Cathédrale Saint-Luperc d'Eauze

ÔĽŅ
Cathédrale Saint-Luperc d'Eauze
Cathédrale Saint-Luperc d'Eauze
Image illustrative de l'article Cathédrale Saint-Luperc d'Eauze
Présentation
Culte Catholique romain
Type ancienne cathédrale
Rattaché à Archidiocèse d'Auch
Protection Logo monument classe.svg Classé MH[1] (4/01/1945)
Géographie
Pays Drapeau de France France
Région Midi-Pyrénées
Département Gers
Ville Eauze
Coordonn√©es 43¬į 51‚Ä≤ 44‚Ä≥ N 0¬į 06‚Ä≤ 07‚Ä≥ E / 43.86233, 00.10196743¬į 51‚Ä≤ 44‚Ä≥ Nord
       0¬į 06‚Ä≤ 07‚Ä≥ Est
/ 43.86233, 00.101967
  

G√©olocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Cathédrale Saint-Luperc d'Eauze

La Cath√©drale Saint-Luperc est une ancienne cath√©drale situ√©e √† Eauze dans le d√©partement du Gers. Eluza, ancien nom de la ville, abritait le si√®ge m√©tropolitain de la Novempopulanie, qui fut cr√©√© probablement au IIIe si√®cle. La seule date s√Ľre est celle de 314 o√Ļ on cite l'√©v√™que d'Eauze, Mammertimus, au concile d'Arles. √Ä la suite des invasions Vikings et des destructions qu'elles engendr√®rent, probablement en 864, le titre m√©tropolitain fut donn√© par le pape Jean VIII √† l'√©v√™que d'Auch, Airardus, par une letre du 13 juin 879. Le dioc√®se d'Eauze a disparu au IXe si√®cle. En 1865, l'archev√™que d'Auch lui a redonn√© son titre de cath√©drale.

Sommaire

Histoire

Article d√©taill√© : Liste des √©v√™ques d'Eauze.

Ren√©e Mussot-Goulard √©voque dans son ouvrage Le bapt√™me qui a fait la France, De Blandine √† Clovis, le changement radical qu'a d√Ľ conna√ģtre Eauze sur le plan religieux √† la fin de l'empire romain.

Une des salles du mus√©e du Tr√©sor pr√©sente les cultes orientaux qui √©taient pratiqu√©s √† Eauze, probablement du fait de la pr√©sence militaire et des relations importantes avec l'empire dans cette ville administrative majeure : culte de Mithra, culte de Cyb√®le, culte de Sol Invictus.

Pourtant la christianisation y est pr√©coce et en 314, la ville envoie son Ev√™que √† Arles pour le Concile qui r√©unit les communaut√©s chr√©tiennes suivantes : Rouen, Tournai, Cologne, Tr√®ves, Autun, Lyon, Bordeaux, Eauze, Vienne, Vaison, Orange, Apt, Nice, Marseille, Burgos, Arles.

Toujours selon R. Mussot-Goulard, une st√®le conserv√©e au Mus√©e de Saint-Germain en Laye et d√©couverte en 1880 par √Čdouard Piette pendant les travaux de la gare d'Eauze, dans le quartier artisanal o√Ļ a √©t√© d√©couvert le tr√©sor mon√©taire bien plus tard est d√©di√©e √† Saint Luperc par un certain Quietus, curator de la Cit√©. Elle s'inscrivait dans le cadre d'un √©difice rectangulaire, couvert de tegulae, dans les murs duquel avaient √©t√© r√©employ√©s des fragments d'autels votifs pa√Įens. La forme des lettres correspond √† une √©poque tardive, probablement le Ve si√®cle. C'est le plus ancien t√©moignage du culte rendu √† saint Luperc √† Eauze. Une autre inscription d√©couverte sur le site semble montrer qu'Eauze √©tait une colonie romaine √† cette √©poque.

L'implantation de la "premi√®re cath√©drale" est l'objet de discussions . Elle semble avoir √©t√© construite sur l'emplacement des thermes, comme en bien d'autres endroits (voir Jublains, par exemple). Le site de la villa antique se trouvait √† un kilom√®tre √† l'est de la ville actuelle qui s'est d√©velopp√©e √† partir du Ier si√®cle pour atteindre une grande prosp√©rit√© au IIIe si√®cle. La premi√®re cath√©drale aurait √©t√© construite √† l'int√©rieur des remparts de la cit√© surplombant la G√©lise. Elle se serait trouv√©e au droit de l'√©glise champ√™tre de Notre-Dame de Cieutat, qui √©tait un archipr√™tr√©, reconstruite apr√®s les destruction du VIIIe si√®cle d'apr√®s l'abb√© Breuils. Avant d'√™tre d√©truite entre 1794 et 1798, il y avait dans son clocher une inscription "Hic est Sedes".
L'autre site possible est celui o√Ļ l'inscription d√©di√©e √† saint Luperc a √©t√© d√©couverte pendant les travaux pour la gare.

La vie de Saint-Luperc n'est √©crite qu'au X√®me si√®cle, au moment o√Ļ est fond√© le monast√®re (980) qui lui est d√©di√© sur la colline dominant les ruines de la ville antique et o√Ļ se d√©veloppera le bourg m√©di√©val.

La cath√©drale fut construite entre 1467 et 1521. Elle a eu √† souffrir de quelques destructions en 1569. Ce sont essentiellement les b√Ętiments du prieur√© b√©n√©dictin qui ont √©t√© relev√©s de leurs ruines en 1732 avec le clo√ģtre existant, int√©gr√© dans les b√Ętiments du coll√®ge.

√Čdifice

Les édifices antérieurs

Une √©glise d√©di√©e √† saint Pierre aurait √©t√© construite au sommet d'une colline, hors des murs de la ville antique, par les premiers √©v√™ques d'Elusa, probablement d√®s le IIIe si√®cle. Elle a d√Ľ servir de n√©cropole. Elle a probablement succ√©d√© √† un lieu de culte pa√Įen car on retrouv√© un autel d√©di√© aux Nymphes dans le sol de l'ancien monast√®re.

Apr√®s 960, Odon ou Bernard-Othon, comte de Fezensac, fonde un monast√®re b√©n√©dictin sur cet emplacement, d√©di√© aux saints Gervais et Protais. Il n'a √©t√© d√©di√© √† saint Luperc qu'au XIe si√®cle, au moment du transfert des reliques du saint.

En 1088, le monastère est réuni à l'abbaye de Cluny et devient alors un prieuré. Il l'est resté jusqu'à la Révolution.

On ne conna√ģt pas de texte permettant de pr√©ciser les dates de construction des √©glises ant√©rieures √† l'√©glise actuelle. En 1949, on a retrouv√© des fondations en petit appareil d'un √©difice important se prolongeant vers l'ouest sous le mur ext√©rieur des chapelles situ√©es c√īt√© sud. La sacristie englobe des assises en grand appareil pouvant √™tre la trace d'une absidiole.

L'église actuelle

L'√©glise a d√Ľ √™tre construite √† l'emplacement d'une √©glise ant√©rieure, probablement √† trois nefs, ce qui expliquerait la faible largeur de la nef (10,70 m) par rapport √† sa hauteur (21,65 m √† la cl√©). La cath√©drale saint-Luperc est un √©difice typique du gothique m√©ridional. De plan languedocien avec une nef unique √† sept trav√©es bord√©e de chapelles basses, elle se termine par un chŇďur √† abside √† pans coup√©s, de m√™me hauteur et de m√™me largeur.

La construction de la nouvelle église est entreprise par le prieur Jean Marre. Il était devenu prieur d'Eauze en 1463. Il avait été moine de l'abbaye de Simorre, visiteur de l'ordre pour la Gascogne, official de l'archevêché d'Auch, vicaire général de Jean de Lescun, puis du cardinal d'Amboise à Albi, avant de revenir à Auch avec l'archevêque Jean de la Trémoille (1490-1505). Il est devenu évêque de Condom en 1497.

Cultes antiques et christianisation

La substitution du culte chrétien aux cultes antiques se fait fréquemment par le réemploi des sites et des matériaux des temples précédents, à la fois pour effacer toute trace, mais aussi, paradoxalement, pour assurer une continuité qui ne déroute pas totalement les fidèles.

Le nom de Luperc n'est pas sans évoquer le nom des Lupercales, la fête de la fin de l'année romaine, consacrée à la fertilité.

Cet usage de l'homonymie est bien connu dans la christianisation, notamment √† travers le r√©cit de Gr√©goire de Tours au sujet du culte pa√Įen rendu au lac du mont Helarius en G√©vaudan o√Ļ il rapporte que l'Ev√™que du lieu, inspir√©, fit √©lever une basilique en l'honneur de Saint Hilaire de Poitiers (Hilarius) et r√©ussi enfin √† d√©tourner les paysans de leur culte.

A Eauze, l'homonymie est parfaite : Lupercus d√©signe √† la fois le saint et le dieu antique, Faunus Lupercus, un dieu solaire proche de Pan.

Mais il est int√©ressant de voir que le saint reprend les attributs du Dieu, comme le dit encore R. Mussot-Goulard p.43 (Luperc est un militaire romain et pr√™che surtout les hommes de la garnison ; le culte oriental de Sol Invictus, le "soleil invaincu", d√©riv√© du culte d'Appollon et de Mithra, est tr√®s r√©pandu dans l'arm√©e) : "Pour ces hommes, la meilleure incitation √† la conversion est la d√©monstration d'une puissance qui vient du Christ mais qui correspond aussi √† ce dont ces soldats ont l'habitude. Ainsi, "le visage du saint brillait comme le soleil", ainsi la puissance de son souffle renversait les idoles, ainsi son pouvoir s'√©tablissait sur les sources".

Le Christ lui-même reprend les attributs de Sol Invictis, et en premier lieu sa date de naissance, le 25 décembre, qui était dies natalis solis invicti sous l'empereur Aurélien (270-275).

Galerie d'images

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Classement de l'√©glise Saint-Luperc, sur la base M√©rim√©e, minist√®re de la Culture. Consult√© le 26 septembre 2010

Voir aussi

Bibliographie

  • Ren√©e Mussot-Goulard, Le bapt√™me qui a fait la France, De Blandine √† Clovis, 190 p. Perrin, 1996, ISBN 2-262-01104-4 p.36-45
  • A. Clergeac, La L√©gende de Saint Luperc, Revue de Gascogne. Nouvelle s√©rie, tome XXXIII. Auch, 1938, p. 5-16.
    Etude de critique hagiographique. Examen de trois manuscrits rapportant trois l√©gendes de saint Luperc et publication d'un texte in√©dit provenant de l'ancienne abbaye de Berdoues, pr√®s Mirande. On retiendra de cette √©tude que Luperc fut un jeune la√Įc martyris√© pr√®s d'Eauze vers 250, et non un √©v√™que-martyr d'Eauze, moins encore un archev√™que d'Auch.
  • Sous la coordination de Jeannine Lemaire, Eauze, terre d'histoire, pp. 287, Dauba Fr√®res, Nogaro, 1991

Liens internes


Wikimedia Foundation. 2010.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Cathédrale Saint-Luperc d'Eauze de Wikipédia en français (auteurs)

Regardez d'autres dictionnaires:


Share the article and excerpts

Direct link
… Do a right-click on the link above
and select ‚ÄúCopy Link‚ÄĚ

We are using cookies for the best presentation of our site. Continuing to use this site, you agree with this.