C'est pas moi, je le jure !

C'est pas moi, je le jure! (roman)

Page d'aide sur l'homonymie Pour l’adaptation cinématographique, voir C'est pas moi, je le jure! (film).

C'est pas moi, je le jure! est un roman québécois de Bruno Hébert paru en 1997. Bruno Hébert est né à Montréal en 1958. Ce livre a reçu le prix France-Québec en 1998 et le prix des Libraires du Québec en 1998

Résumé

Léon a dix ans. Il nous raconte sa propre histoire. Au début banale, comme peut l’être l’enfance, mais bientôt elle se transforme en un vrai suspense comico-tragique. Un événement vient changer le cours de ses jours, vient chambouler son existence. Il assiste, impuissant, au départ de sa mère pour la Grèce. « Je ne serai pas partie bien longtemps, c’est pour mon travail, mon poussin. Maman ne s’en va pas en Grèce, maman s’en va en voyage d’affaires ». Elles dureront finalement tout le récit ses affaires. Et Léon, qui a toujours été un malfaiteur, en est bouleversé, bien qu’en apparence rien ne peut l’ébranler.

D’abord, il y a le camion du laitier, ensuite la maison des voisins partis en vacances, que Léon prend plaisir à vandaliser. Il découvre, au fond de la garde-robe de la chambre des maîtres, une porte. Le passage vers le monde adulte ? Des enfants, derrière, enfermés par la famille ? Kidnappés ? Il s’en assure aussitôt. Pas de chance. Il ressort de cette maison déçu et inassouvi. Il rentre chez lui, ment à ses parents pour son retard et le lendemain, une rencontre qu’il n’aurait jamais pu imaginer se produit. Alors qu’il fait voler son cerf-volant dans le ciel bleu, une fillette s’approche. C’est Clarence. Il ne l’aime déjà pas. Il y préfère la solitude et refuse de s’accorder avec qui que ce soit. Il ne veut rien savoir de vivre à deux. Une histoire de principes.

L’arrivée de ce personnage, dans l’écriture de Bruno Hébert, marque un changement de ton, de voix. Plus attentif, attendri, voire réfléchi, Léon se laisse prendre au jeu de la fillette. À un point tel qu’elle l’accompagne dans ses aventures. Ils fondent même, ensemble, un club. Leur mission est de ramasser des sous, aller de l’autre côté de la rivière et acheter le plus de bonbons possible. Léon, toutefois, est loin de se douter jusqu’où Clarence est prêt à aller. Avec finesse et humour, on se laisse entraîner, sans même s’en rendre compte, dans les plans machiavéliques des deux enfants. Leur plus grand défi est de cambrioler une maison, celle des Dupré, une riche famille qui habite non loin de là. S’étant inspiré du monde des adultes et de ses grands classiques tel Mission Impossible, Léon est maintenant devenu un expert en matière d’aventures secrètes, surtout avec les instruments qu’il s’est fabriqué. Il voit là un excellent moyen de montrer à la belle Clarence son intelligence et sa débrouillardise malgré le fait qu’il ne soit qu’un enfant. Peu à peu, à contre-courant, il n’aura d’autre choix que d’admettre qu’il est en train de s’éprendre d’elle.

Leur plan ne tourne pas tout à fait comme ils l’ont souhaité. En fait, ce n’est qu’une fois rendu dans la maison que Léon découvre une Clarence en larmes, assise par terre. Elle regarde, impuissante, des poupées sur le sol et réalise qu’elle ne sait même pas comment on fait pour jouer. Ni enfant, ni adulte, s’annonce alors un vent de renouveau dans la vie de ces deux enfants. La quête de l’identité, la prise de conscience de ce qu’ils sont vraiment. Tandis qu’ils se rendent, les poches pleines d’argent, au dépanneur de l’autre côté de la rivière, ils font la rencontre d’une troupe de cirque. Est-elle là par hasard ou a-t-elle été placée là expressément pour leur faire réaliser les enjeux de la vie ? La vraie, celle qu’ils apprennent à découvrir au fil des aventures. À la fois dérangeants, drôles, troublants et cocasses, les événements auxquels prendront part Léon et Clarence ne seront, pour eux, qu’une brèche qui s’ouvre toute grande. Une main qui leur est tendue en provenance du monde des adultes. Une présence dans cette solitude commune. Mais les deux protagonistes refusent cette perche, se contentant de leur monde à eux. Celui auquel aucun adulte jusque-là n’a vraiment pris part.

Vers la toute fin de ce récit, la narration prend, encore une fois, un autre tournant. Plus sombre, plus mystérieux. C’est à la fois avec courage et incompréhension que Léon nous narre la suite des événements. Un rêve ? Éveillé ? Chose certaine, autant le lecteur est dans l’incertitude de cette tempête de blanc et de lumière, autant il constate que les aventures dans lesquelles il vient d’être piégé s’éclaircissent. Paradoxal tout ça, mais n’est-ce pas là la force d’un enfant de dix ans ? La force d’être à la fois pleinement conscient et innocent. Satisfait et insatiable. C’est pas moi, je le jure !, un roman qui explore les deux côtés d’une même médaille. Les extrêmes du passage de l’enfance, où l’enfant est roi, vers le monde adulte, où chacun fait sa propre loi.


Adaptation au cinéma

Article détaillé : C'est pas moi, je le jure! (film).

Le roman a été adapté au cinéma par Philippe Falardeau (sorti le 25 septembre 2008 au Canada).

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