Cathedrale Notre-Dame de Senlis

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Cathedrale Notre-Dame de Senlis

Cathédrale Notre-Dame de Senlis

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Cathédrale Notre-Dame de Senlis
Vue générale de l'édifice
Vue générale de l'édifice

Nom local Cathédrale Notre-Dame de Senlis
Latitude
Longitude
49¬į 12‚Ä≤ 25‚Ä≥ Nord
       2¬į 35‚Ä≤ 10‚Ä≥ Est
/ 49.206944, 2.586111
 
Pays France France
Région Picardie
Département Oise
Ville Senlis
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattaché à Diocèse de Beauvais, Noyon et Senlis
Début de la construction 1151
Fin des travaux 16 Juin 1191
Style(s) dominant(s) Gothique
Classé(e) Monument historique (1840)

La Cathédrale Notre-Dame de Senlis est une cathédrale catholique romaine gothique de France, et un monument national situé dans le département de l'Oise à Senlis. La cathédrale a été le siège de l'ancien évêché de Senlis, aboli par le Concordat de 1801. Son territoire fut alors réuni au diocèse de Beauvais.

De taille assez modeste (longueur totale ext√©rieure : 76 m√®tres), c'est l'un des premiers monuments gothiques du pays. Mais les dimensions d'un sanctuaire sont loin de d√©terminer son importance architecturale. Avec son portail de la Vierge, chef-d'Ňďuvre de la sculpture gothique du XIIe si√®cle, sa remarquable tour sud, chef-d'Ňďuvre d'architecture gothique du XIIIe, ses fa√ßades du transept, toutes deux chefs-d'Ňďuvre du gothique finissant, Notre-Dame de Senlis prend place parmi les plus belles cath√©drales de France.

Sommaire

Historique

La cathédrale vue d'est en ouest. Sa flèche domine non seulement la cité, mais aussi toute la campagne environnante.
Deux joyaux de l'architecture gothique : √† gauche la tour sud de la cath√©drale surmont√©e de son fameux clocher, dont on aper√ßoit le premier √©tage, chef-d'Ňďuvre du XIIIe si√®cle ; √† droite la superbe fa√ßade flamboyante du bras sud du transept, chef-d'Ňďuvre du XVIe et ex√©cut√© par Martin puis Pierre Chambiges

Notre-Dame de Senlis fut édifiée à partir de 1151 sur l'emplacement de sanctuaires plus anciens, sous l'impulsion de l'évêque Pierre (1134-1151). Les moteurs principaux de cette entreprise sont la présence fréquente des rois ainsi que la personnalité très forte de l'évêque [1]. Le financement de la construction fut essentiellement le fait des évêques pourtant financièrement moins bien lotis que les autres évêques de la région, étant donnés la taille réduite et donc les revenus modestes du diocèse. C'est ce qui explique la petite taille du sanctuaire. La participation du roi et du chapitre des chanoines fut à peu près inexistante.

La construction d√©marra simultan√©ment aux deux extr√©mit√©s est et ouest de l'√©difice. En 1160, le portail central de la fa√ßade occidentale √©tait d√©j√† r√©alis√©. En 1167, la cath√©drale poss√©dait d√©j√† son chŇďur et sa fa√ßade occidentale et en 1175, la nef √©tait raccord√©e au chŇďur. Aux environs de 1180, la cath√©drale vo√Ľt√©e √©tait quasi termin√©e sauf les transepts. Elle fut consacr√©e le 16 juin 1191 par l'archev√™que de Reims Guillaume aux Blanches Mains. Sa construction avait ainsi dur√© quarante ans ; mais elle √©tait d√©pourvue de transept.

La cath√©drale fut fortement modifi√©e au XIIIe si√®cle : vers 1240, on prolongea la tour sud d'une remarquable fl√®che √† deux √©tages, superbe joyau de la cath√©drale, et l'on interrompit la perspective int√©rieure en per√ßant un transept qui laissa la nef plus courte que le chŇďur.

À la fin du XIVe siècle, on construisit la salle capitulaire et aux environs de 1465 eut lieu celle de la chapelle du Bailli.

En 1504, un incendie, provoqu√© par la foudre, d√©truisit la charpente et entra√ģna l'effondrement des vo√Ľtes, √† l'exception de celle de la premi√®re trav√©e. Gr√Ęce aux donations des rois Louis XII et Fran√ßois Ier, on reconstruisit les parties hautes de la cath√©drale en les sur√©levant de 6 m√®tres, on doubla les bas-c√īt√©s de la nef et l'on para les fa√ßades lat√©rales d'un d√©cor flamboyant tr√®s riche. La restauration d√©buta en 1506 et dura jusqu'en 1515.

En 1520, on commença l'édification de la façade du transept sud. Son superbe portail fut construit par Martin Chambiges puis par son fils Pierre Chambiges et date de 1538, le portail nord est de 1560. Les chapelles orientales datent de la même époque.

En 1671 eut lieu l'√©dification de la chapelle du Sacr√©-CŇďur sur l'ancien mur gallo-romain.

En 1777 le chŇďur re√ßut un d√©cor n√©o-classique que l'on retrouve encore aujourd'hui.

La r√©volution fran√ßaise fit dispara√ģtre le mobilier et d√©truisit les t√™tes de statues-colonnes du portail occidental, remplac√©es au milieu du XIXe si√®cle.

En 1986, on termina la restauration de l'intérieur et en 1993 celle de la flèche.

Quelques dimensions

  • Longueur (ext√©rieur) : 76 m√®tres (cath√©drale de Soissons : 116 - Notre-Dame de Paris : 130 m√®tres)
  • Largeur hors Ňďuvre au niveau du transept : 34 m√®tres
  • Longueur (int√©rieur) : 70 m√®tres
  • Longueur du chŇďur : 34 m√®tres (y compris le d√©ambulatoire et la chapelle axiale)
  • Longueur du chŇďur proprement dit : 24 m√®tres
  • Longueur de la nef : 23 m√®tres
  • Largeur de la nef avec ses 4 collat√©raux : 28,5 m√®tres
  • Largeur du vaisseau principal de la nef et du chŇďur : 9,2 m√®tres
  • Hauteur sous vo√Ľte : 24 m√®tres (Notre-Dame de Paris : 33,5 m√®tres)
    • sauf premi√®re trav√©e de la nef : 17 m√®tres
  • Hauteur des grandes arcades de la nef : 6,6 m√®tres
  • Hauteur totale de la tour sud : 78 m√®tres (contre 69 m√®tres pour chacune des tours de Notre-Dame de Paris)
  • Hauteur du clocher de la tour sud : 40 m√®tres
    • dont premier √©tage : 14 m√®tres
    • deuxi√®me √©tage (fl√®che) : 26 m√®tres
  • Hauteur de la tour sud de la fa√ßade (sans clocher ni fl√®che) : 38 m√®tres
    • dont hauteur de la tour proprement dites (sans le clocher, ni la fa√ßade) : 11,5 m√®tres
    • dont hauteur de la fa√ßade sans la tour (sans la balustrade qui la surmonte) : 26,5 m√®tres
  • Largeur de la fa√ßade occidentale, y compris les contreforts lat√©raux des tours : 24 m√®tres.

L'extérieur de la cathédrale

Vue de la façade occidentale ou principale.
Le clocher de la tour sud : dessins de Viollet-le-Duc.

La façade occidentale

La façade occidentale de Notre-Dame de Senlis est assez étroite, ce qui est bien normal étant donnée la relative petitesse du plan d'origine de la cathédrale. Elle appartient au style du gothique primitif, tout comme celles de la cathédrale de Sens, ou de la cathédrale de Noyon ou encore de la Basilique Saint-Denis. Un grand portail central est surmonté d'une grande baie à trois lancettes destinée à éclairer la nef. Au dessus de cette baie se trouve une petite rose sculptée puis au sommet un balcon reliant les deux tours et orné de quatre statues.

De part et d'autre du portail central se trouvent les portails latéraux surmontés d'un tympan décoré d'arcatures assez lourdes. Ces deux portails ouverts dans la base des tours sont surplombés d'une grande baie vitrée puis d'une autre baie, géminée et aveugle et enfin plus haut encore, d'une petite rose (supportant une horloge à droite) située au même niveau que la rose centrale.

La façade, relativement austère, est bardée de quatre puissants contreforts destinés à assurer la stabilité de l'ensemble et notamment des tours, et qui contribuent à lui donner un bel élan vertical. Le tout produit une belle impression de puissance et de solidité.

Les tours

Les deux tours sont de hauteur fort différente. Alors qu'au premier niveau des tours, elles présentent chacune deux grandes baies dotées d'abat-sons, la tour nord est ensuite immédiatement coiffée d'une petite flèche d'ardoises. La tour sud au contraire se prolonge encore par un superbe clocher élancé et formé de deux niveaux. Inébranlables depuis leur construction et d'une étonnante solidité, elles semblent destinées à se dresser intactes durant de nombreux siècles encore.

La tour sud et sa flèche

Le clocher de la tour sud de la fa√ßade de la cath√©drale de Senlis est un des rares clochers complets, du commencement du XIIIe si√®cle. B√Ęti d'un seul jet, vers 1240, en mat√©riaux d'excellente qualit√© (la fl√®che a r√©sist√© jusqu'√† ce jour √† pr√®s de huit si√®cles d'intemp√©ries), il s'√©l√®ve sur la base carr√©e de la tour. Inspir√© du clocher de la cath√©drale de Chartres, il est constitu√© de deux √©tages : le premier qui repose sur la tour est de structure verticale et h√©berge les cloches. Le second, la fl√®che, est une haute pyramide √©lanc√©e.

Au rez-de-chaussée, sous la tour s'ouvre une belle porte donnant sur le collatéral sud de la cathédrale. Ce rez-de-chaussée sert donc de vestibule à l'un des collatéraux [2].

Au-dessus du rez-de-chauss√©e la tour pr√©sente un √©tage carr√© vo√Ľt√© et √©clair√© des quatre c√īt√©s par des baies jumelles.

C'est immédiatement au-dessus de cet étage que s'élève le clocher proprement dit formé de deux étages sur plan octogonal. Un escalier à vis se trouve dans un des angles de la tour, puissamment renforcé pour ce faire. Il donne accès au clocher proprement dit. De grands pinacles ajourés sont posés sur les angles du carré, et servent de transition entre cette base carrée et le clocher octogonal. L'un de ces pinacles, celui de l'angle sud-est) contient une petite tour ronde. Cette dernière héberge le sommet de l'escalier.

Quatre longues baies sont ouvertes dans toute la hauteur du premier √©tage du clocher, sur les quatre faces correspondant au carr√© de la base, et laissent ainsi passer le son des cloches. Trois autres baies plus petites s'ouvrent dans les autres faces, derri√®re les pinacles. De charmantes petites pyramides ajour√©es couronnent les pinacles, mais leur axe ne correspond pas √† l'axe de ceux-ci. Ces pyramides s'appuient sur les faces de l'√©tage octogonal vertical du clocher, comme pour leur servir de contreforts (voir dessin ci-contre). Cette d√©viation produit, dans l'ensemble, un excellent effet, car elle constitue une transition depuis la base carr√©e du clocher vers l'inclinaison des c√īt√©s de la grande pyramide constituant le deuxi√®me √©tage du clocher et couronnant le tout.

Cette pyramide sup√©rieure qui constitue le deuxi√®me et dernier √©tage du clocher proprement dit poss√®de huit pans comme l'√©tage inf√©rieur qui la supporte. Elle poss√®de sur chacune de ses faces une grande lucarne, dont l'ouverture laisse passer le son des cloches. Ces lucarnes sont richement travaill√©es et surmont√©es chacune d'un tympan √©lanc√© √† la verticale, ce qui produit un tr√®s bel effet √† la hauteur o√Ļ elles sont plac√©es. L'√©lancement rigoureusement vertical de ces tympans permet de d√©gager la pyramide de la fl√®che, laquelle se pr√©sente d√®s lors comme √©mergeant d'une grande et belle couronne. Les huit ar√™tes de la grande pyramide sont munies de nombreux crochets. Il s'agit d'une innovation du XIIIe si√®cle, innovation qui tentait de supprimer la froideur des longues lignes inclin√©es des fl√®ches telles qu'elles se pr√©sentaient pr√©c√©demment et notamment dans l'art roman.

Les clochers senlisiens

Le clocher de la cathédrale Notre-Dame de Senlis, admiré dès sa construction a fortement influencé la construction de plusieurs clochers des campagnes environnantes du Valois. On parle dès lors de clochers senlisiens. On peut en admirer par exemple à Baron, Versigny ou encore Montagny-Sainte-Félicité.

La tour nord

La tour nord proprement dite, c'est-√†-dire sans sa fl√®che, pr√©sente le m√™me plan quadrangulaire que la tour sud, dont elle est sym√©trique. Chaque c√īt√© est perc√© de deux longues baies √©lanc√©es pourvues d'abats-sons. Comme la tour sud, la tour nord poss√®de √©galement son escalier √† vis, log√© dans l'angle nord-est bien renforc√© de la tour, et dont on peut suivre le trajet gr√Ęce √† une succession de meurtri√®res destin√©es √† l'√©clairer. Cette tour n'est surmont√©e que d'une petite fl√®che couverte d'ardoises, dot√©e de quatre ar√™tes vives, et peu travaill√©e. Autour d'elle √† sa base cependant, une s√©rie de gracieux pinacles coiffant le sommet des contreforts ainsi qu'une belle balustrade quadrangulaire contribuent √† √©gayer l'ensemble qui vu du nord a des allures de donjon. Au total, cette tour, peu connue parce qu'√©clips√©e par la majest√© de sa voisine, repr√©sente elle aussi une construction fascinante. D'une robustesse √† toute √©preuve, elle a vaincu les si√®cles, et l'on pourrait r√©sumer son histoire en disant : 840 ans d'√Ęge, mais solide comme au premier jour.

Le portail de la Vierge

Le grand portail central du XIIe si√®cle est remarquable par son tympan qui inaugure dans l'art gothique la repr√©sentation du Couronnement de la Vierge [3] . Ce tympan repr√©sente Marie, d√©j√† couronn√©e, assise aux c√īt√©s de son fils J√©sus. Plusieurs anges entourent les deux personnages [4].

Le linteau du portail est divis√© en deux parties. La moiti√© gauche repr√©sente la dormition de la Vierge. Elle est h√©las fort ab√ģm√©e. On peut voir le corps de la Vierge, parfum√© par des encensoirs. Plus haut, dans le ciel, deux anges tiennent une petite forme humaine entour√©e de bandelettes. On pense qu'il s'agit d'une repr√©sentation de l'√Ęme de la m√®re de Dieu. La moiti√© droite est bien mieux conserv√©e et repr√©sente la r√©surrection de Marie. Un ange prend la Vierge par les √©paules, tandis qu'un autre la saisit par les pieds. Une s√©rie d'autres anges assistent √† la sc√®ne.

Dans les √©brasements du portail se trouvent deux groupes de quatre statues. Le groupe de gauche comprend saint Jean-Baptiste, le personnage biblique Aaron, le proph√®te Mo√Įse et le patriarche Abraham. Dans le groupe de droite sont repr√©sent√©s le personnage de l'ancien testament Sim√©on, les proph√®tes J√©r√©mie et Isa√Įe et le roi David. De tous ces personnages seul Abraham est facilement identifiable. Il est en effet repr√©sent√© pr√™t √† sacrifier son fils Isaac et muni d'une √©p√©e pour ce faire. Celle-ci est retenue par un ange.

Dans les voussures, on remarque une s√©rie de volutes v√©g√©tales. Il s'agit de l'arbre de Jess√© repr√©sentant les ascendants du Christ. Du c√īt√© gauche, dans la voussure ext√©rieure, on peut voir Abraham tenant en son sein trois petites √Ęmes. Cette repr√©sentation existe aussi √† Notre-Dame de Paris au niveau du portail du Jugement dernier

Façades et portails latéraux

Façade du croisillon nord du transept.

La façade sud

Le c√īt√© sud de la cath√©drale donne sur une place. Vue de celle-ci, la nef appara√ģt tr√®s courte et √©cras√©e entre les structures de la tour sud et la fa√ßade du transept. Cette derni√®re est beaucoup plus tardive que l'ensemble de l'√©difice. R√©alis√©e entre 1520 et 1538, par Martin puis Pierre Chambiges, elle constitue un des chef-d'Ňďuvre du style gothique flamboyant en France.

Le superbe portail de la fa√ßade sud est strictement sym√©trique √† celui de la fa√ßade nord. Il est entour√© de colonnes torsad√©es et on peut y voir poindre l'art de la Renaissance. Une particularit√© : son tympan est compos√© de vitraux. Le portail est surmont√© d'un gable qui se dresse devant une claire-voie. Au dessus de celle-ci, une rosace √©claire l'int√©rieur du transept. Tout en haut enfin, un pignon triangulaire orn√© d'une balustrade, surplombe l'ensemble. Ext√©rieurement deux s√©ries de trois arcs-boutants soutiennent les murs lat√©raux du bras sud du transept. La fa√ßade quant √† elle est renforc√©e par deux puissants contreforts lat√©raux richement orn√©s et couronn√©s chacun par un somptueux pinacle qui prennent place aux angles de la base du pignon.

La façade nord

La fa√ßade du bras nord du transept, construite peu apr√®s celle du bras sud, est l'Ňďuvre de Pierre Chambiges, fils de Martin. La fa√ßade nord est semblable et presque sym√©trique √† celle du sud. La d√©coration est cependant un peu plus sobre, et surtout les verri√®res sont faites de verre blanc et non pas de vitraux. Sur le gable qui surplombe le portail on voit appara√ģtre la Salamandre ainsi que le "F" de Fran√ßois Ier, qui avait g√©n√©reusement particip√© aux frais de restauration de l'√©difice et de construction des fa√ßades du transept.

Le chevet

Le chevet de la cathédrale. En bas, à gauche, la chapelle axiale date du XIXe siècle.

La chapelle axiale a été reconstruite au milieu du XIXe siècle et ne présente aucun intérêt particulier.

Les arcs-boutants du chevet sont massifs, larges et peu √©loign√©s de la paroi du chŇďur qu'ils soutiennent. Les chapelles rayonnantes de l'abside de la cath√©drale sont construites dans les intervalles entre ces fortes structures. Peu profondes, ces chapelles ont un relief peu marqu√©. Les sommets des arcs-boutants sont orn√©s de gracieux pinacles implant√©s au XVIe si√®cle. Ils sont √©galement h√©riss√©s de longues gargouilles spectaculaires.

Particularit√© du chŇďur de la cath√©drale de Senlis : tant du c√īt√© nord que du c√īt√© sud, une pittoresque et robuste tourelle remplace la cul√©e d'un des arc-boutants. Coiff√©es d'un sympathique toit c√īnique, elles abritent chacune un escalier √† vis partant de la quatri√®me trav√©e du d√©ambulatoire du chŇďur et permettant, entre autres, d'acc√©der aux tribunes surplombant le chŇďur et l'est du transept. Tr√®s anciennes, ces tourelles datent du d√©but de la construction de l'√©difice et sont ainsi contemporaines du roi Louis VII.

L'intérieur de la cathédrale

La nef

Senlis NDame2 tango7174.jpg

La nef est tr√®s courte, bien plus courte que le chŇďur. Elle poss√®de deux collat√©raux de chaque c√īt√©, ce qui la rend plus large que longue. Large de 28,5 m√®tres, mais longue de seulement 23, elle comporte cinq trav√©es disparates, toutes de taille diff√©rente. L'√©l√©vation est √† trois niveaux : grandes arcades, tribunes et fen√™tres hautes.

Les vo√Ľtes sont √©galement disparates, puisqu'elles sont quadripartites pour les premi√®res trav√©es alors qu'une vo√Ľte sexpartite unit les quatri√®me et cinqui√®me trav√©es. Enfin les colonnes qui bordent le vaisseau central et soutiennent les grandes arcades sont toutes d'√©paisseur diverses.

Les tribunes, héritage de l'époque romane, ne comportent qu'une baie par travée et sont dotées d'une élégante petite balustrade surplombant la nef. Elles comptent parmi les plus belles du pays. Les fenêtres hautes se composent alternativement de fenêtres à trois et à deux lancettes.

Un chapiteau à motif végétal

Les collat√©raux ne sont pas sym√©triques. A gauche, le bas-c√īt√© devient double au niveau de la deuxi√®me trav√©e alors qu'√† droite ce d√©doublement ne se fait qu'√† partir de la troisi√®me trav√©e. Les deux collat√©raux ext√©rieurs, construits tardivement au XVIe si√®cle, pr√©sentent des vo√Ľtes complexes, contrairement √† celles des collat√©raux int√©rieurs longeant la nef principale et datant eux du XIIe si√®cle et qui sont couverts de simples vo√Ľtes quadripartites (√† l'exception de la derni√®re trav√©e du collat√©ral nord).

Les grandes arcades de la nef ne sont pas tr√®s √©lev√©es. Elles culminent √† seulement 6,60 m√®tres du sol. Les chapiteaux des colonnes sont orn√©s de motifs v√©g√©taux. On remarque l'alternance entre piles fortes et piles faibles l√† ou les vo√Ľtes sont sexpartites, c'est-√†-dire au niveau des deux derni√®res trav√©es de la nef (√©galement au niveau du chŇďur). Cette disposition, que l'on retrouve notamment √† la cath√©drale de Sens, est typique du gothique primitif.

Suite √† l'incendie de 1504, la charpente de la cath√©drale fut d√©truite et les vo√Ľtes s'effondr√®rent, √† l'exception de celle de la premi√®re trav√©e. Lors de la restauration qui suivit, on en profita pour sur√©lever les vo√Ľtes de 6-7 m√®tres, celles-ci passant ainsi de 17 √† 24 m√®tres (sauf la premi√®re trav√©e qui conserva sa hauteur primitive). En cons√©quence, les fen√™tres hautes, elles aussi ravag√©es par le sinistre, furent remplac√©es par des fen√™tres plus √©lev√©es √©galement de six m√®tres. L'√©tage des fen√™tres hautes de la cath√©drale que nous connaissons aujourd'hui date donc du XVIe si√®cle et proc√®de de l'art gothique flamboyant.

Le transept

Le chŇďur de la cath√©drale Notre-Dame de Senlis.
Vierge à l'Enfant.
Les vo√Ľtes du chŇďur de la cath√©drale. A droite : la vo√Ľte de l'abside √† sept pans comporte huit ogives convergeant vers la cl√© de vo√Ľte. Au centre comme √† gauche : vo√Ľte sexpartite r√©unissant deux trav√©es. Remarquez des deux c√īt√©s de la vo√Ľte l'alternance pile forte-colonne faible typique du premier √Ęge gothique.

Le plan primitif de la cathédrale ne prévoyait pas de transept et, lors de sa consécration en 1191, la cathédrale était bien différente de celle que l'on admire aujourd'hui. Dépourvue de transept, elle présentait alors un plan continu très populaire en Île-de-France à cette époque. Mais face aux progrès très rapides de l'architecture gothique, qui fit rapidement de la présence d'un transept une norme, Notre-Dame de Senlis apparaissait démodée cinquante ans à peine après la fin de sa construction. Et vers 1230-1240, en même temps que l'édification d'un clocher, l'on entreprit dès lors la construction d'un transept.

Les croisillons du transept se composent de deux trav√©es. Les crois√©es d'ogives y ont une structure complexe. L'√©l√©vation du transept √† trois √©tages est semblable √† celle de la nef (grandes arcades, tribunes et clair √©tage des fen√™tres hautes), mais les fen√™tres hautes ont ici quatre lancettes. Chaque croisillon est long√© des deux c√īt√©s (est et ouest) par un collat√©ral supportant les tribunes et ouvert sur le transept par les grandes arcades.

Les murs de fond des croisillons sont semblables au sud et au nord. Dans la partie supérieure, l'étage correspondant aux fenêtres hautes est totalement vitré et occupé par une rosace surmontant une petite claire-voie. L'étage central correspondant aux tribunes latérales est constitué d'une grande et large claire-voie composée de grandes baies vitrées. Elles sont précédées d'une belle balustrade sculptée. Seul le croisillon sud possède des vitraux, l'ensemble des verrières du croisillon nord étant doté de verre blanc [5].

√Ä la partie inf√©rieure des murs de fond se trouvent les portes correspondant aux portails ext√©rieurs. Les tympans des portes sont vitr√©s. Autre particularit√© √† signaler : le croisillon nord n'est pas de plan rigoureusement rectangulaire : il s'√©largit en effet l√©g√®rement depuis la crois√©e vers le mur de fond et la porte donnant sur l'ext√©rieur.

Le chŇďur

Le chŇďur de la cath√©drale Notre-Dame de Senlis constitue un superbe petit bijou de l'architecture gothique primitive (du XIIe si√®cle). Suite √† l'incendie de 1504, ses vo√Ľtes ont cependant √©t√© refaites et rehauss√©es peu apr√®s le sinistre.

Le chŇďur est sensiblement plus long que la nef. Il comporte cinq trav√©es rectangulaires suivies d'une profonde abside √† sept pans. La premi√®re trav√©e poss√®de une vo√Ľte quadripartite, tandis que les quatre autres forment deux vo√Ľtes sexpartites. √Ä ce niveau on constate lat√©ralement l'alternance pile forte-colonne faible observ√©e √©galement dans la partie de la nef proche de la crois√©e. Le chŇďur est entour√© d'un d√©ambulatoire qui prolonge les deux collat√©raux int√©rieurs de la nef, et qui s'ouvre sur cinq chapelles absidiales (ou rayonnantes) et plusieurs chapelles lat√©rales, le tout de structure tr√®s peu homog√®ne et datant du XIIe si√®cle, sauf la chapelle axiale. Le d√©ambulatoire est surmont√© de tribunes. Celles-ci sont d√©pourvues de la balustrade qui l'ornait dans la nef et dans le transept.

Au balcon de la partie de la tribune surplombant le fond de l'abside donc le ma√ģtre-autel, se dresse une Vierge √† l'Enfant plac√©e l√† √† la fin du XVIIIe si√®cle. Elle est entour√©e de deux anges aux ailes d√©ploy√©es, appuy√©s contre les deux colonnes encadrant cette arcade de la tribune. L'ensemble est fort harmonieux.

Le chŇďur, comme la nef, √©troit pour sa hauteur (9,2 m√®tres de large pour 24 de haut) donne une forte impression d'envol√©e.

Les colonnes supportent de très beaux chapiteaux ornés de motifs végétaux variés et finement ouvragés.

Le d√©ambulatoire et les chapelles rayonnantes sont vo√Ľt√©s d'ogives de facture quelque peu maladroite, signe d'un certain manque d'exp√©rience des b√Ętisseurs √† cette √©poque (XIIe si√®cle) d'extr√™me jeunesse de l'art gothique. Les chapelles rayonnantes sont peu profondes, √† part la chapelle axiale, laquelle a √©t√© reconstruite plus grande au XIXe si√®cle.

Dans la premi√®re chapelle lat√©rale sud datant du XVIe si√®cle et couverte d'une vo√Ľte complexe, on peut admirer de fort belles clefs de vo√Ľte pendantes. Cette chapelle s'ouvre aussi sur le transept.

Les chapelles absidiales

Les chapelles absidiales de la cathédrale de Senlis se composent de deux travées dont une seule est percée d’une fenêtre. L'autel disposé à l'intérieur de chacune d'entre elles est en effet placé suivant l'axe du chevet, de façon à être toujours orienté vers l'est (Jérusalem), et par conséquent toujours latéralement puisqu'il n'y a que deux travées par chapelle. Il en va de même de l'unique fenêtre destinée à éclairer l'autel et qui doit le surplomber de ce fait.

Les dessins suivants ont √©t√© r√©alis√©s par Viollet-le-Duc. Les deux premiers concernent une chapelle absidiale situ√©e au sud du chŇďur de la cath√©drale, et ayant donc son autel et sa fen√™tre d√©vi√©s vers la gauche, direction o√Ļ se situe l'axe du chŇďur orient√© vers l'est. Le dernier dessin concerne une chapelle absidiale situ√©e au nord du chŇďur de la cath√©drale. On y voit la fen√™tre d√©vi√©e en sens inverse.

Vue de l'intérieur de la chapelle absidiale sud
Coupe horizontale de la chapelle absidiale. En noir les murs et autres structure pleines
Vue de l'extérieur d'une chapelle nord

Les vitraux

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Notes et références

Annexes

Voir aussi

Liens externes

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