Breton

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Breton
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne la langue bretonne. Pour les autres significations, voir Breton (homonymie).
Breton
Brezhoneg
Parlée en France
RĂ©gion Bretagne
Nombre de locuteurs 206 000 sur les cinq dĂ©partements de la Bretagne historique en 2007[1],

16 000 en rĂ©gion Île-de-France en 2007 [2]

Typologie V2, VSO
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle de Les langues rĂ©gionales sont dĂ©sormais reconnues comme faisant partie du patrimoine national français depuis la rĂ©vision de la Constitution de juillet 2008. Depuis 2004, le breton a Ă©tĂ© reconnu comme langue de Bretagne par le conseil rĂ©gional[3].
RĂ©gi par Office de la langue bretonne (Ofis ar Brezhoneg)
Codes de langue
ISO 639-1 br
ISO 639-2 bre
ISO 639-3 bre
IETF br
Échantillon
article premier de la DĂ©claration Universelle des Droits de l’Homme (voir le texte en français)

Mellad unan

Dieub ha par en o dellezegezh hag o gwirioĂč eo ganet an holl dud. Poell ha skiant zo dezho ha dleout a reont bevañ an eil gant egile en ur spered a genvreudeuriezh.

Le breton (brezhoneg en breton) est une langue celtique parlĂ©e par 206 000 personnes en Bretagne. Ses locuteurs sont des brittophones ou bretonnants. La langue est gĂ©rĂ©e et promue, de facto, par l’Office public de la langue bretonne (Ofis publik ar brezhoneg).

Le nom brezhoneg, signifiant langue bretonne, se prononce soit [bʁe'zÔːnək] ou [bre'zÔːnɛk] dans les dialectes majoritaires (KLT), mais [bʁehĂ”'neːk] dans le dialecte vannetais.

Elle appartient au groupe des langues celtiques insulaires, c'est-à-dire originaires de l'ßle de Grande-Bretagne et plus précisément au groupe brittonique. Elle est apparentée au cornique et au gallois, pratiqués au Royaume-Uni.

Selon le sondage TMO de Fañch Broudig rĂ©alisĂ© en 2007, il y aurait au minimum 206 000 locuteurs actifs sur les cinq dĂ©partements de la Bretagne historique, ce qui reprĂ©sente 5 % de la population bretonne[4]. En effet, le breton est, aprĂšs le français, la premiĂšre langue parlĂ©e en rĂ©gion Bretagne[5], devant le gallo, ayant sept fois moins de locuteurs. Depuis les annĂ©es 1980, la quasi-totalitĂ© des brittophones sont bilingues et capables de s'exprimer en français.

Le breton est reconnu comme langue rĂ©gionale ou minoritaire de France et comme langue de rĂ©gion Bretagne, aux cĂŽtĂ©s du français et du gallo. Il est classĂ© comme « langue sĂ©rieusement en danger Â» selon l'Unesco[6].

Sa pratique traditionnelle est majoritairement concentrĂ©e dans l'ouest de la pĂ©ninsule et d'une ligne allant environ de Plouha (au nord) au pays de Muzillac (au sud)[7]. Cette rĂ©gion est appelĂ©e la Basse-Bretagne. En revanche, ce zonage tend Ă  devenir de moins en moins significatif depuis les annĂ©es 1950.

Depuis les annĂ©es 1990, le breton est de plus en plus reprĂ©sentĂ© dans toute la Bretagne, notamment dans l'enseignement, la signalisation, la tĂ©lĂ©vision, la vie quotidienne, etc. Ya d'ar brezhoneg (oui au breton), une campagne de promotion et de revitalisation de la langue, a Ă©tĂ© crĂ©Ă© par l'Office de la langue bretonne en 2001.

Des controverses sur la langue bretonne existent, comme dans d'autres langues, sur divers sujets comme la prononciation ou le vocabulaire. Il y a des partisans d’un breton « populaire Â» et les partisans d’une langue « purifiĂ©e Â», n’utilisant pas ou trĂšs peu d’emprunts au français. De plus, ces controverses portent aussi sur l’écriture de la langue, l'orthographe officielle, de facto, Ă©tant le peurunvan. Par contre, ces querelles se sont beaucoup calmĂ©es depuis les derniĂšres annĂ©es. Il y a toutefois encore quelques diffĂ©rends entre les promoteurs de : la graphie dite « unifiĂ©e Â», ou littĂ©ralement « Ă  l’unification parachevĂ©e Â» (peurunvan), dite aussi KLTG (pour Kerne, Leon, Treger, Gwened, c’est-Ă -dire des parlers bretons en Cornouaille, LĂ©on, TrĂ©gor et Vannetais), crĂ©Ă©e dans le but de faire une synthĂšse de ces quatre parlers, devenue largement majoritaire ; celle dite « universitaire Â» (skolveurieg), basĂ©e sur la phonologie, elle regroupe le KLT d’un cĂŽtĂ© et possĂšde une variante pour le parler vannetais ; et celle dite « interdialectale Â» (etrerannyezhel), basĂ©e sur l’étymologie et dont le but, de la mĂȘme façon que l’écriture dite unifiĂ©e, est de faire une synthĂšse des parlers KLTG en un systĂšme orthographique cohĂ©rent.

Sommaire

Histoire

La communautĂ© de langue brittonique vers le VIe siĂšcle. La mer Ă©tait davantage un moyen de communication qu'un obstacle.

Le breton est une langue celtique de la branche brittonique, en cela proche du gallois et plus encore du cornique. Son histoire en Bretagne « continentale » commence Ă  la fin de l’AntiquitĂ© et la langue s’y implante autour du Ve siĂšcle Ă  la faveur des migrations de populations bretonnes vers la pĂ©ninsule armoricaine.

Le breton est gĂ©nĂ©ralement scindĂ© en trois phases historiques :

Cette langue est traditionnellement parlée dans la partie occidentale de la Bretagne (ou Basse-Bretagne) à partir d'une ligne allant de Saint-Brieuc (au nord) au pays de Guérande (au sud)[9].

Antiquité

Sous l'Empire romain, le brittonique dont est issu le breton, Ă©tait parlĂ© dans la province romaine de Britannia, soit environ jusqu'Ă  la Clyde (riviĂšre de Glasgow), le latin n'ayant pas remplacĂ© la langue vernaculaire. C'est dans ce breton qu’écrivent les poĂštes Aneurin et Taliesin dans les royaumes bretons du sud de l'Écosse actuelle. Au XIXe siĂšcle en France, on commence Ă  appeler cette langue le brittonique pour le distinguer du breton armoricain. Ce terme dĂ©signe aussi la langue bretonne avant le VIIe siĂšcle.

Avec le DĂ©clin de l'Empire romain d'Occident, des communautĂ©s entiĂšres de Britto-romains Ă©migrent dans une partie de l'Armorique depuis les rĂ©gions de l’ouest de la Grande-Bretagne (qualifiĂ©e dans ce contexte de Bretagne insulaire), surtout depuis le Devon et la Cornouailles. Ces Ă©migrants apportent avec eux leur culture, leur organisation, leur langue et se mĂ©langent Ă  la population gallo-romaine d'Armorique.

Certains historiens, comme LĂ©on Fleuriot dans son ouvrage Les Origines de la Bretagne, se fondant sur CĂ©sar et Tacite, ont proposĂ© une proximitĂ© de breton avec le gaulois. Dans les annĂ©es 1950, le chanoine Falc'hun avança que le breton aurait bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un apport du gaulois. Pour lui, ceci expliquerait la principale diffĂ©rence du vannetais avec les autres dialectes bretons, Ă  savoir l'accent sur la finale des mots et non la pĂ©nultiĂšme. Son premier argument consistait en la persistance du gaulois chez les Arvernes jusqu'Ă  une Ă©poque tardive, ce qui lui faisait supposer qu’il devait en ĂȘtre de mĂȘme en Armorique. Cette hypothĂšse a Ă©tĂ© contestĂ©e entre autres par Kenneth Jackson dans son ouvrage sur l’histoire de la langue bretonne en 1969, et elle est aujourd'hui rejetĂ©e par les spĂ©cialistes.

Ce dernier a par ailleurs utilisé l'Atlas linguistique de basse-Bretagne, de Pierre Le Roux, afin de mettre en évidence le rÎle des routes dans la diffusion des influences depuis le centre-Bretagne.

On sait aujourd’hui que :

  • le KLT (voir l’article ou les explications plus bas) comme le gallois sont accentuĂ©s sur la pĂ©nultiĂšme[10] ;
  • le vieil irlandais Ă©tait accentuĂ© sur la premiĂšre syllabe ;
  • le gaulois Ă©tait accentuĂ© sur l’antĂ©pĂ©nultiĂšme, l’initiale ou la finale.

Cette diversitĂ© de la position de l’accent tonique dans les langues celtiques interdirait toute supposition sur la place de l’accent en vieux celtique et ne permettrait pas d’expliquer par un substrat gaulois les spĂ©cificitĂ©s du vannetais[11].

Par contre, la romanisation semble avoir Ă©tĂ© bien plus avancĂ©e dans le vannetais oĂč les vestiges gallo-romains sont bien plus nombreux que dans le reste de la Bretagne. De plus, la palatalisation de /k/ et /g/ est un phĂ©nomĂšne inhĂ©rent au bas-latin des IIe et IIIe siĂšcles, donc avant les premiĂšres immigrations bretonnes. Enfin, le vannetais et le bas-cornouaillais ont effectuĂ© plus d’emprunts au roman que les autres dialectes surtout le long de la route Vannes-Quimper. L'accentuation du vannetais aurait Ă©tĂ© celle du vieux-breton dans son ensemble. Son maintien ne peut cependant ĂȘtre dĂ» en tout Ă  l’influence romane, puisque les langues romanes privilĂ©gient les paroxytons, c’est-Ă -dire les mots accentuĂ©s sur l’avant-derniĂšre syllabe[12].

Haut Moyen Âge

Suite Ă  la bataille de Jengland (851), la Bretagne se voit octroyer les Marches de Bretagne, comprenant notamment Nantes et Rennes. Ces villes romanes, plus majoritairement francophones que brittophones, exerceront une influence notable dans le recul du breton parmi l’élite bretonne : dĂšs le haut Moyen Âge, le français tend Ă  remplacer le breton dans l’administration ducale et le dernier duc de Bretagne Ă  parler breton est Alain IV Fergent (mort en 1112)[8].

Moyen Âge

Article dĂ©taillĂ© : Histoire de la Bretagne.

C’est Ă  cette Ă©poque que le breton est devenu une langue propre Ă  la Bretagne armoricaine. Il a Ă©tĂ© Ă©tudiĂ© par LĂ©on Fleuriot dans sa grammaire et son dictionnaire du vieux-breton.

On distingue :

Vers l’an 1000, en suivant la frontiĂšre des toponymes signifiant monastĂšre : Mouster, Monter, Montoir (Ă©tablis dans une localitĂ© Ă  l’époque bretonnante) qui s’opposent au toponyme moutiers (Ă©tablis dans une localitĂ© Ă  l’époque de langue romane). On s’aperçoit que le breton Ă©tait usitĂ© dans Ă  peu prĂšs les trois dĂ©partements du Morbihan, du FinistĂšre, CĂŽtes-d'Armor, une petite partie de celui d'Ille-et-Vilaine et un large pays GuĂ©randais dans la Loire-Atlantique.

  • Au XIVe siĂšcle, le breton Ă©tait parlĂ© Ă  l’est de LoudĂ©ac, Ă  PlĂ©met (en 1350 Ă  l’occasion du jugement de canonisation de saint Yves, un interprĂšte Ă©tait originaire de cette paroisse).
  • En 1499, le chevalier allemand Arnold Von Harff met par Ă©crit quelques phrases de breton entendues Ă  Nantes.

Jusqu’au XIIe siĂšcle, il resta le parler des Ă©lites de l’État breton, il ne fut ensuite plus que celui du peuple de Bretagne occidentale ou Basse-Bretagne (en breton Breizh Izel) quand successivement la noblesse, puis la bourgeoisie bretonnes se francisĂšrent en passant du latin au français. Pour l’écrit, le duchĂ© de Bretagne employa le latin puis le français au XVe siĂšcle.

Voir aussi : langue en Loire-Atlantique et breton de Batz-sur-Mer

Politique linguistique des ducs de Bretagne

DĂšs la fin du XIIIe siĂšcle et bien avant la rĂ©union du DuchĂ© de Bretagne au Royaume de France, l'administration ducale abandonna le latin au profit du français, sans passer par le breton. Jusqu'au XIIIe siĂšcle, les actes administratifs et juridiques sont rĂ©digĂ©s en latin, puis le français concurrence le latin dans les actes de la chancellerie avant de le remplacer dĂ©finitivement[13],[14]. L'historien Jean KerhervĂ© affirme n'avoir jamais retrouvĂ© au cours de ses dĂ©pouillements d'archives un quelconque document financier en breton[15].

Par ailleurs, aucun des derniers ducs de Bretagne ne s'exprima en breton et leur effort de centralisation s'appuyait exclusivement sur l'utilisation du français[15]. Ainsi, Charles de Blois (1341-1364) devait-il recourir aux services d'un interprÚte lorsqu'il devait s'adresser à ses sujets de Basse-Bretagne[15].

Terminé en 1464, le Catholicon de Jehan Lagadeuc, dictionnaire trilingue Breton-Français-Latin, est à la fois le premier dictionnaire breton, le premier dictionnaire français, et le premier dictionnaire trilingue.

Politique linguistique des rois de France

AprĂšs l'union du duchĂ© Ă  la France, l’Ancien RĂ©gime, faisant peu de cas des langues locales, accepta le breton comme il Ă©tait : essentiellement une langue vernaculaire et utilisĂ©e pour le culte. Cependant l'usage du français fut imposĂ© dans l’administration, suivant l’ordonnance de Villers-CotterĂȘts qui prescrivait l’emploi du français dans les cours de justice et les actes officiels. Mais cette imposition fut de portĂ©e symbolique, car le duchĂ© de Bretagne avait abandonnĂ© le latin pour le français comme langue administrative plus d’un siĂšcle avant le royaume de France[13],[14].

Un moine cistercien, né à Hennebont, Paul-Yves Pezron (1639-1706), trÚs renommé pour ses études historiques et ses chronologies établies à partir de la Bible et des textes anciens, entreprend, vers 1700, de rattacher les Gaulois, Bretons et Galates, inclus et leur "langue celtique" au petit-fils de Noé, Gomer. S'appuyant sur sa connaissance du breton, il est un précurseur de la linguistique des langues celtiques.

Politique linguistique pendant la RĂ©volution

En 1790, l’AssemblĂ©e nationale commence par faire traduire dans toutes les langues rĂ©gionales les lois et dĂ©crets, avant d’abandonner cet effort trop coĂ»teux[16]. En 1794, BarĂšre effectue une prĂ©sentation au ComitĂ© de salut public de son « rapport sur les idiomes Â» dans lequel il dĂ©clarait que « le fĂ©dĂ©ralisme et la superstition parlent bas-breton Â» (Le fĂ©dĂ©ralisme Ă©tant prĂ©sentĂ© par ce ComitĂ© comme ennemi de la « RĂ©publique une et indivisible Â»[17]).

Cet usage imposĂ© de la langue française, principalement dans l'enseignement, est prĂ©sentĂ© aussi par ses promoteurs comme visant Ă  Ă©lever le niveau de connaissance de la population par l'instruction ainsi que par la diffusion d'une langue commune[18]. Pour les rĂ©volutionnaires, laisser les citoyens ignorants de la langue nationale est un obstacle Ă  la dĂ©mocratie et aux dĂ©bats dĂ©mocratiques, c'est les laisser Ă  la merci de l'arbitraire, mais c'est Ă©galement un obstacle Ă  la diffusion des idĂ©es rĂ©volutionnaires : « La monarchie avait des raisons de ressembler Ă  la tour de Babel ; dans la dĂ©mocratie, laisser les citoyens ignorants de la langue nationale, incapables de contrĂŽler le pouvoir, c'est trahir la patrie [
] Nous devons aux citoyens « l'instrument de la pensĂ©e publique, l'agent le plus sĂ»r de la RĂ©volution Â», le mĂȘme langage Â»[19].

De l'idĂ©e de « langue commune Â», on passe rapidement Ă  l'idĂ©e de « langue unique Â» demandant l'Ă©radication des autres langues. L’AbbĂ© GrĂ©goire dĂ©clare en 1793 devant de ComitĂ© de l'Instruction publique : « il est plus important qu'on ne pense en politique d'extirper cette diversitĂ© d'idiomes grossiers, qui prolongent l'enfance de la raison et la vieillesse des prĂ©jugĂ©s. Â» et l'annĂ©e suivante il rend son « Rapport sur la nĂ©cessitĂ© et les moyens d'anĂ©antir les patois et d'universaliser l'usage de la langue française. Â»[18].

Le 21 octobre 1793, une loi institue des Ă©coles primaires d’État oĂč les Ă©lĂšves apprennent le français. Le 26 octobre, par dĂ©cret, la Convention dĂ©cide que « le français sera seul en usage Ă  l’école Â». Le 27 janvier 1794, un dĂ©cret ordonne la nomination, dans chaque commune oĂč on ne parle pas français, d’un instituteur francophone. Mais vu le peu d'Ă©tablissements scolaires, ces mesures ne furent pas suivies d'effets immĂ©diats, l'instruction publique et obligatoire n'Ă©tant mise en place que sous la TroisiĂšme RĂ©publique[20].

PĂ©riode romantique : renouveau de la langue bretonne

En 1805, l’AcadĂ©mie Celtique est fondĂ©e par NapolĂ©on Ier, c’est la premiĂšre association Ă©tudiant la langue et la culture bretonne. Le prĂ©sident est ThĂ©ophile Malo Corret de la Tour d'Auvergne.

En 1807, Jean-François Le Gonidec publie une Grammaire celto-bretonne dans laquelle il rĂ©forme l’orthographe du breton, puis en 1821 un Dictionnaire celto-breton, en s'employant Ă  retrouver une puretĂ© de la langue. Mais, trop intellectuelle et trop Ă  contre sens des idĂ©es dominantes, son Ɠuvre Ă©tait restĂ©e thĂ©orique. Ce sont les jeunes bretonnants depuis le dĂ©but du XXe siĂšcle qui se sont rĂ©appropriĂ© leur langue et ont mis en application l'enseignement de Le Gonidec. Et cela continue aujourd'hui.

En 1839, VillemarquĂ© publie le Barzaz Breiz, recueil de chants traditionnels en breton, prĂ©sentant une « Histoire poĂ©tique de la Bretagne Â». On sait aujourd’hui que certains des textes collectĂ©s ont Ă©tĂ© revus et modifiĂ©s par l’auteur, comme le faisaient les auteurs de contes populaires tels Charles Perrault et Grimm, et certains autres textes ont Ă©tĂ© entiĂšrement composĂ©s par lui, mais Donatien Laurent a montrĂ© dans sa thĂšse soutenue en 1974 que ces arrangements ne reprĂ©sentent qu'une part trĂšs minime du recueil. C’est de son Ɠuvre que date le renouveau littĂ©raire breton. En 1864, Charles de Gaulle, grand-oncle du futur GĂ©nĂ©ral de Gaulle, lance son Appel aux Celtes pour la renaissance littĂ©raire et linguistique de la Bretagne et des pays celtes frĂšres.

Politique scolaire sous la IIIe RĂ©publique

Sous la IIIe RĂ©publique, les pouvoirs publics dĂ©sirent assurer l’unitĂ© française et faciliter la promotion sociale au sein de la Nation. Pour ces raisons, les responsables de l’enseignement public commencent Ă  proscrire l’usage de tous patois ou parlers rĂ©gionaux Ă  l’école. À partir du milieu du XIXe siĂšcle, le pouvoir central rĂ©prime les langues dites rĂ©gionales[rĂ©f. nĂ©cessaire] et les prĂ©sente comme arriĂ©rĂ©es, rĂ©trogrades, et facteurs de frein au progrĂšs[rĂ©f. nĂ©cessaire], yezh ar moc'h, "la langue des oies et des cochons"[21] (cf. l'article sur le symbole). À partir de la fin du XIXe, ces langues sont interdites dans l’enseignement.

Ainsi en 1902, le ministĂšre Combes promulgue par dĂ©cret l’interdiction de « l’usage abusif du breton. Â» Les Ă©coles religieuses suivent rapidement et le breton n’est plus enseignĂ© Ă  partir du dĂ©but du XXe siĂšcle mais continue Ă  ĂȘtre transmis de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration par voie orale.

Il faut noter quelques initiatives particuliĂšres tendant Ă  promouvoir un certain enseignement de la langue bretonne dans les Écoles chrĂ©tiennes, depuis celle du FrĂšre Constantius au dĂ©but du siĂšcle, au pays de LĂ©on principalement, jusqu’à celle du frĂšre SeitĂ©, aprĂšs la derniĂšre guerre.

Au milieu du XIXe siĂšcle, selon François VallĂ©e, il existait des Ă©coles privĂ©es chrĂ©tiennes qui, entre autres choses, apprenaient Ă  lire en breton et en latin, et enseignaient quelques rudiments de français littĂ©raire. Un certain nombre d’évĂȘques, Ă©galement au XIXe siĂšcle, en Basse-Bretagne, Mgr Graverand en particulier, ont essayĂ© d’organiser un enseignement du breton et de l’histoire de la Bretagne, parfois en breton, comme le montre l’histoire de Bretagne en breton rĂ©digĂ©e par Anna Mezmeur, religieuse de la congrĂ©gation du Saint-Esprit.

La politique scolaire contre le breton date de la fin du XIXe siĂšcle. Elle utilise alors deux mĂ©thodes :

  • d’une part, le breton n’est plus enseignĂ© Ă  l’école, car on fait fermer les Ă©coles en breton[22] ;
  • d’autre part, le français doit ĂȘtre la seule langue utilisĂ©e dans les Ă©coles rĂ©publicaines, y compris dans les cours de rĂ©crĂ©ation. Comme les autres locuteurs des langues parlĂ©es en France et dans les possessions françaises d’Outre-Mer, les Ă©lĂšves bretonnants subissent des persĂ©cutions officielles au moyen notamment de pratiques humiliantes. Ainsi se rĂ©pand la pratique du symbole, petit objet qui passe au cou d’élĂšve Ă  Ă©lĂšve pendant la rĂ©crĂ©ation Ă  chaque fois que l’un d’entre eux parle breton, avec une punition pour le dernier Ă©lĂšve Ă  l’avoir.

Certains pensent que la politique française vise Ă  imposer pour des motifs idĂ©ologiques la langue française comme langue unique de la RĂ©publique (« je ne veux voir qu’une seule tĂȘte, n’entendre qu’une seule langue Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire]). Pour illustrer la vigueur de cette politique, ils s’appuient notamment sur une phrase qui aurait Ă©tĂ© longtemps affichĂ©e dans certaines Ă©coles primaires : « Il est interdit de parler breton et de cracher par terre Â», phrase qui associe deux interdictions de nature diffĂ©rente, une liĂ©e Ă  l’hygiĂšne et une Ă  l’emploi de la langue, censĂ© illustrer la politique d’amalgame et de dĂ©valorisation employĂ©e pour parvenir Ă  Ă©radiquer le breton en Bretagne. Or Ă  ce jour aucune affiche de ce type n'a Ă©tĂ© mise au jour et les exemplaires Ă©tudiĂ©s se sont avĂ©rĂ©s ĂȘtre des montages rĂ©cents.

Ainsi, rĂ©cemment il a Ă©tĂ© affirmĂ© que le « MusĂ©e Rural de l’Éducation de Bothoa Â» Ă  Saint-Nicolas-du-PĂ©lem dans les CĂŽtes-d'Armor possĂ©dait une telle affiche or aprĂšs enquĂȘte ce musĂ©e ne possĂšde aucune affiche portant une telle mention[23]. Fañch Broudig qui a menĂ© une Ă©tude sur le sujet a conclu Ă  un faux pour un autre cas impliquant le MusĂ©e de l'École Rurale de TrĂ©garvan[24]:

« Autant le principe Ă©dictĂ© en 1897 par l’Inspecteur d’AcadĂ©mie du FinistĂšre, Dosimont, selon lequel pas un mot de breton ne devait ĂȘtre prononcĂ© ni en classe ni dans les cours de rĂ©crĂ©ation est couramment rĂ©fĂ©rencĂ©, autant il est difficile de retrouver trace de l’interdiction « de cracher par terre et de parler breton Â» (
) Sous rĂ©serve d’inventaire complĂ©mentaire, il faut considĂ©rer que la phrase que l’on brandit dĂ©sormais comme un contre-slogan est, historiquement, une extrapolation. Â»

Toutefois, il convient de noter que le ministĂšre de l’Éducation appliqua une politique de rĂ©pression des langues rĂ©gionales au travers de diverses directives[25]. Le mĂȘme auteur cite, en outre, le RĂšglement pour les Ă©coles primaires Ă©lĂ©mentaires de l’arrondissement de Lorient, adoptĂ© et arrĂȘtĂ© par le ComitĂ© supĂ©rieur de l’arrondissement en 1836 et approuvĂ© par le recteur en 1842, qui dispose : « Art. 21. Il est dĂ©fendu aux Ă©lĂšves de parler breton, mĂȘme pendant la rĂ©crĂ©ation et de profĂ©rer aucune parole grossiĂšre. Aucun livre breton ne devra ĂȘtre admis ni tolĂ©rĂ©. Â» S’exprimer en breton et parler « grossiĂšrement Â» font l’objet de la mĂȘme prohibition[26]. Le 19 juillet 1925 lors de l’inauguration du pavillon de la Bretagne Ă  l’Exposition universelle de Paris, le ministre de l’Instruction publique, Anatole de Monzie, rĂ©sume sa politique : « pour l’unitĂ© linguistique de la France, la langue bretonne doit disparaĂźtre ! Â».[rĂ©f. nĂ©cessaire]

Cette action de l'État contre la langue a Ă©tĂ© « essentiel, et, (
) dĂ©terminant Â» pour son recul[27], mĂȘme si d'autres facteurs semblent avoir jouĂ© [28].

L'Entre-deux-guerres et l'Occupation

Avant la PremiĂšre Guerre mondiale, la moitiĂ© de la population de Basse-Bretagne ne connaissait que le breton, l’autre moitiĂ© Ă©tant bilingue breton-français.

RĂ©guliĂšrement, des voix s’élĂšveront en faveur de l'enseignement du breton, mais elles resteront minoritaires. En particulier, de grandes pĂ©titions (Er Brezhoneg er skol dans les annĂ©es 1930, la grande pĂ©tition populaire d’Emgleo Breiz en 1967) et des manifestations rĂ©guliĂšres demanderont l’enseignement du breton.

À partir de 1925, grĂące Ă  Roparz Hemon la revue Gwalarn a vu le jour. Au cours de ses dix-neuf annĂ©es d’existence, elle a tentĂ© d’élever cette langue au niveau des autres grandes langues « internationales Â» en crĂ©ant des Ɠuvres originales couvrant tous les genres et en proposant des traductions du patrimoine littĂ©raire de l’HumanitĂ©. Cependant, l’Ɠuvre d’HĂ©mon suscitera de nombreuses controverses politiques suite Ă  sa collaboration pendant l'Occupation.

Pourtant, une premiĂšre partie des bretonnants passera au français dans les annĂ©es 1930 pour plusieurs raisons :

  • le français leur permet de communiquer entre eux : les diffĂ©rences entre les dialectes bretons ne permettent de se comprendre d’une rĂ©gion bretonnante Ă  une autre qu’à condition d’avoir une connaissance du standard Ă©crit. Le breton oral sert alors Ă  s’exprimer avec ses proches, et le français est utilisĂ© pour la communication plus formelle ;
  • c’était le moyen de communiquer avec le reste de la Bretagne et de la France, suite au brassage national accĂ©lĂ©rĂ© par la PremiĂšre Guerre mondiale et par l'amĂ©lioration des voies de communication.

Fin mars 1941, Joseph BarthĂ©lĂ©my, ministre de la Justice du gouvernement de Vichy dĂ©clare : « je m’opposerai Ă  l’enseignement de la langue bretonne dans les Ă©coles primaires Â»[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Pourtant, le rĂ©gime de Vichy, influencĂ© par le traditionalisme maurassien et barressien, se montre conciliant Ă  l'Ă©gard des langues rĂ©gionales : les premiĂšres lois en faveur de l'enseignement de ces langues sont dues au ministre vichyssois Carcopino. L'objectif de la RĂ©volution nationale, l'idĂ©ologie officielle du RĂ©gime de Vichy, est de vivifier le nationalisme français chez les enfants en dĂ©veloppant chez eux l'attachement au sol natal[29] notamment par l’arrĂȘtĂ© du 12 dĂ©cembre 1941 qui autorise l’enseignement facultatif des « parlers locaux Â» dans les Ă©coles primaires. Le rĂ©gionalisme pĂ©tainiste prĂ©tend unir la grande et la petite patrie prĂ©sentĂ©e comme une communautĂ© rĂ©elle par opposition aux « abstractions Â» administratives issues de la RĂ©volution française et de la RĂ©publique. Ces lois comme l’ensemble des mesures prises par le gouvernement de Vichy, seront abrogĂ©es Ă  la LibĂ©ration.

Yann Kerlann crĂ©e la premiĂšre Ă©cole en breton (5 Ă©lĂšves issus de familles du mouvement breton) Ă  Plestin-les-GrĂšves en novembre 1942, non loin de Lannion, dĂ©finitivement interrompue en 1944. Cette Ă©cole est dirigĂ©e par Yann Kerlann qui aprĂšs la mort de Yann Sohier a Ă©tĂ© le responsable d’Ar Falz, mouvement qui regroupait les instituteurs publics partisans de l’enseignement du breton.

Le paradoxe de l'AprĂšs-guerre

Alors que des mesures viennent favoriser l'enseignement des langues régionales, l'abandon du breton par les classes populaires s'intensifie.

Le reste des bretonnants, aprĂšs la Seconde Guerre mondiale, passera au français pour plusieurs raisons :

  • l’idĂ©e que les opportunitĂ©s de travail et la promotion sociale (par ex. pour les emplois administratifs et militaires) passent par la maĂźtrise du français ;
  • le chemin de fer a considĂ©rablement augmentĂ© les brassages de population (venue de touristes, exode rural vers les villes) ; avec la gĂ©nĂ©ralisation des congĂ©s payĂ©s, on assiste, notamment en Ă©tĂ©, au retour des Ă©migrĂ©s de deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration (nĂ©s hors de Bretagne) qui ne parlent plus breton ou le parlent mal ;
  • dans le contexte de la mondialisation en tant que brassage des peuples, l’apparition d’une langue dĂ©diĂ©e aux Ă©changes tend Ă  faire disparaĂźtre les langues moins usitĂ©es. Ce fait est beaucoup plus rĂ©cent que les raisons prĂ©cĂ©dentes (il commence aprĂšs la Seconde Guerre mondiale) mais il accentue le dĂ©clin du breton au profit du français, langue de communication de la RĂ©publique française avant d’en ĂȘtre la langue constitutionnelle (1992).

En avril 1945, le Conseil de la facultĂ© des lettres de Rennes Ă©met un vƓu en faveur de l’admission du breton Ă  l’oral du baccalaurĂ©at : « Les signataires tiennent Ă  affirmer le loyal attachement Ă  la France de tous les Bretons, attachement que garantiraient, s’il en Ă©tait besoin, les quatre annĂ©es de rĂ©sistance acharnĂ©e soutenue par la Bretagne contre l’Allemagne et l’échec retentissant infligĂ© aux tentatives de division des complices de l’ennemi. Â». En 1945, Ar Falz propose de reprendre aux laĂŻques de Bretagne la pĂ©tition interrompue par la guerre, en faveur de l’enseignement de la langue bretonne.

C'est dans les annĂ©es 1950 que l'abandon du breton s'est rĂ©ellement dĂ©veloppĂ© en Basse-Bretagne, pour des motifs que Fañch Broudic analyse comme suit :

« Dans le cas de la Basse-Bretagne, le changement de langue n'a pu se faire en particulier que parce qu'un profond mouvement d'opinion s'est, Ă  un moment donnĂ©, prononcĂ© dans ce sens. Le pouvoir d'Etat, Ă  lui seul, ne pouvait l'imposer : les violentes rĂ©actions provoquĂ©es par les dĂ©cisions d'Emile Combes en 1902 le prouvent d'abondance. A peine 50 ans plus tard, la jeunesse fĂ©minine opte ostensiblement pour le français et les familles dĂ©cident de ne plus Ă©lever leurs enfants en breton : aucune injonction ne leur avait Ă©tĂ© adressĂ©e en ce sens [30]. Â»

Selon l'auteur, c'est en définitive le désir de modernité et de changements économiques qui a conduit à l'adoption volontaire du français. Ce remplacement de langue sur quelques décennies, en favorisant les échanges, a eu pour effet de stimuler l'économie de la Bretagne et a profondément changé la société[30].

Peu de bretonnants s’en inquiĂštent, persuadĂ©s que le breton n’est pas l’avenir pour leurs enfants ou, au mieux, que ceux-ci l’apprendront par le fait de vivre dans un milieu bretonnant. Mais dans les annĂ©es 1950-70, les enfants exclusivement bretonnants se sont rarĂ©fiĂ©s, ils sont soit bilingues français-breton soit monolingues français. Puis le bilinguisme s’est progressivement Ă©teint chez les enfants, et au dĂ©but des annĂ©es 1980, le pourcentage d’élĂšves parlant breton au dĂ©but de leur scolarisation est marginal. Le breton est alors quasi-exclusivement parlĂ© par des adultes qui trĂšs rarement savent l’écrire. La derniĂšre bretonnante monolingue, Mme Bourdonnay, de la commune de Langonnet (Morbihan, prĂšs de Gourin) est dĂ©cĂ©dĂ©e en 2002. Elle pouvait dire quelques phrases pour se prĂ©senter ou saluer mais ne pouvait s’exprimer rĂ©ellement en français, bien qu'elle regardĂąt la tĂ©lĂ©vision.[rĂ©f. nĂ©cessaire]

En 1946, ce fut Al Liamm qui prit la suite de Gwalarn. D’autres revues existent et font de la langue bretonne une langue Ă  littĂ©rature plutĂŽt fournie pour une langue minoritaire. Skol Vreizh, Emgleo Breiz, Al Lanv, Ar Skol Vrezoneg, MouladurioĂč Hor Yezh, An Here, Evit ar brezhoneg et d’autres encore.

En 1951, est votĂ©e la loi Deixonne autorisant l’organisation de cours facultatifs pour quatre langues « locales Â», dont le breton. Mais l’impact en est rĂ©duit, non seulement en raison des dispositions limitĂ©es de la loi elle-mĂȘme et de l’absence de dĂ©crets d’application (qui ne paraĂźtront que trente ans plus tard), mais Ă©galement Ă  cause de l’application restrictive qui en est faite. De fait, mĂȘme si l’enseignement Ă©tait autorisĂ© dans certaines conditions, il n’était possible presque nulle part. Et aucun enseignant n’étant formĂ©, aucun diplĂŽme n’existant, quasiment personne ne pouvait en assurer l’enseignement.

L’abbĂ© Armand Le Calvez (revue d’étude pĂ©dagogique intitulĂ©e Skol) est le fondateur et le directeur de la premiĂšre Ă©cole entiĂšrement en breton, une Ă©cole catholique, Skol Sant-Erwan (Ă©cole Saint-Yves), qui dura trois annĂ©es, entre 1958 et 1961, Ă  Plouezec, entre Saint-Brieuc et Paimpol. L’abbĂ© dut renoncer Ă  son entreprise Ă  la suite des nouvelles lois qui rĂ©glaient les rapports des Ă©coles privĂ©es et de l’État Ă  partir de 1962 : ces lois ne lui laissaient plus la libertĂ© de choisir son programme d’enseignement.

Recul de la langue bretonne Ă  travers les siĂšcles

Article dĂ©taillĂ© : FrontiĂšre linguistique bretonne.
Les différents tons de gris retracent la perte progressive de l'usage du breton dans les campagnes au profit du gallo, puis du français. La limite entre la Haute et la Basse Bretagne a peu à peu glissé vers l'Ouest.

L'existence de deux Bretagnes linguistiquement distinctes est attestĂ©e de bonne heure. Au XVe siĂšcle, la chancellerie pontificale, qui demandait au clergĂ© de parler la langue de ses ouailles, distingue la Brittania gallicana et la Brittannia britonizans[31]. Cette limite linguistique qui dĂ©finit toujours la frontiĂšre entre basse et haute-Bretagne a fluctuĂ© depuis l'Ă©migration bretonne en Armorique au profit du gallo, puis du français[32].

Francis Gourvil situe cette frontiĂšre le long d'une ligne allant de Plouha (CĂŽtes-du-Nord, Ă  l'Ă©poque) Ă  l'embouchure de la riviĂšre PĂ©nerf (Morbihan)[33].

Cette frontiĂšre linguistique distinguait historiquement deux rĂ©gions : la Haute-Bretagne et la Basse-Bretagne[32].

État actuel du breton

Dans les derniĂšres annĂ©es, le nombres de locuteurs actifs de la langue sur le territoire de la Bretagne historique s'Ă©levait Ă  minimum 206 000 personnes en 2007, donnĂ©es officielles prĂ©sentĂ©es par l'Office de la langue bretonne et basĂ©es selon les enquĂȘtes de Fañch Broudig[1], [34].

Distribution relative des brittophones par Pays, d'aprÚs le diagnostic de l'état de la langue bretonne mené par l'Office de la langue bretonne en 2004.

En 1950, il n'y avait plus que 100 000 monolingues bretons[35], leur nombre est quasi-nul depuis les annĂ©es 1980[36]. Aujourd’hui, le breton est encore parlĂ© et compris par 13 000 personnes[37], selon les estimations les plus basses et 350 000 personnes selon les estimations les plus hautes, essentiellement des personnes ĂągĂ©es (64 % des locuteurs ont plus de 60 ans). L’UNESCO classe le breton parmi les langues « sĂ©rieusement en danger Â»[6].

Dans son livre et enquĂȘte Qui parle breton aujourd'hui ?, Fañch Broudic analyse l’enquĂȘte de TMO rĂ©alisĂ©e en 1997 ; Ă  cette date, il y avait trĂšs prĂ©cisĂ©ment 0,2 % de jeunes de 15 Ă  19 ans capables de parler breton, soit moins de 500 personnes. En 2007, la part des jeunes de 15-19 capables de s'exprimer en breton est passĂ©e Ă  4 %[38]. En 1999, 27 % des parents bretonnants transmettaient leur langue Ă  leurs enfants (INSEE, Le BoĂ«ttĂ©), ils sont en 2007 entre 35 et 40 % (F. Broudic). Fañch Broudic et l'Ă©quipe de TMO renouvĂšlent leur sondage en 2009 et Ă©valuent le nombre total de locuteurs Ă  minimum 200 000, dont 60 % sont retraitĂ©s[39].

Certains poĂštes, linguistes et Ă©crivains d’expression bretonne possĂšdent maintenant une renommĂ©e internationale, tels Yann-Ber Kalloc'h, Anjela Duval, Pierre-Jakez HĂ©lias. Ces trois Ă©crivains sont quelques-uns des Ă©crivains bretonnants du XXe siĂšcle Ă  avoir eu le breton comme langue maternelle.

La langue bretonne est aujourd’hui la seule langue celtique Ă  ne disposer d’aucun statut car la RĂ©publique française :

Voir l’article spĂ©cialisĂ© sur le sujet : Politique linguistique de la France.

Chaque annĂ©e, des rassemblements de plusieurs milliers de personnes demandent l’abrogation de cette loi unique en Europe et la ratification de la Charte europĂ©enne des langues rĂ©gionales ou minoritaires.

DerniĂšrement[rĂ©f. nĂ©cessaire], l’association des Ă©coles Diwan a dĂ©posĂ© une plainte devant la Cour europĂ©enne des droits de l'homme pour obtenir des autoritĂ©s publiques qu’elles respectent les droits linguistiques de la population bretonne.

Actuellement il est encore trĂšs difficile de mettre en place ou dĂ©velopper l’enseignement du breton[40],[41].

Voir aussi : Signalisation bilingue en breton

Diwan, et le changement des années 1980

Signalisation bilingue dans les rues de Quimper

C’est au vu de cette situation qui rendait difficile l’enseignement du breton que furent crĂ©Ă©es en 1977, les Ă©coles Diwan (le germe), qui pratiquent la mĂ©thode par immersion pour l’apprentissage du breton[42]. Voir encore l’article Controverses sur le breton

En 1982, la circulaire Savary ouvre la possibilitĂ© d’une filiĂšre de classes bilingues dans l’enseignement. Se mettent alors en place des classes bilingues breton/français dans l’enseignement public Ă  partir de 1983, et dans l’enseignement catholique Ă  partir de 1990.

Les parents de ces Ă©lĂšves bilingues sont regroupĂ©s dans deux associations : Div Yezh (deux langues) crĂ©Ă©e en 1979 pour les Ă©coles publiques, et Dihun (Ă©veil) pour les Ă©coles catholiques (1990 : Dihun-56 ; 1993 : Dihun Penn-ar-Bed et Dihun-Breizh).

À la rentrĂ©e scolaire 2008, les effectifs affichĂ©s par ces Ă©coles (chiffre du rectorat de Bretagne administrative [43]), tous niveaux confondus, sont de 11 890 au total :

  • le premier degrĂ© des Ă©coles Diwan rassemble 1 925 Ă©lĂšves, le second degrĂ© 887, soit un total de 2 812 ;
  • le premier degrĂ© des Ă©coles publiques (Div Yezh) rassemble 4 303 Ă©lĂšves, le second degrĂ© 541, soit un total de 4 844 ;
  • le premier degrĂ© des Ă©coles catholiques (Dihun) rassemble 3 736, le second degrĂ© 498, soit un total de 4 234.
Enseignement Ă  Rennes

Pour la rentrĂ©e 2011, les chiffres globaux (Bretagne historique et Paris) donnĂ©s par l'Office de la langue bretonne donnent des effectifs affichĂ©s par ces Ă©coles, tous niveaux confondus, de 14 174 au total[44] :

  • 3 528 dans les Ă©coles Diwan, dont 47 Ă  Paris[45].
  • 5 995 Ă©lĂšves dans les classes bilingues des Ă©coles publiques (Div Yezh)[46]
  • 4 651 Ă©lĂšves dans les classes bilingues des Ă©coles catholiques (Dihun)

En nombre d'Ă©lĂšves, c'est la plus forte augmentation depuis trois ans (687 nouveaux Ă©lĂšves).

Opposition actuelle à l’enseignement du breton

Selon les partisans de l’enseignement de la langue bretonne, l'opposition actuelle est gĂ©nĂ©ralement :

  • le refus d’ouvrir de nouvelles classes bilingues, dans les Ă©coles publiques, d’assurer la continuitĂ© de l’enseignement du breton dans les collĂšges ou lycĂ©es, ou d’assurer l’enseignement du breton comme deuxiĂšme langue vivante (lĂ©galement possible, pratiquement inexistante) ou comme troisiĂšme langue ;
  • l’interdiction aux Ă©lĂšves Ă©tudiant le breton de choisir certaines options (langues ou Sciences Économiques et Sociales, filiĂšre S) dans certains Ă©tablissements, comme le lycĂ©e Émile-Zola Ă  Rennes ;
  • les propositions rĂ©pĂ©tĂ©es de regroupement des classes de breton en un seul Ă©tablissement ;
  • la mutation des professeurs de breton malgrĂ© la signature d’un accord l’interdisant ;
  • le remplacement de professeurs par des cours par visioconfĂ©rence, Ă  l’efficacitĂ© douteuse ;
  • la diminution du nombre de postes ouverts au concours du CAPES (concours d’enseignement) de breton.

Promotion du breton

La « Spilhennig Â» (« la petite Ă©pingle Â»), la nouvelle marque de reconnaissance des brittophones.

En 1999 est fondĂ© l'Office de la langue bretonne (Ofis ar Brezhoneg en breton), association chargĂ©e de promouvoir le breton dans tous les domaines de la vie sociale et publique. Une de ses principales activitĂ©s consiste Ă  proposer et diffuser le vocabulaire breton adaptĂ© Ă  la vie contemporaine. Elle est Ă  l'origine de la crĂ©ation du logo « spilhennig Â»[47] et de la charte « Ya d’ar brezhoneg Â» (Oui au breton) qui vise Ă  promouvoir l'emploi du breton dans les organismes, entreprises et communes de la Bretagne historique.

Signalétique bilingue français-breton à Rennes

Le 17 dĂ©cembre 2004, le conseil rĂ©gional de Bretagne reconnaĂźt officiellement et Ă  l’unanimitĂ© le breton et le gallo comme « langues de la Bretagne, au cĂŽtĂ© de la langue française Â». Par ce vote, la rĂ©gion « s'engage, en recherchant la plus large association de ses partenaires, et en particulier des cinq dĂ©partements bretons [les 4 dĂ©partements de la Bretagne administrative et la Loire-Atlantique], afin de permettre la pĂ©rennisation de la langue et de la culture bretonnes Â»[48]. La rĂ©gion envisage la formation de 150 enseignants par an, et espĂšre atteindre 20 000 Ă©lĂšves dans les filiĂšres bilingues en 2010. Elle demande de nouveau Ă  la France de ratifier la Charte europĂ©enne des langues rĂ©gionales ou minoritaires.

FrontiĂšre linguistique

Article dĂ©taillĂ© : FrontiĂšre linguistique bretonne.
Place de la langue parmi les langues régionales

L’Est de la Bretagne n'est pas bretonnante, mais on y parle gallo et français[8]. La limite est ancienne et trace grosso modo une ligne partant de Saint-Brieuc, au nord, allant vers GuĂ©rande, au sud.

Au IXe siĂšcle, on parlait breton jusqu'Ă  Dol-de-Bretagne, Montfort-sur-Meu, Blain et Donges[8]. Au XVIe siĂšcle, la frontiĂšre linguistique semble dĂ©jĂ  stabilisĂ©e entre Haute-Bretagne et Basse-Bretagne et ne reculera que trĂšs progressivement : en 1588, l'historien d'ArgentrĂ© fait partir la frontiĂšre des environs de Binic au nord pour rejoindre GuĂ©rande au sud avec LoudĂ©ac, Josselin et Malestroit pour frontiĂšre occidentale[8].

En 1806, NapolĂ©on avait ordonnĂ© une enquĂȘte sur ce sujet qui fut menĂ©e par Charles Coquebert de Montbret. La limite linguistique Ă©tait alors plus Ă  l’ouest : on parlait breton Ă  Saint-Caradec, Questembert, PĂ©nestin, FĂ©rel, PĂ©aule, Bourg-de-Batz (Batz-sur-Mer) et dans une partie non dĂ©finie de la presqu’üle de GuĂ©rande Ă  partir des "salines d’Herbignac", soit probablement dans la partie occidentale des communes d’AssĂ©rac et de Saint-Molf (l’étude ne portait pas sur le dĂ©partement de Loire-InfĂ©rieure).

En 1866 Paul Sébillot trace une ligne relativement identique partant de Plouha pour atteindre Batz-sur-Mer, reculant ainsi de quelques kilomÚtres seulement depuis les données d'Argenté[8]. C'est la limite actuelle du territoire du breton et la limite entre Haute et Basse-Bretagne.

Des groupes sporadiques de bretonnants existent Ă©galement dans toutes les grandes villes de France, ainsi qu’au Royaume-Uni et en AmĂ©rique du Nord. Par ailleurs, des grandes villes comme Rennes, Saint-Brieuc, Nantes[49], Vannes, Brest ou Quimper connaissaient les deux langues (par exemple, en 1636, la ville de Saint-Brieuc est indiquĂ©e comme bilingue par un voyageur[50].).

Dialectes

En couleur, la répartition des différents dialectes de la langue bretonne. En gris, zone actuelle de langue française et gallÚse.
Article dĂ©taillĂ© : Dialectes du breton.

Comme la majoritĂ© des langues, la langue bretonne varie d’un endroit Ă  l’autre. En breton, ces diffĂ©rences dialectales touchent avant tout la prononciation et une faible partie du vocabulaire. Certains dialectes prĂ©sentent aussi une syntaxe un peu diffĂ©rente. Les diffĂ©rences sont gĂ©nĂ©ralement faibles de proche en proche, mais plus on s’éloigne d’un point, plus le breton est diffĂ©rent. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, il n’y a pas de frontiĂšre nette entre dialectes, mais un changement progressif.

Traditionnellement, on liste les dialectes bretons en fonction des anciens Ă©vĂȘchĂ©s (on ignore si ceux-ci ont suivi les coutumes linguistiques ou s’ils ont favorisĂ© localement une certaine cohĂ©rence) :

Le vannetais est bien diffĂ©renciĂ© des autres dialectes, Ă  de nombreux points de vue, et on peut le distinguer d’un ensemble KLT (abrĂ©viation de Kerne, Leon, Treger : Cornouaille, LĂ©on, TrĂ©gor).

Le dĂ©coupage du breton en quatre groupes dialectaux, une division religieuse et politique jusqu’à la RĂ©volution, est contestĂ© du point de vue linguistique. Certains linguistes, comme Jean-Yves Plourin (cf. TammoĂč Gwaskin Ă©d. Armeline) considĂšrent que le breton se prĂ©sente sous deux formes parlĂ©es principales, celle du Nord-Ouest et celle du Sud-Est, sĂ©parĂ©es selon le systĂšme d’accentuation et la palatalisation. D’autres, comme Erwan Vallerie proposent une diffĂ©renciation Est/Ouest.

D’autres, enfin, prĂ©sentent la dialectisation selon une opposition zones archaĂŻsantes et zone innovante. Les premiĂšres seraient constituĂ©es de deux centres de prestige (Saint-Pol-de-LĂ©on et le vannetais), et une troisiĂšme zone autour de QuimperlĂ©, et d’autre part une vaste zone centrale oĂč un breton « moyen Â» s’est formĂ© et oĂč se sont opĂ©rĂ©s la trĂšs grande majoritĂ© des innovations linguistiques. Il est probable que ce sont les carrefours de route et les Ă©changes Ă©conomiques qui ont conduit Ă  cette Ă©volution. Ce breton est parfois appelĂ© « breton de Carhaix Â». Ce breton moyen s’est progressivement Ă©tendu, isolant le breton du GoĂ«lo (qui par certains traits est proche des archaĂŻsmes lĂ©onais), mordant dans le domaine du vannetais en s’infiltrant par les routes. Ce breton tend Ă  acquĂ©rir une identitĂ© chez les bretonnants : dans le sondage sur la langue bretonne rĂ©alisĂ© par Fañch Broudic en 2009, Ă  la question "quel breton parlez-vous ?", certains sondĂ©s ont rĂ©pondu spontanĂ©ment "le breton de Centre Bretagne"[52].

L’influence catholique

L’Église et la langue bretonne

Un certain nombre de catholiques bretons prirent la dĂ©fense de la langue et la culture bretonne. L’Église n’a pas toujours Ă©tĂ© indiffĂ©rente Ă  la spĂ©cificitĂ© bretonne. À tout le moins peut-on dire qu’elle n’a tentĂ© Ă  aucun moment, dans les siĂšcles passĂ©s de faire adopter la langue et la culture française officielle aux Bretons qui parlaient leur langue et restaient attachĂ©s Ă  leurs traditions.

Aux XVIIe et XVIIIe siĂšcles, il a Ă©tĂ© publiĂ©, par les gens d’Église, quantitĂ© d’ouvrages religieux, ou mĂȘme de divertissement honnĂȘte, destinĂ©s Ă  la population des campagnes en breton.

La position au dĂ©but du XXe siĂšcle

Au moment du conflit entre l’Église et l’État sous la TroisiĂšme RĂ©publique (dĂ©but du XXe siĂšcle), le clergĂ© de l’évĂȘchĂ© de Quimper, auquel les autoritĂ©s avaient interdit de prĂȘcher et de faire le catĂ©chisme en breton[53], a menĂ© pendant un certain temps un vĂ©ritable combat pour la langue bretonne. Dans un port de pĂȘche faisant Ă  cette Ă©poque figure de petite ville, alors que le catĂ©chisme dans cette localitĂ© se faisait en breton et en français, le catĂ©chisme en français Ă©tant rĂ©servĂ© aux familles bourgeoises, les prĂȘtres de la paroisse passaient dans les familles populaires pour demander aux parents d’envoyer leurs enfants au catĂ©chisme en breton, la tendance des couches populaires Ă©tant de s’intĂ©grer culturellement Ă  la classe bourgeoise dominante ; et donc d’envoyer leurs enfants au catĂ©chisme français.

Mouvements et publications d’inspiration chrĂ©tienne avant-guerre

Cependant, il ne s’est agi lĂ  que d’une rĂ©action passagĂšre du dĂ©but du siĂšcle dernier, suite au conflit entre l’Église et l’État. Pour rĂ©agir, il fallait mettre en place tout un systĂšme d’enseignement du breton. Il y eut quelques initiatives vers 1900-1914 dont le Bleun Brug crĂ©Ă© en 1905 par l’abbĂ© Perrot.

De nombreux mouvements d’inspiration chrĂ©tienne de dĂ©fense de la langue bretonne, se sont fait jour en Bretagne occidentale :

  • Dans le TrĂ©gor, par exemple, sont parus pendant longtemps des hebdomadaires populaires entiĂšrement rĂ©digĂ©s en breton et inspirĂ©s par l’Église, plus ou moins directement :
    • "Kroaz ar Vretoned", dirigĂ© par François VallĂ©e(AbHerve), nĂ© en 1860, et qui fut publiĂ© jusqu’à la fin de la PremiĂšre Guerre mondiale ;
    • Breiz, dont les rĂ©dacteurs furent Erwan Ar Moal (Dir-Na-Dor) et Aogust BĂŽcher (Ar Yeodet) (journal hebdomadaire catholique qui fut imprimĂ© jusqu’au dĂ©but de la Seconde Guerre mondiale).
  • Au pays de Vannes, l’évĂȘchĂ©, bien qu’il y ait eu des publications chrĂ©tiennes en breton publiĂ©es par la librairie Galles-Lafolye (dont la revue Brediah er FĂ©), n’était pas intervenu pour crĂ©er ou soutenir un mouvement bretonnant d’inspiration catholique au dĂ©but du siĂšcle dernier, les manifestations bretonnes dans cette rĂ©gion Ă©tant organisĂ©es sous la responsabilitĂ© du "Bleun-Brug" du diocĂšse de Quimper.

Il faut citer aussi les ouvrages catholiques en langue bretonne et destinĂ©s aux fidĂšles. Ainsi les nombreux livres de cantiques et missels qui ont permis la conservation de cantiques anciens. Un des exemples les plus cĂ©lĂšbres fut le livre Buez ar Zent (La Vie des Saints) Ă©crit par le chanoine Morvan Ă  la fin du XIXe siĂšcle, qui dĂ©crit en breton et parfois de maniĂšre trĂšs romancĂ©e la vie des saints en suivant le calendrier catholique. Écrit en breton cornouaillais, ce livre Ă©tait lu chaque jour dans toute la Bretagne bretonnante.

Mouvements et revues d’inspiration chrĂ©tienne aprĂšs-guerre

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les revues catholiques populaires en breton rĂ©pandues en LĂ©on et Cornouaille disparurent :

Lesquelles furent remplacĂ©es pendant un certain temps par :

Dans les annĂ©es 1960-70, seront publiĂ©e :

  • une revue d’inspiration chrĂ©tienne pour les enfants Wanig ha Wenig, au dĂ©but sous la responsabilitĂ© de l’abbĂ© Armand Le Calvez et de l’abbĂ© Youenn Troal
  • la revue Ar C'hrist d'an Indianed, (Le Christ aux Indiens), inspirĂ©e surtout par l’expĂ©rience missionnaire de l’abbĂ© Youenn Troal sous l’égide du "Fidei Donum" au PĂ©rou ; cette revue parut au cours des annĂ©es 1960. La revue Imbourc'h publia le journal de son second sĂ©jour parmi les AmĂ©rindiens Ă  la fin des annĂ©es 1980. À son retour, il fut recteur de PlounĂ©our-MĂ©nez, dans la rĂ©gion de Morlaix, et fit paraĂźtre Ă  cette Ă©poque des textes d’inspiration religieuse dans la revue Ar Fulenn (L’Étincelle) dirigĂ©e par lui.
  • la revue d’étude mensuelle Imbourc'h, liĂ©e Ă  une initiative laĂŻque, qui paraĂźt rĂ©guliĂšrement depuis 1969, et qui a publiĂ© un grand nombre d’Ɠuvres religieuses, comme la traduction des Confessions de saint Augustin ou des Ă©crits autobiographiques de sainte ThĂ©rĂšse de l'Enfant JĂ©sus, ainsi qu’une version en breton du BrĂ©viaire Romain, en une dizaine de volumes.

Ouvrages liturgiques en breton

Plusieurs religieux bretons Ă©taient en contact avec l’École biblique et archĂ©ologique française de JĂ©rusalem et en avaient suivi les cours, avaient appris l’hĂ©breu et formeront des groupes de travail bibliques. Ces prĂȘtres se feront remarquer par des travaux de recherches et de traduction de la Bible qu’ils traduiront directement en breton Ă  partir du texte original en hĂ©breu ou du grec en breton pour le Nouveau Testament. La personnalitĂ© la plus Ă©minente de ces groupes de travail Ă©tait l’AbbĂ© Loeiz Ar Floc'h. Il faut citer aussi l’abbĂ© Guilherm Dubourg, l’abbĂ© Job Lec'hvien, l’abbĂ© Pipi Gall. Ces deux derniers fondĂšrent les Éditions An Tour Tan Ă  Kergrist-MoĂ«lou.

Parmi les activitĂ©s inspirĂ©es par la foi et s’exprimant en breton, il faut signaler :

  • les retraites prĂȘchĂ©es par l’abbĂ© Loeiz Ar Floc'h, ainsi les "carĂȘmes" qui furent Ă©galement prĂȘchĂ©s plusieurs fois de suite en breton au cours des annĂ©es 1960-70, dans une des paroisses de la ville de Brest.
  • "Kenvreuriezh ar brezhoneg" ("ConfrĂ©rie du Breton"), association fondĂ©e au sĂ©minaire de Quimper aprĂšs la derniĂšre guerre, et dirigĂ©e pendant un certain temps par Mgr FavĂ©, a publiĂ© des versions en breton de divers textes liturgiques, destinĂ©s plus spĂ©cialement au diocĂšse de Quimper ; certains membres de cette association ont publiĂ© rĂ©cemment une nouvelle traduction en breton du Nouveau Testament, destinĂ©e elle aussi, plus spĂ©cialement au diocĂšse de Quimper. La "Kenvreuriezh ar Brezhoneg" avait d’ailleurs une sorte d’existence officielle au diocĂšse de Quimper.

À cela s'ajoutent des Ă©vĂ©nements religieux rĂ©guliĂšrement tenus en breton (pardons, messes, etc.), depuis des cĂ©rĂ©monies entiĂšrement en breton, jusqu'Ă  celles contenant quelques priĂšres ou cantiques en breton. Les chrĂ©tiens rassemblĂ©s au pardon de Sainte-Anne-d'Auray pour la visite du pape Jean-Paul II le 20 septembre 1996 se souviennent des quelques mots qu'il a prononcĂ© en breton (premiĂšre visite d'un pape en Bretagne, et premiĂšre fois qu'un pape s'exprime publiquement en breton)[54].

Jusque rĂ©cemment, il n’existait aucune Ɠuvre bretonnante soutenue officiellement par aucun des Ă©vĂȘchĂ©s bretons, sauf le centre de rencontre bretonnant de Minihi Levenez, dirigĂ© par l’abbĂ© Job Irien, qui publie un bulletin ainsi que des traductions de textes liturgiques, particuliĂšrement une partie de la " PriĂšre du Temps PrĂ©sent". Cependant l’ensemble des activitĂ©s des bretonnants catholiques du diocĂšse de Quimper mĂȘme soutenues par la hiĂ©rarchie, se situe actuellement au niveau d’une Ă©lite.

Le 6 octobre 1995, Mgr Lucien Fruchaud, Ă©vĂȘque de St-Brieuc et TrĂ©guier crĂ©e officiellement une commission 'Foi et culture bretonne' prĂ©parĂ©e en Mai 1995 au Guiaudet en Lanrivain, pour "se mettre Ă  la disposition des Recteurs et de tous ceux qui souhaiteraient rĂ©flĂ©chir afin que la population bretonnante prenne conscience de sa richesse culturelle, de son patrimoine religieux et vive sa foi sans renier son identitĂ©". " Nous ne pourrions pas prĂ©tendre ĂȘtre attentif Ă  la vie des hommes sans tenir compte des racines culturelles de chacun et plus particuliĂšrement de celles qui ont Ă©tĂ© entretenues par l'appui d'une langue particuliĂšre". "Il se trouve qu'une grande partie du diocĂšse s'exprime en langue bretonne...etc". Cette commission Ă©laborera une charte concernant la foi et la culture bretonne que Mgr Fruchaud signera le 31 mars 2002; elle sera actualisĂ©e e complĂ©tĂ©e le 16 mai 2010. Depuis l’annĂ©e 2000 et Ă  l'initiative de l'Ă©vĂȘchĂ© de St-Brieuc & TrĂ©guier, il existe une commission interdiocĂ©saine mise en place par les trois Ă©vĂȘchĂ©s de la Bretagne occidentale pour Ă©tablir de nouveaux textes liturgiques et un Missel Ă  l’usage de ces trois Ă©vĂȘchĂ©s ; les Ă©vĂȘques de la Bretagne occidentale rĂ©pondent ainsi Ă  la demande formulĂ©e par Rome de prĂ©senter une version unique du Missel pour les trois Ă©vĂȘchĂ©s, la version antĂ©rieure ayant Ă©tĂ© Ă©tablie uniquement pour le diocĂšse de Quimper. Ce travail pour un missel romain attend l'imprimatur du Vatican.

En septembre 2003, Mgr GourvĂšs, Ă©vĂȘque de Vannes et bretonnant de naissance, publie une lettre pastorale intitulĂ©e « Le renouveau de la culture bretonne : un dĂ©fi pour l'Église Â» oĂč il rappelle l'importance de la langue bretonne comme rĂ©fĂ©rence culturelle et religieuse[55].

Histoire du recensement lexical breton

Le premier dictionnaire breton, le Catholicon, se trouve ĂȘtre aussi le premier dictionnaire du français. Il a Ă©tĂ© rĂ©digĂ© par Jehan Lagadec en 1464 et publiĂ© en 1499 ou avant. C’est un ouvrage trilingue breton-français-latin.

Les recensements suivants eurent lieu deux siĂšcles plus tard par :

Une date importante a Ă©tĂ© celle du Dictionnaire Celto-Breton de Le Gonidec (1821), augmentĂ© par La VillemarquĂ© vers 1847 : pour la premiĂšre fois, certains mots se rapprochant du français sont systĂ©matiquement Ă©cartĂ©s, et des mots gallois, ou de vieux breton, sont incorporĂ©s au lexique sans plus de prĂ©cision (cf. Controverses sur le breton).

Le colonel Troude sera plus rĂ©aliste, en 1886, en ne retenant que des mots entendus rĂ©ellement (ou sinon en indiquant que le terme n’est plus en usage). Par contre, le bannissement du lexique breton d’origine latine continue. Il faut cependant remarquer que cela rĂ©sulte d’un Ă©tat d’esprit de l’époque, dans lequel le breton est une langue secondaire dans la Basse-Bretagne, complĂ©mentaire au français : ces dictionnaires ne prĂ©tendent pas prĂ©senter une langue universelle, mais surtout recueillir des mots originaux.

Ce « purisme celtique Â», expression utilisĂ©e par les dĂ©tracteurs de cette attitude, sera plus ou moins gĂ©nĂ©ral jusqu’aux annĂ©es 1990, Ă  l’exception notable du dictionnaire que Émile Ernault constitue pour le vannetais en 1904.

  • "Vocabulaire breton-français" de Émile Ernault, 1927
  • CĂŽtĂ© KLT mais incorporant de nombreux termes vannetais, le Grand dictionnaire français-breton de François VallĂ©e, aidĂ© de RenĂ© Le Roux (Meven Mordiern) et Émile Ernault, en 1931, incorpore de nombreux nĂ©ologismes en premiĂšre publication. L’entreprise de François VallĂ©e, ayant tout un rĂ©seau d’informateurs Ă  travers la Bretagne, permettra de recueillir en outre dans les dialectes de nombreux mots et expressions inĂ©dits. Il s’agit du premier exemple d’un travail d’équipe en lexicographie bretonne, et reste, Ă  ce jour le plus important et le plus riche dictionnaire français-breton, avec celui de RenĂ© Le GlĂ©au.

ParallĂšlement, Pierre Le Roux travaille Ă  un Atlas linguistique de la Basse Bretagne, paraissant Ă  partir 1924, mais ne se focalisant que sur les variantes des vocables les plus communs.

L’aprĂšs-Seconde Guerre mondiale est une pĂ©riode douloureuse pour la culture bretonne : le mouvement nationaliste breton, pour avoir collaborĂ© avec les occupants, se trouve discrĂ©ditĂ© aussi bien en Bretagne que dans le reste de la France. ParaĂźtront depuis cette Ă©poque, entre autres :

  • Les Nouveau dictionnaire Français-Breton, puis Breton-Français de Roparz Hemon, 1970,
  • "Dictionnaire historique du breton" de Roparz Hemon, 36 tomes et 3 232 pages. Donne la premiĂšre occurrence lexicale dans le contexte,
  • Le Dictionnaire breton des Éditions Garnier, sous la direction de Pierre-Jakez HĂ©lias, 1986,
  • "Dictionnaire classique français-breton" de RenĂ© Le GlĂ©au, 1983-1994, 10 tomes et 4 064 pages, surtout basĂ© sur la production Ă©crite entre 1850 et 1950, avec, en outre, des mots recueillis dans sa rĂ©gion natale de Saint-Renan, ou Ă  l’écoute de la radio.

Enfin, Ă  partir de 1992 paraĂźt le Geriadur ar Brezhoneg a-vremañ (Dictionnaire du breton contemporain) de Francis Favereau aux Ă©ditions Skol Vreizh, sous forme papier et CD-ROM. Cet ouvrage ne rejette pas systĂ©matiquement les mots rares ou sortis de l’usage, mais les signale par un signe « - Â», ou les nĂ©ologismes, signalĂ©s par des guillemets ; il reprend un bon nombre des termes issus des dictionnaires prĂ©cĂ©dents, ainsi les mots d’origine française du Catholicon par exemple ou issus d’autres ouvrages, et les emprunts populaires (ce sont quelquefois les mĂȘmes). Ce dictionnaire est le fruit de vingt annĂ©es de travail et de collectage dans le Poher et autour de Poullaouen particuliĂšrement, aire oĂč portait la thĂšse de l’auteur, soutenue avant qu’il ne se dĂ©cide Ă  publier son dictionnaire.

Francis Favereau a produit l'un des dictionnaires bretons les plus complets jamais crĂ©Ă©s, avec pas moins de 50 000 entrĂ©es et le double de mots composĂ©s. MalgrĂ© le manque de soutien financier pour sa crĂ©ation, le dictionnaire s’est tout de mĂȘme bien vendu et a eu plusieurs rĂ©impressions. Une rĂ©Ă©dition est en vue, et son contenu devrait augmenter de 25 % par rapport Ă  l’édition actuelle.

Aujourd’hui, d’autres dictionnaires bilingues anglais / breton, allemand / breton, espagnol / breton
 montrent bien la volontĂ© de la nouvelle gĂ©nĂ©ration de bretonnants d’inscrire la langue dans le paysage linguistique international. Tous ces travaux se font quasiment de façon bĂ©nĂ©vole.

Chose nouvelle pour la langue bretonne, il est paru deux dictionnaires unilingues Ă©ditĂ©s par An Here, le Geriadur brezhoneg (13 000 entrĂ©es) paru en 1995 sous la direction de Jean-Yves Lagadeg et Martial MĂ©nard et le Geriadur Brezhoneg An Here (21 300 entrĂ©es) paru en 2002 sous la direction de Martial MĂ©nard et Iwan Kadoret. Ils visent Ă  extraire des textes littĂ©raires reflĂ©tant ou non un langage populaire, les termes de la langue Ă©crite et orale contemporaine. Ce dictionnaire sera l’objet d’une polĂ©mique : affaire du dictionnaire breton, de la part du journal Le Canard enchaĂźnĂ©. Ils incluent un certain nombre de nĂ©ologismes (parfois empruntĂ©s au gallois mais le plus souvent crĂ©Ă©s Ă  partir des racines du vieux-breton, voir Controverses sur le breton).

De mĂȘme, l'Office de la langue bretonne et des Ă©diteurs (Preder, TES) publient des dictionnaires plurilingues spĂ©cialisĂ©s par domaine : psychanalyse, Ă©conomie[56], etc. Les mots proposĂ©s sont en gĂ©nĂ©ral des nĂ©ologismes dont c’est la premiĂšre apparition sur papier, ou des mots qui ne sont connus que d’une centaine de locuteurs ; lĂ  rĂ©side leur intĂ©rĂȘt : faire dĂ©couvrir des nĂ©ologismes et Ă©tendre le champ lexical du breton Ă  des domaines oĂč il est traditionnellement peu prĂ©sent.

Par ailleurs les éditions Sav-Heol ont publié en 2004 un lexique bilingue de locutions et tournures populaires sous le titre Teurel Blaz war ar Yezh.

En 2001 et 2005 paraĂźtront successivement une "initiation au breton familier et argotique" puis une nouvelle collecte lexicale nommĂ©e TammoĂč Gwaskin "Au cƓur du breton lĂ©gitime" par Jean-Yves Plourin, aux Ă©ditions Armeline, qui fait dĂ©couvrir au lecteur pas moins de 2 000 mots inĂ©dits collectĂ©s au nord-ouest et au sud-est du centre du domaine bretonnant et plus de 6 000 acceptions ainsi que des notes grammaticales et phonologiques inĂ©dites.

  • La collection "Teñzor ar brezhoneg" (TrĂ©sor de la langue bretonne) chez An Alarc'h a Ă©ditĂ© des vocabulaires de domaines lexicographiques jusque-lĂ  dĂ©laissĂ©s, comme un vocabulaire des argots bretons ("argot" au sens strict du terme) (2003), ou celui du breton enfantin et des tout-petits (2005).

Conventions orthographiques

Article dĂ©taillĂ© : Orthographe du breton.

Le breton s’écrit avec l’alphabet latin. Il n’utilise plus la lettre c mais y ajoute les digraphes ch et c’h, des lettres accentuĂ©es ñ, Ăč, Ă©, Ăą, ĂȘ et Ă , ainsi que l’apostrophe. N’ayant jamais bĂ©nĂ©ficiĂ© du statut de langue officielle, le breton n’a pas d’orthographe vraiment officielle, mĂȘme si la quasi totalitĂ© des Ă©crits en breton sont rĂ©digĂ©s en peurunvan aujourd’hui, en faisant l’orthographe officielle de facto.

Autrefois, d’autres lettres Ă©taient utilisĂ©es, comme le digraphe ’f qui dĂ©notait un son intermĂ©diaire entre f et v (ce digraphe est encore employĂ© en Ă©criture universitaire). De mĂȘme, au XIXe siĂšcle fut utilisĂ©e la lettre K barrĂ©e afin d’abrĂ©ger le phonĂšme Ker dans les noms de famille et de nombreux toponymes. L'usage de cette lettre dans les documents officiels fut interdit afin de lutter contre la confusion chez les clercs d’état-civil hors de Bretagne[57].

Valeur des graphĂšmes

La prononciation des lettres varie selon le contexte (notamment celle des consonnes initiales qui subissent de fréquentes mutations dont certaines, mais pas toutes, sont orthographiques).

Le trigramme c’h, notamment, a une prononciation qui varie depuis le simple h aspirĂ© jusqu’au son de la jota espagnole. Il se distingue du digramme ch dont la prononciation est la mĂȘme que le son ch dans le mot français chien. Ces polygrammes ont parfois Ă©tĂ© Ă©crits avec des lettres uniques, comme cela a pu ĂȘtre aussi le cas pour d’autres langues celtiques.

La lettre n est utilisĂ©e pour noter la nasalisation des voyelles par un digramme, de façon toutefois encore plus systĂ©matique qu’en français et en marquant explicitement celle-ci d’un tilde (ñ) dans les orthographes modernes (dans ce cas, seule la voyelle nasale se prononce, mais pas la consonne de base n elle-mĂȘme).

Histoire

Ce n’est qu’à partir du dĂ©but du XVIIe siĂšcle que des linguistes, grammairiens et Ă©crivains ont essayĂ© de normaliser l’écriture du breton. Plusieurs graphies ont Ă©tĂ© successivement mises au point dans ce but, dont trois sont encore utilisĂ©es :

L’orthographe peurunvan est la plus employĂ©e aujourd’hui.

Usages

La graphie zh est utilisĂ©e dans des mots oĂč la prononciation est diffĂ©rente entre vannetais d’une part et KLT d’autre part. La prononciation est [h], [ÉŁ] ou [x] en vannetais, [z] ou [s] sinon. En vĂ©ritĂ©, il a deux interprĂ©tations :

  • en peurunvan, il indique que la lettre Ă©tait « z Â» dans la graphie KLT, et « h Â» dans la graphie vannetaise,
  • en interdialectal, il indique que la lettre provient d’un ancien « th Â» (/Ξ/) sauf quand il provient d'une mutation.

Les deux systĂšmes se suivent, sauf dans quelques mots.

L’apostrophe est utilisĂ©e Ă  trois fins :

  • comme signe diacritique dans le digraphe c’h,
  • pour noter la contraction, par exemple : da ar → d’ar,
  • pour noter l’absence d’un mot dans le registre parlĂ©, par exemple : me a vo → me ’vo.

Le trĂ©ma indique que la voyelle qui prĂ©cĂšde doit ĂȘtre prononcĂ©e sĂ©parĂ©ment et ne fait pas partie d'un digramme (par exemple : eĂŒrus, heureux).

L’accent circonflexe et l’accent grave sont Ă©galement utilisĂ©es pour distinguer des homonymies (par exemple : trĂŽad /troad-t/ (circuit, virĂ©e) de troad /trwad-t/ (pied).

Le tilde se trouve dans la graphie ñ, utilisĂ©e pour indiquer que la voyelle qui prĂ©cĂšde est parfois nasalisĂ©e. Ex. avec "an" et "añ" :

  • sans tilde, "an" se prononce "an-n" : Erwan, /Ă©-rouan-n/
  • avec tilde, "an" se prononce comme en français : amañ, /a-man/

Caractéristiques grammaticales notables

Structure de la phrase

En breton, l'ordre des Ă©lĂ©ments dans une phrase n'est pas seulement grammatical, il est sĂ©mantique : l'Ă©lĂ©ment le plus important d'une phrase est toujours en tĂȘte, quelle que soit sa fonction (sujet, verbe ou complĂ©ment). Cette premiĂšre position a pour effet de le mettre en valeur.

La phrase en français "Je parle breton" pourra ainsi ĂȘtre traduite (le 1er Ă©lĂ©ment de la phrase est entre crochets) :

  • « Komz a ran brezhoneg Â», litt. « [Parler] je fais breton Â» : je sais parler breton ou je parle habituellement breton ;
  • « Komz brezhoneg a ran Â», litt. « [Parler breton] je fais Â» : ce que vous entendez lĂ  c'est du breton ;
  • « Me a gomz brezhoneg Â», litt. « [Je] parle breton Â» : c'est moi ici qui parle breton ;
  • « Emaon o komz brezhoneg Â», litt. « [Je suis] parlant breton Â» : en ce moment particulier je suis en train de parler breton ;
  • « Brezhoneg 'vez komzet ganin Â», litt. « [Du breton] est parlĂ© avec moi Â» : c'est (habituellement) en breton que je parle.

Le verbe conjuguĂ© est toujours en 2e position, sauf quand il est lui-mĂȘme l'Ă©lĂ©ment mis en avant (il passe alors en 1e place). Souvent, les autres Ă©lĂ©ments de la phrase sont rangĂ©s aussi par ordre d'importance dĂ©croissante.

Cette souplesse dans la structure donne Ă  la phrase bretonne une expressivitĂ© difficile Ă  rendre en français. En Bretagne, on entend quelques formulations de phrase en français influencĂ©es par cette structure grammaticale :

  • "Du cafĂ© tu auras ?" (tu veux du cafĂ©)
  • "De l'argent j'ai assez pour payer"

Expression du nombre

Pluriel

Les substantifs forment leur pluriel par l'addition d'une terminaison spécifique. Il y a quelques rÚgles simples pour les déterminer, mais elles souffrent de nombreuses exceptions. Par contre, les adjectifs restent invariables en nombre, quelle que soit leur fonction (épithÚtes ou attributs).

La terminaison la plus courante est en "oĂč" / "ioĂč"

  • yezh → yezhoĂč, langues
  • levr → levrioĂč, livres

Pour les ĂȘtres animĂ©s, le pluriel est souvent en "ed"

  • Kelt → Kelted, Celtes
  • al loened, les animaux

Le pluriel des métiers et activités est en "ien" ou "ion" (simple différence dialectale)

  • kemener → kemenerien, tailleurs
  • soner → sonerien, musiciens

On trouve aussi des pluriels irréguliers

  • ki, chien → ar chas, les chiens
  • karr, voiture, charette → kirri, voitures

Certains mots ont plusieurs pluriels

  • park champ → parkoĂč champs (quelques-uns), parkeier les champs (au sens gĂ©nĂ©ral)

Contrairement Ă  la majoritĂ© des langues europĂ©ennes, le breton n'exprime qu'une fois le nombre dans le Groupe Nominal ainsi que dans le Groupe Verbal. Ainsi, on dira :

  • Avec le nom au pluriel: LevrioĂč = « des livres Â».
  • Mais le nom reste au singulier avec un nombre: Daou levr = « deux livres Â».

Formes duelles et collectives

Le breton connaĂźt le duel, qui n'est pas un pluriel

  • lagad, Ɠil → daoulagad les (deux) yeux d'une personne

Les noms collectifs sont courants. Cette forme sera souvent traduite par un pluriel en français

  • al logod, les souris en gĂ©nĂ©ral
  • krampouezh, les crĂȘpes

Pour parler d'un élément en particulier, on utilisera une désinence en "...enn" appelée "singulatif"

  • logod → logodenn, une souris
  • krampouezh → krampouezhenn, une crĂȘpe

Ces dĂ©sinences peuvent elles-mĂȘmes ĂȘtre portĂ©es au pluriel quand on se situe dans un contexte prĂ©cis

  • logodennoĂč, plusieurs souris (dans un contexte prĂ©cis)

Le breton distingue plus fréquemment que le français le contenu et le contenant

  • ur sac'h, un sac → ur sac'had, le contenu d'un sac
  • ur werenn, un verre (l'ustensile) → ur werennad, un verre (le contenu d'un verre)

Formes verbales

Conjugaison

Quand le sujet est explicite, le verbe est invariable, ne prenant que la marque du temps : Me, te, eñ, ni, c'hwi, int a lĂąr gevier = « Je, tu, il, nous, vous, ils dit des mensonges Â»

Quand le sujet est Ă©lidĂ©, le verbe se conjugue en personne et en nombre : Gevier a lĂąran, a lĂąrez, a lĂąr, a lĂąromp, a lĂąrit, a lĂąrint = « Je dis, tu dis, il dit, nous disons, vous dĂźtes, ils disent des mensonges Â»

Aspect progressif / itératif

Comme en gaĂ©lique ou en anglais, il existe en breton deux formes par temps verbal, qui se distinguent par l’aspect selon que l’action est itĂ©rative ou non. Ainsi au prĂ©sent distingue-t-on la forme itĂ©rative de la forme progressive :

  • Me zo o komz gant ma amezeg. (« Moi, je suis en train de parler avec mon voisin. Â»)
  • Emaon o komz gant ma amezeg/O komz emaon gant ma amezeg. (« Je suis en train de parler avec mon voisin. Â»)
  • Me a gomz gant ma amezeg (bep mintin). (« Moi, je parle avec mon voisin (tous les matins). Â»)

Le verbe ‘’ĂȘtre’’ et le verbe ‘’avoir’’ en revanche prĂ©sentent deux formes distinctes avec ou sans pĂ©riphrase « verbe ĂȘtre + o/Ă© + nom verbal Â» [58]:

  • Skuizh on hiziv. (« Je suis fatiguĂ© aujourd’hui. Â»)
  • Da wener e vezan skuizh. (« Je suis fatiguĂ© le vendredi. Â»)
  • Naon am eus fenoz. (« J’ai faim ce soir. Â»)
  • Naon am bez bemnoz. (« J’ai faim tous les soirs. Â»).
  • Bep mintin e vezan o komz gant ma amezeg. (« Tous les matins je suis en train de parler avec mon voisin. Â»)

Prépositions conjuguées

Comme dans les autres langues celtiques modernes, le breton conjugue les prépositions selon la personne (prépositions fléchies), tout comme les verbes. Souvent les pronoms fusionnent avec la préposition qui les précÚde.

Si l’on regarde rapidement les pronoms, on peut comparer avec les prĂ©positions. Par exemple, le breton conjugue la prĂ©position gant selon le mĂȘme paradigme que celui des verbes, avec l'aide (ou non) du pronom personnel correspondant (forme plus ou moins emphatique), sauf aux 3es personnes du singulier et du pluriel, oĂč le pronom est devenu la dĂ©sinance[59] :

  • ul levr zo ganin(-me) (mot Ă  mot « un livre est avec-moi Â»),
  • ul levr zo ganit(-te),
  • ul levr zo gantañ (anciennement gant-hañ),
  • ul levr zo ganti (anciennement gant-hi),
  • ul levr zo ganeomp(-ni),
  • ul levr zo ganeoc'h(-hu),
  • ul levr zo gante (anciennement gant-he).

le gallois fait exactement de mĂȘme avec la prĂ©position gan[60]:

  • Mae plant gen i (mot Ă  mot « des enfants sont avec-moi Â»),
  • Mae plant gen ti (« Tu as des enfants Â»â€Š),
  • Mae plant ganddo fo (« Il
 Â»),
  • Mae plant ganddi hi (« Elle
 Â»),
  • Mae plant gennym ni,
  • Mae plant gennych chi,
  • Mae plant ganddyn nhw.

On retrouve le mĂȘme phĂ©nomĂšne en irlandais :

  • tĂĄ leabhar agam (« j’ai un livre Â» ; mot Ă  mot « est livre Ă -moi Â»),
  • tĂĄ deoch agat (« tu as une boisson Â»),
  • tĂĄ rĂ­omhaire aige (« il a un ordinateur Â»),
  • tĂĄ pĂĄiste aici (« elle a un enfant Â»),
  • tĂĄ carr againn (« nous avons une voiture Â»),
  • tĂĄ teach agaibh (« vous avez une maison Â»),
  • tĂĄ airgead acu (« ils ont de l’argent Â»).

Mutations consonantiques

Article dĂ©taillĂ© : Mutations du breton.

Comme toutes les langues celtiques modernes, le breton connaĂźt le phĂ©nomĂšne de la mutation consonantique, c’est-Ă -dire la modification de la premiĂšre lettre du mot selon le contexte. C'est un des Ă©lĂ©ments les plus complexes de cette langue (voir l'article dĂ©taillĂ©). Quelques exemples :

  • tad (pĂšre) → ma zad (mon pĂšre),
  • karr (voiture) → ar c’harr (la voiture),
  • kozh (vieux) → Mamm-gozh (Grand-mĂšre).

Quelques mots bretons

Emprunts lexicaux bretons en français

Mots francisés

  • baragouin, baragouiner, « parler de façon inaudible ou peu comprĂ©hensible Â», probablement de bara (pain) et gwin (vin), en rĂ©fĂ©rence, dit l’étymologie populaire, au parler incomprĂ©hensible des Bretons pour les Francophones, qui ne retenaient que ces mots ;
  • bernique ou bernicle, qui designe le coquillage, vient du breton brennig ;
  • bijou, de biz « doigt Â», dont le pluriel, bizou, signifie « anneau Â» ;
  • binioĂč, la cornemuse bretonne, a Ă©tĂ© empruntĂ© tel quel en français ;
  • cotriade, de kaoteriad, contenu d’un chaudron, d’une marmite ;
  • darne, « grosse tranche de poisson Â», de darn, en gallois darn, « morceau, partie Â», mais le mot peut ĂȘtre gaulois[61];
  • goĂ©land du breton gouelañ (« pleurer Â»), en gallois gwylan ;
  • goĂ©mon du breton gouemon, en gallois gwymon ;
  • mine, « aspect Â», de min, « museau, visage Â», Ă  moins que ce mot soit issu d'un terme gaulois semblable;
  • « plouc Â» est un mot qui n’existe pas en breton. Ce terme mĂ©prisant est construit Ă  partir des nombreux noms de lieux de l’ouest de la Bretagne qui commencent par « Plou Â», et dĂ©signe un Breton Ă  partir de la fin du XIXe siĂšcle. Le mot est construit sur la racine plou, du latin plebs, « la plĂšbe Â» ; elle dĂ©signe Ă©tymologiquement une paroisse primitive. Aujourd'hui, le mot sert Ă  dĂ©signer les campagnards en gĂ©nĂ©ral ou toute personne considĂ©rĂ©e comme particuliĂšrement ringarde [62];
  • sonneur, de soner, joueur de biniou ou de bombarde : le mot est d’abord passĂ© du français au breton avec le sens de joueur d’instrument de musique, puis est tombĂ© en dĂ©suĂ©tude en français ; il est restĂ© vivace en breton et revient en français suite Ă  la popularitĂ© de la musique bretonne ; on parle Ă©galement en français de penn sonneur pour le premier sonneur d’une marche (de penn tĂȘte), sur le mĂȘme mode que le penn danseur d’une danse traditionnelle bretonne ;
  • la forme dolmen introduite par ThĂ©ophile Malo Corret de la Tour d'Auvergne au XVIIIe siĂšcle est fautive, mais les formes taol-vaen et maen-hir menhir existent bien en breton, en toponymie par exemple, et ceci bien avant La Tour d’Auvergne.
  • une tromĂ©nie, dĂ©rivĂ©e de tro (tour) et minihi (qui dĂ©signe un lieu oĂč habite un moine, au Haut-Moyen Âge).
  • le minihi qui est un sanctuaire monastique au Moyen Âge, et qui a aussi donnĂ© des noms propres.
  • Le cas de pote : du breton paotr (garçon) lui-mĂȘme issu du sanskrit à€Șà„à€€à„à€° (putra) (fils)[63][prĂ©cision nĂ©cessaire] est discutĂ©. Il provient plus sĂ»rement du français (voir plus bas la partie « Les mots qui ne viennent pas du breton Â»).

Il est Ă©galement Ă  noter que de nombreux prĂ©noms en breton sont passĂ©s dans l’usage sous une forme francisĂ©e dans la plupart des pays francophones. Quelques exemples non-exhaustifs : LoĂŻc (de Laouig l'hypocoristique de GwilhoĂč = Guillaume)[64], Yannick (Yannig, l’hypocoristique de Yann), Pierrick (PĂȘrig, hypocoristique de Pierre), Tanguy (de Tangi), , Ronan, HervĂ©, GwĂ©naĂ«l(le) (de Gwenael, Gwenhael), Gildas (Gweltaz, Jildaz en breton), Gwenola, Annick (de Annaig, petite Anne), Arthur, Corentin, Soizick (de Frañsoazig, dont la forme hypocoristique est Soazig, petite Françoise), Judikael, Morgane (de Morgan), Nolwenn, Rozenn (Rose en breton), Tristan
 Mais Yoann n’est pas d’origine bretonne.

Mots conservés dans leur forme initiale

  • Aber, dĂ©laissĂ© pour le galicien ria, ce mot reste d’usage local ; il reste dans la toponymie : l'Aber-Wrac'h (Bretagne), Aberdeen (Écosse), Aberystwyth (Pays de Galles)
  • Ankou, personnification de la mort ; Ă  rapprocher de angau, "la mort" en gallois
  • bagad, troupe ou meute, est passĂ© en français pour dĂ©signer un ensemble musical de binious, de bombardes et de percussions, proche du « pipe band Â» Ă©cossais ; Ă  noter qu’en français, on peut trouver ce mot au pluriel dans la forme correcte du breton, bagadoĂč ;
  • chouchen ou chouchenn, nom local de l’hydromel. Autre nom : chufere (pron. /chufĂ©rĂ©/), mĂ©lange de chouchenn et de cidre, ou chupites ;
  • fest-noz, littĂ©ralement "fĂȘte de nuit" ;
  • kabig, veste Ă  capuchon en laine impermĂ©able ; nĂ©ologisme provenant du breton kab (cape) ;
  • korrigan, sur la racine korr, nain, est une sorte de lutin ;
  • corgi, mot gallois, en breton korrgi, chien nain, est une race de chien prisĂ©e dans une cour royale d’outre-Manche ;
  • kouign-amann, gĂąteau fait Ă  base d’une pĂąte feuilletĂ©e, de beurre et de sucre ;
  • kig-ha-farz, pot-au-feu d’origine lĂ©onarde, littĂ©ralement viande-et-far ;
  • Morbihan du breton mor bihan, petite mer, qui dĂ©signe initialement diffĂ©rentes mers intĂ©rieures de la cĂŽte sud, notamment le golfe du Morbihan ;
  • petra, « quoi Â», attestĂ© dans les anciens dictionnaires est un sobriquet dont on affuble les Bas-Bretons ;
  • pillig (ar billig), large plateau mĂ©tallique circulaire sur lequel on fait cuire les crĂȘpes et les galettes.
  • kenavo parfois utilisĂ© sur le mĂȘme mode que le ciao italien. Il signifie « au revoir Â» et ne doit ĂȘtre employĂ© qu'en se quittant.
  • pennti qui dĂ©signe une petite maison en Bretagne.

À noter que le français parlĂ© en Basse-Bretagne emprunte au moins des centaines de mots au breton[65] : fubu pour moucherons, patates krign pour pommes de terre sautĂ©es, tristik pour morose, le ribin pour le petit chemin, bruzun pour miettes, a-dreuz pour de travers, le chupenn pour la veste, des louzoĂč pour des remĂšdes, des mĂ©dicaments, en riboul pour « en goguette Â», etc.

Les mots qui ne viennent pas du breton

  • balai, de balan, « genĂȘt Â» ; proviendrait en fait du gaulois[66], la forme balan Ă©tant d’ailleurs une forme moderne par mĂ©tathĂšse de banal
  • cromlech signifie en gallois « pierre courbe Â» ou « cercle de pierres Â» (mĂȘme sens en français) ;
  • l’expression « que dalle Â» (« rien Â»), d’origine obscure, est parfois rapprochĂ©e du mot breton dall (« aveugle Â») dans l’expression « n’y voir que dalle Â» ; Florian Vernet[67] y voit une origine occitane, la locution « que d’ala Â» Ă©tant attestĂ©e en argot marseillais depuis 1881 et signifiant, littĂ©ralement, « que de l’aile Â», c’est-Ă -dire pas grand chose Ă  manger. De mĂȘme, dail est attestĂ© dans l’argot parisien depuis le dĂ©but du XIXe siĂšcle au moins.
  • boĂ«tte ou bouette, terme de pĂȘche pour « appĂąt Â» et proche du breton bouet (nourriture), mouette et varech sont issus du normand, l'un d'origine anglo-saxonne ou noroise, l'autre d'origine noroise.
  • pingouin a une sonoritĂ© qu’on serait tentĂ© de rapprocher de penn (tĂȘte) et gwenn (blanc), mais c’est une erreur (les pingouins ont la tĂȘte noire) ; ce mot viendrait du nĂ©erlandais, lui-mĂȘme d’origine inconnue[68] ; cependant cette Ă©tymologie est discutĂ©e et l'existence du mot serait attestĂ©e dans d'autres langues britanniques Ă  la mĂȘme Ă©poque[69]
  • pote : une Ă©tymologie fait venir ce mot de paotr, « garçon Â», volontiers employĂ© amicalement en breton ; il provient plus sĂ»rement de l’abrĂ©viation de « poteau Â», « ami sur lequel on peut s’appuyer Â», usage attestĂ© dĂšs le Moyen Âge[70]
  • kermesse : on pourrait attribuer Ă  tort ce mot Ă  la langue bretonne par analogie avec les nombreux noms toponymiques qu’on trouve principalement dans l’ouest de la Bretagne. En effet, Ker (lieu habitĂ©) est un mot que l’on retrouve dans beaucoup de noms de lieux, suivi d’un nom ou d’une caractĂ©ristique : Keranna, Kervaria (Maria), Kerhuon (Huon), Kersaoz (la maison de l’Anglais, francisĂ© en Kersauce), Kervilin (milin c’est-Ă -dire moulin). Kermesse est en rĂ©alitĂ© un mot d’origine nĂ©erlandaise, kerkmisse c’est-Ă -dire « messe d’église, fĂȘte patronale Â».
  • Les prĂ©noms Yves et Yvon (ancien cas rĂ©gime) passent souvent Ă  tort, semble-t-il, pour des prĂ©noms bretons, or le prĂ©nom Yves fait d'abord rĂ©fĂ©rence Ă  un Ă©vĂȘque de Chartres du XIe siĂšcle : Yves de Chartres, antĂ©rieur de deux siĂšcles Ă  Yves HĂ©lory de Kermartin, dont la popularitĂ© explique la frĂ©quence du prĂ©nom en Bretagne de nos jours. Saint Yves de Chartres Ă©tait originaire de Beauvais en Picardie et son nom est considĂ©rĂ© comme Ă©tant d'origine germanique Ivo. En outre, le patronyme Yvon Ă©tait surtout frĂ©quent dans le dĂ©partement de la Sarthe avant la Grande Guerre, quant au patronyme Yves, il n'Ă©tait bien reprĂ©sentĂ© en Bretagne que dans le dĂ©partement d'Ille-et-Vilaine[71]. En toponymie, il est essentiellement attestĂ© en Normandie : Yvetot, Yvetot-Bocage, Yvecrique, Boisyvon, La Chapelle-Yvon, etc. Ce prĂ©nom est en rĂ©alitĂ© rendu par les prĂ©noms bretons Erwan, Youenn ou Eozen pour des raisons mal Ă©claicies. "Yves" a aussi Ă©tĂ© adaptĂ© au breton sous sa forme diminutive Ifig (petit Yves).

Exemples

Voir aussi Nombres dans le monde.

Mot Traduction Prononciation standard
terre douar ['duːar]
ciel oabl ['oaːpl]
eau dour ['duːr]
feu tan ['tãːn]
homme den [ˈdáșœËn]
femme maouez ['mɔwəs]
manger debriñ ['debrĩ]
boire evañ ['eːvã]
grand bras [braːs]
petit bihan ['biːãn]
nuit noz ['noːs]
jour deiz ['de]

Notes et références

  1. ↑ a et b (fr) Le breton : les chiffres clĂ©s. Sur le site www.ofis-bzh.org. ConsultĂ© le 12 avril 2010.
  2. ↑ Diagnostic de la langue bretonne en Île-de-France. Sur le site www.ofis-bzh.org.
  3. ↑ Site du Conseil rĂ©gional de Bretagne.
  4. ↑ http://www.ofis-bzh.org/fr/langue_bretonne/chiffres_cles/index.php
  5. ↑ D'aprĂšs l'INSEE : Isabelle Le BoĂ«ttĂ©, « Langue bretonne et autres langues : pratique et transmission Â», dans Octant, no 92, janvier 2003, p. 2 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 4 octobre 2009)] 
  6. ↑ a et b UNESCO Atlas des langues en danger du monde, 2009.
  7. ↑ Étude Euromosaic de la Commission europĂ©enne
  8. ↑ a, b, c, d, e et f (fr)La langue bretonne, origine. sur le site genealogie22.org, consultĂ© le 12 avril 2010.
  9. ↑ Étude Euromosaic de la Commission europĂ©enne.
  10. ↑ dans le dialecte du goĂ«lo, gĂ©nĂ©ralement rattachĂ© au trĂ©gorrois, l'accent tonique est gĂ©nĂ©ralement placĂ© sur le radical
  11. ↑ Voir la PrĂ©face de LĂ©on Fleuriot dans Chants traditionnels du vannetais de Jean-Louis Larboulette (1879-1951), Collecte de 1902/1905, avec prĂ©face, Dastum bro Ereg, 2005, tirĂ© de L’Importance du dialecte de Vannes pour l’étude diachronique et comparative du breton armoricain oĂč il conclut par « l’importance romane trĂšs intense sur ce dialecte Â» et la « survivance dans ce dialecte de traits du breton ancien Â».
  12. ↑ Le français qui accentue la derniùre syllabe fait exception parmi les langues romanes.
  13. ↑ a et b Un seul passage rĂ©digĂ© en vieux breton a Ă©tĂ© relevĂ© parmi les textes anciens, dans un acte du Cartulaire de Redon, les contractants fixent les clauses du contrat en latin mais dĂ©taillent les limites du bien-fonds en breton http://www.chd.univ-rennes1.fr/Chercheurs/SoleilS/Villers-Cotter%C3%AAts.pdf (Archive, Wikiwix, que faire ?)
  14. ↑ a et b Histoire de la langue bretonne,
  15. ↑ a, b et c Prigent Christiane, Pouvoir ducal, religion et production artistique en Basse-Bretagne de 1350 Ă  1575, p. 63
  16. ↑ Jacques Leclerc, Histoire du français, chapitre la RĂ©volution française et la langue nationale, derniĂšre modification le 7 octobre 2008, consultĂ© le 2 avril 2009
  17. ↑ DĂ©claration du ComitĂ© de salut public «Dans une RĂ©publique une et indivisible, la langue doit ĂȘtre une. C’est un fĂ©dĂ©ralisme que la variĂ©tĂ© des dialectes [
 ], il faut le briser entiĂšrement.» histoire du français, chapitre 8
  18. ↑ a et b Histoire du français. : « DĂ©sormais, la langue devint une affaire d'État : il fallait doter d'une langue nationale la « RĂ©publique unie et indivisible Â» et Ă©lever le niveau des masses par l'instruction ainsi que par la diffusion du français. Â»
  19. ↑ "tlfq.ulaval.ca" : Discours de BarĂšre devant le ComitĂ© de Salut public (17 janvier 1794)
  20. ↑ (fr)La politique de Babel: du monolinguisme d'État au plurilinguisme des peuples, par Denis Lacorne,Tony Judt. sur le site de Google, consultĂ© le 12 avril 2010.
  21. ↑ Cf. Per-Jakez Helias, Le Cheval d'orgueil
  22. ↑ Cottour, Nouy, "L'alphabĂ©tisation en Bretagne - Des dĂ©buts difficiles" ArMen n°72, 1995, p. 23
  23. ↑ Confirmation de l'absence d'une telle affiche par M. Michel Sohier, prĂ©sident de l'association gĂ©rant le musĂ©e, le 20 mai 2008. Selon M. Sohier, seule une carte postale est Ă©ditĂ©e Ă  partir d'une photocopie trouvĂ©e dans un magasin. Il n'y a donc Ă  se jour aucune preuve qu'une telle affiche ait existĂ©.
  24. ↑ Message de confirmation adressĂ© par les responsables du MusĂ©e de l'Ecole Rurale de TrĂ©garvan au webmestre du site L'IdĂ©e Bretonne qui prĂ©sentait cette affiche: Vous prĂ©sentez sur votre site un document - « Aux Ă©lĂšves des Ă©coles Â» - sur lequel figure en 1°) l'interdiction « de parler breton et de cracher Ă  terre Â». Le musĂ©e de TrĂ©garvan ne conserve pas ce document qui, Ă  notre connaissance, n'a jamais existĂ© autrement qu'avec la seule mention de : 1°) « de cracher Ă  terre Â». Aussi voulez-vous faire le nĂ©cessaire afin de supprimer cette erreur, qui n'enlĂšve rien au poids de la rĂ©pression de l'usage de la langue bretonne Ă  l'Ă©cole comme en ont avĂ©rĂ© les faits. L'emploi du conditionnel (« serait conservĂ©e Â»), la teneur du prĂ©sent message et l'infirmation liĂ©e vous permettront aisĂ©ment de rĂ©tablir la justesse du propos dans les meilleurs dĂ©lais.
  25. ↑ Quelques instructions concernant l’enseignement
  26. ↑ Fañch Broudig, La Pratique du breton de l’Ancien RĂ©gime Ă  nos jours Â», chapitre 17.
  27. ↑ Fañch Broudig, La pratique du breton de l’ancien rĂ©gime Ă  nos jours, p. 442.
  28. ↑ « Peut-on disculper l’Etat d’avoir voulu procĂ©der Ă  l’élimination de la langue bretonne ? L’accusation est nĂ©e au XXe siĂšcle, et se dĂ©veloppe depuis au rythme du mouvement breton. [...] [Cependant], c’est le choix qui a Ă©tĂ© fait massivement en Basse-Bretagne Ă  partir de la derniĂšre guerre. Peu importait gĂ©nĂ©ralement l’avenir de la langue bretonne elle-mĂȘme. AndrĂ© BurguiĂšre en a Ă©tĂ© frappĂ© : « La disparition du breton ne prend Ă  PlozĂ©vet aucun tour dramatique. Pas de regret chez les “ blancs ”, pas de mĂ©pris chez les “ rouges ”. Pas de culture humiliĂ©e Â» [
] L’essentiel Ă©tait de pouvoir accĂ©der Ă  d’autres connaissances, Ă  d’autres Ă©changes, Ă  d’autres potentialitĂ©s? Â» Fanch Broudig, La pratique du breton de l’ancien rĂ©gime Ă  nos jours, p. 442-443.
  29. ↑ Limore Yagil, "L'homme nouveau" et la rĂ©volution nationale de Vichy (1940-1944), p. 123
  30. ↑ a et b Fañch Broudig, La Pratique du breton de l’Ancien RĂ©gime Ă  nos jours
  31. ↑ Prigent Christiane, Pouvoir ducal, religion et production artistique en Basse-Bretagne de 1350 à 1575, pp.61-62
  32. ↑ a et b Histoire de la langue breton, HervĂ© Abalain
  33. ↑ Francis Gourvil, Langue et littĂ©rature bretonnes, collection "Que sais-je ?", ed. P.U.F., 1952, p. 105
  34. ↑ En 2007, 13% des habitants de Basse Bretagne et 1% de ceux de Haute Bretagne affirment parler « trĂšs bien Â» ou « assez bien Â» le breton. Par ailleurs, 22 % des habitants de Basse Bretagne et 2 % de ceux de Haute Bretagne affirment comprendre le breton (12 % trĂšs bien, et 10 % assez bien). Parler breton au XXIe siĂšcle : les chiffres-clĂ©s, Fañch Broudic, TMO RĂ©gion, 2009. Voir un rĂ©sumĂ© en ligne.
  35. ↑ Fanch Broudic, « Quelques Ă©tudes sur l'usage du breton Â» sur langue-bretonne.com. ConsultĂ© le 11 octobre 2009. « Les enquĂȘtes et estimations rĂ©alisĂ©es aprĂšs la LibĂ©ration font Ă©tat d'un nombre toujours Ă©levĂ© de locuteurs : selon F. Gourvil en 1952, le total des personnes Ă  mĂȘme de s'exprimer en breton s'Ă©lĂšve Ă  1 100 000. Mais le contexte sociolinguistique n'est plus le mĂȘme. La quasi-totalitĂ© des bretonnants est dĂ©sormais en mesure de s'exprimer aussi en français : Gourvil n'estime plus qu'Ă  100 000 le nombre de monolingues ignorant le français (soit 6 % de la population totale de la Basse-Bretagne). Les bretonnants, depuis, sont tous bilingues. Â»
  36. ↑ Les monolingues Ă©taient des personnes nĂ©es avant la PremiĂšre Guerre mondiale. Voir Francis Favereau, « Quatre gĂ©nĂ©rations de bretonnants Â», dans La Bretagne Linguistique, no 7, 1991, p. 31-52 
  37. ↑ Fañch Broudic, Qui parle le breton aujourd’hui ?, Brud Nevez, 1999, p. 30
  38. ↑ Fañch Broudic, Parler breton au XXIe siĂšcle, Emgleo Breiz, 2009, Brud Nevez n°274, 2009, p. 39 (d'aprĂšs sondage TMO 2007)
  39. ↑ PrĂ©sentation au Conseil RĂ©gional de Bretagne du 10 mars 2009, Agence Bretagne Presse
  40. ↑ Le TĂ©lĂ©gramme du 8 septembre 2009, sur la crĂ©ation d'une classe bilingue publique ) PloĂ«zal : « Nous portons le projet depuis trois ans. Il Ă©tait validĂ© par l'inspection acadĂ©mique et sur le point d'aboutir, mais le conseil municipal l'a fait capoter Â», expliquent en substance des parents d'Ă©lĂšves ou de futurs Ă©lĂšves, rĂ©unis dans l'association Komzou.
  41. ↑ Ouest-France, 12 septembre 2009 : Ă  49 enfants bilingues dans l'Ă©cole publique de Bruz, l'inspection acadĂ©mique refuse l'ouverture d'une nouvelle classe.
  42. ↑ A2, « l'Ă©cole Diwan Â», L'Ouest en MĂ©moire (INA), 30 Juin 1982. ConsultĂ© le 24 Juin 2011
  43. ↑ Langues. Le chinois dans le haut du tableau, Le TĂ©lĂ©gramme.com
  44. ↑ (fr)[PDF]Situation de l'enseignement bilingue en Bretagne en 2008. DonnĂ©es de la rentrĂ©e scolaire 2008. Statistiques de l'annĂ©e scolaire 2007/2008., consultĂ© le 12 avril 2010.
  45. ↑ Diwan. Le cap des 3.000 Ă©lĂšves est franchi
  46. ↑ (fr)(br)Association des parents d'Ă©lĂšves pour l'enseignement du breton dans les Ă©coles publiques. sur le site de div-yezh.org, consultĂ© le 12 avril 2010.
  47. ↑ Article sur la spilhennig sur le site "Ofis ar Brezhoneg"
  48. ↑ FR3, « Le Breton une langue d'hier et d'aujourd'hui . Â», L'Ouest en mĂ©moire (INA), 27 Octobre 1985. ConsultĂ© le 24 Juin 2011
  49. ↑ Arnold Von Harff (Voyageur ayant recueilli un vocabulaire breton auprùs de Nantais.)
  50. ↑ François-Nicolas Baudot Dubuisson-Aubenay, ItinĂ©raire de Bretagne en 1636, d'aprĂšs le manuscrit original, avec notes et Ă©claircissements par LĂ©on MaĂźtre et Paul de Berthou, tome 1 ; Nantes, SociĂ©tĂ© des Bibliophiles Bretons, 1898, p. 65 : « En la ville on parle moitiĂ© breton ; mais tout le monde scait françois Â». disponible sur Gallica
  51. ↑ Patrick Le Besco, Le breton de Belle-Île-en-Mer
  52. ↑ PrĂ©sentation du sondage TMO 2009 au Conseil RĂ©gional de Bretagne, 10 mars 2009, Agence Bretagne Presse. Malheureusement Fañch Broudic ne prĂ©cise pas dans sa prĂ©sentation le nombre de personnes ayant fait cette rĂ©ponse.
  53. ↑ On trouve la mĂȘme tentative d’éradication en Morbihan, quand en 1902 l’inspecteur d’acadĂ©mie Dantzer demande « Que l’Église n’accorde la premiĂšre communion qu’aux seuls enfants parlant français. Â»
  54. ↑ Le pape a dit : « Iwan Nikolazig, n'ho pet ket eun. Me zo Anna, mamm Mari. An AotroĂč Doue e fall dehoñ, ma vein-me inouret amañ Â» (Yves Nicolazic, n'ayez pas peur. Je suis Anne, la mĂšre de Marie. Dieu veut que je sois honorĂ©e ici). Voir la vie de Yves Nicolazic, fondateur du lieu de pĂšlerinage de Sainte-Anne-d'Auray.
  55. ↑ Interview de Mgr GourvĂšs par la revue Kephas dĂ©but 2004
  56. ↑ Par exemple : PĂȘr Drezen, GeriaouEGI (sous-titrĂ© "petit dictionnaire breton d'Ă©conomie, de gĂ©ographie et d'histoire"), Ă©dit° TES, 2007
  57. ↑ Le site internet An Drouizig, sur sa page Typographie bretonne, indique que cette interdiction fut prise par le Conseil d'État en 1895, en donnant comme rĂ©fĂ©rence Yann Riou, Le K barrĂ© d'hier Ă  aujourd'hui, 1992.
  58. ↑ Pour un panorama complet des formes et emplois du verbe « ĂȘtre Â»: Cf. J. Y. PLOURIN, « La phrase bretonne comprenant le verbe ETRE au prĂ©sent de l'indicatif. Conflit de topicalisation Â», in La Bretagne Linguistique n°11, CRBC, Brest, 1998, (ISBN 978-2-901737-32-2)
  59. ↑ Cf. F. Favereau, Grammaire du breton contemporain, Skol Vreizh, Morlaix, 1997, §247 pp.107-108, (ISBN 978-2-911447-12-9)
  60. ↑ Cf. T. J. Rhys Jones, Le Gallois, trad. par J.-Y. PLOURIN, Armeline, Crozon, 2000, (ISBN 978-2-910878-09-2)
  61. ↑ Pierre-Yves Lambert, La langue gauloise, Ă©ditions errance 1994. p. 194.
  62. ↑ Voir « plouc Â» sur le TrĂ©sor de la langue française informatisĂ©.
  63. ↑ Georges Kersaudy Langues sans frontiĂšres. À la dĂ©couverte des langues de l'Europe p. 143
  64. ↑ Le Menn (Gwennole), Grand choix de prĂ©noms bretons, Coop Breizh.
  65. ↑ « Du cafĂ© vous aurez ? Petits mots du français de Basse-Bretagne. Â» et « Nouvel Atlas linguistique de la Basse-Bretagne. Â» de Jean Le DĂ», respectivement Editions Armeline, 2002, et Centre de Recherche Bretonne et Celtique, UniversitĂ© de Bretagne Occidentale, 2006.
  66. ↑ Claude Capelle, Études et recherches gallĂšses 2 : le gallo et les langues celtiques, 1988
  67. ↑ Florian Vernet, Que dalle ! Quand l’argot parle occitan, IEO edicions, 2007
  68. ↑ Voir « pingouin Â» sur le TrĂ©sor de la langue française informatisĂ©
  69. ↑ Manchot, < www.manchots.com, Pingouin
  70. ↑ Voir « poteau Â» sur le TrĂ©sor de la langue française informatisĂ©.
  71. ↑ FrĂ©quence du nom de famille Yves par dĂ©partements

Voir aussi

Liens internes

Bibliographie

MĂ©thodes d’apprentissage du breton

  • Mona Bouzec-Cassagnou, Dominik Bosse, Selaou, selaou, Éditions Staj Brezhoneg Koad-Pin.
  • Nikolaz Davalan, Brezhoneg, mĂ©thode oulpan, Éditions Skol an Emsav (ISBN 978-2-903365-14-1).
  • Meriadeg Herrieu, Le Breton parlĂ© vannetais, Éditions Bleun-Brug Bro-Gwened.
  • Mark Kerrain, Ni a gomz brezhoneg, Éditions TES, 1997; rĂ©Ă©dition 2010.
  • Divi Kervella, Le Breton sans peine, Éditions Assimil, 2005.
  • Divi Kervella, Le Breton de poche, Éditions Assimil.
  • Fanch Morvannou, Le Breton sans peine, T. 1 et 2, Éditions Assimil, 1979.
  • Fanch Morvannou, Initiation au breton sans peine, Éditions Assimil.
  • Collectif, E brezhoneg pa gari (« en breton quand tu voudras Â»), Ă©d. Stumdi. PremiĂšre mĂ©thode sur DVD (avec enregistrements vidĂ©o), 1er prix du Festival du Film et de la TĂ©lĂ©vision Celtiques, catĂ©gorie MultimĂ©dia, en 2001.

Dictionnaires

  • Albert Deshayes, Dictionnaire Ă©tymologique du breton, Éditions le Chasse-MarĂ©e.
  • Francis Favereau, Dictionnaire du breton contemporain, Éditions Skol Vreizh.
  • Jules Gros, Dictionnaire breton-français des expressions figurĂ©es, Éditions Emgleo Breiz/Brud Nevez.
  • Jules Gros, Le TrĂ©sor du breton parlĂ© : dictionnaire français-breton des expressions figurĂ©es, Éditions Emgleo Breiz/Brud Nevez.
  • Roparz Hemon, Geriadur istorel ar brezhoneg, Éditions Preder.
  • Collectif, Dictionnaire français-breton et breton-français, Éditions Garnier.
  • Collectif, Geriadur brezhoneg, Éditions An Here.
  • Émile Ernault, Dictionnaire breton-français du dialecte de Vannes, Éditions Emgleo Breiz/Brud Nevez.
  • G.L. Guilloux Grand dictionnaire français-breton du dialecte de Vannes, Éditions Hor Yezh (3 volumes).
  • Martial Menard, Petit dictionnaire des plus belles injures bretonnes, An Here, 2002.

Histoire de la langue

  • (en) Kenneth Jackson, A Historical Phonology of Breton, Dublin, The Dublin Institute for Advanced Studies, 1967, 904 p.
  • Fañch Broudic, Histoire de la langue bretonne, Éditions Ouest-France, 1999, 64 p. Suivre le lien pour une prĂ©sentation dĂ©taillĂ©e.
  • HervĂ© Abalain, Histoire de la langue bretonne, Éditions Gisserot, 2000.
  • Claude An Du, Histoire d’un interdit, le breton Ă  l’école, Éditions Hor Yezh, Lannuon, 2000.
  • (br) et (fr) Brezhoneg : un siĂšcle de breton, documentaire en cinq parties de Pierrick Guinard diffusĂ© sur France 3 et disponible en DVD.
  • Serge PlĂ©nier, La langue bretonne des origines Ă  nos jours, Éditions Ouest-France, 2010 (ISBN 978-2-7373-4701-6).

Étude sociologique de la langue

  • Qui parle breton aujourd'hui ? Qui le parlera demain ?, Fañch Broudic, Ă©d. Brud Nevez, Brest, 1999, 153 p. Étude rĂ©alisĂ©e Ă  partir du sondage effectuĂ© en 1997 par l'Institut TMO-RĂ©gions, (ISBN 978-2-86775-185-1). Suivre le lien pour le sommaire.
    • Une premiĂšre Ă©tude de l’ensemble du sondage a Ă©tĂ© publiĂ©e en breton dans la revue Brud Nevez : Ar brezoneg hag ar vrezonegerien e 1997. Eun enklask bet kaset da benn gand « TMO-RĂ©gions Â». – BRUD NEVEZ, no 207, genver 1998, p. 5-59.
  • La pratique du breton de l’Ancien RĂ©gime Ă  nos jours, thĂšse de Fañch Broudic, extraits Ă  cette adresse.
  • Francis Favereau, Babel et Baragouin – Le breton dans la mondialisation, Skol Vreizh, Morlaix, 2006 (ISBN 978-2-915623-24-6).

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  • Breton — Saltar a navegaciĂłn, bĂșsqueda El tĂ©rmino Breton puede hacer referencia a: Gentilicio de Bretaña; Idioma bretĂłn, idioma que se habla esencialmente en el oeste de Bretaña (en una zona denominada Baja Bretaña); Literatura en bretĂłn es la… 
   Wikipedia Español

  • BretĂłn — Saltar a navegaciĂłn, bĂșsqueda BretĂłn puede referirse a: El idioma bretĂłn. El pueblo bretĂłn Natural de, perteneciente o relativo a Bretaña. Uno de los nombres por los que es conocida la uva Cabernet Franc. Obtenido de Bret%C3%B3n CategorĂ­a:… 
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  • BRETÓN (T.) — BRETÓN TOMÁS (1850 1923) Chef d’orchestre, compositeur et pĂ©dagogue espagnol, surtout cĂ©lĂšbre pour ses zarzuelas (1875 1896). NĂ© Ă  Salamanque, BretĂłn s’établit Ă  Madrid en 1865 et Ă©tudia la composition dans la classe de J. Emilio Arrieta y… 
   EncyclopĂ©die Universelle

  • Breton — TrĂšs frĂ©quent en France, le nom dĂ©signe celui qui est originaire de Bretagne. C est dans le Centre Ouest qu il est le plus rĂ©pandu, mais aussi dans le dĂ©partement du FinistĂšre, ce qui ne manque pas d Ă©tonner : quel sens donner en effet au surnom… 
   Noms de famille

  • Breton — Bret on, a. [F. breton.] Of or relating to Brittany, or Bretagne, in France. n. A native or inhabitant of Brittany, or Bretagne, in France; also, the ancient language of Brittany; Armorican. [1913 Webster] 
   The Collaborative International Dictionary of English

  • Breton — Breton, Kap, brit. Insel, s. Kap Breton 
   Kleines Konversations-Lexikon

  • Breton — (izg. bretȏn), AndrĂ© (1896 1966) DEFINICIJA francuski pjesnik (Pjesme), pripovjedač (Nadja, Spojene posude) i kritičar, glavni začetnik i teoretičar nadrealističkog pokreta (tri manifesta nadrealizma: 1924, 1930, 1941) 
   Hrvatski jezični portal


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