Caldoche

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Caldoche
Caldoches - Calédoniens européens
Foire chevaux.JPG
Cavaliers « broussards Â» Ă  la Foire de Bourail
Populations
Population totale 71 721[1]
Populations significatives par régions
Drapeau : France Drapeau : Nouvelle-CalĂ©donie Nouvelle-CalĂ©donie 71 721[1] (2009)
Autre
RĂ©gion d'origine Drapeau d'Europe Union europĂ©enne - Drapeau d'Australie Australie -
Drapeau : France La RĂ©union - Drapeau d'AlgĂ©rie AlgĂ©rie -
Drapeau d'IndonĂ©sie IndonĂ©sie - Drapeau du ViĂȘt Nam ViĂȘt Nam -
Drapeau du Japon Japon - Drapeau d'Inde Inde -
Drapeau : France Drapeau : Nouvelle-CalĂ©donie Nouvelle-CalĂ©donie
Langue(s) français
Religion(s) Catholicisme, protestantisme, islam (minorité)
Groupe(s) relié(s) Divers européens - Métis

Le terme Caldoche dĂ©signe la population blanche essentiellement d'origine europĂ©enne (mais pouvant avoir connu un fort mĂ©tissage) installĂ©e en Nouvelle-CalĂ©donie depuis une ou deux gĂ©nĂ©ration au minimum, voire jusqu'Ă  la colonisation commencĂ©e au milieu du XIXe siĂšcle. Ayant eu une connotation pĂ©jorative, elle a fait l'objet, Ă  l'instar du terme canaque devenu kanak chez les MĂ©lanĂ©siens, d'une rĂ©cupĂ©ration identitaire et est parfois revendiquĂ© par une partie des personnes concernĂ©es pour mettre en avant leur lien Ă  la terre oĂč ils sont nĂ©s et oĂč leur famille a Ă©voluĂ©. Beaucoup prĂ©fĂšrent toutefois le terme plus neutre, et plus gĂ©nĂ©rique, de « CalĂ©doniens Â»[2].

Sommaire

Invention du terme

Plusieurs versions existent sur l'origine du mot « Caldoche Â». La plus rĂ©pandue, notamment dĂ©finie par l'ouvrage collectif Mille et un mots CalĂ©doniens, lexique d'expressions nĂ©o-calĂ©doniennes Ă©ditĂ© par la FOL en 1982, et reprise par le dictionnaire calĂ©donien du site officiel de La Brousse en folie de Bernard Berger, impute son invention Ă  la journaliste et polĂ©miste locale Jacqueline Schmidt. Participant activement Ă  la fin des annĂ©es 1960 au dĂ©bat sur l'adoption des trĂšs controversĂ©es lois Billotte (surtout la premiĂšre de ces lois, qui transfĂšre Ă  l’État les plus hautes responsabilitĂ©s de l’activitĂ© miniĂšre calĂ©donienne[3]), elle signait alors ses articles sous le pseudonyme de Caldoche, unissant le prĂ©fixe « Cald- Â», renvoyant Ă  son fort sentiment d'appartenance Ă  la Nouvelle-CalĂ©donie oĂč sa famille Ă©tait installĂ©e depuis prĂšs d'un siĂšcle, au suffixe « -oche Â», reprenant l'insulte de « sale boche Â» que certains parents de ses camarades de jeu lui lançaient durant son enfance en raison de ses origines germaniques (les Schmidt font partie d'une importante communautĂ© germanophone, essentiellement rhĂ©nane, ayant fui l'Allemagne pour Ă©viter de se soumettre Ă  la domination prussienne dans les annĂ©es 1860[4]). Le propriĂ©taire du journal D1TO, GĂ©rald Rousseau, trouvant le surnom amusant, l'a ensuite repris et popularisĂ©[5].

Origines

Descendants de colons libres ou de colons pénaux

Les familles « Caldoches Â» puisent leur origine essentiellement dans les diffĂ©rentes vagues de colonisation connues par la Nouvelle-CalĂ©donie du milieu du XIXe siĂšcle au milieu du XXe siĂšcle. Et les raisons qui ont amenĂ© les « pionniers Â» Ă  venir s'y installer peuvent ĂȘtre particuliĂšrement multiples, avec une premiĂšre distinction entre colons libres et pĂ©naux.

Les colons libres

Ils sont venus sans contrainte, sans avoir Ă©tĂ© condamnĂ©s, tout au long de la pĂ©riode, soit par initiative personnelle, soit dans le cadre d'une politique engagĂ©e ou soutenue par les autoritĂ©s gouvernementales dans le but de faire de la Nouvelle-CalĂ©donie une colonie de peuplement. Parmi celles-ci on peut citer :

  • les colonisations « Paddon Â» ou « Cheval Â», en rĂ©fĂ©rence respectivement au commerçant anglais James Paddon (installĂ© avant mĂȘme la prise de possession de l'archipel par la France) et au restaurateur normand TimothĂ©e Cheval (au dĂ©part installĂ© Ă  Sydney), deux individus ayant donc tissĂ©s de nombreuses relations (matrimoniales, professionnelles, sociales) en Australie et Ă  qui l'administration coloniale a offert de vastes domaines avec l'obligation de venir y faire s'installer des agriculteurs et/ou Ă©leveurs.
  • colons Paddon : James Paddon reçut ainsi, en Ă©change de sa propriĂ©tĂ© de l'Ăźle Nou qu'il a vendue (40 000 F) en 1857 Ă  l'État français pour que celui-ci y construise une partie des infrastructures pĂ©nitentiaires du bagne, 4 000 hectares de terres Ă  culture Ă  PaĂŻta, dans les bassins rĂ©unis des deux riviĂšres KarikouiĂ© et Katiramona avec une bande de terrain Ă©troite allant jusqu'Ă  la baie de DumbĂ©a. Le contrat prĂ©voit qu'il y fasse venir 22 « individus mĂąles de race blanche Â» et leurs familles, ils seront finalement 18 Ă  recevoir une concession, en deux vagues successives. Les cinq premiers chefs de famille, Ă  majoritĂ© d'origine allemande et ayant transitĂ© par l'Australie, signent leur contrat le 17 mars 1859 et arrivent par le Speck le 23 mai 1859 avec leurs Ă©pouses et enfants, soit en tout dix adultes et quatre enfants : il s'agit du Wurtembergeois Anton (ou Antoine) Metzger (1830-1926) et de ses deux beaux-frĂšres Karl (ou Charles) GaĂ«rtner (1861-1951) et M. Human, le Hambourgeois Henrich Ohlen (dĂ©cĂ©dĂ© en 1869) et l'anglais de Manchester Thomas Lynch (dĂ©cĂ©dĂ© en 1917). Il faut y ajouter les huit enfants Martin (5 garçons, dont 3 auront une descendance et 2 verront leur famille faire souche), neveux de James Paddon que celui-ci a fait venir de Portsmouth et dont deux d'entre eux (Horatio John puis, aprĂšs sa mort sans descendance en 1884, Augustus) hĂ©riteront Ă  son dĂ©cĂšs de sa propre concession. Les autres familles sont les : Abel, Alfort, Ambrose, Blair, Dotson, Gottlieb, Heister, James, les frĂšres Riese, Sleath, Thorburn. Ils pratiquent une agriculture essentiellement maraĂźchĂšres, une expĂ©rience dans la canne Ă  sucre Ă©tant vite abandonnĂ©e. Mais les conditions difficiles poussent certains d'entre eux Ă  repartir pour l'Australie (les Human, Alfort, Ambrose, Blair, Dotson, Gottlieb, Riese, Sleath ou Thorburn), d'autres Ă  s'installer au chef-lieu (GaĂ«rtner, les Ohlen dĂšs la gĂ©nĂ©ration des enfants du pionnier)[6],[7],[8]. En dehors de « Paddonville Â», un des anciens employĂ©s de Paddon, le chinois Jemmy Song (nĂ© vers 1831, dĂ©cĂ©dĂ© Ă  une date inconnue), ancien berger et intendant du nĂ©gociant qui lui obtient une concession Ă  Tongouin, un peu plus au nord de PaĂŻta[9].
  • colons Cheval : TimothĂ©e Cheval (1814-1881), d'origine normande et jusqu'Ă  prĂ©sent restaurateur avec son frĂšre Hippolyte Ă  Sydney, vient tenter sa chance en Nouvelle-CalĂ©donie au dĂ©but des annĂ©es 1860 et reçoit, par dĂ©cret du gouverneur datĂ© du 28 novembre 1861, 1 500 hectares (au fil des dĂ©frichages et des acquisitions, la propriĂ©tĂ© atteindra les 1 800 hectares), Ă  charge par lui d'y introduire 6 Ă  8 colons europĂ©ens, 100 bĂȘtes Ă  cornes, 16 juments et un Ă©talon. Les candidats arrivent d'Australie par La Gazelle le 18 juillet 1862 : parmi eux essentiellement trois Irlandais originaires du ComtĂ© de Clare, James Daly (1832-1900), James O'Donoghue (1804-1883, le beau-pĂšre d'Hippolyte Cheval), Camille Hoff (nĂ© en 1834 Ă  Paris mais mariĂ© Ă  une niĂšce de James O'Donoghue et Patrick MacMahon, Anny Moloney), Patrick MacMahon (1821-1910), Michael Hugues, Patrick Munen, ainsi que les dĂ©nommĂ©s O'Connel et Ralph. Il faut Ă©galement citer Fanny Austin, veuve d'un certain M. Unger, venue avec ses deux fils, ou encore le frĂšre de TimothĂ©e, Hippolyte Cheval, venu le rejoindre en 1866. Comme pour l'expĂ©rience Paddon, certains de ces colons quitteront la Nouvelle-CalĂ©donie sans y faire souche (les Munen, O'Connell, Ralph notamment), d'autres iront s'installer Ă  NoumĂ©a (Hippolyte Cheval dĂšs 1871, les Unger et les Daly)[10].
  • la colonisation bourbonnaise, composĂ©e de CrĂ©oles rĂ©unionnais, entre 1864 et 1880, Ă  une Ă©poque oĂč les Mascareignes entrent dans une pĂ©riode de crise Ă©conomique, et notamment sucriĂšre, en raison d'une succession de sĂ©cheresses et de maladies s'attaquant aux cannes Ă  sucre. Le gouverneur Charles Guillain s'appuie alors sur les sucriers Didier Numa-Joubert, dĂ©jĂ  installĂ© depuis 1859 sur une propriĂ©tĂ© de 3 314 hectares Ă  DumbĂ©a, ou Louis Nas de Tourris (1822-1887), qui a rendu un rapport favorable au gouverneur sur l'exploitation de la canne Ă  sucre. Les familles viennent s'installer avec leurs « engagĂ©s Â», main d'Ɠuvre de « Malabars Â» (en fait indiens, dont les Arsapin) ou de « Cafres Â» (descendants d'esclaves africains, dont les Mitride), et s'installent sur les 10 000 hectares obtenus par Nas de Tourris pour la culture de la canne Ă  sucre et rĂ©partis sur plusieurs sites, notamment Ă  Nakety Ă  Canala ou HouaĂŻlou sur la cĂŽte est, Ă  DumbĂ©a, La Foa, La OuamĂ©nie Ă  Boulouparis ou encore KonĂ© sur la cĂŽte ouest. L'expĂ©rience est dans un premier temps un succĂšs : le « consortium sucrier Â» qui unit les exploitants Le Coat de Kerveguen, Nas de Tourris, Joubert et Lalande-Desjardins possĂšde ainsi environ 8 000 hectares Ă  KonĂ© et Ă  La OuamĂ©nie, oĂč une usine employant 163 Malabars est construite en 1872[11]. Ferdinand Joubert, fils aĂźnĂ© de Didier Numa, fonde de son cĂŽtĂ© la premiĂšre usine sucriĂšre de NoumĂ©a, et Évenor de Greslan, propriĂ©taire de 2 300 hectares Ă  Nimba Ă  DumbĂ©a, en crĂ©e une sur son domaine en 1871. En 1875, on compte pas moins de 454 RĂ©unionnais. Mais les invasions de sauterelles et l'insurrection kanak de 1878 d'AtaĂŻ met fin Ă  l'exploitation de la canne Ă  sucre, Ă  l'exception d'Évenor de Greslan (qui pour ce faire fait venir les premiers travailleurs indonĂ©siens, diversifie ses activitĂ©s avec l'exploitation d'arbres fruitiers et introduit des merles des Moluques pour lutter contre les sauterelles) ou des Gillot L'Étang (Ă  la Tiwaka Ă  PoindimiĂ©) essentiellement. Les colons repartent vers leur Ăźle natale ou la MĂ©tropole (notamment Louis Nas de Tourris ou Numa-Auguste Joubert, dernier fils survivant de Didier-Numa), d'autres s'orientent vers une autre carriĂšre ailleurs en Nouvelle-CalĂ©donie, notamment dans les professions libĂ©rales ou l'administration Ă  NoumĂ©a (les Imbault, Lalande-Desjardins, De Gaillande). Dans tous les cas, il ne reste plus que 173 RĂ©unionnais en 1884[12].
  • la colonisation Feillet, du nom du gouverneur Paul Feillet qui dĂ©cide en 1894 de « fermer le robinet d'eau sale Â» de la colonisation pĂ©nale et de lancer une vaste campagne de propagande en MĂ©tropole pour attirer des colons et y dĂ©velopper la culture du cafĂ© sur des petites propriĂ©tĂ©s (de 10 Ă  50 ha en rĂšgle gĂ©nĂ©rale). En tout, selon Christiane Terrier-DouyĂšre, 500 familles ont Ă©tĂ© attirĂ©s vers la Nouvelle-CalĂ©donie entre 1894 et 1903, soit environ 1 500 personnes. Mais cette opĂ©ration se rĂ©vĂšle ĂȘtre un Ă©chec relatif : les familles viennent souvent sans capital ou en dessous des 5 000 francs prĂ©conisĂ©s par les recruteurs, sont sur des terrains isolĂ©s de tout et sont donc laissĂ©s Ă  eux-mĂȘmes pour dĂ©fricher la brousse ou s'adapter au climat tropical. Toujours d'aprĂšs C. Terrier, 50,5 % des colons Feillet ont fait souche sur leur terre, 26 % sont rentrĂ©s en MĂ©tropole, 19,3 % se sont tournĂ©es vers d'autres activitĂ©s ailleurs en Nouvelle-CalĂ©donie et 4,2 % sont dĂ©cĂ©dĂ©s sans descendance. Si 40,2 % des familles ont Ă©tĂ© installĂ©s sur la cĂŽte ouest (notamment sur les anciens domaines de la PĂ©nitentiaire, comme La Foa, ou Ă  l'extrĂȘme nord, comme Kaala-Gomen ou Voh), la plupart ont Ă©tĂ© installĂ©s sur des terres inhabitĂ©es de la cĂŽte est (Ă  PonĂ©rihouen, PoindimiĂ©, Canala, SarramĂ©a, HienghĂšne ou HouaĂŻlou). Parmi les principales familles de colons Feillet on peut citer les Afchain, Clavel, Devillers, GinguenĂ©, Jacquet, Jeannin et Thonon de PonĂ©rihouen, les Berger de La Foa, les Blivet et Bonnard de SarramĂ©a, les Bouchenoire de Kaala-Gomen, les Claudel, LĂ©tocart, Nurdin et Soury-Lavergne de PoindimiĂ©, les David de Canala et SarramĂ©a, les Delport, HautcƓur et Sauvageot de Voh, les Girold de Gomen et Voh, les Grassin et Lapetite de HienghĂšne, les Janisel de PouĂ©bo, les Mayet de Boulouparis, les Meuret, Persan et Pesnels de Canala, les Mazurier et Poircuitte de HouaĂŻlou, les Talon de NoumĂ©a[13].
  • la colonisation nordiste est lancĂ©e en 1925 par Alphonse PrĂ©vost, un Lillois convaincu par un ingĂ©nieur agronome belge du nom de Lafont et un ouvrage Ă©crit par le maire de NoumĂ©a de cette Ă©poque, Marx Lang, des possibilitĂ©s de cultiver le coton en Nouvelle-CalĂ©donie. Il fonde alors la CoopĂ©rative mutuelle de colonisation nĂ©o-calĂ©donienne d'ArmentiĂšres, et rallie Ă  sa cause quelque 80 familles. Ayant rencontrĂ© Marx Lang qui lui assure de la rĂ©ussite de l'entreprise et lui promet une concession de 1 000 Ă  1 500 hectares, situĂ©e au lieu-dit du creek Aymes Ă  21 km de Bourail, PrĂ©vost et le premier des quatre contingents de Nordistes embarquent le 10 novembre 1925, pour une arrivĂ©e en fanfare Ă  NoumĂ©a le 11 janvier 1926. Mais la terre en question se rĂ©vĂšle rapidement impropre Ă  la culture, poussant de nombreux colons Ă  repartir au bout de seulement quelques annĂ©es. Ceux restĂ©s abandonnent totalement le projet de cultiver du coton vers 1930 et dĂ©cident de se lancer dans d'autres activitĂ©s, en reprenant notamment leurs professions d'origines, et s'installent un peu partout sur la Grande Terre[14]. Parmi les familles descendants de cette vague de colonisation, on peut citer les PrĂ©vost et les Bernast.

En dehors de cette colonisation planifiĂ©e et organisĂ©e, qui n'a rencontrĂ© que des succĂšs trĂšs relatifs, de nombreux colons sont venus s'installer suivant des dĂ©marches individuelles, et pour des raisons variables : dĂ©sireux de fuir une situation difficile pour tenter leur chance ailleurs (les Irlandais ou Italiens qui quittent des rĂ©gions misĂ©reuses, des paysans français venus des endroits les plus touchĂ©s par la crise rurale du XIXe siĂšcle, notamment des pays montagneux ou accidentĂ©s du Massif central, des PyrĂ©nĂ©es, des Alpes ou de Bretagne), attirĂ©s par le potentiel Ă©conomique (notamment des familles liĂ©es aux grandes compagnies marchandes bordelaises ou nantaises comme les Ballande, et les familles associĂ©es des Bonneaud, des Berge ou des Laroque, ou encore les de BĂ©chade, les Castex, mais aussi les Catala de Montpellier, les Milliard de Marseille ou les Barrau d'Avignon, ou plus gĂ©nĂ©ralement des marins caboteurs ou aventuriers qui viennent surtout s'investir dans la mine), par choix politique (notamment des militants rĂ©publicains qui quittent la France aprĂšs le Coup d'État du 2 dĂ©cembre 1851 de NapolĂ©on III, comme les Porcheron ou les Dezarnaulds, ou encore les Alsaciens et Allemands refusant la domination prussienne), ou tout simplement des fonctionnaires ou militaires ayant dĂ©cidĂ© de rester dans la colonie aprĂšs la fin de leur affectation (les Agez, Betfort, Calimbre, Creugnet, Debien, Garrigou, Goujon, Harbulot, HĂ©nin, Rossard et Ulm descendent ainsi de militaires, de carriĂšre ou du contingent, les BĂ©nĂ©big, Baronnet, Baudoux, Blum, Boulet, GĂ©rard, GuĂ©py, Lafleur, Meyer et Nagle de surveillants ou agents du Bagne, les De Gaillande ou les de Rouvray de l'administration coloniale).

Il est difficile de chiffrer exactement les membres de familles Caldoches descendantes de colons libres. J.C. Roux fait Ă©tat de 1 060 colons libres sur 2 005 EuropĂ©ens en 1866, 2 703 sur 16 845 (ils sont alors dĂ©passĂ©s par les bagnards) en 1877, 5 600 sur 18 800 en 1887 et 9 300 sur 20 730 en 1896 (au dĂ©but de la colonisation libre, ce chiffre a certainement chutĂ© ensuite)[12].

Les colons pénaux

Les 250 premiers « TransportĂ©s Â» arrivent Ă  Port-de-France le 9 mai 1864 Ă  bord de L'IphigĂ©nie. En tout, 75 convois amĂšneront, entre 1864 et 1897, environ 21 630 immatriculĂ©s au bagne, selon les estimations d'Alain Saussol[12]. Il existe alors trois types de « bagnards Â» ou « chapeaux de paille Â»[15] :

  • les « TransportĂ©s Â» : de loin les plus nombreux, aussi appelĂ©s « forçats Â» car condamnĂ©s Ă  des peines de travaux forcĂ©s (de 8 ans Ă  perpĂ©tuitĂ©) pour des crimes de droit commun (allant du simple voix de fait ou atteinte Ă  la pudeur au meurtre), ils sont pour la plupart placĂ©s au pĂ©nitencier de l'Ăźle Nou et servent Ă  l'Ă©dification des routes et bĂątiments de la colonie. Parmi les descendants de TransportĂ©s on peut citer les Bouteille, Bouteiller, Chatenay, Colomina, DelathiĂšre, Gervolino, Komornicki, Lucas, Mariotti, PagĂšs, Papon, PĂ©rĂ© et Robelin.
  • les « DĂ©portĂ©s Â» : condamnĂ©s politiques, issus essentiellement des participants Ă  la Commune de Paris de 1871, ce qui fait que les dĂ©portĂ©s sont souvent appelĂ©s « Communards Â». 4 250 sont envoyĂ©s Ă  partir de 1872 aux pĂ©nitenciers de l'Île des Pins, ou de Ducos (pour ceux considĂ©rĂ©s les plus dangereux), avec parmi eux des « cĂ©lĂ©britĂ©s Â» comme Louise Michel ou Henri Rochefort. Ils obtiennent l'amnistie en 1880 qui les autorisent Ă  repartir : moins de 40 familles dĂ©cident de rester faire souche dans la colonie (les Armand, Bourdinat, Cacot, Courtot, Dolbeau, d'autres, comme Adolphe Assi, Louis Boissier ou Louis Roger, restent Ă©galement mais n'ont pas de descendance). Entrent Ă©galement dans cette catĂ©gorie les participants Ă  la rĂ©volte des Mokrani de 1871 en AlgĂ©rie : ils sont plusieurs centaines d'« AlgĂ©riens du Pacifique Â» dont la plupart, malgrĂ© une amnistie en 1895, vont fonder des lignĂ©es calĂ©doniennes majoritairement installĂ©es Ă  Nessadiou Ă  Bourail (les Abdelkader, AĂŻfa, El Arbi, notamment).
  • les « RelĂ©guĂ©s Â» ou rĂ©cidivistes, sont aussi condamnĂ©s au bagne Ă  partir de 1885. Il y a au total plus de 3 300 hommes et 457 femmes relĂ©guĂ©s envoyĂ©s Ă  « la Nouvelle Â», surtout Ă  l'Île des Pins, Prony ou La OuamĂ©nie Ă  Boulouparis.

AprĂšs les travaux forcĂ©s, les bagnards doivent « doubler Â» leurs peines en Ă©tant placĂ©s dans des fermes pĂ©nitentiaires et, une fois libĂ©rĂ©s, y obtiennent une terre en concession. L'administration pĂ©nitentiaire se dote pour se faire d'un important domaine foncier, largement pris sur les terres Kanak, qui monte Ă  son apogĂ©e jusqu'Ă  260 000 hectares. En tout, les concessions dĂ©finitivement attribuĂ©es aux libĂ©rĂ©s sont Ă©valuĂ©es Ă  1300 environ. Les centres d'implantation des colons pĂ©naux sont Bourail dĂšs 1867 (avec quelque 460 concessions), La Foa-Farino (avec les centres de Fonwhary, Focola, OuraĂŻ, Farino et TendĂ©a) Ă  partir de 1876, OuĂ©goa aprĂšs 1880 et Pouembout en 1883. Les derniers centres pĂ©nitenciers sont fermĂ©s en 1922 et en 1931, mais de nombreux descendants de « libĂ©rĂ©s Â» restent installĂ©s sur les concessions de leurs ancĂȘtres[16].

Le nombre de pĂ©naux prĂ©sents en Nouvelle-CalĂ©donie est montĂ© jusqu'Ă  11 110 en 1877, soit les 2/3 des EuropĂ©ens prĂ©sents dans la colonie, et en 1897, date de l'arrĂȘt des convois de transportĂ©s et relĂ©guĂ©s, ils sont encore 8 230[12].

Les origines géographiques

Les familles peuvent avoir des ascendances assez variées, avec en général une souche européenne mais ayant pu donner lieu à de nombreux métissage au fil du temps.

Les familles d'origines françaises

Une grande majoritĂ© est nĂ©anmoins d'origine française, avec quelques foyers principaux. On peut ainsi citer tout d'abord une importante communautĂ© d'Alsaciens ou Lorrains venus aprĂšs la guerre de 1870 et l'annexion de l'Alsace et de la Moselle par la Prusse (les familles alsaciennes Blum, Dillenseger, Eschenbrenner, Freudenreich, Girold, Spahr ou Ulm, les familles lorraines Boulet, Cornaille, Delaveuve, Harbulot, Idoux, Jeannin, Kindel, Lafleur, Mayet, Mercier, Nagle, Poncelet, Thonon ou Weiss). S'y ajoutent les descendants des crĂ©oles de La RĂ©union venus dans les annĂ©es 1860 et 1870 pour fuir la crise sucriĂšre de leur Ăźle natale (les Bernier, Clain, De Gaillande, De Greslan, DouyĂšre, Gillot L'Étang, Guichard, Kabar, Imbault, Lalande-Desjardins, Ragot, Rapadzi, RevercĂ©, Rolland ou Sautron, ou encore les Desmazures de l'Ăźle Maurice), des commerçants et armateurs bordelais (les Ballande, Berge, de BĂ©chade, Bonneaud, Castex, Laroque, MĂ©nard, de Saint-Quentin) ou Nantais (Deligny, Laborde) attirĂ©s Ă  la fin du XIXe siĂšcle et au dĂ©but du XXe siĂšcle par les possibilitĂ©s Ă©conomiques que pouvait offrir une colonie de peuplement en plein essor et dĂ©couvrant Ă  cette Ă©poque le nickel, des Picards (Devambez, Devillers, LĂ©tocard, Lomont), et gens du Nord arrivĂ©s assez tĂŽt (Agez, Labat, Millon) ou bien au contraire trĂšs tardivement dans le cadre de la « colonisation nordiste Â» des annĂ©es 1920 (PrĂ©vost, Bernast).

De mĂȘme, des marins et/ou aventuriers venus de toute la façade maritime de l'Atlantique viennent peupler la colonie et sont Ă  l'origine de plusieurs familles calĂ©doniennes : des Normands (Bichon, Caillard, Cheval, Christy, FĂ©rĂ©, LefĂšvre, Le Goupils, Magnin, Tranchand, Trubert), Bretons (Audrain, Babo, Botrel, Dubois, GĂ©rard, GuĂ©gan, HĂ©nin, LainĂ©, Le Mescam, Lucas, Ollivaud), Charentais (BĂ©gaud, Besnard, Betfort, Creugnet, DĂ©mĂ©nĂ©, Talon) ou Girondins (Bonnet de Larbogne, Fabre).

Enfin, les régions rurales les plus reculées (et les plus hostiles), en difficulté dans ce siÚcle de Révolution industrielle, donnent leurs lots de pionniers. Ainsi plusieurs familles puisent leurs sources dans le Massif central et notamment dans le Quercy-Rouergue (Bourgade, Lapélerie, Loupias), le Gévaudan (PagÚs), l'Auvergne (Cacot, Chautard, Forest, Papon), le Limousin (DelathiÚre, Soury-Lavergne) ou le Vivarais (Jocteur). Dans les zones pyrénéennes, plusieurs colons viennent de l'Armagnac (Ducasse), du Pays basque (Goyetche), du Roussillon (Fruitet, Jorda, Parazols), du Béarn (Bénébig, Gauharou, Péré), de la Région toulousaine (Leyraud), du Bigorre (Bouteille, VergÚs) ou du Narbonnais (Clavel). De Savoie ou plus généralement du massif alpin, on peut citer les Boyer, Brun, Mathelon ou Veyret.

Les familles d'origines Ă©trangĂšres

L'une des premiĂšres vagues de colonisation, parfois avant mĂȘme la prise de possession par la France, a Ă©tĂ© britannique. C'est le cas notamment par le biais des colons Paddon et/ou Cheval, que ces derniers ont recrutĂ© en Australie. Plus tard, d'autres Australiens viendront Ă  leur tour s'installer dans la colonie française, gĂ©nĂ©ralement comme agents d'affaires ou commerçants (on peut citer l'armateur Thomas Johnston, arrivĂ© en 1883, l'agent d'affaires John Brock). Parmi les descendants d'anglais, on peut ainsi citer les Martin (qui se prononce « Martine Â», ils remontent aux neveux de Paddon, et en est issu l'actuel prĂ©sident du gouvernement de la Nouvelle-CalĂ©donie, Harold Martin), Johnston, Hickson, Brock, Hagen, Wright, Elmour, Unger ou encore George. Il faut y ajouter des Irlandais issus de la diaspora causĂ©e par la Grande famine que connaĂźt leur Ăźle natale au milieu du XIXe siĂšcle, attirĂ©s en Nouvelle-CalĂ©donie Ă  leur tour par Paddon ou Cheval : les Daly (prononcĂ© DĂ©lĂ© en Nouvelle-CalĂ©donie, mais dont la prononciation irlandaise est « DĂȘli Â»), O'Donoghue, O'Connor, O'Callagan notamment ont fait souche. D'un autre cĂŽtĂ©, des Irlandaises (veuves, orphelines ou filles Ă  marier) venues individuellement dans la colonie se sont mariĂ©es Ă  des colons dĂ©jĂ  installĂ©s. Les familles Soulard, Creugnet, Cheval, VergĂšs, Hoff, tout en ayant des patronymes Ă  consonance française, ont ainsi des origines gĂ©nĂ©alogiques dans l'Ăźle verte.

On compte Ă©galement de nombreux patronymes d'origine italienne (issus des forts mouvements de migrations d'Italiens ayant eu lieu dans la deuxiĂšme moitiĂ© du XIXe siĂšcle, tels que Mostini, Gervolino, Luciano, Pantaloni, Paladini), allemande (surtout de la rĂ©gion rhĂ©nane et essentiellement des personnes s'opposant Ă  la domination prussienne sur l'Allemagne, les GaĂ«rtner, Metzger, Ohlen, Schmidt, Streiff ou Tuband), belge (Busiau, LiĂ©tard, Metzdorf), suisse (Engler, LĂ©oni), espagnole (Colomina, Bouteille qui initialement s'appelaient Botella), croate (Draghicevicz) ou polonaise (Komornicki).

Mais il existe Ă©galement des familles n'Ă©tant pas d'origines europĂ©ennes mais largement mĂ©tissĂ©es et considĂ©rĂ©es comme des « Caldoches Â» : ce sont surtout des descendants des diffĂ©rentes main d'Ɠuvre amenĂ©es pour travailler dans les plantations de cafĂ© (IndonĂ©siens) ou de canne Ă  sucre (Malabars, Cafres), ou dans les mines (Javanais dits « Niaoulis Â» lorsqu'ils sont nĂ©s sur le Territoire, Tonkinois dits « ChĂąn đăng Â», Japonais) dĂšs la fin du XIXe siĂšcle, et qui ont fini, contrairement Ă  la majoritĂ© de leurs compatriotes (qui sont souvent rentrĂ©s dans leurs rĂ©gions natales, les IndonĂ©siens ou les Vietnamiens aprĂšs les indĂ©pendances de leurs pays, les Japonais lors de la Seconde Guerre mondiale au cours de laquelle beaucoup ont Ă©tĂ© expulsĂ©s et leurs biens confisquĂ©s). On peut alors citer les patronymes indonĂ©siens de Bouan, Kromodimedjo, Kromopawiro, Kromosentono, Partodikromo, Soero, Soerodikromo, Sowikromo, Salikan ou Todikromo ; vietnamiens comme Bui-Duyet, Chuvan, N'Guyen ou Tran Van Hong ; japonais comme Fuzivala (dĂ©formation de Fujiwara), Nakamura, Nakagawa, Okada, Tsutsui, Tanaka ou Yamamoto ; indiens (ou « Malabars Â») comme Arsapin, Carpin, Paillandi, Souprayen, Virapin ou Waintiligon ; africains descendants d'esclaves Cafres comme les Mitride. Les descendants des AlgĂ©riens du Pacifique forment de leur cĂŽtĂ© une importante communautĂ© de Caldoches broussards d'origine nord africaine, notamment Ă  Bourail (les Abdelkader, AĂŻfa, Ali, Ali ben Ahmed, El Arbi, El Atui, Moeksin, Mohamed, Mohamed ben Salah ou Salem).

Enfin, des descendants de Chinois ayant profitĂ© de l'ouverture des ports de leur pays par le TraitĂ© de Nankin pour s'embarquer sur des navires marchands (notamment les Santaliers ou pĂȘcheurs d'holothurie du Pacifique, et parmi eux ceux d'un certain James Paddon) se retrouvent dans les familles Alilong, Haho ou encore, et surtout, les Song.

RĂ©partition

Les « Caldoches Â» se distinguent gĂ©nĂ©ralement entre familles noumĂ©ennes et « Broussardes Â» (ou de Brousse). Les premiĂšres comptent en leur sein les plus anciennes de l'archipel, remontant pour beaucoup d'entre elles Ă  la colonisation « pionniĂšre Â» de l'avant bagne, c'est-Ă -dire des annĂ©es 1850, 1860 et 1870. Elles conservent souvent une propriĂ©tĂ© rurale en dehors de la ville, signe qu'elles descendent tout-de-mĂȘme de colons-Ă©leveurs de Brousse venus ensuite s'installer au chef-lieu pour une raison ou pour une autre (pour y dĂ©velopper une activitĂ© commerciale ou libĂ©rale, ou en raison de l'Ă©chec de son exploitation agricole) ou encore prĂ©sents dĂšs le dĂ©part dans la presqu'Ăźle de NoumĂ©a avant que l'urbanisation ne les rattrape. Certains ont mĂȘme donnĂ© naissance Ă  de vĂ©ritables dynasties financiĂšres et/ou industrielles (les Ballande ou les Pentecost dans le secteur marchand, de la distribution et de l'import-export, les Magnin dans le domaine de la santĂ©, les Cheval dans la mine et l'immobilier, les Lafleur dans la mine puis l'agroalimentaire et des industries diverses dont la production de produits mĂ©nagers, les Montagnat dans la mine Ă©galement, les Jeandot dans l'imprimerie, la papeterie et la concession d'automobiles), et de nombreuses figures de la vie politique locale sont issues de ses rangs (le sĂ©nateur Henri Lafleur puis son fils le dĂ©putĂ© Jacques Lafleur, l'actuel prĂ©sident du gouvernement Harold Martin, l'ancien maire de NoumĂ©a Roger Laroque et son successeur Jean LĂšques). La forte proportion d'EuropĂ©ens dans le chef-lieu a d'ailleurs valu Ă  celui-ci d'ĂȘtre longtemps surnommĂ© « NoumĂ©a la Blanche Â». Bien que celle-ci soit plus cosmopolite aujourd'hui du fait de l'arrivĂ©e continus de travailleurs wallisiens ou futuniens ou encore en raison du fort exode rural venu des tribus Kanaks de brousses, la population europĂ©enne (Caldoches, sans prendre en compte ceux d'origines non europĂ©ennes, et Zoreilles) reprĂ©sente toujours en 2009 61 034 personnes dans le Grand NoumĂ©a, soit la premiĂšre communautĂ© de l'agglomĂ©ration avec 37,28 % de sa population (ils forment 43,4 % des NoumĂ©ens). En y ajoutant les personnes s'Ă©tant dĂ©clarĂ©es comme appartenant Ă  plusieurs communautĂ©s (beaucoup de Caldoches Ă©tant mĂ©tis) ainsi que ceux ayant choisi une autre appellation communautaire que celles proposĂ©s lors du recensement (dont une grande partie de personnes se dĂ©clarant « CalĂ©doniennes Â»), cela donne 88 728 individus dans l'aire urbaine (54,19 %, et 58,17 % des NoumĂ©ens). Il faut nĂ©anmoins relativiser ce dernier chiffre dans le sens oĂč le groupe des EuropĂ©ens comprend la quasi totalitĂ© des « MĂ©tropolitains Â» et les catĂ©gories « Autres Â» ou « Plusieurs communautĂ©s Â» pouvant correspondre Ă  d'autres populations que les Caldoches (Antillais, mĂ©tissages ocĂ©aniens ou asiatiques, par exemple), presque tous installĂ©s dans la capitale locale ou sa banlieue, tandis que le nombre de personnes que peuvent reprĂ©senter ces derniers est difficilement quantifiable.

Le terme de « Broussard Â» renvoie quant-Ă -lui aux habitants blancs de la Brousse, ou campagne nĂ©o-calĂ©donienne, qui vivent encore d'une activitĂ© rurale sur des propriĂ©tĂ©s (appelĂ©es « stations Â») de tailles variables, pratiquant essentiellement l'Ă©levage extensif de bovins, mais aussi de cervidĂ©s, de volaille ou de lapins. Elles sont surtout rĂ©parties dans les communes de la cĂŽte ouest de la Grande Terre, de PaĂŻta au sud Ă  Koumac au nord (leur proportion diminue en mĂȘme temps que l'Ă©loignement par rapport Ă  NoumĂ©a augmente). Il en existe Ă©galement un peu sur la cĂŽte est, notamment Ă  Touho ou PoindimiĂ© ainsi que dans les villages miniers de Kouaoua ou Thio, leur proportion dans la population locale y oscillant entre 7 et 20 % selon le recensement de 2009. Ils sont en revanche totalement absents des Îles LoyautĂ© qui sont toujours restĂ©es des rĂ©serves coutumiĂšres kanaks intĂ©grales.

De plus, la population caldoche se distingue des MĂ©tros (ou « Zoreilles Â» ou « Zozos Â», dans le parler local) que sont les Français de MĂ©tropolite prĂ©sents depuis peu dans l'archipel, que ce soit par une affectation comme enseignant, militaire ou fonctionnaire, ou bien par recherche d'un emploi.

Il est difficile d'Ă©valuer leur nombre aujourd'hui. En effet, les recensements ethniques (dont le dernier a eu lieu en 2009), ne prennent pas en compte le fait d'ĂȘtre Caldoche, mais distinguent les EuropĂ©ens (qui comprennent donc Caldoches et MĂ©tropolitains ou Zoreilles, soit en tout 71 721 personnes et 29,2 % de la population locale en 2009) des personnes se dĂ©clarant appartenir Ă  « plusieurs communautĂ©s Â» (ou mĂ©tis, 20 398 individus et 8,31 %) ou se dĂ©finissant simplement comme CalĂ©doniens (12 177 habitants et 4,96 %), mais aussi des IndonĂ©siens (5 003 personnes et 2,5 % du total) et des Vietnamiens (2 822 et 1,43 %) alors que, nous l'avons vu, une partie de ces derniers peut se considĂ©rer ou ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme faisant partie de la communautĂ© « Caldoche Â»[17].

Culture

Façon de parler

Article dĂ©taillĂ© : Français de Nouvelle-CalĂ©donie.

Les Caldoches parlent tous le français et il s'agit, pour une grande partie d'entre eux, de leur langue maternelle. NĂ©anmoins, ils s'expriment souvent avec un accent particulier et des expressions empruntĂ©es Ă  l'ensemble de la mosaĂŻque ethnique de l'archipel. Les sons an se transforment gĂ©nĂ©ralement en ĂŽn et, inversement, les sons on en Ăąn. La tonalitĂ© subit un allongement phonĂ©tique, les a, les o, les an ont une tonalitĂ© basse, allongĂ©e, lĂ©gĂšrement gouailleuse, les fins de mot sont souvent non prononcĂ©es comme par exemple « valable Â» se dit « valab' Â» ou « quatre Â» qui se dit « quate Â», ou bien au contraire exagĂ©rĂ©es comme « quatreu Â» ou encore « cerff Â» (en prononçant le f final) pour « cerf Â»[18].

Le vocabulaire comprend certains mots d'origines :

  • kanak : « Ahou Â» ou « Awa Â» pour l'Ă©tonnement, « Kalolo Â» pour « C'est bien ! Â», « Wanamatcha Â» pour l'Ă©tonnement mĂȘlĂ© Ă  la peur, « Yossi Â» ou « Yossipan Â» qui a un sens similaire, « Tcha Â» pour marquer son Ă©nervement et demander le silence, « Kaillafou Â» pour quelque-chose qui est fait n'importe comment ou quelqu'un de mal habillĂ© ou de mĂ©diocre,
  • anglo-saxonnes comme le « Tata Â» utilisĂ© en permanence pour dire « au-revoir Â», les « poppers Â» (Ă  ne pas confondre avec les vasodilatateurs du mĂȘme nom) pour des liquides vendus en brique de carton (notamment le vin ou des laits chocolatĂ©s pour les enfants), mais aussi certains termes lĂ©gĂšrement transformĂ©s de la prononciation anglaise comme « bus Â» (prononcĂ© « beusse Â»), « car Â» ou « babycar Â» pour dĂ©signer les autobus, « Tink you Â» ou « Tink's Â» pour remercier, le « Creek Â» pour dĂ©signer un guĂ©, un trou d'eau ou un ruisseau, « Station Â», prononcĂ© nĂ©anmoins Ă  la française, pour une exploitation agricole,
  • polynĂ©siennes : « Tabou Â» pour les lieux sacrĂ©s des Kanak, « FarĂ© Â» qui est un endroit abritĂ©, « nana Â» pour dire au revoir, « Manou Â» en synonyme de parĂ©o ou encore « Fiu Â» comme adjectif pour signifier la fatigue, « RĂ©rĂ© Â» pour un homosexuel ou encore certaines insultes comme « Pia Â», « Mata siko pia Â» ou « TitoĂŻ tĂ©urĂ© Â»,
  • asiatiques comme les « OmaĂŻs Â» pour un certain type de friandises chinoises, le « Soyo Â» pour la sauce de soja,
  • français mais soit :
  • dĂ©formĂ©s comme « LÔngin Â» Ă  la place de L'Engin et qui signifie l'Ă©tonnement, trĂšs utilisĂ©, Ă  l'instar du « L'ÔnculĂ© Â», dĂ©formation de « L'EnculĂ© Â» mais qui a perdu toute sa connotation vulgaire ; « Tahi Â» plutĂŽt que « Tu as vu Â» ; « Gad' Â» pour « Regarde Â» ; « Famille avec Â» plutĂŽt que « de la famille de Â» ; « Jamais Â» placĂ© en dĂ©but de proposition et non Ă  la fin ; « Envoye Â» pour « Envoie Â» ; « T'aleur Â», « tal Â» plutĂŽt que « Ă€ toute Ă  l'heure Â» (et qui est utilisĂ© mĂȘme s'il n'est pas programmĂ© qu'on se revoie dans la journĂ©e) ; « Mam' Â» pour « Maman Â».
  • ou au sens dĂ©tournĂ© tel que « claquettes Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire] pour les tongs ; « Tu connais que Â» utilisĂ© pour dire « Tu sais Â» ou « Tu savais que Â» ; « Boulette Â» pour « plein d'Ă©nergie Â» ; « Gadin Â» comme synonyme de « Cerf Â» ; « Douille Â» pour signifier la rĂ©primande ; « Net Â» comme approbation ; « fin Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire] employĂ© avant un adjectif, souvent « valab' Â», pour l'accentuer, en remplacement du « trĂšs Â» ; « Damer Â» pour dire « Remplir de Â» ou « Rouer de coup Â» ; « Astiquer Â» pour corriger et/ou rĂ©primander ; « Claquer Â» ou « PĂ©ter Â» au sens d'effectuer ou de se lancer dans une activitĂ© souvent de dĂ©tente et gĂ©nĂ©ralement suivi de « un coup Â» comme « Claquer un coup d'chasse Â» ; « Demain Â» pour « au revoir Â» (il est en effet utilisĂ© mĂȘme si, comme pour le « T'aleur Â», les personnes qui se saluent ainsi n'ont pas prĂ©vu de se revoir le lendemain) ; « Vieux Â» et « vieilles Â» pour dĂ©signer son mari ou sa femme (surtout chez les Broussards) ou, pour les jeunes, leurs parents[rĂ©f. nĂ©cessaire].
  • certaines expressions rĂ©gionales françaises se retrouvent Ă©galement, comme le « pochon Â» (utilisĂ© notamment dans l'Ouest et le Midi de la France) pour les sacs en plastique.
  • Enfin, certains termes sont totalement spĂ©cifiques au parler nĂ©o-calĂ©donien :
  • par onomatopĂ©e Ă  l'instar de « Voutevoute Â» comme synonyme de « claquette Â» ou de « Catoune Â» pour l'Ă©tonnement,
  • par nĂ©ologisme Ă  partir d'un mot existant tels que « Caldoche Â», « Broussard Â» pour les habitants de la « Brousse Â», « Chenillard Â» pour un bulldozer ou enfin « Chouchoute Â» pour dĂ©signer la Chayote ou un « coup de poing Â»,
  • par utilisation d'une marque pas ou peu connue en mĂ©tropole pour n'y ĂȘtre pas ou plus commercialisĂ©e : Milo pour le chocolat en poudre, lait Sunshine (du nom d'une marque australienne) pour le lait en poudre, les Sao (du nom d'un type de crackers de la marque australienne Arnott's) pour les biscuits, le Kraft pour la patte de fromage, le Mobilis (opĂ©rateur local de tĂ©lĂ©phonie mobile) pour le tĂ©lĂ©phone portable.

Il existe Ă©galement certaines expressions propres aux jeunes, tels que « Choc Â» pour « C'est bien Â», « Ceb' dem' tal' Â» (raccourci qui puise son origine dans le langage sms local pour « C'est bon, demain, taleur Â») ou « Tal Toul Â» pour « au revoir Â».

L'accent, ainsi que la « mentalitĂ© Â», caldoches ont Ă©tĂ© particuliĂšrement parodiĂ©s notamment par l'humoriste et chansonnier François Ollivaud[19] ou dans la bande dessinĂ©e La Brousse en folie de Bernard Berger, Ă  travers le personnage Tonton Marcel, sa femme Mimine et leur fils Fifils[20]. Autre succĂšs de la BD locale, Frimeurs des Îles de Niko et Solo se moquent surtout de Caldoches de NoumĂ©a, de leur passion supposĂ©e immodĂ©rĂ©e pour les grosses voitures et le tuning[21].

Cuisine et produits du terroir

Article dĂ©taillĂ© : Cuisine de Nouvelle-CalĂ©donie.

La cuisine caldoche est, comme pour la langue, un mĂ©lange d'influences diverses, et utilise massivement :

  • des produits du terroir comme
  • la chasse dont principalement celle du cerf, et qui peut ĂȘtre prĂ©parĂ© en filets, brochettes, en carry, saucissons, pĂątĂ© ou en salade, et de la roussette, ou encore du cochon sauvage ou du nautou,
  • la pĂȘche :
  • les fruits de mer sont une des bases de la cuisine nĂ©o-calĂ©donienne, notamment les crabes de palĂ©tuvier ou ceux de cocotier (mangĂ©s chaud ou froid, dĂ©cortiquĂ©s ou non, en carry, en salade, grillĂ©s et/ou au poivre), langoustes, cigales de mer appelĂ©es localement « PopinĂ©es Â», ou langoustines,
  • les poissons du lagon, que l'on pĂȘche soit mĂȘme ou que l'on achĂšte au marchĂ© de NoumĂ©a pour le consommer frais en salade (notamment la salade tahitienne, gĂ©nĂ©ralement prĂ©parĂ© avec du perroquet banane marinĂ© dans le citron et dans une sauce Ă  base de lait de coco), en carry (surtout de thon), en darnes et au four ou en sashimi. Les principaux poissons pĂ©chĂ©s sont le thon (essentiellement thon jaune ou encore le thon obĂšse, appelĂ© localement « thon bachi Â»), le vivaneau, le bec-de-canne (Lethrinus nebulosus), le poisson-perroquet (ou simplement « perroquet Â»), le perroquet banane (Bodianus perditio), le mahi-mahi (prononcĂ© « maĂŻ-maĂŻ Â»), le thazard (surtout de l'espĂšce Scomberomorus commerson), la loche bleue (Epinephelus cyanopodus) ou loche saumonĂ©e (aussi simplement appelĂ©e « saumonĂ©e Â»), le saumon des dieux,
  • les mollusques cĂ©phalopodes comme la seiche, la pieuvre ou le calmar,
  • les coquillages ramassĂ©s sur le platier ou dans le sable, notamment les trocas (surtout en salade), sauteurs (en salade ou en carry), pĂ©toncles ou encore les huĂźtres de palĂ©tuvier.
  • le ver de bancoule, gĂ©nĂ©ralement prĂ©parĂ© sautĂ© au beurre ou au pastis mais Ă©galement consommĂ© cru uniquement Ă  l'occasion de la fĂȘte du Ver de bancoule de Farino.
  • le riz blanc, gĂ©nĂ©ralement servi Ă  part du plat principal, est un accompagnement quasi systĂ©matique Ă  chaque repas oĂč il remplace pratiquement le pain.
  • le tout est gĂ©nĂ©ralement agrĂ©mentĂ© de toute une gamme de condiments, accompagnements et sauces, outre la moutarde ou la mayonnaise (systĂ©matiquement de la marque Kraft) :
  • les achards comme condiment accompagnant massivement une grande partie des plats, notamment la viande froide ou les carry,
  • le soyo, surtout de la marque japonaise Kikkoman, est largement utilisĂ© dans la prĂ©paration culinaire (pour des plats d'origines asiatiques comme le bami, le poulet ou porc au soyo, le porc au sucre, entre autres) et est traditionnellement placĂ© sur la table, au mĂȘme titre que le sel ou le poivre, pour ĂȘtre rajoutĂ© selon le goĂ»t de chacun dans le riz blanc, les pĂątes ou dans le plat principal. L'arĂŽme saveur de la marque Maggi s'est Ă©galement dĂ©veloppĂ© plus rĂ©cemment,
  • la sauce chutney,
  • les produits laitiers sont importĂ©s depuis les annĂ©es 1970 et la mise en place de liaisons aĂ©riennes rĂ©guliĂšres, et sont donc plus utilisĂ©s aujourd'hui qu'ils ne pouvaient l'ĂȘtre auparavant. Ainsi il n'est plus rare aujourd'hui de voir servi des fromages autres que les simples produits de la gamme Kraft (le processed cheese vendu sous forme solide ou liquide pour ĂȘtre tartinĂ©, gĂ©nĂ©ralement consommĂ© au petit-dĂ©jeuner ou au goĂ»ter), avec un choix nĂ©anmoins plus restreint qu'en mĂ©tropole (surtout du camembert, gruyĂšre, roquefort, emmental, reblochon, fromage Ă  raclette, fromage blanc ou certains fromages de chĂšvre). Certains produits, notamment des yaourts, fromages blancs, de marques internationales comme nestlĂ© sont rĂ©alisĂ©s localement sous licence par la firme Socalait qui fabrique Ă©galement un camembert, Le Broussard[22]. La marque Tennessee Farm, basĂ©e Ă  Bourail, produit des yaourts, crĂšmes et fromages blancs[23]. Le lait importĂ© d'Australie (notamment le lait en poudre Sunshine) est trĂšs largement utilisĂ© par les familles caldoches.

Pour les boissons, outre les grandes marques internationales de soda ou d'alcools fabriquĂ©s localement sous licence (Coca-Cola, Fanta, Sprite, Orangina et leurs dĂ©rivĂ©s, Kronenbourg 1664 par la SociĂ©tĂ© Le Froid du groupe Lafleur, Pepsi-Cola, Lipton Ice Tea, 7 Up, Sport+, Amigo, Tarino, Kick et leurs dĂ©rivĂ©s, Heineken et Adelscott par la GBNC) ou importĂ©s (notamment pour tous les spiritueux ou encore la Desperados, le whisky, gĂ©nĂ©ralement appelĂ© « bouteille carrĂ©e Â», est particuliĂšrement apprĂ©ciĂ© au moment de l'apĂ©ritif), certaines boissons sont des produits exclusivement locaux :

  • la biĂšre Number One, lager blonde de la GBNC, est particuliĂšrement populaire, si bien que toutes les autres marques ont eu du mal Ă  s'implanter sur le Territoire. Elle a reçu plusieurs prix internationaux, dont la mĂ©daille d'or de l'Institut international pour les sĂ©lections de la qualitĂ© (IISQ) de Bruxelles en 1993[24].
  • les jus de fruit de la gamme Oro de la SociĂ©tĂ© Le Froid,
  • les sirops de la marque Tulem de la SociĂ©tĂ© Le Froid.

Du cĂŽtĂ© des biscuits, sucreries et pĂątes Ă  tartiner, les plus populaires sont importĂ©s d'Australie ou d'origines chinoises :

  • les biscuits de la gamme Arnott's : sao (cracker), arrowroot (prononcĂ© « arouroute Â», biscuit Ă  la saveur d'arrow-root), Scotch-finger (petit beurre pouvant se casser en deux parts Ă©gales), Tim Tam (biscuits aux chocolat), Delta Cream (biscuit en sandwich avec une crĂȘme en garniture entre deux biscuits de chocolat, Ă  l'instar des Oreo), indissociables des goĂ»ters des jeunes calĂ©doniens,
  • les chips au fromage de la marque Twisties,
  • la pĂąte Ă  tartinĂ©e sĂąlĂ©e, trĂšs rĂ©pandue mĂȘme si adorĂ©e ou dĂ©testĂ©e selon les goĂ»ts, Vegemite,
  • les sucreries vendues dans pratiquement toutes les Ă©piceries (chez le « Chinois Â», car essentiellement tenus par des IndonĂ©siens, Vietnamiens ou Chinois) et d'origine asiatique, gĂ©nĂ©ralement des fruits sĂ©chĂ©s, sucrĂ©s-salĂ©s et vinaigrĂ©s comme des OmaĂŻs rouges (Ă  base de prune, reconnaissable pour son enrobage trĂšs tĂąchant), mangues, papayes ou tamarins sĂ©chĂ©s.

La cuisson se fait traditionnellement Ă  l'huile et sans graisses animales, mĂȘme si l'importation accrue des produits laitiers Ă  partir des annĂ©es 1970 a permis de dĂ©velopper l'usage du beurre[25].

La cuisine caldoche a largement Ă©tĂ© popularisĂ©e auprĂšs des autres composantes de la population nĂ©o-calĂ©donienne et des touristes. « Mamie Fogliani Â» (Éliane Fogliani, habitante de Farino) est notamment devenue une autoritĂ© en la matiĂšre pour avoir prĂ©sentĂ© des Ă©missions culinaires sur la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision locale dans les annĂ©es 1980 et 1990, Ă©ditĂ© une sĂ©rie de livres de recette baptisĂ©s Les Recette calĂ©doniennes de Nouvelle-CalĂ©donie (Tome 1 : Viandes et Volailles, Tome 2 : Poissons et fruits de mer, Tome 3 : Salades et entrĂ©es, parus aux Ă©ditions locales Grains de Sable entre 1985 et 2005) et pour sa table d'hĂŽte rĂ©putĂ©e situĂ©e dans son village de Farino. Plusieurs foires rurales sont organisĂ©es durant l'annĂ©e en « Brousse Â» afin de prĂ©senter les produits et pratiques locales (notamment avec des rodĂ©os), la plus cĂ©lĂšbre et la plus frĂ©quentĂ©e restant celle de Bourail durant le week-end de la semaine du 15 aoĂ»t[26]. On peut Ă©galement citer la fĂȘte du cerf et de la crevette de Boulouparis lors du deuxiĂšme week-end de mai[27], la fĂȘte de la gĂ©nisse Ă  la broche en mai-juin[28] et la foire (en septembre, constitue le principal rendez-vous agricole et artisanale du Territoire)[29] de Koumac, la fĂȘte du ver de bancoule de Farino (connue pour sa dĂ©gustation par les touristes et visiteurs de vers de bancoule crus, organisĂ©e le deuxiĂšme dimanche de septembre par Mamie Fogliani)[30] ou encore la fĂȘte du bƓuf de PaĂŻta le troisiĂšme ou quatriĂšme dimanche d'octobre[31].

Littérature

Certains Ă©crivains qui ont connu une carriĂšre en mĂ©tropole sont nĂ©s sur le territoire et issus d'une famille locale : c'est le cas notamment du poĂšte Francis Carco, ou encore de l'Ă©diteur, Ă©crivain et critique littĂ©raire (connu pour son rĂŽle de Collaborateur pendant la Seconde Guerre mondiale) Alain Laubreaux.

Mais l'Ă©crivain nĂ©o-calĂ©donien le plus prolifique reste certainement Jean Mariotti, issu d'une vieille famille calĂ©donienne, qui Ă©crit Ă  Paris oĂč il est installĂ© mais situe la plupart de ses rĂ©cits dans son Ăźle natale, en s'inspirant fortement des lĂ©gendes kanaks mais aussi du mode de vie rural des « Broussards Â» ou de l'histoire des bagnards (son pĂšre ayant Ă©tĂ© un TransportĂ©)[32]. Ses principales Ɠuvres sont alors :

  • Les Contes de Poindi, recueil de contes inspirĂ©s de lĂ©gendes kanak, publiĂ© en 1939 puis revu et corrigĂ© en 1941 et traduit en anglais, en allemand et en slovaque notamment.
  • Takata d'AĂŻmos, Ă©d. Flammarion, Paris, 1930, 249 p. (rĂ©Ă©ditĂ© Ă  NoumĂ©a en 1995 puis de nouveau en 1999), roman fantastique lui aussi inspirĂ© d'une lĂ©gende traditionnelle kanak[33].
  • Remords, Ă©d. Flammarion, Paris, 1931, 283 p. (rĂ©Ă©ditĂ© Ă  NoumĂ©a en 1997), roman psychologique sur les bagnards[34].
  • A bord de l'incertaine, Ă©d. Stock, Delamain et Boutelleau, Paris, 283 p. (rĂ©Ă©ditĂ© Ă  Papeete en 1981 puis Ă  NoumĂ©a en 1996 et en 2000), rĂ©cit de fiction se situant dans un pays imaginaire mais inspirĂ© de son enfance dans le petit village calĂ©donien de Farino[35].
  • Le Dernier voyage du ThĂ©tis, Ă©d. Stock, Paris, 1947, 251 p., recueil comprenant 7 nouvelles : « Le Dernier Voyage du ThĂ©tis Â», « Paysage Â», « Le Porto du Drafn Â», « Toi y'en a monnaie ? Â», « Simple histoire Â», « L'Ă©popĂ©e accidentelle Â», « Nuit calĂ©donienne Â»[36].
  • Également plusieurs ouvrages sur l'histoire, la gĂ©ographie ou l'Ă©conomie de la Nouvelle-CalĂ©donie.

L'Ă©crivain Georges Baudoux Ă©crit plusieurs nouvelles entre les annĂ©es 1910 et 1950, dont certaines sont publiĂ©es par des revues locales sous le pseudonyme de Thiosse. Elles ne seront pourtant compilĂ©es dans des recueils et pleinement Ă©ditĂ©es qu'aprĂšs sa mort, notamment Ă  travers les deux tomes de Les Blancs sont venus parus par la SociĂ©tĂ© d'Ă©tudes historiques de la Nouvelle-CalĂ©donie en 1972 et 1979. L'essentiel de ses Ɠuvres dĂ©crit et met en avant le cloisonnement de la sociĂ©tĂ© coloniale[37].

Plus rĂ©cemment, l'Association des Ă©crivains de Nouvelle-CalĂ©donie a Ă©tĂ© fondĂ© en 1996 par Nicolas Kurtovitch, lui-mĂȘme issu d'une famille implantĂ©e dans l'archipel depuis le XIXe siĂšcle, et auteur contemporain nĂ©o-calĂ©donien le plus productif et peut-ĂȘtre le plus connu. Son style est dĂ©crit par Jean-Claude Bourdais comme « une Ă©criture en marche qui permet toujours une ascension Â», un itinĂ©raire initiatique « toujours ancrĂ© dans l’espace ou le lieu dont il parle Â» qui dĂ©bouche et se poursuit « par la dĂ©fense et le combat permanent pour ce que le rĂȘve a laissĂ© entrevoir et permis d’atteindre. Seule la vigilance permet d’éviter que le rĂȘve ne soit qu’un mirage Â»[38]. Son Ɠuvre, mĂȘlant culture occidentale et influences ocĂ©aniennes ou orientales, cherche Ă  « rĂ©concilier deux mondes et rĂȘve d'une fraternitĂ© universelle qui ne contredirait pas le lien au sol natal Â»[39]. Elle comprend[40] :

  • essentiellement des recueils de poĂ©sie (Sloboda en 1973, Vision d'Insulaire en 1983, Souffle de la nuit en 1985, L'Arme qui me fera vaincre en 1988, Homme montagne en 1993, Assis dans la barque en 1994, Avec le masque en 1997, Dire le vrai / To Tell the Truth qui est une Ă©dition bilingue de 18 poĂšmes avec l'auteur kanak DĂ©wĂ© Gorodey en 1999, On marchera le long du mur en 2000, PoĂšme de la solitude et de l'exil en 2001, Autour Uluru et Ode aux pauvres en 2002, Le PiĂ©ton du Dharma qui a reçu le prix 2003 du Salon du Livre Insulaire d'Ouessant[41] et Le dit du cafard taoĂŻste, 2005),
  • des recueils de nouvelles (ForĂȘt, Terre et Tabac en 1993 qui dĂ©fend l'idĂ©e d'une « relation symbiotique avec l'univers naturel et spirituel Â»[42], Lieux en 1994 puis rĂ©Ă©ditĂ© en 2006 avec d'autres nouvelles et Totem en 1997),
  • des piĂšces de thĂ©Ăątre (Le Sentier Kaawenya en 1998 mis en scĂšne pour l'inauguration du Centre culturel Tjibaou, Les dieux sont borgnes avec le dramaturge et metteur en scĂšne kanak Pierre Gope en 2002 et La Commande en 2004),
  • un recueil de RĂ©cits (Seulement des mots en 1977),
  • un roman, Good night friends, paru aux Ă©ditions « Au Vent des Îles Â» Ă  Papeete en 2006, sur le thĂšme d'un kanak qui a quittĂ© sa terre pour aller Ă  la ville et tombe dans une histoire d'envoĂ»tement avec un meurtre, avec en toile de fonds les questions du nom et de la terre dans la sociĂ©tĂ© kanak, du mĂ©lange des cultures (des mĂ©lanĂ©siens qui aiment l'opĂ©ra), entre autres[43].
  • il a enfin participĂ© Ă  plusieurs anthologies, ouvrages collectifs et revues, en Nouvelle CalĂ©donie et en France (notamment la revue Autrement et Passerelles).

Musique

Il existe un style musical « caldoche Â» ou plus particuliĂšrement « broussard Â», aux sonoritĂ©s empruntĂ©es Ă  la musique country et essentiellement jouĂ©e dans un contexte festif. On peut citer notamment les albums « Ambiance Souvenir Â» du groupe « Ă‰quipe du Nord - marche Â», avec des morceaux tels qu'une reprise du Zorro d'Henri Salvador, Les HĂ©ritiers du Texas, Je n'suis qu'un vieux broussard ou Lina Kalamity de Raymond Durand Honda, La pĂȘche Ă  Temala de Serge Mathelon ou C'est nous les broussards de Georgy PĂ©raldi[44].

Le chansonnier caldoche François Ollivaud est célÚbre localement pour ses morceaux humoristiques comme Le Ver de Bancoule, C'est toi mon amour, La Bande à Berger ou Notre caillou [45].

PersonnalitĂ©s « caldoches Â»

Hommes politiques

Auteurs

Journalistes

Sportifs

Références

  1. ↑ a et b TotalitĂ© de ceux se prĂ©sentant comme « EuropĂ©ens Â», « CalĂ©doniens Â» ou « MĂ©tis Â» au recensement de 2009 : il faut y enlever les MĂ©tropolitains prĂ©sents depuis peu sur le Territoire, ainsi que des personnes issues d'autres mĂ©tissages ou se disant « CalĂ©doniennes Â» sans se sentir « Caldoches Â».
  2. ↑ Discussion « Caldoche, pour ou contre ce mot? Â» sur le forum nĂ©o-calĂ©donien Yahoue.com
  3. ↑ [PDF] Annexe 4 : Les Lois Billotte, site du vice-rectorat
  4. ↑ P. O'REILLY, CalĂ©doniens : RĂ©pertoire bio-bibliographique de la Nouvelle-CalĂ©donie, Ă©d. SociĂ©tĂ© des OcĂ©anistes, n°3, Paris, 1953, p.235-236]
  5. ↑ Article « Caldoche Â», Dico de la Brousse en Folie
  6. ↑ Biographie de James Paddon, sur le site de l'« Association TĂ©moignage d'un PassĂ© Â»
  7. ↑ [http://www.atup.org/page.php?id=62 PrĂ©sentation des colons Paddon, Ibid.
  8. ↑ S. FORMIS, « La Saga Martin Â», Sagas calĂ©doniennes : 50 grandes familles, Tome II, Ă©d. Dimanche Matin, NoumĂ©a, 2000, p.130-133
  9. ↑ Biographie de Jemmy Song, sur le site de l'« Association TĂ©moignage d'un PassĂ© Â»
  10. ↑ P. O'REILLY, CalĂ©doniens, 1853
  11. ↑ L'Usine sucriĂšre de La OuamĂ©nie sur le site de la Province Sud
  12. ↑ a, b, c et d Populations, ASTER du Caillou, d'aprĂšs les chiffres avancĂ©s par J.C. ROUX dans le bulletin de la SEHNC n° 11, annĂ©e 1976
  13. ↑ C. TERRIER-DOUYÈRE, « La liste des 1 000 colons Feillet Â», Sagas calĂ©doniennes : 50 grandes familles, Tome I, Ă©d. Dimanche Matin, NoumĂ©a, 1998, p. 216-229
  14. ↑ Sagas calĂ©doniennes : 50 grandes familles, Ibid., p. 187-189
  15. ↑ « Le bagne Ă  la "Nouvelle" Â», site du Vice-Rectorat de Nouvelle-CalĂ©donie
  16. ↑ [PDF] C. DEBIEN-VANMAÏ, « Le RĂŽle des bagnards dans la colonisation en Nouvelle-CalĂ©donie (1854-1931) Â», site du Vice-Rectorat de Nouvelle-CalĂ©donie
  17. ↑ Recensement ISEE, 2009
  18. ↑ Sketch « La cascade de BĂą Â» de l'humoriste caldoche François Ollivaud, dans lequel il raconte la mĂȘme histoire Ă  la maniĂšre « zoreille Â», kanak, wallisienne et enfin caldoche
  19. ↑ Site officiel de François Ollivaud
  20. ↑ Site officiel de la Brousse en folie
  21. ↑ Site officiel de Frimeurs des üles
  22. ↑ CoordonnĂ©es de la Socalait sur le site de la FĂ©dĂ©ration des industries de Nouvelle-CalĂ©donie (FINC)
  23. ↑ « De bons produits naturels pour tous les gourmands ! Â», article sur Tennessee Farme sur le site de la FINC
  24. ↑ « GBNC : une deuxiĂšme mĂ©daille avec panache Â», Nouvelles CalĂ©doniennes, 26/07/2005
  25. ↑ Cuisine calĂ©donienne sur le site Croix du Sud
  26. ↑ PrĂ©sentation de la foire de Bourail sur le site de la mairie
  27. ↑ PrĂ©sentation de la fĂȘte du cerf et de la crevette de Boulouparis sur le site des GĂźtes de la Nouvelle-CalĂ©donie
  28. ↑ PrĂ©sentation de la fĂȘte de la gĂ©nisse sur le site de la mairie de Koumac
  29. ↑ PrĂ©sentation de la foire de Koumac sur le site de la mairie
  30. ↑ Site de la Mairie de Farino
  31. ↑ F. TROMEUR, « PaĂŻta mijote son bƓuf Â», Les Nouvelles CalĂ©doniennes, 25/10/2008
  32. ↑ Association pour l'Ă©dition des Ɠuvres de Jean Mariotti
  33. ↑ Takata d'Aïmos
  34. ↑ Remords
  35. ↑ A bord de l'incertaine
  36. ↑ Le Dernier voyage du ThĂ©tis
  37. ↑ PrĂ©sentation de Les Blancs sont venus par le site jacbayle.club.fr
  38. ↑ J.C. BOURDAIS, « Nicolas Kurtovitch, un homme en marche Â», Écrits...vains?, 17/01/2001
  39. ↑ PrĂ©sentation du recueil Dire le vrai / To Tell the Truth par le site jacbayle.club.fr
  40. ↑ Bibliographie de Nicolas Kurtovitch sur son site officiel
  41. ↑ PrĂ©sentation du PiĂ©ton du Dharma par le site jacbayle.club.fr
  42. ↑ PrĂ©sentation de ForĂȘt, Terre et Tabac par le site jacbayle.club.fr
  43. ↑ PrĂ©sentation de Good night friends par le site jacbayle.club.fr
  44. ↑ Medley des morceaux d'Ambiance Souvenir
  45. ↑ Principales chansons de François Ollivaud

Compléments

Liens internes

Liens externes

Sources


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Caldoche de Wikipédia en français (auteurs)

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