Castor Fiber


Castor Fiber

Castor fiber

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Castor européen
 Castor européen au jardin zoologique
Castor européen au jardin zoologique
Classification classique
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Rodentia
Sous-ordre Sciuromorpha
Famille Castoridae
Genre Castor
Nom binominal
Castor fiber
Linnaeus, 1758
Statut de conservation IUCN :

NT  : Quasi menacé
Schéma montrant le risque d'extinction sur le classement de l'IUCN.

Sous-espèces de rang inférieur
Répartition géographique
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Le castor européen (Castor fiber) est un grand rongeur aquatique, autrefois commun et encore rencontré dans quelques cours d'eau ou zones humides d'Europe et d'Asie.
Il est, avec le castor canadien, l'une des deux espèces actuellement vivantes du genre Castor.

Sommaire

Étymologie

Le mot castor vient du grec kastor. Le Castor d'Europe était autrefois appelé « bièvre », nom d'origine gauloise souvent retrouvé dans les noms de villages ou de cours d'eau (quelquefois sous des formes un peu différentes encore existantes : bever (flamand), beber (allemand) et beaver (anglais),...

Histoire et statut du castor européen

la qualité de sa fourrure a été l'une des causes de la presque-extinction du castor en Europe et en Asie
Au Moyen Âge et à la Renaissance, les chapeaux en peau de castor ont été si appréciés qu’ils ont contribué à la forte régression de cette espèce.

Bien que probablement chassés depuis la préhistoire, cette espèce est restée abondante dans toute l'europe jusqu'au début du Moyen Âge.
Alors même que les moines et les seigneurs contribuaient à la déforestation par l'essartage), ils canalisaient, rectifiaient, détournaient ou urbanisaient de nombreux cours d'eau, ils construisaient des milliers de moulins à eau, et drainaient pour les mettre en culture d'immenses zones humides. C'est à cette époque que les castors eurasiatiques ont été intensivement chassé pour leur viande, pour le castoréum, et surtout pour leur fourrure qui servait notamment à confectionner des gilets ou chapeaux pour l'hiver ; ceci jusqu'au XVIIIe siècle et jusqu'à une quasi-extinction de l'espèce en Europe de l'Ouest. Quelques petits groupes ont néanmoins survécu grâce à une pression de chasse et piégeage (« trappe ») reportée vers l'Amérique du Nord, notamment à l'initiative de Richelieu qui s'inquiétait du déclin de l'industrie de la fourrure en Europe.
Le castor n'est aujourd'hui plus consommé, mais au Moyen Âge, il l'était, et les chrétiens étaient même autorisés à en manger le vendredi (jour où l'on ne mangeait pas de viande), car sa chair était assimilée à celle du poisson en raison de la vie aquatique de l'animal[1] (Voir aussi carême).
Au début du XXe siècle, il n'en restait plus en Europe qu'environ 1 200 individus, mais grâce à des programmes de protection et de réintroduction, de petits noyaux de population ont pu se reconstituer sur certains cours d'eau, et on estime leur nombre à environ 430 000.

L'espèce reste néanmoins selon l'UICN vulnérable : sur un territoire de plus en plus écologiquement fragmenté par les routes et les barrages, la colonisation d'une section de cours d'eau (naturelle ou à partir d'individu relâchés) ou du réseau de cours d'eau d'un sous-bassin versant reste difficile et se fait souvent à partir d'un seul couple fondateur d'une famille pionnière, ce qui peut poser des problèmes de consanguinité et de dérive génétique au sein de population dont le bassin génétique est encore très étroit.
C'est pourquoi le statut de conservation du Castor fiber reste fragile, surtout en Asie alerte l'UICN[2].

Habitat

Animal semi-aquatique, il a besoin d'eau et d'arbres. Il est donc rencontré dans les cours d'eau et les grands lacs, bordés par des forêts, dans les régions tempérées.

Prédateurs

Le castor européen avait de nombreux prédateurs potentiels. Outre l'Homme qui l'a beaucoup chassé depuis la préhistoire, et jusqu'aux XIXe et XXe siècles, où les trappeurs en ont fait un piégeage intense en Russie et Sibérie comme au Canada, pour sa fourrure, le castor pouvait être chassé par le loup, le puma, le coyote, l'ours brun et le lynx, le glouton ; mais par son mode de vie (hutte à entrée immergée en particulier), il a su s'en protéger et a survécu à trois glaciations et à tous ses prédateurs naturels.
En Europe, la plupart de ces prédateurs naturels ont disparu ou sont devenus très rares (souvent au bord de l'extinction dans l'essentiel de leur aire naturelle de répartition, tel l'ours brun en Europe de l'Ouest).

Menaces

De nombreuses menaces pèsent encore sur l'espèce, qui combinent ou additionnent leurs effets :

  • La chasse et le piégeage ont - historiquement - été la première menace pour l'espèce. Cette chasse l'a décimée dès le moyen-âge et l'a conduite à l'extinction sur une grande partie de son aire naturelle de répartition avant même le XIXe siècle, surtout en Europe de l'Ouest. Chasse et piégeage restent une menace car l'animal est facilement tiré ou piégé par erreur, après avoir été confondu avec un rat musqué ou un ragondin ou tombé dans les pièges qui leur étaient destinés. Le castor était recherché pour son castoréum et pour sa chair, mais surtout pour sa fourrure à propos de laquelle en 1845, l'encyclopédiste Ph. Le Bas a ainsi résumé la situation :
La généralisation du chapeau « nécessita l'établissement de grandes fabriques, notamment à Lyon et à Paris , et l'on fit bientôt une telle consommation de castors, que ceux que l'on trouvait en France, et spécialement dans les îles du Rhône, étant détruits, il fallut poursuivre ces animaux industrieux et inoffensifs jusque dans les lacs glacés du Canada »[3].
  • Dans le même temps, la rectification et l'aménagement des cours d'eau, leur canalisation de même que l'établissement de chemins de halage (nécessitant de détruire la ripisylve) a été cause de la destruction de l'habitat des castors.
  • Plus tard, la construction de grands barrages hydroélectriques a été source de nouveaux obstacles aux déplacements des castors (nécessaire pour l'entretien d'une diversité génétique au sein de l'espèce et pour la colonisation de zones disponibles suite à la disparition locale (naturelle ou non) de familles de castors. (Ces animaux sont sensibles à des maladies qui peuvent décimer des familles entières lors d'hivers froids ou quand leur nourriture vient à manquer ; c'est un des processus naturels de contrôle des populations)
  • À cette dégradation physique des habitats, il faut ajouter une dégradation chimique liée aux nombreux eutrophisants et polluants introduits dans le milieu aquatique ou contaminant les arbres et écorces à partir de l'air. Au XXe siècle, le castor subit aussi les dangers liés aux poisons largement diffusés dans la nature (notamment ceux utilisés contre les rats et rats musqués).
  • Le castor pâtit en Europe de sa ressemblance avec le ragondin (d'autant que ce dernier est parfois appelé myocastor en référence à son nom latin) et avec le rat musqué. Ces deux espèces, introduites en Europe pour leur fourrure qui devait notamment remplacer celle du castor, par exemple pour la production de chapkas, sont invasives et considérées comme nuisibles. Leur destruction est autorisée et encouragée par diverses autorités car ces animaux dégradent fortement les berges et font localement de coûteux dégâts aux cultures. Le rat musqué est volontiers et légalemnet chassé, piégé, et empoisonné.

Répartition

On le trouve aujourd'hui en Europe, au Nord d'un axe incluant la France et la Russie, particulièrement sur les rives du Rhône, de l'Elbe et du Danube, ainsi qu'en Scandinavie.

Victime de la chasse, il avait au milieu du XXe siècle presque disparu de toute l'Europe, mais des mesures de protection de l'espèce et théoriquement de son habitat furent prises en France dès 1909, et dans divers pays, avec des réintroductions, comme en Scandinavie dès les années 1925-1935), suivies d'autres séries de réintroduction ou recolonisations naturelles sur certains cours d'eau dans de nombreuses régions d'Europe. Ces réintroductions lui ont permis de recoloniser certains de ses habitats.

En Europe

En France

Le Castor européen occupait la majorité des cours d'eau du territoire francais. Pourtant, dès la fin du XIXe siècle, la chasse en particulier pour sa fourrure très recherchée, le piégeage et la destruction des ses milieux de vie avaient entraîné une forte régression de l'espèce (moins d'une cinquantaine d'individus subsistaient) dont l'ultime refuge fut la basse vallée du Rhône.

En 1909, le Castor d'Europe fût protégé dans les Bouches-du-Rhône, le Gard et le Vaucluse. La population pût alors prospérer et atteignit même Lyon vers 1960. La construction de barrages sur le Rhône interdit par la suite la colonisation naturelle d'autres secteurs.Des réintroductions eurent donc lieu ça et là en France dès 1950.

En 2003, l'espèce est présente à des degrés divers dans 42 départements, essentiellement dans la moitié Est et dans le centre de la France. A cette date, la population estimée de castors est comprise entre 8 et 10 000 (dix-mille) individus. [4]

Le castor est présent dans le Delta du Rhône et le Rhône où l'effectif frôlerait actuellement les 3 000 sujets. Cette population se répartit sur le fleuve lui-même mais également sur la plupart de ses affluents en aval de Lyon (dont le Gardon, le Tarn, l'Ardèche, la Cèze, le Chassezac, l'Isère, la Drôme, le Gier, etc.). Dans ces régions à substrat rocheux, il fait peu de barrages.

Depuis le début des années 1960, une vingtaine d'opérations de réintroduction concernant environ 270 castors a été réalisée à partir de la souche rhodanienne, parmi les grands bassins concernés : la Loire, la Moselle, les affluents du Rhin (Doller, Ill, Moder), le Tarn dans le bassin supérieur de la Garonne. [4]

Certains individus se seraient également implantés récemment plus au nord jusqu'à la Saône et dans quelques petits affluents du Jura français où les conditions environnementales pourraient lui être plus favorables (notamment à cause de la pollution du Rhône, mais surtout de son artificialisation et de l'aménagement des berges et digues pour les besoins du trafic fluvial ou le contrôle des crues).

En Bretagne, dix individus furent relâchés de 1968 à 1971 dans le Parc naturel régional d'Armorique, sur le cours de l'Elez. La population s’est quelque peu développée et se maintient aujourd’hui aux alentours d’une cinquantaine d’individus[5].

Des castors vivent également sur le Vidourle, un fleuve côtier qui rejoint directement la mer et non le Rhône. Dans son ouvrage Au pays des castors, Paul-Henry Plantain mentionnait dans les années 1970 une colonie sur le Vidourle, réputée récemment disparue. On peut imaginer que des animaux ont été importés sur le Vidourle de manière officieuse, mais la colonie considérée comme éteinte dans le livre de Plantain pourrait aussi correspondre à un peuplement très ancien, distinct du rhodanien. Une étude génétique de ces animaux pourrait lever le doute.

Plusieurs familles de castors sont installées en Alsace sur l'Ill, la Largue et la Doller en amont de Mulhouse. On peut observer la preuve de cette présence en marchant au bord de ces rivières et en étant attentif à la présence d'arbres coupés en forme de « crayons » à proximité immédiate des ces rivières.

Depuis les années 1990, de petites populations se reconstituent sur le bassin versant de la Loire[6] (Lignon de Haute-Loire, Loire en Forez et Roannais, Allier), et le castor y est aujourd'hui bien présent jusqu'en Loire-Atlantique[7]. Les réintroductions n'expliquent qu'une faible partie de cette expansion, le dynamisme de l'espèce, sa capacité à franchir les obstacles topographiques (il semble avoir franchi seul la ligne de partage des eaux entre Rhône et Loire, en haute Ardèche), lui permettent de recoloniser et d'animer à nouveau des kilomètres de ripisylves alluviales, maintenant qu'il est complètement protégé.

En Lorraine, 4 castors ont été réintroduits le 25 janvier 1983 sur la Moselle, suivis de 11 autres l'année suivante. Les individus se sont bien acclimatés et la population de castors connaît depuis une expansion régulière. Sa présence est considérée comme permanente sur la Moselle et ses affluents, dont le Madon, de Mirecourt à la ville de Toul. La population y était estimée à 40 individus en 1992[8].

Dans le nord de la France

De 1998 à 2000, parallèlement aux travaux engagés en Wallonie, une étude sur les potentialités d'accueil du Castor d'Europe dans le Nord-Pas-de-Calais a été commandée par le Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais. A travers la préservation d'espèces menacées, cette étude visait la gestion restauratoire et conservatoire des milieux naturels que constituent les cours d'eau, principaux corridors écologiques des bassins versants de la région. A terme, le retour du Castor d'Europe (appelé aussi Bièvre) au sein de rivières du bassin Artois-Picardie devait être la récompense d'un travail commun de réflexion, de la part des principaux acteurs, sur la préservation et l'évolution des cours d'eau du Nord-Pas-de-Calais, voir de la réhabilitation écologique de certains d'entre eux.
En effet, à l'occasion de chaque inondation, de chaque projet d'aménagement, la question de la gestion des cours d'eau revient au devant de l'actualité. Qu'il s'agisse de petits cours d'eau oubliés ou de fleuves à forte valeur économique, la notion de « gestion intégrée » est maintenant entrée dans le vocabulaire commun, notamment grâce à la loi sur l'eau de 1992. Les applications sur le terrain sont quant à elles plus difficile à mener.
La loi demande aux acteurs économiques de ne plus considérer les cours d'eau comme de simples vecteurs d'eau fluide à prélever, traiter, utiliser, épurer puis rejeter dans le milieu naturel. Ils doivent prendre de plus en plus en compte la qualité des milieux associés aux cours d'eau, l'objectif de la directive cadre sur l'eau étant le retour du « bon état écologique » des eaux et milieux humides en 2015. De leur côté, les acteurs chargés de la gestion durable de milieux fluviaux, notamment à haute valeur patrimoniale ne peuvent plus uniquement les considérer comme des espaces à conserver en l'état mais comme des écosystèmes complexes et dynamiques dont il faut accompagner l'évolution en préservant le fonctionnement hydrologique naturel et les écopotentialités du réseau hydraulique et de la trame bleue voulue par le Grenelle de l'environnement en 2007. « Laboratoires vivants », les espaces naturels fluviaux sont des terrains privilégiés pour la mise en œuvre de méthodes et de techniques originales en matière de gestion intégrée et restauratoire des cours d'eau et des milieux qui leurs sont associés.
Au travers de la concertation, le travail collaboratif du groupe Loutre/Castor Nord-Pas de Calais, était de créer une dynamique de préservation des cours d'eau. En effet, sous l'action de symboles tels que le Castor et la Loutre d'Europe, l'un des buts était de faire se rencontrer les divers acteurs et gestionnaires institutionnels de nos fleuves, rivières et ruisseaux, afin que ceux-ci s'écoutent mutuellement et soient amenés à collaborer autour d'un projet de retour potentiel de ces animaux sur les rivières de la région. L'étude a conclu qu'un retour prochain du Castor d'Europe en Avesnois était possible, la qualité des cours d'eau, la végétation et le cloisonnement limité des rivières et espaces aquatiques étant favorable à l'installation d'une trentaine de famille soit un peu plus de 100 individus. Des aménagements pouvant par ailleurs être réalisés spécifiquement en accompagnement de ce retour (spontané ou aidé par réintroduction) toute une politique de partenariat entre les acteurs locaux permettrait de développer une démarche éco-touristique similaire aux actions engagées dans le territoire belge voisin [9]

En Belgique

Après un retour naturel en 1991 dans l'Est du pays et une réintroduction organisée par des spécialistes belges du castor en 1998 à partir de la France et de l'Allemagne, la population de castors est estimée à environ 800 individus (2009). L'animal re-colonise progressivement tout le territoire, sans causer de problèmes, en Ardenne et dans les zones à plus forte population humaine, et on peut l'apercevoir jusqu'en ville, comme à Liège. Le castor est très peu sensible à la pollution de l'eau et il peut s'installer là où il dispose d'une ripisylve. En Belgique, le castor fait l'objet d'une activité écotouristique en plein essor, dénommée le Tourisme Castor ou encore le Pays des Castors. Des excursions à la découverte de sites de castors spectaculaires sont proposées dans tout le pays. Le Pays des Castors

En Suisse

Selon le dernier recensement en 2008, la Suisse compterait 1 600 castors. Les principaux effectifs se concentrent sur le plateau, entre le lac Léman et le lac de Constance. Récemment, des populations se sont installées le long du Rhône dans le Valais à partir du lac Léman. Au printemps 2008, les premiers castors sont revenus naturellement dans les grisons depuis le Tyrol voisin en remontant la vallée de l'Inn[10].

On les observe depuis les années 90 sur les rives nord du lac Léman, de la Venoge, de l'embouchure du Boiron, ainsi que dans le vallon de l'Aubonne. « Des gens m'ont dit avoir vu des arbres découpés de façon étrange sur un des coudes de la Venoge... des arbres avaient étés coupés par des castors.... entre Bussigny et Échandens... Des fruitiers... » Des individus ont aussi été observés dans la cité universitaire du bas de la ville de Lausanne, entre la Sorge, la Mèbre et la Chambronne.

Pour d'autres informations visiter * Beaverwatch - Suivi du castor en Suisse

Dans d'autres pays européens

  • Plusieurs centaines de castors ont survécu dans le bassin de l'Elbe et en Scandinavie.
  • Des castors ont récemment été réintroduits en Bavière .
  • Des castors ont récemment été réintroduits aux Pays-Bas où ils reconstituent de petites populations, y compris dans des eaux de médiocre qualité[11].
  • Au Royaume-Uni, Il était considéré comme éteint dans les Îles Britanniques, mais quelques individus ont été aperçus en Écosse (échappés ou relâchés)[12]. Six castors ont également été réintroduits dans le Gloucestershire[13].
    Une réintroduction avec suivi scientifique est en cours en 2008 dans la région d'Argyll, à l'est de l'Écosse ; ce sont 4 familles de castors (chacune composée d'un mâle, d'une femelle et de un à trois petits) venant de Norvège, qui doivent être lâchés au printemps 2009 après 6 mois de quarantaine. Ce seront les premiers mammifères sauvages réintroduits dans ce pays d'où le castor a disparu il y a environ 400 ans. Selon un sondage fait par les autorités écossaises, 73% des habitants se sont dits favorables à cette tentative de réintroduction du castor en Écosse [14][15]
    Un autre projet existe dans le Kent avec le Parc de découverte de Wildwood (une famille de castors, qui vit pour l'instant dans un site clôturé).

En Asie

Quelques populations subsistent dans des régions isolées de Sibérie et Mongolie[2].

Conservation de l'espèce et gestion des conflits

La prise de conscience des impact écologique de sa disparition (assèchement et fermeture de zones humides, inondations en aval, sécheresses en amont, perte de biodiversité suite à la disparition de ses barrages là où il en faisait...), et des raisons éthiques ont motivé le lancement de programmes de réintroduction et conservation, qui lui ont permis à la fin du XXe siècle de réintégrer quelques cours d'eau, dans des régions ou pays d'où il avait disparu.

Après son retour spontané ou sa réintroduction, ses barrages (il n'en fait pas en zone rocheuse) peuvent à nouveau inonder des surfaces significatives, ce qui diminue le risque d'incendies de forêts et favorise le rechargement des nappes (Cf. loi de Darcy), mais peut aussi perturber les usages de ces zones si l'on y a entre temps construit des routes ou mis d'anciennes zones humides en culture. On peut facilement contrôler le niveau d'eau au moyen de siphons auto-amorcés silencieux (car c'est le bruit de l'eau qui coule, qui est le stimulus déclenchant l'acte instinctif de construire ou colmater un barrage).
Il peut faire quelques dégâts sur les populicultures ou sylvicultures situées sur les premiers 15 mètres de berges (sauf si les arbres sont protégés), ou très localement dans certaines cultures (ex : maïs). On se prémunit facilement par la pose d'un grillage bas ou d'un simple fil électrique (étant toujours mouillé, il y est particulièrement sensible et apprend très vite à s'en éloigner)

Les expériences européennes de réintroduction montrent que des efforts de communication et de pédagogie auprès des riverains des cours d'eau où il vit, et quelques mesures simples permettent d'éviter qu'il ne soit pas confondu avec le rat musqué ou ragondin et d'éviter qu'il entre en conflit avec la sylviculture ou l'agriculture (auxquelles il pourrait par ailleurs rendre certains services en tant qu'utile à la conservation de l'eau qui risque de manquer en été dans un contexte de bouleversements climatiques attendus).

Le castor est souvent menacé par les pièges et appâts empoisonnés destinés à éliminer les rats musqués et ragondins (Des pièges et appâts uniquement accessibles à ces deux espèces sont testés pour protéger les castors). En aval de zones urbanisées et cultivées, le castor risque aussi d'être en contact avec d'autres rodenticides mal utilisés (non fixés) près des berges et emportés par les crues vers les cours d'eau (et les barrages de castors quand ils existent).

Voir aussi

Liens internes

Castor (genre)

Liens externes

Notes et références

  1. Manger au Moyen Âge, Bruno Laurioux, éditions Hachette Pluriel, p 115
  2. a  et b Page du Castor Fiber sur le site de l'IUCN
  3. Dictionnaire encyclopédique de Philippe Le Bas, page 505 et 506
  4. a  et b Office national de la Chasse et de la Faune sauvage, "Le castor sur le bassin de la Loire et en Bretagne", ONCFS 2003
  5. Voir site du Groupe mammologique breton
  6. FUSTEC J, LODÉ T, 2001. Colonisation, riparian habitat selection and home range size in a reintroduced population of beavers Castor fiber in the Loire. Freshwater Biology 46: 1361-1371
  7. [pdf] La répartition du castor sur le bassin versant de la Loire et en Bretagne, sur le site de l'ONCFS
  8. Groupe d'étude des mammifères de Lorraine, Atlas des mammifères sauvages de Lorraine, 1993
  9. Le castor dans le Nord
  10. Article du 2 mai 2008 dans le NZZ
  11. Europäischer Biber, WWF Österreich. Consulté le 24 août 2006
  12. Bulletin de la BBC ; Castors en Écosse
  13. Beavers in 'wild' after centuries, BBC News (2005-10-28).
  14. Communiqué sur la réintroduction de Castors en Écosse
  15. Bulletin audio BBC, novembre 2008
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