Campagne D'Italie (1799-1800)

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Campagne D'Italie (1799-1800)

Campagne d'Italie (1799-1800)

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Campagne d'Italie
Informations générales
Date 1799-1800
Lieu Italie
Issue Victoire française
Belligérants
France France Drapeau: Empire d'Autriche Empire d’Autriche
Russie Russie
Commandants
‱ NapolĂ©on Bonaparte
‱ BarthĂ©lemy SchĂ©rer
‱ Jean Victor Moreau
‱ Étienne Macdonald
‱ Jean Lannes
‱ BarthĂ©lemy Joubert †
‱ Jean Championnet
‱ Nicolas Soult
‱ Alexandre Souvorov
‱ Michael von Melas
Guerres de la Révolution française
Batailles
Guerre de la deuxiĂšme coalition

St George's Caye (navale) - 1re Stockach â€” 1re Zurich â€” Bergen â€” 2e Zurich â€” Alkmaar â€” Castricum â€” Moesskirch â€” Biberach â€” 2e Stockach â€” HöchstĂ€dt â€” Hohenlinden â€” Copenhague (navale) â€” AlgĂ©siras (navale)


Campagne d'Égypte
Pyramides â€” Aboukir (navale) â€” Caire â€” El Arish â€” Jaffa â€” Saint-Jean-d'Acre â€” Mont-Thabor â€” Aboukir (terrestre) â€” HĂ©liopolis â€” Canope â€” SiĂšge d'Alexandrie


Expédition d'Irlande
Vinegar Hill â€” Castlebar â€” Ballinamuck


2e Campagne d'Italie
Cassano â€” Trebbia â€” Novi â€” Montebello â€” GĂȘnes â€” Marengo

La deuxiÚme campagne d'Italie qui commence en 1799 (an VII) est un nouvel épisode dans la guerre qui oppose la jeune République française à la DeuxiÚme coalition qui se différencie de la premiÚre par la participation des troupes russes au conflit.

Sommaire

Situation

Les troupes russes sous les ordres du Généralissime Alexsandre Souvorov traversant les Alpes en 1799.

En 1799, le Royaume-Uni, l'Autriche, la Russie et la Turquie forment une nouvelle coalition contre la France. Profitant de l'absence de NapolĂ©on Bonaparte bloquĂ© en Égypte, les Autrichiens lancent une offensive dans le but de reconquĂ©rir ses possessions italiennes enlevĂ©es par ce gĂ©nĂ©ral français l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente.

Sur tous les fronts, les Français ont 150 000 hommes mais, en Italie, le gĂ©nĂ©ral BarthĂ©lemy Louis Joseph SchĂ©rer n'a sous ses ordres que 20 Ă  60 000 soldats et il commet l'erreur de diviser son armĂ©e en trois fronts : la division SĂ©rurier Ă  Lecco, la division Grenier Ă  Cassano et la division Victor Ă  Lodi, les plaçant sur un long cordon s'Ă©tendant de la Valteline jusqu'Ă  Plaisance, au-delĂ  de l'Adda.

L'Armée des Alpes, dirigée par Championnet est démunie. Trop peu nombreuse, elle est rapidement défaite et, décimée par le typhus, ne peut défendre la frontiÚre des Alpes.

DĂ©but de la campagne d'Italie

Le gĂ©nĂ©ral SchĂ©rer qui commande l'ArmĂ©e d'Italie composĂ©e de 20 Ă  50 000 soldats Français, doit faire face aux 60 000 Autrichiens commandĂ©s par Michael von Melas. Étienne Jacques Joseph Macdonald remplace Championnet Ă  la tĂȘte de l'ArmĂ©e de Rome et ses 12 000 hommes.

De 30 Ă  50 000 soldats Russes sont attendus sous peu, sous les ordres du feld-marĂ©chal Souvorov.

Les Français étant occupés par la pacification difficile de Naples, leur force effective est diminuée de moitié. Avant l'arrivée des troupes russes et afin d'éviter que la situation ne devienne encore plus intenable, Schérer ordonne une attaque immédiate. Macdonald doit se séparer d'une partie de ses troupes envoyées en renfort à Naples.

L'arrivée du généralissime Souvorov

L'exilé feldmarshal Souvorov recevant l'ordre impérial de mener l'armée russe contre les armées de Napoléon.

Les troupes autrichiennes sous les ordres de Paul Kray et Michael von Melas, remportent la victoire Ă  VĂ©rone, puis Ă  Magnano le 6 avril 1799 (17 germinal an VII). DĂ©fait, SchĂ©rer laisse 8 000 hommes dans diffĂ©rents forts de la rĂ©gion et ordonne la retraite du reste des troupes françaises. Michael von Melas perd du temps Ă  les poursuivre et provoque le dĂ©plaisir de François Ier d'Autriche. Aussi, lorsque les troupes russes entrent en Italie en ce dĂ©but de printemps sous le commandement du feld-marĂ©chal Alexandre Souvorov[1], c'est Ă  la demande expresse du souverain autrichien que le Russe prend, le 18 avril 1799 (29 germinal an VII), la tĂȘte des armĂ©es combinĂ©es austro-russes en Italie. François Ier d'Autriche pousse les deux gĂ©nĂ©raux Ă  avancer avec vigueur, et bientĂŽt le PiĂ©mont leur est acquis.

Caricature anglaise de 1799 montrant le gĂ©nĂ©ral Souvorov se dĂ©lectant d'une fricassĂ©e de tĂȘtes françaises.

Le Directoire rend Schérer responsable de ces défaites, et il est remplacé par Moreau, général à l'expérience et au talent reconnu, mais qui n'avait pas eu jusqu'ici la confiance du Directoire. Moreau et ses troupes inférieures en nombre tentent de défendre le terrain pied à pied, mais une nouvelle défaite à Cassano les 26 et 27 avril (7 et 8 floréal), l'oblige à ordonner la retraite de Lombardie, évacuant les places d'Alexandrie et de Turin, et se retirant sur la Suisse.

La situation semble désespérée pour l'armée française, défaite de trop nombreuse fois, manquant de matériel et de troupes fraßches. Les Français reculent et doivent abandonner Milan à Suvorov.

Les 12 000 hommes du gĂ©nĂ©ral Macdonald quittent alors Naples pour soutenir Moreau et rejoindre la division Victor que Moreau envoie Ă  sa rencontre. Avant de partir, Macdonald[2] fait occuper et approvisionner les places fortes de Fort Saint-Elme, Capoue, GaĂšte et Saint-Angelo. Cette dĂ©cision s'avĂšre peu stratĂ©gique, car ces places-fortes tombent bientĂŽt aux mains des Anglais.

Une attaque des AlliĂ©s, traversant le PĂŽ, Ă©choue le 11 mai. L'armĂ©e de Moreau, rĂ©duite Ă  9 000 hommes valides, est dĂ©cimĂ©e. Une tentative de contre-attaque Ă©choue face aux hommes du gĂ©nĂ©ral Pyotr Bagration. Suvorov occupe trĂšs vite Turin et proclame la restitution du PiĂ©mont Ă  son roi, Charles Emmanuel IV. L'opposition des gĂ©nĂ©raux autrichiens fait naĂźtre entre eux et ce dernier un commencement de mĂ©sentente.

L'impossible jonction

S'engage pendant un temps une incroyable course entre Macdonald et Moreau pour rĂ©unifier l'ArmĂ©e d'Italie, coupĂ©e en deux par les manƓuvres de Souvorov.

La marche de Macdonald

Macdonald effectue une marche impressionnante, qui passe par les États pontificaux, la Toscane, pour arriver aux dĂ©bouchĂ©s des Apennins. Il bat les Autrichiens Ă  Sarzana et Pontremoli, ce qui lui ouvre un chemin pour communiquer avec GĂȘnes, et se retranche dans Pistoia, pour attendre Moreau, qui s'est retirĂ©, de son cotĂ©, dans le PiĂ©mont.

Macdonald Ă©crit au Directoire pour offrir sa dĂ©mission et suggĂ©rer un regroupement des deux armĂ©es sous les ordres de Moreau. En absence de rĂ©ponse de Paris, Macdonald prĂ©pare un plan d'opĂ©rations combinĂ©es, espĂ©rant que Moreau s'avancera, et coupera les lignes de communications de Souvorov. Mais Moreau reste entre GĂȘnes et la Scrivia, ce qui amĂšne Macdonald Ă  opĂ©rer seul. De leur cotĂ©, les Russes marchent sur la Trebie.

Les erreurs de Moreau

Moreau fait retraite sur le Tessin, alors qu'il aurait dĂ» la faire par le pont de Plaisance, sur la rive droite du PĂŽ. Il ne parvient pas Ă  faire la jonction avec l'armĂ©e de Naples que commande Macdonald, et qui est en marche pour s'approcher du PĂŽ, laissant Ă  Souvorov le loisir de se porter sur GĂȘnes et de le couper entiĂšrement de l'armĂ©e de Naples. S'apercevant de sa faute, il revient en toute hĂąte, par la rive droite du PĂŽ, sur Alessandria. Quelques jours plus tard, il commet Ă  nouveau une erreur similaire, en marchant sur Coni, en abandonnant entiĂšrement l'armĂ©e de Naples et les hauteurs de GĂȘnes.

Pendant qu'il marche Ă  l'Ouest, Macdonald arrive avec l'armĂ©e de Naples sur La Spezia. Au lieu d'opĂ©rer sa jonction sur GĂȘnes, derriĂšre l'Apennin, et de dĂ©boucher, rĂ©unis sur la Bocchetta, pour faire lever le siĂšge de Mantoue, Moreau prescrit Ă  Macdonald de passer l'Apennin et d'entrer dans la vallĂ©e du PĂŽ pour opĂ©rer sa jonction sur Tortona. IsolĂ©e, l'armĂ©e de Naples doit supporter tous les efforts de l'ennemi Ă  la bataille de la TrĂ©bie.

L'Armée des Alpes de Championnet

L'ArmĂ©e des Alpes (dirigĂ©e par Championnet) rentre dans le conflit et engage alors l'armĂ©e Austro-Russe dans une sĂ©rie d'escarmouches mineures, mais n'arrive pas Ă  sauver Moreau et ses hommes. Suvorov prend une sĂ©rie de garnisons françaises et continue son avance implacable. Étienne Macdonald et ses hommes tentent de s'y opposer, le 19 juin, Ă  la Bataille de La TrĂ©bie oĂč ils sont battus.

Avec le reste de son armĂ©e Macdonald fuit vers GĂȘnes, une retraite qui lui vaudra l'admiration de Soult[3], alors que Suvorov attaque Novi. Malade et mal remis de blessures reçues le 12 juin Ă  ModĂšne, Macdonald quitte GĂȘnes amer, laissant Moreau tenter de rejoindre son armĂ©e, et se rend Ă  Paris.

Changements de généraux

Moreau, qui espĂšre longtemps ĂȘtre renforcĂ© par Macdonald, parvient Ă  rĂ©unir assez de moyens pour opposer une rĂ©sistance suffisante aux progrĂšs de Souvorov. Il remporte le 22 juin, la victoire de San-Giuliano. La riviĂšre de GĂȘnes devient une barriĂšre que le gĂ©nĂ©ral russe ne peut franchir. Le Conseil aulique, commandement autrichien, ordonne alors une halte dans les offensives coalisĂ©es, alors que les garnisons de Mantoue et Alexandria sont prises. Suvorov, stoppe son attaque pour retrouver des forces avant une offensive dĂ©cisive en automne.

Le Directoire s'inquiÚte. Moreau est envoyé rejoindre l'Armée du Rhin. Joubert est nommé général en chef de l'Armée d'Italie, avec Suchet, pour chef d'état major. Mais le 15 août, à la bataille de Novi Joubert trouve la mort. C'est la derniÚre victoire de Souvorov en Italie et encore est-elle vivement disputée.

Moreau, qui n'est pas encore parti, reprend l'initiative, opĂšre une glorieuse retraite devant des forces supĂ©rieures et mĂšne enfin les survivants vers GĂȘnes, Ă  la rencontre de l'armĂ©e de Macdonald, oĂč il prĂ©pare la ville Ă  un Ă©tat de siĂšge. Finalement, selon l'ordre du Directoire, Moreau laisse le commandement Ă  Championnet et rentre Ă  Paris. Le nouveau commandant en chef est battu Ă  Genola, le 4 novembre. Peu de temps aprĂšs, Ă©clate le coup d'État du 18 brumaire de l'an VIII (9 novembre 1799).

La mésentente

A cette Ă©poque, la mĂ©sentente entre le gĂ©nĂ©ral russe et les gĂ©nĂ©raux autrichiens augmente[4]. Souvorov ne tarde pas Ă  se plaindre d'ĂȘtre mal secondĂ© par les Autrichiens. De son cĂŽtĂ© le cabinet russe s'indigne de l'ordre donnĂ© Ă  l'archiduc Charles de marcher vers la Suisse. Paul Ier, Ă  son tour, prescrit Ă  Souvorov d'abandonner l'Italie et les Autrichiens, de se porter, avec le peu de troupes qui lui restent Ă  la rencontre du gĂ©nĂ©ral Korsakov et de prendre le commandement de toutes les forces russes qui entrent en HelvĂ©tie.

Au dĂ©part des russes, Melas, qui reste commandant des troupes autrichiennes, arrĂȘte l'offensive et consolide ses forces. Ce rĂ©pit accordĂ© Ă  l'ArmĂ©e d'Italie marque un tournant dĂ©cisif dans le cours de la guerre.

À l'automne, Souvorov passe le col du Saint-Gothard afin de soutenir le gĂ©nĂ©ral Korsakov qui s'apprĂȘte Ă  envahir la France. Mal soutenus par les Autrichiens jaloux des succĂšs des Russes, Korsakov est battu Ă  la bataille de Zurich, le 25 septembre, par l'ArmĂ©e d'HelvĂ©tie du gĂ©nĂ©ral AndrĂ© MassĂ©na. Les Russes sont alors obligĂ©s de se replier vers le Vorarlberg[5].

ChoquĂ©, Paul 1er dissout l'alliance et rappelle Souvorov. Le feld-marĂ©chal abandonne les Autrichiens Ă  eux-mĂȘmes et ramĂšne Ă  son souverain les restes de son armĂ©e. Pourtant la situation en Italie reste clairement Ă  l'avantage de la coalition. Melas dispose de 100 000 hommes sous ses ordres, Ă  opposer Ă  50 000 français dispersĂ©s. Les alliĂ©s prĂ©parent un mouvement dĂ©cisif dans le sud de la France, et au-delĂ  du Rhin. MĂ©las avance lentement, posant le siĂšge devant GĂȘnes.

L'arrivée de Bonaparte

Le plan de sauvetage du Consul

Pendant le conflit, a lieu le Coup d'Ă©tat du 18 Brumaire. Revenu d'Égypte et fraĂźchement nommĂ© Premier Consul, Bonaparte nomme MassĂ©na[6] en remplacement de Championnet, qui, malade du Typhus, a demandĂ© Ă  ĂȘtre relevĂ©[7],[8]. Avec sous ses ordres les gĂ©nĂ©raux Soult et Suchet, AndrĂ© MassĂ©na et son ArmĂ©e d'HelvĂ©tie part soutenir les assiĂ©gĂ©s de GĂȘnes.

Pendant ce temps, Ă  Dijon, Bonaparte constitue une armĂ©e pour soutenir les troupes de MassĂ©na, bloquĂ©es depuis des mois par le siĂšge de GĂšnes et qui manque de nourriture. Comme il n'a constitutionnellement pas le droit de commander une armĂ©e sur un thĂ©Ăątre d'opĂ©ration extĂ©rieur, il forme une armĂ©e de rĂ©serve, dans les rangs de laquelle on trouve notamment Berthier comme gĂ©nĂ©ral en chef, Dupont de l'Étang comme chef d’état major et plus tard Desaix, qui a insistĂ© [9].

Le Premier Consul confie Ă  Moreau l'action principale de son plan, c'est-Ă -dire l'attaque de l'Autriche par le sud de l'Allemagne. Pendant ce temps, lui-mĂȘme passera les Alpes par le col de Saint-Gothard, puis enveloppera l'armĂ©e autrichienne et fondra sur ses arriĂšres. Mais Moreau, effrayĂ© par cette double manƓuvre, tarde Ă  l'exĂ©cuter.

Pendant ce temps, l'Autriche maintient son armĂ©e d'Allemagne sur la dĂ©fensive et concentre tout son effort sur l'Italie. La division du gĂ©nĂ©ral Suchet est rejetĂ©e dans le Var. Le retard de Moreau, qui doit faire diversion en attaquant en Allemagne le gĂ©nĂ©ral Kray, mais surtout la duretĂ© du siĂšge de GĂȘnes, obligent Bonaparte Ă  franchir les Alpes par le chemin le plus court, mais aussi l'un des plus difficiles : le Grand-Saint-Bernard. Il a conçu une nouvelle manƓuvre : occuper, sur la route de Plaisance Ă  GĂȘnes, le dĂ©filĂ© de la Stradella pour contraindre les Autrichiens Ă  la retraite et couvrir Milan.

La traversée des Alpes

Tableau de David représentant Bonaparte au col du Grand-Saint-Bernard.

Les forces françaises dirigĂ©es par Bonaparte sont composĂ©es de 40 000 hommes, dont la Garde Consulaire. Il dispose des divisions Watrin, Chambarlac, Gardanne, Boudet, Monnier et des gĂ©nĂ©raux de corps Murat, Lannes et Victor.

DĂšs le 15 mai, Bonaparte concentre ses forces dans la rĂ©gion de Martigny, en Suisse, en vue de passer en Italie par le Nord. Lannes commande l’avant-garde avec six demi-brigades. Dans le mĂȘme temps, la division Moncey traverse par le col du Saint-Gothard, la division Lechi par le col du Simplon, la division Chabran par le Petit-Saint-Bernard et la division Thureau par le col du Mont-Cenis.

Cette traversée, glorifiée a posteriori, contribuera fortement à la légende et la propagande de Napoléon Empereur.

DĂšs le 20 mai, Lannes arrive devant le Fort de Bard qui commande la sortie de la route vers la plaine du PĂŽ, Ă  la sortie du col du Saint Bernard. Ce fort est dĂ©fendu par une compagnie autrichienne. Dans le mĂȘme temps, l'artillerie française passe le col, malgrĂ© les difficultĂ©s. Tandis que Lannes contourne la position, une partie des forces françaises assiĂšge la place. Dupont de l'Étang entre (avec ses hommes) le premier dans la ville de Bard et se signale Ă  l'attaque du fort les 21 et 22 mai 1800. Le 23 mai, le passage est terminĂ©. Lannes, toujours en avant-garde, arrive Ă  IvrĂ©e. La division Loison prend CrĂ©mone. Le 2 juin le Petit Caporal entre Ă  Milan.

L'héroïsme de Soult

La dĂ©fense du pays de GĂȘnes reste comme une des pages les plus glorieuses de la carriĂšre du gĂ©nĂ©ral Soult : presque chaque jour est marquĂ© par une action d'Ă©clat. Le 6 avril, dans une premiĂšre sortie, Ă  la tĂȘte de plusieurs bataillons, il traverse audacieusement l'armĂ©e autrichienne et dĂ©livre le gĂ©nĂ©ral Gardanne, livre plusieurs combats Ă  l'ennemi, le rejette au delĂ  de la Piotta, s'empare de Sassello, remporte de nouveaux succĂšs Ă  Ponte-Junera, Ă  l'attaque de l'Hermette, et rentre dans GĂȘnes avec de nombreux prisonniers, des canons et des drapeaux.

Dans une nouvelle sortie, le gĂ©nĂ©ral Soult traverse de nouveau l'armĂ©e autrichienne, enlĂšve une division Ă  Monte-Facio. Enfin, il livre un dernier combat Ă  Montecreto, oĂč un coup de feu lui fracasse la jambe. RestĂ© au pouvoir de l'ennemi, il demeure prisonnier.

La chute de GĂȘnes

GĂȘnes tombe le 4 juin, avant que le Premier Consul ne puisse l'atteindre. Bonaparte doit encore changer de plan de campagne.

L'Amiral Keith honorera la défense implacable de Masséna[10]. Bonaparte fait avancer son armée à marche forcée pour frapper les Autrichiens avant qu'ils ne puissent se reprendre. Le retour de Napoléon Bonaparte vient à point nommé pour relever le courage des troupes de Masséna, sévÚrement usé.

Pour Ă©viter une jonction des Autrichiens avec les Britanniques, attendus Ă  GĂȘnes, Bonaparte doit accrocher Melas entre Novi et la cĂŽte. Le premier affrontement a lieu sur la Stradella. L'ArmĂ©e de rĂ©serve (dirigĂ©e par le gĂ©nĂ©ral Jean Lannes et comptant dans ses rangs le gĂ©nĂ©ral Desaix) se bat Ă  Bataille de Montebello le 9 juin, peu avant la grande bataille de Marengo. C'est une victoire.

Marengo

La bataille de Marengo par le peintre Lejeune.

Le 13 juin, Bonaparte n'a toujours pas localisĂ© le gros de l'armĂ©e ennemie. Il envoie donc le lendemain son armĂ©e Ă  diffĂ©rents points stratĂ©giques. Deux divisions sont envoyĂ©es en reconnaissance : la division Lapoype sur la rive gauche du PĂŽ, et au sud la division de Desaix. Quelques heures plus tard, les Autrichiens franchissent la Bormida, par deux ponts que les Français n'ont Ă©trangement pas dĂ©truits. Pendant la nuit du 13 au 14 juin, les Autrichiens bivouaquent en face des troupes françaises avec interdiction de faire du feu.

Le consul aurait Ă©tĂ© battu vaincu sans l'arrivĂ©e dĂ©cisive des renforts du gĂ©nĂ©ral Desaix, parti en Ă©claireur : ce dernier, Ă  qui NapolĂ©on avait demandĂ© de partir en Ă©claireur, dĂ©cide de dĂ©sobĂ©ir en entendant tonner les canons sur ses arriĂšres. Il charge Ă  la tĂȘte de sa division, tandis que la cavalerie française surprend les Autrichiens. Desaix croisera le messager que lui avait fait envoyer en toute hĂąte Bonaparte[11]. Desaix remotivera les troupes [12] et mĂȘme le futur empereur [13].

La retraite de Melas retourna la dĂ©route française en victoire. Dans la contre-attaque, Desaix fut tuĂ©[14]. Bonaparte honorera son nom avec plusieurs monuments commĂ©morant son courage. Son nom figure sur l'Arc de Triomphe, Ă©rigĂ© pour cĂ©lĂ©brer les victoires de l'Empire, comme celle de Marengo. Le gĂ©nĂ©ral sera portĂ© en triomphe par Bonaparte, reconnaissant envers son ami [15] ; Ă  de nombreuses reprises il louera le gĂ©nĂ©ral[16],[17],[18].

Conséquences

Le lendemain de cette bataille, le 15 juin 1800, Melas nĂ©gocie avec le gĂ©nĂ©ral français Dupont de l'Étang la capitulation d’Alexandrie. Cette capitulation livre aux Français douze places fortes et l'Italie jusqu'au Mincio, c'est-Ă -dire tout ce qu'ils avaient perdu depuis quinze mois Ă  l'exception de Mantoue. Le gĂ©nĂ©ral Dupont reçut alors le titre de ministre extraordinaire provisoire du gouvernement français en PiĂ©mont le 23 juin 1800, et fut chargĂ© de rĂ©organiser la RĂ©publique cisalpine.

Les hommes du gĂ©nĂ©ral Suchet reprennent GĂȘnes le 22 juin 1800.

Sur ordre du Premier Consul, l'Armée de réserve intÚgre l'Armée d'Italie et celle-ci est désormais commandée par Masséna. Mais sa gloire fut de courte durée, à cause de plaintes pour exactions, et de son avidité insatiable et célÚbre, il fut remplacé par le général Brune.

Marengo fut la derniĂšre bataille majeure sur le front italien, durant les guerres de la RĂ©volution française. AprĂšs la bataille de Hohenlinden, les autrichiens sont forcĂ©s de nĂ©gocier, et la guerre s'arrĂȘte peu aprĂšs, contribuant Ă  la lĂ©gende de Bonaparte, hĂ©ros au sein de la RĂ©publique.

Conclusion de la campagne

Alors que NapolĂ©on rentre Ă  Paris le 17 juin, laissant ses gĂ©nĂ©raux rĂ©gler la guerre en Italie, Brune doit s'opposer assez vite aux troupes de Heinrich Johann de Bellegarde. Dupont, remplacĂ© le 15 aoĂ»t par Jourdan en tant qu'administrateur gĂ©nĂ©ral du PiĂ©mont, devient le lieutenant du gĂ©nĂ©ral en chef Brune, prenant le commandement de l'aile droite de l'armĂ©e d'Italie le 28 aoĂ»t. Dupont est chargĂ© par Brune le 6 octobre d'envahir la Toscane. Le 15 octobre, il entra Ă  Florence, oĂč il Ă©tablit un gouvernement provisoire, et, le 23 octobre, il fut Ă  Livourne. Le gĂ©nĂ©ral Suchet, lui, commande le centre de l'armĂ©e, composĂ© de trois divisions fortes de 18 000 hommes.

Le gĂ©nĂ©ral Soult, libĂ©rĂ© Ă  Marengo, sera chargĂ© fin 1800 de pacifier le PiĂ©mont. Il reçoit le commandement de la partie sud du royaume de Naples. Son Ă©nergie parvint Ă  mater l'insurrection dite des Barbets. Il rĂ©ussit mĂȘme Ă  les discipliner et les enrĂŽler.

La ligne du Mincio

Le gĂ©nĂ©ral autrichien Bellegarde occupe encore la ligne du Mincio avec 70 000 hommes, appuyĂ© d'un cĂŽtĂ© au lac de Garde et de l'autre Ă  Mantoue. Le gĂ©nĂ©ral Macdonald avait reçu l'ordre de franchir les Alpes avec l'armĂ©e des Grisons, tandis que le gĂ©nĂ©ral Brune devait remonter au nord, se joindre Ă  Macdonald, puis de se porter tous deux aux sources du Mincio et de l'Adige pour faire tomber toute la ligne dĂ©fensive des Autrichiens, qui s'Ă©tendait des Alpes Ă  l'Adriatique. Dupont quitta la Toscane le 2 novembre pour rejoindre le gros de l'armĂ©e. Le 15 dĂ©cembre, Macdonald passa le SplĂŒgen et arriva devant le Tyrol italien. Il restait Ă  Brune de forcer le passage du Mincio, et le 20 dĂ©cembre, il enleva les positions autrichiennes en avant de ce fleuve.

Le gĂ©nĂ©ral Delmas commandait l'avant-garde, Moncey la gauche, Michaud la rĂ©serve, tandis que Dupont avait le commandement de la droite. Le Mincio, grossi par les pluies, n'Ă©tait pas guĂ©able, et les ponts de Borghetto et de Vallegio Ă©taient solidement retranchĂ©s. Brune rĂ©solut de tenter le passage en deux points : Ă  Pozzolo et Ă  Mozzembano, ce dernier point devant ĂȘtre choisi pour l'attaque sĂ©rieuse. La grande attaque de Mozzembano et la Pozzolo de Pozzolo furent indiquĂ©es pour la nuit du 24 au 25 dĂ©cembre.

Mozzembano et Pozzolo

Le 25 au matin, Dupont, chargé de la diversion, couronne d'artillerie les hauteurs de moulin de la Volta, jette un pont, et, favorisé par le brouillard, porte de l'autre cÎté du fleuve la division Watrin. Cependant, à Mozzembano, l'attaque a été remise et Dupont se retrouve seul sur la rive gauche contre toute l'armée autrichienne. Bellegarde dirige des masses serrées contre le corps qui a franchi le Mincio.

Dupont a fait prĂ©venir Suchet, qui observait, entre Pozzolo et Mozzembano, le pont retranchĂ© de Borghetto. Suchet accourt, quant Ă  Brune, il se contente de remplacer devant Borghetto le corps de Suchet par la division Boudet. Dupont, s'inquiĂ©tant peu d'ĂȘtre soutenu, s'Ă©tait engagĂ©, avait enlevĂ© Pozzolo et Ă©tabli une nouvelle division sur la rive gauche, la division Monnier. Sous la protection de ses batteries, il soutint une attaque formidable, mais le nombre finit par l'emporter : Monnier est chassĂ© de Pozzolo et Dupont va ĂȘtre rejetĂ© dans le fleuve, quand Suchet prend sur lui de dĂ©tacher la brigade Clauzel et une partie de la division Gazan. Suchet appuie le passage de ces renforts par un feu d'artillerie meurtrier depuis la rive droite. CelĂ  permet de sauver et de dĂ©sengager les troupes du gĂ©nĂ©ral Dupont.

Dupont reprend l'offensive, Pozzolo est disputĂ© avec acharnement, pris et repris six fois. Le combat se prolonge tout le jour et 6 000 hommes tombent des deux cĂŽtĂ©s. Le soir venu, Dupont resta maĂźtre d'un point de la rive gauche contre un ennemi trois fois supĂ©rieur en nombre, et le lendemain, Brune se dĂ©cida Ă  passer Ă  Mozzembano, mais l'honneur du passage et de la dĂ©faite des Autrichiens revint Ă  Dupont. Suchet fait avec lui 4 000 prisonniers sur le gĂ©nĂ©ral Bellegarde.

Fin de la campagne

Le mĂȘme jour, l'armistice de Steyr est signĂ© au nord des Alpes. SignĂ© non loin de Vienne, par Moreau et l’archiduc Charles, l’armistice met fin aux affrontements armĂ©s entre Français et Autrichiens.

Les hostilités se poursuivent en Italie. L'Armée d'Italie s'empare de Vérone, de Vicence, de Mantoue, Ferrare. Le général Brune signe en vainqueur l'armistice de Trévise le 16 janvier 1801 qui oblige les autrichiens à se retirer au-delà de Tagliamento. Celui-ci qui fut bientÎt suivi de la paix de Lunéville, avec la victoire de Moreau à la bataille de Hohenlinden.

La paix de LunĂ©ville confirme l'ancien TraitĂ© de Campo-Formio du 17 octobre 1797 et l’éviction des Autrichiens d’Italie.

L’Autriche renonce aux territoires qu'elle possĂ©dait Pays-Bas, reconnaĂźt Ă  la RĂ©publique la possession de la rive gauche du Rhin et abandonne en Italie toute prĂ©tention sur les territoires au sud et Ă  l’ouest de l’Adige qui constituent la RĂ©publique cisalpine dont font partie Parme et ModĂšne.

Le duc de Toscane, Ă©galement dĂ©possĂ©dĂ©, se voit offrir l’archevĂȘchĂ© de Salzbourg et le duc de ModĂšne le Brisgau autrichien. Quant au duc de Parme, un Bourbon d’Espagne, il obtient la Toscane avec le titre de roi d’Étrurie, l’Espagne devant, en Ă©change, restituer la Louisiane Ă  la France. L’Autriche conserve cependant en Italie le Tyrol du Sud, vieille possession des Habsbourg, et la VĂ©nĂ©tie obtenue au traitĂ© de Campo-Formio.

Le tournant d'un siĂšcle

La campagne d'Italie a auguré de nombreuses choses: Elle a permis le coup d'état de Napoléon Bonaparte, et a consacré beaucoup de ses futurs généraux et maréchaux d'Empire. Elle a aussi permis à Napoléon d'assoir la crainte qu'en avaient ses adversaires des différentes coalitions, qui ne cesseront de s'opposer à lui.

Cette campagne, trÚs médiatisée à postériori fera alors la légende du Napoléon Bonaparte Consul, libérateur des peuples, promulgateur des idées de la révolution française, créateur de républiques. C'est cette légende, qui contribuera au fort engagement romantique derriÚre Bonaparte. Et le bonheur de ses adversaires et critiques comme Talleyrand.[19]

Le passage difficile des Alpes, NapolĂ©on au cƓur de ses troupes, lui donnant une rĂ©putation de gĂ©nĂ©ral exigeant, mais proche de ses fidĂšles. [20] [21]

Certains font aussi de cette campagne le début du déclin de l'Autriche impériale des Habsbourg, et le début de l'unification de l'Italie, sous la forme d'une république.

Batailles de la deuxiĂšme campagne d'Italie

Notes et références

  1. ↑ Il avait introduit dans son armĂ©e un maniement d'armes particulier : lorsque l'officier commandait marche aux Turcs, les soldats portaient la baĂŻonnette en avant ; Ă  l'ordre marche aux Prussiens, le mouvement Ă©tait accĂ©lĂ©rĂ© et la baĂŻonnette croisĂ©e deux fois ; mais aux mots marche aux Français, le soldat devait s'Ă©lancer avec impĂ©tuositĂ©, rĂ©itĂ©rer par trois fois l'action de la baĂŻonnette, l'enfoncer dans la terre, qui figurait alors les Français abattus, et la retourner avec force. Selon quelques-uns des biographes, Souvorov avait dĂ©fendu d'enseigner aux troupes les manƓuvres relatives aux retraites, soutenant qu'elles n'en auraient jamais besoin ; assertion bizarre, les manƓuvres en arriĂšre Ă©tant parfois aussi urgentes que celles en avant, en bataille, ou par le flanc et si une pareille injonction a jamais Ă©tĂ© donnĂ©e, ce qui est peu probable, les gĂ©nĂ©raux français, et MassĂ©na Ă  leur tĂȘte, ont dĂ» convaincre Souvorov de son absurditĂ©.
  2. ↑ de son propre chef, ou sur ordre du Directoire, les sources divergent
  3. ↑ "Je ne sais pas si cette retraite de la Trebbia vers la Toscane n'a pas plus fait pour l'honneur de Macdonald que sa marche de Naples à la Trebbia"
  4. ↑ Souvorov Ă©prouvait une grande antipathie pour les gĂ©nĂ©raux allemands avec lesquels il Ă©tait forcĂ© d'opĂ©rer. Il se plaisait Ă  heurter de front leurs prĂ©jugĂ©s, se moquait de leurs habitudes formalistes, et y opposait une simplicitĂ© brusque et les mƓurs presque sauvages d'un vieux Russe. Aussi les Allemands le traitaient-ils de Cosaque mal civilisĂ© et lui reprochaient-ils, en outre, d'avoir peu de combinaisons profondes, d'ĂȘtre mauvais tacticien, d'employer des manƓuvres plus rapides qu'habiles, de prodiguer sans pitiĂ© le sang des soldats et de vouloir tout emporter par la force. Ces reproches Ă©taient fondĂ©s jusqu'Ă  un certain point. À Souvorov il fallait la Russie et ses immenses ressources. TransportĂ©e loin de son pays, une armĂ©e qui n'aurait pu se recruter avec facilitĂ©, se serait fondue entre ses mains plus lentement, peut-ĂȘtre, mais aussi sĂ»rement par des victoires que par des dĂ©faites. Souvorov gagnait des batailles Ă  coups d'hommes sans paraĂźtre songer que la plus belle victoire a un lendemain.
  5. ↑ Souvorov Ă©prouva lui-mĂȘme dans sa marche par la Suisse italienne des obstacles de toute nature, que la plus persĂ©vĂ©rante intrĂ©piditĂ© pouvait seule tenter de vaincre ; la saison Ă©tait rigoureuse, les chemins dans les montagnes avaient Ă©tĂ© rendus presque impraticables, les provisions manquaient et les troupes victorieuses des Français l'entouraient et le harcelaient de toutes parts. La position des Russes Ă©tait telle que dĂ©jĂ  MassĂ©na pouvait espĂ©rer attacher le fameux Souvorov vaincu Ă  son char de triomphe.
  6. ↑ Les consuls de la RĂ©publique, vu les circonstances oĂč se trouve l'armĂ©e d'Italie, arrĂȘtent :
    Art. 1er - Le général en chef Masséna est investi de pouvoirs extraordinaires.
    Art. 2 - Il peut suspendre et renvoyer les généraux qui n'auraient pas sa confiance
    Art. 3 - Il pourra casser les corps et destituer les officiers qui auraient des principes d'insubordination
    Art. 4 - Il prendra toutes les mesures pour assurer les communications et rétablir la police dans les départements faisant partie de l'armée d'Italie. Il donnera des ordres pour qu'il soit emporté des départements du Var et des Bouches-du-RhÎne le moins de blé possible. (..)
  7. ↑ Dans sa lettre au Directoire, Championnet signale que le gĂ©nĂ©ral - et dĂ©sormais Premier Consul - Bonaparte est le seul homme qui puisse sauver l'Italie
  8. ↑ Championnet s'Ă©teint Ă  Antibes le 9 janvier 1800, du Typhus
  9. ↑ « Ordonnez-moi de vous rejoindre, gĂ©nĂ©ral ou soldat, peu m’importe, pourvu que je combatte Ă  cĂŽtĂ© de vous. Un jour sans servir la patrie est un jour retranchĂ© de ma vie. Â»
  10. ↑ "Monsieur le gĂ©nĂ©ral, votre dĂ©fense a Ă©tĂ© trop courageuse pour qu'on puisse rien vous refuser."
  11. ↑ « Je croyais attaquer l'ennemi, c'est lui qui me prĂ©vient, revenez au nom de Dieu si vous le pouvez encore !»
  12. ↑ « C'est assez reculĂ© aujourd'hui !! souvenez-vous que j'ai l'habitude de coucher sur le champ de bataille !" Â»
  13. ↑ « Il est deux heures, la bataille est perdue. Nous avons le temps d'en gagner une autre. Â»
  14. ↑ Il aurait dit Ă  Le Brun : « Allez dire au premier Consul que je meurs avec le regret de ne pas avoir assez fait pour vivre dans la postĂ©ritĂ©. Â»
  15. ↑ « Pourquoi ne m'est-il pas permis de pleurer ? Â»
  16. ↑ « Desaix c’est le talent naturel accru par l’éducation et le travail. Il ne respire que l’ambition noble d’entreprendre et de rĂ©ussir ; c’est un caractĂšre tout-Ă -fait antique Â»
  17. ↑ « De tous les gĂ©nĂ©raux que j’ai eus sous moi, Desaix et KlĂ©ber ont Ă©tĂ© ceux qui avaient le plus de talents ; surtout Desaix ; KlĂ©ber n’aimait la gloire qu’autant qu’elle lui procurait des richesses ; Desaix ne rĂȘvait que la guerre et la gloire ; les richesses et les plaisirs n’étaient rien pour lui. C’était un petit homme d’un air sombre, Ă  peu prĂšs d’un pouce moins grand que moi, toujours vĂȘtu avec nĂ©gligence, quelquefois mĂȘme dĂ©chirĂ©, mĂ©prisant les jouissances et mĂȘme les commoditĂ©s de la vie. Â» L'ironie voulut que KlĂ©ber soit tuĂ© le mĂȘme jour.
  18. ↑ « Droit et honnĂȘte dans ses procĂ©dĂ©s, les Arabes l’avaient appelĂ© le « Sultan juste Â». La nature l’avait formĂ© pour faire un grand gĂ©nĂ©ral ; c’était un caractĂšre tout Ă  fait antique. Sa mort est la plus grande perte que j’aie faite. Â»
  19. ↑ "Le premier consul Ă  33 ans et il n'a encore dĂ©truit que des États de second ordre...."
  20. ↑ NapolĂ©on dira au gĂ©nĂ©ral marquis Marescot commandant le gĂ©nie, lors d'un conseil de guerre Ă  GenĂšve : « GĂ©nĂ©ral, jugeriez-vous le passage infranchissable ? - Il est seulement difficile et dangereux. - S'il est seulement difficile, l'armĂ©e de la rĂ©publique passera. - Dans ce cas ceux qui le franchiront mĂ©riteront le titre de meilleurs soldats du monde. - Je leur accorde dĂ©jĂ . Â»
  21. ↑ NapolĂ©on Ă  un berger, Pierre Nicolas Doraz : « Que te manque-t-il ? - Une maison, un enclos... - Tu les as, je vais immĂ©diatement donner des ordres, maries toi ! tu pourras raconter Ă  tes enfants que tu as fait franchir le St Bernard au gĂ©nĂ©ral Bonaparte sur une mule. Â»
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