Cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation du Puy-en-Velay

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Cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation du Puy-en-Velay
Cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation du Puy-en-Velay
Image illustrative de l'article Cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation du Puy-en-Velay
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Basilique
Rattaché à Diocèse du Puy-en-Velay (siège)
D√©but de la construction fin XIe si√®cle
Fin des travaux XIIIe si√®cle
Style(s) dominant(s) Roman
Protection  Class√© MH (1862)
 Patrimoine mondial (1998)
Site web www.cathedraledupuy.org
Géographie
Pays Drapeau de France France
Région Auvergne
Département Haute-Loire
Ville Le Puy-en-Velay
Coordonn√©es 45¬į 02‚Ä≤ 44‚Ä≥ N 3¬į 53‚Ä≤ 05‚Ä≥ E / 45.045556, 3.88472245¬į 02‚Ä≤ 44‚Ä≥ Nord
       3¬į 53‚Ä≤ 05‚Ä≥ Est
/ 45.045556, 3.884722
  

G√©olocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation du Puy-en-Velay

La cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation du Puy-en-Velay est un monument majeur de l'art roman et de l'Occident chrétien. Elle a été érigée en basilique mineure par bref de Pie IX, le 11 février 1856.

Une Vierge noire, objet de nombreux p√®lerinages au cours des si√®cles, tr√īne sur un ma√ģtre-autel baroque. L'actuelle effigie remplace celle qui aurait √©t√© offerte par Saint Louis √† son retour de la croisade d‚Äô√Čgypte, et qui fut br√Ľl√©e lors de la R√©volution fran√ßaise.

La cath√©drale fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862[1]. Elle a √©t√© inscrite en 1998 sur la liste du patrimoine mondial par l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France.

Sommaire

Description

De facture romane, la cathédrale Notre-Dame du Puy se dresse au pied du rocher Corneille, un promontoire d'origine volcanique dominé par une statue de la Vierge en acier moulé (provenant des canons pris aux Russes à Sébastopol).

Plan au sol (le nord est en bas)

√Črig√©e au XIIe si√®cle, la cath√©drale est insolite du fait de la diversit√© de ses styles, et t√©moigne de la richesse pass√©e de l'art roman.

On y trouve de fortes influences byzantines en m√™me temps que des structures qui rappellent celles du sud-ouest de la France. Construite √† partir de pierres volcaniques de divers coloris, la fa√ßade occidentale, faite de pierres polychromes, de parements mosa√Įqu√©s, d'arcades en plein cintre et de petits frontons, poss√®de un porche √† trois arcs auquel on acc√®de, depuis une rue de la ville, par un large et long escalier en pierre de 134 marches.

Si de tr√®s belles statues et mosa√Įques d√©corent le portail, l'int√©rieur abrite de superbes fresques dor√©es.

La couleur sombre des pierres donne √† l'int√©rieur un aspect aust√®re, mais l'on est impressionn√© par la hauteur des six coupoles, l'abondance des vo√Ľtes qui la couronnent et par le soubassement vo√Ľt√© sur lequel elle s‚Äôappuie.

Le chŇďur repose directement sur le rocher, mais pour agrandir la cath√©drale aux XIe et XIIe si√®cles afin d‚Äôaccueillir les p√®lerins toujours plus nombreux, quatre trav√©es suppl√©mentaires ont √©t√© audacieusement construites sur le vide ; pour rattraper un d√©nivel√© de 17 m, d‚Äôimportants piliers soutiennent les hautes arcades.

Cette basilique, construite en plusieurs campagnes, peut √™tre dat√©e du XIe si√®cle pour l'abside, le carr√© du transept et les deux derni√®res trav√©es. Toutefois, l‚Äô√©difice mena√ßant ruine au d√©but du XIXe si√®cle, il fit l‚Äôobjet, entre 1844 et 1870, dans sa quasi-totalit√©, d‚Äôune d√©molition suivie d‚Äôune reconstruction √† l‚Äôidentique, hormis l'abside et la coupole de crois√©e, qui furent refaites sous une forme diff√©rente.

L’art oriental au Puy

L'aspect oriental de la cath√©drale et de nombreux autres √©difices de la ville surprend le visiteur. √Čmile M√Ęle remarquait la ressemblance frappante qui existe entre la mosqu√©e de Cordoue et le clo√ģtre du Puy, l'assemblage de mat√©riaux rouges et blancs de l√†-bas (brique et pierre) se transforme, sur la terre volcanique du Velay, en polychromie noire et blanche (lave et pierre.) Cette influence de l'art arabe est intimement li√©e √† l'histoire de la ville.

Le 15 ao√Ľt 1095, √† l'occasion de la f√™te de l'Assomption c√©l√©br√©e au Puy, le pape Urbain II annon√ßa la premi√®re croisade (1095-1098) et d√©signa l'√©v√™que de la ville, Adh√©mar de Monteil, pour la mener √† bien. Accompagn√© d'environ quatre cents crois√©s vellaves, l'auteur du c√©l√®bre Salve Regina quitta donc le Puy pour l'Orient. Il fut mortellement bless√© lors du si√®ge d'Antioche, mais d'autres eurent la chance de revenir dans leur patrie. Impr√©gn√©s d'une nouvelle culture, ces anciens crois√©s influenc√®rent les cr√©ations de leur ville.

Dans le m√™me temps, le Puy rassemblait les fid√®les en partance et de retour de Saint-Jacques-de-Compostelle. Les p√®lerins transform√©s par les Ňďuvres qu‚Äôils avaient pu d√©couvrir dans les Espagnes alors occup√©es par les Arabes, eurent eux aussi un r√īle dans la diffusion de l‚Äôart oriental au Puy.

La façade

La façade occidentale

La fa√ßade de la cath√©drale se dresse au haut d'un grand escalier. Elle comporte cinq √©tages d'architecture en appareil polychrome avec d√©coration de pierres dispos√©es comme une mosa√Įque, et provenant des carri√®res de la r√©gion. Certains ont voulu voir l'origine de cette ornementation mozarabe dans le nombre consid√©rable d'Espagnols qui fr√©quenta, au Moyen √āge, le p√®lerinage √† la Vierge noire. D'autres l'attribuent √† l'influence des Crois√©s.

Avec ses arcs en plein cintre, cette fa√ßade appartient au style roman et peut √™tre dat√©e de la fin du XIIe si√®cle.

Un escalier de 102 marches, qui se continue sous le porche, débouche sous la nef. Cet escalier occupe toute la largeur de l'édifice durant les deux premières travées, puis se rétrécit pour ne plus avoir que celle de la nef principale pendant les deux travées suivantes, contre les murs desquelles ont été placées les portes en bois sculpté qui se trouvaient autrefois sur la façade.

Cette curieuse disposition s'explique par la d√©clivit√© du terrain et le manque de place. En raison des foules attir√©es au XIIIe si√®cle par le p√®lerinage, il fallut agrandir l'√©glise. Comme il n'y avait plus de place sur le rocher, les architectes d√©cid√®rent de construire en quelque sorte dans le vide, pour supporter les nouvelles troisi√®me et quatri√®me trav√©es.

L'escalier aboutit √† la porte Dor√©e. Derri√®re celle-ci, dix-sept marches conduisent au centre de la nef. On aboutit entre les deux piliers devant lesquels ont √©t√© plac√©es les statues de Saint-Louis et de Jeanne d'Arc, exactement en face du ma√ģtre-autel. Ce qui a permis √† un religieux de dire que ¬ę l'on entre dans l'√©glise par le nombril et que l'on en sort par les deux oreilles. ¬Ľ

Le porche du For

Le porche du For

Le porche du For est un magnifique morceau d'architecture, datant de l'extr√™me fin du XIIe si√®cle. Il donne sur la place du m√™me nom (du latin forum), en terrasse au-dessus des toits de la vieille ville.

Bien qu'appartenant par tous ses √©l√©ments au style roman, il est recouvert d'une vo√Ľte mont√©e sur crois√©es d'ogives. Les grands arcs en plein cintre du rez-de-chauss√©e sont d√©tach√©s et r√©unis √† l'archivolte par trois quilles de pierre, dont l'une repr√©sente un personnage. Le premier √©tage, qui contient une chapelle du XVIe si√®cle, est √©clair√©, sur chacune de ses faces, par des baies gothiques et est couvert d'un berceau.

Deux portes ouvrent sur ce porche. La plus petite, d√©nomm√©e porte papale, est r√©serv√©e au souverain pontife et a re√ßu, en 1847, un linteau retrouv√© lors de fouilles, portant l'inscription : Scrutari papa Vive Deo, donnant ainsi le nom de l'architecte. L'autre est romane et ses vantaux sont orn√©s de deux t√™tes de lions en bronze. L'ensemble constitue une tr√®s belle r√©ussite.

La nef

En plan, cette √©glise offre la forme de la croix latine et comprend une nef √† six trav√©es, √† laquelle sont accol√©es deux bas-c√īt√©s de m√™me hauteur, un transept saillant, dont chaque bras se termine par deux absidioles jumelles, au-dessus desquelles se trouve une tribune ; l'√©difice s'ach√®ve par une abside rectangulaire flanqu√©e de deux absidioles √† chevet plat.

Coupoles couvrant la nef.

Les six trav√©es de la nef sont vo√Ľt√©es de coupoles barlongues support√©es par des trompes en cul-de-four ; le carr√© du transept est couvert d'une tour octogonale ajour√©e par deux √©tages de fen√™tres et termin√©e par une coupole. Cette tour repose sur quatre grosses piles flanqu√©es de colonnes engag√©es qui prennent appui sur un √©norme socle rectangulaire de 2 m de hauteur. Le passage du plan carr√© se fait au moyen de trompes en cul-de-four. Cette tour-lanterne est √©galement appel√©e ¬ę le clocher ang√©lique ¬Ľ.
Les bas-c√īt√©s sont couverts de vo√Ľtes d'ar√™tes, sauf en ce qui concerne les deux trav√©es ouest qui ont re√ßu des vo√Ľtes sur crois√©es d'ogives.

Vue de la nef vers l'est. Au fond : chŇďur avec la Vierge Noire. √Ä gauche : chaire.

Les seules trav√©es intactes (3e et 4e) ainsi que le clocher remontent au milieu du XIIe si√®cle. Quant aux autres trav√©es et √† la fa√ßade, elles datent de la fin du XIIe si√®cle.

On verra dans ce sanctuaire un grand tableau (bas-c√īt√© sud) peint par Giraud, c√©l√©brant le jubil√© de 1864. Le jubil√© du Puy est un des plus anciens existant au monde.

On verra √©galement un chemin de Croix en √©mail et, au revers de la fa√ßade, un beau relief en bois dor√© du XVIIIe si√®cle, repr√©sentant saint Andr√© crucifi√©.

La chaire, remarquable, est de la fin du XVIIIe si√®cle. Le ma√ģtre-autel, √©difi√© aux frais du Chapitre de Notre-Dame, est l‚ÄôŇďuvre de Jean-Claude Portal. Il est orn√© d'un bas-relief montrant la sc√®ne de l'Annonciation et surmont√© d'un p√©lican. Des bronzes du c√©l√®bre Caffieri le d√©corent. C'est sur le ma√ģtre-autel qu'est plac√©e la c√©l√®bre Vierge, couronn√©e le 8 juin 1856, qui a remplac√© l'antique statue br√Ľl√©e place du Martouret.

L'abside est d√©cor√©e de peintures modernes, mais il subsiste, dans le croisillon nord, des fresques paraissant dater du XIe si√®cle. Ce sont celles qui repr√©sentent les Saintes Femmes au tombeau (au-dessus de l'autel du Sacr√©-CŇďur) et un Saint-Michel g√©ant (dans la tribune).

Enfin, deux beaux tableaux ex√©cut√©s au XVIIe si√®cle servent d'ex-voto en souvenir des pestes de 1630 et 1653.

Dans la troisi√®me trav√©e du bas-c√īt√© nord s'ouvre la chapelle des reliques, qui occupe l'√©tage sup√©rieur du b√Ętiment dit des ¬ę m√Ęchicoulis ¬Ľ. Ce vaste vaisseau, couvert d'un berceau bris√© mont√© sur doubleaux, √©tait autrefois divis√© par un plancher et poss√©dait deux √©tages. Au rez-de-chauss√©e se trouvait la biblioth√®que du Chapitre, au-dessus la salle des √Čtats du Velay. On y admire une magnifique fresque repr√©sentant les Arts lib√©raux, datant de la fin du XVe si√®cle, et dont on ignore l'auteur. D√©couverte par Prosper M√©rim√©e en 1850, elle est malheureusement incompl√®te et ne montre que quatre des sept arts : la Grammaire avec Priscien, la Logique avec Aristote, la Rh√©torique avec Cic√©ron et la Musique avec Tubalca√Įn.

Les coupoles des deux premi√®res trav√©es occidentales de la nef, non appareill√©es, reposent directement sur les trompes d'angle et sur les portions de mur surmontant les fen√™tres ‚ÄĒparticularit√©s qui les distinguent des deux coupoles suivantes.

À voir dans la cathédrale

Petite piet√† (XVe si√®cle).
  • Statue de Notre-Dame du Puy (Vierge noire)
  • Statue de saint Jacques.
  • Sous le porche, portes en bois sculpt√©s du XIIe si√®cle repr√©sentant des √©pisodes de la vie du Christ.
  • Le tr√©sor de la sacristie et celui d‚ÄôArt religieux au-dessus du clo√ģtre.
  • Le baptist√®re Saint-Jean, √† proximit√©, qui renferme des expositions estivales.
  • Les fresques d‚Äôinfluence byzantine et italienne sous le proche et dans le transept nord, en particulier celle de saint Michel.
  • Dans la sacristie, il y a un livre d‚Äôor r√©serv√© aux p√®lerins.

Le clocher

Haut de 56 m, c'est une construction ind√©pendante de l'√©glise. De plan carr√©, il comprend sept √©tages de m√™me dessin, mais chacun d'eux est marqu√© par un l√©ger retrait, en sorte que l'√©difice fait penser √† des cubes superpos√©s.

Les étages supérieurs sont soutenus par des arcs bandés portant des berceaux. Ces arcs prennent appui sur des piles isolées, de telle sorte qu'à partir du quatrième étage, le poids de la maçonnerie retombe directement sur les piles.

Le clocher est de plus en plus ajour√© √† mesure que l'on s'√©l√®ve du sol au sommet. Le rez-de-chauss√©e contient trois tombeaux, ceux de deux chanoines et celui d'un √©v√™que. ¬ę C'est √† sa forme pyramidale et √† son coq, symbole de la vigilance r√©publicaine ¬Ľ qu'il doit, para√ģt-il[pr√©cision n√©cessaire], de ne pas avoir √©t√© d√©moli sous la R√©volution.

Il abrite quatre cloches dont un bourdon.

Le clo√ģtre

De forme rectangulaire, ses galeries sont vo√Ľt√©es d'ar√™tes. Datant du XIIe si√®cle, il est de style roman, mais a √©t√© restaur√© entre 1850 et 1857 par les architectes Viollet-le-Duc et Mallay.

On ne peut s'emp√™cher d'√©voquer l'architecture arabe en Espagne lorsqu'on voit cette mosa√Įque polychrome de losanges rouges, ocres, blancs ou noirs qui d√©core ses arcs. Ici, la lave calcin√©e se marie au gr√®s blanc. La br√®che basaltique a pris avec le temps une coloration rose ou mordor√©e qui fait ressortir l'incrustation de briques de diverses tonalit√©s. C'est cette richesse incomparable qui a fait √©crire √† √Čmile M√Ęle que la magnificence de cette ornementation peut rivaliser avec celle de Cordoue ou de Grenade. Les galeries prennent jour sur le pr√©au au moyen de grandes arcades en plein cintre reposant sur des piliers carr√©s, dont les quatre c√īt√©s sont garnis de colonnes monolithes d√©gag√©es. Celles plac√©es sur les faces lat√©rales des piliers supportent un deuxi√®me arc s'ins√©rant sous les arcades, tandis que celles de l'int√©rieur servent d'appui aux vo√Ľtes des galeries. On compte cinq arcades au nord et au sud, et dix sur les deux autres c√īt√©s.
On remarque √©galement l'influence hispano-mauresque √† travers la chemin√©e romane du b√Ętiment des Clergeons, qui ressemble fortement √† un petit minaret de mosqu√©e.

√Ä remarquer la vari√©t√© des sujets trait√©s sur les chapiteaux, mais il faut surtout regarder la richesse extraordinaire de la corniche qui court au-dessus des √©coin√ßons mosa√Įqu√©s, o√Ļ la verve du Moyen √āge s'est donn√© libre cours. Cependant une grande partie de la corniche a √©t√© remani√©e au XIXe si√®cle. On y retrouve quelques-uns des 7 p√©ch√©s capitaux : la gourmandise (une ch√®vre se gavant de raisins), la col√®re (un chien mordant la queue d'un d√©mon), la paresse (un moine qui caresse nonchalamment le cou d'un cochon)...

Une admirable grille romane en fer forg√© ferme le passage conduisant √† la cath√©drale. Magnifique ouvrage de ferronnerie, elle fut r√©alis√©e par des compagnons au d√©but du XIIe si√®cle. Elle se compose de diff√©rents panneaux comportant √† chaque fois le m√™me motif. L'ensemble, tr√®s r√©gulier, est all√©g√© √† travers la technique du poin√ßonnage √† chaud des motifs de la grille.
Apr√®s la polychromie des claveaux et la chemin√©e romane ¬ę minaret ¬Ľ, cette grille romane par sa ressemblance avec les moucharabieh du Maroc, de l'√Čgypte, etc. est selon certains historiens un t√©moignage du caract√®re oriental de l'ensemble clo√ģtre et cath√©drale du Puy.

Le c√īt√© ouest de ce clo√ģtre est domin√© par un grand b√Ętiment du XIIIe si√®cle, qui faisait partie, autrefois, du syst√®me d√©fensif de la cath√©drale et du palais √©piscopal. Ce b√Ętiment dit ¬ę des m√Ęchicoulis ¬Ľ contient au rez-de-chauss√©e, la chapelle des reliques et au premier √©tage, un mus√©e d'art religieux. Il est pourvu de m√Ęchicoulis prot√©g√©s par un mur en saillie et reposant alternativement sur des piliers carr√©s et sur des colonnes.

Le clo√ģtre est g√©r√© par le centre des monuments nationaux.

La Vierge Noire

La Vierge noire actuelle, reposant sur le ma√ģtre-autel.

La statue du XVIIe si√®cle qui se trouve actuellement sur le ma√ģtre-autel provient de l'ancienne chapelle Saint-Maurice du Refuge. Elle fut couronn√©e par l'√©v√™que du Puy au nom du Pape Pie IX, le 8 juin 1856[2], jour anniversaire de la destruction de la pr√©c√©dente effigie, qui fut br√Ľl√©e par les ultra-r√©volutionnaires de Louis Guyardin (le repr√©sentant de la Convention en mission en Haute-Loire) le 8 juin 1794, jour de Pentec√īte, devenu celui de l'√ätre Supr√™me.


Au Xe si√®cle, le concile du Puy avait autoris√© pour la premi√®re fois les reliquaires en ronde-bosse √† l'image humaine, d'o√Ļ la floraison des statues dites ¬ę chefs ¬Ľ et des Vierges en majest√©, d'abord dans le centre de la France, puis dans tout le pays. La Vierge noire du Puy a pu contenir des reliques, √©tant la plus ancienne connue ; il est tout √† fait possible qu'elle ait servi de mod√®le aux autres. Il ne reste aucune trace de l'image de la Vierge v√©n√©r√©e dans la cath√©drale avant la fin du Xe si√®cle, sinon quelques repr√©sentations hypoth√©tiques.


Vierge noire Notre-Dame du Puy-en-Velay, gravure de Veyrenc, 1778.

Elle aurait √©t√© remplac√©e par celle offerte par le roi Louis IX ou Saint-Louis au retour de la septi√®me croisade ; il est attest√© que Saint-Louis est venu en p√®lerinage au Puy-Sainte-Marie (podium sanctae mariae) en 1254. Faujas de Saint-Fond a pu l‚Äô√©tudier √† loisir, il en laissa, en 1778, une description et Veyrenc en ex√©cuta alors une gravure[3]. Il s'agissait d'une statue en c√®dre de 71cm de haut repr√©sentant la Vierge assise sur un tr√īne, l'Enfant J√©sus sur les genoux. Si les visages de la M√®re et de L'Enfant √©taient d'un noir fonc√©, les mains, en revanche, √©taient peintes en blanc. Sur le visage de Marie se d√©tachaient des yeux en verre et un nez d√©mesur√©. La Vierge √©tait v√™tue d'une robe de style oriental dans les tons rouge, bleu-vert et ocre et √©tait couronn√©e d'une sorte de casque √† oreillettes en cuivre dor√©, orn√© de cam√©es antiques. La statue √©tait enti√®rement envelopp√©e de plusieurs bandes d'une toile assez fine, fortement coll√©es sur le bois et peintes. Selon Faujas de Saint-Fond, il s'agissait d'une statue tr√®s ancienne d'Isis, d√©esse √©gyptienne de la f√©condit√©, que l'on avait m√©tamorphos√©e en Vierge. Il est vrai que des statuettes d'Isis tenant Osiris sur les genoux lui ressemblent de fa√ßon frappante.


Une autre th√®se en fait une statue √©thiopienne (peut-√™tre une vierge copte ?). Mais elle a tout aussi bien pu √™tre fa√ßonn√©e au Puy avant l'an 1000, peut-√™tre par un artisan arabe. Certains sp√©cialistes d'histoire de l'art √©voquent la possibilit√© d'une statue dont le bois √©tait clair √† l'origine puis se serait oxyd√© naturellement suite √† l'exposition prolong√©e √† l'encens et √† la fum√©e des cierges‚Ķ

En janvier 1794, la Vierge Noire arrach√©e de son autel fut d√©pouill√©e de ses richesses (pierres pr√©cieuses, dorures‚Ķ) et rel√©gu√©e aux Archives. On se souvint malheureusement d'elle : le 8 juin 1794, jour de la Pentec√īte, les repr√©sentants du pouvoir r√©volutionnaire, dont Guyardin, vinrent la chercher pour la br√Ľler place du Martouret. Quand les toiles enduites de couleur eurent fini de se consumer, une petite porte secr√®te pratiqu√©e dans le dos de la statue s'ouvrit et une sorte de parchemin roul√© en boule en sortit ; malgr√© les protestations, on ne chercha pas √† savoir ce qu'il contenait. Certains pensent que sur ce parchemin √©tait inscrite l'origine exacte de la vierge noire.

Chaque 15 ao√Ľt a lieu la procession solennelle de la Vierge Noire √† travers les rues de la haute ville.

La légende de la Pierre des Fièvres ou Pierre des Apparitions

La Pierre aux Fièvres est à l'origine de la construction de la cathédrale et proviendrait d'un dolmen dont elle tenait lieu de table.

L'abb√© Chanai nous en raconte l'histoire. Au IIIe si√®cle, une femme veuve, souffrant de fi√®vre maligne vint, sur l'ordre de la Vierge, se coucher sur cette dalle et se releva gu√©rie. Saint Georges, premier √©v√™que du Velay, pr√©venu de ce miracle, serait alors venu de Saint-Paulien, son si√®ge √©piscopal, pour voir cette pierre. Quoiqu'on f√Ľt au mois de juillet, il la trouva recouverte d'une √©paisse couche de neige, sur laquelle un cerf aurait, en courant, trac√© le plan d'un sanctuaire. Ne pouvant √©difier l'√©glise imm√©diatement, le pr√©lat fit entourer ce dessin d'une haie d'√©pines s√®ches, qui, le lendemain, fut trouv√©e toute fleurie.

Clocher

Le temps passa, puis une autre guérison miraculeuse eut lieu dans des conditions identiques, un paralytique étendu sur la table miraculeuse se releva guéri, et la Vierge renouvela son souhait.

L'√©v√™que de l'√©poque, Vosy, s'en fut alors √† Rome pour obtenir du pape l'autorisation de construire une basilique sur ce rocher indiqu√© par la Vierge, √† l'emplacement d'un sanctuaire pa√Įen, et de transf√©rer son si√®ge √©piscopal sur le mont sacr√©. Scutaire, s√©nateur et architecte romain, aurait √©t√© charg√© par le Saint P√®re de la construction.

L'√©glise achev√©e, l'√©v√™que et son adjoint se dirig√®rent de nouveau vers Rome afin d'en obtenir la cons√©cration. En chemin, deux vieillards leur conseill√®rent de retourner d'o√Ļ ils venaient, les charg√®rent de reliques et disparurent sur ces mots : ¬ę nous vous pr√©c√©dons et vaquerons √† tout. ¬Ľ Quand Vosy et Scutaire arriv√®rent √† Anis, ils trouv√®rent leur √©glise baign√©e d'une lumi√®re irr√©elle et les cloches anim√©es par des √™tres invisibles.

La d√©dicace de la premi√®re √©glise du Puy fut l‚ÄôŇďuvre des anges, dit-on ; pour cette raison, elle fut appel√©e chambre ang√©lique.

Telle serait, selon la légende, l'origine de ce sanctuaire et la raison pour laquelle cette pierre est exposée sous le porche.

Le Puy-en-Velay est, avec Chartres, le plus ancien sanctuaire marial de la Gaule chr√©tienne. On a retrouv√© sous le pav√© du chŇďur les fondations de cette premi√®re √©glise qui mesurait 12 m √ó 24 m. De nos jours encore, des p√®lerins s'allongent sur la pierre pour en recevoir les bienfaits.

Le jubilé du Puy-en-Velay

En 992, Bernhard, un moine allemand, avait pr√©dit la fin du monde pour le 25 mars de cette ann√©e-l√†, ce jour de l'Annonciation √©tant √©galement celui du Vendredi Saint. Le nombre de p√®lerins fut si consid√©rable au Puy que le pape Jean XV institua pour la ville un jubil√© chaque fois que le jour de l'Annonciation co√Įnciderait avec le Vendredi Saint. C'est le plus ancien jubil√© apr√®s ceux de Rome et de J√©rusalem. Le premier jubil√© connu de Notre-Dame du Puy eut lieu en 1065. Ces jubil√©s connurent un tel succ√®s qu'en 1407 deux cents p√®lerins p√©rirent √©touff√©s dans la presse. Rois et papes les fr√©quent√®rent.

Isabelle Romée, alors qu'elle se rendait de Vaucouleurs à Chinon, vint y prier pour sa fille Jeanne d’Arc en 1429, avec les frères et deux des meilleurs compagnons de Jeanne.

On en compte 29 depuis le premier c√©l√©br√© en 992. L'avant-dernier en 1932 rassembla plus de 300 000 p√®lerins. Le dernier a √©t√© c√©l√©br√© en 2005 et le prochain le sera en 2016. Ensuite, il faudra attendre... 2157 !

En dehors du jubil√©, se d√©roule chaque ann√©e, le jour du 15 ao√Ľt, une grande f√™te dite de l'Assomption de la Vierge, au cours de laquelle la Vierge Noire est port√©e en procession √† travers les rues de la ville, en pr√©sence des plus hautes autorit√©s civiles et religieuses et d'une multitude de participants.

La cathédrale-basilique au cinéma

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Minist√®re de la Culture, base M√©rim√©e, ¬ę Notice no PA00092743 ¬Ľ sur www.culture.gouv.fr.
  2. ‚ÜĎ Le dioc√®se du Puy-en-Velay des origines √† nos jours, Pierre Cubizolles, Editions Cr√©er, 2005, p 466, ISBN 2-84819-030-2
  3. ‚ÜĎ Le dioc√®se du Puy-en-Velay des origines √† nos jours, Pierre Cubizolles, Editions Cr√©er, 2005, p 110, ISBN 2-84819-030-2

Annexes

Articles connexes

Bibliographie

  • La cath√©drale Notre-Dame du Puy-en-Velay, Monum. √Čditions du patrimoine, Paris (France), ISBN 2-85822-866-3, 2004.
  • La cath√©drale Notre-Dame du Puy-en-Velay (English), Monum. √Čditions du patrimoine, Paris (France), ISBN 2-85822-867-1, 2004.
  • Dictionnaire des √©glises de France, Belgique, Luxembourg, Suisse (Tome II-B), Robert Laffont, Paris (France) ; pp. 112‚Äď117.
  • Beigbeder, Olivier : Forez - Velay roman, √Čditions Zodiaque, La Pierre-qui-Vire (France), 1962; pp. 31‚Äď86.
  • Collombet, Fran√ßois : les Plus Belles Cath√©drales de France, S√©lection du Readers' Digest, Paris (France), ISBN 2-7098-0888-9, 1997; pp. 78‚Äď83.

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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation du Puy-en-Velay de Wikipédia en français (auteurs)

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