Cathedrale Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Soissons

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Cathedrale Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Soissons

Cathédrale Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Soissons

Cathédrale Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Soissons
Vue générale de l'édifice
Vue générale de l'édifice

Nom local Cathédrale de Soissons
Latitude
Longitude
49¬į 22‚Ä≤ 51‚Ä≥ Nord
       3¬į 19‚Ä≤ 31‚Ä≥ Est
/ 49.3808, 3.3252
 
Pays France France
Région Picardie
Département Aisne
Ville Soissons
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattaché à Diocèse de Laon et Soissons
Début de la construction 1176
Fin des travaux 25 avril 1479
Style(s) dominant(s) Gothique
Classé(e) Monument historique (1840)

La cath√©drale Saint-Gervais-et-Saint-Protais est une cath√©drale fran√ßaise de style gothique classique. Elle est situ√©e √† Soissons dans l'Aisne (√† 99 km au nord-est de Paris).

La grande fa√ßade occidentale est relativement d√©nud√©e et fort dissym√©trique avec une seule tour sur la droite du c√īt√© sud. Mais c'est loin d'√™tre la plus belle partie de l'√©difice. Encore mal connue du public, la cath√©drale de Soissons est riche de plusieurs grands chefs d'Ňďuvre de l'architecture gothique du Moyen √āge : le bras sud de son transept d'abord, joyau du sanctuaire, est un pur chef d'Ňďuvre du gothique primitif ; le chŇďur en est un autre, mais du style lanc√©ol√© ; le bras nord du transept enfin et sa magnifique verri√®re doivent √™tre consid√©r√©s comme un des sommets de l'art gothique rayonnant.

Sommaire

Histoire[1],[2]

Le ma√ģtre-autel de la cath√©drale est entour√© de deux statues de marbre blanc datant de la deuxi√®me moiti√© du XVIIIe si√®cle et repr√©sentant l'Annonciation, Ňďuvres de Michel-Ange Slodtz. √Ä gauche, le tr√īne de l'√©v√™que.
La superbe verri√®re du croisillon nord. La rosace rayonnante date du d√©but du XIVe si√®cle.

La construction de l'actuelle cathédrale de Soissons, la troisième dans l'histoire, commença en 1176, et se poursuivit durant trois siècles. La célébration de la dédicace par l'évêque Jean Milet eut lieu le 25 avril 1479.

C'est au IVe si√®cle que d√©bute l'histoire du dioc√®se de Soissons, suite au d√©membrement de celui de Reims. Mais l'emplacement de la premi√®re cath√©drale reste inconnu √† ce jour. En 815, une deuxi√®me cath√©drale est consacr√©e et semblait se trouver √† l'emplacement de la cath√©drale actuelle. Cette cath√©drale carolingienne subit en 948 un incendie provoqu√© par les troupes d'Hugues le Grand, p√®re d'Hugues Capet, mais les documents d'archives nous donnent peu de d√©tails quant √† l'√©tendue des d√©g√Ęts.

Les travaux de l'actuelle et troisi√®me cath√©drale semblent avoir d√©but√© √† la fin du XIe si√®cle, mais sur un mode fort mineur, et ce n'est qu'au milieu du XIIe si√®cle que d√©buta le chantier d'envergure, gr√Ęce √† l'action de trois √©v√™ques : Josselin de Vierzy (1126-1152), Anscoul de Pierrefonds (1152-1158) et Nivelon de Quierzy (1176-1207).

D√®s 1176, l'√©v√™que Nivelon de Quierzy avait l√®gu√© au chapitre cath√©dral un terrain afin de construire le croisillon sud du transept, lequel constitue la partie la plus ancienne de l'√©difice et se termine par une abside arrondie. A l'inverse du reste de la cath√©drale, ce croisillon est divis√© int√©rieurement en quatre √©tages ou niveaux, et non trois. Il date de la fin du XIIe si√®cle et doit √™tre consid√©r√© comme un pur chef d'Ňďuvre du premier √Ęge gothique.

Le chŇďur de la cath√©drale tr√®s vaste et lumineux fut construit juste apr√®s, entre 1197 et 1212. Il est entour√© d'un large d√©ambulatoire sur lequel s'ouvrent cinq chapelles rayonnantes.

La nef à collatéraux nord et sud date des années 1212 à 1230.

La fa√ßade occidentale de l'√©difice date du milieu du XIIIe si√®cle.

La construction du croisillon nord du transept d√©marra √† la fin du XIIIe si√®cle si√®cle et se poursuivit au d√©but du si√®cle suivant. Il en va de m√™me bien s√Ľr de sa superbe verri√®re dot√©e d'une rosace.

Simultan√©ment, la construction de la tour sud de la fa√ßade occidentale, inspir√©e de celles de Notre-Dame de Paris, avan√ßait, mais tr√®s lentement, d'autant plus que les travaux se retrouv√®rent au point mort au milieu du XIVe si√®cle si√®cle √† cause de la Guerre de Cent Ans.

En 1414 les Bourguignons assiégèrent la ville et permirent aux habitants de piller le chantier pour leur usage personnel. Tant et si bien qu'en définitive la tour sud ne reçevra jamais la flèche initialement prévue. Plus grave encore, la cathédrale sera privée définitivement de sa tour nord par manque d'argent.

Le 25 avril 1479, l'évêque de la ville Jean Milet, procéda à la dédicace de la cathédrale dans un édifice inachevé. Cette date est considérée comme la fin de la période de construction du sanctuaire.

√Ä la fin du XVIe si√®cle si√®cle, les Huguenots occup√®rent Soissons et vandalis√®rent atrocement l'√©difice : le mobilier fut br√Ľl√©, le tr√©sor pill√©, le clocher qui s'√©levait √† la crois√©e du transept fut renvers√© et la statuaire des portails se retrouva tr√®s gravement endommag√©e. Suite √† ces √©v√®nements, l'importante restauration n√©cessaire se fit attendre, mais n'aura pas vraiment lieu. La cath√©drale re√ßut cependant des nouvelles chapelles, tandis que le d√©cor et le mobilier du chŇďur fut renouvel√© entre 1767 et 1775 sous la direction du sculpteur Michel-Ange Slodtz.

À l'époque de la révolution la cathédrale subit de nouvelles dégradations. En 1798 les théophilanthropes détruisirent les derniers éléments de la statuaire des portails.

Sous le Premier Empire napol√©onien, la cath√©drale fut transform√©e en poudri√®re. En 1815 une explosion se produisit qui d√©truisit les vitraux de la nef. Ceux du chŇďur furent miraculeusement √©pargn√©s, de m√™me que la superbe verri√®re du croisillon nord.

En 1840, la cathédrale fut classée parmi les monuments historiques, ce qui permit des réparations conséquentes.

Mais l'atteinte √† l'int√©grit√© de ce remarquable monument ne s'arr√™ta pas pour autant. √Ä peine restaur√©e, la cath√©drale servit de cible durant les combats de la Premi√®re Guerre mondiale. Au sortir des hostilit√©s, la tour avait subi de s√©v√®res dommages ; il en allait de m√™me d'une partie de la nef. Une longue restauration suivit, men√©e par l'architecte Emile Brunet, et qui se termina en 1937.

Plan de la cathédrale de Soissons

Dimensions

  • La cath√©drale a une longueur ext√©rieure de 116 m√®tres, ce qui la classe parmi les grandes cath√©drales gothiques de France (Notre-Dame de Reims : 149,17 m√®tres, Notre-Dame d'Amiens : 145 m√®tres, Notre-Dame de Paris : 130 m√®tres).
  • Largeur ext√©rieure de la nef : 26 m√®tres sans les chapelles lat√©rales des trav√©es 5 et 6
  • Largeur totale de la fa√ßade occidentale, contreforts lat√©raux compris : 38 m.
  • Largeur de la fa√ßade sans les contreforts lat√©raux : 32 m.
  • Largeur int√©rieure du vaisseau central : 11,5 m.
  • Taille des trav√©es barlongues de la nef : 11,5 √ó 6 m.
  • Taille des trav√©es des collat√©raux : 5 √ó 6 m.
  • Largeur int√©rieure totale de la nef : 21,5 m.
  • Longueur int√©rieure du croisillon sud du transept : 13 m.
  • Longueur int√©rieure du croisillon nord : 11,5 m.
  • Longueur int√©rieure du transept : 46 m.
  • Largeur du transept sans ses collat√©raux : 10 m.
  • Diam√®tre nord-sud des piliers de la crois√©e du transept : 2,9 m.
  • Hauteur sous vo√Ľte du chŇďur : 31 m. (Notre-Dame de Paris : 33,5 m.)
  • Hauteur sous vo√Ľte du croisillon nord du transept : 31 m.
  • Hauteur sous vo√Ľte du croisillon sud du transept : 23 m. (Paris : 33,5 m√®tres)
  • Hauteur de la tour : 66 m. (Notre-Dame de Paris : 69 m√®tres)
La tour de la cathédrale de Soissons est à peu près de même hauteur que les deux tours de façade de Notre-Dame de Paris
La face sud de la tour ne manque pas d'ornements

L'extérieur de la cathédrale

La façade occidentale

La fa√ßade occidentale de la cath√©drale de Soissons appara√ģt d'embl√©e comme tr√®s robuste, mais assez aust√®re. Elle comporte trois niveaux. Elle est totalement dissym√©trique, la tour nord pr√©vue au d√©part n'ayant jamais √©t√© construite et ayant de ce fait laiss√© un grand vide fort apparent. √Ä la base de la fa√ßade, on retrouve les trois portails traditionnels. Mais ceux-ci, ravag√©s par le vandalisme des Huguenots, puis par des r√©fections d√©sastreuses men√©es par l'un ou l'autre restaurateur incomp√©tent non respectueux du gothique au XVIIIe si√®cle, enfin par les r√©volutionnaires, ont malheureusement perdu toute statuaire et ornement. Ils sont donc sans grand int√©r√™t arch√©ologique.

Au-dessus de l'√©tage des portails, on trouve, au centre, une belle rosace rayonnante soulign√©e par un grand arc bris√©. De chaque c√īt√© de cette rosace, sous l'emplacement des tours, se trouvent deux grandes baies g√©min√©es surmont√©es chacune d'un oculus √† six lobes.

Au sommet de la façade, au centre, une galerie ornée de fort élégantes arcatures géminées devait relier les deux tours.

Quatre puissants contreforts très marqués divisent verticalement l'édifice. Ils sont destinés à assurer la stabilisé tant de la façade que des deux tours initialement prévues. Et l'on peut dire qu'ils n'ont pas failli à leur mission puisque durant les combats de la Première Guerre mondiale, la tour endommagée au sommet par des tirs d'artillerie, a fort bien résisté[3].

La tour de la cathédrale

La partie sud de la façade supporte la seule tour existante. Celle-ci, de plan carré comme à Paris ne comporte qu'un seul niveau. Sa base est entourée par la continuation de la galerie supérieure du centre de la façade, et donc fort joliment ornée. Suivant un schéma classique en Île-de-France, chacune des quatre faces de la tour est percée de deux longues baies garnies d'abat-sons. Le sommet de la tour est constitué d'une terrasse entourée d'une balustrade. Dans l'angle sud-est de cette terrasse se dresse un petit clocheton abritant le haut d'un escalier à vis inscrit au sein d'un puissant contrefort.

La face sud de la tour, qui forme un tout avec le massif de façade sur lequel elle se dresse, ne manque nullement d'ornements. Elle est d'ailleurs plus décorée que celle de Notre-Dame de Paris. Pourvue de larges baies ainsi que de sa petite galerie d'arcatures qui prolonge la galerie du sommet de la façade, elle parait même fort élégante. Elle est flanquée à sa base d'une tourelle octogonale qui fait corps avec elle. Celle-ci, coiffée d'un joli toit conique est percée de meurtrières et héberge un escalier permettant d'accéder aux étages de la façade et de la tour.

Une tourelle identique existe par ailleurs au nord, bordant la face nord du massif de la façade occidentale.

Les façades latérales

La façade sud et le croisillon sud du transept

Le croisillon sud du transept est extérieurement d'une grande élégance. Sa structure, toute en courbes est fort agréable à contempler et forme un grand contraste avec le reste de la cathédrale. Entre les arcs-boutants fort discrets, on peut contempler trois jolies baies supérieures bien ornées ainsi que trois baies plus larges tout au long des deux niveaux inférieurs. La chapelle ronde attenant à la face orientale du transept est couverte d'un toit aux tuiles colorées de teintes diverses.

C√īt√© sud de la cath√©drale

A l'est du croisillon, dans l'angle form√© avec le chŇďur, s'√©l√®ve une longue tourelle quadrangulaire coiff√©e d'un toit conique pointu. Cette structure qui s'√©l√®ve jusqu'√† la base du toit du vaisseau principal nef-chŇďur abrite un long escalier √† vis permettant d'atteindre les combles et le toit du long vaisseau.

Ce vaisseau principal est flanqué sur toute sa longueur de très robustes arcs-boutants à deux volées s'appuyant sur de massifs contreforts peu ornés. De l'ensemble, destiné à assurer la stabilité sans faille de l'édifice, se dégage une grande impression de force et de solidité.

Le portail du croisillon nord - √† gauche : le chŇďur - dans le fond √† droite : le croisillon nord du XIVe si√®cle

Le croisillon nord du transept

Soutenu par quatre arcs-boutants, deux à l'est et deux à l'ouest, le croisillon nord du transept est également dépourvu de portail vraiment digne d'intérêt. Son portail se situe non pas à l'extrémité du croisillon, mais sur sa face orientale. Le mur de fond ou d'extrémité du croisillon est orné en sa partie supérieure d'une rosace inscrite dans un arc brisé. A sa base, les écoinçons sont garnis de quatre lancettes. Le tout est surmonté d'un pignon orné d'un oculus aveugle.

La partie inférieure de cette façade, presque entièrement aveugle, percée de quatre méchants orifices rectangulaires grillagés et voisinant un gros mur en ruine, donne une triste impression de délabrement.

Le toit

La plus grande partie de la cath√©drale est couverte d'ardoises. Seule la grande chapelle ronde qui flanque le croisillon sud du c√īt√© sud-est, est couverte de tuiles polychromes du plus bel effet.

La base de ce toit est longée par une longue galerie qui contourne le chevet à l'est et se prolonge à l'ouest jusqu'à la tour. Elle est flanquée d'une balustrade.

Le chevet et ses arcs-boutants

Comme la grande façade occidentale, le chevet n'est pas particulièrement attractif au premier abord. Les hautes baies des chapelles rayonnantes, dotées de vitraux, sont séparées par des contreforts très saillants mais peu élégants.

Les arcs-boutants du chevet de la cath√©drale de Soissons sont particuli√®rement int√©ressants du point de vue de l'√©volution de la construction gothique. Ils sont √† double niveau et contrebutent la partie sup√©rieure du chŇďur. Ils s'appuient ext√©rieurement sur de grandes cul√©es lourdes et massives. Leur t√™te (partie sup√©rieure) vient s'appuyer contre des piles port√©es par des colonnes engag√©es dans le mur. Il est int√©ressant d'observer que le dernier claveau de chacun des deux arcs n'est pas engag√© dans la pile et reste libre de glisser dans le cas o√Ļ la vo√Ľte ferait un mouvement par suite d'un tassement des points d'appui verticaux, faute de quoi les arcs-boutants se briseraient.

L'arc-boutant sup√©rieur prend appui sur la partie de la pile du chŇďur situ√©e au-dessus du centre de pouss√©e des vo√Ľtes, l√† ou s'exerce la partie sup√©rieure de la pouss√©e. Il en va de m√™me de l'arc-boutant inf√©rieur qui contrebute la vo√Ľte au niveau de la partie inf√©rieure de la pouss√©e. L'ensemble de ces deux arcs-boutants assure une stabilit√© maximale aux vo√Ľtes de l'√©difice. C'est une innovation importante qui sera perfectionn√©e √† Notre-Dame de Chartres, cath√©drale dont l'√©paisseur et donc le poids des vo√Ľtes sont tr√®s importants.

Contrairement aux arcs-boutants construits ultérieurement (Notre-Dame de Chartres, Notre-Dame de Paris, et d'autres), le chaperon de l'arc-boutant supérieur ne sert pas encore de canalisation pour conduire les eaux des chéneaux du toit de l'édifice vers l'extrémité inférieure de l'arc, et donc les sommets des culées ne sont pas encore dotés de gargouilles.

L'ensemble très ramassé de ce chevet donne une impression de robustesse et de solidité à toute épreuve. Il n'est guère difficile de se convaincre que la cathédrale est capable de défier encore bien des siècles.

Le chevet, à l'est de la cathédrale. Remarquez la robustesse des arcs-boutants et la puissance des culées massives sur lesquels ils s'appuient. Ces arcs-boutants sont à double niveau. C'est une innovation importante qui sera perfectionnée à Notre-Dame de Chartres.
Les arcs-boutants du chŇďur de la cath√©drale de Soissons. Dessin de Viollet-le-Duc.


L'intérieur de la cathédrale

Cette superbe vue de la nef et de la rosace occidentale, prise depuis le chŇďur de la cath√©drale, met en relief toute la majest√© de l'√©difice et l'extr√™me puret√© de ses lignes. Remarquez les √©normes piliers qui, √† l'avant-plan, encadrent la crois√©e du transept, et qui √©taient destin√©s √† supporter une tour-lanterne
Le croisillon nord du transept et sa magnifique verri√®re sont un chef d'Ňďuvre du gothique rayonnant. L'ensemble date du r√®gne du roi Philippe le Bel aux environs de l'an 1300.
Le croisillon sud du transept de la cath√©drale avec ses tribunes. √Ä l'arri√®re plan : la grande chapelle ronde qui s'ouvre du c√īt√© sud-est de ce croisillon
Le chŇďur avec sa belle cl√īture en fer forg√©, et le d√©ambulatoire au niveau du rond-point
D√©tail de la cl√īture du chŇďur en fer forg√©

L'impression fort mitigée laissée par les portails dépourvus de leurs ornements passés, ne laisse pas présager l'impressionnante beauté du large et profond vaisseau bordé d'impressionnantes colonnades.

La nef

Si l'on excepte les croisillons, l'int√©rieur de la cath√©drale est tout √† fait sym√©trique. Ce superbe grand vaisseau est sobre, bien √©clair√© et extr√™mement harmonieux. Rien de superflu ne parvient √† rompre cette tranquille et reposante harmonie. La nef, constitu√©e de sept trav√©es, est pr√©c√©d√©e d'un narthex d'une trav√©e. Son √©l√©vation comporte trois niveaux : grandes arcades, triforium et fen√™tres hautes. Les baies du triforium sont √† quatre arcades et sont surmont√©es de hautes fen√™tres g√©min√©es, elles-m√™mes surmont√©es d'oculi plurilob√©s. Les collat√©raux poss√®dent de larges fen√™tres. Les vo√Ľtes d'ogives quadripartites sont de plan barlongue[Note 1] dans la nef et √† plan carr√© dans les deux collat√©raux.

Une mention particuli√®re doit √™tre faite concernant les colonnes. Les ogives de la vo√Ľte et des arcades y retombent sous forme de faisceau, jusqu'aux chapiteaux. En dessous des chapiteaux, se trouvent des colonnes rondes dot√©es d'une unique colonnette engag√©e. Ce type de colonne porte le nom de pilier soissonnais ou colonne soissonnaise (voir photo dans la galerie).

Au nord de la nef, à hauteur de la troisième travée de l'édifice, se trouve un accès vers une très grande salle composée de trois vaisseaux de trois travées[4]. Enfin, au niveau de la cinquième et de la sixième travée de l'église, on a construit des chapelles latérales qui s'ouvrent dans le collatéral sud.

Les vitraux de la nef sont presque tous verts bouteille transparents suite à leur remplacement après l'explosion de 1815.

Le transept

Le croisillon nord

Le croisillon nord du transept de style gothique rayonnant date du dernier quart du XIIIe si√®cle, apr√®s d√©cision de reconstruire l'ancien bras nord qui √©tait approximativement du m√™me style que le bras sud actuel. Ce transept nord est un mod√®le du genre, fort belle r√©ussite esth√©tique qui parvient √† respecter l'unit√© de hauteur avec le chŇďur construit quelques 75 ans auparavant, tout en introduisant le gothique rayonnant dans la cath√©drale de Soissons.

Il pr√©sente la m√™me structure architecturale √† trois √©tages que la nef. La partie la plus remarquable est l'extr√©mit√© nord qui est dot√©e d'une splendide grande verri√®re par√©e de magnifiques vitraux. Elle est compos√©e d'une superbe rosace rayonnante, accompagn√©e d'une claire-voie √† quatre baies surplomb√©es par des gables. Entre les deux, dans l'espace entre la rosace et la claire-voie, se trouvent quatre fen√™tres en lancettes supportant la partie inf√©rieure de la rosace. L'ensemble est d'une grande √©l√©gance, et doit √™tre consid√©r√© comme un chef d'Ňďuvre de l'art gothique rayonnant.

Une peinture de Rubens, l'Adoration des Bergers orne le croisillon nord du transept, de même qu'une peinture de Philippe de Champaigne, la Remise des clés à saint Pierre datant de 1624[5].

Le croisillon sud

Le croisillon sud est d'architecture différente et constitue le joyau de la cathédrale.

Partie la plus ancienne de l'√©difice, il est de style gothique primitif, √† l'instar des cath√©drales de Laon et de Noyon. C'est une v√©ritable manifestation du premier art gothique par ses quatre niveaux d'√©l√©vation. Il pr√©sente en effet une √©l√©vation √† quatre √©tages, et non trois comme c'est le cas pour la nef et le chŇďur. Outre les grandes arcades, le triforium et les fen√™tres hautes, il poss√®de en effet un premier √©tage de tribunes (comme Notre-Dame de Paris, laquelle en revanche n'a pas de triforium). Il se termine par une abside arrondie. L'ensemble est en forme d'h√©micycle. Plus √©troit que le croisillon nord, mais un peu plus profond, il est entour√© d'un d√©ambulatoire, lui aussi plus √©troit que celui du chŇďur. Les grandes arcades sont √©troites et s√©par√©es par une s√©rie de piliers soissonnais, en alternance avec de plus l√©g√®res colonnettes (√† raison d'un pilier puis deux colonnettes), les tribunes pr√©sentent trois arcades, tandis que le triforium en a six.

Du c√īt√© sud-est du d√©ambulatoire du croisillon sud s'ouvre largement une grande chapelle ronde √† √©tage. Le rez-de-chauss√©e de celle-ci est vo√Ľt√©e de 10 ogives convergeant au sommet en une fort belle cl√© de vo√Ľte pr√©sentant un agneau. L'√©tage ou chapelle haute s'ouvre sur les tribunes du transept.

La croisée du transept

La construction de la cath√©drale qui avait d√©but√© par le croisillon sud du transept se poursuivit par l'√©dification de la crois√©e du transept. C'est √† ce moment que s'op√©ra le changement de style de la construction. Entam√©e avant l'ach√®vement du transept, la crois√©e vit dispara√ģtre les tribunes remplac√©es par des grandes arcades bien plus √©lev√©es.

En observant avec attention cette crois√©e, on remarque la pr√©sence de quatre √©normes piliers d'un diam√®tre impressionnant. Ils √©taient initialement destin√©s √† supporter une tour-lanterne comme celles des cath√©drales normandes et celle de la cath√©drale de Laon. Cette tour-lanterne ne vit jamais le jour. Mais les dimensions de la crois√©e, plus monumentales, ont d'embl√©e servi de mod√®le au chŇďur (dont la construction d√©buta d√®s 1190, soit quelques ann√©es avant la cath√©drale de Chartres), et aussi √† la nef dont l'extr√©mit√© orientale fut mise en chantier au m√™me moment que le chŇďur.

Le chŇďur

Le chŇďur est un des premiers chefs-d'Ňďuvre du gothique lanc√©ol√©. Il pr√©sente la m√™me architecture √† trois √©tages que la nef. Entour√© d'un large d√©ambulatoire (de 5 √† 6,5 m de large), il poss√®de cinq chapelles rayonnantes peu profondes install√©es entre les piliers du chevet doubl√©s des contreforts. Le chŇďur est constitu√© de quatre trav√©es barlongues ou rectangulaire, plus l'abside ou rond-point. Au niveau des trav√©es barlongues, le triforium est compos√© de baies √† quatre arcades et supporte des fen√™tres hautes g√©min√©es √† deux lancettes. Au niveau de l'abside, le triforium n'a plus que trois arcades et les fen√™tres hautes perdent une lancette.

Les chapelles rayonnantes ont une vo√Ľte commune avec la partie du d√©ambulatoire qui les jouxte, dont la cl√© de vo√Ľte, situ√©e √† la jonction entre les chapelles et le d√©ambulatoire proprement dit, re√ßoit huit ogives. Quatre d'entre elles appartiennent en propre aux chapelles et deux √† la vo√Ľte du d√©ambulatoire, les deux derni√®res √©tant interm√©diaires.

Les fen√™tres hautes du chŇďur form√©es de deux lancettes pr√©sentent de tr√®s beaux vitraux des XIIIe et XIVe si√®cles, rescap√©s de la catastrophe de 1815. Une tapisserie du XVe si√®cle repr√©sente la vie des martyrs Gervasius et Protasius, les deux saints patrons de la cath√©drale.

Le fort beau mobilier du chŇďur fut implant√© entre 1767 et 1775. Une remarquable grille en fer forg√© par√© de dorures s√©pare le chŇďur du d√©ambulatoire. Le ma√ģtre-autel de la cath√©drale, install√© au fond de l'abside est entour√© de deux statues de marbre blanc repr√©sentant l'Annonciation, Ňďuvres du sculpteur Michel-Ange Slodtz. Plus √† gauche, on peut voir le tr√īne de l'√©v√™que datant de la m√™me √©poque.

Galerie

Visite virtuelle de la cathédrale

Vid√©o : visite virtuelle de la cath√©drale

Divers

Le carillon des heures : Maurice Durufl√© composait son Ňďuvre pour orgue Fugue sur le carillon des heures de la Cath√©drale de Soissons op. 12 (1962)

Notes et références

L'Adoration des Bergers de Rubens orne le croisillon nord du transept

Notes

  1. ‚ÜĎ La vo√Ľte d'ogives est dite barlongue lorsqu'elle forme, √† chaque trav√©e, un rectangle dont le c√īt√© le plus long est perpendiculaire √† la nef. Voir aussi vo√Ľte.

Références

Annexes

Voir aussi

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