Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Maguelone

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Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Maguelone
Page d'aide sur l'homonymie Cette ancienne cath√©drale n‚Äôest pas la seule cath√©drale Saint-Pierre-et-Saint-Paul.
Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Maguelone
Image illustrative de l'article Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Maguelone
Présentation
Culte Catholique romain
Type ancienne cathédrale
Rattaché à Diocèse de Montpellier
D√©but de la construction XIIe si√®cle
Fin des travaux XIIIe si√®cle
Style(s) dominant(s) Roman
Protection  Class√© MH (1840)
Géographie
Pays Drapeau de France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Hérault
Ville Villeneuve-lès-Maguelone
Coordonn√©es 43¬į 30‚Ä≤ 44‚Ä≥ N 3¬į 53‚Ä≤ 00‚Ä≥ E / 43.51226917912111, 3.88336658477783243¬į 30‚Ä≤ 44‚Ä≥ Nord
       3¬į 53‚Ä≤ 00‚Ä≥ Est
/ 43.51226917912111, 3.883366584777832
  

G√©olocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Maguelone

La cath√©drale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Maguelone est une cath√©drale des XIIe et XIIIe si√®cles situ√©e sur la commune fran√ßaise de Villeneuve-l√®s-Maguelone.

Elle avait √©t√© b√Ętie dans la cit√© insulaire wisigothe de Maguelone.

La cath√©drale fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[1].

Sommaire

Histoire

Les origines de l'évêché

Une antiquité attestée

Façade ouest de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Maguelone
par Séraphin-Médéric Mieusement (mars 1888).

√Ä l'occasion des campagnes de fouilles arch√©ologiques de 1967 ont √©t√© mis au jour sur cette ancienne √ģle, des vestiges romains, √©trusques et de nombreux sarcophages wisigoths. Les fondations d'une √©glise d√©truite au VIIe si√®cle, y furent √©galement relev√©es.

√Ä la chute de l'Empire romain au Ve si√®cle, les Wisigoths s'emparent d'une partie de la contr√©e de Melgueil, l'√ģle de Maguelone. La religion chr√©tienne s'y impose peu √† peu. D√®s 533, un √©v√™ch√© est fix√© sur l'√ģle. Ses premiers √©v√™ques en seront: Bo√®ce vers 589, Geni√®s 597-633?, (Geni√®s ou G√©n√©sius). Il existait alors d√©j√† sur l'√ģle une √©glise-cath√©drale. L'√©v√™ch√© de Maguelone appara√ģt dans les textes √† la fin du VIe si√®cle, sur une √ģle d√©j√† occup√©e dans l'Antiquit√©[2].

Les raisons de l'implantation de l'√©v√™ch√© de Maguelone sur cet √ģlot √† l'√©cart de la voie Domitienne et √©loign√© de toute agglom√©ration (la ville de Montpellier n'existe pas encore) restent inexpliqu√©es[3]. Cependant le caract√®re insulaire (l'√©v√™ch√© n'√©tant accessible que par la mer) devait assurer une certaine protection. Maguelone, fut le si√®ge de l'√©v√™que mais aussi du comte goth[4], qui assurait le pouvoir temporel.

Bien prot√©g√©e c√īt√© terre, en revanche, cette position strat√©gique restait tr√®s expos√©e aux invasions venues de la mer. C'est en raison de cette position strat√©gique que le roi wisigoth Wamba l'assi√©gea en 673, lors de sa campagne de reconqu√™te de la Narbonnaise.

Port Sarrasin

Façade occidentale et portail de la cathédrale de Maguelone.

Au VIIIe si√®cle, tandis que le pouvoir Wisigoth s'affaiblit et que finalement le royaume de Tol√®de s'effondre, les musulmans d'Espagne (les Sarrasins) multiplient les raids en terre chr√©tienne. Apr√®s avoir conquis la Catalogne, ils franchissent les Pyr√©n√©es, en 715. La Septimanie passe sous leur totale domination en 719.

Maguelone, en raison de sa position clef, devient Port Sarrasin, sans doute une place fortifi√©e. D√©laissant les am√©nagements naturels, des quais sont √©tablis permettant aux navires d'accoster et de d√©charger leurs marchandises en toute s√©curit√©. Aujourd'hui encore le lieu dit la Sarrazine correspond au canal (grau) o√Ļ transitaient ces b√Ętiments. Malgr√© l'envahisseur, la libert√© de culte est maintenue sur l'√ģle, ses habitants prenant le statut de ¬ę dhimmis ¬Ľ.

En r√©action, les Francs, venus du Nord, entament la reconqu√™te : apr√®s Poitiers en 732, Charles Martel poursuit les Sarrasins qui abandonnent peu √† peu le sud de la France. C'est apr√®s l'√©chec de sa conqu√™te de la Septimanie qu'il fait d√©truire la premi√®re cath√©drale transform√©e en mosqu√©e, en 737. L'architecture de ce premier √©difice nous reste inconnue.

Dès lors le site reste alors quasiment abandonné durant trois siècles, même si une vie précaire semble avoir perduré malgré la crainte des pirates. L'évêque s'installe à quelques kilomètres, à Melgueil (aujourd'hui Mauguio), sur l'oppidum antique de Substantion, dont le site se trouve aujourd'hui sur la commune de Castelnau-le-Lez[2].

Le renouveau du XIe si√®cle

Plan.

À partir de 1030, Arnaud, évêque de Maguelone de 1029 à 1060, décide de faire reconstruire la cathédrale. Il la dote d'un chapitre de douze chanoines réguliers, qui suivent la règle de saint Augustin. De cet édifice, il ne subsiste aujourd'hui que la chapelle Saint-Augustin, accolée au sud de l'édifice.

Afin d'am√©liorer l'acc√®s √† la ville, que l'on ne pouvait rejoindre que par bateau, il fait construire un pont, long de pr√®s d'un kilom√®tre, entre l'√ģle et Villeneuve-les-Maguelone[5], dont un dignitaire du chapitre est sp√©cialement charg√©. Il fait aussi r√©aliser des fortifications pour prot√©ger le site des attaques des musulmans. Cela n'emp√™cha pas l'√©v√™ch√© de devenir un grand centre de rayonnement intellectuel, gr√Ęce √† des √©coles universitaires.[r√©f. n√©cessaire]

Les successeurs de l'√©v√™que Arnaud, soumis √† la suzerainet√© des comtes de Melgueil qui finiront par l√©guer leurs droits sur l'√©v√™ch√© au pape Gr√©goire VII en 1085. Ils re√ßurent de nombreuses donations. Devenue propri√©t√© du Saint-Si√®ge et terre d'asile, Maguelone est alors en plein essor[6]. Urbain II visite l'√ģle en 1096, et la proclame ¬ę la seconde apr√®s celle de Rome ¬Ľ.

Le XIIe si√®cle et le XIIIe si√®cle : apog√©e de l'√©v√™ch√© de Maguelone

Parfois, en raison de factions en Italie, certains pontifes trouvent refuge √† Maguelone. Ainsi le pape G√©lase II y fut accueilli en 1118. C'est aussi Alexandre III qui consacre en 1163 le ma√ģtre-autel dont le chevet vient d'√™tre construit.

La prestige et la richesse du l'√©v√™ch√© conduisent √† construire une nouvelle cath√©drale, rempla√ßant celle qui datait de l'√©piscopat d'Arnaud. Trois √©v√™ques vont conduire cette entreprise consid√©rable : l'√©v√™que Galtier (1104-1129) construit le chevet et ses absides, ainsi que le large transept fortifi√© ; l'√©v√™que Raymond (1129-1158) poursuit cette Ňďuvre avec l'autel majeur, la chaire √©piscopale et les deux tours en bas du transept ; enfin, Jean de Montlaur (1161-1190) b√Ętit la nef romane, appelant √† la participation des fid√®les.

Au d√©but du XIIIe si√®cle, deux autres tours sont b√Ęties pour assurer la d√©fense de la fa√ßade occidentale : la tour Saint-Jean et la tour de l'√Čv√™que, aujourd'hui en partie ruin√©e. L'√©v√™ch√© est alors solidement prot√©g√©. Pendant la croisade des Albigeois Maguelone reste un bastion de la papaut√© : le comt√© de Melgueil, propri√©t√© du comte de Toulouse Raymond VI, est inf√©od√© √† Maguelone par Innocent III[6]. Son archidiacre √©tait d'ailleurs Pierre de Castelnau, l√©gat du pape dans le Languedoc, dont le meurtre √† Saint-Gilles en 1208 a d√©clench√© les hostilit√©s.

Décadence et abandon

Riche et prosp√®re, l'√©v√™ch√© de Maguelone suscite la convoitise des royaumes de France et d'Aragon. Plusieurs mesures sont prises pour enrayer la d√©cadence, et au XVe si√®cle l'√©v√™que r√©side √† Montpellier tandis que les chanoines sont assign√©s √† Maguelone, g√©r√©e par le pr√©v√īt du chapitre.

Le si√®ge √©piscopal est supprim√© en 1536 et l'√©v√™que s‚Äô√©tablit alors d√©finitivement √† Montpellier. Vendus par les chanoines, les b√Ętiments claustraux furent peu √† peu d√©truits et la cath√©drale fortifi√©e, un temps place forte protestante, fut en partie d√©mantel√©e en 1632, √† la demande de Richelieu. Des pans de murs furent vendus en 1708 pour servir √† la construction du canal du Rh√īne √† S√®te, qui traversait l'√©tang voisin.

Vendu comme bien national √† la R√©volution, puis class√© monument historique en 1840, le domaine de Maguelone est acquis par Fr√©d√©ric Fabr√®ge en 1852 qui en d√©bute la restauration. Il entreprend des fouilles qui √©clairent son riche pass√©, en red√©couvrant les fondations de b√Ętiments plus anciens. Il y plante de nombreuses essences m√©diterran√©ennes, l'√ģle √©tant alors totalement d√©nud√©e d'arbres. Le culte est r√©tabli dans la cath√©drale en 1875. Son h√©riti√®re donnera l'√ģle au dioc√®se de Montpellier en 1949[7].

√Čpoque contemporaine

Vitrail.

En 1967, une importante campagne archéologique permet d'attester de l'antiquité du site.

Un centre d'aide par le travail y est aujourd'hui install√©, g√©r√© par les Compagnons de Maguelone : sa vocation d'hospitalit√© est ainsi perp√©tu√©e, en favorisant la r√©insertion de personnes adultes handicap√©es intellectuelles. Les activit√©s du CAT sont le travail agricole, l'aquaculture, la p√™che, ainsi que des activit√©s de sous-traitance.

En 2002, dix-sept vitraux con√ßus par Robert Morris et r√©alis√©s par Duchemin, de couleur bleu-p√Ęle et miel, ont √©t√© pos√©s dans les baies restaur√©es.

De nos jours Maguelone accueille un festival de musique qui est organis√© tous les ans, en juin, dans la cath√©drale par l'association Les Amis du Festival de Maguelone. Ce rendez-vous incontournable pour tous les amateurs de musique m√©di√©vale, pr√©sente dans le cadre magnifique de la cath√©drale, des musiques classiques anciennes du Moyen √āge, mais aussi baroque, romantique ou renaissante, des Ňďuvres rares, souvent tomb√©es dans l'oubli[8].

Le b√Ętiment

Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Maguelone, intérieur.

La cath√©drale a √©t√© construite au XIIe si√®cle comme une v√©ritable forteresse. Ainsi, les murs d√©passent couramment les deux m√®tres d'√©paisseurs. Elle poss√©dait √† l'√©poque un appareil d√©fensif qui a maintenant disparu.

Le portail

Il constitue la fa√ßade occidentale. Il √©tait flanqu√© deux deux tours imposantes qui laissaient un √©troit passage √† son acc√®s : la tour Saint-Jean, actuellement d√©truite, et la tour de l'√Čv√™que, dont il ne reste que des lambeaux de fa√ßades ruin√©es. Ces deux tours ont √©t√© √©difi√©es au XIIIe si√®cle dans des blocs de calcaire coquillier jaune.

Les pi√©droits abritent deux tr√®s beaux bas-reliefs de marbre blanc repr√©sentant saint Pierre √† droite, et saint Paul √† gauche, les deux patrons de la cath√©drale. Saint Pierre, assis, tient les clefs dans une main et le livre des √Čvangiles de l'autre. Saint Paul, un genou fl√©chi, brandit une √©p√©e dans la main droite et les √Čp√ģtres dans l'autre. Les tuniques et les manteaux √† l'antique des deux personnages sont tr√®s soigneusement dessin√©s. Les deux dalles datent du XIIe si√®cle, et faisaient sans doute partie initialement d'un grand tympan de plein-cintre.

Le linteau est tr√®s long comparativement au portail, et d'un art plus √©volu√©. Il est sculpt√© d'un superbe rinceau d'acanthe au dessin raffin√©. Sur la bordure se trouve une inscription latine dat√©e de 1178 et sign√©e Bernard de Tr√©viers. En voici la traduction :

¬ę √Ä ce havre de vie, venez, vous qui avez soif.
En franchissant ces portes, corrigez vos mŇďurs.
Toi qui entre ici, pleure toujours tes fautes,
Quel que soit ton péché, il est lavé par une fontaine de larmes.
+ Bernard de Tr√©viers a fait cela en l'an de l'incarnation du Seigneur 1178. ¬Ľ

Le tympan est entour√© d'une archivolte bris√©e de marbre polychrome. C'est l'√©l√©ment le plus r√©cent du portail. Le Christ est repr√©sent√© en majest√©, sur un tr√īne cannel√©, b√©nissant de la main droite, et tenant le Livre de Vie. Il est v√™tu d'un drap au dessin complexe, et s'inscrit dans une gloire polylob√©e. Il est entour√© des quatre animaux de l'Apocalypse, figurant les quatre √Čvang√©listes : l'√Ęne, l'aigle, le lion et le bŇďuf. Ces aimaux tiennent de longs phylact√®res repr√©sentant les √©vangiles. La composition est dense, dans un style antiquisant.

La nef

√Ä l'int√©rieur, la nef est d'abord constitu√©e dans ses deux premi√®res trav√©es d'une vo√Ľte basse en plein-cintre, qui est surmont√©e par la tribune des chanoines accessible par un escalier construit dans l'√©paisseur du mur. Dans le mur droit de la deuxi√®me trav√©e, des bas-reliefs et des √©pitaphes ont √©t√© scell√©s. Ils ont √©t√© retrouv√©s en 1872 par Fr√©d√©ric Fabr√®ges, lorsqu'il refit le pavage de la cath√©drale.

Au-del√† des deux premi√®res trav√©es s'√©l√®ve une haute vo√Ľte sobre caract√©ristique des constructions romanes, de 10 m√®tres de large pour pr√®s de 20 m√®tres de hauteur, avec des murs de 2 √† 2,5 m√®tres d'√©paisseur. La sobri√©t√© extr√™me du lieu est compens√© par une grande qualit√© de ma√ßonnerie. Une immense vo√Ľte en berceau l√©g√®rement bris√©e recouvre la nef. Elle est renforc√©e √† chaque demi-colonne par des arcs doubleaux √† triple rouleau. La toiture reposait directement dessus, sans charpente. Incrust√©s dans la vo√Ľte, quatre rangs d'urnes en c√©ramique poreuse servent de drains d'assainissement.

La nef est tr√®s sombre ; seule la tribune est pourvue de trois fen√™tres au sud et de deux baies superpos√©es √† l'ouest. Son sol est tapiss√© de tombes, pour la plupart anonymes. Quatre gisants d'√©v√™ques en marbre blanc sont remarquables. Enfin, proches du transept, √† la hauteur du la tribune, on trouve deux chapelles minuscules dans l'√©paisseur des murs qui pouvaient servir d'oratoires aux chanoines.

La tribune

Elle fut construite √† la fin du XIIe si√®cle par les chanoines, sans doute pouvoir r√©citer l'office en √©tant isol√©s, ou √† cause de l'humidit√© de l'√©glise basse. Un escalier droit monumental y donne acc√®s, pris dans l'√©paisseur du mur nord de la troisi√®me trav√©e de la nef. Il donnait √©galement acc√®s au clo√ģtre sup√©rieur, aujourd'hui d√©truit. La tribune forme comme une √©glise haute, o√Ļ les chanoines ont d√©di√© un autel √† saint Nicolas. Le lieu est beaucoup plus lumineux que le reste de la cath√©drale.

La pierre tombale de l'√©v√™que Jean de Montlaur (‚Ć 1190) a √©t√© utilis√©e par Fabr√®ge pour remplacer l'autel disparu de saint Nicolas. Cet autel est le couvercled'un sarcophage sur lequel est grav√©e une √©pitaphe en vers latins, dont voici la traduction :

¬ę Dans ce tombau (repose le corps) de Jean. Que l'Alpha et l'Om√©ga (le Christ), lumi√®re √©ternelle, resplendisse toujours sur lui, qui dans les √©coles ouvrit les pauvres aux dons de l'Esprit, et que celui dont le sang fut vers√© pour nous, lave ses fautes charnelles.
Celui qu'il avait choisi entre mille s'appelle Bertrand (le sacriste). Ce fut lui qui l'ensevelit, comme il put alors le faire, dans la premi√®re semaine du Car√™me, de l'an de l'Incarnation du Seigneur (1191). Ainsi qu'il est √©crit sur la pierre pos√©e sur sa t√™te, il quitta ce si√®cle un mercredi, avant dernier jour de f√©vrier. ¬Ľ

La chapelle Saint-Augustin

La chapelle Saint-Augustin est le seul t√©moin de la premi√®re cath√©drale, √©difi√©e au XIe si√®cle. On y entre par un grand arc de plein cintre constitu√© de trois voussures. On trouve sur le pi√©droit de droite l'√©pitaphe d'Aribert, √©v√™que d'Avignon mort √† Maguelone au d√©but du XIIe si√®cle. Elle est faite d'une pierre froide, sombre et humide. Il est possible qu'elle constitu√Ęt le croisillon sud de la premi√®re cath√©drale. Elle √©tait surmont√©e √† l'√©tage de la chapelle Saint-Michel avant que celle-ci ne tombe en ruine. L'autel de la chapelle Saint-Augustin est en marbre blanc, aux armes de l'√©v√™que Jean de Bonald (‚Ć 1487). Le grand Arnaud y avait aussi fait inscrire son √©pitaphe.

Le transept

De m√™me que l'abside, le transept a √©t√© √©difi√© au XIIe si√®cle et achev√© en 1150 par l'√©v√™que Godefroy. De l√©g√®res diff√©rences manifestent son ant√©riorit√© par rapport √† la nef. Il est constitu√© d'une vaste trav√©e rectangulaire √† vo√Ľte l√©g√®rement bris√©e, et deux chapelles forment les croisillons : la chapelle Sainte-Marie au sud, et la chapelle du Saint-S√©pulcre au nord. On entre dans ces chapelles par des arcs √† double rouleau.

La chapelle Sainte-Marie communiquait √† l'origine avec le cimeti√®re attenant (via la ¬ę porte des morts ¬Ľ). La vo√Ľte bomb√©e √©tablie sur une crois√©e d'ogives primitive est remarquable. Ce choix architectural issu de l'art roman m√©ridional est typiquement lombard. Le sauveteur de la cath√©drale, Fr√©d√©ric Fabr√®ge, repose au pied de l'autel roman. Des sarcophages y sont aujourd'hui entrepos√©s, avec au centre le mausol√©e de l'√©v√™que Pierre Adh√©mar (‚Ć 1418). Au dessus de la chapelle, dans la tour Sainte-Marie, une autre chapelle aujourd'hui d√©truite servait au recueillement des chanoines.

La chapelle du Saint-S√©pulcre poss√®de la m√™me crois√©e d'ogives. Son mausol√©e de type gothique date du XIVe si√®cle, et a √©t√© construit pour le cardinal de Canillac, ancien pr√©v√īt de Maguelone. Il abrite maintenant un sarcophage wisigoth de marbre gris sculpt√©. Elle est surmont√©e de la chapelle Saint-Pancrace, invisible au visiteur.

Le sol du transept est pav√© de tombes, souvent anonymes. Il y a malgr√© tout quatre dalles d'√©v√™ques en marbre : Antoine de Subjet (1573-1596), Izarn Barri√®re (1488-1498), qui restaure l'universit√©, Jean de Bonald (1472-1487), humaniste, et Guitard de Ratte (1596-1602).

L'abside

L'abside, construite au d√©but du XIIe si√®cle, est caract√©ristique du style roman primitif ; son ampleur, son √©l√©vation et l'√©l√©gance de son d√©cor en t√©moignent. Un banc presbyt√©ral incrust√© en son milieu perp√©tue une tradition pal√©o-chr√©tienne. Elle est √©clair√©e par trois fen√™tres romanes avec des colonnettes et chapiteaux. Ses fen√™tres sont d√©cor√©es √† l'aide de fines colonnes engag√©es, reli√©es par une couronne de petits arcs et surmont√©es d'un cordon de dents d'engrenage.

√Ä l'int√©rieur, le mur m√©ridional conserve des fragments de pierres tombales de l'√©poque romaine : ensemble de bas-reliefs et d'√©pitaphes fix√©s retrouv√©s par Fr√©d√©ric Fabr√®ge lorsqu'il r√©novait le dallage de la cath√©drale : ils proviennent du clo√ģtre, du cimeti√®re ou ont √©t√© apport√©s comme √©l√©ments d√©coratifs, notamment pour les pi√®ces de l'√©poque antique. On doit le ma√ģtre-autel actuel √† Fabr√®ge. Cette dalle de pierre moulur√©e remplace celui que consacra le pape Alexandre III en 1163. Sur l'ancien ma√ģtre-autel √©taient repr√©sent√©es des flabella, √©ventails en plumes de paon marquant l'appartenance au Saint-Si√®ge.

Galeries

Protection

La cath√©drale fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[1].

Notes et références

  1. ‚ÜĎ a et b Minist√®re de la Culture, base M√©rim√©e, ¬ę Notice no PA00103757 ¬Ľ sur www.culture.gouv.fr.
  2. ‚ÜĎ a et b Collectif, Languedoc Roman, Zodiaque, 1985 (ISBN 2-7369-0017-0), p. 228 .
  3. ‚ÜĎ Il se peut que la raison en soit qu'en droit romain, le littoral faisait partie de l'ager publicus, le domaine public. Les souverains wisigoths en auraient donc fait leur propri√©t√©.
  4. ‚ÜĎ Pierre A. Cl√©ment, √Čglises romanes oubli√©es du Bas Languedoc, Presses du Languedoc, 1993 (ISBN 2-85998-118-7), p. 309 .
  5. ‚ÜĎ Collectif, Languedoc roman, Zodiaque, 1985 (ISBN 2-7369-0017-0), p. 228-229 .
  6. ‚ÜĎ a et b Collectif, Languedoc roman, Zodiaque, 1985 (ISBN 2-7369-0017-0), p. 229 .
  7. ‚ÜĎ Collectif, Languedoc roman, Zodiaque, 1985 (ISBN 2-7369-0017-0), p. 230 .
  8. ‚ÜĎ Voir le site du festival de musique √† Maguelone.

Voir aussi

Articles connexes

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Bibliographie

  • Collectif, Languedoc roman, Zodiaque, 1985 (ISBN 2-7369-0017-0), p. 226‚Äď244 .
  • Pierre A. Cl√©ment, √Čglises romanes oubli√©es du Bas Languedoc, Presses du Languedoc, 1993 (ISBN 2-85998-118-7), p. 309‚Äď311 .
  • abb√© Julien Rouquette et A. Villemagne, Cartulaire de Maguelone tome 1, Valat, 1912 .
  • abb√© Julien Rouquette et A. Villemagne, Cartulaire de Maguelone, t. 2, Valat, 1913 .
  • abb√© Julien Rouquette et A. Villemagne, Cartulaire de Maguelone, t. 3, 1920 .
  • abb√© Julien Rouquette et A. Villemagne, Cartulaire de Maguelone, t. 4, 1923 .
  • abb√© Julien Rouquette et A. Villemagne, Bullaire de l‚Äô√©glise de Maguelone, t. 1 .
  • abb√© Julien Rouquette et A. Villemagne, Bullaire de l‚Äô√©glise de Maguelone, t. 2 : 1216 ‚Äď 1303, 1914 .

Lien externe


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Maguelone de Wikipédia en français (auteurs)

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