Catholiques romains

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Catholiques romains

Église catholique romaine

Catholicisme
Religions sƓurs (branches)
Catholicisme · Orthodoxie · Protestantisme
Spécificités
Église catholique romaine · Histoire de l'Église catholique romaine
Spécificités
Théologie catholique
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Histoire
Droit canonique
DĂ©bats contemporains
Catholicisme libéral · Catholicisme en France · Crise moderniste · Catholiques réformateurs · Catholicisme traditionaliste
Dialogue inter-religieux
Relations avec les autres religions · Relations avec les autres Églises · HĂ©rĂ©sie
Voir aussi
  • CatĂ©gories : Catholicisme · Courant religieux catholique · DĂ©votions catholiques
  • Portails : Christianisme · Catholicisme
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Avec une estimation de plus d'1,1 milliard de fidĂšles[1], l'Église catholique est de loin la plus importante branche du christianisme par le nombre de ses fidĂšles. Par rapport aux autres confessions chrĂ©tiennes elle se caractĂ©rise par sa dimension universelle[2]- ouverte Ă  tous les peuples et toutes les cultures - et son attachment au successeur de Saint Pierre comme Ă©vĂȘque de Rome, le pape[3].

Sommaire

DĂ©finition

L'Église catholique romaine se dĂ©finit d'abord comme une « Ă‰glise Â», c'est-Ă -dire la communautĂ© de tous ceux, morts ou vivants, qui sont fidĂšles Ă  leur baptĂȘme; ensuite, selon le Credo, elle se prĂ©sente comme Ă©tant « une, sainte, catholique et apostolique Â». « Une Â», c'est- Ă -dire qu'elle se considĂšre comme l'unique institution fondĂ©e par le Christ pour y rassembler le peuple de Dieu, « sainte Â», Ă  cause du caractĂšre sacrĂ© de son lien avec Dieu comme Ă©pouse du Christ, « catholique Â», mot grec qui veut dire universelle, dans la mesure oĂč elle a pour mission de porter le message de la Nouvelle Alliance Ă  tous les peuples et sur toute la Terre, et « apostolique Â», puisqu'elle a Ă©tĂ© fondĂ©e par les apĂŽtres afin de poursuivre leur mission d'apostolat. On ajoute « romaine Â» pour la distinguer des autres Ă©glises catholiques qui observent un rite oriental, et qui sont placĂ©es sous la juridiction immĂ©diate d'un Patriache ou d'un MĂ©tropolite, bien qu'elles se soient dĂ©tachĂ©es de l'Orthodoxie orientale.

Un des traits qui caractĂ©rise l'Église catholique est l'autoritĂ© particuliĂšre de l'Ă©vĂȘque de Rome, appelĂ© pape, que les fidĂšles reconnaissent pour le successeur de Pierre, l'apĂŽtre auquel JĂ©sus-Christ avait confiĂ© la mission de construire son Église avec ces paroles : « Pierre, tu es Pierre, et sur cette pierre je bĂątirai mon Ă©glise. Les portes de l'enfer ne prĂ©vaudront pas contre elle. Â»

C'est Ă  cette Église qu'aurait Ă©tĂ© confiĂ©e la transmission et l'interprĂ©tation des Saintes Écritures, des prophĂ©ties, et particuliĂšrement de la RĂ©vĂ©lation[4]. Cette Église s'appuie Ă  la fois sur les Saintes Écritures et sur la tradition apostolique, « l'une et l'autre doivent ĂȘtre reçues et vĂ©nĂ©rĂ©es avec Ă©gal sentiment d'amour et de respect. Â»[5]. Elle affirme possĂ©der une grĂące particuliĂšre lui permettant de connaĂźtre la vĂ©ritĂ© en matiĂšre religieuse. Ces vĂ©ritĂ©s sont rĂ©sumĂ©es dans le Credo (ou symbole des apĂŽtres) et les dogmes qu'elle a dĂ©fini au cours des siĂšcles. Par ces deux points, l'Église catholique diffĂšre de la doctrine du libre examen et du principe de sola scriptura ("seulement l'Écriture"), qui expose que la vĂ©ritĂ© est dans les textes bibliques, et seulement lĂ .

L'Église professe que JĂ©sus est Ă  la fois vrai Dieu et vrai homme, qu'il est le Messie (ou "Christ") annoncĂ© par les prophĂštes, et qu'en tant que tel, il participe de Dieu dont il est le fils ou l'incarnation ; qu'avec son PĂšre et avec l'Esprit-Saint ils constituent la Sainte TrinitĂ©. Cette conception, que les autres religions monothĂ©istes rejettent, a fait accuser l'Église catholique de dĂ©velopper une doctrine polythĂ©iste reposant sur trois divinitĂ©s.

Toute la mission de l'Église catholique s'accomplit au travers de l'Eucharistie qui est le renouvellement du sacrifice que JĂ©sus a fait de sa vie pour sauver tous les hommes du pĂ©chĂ© originel. La participation Ă  ce sacrifice est la source et le sommet de la vie des fidĂšles. L'Église catholique proclame que, par le sacrifice de JĂ©sus, tous les hommes ont Ă©tĂ© sauvĂ©s et qu'ils sont libres de choisir la voie indiquĂ©e par le Christ ; en cela elle s'oppose aux conceptions qui affirment que les hommes ont une destinĂ©e tracĂ©e d'avance — philosophies de la prĂ©destination soutenues par les calvinistes ou les jansĂ©nistes — ou que certains hommes auraient plus de chance d'ĂȘtre sauvĂ©s que d'autres (voir l'article sur la doctrine du salut).

L'Église catholique voue une dĂ©votion particuliĂšre Ă  Marie, la mĂšre de JĂ©sus. Cette dĂ©votion, largement partagĂ©e avec les Églises orthodoxes, est un des points de discorde avec les Églises issues de la RĂ©forme.

L'Ă©pithĂšte « romain Â» est utilisĂ© pour distinguer l'Église catholique (les chrĂ©tiens en union avec le pape) des autres formes de catholicisme apparues au cours de l'histoire. Mais couramment les membres de cette Église n'utilisent pas le qualificatif « romain Â», se dĂ©nommant simplement « catholiques Â».

Histoire de l'Église catholique

Ecclésiologie

L’Église catholique considĂšre que par la succession apostolique, elle est la continuatrice des apĂŽtres (Église apostolique). En effet, les ApĂŽtres ont dĂ©signĂ© des Ă©vĂȘques, leurs successeurs, qui ont eux-mĂȘmes nommĂ© d'autres successeurs, le tout constituant une succession ininterrompue d’évĂȘques jusqu'Ă  aujourd'hui. Pour l’Église catholique, tout Ă©vĂȘque est le successeur des apĂŽtres : il a en charge une Église locale (son diocĂšse) sur lequel il doit veiller. L'Église catholique est ainsi marquĂ©e par une forte culture ecclĂ©siale.

En fait, elle considĂšre que l'Église fondĂ©e par le Christ se perpĂ©tue dans l'Église catholique [6], ou plutĂŽt qu'elle est une institution permanente qui demeure Ă©ternellement Ă  travers les Ăąges sans aucune discontinuitĂ© de succession apostolique, en prĂ©servant la foi intĂ©grale et l'unitĂ© des croyants.

Le pape est l’évĂȘque de Rome, successeur de Pierre. À ce titre il est le premier des Ă©vĂȘques et doit veiller Ă  l’unitĂ© de l’Église. L’Église catholique romaine est constituĂ©e de toutes les Églises locales dont l’évĂȘque est en communion avec le pape.

La direction universelle, ou internationale, de l’Église est assumĂ©e par le pape et par l’ensemble des Ă©vĂȘques, rĂ©unis en concile ƓcumĂ©nique sur convocation du pape. Les conciles sont rares, convoquĂ©s Ă  des moments exceptionnels. L’essentiel du gouvernement de l’Église se trouve au Saint-SiĂšge qui rĂ©side principalement dans la CitĂ© du Vatican (voir Gouvernement de l'Église catholique romaine), dont le pape est Ă©galement le chef d’État.

L’Église catholique romaine se reconnaĂźt comme « la seule subsistance de l’Église primitive fondĂ©e par JĂ©sus-Christ Â» (Dominus Jesus) par « succession apostolique continue Â» du christianisme des premiers siĂšcles (cf. Christianisme Primitif). Elle considĂšre dĂ©tenir, seule, « la plĂ©nitude du dĂ©pĂŽt de la foi Â» dont la doctrine a Ă©tĂ© fixĂ©e lors des sept premiers conciles ƓcumĂ©niques. Elle considĂšre Ă©galement ĂȘtre, seule, « pleinement mĂ©diatrice de salut Â». Tout territoire oĂč elle est installĂ©e est entiĂšrement son territoire canonique. Elle affirme avoir autoritĂ© sur toutes les autres Églises chrĂ©tiennes et revendique de celles-ci qu’elles lui reconnaissent la primautĂ© en dignitĂ© (Pastor Æternus, 1870, titre III). C’est une des raisons pour lesquelles elle dĂ©cline pour l'instant toute adhĂ©sion au Conseil ƓcumĂ©nique des Églises bien que depuis le Concile Vatican II elle ait adhĂ©rĂ© au principe de l'ƓcumĂ©nisme.

Ordination et sacerdoces

Tous les catholiques ont reçu de par l’onction du baptĂȘme, complĂ©tĂ© par la chrismation ou confirmation, le sacerdoce baptismal qui les fait « prĂȘtres, prophĂštes et rois Â». En outre le sacrement de l’ordre donne Ă  certains de ses membres un sacerdoce ministĂ©riel. Ces deux sacerdoces sont diffĂ©rents et complĂ©mentaires.

« Alors que le sacerdoce commun des fidĂšles se rĂ©alise dans le dĂ©ploiement de la grĂące baptismale, vie de foi, d’espĂ©rance et de charitĂ©, vie selon l’Esprit, le sacerdoce ministĂ©riel est au service du sacerdoce commun, il est relatif au dĂ©ploiement de la grĂące baptismale de tous les chrĂ©tiens. Â»

— Instruction sur quelques questions concernant la collaboration des fidĂšles laĂŻcs au ministĂšre des prĂȘtres, Libreria editrice vaticana, citĂ© du Vatican, 1997

En outre, en vertu de certains vƓux, certains baptisĂ©s s’engagent de façon particuliĂšre au service de Dieu, de l’Église et du monde par des vƓux de pauvretĂ©, chastetĂ© et obĂ©issance, notamment dans les ordres religieux.

On distingue ainsi :

  • les ministres ordonnĂ©s ;
  • les baptisĂ©s laĂŻcs ;
  • les consacrĂ©s.

voir clercs et laïcs de l'Église catholique romaine

La foi de l’Église catholique romaine

La double source de la foi

L’Église catholique professe que Dieu s'est rĂ©vĂ©lĂ© dĂ©finitivement en la personne de JĂ©sus-Christ. Comme le rappelle le Dei Verbum, l’accĂšs Ă  cette rĂ©vĂ©lation se fait par une double source, l’Écriture et la Tradition.

Les Écritures

Pour l’Église catholique, la Bible est une parole humaine inspirĂ©e divinement; par consĂ©quent elle est vraiment la Parole de Dieu. L’Écriture (la Bible) est constituĂ©e de la premiĂšre et la nouvelle Alliance. La premiĂšre Alliance est constituĂ©e de textes religieux juifs antĂ©rieurs Ă  JĂ©sus-Christ. Elle correspond Ă  la bible juive augmentĂ©e des livres deutĂ©rocanoniques (apocryphes pour les Églises rĂ©formĂ©es). Les textes de la Nouvelle Alliance (Évangiles, ÉpĂźtres, Apocalypse) sont postĂ©rieurs Ă  JĂ©sus. Son contenu est le mĂȘme que celui des autres Églises chrĂ©tiennes.

L’Église catholique reste particuliĂšrement attachĂ©e Ă  la traduction latine de la Bible par saint JĂ©rĂŽme, appelĂ©e Vulgate, qui a Ă©tĂ© encore mise Ă  jour en 1979 par Jean-Paul II. ParallĂšlement, les traductions catholiques de la Bible en langues nationales se sont multipliĂ©es.

Parcours spĂ©cialisĂ© : Écritures

La Tradition

BenoĂźt XVI, pape depuis le 19 avril 2005.

Étant exprimĂ©es dans le langage culturel des communautĂ©s de l’époque de leur rĂ©daction, et rĂ©servĂ©es Ă  elles-seules par l'Ancienne Alliance, les institutions, les rites, les lois et les promesses de la Bible ont Ă©tĂ© Ă©tĂ© destinĂ©es aussi Ă  tous les autres peuples de la Terre par la Nouvelle Alliance.

Un des principes sur le quel JĂ©sus est le plus entrĂ© en conflit avec les pharisiens est qu'il reprochait Ă  certains des Anciens Juifs d'avoir perpĂ©tuĂ© la tradition de façon purement formelle, en trahissant sa vĂ©ritable raison d'ĂȘtre et en ayant perdu tout son contenu qui en faisait des oeuvres de justice et de rĂ©demption. Ce faisant, JĂ©sus critique la forme d'idolĂątrie qu'est le formalisme, et met en Ă©vidence que la loi de MoĂŻse a un esprit qui peut ĂȘtre indĂ©pendant de sa lettre et des usages dans lesquels elle s'incarne. Mais au lieu, comme les Ă©ssĂ©niens ou beaucoup plus tard les piĂ©tistes, d'en conclure que la Loi doit s'observer dans une sorte d'abstraction purement contemplative, Ă  la recherche d'une spiritualitĂ© dĂ©gagĂ©e de toute forme, JĂ©sus montre qu'il attache une trĂšs grande importance Ă  l'incarnation ou Ă  la figuration dans des rites, des paraboles ou des symboles, dont sa vie et son sacrifice seront le modĂšle. Et il tire deux consĂ©quences qui vont donner au christianisme son caractĂšre rĂ©volutionnaire et universel: la premiĂšre est qu'en respectant la lettre de la Loi sans en conserver l'esprit, les pharisiens ont trahi l'Alliance que Dieu a passĂ© avec leurs pĂšres, et qu'une seconde alliance doit ĂȘtre faite avec eux; la seconde est que, si l'esprit des lois est indĂ©pendant de la forme des institutions, l'Alliance pourrait aussi bien ĂȘtre scellĂ©e avec d'autres peuples, et l'Esprit Saint prendre forme dans d'autres langues ou d'autres institutions aussi bien que dans celles des HĂ©breux. Ainsi, le Nouveau Testament est-il l'Ancienne Loi dĂ©gagĂ©e de l'hĂ©rĂ©ditĂ© d'Abraham, de sa langue et de ses traditions ethniques pour pouvoir ĂȘtre Ă©tendue Ă  toutes les autres nations, sans devoir leur faire adopter aussi la langue, les us et les coutumes des Anciens HĂ©breux.

C'est pour rĂ©aliser ce nouveau dessein et permettre Ă  la religion des anciens Juifs de prendre forme et de s'incarner dans les langues, les institutions, les techniques, les calendriers et les coutumes de toutes les autres nations, que JĂ©sus Ă  fondĂ© son Église comme institution temporelle chargĂ©e de porter Ă  tous les peuples une religion qui ne devra pas pour autant se transformer en autant de religions distinctes, mais rester unique, puisqu'elles expriment de maniĂšres diffĂ©rentes une mĂȘme vĂ©ritĂ©. L'Ă©vangĂ©lisation des gentils ne doit pas se faite par la violence, en dĂ©truisant pour remplacer, mais avec douceur et charitĂ© en conservant et en christianisant leurs moeurs, leurs coutumes, leurs sanctuaires, leurs langages, leurs lois, leurs arts, et Ă  la longue en renouvelant leur tradition. La premiĂšre, et la plus facile des transpositions a Ă©tĂ© la traduction des Saintes-Écritures, ou de leur contenu, dans d'autres langues que l'hĂ©breux ou l'aramĂ©en, en grec et en latin. Mais ensuite, ce sont toutes les religions paĂŻennes, toutes leurs fĂȘtes et tous leurs lieux de cultes qui ont Ă©tĂ© christianisĂ©s, c'est-Ă -dire profondĂ©ment mĂ©tamorphosĂ©s, et ensuite conservĂ©s comme institutions chrĂ©tiennes.

La maniĂšre particuliĂšre qu'ont eu les Gentils de traduire et d’exprimer la foi Ă  partir de leurs propres traditions, sont donc aussi contenues dans ce que l’Église conserve et transmet de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration. Le concile Vatican II rĂ©affirme que la Tradition explique les Écritures, ne constituant donc pas une autre source de sa doctrine, mais lui restant intimement liĂ©e :

« La sainte Tradition et la Sainte Écriture constituent un unique dĂ©pĂŽt sacrĂ© de la parole de Dieu, confiĂ© Ă  l'Église ; [...] Il est donc clair que la sainte Tradition, la sainte Écriture et le magistĂšre de l'Église, par une trĂšs sage disposition de Dieu, sont tellement reliĂ©s et solidaires entre eux qu'aucune de ces rĂ©alitĂ©s ne subsiste sans les autres, et que toutes ensemble, chacune Ă  sa façon, sous l'action du seul Esprit-Saint, contribuent efficacement au salut des Ăąmes. Â»

— Vatican II, Constitution dogmatique Dei Verbum sur la rĂ©vĂ©lation divine, §10, [2].

Par « Tradition de l’Église catholique romaine Â», il faut entendre la tradition proprement apostolique, remontant aux apĂŽtres et Ă©galement inspirĂ©e, tandis que la tradition ecclĂ©siastique, ou interprĂ©tative, jouit seulement, quand elle est unanime, du privilĂšge de l'infaillibilitĂ©. Le magistĂšre de l'Église (conciles ƓcumĂ©niques, pontifes romains) bĂ©nĂ©ficie lui aussi du charisme de l'infaillibilitĂ© quand il se prononce d'une maniĂšre dĂ©finitive en matiĂšre de foi ou de principes moraux.

Les Écritures constituent la premiùre tradition.

Un exemple de doctrine issue de la tradition :

la doctrine de la RĂ©demption ou de l’expiation vicaire fut formulĂ©e par Anselme de Canterbury : le sens de la venue du Christ est de racheter les pĂ©chĂ©s de l’humanitĂ© afin que chaque homme qui croit en lui soit sauvĂ© et promis Ă  la vie Ă©ternelle (aprĂšs la mort). Le Christ mourra crucifiĂ© sur la croix, devenue le symbole le plus courant des chrĂ©tiens, et ressuscitera. Cette idĂ©e est la croyance essentielle qui apparaĂźt dans les Évangiles et les Épitres de l’ApĂŽtre Paul. Si le concept de RĂ©demption n’est pas un dogme (au sens du droit canonique), elle est bien un article de foi auquel il est nĂ©cessaire de croire pour ĂȘtre catholique.

Elle tĂ©moigne du questionnement ininterrompu sur la foi et de l’élaboration constante des dĂ©finitions de foi au travers des siĂšcles.

Parcours spĂ©cialisĂ© : la tradition

La base de la thĂ©ologie et de l’ecclĂ©siologie catholiques trouve son origine dans :

La théologie médiévale catholique est un filon de la philosophie médiévale.

Confessions de foi, ou Professions de foi

Article connexe : Profession de foi.

Dans l’Évangile dĂ©jĂ , de nombreux contemporains de JĂ©sus disent leur foi en lui. À CĂ©sarĂ©e de Philippe, Pierre professe : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu Vivant Â» (Matthieu, 8,16). AprĂšs la rĂ©surrection de JĂ©sus et la PentecĂŽte, il annonce : « Ce mĂȘme JĂ©sus que vous avez crucifiĂ©, Dieu l’a fait le Seigneur et le Christ.» (Actes 2, 36).

À partir de ces embryons et face aux questionnements, l’Église a Ă©laborĂ© diffĂ©rentes synthĂšses de la foi. De nos jours, deux sont restĂ©es :

  • le Symbole des apĂŽtres, formule baptismale de certaines communautĂ©s que la tradition romaine gĂ©nĂ©ralise autour de l’an 170. Une pieuse lĂ©gende le fait remonter aux apĂŽtres ;
  • le Symbole de NicĂ©e-Constantinople, mis au point par les trois premiers conciles aprĂšs les grands dĂ©bats trinitaires et christologiques des IIIe et IVe siĂšcles ; ce texte met un terme au dĂ©bat et en formule les conclusions. Le concile de Constantinople dĂ©veloppe la profession de foi en l’Esprit Saint et en l’Église. Il contient notamment l’article : « je crois en l’Église une, sainte, catholique et apostolique Â». L’interprĂ©tation de « catholique Â» dans ce texte fait l’objet de dĂ©bats entre les chrĂ©tiens selon les Églises et les Ă©poques. Elle va de « universelle Â» Ă  proprement « romaine Â».

Les professions de foi ont un rĂŽle non seulement doctrinal mais aussi mystique et liturgique. Par elles, l’Église redit sa confiance (foi) en Dieu et rĂ©affirme les grands mystĂšres de la foi chrĂ©tienne :

  • la TrinitĂ© (un Dieu unique en trois personnes distinctes) ;
  • l’Incarnation (JĂ©sus, vrai Dieu et vrai homme, nĂ© de Marie) ;
  • la RĂ©demption (JĂ©sus nous sauve par sa mort sur la croix et sa rĂ©surrection).

C’est pourquoi l’adhĂ©sion Ă  ces textes et Ă  ce qu’ils affirment est une condition nĂ©cessaire pour faire partie de l’Église catholique romaine. Ainsi, non seulement ils sont Ă©tudiĂ©s (voir le CatĂ©chisme de l'Église catholique (1992)), mais ils sont aussi repris par les catholiques lors de leur baptĂȘme et leur confirmation et redits Ă  chaque messe dominicale.

AntĂ©rieurs au Grand Schisme de 1054, ces textes sont utilisĂ©s par de nombreuses autres Églises chrĂ©tiennes.

Dogmes et doctrines

À partir du Concile de ChalcĂ©doine, l’Église n’a plus ajoutĂ© d’articles aux professions de foi. Mais l'Église catholique a dĂ©fini ultĂ©rieurement un certain nombre de points de foi qui sont considĂ©rĂ©s comme incontournables pour qui s'affirme membre de l'Église. En ce sens, l'Église catholique est une Église dogmatique.

Les dogmes sont prĂ©cis et leur articulation est juridiquement codifiĂ©e. Parmi les dogmes spĂ©cifiques Ă  l’Église catholique romaine promulguĂ©s depuis 1054, on trouve :

Articles spécialisés

Liturgie

La liturgie catholique est l'ensemble des actes, des symboles et des paroles par lesquels l’Église aide les hommes Ă  rendre un culte Ă  Dieu et transmet la connaissance de Dieu aux hommes. Pour les chrĂ©tiens, la liturgie met l’homme en rapport direct avec Dieu. Voir l'article dĂ©taillĂ© sur la liturgie catholique.

L'Église catholique, bien qu'ayant des rĂšgles strictes en matiĂšre de culte, notamment les cultes collectifs dont le principal est la messe, a une liturgie chargĂ©e d'histoire qui se dĂ©cline diffĂ©remment selon les traditions. Il existe principalement une tradition dite "latine" et une tradition "orientale". Le rite latin est principalement le rite romain, mais il se dĂ©cline aussi en rite ambrosien, rite mozarabe, romano-lyonnais, cartusien, dominicain, etc. Les rites orientaux sont essentiellement : maronite, melkite, syriaque, copte (voir Églises catholiques orientales).

Théologie

Voir les articles spécialisés

Courants Ă  l’intĂ©rieur de l’Église catholique romaine

Outre les diverses Églises se rĂ©clamant du catholicisme, le catholicisme romain abrite plusieurs courants, qui peuvent ĂȘtre Ă  la fois sĂ©culiers et rĂ©guliers :

Ordres réguliers

Les principaux ordres rĂ©guliers sont :

Voir aussi : Liste des ordres rĂ©guliers catholiques

Autres communautés

  • CommunautĂ©s ignatiennes
    • CommunautĂ© Vie ChrĂ©tienne
    • Mouvement des cadres chrĂ©tiens
  • Mouvements d'action catholique : associations regroupant des chrĂ©tiens par milieux sociaux (ACI, ACO, etc.)
  • LibĂ©ral, dont l’emblĂšme en Europe est NSAE (« Nous sommes aussi l’Église Â»). Ce mouvement nĂ© dans les pays germanophones (« Wir sind Kirche Â»), lutte pour un plus grand rĂŽle des croyants laĂŻcs au sein de l’Église et pour des rĂ©formes sur la question des personnes remariĂ©es, des homosexuels, du cĂ©libat du clergĂ© et pour l’admission des femmes parmi les prĂȘtres ; l’Association Marcel LĂ©gaut, un courant libĂ©ral/progressiste au sein du catholicisme. Voir l’article Catholiques rĂ©formateurs.
  • Le mouvement dit ThĂ©ologie de la libĂ©ration : catholiques progressistes s'Ă©loignent d'un catholicisme conservateur, au profit d'une voie dans laquelle l’action politique apparaĂźt comme une exigence de l'engagement religieux dans la lutte contre la pauvretĂ©. ThĂ©orisĂ© Ă  partir de 1972 par Gustavo GutiĂ©rrez, ce courant thĂ©ologique prĂŽne la libĂ©ration des peuples et entend ainsi renouer avec la tradition chrĂ©tienne de solidaritĂ©. Ce courant latino-amĂ©ricain, essentiellement composĂ© de dominicains et de jĂ©suites est accusĂ© par ses dĂ©tracteurs d'ĂȘtre d'inspirations marxistes et ses thĂ©ologiens sont souvent en dĂ©licatesse avec la CongrĂ©gation pour la doctrine de la foi, Ă  l'instar de Jon Sobrino.
  • Doctrinal :
  • en marge de l'Eglise
    • FraternitĂ© Saint-Pie-X, courant intĂ©griste crĂ©Ă© par l'ArchevĂȘque Mgr Lefebvre qui s'opposa aux idĂ©es de l'Église et sacra des ÉvĂȘques pour perpĂ©tuer sa vision de la tradition, en dĂ©saccord avec le Concile Vatican II. Il fut ainsi excommuniĂ© par Jean-Paul II en 1988 pour acte schismatique (sĂ©parant) en ne suivant pas la nouvelle Église. La FraternitĂ© cĂ©lĂšbre la messe d'avant le Concile (messe tridentine) et refuse la libertĂ© religieuse, l'oecumĂ©nisme et le dialogue avec les autres religions.

Situation de l’Église catholique dans le monde

Politique

Du fait de l’ambition politique des papes et du caractĂšre nobiliaire des dignitĂ©s et grades ecclĂ©siastiques, l’histoire temporelle de l’Église catholique romaine s’entremĂȘle Ă©troitement avec l’histoire de l’Occident, jusqu’au printemps des peuples.

Longtemps puissance temporelle, l’Église catholique romaine se concentre progressivement sur sa mission spirituelle. Depuis Pastor Æternus, 1870, l’ambition de primautĂ© symbolique se substitue Ă  l’exercice temporel du pouvoir, progressant suivant les relations qu’elle entretient avec les gouvernements comme avec les autres religions. Voir : Lutte du sacerdoce et de l'Empire.

En 1929, le pape Pie XI signe les accords du Latran avec l'État italien qui lui concĂšde l'existence de l'État du Vatican. Depuis Jean XXIII, les papes ont dĂ©laissĂ© la tiare, couronne pontificale qui reprĂ©sentait le pouvoir temporel, le pouvoir spirituel et l'autoritĂ© sur les princes. Elle apparaĂźt encore sur les armoiries de l'État du Vatican.

L'Église catholique est toujours prĂ©sente dans les institutions politiques internationales (ONU, Europe). Elle joue parfois un rĂŽle de mĂ©diation dans certains conflits.

L'Église catholique et la question sociale en Europe au XIXe siùcle

Enfin, l'Église Catholique intervient Ă©galement en matiĂšre sociale, notamment depuis la formulation de sa Doctrine sociale au XIXe. Voir article dĂ©taillĂ©.

Par pays ou continents

Europe

La structure principale est la ConfĂ©rence des Ă©vĂȘques de France, ou C.E.F.
  • En Europe, il existe :
    • Le Conseil des ConfĂ©rences Episcopales d'Europe (CCEE), qui est au service de la collĂ©gialitĂ© des confĂ©rences Ă©piscopales d'Europe,
    • La Commission des ConfĂ©rences Ă©piscopales de la CommunautĂ© EuropĂ©enne (COMECE), qui a pour objectif de crĂ©er des liens avec les instances europĂ©ennes pour l’information des Ă©piscopats europĂ©ens. Elle dispose d'un bureau Ă  Bruxelles.
    • L’Office catholique d’Information et d’Initiative pour l’Europe (OCIPE), qui a Ă©tĂ© fondĂ© en 1956 Ă  l'instigation de Mgr Weber, Ă©vĂȘque de Strasbourg et confiĂ© Ă  la Compagnie de JĂ©sus.

Asie

Nombre de catholiques dans le monde

Le nombre de catholiques dans le monde est estimĂ© par le Vatican Ă  1 098 366 000, en progression de 45 % depuis 1978, ce qui correspond globalement au taux d'Ă©volution de la population mondiale[7],[8].

Graphique : estimations numĂ©riques par continent, exprimĂ©es en millions de catholiques.

Évolution par continent en millions de catholiques

DĂ©bats contemporains

Expression de la Trinité dans la confession de foi (Filioque)

Une procĂ©dure de non rĂ©ception est en cours que peu de catholiques ont remarquĂ©e. On supprime, sans bruit et sans dĂ©bat, le Filioque du symbole de NicĂ©e-Constantinople. Normal, puisque [non neutre] le Filioque avait Ă©tĂ© ajoutĂ© pour rĂ©pondre Ă  l'arianisme qui faisait problĂšme surtout du cĂŽtĂ© de l'empire d'occident. Le filioque ne faisait pas partie du symbole Ă©tabli pendant le concile de NicĂ©e-Constantinople et n'avait Ă©tĂ© ajoutĂ© que par l'Église de Rome, dans le but d'affirmer l'Ă©galitĂ© entre le Fils et le PĂšre.

Ceci dit, le filioque n'est pas, du point de vue catholique-romain, un problĂšme thĂ©ologique, mais disciplinaire [rĂ©f. nĂ©cessaire]. Les Églises de la communion orthodoxe (Églises des Sept Conciles) y voit, quant Ă  elles, prĂ©cisĂ©ment un problĂšme thĂ©ologique puisque le filioque aurait symboliquement transformĂ© le Dieu Tri-Unitaire de triangle thĂ©ologique Ă©quilatĂ©ral (que les Orthodoxes conservent) en triangle thĂ©ologique isocĂšle (que le filioque aurait crĂ©Ă©). Qu'il soit enlevĂ© n'est pas un problĂšme, puisqu'il n'aurait jamais dĂ» en faire partie de toute façon. Le dĂ©bat est donc inutile, ce serait ridicule que d'en faire un objet de scandale.

Cette procĂ©dure est en cours depuis la publication de la dĂ©claration Dominus Jesus, en 2000 dont il fut absent 4 jours durant dans la version française publiĂ©e sur le site du Vatican. [rĂ©f. nĂ©cessaire] RĂ©tabli dans la version française, il est toujours absent des versions dans les autres langues europĂ©ennes de la confession de foi qui ouvre le document. Les observateurs ont remarquĂ© que dans les priĂšres publiques, le pape Jean-Paul II l’omettait systĂ©matiquement.

Le Filioquisme, un ajout de Charlemagne [rĂ©f. nĂ©cessaire], matĂ©rialise une sĂ©rie de ressentiments entre les christianismes orientaux et occidentaux, qui aboutit au Grand Schisme de 1054. L’actuelle procĂ©dure de non-rĂ©ception est significative des efforts de l’église romaine en direction des Ă©glises orthodoxes. C’est la premiĂšre fois qu’elle consent un compromis doctrinal. En fait Charlemagne n'a fait que rendre public l'ajout qui avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© fait plus discrĂštement depuis trois siĂšcles.

Relations avec les autres religions

Pour les autres Églises chrĂ©tiennes :

Concernant plus prĂ©cisĂ©ment les relations avec le judaĂŻsme, l'Église catholique a reconnu que certains de ses fidĂšles avaient pĂ©chĂ© :

« Nous regrettons profondĂ©ment les erreurs et les fautes de ces fils et filles de l’Église. Nous faisons nĂŽtres les paroles de la DĂ©claration Nostra aetate du DeuxiĂšme Concile du Vatican, qui affirme sans Ă©quivoque : “ L’Église [...] ne pouvant oublier le patrimoine qu’elle a en commun avec les juifs, et poussĂ©e, non pas par des motifs politiques, mais par la charitĂ© religieuse de l’Évangile, dĂ©plore les haines, les persĂ©cutions et toutes les manifestations d’antisĂ©mitisme, qui, quels que soient leur Ă©poque et leurs auteurs, ont Ă©tĂ© dirigĂ©es contre les juifs ”.» [9]

Voir pour plus de dĂ©tails : AntijudaĂŻsme chrĂ©tien dans l'histoire

L'Église se rend compte que les prises de position des premiers siĂšcles de certaines personnalitĂ©s chrĂ©tiennes (voir supersessionisme) ne sont plus de mise. Elle est consciente qu'un renouvellement de la thĂ©ologie est nĂ©cessaire dans ce domaine, et celui-ci est en cours depuis l'aprĂšs-guerre et le concile Vatican II (dĂ©claration Nostra Ætate sur les relations avec les autres religions, 1965).

Autres débats contemporains

Notes

  1. ↑ D'aprĂšs l'Ă©dition 2009 du World Fact Book de la CIA, les catholiques reprĂ©sentent 16,99 % des 6,79 milliards de personnes humaines peuplant la terre.
  2. ↑ Ce qui est la dĂ©finition mĂȘme du mot 'catholique'
  3. ↑ A dire vrai, le titre de cette page Église catholique romaine est un anglicisme. A sa signature au bas de documents officiels le pape ajoute simplement ÉvĂȘque de l'Église catholique
  4. ↑ article 82 du CatĂ©chisme de l'Église catholique publiĂ© en 1992
  5. ↑ Dei Verbum 9
  6. ↑ Vatican II, constitution dogmatique Lumen Gentium (sur l'Église) 8 [1]
  7. ↑ Bureau des statistiques de l'Église catholique.
  8. ↑ (en) Annuarium Statisticum Ecclesiae (Ă©dition 2004).
  9. ↑ Nous nous souvenons : une rĂ©flexion sur la Shoah (1998)

Voir aussi

Liens internes

Bibliographie

  • GĂ©opolitique du Catholicisme, de Patrick Levaye (Editions Ellipses, 2007) ISBN 2729835237

Liens externes

Doctrine
Histoire religieuse
  • Yves Congar,L'Église, De saint Augustin Ă  l'Ă©poque moderne, Ă©d. Cerf, 1997, texte intĂ©gral en ligne
  • Paul Poupard, prĂ©sident du Conseil pontifical de la culture, article Pierre et Paul aux origines de l'Église de Rome, in Clio.fr, avril 2002 [3] par Paul Poupard, PrĂ©sident du Conseil pontifical de la culture.
Apologétique
  • RenĂ© François Rohrbacher, Histoire universelle de l'Église catholique, livre ancien Ă  tĂ©lĂ©charger sur Gallica
  • Johann Alzog, Histoire universelle de l'Église, livre ancien Ă  tĂ©lĂ©charger sur Gallica
  • Portail du catholicisme Portail du catholicisme

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