Boris Eltsine

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Boris Eltsine
Boris Eltsine
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Boris Eltsine

Mandats
1er président de la Fédération de Russie
25 d√©cembre 1991 ‚Äď 31 d√©cembre 1999
√Člection 25 d√©cembre 1991
R√©√©lection 3 juillet 1996
Pr√©sident du gouvernement Iegor Ga√Įdar
Viktor Tchernomyrdine
Sergue√Į Kirienko
Ievgueni Primakov
Sergue√Į Stepachine
Vladimir Poutine
Prédécesseur Création du poste
Successeur Vladimir Poutine
Président du Soviet suprême de la RSFSR
29 mai 1990 ‚Äď 25 d√©cembre 1991
√Člection 29 mai 1990
Prédécesseur Vitaly Vorotnikov
Successeur Remplacement par le poste de président de Russie
Biographie
Date de naissance 1er f√©vrier 1931
Lieu de naissance Drapeau de l'URSS Boutka (URSS)
Date de d√©c√®s 23 avril 2007 (√† 76 ans)
Lieu de décès Drapeau de la Russie Moscou (Russie)
Nationalité Russe
Parti politique PCUS (avant 1990)
Indépendant (après 1990)
Conjoint Na√Įna Eltsina
Enfants Tatiana Diatchenko
Signature Yeltsin signature.jpg

Coat of Arms of the Russian Federation.svg
Présidents de la Fédération de Russie

Boris Nikola√Įevitch Eltsine Prononciation du titre dans sa version originale ou Ieltsine[1] (en russe : –Ď–ĺ—Ä–ł—Ā –Ě–ł–ļ–ĺ–Ľ–į–Ķ–≤–ł—á –ē–Ľ—Ć—Ü–ł–Ĺ), n√© le 1er f√©vrier 1931 √† Boutka, dans l'oblast de Sverdlovsk et mort le 23 avril 2007, √† Moscou, est un homme politique russe. Le 29 mai 1990, il devient le Pr√©sident du Soviet supr√™me de la R√©publique socialiste f√©d√©rative sovi√©tique de Russie. Il fut le premier pr√©sident de la F√©d√©ration de Russie, avec deux mandats cons√©cutifs (1991-1996 et 1996-1999) apr√®s l'effondrement de l'Union sovi√©tique.

Sommaire

Jeunesse

Il est le premier des trois enfants de Klaudia Vassilievna et Nikola√Į Ignatievitch Eltsine, un homme qui, en √©ducation, ne croyait qu'√† la mani√®re forte. Il a une enfance difficile dans une famille pr√©occup√©e par la survie. En 1935, le p√®re de Boris Eltsine d√©m√©nage la famille √† Beriozniki, et il devient ouvrier au chantier de construction d'un complexe industriel. La famille conna√ģt l'inconfort et la promiscuit√©, dormant √† m√™me le sol de l'unique pi√®ce qu'elle occupe dans un baraquement en bois. Enfant, Boris Eltsine est anim√© d'une √©nergie qui lui vaut d'√™tre √©lu d√©l√©gu√© de classe pendant toutes ses √©tudes. Sur le plan scolaire, il ne conna√ģt jamais de difficult√©s. Pendant la guerre, il vole deux grenades RGD 33 dans un d√©p√īt militaire, les fait exploser et perd deux doigts de la main gauche (le pouce et l'index). Boris est bagarreur. Il garde de ses batailles un nez de boxeur laiss√© par un coup de b√Ęton.

Dans son autobiographie, intitul√©e Jusqu'au bout !, il raconte que, tr√®s jeune, il a d√Ľ se battre contre la b√™tise et la m√©chancet√©. Lors de la remise de son dipl√īme de fin d'√©tudes, la f√™te bat son plein et Boris demande la parole. Devant les enseignants, les parents et les √©l√®ves, il accuse l'institutrice principale de l'√©cole de sadisme. La direction de l'√©cole, scandalis√©e, d√©cide de lui retirer son dipl√īme, geste qui lui ferme automatiquement les portes de toutes les √©coles de l'Union sovi√©tique. Le jeune Boris conteste la d√©cision tant et si bien qu'on ouvre une enqu√™te sur le travail de l'institutrice principale et qu'on lui rend son dipl√īme. L'institutrice, elle, est renvoy√©e. D√®s cette √©poque, le jeune Eltsine se passionne pour plusieurs sports, mais c'est le volley-ball qui l'emporte. Il deviendra champion au niveau r√©gional.

L'adolescent Eltsine est fascin√© par les bateaux. Il fait une demande pour entrer dans la section construction de l'Institut polytechnique de l'Oural, √† Sverdlovsk. Parall√®lement √† ses √©tudes, il fait partie de l'√©quipe de premi√®re division de volley-ball de la ville. Cette division √©tait compos√©e des douze meilleures √©quipes de l'Union sovi√©tique. C'est de cette √©poque, raconte Boris Eltsine, que lui vient l'habitude de ne dormir que quatre heures par nuit. Il lui faut sillonner son pays pour participer aux comp√©titions de volley-ball, ce qui l'oblige √† voler sur ses heures de sommeil pour ses √©tudes. Surmen√©, l'adolescent est terrass√© par une faiblesse cardiaque. Pour obtenir son dipl√īme d'ing√©nieur, Boris Eltsine r√©dige un m√©moire sur les tours de t√©l√©vision. En 1955, c'√©tait un sujet vierge, ce qui l'obligea, dit-il lui-m√™me, √† faire tous les plans et calculs.

Boris Eltsine se pr√©sente en septembre 1955 √† l'usine de construction de tuyauterie lourde o√Ļ on l'a affect√©. Il consacre une ann√©e √† l'apprentissage pratique de 12 sp√©cialit√©s de la construction. Cette ann√©e termin√©e, le jeune travailleur se sent pr√™t √† devenir contrema√ģtre. Aussit√īt nomm√©, il entreprend de faire la guerre au vol, auquel sont habitu√©s les ouvriers du b√Ętiment. Boris Eltsine s'est toujours pr√©sent√© comme un homme de terrain.

Alors qu'il dirige une √©quipe de prisonniers, le jeune contrema√ģtre d√©cide de leur verser un salaire au m√©rite plut√īt que leur salaire habituel. Son mode de calcul fait en sorte que le salaire des d√©tenus diminue de plus de la moiti√©. Un d√©tenu se pr√©sente √† son bureau arm√© d'une hache et le somme de r√©tablir l'ancien ordre de paie. Boris Eltsine refuse. Le d√©tenu menace de l'abattre, mais le contrema√ģtre lui crie de foutre le camp. Ce que l'autre, compl√®tement d√©sar√ßonn√©, fait sur-le-champ. De 1956 √† 1963, Boris Eltsine occupe, apr√®s celui de contrema√ģtre, les postes de chef de chantier, d'ing√©nieur en chef, puis de chef de la direction de la construction d'un complexe de travaux publics. Entre-temps, il devient membre du Parti communiste, en 1961.

Membre du parti communiste

Il adh√®re en 1961 au Parti communiste de l'Union sovi√©tique et devient en 1969 fonctionnaire du parti. Eltsine dirige √† partir de 1977 la section du parti de l'oblast de Sverdlovsk, c'est √† ce titre qu'il ordonnera la d√©molition de la villa Ipatiev, o√Ļ furent massacr√©s, en juillet 1918, le tsar Nicolas II et sa famille. Plus tard, il regrettera avoir donn√© cet ordre. Aussit√īt √©lu, il pr√©sente un court programme d'action fond√© sur le principe du souci des gens. Il entreprend ensuite de renouveler les effectifs au plus haut niveau. Boris Eltsine n'a jamais voulu perdre le contact avec le peuple. Aussi d√©cide-t-il de visiter une fois tous les deux ans les 63 agglom√©rations que compte la r√©gion de Sverdlovsk et d'organiser des rencontres avec les travailleurs. C'√©tait la ¬ę p√©riode de stagnation ¬Ľ, pendant laquelle le pays est laiss√© √† l'abandon par Brejnev.

En 1978, Mikha√Įl Gorbatchev est √©lu secr√©taire au comit√© central charg√© de l'agriculture. Boris Eltsine a connu le nouveau secr√©taire alors qu'il √©tait premier secr√©taire du comit√© de Stavropol. √Ä cette √©poque, les deux hommes s'entraidaient, Eltsine fournissant des mat√©riaux de construction √† Gorbatchev, tandis que ce dernier donnait de la nourriture √† Boris Nikola√Įevitch. Apr√®s l'√©lection de Gorbatchev, leurs relations restent au beau fixe pendant un certain temps. En 1981, Boris Eltsine est √©lu membre du comit√© central. En 1984, il devient membre du pr√©sidium du Soviet supr√™me, puis chef du D√©partement de la construction au comit√© central du Parti communiste de l'Union sovi√©tique (PCUS), avant d'√™tre √©lu secr√©taire du comit√©.

Quelques mois apr√®s cette √©lection, le 22 d√©cembre 1985, le Politburo confie √† Eltsine la direction du parti de Moscou. Il remplace les apparatchiks au bureau du comit√© de ville et 23 des 33 premiers secr√©taires de comit√© de district qui, selon lui, ralentissent la perestro√Įka, ou restructuration de l'√©conomie, de la machine du parti et de la bureaucratie. Pour Boris Eltsine, ces apparatchiks ne cherchent qu'√† assurer leur bien-√™tre.

Le premier secr√©taire s'attaque ensuite aux probl√®mes de Moscou : surpeuplement, queues interminables, transports bond√©s, salet√©, drogue, prostitution et corruption. Eltsine d√©membre les organisations qui per√ßoivent des pots-de-vin dans les magasins d'√Čtat. Il se fait remarquer non seulement par son activit√© d√©bordante, mais aussi par son franc-parler.
Il organise des rencontres avec le peuple et prend l'autobus et le m√©tro avec des ouvriers pour constater par lui-m√™me la situation dans les transports en commun, et pour les √©couter critiquer les chefs politiques. Boris Eltsine prend aussi position en faveur de la perestro√Įka. Pour lui, celle-ci exige qu'on retire leurs privil√®ges aux apparatchiks et il ne peut comprendre les h√©sitations de Gorbatchev. Ses d√©clarations irritent le Politburo, qui y voit une marque de d√©magogie. Pourtant, en f√©vrier 1986, il est √©lu membre suppl√©ant du bureau politique.

Le d√©but de la fin, selon l'expression m√™me de Boris Eltsine, commence √† une s√©ance du comit√© central, le 21 octobre 1987. L'ordre du jour de la r√©union porte essentiellement sur le rapport que Gorbatchev doit pr√©senter le 2 novembre, lors des c√©l√©brations du 70e anniversaire de la r√©volution d'Octobre. Boris Eltsine demande la parole pour d√©noncer les lenteurs de l'appareil du comit√© central et du secr√©tariat, qui ruinent toutes ses tentatives pour assainir la situation dans la capitale. Il accuse aussi le secr√©tariat national, et nomm√©ment Egor Ligatchev, le num√©ro deux du parti, d'intervenir dans le choix des responsables de la ville et des arrondissements. Il clame : ¬ę Les corrompus, les pourris sont ici m√™me, parmi nous, et vous le savez parfaitement ! ¬Ľ. Son intervention provoque un toll√©. Ligatchev adopte le ton de celui qui a √©t√© injustement accus√©. Suit une offensive g√©n√©ralis√©e. On accuse Boris Eltsine de tous les crimes. Ceux qui ne prennent pas le micro lui crient leur hostilit√© de leur place. Le camarade Eltsine est forc√© de faire son autocritique et sort compl√®tement d√©moralis√© de cette s√©ance. Plusieurs sources attestent qu'il a eu un malaise cardiaque √† la suite de cette r√©union et qu'il a d√Ľ √™tre hospitalis√©.

Le 11 novembre, la sanction tombe. Au cours d'une r√©union du comit√© moscovite du parti, Boris Eltsine est d√©mis de ses fonctions. Depuis l'arriv√©e de Gorbatchev √† la t√™te du comit√© central, de nombreux membres du parti ont √©t√© renvoy√©s, mais c'est la premi√®re fois qu'un homme nomm√© par le secr√©taire g√©n√©ral ‚ÄĒ et qui est, de plus, un ardent d√©fenseur de la perestro√Įka ‚ÄĒ est limog√©. L'√©viction de Boris Eltsine repr√©sente une victoire pour les conservateurs, qui r√©sistent au changement. Le 18 novembre, le disgraci√© est nomm√© vice-pr√©sident du comit√© pour la construction, ce qui correspond √† un poste minist√©riel. Boris Eltsine reste membre suppl√©ant du Politburo. Le 18 f√©vrier 1988, il est ¬ę lib√©r√© ¬Ľ de ce poste.

Le purgatoire d'Eltsine ne dure pas longtemps. Le 1er mai 1988, on le retrouve sur les tribunes du d√©fil√© de la place Rouge. Un mois plus tard, il accorde une entrevue √† la cha√ģne de t√©l√©vision am√©ricaine CBS, et une autre √† la BBC de Londres. Il r√©clame la d√©mission d'Egor Ligatchev, qu'il accuse d'√™tre le ¬ę principal responsable ¬Ľ du retard de la perestro√Įka et de s'opposer √† la diminution des privil√®ges pour les membres de l'appareil.

Le 14 janvier 1989, un pas important est franchi en vue de son retour en politique. Une foule en d√©lire dans un district de Moscou choisit Boris Eltsine comme son candidat en vue des √©lections au ¬ę Congr√®s des d√©put√©s du peuple ¬Ľ du Soviet supr√™me. Peu apr√®s son √©lection comme candidat √† la d√©putation, il se prononce en faveur du multipartisme, que Mikha√Įl Gorbatchev a d√©nonc√© un mois plus t√īt. Ses d√©clarations lui valent de plus en plus de popularit√©. Boris Eltsine s'attire bient√īt la sympathie des intellectuels.

Le 26 mars, 89,44 % de l'√©lectorat moscovite vote pour Boris Eltsine au cours des premi√®res √©lections libres depuis l'av√®nement du r√©gime communiste. Ce scrutin est marqu√© √©galement par une pouss√©e des candidats r√©formateurs et la d√©faite de nombreux conservateurs. Au milieu du mois de juillet, l'Union sovi√©tique est paralys√©e par les gr√®ves et menaces de gr√®ve. Boris Eltsine et Andre√Į Sakharov, √©lu lui aussi, forment, avec les 269 d√©put√©s du Soviet supr√™me qui favorisent une acc√©l√©ration des r√©formes, un groupe parlementaire appel√© Groupe interr√©gional, pour faire entendre leurs voix. C'est une premi√®re en URSS depuis le d√©but des ann√©es 1920. En avril 1990, Boris Eltsine publie Jusqu'au bout ! . Deux mois avant la sortie de ses m√©moires, journaux et magazines en publient des extraits, faisant leurs choux gras de ses d√©m√™l√©s avec Mikha√Įl Gorbatchev.

Présidence de la Russie (1991-1999)

George H. Bush et Boris Eltsine lors de la cérémonie de signature du Traité Start II dans la salle Saint-Vladimir du Kremlin de Moscou, le 3 janvier 1993

1990

En f√©vrier et mars 1990 ont lieu dans toutes les r√©publiques des √©lections l√©gislatives, sauf en G√©orgie, o√Ļ elles ne se tiendront qu'en octobre. En Russie, le scrutin est fix√© au 4 mars. Le Bloc d√©mocratique, dont fait partie Eltsine, a le vent en poupe. √Ä Moscou, une manifestation en faveur de la d√©mocratie attire 100 000 personnes. Le 4 mars, le Bloc d√©mocratique remporte tous les si√®ges √† Moscou et Leningrad, en Sib√©rie et dans le Grand Nord. Boris Eltsine est √©lu d√©put√© de Sverdlovsk par 80 % des voix.

Pendant ce temps, Mikha√Įl Gorbatchev fait amender la constitution pour cr√©er le poste de pr√©sident de l'URSS et s'y fait √©lire, le 14 mars, par les d√©put√©s sovi√©tiques et non par le peuple. La premi√®re r√©union des 1062 d√©put√©s du congr√®s de Russie a lieu le 16 mai. Ils doivent √©lire le pr√©sident de la f√©d√©ration de Russie et les quelque 400 d√©put√©s du Soviet supr√™me russe. Trois candidats sont en lice : Boris Eltsine, le premier ministre Vlassov (favori de Gorbatchev) et un ultraconservateur.

Au premier tour de scrutin, Eltsine rate la majorit√© absolue par 23 voix. Gorbatchev met tout en Ňďuvre pour emp√™cher son √©lection. Rassur√© apr√®s plusieurs tours de scrutin, il part en visite officielle au Canada et aux √Čtats-Unis. Le 29 mai, Eltsine d√©fait Vlassov. Tout porte √† croire que les hommes de Gorbatchev ont n√©goci√©, en son absence, les termes d'une cohabitation avec Eltsine.

Moscou est dor√©navant l'h√īte de deux pouvoirs oppos√©s : celui de l'Union sovi√©tique, repr√©sent√© par Gorbatchev, et celui de la Russie, incarn√© par Eltsine. Or, la f√©d√©ration de Russie occupe 76 % du territoire de l'URSS et compte 52 % de sa population. Le pays est au bord de l'effondrement moral et politique.

Le lendemain de son √©lection, Boris Eltsine propose de rendre la f√©d√©ration de Russie ¬ę autonome en tout ¬Ľ dans les 100 jours, tout en souhaitant maintenir le dialogue avec Gorbatchev. S'engage alors une guerre des lois et des comp√©tences avec le pouvoir central communiste. Le congr√®s de Russie adopte, le 8 juin, un texte proclamant la sup√©riorit√© des lois russes sur les lois sovi√©tiques, quatre jours avant d'adopter une d√©claration de souverainet√©. Le 12 juin a lieu la premi√®re rencontre entre les pr√©sidents des r√©publiques, sous la pr√©sidence de Gorbatchev. Boris Eltsine y apporte la d√©claration de souverainet√© toute fra√ģche, se pla√ßant du c√īt√© des r√©publiques qui proclament leur ind√©pendance. C'est au cours de cette rencontre qu'est lanc√©e l'id√©e d'une r√©forme de l'Union sovi√©tique selon le principe de la ¬ę g√©om√©trie variable ¬Ľ, qui comprenait des ¬ę √©l√©ments de f√©d√©ration, de conf√©d√©ration et de communaut√© ¬Ľ, selon les termes d'un porte-parole de Gorbatchev. Moins d'un mois plus tard se tient le 28e congr√®s du PCUS, qui reconduit le secr√©taire g√©n√©ral dans ses fonctions. Boris Eltsine quitte le congr√®s du PCUS apr√®s avoir rendu sa carte de membre du parti.

Le 19 juillet 1990, le Parlement russe d√©cide de s'approprier les banques et caisses d'√©pargne, une mesure d√©clar√©e aussit√īt ill√©gale par le pr√©sident Gorbatchev.

Le 23 juillet, une commission russo-sovi√©tique est mise sur pied pour r√©diger un programme √©conomique commun. Elle ach√®ve ses travaux cinq semaines plus tard. Les pr√©sidents russe et sovi√©tique apparaissent ensemble le 30 ao√Ľt √† la t√©l√©vision pour d√©voiler le plan √©conomique conjoint qui doit permettre √† l'√©conomie communiste de passer √† une √©conomie de march√© en 500 jours. Les 100 premiers jours seront consacr√©s √† mettre en place les conditions du changement, et les 100 jours suivants √† des privatisations strat√©giques. Puis, on prendra 100 jours pour stabiliser la monnaie avant de relancer la demande dans les 100 jours qui suivront, pour enfin consacrer 100 jours au d√©marrage de la croissance.

Le Soviet supr√™me de Russie adopte ce plan le 12 septembre. Le Soviet supr√™me d'URSS le rejette le 16 octobre, en adoptant un plan du premier ministre sovi√©tique Nikola√Į Ryjkov.

Le président russe est victime d'un accident de voiture le 21 septembre. Deux jours plus tard, Gorbatchev en profite pour demander à son Parlement de lui accorder des pouvoirs exceptionnels. Le retrait temporaire d'Eltsine de la vie publique favorise les conservateurs.

Pendant tout le mois d'octobre se produit une révolution de palais au Kremlin. Les conseillers de Gorbatchev qui sont partisans de la cohabitation avec Eltsine sont boutés dehors.

L'Union sovi√©tique est en train de se d√©sagr√©ger et le r√©gime sovi√©tique s'attaque sur tous les fronts √† la mont√©e des nationalismes. En novembre, Eltsine signe avec l'Ukraine et le Kazakhstan des trait√©s dans lesquels les r√©publiques reconnaissent leur souverainet√© respective. Le 17 novembre, Mikha√Įl Gorbatchev pr√©sente un projet qui vise √† lui assurer une majorit√© automatique contre la Russie et les grandes r√©publiques lors des r√©unions du conseil de la f√©d√©ration. Le Soviet supr√™me de l'URSS adopte ce plan avec enthousiasme. Le Parlement sovi√©tique renforce les pouvoirs du pr√©sident de l'URSS.

Si l'Union sovi√©tique se d√©sagr√®ge, le r√©gime communiste s'effrite malgr√© toutes ses men√©es pour garder le statut quo. Le 25 d√©cembre, Gorbatchev fait adopter par le congr√®s des d√©put√©s sovi√©tiques le projet d'un nouveau trait√© d'union sans avoir consult√© les r√©publiques. En vertu de ce texte, la souverainet√© de l'√Čtat est r√©serv√©e au niveau central. La veille, il a annonc√© la tenue d'un r√©f√©rendum sur l'Union sur tout le territoire de l'√Čtat sovi√©tique.

1991

L'année 1991 est marquée par l'affrontement ouvert entre Eltsine et Gorbatchev. Dans la nuit du 12 au 13 janvier, l'armée soviétique prend d'assaut la tour de télévision de Vilnius, en Lituanie. L'armée tire sur les manifestants, faisant 15 morts et plus de 150 blessés. Gorbatchev hésite à aller plus loin et le régime lituanien sort renforcé de ce coup de force raté.

Le 13 janvier, Boris Eltsine condamne l'attaque et reconna√ģt la souverainet√© des √Čtats baltes, la Lituanie, l'Estonie et la Lettonie. Le 20 janvier, on manifeste √† Moscou pour d√©noncer le coup de force. En mars 1991, c'est le r√©f√©rendum sur l'Union qui retient l'attention. Le 9 mars, le projet d'Union est publi√© et le pr√©sident russe invite ses partisans √† faire la guerre au pouvoir central. Le 10 mars, quelque 300 000 Moscovites manifestent pour demander la d√©mission de Gorbatchev et inciter la population √† dire ¬ę non ¬Ľ √† son r√©f√©rendum, pr√©vu pour le 17 mars. Boris Eltsine est absent de la manifestation, mais ses partisans font jouer un enregistrement dans lequel il d√©clare que croire en Gorbatchev ¬ę a √©t√© une erreur et une perte de temps ¬Ľ.

En Russie, on tiendra en fait deux r√©f√©rendums le m√™me jour. Le premier porte sur la conservation de l'Union. Le second, plus important pour Boris Eltsine, porte sur l'√©lection du pr√©sident de la f√©d√©ration de Russie au suffrage universel direct. La proposition sera ent√©rin√©e √† plus de 70 % par le peuple. La premi√®re √©lection pr√©sidentielle au suffrage universel est fix√©e au 12 juin.

Du 17 au 21 avril, le pr√©sident russe fait une tourn√©e en France, o√Ļ il est accueilli assez froidement. De retour √† Moscou, il accepte le principe d'un nouveau texte du trait√© d'Union le 24 avril.

Le samedi 18 mai marque le lancement officiel de la campagne √©lectorale en vue de l'√©lection pr√©sidentielle. Eltsine le r√©formateur aura pour adversaires principaux l'ancien premier ministre sovi√©tique, Nikola√Į Ryjkov, un conservateur, et l'ancien ministre de l'Int√©rieur de l'URSS, Vadim Bakatine.

La campagne électorale est marquée par les habituelles tentatives de désinformation. Cela n'empêchera pas l'électorat russe, le 12 juin 1991, de faire de Boris Eltsine, à 60 ans, le président de la fédération de Russie, composée de 18 républiques autonomes et de régions autonomes. Eltsine est le grand vainqueur, non seulement parce qu'il a gagné, mais aussi parce que son élection oblige Gorbatchev à se rallier à ses positions.

Le pr√©sident russe entreprend une tourn√©e aux √Čtats-Unis. √Ä son arriv√©e √† Washington, il reconna√ģt √† Gorbatchev le m√©rite d'avoir mis en route la perestro√Įka qui a conduit √† l'√©lection du premier pr√©sident russe au suffrage universel direct. Pendant ce temps, Mikha√Įl Gorbatchev subit les critiques de certains des membres les plus influents du Parti communiste. Le 10 juillet, Boris Eltsine est intronis√© en grandes pompes en pr√©sence des repr√©sentants de toutes les r√©publiques et avec la b√©n√©diction du patriarche de toutes les Russies.

En ao√Ľt 1991, les conservateurs font une tentative de coup d'√Čtat pendant les vacances de Mikha√Įl Gorbatchev.

Les conjur√©s veulent emp√™cher la signature du trait√© d'Union pr√©vue pour le 20 ao√Ľt, qui annonce la fin de l'URSS. De plus, Boris Eltsine veut faire nommer le premier ministre russe √† la t√™te d'un gouvernement central r√©duit √† coordonner les relations entre les r√©publiques. Enfin, les conservateurs soup√ßonnent Gorbatchev de vouloir liquider le Parti communiste. La menace de ce coup d'√Čtat p√®se depuis un an. Le 19 ao√Ľt, les putschistes prononcent l'incapacit√© du pr√©sident sovi√©tique, tandis que les chars et v√©hicules blind√©s envahissent la capitale. Or, le pr√©sident russe a des amis et des partisans au sein des forces de s√©curit√© sovi√©tiques, ce qui lui permet d'√©chapper √† l'arrestation et de parvenir sans encombre jusqu'au Parlement russe, malgr√© les chars qui l'entourent. Eltsine harangue la foule, mont√© sur un blind√©, et appelle les Russes √† la d√©sob√©issance civile et √† la gr√®ve g√©n√©rale.

Le soir du 20 ao√Ľt, trois hommes sont tu√©s dans une altercation entre les militaires et la foule. Le lendemain, le nombre de morts s'√©l√®ve √† une dizaine. Aux yeux des Moscovites, les responsables du coup d'√Čtat ont conduit l'arm√©e √† tirer sur le peuple. Le soir du 21 ao√Ľt, les putschistes qui ne se sont pas suicid√©s sont envoy√©s en prison.

Le pr√©sident russe voudrait tirer profit de l'aventure en pla√ßant ses hommes aux leviers de commande de l'√Čtat f√©d√©ral. Gorbatchev le sait et s'empresse de remplacer les putschistes. Le 23 ao√Ľt, le pr√©sident sovi√©tique affronte le Parlement russe. Devant les cam√©ras de t√©l√©vision, il tente de disculper ses ministres, mais Eltsine force le pr√©sident de l'URSS √† lire un document prouvant que tous ses ministres, sauf un, soutenaient le coup d'√Čtat. Tout le Cabinet sovi√©tique est alors remplac√© par les hommes d'Eltsine.

Le 25 ao√Ľt 1991, Boris Eltsine suspend les activit√©s du PCUS et confisque ses biens. La suspension sera transform√©e en dissolution le 6 novembre. Enfin, le sort du Soviet supr√™me est r√©gl√© du 26 au 29 ao√Ľt. Le 5 septembre, c'est le Congr√®s des d√©put√©s du peuple de l'URSS qui se saborde.

Le 28 octobre, le pr√©sident russe d√©nonce un accord √©conomique sign√© par les pr√©sidents de huit r√©publiques et Gorbatchev, alors qu'il pr√©sente son programme √©conomique devant le Parlement de Russie. Le 1er novembre, une r√©forme de la Constitution russe accorde des pouvoirs renforc√©s au pr√©sident. Le 15 novembre, Boris Eltsine d√©cide de cumuler les fonctions de pr√©sident et de premier ministre.

L'Union sovi√©tique vit ses derni√®res heures. Les Ukrainiens votent en faveur de l'ind√©pendance au cours d'un r√©f√©rendum tenu le 1er d√©cembre. Le pr√©sident russe reconna√ģt l'ind√©pendance de l'Ukraine avant de retrouver les pr√©sidents des deux autres r√©publiques slaves en Bi√©lorussie, le 8 d√©cembre, pour constater la ¬ę disparition de l'URSS ¬Ľ et cr√©er une ¬ę communaut√© d'√Čtats ind√©pendants ¬Ľ, la CEI.

Gorbatchev tente de s'y opposer, mais ce sera en vain. Le 20 d√©cembre, le gouvernement russe s'empare de la Banque centrale sovi√©tique. Les pr√©sidents de 11 ex-r√©publiques sovi√©tiques, dont Eltsine, se rencontrent le 21 d√©cembre. Ils adh√®rent √† la CEI, ce qui consacre la fin de l'Union sovi√©tique et supprime le poste de pr√©sident de l'URSS. Tous s'entendent pour que le si√®ge de membre permanent au Conseil de s√©curit√© de l'ONU que d√©tenait l'URSS revienne √† la Russie. Eltsine et Gorbatchev se rencontrent une derni√®re fois l'avant-veille de No√ęl. Le 25 d√©cembre 1991, Gorbatchev annonce sa d√©mission et le pr√©sident russe prend le contr√īle des 27 000 armes nucl√©aires de l'Union sovi√©tique. Boris Eltsine est d√©sormais le ma√ģtre de la Russie, mais d'une Russie malade sur les plans √©conomique et politique.

1992

L'ann√©e 1992 commence en Russie par la lib√©ralisation des prix. Les consommateurs, confront√©s √† une √©conomie de march√©, font face √† une inflation explosive : 200 % pour le seul mois de janvier! Elle atteindra 2600 % en 1992, et 1000 % l'ann√©e suivante. Le rouble, lui, d√©gringole. De 220 RBL pour 1 $ US au d√©but de janvier, il passe √† 420 RBL √† la fin de l'ann√©e. Par ailleurs, l'incertitude politique retarde les investissements √©trangers. La grogne populaire commence √† s'installer. Les Russes re√ßoivent leur salaire, mais il ne suit pas le rythme de l'inflation. Pire, les pensions s'adaptent plus lentement et font des retrait√©s les principales victimes de l'inflation.

Le 17 juin 1992, le pr√©sident des √Čtats-Unis, George Bush, et Boris Eltsine s'entendent √† Washington pour r√©duire leur arsenal nucl√©aire des deux tiers. Ce sommet am√©ricano-russe sera suivi, en janvier 1993, de la visite du pr√©sident des √Čtats-Unis √† Moscou. Ce dernier signe avec Boris Eltsine le trait√© Start II sur la r√©duction des armes strat√©giques. C'est la fin de la guerre froide.

Boris Eltsine est optimiste, mais pas son vice-pr√©sident, Alexandre Routsko√Į, ni le pr√©sident du Parlement, Rouslan Khasboulatov.

Boris Eltsine souhaite que la CEI se dote d'une d√©fense conventionnelle ¬ę unifi√©e ¬Ľ. Il essuiera un refus sur cette question de la part de l'Ukraine, de la Moldavie et de l'Azerba√Įdjan en f√©vrier. Mais ce refus ne l'arr√™te pas. Le pr√©sident signe deux d√©crets, l'un cr√©ant un minist√®re de la D√©fense de la f√©d√©ration de Russie, et l'autre cr√©ant les forces arm√©es russes, une arm√©e ¬ę multinationale ¬Ľ. La Russie est au bord de l'√©clatement, mais, le 31 mai, 18 des 20 r√©publiques autonomes de Russie signent le trait√© de la f√©d√©ration de Russie.

On commence √† parler ouvertement de la surconsommation d'alcool du chef de l'√Čtat russe. Alors que son arriv√©e dans l'Ouzb√©kistan, le 14 mai, est retransmise √† la t√©l√©vision, tous peuvent constater que le pr√©sident est ivre.

En d√©cembre 1992, le pr√©sident Eltsine remplace le premier ministre Egor Ga√Įdar par Viktor Tchernomyrdine. De plus, le pr√©sident annonce pour le mois d'avril 1993 la tenue d'un r√©f√©rendum destin√© √† r√©soudre la crise qui l'oppose au Parlement.

1993

Article d√©taill√© : Crise constitutionnelle russe.

La crise entre Eltsine et le parlement se prolongera jusqu'au 25 avril, date de la consultation populaire. En mars 1993, les députés refusent de prolonger les pouvoirs d'exception accordés au président. Ils refusent aussi d'organiser le référendum réclamé par le président pour asseoir son autorité. Le 20 mars, Boris Eltsine prive le Congrès des députés de ses pouvoirs en instaurant un système de gouvernement par décrets valable jusqu'au référendum. Le Parlement voudrait bien destituer Eltsine. Le 26 mars, le président échappe à la destitution, sa popularité ayant fait reculer les députés.

C'est finalement 58 % des participants √† la consultation populaire qui accorderont leur confiance √† Boris Eltsine le 25 avril 1993. Fort de ce r√©sultat, il engage la lutte finale avec le Congr√®s des d√©put√©s. Le 29 avril, le pr√©sident d√©voile un projet de Constitution qui renforce ses pouvoirs, projet qui sera ratifi√© le 12 juillet, au terme d'une conf√©rence constitutionnelle. Boris Eltsine doit faire face √† une nouvelle crise politique -un mois et demi plus tard- quand la Banque centrale de Russie retire les roubles mis en circulation avant 1993. En septembre, Boris Eltsine dissout le Parlement et convoque des √©lections l√©gislatives anticip√©es pour se d√©barrasser d'un congr√®s des d√©put√©s trop communiste √† son go√Ľt.

Le Parlement ne tarde pas √† r√©pliquer en destituant Boris Eltsine et en le rempla√ßant par Alexandre Routsko√Į. Les d√©put√©s conservateurs m√©contents des r√©formes √©conomiques s'enferment dans l'√©difice du Parlement, le 24 septembre, avec leurs chefs, le pr√©sident du Parlement, Rouslan Khasboulatov et Routsko√Į.

Des supporters des conjur√©s se rassemblent autour de l'√©difice parlementaire pour le d√©fendre contre les troupes d'√©lite envoy√©es par Eltsine. Le patriarche Alexis II sert de n√©gociateur aux deux parties. Son action √©choue et le pr√©sident d√©cr√®te l'√©tat d'urgence le 3 octobre. Le lendemain, Boris Eltsine ordonne √† deux commandos sp√©ciaux de donner l'assaut au parlement. Les conjur√©s se rendent et Routsko√Į et Khasboulatov sont emprisonn√©s.

Le bilan officiel de cette journ√©e s'√©l√®ve √† quelque 150 morts, bien que de nombreux journalistes russes le chiffrent √† plusieurs centaines[r√©f. n√©cessaire]. L'√©tat d'urgence ne sera lev√© que le 18 octobre, 3 jours apr√®s que Boris Eltsine eut annonc√© la tenue d'un r√©f√©rendum sur la Constitution et des √©lections l√©gislatives. Les deux scrutins sont pr√©vus pour le 12 d√©cembre 1993. Auparavant, le pr√©sident a suspendu les activit√©s de la Cour constitutionnelle et interdit les journaux d'opposition.

Le 5 novembre, le président présente un projet de Constitution qui lui donne plus de pouvoirs. Le 7 novembre, on ne célèbre pas l'anniversaire de la révolution d'Octobre. C'est une première depuis 1918.

Le 12 d√©cembre 1993, les Russes adoptent la Constitution propos√©e par Boris Eltsine, mais seulement 53 % des personnes inscrites ont vot√© et le projet a √©t√© approuv√© par 58,4 % des votants. Par ailleurs, le m√™me jour ont lieu les premi√®res √©lections l√©gislatives libres depuis 76 ans. Le Parti lib√©ral-d√©mocrate de Vladimir Jirinovski devance celui de Boris Eltsine (Choix de la Russie) avec presque 23 % des voix[2]. Mais le parti de Boris Eltsine aura plus de si√®ges √† la Douma que le parti de Jirinovski, avec 96 si√®ges contre 70.

Après 1994

Bill Clinton et Boris Eltsine, le 13 janvier 1994.

Eltsine avait besoin d'une guerre fulgurante et victorieuse en Tch√©tch√©nie pour prouver √† son peuple que la Russie √©tait encore une superpuissance et asseoir ainsi son autorit√© √† la veille de l'√©lection pr√©sidentielle.[r√©f. n√©cessaire] Mais au lieu d‚Äôun blitz spectaculaire, la guerre s'av√©ra un √©chec militaire et humanitaire pour la Russie qui rencontra une r√©sistance f√©roce de combattants de nationalit√©s diff√©rentes, utilisant des armes lourdes tr√®s modernes.

La personnalit√© et l'√©tat de sant√© de Boris Eltsine ont fait l'objet d'un certain nombre de controverses : il a √©t√© accus√© d'alcoolisme, ce qui a amen√© certains √† douter de sa capacit√© √† assumer ses fonctions. Atteint d'une maladie cardiaque, Boris Eltsine subit plusieurs attaques, notamment en 1995 et 1996, ce qui ne l'emp√™che pas d'√™tre r√©√©lu face au candidat communiste. Il subit √† la fin 1996 un quintuple pontage coronarien.

En 1998 et 1999, face une situation de crise √©conomique, Eltsine change plusieurs fois de premier ministre : Viktor Tchernomyrdine, Sergue√Į Kirienko, Ievgueni Primakov, Sergue√Į Stepachine et Vladimir Poutine se succ√®dent en moins de deux ans √† la t√™te du gouvernement russe.

Boris Eltsine reste président de la Russie jusqu'au 31 décembre 1999, date à laquelle il démissionne pour raisons de santé, convaincu par sa fille et conseillère Tatiana Diatchenko. Son successeur est Vladimir Poutine.

Le pouvoir d'Eltsine vu par les Russes

Boris Eltsine en 1999

La p√©riode de la pr√©sidence d'Eltsine est globalement consid√©r√©e comme n√©gative par une grande partie des Russes. Les privatisations massives effectu√©es dans des conditions douteuses, la ¬ę th√©rapie de choc ¬Ľ (tentative de passage brutal √† l'√©conomie de march√©), la corruption aux plus hautes sph√®res du pouvoir (oligarques au sein des instances dirigeantes), les guerres m√©diatiques entre concurrents politiques et √©conomiques par le biais de groupes de presse aux mains d'int√©r√™ts priv√©s, expliquent entre autres l'indiff√©rence (51%) et la d√©sapprobation que la population russe ressent √† son √©gard. En mai 2007, ¬ę 47 % des sond√©s estiment que l'√©poque Eltsine a apport√© √† la Russie plus de mal que de bien. 26 % des personnes interrog√©es ont un avis diff√©rent ¬Ľ[3].

L'h√©ritage d'Eltsine est interpr√©t√© diff√©remment en Occident. Certains analystes[4] estiment que le m√©pris ou la haine des russes vis-√†-vis d'Eltsine, et sa bonne r√©putation en Occident, sont dues √† sa politique de soutien sans faille aux √Čtats-Unis, aux √©vasions fiscales massives au b√©n√©fice de pays occidentaux (de la Grande-Bretagne par des placements financiers en Bourse ou dans des clubs sportifs ; de la France et de l'Espagne par des achats de propri√©t√©s, etc.), et au fait que des pans entiers de l'√©conomie russe √©taient alors en train de passer entre des mains occidentales (exemple de Ioukos, avec les n√©gociations quasi achev√©es, men√©es par Mikha√Įl Khodorkovsky, pour revendre cette soci√©t√© p√©troli√®re majeure √† un groupe occidental).

Mort

La tombe d'Eltsine en 2007 au cimetière de Novodiévitchi

Eltsine est d√©c√©d√© le 23 avril 2007 √† l'√Ęge de 76 ans. Selon des sources m√©dicales cit√©es par l'agence Interfax, sa mort est due √† un arr√™t cardiaque. Le cercueil de Boris Eltsine est port√© le 24 avril par une garde d'honneur dans la cath√©drale du Christ Sauveur pour √™tre expos√© au public jusqu'au 25 avril en milieu de journ√©e (avec une interruption dans la nuit). Le pr√©sident russe Vladimir Poutine, l'ancien Premier ministre Iegor Ga√Įdar, l'ancien dirigeant sovi√©tique Mikha√Įl Gorbatchev et des personnalit√©s internationales, les anciens pr√©sidents am√©ricains George Bush et son successeur Bill Clinton, l'ancien pr√©sident finlandais Mauno Koivisto, le polonais Lech WaŇāńôsa, le pr√©sident du Kazakhstan Noursoultan Nazarba√Įev, l'ancien premier ministre britannique John Major, le Premier ministre ukrainien Viktor Ianoukovytch, le Prince Andrew d'York, le ministre fran√ßais des Affaires √©trang√®res Philippe Douste-Blazy, la pr√©sidente de la Cour constitutionnelle espagnole Mar√≠a Emilia Casas, l'ancien premier ministre italien Giulio Andreotti, l'ambassadeur japonais Yasuo SaitŇć, le pr√©sident de la Bi√©lorussie Alexandre Loukachenko, le pr√©sident de l'Arm√©nie Robert Kotcharian, le pr√©sident de la Lituanie Valdas Adamkus, le premier ministre du Tadjikistan Oqil Oqilov, le premier ministre kirghize Almaz Atamba√Įev, l'ancienne pr√©sidente de la G√©orgie Nino Bourdjanadze, le pr√©sident allemand Horst K√∂hler et le pr√©sident de l'Estonie Toomas Hendrik Ilves assistent √† un office des morts le 25 avril.

Le corps de Boris Eltsine est ensuite transféré au cimetière du monastère Novodevitchi. Le 23 avril 2008, jour de l'anniversaire de sa mort, un monument sous forme du drapeau tricolore russe fut solennellement inauguré par Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev.

Références

  1. ‚ÜĎ La transcription du cyrillique –ē–Ľ—Ć—Ü–ł–Ĺ est flottante. La forme Eltsine est la plus courante, c'est celle utilis√©e par l'encyclop√©die Hachette ainsi que les sites de l'Union europ√©enne, de l'Assembl√©e nationale fran√ßaise et l'Agence de presse officielle russe. La graphie Ieltsine, conforme √† Transcription du russe en fran√ßais, est plus proche de la prononciation originale. La graphie Yeltsine est parfois rencontr√©e.
  2. ‚ÜĎ R√©sultats des l√©gislatives de d√©cembre 1993
  3. ‚ÜĎ http://fr.rian.ru/society/20070518/65722475.html Sondage r√©alis√© en mai 2007 par le Centre Levada
  4. ‚ÜĎ "Le plus grand espoir et la plus grande d√©sillusion", D√©c√®s de Boris Eltsine

Bibliographies

  • Boris Eltsine, M√©moires, Coll. Docs T√©moignages, Flammarion, (ISBN 2080680188)
  • (en) Herbert J. Ellison, Boris Yeltsin And Russia's Democratic Transformation, University of Washington Press, (ISBN 0295986379)

Voir aussi


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Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Boris Eltsine de Wikipédia en français (auteurs)

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