Camillo Cavour

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Camillo Cavour
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Camillo Cavour
Francesco Hayez 041.jpg
Mandats
1er président du Conseil italien
23 mars 1861 ‚Äď 18 juin 1861
Monarque Victor-Emmanuel II de Savoie
Prédécesseur Poste créé
Successeur Bettino Ricasoli
Ministre des Affaires étrangères
23 mars 1861 ‚Äď 18 juin 1861
Premier ministre lui même
Prédécesseur Poste créé
Successeur Bettino Ricasoli
Ministre de la marine
23 mars 1861 ‚Äď 18 juin 1861
Premier ministre lui même
Prédécesseur Poste créé
Successeur Luigi Federico Menabrea
9e et 11e Premier ministre du Royaume de Sardaigne
4 novembre 1852 ‚Äď 19 juillet 1859
Prédécesseur Massimo d'Azeglio
Successeur Alfonso Ferrero La Marmora
21 janvier 1860 ‚Äď 23 mars 1861
Prédécesseur Alfonso Ferrero La Marmora
Successeur Poste supprimé
Biographie
Date de naissance 10 ao√Ľt 1810
Lieu de naissance Drapeau : France Turin (D√©partement du P√ī)
Date de d√©c√®s 6 juin 1861 (√† 50 ans)
Lieu de d√©c√®s Drapeau : Italie Turin
Nationalité piémontaise
italienne
Parti politique Droite historique
Religion Catholicisme
Signature Camillo Benso, conte di Cavour Signature.svg

Coat of arms of the Kingdom of Italy (1848-1870).svg
Présidents du Conseil italien

Camillo Benso, comte de Cavour Prononciation du titre dans sa version originale (n√© √† Turin le 10 ao√Ľt 1810 et mort √† Turin le 6 juin 1861) est un homme politique pi√©montais, important partisan et acteur de l'unit√© italienne. Il est consid√©r√©, avec Giuseppe Garibaldi, Victor-Emmanuel II et Giuseppe Mazzini, comme l'un des ¬ę p√®res de la patrie ¬Ľ italienne.

Cavour est l'un des protagonistes du Risorgimento. Bien qu'il n'ait pas de plan préétabli pour l'unité de l'Italie, il réussit à rallier la majorité des patriotes italiens autour du Royaume de Sardaigne[1] et à gérer les événements qui conduisent à la formation du Royaume d'Italie. Il s'oppose ouvertement aux idées républicaines de Giuseppe Mazzini, ennemi des rois et conspirateur irréductible[1], et se trouve souvent en conflit avec Giuseppe Garibaldi dont il craint les actions et leur potentiel révolutionnaire.

Il est ministre du Royaume de Sardaigne de 1850 √† 1852, chef du gouvernement de 1852 √† 1859 et de 1860 √† 1861. En 1861, avec la proclamation du Royaume d'Italie, il devient le premier pr√©sident du Conseil (Premier ministre) du nouvel √Čtat italien. Il meurt alors qu'il occupe cette fonction.

En politique int√©rieure, il soutient l'adoption et la d√©fense du Statut albertin. Partisan des id√©es lib√©rales et r√©formatrices, chef de la droite mod√©r√©e, il signe un accord (Connubio, synonyme de ¬ę mariage ¬Ľ, au sens ironique) avec la gauche monarchique d'Urbano Rattazzi[2] visant √† la mise en Ňďuvre de r√©formes qui excluent les ailes extr√™mes du Parlement. Il supprime un grand nombre de congr√©gations religieuses, ce qui lui attire l'hostilit√© du pape Pie IX.

Dans le domaine de l'√©conomie, Cavour fait la promotion du libre-√©change avec les √Čtats voisins[3], remanie le syst√®me des imp√īts, incite √† la coop√©ration entre les secteurs publics et priv√©s, et lance de grands investissements industriels dans le secteur textile ainsi que dans les chemins de fer afin de raccorder les lignes italiennes et fran√ßaises. Il modernise l'agriculture gr√Ęce √† l'utilisation d'engrais et √† l'irrigation destin√©e √† en finir avec les famines trop fr√©quentes[4].

En politique √©trang√®re, il cultive habilement l'amiti√© avec les monarchies lib√©rales : le Royaume-Uni et la France du Second Empire. Gr√Ęce √† l'engagement ferme de Napol√©on III, il obtient l'expansion territoriale du Pi√©mont dans le Nord de l'Italie au d√©triment de l'Autriche puis, par pl√©biscites, des duch√©s de Parme, de Mod√®ne, de Toscane, et enfin par conqu√™te du Royaume des Deux-Siciles et des √Čtats pontificaux.

Sommaire

Biographie

Famille et jeunesse

Image des armories des Cavour
Armoiries des Cavour : ¬ę d'argent au chef de gueules √† trois coquilles saint Jacques d'or ¬Ľ.
Image du palazzo Benso di Cavour
Le Palazzo Cavour √† Turin, o√Ļ Cavour est n√©.

Camillo Cavour na√ģt le 10 ao√Ľt 1810 √† Turin, ville alors rattach√©e √† la France du Premier Empire.

Son p√®re, Michele Benso de Cavour, noble pi√©montais catholique, est un collaborateur et ami du gouverneur prince Camille Borgh√®se, qui est le parrain du petit Benso et auquel il transmet son pr√©nom. La m√®re de Camillo, Ad√®le de Sellon (1780-1846), appartient √† une famille calviniste plut√īt ais√©e de Gen√®ve[5], qui a atteint une position notable dans la bourgeoisie de la ville[6]. Sa grand-m√®re paternelle, Philippine de Sales (1761-1849), est l'arri√®re-petite-ni√®ce de saint Fran√ßois de Sales.

Camillo passe l'essentiel de sa vie au palais Cavour, √† Turin, et sa langue maternelle reste tout au long de son existence le fran√ßais ; il n'utilise l'italien que dans sa vie publique. Il est d'abord √©duqu√© par un pr√©cepteur, l'abb√© Frezet. Aristocrate[N 1], Cavour fr√©quente dans sa jeunesse le 5e cours de l'Acad√©mie militaire royale de Turin, qu'il termine fin 1825. Nomm√© √† quatorze ans page du prince de Carignan gr√Ęce aux relations de son p√®re, il vit cette fonction, cens√©e √™tre un honneur, davantage comme une servitude. Au cours de l'hiver 1826-1827, gr√Ęce aux cours de l'√Čcole d'application du Corps royal du g√©nie de Turin, il devient lieutenant du corps du g√©nie. Au terme de sa formation militaire, il pr√©sente un m√©moire intitul√© : Esposizione compita dell'origine, teoria, pratica, ed effetti del tiro di rimbalzo tanto su terra che sull'acqua et sous-titr√© : Dalle Regie scuole teoriche e pratiche di Artiglieria e Fortificazione alla Scuola d'applicazione di Artiglieria e Genio [N 2], √† Turin.

En 1828, il participe √† des travaux de fortification dans les Alpes : (Vintimille, Exilles, l'Esseillon). Le jeune homme se consacre bient√īt, par int√©r√™t personnel et par √©ducation familiale, √† la cause du progr√®s europ√©en. Parmi ses lectures, on trouve le philosophe anglais Jeremy Bentham, dont il aborde la doctrine pour la premi√®re fois en 1829. Cette ann√©e-l√†, il lit son Trait√© de la l√©gislation p√©nale et civile qui √©nonce le principe politique : ¬ę Mesure du juste et de l'injuste est seulement le plus grand bonheur du plus grand nombre ¬Ľ. L'autre concept de Bentham est que tout probl√®me peut conduire √† des faits mesurables, ce qui apporte au r√©alisme de Cavour une base th√©orique utile √† son inclination vers l'analyse math√©matique[7].

En 1830, il esp√®re que la r√©volution de Juillet, en France, va inciter √† la lib√©ralisation du royaume de Pi√©mont-Sardaigne. La m√™me ann√©e, il s'installe √† G√™nes ; l'officier Camillo Benso rencontre la marquise Anna Giustiniani, avec qui il vit une v√©ritable passion[8] et qui lui reste fid√®le jusqu'√† sa mort. Envoy√© au fort de Bard, dans la Vall√©e d'Aoste en raison de ses opinions politiques, il y d√©missionne de l'arm√©e le 12 novembre 1831.

√Ä l'√Ęge de vingt-deux ans, Cavour est nomm√© maire de Grinzane, o√Ļ la famille a des propri√©t√©s, et il occupe ce poste jusqu'en 1848[9]. En d√©cembre 1834 il voyage √† l'√©tranger, √©tudiant le d√©veloppement √©conomique de pays largement plus industrialis√©s comme la France et le Royaume-Uni.

Suisse, France et Royaume-Uni

En d√©cembre 1834 Cavour se rend √† Gen√®ve, lieu d'origine de sa famille maternelle. Il y assiste √† des cours universitaires vari√©s, portant sur l'√©conomie, l'histoire, ou la physique, constituant l'√©ventail des enseignements qui forment la tradition culturelle du XVIIIe si√®cle[10].

Accompagn√© de son ami Pietro di Santarosa, Cavour, en f√©vrier 1835, rejoint Paris, o√Ļ il reste presque deux mois et demi. Au cours de cette p√©riode, il visite les h√īpitaux, les prisons, les √©coles et les institutions publiques de tous types. Il fr√©quente les milieux l√©gitimistes favorables aux Bourbons mais aussi ceux qui sont politiquement les plus proches de lui, √† savoir les partisans de la monarchie de Juillet de Louis-Philippe. √Ä cette occasion, il rencontre des hommes qu'il admire, comme le futur Premier ministre Fran√ßois Guizot[11].

Il quitte Paris le 9 mai 1835 et arrive √† Londres, o√Ļ il rencontre d'autres personnalit√©s qu'il d√©sire conna√ģtre, tels le r√©formateur Edwin Chadwick (1800-1890) et Alexis de Tocqueville. Comme √† Paris, il s'int√©resse aux questions sociales, il visite les h√īpitaux, les prisons, et entre en contact avec les aspects les plus concrets de la r√©volution industrielle. En mai, Cavour part, toujours en compagnie de Santarosa, pour un tour de l'Angleterre et du Pays de Galles. Il visite Windsor, Oxford, Birmingham, Chester, Liverpool, Manchester, Nottingham et Cambridge, apr√®s quoi, le 3 juillet 1835, il retourne en France[12]. Lors de ses d√©placements √† Paris, Camillo s'offre quelques incartades et se lie avec la romantique M√©lanie Waldor dont il fait sa ma√ģtresse[13].

Plaque commémorative sur la façade du Palazzo Cavour à Turin.

Il visite la Belgique, la Confédération germanique et la Suisse. Il y conforte son intérêt pour la démocratie parlementaire et la modernité, notamment pour les premiers chemins de fer. À son retour, il devient régisseur du domaine de son père, à Leri[N 3].

L'int√©r√™t et l'enthousiasme de Cavour pour les progr√®s de l'industrie, pour l'√©conomie politique et pour le libre-√©change se r√©v√®lent sans r√©serve et toujours croissants. Cette p√©riode voit √©galement se renforcer son europ√©anisme qui le conduit √† augurer : ¬ę L'injustice inflig√©e aux autres nations finira par ne plus √™tre consid√©r√©e comme un patriotisme de bon aloi ¬Ľ[N 4]. Cette p√©riode s'av√®re d√©cisive pour la formation de la pens√©e politique de Cavour, qui, entre l'√Ęge de vingt √† trente ans, d√©veloppe aussi une propension au conservatisme, en opposition avec les √©v√©nements r√©volutionnaires[14]. Concernant la religion, il lui reconna√ģt une fonction importante, mais seulement comme un stade de d√©veloppement que sa culture bourgeoise a d√©j√† d√©pass√©. Le christianisme reste pour lui, avant tout, un enseignement √©thique[15].

Les salons d'intellectuels

En 1837, Cavour effectue un nouveau voyage à Genève et Lyon. De retour à Paris pour terminer la succession de son oncle Clermont-Tonnerre[N 5], il rencontre le roi Louis-Philippe et fréquente les milieux mondains. Il renouvelle le voyage en 1840. Au cours de ses séjours français de 1842-1843, ce sont les salons d'intellectuels qui l'occupent[N 6].

Il fr√©quente assid√Ľment la Sorbonne et fait la connaissance d'√©crivains comme Alexandre Dumas, Sainte-Beuve et Prosper M√©rim√©e, le philosophe Victor Cousin et surtout les ministres et dignitaires de la monarchie de Louis-Philippe, pour lesquels il √©prouve une vive admiration : Adolphe Thiers, Louis-Mathieu Mol√© et √Čtienne-Denis Pasquier. Il assiste aux s√©ances parlementaires, dont le spectacle renforce son estime pour Guizot et Tocqueville, et il entre en contact avec les membres de la haute finance fran√ßaise[16].

Cavour continue aussi √† nourrir une grande consid√©ration pour le Royaume-Uni o√Ļ, en 1843, il r√©ussit √† entrer dans un des salons les plus importants de l'aristocratie londonienne, celui du parti wigh de Henry Petty-Fitzmaurice de Lansdowne. La France et le Royaume-Uni restent pour lui un exemple politique[17].

De propriétaire foncier à député (1843-1850)

Portrait de Cavour jeune
Portrait de Cavour jeune.

Entre le retour de ses voyages √† l'√©tranger en ao√Ľt 1843 et l'entr√©e au gouvernement en octobre 1850, Cavour se consacre √† une vaste s√©rie d'initiatives dans le domaine de l'agriculture, de l'industrie, des finances et de la politique. Grand propri√©taire foncier, il contribue, d√©j√† en mai 1842, √† la cr√©ation de l'Associazione agraria (l'¬ę association agraire ¬Ľ) qui se propose de promouvoir les meilleures techniques et politiques agricoles, au moyen aussi d'une Gazzetta qui, fin ao√Ľt 1843, publie un article r√©dig√© par le comte[18] sur la cr√©ation de fermes mod√®les.

√Ä l'automne 1843, avec l'aide de Giacinto Corio, Cavour, occup√© par l'activit√© de gestion et particuli√®rement celle des propri√©t√©s de Leri, s'occupe de l'am√©lioration dans le secteur de l'√©levage des bovins, des engrais et des machines agricoles. En sept ans (de 1843 √† 1850) la production de riz, de bl√© et de lait augmente de mani√®re significative ; celle de ma√Įs triple[19].

Pour int√©grer les innovations dans la production agricole, Cavour prend aussi des d√©cisions √† caract√®re industriel avec des r√©sultats jug√©s plus ou moins bons. Parmi les initiatives les plus importantes, la participation √† la constitution de la Societ√† anonima dei molini anglo-americani di Collegno en 1850, dont il devient le principal actionnaire avant que la soci√©t√© n'occupe, apr√®s l‚Äôunification italienne, une position de premier plan dans le pays[20]. Les importantes relations d'affaires √† Turin, Chivasso et G√™nes, et surtout l'amiti√© du banquier De La R√ľe[21] lui permettent d'atteindre une position privil√©gi√©e par rapport √† d'autres propri√©taires et de saisir d'importantes opportunit√©s. En 1847, par exemple, il r√©alise un net accroissement de ses revenus en raison de la mauvaise r√©colte c√©r√©ali√®re en Europe, ce qui donne lieu √† une augmentation de la demande, haussant de fait les prix √† des niveaux inhabituels[22].

Le développement de ses idées politiques

En plus de ses interventions dans la Gazzetta de l'Associazione agraria, Cavour se consacre √† l'√©criture d'essais sur les progr√®s de l'industrialisation et le libre-√©change au Royaume-Uni ainsi que sur leurs effets sur l'√©conomie et sur la soci√©t√© italienne[23]. Il vante surtout les chemins de fer comme des instruments de progr√®s civil qui, plut√īt que les mouvements insurrectionnels, sont profitables √† la cause nationale. √Ä ce propos, il met en avant l'importance qu'auraient deux lignes ferroviaires : la Turin-Venise et la Turin-Anc√īne[23].

Sans aucune n√©cessit√© d'une r√©volution, les progr√®s de la civilisation chr√©tienne et le d√©veloppement des Lumi√®res aboutiraient, selon Cavour, √† une crise politique dont l'Italie serait amen√©e √† profiter[24]. Il a foi dans le progr√®s, principalement intellectuel et moral, parce que celui-ci est issu de la dignit√© et de la capacit√© cr√©ative de l'homme. Cette conviction s'accompagne de l'id√©e que la libert√© √©conomique va de pair avec l'int√©r√™t g√©n√©ral et qu'elle est destin√©e √† favoriser toutes les classes sociales. Sur la base de ces deux principes √©merge la valeur de la nationalit√©[25] :

¬ę  L'histoire de tous les temps prouve qu'aucune nation ne peut atteindre un haut degr√© d'intelligence et de moralit√© sans que le sentiment de sa nationalit√© soit fortement d√©velopp√© : dans un peuple qui ne peut pas √™tre fier de sa nationalit√©, le sentiment de la dignit√© personnelle existera seulement exceptionnellement chez quelques individus privil√©gi√©s. Les classes les plus peupl√©es qui occupent les positions les plus humbles dans la sph√®re sociale ont besoin de se sentir grand du point de vue national pour acqu√©rir la conscience de leur dignit√©. ¬Ľ

Situation politique de l'Italie

La nouvelle Europe de 1815
La nouvelle Europe de 1815.

Par le congr√®s de Vienne de 1815, qui accompagne la chute de Napol√©on Ier, et qui est en grande partie orchestr√© par le Premier ministre autrichien, Metternich, la p√©ninsule italienne se retrouve partag√©e en de multiples petits √Čtats le plus souvent sous domination autrichienne ; il en va ainsi des grandes villes du Nord, Milan, Venise rassembl√©es dans le Royaume lombard-v√©nitien, du duch√© de Parme, du duch√© de Mod√®ne et du grand-duch√© de Toscane. Le Royaume de Sardaigne, dont les monarques sont issus de la Maison de Savoie et ont choisi Turin pour capitale, dans le Pi√©mont, conserve sa souverainet√©.

Le retour de monarchies absolues en Europe ravive le d√©sir de libert√© et, en 1820, la p√©ninsule est confront√©e aux premiers soul√®vements organis√©s par l‚Äôassociation des Carbonari dont certains sont guid√©s par le r√©publicain Mazzini bient√īt suivi par Garibaldi. Mazzini s‚Äôoppose non seulement √† la pr√©sence autrichienne mais aussi √† la royaut√©. Ces insurrections, auxquelles prennent part essentiellement des √©tudiants, des militaires et la jeune bourgeoisie en √©cartant les masses populaires, ne parviennent pas, √† quelques exceptions pr√®s, √† s‚Äôimposer[26] et elles sont durement r√©prim√©s. Louis-Napol√©on, le futur Napol√©on III, affili√© √† la Charbonnerie italienne, est impliqu√© dans les soul√®vements de 1831 dans les √Čtats pontificaux[27], il garde un attachement profond pour l‚ÄôItalie.

Ces √©v√©nements forment le pr√©lude au printemps des peuples et c‚Äôest dans ce climat de r√©volte que Cavour s'√©l√®ve politiquement en employant tous les moyens pour apaiser l‚Äô√©lan r√©volutionnaire qui met en p√©ril la monarchie ; il soutient la proposition de constitution et la confrontation arm√©e avec l‚ÄôAutriche. Le Royaume de Sardaigne s'engage dans la premi√®re des trois guerres d‚Äôind√©pendance qui conduiront √† l‚Äôunit√© de l‚ÄôItalie.

Cavour favorable au Statut albertin et à la guerre de 1848

Bataille de Pastengro
En 1848, Cavour soutient la nécessité de déclarer la guerre à l'Autriche pour écarter le danger révolutionnaire qui menace le Piémont (scène de la bataille de Pastrengo).

En 1847, Cavour fait son apparition officielle sur la sc√®ne politique en tant que fondateur, avec le catholique lib√©ral Cesare Balbo, du journal Risorgimento dont il prend la direction. Le journal, mis en place gr√Ęce √† un rel√Ęchement de la censure du roi Charles-Albert, se prononce, en janvier 1848, plus que les autres en faveur d'une constitution[28]. Cette prise de position, qui est aussi celle de Cavour, intervient en m√™me temps que la chute de la monarchie de Juillet en France, le 24 f√©vrier 1848 ; ainsi dispara√ģt la r√©f√©rence politique du comte en Europe.

Dans cette atmosph√®re, le 4 mars 1848, Charles-Albert promulgue le Statut albertin. Cette constitution d√©√ßoit l'opinion publique lib√©rale mais pas Cavour qui annonce une importante loi √©lectorale instituant une commission dirig√©e par Cesare Balbo et dont il est membre. Cette loi reste en vigueur apr√®s quelques am√©nagements jusqu'√† la r√©forme √©lectorale du Royaume d'Italie de 1882[29].

Avec le retour de la république en France, la révolution à Vienne et Berlin, l'insurrection à Milan et le soulèvement dans le Piémont et en Ligurie, Cavour, craignant que le système constitutionnel puisse devenir une victime des révolutionnaires, se met à la tête d'un mouvement interventionniste exhortant le roi à entrer en guerre contre l'Autriche et à mobiliser l'opinion publique[N 7],[30]

Le 23 mars 1848, Charles-Albert d√©clare la guerre √† l'Autriche. Apr√®s des premiers succ√®s, le cours du conflit change et la vieille aristocratie militaire du royaume est expos√©e √† de vives critiques. Apr√®s les premi√®res d√©faites, Cavour demande qu'on trouve les coupables qui ont, selon lui, trahi l'Italie. La pi√®tre conduite de la guerre le convainc que le Pi√©mont ne pourra pas √™tre en s√Ľret√© tant que les pouvoirs de l‚Äô√Čtat ne seront pas contr√īl√©s par des hommes d'ob√©dience lib√©rale[31],[N 8].

Député au Parlement

Cavour vers 1850
Cavour vers 1850.

Le 27 avril 1848, les premi√®res √©lections du nouveau r√©gime constitutionnel ont lieu. Cavour, gr√Ęce √† son activit√© de journaliste politique, est candidat √† la Chambre des d√©put√©s du Parlement et il est dans un premier temps battu, puis √©lu, le 26 juin 1848 lors des √©lections suppl√©tives. Le 30 juin 1848, il fait son entr√©e dans la Chambre (Palazzo Carignano) prenant place sur les bancs de la droite[33]. Fid√®le aux int√©r√™ts du Pi√©mont qu'il voit menac√© par les forces radicales g√©noises et lombardes, Cavour s'oppose √† la fois √† l'ex√©cutif de Cesare Balbo, et √† son successeur milanais, Gabrio Casati (1798-1863). Toutefois, lorsqu'apr√®s la d√©faite de Custoza, le gouvernement Casati demande les pleins pouvoirs afin de mieux g√©rer la gravit√© de la situation, Cavour se prononce en sa faveur. Les faits se pr√©cipitent : il y a tout d'abord l'abandon de Milan aux Autrichiens puis l'armistice de Salasco du 9 ao√Ľt 1848[34].

√Ä la fin de cette premi√®re phase de la guerre, le gouvernement de Cesare di Sostegno, et le suivant d'Ettore di San Martino, s'engagent sur la voie de la diplomatie. Les deux sont soutenus par Cavour qui critique vivement Vincenzo Gioberti, toujours d√©termin√© √† combattre l'Autriche. Le 20 octobre 1848, dans son premier grand discours parlementaire, Cavour se prononce pour l'ajournement des hostilit√©s, confiant la m√©diation diplomatique au Royaume-Uni, inquiet de la mont√©e en puissance de l'Allemagne et donc favorable √† la cause italienne. Avec le soutien de Cavour, la ligne mod√©r√©e du gouvernement San Martino passe, mais la faiblesse du gouvernement, sur un sujet mineur, l'oblige √† d√©missionner le 3 d√©cembre 1848[35].

Dans l'impossibilit√© de former une autre √©quipe minist√©rielle, le roi Charles-Albert confie le poste √† Gioberti, dont le gouvernement qui entre en fonction le 15 d√©cembre 1848 est consid√©r√©, par Cavour, comme de ¬ę gauche pure ¬Ľ. Les √©lections du 22 janvier 1849 ont lieu, au d√©triment du comte qui, √† l'issue d'un ballottage, est battu. La majorit√© de l'√©chiquier politique, cependant, est trop h√©t√©rog√®ne pour affronter les difficult√©s du pays, toujours suspendu entre guerre et paix, et Gioberti doit d√©missionner le 21 f√©vrier 1849[36]. Changeant radicalement de politique face √† la crise r√©volutionnaire dont il per√ßoit le danger, Cavour se prononce pour une reprise des hostilit√©s contre l'Autriche. La d√©faite de Novare (23 mars 1849) le pr√©cipite de nouveau dans la tourmente[37].

Chef de la majorité anticléricale

Article connexe : Lois Siccardi.
Victor-Emmanuel II
Le roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II, dont Cavour partage les premières initiatives politiques.
Massimo d'Azeglio
Massimo d'Azeglio, président du Conseil, a Cavour parmi ses ministres. Portrait par Francesco Hayez, 1860.

La grave d√©faite pi√©montaise conduit le 23 mars 1849 √† l'abdication de Charles-Albert en faveur de son fils Victor-Emmanuel. Celui-ci, ouvertement oppos√© √† l'alliance politique de son p√®re avec la gauche, remplace le gouvernement des d√©mocrates, qui demandent la guerre √† outrance, par un ex√©cutif dirig√© par le g√©n√©ral Gabriele de Launay, accueilli favorablement par Cavour. Le gouvernement reprend le contr√īle de la ville de G√™nes qui s'est insurg√©e contre la monarchie, avant d'√™tre remplac√© par celui de Massimo d'Azeglio, dont Cavour accepte la vision du Pi√©mont comme bastion de la libert√© italienne[38].

Les √©lections du 15 juillet 1849 portent au gouvernement, √† nouveau, une majorit√©, quoique faible, de d√©mocrates. Cavour est r√©√©lu, mais D'Azeglio convainc Victor-Emmanuel II de dissoudre la Chambre des d√©put√©s et le 20 novembre 1849, le roi fait promulguer la proclamation de Moncalieri, dans laquelle il invite son peuple √† √©lire des candidats plus mod√©r√©s qui ne soient pas en faveur d'une nouvelle guerre. Le 9 d√©cembre, l'Assembl√©e qui, finalement, vote massivement en faveur de la paix, est √©lue. Parmi les √©lus se trouve Cavour qui, dans la circonscription de Turin I, obtient 307 voix contre 98[39],[40].

Au cours de cette p√©riode, Cavour se distingue par son talent de financier. Il contribue de mani√®re pr√©pond√©rante √† la fusion de la Banque de G√™nes et de la nouvelle Banque de Turin au sein de la Banque Nationale des √Čtats sardes (Banca Nazionale degli Stati Sardi)[41]. Apr√®s le succ√®s √©lectoral de d√©cembre 1849, Cavour devient √©galement une des figures dominantes de la politique pi√©montaise et il prend la fonction de porte-parole de la majorit√© mod√©r√©e qui vient de se cr√©er. Fort de cette position, il fait valoir que le moment des r√©formes est arriv√©, favoris√© par le Statut albertin qui a cr√©√© de r√©elles perspectives de progr√®s. Le Pi√©mont peut ainsi s'√©loigner du front catholique et r√©actionnaire, qui triomphe dans le reste de l'Italie[42].

√Ä cette fin, la premi√®re √©tape est la promulgation des lois Siccardi (9 avril 1850 et 5 juin 1850), qui abolissent les diff√©rents privil√®ges du clerg√© dans le Pi√©mont, ce qui ouvre une phase de confrontation avec le Saint-Si√®ge ; des incidents graves, aussi bien de la part de D'Azeglio que de Pie IX, ont en effet lieu √† leur suite. Parmi ceux-ci, il y a le refus de donner l'extr√™me-onction √† l'ami de Cavour, Pietro di Santarosa, mort le 5 ao√Ľt 1850. Par tous les moyens, Cavour s'insurge contre le clerg√©, obtenant l'expulsion de l'Ordre des Servites de Marie de Turin, dans lequel milite le pr√™tre qui s'est refus√© √† donner les sacrements, et influen√ßant, probablement aussi, la d√©cision d'arr√™ter l'archev√™que de Turin, Luigi Fransoni[43].

Ministre du Royaume de Sardaigne (1850-1852)

Avec la mort de Santarosa, qui occupait le poste de ministre de l'Agriculture et du Commerce, Cavour, fort du r√īle de premier plan pris en ces jours de batailles anticl√©ricales et de la reconnaissance de sa comp√©tence technique, est d√©sign√© comme le successeur naturel du ministre disparu. Convaincu par certains d√©put√©s, le Pr√©sident du conseil D'Azeglio et Victor-Emmanuel II (encourag√© par le g√©n√©ral La Marmora), acceptent de confier le Minist√®re de l'Agriculture et du Commerce √† Cavour, qui pr√™te serment le 11 octobre 1850[44]. Victor-Emmanuel commente cette prise de fonction √† ses ministres : ¬ę Moi, je veux bien, mais rappelez-vous qu‚Äôil vous prendra tous vos portefeuilles ¬Ľ[2].

Ministre de l'Agriculture et du Commerce

Carte du Royaume de Sardaigne
Carte anglaise du Royaume de Sardaigne.

Parmi les premi√®res t√Ęches r√©alis√©es par Camillo Benso, il faut noter le renouvellement du trait√© de commerce avec la France, empreint de libre-√©changisme[N 9]. L'accord, qui n'est pas particuli√®rement int√©ressant pour le Pi√©mont, doit √™tre soutenu par des motifs politiques pour √™tre approuv√©, m√™me si Cavour rappelle que toute r√©duction douani√®re est pour lui une op√©ration avantageuse[44]. Apr√®s avoir abord√© la question des trait√©s de commerce, le comte engage des n√©gociations avec la Belgique et le Royaume-Uni. Avec les deux pays, il obtient et accorde des am√©nagements douaniers facilitant le commerce. Les deux trait√©s, conclus respectivement le 24 janvier 1851 et le 27 f√©vrier 1851, sont les premiers actes t√©moignant du lib√©ralisme commercial de Cavour[45].

Ces deux accords, par lesquels il obtient un large succ√®s parlementaire, ouvrent la voie √† une r√©forme g√©n√©rale des droits de douane dont la loi est promulgu√©e le 14 juillet 1851. Pendant ce temps, d'autres trait√©s de commerce sont sign√©s entre mars et juin avec la Gr√®ce, les villes hans√©atiques, l'Union douani√®re allemande, la Suisse et les Pays-Bas. Avec 114 voix pour et 23 contre, la Chambre adopte m√™me un trait√© similaire avec l'Autriche, concluant la premi√®re phase de la politique douani√®re de Cavour qui r√©alise pour le Pi√©mont le passage du protectionnisme vers le libre-√©change[46].

Pendant la même période, Cavour se voit confier le ministère de la Marine au sein duquel il se distingue par ses idées novatrices et entre en désaccord avec les officiers supérieurs, dont la plupart sont des réactionnaires qui s'opposent à l'introduction des bateaux à vapeur. D'autre part, les troupes sont très indisciplinées et l'intention de Cavour est de faire de la marine sarde un corps de professionnels à l'instar de celle du Royaume des Deux-Siciles[47].

Ministre des Finances

James de Rothschild
Le banquier français James de Rothschild (1792-1868).
Urbano Rattazzi
Urbano Rattazzi, un allié de Cavour dans le Connubio.

Au cours de la phase, d√©licate, du d√©bat parlementaire pour l'approbation des trait√©s commerciaux avec le Royaume-Uni et la Belgique, Cavour menace de quitter le gouvernement si on n'abandonne pas l'habitude de confier √† un d√©put√© (dans ce cas Giovanni Nigra (1798-1865)) la charge de Ministre des Finances. Le 19 avril 1851, Cavour remplace Nigra, en gardant toutes les autres charges minist√©rielles. Il y a alors de s√©rieux d√©saccords entre D'Azeglio et Cavour, qui, √† la fin, obtient le minist√®re[48].

Le gouvernement de Turin a désespérément besoin de liquidité, principalement pour les indemnités imposées par les Autrichiens après la guerre d'indépendance, et Cavour, par son habileté et ses contacts, semble l'homme providentiel pour gérer la délicate situation. Le Royaume de Sardaigne est déjà lourdement endetté auprès des Rothschild et Cavour souhaite soustraire le pays de cette dépendance. Après plusieurs tentatives infructueuses avec la Bank of Baring, il obtient un emprunt important auprès de la petite Hambros Bank[49].

En plus de ce pr√™t (3,6 millions de livres sterling), Cavour obtient d'autres r√©sultats ; il r√©ussit √† clarifier et synth√©tiser la situation r√©elle du budget de l‚Äô√Čtat, qui, bien que pr√©caire, semble meilleure qu'on ne le pense. Il fait approuver, sur tous les organismes moraux la√Įcs et eccl√©siastiques, un imp√īt sur le revenu unique de 4 %, il obtient l'imposition des successions. Il augmente le capital de la Banque Nationale des √Čtats sardes et initie la collaboration entre les finances publiques et l'initiative priv√©e[50].

√Ä cet √©gard, il re√ßoit en ao√Ľt 1851, les propositions des agences britanniques pour la construction des lignes de chemin de fer Suse-Turin et Novare-Turin. Les projets deviennent des lois, respectivement le 14 juin 1852 et le 11 juillet 1852. Il accorde √† l'armateur Raffaele Rubattino[N 10], la ligne de navigation subventionn√©e entre G√™nes et la Sardaigne et √† des groupes g√©nois l'exploitation de mines et de salines en Sardaigne. Il fait la promotion de grands projets comme la cr√©ation √† G√™nes de la Compagnie Transatlantique ou comme la cr√©ation de la soci√©t√© Ansaldo, la future usine de locomotives √† vapeur[51].

L'alliance avec le centre gauche

Pouss√© d√©sormais par le d√©sir d'obtenir la charge de chef du gouvernement et ne supportant plus la politique de D'Azeglio d'alliance avec la droite cl√©ricale, Cavour, d√©but 1852, prend l'initiative de passer un accord, le connubio, avec le centre gauche d'Urbano Rattazzi. Celui-ci, avec les votes convergents des d√©put√©s conduits par Cavour et ceux du centre gauche, remporte, le 11 mai 1852, la pr√©sidence de la Chambre du Parlement.

Le Pr√©sident du conseil D'Azeglio, oppos√© comme Victor-Emmanuel II √† la manŇďuvre politique de Cavour, d√©missionne, obtenant ponctuellement le renouvellement du mandat par le roi. Le gouvernement qui se d√©gage, le 21 mai 1852, tr√®s faible, √©carte Cavour que D'Azeglio a remplac√© par Luigi Cibrario.

En Grande-Bretagne et en France (1852)

Avant la reprise des luttes politiques, Cavour part de Turin, le 26 juin 1852, pour apprendre de l'√©tranger ce qui va influencer sa politique √©conomique et industrielle. Gioberti porte le jugement suivant sur Cavour : ¬ę Cavour n'est pas riche d'italianit√©. Tout au contraire, par les sentiments, les instincts, les connaissances, il est quasiment √©tranger √† l'Italie : anglais par les id√©es, fran√ßais par le langage. ¬Ľ. Le 8 juillet, il est √† Londres o√Ļ il s'int√©resse aux plus r√©cents progr√®s de l'industrie et il prend contact avec des hommes d'affaires, des agriculteurs et des industriels. Il visite des usines et les arsenaux. Il reste dans la capitale britannique jusqu'au 5 ao√Ľt[N 11] et part pour le Pays de Galles et le Nord de l'Angleterre, dont il visite les districts manufacturiers, puis il rejoint l'√Čcosse[N 12]. √Ä Londres ou dans leurs maisons de campagne, il rencontre des politiciens britanniques de divers partis. Il fait la connaissance du ministre des Affaires √©trang√®res Malmesbury, mais aussi de Palmerston, Clarendon, Disraeli, Cobden, Lansdowne et Gladstone[52].

Cavour poursuit son voyage et traverse la Manche pour Paris, o√Ļ il arrive le 29 ao√Ľt 1852. Dans la capitale fran√ßaise, Louis Napol√©on est pr√©sident de la Deuxi√®me R√©publique (il n'est proclam√© empereur que le 2 d√©cembre 1852). L'attention du comte, qui est rejoint par son alli√© Rattazzi, se concentre sur la nouvelle classe dirigeante fran√ßaise avec laquelle il a pris contact. Ils se rendent ensuite aupr√®s du nouveau ministre des Affaires √©trang√®res, Drouyn de Lhuys, et, le 5 septembre, ils d√ģnent avec le prince-pr√©sident Louis-Napol√©on. Ils en ressortent confiants pour l'avenir de l'Italie[53]

Le premier gouvernement Cavour (1852-1855)

Camillo Benso, comte de Cavour, en costume officiel (portrait par Tranquillo Cremona).

Cavour suit deux objectifs, il engage des r√©formes fiscales, √©conomiques et politiques destin√©es √† faire du Royaume de Sardaigne un √©tat moderne et le rapprochement avec une grande nation car la premi√®re guerre d‚Äôind√©pendance a √©t√© un √©chec en raison de la diff√©rence de moyens des deux bellig√©rants et il appara√ģt √©vident, pour la politique pi√©montaise, qu'il faut trouver un alli√© puissant ce que Napol√©on III constitue, soucieux de contrer la puissance autrichienne.

Cavour repart pour Turin, qu'il rejoint le 16 octobre 1852, apr√®s une absence de plus de trois mois. Le 22 octobre 1852, D'Azeglio, √† la t√™te d'un faible ex√©cutif qui a choisi de poursuivre une politique anticl√©ricale, d√©missionne. Le 4 novembre de la m√™me ann√©e, soutenu par des hommes du connubio, qui repr√©sentent d√©sormais le lib√©ralisme le plus moderne du Pi√©mont, et fort d'un ample consensus, Cavour est pressenti pour devenir, pour la premi√®re fois, Pr√©sident du conseil.

Victor-Emmanuel II demande √† Cavour de former un nouveau gouvernement √† condition que le comte n√©gocie, avec les √Čtats pontificaux, les questions en suspens, notamment celle de l'introduction du mariage civil dans le Pi√©mont. Cavour refuse et propose Cesare Balbo, comme successeur de D'Azeglio. Balbo ne trouve pas un terrain d'entente avec le repr√©sentant de la droite Ottavio Thaon di Revel, et le roi est contraint de rappeler Cavour. Celui-ci accepte alors de former un nouveau gouvernement, le 2 novembre 1852, promettant, pour la loi sur le mariage civil, de lui faire suivre son cours normal aupr√®s des parlementaires, sans faire appel √† un vote de confiance.

Deux jours apr√®s la formation de son premier gouvernement, Cavour travaille avec passion en faveur de la loi sur le mariage civil qui est cependant rejet√©e par le S√©nat, obligeant le comte √† y renoncer d√©finitivement. Pendant ce temps, le mouvement r√©publicain, qui a √† sa t√™te Giuseppe Mazzini, ne cesse d'inqui√©ter Cavour ; le 6 f√©vrier 1853, une √©meute √©clate contre les Autrichiens √† Milan et le comte, craignant l'√©largissement du ph√©nom√®ne au Pi√©mont, fait arr√™ter plusieurs mazziniens, y compris Francesco Crispi. Cette d√©cision suscite l'hostilit√© de la gauche, surtout quand les Autrichiens le remercient pour les arrestations[54], mais, lorsque le 13 f√©vrier, le gouvernement de Vienne prononce la confiscation des biens des r√©fugi√©s lombards dans le Pi√©mont, Cavour proteste vigoureusement, en rappelant son ambassadeur.

Les réformes des finances et du code pénal

Inauguration de la ligne ferroviaire Turin-Gênes
Inauguration de la ligne ferroviaire Turin-Gênes en 1854.

L'objectif principal du premier gouvernement de Cavour est la restauration financi√®re du pays. Pour tenter de retrouver l'√©quilibre, le comte prend plusieurs mesures : d'abord, il est contraint de recourir √† nouveau aux banquiers Rothschild, puis, se r√©f√©rant au syst√®me fran√ßais, il remplace la d√©claration des revenus par celle de la v√©rification judiciaire. Il fait par ailleurs d'importantes interventions dans le secteur des concessions domaniales et des services publics. Enfin, il reprend la politique de d√©veloppement des instituts de cr√©dit[55].

D'autre part, le gouvernement fait de grands investissements dans le domaine des chemins de fer, au moment o√Ļ, gr√Ęce √† la r√©forme des douanes, les exportations sont en augmentation consid√©rable. Malgr√© ceci, il y a une forte r√©sistance √† l'introduction de nouveaux imp√īts fonciers qui, en g√©n√©ral, touchent la classe sociale qui compose le Parlement[56]. Cavour, en fait, n'a jamais √©t√© en mesure de r√©aliser les conditions politiques qui permettent une bonne base financi√®re adapt√©e √† ses initiatives[57].

Le 19 d√©cembre 1853, on parle de ¬ę restauration des finances ¬Ľ et ce, m√™me si la situation est plus grave que celle annonc√©e, y compris en raison de la crise internationale qui pr√©c√®de la guerre de Crim√©e. Cavour par cons√©quent passe encore un accord avec les Rothschild pour un pr√™t, mais il r√©ussit aussi √† placer aupr√®s d'un public d'√©pargnants, avec un franc succ√®s politique et financier, une bonne partie de la dette contract√©e[58].

Le consensus politique ne manque pas. Aux √©lections du 8 d√©cembre 1853, 130 candidats de la majorit√© gouvernementale sont √©lus, 52 de la gauche et 22 de la droite. N√©anmoins, pour r√©pliquer √† l'√©lection des principaux adversaires politiques, Valerio, Brofferio, Pareto √† gauche et Solaro della Margarita √† droite, le comte d√©veloppe une offensive politique visant l'organisation judiciaire. Il est d√©cid√© √©galement √† r√©cup√©rer une partie de la gauche et √† reprendre la politique anticl√©ricale[59]. √Ä cet √©gard, le ministre de la Justice Urbano Rattazzi, √† l'ouverture de la Ve l√©gislature pr√©sente un projet de loi modifiant le code p√©nal. Le noyau de la proposition consiste en de nouvelles peines pour les pr√™tres qui, abusant de leur minist√®re, s'opposent aux lois et aux institutions de l‚Äô√Čtat. La r√®glementation est adopt√©e √† la Chambre par une large majorit√© rassemblant un grand nombre de voix de la gauche et, avec une plus grande difficult√©, √©galement par le S√©nat[60]. Des amendements au code de proc√©dure p√©nale et le code de proc√©dure civile sont par la suite √©galement adopt√©s[61].

L'intervention dans la guerre de Crimée

Article d√©taill√© : Guerre de Crim√©e.
Bataille de Tcherna√Įa
Cavour s'engage aupr√®s du Royaume-Uni et de la France dans la guerre de Crim√©e. Le corps exp√©ditionnaire pi√©montais se distingue lors de la bataille de la Tcherna√Įa (sc√®ne du tableau), permettant de pr√©senter la question italienne au niveau europ√©en.

En 1853, une crise europ√©enne se d√©veloppe, issue d'un conflit religieux entre l'Empire ottoman, d√©j√† en d√©clin, et la Russie, qui aspire √† la protection des chr√©tiens parmi les peuples turcs des Balkans. Ces aspirations provoquent l'hostilit√© du gouvernement britannique qui soup√ßonne la Russie de vouloir conqu√©rir Constantinople et interrompre la voie terrestre pour l'Inde britannique. La France, d√©sireuse de mettre fin √† son isolement, s'aligne sur le Royaume-Uni. Le 1er novembre 1853, la Russie d√©clare la guerre √† l'Empire ottoman et le 28 mars 1854 le Royaume-Uni et la France d√©clarent la guerre √† la Russie. La question, pour des opportunit√©s politiques qui peuvent se pr√©senter, commence √† int√©resser Cavour. En avril 1854, il r√©pond √† la demande de l'ambassadeur britannique, Sir James Hudson, affirmant que le Royaume de Sardaigne interviendrait dans le conflit si l'Autriche attaque √©galement la Russie, de fa√ßon √† ne pas exposer le Pi√©mont √† l'arm√©e des Habsbourg[62].

La satisfaction des Anglais est claire, mais durant tout l'√©t√© 1854, l'Autriche reste neutre. Enfin, le 29 novembre 1854, le ministre des Affaires √©trang√®res britannique Clarendon √©crit √† Hudson pour lui demander de faire son possible pour s'assurer d'un corps exp√©ditionnaire pi√©montais. Une incitation superflue, car Cavour est d√©j√† arriv√© √† la conclusion que les demandes anglaises et fran√ßaises, ces derni√®res faites au d√©but de la crise √† Victor-Emmanuel II, doivent √™tre satisfaites. Il d√©cide d'opter pour l'intervention, soulevant la perplexit√© du ministre de la guerre La Marmora et du ministre des Affaires √©trang√®res Giuseppe Dabormida (1799-1869), qui d√©missionne[63].

Assumant √©galement le poste de ministre des Affaires √©trang√®res, le comte, le 26 janvier 1855, signe l'adh√©sion d√©finitive du royaume de Sardaigne au trait√© anglo-fran√ßais. Le Pi√©mont doit fournir 15 000 hommes et les puissances alli√©es garantissent l'int√©grit√© du royaume de Sardaigne d'une √©ventuelle attaque autrichienne. Le 4 mars 1855, Cavour d√©clare la guerre √† la Russie [N 13] et le 25 avril, le contingent pi√©montais part de La Spezia[N 14] pour la Crim√©e, o√Ļ il arrive d√©but mai. Le Pi√©mont r√©colte les b√©n√©fices de l'exp√©dition lors de la deuxi√®me guerre d'ind√©pendance, quatre ans plus tard. Cette op√©ration restaure le prestige de l‚Äôarm√©e sarde et cr√©e des liens de fraternit√© d‚Äôarmes entre Fran√ßais et Pi√©montais[1].

La loi sur les couvents : la crise Calabiana

Article d√©taill√© : Crise Calabiana.
Pie IX
Pie IX, qui excommunie Cavour après l'approbation de la loi sur les couvents (portrait par George Peter Alexander Healy).

Avec l'intention de se rapprocher de la gauche et d'entraver la droite conservatrice qui gagne du terrain en raison de la crise √©conomique, le gouvernement Cavour, le 28 novembre 1854, pr√©sente devant la Chambre la loi sur les couvents. La loi, en raison de son lib√©ralisme anticl√©rical, pr√©voit la suppression des ordres religieux, √† l'exception de ceux d√©di√©s √† l'enseignement et √† l'assistance aux malades. Durant le d√©bat parlementaire, Cavour attaque, en particulier, les ordres mendiants qu'il d√©clare nuisibles pour la moralit√© du pays et contraires √† l'√©thique moderne du travail.

La forte majorit√© du comte √† la Chambre doit faire face √† l'opposition du clerg√©, du roi et surtout du S√©nat qui en premi√®re instance rejette la loi. Cavour d√©missionne le 27 avril 1855, ouvrant une crise constitutionnelle, appel√©e ¬ę crise Calabiana ¬Ľ du nom de l'√©v√™que de Casale, Luigi di Calabiana, s√©nateur et adversaire du projet de loi.

Le second gouvernement Cavour (1855-1859)

La loi sur les couvents : l'approbation

Quelques jours apr√®s sa d√©mission, et √©tant donn√© l'impossibilit√© de former un nouveau gouvernement, le 4 mai 1855, Cavour est rappel√© par le roi en qualit√© de Pr√©sident du conseil. Au terme de plusieurs jours de discussions pendant lesquels Cavour souligne que ¬ę la soci√©t√© actuelle a pour base √©conomique le travail ¬Ľ[66], la loi sur les couvents est approuv√©e avec toutefois un amendement qui laisse les religieux en place jusqu'√† l'extinction naturelle de leur communaut√©. Suite √† l'approbation de la loi sur les couvents, le 26 juillet 1855, Pie IX excommunie ceux qui ont pr√©sent√©, approuv√© et ratifi√© la mesure, Cavour et Victor-Emmanuel II y compris.

Au Congrès de Paris et la politique étrangère ultérieure

Les plénipotentiaires au congrès de Paris, 1856. Le comte Cavour est en haut à gauche
Article d√©taill√© : Trait√© de Paris (1856).

La guerre de Crim√©e gagn√©e par les alli√©s prend fin en 1856 avec le Congr√®s de Paris, auquel participe √©galement l'Autriche. Cavour n'obtient pas de compensations territoriales pour la participation dans le conflit, mais une session est consacr√©e express√©ment √† discuter du probl√®me italien. √Ä cette occasion, le 8 avril, le ministre des Affaires √©trang√®res britannique Clarendon attaque s√©v√®rement la politique anti-lib√©rale, √† la fois dans les √Čtats pontificaux et au Royaume des Deux-Siciles, ce qui soul√®ve des protestations de la part du ministre autrichien Karl Buol.

Beaucoup plus mod√©r√©e, le m√™me jour, l'intervention de Cavour reste concentr√©e sur la d√©nonciation de la pr√©sence des troupes autrichiennes dans la Romagne pontificale[67]. Le fait est que pour la premi√®re fois la question italienne est consid√©r√©e au niveau europ√©en comme une situation qui n√©cessite des changements face aux griefs de la population. Les relations sont excellentes entre le Royaume-Uni, la France et le Pi√©mont. De retour √† Turin, en raison des r√©sultats obtenus √† Paris, Cavour, le 29 avril 1856, re√ßoit la plus haute distinction d√©cern√©e par la Maison de Savoie : le collier de l'Annunziata[68]. Le m√™me Congr√®s, cependant, pousse le comte √† prendre d'importantes d√©cisions, √† savoir faire son choix, soit avec la France, soit avec la Grande-Bretagne.

√Ä la suite des d√©cisions de Paris, la question des deux principaut√©s danubiennes est pos√©e. La Moldavie et la Valachie, selon le Royaume-Uni, l'Autriche et la Turquie auraient d√Ľ rester divis√©es sous le contr√īle de l'Empire ottoman. Pour la France, la Prusse et la Russie, elles devraient s'unir (dans le futur Royaume de Roumanie) et s'imposer comme un √Čtat ind√©pendant. Cavour et le Royaume de Sardaigne sont favorables √† cette position et se d√©clarent en faveur de l'unification[N 15],[69].

La r√©action de la Grande-Bretagne contre la position du Pi√©mont est tr√®s s√©v√®re. Mais Cavour a d√©j√† d√©cid√© et entre le dynamisme de la politique fran√ßaise et le conservatisme du Royaume-Uni, le comte a choisi la France. D‚Äôailleurs, d√®s 1852, il disait : ¬ę C‚Äôest de la France surtout que d√©pendent nos destins[3]. ¬Ľ D'autre part, l'Autriche est de plus en plus isol√©e[N 16],[69] et un √©pisode va contribuer √† consolider cette situation que le comte sait exploiter. Le 10 f√©vrier 1857, le gouvernement de Vienne accuse la presse de fomenter la r√©volte dans le Pi√©mont contre l'Autriche, et le gouvernement Cavour de complicit√©. Le comte rejette toutes les accusations et, le 22 mars, Buol rappelle son ambassadeur, suivi le jour suivant d'une mesure similaire du Pi√©mont. Ainsi l'Autriche utilise la presse pour justifier la rupture des relations avec le petit royaume de Sardaigne, s'exposant aux commentaires r√©probateurs de toutes les diplomaties europ√©ennes, y compris anglaise, tandis qu'en Italie, un mouvement de sympathie se manifeste majoritairement pour le Pi√©mont[70].

L'amélioration de l'économie et la baisse du consensus

Guiseppe Mazzini
Giuseppe Mazzini, dont Cavour combattait les idées républicaines.

√Ä partir 1855, le Pi√©mont enregistre une am√©lioration de son √©conomie gr√Ęce aux bonnes r√©coltes c√©r√©ali√®res et √† la r√©duction du d√©ficit de la balance commerciale. Encourag√© par ces r√©sultats, en 1857, Cavour relance la politique ferroviaire par la construction du tunnel ferroviaire du Mont-Cenis[71], dans l‚Äôobjectif de raccorder les r√©seaux fran√ßais et italiens[3].

Le 16 juillet 1857, la Ve l√©gislature prend fin pr√©matur√©ment, dans une situation qui, malgr√© l'am√©lioration √©conomique, semble d√©favorable √† Cavour. Il y a, en effet, un m√©contentement g√©n√©r√© par l'accroissement de la pression fiscale, les sacrifices consentis pour la guerre de Crim√©e et la mobilisation antigouvernementale du monde catholique. Le r√©sultat est qu'aux √©lections du 15 novembre 1857, le centre lib√©ral de Cavour conquiert 90 si√®ges (contre 130 lors de la l√©gislature pr√©c√©dente), 75 revenant √† la droite (au lieu de 22) et 21 √† la gauche (au lieu de 52). Le succ√®s du clerg√© d√©passe les pr√©visions les plus pessimistes de la majorit√©. Cavour d√©cide de rester en place et la presse lib√©rale s'insurge contre la droite d√©non√ßant les pressions du clerg√© sur les √©lecteurs. Un contr√īle parlementaire est mis en place et, pour certains si√®ges, de nouvelles √©lections ont lieu ce qui inverse la tendance : le centre lib√©ral passe √† 105 si√®ges et la droite √† 60[72].

La secousse politique provoque cependant, le sacrifice de Rattazzi, pr√©c√©demment pass√© au minist√®re de l'Int√©rieur. Il n'est pas aim√© par la France, s'√©tant montr√© incapable d'arr√™ter Mazzini, consid√©r√© comme dangereux pour la vie de Napol√©on III. Rattazzi, le 13 janvier 1858 d√©missionne et Cavour assure l'int√©rim du Minist√®re de l'Int√©rieur[73].

La stratégie contre l'Autriche et l'annexion de la Lombardie

L'empereur Napoléon III
L'empereur Napoléon III (portrait de 1858 par Alfred de Dreux).

Cavour r√©ussit √† arracher l‚Äôengagement de la France aux c√īt√©s du Royaume de Sardaigne en √©change de territoires, la Savoie et Nice, mais Napol√©on III ne tient pas la totalit√© de ses engagements, en mettant fin √† la guerre de mani√®re unilat√©rale et sans lib√©rer Venise. Le processus d‚Äôunification est toutefois engag√© mais sa poursuite reste fragile, le Pi√©mont agissant seul et parfois contre les int√©r√™ts de son ancien alli√©.

Apr√®s avoir suscit√© l'attention des puissances europ√©ennes, avec le Congr√®s de Paris, sur la question italienne, Cavour juge n√©cessaire de n√©gocier le soutien de la France de Napol√©on III, conservateur en politique int√©rieure, mais promoteur d'une politique √©trang√®re de grandeur. Apr√®s une longue s√©rie de n√©gociations, rendues difficiles par l'attentat de Felice Orsini sur Napol√©on III, en juillet 1858 les accords secrets de Plombi√®res entre Cavour et l'empereur des Fran√ßais contre l'Empire d'Autriche sont ent√©rin√©s. Ces accords pr√©voient que, apr√®s une guerre qui serait victorieuse contre l'Autriche, la p√©ninsule italienne serait divis√©e en quatre principaux √Čtats li√©s dans une conf√©d√©ration pr√©sid√©e par le pape : le royaume de la Haute Italie sous Victor-Emmanuel II, le Royaume de l'Italie centrale, les √Čtats pontificaux limit√©s √† Rome et ses environs et le Royaume des Deux-Siciles. Florence et Naples passeraient dans la sph√®re d'influence fran√ßaise[74].

Les accords de Plombi√®res sont ratifi√©s l'ann√©e suivante par l'alliance franco-sarde, selon laquelle, en cas d'attaque militaire de la part de Vienne, la France interviendrait afin de d√©fendre le Royaume de Sardaigne avec l'objectif de lib√©rer de la domination autrichienne la Lombardie-V√©n√©tie pour la c√©der au Pi√©mont. En retour, la France recevrait les territoires de Nice et de la Savoie, le berceau de la dynastie des Savoie et, en tant que tel, cher √† Victor-Emmanuel II. √Ä l'issue de la signature des accords, Cavour traverse une p√©riode longue et mouvement√©e au cours de laquelle le Premier ministre pi√©montais doit faire face √† un comit√© parlementaire qui l'interroge secr√®tement sur les d√©tails de l'alliance : Cavour nie que la Savoie et Nice sont l'objet des n√©gociations[75]. Il fait un emprunt de 50 millions de lires sardes pour compl√©ter les armements du Pi√©mont[76] et met au point une s√©rie de provocations militaires √† la fronti√®re avec l'Autriche, qui effray√©e, lui lance un ultimatum en lui demandant de d√©sarmer son arm√©e sous trois jours. Le comte refuse et l'Autriche ouvre les hostilit√©s contre le Pi√©mont, le 26 avril 1859, ce qui d√©clenche l'ex√©cution des conditions de l'alliance franco-sarde. Le 29 avril 1859, les Autrichiens passent la fronti√®re du Tessin, et, le m√™me jour, les Fran√ßais franchissent les Alpes[77].

Malgr√© les victoires de Magenta et Solf√©rino, les pertes consid√©rables de part et d‚Äôautre convainquent Napol√©on III, par un acte unilat√©ral, de signer un armistice avec l'Autriche √† Villafranca, le 11 juillet 1859, puis de ratifier le trait√© de paix √† Zurich, le 11 novembre[78]. Les clauses du trait√© pr√©voient que Victor-Emmanuel II recevrait la seule Lombardie et, pour le reste, que tout redeviendrait comme pr√©c√©demment. Cavour, d√©√ßu et aigri par les clauses de l'armistice, apr√®s de vives discussions avec Napol√©on III et Victor-Emmanuel, d√©cide de d√©missionner de son poste de Pr√©sident du conseil, provoquant la chute de son gouvernement, le 12 juillet 1859[79]. Il dit √† Fran√ßois Pietri, secr√©taire particulier de Napol√©on III : ¬ę Votre Empereur m‚Äôa d√©shonor√© [‚Ķ]. Mais je vous le dis, cette paix ne se fera pas ! Ce trait√© ne s‚Äôex√©cutera pas, je prendrai par une main Solaro della Margherita, par l‚Äôautre Mazzini, s‚Äôil le faut. Je me ferai conspirateur. Je me ferai r√©volutionnaire. Mais ce trait√© ne s‚Äôex√©cutera pas[80] ¬Ľ. Rattazzi a en charge le nouveau gouvernement du 19 juillet 1859 au 16 janvier 1860, date √† laquelle il d√©missionne et est remplac√© par Cavour le 20 janvier.

Le troisième gouvernement Cavour (1860-1861)

Nice et la Savoie contre Modène, Parme, la Romagne et la Toscane

Carte de l'Italie au cours de l'unification
Carte de l'Italie avec les dates de l'unification italienne.

Au cours de la guerre, les gouvernements et les forces des petits √Čtats italiens du centre et du nord et de la Romagne pontificale abandonnent leurs postes et, de partout, des autorit√©s provisoires pro-sardes se mettent en place. Apr√®s la paix de Zurich, un statu quo est trouv√© car les gouvernements provisoires refusent de restituer le pouvoir aux anciens dirigeants[78] ; le gouvernement de La Marmora n'a pas le courage de proclamer l'annexion des territoires au Royaume de Sardaigne. Le 22 d√©cembre 1859, Victor-Emmanuel II se r√©signe √† rappeler Cavour qui, entre temps, a cr√©√© le parti de l'Union lib√©rale.

Le comte revient √† la pr√©sidence du Conseil des Ministres le 21 janvier 1860 ; il se trouve bient√īt confront√© √† une proposition fran√ßaise d'un r√®glement des territoires lib√©r√©s : l'annexion au Pi√©mont des duch√©s de Parme et de Mod√®ne, le contr√īle de Maison de Savoie sur la Romagne pontificale, un royaume s√©par√© en Toscane sous la direction d'un membre de la maison de Savoie et le transfert de Nice et de la Savoie √† la France[81]. En cas de refus de la proposition, le Pi√©mont aurait d√Ľ affronter seul la situation face √† l'Autriche, ¬ę √† ses risques et p√©rils[82]. ¬Ľ

Par rapport aux accords de l'alliance franco-sarde, cette proposition abandonne l'annexion de la V√©n√©tie, qui n'a pas √©t√© lib√©r√©e de l'occupation autrichienne. L'annexion de Parme, de Mod√®ne et de la Romagne √©tant √©tablie, Cavour, fort du soutien du Royaume-Uni, d√©fie la France sur la Toscane, organisant un r√©f√©rendum sur l'union au Pi√©mont et la formation d'un nouvel √Čtat. Le r√©f√©rendum a lieu les 1er mars 1860 et 12 mars 1860, avec des r√©sultats qui l√©gitiment l'annexion de la Toscane au royaume de Sardaigne[83]. Le gouvernement fran√ßais r√©agit en sollicitant la cession de la Savoie et de Nice, ce qui se traduit par la signature du trait√© de Turin, le 24 mars 1860. En √©change de ces deux provinces, le royaume de Sardaigne se transforme en une nation beaucoup plus homog√®ne que le vieux Pi√©mont, acqu√©rant en plus de la Lombardie, l'actuelle √Čmilie-Romagne et la Toscane.

Face à l’expédition des Mille

Le départ pour l'expédition des Mille
Cavour se méfiait de l'expédition des Mille qu'il considérait comme un signe avant-coureur de la révolution et de difficultés des relations avec la France.

Cavour est conscient que la gauche n'a pas abandonn√© l'id√©e d'une exp√©dition au sud de l'Italie, et que Garibaldi, entour√© de personnages r√©publicains et r√©volutionnaires, est en contact √† cette fin avec Victor-Emmanuel II. Le comte consid√®re l'initiative risqu√©e et, de ce fait, il s'y oppose. Cependant, son prestige a √©t√© mis en d√©faut par la cession de Nice et de la Savoie et il ne se sent pas assez fort pour s'y opposer[84]. Le d√©part de Quarto est soigneusement surveill√© par les autorit√©s pi√©montaises et Cavour r√©ussit, gr√Ęce √† Giuseppe La Farina qui est envoy√© apr√®s le d√©barquement en Sicile, √† surveiller et maintenir le contact avec Garibaldi. Sur les intentions de celui-ci √† d√©barquer dans les √Čtats pontificaux, le comte, tr√®s inquiet de la possible r√©action des Fran√ßais, alli√©s du pape, ordonne, le 10 mai 1860, l'envoi d'un navire dans les eaux de la Toscane pour arr√™ter Garibaldi[85].

Garibaldi prend n√©anmoins la route du Sud et, apr√®s son d√©barquement √† Marsala le 11 mai 1860, Cavour envoie en Sicile La Farina afin de maintenir le contact avec Garibaldi et contr√īler, si cela est possible, la situation. Sur la sc√®ne internationale, les puissances √©trang√®res, soup√ßonnant la complicit√© du Royaume de Sardaigne dans l'exp√©dition, protestent aupr√®s du gouvernement de Turin, qui affronte avec une certaine tranquillit√© la situation en raison de la grave crise financi√®re de l'Autriche, qui doit en effet faire face √† une reprise de la r√©volution hongroise[86].

Napol√©on III, d'autre part, s'active imm√©diatement dans le r√īle de m√©diateur et, pour la paix, propose √† Cavour la s√©paration de la Sicile du Royaume des Deux-Siciles, la promulgation d'une Constitution √† Naples et √† Palerme et l'alliance entre le Royaume de Sardaigne et le Royaume des Deux-Siciles enfin. Imm√©diatement, le r√©gime des Bourbon se conforme √† la proposition fran√ßaise et instaure un gouvernement lib√©ral qui proclame une constitution. Cette situation met Cavour en grande difficult√©, une telle alliance √©tant impossible. Dans le m√™me temps il ne peut m√©contenter la France et le Royaume-Uni qui font pression pour instaurer une tr√™ve. Le gouvernement pi√©montais d√©cide alors que le roi doit envoyer une lettre √† Garibaldi lui intimant l'ordre de ne pas traverser le d√©troit de Messine. Le 22 juillet 1860, Victor- Emmanuel II envoie cette lettre voulue par Cavour mais la faisant suivre, cependant, d'un message personnel dans lequel il contredit son ordre officiel[87].

Garibaldi à Naples

L'entrée de Garibaldi dans Naples
L'arriv√©e de Garibaldi √† Naples (7 septembre 1860), √©v√©nement que Cavour tente d'emp√™cher en organisant une √©meute pro-pi√©montaise qui √©choue.

Le 6 ao√Ľt 1860 Cavour informe les d√©l√©gu√©s du Royaume des Deux-Siciles du refus de Garibaldi d'accepter la tr√™ve, d√©clarant les moyens de conciliation √©puis√©s et renvoyant les n√©gociations pour l'alliance √† un futur incertain. Le comte, craignant une d√©t√©rioration des relations avec la France, fait arr√™ter une exp√©dition militaire de Mazzini qui, depuis la Toscane, doit s'attaquer aux √Čtats pontificaux. Suite √† ces √©v√©nements, Cavour est dispos√© √† faire tous les efforts pour emp√™cher que le mouvement pour l'unification de l'Italie devienne r√©volutionnaire. Dans ce contexte, il tente, en vain, d'emp√™cher Garibaldi de parvenir √† Naples, en organisant une exp√©dition clandestine d'armes pour une r√©volte pro-pi√©montaise qui n'a pas lieu. √Ä l'inverse, Garibaldi entre triomphalement dans la capitale des Bourbon le 7 septembre 1860, dissipant, en raison de l'amiti√© qu'il garde pour le roi, les craintes de Cavour[88].

L’annexion des Marches, de l’Ombrie et du Royaume des Deux-Siciles

Le projet d‚Äôun succ√®s √† Naples √©tant un √©chec, le comte, dans le but de rendre √† la Maison de Savoie une part active dans le mouvement national, d√©cide l‚Äôinvasion des Marches et de l‚ÄôOmbrie pontificales. Ce projet a √©galement pour but d‚Äôemp√™cher la progression de Garibaldi vers Rome, ainsi qu‚Äôune confrontation p√©rilleuse avec la France. Napol√©on III doit √™tre inform√© et pr√©par√© √† ces √©v√©nements et convaincu que l‚Äôinvasion par le Pi√©mont des √Čtats pontificaux est un moindre mal. Pour cette d√©licate mission, le comte choisit Farini et Cialdini[89].

La crainte d'une attaque de l'Autriche fait pr√©cipiter les √©v√©nements et Cavour envoie un ultimatum aux √Čtats pontificaux leur enjoignant de licencier les troupes √©trang√®res, suivi, le 11 septembre 1860, de la violation des fronti√®res. La France r√©agit fermement pour d√©fendre le pape, mais sans effet concret. Pendant ce temps, la crise avec Garibaldi s‚Äôaggrave soudainement, lorsque le g√©n√©ral proclame, le 10 septembre, qu'il souhaite confier les territoires conquis au roi seulement apr√®s avoir occup√© Rome. L'annonce obtient √©galement l'approbation de Mazzini[90].

La victoire de la bataille de Castelfidardo, l'attribution au gouvernement d'un pr√™t de 150 millions de lires sardes pour les d√©penses militaires et le triomphe de l'ind√©pendance italienne redonnent des forces et de la confiance √† Cavour, tandis que Garibaldi, bien que victorieux √† la bataille du Volturno, met fin √† son avanc√©e sur Rome. R√©pondant √† la demande de Cavour, le ¬ę prodictateur ¬Ľ Giorgio Pallavicino Trivulzio organise √† Naples un pl√©biscite pour l'annexion imm√©diate au Royaume de Sardaigne, suivi √† Palerme par son homologue Antonio Mordini. Les votes ont lieu le 21 octobre 1860, sanctionnant l'union du Royaume des Deux-Siciles √† celle de Victor-Emmanuel II. Les 4 et 5 novembre 1860, l'Ombrie et les Marches votent pour l'unification √† l'Italie. Au d√©but du mois d'octobre Cavour d√©clare :

¬ę  Ce ne sera pas le dernier titre de gloire pour l'Italie d'avoir su former une nation sans sacrifier la libert√© de l'ind√©pendance, sans passer par les mains dictatoriales d'un Cromwell, mais en se lib√©rant de l'absolutisme monarchique sans tomber dans le despotisme r√©volutionnaire [...]. Retourner [...] aux dictatures r√©volutionnaires d'un ou plusieurs, serait tuer la naissante libert√© l√©gale que nous voulons ins√©parable de l'ind√©pendance de la nation  ¬Ľ

‚ÄĒ Camillo Cavour, 2 octobre 1860[91]

Plébiscite d'octobre 1860[92]
Territoire Date Nombre d'habitants Inscrits en faveur de l'annexion Contre l'annexion
Royaume de Naples 21 octobre 6 500 000 1 650 000 1 302 064 10 302
Sicile 21 octobre 2 232 000 575 000 432 053 667

Les relations entre l'√Čglise et l'√Čtat

Les desseins de Garibaldi sur Rome arr√™t√©s, le probl√®me pour Cavour est de d√©cider ce qu'il convient de faire avec ce qui reste des √Čtats pontificaux (approximativement le Latium actuel), en tenant compte du fait qu'une attaque sur Rome serait consid√©r√©e comme un acte d'agression par la France.

Le projet du comte, qui d√©bute en novembre 1860 et qu'il poursuit jusqu'√† sa mort, est de proposer au Pape la renonciation au pouvoir temporel en √©change de la renonciation, de la part de l‚Äô√Čtat, √† ce qui est son √©quivalent : le juridictionnalisme. Le principe de ¬ę l'√Čglise libre dans un √Čtat libre ¬Ľ serait adopt√©, mais les n√©gociations achoppent sur l'intransigeance fondamentale de Pie IX, et le projet √©choue.

Le Gouvernement Cavour du Royaume d’Italie (1861)

Cavour en 1861
Cavour a été le premier Président du conseil du Royaume d’Italie.

Du 27 janvier 1861 au 3 f√©vrier 1861, les √©lections pour le premier Parlement italien unitaire ont lieu. Plus de 300 des 443 si√®ges de la nouvelle chambre vont √† la majorit√© gouvernementale. L‚Äôopposition en remporte une centaine mais la droite, compos√©e de cl√©ricaux, n'a pas de repr√©sentants depuis que ces derniers ont adh√©r√© √† l‚Äôinvitation de ne pas √©lire et de ne pas se faire √©lire dans un Parlement qui a port√© atteinte aux droits du pape[93]. Le 18 f√©vrier la nouvelle session, dans laquelle pour la premi√®re fois si√®gent ensemble des repr√©sentants du Pi√©mont, de la Lombardie, de la Sicile, de la Toscane, de l‚Äô√Čmilie et de Naples, est inaugur√©e. Le 17 mars, le Parlement proclame le Royaume d‚ÄôItalie, et Victor-Emmanuel II comme son roi. Le 22 mars, le roi renonce √† nommer Ricasoli √† la t√™te du gouvernement, et confirme Cavour √† la t√™te de celui-ci, avec en outre la charge de la Marine et des Affaires √©trang√®res. Le 25 mars, il d√©clare au parlement que Rome devrait devenir la capitale de l‚ÄôItalie.

L’affrontement avec Garibaldi

L‚Äô√©pisode le plus tumultueux de la vie politique de Cavour, en dehors de l‚Äôincident avec Victor-Emmanuel II apr√®s l‚Äôarmistice de Villafranca, est sa rencontre avec Garibaldi en avril 1861. L‚Äôobjet de la discorde est l‚Äôarm√©e des volontaires garibaldiens du Sud dont Cavour veut √©viter le transfert dans le Nord, de peur qu‚Äôelle devienne la proie des radicaux. Ainsi, le 16 janvier 1861, il d√©cr√®te la dissolution de l‚Äôarm√©e m√©ridionale √† Naples et, malgr√© les protestations de son commandant, Giuseppe Sirtori, Cavour demeure cat√©gorique[94].

Sans d√©fendre son arm√©e, Garibaldi prononce, le 18 avril 1861, un discours m√©morable √† la Chambre en accusant ¬ę la froide main ennemie de ce minist√®re Cavour ¬Ľ d‚Äôavoir voulu provoquer une ¬ę guerre fratricide ¬Ľ. Le comte r√©agit violemment demandant, en vain, au Pr√©sident de la Chambre Rattazzi de rappeler Garibaldi √† l‚Äôordre. La s√©ance est suspendue et Nino Bixio tente dans les jours suivants une r√©conciliation qui ne sera jamais totalement accomplie[94].

Les derniers jours

Le 29 mai, Cavour a un malaise que son m√©decin attribue √† une crise de paludisme qui le frappe p√©riodiquement depuis que, jeune, il a contract√© la maladie dans les rizi√®res familiales de Vercelli. Tous les traitements sont sans effet. Il demande √† voir son ami et pr√™tre franciscain, le P√®re Giacomo da Poirino. Celui-ci, apr√®s une longue conversation, lui donne l'absolution, bien qu'excommuni√©, et lui fournit la communion et l'extr√™me-onction, car le comte dit vouloir ¬ę mourir en bon chr√©tien ¬Ľ. Pour cet acte, le p√®re Giacomo est suspendu a divinis. Selon son ami Michelangelo Castelli, les derni√®res paroles du comte sont : ¬ę L'Italie est faite, tout est sauv√©[95]. ¬Ľ.

Le 6 juin 1861, moins de trois mois apr√®s la proclamation du Royaume d'Italie, Cavour meurt √† Turin dans le Palazzo Benso di Cavour, dans le palais familial des Cavour. Sa mort cause un chagrin immense, parce qu'elle est tout √† fait inattendue, et, √† ses fun√©railles, il y a une extraordinaire participation de personnalit√©s. La tombe de Cavour se trouve √† Santena, √† c√īt√© de celle de son neveu, Augusto, dans la crypte familiale. Son fr√®re Gustavo refuse les honneurs d'une s√©pulture d'√Čtat dans la basilique de Superga comme le demande Victor-Emmanuel II. La tombe de Cavour est d√©clar√©e monument national en 1911.

Bettino Ricasoli succède à Cavour comme Président du conseil.

Cavour et Mazzini, les deux visages du Risorgimento

Giuseppe Mazzini, philosophe et r√©publicain, attira √† lui, par ses id√©es, toutes les composantes r√©volutionnaires de l'Italie avant que celles-ci se rallient au roi du Royaume de Sardaigne et √† Cavour. Daniele Manin, en particulier, appelle ses amis √† soutenir l'action de la Maison de Savoie dans une d√©claration retentissante :

¬ę Persuad√© qu'il faut avant tout faire l'Italie, que c'est la question primordiale, je dis √† la maison de Savoie : Faites l'Italie et je suis avec vous, sinon non... Moi r√©publicain, je plante le premier l'√©tendard de l'unification : L'Italie avec le roi sarde. ¬Ľ

‚ÄĒ Daniele Manin[1]

Mazzini fut un opposant de Cavour qu'il ne put affronter au sein du Parlement car bien qu'élu en 1866, après plusieurs invalidations, il refusa de prêter serment au Statut albertin, la constitution de la monarchie de Savoie.

Mazzini fut un farouche adversaire de la guerre de Crim√©e, qui causa d'√©normes pertes en hommes au Royaume de Sardaigne. Il adressa un appel aux soldats en partance pour le conflit :

¬ę Quinze mille d'entre vous sont sur le point d'√™tre d√©port√©s vers la Crim√©e. Pas un, peut-√™tre ne reverra sa famille.[‚Ķ] Vous n'aurez pas l'honneur des batailles. Vous mourrez, sans gloire, sans les aur√©oles des splendides faits √† transmettre, r√©confort ultime de vos proches. Vous mourrez √† cause des gouvernements et des dirigeants √©trangers.[‚Ķ] Pour servir un faux dessein √©tranger, vos os blanchiront pi√©tin√©s par les chevaux des Cosaques, sur des terres lointaines, qu'aucun des v√ītres ne pourra recueillir pour pleurer dessus. C'est pourquoi moi je vous appelle, avec une douleur dans l'√Ęme, ‚Äúd√©port√©s‚ÄĚ. ¬Ľ

‚ÄĒ Giuseppe Mazzini[96],[97]

Lorsqu'en 1858, Napol√©on III √©chappa √† l'attentat de Felice Orsini et Giovanni Andrea Pieri, le gouvernement de Turin l'imputa √† Mazzini (Cavour l'aurait appel√© ¬ę le chef de la horde d'assassins fanatiques ¬Ľ[98], et par ailleurs ¬ę un ennemi aussi dangereux que l'Autriche ¬Ľ[99]) car les deux auteurs de l'attentat avaient milit√© dans son Partito d'Azione. Selon Denis Mack Smith, Cavour avait, par le pass√©, financ√© les deux r√©volutionnaires √† cause de leur rupture avec Mazzini, et, apr√®s l'attentat de Napol√©on III et les condamnations des deux hommes, la veuve d'Orsini re√ßut une pension[100]. Cavour fit √©galement pression sur la magistrature pour faire juger et condamner la presse radicale[101]. Il favorisa √©galement l'agence Stefani avec des fonds secrets, bien que la loi interdise les privil√®ges et les monopoles des priv√©s[102]. Ainsi, l'agence Stefani, forte de solides relations avec Cavour devint, selon l'√©crivain Gigi Di Fiore, un outil cl√© du gouvernement pour le contr√īle des m√©dias dans le Royaume de Sardaigne[103].

Mazzini, quant √† lui, en plus d'avoir condamn√© l'attentat d'Orsini et de Pieri, attaqua le Premier ministre dans un article publi√© dans le journal Italia del popolo :

¬ę  Vous avez ouvert dans le Pi√©mont un dualisme mortel, vous avez corrompu notre jeunesse, mettant en place une politique de mensonges et des tromperies face √† la politique sereine de celui qui veut rena√ģtre. Entre vous et nous, monsieur, un ab√ģme nous s√©pare. Nous repr√©sentons l'Italie, vous la vieille suspicieuse ambition monarchique. Nous, nous voulons surtout l'unit√© nationale, vous, l'√©largissement territorial. ¬Ľ

‚ÄĒ Giuseppe Mazzini[104]

Mazzini soutint Garibaldi dans son expédition des Mille et l'incita à prendre Rome sachant que cela allait à l'opposé de la politique de Cavour, inquiet de la réaction de la France.

Controverses

Photographie de Cavour
Photographie de Cavour par Ludovico Tuminello.

La politique intérieure

Tout en suscitant l'admiration d'un large public, le personnage de Cavour est également l'objet de critiques.

En 1853, ann√©e de grave crise c√©r√©ali√®re dans la p√©ninsule italienne, Cavour, grand propri√©taire de moulins, plut√īt que d'interdire le commerce du bl√© avec l'√©tranger, aurait accept√© des exportations, r√©alisant selon certains auteurs (comme Lorenzo Del Boca[105] et Angela Pellicciari[106]) d'√©normes profits √† des fins personnelles et privant de r√©coltes la population pi√©montaise. L'historien Rosario Romeo parle de rumeurs contre le comte, de la part de journaux populaires de l'√©poque[107]. Le fait est que la politique des exportations de c√©r√©ales provoqua un malaise g√©n√©ral et des troubles √† Arona, Pallanza (une frazione de Verbania) et G√™nes. Des maires se mobilis√®rent contre le gouvernement de Cavour, parmi lesquels les douze maires du district d'Intra (frazione de Verbania) et celui de Cava Manara, qui d√©clar√®rent : ¬ę Si les exportations continuent pendant un mois encore, les boulangers de ce lieu ne seront plus en mesure de trouver beaucoup de bl√© pour faire du pain[108]. ¬Ľ.

La classe populaire alla protester jusque sous les fen√™tres de la villa de Cavour. Les carabinieri intervinrent ; on assista √† des arrestations et √† des √©pisodes de violence contre les manifestants. Les journaux L'imparziale et La voce della libert√†, qui comptaient parmi les principaux accusateurs de la manŇďuvre du gouvernement sur le bl√©, furent critiqu√©s pour avoir incit√© le peuple √† la r√©volte et ils se virent tra√ģn√©s devant les tribunaux mais acquitt√©s[105]. Angelo Brofferio, rival politique de Cavour, √©crivit de vives attaques sur ses activit√©s, disant que sous le gouvernement Cavour, ¬ę les monopoles, les boursicoteurs, les op√©rateurs de t√©l√©graphe et les sp√©culateurs s'engraissent ill√©galement sur la substance publique, pendant que l'universalit√© des citoyens g√©mit, souffre, et crie sous le poids des taxes et des imp√īts[105]. ¬Ľ Brofferio d√©finit comme un ¬ę acte barbare ¬Ľ l'agression de la police contre les manifestants[105]. √Ä la fin de 1853, en Vall√©e d'Aoste, on enregistra les r√©voltes les plus importantes. Plus de deux mille habitants furent impliqu√©s dans les √©meutes et le gouvernement proc√©da au total √† 530 arrestations. Parmi les √©meutiers arr√™t√©s, 80 furent jug√©s et 9 furent condamn√©s[109].

Le Risorgimento

Le r√īle de Cavour durant le Risorgimento a suscit√© divers d√©bats. Bien qu'il soit consid√©r√© comme l'un des p√®res de la nation avec Garibaldi, Victor-Emmanuel II et Mazzini, Cavour n'√©tait gu√®re soucieux de l'unification de l'Italie, mais seulement de repousser les fronti√®res du royaume de Savoie (opinion soutenue par Mazzini lui-m√™me)[104]. Le r√īle de Cavour dans l'annexion du Royaume des Deux-Siciles n'est toujours pas clair. Selon l'√©crivain Arrigo Petacco, le Premier ministre pi√©montais, oppos√© √† la conqu√™te du royaume des Bourbons, aurait m√™me tent√© de conclure un accord avec Fran√ßois II, qui pr√©voyait la cr√©ation d'un √Čtat f√©d√©ral ; cependant, ce dernier aurait refus√©[110].

D'autres auteurs comme Del Boca[111] et Aldo Servidio[112] font valoir qu'en 1856, quatre ans avant l'expédition des Mille, Cavour et Clarendon eurent des contacts pour organiser des révoltes contre les Bourbons dans le Royaume des Deux-Siciles, point de vue également soutenu par l'historien anglais George Macaulay Trevelyan, auteur de plusieurs ouvrages sur Garibaldi[112]. Cavour aurait ordonné à Carlo Pellion di Persano de prendre contact à Naples avec l'avocat Edwin James, homme de confiance du gouvernement britannique[111],[112].

L'historien anglais Denis Mack Smith, dont les travaux portent sur l'histoire de l'Italie du Risorgimento √† nos jours, √©met un jugement n√©gatif sur le personnage de Cavour, le qualifiant de ¬ę fourbe ¬Ľ, ¬ę maladroit ¬Ľ, ¬ę faux ¬Ľ, ¬ę rus√© ¬Ľ et le montrant d√©termin√© √† emp√™cher l'unification de l'Italie si le m√©rite pouvait en √™tre attribu√© aux forces radicales, r√©publicaines, populaires et d√©mocratiques[113].

Portrait et vie sentimentale

La physionomie de Cavour, tout en finesse, fait contraste avec celle de son roi. L'homme est extr√™mement s√©duisant et sympathique. D'humeur enjou√©e, on dit de lui qu'il a ¬ę la politique gaie ¬Ľ et le peuple pi√©montais, dont il a gagn√© l'affection, l'appelle ¬ę papa Camillo ¬Ľ[114] .

¬ę Sa physionomie jette en d√©pit d'un aspect presque s√©nile, comme une lueur de jeunesse. Il semble que tous ses sens soient aux aguets derri√®re les lunettes aux verres √©troits ; les yeux sont attentifs et comme souriants ; les mains semblent palpiter. Cette t√™te est couronn√©e d'un front carr√© comme une forteresse. Les traits sont r√©guliers, le visage est ras√©, √† part un l√©ger collier de barbe[115]. ¬Ľ

‚ÄĒ Alfredo Panzini, Cavour et l'√©pop√©e du Risorgimento.

Cavour ne se marie pas, affirmant ¬ę Je ne peux pas prendre de femme maintenant, je dois faire l'Italie ¬Ľ[116]. Bon vivant et sensuel, Cavour a de nombreuses liaisons br√®ves et discr√®tes. √Ä vingt ans il rencontre la marquise Anna Giustiniani, avec qui il vit une v√©ritable passion et qui se suicide pour lui. Lors de ses d√©placements √† Paris, Camillo s'accorde quelques √©carts et rencontre en 1835 la belle M√©lanie Waldor, qui √©crit un roman intitul√© Alphonse et Juliette, o√Ļ Alphonse est en r√©alit√© Cavour, elle l'appelle ¬ę mon petit Italien au teint rose et au sourire d‚Äôenfant‚Ķ ¬Ľ[117]. Puis ce sont l'aristocrate Clementina Guasco di Castelletto, Emilia Gazelli Pollone, Hortense Allart de M√©ritens, une belle Fran√ßaise dont les informations, arrach√©es dans les lits des grands d'Europe, sont utiles √† l'homme d'√Čtat pour ses investissements sur les march√©s boursiers[116]. En 1855, il rencontre, toujours dans la capitale fran√ßaise, la belle veuve anglaise, la marquise d'Ely. L'ultime conqu√™te avant sa mort est une c√©l√®bre ballerine, Bianca Ronzini[116],[118].

Cavour est aussi un fin gourmet, passionn√© d'agnolotti, du bŇďuf brais√© et du l√©gendaire vermouth[116], il donne son nom au potage ¬ę √† la Cavour ¬Ľ (une cr√®me de riz), au "pudding" ¬ę √† la Cavour ¬Ľ, aux artichauts en cro√Ľte ¬ę Cavour ¬Ľ et √† la t√™te de veau ¬ę √† la Cavour ¬Ľ[119] et il fait la promotion de Barolo[120], un vin pi√©montais qu'il avait l'habitude de servir au d√ģner.

Célébration

Deux villes italiennes ont ajout√© leur nom √† celui d'origine : Grinzane Cavour, dont Cavour a √©t√© maire, et Sogliano Cavour, afin de c√©l√©brer l'unit√© nationale retrouv√©e. De nombreuses rues et places et de nombreuses statues lui ont √©t√© d√©di√©es. Pour 2010 (anniversaire de sa naissance), une pi√®ce comm√©morative italienne de 2 euros le repr√©sente.

Le cuirassé Conte di Cavour et le porte-avions Cavour (CVH-550) ont aussi été nommés en son honneur, en Italie.

Dans le film Le Guépard de Luchino Visconti, le personnage de Chevalley, joué par Leslie French, incarne dans le film (comme dans le roman de Lampedusa) un émissaire du tout nouveau gouvernement unitaire de l'Italie, venu proposer un siège de sénateur au prince Salina. Comme souvent chez Visconti, l'apparence de ce personnage est ouvertement calquée sur celle de Cavour, notamment dans le célèbre portrait de Francesco Hayez (1864).

Distinctions

Camillo Cavour a obtenu de nombreuses distinctions honorifiques[121]

Commendatore OMS BAR.svg
 : Commandant de l‚ÄôOrdre Militaire de Savoie
Cavaliere di gran Croce Regno SSML BAR.svg
 : Chevalier grand-croix de l‚Äôordre des Saints-Maurice-et-Lazare
Order of the Most Holy Annunciation BAR.svg
 : Chevalier de l‚ÄôOrdre Supr√™me de la Tr√®s Sainte Annonciade (Savoie)
Ordine Civile di Savoia BAR.svg
 : Chevalier de l‚ÄôOrdre Civil de Savoie
Legion Honneur GC ribbon.svg
 : Grand-croix de la L√©gion d'honneur (France), le 21 f√©vrier 1852[122]
Band to Order of Charles III.png
 : Chevalier de l‚Äôordre de Charles III d'Espagne
Chevalier Ordre de Leopold.png
 : Grand cordon de l‚Äôordre de L√©opold (Belgique)
GRE Order Redeemer 1Class.png
 : Grand-croix de l‚Äôordre du Sauveur (Gr√®ce)
1000diMarsala.png
 : Chevalier de Ire classe de l‚Äôordre du M√©djidi√© (empire Ottoman)
PRT Military Order of Aviz - Knight BAR.png
 : Grand-croix de l‚Äôordre du Lion et du Soleil (Perse)
Chevalier de l’ordre de Saint-Alexandre Nevski (Russie)

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. ‚ÜĎ le titre de comte attribu√© √† Cavour est un titre de courtoisie emprunt√© √† l‚Äôusage fran√ßais. Ce principe donnait, au fils a√ģn√©, le titre imm√©diatement inf√©rieur √† celui du titulaire, au second, celui encore inf√©rieur et ainsi de suite. Dans son cas, lorsque le p√®re de Camillo, le Marquis Michele, meurt, son premier fils (Gustavo) pris le titre de marquis et son second fils (Camillo) celui de comte. √Ä la mort de son fr√®re Gustavo, Camillo aurait h√©rit√© du titre de marquis. Il d√©c√®de avant Gustavo.
  2. ‚ÜĎ titre Expos√© de l'origine, la th√©orie, la pratique et les effets du tir de rebond sur la terre et sur l'eau et sous-titre √Čcole Royale Th√©orique et Pratique d'Artillerie et de Fortification de l'√Čcole d'application d'Artillerie et de G√©nie
  3. ‚ÜĎ Leri, aujourd'hui Leri Cavour, est une frazione de Trino, dans la province de Verceil.
  4. ‚ÜĎ Cavour fait r√©f√©rence aux Autrichiens qui ne peuvent plus dire qu'ils occupent la Lombardie-V√©n√©tie par patriotisme.
  5. ‚ÜĎ Aynard duc de Clermont-Tonnerre (1769-1837)
  6. ‚ÜĎ En 1841, la patriote Anna Giustiniani, qui devient sa ma√ģtresse, se suicide. Cet √©v√©nement provoque chez lui une crise √©motive, Hearder, 2000, p. 33.
  7. ‚ÜĎ Cavour dans un article c√©l√®bre, √©crit : ¬ę L'heure supr√™me de la monarchie sarde a sonn√©, le temps des r√©solutions fortes, l'heure dont d√©pend le sort des empires, le sort des peuples. ¬Ľ
  8. ‚ÜĎ La guerre frappa Cavour personnellement : pendant la bataille de Goito, le fils de son fr√®re Gustavo, le marquis Augusto de Cavour, fut tu√© alors qu'il avait √† peine vingt-et-un an. Le coup fut tr√®s dur pour le comte car il avait une affection paternelle envers son neveu. Il garda son uniforme ensanglant√© toute sa vie[32].
  9. ‚ÜĎ Paris b√©n√©ficie de r√©ductions sur les droits douaniers pour l‚Äôimportation par le Pi√©mont de vins et d‚Äôarticles de mode en √©change d‚Äôavantages pour l‚Äôexportation en France de b√©tail, de riz et de fruits frais.
  10. ‚ÜĎ L'armateur Rubattino, lors de l'exp√©dition des Mille, met √† disposition de Garibaldi les deux navires n√©cessaires √† l'exp√©dition.
  11. ‚ÜĎ Depuis Londres, il se rend √† Oxford, Woolwich et Portsmouth.
  12. ‚ÜĎ Le voyage concerne Manchester, Liverpool, Sheffield, Hull, √Čdimbourg, Glasgow et les Highlands.
  13. ‚ÜĎ Cavour, pour l'ouverture des hostilit√©s, a pris le pr√©texte que la Russie, pendant la premi√®re guerre d'ind√©pendance, avait rompu les relations avec le Royaume de Sardaigne (√† l'√©poque, la Russie entretenait de meilleurs rapports avec l'Autriche) et le tsar Nicolas Ier avait refus√© en 1849 de reconna√ģtre l'accession au tr√īne de Victor-Emmanuel II[64].
  14. ‚ÜĎ La Spezia abrite un important arsenal militaire construit pas Cavour[65].
  15. ‚ÜĎ Le Pi√©mont, avec la France, a √©galement appel√© √† l'annulation des √©lections qui se sont tenues en Moldavie en juillet 1857, qui, avec des r√©sultats d√©finis sans fondement, ont eu un r√©sultat d√©favorable pour l'union des deux principaut√©s.
  16. ‚ÜĎ L'Autriche, avec la guerre de Crim√©e, a perdu l'amiti√© de la Russie ; elle voit s'√©loigner la Prusse √† la recherche d'une plus grande autonomie pendant que la ti√®de amiti√© de la Grande-Bretagne ne peut √©quilibrer la situation qui favorise Cavour.

Références

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  5. ‚ÜĎ Biographie de Camillo Cavour sur Dictionnaire historique de la Suisse. Consult√© le 10 mars 2011
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  11. ‚ÜĎ Romeo, 2004, p. 52-53.
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  13. ‚ÜĎ Cavour Camillo Benso, c‚Äôest qui ? c‚Äôest l‚Äôartisan de la r√©unification de l‚ÄôItalie. Consult√© le 13 mars 2011
  14. ‚ÜĎ Romeo, 2004, p. 66-67-69.
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  21. ‚ÜĎ Cavour e i banchieri sur Banca Popolare Pugliese. Consult√© le 11 avril 2011
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Bibliographie

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La biographie de Camillo Cavour a été publiée par Joseph Devey (1861), ses Discours ont été traduits par Isacco Artom et Albert Blanc (1862).

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  • Malet et Isaac, Histoire contemporaine depuis le milieu du XIXe si√®cle, Paris, Librairie Hachette, 1939 Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article 
  • (it) Rosario Romeo, Cavour e il suo tempo (3 volumes Cavour e il suo tempo: 1810-1842, Cavour e il suo tempo: 1842-1854, Cavour e il suo tempo: 1842-1861), Bari, Laterza, 1984 (1re √©d. 1977) Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
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    Cavour. Le grand tisserand de l'Unité d'Italie
     
  • (it) Rosario Romeo, Vita di Cavour, Bari, Laterza, 2004 (1re √©d. 1984) Ouvrage utilis√© pour la r√©daction de l'article
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    Camillo Benso comte de Cavour, (par la Commission Nationale pour la publication de la correspondance du Comte de Cavour)
     
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    Femme de passion. Un amour de jeunesse de Cavour
     
  • (it) Lorenzo Del Boca, Indietro Savoia! Storia controcorrente del Risorgimento, Milan, Piemme, 2003 (ISBN 88-384-7040-5).
    Arrière Savoie! Histoire à contrecourant du Risorgimento
     
  • (it) Aldo Servidio, L'imbroglio nazionale : Unit√† e unificazione dell'Italia (1860-2000), Naples, Guida, 2000 (ISBN 88-7188-489-2).
    La tromperie nationale, Unité et unification de l'Italie (1860-2000)
     
  • (it) Gigi Di Fiore, Controstoria dell'Unit√† d'Italia: fatti e misfatti del Risorgimento, Milan, Rizzoli, 2007 (ISBN 88-17-01846-5).
    Contre-histoire de l'Unité de l'italie: faits et méfaits du Risorgimento
     
  • (it) Annabella Cabiati, Cavour : Fece l'Italia, visse con ragione, am√≤ con passione, Tr√©vise, Edizioni Anordest, 2010 (ISBN 978-88-96742-03-7).
    Cavour, il fit l'Italie, vécut avec raison, aima avec passion
     
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Regardez d'autres dictionnaires:

  • Camillo Cavour ‚ÄĒ Camillo Benso Graf von Cavour, Portrait von Francesco Hayez Camillo Benso Graf von Cavour (italienisch Camillo Benso Conte di Cavour; * 10. August 1810 in Turin; ‚Ć 6. Juni 1861 in Turin) war der Staatsmann, der die Italienische Einheit vorantrieb ‚Ķ   Deutsch Wikipedia

  • Camillo Benso, comte de Cavour ‚ÄĒ Camillo Cavour Pour les articles homonymes, voir Cavour. Pr√©sident du Conseil ‚Ķ   Wikip√©dia en Fran√ßais

  • Cavour Il Conte Camillo ‚ÄĒ (–ü–į–Ľ–Ķ—Ä–ľ–ĺ,–ė—ā–į–Ľ–ł—Ź) –ö–į—ā–Ķ–≥–ĺ—Ä–ł—Ź –ĺ—ā–Ķ–Ľ—Ź: –ź–ī—Ä–Ķ—Ā: Via Camillo Cavour 32, 90133 –ü–į–Ľ–Ķ—Ä ‚Ķ   –ö–į—ā–į–Ľ–ĺ–≥ –ĺ—ā–Ķ–Ľ–Ķ–Ļ

  • Camillo Benso Cavour ‚ÄĒ Camillo Benso Graf von Cavour, Portrait von Francesco Hayez Camillo Benso Graf von Cavour (italienisch Camillo Benso Conte di Cavour; * 10. August 1810 in Turin; ‚Ć 6. Juni 1861 in Turin) war der Staatsmann, der die Italienische Einheit vorantrieb ‚Ķ   Deutsch Wikipedia

  • Camillo Benso Conte di Cavour ‚ÄĒ Camillo Benso Graf von Cavour, Portrait von Francesco Hayez Camillo Benso Graf von Cavour (italienisch Camillo Benso Conte di Cavour; * 10. August 1810 in Turin; ‚Ć 6. Juni 1861 in Turin) war der Staatsmann, der die Italienische Einheit vorantrieb ‚Ķ   Deutsch Wikipedia

  • Camillo Benso Graf von Cavour ‚ÄĒ Camillo Benso Graf von Cavour, Portrait von Francesco Hayez Camillo Benso Graf von Cavour (italienisch Camillo Benso Conte di Cavour; * 10. August 1810 in Turin; ‚Ć 6. Juni 1861 in Turin) war der Staatsmann, der die Italienische Einheit vorantrieb ‚Ķ   Deutsch Wikipedia

  • Camillo Benso conte di Cavour ‚ÄĒ Camillo Benso Graf von Cavour, Portrait von Francesco Hayez Camillo Benso Graf von Cavour (italienisch Camillo Benso Conte di Cavour; * 10. August 1810 in Turin; ‚Ć 6. Juni 1861 in Turin) war der Staatsmann, der die Italienische Einheit vorantrieb ‚Ķ   Deutsch Wikipedia

  • Camillo Benso von Cavour ‚ÄĒ Camillo Benso Graf von Cavour, Portr√§t von Francesco Hayez Camillo Benso Graf von Cavour (ital. Camillo Benso Conte di Cavour [kaňąmilňźo ňąb…õnso ňąkonte dikaňąvuňźr]; * 10. August 1810 in Turin; ‚Ć 6. Juni 1861 ebenda) wa ‚Ķ   Deutsch Wikipedia

  • Camillo Benso ‚ÄĒ Camillo Benso, conde de Cavour Saltar a navegaci√≥n, b√ļsqueda Camillo Benso, conde de Cavour Camillo Benso, conde de Cavour ‚Ķ   Wikipedia Espa√Īol

  • Camillo Benso, conde de Cavour ‚ÄĒ /kaňąvuňźr/ (Tur√≠n, 10 de agosto de 1810 ‚Äď 6 de junio de 1861), fue un pol√≠tico y estadista de la Italia anterior a la ‚Ķ   Wikipedia Espa√Īol


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