3e Panzerdivision SS Totenkopf

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3e Panzerdivision SS Totenkopf
3e Panzerdivision SS Totenkopf
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P√©riode 1934 ‚Äď Mai 1945
Pays Flag of the NSDAP (1920‚Äď1945).svg Allemagne
Branche Schutzstaffel SS SVG1.1.svg Waffen-SS
Ancienne dénomination SS-Totenkopf-Division
SS-Panzergrenadier-Division Totenkopf
Guerres Seconde Guerre mondiale
Batailles Bataille de France
Siège de Leningrad
Poche de Demjansk
Koursk
Commandant Theodor Eicke
Matthias Kleinheisterkamp
Georg Keppler
Hermann Priess
Heinz Lammerding
Max Simon
Hellmuth Becker

La 3e Panzerdivision SS Totenkopf était l’une des 38 divisions de Waffen-SS durant la Seconde Guerre mondiale.

Sommaire

Historique

La division Totenkopf avait pour origine les unit√©s de garde des camps de concentrations, les SS-Totenkopfverb√§nde (¬ę unit√©s SS √† t√™te de mort ¬Ľ). Celles-ci √©taient dirig√©es par Theodor Eicke √† partir du 4 juillet 1934, lors de sa nomination comme inspecteur des camps de concentration.

Ces unit√©s √©taient organis√©es en r√©giments bas√©s dans diff√©rents camps :

Article d√©taill√© : Liste des camps de concentration nazis.

C'est sous le commandement de Eicke que d√©bute la transformation des SS-TV (il ne faut pas confondre les SS-VT pour Verf√ľgungstruppe, destin√©s d√®s l'origine √† faire des Waffen-SS, avec les SS-TV pour Totenkopfverb√§nde, initialement uniquement destin√©s √† la garde des camps de concentration) en vue d'en faire des unit√©s aptes √† combattre sur le front. D√®s sa prise de fonction, Eicke mobilise tous ses contacts au sein de la SS pour assurer un bon √©quipement √† sa division, notamment en termes d'armes antichars, pour la motoriser et la doter d'un groupe de reconnaissance[1].

√Ä partir de ce moment, Eicke entame une nouvelle carri√®re et n'a plus de responsabilit√©s dans l'organisation des camps de concentration. L'homme change de fonction, mais ses convictions restent les m√™mes. Anti catholique convaincu, il arrive, en 1940, √† ¬ę convaincre ¬Ľ une compagnie enti√®re de sa division de renoncer √† la religion chr√©tienne, en le faisant acter par un tribunal administratif[2]. Tout au long de sa p√©riode de commandement, il veille scrupuleusement au respect des drastiques crit√®res de recrutement de la Waffen-SS, n'h√©sitant pas √† renvoyer des candidats pourtant accept√©s mais qu'il juge personnellement non conformes aux normes physiques, raciales ou morales de la SS[3] et rechigne √† voir ses officiers quitter la division Totenkopf pour renforcer d'autres unit√©s[4].

Rejoignant la Leibstandarte Adolf Hitler (¬ę r√©giment de garde d'Adolf Hitler ¬Ľ) et la SS-Verf√ľgunsgstruppe (litt√©ralement ¬ę troupe SS √† disposition ¬Ľ), les unit√©s Totenkopf constituent l'un des trois piliers de la future Waffen SS.

Apr√®s la r√©organisation de la d√©nomination et de la num√©rotation des divisions SS en 1943, elle re√ßoit la d√©nomination officielle de 3e panzerdivision SS Totenkopf, aux c√īt√©s, entre autres, de la 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler et de la 2e panzerdivision SS Das Reich, issue de la Verf√ľgunsgstruppe.

Le 16 octobre 1939, Adolf Hitler autorise le regroupement des régiments Totenkopf pour former une division Waffen-SS. Cette division est intégrée à la 2e Armée pendant les opérations de la campagne de France en mai 1940.

Comme en Pologne, pendant la campagne de France, Eicke et sa division se distinguent par leur brutalité sans bornes et leurs crimes de guerre.

Pour le d√©clenchement de l'invasion de l'Union sovi√©tique, Eicke insiste pour que sa division soit dot√©e de camions militaires con√ßus pour le transport de troupes √† la place des divers v√©hicules qu'elle a re√ßus ; ¬ę Abstraction faite que nous avons l'air de romanichels et qu'une telle apparence ne sied pas √† la SS, on ne peut conduire aucune guerre √† l'Est avec ce genre de v√©hicules ¬Ľ[5]. Son insistance lui permet d'obtenir gain de cause.

En septembre 1941, en Finlande, deux régiments de la division[6] s'enfuient devant une contre-offensive des troupes de l'Armée Rouge, s'attirant de sévères jugements d'officiers de la Wehrmacht[7].

Sous le commandement de Theodor Eicke, abattu lors d'une reconnaissance aérienne, puis de ses successeurs, la division Totenkopf continue à faire preuve d'un fanatisme inégalé et de férocité lors de l'avancée en 1941, de l'offensive de l'été 1942, de la conquête de Kharkov[8], de la bataille de la poche de Demyansk, et lors de la défense de Varsovie puis de Budapest début 1945. Elle fait preuve de remarquables aptitudes au combat défensif contre l'Armée rouge[9].

Désignations successives

  • SS-Totenkopf-Division (√† partir du 16 octobre 1939) comprenant :
    • SS-Totenkopf-Infanterie-Regiment 1
    • SS-Totenkopf-Infanterie-Regiment 2
    • SS-Totenkopf-Infanterie-Regiment 3
    • SS-Totenkopf-Artillerie-Regiment
      • schwere SS-Totenkopf-Artillerie-Abteilung (√† partir de l'hiver 1939/40)
      • SS-Totenkopf-Aufkl√§rungs-Abteilung
      • SS-Totenkopf-Panzerabwehr-Abteilung
      • SS-Totenkopf-Pionier-Bataillon
      • SS-Totenkopf-Nachrichten-Abteilung
  • SS-Panzergrenadier-Division Totenkopf (√† partir du 9 novembre 1942) comprenant :
    • SS-Panzergrenadier-Regiment 1 Totenkopf
    • SS-Panzergrenadier-Regiment 3 Totenkopf
    • Panzer-Regiment 3
      • SS-Totenkopf-Sturmgesch√ľtz-Abteilung
      • SS-Totenkopf-Aufkl√§rungs-Abteilung
      • SS-Totenkopf-Kradsch√ľtzen-Bataillon
      • SS-Totenkopf-Panzerj√§ger-Abteilung
      • SS-Totenkopf-Pionier-Bataillon
      • SS-Totenkopf-Flak-Abteilung
      • SS-Totenkopf-Nachrichten-Abteilung
  • 3. SS-Panzer-Division Totenkopf (√† partir du 22 octobre 1943) comprenant :
    • SS Panzer-Regiment 3 Totenkopf
    • SS Panzer-Grenadier-Regiment 5 Thule
    • SS Panzer-Grenadier-Regiment 6 Theodor Eicke
    • SS Panzer-Artillerie-Regiment 3
      • SS Flak-Artillerie-Abteilung 3
      • SS Sturmgesch√ľtz-Abteilung 3
      • SS Panzer-Aufkl√§rungs-Abteilung 3
      • SS Panzerj√§ger-Abteilung 3
      • SS Panzer-Pionier-Bataillon 3
      • SS Panzer-Nachrichten-Abteilung 3
      • SS Versorgungs-Einheiten 3

Liste des commandants successifs

Début Fin Grade Nom
1er novembre 1939 7 juillet 1941 Obergruppenf√ľhrer Theodor Eicke
7 juillet 1941 18 juillet 1941 Obergruppenf√ľhrer Matthias Kleinheisterkamp
18 juillet 1941 19 septembre 1941 Obergruppenf√ľhrer Georg Keppler
19 septembre 1941 26 f√©vrier 1943 Obergruppenf√ľhrer Theodor Eicke
26 f√©vrier 1943 27 avril 1943 Obergruppenf√ľhrer Hermann Priess
27 avril 1943 15 mai 1943 Gruppenf√ľhrer Heinz Lammerding
15 mai 1943 22 octobre 1943 Gruppenf√ľhrer Max Simon
22 octobre 1943 21 juin 1944 Obergruppenf√ľhrer Hermann Priess
21 juin 1944 8 mai 1945 Brigadef√ľhrer Hellmuth Becker

Th√©√Ętres d‚Äôop√©ration

Soldats de la division Totenkopf dans un village balte (juin 1941)

Parcours en France

La 3e Division SS Totenkopf est engagée dans l'invasion de la France en tant que division de réserve du groupe d'armées A sous le commandement du général Gerd von Rundstedt qui avait comme objectif la percée dans les Ardennes.

Son point de rassemblement était Korbach, situé près de Kassel.

Crimes de guerre

  • Lors de la campagne de Pologne, trois r√©giments des unit√©s Totenkopf Oberbayern, Brandenburg et Th√ľringen √† Buchenwald, charg√©s d'actions de pacification et de nettoyage √† l'arri√®re du front, assassinent les membres de l‚Äôintelligentsia polonaise et les Juifs, s'attirant de vives critiques du g√©n√©ral de la Wehrmacht Johannes Blaskowitz : ¬ę Les sentiments de la troupe envers la SS et la police oscillent entre la r√©pulsion et la haine. Tous les soldats sont pris de d√©go√Ľt et de r√©pugnance devant les crimes commis en Pologne ¬Ľ[10].
  • 21 mai 1940, le 3e r√©giment d'infanterie de la Totenkopf, sous les ordres du Stubaf Lammerding et de l'Ostuf Lotz, fusille 6 personnes civiles √† Mercatel, ex√©cute 5 hommes et incendie 24 fermes √† Simencourt, ex√©cute 4 civils (dont une femme handicap√©e de 78 ans dans son lit) et incendie plusieurs maisons et fermes √† Hermaville[11].
  • Au cours de la journ√©e du 22 mai 1940, le 2e r√©giment d'infanterie de la Totenkopf, sous les ordres du Stubaf Bellwildt et du Gruf Eicke, tue 30 personnes √† Berles-Monchel et 30 autres √† Aubigny-en-Artois puis 64 personnes sont ex√©cut√©es par le 1er r√©giment d'infanterie de la Totenkopf .
    Ces actions de sauvagerie sont dues à la résistance acharnée des chars britanniques et français devant Warlus et Simencourt le 21 mai 1940.
  • 24 et 25 mai 1940, le 3e r√©giment d'infanterie et le 3e compagnie du bataillon de pionniers de la Totenkopf, sous le commandement du Stubaf Bestmann et de l'Ostuf Siegfried M√ľller massacrent 48 personnes √† Beuvry. En outre, plusieurs centaines de civils sont utilis√©s comme boucliers humains pour faire avancer les canons du 2e r√©giment d'artillerie SS sous le commandement du Stubaf Hermann Priess[12].
  • 24 mai 1940, 10 civil sont fusill√©s √† Hinges, par le 3e r√©giment d'infanterie et la 3e compagnie du bataillon de pionniers de la Totenkopf sous le commandement de l'Ostuf Max Seela, en repr√©sailles de l'ex√©cution d'un soldat SS par un soldat fran√ßais.
  • On peut aussi rajouter le massacre av√©r√© de plus de 250 civils dans le nord de la France entre le 19 et le 27 mai 1940, et une √©tude a montr√© que le nombre des assassinats de prisonniers et de civils suivait la courbe des pertes de la division[13].
  • Massacre du Paradis, √† Lestrem pr√®s de B√©thune, le 27 mai 1940, durant lequel, la Totenkopf assassine une centaine de prisonniers britanniques en France, sous les ordres du lieutenant Fritz Kn√∂chlein, condamn√© √† mort et ex√©cut√© pour crimes de guerre apr√®s la fin du conflit[14].
  • Sur le front de l'Est, elle est coupable de l'assassinat de prisonniers et de civils en Union sovi√©tique, de la destruction et du pillage de nombreux villages russes[17].

Notes et références

  1. ‚ÜĎ Jean-Luc Leleu, La Waffen-SS. Soldats politiques en guerre, Paris, Perrin, 2007, p. 322
  2. ‚ÜĎ J.L. Leleu, op. cit., p.212
  3. ‚ÜĎ J.L. Leleu, op. cit., p.223
  4. ‚ÜĎ J.L. Leleu, op. cit., p.284
  5. ‚ÜĎ J.L. Leleu, op. cit., p. 380
  6. ‚ÜĎ Il s'agit de la Thule SS-Infanterie-R√©giment 9 et de ??? a chercher
  7. ‚ÜĎ Guido Knopp, Les SS, un avertissement de l'histoire, Paris, Presses de la Cit√©, 2006, p.292
  8. ‚ÜĎ Ch. Sydnor, op. cit., p.75
  9. ‚ÜĎ Ch. Sydnor, op.cit., p. 65
  10. ‚ÜĎ Guido Knopp, op.cit. , p. 282
  11. ‚ÜĎ La France occup√©e de Bruno Kartheuser page 17
  12. ‚ÜĎ R√©cit des atrocit√©s des S.S. Nazis de 1940 √† Beuvry.
  13. ‚ÜĎ 39/45 Magazine n¬į177, mars 2001, pages 2 √† 16
  14. ‚ÜĎ Guido Knopp, op.cit., p. 286
  15. ‚ÜĎ Charles W. Sydnor, La division SS Totenkopf, Revue d'Histoire de la Seconde guerre mondiale, Paris, PUF, 1975, n¬į 98, p. 61
  16. ‚ÜĎ Scheck, R. (2007). Une saison noire. Les massacres de tirailleurs s√©n√©galais. Mai-juin 1940, Paris : Tallandier, p. 56-57. Scheck pense √©galement que ces chars ne sont pas forc√©ment ceux de la Totenkopf, mais peuvent √™tre les chars r√©gimentaires de la Grossdeutschland, ou encore de la 10e Panzerdivision, envoy√©s en renfort du fait de la r√©sistance inattendue des Fran√ßais, (Ibid., p. 245-246)
  17. ‚ÜĎ Ch. Sydnor, op.cit., p.75

Bibliographie

  • Guido Knopp, Les SS, Un avertissement de l'histoire, Paris, Presses de la Cit√©, 2006
  • Jean-Luc Leleu, La Waffen-SS. Soldats politiques en guerre, Paris, Perrin, 2007 (ISBN 978-2-262-02488-8)
  • Charles W. Sydnor, La division SS Totenkopf, Revue d'Histoire de la Seconde guerre mondiale, Paris, PUF, 1975, no 98
  • Charles Trang, Totenkopf, HEIMDAL (ISBN 978-2-84048-235-2)
  • Boris Laurent, Totenkopf, revue Axe & Alli√©s no.6, janvier 2008

Voir aussi


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article 3e Panzerdivision SS Totenkopf de Wikipédia en français (auteurs)

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