Ă©vĂ©nement dans lequel on a Ă©tĂ© tentĂ©, dans la littĂ©rature plus ancienne en particulier, de voir le point d’achĂšvement de l’édifice roman. Cependant, il ne put alors s’agir que d’une reconsĂ©cration consĂ©cutive Ă  des travaux de transformation ou d’extension, probablement au voĂ»tement du sanctuaire, lequel avait, au moins jusqu’à 1238, un plafond plat.

De cet Ă©difice roman de la seconde moitiĂ© du XIIe siĂšcle, basilique Ă  plan en forme de croix, se sont conservĂ©es : la partie infĂ©rieure des clochers, parties comportant chacune deux Ă©tages quadrangulaires, les portions occidentales du dĂ©ambulatoire du chƓur, et quelques parties du transept. Les Ă©tages des tours situĂ©s au-dessus des deux Ă©tages infĂ©rieurs, et qui adoptent un plan octogonal, datent de la fin du XIIe siĂšcle et de la premiĂšre moitiĂ© du XIIIe. Le clocher sud fut achevĂ© en 1201 et le clocher nord en 1237, cependant tous deux furent ultĂ©rieurement remaniĂ©s et mĂȘme reconstruits au XVe siĂšcle.

Transformations gothiques

« Erffurt die groß unnd gedechtnußwirdig statt ein haubt ThĂŒringer lannds Â» (Erfurt, grande et mĂ©morable ville, capitale du pays de Thuringe). Vue d’Erfurt tirĂ©e de la Weltchronik de Schedel de 1493. La cathĂ©drale avec son escalier est visible en haut Ă  gauche.

Comme pour d’autres cathĂ©drales et collĂ©giales, le besoin se fit sentir Ă  l’époque gothique de remanier l’édifice, en particulier le chƓur, de façon Ă  l’agrandir et de le rendre plus lumineux, d’autant que l’espace ne suffisait plus pour accueillir tous les chanoines, leur nombre ayant, suite Ă  la fondation de plusieurs couvents, considĂ©rablement augmentĂ© ― en effet, plus de 100 membres du clergĂ©, voire, les jours de fĂȘte, jusqu’à 300 de ces personnes, participaient aux cĂ©lĂ©brations.

C’est pourquoi, dĂšs les annĂ©es 1280, l’on commença d’adjoindre un nouveau chƓur, plus vaste, se terminant par une abside polygonale. En 1290 eut lieu la consĂ©cration de la premiĂšre extension du chƓur. Dans la foulĂ©e, l’on entreprit d’ériger la tour mĂ©diane, laquelle fut achevĂ©e dĂšs avant 1307. Elle sert de clocher, hĂ©bergeant entre autres la cĂ©lĂšbre cloche Gloriosa, consacrĂ©e pour la premiĂšre fois en 1251, et refondue Ă  plusieurs reprises depuis, la derniĂšre fois en 1497.

Toutefois, l’espace offert par l’édifice venant derechef Ă  ĂȘtre insuffisant, l’on crĂ©a au XIVe siĂšcle un nouveau chƓur, une fois encore sensiblement agrandi, tandis que dans le mĂȘme temps des travaux de grande ampleur furent entamĂ©s dans le reste du bĂątiment. Le haut chƓur, dont la construction fut reprise en 1349 (Ă  ce moment, les premiers mĂštres infĂ©rieurs de la maçonnerie s’y dressaient dĂ©jĂ , achevĂ©s, depuis une gĂ©nĂ©ration), et qui fut clos par une abside semi-circulaire, fut consacrĂ© par l’évĂȘque auxiliaire de Constance, Friedrich Rudolf von Stollberg, qui occupa cette fonction entre 1370 et 1372.

En ce qui concerne le chƓur, il y a lieu pour l’heure (avant d’y revenir plus en dĂ©tail ci-dessous) de relever en particulier le cycle de vitraux gothiques (environ 1370–1420), un des mieux prĂ©servĂ©s d’Allemagne, et l’ameublement, Ă©galement largement originel. Les stalles, rĂ©alisĂ©es en 1329, comptent parmi les stalles mĂ©diĂ©vales les plus vastes d’Allemagne et sont d’une meilleure facture que dans mainte autre cathĂ©drale. La datation [[Dendrochronologie |dendrochronologique]] des stalles a montrĂ© que les projets de construction de l’église ont de beaucoup prĂ©cĂ©dĂ© leur rĂ©alisation : en 1329 n’avaient encore Ă©tĂ© Ă©levĂ©s que les premiers mĂštres infĂ©rieurs des murs du haut chƓur, et ce n’est qu’à partir de 1349, aprĂšs une interruption, que fut reprise la construction.

Le chƓur est posĂ© sur une sorte d’énorme soubassement, appelĂ© Kavaten en allemand (cavĂ©es, du latin cavare, creuser), que, jusqu’en 1329, l’on travailla Ă  amĂ©nager lĂ  afin d’agrandir artificiellement, en direction de l’est, le DomhĂŒgel, c’est-Ă -dire la butte (HĂŒgel) sur laquelle se dresse la cathĂ©drale (Dom). Au Moyen Âge, et encore ultĂ©rieurement, des maisons furent construites au-dedans de ce soubassement, mais furent supprimĂ©es au XIXe siĂšcle. L’amĂ©nagement des Kavaten permit parallĂšlement la construction d’une Ă©glise basse (allem. Unterkirche) ― la dĂ©nomination de crypte est, en l’espĂšce, inappropriĂ©e ―, qui fut consacrĂ©e en 1353. Cette Ă©glise basse gothique, en plus d’ĂȘtre lieu de priĂšre, Ă©tait en mĂȘme temps chemin de procession, assurant le parcours de la procession du Saint-Sang, qui, longeant le chƓur, peut emprunter deux portes opposĂ©es de l’église basse, ce qui rend superflu un accĂšs direct Ă  partir de l’église haute superposĂ©e.

Des interventions et ajouts de l’époque moderne contribuent Ă©galement Ă  dĂ©terminer l’aspect actuel du chƓur, comme l’attique et les pinacles couronnant la muraille, les statues de saints devant les contreforts et d’autres Ă©lĂ©ments dĂ©coratifs. En revanche, la chaire extĂ©rieure fixĂ©e Ă  un des piliers du soubassement remonte bien au Moyen Âge.

Portail de la cathĂ©drale d’Erfurt.

Concomitamment avec la construction des Kavaten aux alentours de 1330, fut rĂ©alisĂ©e l’entrĂ©e principale de l’édifice, savoir la structure accotĂ©e au bras nord du transept, laquelle, s’avançant en hors-Ɠuvre, fait porche et prĂ©sente un portail Ă  gĂąble. Un telle disposition est inhabituelle, car la façade reprĂ©sentative, avec portail, de la cathĂ©drale ne se situe pas sur sa face occidentale, mais s’aperçoit lorsque l’on vient du nord-ouest. Cette disposition a Ă©tĂ© commandĂ©e principalement par l’espace limitĂ© qu’offre le DomhĂŒgel, qu’il fallait partager avec l’église Saint-SĂ©vĂšre voisine et avec l’importante citĂ© mĂ©diĂ©vale Ă  l’est de la cathĂ©drale. Les sculptures qui ornent cette entrĂ©e figurent les douze apĂŽtres et la parabole des dix vierges, dont EcclĂ©sia et Synagogue.

En 1452 l’avis fut diffusĂ© que la nef menaçait de s’écrouler. Certes, une telle affirmation n’était pas tout Ă  fait invraisemblable, attendu qu’on utilisait encore alors l’antique nef romane, mais on est tentĂ© de croire que c’est plutĂŽt le vƓu d’une construction neuve, capable de soutenir la comparaison avec l’église St.-SĂ©vĂšre voisine, qui fit qu’on rĂ©solut de bĂątir une nouvelle nef. L’église St.-SĂ©vĂšre s’était dĂ©jĂ  dotĂ©e d’une nouvelle nef dĂšs le milieu du XIVe siĂšcle, Ă  la suite d’un incendie.

En 1455, la nef romane fut dĂ©finitivement dĂ©molie et la construction d’une Ă©glise-halle de style gothique tardif fut commencĂ©. La volontĂ© des membres du chapitre de crĂ©er davantage de place pour la communautĂ© des fidĂšles constitua le motif apparent de ce remaniement. La part propre que la population civile prit dans le financement du projet a semble-t-il Ă©tĂ© importante. La date prĂ©cise Ă  laquelle la nef fut achevĂ©e n’est pas parvenue jusqu’à nous ; cependant l’église Ă©tait de nouveau utilisable aux environs de 1465, vu qu’il Ă©tait question Ă  cette date d’une procession pour la fĂȘte-Dieu empruntant le portail occidental. La voĂ»te en Ă©toile, en gothique tardif, qui couvre le croisillon sud du transept date vraisemblablement aussi du dernier tiers du XVe siĂšcle et marquait autrefois probablement l’endroit oĂč se trouvait la tombe-reliquaire des saints Adolar et Eoban (actuellement dans l’église basse).

Le cloĂźtre

Le cloĂźtre se situe au sud de la cathĂ©drale et se compose aujourd’hui de trois parties enserrant un petite cour intĂ©rieure. Les parties ouest et sud sont des ailes de cloĂźtre Ă  vaisseau unique, de type classique. La partie nord fut jetĂ©e bas Ă  l’occasion de la construction de la nef gothique. L’aile orientale est constituĂ©e d’une halle Ă  deux vaisseaux, dite Halle de l’impĂ©ratrice Cunigonde. Cette salle servait aux sĂ©ances du chapitre et on peut supposer qu’elle fut Ă©rigĂ©e Ă  peu prĂšs simultanĂ©ment avec l’achĂšvement des deux tours entre 1230 et 1240. Les autres parties du cloĂźtre furent Ă©difiĂ©es, et remaniĂ©es, section par section, du milieu du XIIIe siĂšcle jusqu’au milieu du XIVe, et l’aile orientale fut voĂ»tĂ©e aprĂšs coup au milieu du XIVe. Par la suite, en particulier au XIXe siĂšcle, les bĂątiments formant le cloĂźtre furent encore profondĂ©ment modifiĂ©s.

La chapelle Saint-ClĂ©ment-et-Saint-Juste, s’inscrivant en Ă©peron dans l’aile orientale, constituĂ©e d’une seule travĂ©e Ă  voĂ»te en Ă©toile, close d’une abside semi-circulaire, fut terminĂ©e en 1455 et se trouve, Ă  l’instar de la cathĂ©drale elle-mĂȘme, dĂ©saxĂ©e vers le nord.

Évolution ultĂ©rieure de l’édifice Ă  l'Ă©poque moderne

Grande cĂ©rĂ©monie sur l’escalier de la cathĂ©drale Ă  l’occasion du pĂšlerinage lors de l’annĂ©e Boniface.

Durant la Guerre de Trente Ans, la ville et l’église subirent plusieurs changements de propriĂ©taire, et il fut mĂȘme question de supprimer le chapitre et de le transmettre aux jĂ©suites, ce que le chapitre toutefois rĂ©ussit Ă  empĂȘcher. Entre 1697 et 1706 fut construit puis disposĂ© dans le chƓur l’imposant maĂźtre autel baroque, afin de donner un cadre plus fastueux aux cĂ©rĂ©monies liturgiques et de bien signaler au-dehors la victoire obtenue par l’archevĂȘque de Mayence sur la ville Ă©vangĂ©lique. Cependant, l’intĂ©rĂȘt de province ecclĂ©siastique de Mayence pour le diocĂšse s’amenuisant progressivement, l’archevĂȘchĂ© ne fit guĂšre exĂ©cuter de travaux d’entretien au cours des XVIIe et XIIIe siĂšcles. Ainsi, aprĂšs qu’en 1717 les combles des clochers eurent Ă©tĂ© dĂ©truits par un incendie, l’on se borna Ă  poser un toit plat de fortune. Lors des guerres napolĂ©onniennes, le Domberg, ainsi que le Petersberg, fut muĂ© en une forteresse et la cathĂ©drale fut utilisĂ©e comme Ă©curie par les troupes françaises.

Sous l’effet des tirs d’artillerie lors des guerres de libĂ©ration de 1813, le dense tissu bĂąti du Domberg, avec les curies Ă©piscopales, fut tout entier dĂ©truit. Dissous une premiĂšre fois en 1803, le chapitre de la cathĂ©drale fut, dans le cadre de la sĂ©cularisation, supprimĂ© Ă  titre dĂ©finitif en 1837, l’édifice allant dĂ©sormais servir d’église paroissiale.

En 1828 fut lancĂ© dans la ville d’Erfurt, devenue alors prussienne, un important programme de restauration et de transformation puriste, dans le cadre duquel l’ancien toit en croupe de style gothique tardif fut changĂ© en 1868 en une toiture Ă  pignon plus basse. Ces remaniements Ă©taient largement terminĂ©s aux environs de 1900.

Pendant la DeuxiĂšme Guerre mondiale, si la cathĂ©drale fut Ă©pargnĂ©e par les impacts directs de bombes, la toiture et les fenĂȘtres du chƓur furent nĂ©anmoins endommagĂ©es, en partie gravement, par des dĂ©tonations Ă  proximitĂ©. Les travaux de rĂ©fection durĂšrent jusqu’en 1949.

L’annĂ©e 1965 vit Ă  nouveau le dĂ©but d’importants travaux de restauration. En 1968, 100 ans aprĂšs sa construction, le toit nĂ©ogothique avec la mosaĂŻque de la vierge Marie sur le pignon occidental fut dĂ©moli et remplacĂ© par une nouvelle toiture correspondant mieux Ă  l’ancien comble gothique. La restauration de l’église fut poursuivie dans les annĂ©es 1970 et 1980, pour s’achever en 1997. En 1994, l’ancienne collĂ©giale Notre-Dame fut Ă©levĂ©e au statut de cathĂ©drale de l’évĂȘchĂ© d’Erfurt restaurĂ©.

Mobilier et décoration

Vitraux du chƓur

Les baies du chƓur, Ă  ajourages, d’une hauteur de 18,6 m et d’une largeur jusqu’à 2,60 m, divisĂ©es par trois meneaux en quatre compartiments verticaux d’égale largeur, comportent un cycle de vitraux en style gothique tardif, crĂ©Ă© entre 1370 et 1420 environ, et comptant parmi les plus vastes de ce type en Allemagne. Treize des quinze verriĂšres ont Ă©tĂ© conservĂ©es presque intĂ©gralement dans leur Ă©tat mĂ©diĂ©val ancien, 895 des quelque 1100 piĂšces de verre remontant au Moyen Âge ; y font seules exception : la fenĂȘtre orientale, reprĂ©sentant des scĂšnes de la vie de Marie, qui n’a Ă©tĂ© conservĂ©e que de maniĂšre fragmentaire, quelques amĂ©liorations peu importantes effectuĂ©es entre 1897 et 1911, et les deux verriĂšres occidentales du flanc sud, qui sont des crĂ©ations modernes, exĂ©cutĂ©es par le peintre et verrier allemand Charles Crodel (1894-1973), mais qui, suivant un conception nouvelle de la restauration, puisent dans l’imagerie mĂ©diĂ©vale.

À droite de la baie centrale sont figurĂ©s la crĂ©ation et les temps primitifs jusqu’à la construction de la tour de Babel, et Ă  gauche de cette mĂȘme baie la Passion du Christ jusqu’à la rĂ©surrection. Les baies du flanc sud du chƓur mettent en scĂšne l’histoire du patriarche Abraham, du patriarche Jacob et du patriarche Joseph, et la derniĂšre fenĂȘtre un groupe de vierges en gothique tardif (fenĂȘtre dite Tiefgrubenfenster) ; les verriĂšres du flanc nord montrent les apĂŽtres et leurs martyres, ainsi que des lĂ©gendes de saints, notamment de sainte Catherine, saint Eustache, Boniface de Mayence et sainte HĂ©lĂšne.

Les verriĂšres furent crĂ©Ă©es une Ă  une aprĂšs l’édification du chƓur et peuvent ĂȘtre subdivisĂ©es en trois groupes : les huit plus anciennes appartiennent au groupe dit aux petites figures (fenĂȘtre de saint Eustache, de sainte Catherine, des apĂŽtres et de la Passion sur la face nord, fenĂȘtres de la GenĂšse, d’Abraham, de Jakob et de Joseph sur la face sud). Ces verriĂšres se distinguent par des figures majoritairement trapues aux grosses tĂȘtes et aux grandes mains, remplissant les champs en rangs serrĂ©s. Elles sont nĂ©es sous l’influence d’exemples de BohĂȘme et d’Allemagne mĂ©ridionale et datent entre 1370, date d’achĂšvement du chƓur, et 1380. Le deuxiĂšme groupe, dĂ©signĂ© par groupe aux figures isolĂ©es, comprend la fenĂȘtre aux apĂŽtres sur la face nord de l’abside polygonale ainsi que la fenĂȘtre centrale de la face orientale, consacrĂ©e Ă  Notre-Dame, qui probablement fut enlevĂ©e lors de la mise en place du maĂźtre-autel et depuis lors en grande partie introuvable. Ce groupe se caractĂ©rise par des reprĂ©sentations de saints disposĂ©es chacune sur un seul morceau de verre, saints aux vĂȘtements flottants et Ă  la corporalitĂ© peu Ă©laborĂ©e, et dont les traits au-dedans des morceaux de verre sont tracĂ©s vigoureusement. Elles ont Ă©tĂ© crĂ©Ă©es environ entre 1390 et 1400. De ce groupe dit aux grandes figures font partie la fenĂȘtre de saint Boniface et de sainte HĂ©lĂšne (les deux fenĂȘtres les plus Ă  l’ouest de la face nord) et la Tiefengrubenfenster, fenĂȘtre reprĂ©sentant des vierges, ainsi nommĂ©e d’aprĂšs le vicaire de la cathĂ©drale qui fut Ă  l’origine de cette fenĂȘtre et qui s’y trouve reprĂ©sentĂ© agenouillĂ©. Elle est attestĂ©e sur une charte de 1403, ce qui permet de situer la derniĂšre fenĂȘtre Ă©galement aux environs de cette mĂȘme date. En ce qui concerne les deux premiĂšres fenĂȘtres, il y a lieu de tenir compte de la possibilitĂ© qu’elles aient Ă©tĂ© dans une large mesure renouvelĂ©es aprĂšs l’incendie de 1416 et n’aient Ă©tĂ© dĂ©finitivement achevĂ©es qu’en 1420 environ. L’influence se fait ici clairement sentir du style mou (« Weicher Stil Â»), parvenu jusqu’à Erfurt par l’intermĂ©diaire de la BohĂȘme.

Stalles

Stalles dans le chƓur de la cathĂ©drale d’Erfurt.

Le chƓur possĂšde outre les vitraux une dĂ©coration et un mobilier en grande partie d’origine. Les 89 siĂšges juxtaposĂ©s des stalles se rĂ©partissent en deux rangĂ©es doubles, parallĂšles Ă  l’axe du chƓur, d’une longueur de 17,5 mĂštres, se prolongeant chacune, Ă  l’équerre, d’une rangĂ©e placĂ©e contre les parois occidentales du chƓur, parois sur lesquelles s’appuient les clochers et qui sĂ©parent le chƓur de la nef. Les stalles d’Erfurt sont parmi les plus vastes et les mieux prĂ©servĂ©es des stalles mĂ©diĂ©vales allemandes. Le bois de chĂȘne utilisĂ© fut coupĂ© en 1329 (et non dans la dĂ©cennie 1360-1370 comme il avait Ă©tĂ© admis jusqu’ici) et probablement mis en Ɠuvre peu aprĂšs. En 1829/30 et en 1900 furent accomplis des travaux visant Ă  complĂ©ter l’ensemble, en particulier au niveau des dais, de sorte que leur aspect d’origine ne peut plus ĂȘtre reconstituĂ©. De plus, 36 des 50 figurines fĂ©minines des accoudoirs furent remplacĂ©es, ainsi qu’un certain nombre d’autres Ă©lĂ©ments.

Comme dans toutes les autres collĂ©giales, chaque chanoine avait sa place fixe dans les stalles (stallus in choro), en conformitĂ© rigoureuse avec le rang qu’il occupait dans la hiĂ©rarchie. Dans les stalles de la rangĂ©e de derriĂšre, situĂ©es plus haut et Ă  l’ornementation beaucoup plus riche, prenaient place les maiores praebendati, les chanoines au rang le plus Ă©levĂ©. Les stalles en contrebas Ă©taient destinĂ©es aux minores praebendati, clĂ©ricaux de moindre rang tels que chanoines Ă©lus en disponibilitĂ©, vicaires et Ă©lĂšves de l’école cathĂ©drale. Ces derniers y ont souvent gravĂ© leur nom, ce qui fut cause, dans la littĂ©rature plus ancienne, de confusion concernant la datation. La rangĂ©e de stalles la plus somptueusement et richement dĂ©corĂ©e est celle du cĂŽtĂ© ouest du chƓur. De chaque cĂŽtĂ© se dressent trois siĂšges prĂ©cĂ©dĂ©s de pupitres, qui cependant sont plus modernes quant Ă  leur forme, seules les jouĂ©es Ă©tant originelles. Ici s’asseyaient les dignitaires du chapitre et les prĂ©lats : l’archidiacre, le doyen, le grand chantre, le vicaire gĂ©nĂ©ral, le recteur de l’école cathĂ©drale, et sur le sixiĂšme siĂšge probablement un Ă©vĂȘque auxiliaire.

Le thĂšme des dĂ©corations est une opposition typologique entre l’Ancien et le Nouveau Testament. On trouve par ailleurs, sculptĂ©es sur les prie-dieu et les accoudoirs, des scĂšnes de genre et des figures grotesques. Les stalles sont dĂ©pourvues de misĂ©ricordes ou patiences, c’est-Ă -dire de ces petites consoles servant Ă  s’y appuyer, et qu’on retrouve habituellement ailleurs. Les deux grandes jouĂ©es situĂ©es Ă  l’est ont une ornementation particuliĂšrement riche. Celle au sud montre, s’élevant au-dessus d’une tĂȘte de Christ entre deux poissons, un pampre de vigne formant des circonvolutions dont les creux sont occupĂ©s par des scĂšnes de vignoble et de vendanges. Plus haut, Ă  cĂŽtĂ© d’une petite figure en ronde bosse de Marie avec l’enfant, la chute d’Adam et Ève est reprĂ©sentĂ©e dans deux arcades trilobĂ©es. La vigne est Ă  interprĂ©ter comme un symbole du Christ, attendu que le vin symbolise le sang du Christ. Ces mĂ©daillons composent ainsi une allĂ©gorie de la rĂ©mission du pĂ©chĂ© originel par le sacrifice du Christ. La jouĂ©e nord montre la victoire du christianisme sur le judaĂŻsme dans la lutte entre Ecclesia et Synagogue. Un chevalier rayonnant affronte un personnage montĂ© sur une truie (voir article Judensau). Probablement cette reprĂ©sentation est-elle Ă  mettre en rapport avec les pogroms qui sĂ©virent en 1349/50. Les quatre anges musiciens qui surmontent la scĂšne, jouant sur des instruments de musique de l’époque, et l’effigie du roi David, muni d’une harpe, ainsi que trois musiciens qui l’accompagnent, cĂ©lĂšbrent manifestement la victoire de l’église chrĂ©tienne. Sur les jouĂ©es occidentales, ce sont, au sud, une reprĂ©sentation de saint Christophe en jeune homme, et, au nord, un Judas Iscariote se donnant la mort par pendaison et un diablotin sardonique dans les ramures d’un arbre.

Une diffĂ©rence de qualitĂ© est nettement perceptible, deux Ă©quipes d’artisans au moins ayant eu la main dans cet ouvrage ; c’est bien entendu Ă  la meilleure de ces Ă©quipes que fut confiĂ©e la confection des stalles des dignitaires et des membres du haut clergĂ©.

MaĂźtre autel

Autel de la cathĂ©drale d’Erfurt.

Le maĂźtre autel baroque, haut de 16,5 m et large de 13 m, fut construit entre 1697 et 1707 puis disposĂ© en lieu et place de ce qui devait ĂȘtre auparavant un grand autel gothique avec retable. RestaurĂ© avec bonheur au dĂ©but du XXIe siĂšcle, dĂ©barrassĂ© de la poussiĂšre et de la suie qui le recouvrait, il resplendit aujourd’hui d’un Ă©clat nouveau. Le tabernacle, sur lequel une inscription porte la date de 1697, y fut disposĂ©, selon les chroniques, en 1706. Le maĂźtre ayant exĂ©cutĂ© l’autel n'a pas Ă©tĂ© identifiĂ©. L'installation de cet autel eut lieu dans le cadre de la Contre-RĂ©forme et doit s’entendre comme un signe visible de l’autoritĂ© dont se prĂ©valait Ă  Erfurt l’archevĂȘque de Mayence.

Il consiste en un haut bĂąti Ă  deux Ă©tages, dans lequel des passages latĂ©raux ont Ă©tĂ© mĂ©nagĂ©s, et dont les diffĂ©rents coudes qu’il prĂ©sente dĂ©terminent la disposition gĂ©nĂ©rale polygonale. Sur le large premier Ă©tage, qui forme soubassement, se dressent, en paires, des colonnes torsadĂ©es sur lesquelles s’enroulent des pampres. Elles supportent une imposante charpente au riche dĂ©cor plastique, dont l’allure gĂ©nĂ©rale reprend celle du premier Ă©tage. Le soubassement porte, outre les effigies des princes des apĂŽtres, celle de saint Pierre Ă  gauche, celle de saint Paul Ă  droite, ensuite celle de saint Boniface Ă  gauche et, Ă  droite, celle de saint Martin de Tours, patron de l’archevĂȘchĂ© de Mayence, et, en position privilĂ©giĂ©e, flanquant le panneau infĂ©rieur de l’autel, les statues des Ă©vĂȘques Adolar et Eoban. Sur le chĂąssis du premier Ă©tage se tiennent les quatre Ă©vangĂ©listes. Seule la partie centrale est rehaussĂ©e d’un Ă©tage supplĂ©mentaire ; celui-ci est couronnĂ© d’un fronton brisĂ©, dont le centre est occupĂ© par un mĂ©daillon ovale. Sur les rampants dĂ©coupĂ©s du fronton se tiennent saint Joseph et saint Jean Baptiste. Le mĂ©daillon lui-mĂȘme est flanquĂ© des archanges Michel et RaphaĂ«l.

Le panneau peint infĂ©rieur montre l’adoration des trois mages, inspirĂ© d’une Ɠuvre de mĂȘme titre de Pierre Paul Rubens. Il est dĂ» au peintre Jakob Samuel Beck, dont la prĂ©sence Ă  Erfurt entre 1736 et 1776 est documentĂ©e, et vint remplacer, peut-on supposer, une peinture plus ancienne. De sa main Ă©tait Ă©galement la peinture La Sainte TrinitĂ© qui ornait Ă  l’origine le panneau supĂ©rieur ; Ă  sa place se trouve actuellement une image baroquisante de 1950, reprĂ©sentant une madone protĂ©geant de son manteau un groupe de paroissiens, contemporains du peintre, qui purent ainsi pĂ©renniser leur image. Le mĂ©daillon au fin haut de l’autel contient une reprĂ©sentation de l’Annonciation. Les deux panneaux de l’autel pouvaient ĂȘtre changĂ©s au grĂ© des grandes fĂȘtes religieuses. À la paroi sud du chƓur sont accrochĂ©es une Crucifixion et une Assomption (dĂ©but XVIIe) et une autre peinture de Beck, l’Adoration des bergers, de la deuxiĂšme moitiĂ© du XVIIIe siĂšcle. L’autel, en dĂ©pit de sa monumentalitĂ©, reste subordonnĂ© au chƓur gothique et n’empĂȘche pas le regard d’embrasser les verriĂšres du chƓur, y compris celle du pan axial du chevet.

Vitraux de la nef

Ce sont, Ă  l’ouest : verriĂšre de sainte CĂ©cile, au nord : Adoration de la croix, et au sud : les cinq joies de Marie (appelĂ© aussi verriĂšre de Wolfram), toutes rĂ©alisĂ©es en 1961 par Charles Crodel, crĂ©ateur Ă©galement des verriĂšres 14 (de sainte Élisabeth) et 15 (de l’Apocalypse) dans le haut-chƓur.

Carillon

La base porteuse de la sonnerie de la cathĂ©drale, qui comporte dix timbres, est constituĂ©e par la cloche Maria Gloriosa. Avec elle, la plus grosse des cloches du Moyen Âge, l’art campanaire est Ă  son faĂźte  le fondeur en fut Gerhard van Wou. La Gloriosa est accrochĂ©e seule dans le clocher du milieu, un Ă©tage en dessous des quatre Silberglocken (cloches d’argent, soit les cloches de 7 Ă  10), lesquels forment un carillon Ă  part. La Cantabona, en forme de ruche, est la cloche la plus ancienne de la cathĂ©drale. Les deux cloches de l’horloge sont suspendues dans la lanterne de la tour.

Les cinq autres cloches, deux cloches baroques et trois modernes, se répartissent sur les clochers nord et sud.

Depuis la restauration complĂšte de la Gloriosa en 2004, elle n’est mise Ă  contribution, pour la mĂ©nager, que dans de rares motifs de carillon. Son timbre certes domine dans chaque sonnerie, mais son spectre acoustique particulier ne se laisse bien percevoir que lorsqu’on la fait sonner sĂ©parĂ©ment.

Enfin, le clocheton encastrĂ© dans la toiture du chevet abrite la Wandlungsglocke, laquelle toutefois n’est plus sonnĂ©e.

N° Nom Année de fonte Fondeur, lieu de fabrication DiamÚtre
(mm)
Poids
(kg)
Timbre
(16e)
Clocher
1 Maria Gloriosa 1497 Gerhard van Wou 2560 11450 e0 +3 MĂ©dian
2 Dreifaltigkeitsglocke
(cloche de la Trinité)
1721 Nicolaus Jonas Sorber 1940 4900 g0 +13 Nord
3 Josephsglocke
(cloche Saint-Joseph)
1961 Fonderie Schilling, Apolda 1840 4600 a0 +8 Sud
4 Andreasglocke
(cloche Saint-André)
1961 Fonderie Schilling, Apolda 1540 2600 c1 +11 Nord
5 Christophorusglocke
(cloche saint-Christophe)
1961 Fonderie Schilling, Apolda 1360 1900 d1 +10 Sud
6 Johannesglocke
(cloche Saint-Jean)
1721 Nicolaus Jonas Sorber 1190 1000 e1 +7 Sud
7 Cosmas- und Damianiglocke
(cloche Saint-Cosme-et-Damien)
1625 unbekannt 750 200 des2 MĂ©dian
8 Cantabona 1492 inconnu 650 300 f2 MĂ©dian
9 Engelchen
(Angelot)
env. 1475 inconnu 550 125 as2 MĂ©dian
10 Sans nom 1475 inconnu 500 75 b2 MĂ©dian
Martha e2 Lanterne
Elisabeth gis2 Lanterne
Wandlungsglocke Clocheton (chevet)

Ces cloches permettent de composer les motifs suivants :

  • accord en c-majeur (inversion) g0–c1–e1
  • triple accord en a mineur a0–c1–e1, avec e0 comme inversion
  • Notre-PĂšre c1–d1–e1, avec g0 est produit le motif de Westminster
  • motif Gloria g0–a0–c1, pouvant ĂȘtre Ă©tendu de d1 (le Christ est ressuscitĂ©)
  • Te Deum a0–c1–d1
  • Cibavit eos e0–g0–a0–c1

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