Cardinal (Religion)

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Cardinal (Religion)

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Ornements extérieurs de l'écu d'un cardinal.
Catholicisme
Religions sŇďurs (branches)
Catholicisme · Orthodoxie · Protestantisme
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√Čglise catholique romaine ¬∑ Histoire de l'√Čglise catholique romaine
Spécificités
Théologie catholique
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Voir aussi
  • Cat√©gories : Catholicisme ¬∑ Courant religieux catholique ¬∑ D√©votions catholiques
  • Portails : Christianisme ¬∑ Catholicisme
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Les cardinaux (du latin cardinalis, principal) sont de hauts dignitaires de l'√Čglise catholique choisis par le pape et charg√©s de l'assister. Ils forment le Coll√®ge des cardinaux ou Sacr√© coll√®ge. Leur titre pr√©cis est cardinal de la sainte √Čglise romaine (cardinalis sanct√¶ roman√¶ Ecclesi√¶) : ils forment en effet la plus haute sph√®re de l'√Čglise romaine.

Sommaire

Histoire

Déjà, dans l'empire romain depuis Théodose, le titre de cardinalis était donné à des officiers de la couronne, à des généraux d'armée, au préfet du prétoire en Asie et en Afrique, parce qu’ils remplissaient les principales charges de l'empire.

Les cardinaux √©taient √† l'origine les membres du clerg√© de Rome, d√©pendants de l'√©v√™que de Rome qu'ils avaient la charge d'√©lire. On distingue trois ordres de cardinaux : les cardinaux √©v√™ques des dioc√®ses circonvoisins (√©v√™ch√©s suburbicaires), les cardinaux pr√™tres, titulaires des paroisses ou titres de la ville de Rome, et les cardinaux diacres, responsables des diaconies romaines.

En 1059, au moment de la r√©forme gr√©gorienne de l‚Äô√Čglise, le pape Nicolas II, d√©finit avec plus de pr√©cision leur statut et leur accorda un rang sup√©rieur aux autres √©v√™ques de l'Eglise.

Mais en 1181, les cardinaux pr√™tres de Rome √©tant devenus ma√ģtres d'√©lire seuls le pape, √† l'exclusion du clerg√© et du peuple de Rome. Ils obtinrent par l√† la pr√©√©minence sur les √©v√™ques.

En 1586, Sixte Quint dans sa bulle Postquam verus a restreint la nomination des cardinaux √† ceux qui ont les ordres mineurs depuis au moins un an et fixa √† 70 le nombre des cardinaux, en m√©moire des 70 vieillards choisis par Mo√Įse et les divisa en 3 sections : 6 cardinaux-√©v√™ques, 50 pr√™tres, 14 diacres.

En 1917, le nouveau Code de droit canonique a réservé la dignité aux prêtres.

Jusqu'en 1962[1], les cardinaux de l'ordre diaconal étaient prêtres, mais depuis cette date, il doivent toujours recevoir la consécration épiscopale, sauf dispense spéciale du pape. Le Code de droit canonique de 1983 reprend cette mesure[2]. Jean-Paul II a pourtant créé cardinaux des prêtres qui n'ont pas été consacrés évêques par la suite, par exemple les pères conciliaires Henri de Lubac, jésuite, et Yves Congar, dominicain, ainsi qu'un certain nombre de cardinaux récents non électeurs. En revanche, tous les cardinaux actuellement électeurs sont titulaires de la dignité épiscopale.

Le Collège cardinalice

Le Coll√®ge cardinalice, appel√© aussi Sacr√© Coll√®ge ou Coll√®ge des cardinaux, est l'ensemble des cardinaux de la sainte √Čglise romaine.

C'est sous le pontificat du pape Eugène III que les cardinaux formèrent en 1150 le Sacré Collège. Au fil des siècles, leur nombre a augmenté et leur origine s'est diversifiée avec l'expansion du catholicisme.

Certains cardinaux occupent des positions particuli√®res au sein du Sacr√© Coll√®ge : son doyen porte le titre honorifique d'√©v√™que d'Ostie ; le camerlingue de la sainte √Čglise romaine assure la gestion temporelle du Saint-Si√®ge lors des vacances pontificales ; le protodiacre assure des fonctions c√©r√©monielles comme l'annonce des r√©sultats de l'√©lection pontificale.

Les évènements qui réunissent le Sacré Collège sont le conclave ou un consistoire.

Structure du Sacré Collège

Les cardinaux sont traditionnellement répartis en trois ordres, qui établissent entre eux une hiérarchie qui n'est plus aujourd'hui que protocolaire.

  • cardinaux-√©v√™ques, titulaires d'un √©v√™ch√© suburbicaire,
  • cardinaux-pr√™tres, titulaires d'une paroisse romaine,
  • cardinaux-diacres, titulaires d'une diaconie romaine.

Les cardinaux-√©v√™ques se voient attribuer l'un des huit anciens dioc√®ses situ√©s autour de Rome : Albano, Frascati (anciennement Tusculum), Ostie et Velletri, Palestrina, Porto, Sainte-Rufine, et Sabine. Cependant, les si√®ges de Porto et Sainte-Rufine sont unis en un seul depuis 1119, et le si√®ge d'Ostie est cumul√© depuis 1914 par le doyen du coll√®ge des cardinaux, avec le si√®ge qu'il poss√®dait au moment de sa nomination. De la sorte, les cardinaux-√©v√™ques sont seulement au nombre de six, √† quoi viennent s'ajouter les cardinaux-patriarches.

À l'époque contemporaine, les cardinaux évêques sont choisis par le pape parmi les cardinaux des deux autres ordres, mais jadis un évêque pouvait être créé directement cardinal-évêque.

Les patriarches des √Čglises catholiques orientales qui sont nomm√©s cardinaux ont depuis 1965[3] un statut sp√©cial. Ils ne font pas partie du clerg√© de Rome et ne re√ßoivent donc aucun √©v√™ch√©, titre ou diaconie, mais ils conservent leur titre patriarcal. Ils sont cependant int√©gr√©s √† l'ordre des cardinaux-√©v√™ques, quoiqu'au-dessous d'eux hi√©rarchiquement.

De nos jours, les membres de la curie romaine cr√©√©s cardinaux le sont g√©n√©ralement dans l'ordre des cardinaux-diacres (on les appelle cardinaux de curie), tandis que les √©v√™ques titulaires d'√©v√™ch√©s effectifs sont cr√©√©s dans l'ordre des cardinaux-pr√™tres (cardinaux en r√©sidence). Les pr√©lats √Ęg√©s de plus de quatre-vingts ans cr√©√©s cardinaux ne peuvent pas √©lire le pape; ils sont g√©n√©ralement dans l'ordre des cardinaux-diacres.

Les cardinaux-diacres peuvent cependant au bout de dix ans opter librement pour l'ordre des cardinaux-prêtres. Il peuvent en même-temps conserver leur diaconie, qui est élevée pro hac vice au rang de titre, c'est-à-dire qu'ils conservent la même diaconie qui sera considérée comme une paroisse tant qu'ils l'occuperont.

L'ordre protocolaire s'√©tablit ainsi :

  1. le doyen de l'ordre des cardinaux-√©v√™ques, qui est √©galement le doyen du coll√®ge des cardinaux ; autrefois doyen d'anciennet√© parmi les cardinaux-√©v√™ques, il est de nos jours √©lu par les cardinaux-√©v√™ques parmi eux et approuv√© par le pape (can. 352-2) ; le cardinal doyen est en m√™me temps, et traditionnellement, √©v√™que d'Ostie ; c'est √† lui que reviendrait la cons√©cration √©piscopale (avec l'assistance de deux autres √©v√™ques, selon la prescription du concile de Nic√©e), d'un nouveau pape qui ne serait pas encore √©v√™que. C'est le cardinal doyen qui, en l'absence du pape, convoque et pr√©side le coll√®ge des cardinaux.
  2. les cardinaux-√©v√™ques dans l'ordre de leur √©l√©vation ;
  3. les patriarches des √Čglises catholiques orientales dans l'ordre de leur cr√©ation cardinalice ;
  4. le cardinal protopr√™tre qui est le doyen d'anciennet√© de l'ordre des cardinaux-pr√™tres ;
  5. les cardinaux-pr√™tres dans l'ordre de leur de cr√©ation au rang de cardinal ;
  6. le cardinal protodiacre qui est le doyen d'anciennet√© de l'ordre des cardinaux-diacres (c'est √† lui que revient la t√Ęche d'annoncer au monde l'√©lection du nouveau pape et son nom de r√®gne, depuis le balcon de la Basilique Saint-Pierre, par la c√©l√®bre formule ¬ę Habemus papam... ¬Ľ ; c'est aussi lui qui couronnait le pape de la tiare et qui, depuis l'abolition du couronnement, pose le pallium sur les √©paules du pape lors de sa messe d'inauguration) ;
  7. les cardinaux-diacres dans l'ordre de leur de création au rang de cardinal.

Jadis, des la√Įcs ou de simples clercs ont √©t√© cr√©√© cardinaux (Mazarin n'a jamais √©t√© √©v√™que ni m√™me pr√™tre). De simples diacres pouvaient √™tre cr√©√©s cardinaux-diacres, des pr√™tres cardinaux-pr√™tres et des √©v√™ques cardinaux-√©v√™ques. Depuis 1918, tous les cardinaux doivent √™tre au moins pr√™tres et depuis 1962 tous doivent √™tre √©v√™ques, mais des exceptions sont consenties au gr√© du pape (notamment pour les cardinaux cr√©√©s apr√®s l'√Ęge de quatre-vingts ans). De sorte que depuis bien longtemps d√©j√†, l'appartenance √† un ordre cardinalice ne correspond plus au degr√© du sacrement de l'ordre dont les cardinaux sont effectivement investis.

Les derniers papes en date √©taient au moment de leur √©lection au pontificat :

Clément XIII
Clément XIV
Pie VI
Pie VII
Léon XII
Pie VIII
Grégoire XVI
Pie IX
Léon XIII
Pie X
Beno√ģt XV
Pie XI
Pie XII
Jean XXIII
Paul VI
Jean-Paul Ier
Jean-Paul II
Beno√ģt XVI

(1758)
(1769)
(1775)
(1800)
(1823)
(1829)
(1831)
(1846)
(1878)
(1903)
(1914)
(1922)
(1939)
(1958)
(1963)
(1978)
(1978)
(2005)

évêque
prêtre
prêtre
évêque
évêque
évêque
prêtre
évêque
évêque
évêque
évêque
évêque
évêque
évêque
évêque
évêque
évêque
évêque

cardinal-prêtre
cardinal-prêtre
cardinal-prêtre
cardinal-prêtre
cardinal-prêtre
cardinal-évêque
cardinal-prêtre
cardinal-prêtre
cardinal-prêtre
cardinal-prêtre
cardinal-prêtre
cardinal-prêtre
cardinal-prêtre
cardinal-prêtre
cardinal-prêtre
cardinal-prêtre
cardinal-prêtre
cardinal-évêque

À ce jour, aucun cardinal-diacre n'a plus été élu pape depuis Léon X en 1513. Cela n'empêche pas qu'à chaque conclave, le nom de plusieurs cardinaux-diacres soient cités parmi les papables. La distinction entre les différents ordres de cardinaux étant d'ailleurs devenue purement formelle, l'élection d'un cardinal-diacre n'aurait aujourd'hui rien de surprenant.

Le dernier non-cardinal √©lu pape a √©t√© Urbain VI en 1377. Cette √©lection provoqua le Grand Schisme d'Occident : les cardinaux ont pr√©tendu avoir vot√© sous la contrainte, ont annul√© leur √©lection et √©lu l'antipape Cl√©ment VII √† sa place. Depuis cette √©poque, un usage non √©crit mais tr√®s fermement √©tabli veut que seul un cardinal puisse √™tre √©lu pape. Mais la constitution apostolique de Jean-Paul II, Universi Dominici Gregis, pr√©voit formellement qu'un non-cardinal puisse √™tre √©lu pape.

R√īle

En temps ordinaire

Les cardinaux r√©unis en consistoire assistent le pape dans ses d√©cisions. Les consistoires peuvent √™tre :

  • ordinaires : o√Ļ sont convoqu√©s tous les cardinaux, du moins ceux qui sont pr√©sents √† Rome. Ils traitent des affaires graves, mais qui surviennent assez commun√©ment, ou pour accomplir certains actes solennels. Le consistoire ordinaire o√Ļ sont c√©l√©br√©es certaines solennit√©s peut √™tre public : on y admet des pr√©lats, des repr√©sentants de la soci√©t√© civile et d'autres invit√©s[4] ;
  • extraordinaires : o√Ļ sont convoqu√©s tous les cardinaux lorsque des n√©cessit√©s particuli√®res de l'√Čglise ou l'√©tude d'affaires particuli√®rement graves le conseillent.

En outre, les cardinaux ont des responsabilit√©s dans la Curie romaine, l'administration de l'√Čglise, √† la t√™te des dicast√®res. Les cardinaux de la Curie, ainsi que le doyen et le vice-doyen, doivent r√©sider √† Rome.

Pendant la vacance du Siège apostolique

Les fonctions du Sacré Collège pendant la vacance du Saint-Siège sont définies par la Constitution apostolique Universi dominici gregis[5].

Gouvernement de l'√Čglise

Durant la p√©riode o√Ļ le Si√®ge apostolique est vacant, le gouvernement de l'√Čglise est confi√© au Coll√®ge des cardinaux pour exp√©dier les affaires courantes ou celles qui ne peuvent √™tre diff√©r√©es et pour la pr√©paration de ce qui est n√©cessaire en vue de l'√©lection du nouveau Pontife. Sont exclues les affaires qui - en vertu de la loi ou de la pratique - rel√®vent des pouvoirs du seul Pontife romain lui-m√™me ou bien qui concernent les normes pour l'√©lection du nouveau pape.

Les Chefs des dicast√®res de la Curie romaine, c'est-√†-dire le cardinal Secr√©taire d'√Čtat, les cardinaux pr√©fets, les archev√™ques pr√©sidents, ainsi que les membres de ces m√™mes dicast√®res, cessent leurs fonctions. Exception est faite pour le camerlingue de la Sainte √Čglise Romaine et pour le grand p√©nitencier, qui continuent √† s'occuper des affaires courantes, soumettant au Coll√®ge des cardinaux ce qui aurait d√Ľ √™tre r√©f√©r√© au Souverain Pontife.

Le cardinal camerlingue, assisté de la Chambre apostolique et avec l'aide des trois cardinaux assistants, veille à l'administration des biens et des droits temporels du Saint-Siège, après avoir obtenu, une fois pour les questions moins importantes et chaque fois pour les plus graves, le vote du Sacré Collège.

Tout le pouvoir civil du Souverain Pontife concernant le gouvernement de la Cit√© du Vatican revient au Coll√®ge des cardinaux ; cependant, celui-ci ne peut porter de d√©crets qu'en cas d'urgente n√©cessit√© et seulement pour la dur√©e de la vacance du Saint-Si√®ge. Ces d√©crets n'ont de valeur par la suite que si le nouveau pape les confirme.

√Člection du pape

Depuis 1059[6], en 1179, le Collège des cardinaux réuni en conclave est le seul électeur du pape. Depuis Paul VI[7], seuls les cardinaux de moins de 80 ans peuvent voter. La limite des cardinaux électeurs est également fixée à 120. Actuellement, le nombre des cardinaux de moins de 80 ans est de 117.

Les cardinaux doivent √©lire le pape √† la majorit√© des deux tiers. Depuis 1274, l'√©lection est secr√®te, et les cardinaux doivent garder le secret sur ses circonstances sous peine d'excommunication. Le vote a lieu gr√Ęce √† des bulletins o√Ļ est imprim√© Eligo in Summum Pontificem, c‚Äôest-√†-dire ¬ę J'√©lis comme Souverain Pontife ¬Ľ, le cardinal inscrit ensuite son candidat et scelle son bulletin. L'√©lection a lieu dans la chapelle Sixtine o√Ļ les cardinaux sont enferm√©s. Depuis 1996, ils sont log√©s dans la r√©sidence Sainte-Marthe (Domus Sanct√¶ Marth√¶), situ√©e derri√®re la salle des audiences. Le r√©sultat des scrutins successifs est annonc√© au public par une fum√©e noire quand le scrutin n'est pas concluant, blanche quand il l'est. Depuis 2005, les cloches de la basilique Saint-Pierre sonnent pour indiquer l'√©lection d'un nouveau pape.

√Ä la fin de l'√©lection, le cardinal camerlingue de la Sainte √Čglise romaine r√©dige un compte rendu, approuv√© par les trois cardinaux assistants, indiquant le r√©sultat des votes intervenus au cours de chaque session. Ce compte rendu est remis au nouveau pape.

Les cardinaux peuvent choisir théoriquement n'importe quel baptisé de sexe masculin, bien que depuis longtemps le nouveau pape soit toujours issu du Sacré Collège. Quand le nouveau pape est élu et a accepté ses fonctions, le cardinal protodiacre annonce le résultat de l'élection du haut de la loge des bénédictions de la basilique Saint-Pierre.

Création cardinalice

Les cardinaux sont ¬ę cr√©√©s ¬Ľ (terme issu du droit romain d√©signant la nomination d'un magistrat) par d√©cret du pape publi√© devant le Coll√®ge des cardinaux r√©unis en consistoire, en tant qu' ¬ę hommes remarquables par leur doctrine, leurs mŇďurs, leur pi√©t√© et leur prudence dans la conduite des affaires ¬Ľ. S'ils doivent poss√©der au moins le presbyt√©rat, en pratique ils doivent √™tre au moins √©v√™ques : ceux qui ne sont pas encore √©v√™ques doivent recevoir la cons√©cration √©piscopale[8]. Cependant, des d√©rogations papales ont d√©j√† √©t√© accord√©es, permettant √† des pr√™tres cr√©√©s cardinaux alors qu'ils avaient d√©j√† atteint l'√Ęge de 80 ans de ne pas √™tre consacr√©s √©v√™ques. Cela a √©t√© le cas par exemple pour le cardinal fran√ßais Albert Vanhoye.

On dit d'une personne nouvellement nomm√©e qu'elle est ¬ę √©lev√©e √† la pourpre cardinalice ¬Ľ en r√©f√©rence √† la couleur rouge des v√™tements de cardinal.

Article d√©taill√© : Cardinal-neveu.

En fait, la nomination de cardinaux est une indication politique sur le pontificat en cours et la future élection, les cardinaux étant chargés d'élire le pape. Dans l'histoire, elle a aussi été une manière d'honorer les cadets de grandes familles royales ou nobles et de récompenser des proches. Cet état de fait était désigné sous le nom de népotisme, du latin nepos, le neveu. Le pape choisissait un de ses neveux qu'il créait cardinal afin de faire entrer sa parenté dans la "carrière" ecclésiastique.

Consistoire ordinaire public pour la création de nouveaux cardinaux

Le pape Calixte III cr√©e un cardinal : Enea Piccolomini, futur Pie II

Le consistoire pour la cr√©ation des nouveaux cardinaux se d√©roule actuellement selon le rite introduit √† l‚Äôoccasion du consistoire du 28 juin 1991 :

Après le salut liturgique, le pape lit la formule de création et proclame les noms des nouveaux cardinaux. Le premier d’entre eux s'adresse alors au Saint-Père au nom de ses collègues. Suivent la liturgie de la Parole, l'homélie papale, la profession de Foi et le serment.

Chaque nouveau cardinal s'approche ensuite du pape et s'agenouille devant lui pour recevoir la barrette, puis son titre cardinalice ou sa diaconie :

  • Le Pape place la barrette sur la t√™te de l'imp√©trant, en disant : ¬ę Re√ßois cette pourpre en signe de la dignit√© et de l'office de Cardinal, elle signifie que tu es pr√™t √† l'accomplir avec force, au point de donner ton sang pour l'accroissement de la foi chr√©tienne, pour la paix et l'harmonie au sein du Peuple de Dieu, pour la libert√© et l'extension de la Sainte √Čglise catholique et romaine ¬Ľ.
  • Le Pape remet √† chaque nouveau cardinal une √©glise de Rome (titre ou diaconie) en signe de participation √† la mission pastorale du pape sur l'Urbs.
  • Le rite pr√©voit ensuite la remise de la bulle de cr√©ation des cardinaux, l'assignation du titre ou de la diaconie et l'√©change du baiser de paix avec les autres √©lus et tous les autres membres du coll√®ge cardinalice.

Le rite se termine par la prière universelle, le Notre Père et la bénédiction finale.

Pendant la chapelle papale qui suit, le pape conc√©l√®bre avec les nouveaux cardinaux auxquels il remet l'anneau cardinalice ¬ę signe de dignit√©, de sollicitude pastorale et d‚Äôune plus √©troite communion avec le Si√®ge de Pierre ¬Ľ.

Nombre

Le nombre de cardinaux a varié au cours de l'histoire. Il a d'abord été restreint aux 25 églises cardinalices de Rome, aux 7 diocèses suburbicaires et aux 6 diaconats palatins et 7 diaconats régionaux. En 1586, par sa constitution Postquam verus, le pape Sixte Quint fixe leur nombre à 70. Enfin, en consistoire secret (aujourd'hui appelé consistoire ordinaire) en 1973, Paul VI a limité le nombre des cardinaux électeurs à 120. Néanmoins en 2003, sous le pontificat de Jean-Paul II, le nombre des cardinaux a atteint 194 (dont 135 électeurs).

Cardinal in pectore

Le pape peut √©galement choisir de ne pas divulguer le nom du nouveau cardinal, c'est ce qu'on appelle un cardinal in pectore (¬ę gard√© secret ¬Ľ, litt√©ralement ¬ę dans le secret de son cŇďur ¬Ľ). Quand son nom est publi√© par le pape, ce cardinal obtient la pr√©s√©ance √† partir du jour de la r√©servation in pectore. Cette formule est g√©n√©ralement adopt√©e pour honorer des pr√©lats dont la nomination pr√©sente des risques, par exemple en raison de la situation politique du pays dont ils sont ressortissants ou r√©sidents.

Insignes

L'insigne distinctif des cardinaux est la couleur rouge[9] (dite pourpre cardinalice), couleur du sénat romain, rappelant le sang versé par le Christ. Ils portent soit la soutane rouge avec une barrette rouge[10] et une mozette rouge, soit une soutane et une mozette noires avec des liserés et des boutons rouges.

Les cardinaux portent l'anneau, qui traditionnellement est de saphir et, même s'ils n'ont pas reçu la consécration épiscopale, ils utilisent la croix pectorale, la crosse et la mitre.

Galero cardinalice

Jusqu'√† l'Instruction Ut sive sollicite du 31 mars 1969[11], ils portaient √©galement le chapeau cardinalice rouge[12], le galero, grand chapeau plat d'o√Ļ pendaient des houppes de chaque c√īt√©, qui leur √©tait impos√© en consistoire. C'est ce dernier que l'on retrouve dans les armoiries des cardinaux. Dans la pratique, ce chapeau ne servait plus gu√®re que deux fois, le jour de la cr√©ation du cardinal et apr√®s son d√©c√®s, o√Ļ il √©tait d√©pos√© au pied du lit fun√®bre et suspendu ensuite au-dessus du tombeau. De nos jours, le pape -ou l'abl√©gat quand la c√©r√©monie n'a pas lieu √† Rome- impose la barrette rouge.

Les cardinaux utilisaient trois autres chapeaux, un de couleur noire et de la forme usuelle du chapeau romain, orné d'une torsade et de glands rouges et or, pour servir en costume de ville, qui peut toujours être porté[13], un chapeau de même forme, de velours rouge comme celui du pape, avec une tresse et des glands d'or, qui était porté avec le rochet et la mosette pour sortir de l'église en cérémonie, et un immense chapeau de paille fine recouverte de soie rouge qui servait notamment aux processions dans un but utilitaire pour se protéger du soleil.

Pendant les temps de l'avent et du carême, ainsi que pendant la vacance du Siège pontifical, ils portaient, en signe de pénitence ou de deuil, des vêtements violets, assez semblables à ceux des évêques, dont ils ne différaient que par la couleur du fileté et des boutons.

Les religieux, tout en portant la calotte, la barette et le chapeau rouges, conservaient pour le reste des vêtements la couleur propre à leur ordre les dominicains, les camaldules, les chartreux le blanc, les augustins et les bénédictins le noir, les capucins le marron, les franciscains de l'Observance le gris, cendré ou perle.

Les patriarches des √Čglises catholiques orientales utilisent la couleur rouge mais conservent la forme des v√™tements de chŇďur propres √† leur rite.

Titulature

Les cardinaux portent le titre honorifique d'√Čminence[14], qui leur est exclusivement r√©serv√© et qui compl√®te la liste des honneurs qui leur sont dus en raison de leur qualit√© de princes de l'√Čglise.

La titulature compl√®te est Eminentissimus ac Reverendissimus Dominus [Pr√©nom] Sanct√¶ Roman√¶ Ecclesi√¶ cardinalis [Nom] : √Čminentissime et R√©v√©rendissime Seigneur [Pr√©nom] Cardinal [Nom] de la Sainte √Čglise romaine.

Plus couramment, on parle de Son √Čminence le cardinal N.

Ils signent de leur prénom suivi de Card. ou Cardinal, puis de leur nom (ex. Petrus Card. Palazzini).

La formule d'appel traditionnelle est : √Čminence. La formule Monsieur le Cardinal est √©galement admise.

Le traitement, notamment dans la correspondance, est : Votre √Čminence.

La formule de politesse finale est, par exemple : J'ai l'honneur d'√™tre, avec le plus profond respect, de Votre √Čminence le tr√®s humble (ou tr√®s d√©vou√©) serviteur.

La suscription des enveloppes sera : Son √Čminence, le cardinal N., (Archev√™que de...).

On n'emploie jamais le titre de Monseigneur pour un cardinal.

Privilèges

Les cardinaux qui se trouvent hors de Rome et hors de leur propre dioc√®se sont exempts, en ce qui concerne leur propre personne, de la juridiction de l'√©v√™que du dioc√®se o√Ļ ils se trouvent.

Ils ont partout préséance, sauf en présence du pape, et peuvent officier pontificalement dans toutes les églises hors de Rome en faisant usage de la cathèdre (c'est à dire, comme s'ils étaient évêques du lieu en question).

M√™me s'ils n'ont pas re√ßu la cons√©cration √©piscopale, les cardinaux sont traditionnellement convoqu√©s au concile Ňďcum√©nique. L'actuel code de droit canonique ne les mentionne plus explicitement, mais pr√©voit qu'en plus des √©v√™ques, d'autres personnes non rev√™tues de la dignit√© √©piscopale, puissent y √™tre appel√©es[15]. Le code de 1917 leur donnait un droit de suffrage d√©lib√©ratif[16] .

Ils peuvent être enterrés dans les églises[17].

Bibliographie

  • Panvinius, De episcopatibus, titulis et diaconiis cardinalium, Venise, 1567

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

  1. (en) The Cardinals of the Holy Roman Church ‚ÄĒ un site en anglais tr√®s complet sur tous les cardinaux jusqu'√† nos jours

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Jean XXIII, bulle Cum Gravissima, 15 avril 1962
  2. ‚ÜĎ Code de droit canonique, 1983, can. 351 ¬ß1
  3. ‚ÜĎ Paul VI, Motu Proprio Ad purpuratorum Patrum du 11 f√©vrier 1965
  4. ‚ÜĎ Code de droit canonique, 1983, can. 353
  5. ‚ÜĎ Jean-Paul II, Constitution apostolique Universi dominici gregis du 22 f√©vrier 1996
  6. ‚ÜĎ Synode de Melfi, conclusion dans un d√©cret de Nicolas II confirm√© par le concile de Latran III
  7. ‚ÜĎ Motu proprio Ingravescentem √¶tatem
  8. ‚ÜĎ Jean XXIII, Motu Proprio Cum gravissima du 15 avril 1962, Code de droit canonique, 1983, can.351
  9. ‚ÜĎ Depuis Innocent IV, Ier concile de Lyon, 1245
  10. ‚ÜĎ Paul II, 1464
  11. ‚ÜĎ Secr√©tairerie d'√Čtat, instruction Ut sive sollicite n.61 Acta Apostolic√¶ Sedis(1969).
  12. ‚ÜĎ Accord√© pour la premi√®re fois par Innocent IV au Ier concile de Lyon en 1245
  13. ‚ÜĎ Secr√©tairerie d'√Čtat, instruction, Ut sive sollicite n.61 Acta Apostolic√¶ Sedis(1969)
    Cæremoniale Episcoporum, 1984, n.1203
  14. ‚ÜĎ Urbain VIII, 1630
  15. ‚ÜĎ Code de droit canonique, 1983, can. 339 ¬ß2
  16. ‚ÜĎ Code de droit canonique, 1917, can. 223 ¬ß1.
  17. ‚ÜĎ Code de droit canonique, 1983, can. 1242

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